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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Il faut casser le consensus environnemental &#187;</title>
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		<dc:creator>Margaux Wartelle</dc:creator>


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&lt;p&gt;Tous unis contre la fin du monde ? Oui... et non. D&#233;j&#224;, parce qu'&#224; vue de nez, on n'y sera pas tous en m&#234;me temps. Pauvres en avant, riches en arri&#232;re. Et puis parce que la fin de ce monde, il va falloir aller la chercher. Para&#238;trait que le syst&#232;me est coriace. Racisme (environnemental), imp&#233;rialisme (environnemental) et in&#233;galit&#233;s (environnementales) : oui, la crise &#233;cologique ravive des choses anciennes, et cr&#233;e des luttes nouvelles. Entretien avec Razmig Keucheyan, sociologue engag&#233; et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tous unis contre la fin du monde ? Oui... et non. D&#233;j&#224;, parce qu'&#224; vue de nez, on n'y sera pas tous en m&#234;me temps. Pauvres en avant, riches en arri&#232;re. Et puis parce que la fin de &lt;i&gt;ce&lt;/i&gt; monde, il va falloir aller la chercher. Para&#238;trait que le syst&#232;me est coriace. Racisme (environnemental), imp&#233;rialisme (environnemental) et in&#233;galit&#233;s (environnementales) : oui, la crise &#233;cologique ravive des choses anciennes, et cr&#233;e des luttes nouvelles. Entretien avec Razmig Keucheyan, sociologue engag&#233; et auteur d'ouvrages sur l'&#233;cologie politique, mais aussi sur les pens&#233;es critiques &#224; gauche et plus r&#233;cemment sur la consommation&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Longtemps adh&#233;rent au Nouveau parti anticapitaliste (NPA), il s'est ensuite (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3116 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH285/-1347-de454.jpg?1780779454' width='500' height='285' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que tu entends par &#171; in&#233;galit&#233;s environnementales &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le discours &#233;cologique dominant consiste &#224; dire que la crise environnementale est quelque chose de radicalement nouveau dans l'histoire de l'humanit&#233;, notamment car c'est un type de p&#233;ril qui concerne l'humanit&#233; dans son ensemble, ind&#233;pendamment des classes sociales, du genre, des divisions qui ont caract&#233;ris&#233; les soci&#233;t&#233;s modernes depuis qu'elles existent. C'est ce que j'appelle le consensus environnemental, c'est le discours de l'&#233;cologie &lt;i&gt;mainstream &lt;/i&gt;dominante. Et c'est d&#233;politisant au possible. L'histoire des mouvements sociaux montre que ces derniers se d&#233;clenchent quand il y a de la division, du conflit, quand une partie de l'humanit&#233; se sent l&#233;s&#233;e, victime d'une injustice &#8211; les classes populaires par rapport &#224; la bourgeoisie, les femmes par rapport aux hommes, les colonis&#233;s par rapport aux colonisateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc absolument critiquer ce consensus. Et le premier angle d'attaque, ce sont les in&#233;galit&#233;s environnementales : non seulement l'empreinte carbone des diff&#233;rentes classes sociales n'est pas la m&#234;me (les riches d&#233;truisent la plan&#232;te beaucoup plus que les classes populaires), mais en plus les effets de la crise environnementale ne sont pas ressentis de la m&#234;me mani&#232;re selon la classe sociale &#224; laquelle on appartient. Les classes populaires souffrent davantage des catastrophes naturelles, des cyclones, des canicules, mais aussi des pollutions, de l'effondrement de la biodiversit&#233;, de la rar&#233;faction des ressources naturelles comme l'eau.
C'est une &lt;i&gt;connerie &lt;/i&gt;sur le plan analytique de dire qu'il faut que l'humanit&#233; suspende ses divisions. Car ce que fait la crise environnementale, c'est aggraver ces in&#233;galit&#233;s environnementales, sachant que ces in&#233;galit&#233;s-l&#224; viennent s'empiler, s'ajouter aux autres : les in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques, de genre et de race. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#199;a se traduit de mani&#232;re g&#233;ographique &#224; l'int&#233;rieur des pays ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En France, assez peu d'&#233;tudes ont &#233;t&#233; produites sur les in&#233;galit&#233;s environnementales, mais parmi celles publi&#233;es aux &#201;tats-Unis, il y en a une qui concerne l'Hexagone. Elle compare la localisation des incin&#233;rateurs de d&#233;chets, polluants et canc&#233;rig&#232;nes, et la proportion de populations immigr&#233;es dans les zones d'habitation alentour. R&#233;sultat : ces incin&#233;rateurs sont install&#233;s de mani&#232;re privil&#233;gi&#233;e l&#224; o&#249; vivent les immigr&#233;s (et les classes populaires). Souvent, c'est un choix d&#233;lib&#233;r&#233; de la part des pouvoirs publics ou des entreprises, mais pas forc&#233;ment. La d&#233;cision peut r&#233;pondre &#224; une logique comme le prix du m&#232;tre carr&#233; ; elle peut aussi tenir au fait que les cat&#233;gories dominantes ont davantage la capacit&#233; de se mobiliser, d'avoir recours au droit, &#224; leurs r&#233;seaux politiques pour emp&#234;cher l'installation. C'est une logique syst&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons une catastrophe naturelle, l'une des plus d&#233;vastatrices de l'histoire : l'ouragan Katrina, en 2005 &#224; la Nouvelle-Orl&#233;ans. Les fractions de la population qui ont majoritairement morfl&#233; sont les pauvres et les Noirs. Pour la raison simple que les classes dominantes r&#233;sident sur les hauteurs de la ville depuis tr&#232;s longtemps. Les classes populaires s'&#233;taient install&#233;es l&#224; o&#249; elles pouvaient, l&#224; o&#249; le prix du m&#232;tre carr&#233; &#233;tait le plus faible, sur le bord de mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, il y a aussi la dimension raciale. Exemple : le chlord&#233;cone, un insecticide chimique. On l'a utilis&#233; en Martinique et en Guadeloupe alors qu'on savait depuis longtemps qu'il &#233;tait canc&#233;rig&#232;ne. C'est un scandale sanitaire de type amiante. On l'a interdit en m&#233;tropole, mais pas chez les pauvres et les ex-colonis&#233;s. Pareil pour les essais nucl&#233;aires aux &#201;tats-Unis, beaucoup ont &#233;t&#233; effectu&#233;s dans des r&#233;gions o&#249; vivent principalement les Am&#233;rindiens. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette domination a aussi une dimension Nord-Sud...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Nord s'est d&#233;velopp&#233; en pillant les ressources naturelles du Sud : c'est ce que l'on nomme l'imp&#233;rialisme environnemental. Il existe &#233;galement le concept de dette environnementale. Ce ne sont pas les pays du Sud qui ont une dette financi&#232;re envers les pays du Nord &#8211; cette fameuse dette du tiers-monde &#8211; mais c'est exactement l'inverse : les pays du Nord ont une dette environnementale envers les pays du Sud, une dette issue de toute l'histoire du colonialisme mais qui s'aggrave encore par d'autres biais. Par exemple, les pays du Nord viennent d&#233;verser leurs d&#233;chets industriels, nucl&#233;aires ou chimiques dans les pays du Sud [&lt;i&gt;lire aussi page VI&lt;/i&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dimension environnementale de cette domination permet de faire la connexion entre le th&#232;me classique du mouvement ouvrier qu'est l'imp&#233;rialisme et la question &#233;cologique. Cela permet de connecter les deux et donc &#233;ventuellement de penser aussi quelles pourraient &#234;tre les conditions d'une convergence. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourtant, il existe un discours ambiant qui affirme que les pauvres, et notamment ceux des pays pauvres, polluent plus&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un discours qui est souvent li&#233; &#224; un argument d&#233;mographique : les pauvres seraient non seulement pollueurs mais en plus ils sont nombreux, &#8220;&lt;i&gt;ils se reproduisent &#224; une telle vitesse&lt;/i&gt;&#8221;, ce genre d'arguments... Bien s&#251;r, les riches aussi seront affect&#233;s par la crise environnementale, mais dans une certaine mesure seulement. Dans le centre-ville de Paris par exemple, on constate des taux de pollution de l'air &#233;lev&#233;s, alors m&#234;me que des quartiers tr&#232;s riches s'y trouvent. Mais le bilan global, c'est quand m&#234;me que de mani&#232;re &#233;crasante, ce sont les classes populaires qui vont morfler. Alors m&#234;me que l'origine de la crise environnementale vient du mode de vie des dominants. Les classes populaires sont aussi consum&#233;ristes, il n'est pas question de le nier. Mais en termes d'empreinte &#233;cologique, ce sont clairement les dominants qui sont les plus responsables. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour revenir sur l'id&#233;e du consensus environnemental, tu as &#233;crit &lt;i&gt;La nature est un champ de bataille&lt;/i&gt;, il y a cinq ans. Depuis, des mouvements comme les ZAD (Zones &#224; d&#233;fendre) ont pris de l'ampleur et ils remettent de la conflictualit&#233;, non ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bien s&#251;r, l&#224; il y a de la conflictualit&#233;, et aussi des exp&#233;rimentations de modes de vie diff&#233;rents. Avec une limite selon moi : cette id&#233;e que construire des alternatives &#233;cologistes suppose de quitter la soci&#233;t&#233; et d'aller s'installer dans un ailleurs. C'est probl&#233;matique : il y a plein de gens qu'on laisse derri&#232;re et une politique r&#233;volutionnaire doit &#234;tre faite l&#224; o&#249; est la majorit&#233; des gens sont, c'est-&#224;-dire dans les villes, dans les campagnes. Pas &#224; l'&#233;cart. Cette esp&#232;ce de s&#233;paratisme est &#224; la fois extr&#234;mement int&#233;ressante car elle permet d'exp&#233;rimenter des modes de vie nouveaux, de cr&#233;er des r&#233;seaux, mais les ZAD ne sont pas des lieux d'exp&#233;rimentations populaires. Ce qu'il faut, comme le disent eux-m&#234;mes plein de gens qui participent &#224; ces mouvements, c'est g&#233;n&#233;raliser la ZAD . Et g&#233;n&#233;raliser la ZAD suppose forc&#233;ment de la transformer en autre chose. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Concernant le mouvement ouvrier, tu prends l'exemple d'AZF &#224; Toulouse : apr&#232;s la catastrophe (31 morts dans l'explosion de l'usine chimique en 2001), il y a eu une bataille entre les associations de citoyens et les syndicats qui d&#233;fendaient les emplois. Ce qui montre &#224; quel point le mouvement ouvrier peut &#234;tre productiviste. Est-ce que depuis, il y a eu un changement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans le mouvement ouvrier, les fractions majoritaires ont souvent &#233;t&#233; productivistes, et par cons&#233;quent peu sensibles &#224; la question &#233;cologique. Mais il faut s'empresser de dire que ce n'est pas le cas de tout le monde. Depuis longtemps, le mouvement ouvrier est travaill&#233; par la question de la qualit&#233; de vie, par la question d'un rapport plus sobre &#224; la nature... Ces th&#233;matiques sont pr&#233;sentes depuis le XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Mais aujourd'hui, les d&#233;bats ont lieu. Il y a eu une prise de conscience que les travailleurs sont apr&#232;s tout les premi&#232;res victimes du risque industriel et la question des emplois verts a fait bouger les lignes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis il y a un autre &#233;l&#233;ment &#224; prendre en consid&#233;ration. Aujourd'hui, les classes ouvri&#232;res &#233;mergentes dans des pays comme la Chine, l'Inde ou le Br&#233;sil, se forment un peu sur le mod&#232;le de la classe ouvri&#232;re europ&#233;enne du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, mais avec une diff&#233;rence : elles naissent alors que la crise &#233;cologique est d&#233;j&#224; l&#224;. Par exemple en Chine, la connexion entre les luttes ouvri&#232;res et les luttes &#233;cologiques est beaucoup plus forte parce que les gens ont conscience des pollutions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le discours sur la fin du monde est tr&#232;s fort en ce moment... Le syst&#232;me pourrait s'effondrer par lui-m&#234;me. Qu'en penses-tu ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Le capitalisme est un syst&#232;me qui a quand m&#234;me fait la preuve de sa r&#233;sistance, de sa r&#233;silience. Il n'a pas besoin que l'on soit heureux. Au contraire, il peut &lt;i&gt;marchandiser&lt;/i&gt; notre malheur et tr&#232;s bien prosp&#233;rer dans des &#233;cosyst&#232;mes d&#233;vast&#233;s. Bien s&#251;r il y a Trump, mais les capitalistes &lt;i&gt;s&#233;rieux &lt;/i&gt;ont compris qu'il y a une crise environnementale&#8230; et qu'elle peut &#234;tre source de profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vois un autre probl&#232;me : il n'est pas certain que l'id&#233;e de l'effondrement ait des effets politiques positifs. Elle cr&#233;e des effets de sid&#233;ration et peut conduire &#224; un repli sur soi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelque part, en lui permettant de se r&#233;inventer, la crise &#233;cologique pourrait presque aider le capitalisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette r&#233;invention du capitalisme passe par la finance, qui peut cr&#233;er des nouveaux instruments, des d&#233;riv&#233;s ou des obligations, et les faire fonctionner sur tel ou tel aspect de la crise environnementale. Par exemple, sur la survenue ou non d'une catastrophe naturelle, les financiers misent de l'argent. Parfois ils perdent, parce que la catastrophe survient et qu'il faut d&#233;bourser de l'argent, en d&#233;dommageant les assur&#233;s notamment. Mais c'est un secteur qui ne cesse de grandir, donc ils y gagnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important d'&#234;tre attentif au secteur des assurances pour comprendre les &#233;volutions du capitalisme ; comprendre comment les assureurs r&#233;fl&#233;chissent, c'est aussi anticiper ce qui va se passer. Non seulement ils ont conscience de la crise environnementale, mais ils r&#233;fl&#233;chissent &#224; long terme. On dit toujours que le capitalisme est court-termiste ; c'est en partie vrai, mais &#233;galement faux. Les tenants du capitalisme savent que leur syst&#232;me g&#233;n&#232;re des risques, de l'instabilit&#233; et, de fait, des in&#233;galit&#233;s. Ils sont m&#234;me capables de faire des choses qui contreviennent &#224; l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale, comme faire le contraire de la doctrine mon&#233;tariste et r&#233;injecter du fric dans le syst&#232;me. M&#234;me si &#233;videmment, cet argent va aux financiers. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur cette id&#233;e que les classes dominantes se pr&#233;parent &#224; la crise environnementale, tu vois d'autres aspects que la finance ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, toute la dimension s&#233;curitaire, la mont&#233;e en puissance &#224; laquelle on assiste aujourd'hui des appareils s&#233;curitaires, militaires, policiers... Bien s&#251;r, cet ensemble n'a pas pour seule origine la crise environnementale, mais il est certain qu'il va servir aussi dans les ann&#233;es qui viennent &#224; en g&#233;rer les cons&#233;quences, comme les migrations climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi le s&#233;paratisme accru des classes dominantes : elles ont une tendance de plus en plus grande &#224; vivre dans des enclos &#8211; dans les pays du Sud surtout, mais pas seulement. L'une des pointes, c'est le Br&#233;sil. Les &lt;i&gt;gated communities&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;sidences ou quartiers ferm&#233;s.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; existaient avant, mais c'est aussi le fruit de la crise environnementale. C'est une mani&#232;re de pr&#233;parer les choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la crise a des effets sanitaires massifs. Elle met une pression de plus en plus grande sur la S&#233;curit&#233; sociale, les syst&#232;mes hospitaliers, etc. Et cela conduit &#224; des syst&#232;mes de sant&#233; &#224; deux vitesses, avec des h&#244;pitaux d&#233;labr&#233;s, en crise permanente, pour les classes populaires&#8230; et des syst&#232;mes priv&#233;s hautement performants, mais payants, pour ceux qui ont les moyens. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ton dernier livre, sorti en septembre, &lt;i&gt;Les Besoins artificiels&lt;/i&gt;, traite de questions de consommation. En quoi c'est li&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les soci&#233;t&#233;s dans lesquelles nous vivons sont des soci&#233;t&#233;s de consommation, c'est une banalit&#233; de le dire, et c'est l'une des causes de la crise environnementale. Comment on en sort ? Plusieurs pistes sont propos&#233;es, notamment des pistes imm&#233;diates, comme un allongement de la garantie des marchandises de deux &#224; dix ans, une proposition d'associations comme le R&#233;seau action climat et les Amis de la Terre. &#199;a n'a l'air de rien, mais &#231;a permettrait de rendre les objets durables. Les industries sont contre, bien entendu. L&#224; encore, la question de la dur&#233;e de vie des marchandises est une lutte. Sur du plus long terme, il est int&#233;ressant de se pencher sur l'histoire des associations de consommateurs, comme l'UFC - Que choisir. Aujourd'hui, ce sont des associations qui n'ont pas l'air d'&#234;tre tr&#232;s politiques ; elles recommandent telle marque plut&#244;t que telle autre. Mais avant, au d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, elles &#233;taient assez li&#233;es aux syndicats ; autrement dit elles ne se limitaient pas &#224; intervenir dans le champ de la consommation, elles &#233;taient aussi int&#233;ress&#233;es par des enjeux productifs, li&#233;s aux conditions de travail, au niveau des salaires, qu'est-ce qui est produit et dans quelle proportion. Tout producteur est un consommateur, et l'inverse est vrai. Il faudrait trouver le moyen d'institutionnaliser le lien entre les deux, de faire des associations communes. Et ce qui sous-tend ce lien entre consommateur et producteur, c'est la question des besoins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment se d&#233;barrasser des besoins artificiels ? Il faut trouver le moyen de faire en sorte que tout un chacun soit partie prenante de la d&#233;lib&#233;ration, pour &#233;viter la dictature. Bien s&#251;r, il faut utiliser les ressources de la loi, de l'&#201;tat, mais il faut qu'&#224; la base il y ait des formes de d&#233;mocratie directe, de conseil, o&#249; la d&#233;lib&#233;ration sur les besoins a lieu. Il n'y a pas beaucoup d'exemples historiques, car on est dans une situation nouvelle, mais il y a quand m&#234;me toute la tradition r&#233;volutionnaire bas&#233;e sur cette id&#233;e de conseils. De toute fa&#231;on, on est dans une situation tellement compliqu&#233;e qu'il faut balancer des hypoth&#232;ses. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a dix ans, tu avais fait dans &lt;i&gt;H&#233;misph&#232;re gauche&lt;/i&gt; un panorama des luttes et des pens&#233;es critiques, avec un constat : celui du manque d'un mouvement ambitieux plus global... Et maintenant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si en dix ans, rien ne s'&#233;tait pass&#233;, il y aurait de quoi se flinguer. Mais ce n'est pas vrai, il y a plein de choses positives. On n'a pas chang&#233; le monde : le capitalisme est toujours l&#224;. Pareil pour la crise environnementale. Mais si on fait le bilan, on trouve Occupy, le mouvement des places en Espagne, en Gr&#232;ce, les ZAD, les Gilets jaunes... Le panorama a beaucoup chang&#233;, dans un sens de mobilisation accrue. Si on m'avait dit en 2010 qu'au Royaume-Uni, Jeremy Corbyn, un gauchiste, serait &#224; la t&#234;te du Labour, j'aurais dit : &#8220;&lt;i&gt;C'est impossible.&lt;/i&gt;&#8221; Bien s&#251;r, tout n'est pas parfait dans le Labour, loin de l&#224;. Pareil pour Bernie Sanders aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des probl&#232;mes vient de la fragmentation entre des partis institutionnels et des mouvements tr&#232;s anti-institutionnels, comme les ZAD ou les Gilets jaunes. Il n'y a pas encore de synth&#232;se, sans parler de convergence des luttes. C'est normal. C'est ainsi que s'est d&#233;roul&#233;e l'&#233;mergence du mouvement ouvrier au XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. D'abord une prolif&#233;ration de luttes, et puis avec le temps, et &#231;a prend du temps, des &#233;l&#233;ments de synth&#232;se, des secteurs qui passent des alliances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas question de mettre tout le monde sous le m&#234;me chapeau. De toute &#233;vidence, les marches pour le climat, c'est un ph&#233;nom&#232;ne en partie m&#233;diatique, bien s&#251;r &#231;a a ses limites mais il y a une &#233;nergie, m&#234;me confuse. Politiquement, ce n'est pas un d&#233;sert. Les crises sont toujours un champ de lutte. Elles conduisent &#224; la r&#233;surgence de trucs vraiment tr&#232;s r&#233;acs, mais ouvrent des possibles. Et donc il faut bosser pour multiplier les exp&#233;riences communes, pour faire le lien entre des th&#233;matiques diff&#233;rentes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Margaux Wartelle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Longtemps adh&#233;rent au Nouveau parti anticapitaliste (NPA), il s'est ensuite rapproch&#233; de la France insoumise, avant de s'en &#233;loigner. Aux &#233;ditions La D&#233;couverte, il a publi&#233; &lt;i&gt;H&#233;misph&#232;re gauche &#8211; Une cartographie des nouvelles pens&#233;es critiques&lt;/i&gt; (2010),&lt;i&gt; La Nature est un champ de bataille&lt;/i&gt; (2014) et &lt;i&gt;Les Besoins artificiels&lt;/i&gt; (septembre 2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;R&#233;sidences ou quartiers ferm&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'&#233;cologie est une lutte de classes (enfin, elle devrait)</title>
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&lt;p&gt;Si les catastrophes environnementales semblent menacer tout le monde, ce sont bien les pauvres qui trinquent en premier. Certes, dans le r&#233;cent cas de l'incendie du site Lubrizol &#224; Rouen, il y a fort &#224; parier que le nuage de 22 kilom&#232;tres de long sur 6 de large a intoxiqu&#233; toute la ville et au-del&#224;... mais on se doute bien que les usines Seveso se tiennent g&#233;n&#233;ralement loin des beaux quartiers . Au Canada, plusieurs unit&#233;s atomiques ont &#233;t&#233; construites sur des terres autochtones. En (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3117 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH514/-1348-b5423.jpg?1779603187' width='400' height='514' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par J&#233;r&#233;my Boulard Le Fur
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;S&lt;/span&gt;i les catastrophes environnementales semblent menacer tout le monde, ce sont bien les pauvres qui trinquent en premier. Certes, dans le r&#233;cent cas de l'incendie du site Lubrizol &#224; Rouen, il y a fort &#224; parier que le nuage de 22 kilom&#232;tres de long sur 6 de large a intoxiqu&#233; toute la ville et au-del&#224;... mais on se doute bien que les usines Seveso se tiennent g&#233;n&#233;ralement loin des beaux quartiers&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elles sont par contre beaucoup plus proches des aires d'accueil des gens du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au Canada&lt;/strong&gt;, plusieurs unit&#233;s atomiques ont &#233;t&#233; construites sur des terres autochtones. En France, on envisage de creuser un cimeti&#232;re de d&#233;chets nucl&#233;aires &#224; Bure, dans le fin fond de la Meuse, un d&#233;partement sinistr&#233; &lt;i&gt;(lire en page IV)&lt;/i&gt;. En Italie, la mafia enfouit les d&#233;tritus venimeux du Nord industriel cossu dans les champs du Sud infortun&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pollutions de l'air&lt;/strong&gt;, de l'eau, d&#233;sagr&#233;ments visuels ou sonores, maladies environnementales : ce sont clairement les d&#233;sh&#233;rit&#233;s qui &#233;copent les premiers. Parfois m&#234;me ils en redemandent : quel risque ne prendrait-on pas pour pouvoir cro&#251;ter ? Dans l'&#201;quateur des ann&#233;es 1990, ce n'est qu'une fois la compagnie Texaco partie que la population amazonienne s'est massivement soulev&#233;e contre la destruction p&#233;troli&#232;re de la for&#234;t et la contamination des cours d'eau. Aujourd'hui encore, les ordures de l'Occident finissent souvent en Asie du Sud-Est &lt;i&gt;(p. VI)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les in&#233;galit&#233;s sociales&lt;/strong&gt; avancent de concert avec les in&#233;galit&#233;s environnementales, et vice-versa. Mais si les deux ph&#233;nom&#232;nes sont &#233;troitement connect&#233;s, leur relation reste globalement impens&#233;e. &#171; &lt;i&gt;&#192; la faible sensibilit&#233; environnementale des analyses socio-&#233;conomiques, correspond la faible sensibilit&#233; sociale des politiques &#233;cologiques&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;plore la philosophe Catherine Larr&#232;re&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Quelle &#233;galit&#233; pour l'&#233;cologie politique ? &#187;, Les in&#233;galit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Et de rappeler que &#171; &lt;i&gt; la protection de la nature ne reste pas ext&#233;rieure &#224; la soci&#233;t&#233; : la fa&#231;on dont elle est men&#233;e a des effets sociaux&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Taxe carbone&lt;/strong&gt; + pr&#233;carit&#233; + urbanisme p&#233;riph&#233;rique : vous souvenez-vous de la naissance des Gilets jaunes ? Entre autres messages, c'est aussi ce qu'affirmait le mouvement des ronds-points : non, nous ne sommes pas tous dans le m&#234;me bateau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand l'ouragan Katrina&lt;/strong&gt; a frapp&#233; la Nouvelle-Orl&#233;ans, les riches ont pu s'en tirer &#224; bon compte, alors que les classes populaires, majoritairement noires, ont tout perdu. Non seulement nous ne sommes pas &#233;gaux devant les catastrophes selon notre situation sociale, mais nous n'avons pas non plus les m&#234;mes responsabilit&#233;s. Constat tr&#232;s bien r&#233;sum&#233; dans un rapport de l'ONG Oxfam&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;In&#233;galit&#233;s extr&#234;mes et &#233;missions de CO2 (02/12/2015).&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt;La moiti&#233; la plus pauvre de la population mondiale est responsable de seulement 10 % environ des &#233;missions de CO2 dues &#224; la consommation individuelle, alors qu'elle vit dans les pays les plus vuln&#233;rables au changement climatique. Parall&#232;lement, environ 50 % de ces &#233;missions sont imputables aux 10 % des habitants de la plan&#232;te les plus riches.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;On estime que les 1 % les plus riches du monde ont une empreinte carbone moyenne 175 fois sup&#233;rieure &#224; celle des 10 % les plus pauvres. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Derri&#232;re ces vertigineuses donn&#233;es&lt;/strong&gt; se profile une course aux profits effr&#233;n&#233;e, doubl&#233;e d'un cynisme de classe m&#226;tin&#233; de n&#233;o-colonialisme. Business as usual. Comment concevoir sinon que des p&#233;troliers occidentaux abaissent volontairement la qualit&#233; du gazole qu'ils vendent en Afrique &lt;i&gt;(p. V)&lt;/i&gt; ? Comment expliquer qu'en France, &#171; &lt;i&gt; pour 1 % de population d'origine &#233;trang&#232;re en plus, une commune voit augmenter de pr&#232;s de 30 % la probabilit&#233; de voir s'installer sur son territoire un incin&#233;rateu&lt;/i&gt;r &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;loi Laurent, &#171; Mesurer et r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s environnementales en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; ? Comment comprendre le refus de l'&#201;tat fran&#231;ais de d&#233;polluer la r&#233;gion de Salsigne (Aude), o&#249; il s'est gav&#233; d'or pendant un si&#232;cle avant d'abandonner les anciens mineurs et leurs voisins &#224; la pollution &#224; l'arsenic &lt;i&gt;(p. VIII) &lt;/i&gt; ? Comment appr&#233;hender l'invisibilit&#233; m&#233;diatique des femmes de m&#233;nage expos&#233;es aux risques chimiques &lt;i&gt;(p. VII)&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comme le rappelle le sociologue Razmig Keucheyan&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;(p. II)&lt;/i&gt;, il est grand temps de mettre fin au &#171; &lt;i&gt;consensus environnemental &lt;/i&gt; &#187; bidon qui r&#233;p&#232;te qu'on habite tous la m&#234;me plan&#232;te, refilant l&#226;chement la patate chaude &#224; la responsabilit&#233; individuelle de chacun. Sans rapport de force avec le dragon capitaliste (m&#234;me repeint en vert), aucun changement ne sera possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tandis que se creusent les in&#233;galit&#233;s&lt;/strong&gt;, une petite minorit&#233; oligarchique, qui se partage les dividendes des multinationales les plus polluantes, esp&#232;re sans doute pouvoir se sauver du d&#233;sastre en cours apr&#232;s avoir pr&#233;empt&#233; les ressources naturelles. Depuis ses ghettos dor&#233;s et reverdis, elle s'imagine pouvoir assister sereinement au spectacle des pauvres contraints &#224; des exodes climatiques, crevant de tous les cancers de la cr&#233;ation, voire s'entre-d&#233;vorant comme des zombies &lt;i&gt;(p. V)&lt;/i&gt;. &#192; moins qu'elle soit persuad&#233;e de disposer du temps n&#233;cessaire pour &lt;i&gt;the big&lt;/i&gt; voyage interstellaire &#224; bord de son arche &lt;i&gt;high-tech&lt;/i&gt; et ultra-select... Bon vent !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Elles sont par contre beaucoup plus proches des aires d'accueil des gens du voyage. C'&#233;tait le cas &#224; Rouen. Lire &#171; &lt;a href=&#034;https://lundi.am/Lubrizol-les-gens-du-voyage-en-premiere-ligne&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lubrizol : les gens du voyage en premi&#232;re ligne&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Lundi matin &lt;/i&gt;(30/09/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Quelle &#233;galit&#233; pour l'&#233;cologie politique ? &#187;, &lt;i&gt;Les in&#233;galit&#233;s environnementales&lt;/i&gt;, &#233;d. PUF (2017).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;In&#233;galit&#233;s extr&#234;mes et &#233;missions de CO2 &lt;/i&gt;(02/12/2015).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;loi Laurent, &#171; Mesurer et r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s environnementales en France &#187;, &lt;i&gt;Les in&#233;galit&#233;s environnementales&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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