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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>L'eau-de-vie, les normes et Monsieur Paul</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Bouilleur ambulant, Monsieur Paul prom&#232;ne son alambic dans les campagnes du Lot depuis des ann&#233;es. Mais fatigu&#233; d'une r&#233;glementation trop tatillonne, il songe &#224; fermer le robinet. La norme tuera-t-elle la gn&#244;le ? D&#233;cembre 2018. Au bord d'une d&#233;partementale qui serpente &#224; la sortie d'un petit village du Lot, le long d'une rivi&#232;re, un abri b&#226;ch&#233; s'appuie sur une caravane d&#233;glingu&#233;e. Un sourd grondement s'en &#233;chappe, et de temps &#224; autre, quelques voitures viennent s'y arr&#234;ter, d&#233;chargeant de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no174-mars-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;174 (mars 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yann-Renoult-172" rel="tag"&gt;Loez&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bouilleur ambulant, Monsieur Paul prom&#232;ne son alambic dans les campagnes du Lot depuis des ann&#233;es. Mais fatigu&#233; d'une r&#233;glementation trop tatillonne, il songe &#224; fermer le robinet. La norme tuera-t-elle la gn&#244;le ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2973 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1212-3cf79.jpg?1782747313' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Yann Renoult
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;&#233;cembre 2018. Au bord d'une d&#233;partementale qui serpente &#224; la sortie d'un petit village du Lot, le long d'une rivi&#232;re, un abri b&#226;ch&#233; s'appuie sur une caravane d&#233;glingu&#233;e. Un sourd grondement s'en &#233;chappe, et de temps &#224; autre, quelques voitures viennent s'y arr&#234;ter, d&#233;chargeant de lourds tonneaux en plastique. Sous la b&#226;che, un alambic, patin&#233; par le temps, exhale des vapeurs d'&#233;ther et de prune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur Paul est bouilleur ambulant. Il a pris la succession de son p&#232;re apr&#232;s l'avoir accompagn&#233; pendant pr&#232;s de quinze ans dans les campagnes de distillation. Pour cet ancien &#233;leveur des environs de Figeac, plus qu'une activit&#233;, c'est une identit&#233; profond&#233;ment ancr&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Je continue parce que je suis bouilleur. C'est atavique. On a l'impression que si on ne le fait pas il nous manque quelque chose. On ne s'enrichit pas avec &#231;a, on y est m&#234;me de notre poche des fois, mais on le fait parce qu'on est bouilleur. Souvent je dis que je vais abandonner parce que j'en ai marre, mais non. J'abandonnerai parce que les douanes me forceront &#224; abandonner. Le jour o&#249; ils nous ennuieront trop... Eux ils disent que c'est pas vrai, mais moi je dis y a trop d'ennuis, y a trop de papiers, c'est trop compliqu&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#171; ils &#187; qui d&#233;signe les technocrates hors sol, qu'ils soient aux finances ou aux douanes, mut&#233;s dans des r&#233;gions qu'ils ne connaissent pas et o&#249; ils ne lient pas d'attaches durables, &#233;laborant des r&#232;glements toujours plus compliqu&#233;s dont la mise en oeuvre varie d'un d&#233;partement &#224; l'autre, comme pour les agriculteurs. Les conditions pour distiller se font de plus en plus restrictives. Pour Monsieur Paul et ses clients, il s'agit de s'attaquer &#171; &lt;i&gt;aux derniers espaces de libert&#233; &#187;&lt;/i&gt;, comme le dit l'une d'eux. &#171; &lt;i&gt;Ils veulent qu'on rentre dans les clous, mais ils ne savent pas les planter &#187;&lt;/i&gt;, ironise le bouilleur.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; J'ai toujours vu mon grand-p&#232;re le faire &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Deux statuts existent. D'une part, il y a le bouilleur de cru, qui peut (faire) distiller les fruits de ses arbres en b&#233;n&#233;ficiant d'un privil&#232;ge : une exemption de taxe sur les 1 000 premiers degr&#233;s d'alcool (soit 20 litres &#224; 50 &#176;), vestige d'un cadeau de Napol&#233;on aux survivants de sa Grande Arm&#233;e. Mais depuis 1959, ce privil&#232;ge n'est plus transmissible aux enfants et s'&#233;teint &#224; la mort de son possesseur et de son ou sa conjointe&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; l'&#233;poque, on estimait le nombre de ces bouilleurs de cru &#224; pr&#232;s de 3 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. D'autre part, il y a le bouilleur ambulant, qui est l'artisan qui s'occupe de la distillation (&#224; 50 &#176;) des fruits de tout un chacun. Charg&#233; de collecter les taxes pour l'&#201;tat, Monsieur Paul peste contre les formulaires qu'il doit remplir en cinq exemplaires &#8211; bient&#244;t six. Les formalit&#233;s toujours plus complexes, et l'obligation de suivre une formation en alternance et de passer un CAP n'encouragent pas les jeunes &#224; reprendre cette activit&#233;. Dans le Lot, la plupart des bouilleurs ambulants sont des retrait&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;glementation de la distillation et l'abolition des privil&#232;ges se sont faites au nom de la lutte contre l'alcoolisme. Mais, plus s&#251;rement, pour assurer l'exclusivit&#233; de la production aux grandes compagnies. Avant, se rappelle Monsieur Paul, on distillait beaucoup plus. &#171; &lt;i&gt;J'ai toujours vu mon grand-p&#232;re, mon p&#232;re le faire &#187;&lt;/i&gt;, surench&#233;rit un agriculteur de passage. L'alcool de prune, para&#238;t-il, &#233;tait moins cher que le vin, et les gens buvaient sec. &#171; &lt;i&gt;On buvait un coup quand on avait mal aux dents. Certains avaient souvent mal &#187;&lt;/i&gt;, sourit Monsieur Paul, qui ajoute : &#171; &lt;i&gt;Beaucoup d'anciens sont revenus alcooliques de la guerre de 14. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Les turlututus &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avec la disparition de l'activit&#233;, c'est aussi une forme de socialisation qui s'en va. Les bouilleurs sillonnaient le d&#233;partement, s'installant quelques semaines par-ci, quelques semaines par-l&#224;. &#171; &lt;i&gt;Avant c'&#233;tait beaucoup plus convivial, on mangeait &#224; l'alambic. Maintenant les gens am&#232;nent leurs fruits et puis c'est tout. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour-l&#224;, les clients restent tout de m&#234;me bavarder un moment. En hiver, Monsieur Paul commence vers midi. Mais l'alcool ne peut &#234;tre remis qu'&#224; partir de 18 h, afin de faciliter le contr&#244;le des douanes qui v&#233;rifient que tous les litres d'alcool produits ont bien &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Les turlututus &#187;&lt;/i&gt;, comme on les appelle par ici, passent r&#233;guli&#232;rement. Ce sont les douanes &#233;galement qui donnent leur accord pour l'attribution d'un terrain par une mairie. Le temps de la saison, celui-ci devient public afin de permettre les contr&#244;les des forces de l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens qui viennent sont en partie des habitu&#233;s, &#226;g&#233;s, dont le nombre diminue avec le temps. Les profils sont vari&#233;s : agriculteurs, mais aussi des particuliers poss&#233;dant quelques arbres fruitiers, et m&#234;me des &#233;trangers avec une r&#233;sidence secondaire dans le coin. Quand la r&#233;colte des prunes a &#233;t&#233; bonne, Monsieur Paul distille pour cinquante &#224; soixante clients par an. Un nombre bien moindre que dans le pass&#233;, et insuffisant pour lui assurer une v&#233;ritable source de revenus. &#171; &lt;i&gt;Si je voulais vraiment en vivre, il faudrait en faire ! J'en connais qui y arrivent. Mais ici on ne peut pas vraiment lutter avec l'armagnac. On est petits. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ils ne pourront jamais emp&#234;cher les gens de distiller &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Afin de relancer l'activit&#233; mourante, les bouilleurs ont obtenu en 2003 une exemption, pour chaque client, de 50 % des taxes sur les 10 premiers litres d'alcool pur. Les douanes r&#233;coltent donc 8,7053 euros sur chacun de ceux-ci. Une pr&#233;cision dans la d&#233;cimale qui montre l'&#233;cart entre une norme fix&#233;e artificiellement dans un bureau, et la r&#233;alit&#233; de l'activit&#233; artisanale des bouilleurs ambulants. La chaleur des tuyaux de l'alambic, les odeurs d&#233;gag&#233;es, le bruit de la cuve sont autant de signes non quantifiables qui permettent &#224; Monsieur Paul de suivre sa distillation, son seul appareil de mesure &#233;tant le pr&#233;cieux alcoom&#232;tre indiquant le degr&#233; d'alcool de la goutte qui s'&#233;coule du serpentin apr&#232;s la troisi&#232;me repasse de l'alambic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les agriculteurs comme pour les bouilleurs, l'&#201;tat produit des normes visant &#224; encadrer chaque aspect des activit&#233;s, parfois jusqu'au geste m&#234;me. La premi&#232;re codification de la fabrication des eaux-de-vie date de Colbert, au XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Baptiste Vidalou, &#202;tre for&#234;ts, &#233;ditions Zones, 2017.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Chaque nouvelle r&#233;glementation resserre davantage l'&#233;tau. Plusieurs collectifs paysans, de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne au Collectif d'agriculteurs et d'agricultrices contre les normes, d&#233;noncent cette standardisation comme une fa&#231;on de privil&#233;gier l'industrialisation de l'agriculture aux mains de grands groupes, poussant nombre de petits exploitant.es &#224; la cessation d'activit&#233;. Et gare &#224; ceux qui font de la r&#233;sistance : le 20 mai 2017, J&#233;r&#244;me Laronze, paysan en Sa&#244;ne-et-Loire, a &#233;t&#233; abattu par la gendarmerie au terme d'une cavale tragique, quelques jours apr&#232;s une &#233;ni&#232;me visite des services v&#233;t&#233;rinaires, venus accompagn&#233;s des pandores pour recenser ses b&#234;tes en vue d'une saisie&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; ce sujet, lire &#171; Un paysan est mort &#187;, CQFD n&#176; 163 (mars 2018), mais (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les bouilleurs ambulants, les normes poussent peu &#224; peu &#224; la fin de l'activit&#233;. Et m&#232;nent le quidam voulant simplement distiller ses fruits vers la clandestinit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Ils ne pourront jamais emp&#234;cher les gens de distiller. Plus ils tiennent les gens serr&#233;s plus ils leur &#233;chappent. Pourquoi les gars sont au bord des ronds-points aujourd'hui ? Je ne dis pas qu'il ne faut pas de r&#233;glementation. Mais il faut qu'elles tiennent compte des avis des gens et de la r&#233;alit&#233; du terrain. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Yann Renoult&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; l'&#233;poque, on estimait le nombre de ces bouilleurs de cru &#224; pr&#232;s de 3 millions. Il n'en reste plus gu&#232;re de nos jours.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jean-Baptiste Vidalou, &lt;i&gt;&#202;tre for&#234;ts&lt;/i&gt;, &#233;ditions Zones, 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; ce sujet, lire &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Un-paysan-est-mort' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Un paysan est mort&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;n&#176; 163 (mars 2018), mais &#233;galement &#171; &lt;a href=&#034;https://reporterre.net/Les-normes-ecrasent-les-agriculteurs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les normes &#233;crasent les agriculteurs&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Reporterre&lt;/i&gt;, 17/08/2018. Voir aussi le site &lt;a href=&#034;http://luttesagricoles.info/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Luttesagricoles.info&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La chronique judiciaire o&#249; on se calme</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-chronique-judiciaire-ou-on-se</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Juliette Volcler</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>Oui</dc:subject>
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		<dc:subject>&#234;tes</dc:subject>
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		<dc:subject>procureure demande</dc:subject>
		<dc:subject>&#234;tes pr&#234;t</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Marseille, comparutions imm&#233;diates. Un gars tr&#232;s maigre entre dans le box, il salue des gens dans la salle, la juge s'agace : &#171; Vous &#234;tes pr&#234;t, monsieur D. ? Vous &#234;tes d&#233;j&#224; pass&#233; devant le tribunal. &#8211; Pas beaucoup. &#8211; Enfin, vingt-quatre fois quand m&#234;me. Est-ce qu'il y a eu une expertise psychiatrique ? &#8211; Ah non non non. &#187; D. se met &#224; parler tout seul, il bouge ses mains dans tous les sens. &#171; Vous pouvez vous taire deux minutes, qu'on essaye de r&#233;fl&#233;chir ? Alors, vous vous &#234;tes approch&#233; d'un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no91-juillet-aout-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;91 (juillet-ao&#251;t 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chronique-judiciaire" rel="tag"&gt;Chronique judiciaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Oui" rel="tag"&gt;Oui&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/etiez" rel="tag"&gt;&#233;tiez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Monsieur" rel="tag"&gt;Monsieur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/avez" rel="tag"&gt;avez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/etes" rel="tag"&gt;&#234;tes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/comparutions-immediates" rel="tag"&gt;comparutions imm&#233;diates&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/procureure-demande" rel="tag"&gt;procureure demande&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/etes-pret" rel="tag"&gt;&#234;tes pr&#234;t&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marseille&lt;/strong&gt;, comparutions imm&#233;diates. Un gars tr&#232;s maigre entre dans le box, il salue des gens dans la salle, la juge s'agace : &lt;i&gt;&#171; Vous &#234;tes pr&#234;t, monsieur D. ? Vous &#234;tes d&#233;j&#224; pass&#233; devant le tribunal. &#8211; Pas beaucoup. &#8211; Enfin, vingt-quatre fois quand m&#234;me. Est-ce qu'il y a eu une expertise psychiatrique ? &#8211; Ah non non non. &#187;&lt;/i&gt; D. se met &#224; parler tout seul, il bouge ses mains dans tous les sens. &lt;i&gt;&#171; Vous pouvez vous taire deux minutes, qu'on essaye de r&#233;fl&#233;chir ? Alors, vous vous &#234;tes approch&#233; d'un homme en lui parlant de karat&#233;, vous &#234;tes reparti et il s'est rendu compte que son portefeuille avait disparu, il vous a rattrap&#233;, vous vous &#234;tes battus, il a pris votre sacoche et les policiers vous ont identifi&#233; parce qu'il y avait votre carte d'identit&#233; dedans. &#8211; Mais j'veux dire, non j'ai... &#8211; Taisez-vous, s'il vous pla&#238;t, je termine. Vous dites que vous n'avez pas commis les faits parce que vous &#233;tiez dans un bar. &#8211; J'ai m&#234;me pas ma sacoche. &#8211; Non en effet vous n'avez plus votre sacoche. Vous avez l'allocation adulte handicap&#233; depuis cinq ans, vous prenez du Subutex... &#187; &lt;/i&gt; D. se lance dans une longue &#233;num&#233;ration, la juge le regarde d'un air d&#233;sol&#233; : &lt;i&gt;&#171; Oui, vous prenez beaucoup de m&#233;dicaments. &#187;&lt;/i&gt; La procureure demande son maintien en d&#233;tention, l'avocate r&#233;pond : &lt;i&gt;&#171; Je demande &#224; ce qu'il soit intern&#233;, enfin, euh, hospitalis&#233; d'office, plut&#244;t qu'incarc&#233;r&#233;. &#8211; L'hospitalisation d'office ne rel&#232;ve pas de la comp&#233;tence du tribunal, ma&#238;tre. &#187;&lt;/i&gt; Un tr&#232;s jeune gars entre dans le box. &lt;i&gt;&#171; Alors, monsieur J., vous &#233;tiez h&#233;berg&#233; chez votre &#233;ducateur, en accord avec la Protection judiciaire de la jeunesse. Vous lui avez d&#233;rob&#233; son ordinateur, son t&#233;l&#233;phone et ses clefs. Vous lui avez fait des menaces de mort. Lors d'un rendez-vous dont vous &#233;tiez convenus, vous lui avez demand&#233; de l'argent pour lui remettre son ordinateur, il vous a propos&#233; d'aller &#224; la banque pour tirer du liquide et c'est l&#224; qu'il a pu appeler la police. Vous avez eu des placements d&#232;s l'&#226;ge de 8 ans parce que vous &#233;tiez battu. Vous souhaitez faire une formation de palefrenier. &#8211; Oui, mon &#233;ducateur m'a beaucoup aid&#233; &#224; avancer dans ce projet. &#187;&lt;/i&gt; L'&#233;ducateur est appel&#233; : &lt;i&gt;&#171; C'est plus de la souffrance de sa part qu'une volont&#233; de nuire. L'Aide sociale &#224; l'enfance a commis de grandes erreurs avec lui, il est rest&#233; un an et demi &#224; la rue sans aucune aide quand il &#233;tait mineur. Quand il est arriv&#233; chez moi, il venait d'arr&#234;ter la coca&#239;ne. Le jour o&#249; il a commis les faits, il avait pris une grande claque parce que l'ASE a refus&#233; son statut d' adulte handicap&#233; et son contrat de jeune majeur. &#8211; Vous parlez beaucoup &#224; sa place, monsieur, c'est un peu dommage, vu que c'est vous qui avez port&#233; plainte. Monsieur J., que pensez-vous de ce que vient de dire votre &#233;ducateur ? &#8211; Je suis d'accord avec lui. &#187; &lt;/i&gt; La procureure demande son maintien en d&#233;tention : &lt;i&gt;&#171; Je veux bien qu'on soit d&#233;sesp&#233;r&#233;, mais il y a l&#224; quelqu'un qui lui a donn&#233; un toit, de l'aide et manifestement de l'amour. &#187;&lt;/i&gt; L'avocate encha&#238;ne : &lt;i&gt;&#171; Il a &#233;t&#233; maltrait&#233; et abandonn&#233; depuis son plus jeune &#226;ge. Il voit son th&#233;rapeute, il va &#224; son contr&#244;le de la PJJ, alors pourquoi lui briser les ailes en l'emp&#234;chant de commencer sa formation ? &#8211; Vous voulez dire quelque chose, monsieur J. ? &#8211; Non. &#8211; M&#234;me sur le fait que madame la procureure demande votre maintien en d&#233;tention ? &#8211; J'irai s'il le faut, c'est pas moi qui d&#233;cide. &#8211; Oui mais vous voulez peut-&#234;tre vous exprimer ? &#8211; Non. &#187;&lt;/i&gt; D&#233;lib&#233;r&#233;s : D. est maintenu en d&#233;tention et une expertise psychiatrique est demand&#233;e. Avant que la juge ait fini de parler, D. s'en va et dispara&#238;t dans le couloir qui m&#232;ne au d&#233;p&#244;t en criant. Les policiers se pr&#233;cipitent tout &#224; coup, il y a des hurlements et des coups, la famille de D. se l&#232;ve et lui crie de se calmer, des policiers leur demandent de se taire, puis les font sortir. La juge appelle J., dont le d&#233;lib&#233;r&#233; doit &#234;tre rendu, il sort du couloir hors de lui : &lt;i&gt;&#171; Avancez, calmez-vous ! &#8211; Il m'a mis un coup de pied ! &#8211; On a vu, mais ne vous &#233;nervez pas ! Il ne va rien se passer d'autre en bas au d&#233;p&#244;t, &#231;a ne vous servirait pas. Le tribunal vous place sous contr&#244;le judiciaire avec obligation de r&#233;sider &#224; un endroit qui vous sera indiqu&#233;, obligation de soins, obligation de formation, interdiction d'entrer en contact avec la victime. Le tribunal veut vous aider &#224; vous en sortir. S'il se passe quoi que ce soit en bas, vous repassez ici pour violences. &#8211; C'est pas moi qui le toucherai. &#8211; Qu'est-ce que &#231;a veut dire &#231;a ? Monsieur le greffier, notez ce qu'il a dit. Il ne faut pas qu'il se passe quoi que ce soit en bas ! &#8211; Ouais. &#187;&lt;/i&gt; Un nouveau pr&#233;venu entre dans le box.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La chronique judiciaire absolument &#233;patante</title>
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		<dc:creator>Juliette Volcler</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
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&lt;p&gt;Tribunal de Marseille. La juge est une femme d'une quarantaine d'ann&#233;es. Un jeune homme succ&#232;de &#224; un autre qui vient d'&#234;tre renvoy&#233; en d&#233;tention : &#171; Monsieur M., il vous est reproch&#233; d'avoir &#233;t&#233; l'auteur de violences contre un fonctionnaire de police, monsieur A., entra&#238;nant une ITT de quatorze jours, avec ces circonstances aggravantes que les faits ont &#233;t&#233; commis en &#233;tat d'ivresse manifeste et en &#233;tat de r&#233;cidive l&#233;gale. Vous avez ni&#233; les faits. La question qui va se poser aujourd'hui est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tribunal de Marseille. &lt;/strong&gt; La juge est une femme d'une quarantaine d'ann&#233;es. Un jeune homme succ&#232;de &#224; un autre qui vient d'&#234;tre renvoy&#233; en d&#233;tention : &lt;i&gt;&#171; Monsieur M., il vous est reproch&#233; d'avoir &#233;t&#233; l'auteur de violences contre un fonctionnaire de police, monsieur A., entra&#238;nant une ITT de quatorze jours, avec ces circonstances aggravantes que les faits ont &#233;t&#233; commis en &#233;tat d'ivresse manifeste et en &#233;tat de r&#233;cidive l&#233;gale. Vous avez ni&#233; les faits. La question qui va se poser aujourd'hui est celle de votre maintien en d&#233;tention en attendant le proc&#232;s. Vous vous trouviez dans une discoth&#232;que. Vous avez mis en cause la qualit&#233; de policier de Monsieur A. et vous avez refus&#233; de partir. Monsieur A. dit que vous lui avez cass&#233; volontairement la cheville. Vous, vous dites qu'il a &#233;t&#233; d&#233;s&#233;quilibr&#233;. &#8211; Oui. &#8211; Alors, vous avez toujours travaill&#233; comme peintre en b&#226;timent et vous gagnez&#8230; 2500 euros par mois ? &#187;&lt;/i&gt; La pr&#233;sidente s'interrompt, interloqu&#233;e. &lt;i&gt;&#171; Oui, je travaille avec mon cousin, on a une bo&#238;te. &#8211; Votre cousin craint de mettre la clef sous la porte si vous &#234;tes incarc&#233;r&#233;. Vous avez un casier pour des faits similaires : violences aggrav&#233;es, outrage, r&#233;bellion, destruction de biens servant de d&#233;coration publique. Vous n'&#234;tes pas quelqu'un de calme hein ? &#8211; C'est quand je bois. J'ai &#233;t&#233; suivi. &#8211; Eh bien &#231;a ne suffit pas. Une destruction de bien servant de d&#233;coration publique, quand m&#234;me ! Si vous ne supportez pas l'alcool, ne buvez pas ! &#187;&lt;/i&gt; Le procureur fait deux phrases pour demander le maintien en d&#233;tention, l'avocat en fait quatre pour demander la remise en libert&#233; : &lt;i&gt;&#171; Ne pas faire droit &#224; sa demande de remise en libert&#233; ferait peser un gros risque sur une petite soci&#233;t&#233; et on sait la difficult&#233; des petites soci&#233;t&#233;s aujourd'hui. &#187;&lt;/i&gt; Un jeune policier est charg&#233; de la surveillance du public, il est g&#234;n&#233;, sourit aux gens et n'ose pas faire taire les chuchotements. Arrive dans le box un grand gars tout aussi g&#234;n&#233;, am&#233;ricain, accompagn&#233; de son interpr&#232;te. &lt;i&gt;&#171; Monsieur J., il vous est reproch&#233; d'avoir tent&#233; de soustraire frauduleusement des objets au d&#233;triment de Monsieur E., pharmacien. La proc&#233;dure ne peut pas &#234;tre jug&#233;e parce que la victime n'a pas &#233;t&#233; pr&#233;venue, mais nous allons statuer sur votre maintien en d&#233;tention. &#8211; Je suis vraiment d&#233;sol&#233;, je n'ai jamais fait une chose pareille auparavant. Je m'engage &#224; revenir. Mon but &#233;tait de rejoindre la l&#233;gion &#233;trang&#232;re et je ne veux rien faire qui puisse entraver ce plan-l&#224;. &#8211; Alors, les faits sont particuliers parce que cela s'est pass&#233; dans une pharmacie d&#233;vast&#233;e o&#249; tout avait &#233;t&#233; renvers&#233; et lui on le retrouve &#224; l'&#233;tage partiellement d&#233;nud&#233;, c'est-&#224;-dire sans cale&#231;on ni pantalon, compl&#232;tement ivre. Comment il est arriv&#233; l&#224; dans cet &#233;tat, l'enqu&#234;te n'a pas pu le d&#233;terminer. &#187;&lt;/i&gt; &#199;a n'amuse pas le procureur : &lt;i&gt;&#171; Il y a un pr&#233;judice important eu &#233;gard aux d&#233;g&#226;ts et aucune garantie qu'il se repr&#233;sente. Il a donn&#233; un faux nom lors de son arrestation, il a fallu l'intervention du repr&#233;sentant du consulat pour &#233;tablir sa v&#233;ritable identit&#233; et il &#233;tait recherch&#233; par les autorit&#233;s am&#233;ricaines pour des faits que nous ignorons. Est-ce pour cela qu'il veut rejoindre la l&#233;gion &#233;trang&#232;re ? Je ne sais pas&#8230; &#187;&lt;/i&gt; L'avocate s'&#233;nerve : &lt;i&gt;&#171; Il a &#233;t&#233; pris en charge par sa congr&#233;gation religieuse et plac&#233; dans une famille. Un ''pr&#233;judice important'' ! Attendons l'audience au fond pour employer de tels qualificatifs : la victime d&#233;clare qu'il n'y a pas eu de vol mais des d&#233;g&#226;ts. Sur le fait qu'il a donn&#233; un faux nom : il a &#233;t&#233; interpell&#233; &#224; 3h15 du matin et il a fallu attendre trois heures pour qu'on fasse &#233;tat de sa nationalit&#233; et qu'on ait recours &#224; un interpr&#232;te. C'est absolument &#233;patant de voir &#224; quel point les bruits vont vite dans notre ville : j'entendais y compris dans cette salle qu'il &#233;tait menac&#233; d'une extradition. Nous n'avons aucun &#233;l&#233;ment pour dire qu'il nous ment. Ce qui est d&#233;sagr&#233;able, c'est de penser qu'il risque de partir dans le car touristique des Baumettes uniquement sur ce motif. &#187;&lt;/i&gt; L'avocate se rassoit, la pr&#233;sidente fronce les sourcils : &lt;i&gt;&#171; Je ne comprends pas cette allusion &#224; l'extradition alors que le tribunal n'a jamais prononc&#233; ce mot. &#187;&lt;/i&gt; L'avocate se rel&#232;ve : &lt;i&gt;&#171; C'est dans la proc&#233;dure d'hier, Madame la pr&#233;sidente. &#8211; Mais ce ne sont que des rumeurs, le tribunal d&#233;cide encore en droit et en fait ! &#187;&lt;/i&gt; Apr&#232;s les d&#233;lib&#233;r&#233;s, M. est maintenu en d&#233;tention jusqu'au proc&#232;s pr&#233;vu 20 jours plus tard. Il envoie un baiser &#224; sa famille. Et J. est plac&#233; &lt;i&gt;&#171; sous mandat de d&#233;p&#244;t, parce que vous &#234;tes sans domicile en France et qu'il y a un risque de r&#233;it&#233;ration &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La chronique judiciaire o&#249; la prison n'est pas seulement un h&#244;pital</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-chronique-judiciaire-ou-la</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Juliette Volcler</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
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&lt;p&gt;Tribunal de Paris. Les d&#233;lib&#233;r&#233;s de l'audience pr&#233;c&#233;dente sont rendus, la juge s'adresse &#224; un vieil homme hagard dans le box : &#171; Le tribunal souhaite que vous soyez d&#233;tenu &#224; l'h&#244;pital de Fresnes pour recevoir tous les soins que vous n&#233;cessitez. &#8211; Je vais en prison ? &#8211; Oui, &#224; l'h&#244;pital de Fresnes. &#187; Le dossier de D. et B. commence &#224; &#234;tre trait&#233; : &#171; Monsieur D., votre avocat n'est pas l&#224; ? &#8211; Elle est en retard. &#8211; Le tribunal va statuer aujourd'hui sur le maintien en d&#233;tention, en attendant le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no88-avril-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;88 (avril 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/avez" rel="tag"&gt;avez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bonne-volonte" rel="tag"&gt;bonne volont&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/volonte" rel="tag"&gt;volont&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/tribunal-souhaite" rel="tag"&gt;tribunal souhaite&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tribunal de Paris.&lt;/strong&gt; Les d&#233;lib&#233;r&#233;s de l'audience pr&#233;c&#233;dente sont rendus, la juge s'adresse &#224; un vieil homme hagard dans le box : &lt;i&gt;&#171; Le tribunal souhaite que vous soyez d&#233;tenu &#224; l'h&#244;pital de Fresnes pour recevoir tous les soins que vous n&#233;cessitez. &#8211; Je vais en prison ? &#8211; Oui, &#224; l'h&#244;pital de Fresnes. &#187;&lt;/i&gt; Le dossier de D. et B. commence &#224; &#234;tre trait&#233; : &lt;i&gt;&#171; Monsieur D., votre avocat n'est pas l&#224; ? &#8211; Elle est en retard. &#8211; Le tribunal va statuer aujourd'hui sur le maintien en d&#233;tention, en attendant le proc&#232;s. Je lis : &#8220;C'est avec &#233;motion qu'il a &#233;voqu&#233; sa situation. Son p&#232;re confirme tous ses propos. L'employeur le d&#233;crit comme faisant preuve de bonne volont&#233;. M. D. pr&#233;sente son travail artistique comme une &#8216;addiction', entre guillemets. Il fait preuve d'un r&#233;el talent. Il envisage l'avenir avec inqui&#233;tude. L'&#233;ventualit&#233; d'un suivi psychologique est &#224; envisager.&#8221; Vous faites quoi ? &#8211; De la photographie. &#8211; Et c'est de la photographie de ? &#8211; Trains. &#8211; Trains taggu&#233;s. Vous avez d&#233;j&#224; &#233;t&#233; condamn&#233; pour d&#233;gradation, 1 500 euros d'amende non pay&#233;s. &#8211; Je n'ai jamais re&#231;u le courrier ! Je ne vais pas aller en prison pour &#231;a, quand m&#234;me ! &#8211; Je suis au regret de vous dire que si, c'est possible. Monsieur l'huissier, allez voir ce que fait son avocate. Monsieur B., vous &#234;tes en premi&#232;re ann&#233;e de bac pro menuiserie et vous passez votre permis. Je lis : &#8220;Il confie avoir des probl&#232;mes d'absent&#233;isme notamment en raison de probl&#232;mes dans les transports.&#8221; Avez-vous quelque chose &#224; ajouter ? Pas de griefs contre les transports ? &#187;&lt;/i&gt; Le procureur plaide contre B. : &lt;i&gt;&#171; La d&#233;gradation a &#233;t&#233; &#233;valu&#233;e &#224; 23 000 euros. Je fais r&#233;quisition d'un contr&#244;le judiciaire avec interdiction de fr&#233;quenter les r&#233;seaux souterrains de la RATP et le r&#233;seau ferroviaire de la SNCF. Les employ&#233;s et les usagers de ces r&#233;seaux ne veulent plus le voir en leur sein. &#187;&lt;/i&gt; L'avocat de B. se l&#232;ve : &lt;i&gt;&#171; Concernant la part imput&#233;e &#224; mon client, il s'agissait d'un graffiti de moins de 8 m2 pour une valeur de 5 000 euros. Comme il doit prendre le RER B pour se rendre &#224; son lyc&#233;e, je demanderai au tribunal de l'autoriser &#224; le prendre. &#187;&lt;/i&gt; Le dossier suivant est appel&#233;, Y. et M. : &lt;i&gt;&#171; Les fonctionnaires de police sont intervenus sur d&#233;nonciation d'une personne qui avait dit avoir vu deux individus tentant de forcer la porte d'un commerce. &#8211; J'avais besoin d'argent, je suis consommateur. &#8211; De quoi ? &#8211; De crack. &#8211; Les objets retrouv&#233;s sur vous, quelques CD et une tondeuse, ont &#233;t&#233; d&#233;rob&#233;s dans le salon de coiffure, mais pas d'argent puisque la caisse n'en contenait pas. Vous faites des extras en qualit&#233; de boucher-traiteur, vous avez des justificatifs ? &#8211; Oui, je les ai donn&#233;s. &#8211; Il n'y a rien. &#187;&lt;/i&gt; L'avocate s'agace : &#171; &lt;i&gt; Mais &#231;a a &#233;t&#233; vers&#233; ! Vous savez comme moi que parfois ce n'est pas transmis, le Parquet les garde. &#187;&lt;/i&gt; Le procureur s'offusque : &lt;i&gt;&#171; Le Parquet ne fait pas dispara&#238;tre de dossiers ! &#187; &lt;/i&gt; La juge balaye la pol&#233;mique d'un revers de main : &lt;i&gt;&#171; Enfin votre m&#232;re confirme que vous faites des extras. Elle regrette le manque de d&#233;sir de son fils de se soigner de la consommation de crack. Vous en pensez quoi ? &#8211; Je vais aller en cure dans une clinique o&#249; il y aura rupture familiale, cure m&#233;dicamenteuse et soutien psychiatrique. &#8211; Monsieur M., vous &#234;tes SDF. Vous avez d&#233;j&#224; travaill&#233; ? &#8211; Bien s&#251;r ! &#199;a fait un an que je ne travaille plus. &#8211; Monsieur le procureur ? &#8211; Vous avez une bonne volont&#233; pour les deux, cette bonne volont&#233; je vais vous demander de l'encadrer, qu'elle soit contr&#244;l&#233;e par un magistrat, &#224; la fois sur un plan d'ordre public, et sur un plan de sant&#233;. Je requiers deux ans dont un avec sursis pour Y., et un an assorti de huit mois de mise &#224; l'&#233;preuve pour M. &#187;&lt;/i&gt; Les avocats prennent leur tour : &lt;i&gt;&#171; Je vous demanderais une extr&#234;me consid&#233;ration pour sa volont&#233; de se soigner. C'est suffisamment rare qu'un pr&#233;venu vienne avec son fascicule et vous fasse la publicit&#233; d'un centre de d&#233;sintoxication mieux que son directeur lui-m&#234;me. &#8211; Monsieur M. a 37 ans et &#224; cet &#226;ge chez les d&#233;linquants d'habitude, comme chez les sportifs de haut niveau, on pense &#224; prendre sa retraite. D&#232;s son arriv&#233;e &#224; Fleury il a demand&#233; &#224; se soigner. Mais la prison n'est pas seulement un h&#244;pital. C'est quand il reviendra dans la soci&#233;t&#233; qu'on verra si les soins sont effectifs. &#187;&lt;/i&gt; La juge se tourne vers Y. et M. : &lt;i&gt;&#171; Monsieur M. ? &#8211; Je pense que cette incarc&#233;ration est peut-&#234;tre un mal pour un bien dans un sens. &#8211; Monsieur Y. ? &#8211; Je tiens beaucoup &#224; cette hospitalisation parce que je veux fonder une famille, reprendre le travail, peut-&#234;tre dans quelques ann&#233;es me mettre &#224; mon compte et j&#8230; &#8211; Merci monsieur, vous pouvez vous rasseoir. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La chronique judiciaire pas tr&#232;s repr&#233;sentative</title>
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&lt;p&gt;Tribunal de grande instance de Marseille. Dans le hall, un policier avise une femme et son fils de 7 ans : &#171; Le tribunal c'est pas pour les enfants, Madame. &#8211; Ah bon, mais... &#8211; O&#249; allez-vous ? &#8211; Au tribunal pour enfants. &#8211; Ah, passez. &#187; La salle des audiences correctionnelles est presque vide. Le juge, un homme d'une cinquantaine d'ann&#233;es, s'exprime pos&#233;ment et avec courtoisie. Un dossier &#171; pour violation de domicile &#187;, l'expulsion manu militari d'un squat, est appel&#233; : six personnes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tribunal de grande instance de Marseille.&lt;/strong&gt; Dans le hall, un policier avise une femme et son fils de 7 ans : &lt;i&gt;&#171; Le tribunal c'est pas pour les enfants, Madame. &#8211; Ah bon, mais... &#8211; O&#249; allez-vous ? &#8211; Au tribunal pour enfants. &#8211; Ah, passez. &#187;&lt;/i&gt; La salle des audiences correctionnelles est presque vide. Le juge, un homme d'une cinquantaine d'ann&#233;es, s'exprime pos&#233;ment et avec courtoisie. Un dossier &#171; pour violation de domicile &#187;, l'expulsion manu militari d'un squat, est appel&#233; : six personnes s'avancent, ainsi qu'une femme habill&#233;e tr&#232;s &#224; la mode, la plaignante. &lt;i&gt;&#171; Le proc&#232;s est renvoy&#233; le 18 f&#233;vrier &#224; 14 heures et le tribunal prononce la mainlev&#233;e du contr&#244;le judiciaire. &#187;&lt;/i&gt; Les six s'en vont. Un jeune gars est appel&#233; : &lt;i&gt;&#171; Monsieur S., quelle est votre situation ? &#8211; Je suis en CAP cuisine. &#8211; Je suis en CAP cuisine. Bien. Votre situation familiale ? &#8211; Je suis avec ma femme. &#8211; Je suis avec ma femme. Bien. Et vous avez une fille ? &#8211; Oui. &#8211; Qui est n&#233;e le ? &#8211; Elle est n&#233;e le 9 euh... elle vient d'avoir 1 an et 3 mois. &#8211; Donc elle est n&#233;e le ? - Le 9 euh... &#8211; Le 9 novembre 2009. Bien. En regardant ce dossier, je me suis aper&#231;u qu'il avait connu quelques vicissitudes proc&#233;durales &#233;tant donn&#233; que le premier jugement a &#233;t&#233; entach&#233; de nullit&#233; et que le second a &#233;t&#233; fait par d&#233;faut. Lors d'un contr&#244;le d'identit&#233;, vous avez usurp&#233; le nom d'autrui et on vous reproche d'avoir outrag&#233; des policiers lors de la garde &#224; vue. Vous avez d&#233;clar&#233; : &#8220;J'ai menti car j'ai peur de mes fr&#232;res et de ma m&#232;re. Si elle sait que je suis au commissariat, elle me renvoie au bled&#8221;, et vous avez insult&#233; les policiers lorsqu'ils ont d&#233;couvert que vous aviez menti. Reconnaissez-vous les faits ? &#8211; Pour ma m&#232;re c'est vrai, mais pas pour mes fr&#232;res. &#8211; Non, pour les insultes, monsieur ? &#8211; Ah oui je me suis &#233;nerv&#233;. &#8211; Mais vous regrettez ? &#8211; Oui, oui, je regrette. &#8211; Bien, allez-vous asseoir. &#187;&lt;/i&gt; Un homme en salopette de travail verte est appel&#233; : &lt;i&gt;&#171; Monsieur N., vous avez fait opposition &#224; un jugement de 2008 qui vous avait condamn&#233; &#224; la peine d'un an avec sursis pour recel de vol. Votre casier judiciaire porte effectivement de multiples mentions. &#187;&lt;/i&gt; Le juge lit une longue &#233;num&#233;ration de vols et violences : &lt;i&gt;&#171; Et pour finir, en 2009, une condamnation pour des violences. &#8211; Non, l&#224;, j'&#233;tais victime, monsieur ! &#8211; Jusqu'&#224; plus ample inform&#233;, il n'y a pas de casier judiciaire victime. Enfin, ce qui nous int&#233;resse aujourd'hui c'est un peu un &#233;piph&#233;nom&#232;ne dans cette liste. Vous avez fait combien d'ann&#233;es de prison ? &#8211; 14 ans, monsieur. &#8211; 14 ans ! &#8211; Oui, j'avais un probl&#232;me d'alcoologie. J'ai fait des conneries mais j'ai pay&#233;, monsieur. &#8211; Oui, oui, certainement. Et l&#224; vous paraissez en bleu de travail, enfin on devrait dire en vert de travail. &#8211; Oui, je travaille dans le b&#226;timent. Si vous permettez, je vous montre mon contrat. &#187;&lt;/i&gt; N. s'avance pour tendre un papier froiss&#233; au pr&#233;sident, qui l'observe avec int&#233;r&#234;t. &lt;i&gt;&#171; Alors, le 3 mars 2005, les policiers remarquent un individu qui se d&#233;place sur un v&#233;lo de type V&#233;lib' avec les fils &#233;lectriques apparents, laissant &#224; penser qu'il a &#233;t&#233; vol&#233;. Vous dites que vous l'avez trouv&#233; mais que vous vouliez juste faire un tour avec, car vous &#233;tiez avec votre femme. Oui, elle aurait d&#251; marcher derri&#232;re vous, &#231;a n'aurait &#233;t&#233; ni correct ni courtois. &#8211; J'ai vu le v&#233;lo par terre devant le commissariat de Noailles, j'&#233;tais bourr&#233;, et le temps que je me baisse pour le ramasser, il y avait six officiers de police sur moi qui me disaient &#8216;'On n'attendait que &#231;a.'' &#187;&lt;/i&gt; Le procureur demande 200 euros d'amende, puis l'audience est suspendue pour les d&#233;lib&#233;r&#233;s. S., &lt;i&gt;&#171; coupable &#187;&lt;/i&gt;, est condamn&#233; &#224; 500 euros avec sursis pour l'usurpation d'identit&#233; et 200 euros pour l'outrage. &lt;i&gt;&#171; Je vous signale que le Tr&#233;sor public fait une ristourne de 20 % si vous payez dans les 30 jours. &#187;&lt;/i&gt; S., constern&#233;, maugr&#233;e : &lt;i&gt;&#171; J'ai d&#233;j&#224; des dettes, comment ils veulent que je sorte 200 euros ? &#187;&lt;/i&gt; N., &lt;i&gt;&#171; coupable &#187;&lt;/i&gt;, est condamn&#233; &#224; 300 euros d'amende. Le juge observe les trois personnes sur les bancs du public : &lt;i&gt;&#171; Vous venez pour un dossier ? &#187;&lt;/i&gt; L'huissier intervient : &lt;i&gt;&#171; Non, ces deux-l&#224; sont avocats stagiaires et madame est spectatrice. &#8211; Ah, dans ce cas, sachez que l'audience n'a pas &#233;t&#233; tr&#232;s repr&#233;sentative de l'activit&#233; ni de l'&#233;tat de la d&#233;linquance. Pourtant c'&#233;tait prometteur, mais tous les dossiers importants ont &#233;t&#233; renvoy&#233;s : le d&#233;tournement d'un million &#224; la Poste, une affaire d'images p&#233;dopornographiques, et ce dossier de violation de domicile qui allait &#234;tre argument&#233; sur le fond. Je ne peux que vous encourager &#224; revenir. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La chronique judiciaire o&#249; chacun s'y perd</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Tribunal d'instance de Saint-Brieuc. &#192; peine pass&#233; le sas d'entr&#233;e sans scanner ni gendarmes, une petite salle a les portes grandes ouvertes. Au fond, derri&#232;re un bureau ni sur&#233;lev&#233; ni prot&#233;g&#233;, la juge de proximit&#233; appelle les dossiers du premier jour de proc&#232;s de l'ann&#233;e, premier jour, aussi, de la nouvelle carte judiciaire qui voit dispara&#238;tre certains tribunaux et gonfler les affaires de certains autres. Devant elle, une pile de chemises vert fluo qu'elle lit au fur et &#224; mesure : &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no85-janvier-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;85 (janvier 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tribunal d'instance de Saint-Brieuc.&lt;/strong&gt; &#192; peine pass&#233; le sas d'entr&#233;e sans scanner ni gendarmes, une petite salle a les portes grandes ouvertes. Au fond, derri&#232;re un bureau ni sur&#233;lev&#233; ni prot&#233;g&#233;, la juge de proximit&#233; appelle les dossiers du premier jour de proc&#232;s de l'ann&#233;e, premier jour, aussi, de la nouvelle carte judiciaire qui voit dispara&#238;tre certains tribunaux et gonfler les affaires de certains autres. Devant elle, une pile de chemises vert fluo qu'elle lit au fur et &#224; mesure : &lt;i&gt;&#171; Mademoiselle P. contre SNCF, CPAM 22 contre monsieur B... &#187;&lt;/i&gt; Les avocats bavardent entre eux, l'ambiance est d&#233;tendue. &lt;i&gt;&#171; Groupe Pronuptia contre monsieur et madame N. ? Bon, y a personne, on renvoie, de toutes fa&#231;ons, j'en ai beaucoup trop. &#187;&lt;/i&gt; La juge est une femme jeune, sans traditionnelle robe noire et blanche.&lt;i&gt; &#171; Monsieur O. contre monsieur et madame D. ? Ah, les deux parties sont l&#224;. Est-ce que vous avez chacun les pi&#232;ces de l'autre ? &#187;&lt;/i&gt; Monsieur O., un homme d'une soixantaine d'ann&#233;es, regarde l'avocat de monsieur et madame D., interrogateur : &lt;i&gt;&#171; Euh, non. &#8211; Sur quoi allez-vous vous appuyer ? &#8211; Eh bien, sur mes pi&#232;ces.
&#8211; Mais lesquelles ? &#8211; Celles que j'ai ! Mais on me parle de la pose d'un nouveau chauffe-eau et... &#8211; Non monsieur, c'est juste une question de forme : avez-vous de nouvelles pi&#232;ces ? &#187;&lt;/i&gt; L'avocat des D., l'air blas&#233;, coupe court : &lt;i&gt;&#171; Je ne crois pas, je pense que le dossier peut &#234;tre jug&#233;. &#8211; Bien, retournez &#224; vos places, je vous appellerai. Alors on commence : Madame S. contre Syndicat des copropri&#233;taires de la r&#233;sidence N. Nous vous &#233;coutons, ma&#238;tre. &#8211; Madame S. ne r&#232;gle plus ses charges de copropri&#233;t&#233; depuis 2 ans. J'ai cru comprendre qu'elle demande des d&#233;lais de paiement. Je m'oppose &#224; cette demande parce que la dette est ancienne et que les autres copropri&#233;taires devraient supporter sa carence. &#187;&lt;/i&gt; Madame S., tr&#232;s g&#234;n&#233;e, parle tout bas &#224; la juge : &lt;i&gt;&#171; Oui, j'ai des probl&#232;mes financiers alors je demande un r&#233;&#233;chelonnement. &#8211; Vous avez quoi &#224; l'appui ? &#8211; Euh, rien. Qu'est-ce qu'il faut que j'apporte ? &#8211; Vous venez avec un grand sourire et vous pensez que je vais vous croire comme &#231;a ? &#8211; C'est la premi&#232;re fois que je viens au tribunal, je pensais que &#231;a ne se passerait pas comme &#231;a. &#8211; Que les gens parlaient dans le vent ? Je veux bien reconna&#238;tre qu'on puisse ignorer la loi mais en plus, &#231;a vous a &#233;t&#233; &#233;crit dans l'assignation &#224; compara&#238;tre. &#187;&lt;/i&gt; La juge, tout en posant quelques questions, observe d'un air d&#233;sol&#233; madame S. puis renvoie les d&#233;lib&#233;r&#233;s au 1er mars. &lt;i&gt;&#171; Monsieur O. contre monsieur et madame D. &#187;&lt;/i&gt; L'avocat des D. commence : &lt;i&gt;&#171; Mes clients ont sign&#233; un contrat de location aupr&#232;s de Monsieur O. Les deux parties sont convenues que mes clients feraient des travaux contre une r&#233;duction de loyer. Ils ont saisi votre tribunal parce que cette r&#233;duction n'a pas &#233;t&#233; accord&#233;e alors que les travaux ont &#233;t&#233; effectu&#233;s et que la restitution du d&#233;p&#244;t de garantie n'a pas &#233;t&#233; faite depuis fin 2009. &#8211; Le juge de proximit&#233; n'est saisi que du d&#233;p&#244;t de garantie. &#8211; Oui enfin ce n'est pas grand-chose. &#8211; Ce n'est pas une question de montant, mais de comp&#233;tence, ma&#238;tre. Monsieur O., vous avez une demande sur les loyers ? &#8211; Oui ! &#8211; Bon, bah, c'est renvoy&#233; au 28 f&#233;vrier alors. Allez, Madame M. contre Soci&#233;t&#233; des Meubles R. &#187;&lt;/i&gt; Deux avocats s'avancent. &lt;i&gt;&#171; La soci&#233;t&#233; pr&#233;tend que ma cliente a command&#233; un canap&#233; 3 places, mais nous on reste sur le fait qu'on a demand&#233; un canap&#233; d'angle. Si l'on compare les prix du prospectus publicitaire, les canap&#233;s 3 places sont &#224; bien moins de 900 euros et les canap&#233;s d'angle &#224; plus de 1200. Nous avons pay&#233; 900 euros dans le cadre d'une promotion. La soci&#233;t&#233; adverse affirme qu'il n'y a pas d'erreur sur la substance mais d&#233;saccord sur les prix. &#8211; La substance du canap&#233; ? &#8211; Non, la substance du contrat. &#187;&lt;/i&gt; Le mari de madame M. l&#232;ve le doigt : &lt;i&gt;&#171; Je peux pr&#233;ciser quelque chose ? Les Meubles R. nous ont livr&#233; la moiti&#233; de la commande en affirmant que nous souhaitions la moiti&#233; d'un canap&#233; pour le prix d'un canap&#233; entier ! &#187;&lt;/i&gt; L'avocat de la soci&#233;t&#233; encha&#238;ne : &lt;i&gt;&#171; Le code de la consommation pr&#233;cise que le client a toujours raison, ce qui me g&#234;ne un peu dans cette affaire. Pour un canap&#233; d'angle, il y a toujours deux meubles : un b&#226;tard droit et une m&#233;ridienne. Or sur leur commande, il y a marqu&#233; un seul mobilier, &#034;un canap&#233; d'angle&#034;, et non deux &#187;&lt;/i&gt;. La juge s'y perd : &lt;i&gt;&#171; Mais je voudrais le prix d'un b&#226;tard droit. &#8211; 1200 sans accoudoir. &#8211; Donc celui sans accoudoir est plus cher que celui avec. &#8211; Ce n'est pas interdit ! - Non mais c'est un &#233;l&#233;ment probant, ma&#238;tre. Bon allez, d&#233;lib&#233;r&#233;s au 1er mars. P&#244;le emploi contre monsieur F. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La chronique judiciaire o&#249; l'on &#233;voque la v&#233;rit&#233; et le n&#233;ant</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-chronique-judiciaire-ou-l-on</link>
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		<dc:date>2010-12-03T09:12:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Juliette Volcler</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>ans</dc:subject>
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		<dc:subject>comparutions imm&#233;diates</dc:subject>
		<dc:subject>scooter</dc:subject>
		<dc:subject>victime</dc:subject>
		<dc:subject>Communaut&#233; urbaine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;MARSEILLE, comparutions imm&#233;diates. La cour est d&#233;j&#224; install&#233;e et a commenc&#233; &#224; instruire le premier dossier quand le public est autoris&#233; &#224; entrer dans la salle. Un gars de 20 ans, R., est dans le box des pr&#233;venus. &#171; Il vous est reproch&#233; d'avoir frauduleusement soustrait un scooter. La victime vous a reconnu car il vous voit souvent et vous poss&#233;dez un scooter tel qu'il &#233;tait d&#233;crit. Vous ne comprenez pas avoir &#233;t&#233; reconnu par la victime. &#8211; Je confirme. &#187; Le procureur se l&#232;ve : &#171; L'essentiel (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no-83-novembre-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176; 83 (novembre 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chronique-judiciaire" rel="tag"&gt;Chronique judiciaire&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/euros" rel="tag"&gt;euros&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Monsieur" rel="tag"&gt;Monsieur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/comparutions-immediates" rel="tag"&gt;comparutions imm&#233;diates&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/scooter" rel="tag"&gt;scooter&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/victime" rel="tag"&gt;victime&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Communaute-urbaine" rel="tag"&gt;Communaut&#233; urbaine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;MARSEILLE, comparutions imm&#233;diates. La
cour est d&#233;j&#224; install&#233;e et a commenc&#233; &#224;
instruire le premier dossier quand le public est autoris&#233;
&#224; entrer dans la salle. Un gars de 20 ans, R., est dans le
box des pr&#233;venus. &lt;i&gt;&#171; Il vous est reproch&#233; d'avoir frauduleusement soustrait un scooter. La victime vous a reconnu
car il vous voit souvent et vous poss&#233;dez un scooter tel
qu'il &#233;tait d&#233;crit. Vous ne comprenez pas avoir &#233;t&#233; reconnu
par la victime. &#8211; Je confirme. &#187;&lt;/i&gt; Le procureur se l&#232;ve :
&lt;i&gt;&#171; L'essentiel de ce dossier repose sur des t&#233;moignages de la
victime. &#199;a ne repose pas sur l'air, mais il y a des contradictions : il est d&#233;clar&#233; qu'il est blond et qu'il a la peau
mate, et monsieur est plut&#244;t brun et blanc. Est-ce que c'est
une erreur de plume des policiers, est-ce que c'est une
erreur de la victime ? Je n'y accorderais pas une grande
importance, car la victime dit que son agresseur vit dans
son quartier, elle ne s'est pas tromp&#233;e, qu'il a tel scooter,
elle ne s'est pas tromp&#233;e. La question est toujours la
m&#234;me : quelle importance allez-vous accorder &#224; la parole
de la victime par rapport &#224; celle de celui-ci ? O&#249; est la
v&#233;rit&#233; ? Elle n'est ni d'un c&#244;t&#233; ni de l'autre, elle est dans la
d&#233;cision que vous rendrez, c'est la v&#233;rit&#233; judiciaire. &#187;&lt;/i&gt;
L'avocate commise d'office encha&#238;ne : &lt;i&gt;&#171; La d&#233;claration de
la victime me g&#234;ne un petit peu parce qu'il y a la description des cheveux et de la peau, et en m&#234;me temps le fait
que l'agresseur est porteur d'un casque &#224; visi&#232;re noire. &#187;&lt;/i&gt;
Le dossier de P. est appel&#233;, un homme de 40 ans entre
dans le box. &lt;i&gt;&#171; Il vous est reproch&#233; d'avoir dans la nuit du
18 au 19 octobre d&#233;truit un bien mobilier de la collectivit&#233;,
en l'occurrence des conteneurs de poubelles de la
Communaut&#233; urbaine de Marseille par le moyen d'un
incendie qui s'est propag&#233; &#224; des v&#233;hicules. La
Communaut&#233; urbaine demande la somme de
4 825,89 euros. &#192; 2 h, les policiers vous surprennent en
train d'allumer un incendie. Vous &#233;tiez sous l'emprise de
l'alcool. Comment vous expliquez-vous ? &#8211; Je peux pas
vous dire, j'ai pas la notion. D'habitude, je bois pas, mais
j'&#233;tais contrari&#233;. &#8211; Contrari&#233; par quoi ? &#8211; Parce que j'ai des
probl&#232;mes. &#8211; Mais il faut vous soigner parce que vous
devenez un danger pour l'ordre public. Vous &#234;tes en accident de travail depuis 2007, vous &#233;tiez agent d'entretien.
Vous n'avez pas &#233;t&#233; scolaris&#233; avant l'&#226;ge de 9 ans. Vous
avez quel niveau scolaire ? &#8211; Aucun. &#187;&lt;/i&gt; Une femme dont la
voiture a &#233;t&#233; br&#251;l&#233;e d&#233;clare d'une voix larmoyante : &lt;i&gt;&#171; Je
n'ai pas pu aller travailler, mes filles ont fait des cauchemars. &#8211; &#202;tes-vous en mesure d'&#233;valuer votre pr&#233;judice ?
&#8211; Oui j'ai fait une lettre. &#8211; Ah oui, je lis : &#8220;Vu l'inqui&#233;tude
par rapport &#224; la s&#233;curit&#233; de l'enfant, le manque &#224; gagner,
la mise en d&#233;faut vis-&#224;-vis de l'employeur&#8221;, etc., etc., &#8220;je
demande 4 000 euros&#8221; &#187;&lt;/i&gt; Le procureur intervient : &lt;i&gt;&#171; Il
profite de gr&#232;ves d&#233;sordonn&#233;es et d'une ville &#233;parpill&#233;e
pour mettre le feu &#224; des conteneurs. Aujourd'hui, avec
tous les cartons et les papiers, on pourrait allumer un
incendie &#224; un bout de Marseille, il se propagerait &#224; l'autre
bout de la ville. Le probl&#232;me, monsieur, c'est que vos
d&#233;mons int&#233;rieurs, qui vous conduisent &#224; un &#233;tat d'ivresse
continu, risquent de vous mener simplement en prison.
Vous allez me dire que depuis 3 ans il n'y a plus rien sur
votre casier, mais il ne faut pas prendre les gens pour des
abrutis. Mme la pr&#233;sidente, il a &#233;t&#233; dit ici r&#233;cemment
qu'on ne fait que condamner des gens qui ont une vie
triste &#224; mourir, mais si on veut continuer &#224; vivre ensemble dans une relative s&#233;curit&#233;, la soci&#233;t&#233; doit se prot&#233;ger.
C'est pourquoi je demande 4 ans ferme. &#187;&lt;/i&gt; L'avocate commise d'office s'offusque : &lt;i&gt;&#171; Je ne veux pas viser les cantonniers, mais cette situation sociale actuelle que l'on d&#233;plore
ne doit pas alourdir la peine de M.P. 4 ans, il ressort dans 4
ans ? D&#233;j&#224; que c'est le n&#233;ant, &#231;a sera encore plus le n&#233;ant.
Concernant les parties civiles, vous limiterez le remboursement au nombre r&#233;el de conteneurs. Pour ce qui est du
pr&#233;judice moral de la victime, 4000 euros c'est tr&#232;s, tr&#232;s
&#233;lev&#233; ! &#187;&lt;/i&gt; Les d&#233;lib&#233;r&#233;s sont rapides : R., &lt;i&gt;&#171; reconnu coupable &#187;&lt;/i&gt;, prend la peine requise, 3 ans dont 18 mois avec sursis. Quant &#224; P. : &lt;i&gt;&#171; Le tribunal vous condamne &#224; 4 ans de
prison dont 2 ans avec sursis, avec obligation de soins,
obligation de travail, obligation d'indemniser les victimes. Pour la Communaut&#233; urbaine, vous aurez
1 940,64 euros &#224; payer, et 760 euros au titre du pr&#233;judice
moral de la victime. Est-ce que vous avez compris, monsieur ? Bien, vous pouvez partir. Au revoir, monsieur. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La justice de plume</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-justice-de-plume</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/La-justice-de-plume</guid>
		<dc:date>2007-11-09T14:34:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>proc&#232;s</dc:subject>
		<dc:subject>justice</dc:subject>
		<dc:subject>Monsieur</dc:subject>
		<dc:subject>l'argent public</dc:subject>
		<dc:subject>caserne Bolzaneto</dc:subject>
		<dc:subject>l'avocat d'un</dc:subject>
		<dc:subject>tortures physiques</dc:subject>
		<dc:subject>SAVONS</dc:subject>
		<dc:subject>Bolzaneto</dc:subject>
		<dc:subject>responsables</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Milan 69, Brescia 74, Bologne 80&#8230; La liste des attentats dans lesquels l'&#201;tat italien a tremp&#233; est longue. Mais la justice est d'une rigueur absolue : quand les coupables de crimes et d&#233;lits sont proches du pouvoir, elle les &#233;largit sans tarder. Et la boucherie des flics de G&#234;nes en 2001 ne fait pas exception. &#171; NOUS SAVONS TOUS, Monsieur le pr&#233;sident, que ce proc&#232;s va se terminer par l'acquittement ou la prescription, alors ne gaspillons ni notre &#233;nergie ni l'argent public &#187;, lance, le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no48-septembre-2007" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;48 (septembre 2007)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/proces" rel="tag"&gt;proc&#232;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/justice" rel="tag"&gt;justice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Monsieur" rel="tag"&gt;Monsieur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-argent-public" rel="tag"&gt;l'argent public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/caserne-Bolzaneto" rel="tag"&gt;caserne Bolzaneto&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-avocat-d-un" rel="tag"&gt;l'avocat d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/tortures-physiques" rel="tag"&gt;tortures physiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/SAVONS" rel="tag"&gt;SAVONS&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bolzaneto" rel="tag"&gt;Bolzaneto&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/responsables" rel="tag"&gt;responsables&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Milan 69, Brescia 74, Bologne 80&#8230; La liste des attentats dans lesquels l'&#201;tat italien a tremp&#233; est longue. Mais la justice est d'une rigueur absolue : quand les coupables de crimes et d&#233;lits sont proches du pouvoir, elle les &#233;largit sans tarder. Et la boucherie des flics de G&#234;nes en 2001 ne fait pas exception.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; NOUS SAVONS TOUS, Monsieur le pr&#233;sident, que ce proc&#232;s va se terminer par l'acquittement ou la prescription, alors ne gaspillons ni notre &#233;nergie ni l'argent public &#187;&lt;/i&gt;, lance, le 10 d&#233;cembre 2005, l'avocat d'un des policiers qui, dans la caserne Bolzaneto &#224; G&#232;nes, ont inflig&#233; des tortures physiques et psychologiques &#224; plusieurs centaines de manifestants anti-G8 en juillet 2001. Bel aveu ! Depuis des d&#233;cennies, proc&#233;dures, proc&#232;s engag&#233;s contre les responsables de d&#233;lits et crimes initi&#233;s ou r&#233;alis&#233;s par des organisations et individus proches du pouvoir semblent &#234;tre marqu&#233;s du sceau de la mal&#233;diction. Mais quel mauvais sort poursuit donc ainsi la justice italienne ? Dix-sept morts et quatre-vingt-sept bless&#233;s &#224; Milan en 1969, huit morts et cent bless&#233;s &#224; Brescia en 1974, douze morts dans le train Italicus la m&#234;me ann&#233;e, quatre-vingt-cinq morts et cent cinquante bless&#233;s dans la gare de Bologne en 1980&#8230; Les responsables de ces attentats-massacres m&#233;lant personnalit&#233;s influentes au sein de l'appareil politico-&#233;conomique, membres de groupes d'ultra-droite&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'un d'entre eux, Delfo Zorzi, aujourd'hui naturalis&#233; japonais, a ouvert un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; et responsables des services secrets, vont au gr&#233; des multiples proc&#232;s &#234;tre acquitt&#233;s ou voir leurs crimes prescrits. Coup de malchance suppl&#233;mentaire pour la justice : Licio Gelli patron de la loge P2, r&#233;seau de conspiration rassemblant dirigeants politiques, hommes d'affaires, militaires et policiers de haut rang, passe des jours tranquilles dans sa maison d'Arrezo apr&#232;s avoir &#233;t&#233; lib&#233;r&#233; pour raison m&#233;dicales. Ce bougre cacochyme est pourtant impliqu&#233;, entre autres, dans plusieurs tentatives de coup d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autres d&#233;veines de la justice : Mario Placanica,le carabinier qui a abattu le manifestant anti-G8 Carlo Guiliani &#224; G&#232;nes en 2001, a vu s'arr&#234;ter toutes les proc&#233;dures engag&#233;es &#224; son encontre et a &#233;t&#233; d&#233;sign&#233; comme atteint de maladie mentale depuis qu'il pr&#233;tend avoir subi plusieurs tentatives d'assassinat&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est aujourd'hui poursuivi pour&#8230; trafic de drogue !&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Mais la justice impartiale poursuit son bonhomme de chemin, ferme et d&#233;cid&#233;e. Le 21 juillet 2001 a lieu le carnage de l'&#233;cole Diaz &#224; G&#234;nes : soixante-trois personnes sont bless&#233;es, dont plusieurs tr&#232;s gri&#232;vement, et quatre-vingt-treize sont arbitrairement arr&#234;t&#233;es. Une voisine, s'&#233;tant rendue dans l'&#233;cole apr&#232;s le d&#233;part de la police, raconte &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; Il y avait du sang partout. Et puis surtout, des dents laiss&#233;es l&#224;, &#224; m&#234;me le sol. Ce jour-l&#224; tout ce que je pensais sur la soci&#233;t&#233; a compl&#232;tement bascul&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Six ans apr&#232;s le massacre, Michelangelo Fournier, un des vingt-huit policiers inculp&#233;s &#224; l'&#233;poque chef adjoint d'une brigade anti-&#233;meutes de Rome, reconna&#238;t enfin devant le tribunal : &lt;i&gt;&#171; C'est vrai, j'ai vu des policiers s'acharner sur des personnes sans d&#233;fense, cela ressemblait &#224; une vraie boucherie. &#187;&lt;/i&gt; Tout en soutenant mordicus qu'il n'est pas impossible qu'il y ait eu r&#233;sistance de la part des occupants&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une enqu&#234;te a d&#233;mont&#233; les mensonges qui avaient justifi&#233; l'op&#233;ration : le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Et il affirme que sa brigade n'est pas arriv&#233;e la premi&#232;re sur les lieux, alors que les vid&#233;os r&#233;alis&#233;es par Indymedia accusent lourdement ses hommes pour finir par admettre : &lt;i&gt;&#171; Certains de mes agents y ont peut-&#234;tre particip&#233;, je ne peux l'exclure de fa&#231;on absolue &#187;&lt;/i&gt;. Face &#224; cette &#233;vidente volont&#233; de collaborer &#224; l'oeuvre de la justice, la question de savoir qui sont les v&#233;ritables coupables est donc de nouveau pos&#233;e. Serait-ce Lorenzo Murgolo, ex-sous-pr&#233;fet de Bologne, qui aurait dirig&#233; l'op&#233;ration ? Ou bien Franscesco Gratteri, le chef du Service central op&#233;rationnel ? Ou encore Spartaco Mortola, chef de la Digos, film&#233; en train de frapper &#224; coups de pied un adolescent d'une quinzaine d'ann&#233;es ? Ou plus simplement Gianni De Gennaro, chef de la police &#224; l'&#233;poque, ancien chef de cabinet du ministre de l'Int&#233;rieur du gouvernement Prodi jusqu'&#224; ce qu'il soit limog&#233;, fin juin 2007, du fait des proc&#233;dures tardivement engag&#233;es contre lui ? De nouvelles enqu&#234;tes devraient aboutir &#224; de nouveaux proc&#232;s dont les dates, si nos calculs sont exacts, devraient correspondre &#224; celle de la prescription&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'importe toutes ces emb&#251;ches, la justice doit passer, et elle passe ! Pour preuve, le 2 ao&#251;t 2007, journ&#233;e anniversaire de l'attentat de 1980, l'Italie comm&#233;more &lt;i&gt;&#171; toutes les victimes du terrorisme &#187;&lt;/i&gt;. &#192; Bologne, dans le cort&#232;ge men&#233; par Romano Prodi, quelques personnes distribuent un tract o&#249; sont rappel&#233;es les multiples contorsions de l'appareil judiciaire qui permettent aux responsables des massacres d'&#234;tre toujours en libert&#233;. La police intervient et arr&#234;te six trublions qui sont d&#233;f&#233;r&#233;s et poursuivis pour &lt;i&gt;&#171; fausses accusations contre la R&#233;publique, les institutions constitutionnelles et l'arm&#233;e &#187;&lt;/i&gt;. De l&#224; &#224; s'interroger sur la fonction de la justice&#8230; Mais les 45 000 personnes enferm&#233;es dans les ge&#244;les italiennes apportent la preuve de sa grande efficacit&#233; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'un d'entre eux, Delfo Zorzi, aujourd'hui naturalis&#233; japonais, a ouvert un magasin de luxe &#224; une centaine de m&#232;tres de la Banque de l'agriculture, ravag&#233;e par la bombe du 12 d&#233;cembre 1969.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il est aujourd'hui poursuivi pour&#8230; trafic de drogue !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Une enqu&#234;te a d&#233;mont&#233; les mensonges qui avaient justifi&#233; l'op&#233;ration : le policier Massimo Nucera qui pr&#233;tendait avoir re&#231;u un coup de couteau s'&#233;tait d&#233;chir&#233; lui-m&#234;me son blouson, les cocktails Molotov avaient &#233;t&#233; amen&#233;s sur les lieux par le vice-commissaire Pietro Troiani et son assistant Michele Burgio.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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