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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Chacun a amen&#233; son exp&#233;rience &#187;</title>
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		<dc:creator>Ferdinand Cazalis, Mathieu Rivat</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;Pendant quelques mois, ils ont fait feu de tous bois. En 2016, alors que les manifestations contre la loi Travail ne cessaient de gagner en intensit&#233;, les participant.e.s de l'AG interpro de Saint-Denis ont multipli&#233; les actions et les discussions. Pour principes : le refus de se focaliser sur un secteur particulier et l'envie de f&#233;d&#233;rer les &#233;nergies. Un d&#233;licat &#233;quilibre, fond&#233; sur la force du nombre et l'enthousiasme s&#233;ditieux des concern&#233;.e.s. Retour sur ces moments de lutte, avec Kelam (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no149-decembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;149 (d&#233;cembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-AG" rel="tag"&gt;l'AG&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant quelques mois, ils ont fait feu de tous bois. En 2016, alors que les manifestations contre la loi Travail ne cessaient de gagner en intensit&#233;, les participant.e.s de l'AG interpro de Saint-Denis ont multipli&#233; les actions et les discussions. Pour principes : le refus de se focaliser sur un secteur particulier et l'envie de f&#233;d&#233;rer les &#233;nergies. Un d&#233;licat &#233;quilibre, fond&#233; sur la force du nombre et l'enthousiasme s&#233;ditieux des concern&#233;.e.s. Retour sur ces moments de lutte, avec Kelam et Iris, deux participant.e.s de cette belle exp&#233;rience.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2997 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;59&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1235-5936f.jpg?1768731306' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Saint-Denis, printemps 2016. Photo Yann Levy / Hans Lucas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De quelle mani&#232;re avez-vous rejoint l'AG interpro de Saint-Denis ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Iris :&lt;/strong&gt; J'&#233;tais prof &#224; Saint-Denis il y a deux ans, avant d'&#234;tre mut&#233;e &#224; &#201;pinay. Cela fait un moment que je suis encart&#233;e &#224; Sud, syndicat assez pr&#233;sent dans les secteurs publics de la ville (comme l'h&#244;pital ou la mairie), mais qui compte aussi des sections dans un Franprix, dans une maison de retraite et &#224; la piscine&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans ces deux derniers endroits, les mobilisations syndicales ont donn&#233; lieu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Lors du mouvement contre la r&#233;forme des retraites en 2010, une premi&#232;re AG interpro a vu le jour &#224; Saint-Denis ; la liste mail alors cr&#233;&#233;e a &#233;t&#233; r&#233;activ&#233;e &#224; l'occasion des manifestations contre la loi Travail. C'est donc via le milieu syndical que j'ai rejoint l'AG interpro, m&#234;me si cela faisait plusieurs ann&#233;es que je participais par ailleurs &#224; des collectifs de luttes plus autonomes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kelam :&lt;/strong&gt; De mon c&#244;t&#233;, j'&#233;tais technicien du spectacle. Mais us&#233; par une r&#233;alit&#233; que beaucoup de salari&#233;.e.s connaissent bien (sous-effectif, rentabilit&#233;, pressions constantes, etc.), j'ai quitt&#233; mon travail au d&#233;but du printemps. J'en ai profit&#233; pour participer &#224; des actions et &#224; des d&#233;bats Place de la R&#233;publique &#224; Paris, avant de rejoindre la premi&#232;re Nuit Debout organis&#233;e &#224; Saint-Denis. Une assembl&#233;e qui a connu une participation aussi forte que diverse &#8211; les discussions se sont r&#233;v&#233;l&#233;es tr&#232;s riches, autant par les probl&#233;matiques abord&#233;es (des questions propres &#224; la ville, reflet de la vivacit&#233; des r&#233;seaux militants dionysiens) que par la fr&#233;quentation (habitant.e.s et militant.e.s s'y m&#234;laient). J'y suis retourn&#233; la semaine suivante pour aider &#224; installer les chaises et les barnums, et je me suis retrouv&#233; vraiment investi. Une premi&#232;re pour moi dont l'exp&#233;rience militante se limitait jusqu'alors &#224; des participations passives aux d&#233;fil&#233;s militants ou &#224; de lointains souvenirs d'enfance. Je ne connaissais personne, mais des liens forts de confiance se sont rapidement nou&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2998 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;59&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1236-d7cd0.jpg?1768731306' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Saint-Denis, printemps 2016. Photo Yann Levy / Hans Lucas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi vos actions se distinguaient-elles de la logique syndicale classique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Iris :&lt;/strong&gt; On faisait des AG les jours de manif. Et une commission action se r&#233;unissait aussi en petit comit&#233; deux fois par semaine. Les tracts &#233;taient r&#233;dig&#233;s &#224; grands traits en AG, puis amend&#233;s et valid&#233;s par mail. Notre ambition &#233;tait de conduire des actions correspondant &#224; des d&#233;clinaisons locales des probl&#232;mes pos&#233;s par la loi Travail. Cela a plut&#244;t bien fonctionn&#233;, puisque plusieurs actions sont parties de l'AG interpro de Saint-Denis : les blocages du d&#233;p&#244;t de bus de Saint-Denis Universit&#233; le 21 avril, du port de Gennevilliers le 28, du Novotel le 12 mai, de la soci&#233;t&#233; Dubrac le 19, du pont de Saint-Ouen le 26, ou le blocage coordonn&#233; de quatre d&#233;p&#244;ts de bus d'&#206;le-de-France le 2 juin (en lien avec Nuit Debout Paris et l'AG de luttes IDF). Quand nous &#233;tions moins nombreux, nous organisions des piquets volants d&#232;s le matin pour aller tracter dans le centre de Saint-Denis, &#224; La Poste, &#224; la gare RER, au Carrefour, au McDonald, etc. Il y a eu de nombreuses gr&#232;ves, mais peu ont dur&#233;. Beaucoup de gens ne juraient que par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qu'on ne voyait pas arriver. Ce qui a entra&#238;n&#233; un d&#233;bat sur l'&#233;ventuel caract&#232;re &#171; de substitution &#187; de nos actions. On avait parfois l'impression d'&#234;tre des &#233;vang&#233;listes venus pr&#234;cher la r&#233;volution &#224; des travailleurs dont les pr&#233;occupations quotidiennes en &#233;taient tr&#232;s &#233;loign&#233;es. Par exemple, &#224; l'&#233;poque, le port du Havre &#233;tait bloqu&#233; par les dockers. Mais il ne pouvait en aller de m&#234;me pour celui de Gennevilliers, qui compte environ 50% d'int&#233;rimaires et peu de syndiqu&#233;.e.s. Il a donc &#233;t&#233; bloqu&#233; par des gens ext&#233;rieurs, et il s'agissait essentiellement d'une action symbolique, tr&#232;s limit&#233;e dans le temps. On ne se sentait pas tellement &#224; l'aise &#8211; c'est d&#233;licat de bloquer des salari&#233;.e.s que cela peut mettre en difficult&#233; (pression du patron, temps de travail perdu ou &#224; rattraper, etc.), et de discuter ensemble du bien-fond&#233; de l'action. Entre le discours &#171; Bloquons les flux &#187; et la r&#233;alit&#233; du blocage, il peut ainsi exister un foss&#233; consid&#233;rable. Les salari&#233;s concern&#233;s peuvent r&#226;ler, t'en vouloir, ne pas comprendre, se sentir agress&#233;.e.s, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kelam :&lt;/strong&gt; C'&#233;tait d'autant plus compliqu&#233; qu'aucun.e d'entre nous ne s'y connaissait sp&#233;cialement en mati&#232;re de blocage &#233;conomique. Si &#231;a a finalement fonctionn&#233;, c'est que chacun a amen&#233; un peu de son exp&#233;rience. Les camarades en lien avec DefCol&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Groupe de d&#233;fense collective qui fournit une assistance juridique aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; r&#233;cup&#233;raient les noms des avocats de permanence et les distribuaient aux participant.e.s. Les syndiqu&#233;.e.s pr&#233;venaient leurs organisations pour m&#233;diatiser et appeler au soutien dans les moments chauds. La repro de Sud ou de la CGT imprimait les tracts, Solidaires r&#233;servait les salles pour les r&#233;unions &#224; la Bourse du Travail, etc. Cette conjugaison de bonnes volont&#233;s nous a permis de r&#233;unir &#224; plusieurs reprises une centaine de personnes, dont plus de la moiti&#233; de Dionysien.e.s, pour des actions organis&#233;es &#224; 5h du matin. Les participant.e.s &#224; l'AG Interpro &#233;taient issus d'horizons divers &#8211; on y retrouvait des gens du squat l'Atti&#233;k&#233;, des syndiqu&#233;.e.s, des non syndiqu&#233;.e.s, des profs, des gens de la collectivit&#233; territoriale, des militantes f&#233;ministes, des anarchistes, des libertaires, quelques biblioth&#233;caires, les membres de la compagnie de th&#233;&#226;tre Jolie M&#244;me, des gens d'Ensemble et m&#234;me un camarade de la CGT RATP. Les cheminots passaient parfois assister aux r&#233;unions et les &#233;tudiant.e.s de Paris-8 se sont montr&#233;.e.s tr&#232;s pr&#233;sent.e.s. &#192; chaque coup dur (arrestation ou nasse polici&#232;re, par exemple), la solidarit&#233; s'est r&#233;v&#233;l&#233;e sans faille. Au final, pour beaucoup d'entre nous, participer &#224; l'AG interpro a constitu&#233; un excellent moyen d'apprendre sur le tas. Nous avons d&#233;couvert le fonctionnement d'un syndicat, les mandats, l'organisation logistique militante, la r&#233;daction d'un tract et la relecture collective, la pr&#233;paration d'une action, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Iris :&lt;/strong&gt; Avec Saint-Denis Debout, Droit au Logement (DAL) et la Coordination des groupes anarchistes (CGA), nous avons aussi particip&#233; &#224; des actions sur le logement. On a par exemple occup&#233; un soir la Basilique de Saint-Denis avec les habitants du 48 de la rue de la R&#233;publique (l'immeuble attaqu&#233; par le RAID le 18 novembre 2015, apr&#232;s les attentats du 13 novembre). Ceux-ci sont rest&#233;s dans un gymnase pendant une semaine, puis ils se sont retrouv&#233;s &#224; l'h&#244;tel sans garanties de relogement. Pire : quatre d'entre eux ont re&#231;u des Obligations de quitter le territoire (OQTF). Et aucun n'a &#233;t&#233; reconnu victime, alors que les flics avaient tir&#233; 5 000 balles sur l'immeuble, inhabitable depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kelam :&lt;/strong&gt; Contrairement &#224; une lutte syndicale centr&#233;e sur un secteur particulier, nos actions portaient aussi bien sur le travail que sur le logement &#8211; rien de plus logique, puisque les participant. e.s &#233;taient &#224; la base impliqu&#233;.e.s dans diverses luttes. Celles et ceux qui s'activaient sur le logement avant le printemps ont trouv&#233; dans l'AG interpro ou l'assembl&#233;e de Saint-Denis Debout un &#233;cho &#224; leurs luttes, ainsi qu'un vivier de soutiens remotiv&#233; et en partie renouvel&#233;. Les actions qui jusque-l&#224; ne rassemblaient que les militant.e.s chevronn&#233;.e.s ou concern&#233;.e.s ont ainsi trouv&#233; un nouvel &#233;cho. Je crois qu'il s'agissait d'un moment o&#249; les gens avaient besoin non seulement de dire, mais aussi de faire, d'agir ensemble. Aussi riches et divers que furent les d&#233;bats, nous n'avons jamais r&#233;ussi &#224; &#233;tablir un socle politique commun, un positionnement th&#233;orique clair. Nous n'en avions pas le temps, et nous acceptions nos divergences. La force du nombre &#233;tait primordiale, nous voulions &#233;viter de froisser les un.e.s et les autres, m&#234;me si c'est parfois arriv&#233;. La forme de l'AG interpro a permis &#224; des camarades de &#171; On bloque tout &#187;, de la commission Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de Nuit Debout Paris, des collectifs AntiRep et anti &#201;tat d'urgence, &#224; des autonomes ou &#224; des anarchistes, voire &#224; de nouveaux militant.e.s, de participer collectivement &#224; des actions engag&#233;es, fortes et d&#233;termin&#233;es. Le tout en essayant de respecter la diversit&#233; des pratiques et en assurant l'int&#233;grit&#233; physique des un.e.s et des autres face &#224; la r&#233;pression croissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Iris :&lt;/strong&gt; Tout le monde voulait agir contre le gouvernement et sa loi, m&#234;me si l'ensemble reposait sur une poign&#233;e de personnes tr&#232;s d&#233;termin&#233;es. Notamment des femmes, qui r&#233;digeaient les comptes-rendus, faisaient le lien entre les diff&#233;rentes entit&#233;s, pr&#233;paraient les programmes des semaines &#224; venir. Mais nous avons aussi pris garde &#224; essayer d'&#233;viter la sp&#233;cialisation des t&#226;ches et le &lt;i&gt;burnout &lt;/i&gt;des plus investi.e.s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2999 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;59&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH328/-1237-c412e.jpg?1768731306' width='500' height='328' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Saint-Denis, printemps 2016. Photo Yann Levy / Hans Lucas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment avez-vous v&#233;cu la fin du mouvement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kelam :&lt;/strong&gt; &#199;a &#233;t&#233; difficile, car nous &#233;tions tr&#232;s motiv&#233;.e.s. Pour certain.e.s, comme moi, le quotidien &#233;tait rempli d'AG, de manifs, d'actions. Et d'un seul coup, apr&#232;s le 15 septembre, il n'y avait plus rien... Comme si les syndicats nous avaient l&#226;ch&#233;.e.s &#8211; ils ne nous r&#233;pondaient plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Iris :&lt;/strong&gt; Ce fut une sacr&#233;e descente... Mais nous avons quand m&#234;me redistribu&#233; les milliers d'euros accumul&#233;s dans une caisse de gr&#232;ve aux syndiqu&#233;.e.s ayant pos&#233; des jours de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kelam :&lt;/strong&gt; La cr&#233;ation de la caisse de gr&#232;ve a &#233;t&#233; fastidieuse et chronophage. Et elle est advenue &#224; un moment o&#249; on commen&#231;ait &#224; ne plus y croire. Une initiative comme celle de l'AG interpro de Saint-Denis reposait largement sur le volontarisme joyeux de certain.e.s et sur un r&#233;seau militant fort, ancr&#233; localement. Beaucoup de camarades de tous les horizons ont alli&#233; leurs forces ; il est donc impossible de r&#233;sumer cette lutte &#224; &#171; syndiqu&#233;.e.s ou non &#187; ou &#171; partisan.e.s ou non &#187;. Ce qui est s&#251;r, c'est que cette alliance a n&#233;cessit&#233; de la diplomatie, de l'&#233;coute, de la formation. Le coup de sifflet final sonn&#233; par les hi&#233;rarchies syndicales a donc fait l'effet d'un coup de massue pour tout le monde. La liste mail, sur laquelle pleuvait des tonnes d'infos quotidiennes pendant des mois, est devenue du jour au lendemain d'un calme absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Iris :&lt;/strong&gt; C'est vrai que nous, syndiqu&#233;.e.s de Solidaires, avons essay&#233; de pousser ; mais les hi&#233;rarchies syndicales avaient d&#233;cid&#233; que c'&#233;tait termin&#233;. C'est une question compliqu&#233;e. D'un c&#244;t&#233;, je ne soutiens pas cette dichotomie trop simpliste entre des directions super bureaucrates et une base qui n'attendrait qu'une &#233;tincelle pour s'en lib&#233;rer. Et je crois que le rejet du travail dans le milieu autonome ne fait pas non plus avancer les choses, car cela cr&#233;e du m&#233;pris &#224; l'encontre des travailleurs et travailleuses. Comme si le monde du travail n'&#233;tait plus un enjeu de lutte ! Mais de l'autre c&#244;t&#233;, je constate que le syndicalisme ne s'est pas non plus adapt&#233; aux transformations du travail. Globalement, dans certains endroits, la base du travail syndical n'a m&#234;me pas &#233;t&#233; faite ! Les enjeux r&#233;els de la loi Travail sont loin d'&#234;tre clairs pour tous les salari&#233;.e.s, m&#234;me si ses effets se font d&#233;j&#224; sentir. Et cette loi &#233;tait d&#233;j&#224; appliqu&#233;e avant m&#234;me son existence dans des secteurs tels que l'h&#244;tellerie, la restauration, le nettoyage... Tout le travail ingrat du syndicalisme &#8211; aller tracter devant les bo&#238;tes, afficher, informer, rencontrer et discuter avec les travailleurs et travailleuses &#8211; est de plus en plus laiss&#233; de c&#244;t&#233;. C'est pourtant la base &#8211; sans cela, aucun mouvement ne peut s'enraciner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kelam :&lt;/strong&gt; Plus l'&#233;t&#233; approchait (et avec lui, les vacances scolaires, la fatigue accumul&#233;e, la peur de la d&#233;mobilisation...), plus les querelles id&#233;ologiques, les batailles et d&#233;saccords traditionnels, les petites histoires locales mises de c&#244;t&#233; revenaient sur le devant de la sc&#232;ne. Nous &#233;tions quelques-un.e.s &#224; croire et &#224; esp&#233;rer que s'organisaient les bases d'une r&#233;volution. Ou au moins, &#224; penser que nous viendrions &#224; bout de la loi Travail. Mais nous avons trop cru aux &#171; On-l&#226;chera-rien &#187;, qui ont vite &#233;t&#233; remplac&#233;s par les &#171; C'est-compliqu&#233;-et-je-n'ai-pas-de-mandat-pour-&#231;a &#187;. Pourquoi &#231;a n'a pas repris ? Pourquoi on n'a pas continu&#233; ? Je me dis que nous devons rester modestes, agir localement &#8211; et c'est ce que beaucoup d'entre nous continuent &#224; faire (en luttant sur le logement, l'&#233;ducation, la pr&#233;carit&#233;, avec les migrant.e.s, contre les projets inutiles...). Pass&#233; un certain cap, pour &#234;tre pris au s&#233;rieux, il faut des signataires, des forces historiques, des institutions reconnues. Et malheureusement, ce sont elles qui n&#233;gocient, donc ce sont elles qui peuvent nous trahir. Tout &#231;a me semble d&#233;couler d'une tradition de syndicalisme r&#233;formateur qui survit sur de lointains succ&#232;s, acquis du temps du Front populaire. Ils se r&#233;p&#232;tent ce mantra assez triste : &#171; Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ou rien ! &#187; Comme un objectif en soi &#8211; ind&#233;passable. Mais comme ce n'est jamais g&#233;n&#233;ral, c'est toujours rien !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Mathieu Rivat et Ferdinand Cazalis&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans ces deux derniers endroits, les mobilisations syndicales ont donn&#233; lieu &#224; de s&#233;rieuses menaces de la part de l'employeur : entretien pr&#233;alable &#224; licenciement, menaces de sanction, voire licenciement effectifs...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Groupe de d&#233;fense collective qui fournit une assistance juridique aux manifestant.e.s et activistes interpell&#233;.e.s et/ ou mis.e.s en cause par la justice.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; Viser l&#224; o&#249; &#231;a fait mal &#187;</title>
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&lt;p&gt;Depuis 2005, G&#233;n&#233;ration Pr&#233;caires lutte pour les (maigres) droits des stagiaires, multipliant les actions et les victoires sans ancrage partisan. Comment est n&#233; G&#233;n&#233;ration Pr&#233;caire ? Tout a commenc&#233; en ao&#251;t 2005, quand une stagiaire a jou&#233; le r&#244;le de lanceuse d'alerte : elle avait encha&#238;n&#233; huit stages dans le milieu de la culture, exer&#231;ant par l&#224; m&#234;me un emploi d&#233;guis&#233;. &#192; l'&#233;poque, les stages n'&#233;taient pas du tout r&#233;gul&#233;s au niveau horaire, r&#233;mun&#233;ration, droit : un vrai flou juridique. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no149-decembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;149 (d&#233;cembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis 2005, G&#233;n&#233;ration Pr&#233;caires lutte pour les (maigres) droits des stagiaires, multipliant les actions et les victoires sans ancrage partisan.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2995 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH309/-1233-69359.jpg?1768816139' width='500' height='309' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ruoyi Jin
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment est n&#233; G&#233;n&#233;ration Pr&#233;caire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Tout a commenc&#233; en ao&#251;t 2005, quand une stagiaire a jou&#233; le r&#244;le de lanceuse d'alerte : elle avait encha&#238;n&#233; huit stages dans le milieu de la culture, exer&#231;ant par l&#224; m&#234;me un emploi d&#233;guis&#233;. &#192; l'&#233;poque, les stages n'&#233;taient pas du tout r&#233;gul&#233;s au niveau horaire, r&#233;mun&#233;ration, droit : un vrai flou juridique. Son message a circul&#233;, et de nombreuses personnes se sont rendu compte qu'elles partageaient, &#224; peu de choses pr&#232;s, les m&#234;mes conditions. Un collectif s'est donc mont&#233; et nous avons produit notre expertise chiffr&#233;e sur le sujet, pour cr&#233;er une sorte de cahier de dol&#233;ances et mettre en place un groupe de parole o&#249; partager nos exp&#233;riences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'espace public, nous nous sommes notamment fait remarquer lors d'une manifestation : nous portions des masques blancs, une banderole et avons travers&#233; les cort&#232;ges bras dessus bras dessous, pour au final aller &#224; la rencontre des journalistes, dont la plupart &#233;taient aussi stagiaires. Il y a eu un effet &lt;i&gt;clash &lt;/i&gt;de g&#233;n&#233;ration entre une manifestation syndicale classique et des jeunes masqu&#233;s parlant de la multiplication des stages, un probl&#232;me connu mais qu'on ne nommait pas. En 2006, on d&#233;nombrait en France 600 000 stagiaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le recours aux stagiaires traverse tous les secteurs d'activit&#233; : m&#233;dias, banques, associations, etc. On a donc organis&#233; des actions pour d&#233;noncer les abus &#8211; des &lt;i&gt;flash mobs &lt;/i&gt;&#8211; dans des entreprises qui utilisaient ce type de main-d'oeuvre gratuite ou pas ch&#232;re. Le mouvement s'est amplifi&#233; et a eu un certain &#233;cho aupr&#232;s du gouvernement, puisqu'en 2006 a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e la gratification des stages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait une feuille de route de nos revendications &#224; long terme, et on a insist&#233; jusqu'&#224; obtenir ce qu'on voulait : des droits et protections pour les stagiaires, un encadrement du statut, des stages de qualit&#233; et un renforcement de la responsabilit&#233; des entreprises et des universit&#233;s dans le suivi et le bon d&#233;roulement des stages. Apr&#232;s neuf ans de combat, on a obtenu 85 % de ce qu'on voulait : la limite du nombre de stagiaires dans les entreprises, une dur&#233;e maximale de stage, l'interdiction des stages hors cursus de formation, etc. Aujourd'hui, il ne manque plus que soient reconnus la r&#233;mun&#233;ration progressive des stages en fonction du niveau d'&#233;tude et la gratification &#224; partir des stages de plus d'un mois et non pas comme actuellement de plus de deux mois&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aujourd'hui : 3,60 euros de l'heure soit environ 500 euros par mois, avec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est votre organisation ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes ni un syndicat ni une association. On s'est content&#233; de rester tr&#232;s motiv&#233;s et en veille sur les offres abusives, tr&#232;s r&#233;actifs pour organiser des actions marquantes. On a aussi maintenu le dialogue, avec des gouvernements de droite et de gauche, avec les diff&#233;rents minist&#232;res (Travail, Enseignement sup&#233;rieur, &#201;ducation nationale, Jeunesse, Affaires sociales). Le Medef ne nous &#233;coutait pas tellement, car la situation l'arrangeait bien. Pour les syndicats, on &#233;tait dans un angle mort, parce que les stagiaires forment un public qu'ils ne connaissaient pas : des jeunes non syndiqu&#233;s, sans statut salari&#233;, qui ne comptent donc pas dans les effectifs de l'entreprise. Ils sont l&#224; physiquement, mais pas statistiquement. Au fil du temps, les partenaires sociaux ont boug&#233;, dans le bon sens, sur ce sujet. Il fallait les convaincre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; c&#244;t&#233; de nos op&#233;rations coup de poing, on avait r&#233;dig&#233; des propositions d'amendements l&#233;gislatifs, gr&#226;ce &#224; des militants du collectif, juristes de formation. Tous ceux qui avaient des comp&#233;tences (droit, communication, logistique, dessin, bricolage, etc.) et &#233;taient pr&#234;ts &#224; les mettre en oeuvre au sein du collectif &#233;taient les bienvenus. S'est form&#233;e une g&#233;n&#233;ration de militants qui, syndiqu&#233;s ou non, ont gard&#233; une tr&#232;s grande motivation et rapidit&#233; d'action, qualit&#233;s qu'ils appliquent dans d'autres luttes : logement, f&#233;minisme, etc. On avait cet avantage sur les syndicats : leur mode d'action est soit la manifestation, soit la n&#233;gociation &#8211; ce qui n'a, &#224; court ou moyen terme, plus aucun impact. Avec une agilit&#233; qui ne r&#233;pond &#224; aucune hi&#233;rarchie, puisque nous fonctionnons avec une organisation horizontale, nous &#233;tions mus par une urgence : les stagiaires, l'an prochain, doivent avoir des droits. Et on a inlassablement r&#233;p&#233;t&#233; notre message.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voulait des actions &#171; impactantes &#187;, avec des images qui restent dans la t&#234;te des gens quand les journalistes relaient l'info. Photo ou vid&#233;o, ce doit &#234;tre visuellement marquant. On a adopt&#233; les masques blancs pour prot&#233;ger les stagiaires qui veulent agir sans &#234;tre rep&#233;r&#233;s par leur employeur, mais aussi pour dire que cela concerne tout le monde. Et puis, visuellement, des masques blancs sur une photo, c'est parfait. On avait de belles images, de belles actions &#8211; festives souvent. On s'amusait, et tr&#232;s rapidement, on a acquis un capital sympathie gr&#226;ce &#224; notre originalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, on visait directement l'image des entreprises, pour leur faire de la mauvaise pub et cr&#233;er une situation de crise dans leur communication. Une des derni&#232;res actions qu'on a faite &#233;tait chez My Little Paris, site web de bons plans &#224; Paris, avec un public assez jeune et bobo. On avait rep&#233;r&#233; qu'ils employaient 40 stagiaires pour un effectif de cent personnes. On a investi les locaux de la bo&#238;te devant les cam&#233;ras. Pendant une &#224; deux semaines, l'entreprise a perdu des abonn&#233;s sur sa newsletter, parce que les gens disaient : je ne veux pas soutenir une entreprise qui pr&#233;carise les jeunes alors que, moi-m&#234;me, je suis jeune et pr&#233;caire. La bo&#238;te a d&#251; se justifier, avouer ses tort et s'engager &#224; respecter la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aujourd'hui, vous luttez contre la multiplication des services civiques &lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Statut qui depuis 2010 permet aux secteurs &#171; sociaux &#187; (&#233;ducation, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;strong&gt;et les abus&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;commis par nombre d'associations. Comment d&#233;finir la limite entre formation et travail d&#233;guis&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;C'est le lien de subordination, le premier &#233;l&#233;ment juridique qui qualifie un contrat de travail. C'est comme &#231;a qu'on a pu requalifier des contrats de stage ou service civique en contrat de travail. Il y a abus d&#232;s lors qu'il y a un chef qui donne des ordres au volontaire, ou que les missions donn&#233;es sont r&#233;guli&#232;res, rel&#232;vent de la comp&#233;tence de l'&#233;quipe administrative, ou de la communication, etc. Bref, on emploie trop souvent des stagiaires ou des volontaires en service civique pour des postes structurels de l'association ou de l'entreprise, et non pas pour des activit&#233;s de formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel serait le fond th&#233;orique commun de G&#233;n&#233;ration Pr&#233;caires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;On n'est pas l&#224; pour th&#233;oriser. On a un probl&#232;me &#224; r&#233;gler et on le fait avec les moyens qu'on se donne en tant que pr&#233;caires concern&#233;s. On est pragmatiques, on part de nos gal&#232;res du quotidien et on fonctionne avec les institutions existantes. Cela ne veut absolument pas dire qu'on est apolitique. D&#232;s lors qu'on agit dans l'espace public pour une cause, qu'on soit dans un parti politique, syndicat ou collectif, on agit comme acteur politique. C'est le travail d&#233;mocratique : on n'attend pas les &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales pour se manifester. Et pour cela, il n'y a pas besoin de grands d&#233;bats sur la th&#233;orie de la lutte parfaite ou de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mouvement comme Nuit debout &#233;tait absolument d&#233;cevant parce qu'au final, c'&#233;tait beaucoup d'&#233;nergie pour aucun impact sur les choses. Tout &#233;voluait dans la th&#233;orie totale. Les gens pr&#233;sents semblaient attendre le grand soir, mais &#231;a ne marche pas. Revenons sur terre : si vous voulez r&#233;gler les choses, d&#233;coupez les probl&#232;mes et occupez-vous d'un &#224; la fois. Au final, petit bout par petit bout, &#231;a sera r&#233;gl&#233;. Quand j'ai particip&#233; aux ateliers de Nuit debout, j'avais l'impression d'&#234;tre immobile, de passer un temps fou &#224; ne rien faire. Pour r&#233;soudre tel ou tel probl&#232;me, je demandais : quelle action pouvons-nous mener et qui pouvons-nous contacter ? Alors ils disaient : on ne va pas contacter les m&#233;dias parce que c'est des grands m&#233;chants, on ne va pas contacter l'&#201;tat parce qu'on est contre l'&#201;tat, les syndicats parce qu'ils ne nous repr&#233;sentent pas et qu'ils sont d&#233;connect&#233;s, les partis politiques parce qu'on n'a pas confiance en eux. Au final, vous r&#233;fl&#233;chissez tout seul dans une bulle d'o&#249; les id&#233;es et propositions ne sortent jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre m&#233;thode pourrait-elle s'&#233;tendre &#224; d'autres probl&#232;mes sociaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Jeudi noir est une &#233;manation de G&#233;n&#233;ration Pr&#233;caires sur le mal-logement. L'encadrement des loyers est une revendication qu'on a port&#233;e. Les Georgette Sand, un groupe f&#233;ministe qui a d&#233;nonc&#233; la taxe Tampon&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avoir ses r&#232;gles ne relevant pas d'un choix, elles demandaient &#224; ce que la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; ont les m&#234;mes moyens d'action que nous. Elles ont atteint leur objectif en six mois. &#199;a peut s'&#233;tendre &#224; plein d'autres domaines. Il suffit d'avoir une probl&#233;matique, d'inclure des gens qui vivent la probl&#233;matique dans le collectif, de fournir des t&#233;moignages aux m&#233;dias, et de viser l&#224; o&#249; &#231;a fait mal.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Ferdinand Cazalis&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Aujourd'hui : 3,60 euros de l'heure soit environ 500 euros par mois, avec droit aux tickets restaurant. Cette r&#233;mun&#233;ration n'est valable qu'&#224; partir de deux mois de stage.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Statut qui depuis 2010 permet aux secteurs &#171; sociaux &#187; (&#233;ducation, solidarit&#233;, sant&#233;, culture et loisirs, environnement, d&#233;veloppement international et humanitaire, m&#233;moire et citoyennet&#233;, sports, intervention d'urgence en cas de crise) d'engager des jeunes de 16 &#224; 25 ans pendant un an, pay&#233;s &#224; hauteur de 437 euros par l'&#201;tat avec tickets restaurants. Bien souvent, cela permet &#224; des entreprises ou des associations d'embaucher gratuitement des jeunes ne trouvant pas d'emploi et ne pouvant pas percevoir le RSA.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Avoir ses r&#232;gles ne relevant pas d'un choix, elles demandaient &#224; ce que la TVA sur les tampons et serviettes hygi&#233;niques rel&#232;vent de la cat&#233;gorie &#171; Produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; &#187; soit 5,5 % au lieu de 20 % pour baisser le prix d'achat final.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Tout espace de lutte est aussi un espace de d&#233;bat &#187;</title>
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		<dc:date>2018-05-02T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Ferdinand Cazalis</dc:subject>
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		<dc:subject>Podemos</dc:subject>
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		<dc:subject>Ferdinand Cazalis</dc:subject>
		<dc:subject>assembl&#233;es</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entretien avec Mayte S&#225;nchez, premi&#232;re adjointe au maire de Puerto Real. &#192; 31 ans, Mayte est d&#233;l&#233;gu&#233;e au logement social et &#224; la participation citoyenne &#224; la mairie de Puerto Real, ville ouvri&#232;re de 40 000 &#226;mes dans la baie de Cadix. Elle raconte comment un ancien fief du Parti communiste vou&#233; &#224; la construction navale et a&#233;ronautique a bascul&#233; vers l'hypoth&#232;se Podemos. Quel a &#233;t&#233; ton parcours politique ? Mon engagement a r&#233;ellement commenc&#233; &#224; partir du 15-M. Apr&#232;s, j'ai rejoint (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ferdinand-Cazalis-190" rel="tag"&gt;Ferdinand Cazalis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pouvoir" rel="tag"&gt;pouvoir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/politique" rel="tag"&gt;politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rue" rel="tag"&gt;rue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/avons" rel="tag"&gt;avons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/puis" rel="tag"&gt;puis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Podemos" rel="tag"&gt;Podemos&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/actions" rel="tag"&gt;actions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Puerto-Real" rel="tag"&gt;Puerto Real&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ferdinand-Cazalis-7062" rel="tag"&gt;Ferdinand Cazalis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/assemblees" rel="tag"&gt;assembl&#233;es&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien avec Mayte S&#225;nchez, premi&#232;re adjointe au maire de Puerto Real.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 31 ans, Mayte est d&#233;l&#233;gu&#233;e au logement social et &#224; la participation citoyenne &#224; la mairie de Puerto Real, ville ouvri&#232;re de 40 000 &#226;mes dans la baie de Cadix. Elle raconte comment un ancien fief du Parti communiste vou&#233; &#224; la construction navale et a&#233;ronautique a bascul&#233; vers l'hypoth&#232;se Podemos.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2364 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH310/-636-99bf0.jpg?1768650204' width='400' height='310' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel a &#233;t&#233; ton parcours politique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon engagement a r&#233;ellement commenc&#233; &#224; partir du 15-M. Apr&#232;s, j'ai rejoint Izquierda anticapitalista [IA, parti trotskiste fond&#233; en 2009], et j'ai particip&#233; aux mouvements f&#233;ministe et &#233;tudiant, ainsi qu'aux assembl&#233;es de quartier. Ici, le 15-M est arriv&#233; avec deux mois de retard, ce qui est &#233;norme dans un moment o&#249; tout allait tr&#232;s vite, mais les occupations de places ont eu un franc succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment un bastion historique du PC passe-t-il aux mains de Podemos ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens d'ici n'ont pas gard&#233; un bon souvenir de tant d'ann&#233;es de municipalit&#233; d'Izquierda Unida (IU). Sous ses mandats successifs, la dette n'&#233;tait pas encore abyssale, mais il n'y a pas eu de politique d'avenir, rien n'a &#233;t&#233; fait pour prot&#233;ger l'environnement, ni les services publics. Il y avait bien des actions sociales, mais IU n'a jamais tent&#233; de sortir du cadre capitaliste, et &#231;a, les gens s'en souviennent. L'ancien maire, Antonio Barroso, avait &#233;t&#233; leader syndical des chantiers navals, et il s'appuyait beaucoup sur des r&#233;seaux client&#233;listes, ce qui a fragilis&#233; le tissu associatif et d&#233;mobilis&#233; les gens. De telles pratiques peuvent permettre de durer, mais pas de cr&#233;er une autre dynamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment s'est pass&#233; le 15-M ici ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens venaient avec une telle d&#233;sillusion par rapport &#224; la politique qu'ils rembarraient toute personne se revendiquant d'un parti ou d'un syndicat. Peu importait que ce soit un type sinc&#232;re, combatif, militant de base, les gens ne voulaient rien savoir : pas de sigles, pas de drapeau &#8211; pas m&#234;me ceux pour lesquels la classe laborieuse avait lutt&#233; ! Et puis les gens venaient aussi de longues ann&#233;es de d&#233;mobilisation, du cadre &#233;troit des d&#233;bats impos&#233;s par les &#233;missions t&#233;l&#233;vis&#233;es et les journaux traditionnels&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la plupart des gens, c'&#233;tait la premi&#232;re fois qu'ils descendaient dans la rue et exp&#233;rimentaient des formes de politique directe et de prises de d&#233;cisions communes. Un vrai apprentissage &#224; partir de z&#233;ro : il y avait beaucoup de contradictions, et il fallait respecter les rythmes, se montrer humble et prouver qu'on ne voulait rien imposer &#8211; juste participer. Apr&#232;s, avec le mouvement des &lt;i&gt;mareas&lt;/i&gt;, les gens ayant fait leur propre exp&#233;rience ont mieux accept&#233; la pr&#233;sence de militants. Pour moi, tout espace de lutte est aussi un espace de d&#233;bat. Sinon, il cesse d'&#234;tre utile pour avancer collectivement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2365 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH394/-637-698c8.jpg?1768658443' width='400' height='394' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment expliques-tu la rapidit&#233; avec laquelle vous &#234;tes pass&#233;s des assembl&#233;es de rue &#224; la prise de la mairie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15-M, avec ses pratiques de communication directe, a renvers&#233; l'h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique impos&#233;e jusque-l&#224;. Les gens ont commenc&#233; &#224; ne plus croire au discours martel&#233; par les m&#233;dias selon lequel la crise &#233;tait de notre faute, parce que nous avions v&#233;cu au-dessus de nos moyens. De ce &#171; capital &#187; de m&#233;contentement est n&#233; aussi Podemos, dont le nouveau discours s'est gliss&#233; par une fissure dans le dispositif m&#233;diatique, sans que le pouvoir n'ait le temps de l'&#233;valuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, le plus int&#233;ressant, c'est la dynamique de base, les assembl&#233;es qui se sont cr&#233;&#233;es dans les quartiers gr&#226;ce &#224; l'enthousiasme des gens. Ici, notre cercle a commenc&#233; avec dix personnes, puis vingt... Nous avons su cr&#233;er une dynamique de participation avec les habitants de la ville, et rapidement, nous &#233;tions cent, puis deux cents&#8230; En plus d'un fort suivi sur les r&#233;seaux sociaux, il y a eu des assembl&#233;es assez larges pour d&#233;cider si nous nous pr&#233;sentions ou non aux municipales. Nous avons soupes&#233; le pour et le contre, ce n'&#233;tait pas &#233;vident. Nous ne voulions pas le pouvoir pour le pouvoir, mais transformer la soci&#233;t&#233;... Et nous ne pensions pas gagner !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment se sont pass&#233;es la campagne, puis l'arriv&#233;e au pouvoir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Podemos ne s'est pas investi dans les municipales en tant que parti, nous avons cr&#233;&#233; la liste &#171; Puerto Real s&#237; se puede &#187;. Nous avions conscience d'arriver dans une institution qui n'est pas pens&#233;e pour servir les int&#233;r&#234;ts de la population. Notre id&#233;e, c'&#233;tait d'ouvrir les portes et les fen&#234;tres pour que les gens voient de l'int&#233;rieur ce qu'est l'institution. Quand on lutte depuis la rue, le probl&#232;me de la communication est vital ; maintenant que nous sommes &#224; la mairie, nous pouvons mieux communiquer sur les probl&#232;mes qui concernent les gens et non pas pour servir notre propre carri&#232;re. On n'a pas de budget pour payer des experts en com' cens&#233;s faire la publicit&#233; de nos actions. Notre discours est en prise directe avec la rue, et &#231;a nous suffit. On est arriv&#233;s ici avec une certaine ing&#233;nuit&#233;, mais on s'est dit qu'on pourrait utiliser les outils des gouvernants &#224; de meilleures fins. Ces choix font que nous rencontrons des difficult&#233;s et que nous allons s&#251;rement commettre des erreurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre salaire a &#233;t&#233; calcul&#233; sur le salaire moyen dans la baie de Cadix : 900 &#8364;. Par ailleurs, nous avons pour principe d'action la rotation des t&#226;ches et la r&#233;vocabilit&#233; des mandats. L'assembl&#233;e du cercle local de Podemos, qui est &#224; la base de notre &#233;lection, continue d'exister et nous lui rendons des comptes quant &#224; nos propositions et &#224; nos actions. Voil&#224; quelques-uns de nos vaccins contre les tentations du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2366 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH404/-638-1d9e0.jpg?1768658443' width='400' height='404' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est la composition sociale de l'&#233;quipe municipale ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antonio Romero, le maire, est un &#233;ducateur de rue de 39 ans. Moi, je suis prof vacataire au ch&#244;mage. Le copain charg&#233; des employ&#233;s municipaux &#233;tait syndicaliste et membre du CE d'une bo&#238;te de sous-traitance d'Airbus. Encarna est aide-soignante. Jos&#233; Antonio, instit'. Il y a aussi un retrait&#233; de la Marine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et le probl&#232;me du logement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'office HLM de Puerto Real a un &#171; trou &#187; de 28 millions d'euros, en plus des 148 millions de dette de la ville. Nous sommes mis sous tutelle par l'&#201;tat. Le parc de logements sociaux est en mauvais &#233;tat et demande une r&#233;novation que nous aurons du mal &#224; financer. Nous r&#233;fl&#233;chissons avec les gens pour inventer des solutions. Nous allons encourager la cr&#233;ation de coop&#233;ratives d'habitants qui pourraient r&#233;habiliter les logements v&#233;tustes appartenant &#224; la mairie en &#233;change de loyers tr&#232;s mod&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les actions les plus prometteuses que vous pensez mener ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre programme contient peu de promesses, &#224; part la transparence et l'ouverture de nos actions &#224; la participation citoyenne. Nous allons convoquer des assembl&#233;es pour rendre compte de nos cent premiers jours et recueillir les propositions. Le th&#232;me des potagers urbains, collectifs et autog&#233;r&#233;s, est d&#233;j&#224; en bonne voie : nous avons de nombreux terrains municipaux &#224; disposition et c'est une demande qui &#233;mane directement des habitants de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'en sommes qu'aux premiers mois de notre mandat et tout est all&#233; tr&#232;s vite. Pour gagner en exp&#233;rience, partager nos id&#233;es et nos difficult&#233;s, nous avons particip&#233; &#224; une coordination des mairies du changement &#224; Barcelone, puis &#224; une autre &#224; Malaga, o&#249; le th&#232;me de l'appui mutuel &#233;tait tr&#232;s pr&#233;sent. Nous avons aussi parl&#233; du probl&#232;me de la dette, qui ne pourra pas &#234;tre r&#233;solu chacun dans son coin. Les dettes municipales sont si importantes que l'on doit penser collectivement &#224; la fa&#231;on de nous en affranchir en refusant de payer. Cela ne pourra se faire qu'apr&#232;s un audit public et si de nombreuses mairies m&#232;nent un mouvement commun de d&#233;sob&#233;issance pour dire : &#171; Nous ne paierons pas, car cette dette est ill&#233;gitime. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2367 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH419/-639-5b220.jpg?1768658443' width='400' height='419' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La bourse et la belle vie</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-bourse-et-la-belle-vie</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roger Petit-Roger</dc:creator>


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&lt;p&gt;Bilan de la premi&#232;re journ&#233;e de cotation, valorisation record, fonds lev&#233;s, actionnaires, le Chien rouge... Tout ce qu'il faut retenir de l'Initial Public Offering (IPO, Introduction en bourse in french) de la d&#233;mesure... La douche froide du premier jour Contrairement &#224; ce que certains analystes annon&#231;aient, la premi&#232;re journ&#233;e de cotation de CQFD Limited n'aura pas &#233;t&#233; une marche triomphale. Au contraire, sa toute nouvelle action aura fait du yo-yo toute la journ&#233;e. Apr&#232;s avoir ouvert (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/actions" rel="tag"&gt;actions&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Limited-n-aura" rel="tag"&gt;Limited n'aura&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bilan de la premi&#232;re journ&#233;e de cotation, valorisation record, fonds lev&#233;s, actionnaires, le Chien rouge... Tout ce qu'il faut retenir de l'&lt;i&gt;Initial Public Offering&lt;/i&gt; (IPO, Introduction en bourse &lt;i&gt;in french&lt;/i&gt;) de la d&#233;mesure...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2270 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH267/-543-91250.jpg?1768731445' width='500' height='267' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La douche froide du premier jour&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce que certains analystes annon&#231;aient, la premi&#232;re journ&#233;e de cotation de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; Limited n'aura pas &#233;t&#233; une marche triomphale. Au contraire, sa toute nouvelle action aura fait du yo-yo toute la journ&#233;e. Apr&#232;s avoir ouvert en forte hausse de 13%, elle est revenu rapidement aux alentours de son cours d'introduction, puis est repartie tester la zone des + 7 &#224; 8% avant de finir la s&#233;ance &#224; nouveau tout pr&#232;s de son point de d&#233;part de 4 euros, &#224; 4,27 euros exactement. Seule l'intervention des plus fid&#232;les lecteurs et lectrices a permis d'&#233;viter l'humiliation de terminer cette premi&#232;re s&#233;ance au dessous du cours d'introduction. Autant dire qu'il s'agit d'un &#233;chec pour cette op&#233;ration cens&#233;e battre tous les records. D'autant que le risque de voir quand m&#234;me l'action tomber sous les 4 euros dans les prochains jours n'est pas &#224; &#233;carter. Compar&#233; &#224; d'autres IPO r&#233;centes ou c&#233;l&#232;bres, cette premi&#232;re journ&#233;e est vraiment rat&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une valorisation record de plus de 100 milliards&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En retenant un prix de 4 euros pour pour l'introduction en bourse de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; Limited, le Chien rouge et ses plus fid&#232;les lecteurs et lectrices ont pourtant choisi le plus bas de la fourchette indicative de 4 &#224; 238 euros. Fourchette qui avait d'ailleurs &#233;t&#233; relev&#233;e de m&#234;me que le nombre d'actions mises sur le march&#233; (+25%) afin de r&#233;pondre &#224; la tr&#232;s forte demande des investisseurs. Un tel prix valorise &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; Limited &#224; 104 euros pour son entr&#233;e en bourse, vendredi 30 mars 2017. Par comparaison, quand &lt;i&gt;Le Ravi&lt;/i&gt; est entr&#233;e en Bourse, en 2015, l'entreprise n'&#233;tait valoris&#233;e qu'&#224; 23 euros et 40 centimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la survalorisation de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; Limited est donc pos&#233;e : 99% des deux analystes et traders interrog&#233;s par &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; jugent d'ailleurs ce chiffre de 104 euros excessif. Et ce n'est pas la premi&#232;re journ&#233;e de cotation qui va les faire changer d'avis. Car cette valorisation repose sur un pari extr&#234;mement risqu&#233; en terme de performances financi&#232;res pour les 10 ans &#224; venir, nous explique Robert, pilier de comptoir au Bar de la Plaine. Et pourtant, la demande &#233;tait si importante que le titre aurait pu &#234;tre mis &#224; prix beaucoup plus cher, estime Paulette, analyste financier au m&#234;me comptoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;16 euros lev&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2271 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L259xH194/-544-042ac.jpg?1768714488' width='259' height='194' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la d&#233;ception de la premi&#232;re journ&#233;e de cotation, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; Limited n'en a pas moins r&#233;alis&#233; la plus grosse introduction en Bourse pour une valeur de presse papier marseillo-gauchiste. Il s'agit de plus de la deuxi&#232;me plus grosse op&#233;ration toutes entreprises marseillaises confondues (juste apr&#232;s Marseille-Provence Capitale Europ&#233;enne du D&#233;tournement de subvention &#224; des fins client&#233;listes 1950-2030&#169;). En mettant 421 actions sur le march&#233;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; Limited a en effet lev&#233; 16 euros, dont 6 iront alimenter les caisses du journal d'enqu&#234;te et d'exp&#233;rimentation social via l'&#233;mission d'actions nouvelles. Les 10 autres euros correspondent &#224; des actions vendues par les fonds d'investissement (comme le fonds brestois &#034;PMU Le Balto&#034; qui va r&#233;cup&#233;rer 1,70 euros), les premiers investisseurs (comme Bruno Le Dantec et Iffik Leguen), et les fondateurs du journal (comme Olivier Cyran et Herv&#233;) ainsi que quelques profiteurs (comme JBB et Julien Tewfiq) . L'argent r&#233;colt&#233; par &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; Limited ira alimenter un tr&#233;sor de guerre pl&#233;thorique. De quoi financer un ap&#233;ro ou deux ou de faire des acquisitions, comme une paire de ciseaux, pour laquel il n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; d&#233;bourser 1,79 euros cash. Le mensuel a &#233;galement promis pour les ann&#233;es 2019 et 2020 &#034; &lt;i&gt;des d'embauches &#224; condition que les contrats aid&#233;s reviennent&lt;/i&gt; &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui peut &#234;tre actionnaire de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; Limited ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acheter des actions &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; &#224; l'occasion de l'introduction en bourse n'&#233;tait pas possible pour le commun des mortels... ni souhaitable, dans le fond. D&#233;j&#224; parce que la part des titres disponibles hors du quartier de La Plaine &#233;tait limit&#233;e &#224; 20%. Ensuite, parce que les investisseurs institutionnels et les fonds d'investissement parisiens auraient r&#233;serv&#233; 80% des titres pour &#034;&lt;i&gt;faire chier ces connards de marseillais gauchistes&lt;/i&gt;&#034; comme nous le confiait sous le sceau du secret le directeur d'une banque centrale lamda. Les particuliers se seraient donc content&#233;s des 20% restants. Et encore, ne s'agissait-il pas de monsieur et madame tout le monde. Il fallait disposer de 500 &#224; 700 euros sur son compte et avoir pass&#233; l'aspirateur dans l'ann&#233;e pour envisager de faire partie des &lt;i&gt;happy few&lt;/i&gt;, nous a expliqu&#233; Sam, g&#233;rante de la soci&#233;t&#233; de communication &#034;Le Bar du Peuple&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des possibilit&#233;s s'ouvrent en revanche dans un second temps. &#034;Les particuliers fran&#231;ais ou m&#234;me de Marseille pourront acheter des titres une fois l'introduction en Bourse r&#233;alis&#233;e&#034;, note Mathieu, responsable Gla&#231;on-touillette au Chiquito. Mais ce sont des op&#233;rations qui, pour des petits porteurs, pourraient s'av&#233;rer risqu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2269 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH335/-542-c9404.jpg?1768662068' width='500' height='335' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Chien rouge, multi-milliardaire &#224; 15 ans ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est le visage, la figure embl&#233;matique de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; Limited. A bient&#244;t 15 ans, il est devenu un personnage intrigant, qui suscite la pol&#233;mique et dont l'avis est &#233;cout&#233; par les plus puissants. Surtout, le Chien rouge se gave de croquette. Le prix d'introduction de 4 euros valorise sa participation dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; Limited &#224; 19,10 euros, ce qui le rend plus riche que Le Ravi (de la cr&#232;che), mascotte de &lt;i&gt;Le Ravi&lt;/i&gt; (le journal). Il est en fait le 29&#232;me cl&#233;bard le plus riche du monde selon Ahmed, maitre k&#233;babier et habitu&#233; du Bar de la Plaine. Et les actions qu'il a effectivement vendu &#224; l'occasion de l'IPO vont lui rapporter plus d'un euros de plus. Une somme qui sera enti&#232;rement d&#233;di&#233;e &#224; rembourser des dettes chez l'&#233;picier du coin. Il devrait encore conserver 18,4% du capital de son entreprise, mais 55% des droits de vote et une gamelle &#224; son nom. Ses proches &#233;galement vont s'enrichir, ceux qui ont cofond&#233; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; Limited ou les premiers employ&#233;s de la bo&#238;te qui pr&#233;f&#233;raient, bien leur en a pris, &#234;tre pay&#233;s en actions. On estime &#224; quatre ou cinq le nombre de salari&#233;s de CQFD Limited qui sont devenus aujourd'hui un peu moins pauvre qu'avant !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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