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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La rue et la nuit nous appartiennent aussi !</title>
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		<dc:creator>Anna Touati, Daniela Villegas</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Au Mexique, le f&#233;minicide est un ph&#233;nom&#232;ne qui ne cesse de s'amplifier. Face &#224; ces crimes sexistes, les femmes se mobilisent pour que l'impunit&#233; cesse. &#171; Justice ! Justice ! Justice ! &#187; ; &#171; Ce n'est pas un suicide, c'est un f&#233;minicide ! &#187; ; &#171; Nous nous voulons vivantes ! &#187; Clam&#233;s par des familles de victimes de f&#233;minicides, des activistes, des f&#233;ministes, ces slogans inondent le Paseo de la Reforma comme les p&#233;riph&#233;ries de Mexico. &#171; Je veux rentrer chez moi libre et non arm&#233;e de courage ! (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Juarez" rel="tag"&gt;Ju&#225;rez&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au Mexique, le f&#233;minicide est un ph&#233;nom&#232;ne qui ne cesse de s'amplifier. Face &#224; ces crimes sexistes, les femmes se mobilisent pour que l'impunit&#233; cesse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; J&lt;/span&gt;&lt;i&gt;ustice ! Justice ! Justice ! &#187;&lt;/i&gt; ; &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas un suicide, c'est un f&#233;minicide !&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Nous nous voulons vivantes !&lt;/i&gt; &#187; Clam&#233;s par des familles de victimes de f&#233;minicides, des activistes, des f&#233;ministes, ces slogans inondent le Paseo de la Reforma comme les p&#233;riph&#233;ries de Mexico. &#171; &lt;i&gt;Je veux rentrer chez moi libre et non arm&#233;e de courage !&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Pas une de plus, pas une morte de plus &#187;&lt;/i&gt; : des mots qui r&#233;sonnent du port de Veracruz &#224; la ville frontali&#232;re de Ciudad Ju&#225;rez et sur les principales places centrales des villes du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec sa batucada f&#233;ministe et ses clameurs de justice, la vague violette submerge le pays, particuli&#232;rement depuis 2014. Les manifestations ne se limitent pas au 25 novembre, Journ&#233;e internationale pour l'&#233;limination de la violence &#224; l'&#233;gard des femmes, ni au 8 mars, Journ&#233;e internationale de la femme. Au Mexique, il n'y a pas suffisamment de dates officielles pour d&#233;noncer les neuf assassinats quotidiens de femmes (chiffre des Nations unies). Ni d'ailleurs pour se souvenir des victimes des 1 666 f&#233;minicides document&#233;s entre 1993 et 2016 &#224; Ciudad Ju&#225;rez, lieu des premiers d&#233;bats sur le sujet. Ces trois derni&#232;res ann&#233;es, 2 560 cas de f&#233;minicides ont &#233;t&#233; r&#233;pertori&#233;s par le secr&#233;tariat ex&#233;cutif du Syst&#232;me national de s&#233;curit&#233; publique : le bilan annuel a augment&#233; de 104 % entre 2015 et 2018.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;De la &#171; guerre sale &#187; &#224; la &#171; guerre contre la drogue &#187;&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;F&#233;minicide&lt;/i&gt;, ou plut&#244;t &lt;i&gt;femicide&lt;/i&gt;, est un terme cr&#233;&#233; en 1976 par les anthropologues am&#233;ricaines Diana Russell, Jill Radford et Jane Caputi, &#224; destination du Tribunal international des crimes contre les femmes (grand rassemblement f&#233;ministe qui se tint &#224; Bruxelles du 4 au 8 mars 1976), pour d&#233;signer &#171; &lt;i&gt;le meurtre misogyne de femmes par des hommes&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#8220;It's a Crisis of Civilization in Mexico.&#8221; 250 000 Dead. 37,400 Missing. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;. Plus tard, le concept sera traduit comme &lt;i&gt;f&#233;minicide&lt;/i&gt; (en espagnol &lt;i&gt;feminicidio&lt;/i&gt;) par l'anthropologue mexicaine Marcela Lagarde et introduit dans le pays en 1998 pour d&#233;signer la vague d'assassinats de femmes ayant d&#233;but&#233; &#224; Ciudad Ju&#225;rez en 1993 avant de se propager aux quatre coins du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cri de justice et la visibilisation des victimes de crimes machistes renvoient &#224; l'histoire contemporaine d'un Mexique plong&#233; dans une atroce violence qui, si elle remonte &#224; l'&#233;poque de la &#171; guerre sale &#187; (f&#233;roce r&#233;pression d'&#201;tat entam&#233;e dans les ann&#233;es 1960 et qui s'est poursuivie jusqu'aux ann&#233;es 1990), s'est intensifi&#233;e au cours des deux derniers mandats pr&#233;sidentiels de Felipe Calder&#243;n (2006-2012) et d'Enrique Pe&#241;a Nieto (2012-2018).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2006, le gouvernement de Calder&#243;n lance la &#171; guerre contre la drogue &#187; qui a fait jusqu'ici 250 000 morts et pr&#232;s de 40 000 disparus&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Radford, Jill et Diana E. H. Russell, Femicide. The politics of Woman (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Cette politique anti-drogues est poursuivie par Pe&#241;a Nieto. Pendant son mandat, la violence &#224; l'encontre des d&#233;fenseuses de droits humains et des journalistes femmes augmente, tout comme le nombre de f&#233;minicides et de disparitions forc&#233;es (dont celle, embl&#233;matique, des 43 &#233;tudiants d'Ayotzinapa en septembre 2014). Parall&#232;lement, l'avortement demeure criminalis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Victimes mais debout&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sous le mandat de Pe&#241;a Nieto et de l'actuel pr&#233;sident Andr&#233;s Manuel L&#243;pez Obrador, les mobilisations contre le f&#233;minicide ont &#233;t&#233; lanc&#233;es &#224; l'initiative de jeunes femmes issues de divers contextes g&#233;ographiques, de classes sociales et d'origines ethniques diff&#233;rentes ; d'identit&#233;s de genre, de niveaux d'&#233;tudes et de professions &#233;clectiques. Lors des rassemblements, elles entonnent des slogans f&#233;ministes, d&#233;noncent le harc&#232;lement et les abus sexuels et exigent un avortement libre et gratuit. Elles pointent aussi du doigt un &#201;tat qui compromet impun&#233;ment la s&#233;curit&#233; des femmes et des jeunes filles, chez elles et dans la rue, en prot&#233;geant les auteurs de maltraitance, les familles violentes et le crime organis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ces jeunes des m&#233;tropoles, des banlieues, issues des peuples autochtones, &#233;tudiantes dans le secondaire ou dans le sup&#233;rieur, migrantes, travailleuses ou sans emploi formel, qui sont venues grossir les statistiques les plus r&#233;centes du f&#233;minicide. Et ce sont ces m&#234;mes femmes qui, le poing lev&#233;, ont adopt&#233; &#224; l'unisson le slogan &#171; &lt;i&gt;&#161; Ni una menos ! &#161; Vivas nos queremos !&lt;/i&gt; &#187;, devenu le cri de lutte de la nouvelle g&#233;n&#233;ration d'activistes f&#233;ministes au Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Daniela Villegas (Traduit de l'espagnol du Mexique par Anna Touati)&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.wsj.com/articles/its-a-crisis-of-civilization-in-mexico-250-000-dead-37-400-missing-1542213374&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#8220;It's a Crisis of Civilization in Mexico.&#8221; 250 000 Dead. 37,400 Missing.&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;The Wall Street Journal&lt;/i&gt; (14/11/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Radford, Jill et Diana E. H. Russell, &lt;i&gt;Femicide. The politics of Woman Killing&lt;/i&gt;, Buckingham : Open University Press, 1992.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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