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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Syst&#232;me carc&#233;ral : une question centrale</title>
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		<dc:creator>Nadia M.</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;Des d&#233;bats port&#233;s par les Gilets jaunes aux colonnes des journaux de toute ob&#233;dience, la question carc&#233;rale se fait discr&#232;te. Loin d'&#234;tre un sujet annexe, la fa&#231;on dont on enferme r&#233;v&#232;le pourtant bien des choses sur les tonalit&#233;s totalitaires d'une soci&#233;t&#233;. Examen d'une machine &#224; broyer. Le mouvement des Gilets jaunes a fort l&#233;gitimement abord&#233; la question de sa r&#233;pression. En premi&#232;re ligne des critiques, les violences polici&#232;res qui ont &#233;maill&#233; les cort&#232;ges. En arri&#232;re-fond, moins (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no177-juin-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;177 (juin 2019)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des d&#233;bats port&#233;s par les Gilets jaunes aux colonnes des journaux de toute ob&#233;dience, la question carc&#233;rale se fait discr&#232;te. Loin d'&#234;tre un sujet annexe, la fa&#231;on dont on enferme r&#233;v&#232;le pourtant bien des choses sur les tonalit&#233;s totalitaires d'une soci&#233;t&#233;. Examen d'une machine &#224; broyer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3051 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L405xH400/-1285-a4f0c.jpg?1782641322' width='405' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L. L. de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e mouvement des Gilets jaunes a fort l&#233;gitimement abord&#233; la question de sa r&#233;pression. En premi&#232;re ligne des critiques, les violences polici&#232;res qui ont &#233;maill&#233; les cort&#232;ges. En arri&#232;re-fond, moins d&#233;nonc&#233;, le d&#233;ferement des milliers d'interpell&#233;s devant les tribunaux, qui a pourtant lev&#233; le voile sur une justice de classe exp&#233;ditive, usant et abusant des comparutions imm&#233;diates pour condamner &#224; tour de bras des pr&#233;venus &#224; l'origine sociale fortement d&#233;favoris&#233;e. Mais une fois de plus, la question carc&#233;rale est rest&#233;e relativement absente de la r&#233;flexion globale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la prison n'est pas en dehors de la soci&#233;t&#233; : elle est son miroir grossissant. Le r&#233;gime politique s'y met &#224; nu. On a beau les cacher derri&#232;re de hauts murs, toujours plus loin en p&#233;riph&#233;rie, en pr&#233;textant qu'il s'agit d'un mal n&#233;cessaire, les ge&#244;les ne disparaissent pas pour autant ! Et il faudra bien caser leur remise en cause &#224; l'ordre du jour si l'on pr&#233;tend vouloir changer ce monde.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;De la casse sociale &#224; la case prison&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La situation actuelle n'est pas une d&#233;rive, mais une continuit&#233;. Dans la lign&#233;e de ses pr&#233;d&#233;cesseurs, toutes couleurs confondues, Emmanuel Macron poursuit l'adaptation de l'appareil r&#233;pressif &#224; l'&#233;volution du capitalisme. Alors que les r&#233;formes du code du travail et de l'assurance ch&#244;mage entra&#238;neront in&#233;vitablement un d&#233;veloppement de la d&#233;linquance et de la r&#233;volte, la France pulv&#233;rise chaque ann&#233;e son record d'incarc&#233;rations. &#192; l'instar du nombre de pr&#233;caires, celui des prisonniers monte en fl&#232;che : plus de 71 000 personnes dans les murs et quelque 175 000 sous contr&#244;le &#224; l'ext&#233;rieur. Bien loin de l'image g&#233;n&#233;ralement v&#233;hicul&#233;e par les m&#233;dias, construite sur des faits-divers spectaculaires, les prisons sont avant tout peupl&#233;es de petits voleurs, dealers, r&#233;calcitrants, issus des classes populaires et alternant petits boulots et p&#233;riodes de ch&#244;mage, survivant au quotidien par la d&#233;brouille. Sauf qu'il y a un ordre &#224; faire respecter et le meilleur des mondes &#224; prot&#233;ger : il faut donc en passer par un m&#233;lange de r&#233;pression et de discrimination. Ainsi, il n'existerait plus de causes sociales et politiques &#224; la d&#233;linquance ou aux mouvements sociaux. Les inadapt&#233;s n'ont qu'a bien se tenir et arr&#234;ter de s'attrouper.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jusqu'&#224; la mort&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si la moiti&#233; des peines ass&#233;n&#233;es par les juges n'exc&#232;dent pas un an, de plus en plus d'actes, de mots et d'intentions deviennent des d&#233;lits passibles d'enfermement. Ce qui relevait encore r&#233;cemment d'une simple contravention vaut aujourd'hui des peines de prison fermes : provocation &#224; la r&#233;bellion, outrage, conduite en &#233;tat d'ivresse, dissimulation du visage lors des manifs&#8230; Le moindre d&#233;lit est s&#233;v&#232;rement r&#233;prim&#233;, surtout si l'auteur est jeune, pauvre et d'origine &#233;trang&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le, les longues peines s'allongent. Alors que dans les ann&#233;es 1970, la peine maximum effectu&#233;e &#233;tait d'environ dix-huit ans, aujourd'hui elle d&#233;passe les trente ann&#233;es et flirte ainsi avec la perp&#233;tuit&#233; r&#233;elle. Abolie, la peine de mort ? Non, juste remplac&#233;e par la peine jusqu'&#224; la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a de plus en plus de prisonniers, c'est aussi parce que pr&#233;venus et condamn&#233;s restent de plus en plus longtemps en prison. S'il y a &#171; surpopulation carc&#233;rale &#187;, c'est parce qu'il y a sur-enfermement pour des p&#233;riodes de plus en plus longues.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Circulez, y a rien &#224; voir&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#233;forme apr&#232;s r&#233;forme, les conditions de d&#233;tention se d&#233;gradent, les remises de peines fondent, les activit&#233;s &#224; l'int&#233;rieur se rar&#233;fient, l'isolement progresse, les peines s'allongent. Le travail est rare et rel&#232;ve de l'exploitation&lt;i&gt; (lire p. X)&lt;/i&gt;, les soins sont indigents, les recours inop&#233;rants, les violences de l'institution couvertes&#8230; Dans certaines prisons, les deux promenades l&#233;gales quotidiennes ne sont m&#234;me plus assur&#233;es et ce sont des matelas &#224; terre qui accueillent les nouveaux arrivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'indiff&#233;rence et l'extr&#234;me r&#233;pression, les prisonniers continuent de se r&#233;volter contre ces conditions de vie insoutenables. Le 31 mars dernier, une centaine de d&#233;tenus de la prison de Fresnes (Val-de-Marne) ont refus&#233; de r&#233;int&#233;grer leurs cellules. Les &#201;ris (&#201;quipes r&#233;gionales d'intervention et de s&#233;curit&#233;, les CRS carc&#233;raux) sont intervenues. Confront&#233;es &#224; des &#171; &lt;i&gt;refus d'obtemp&#233;rer&lt;/i&gt; &#187;, elles ont fait usage de la &#171; &lt;i&gt;force&lt;/i&gt; &#187;. Des meneurs ont &#233;t&#233; identifi&#233;s et transf&#233;r&#233;s dans d'autres prisons. Selon l'institution, leurs revendications concernaient les conditions d'hygi&#232;ne et les fouilles syst&#233;matiques instaur&#233;es &#224; l'issue des parloirs. L'incident a &#233;t&#233; m&#233;diatis&#233;, mais sans que soient jamais abord&#233;es les questions de fond. Quelles sont les v&#233;ritables raisons de la r&#233;volte ? Quels moyens exacts ont utilis&#233; les &#201;ris ? Y a-t-il eu des bless&#233;s ? Les &#171; meneurs &#187; ont-ils &#233;t&#233; poursuivis ? Qu'en disent les prisonniers ? Comme d'habitude, le point de vue des premiers concern&#233;s est rest&#233; absent du d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cas comme dans d'autres, l'individualisation, l'atomisation et l'isolement sont des armes terribles pour briser, an&#233;antir, &#233;touffer toute volont&#233; individuelle ou collective de r&#233;sistance. Les pouvoirs autoritaires en usent pour garantir leur p&#233;rennit&#233; et leurs profits en d&#233;truisant la possibilit&#233; m&#234;me de changement. Le parall&#232;le avec le monde ext&#233;rieur est vite tir&#233; : dans la rue ou derri&#232;re les barreaux, il s'agit de cadenasser les possibles.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des QHS qui ne disent pas leur nom&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les quartiers de haute s&#233;curit&#233; (QHS) devaient &#234;tre abolis en 1981, gr&#226;ce aux luttes men&#233;es par des prisonniers et gr&#226;ce &#224; une forte mobilisation &#224; l'ext&#233;rieur. Mais les promesses &#233;lectorales n'engagent que ceux qui les croient. L'isolement carc&#233;ral, v&#233;ritable torture blanche, s'est g&#233;n&#233;ralis&#233; depuis les ann&#233;es 1980 en s'adaptant &#224; la dangerosit&#233; suppos&#233;e des personnes d&#233;tenues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prison de Cond&#233;-sur-Sarthe (Orne), inaugur&#233;e par Christiane Taubira en 2013, est la version ultramoderne des anciens QHS pour longues peines. D&#232;s son ouverture, des prisonniers ont d&#233;nonc&#233; l'impossibilit&#233; de vivre dans ces conditions et ont tent&#233; les gestes les plus d&#233;sesp&#233;r&#233;s pour &#234;tre transf&#233;r&#233;s loin de cet enfer. Le 5 mars, un d&#233;tenu qui purgeait une peine de trente ans et s'&#233;tait radicalis&#233; en prison a agress&#233; deux surveillants. Retranch&#233; avec sa compagne pendant pr&#232;s de dix heures dans l'unit&#233; de vie familiale, il a &#233;t&#233; neutralis&#233; par le Raid. Lors de l'assaut, sa compagne a &#233;t&#233; tu&#233;e. Vous n'en saurez pas plus, ni sur les raisons de l'acte du d&#233;tenu, ni sur les suites donn&#233;es &#224; la mort de cette femme, ni sur cette prison de haute s&#233;curit&#233;. La lutte contre le terrorisme justifie toutes les exactions.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Prisons &#224; ciel ouvert&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Versant courtes peines, l'opacit&#233; est aussi de mise. D'autant que l'&#201;tat est confront&#233; &#224; un probl&#232;me majeur : comment g&#233;rer &#224; moindre co&#251;t la multiplication et l'allongement des peines ? Rien ne sert de condamner si la condamnation n'est pas effectu&#233;e, sachant que les 7 000 nouvelles places des prisons que le gouvernement pr&#233;voit de construire n'y suffiront pas. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de d&#233;velopper de nouvelles formes d'enfermement aussi efficaces que les murs : la prison dehors. Dignes h&#233;riti&#232;res de Robert Badinter, qui avait remplac&#233; en son temps la peine de mort par les peines jusqu'&#224; la mort, les ministres Rachida Dati, Christiane Taubira et Nicole Belloubet ont poursuivi et continuent de poursuivre le m&#234;me dessein, en cherchant &#224; d&#233;velopper la &#171; contrainte p&#233;nale &#187; (la personne n'est pas enferm&#233;e entre des murs, mais voit sa libert&#233; restreinte par diverses obligations).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce qu'affirment ses partisans, il ne s'agit pas d'une alternative &#224; l'incarc&#233;ration, mais de v&#233;ritables peines suppl&#233;mentaires qui viennent, &#224; moindre frais, &#233;largir la palette r&#233;pressive. R&#233;sultat ? Le nombre de personnes plac&#233;es sous le contr&#244;le de l'&#201;tat explose sans pour autant faire baisser le nombre de d&#233;tenus et d&#233;tenues. L'enfermement hors les murs, avec ou sans bracelet &#233;lectronique, pourrait bien, si l'on n'y prend garde, faire de notre soci&#233;t&#233; tout enti&#232;re une prison. Plus que jamais, la critique du syst&#232;me carc&#233;ral est le corollaire indispensable de la critique de la soci&#233;t&#233; qui le produit. Souhaitons que le mouvement des Gilets jaunes la remette, si ce n'est au centre des d&#233;bats, tout du moins &#224; son agenda.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nadia M.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Surench&#232;re de souffrances et soif de sang</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Surenchere-de-souffrances-et-soif</link>
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		<dc:date>2014-04-24T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
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		<dc:subject>surveillants</dc:subject>
		<dc:subject>centre p&#233;nitentiaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Faute de ne pouvoir r&#233;tablir la peine de mort, mesure proscrite par la Communaut&#233; europ&#233;enne, les intoxications politiques, relay&#233;es dans le bon sens populaire, ne cessent d'inventer des techniques in&#233;dites d'enfermement. Et in&#233;vitablement de fabriquer des personnes d&#233;tenues qui n'ont plus rien &#224; perdre. A croire que le nom du lieu &#233;tait pr&#233;destin&#233;. Cond&#233; ! Ou plus exactement Cond&#233;-sur-Sarthe, petit bourg de deux mille habitants &#224; l'ouest d'Alen&#231;on dans le d&#233;partement de l'Orne. C'est l&#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no120-mars-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;120 (mars 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/prisonniers" rel="tag"&gt;prisonniers&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/penitentiaire" rel="tag"&gt;p&#233;nitentiaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/longues-peines" rel="tag"&gt;longues peines&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/surveillants" rel="tag"&gt;surveillants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/centre-penitentiaire" rel="tag"&gt;centre p&#233;nitentiaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Faute de ne pouvoir r&#233;tablir la peine de mort, mesure proscrite par la Communaut&#233; europ&#233;enne, les intoxications politiques, relay&#233;es dans le bon sens populaire, ne cessent d'inventer des techniques in&#233;dites d'enfermement. Et in&#233;vitablement de fabriquer des personnes d&#233;tenues qui n'ont plus rien &#224; perdre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A croire que le nom du lieu &#233;tait pr&#233;destin&#233;. Cond&#233; ! Ou plus exactement Cond&#233;-sur-Sarthe, petit bourg de deux mille habitants &#224; l'ouest d'Alen&#231;on dans le d&#233;partement de l'Orne. C'est l&#224; qu'a &#233;t&#233; b&#226;ti un lieu de d&#233;tention ultra s&#233;curitaire &#8211; con&#231;u par des cervelles exsangues&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le cabinet Archi5Prod et Bernard Guillien, un de ses architectes, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#8211; concentrant &#171; &lt;i&gt;les r&#233;sultats de douze ann&#233;es d'&#233;tudes minist&#233;rielles sur les types d'&#233;tablissement cens&#233;s tenir enferm&#233;s des prisonniers difficiles et condamn&#233;s &#224; de tr&#232;s longues peines&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Envol&#233;e n&#176; 38.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;. Install&#233; sur presque trois hectares, compos&#233; de trois b&#226;timents dont seuls deux sont pour l'heure en fonction, ce dernier n&#233; des centres p&#233;nitentiaires se distingue, ainsi que le pr&#233;cise la plaquette promotionnelle du produit, par &#171; &lt;i&gt;la haute technologie des moyens de suret&#233; et la gestion en petits groupes de personnes d&#233;tenues&lt;/i&gt; &#187;. Dans les faits, aucune communication n'est possible entre les b&#226;timents, les soixante-huit d&#233;tenus actuels, encadr&#233;s par cent quatre-vingt neufs surveillants, sont maintenus dans un quartier d'isolement ayant la taille d'une prison. Les fen&#234;tres ont &#233;t&#233; faites de telle mani&#232;re que les prisonniers ne puissent ni voir &#224; l'ext&#233;rieur, ni &#234;tre vus. Contrairement aux maisons centrales o&#249; l'usage permettait auparavant une relative circulation entre les cellules, ici les portes sont closes en permanence.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_998 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH546/p07-cqdfmarsprison2014-263c4.jpg?1782641189' width='400' height='546' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L.L. de Mars.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Rares contacts entre d&#233;tenus, omnipr&#233;sence des surveillants, cam&#233;ras de surveillance, promenades et activit&#233;s ne tol&#233;rant que la pr&#233;sence maximum de sept prisonniers, administration massive de tranquillisants de gr&#233; ou de force et parfois par injection, ouvertures &#233;lectroniques des portes afin de limiter les contacts entre matons et d&#233;tenus et acc&#232;s tr&#232;s difficiles pour les familles d&#233;sirant rendre visite &#224; leur proche, &#171; &lt;i&gt;cet &#233;tablissement a &#233;t&#233; con&#231;u pour nous casser psychologiquement et physiquement, car &#224; l'isolement les agents sont en permanence casqu&#233;s pour le moindre mouvement, on nous fait des fouilles &#224; corps pour rien&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne Christophe B., un d&#233;tenu de cette prison. La raison de son transfert dans cette version moderne des quartiers de haute de s&#233;curit&#233;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le ministre de la Justice Robert Badinter a &#171; d&#233;cid&#233; &#187; la suppression des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; lui avait &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;e par l'administration : &#171; &lt;i&gt;Votre placement &#224; l'isolement s'av&#232;re&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;strictement n&#233;cessaire au centre p&#233;nitentiaire d'Alen&#231;on, car il constitue l'unique moyen d'assurer l'ordre au sein de l'&#233;tablissement et de pr&#233;server la s&#233;curit&#233; de l'ensemble du personnel.&lt;/i&gt; &#187; Contre toute attente, le pari aura &#233;t&#233; tenu au del&#224; de toutes les pr&#233;visions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'arriv&#233;e des premiers prisonniers le 29 mai 2013, cet &#233;tablissement n'a eu de cesse de conna&#238;tre des actes de r&#233;volte. Les motifs sont toujours les m&#234;mes : demande de transfert, application des am&#233;nagements de peine. Mi-septembre, un enferm&#233; projette de l'huile bouillante sur des surveillants. &#192; la fin de ce m&#234;me mois, deux gardiens sont hospitalis&#233;s apr&#232;s qu'un d&#233;tenu a refus&#233; d'&#234;tre fouill&#233;. Le 16 d&#233;cembre, un mouvement collectif r&#233;clame la libre circulation entre les cellules pendant la journ&#233;e. Le 30 d&#233;cembre, ce sont deux prisonniers qui retiennent &#224; l'aide d'un couteau artisanal deux matons, avant que n'interviennent les cagoul&#233;s des &#233;quipes r&#233;gionales d'intervention et de s&#233;curit&#233; (Eris). Le 30 d&#233;cembre et le 1er janvier dernier, des cam&#233;ras et du mat&#233;riel d'une salle sont d&#233;grad&#233;s pendant qu'un encag&#233; poursuit un surveillant avec une barre de fer &#224; la main. Le 2 janvier, un officier du personnel est bless&#233; avec un poin&#231;on artisanal. L'apr&#232;s-midi, les prisonniers refusent de rejoindre leur cellule. Le 8, une porte est fracass&#233;e. Le jour suivant, un gardien re&#231;oit une vol&#233;e de coups de poings provoquant une luxation de l'&#233;paule et dix jours d'incapacit&#233; totale de travail. Le 10, Fabrice Morot, directeur adjoint de l'&#233;tablissement, est frapp&#233; &#224; plusieurs reprises au dos et &#224; la t&#234;te avec un objet pointu par un d&#233;tenu qu'il tentait de calmer suite &#224; une &#233;ni&#232;me fouille corporelle. Des avocats, venus d&#233;fendre des prisonniers devant la quasi quotidienne commission interne de discipline, tribunal interne nomm&#233; pr&#233;toire, s'inqui&#232;tent &#224; leur tour de l'agressivit&#233; ambiante r&#233;gnant dans l'&#233;tablissement. Apr&#232;s que deux d'entre-eux affirment avoir subi des incidents de la part de d&#233;tenus, le b&#226;tonnier de l'Ordre des avocats d'Alen&#231;on, oubliant que la place des avocats est aux c&#244;t&#233;s de leurs clients, invoque, le 7 f&#233;vrier, le droit de retrait et demande le r&#233;tablissement de parloirs s&#233;par&#233;s par un hygiaphone&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Malgr&#233; une mise en garde d'un collectif d'avocats sp&#233;cialis&#233;s en droit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Les syndicats de la p&#233;nitentiaire r&#233;clament, comme &#224; l'habitude, effectifs, armements, et&#8230; respect. Quant &#224; l'administration, elle admet du bout des l&#232;vres que les &#171; &lt;i&gt;difficult&#233;s actuelles&lt;/i&gt; &#187; sont le r&#233;sultat &#171; &lt;i&gt;d'une p&#233;riode de rodage&lt;/i&gt; &#187; n&#233;cessaire avant l'exploitation compl&#232;te de ce premier laboratoire &#224; taille inhumaine destin&#233; aux longues peines et &#224; toutes celles &#224; venir, selon les orientations forcen&#233;es de la politique carc&#233;rale de gauche comme de droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; qui devrait donc combler de satisfaction les lyncheurs anonymes et autres politiciens qui r&#233;clament toujours plus de f&#233;rocit&#233; et de brutalit&#233; contre les prisonniers. Et aussi, calmer leur v&#233;h&#233;mence contre la ministre de la Justice accus&#233;e de laxisme et souhaitant pr&#233;tendument ouvrir les prisons. Mais voil&#224; surtout, avec ce centre p&#233;nitentiaire, premier d'une g&#233;n&#233;ration de prisons d&#233;di&#233;e aux longues peines &#233;liminatoires, de quoi &#233;baucher une nouvelle solution pour ces emmur&#233;s vivants : tenter de les soumettre d&#233;finitivement &#224; des conditions inhumaines de survie. Et feindre d'ignorer, pour satisfaire les toxicomanes de l'enfermement, que la violence g&#233;n&#233;r&#233;es par ces mesures ne peut que provoquer des explosions l&#233;gitimes, dedans comme dehors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le nombre de d&#233;tenus effectuant une peine allant de vingt &#224; trente ans de prison a &#233;t&#233; multipli&#233; par 3,5 entre 1996 et 2006&lt;/i&gt; &#187;, constate Annie Kensey&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Croix, le 2 juin 2009.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, responsable du p&#244;le statistique &#224; la direction de l'Administration p&#233;nitentiaire. Description que compl&#232;te Barbara Liaras de l'Observatoire international des prisons : &#171; &lt;i&gt;P&#233;riodes de s&#251;ret&#233;, obstacles &#224; la lib&#233;ration conditionnelle, mesures de s&#251;ret&#233; apr&#232;s la peine&#8230; semblent &#234;tre venues compenser l'abolition de la peine de mort. Dans une m&#234;me logique d'&#233;limination. Les syst&#232;mes p&#233;nal et p&#233;nitentiaire aggravent ainsi, voire fabriquent de la &#8220;dangerosit&#233;&#8221;, avec des personnes qui n'ont rien &#224; perdre, ne peuvent plus se projeter dans une &#233;chelle de temps accessible et voient leur capacit&#233; &#224; retourner &#224; la vie libre fortement amoindrie apr&#232;s une, deux, voire trois d&#233;cennies de d&#233;tention.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi mieux comprendre les gourmandes saillies de Nicolas Dhuicq, d&#233;put&#233; UMP de l'Orne qui, au sortir d'une visite de Cond&#233;-sur-Sarthe le 11 f&#233;vrier, rajoutait sa petite couche de perversit&#233;, en d&#233;clarant sur les ondes de la radio locale Tendance-Ouest : &#171; &lt;i&gt;Je souhaiterais que les d&#233;tenus portent un uniforme, &#233;ventuellement qu'ils saluent le drapeau et les surveillants. &lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Nous avons des fauves dans toutes les centrales de France et encore on les renforce, puisqu'on leur apprend la boxe et la musculation&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Je suis psychiatre de formation&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nos services, s'&#233;tant livr&#233; &#224; quelques investigations, n'ont trouv&#233; aucune (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;i&gt;et je trouve que cela est totalement fou et irresponsable&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un pari sur le futur ? L'&#233;levage industriel mutile le bec des poussins pour &#233;viter qu'ils ne s'entretuent, rendus fous par la claustration. A Cond&#233;-sur-Sarthe, on attend les premiers dentistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le cabinet Archi5Prod et Bernard Guillien, un de ses architectes, multir&#233;cidiviste dans la construction d'&#233;tablissement de d&#233;tention et d&#233;bordant d'imagination sur l'am&#233;nagement de lieux de souffrance.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://lenvolee.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Envol&#233;e&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; n&#176; 38.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le ministre de la Justice Robert Badinter a &#171; d&#233;cid&#233; &#187; la suppression des QHS le 26 f&#233;vrier 1982.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Malgr&#233; une mise en garde d'un collectif d'avocats sp&#233;cialis&#233;s en droit p&#233;nitentiaire, les avocats du barreau d'Alen&#231;on maintiendront leur position. Ces derniers obtiendront satisfaction : dor&#233;navant, et d'une mani&#232;re in&#233;dite, les entretiens ont lieu en pr&#233;sence d'un surveillant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Croix&lt;/i&gt;, le 2 juin 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Nos services, s'&#233;tant livr&#233; &#224; quelques investigations, n'ont trouv&#233; aucune trace d'une quelconque inscription &#224; l'Ordre des M&#233;decins.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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