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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Et quatre de plus qui font&#8230; 2042</title>
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		<dc:creator>Quelques ami.es de Fabrice Borom&#233;e</dc:creator>


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&lt;p&gt;Entr&#233; en taule en 2010 pour une peine de huit ans, Fabrice Borom&#233;e en a d&#233;sormais, au total, plus de trente &#224; tirer. Cet &#233;t&#233;, quatre nouvelles ann&#233;es lui ont &#233;t&#233; gentiment distribu&#233;es. Des ami.es de Fabrice racontent ici ce dernier proc&#232;s. 16 juillet 2019, 14 h. Fabrice Borom&#233;e est jug&#233; &#224; Tarascon (Bouches-du-Rh&#244;ne) pour avoir violent&#233; un maton. Incarc&#233;r&#233; depuis huit ans en m&#233;tropole, loin de sa Guadeloupe familiale, Fabrice en a pass&#233; sept &#224; l'isolement. L'arbitraire de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no179-septembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;179 (septembre 2019)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entr&#233; en taule en 2010 pour une peine de huit ans, Fabrice Borom&#233;e en a d&#233;sormais, au total, plus de trente &#224; tirer. Cet &#233;t&#233;, quatre nouvelles ann&#233;es lui ont &#233;t&#233; gentiment distribu&#233;es. Des ami.es de Fabrice racontent ici ce dernier proc&#232;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;16 juillet 2019, 14 h. Fabrice Borom&#233;e&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur son histoire, lire aussi &#171; Fabrice, &#233;crou 15 964, isolement &#187;, CQFD n&#176; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; est jug&#233; &#224; Tarascon (Bouches-du-Rh&#244;ne) pour avoir violent&#233; un maton. Incarc&#233;r&#233; depuis huit ans en m&#233;tropole, loin de sa Guadeloupe familiale, Fabrice en a pass&#233; sept &#224; l'isolement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arbitraire de l'administration p&#233;nitentiaire (AP), il conna&#238;t : isolement total, n&#233;gligence dans les soins m&#233;dicaux, humiliations et violences. Une torture carc&#233;rale qui confirme sans aucun doute que la peine de mort (&#224; petit feu) n'a pas &#233;t&#233; abolie et que les QHS (quartiers de haute s&#233;curit&#233;) de sinistre m&#233;moire n'ont pas r&#233;ellement ferm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une histoire de lentilles&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 2 d&#233;cembre 2014, Fabrice Borom&#233;e est incarc&#233;r&#233; &#224; Arles. Au moment de la distribution du repas, l'absence d'une barquette de lentilles d&#233;clenche une altercation entre Fabrice et le surveillant Christian Dumont. Ce dernier s'en sort avec trois jours d'ITT (incapacit&#233; totale de travail).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Fabrice reconna&#238;t les faits, il en pr&#233;cise les raisons : s'il a frapp&#233; ce maton, c'est en r&#233;ponse aux multiples provocations de sa part ; c'est &#233;galement en vue de le prendre en otage afin de d&#233;noncer ses conditions de d&#233;tention et de revendiquer son transfert en Guadeloupe pour rapprochement familial. Avec cet aveu, les motifs avanc&#233;s prennent une ampleur nouvelle, mais pas de quoi troubler les juges, qui se contentent des d&#233;clarations de l'AP : le surveillant n'y est pour rien, Fabrice ment. Les causes de l'agression sont bien une histoire de lentilles... et surtout pas des conditions de d&#233;tention inhumaines.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ne pas comprendre pour m&#233;priser&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si les justifications exprim&#233;es par Fabrice n'ont pas trouv&#233; d'oreilles attentives, c'est d'abord parce que ce dernier ne se fait pas entendre. Le d&#233;bit de sa parole est rapide et saccad&#233; (Fabrice b&#233;gaie de plus en plus depuis qu'il est &#224; l'isolement), son accent cr&#233;ole est pr&#233;gnant et son attitude trop &#171; vindicative &#187;, pas assez lisse et soumise... En cons&#233;quence, le tribunal ne comprend visiblement qu'un mot sur deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pas comprendre, c'est aussi simplifier &#224; l'exc&#232;s. Pour cerner un coupable, on &#233;tablit sa &#171; personnalit&#233; &#187;. Pour Fabrice, cela s'est limit&#233; aux dix-huit &#171; mentions &#187; inscrites &#224; son casier judiciaire, dont la majorit&#233; l'ont &#233;t&#233; pendant sa d&#233;tention. Cette longue litanie de &#171; r&#233;bellions et violences &#187; n'a pas pour but d'&#233;clairer les juges sur la situation et la trajectoire de Fabrice, mais bien de le d&#233;crire comme l'inhumain qui m&#233;rite son sort. Pour l'avocat de la victime, la &#171; &lt;i&gt;personnalit&#233;&lt;/i&gt; &#187; de Fabrice est d&#232;s lors &#171; &lt;i&gt;inqui&#233;tante&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;une haine dont le d&#233;tenu a fait la preuve&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Une fureur&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;une violence inacceptable intol&#233;rable et grave&lt;/i&gt; &#187;, compl&#233;tera le procureur....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s tout, peut-&#234;tre qu'une liste de d&#233;cisions de justice suffit &#224; cr&#233;er un monstre, &#224; pourrir la vie des gens et faire d'un minot des rues un homme qui n'a plus rien &#224; perdre. Mais alors il faut tout dire : mise en institution avec s&#233;paration de la fratrie &#224; la mort de sa m&#232;re quand il a 8 ans, placement dans une famille d'accueil violente, premi&#232;re incarc&#233;ration &#224; 16 ans, puis d&#233;portation en m&#233;tropole pour purger une peine de huit ans prononc&#233;e en 2010 (la derni&#232;re pour des faits commis dehors), refus de permission pour l'enterrement de son p&#232;re, nouvelles peines &#171; internes &#187;, violences d'agents p&#233;nitentiaires ayant entra&#238;n&#233; une surdit&#233; totale d'une oreille, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un monstre, vous dit-on ! Qui m&#233;rite son sort et que l'on doit m&#233;priser. C'est en quelque sorte ce que s'est &#233;vertu&#233; &#224; faire l'un des juges quand, comble du cynisme ou de l'ignorance, il interroge Fabrice sur ses conditions de d&#233;tention. Mais, pr&#233;cisera-t-il : &#171; &lt;i&gt;Pouvez-vous nous en dire deux mots, sans que ce soit trop long&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Outre l'ignorance d'un quotidien dans les quartiers d'isolement des prisons fran&#231;aises (rebaptis&#233;s &#171; &lt;i&gt;tombeaux secrets&lt;/i&gt; &#187; par les d&#233;tenus), ce juge souhaite donc que Fabrice s'exprime succinctement. Il le fera simplement : &#171; &lt;i&gt;Ma t&#234;te est sur le billot... Je suis l'homme &#224; abattre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le procureur aura, quant &#224; lui, une attitude plus directe dans le m&#233;pris et l'insulte, en attribuant &#224; Fabrice &#171; &lt;i&gt;un niveau de r&#233;flexion z&#233;ro&lt;/i&gt; &#187;. Clair et limpide !&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Chronique d'une mort annonc&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il est 15 h. L'audience aura dur&#233; moins d'une heure. Le d&#233;lib&#233;r&#233; est sans surprise : quatre ans ferme. &#192; ce jour, entre ses 16 et ses 38 ans, Fabrice a donc pass&#233; 7 mois dehors. Il est dor&#233;navant lib&#233;rable en 2042. Sans compter qu'il lui reste encore deux proc&#232;s pour des faits similaires, o&#249; Fabrice d&#233;non&#231;ait ses conditions de d&#233;tention et r&#233;affirmait sa volont&#233; d'&#234;tre transf&#233;r&#233; en Guadeloupe. Encore une occasion de rallonger la peine...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la &#171; victime &#187;, c'est du velours : les indemnit&#233;s s'&#233;l&#232;vent &#224; un peu plus de 46 000 &#8364;. &#171; &lt;i&gt;Il s'est offert une villa sur ton dos&lt;/i&gt; &#187;, blagueront les &#201;ris (&#201;quipes r&#233;gionales d'intervention et de s&#233;curit&#233;) qui ont escort&#233; Fabrice de la prison au tribunal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin de l'audience, la loi impose au juge de laisser la parole &#224; l'accus&#233;. Fabrice en profite pour rappeler une &#233;vidence : &#171; &lt;i&gt;Si la directrice que j'avais vue le matin m&#234;me m'avait &#233;cout&#233;, avait pris en compte mon besoin de rentrer chez moi, avait entendu que la pression montait, rien de tout &#231;a ne se serait pass&#233;. Mais elle m'a mal parl&#233;, a &#233;t&#233; m&#233;prisante et voil&#224; o&#249; on en est aujourd'hui.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las pour Fabrice, l'AP ne cherche pas l'apaisement. Contact&#233;, il nous informe que son r&#233;gime d'isolement a &#233;t&#233; prolong&#233; au motif que &#171; &lt;i&gt;refuser de sortir de sa cellule pour aller seul en promenade ou en salle de sport prouve une inaptitude &#224; la vie sociale minimale requise pour &#234;tre en b&#226;timent comme les autres prisonniers&lt;/i&gt; &#187;. Fabrice reconna&#238;t en effet avoir peur que les d&#233;placements, menott&#233; et entour&#233; d'une demi-douzaine d'agents &#233;quip&#233;s et provocateurs, ne soient qu'une occasion pour la matonnerie de se venger et de le frapper &#224; mort, en r&#233;ponse &#224; ses multiples tentatives de prises de parole concernant son r&#233;gime de d&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il poursuit (en fran&#231;ais, la seule langue qui lui permet de communiquer depuis sept ans car ni les surveillants ni ses cod&#233;tenus ne parlent cr&#233;ole, sa langue maternelle, et qu'il n'a pas de parloir avec sa famille rest&#233;e en Guadeloupe) : &#171; &lt;i&gt;Ils ont d&#233;j&#224; tu&#233; le Guadeloup&#233;en en moi&lt;/i&gt; [&#8230;]. &lt;i&gt;Maintenant, tous les matons de France me connaissent, les syndiqu&#233;s veulent ma peau suite aux prises d'otage que j'ai tent&#233;es. Je ne serai en paix nulle part. L'ulc&#232;re me fait super mal au ventre. Mon p&#232;re me manque, ma famille me manque. C'est trop de souffrance tout &#231;a&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Quelques potes et t&#233;moins pr&#233;sents au tribunal&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur son histoire, lire aussi &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/La-prison-une-entreprise-de' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Fabrice, &#233;crou 15 964, isolement&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 159 (novembre 2017). Pour lui &#233;crire, c'est &#224; cette adresse : Fabrice Borom&#233;e &#8211; 368 &#8211; Maison centrale &#8211; Quartier d'isolement &#8211; 5, rue L&#233;on Druoux &#8211; 62880 Vendin-le-Vieil.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au sommaire du n&#176;179</title>
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&lt;p&gt;En couverture : &#171; Travail que vaille &#187; (illustr&#233; par Pirikk). Quelques articles seront mis en ligne au cours du mois. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement, apr&#232;s la parution du prochain num&#233;ro. Ce qui vous laisse tout le temps d'aller saluer votre kiosquier ou de vous abonner... Actualit&#233;s Rochefort-en-Terre, village solidaire &#8211; Lib&#233;rez Vincenzo ! &gt; Peu avant la tenue du G7 &#224; Biarritz, l'info faisait figure d'avertissement : &#171; Vincenzo Vecchi, condamn&#233; pour des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En couverture : &#171; Travail que vaille &#187; (illustr&#233; par &lt;a href=&#034;https://commesuit.tumblr.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pirikk&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelques articles seront mis en ligne &lt;a href='https://cqfd-journal.org/CQFD-no179-septembre-2019'&gt;au cours du mois&lt;/a&gt;. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement, apr&#232;s la parution du prochain num&#233;ro. Ce qui vous laisse tout le temps d'aller saluer votre kiosquier ou de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;vous abonner&lt;/a&gt;...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Actualit&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rochefort-en-Terre, village solidaire &#8211; Lib&#233;rez Vincenzo ! &gt;&lt;/strong&gt; Peu avant la tenue du G7 &#224; Biarritz, l'info faisait figure d'avertissement : &#171; Vincenzo Vecchi, condamn&#233; pour des faits de &#8220;d&#233;vastation et pillage&#8221; durant le G7 de 2001 &#224; G&#234;nes, et r&#233;fugi&#233; en France depuis, est menac&#233; d'extradition vers l'Italie. &#187; Mais c'&#233;tait sans compter sur le soutien d'irr&#233;ductibles Bretons qui refusent que leur camarade soit livr&#233; &#224; une justice transalpine vindicative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La soci&#233;t&#233; civile &#171; Bayonn&#233;e &#187; &#8211; G7 : un contre-sommet noy&#233; dans le kaki &gt;&lt;/strong&gt; Depuis l'&#233;mergence du mouvement altermondialiste, jamais un contre-sommet du G7 n'avait connu une si faible mobilisation. En cause notamment, la militarisation du maintien de l'ordre, la &#171; neutralisation strat&#233;gique &#187; du mouvement social, des arrestations arbitraires et des interdictions administratives de territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Refoulement d'exil&#233;s &#224; la fronti&#232;re franco-italienne &#8211; Des identitaires condamn&#233;s, et apr&#232;s ? &gt;&lt;/strong&gt; Seize mois apr&#232;s leur op&#233;ration anti-migrants dans les Hautes-Alpes, trois activistes de G&#233;n&#233;ration identitaire ont &#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; six mois de prison ferme, l'association &#233;copant de 75 000 &#8364; d'amende. Pas de quoi rass&#233;r&#233;ner les militants solidaires des exil&#233;s du Brian&#231;onnais, auxquels les motivations de la sentence posent question.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3031 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L410xH400/-1266-48278.jpg?1782641698' width='410' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Damien Roudeau
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; Bure &amp; ailleurs &#8211; Les antinucl&#233;aires irradient encore &gt;&lt;/strong&gt; Dans tout l'Hexagone, la m&#234;me question : &#171; La France nucl&#233;aire, vous y tenez ? &#187; Et des r&#233;ponses qui ont redonn&#233; le sourire aux militants de l'Atomik Tour. Apr&#232;s des mois de d&#233;prime sur le front antinucl&#233;aire lorrain, l'&#233;nergie est de retour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fabrice Borom&#233;e : la prison toujours recommenc&#233;e &#8211; Et quatre de plus qui font&#8230; 2042 &gt;&lt;/strong&gt; Entr&#233; en taule en 2010 pour une peine de huit ans, Fabrice Borom&#233;e en a d&#233;sormais, au total, plus de trente &#224; tirer. Cet &#233;t&#233;, quatre nouvelles ann&#233;es lui ont &#233;t&#233; gentiment distribu&#233;es. Des ami.es de Fabrice racontent ici ce dernier proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Focus&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;n&#233;gal : de Wade &#224; Sall, un m&#234;me panier de crabes &#8211; Y'en a (encore et toujours) marre &gt;&lt;/strong&gt; N&#233; en 2011, le mouvement Y'en a marre a accompagn&#233; les manifestations massives contre le troisi&#232;me mandat de l'ancien pr&#233;sident Abdoulaye Wade. Loin des projecteurs m&#233;diatiques occidentaux, il poursuit depuis un lent travail de conscientisation politique populaire. Entretien avec Aliou San&#233;, l'un de ses fondateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tarnac-en-Espagne : une construction historique &#8211; L'ennemi int&#233;rieur ou la fiction de l'anarchiste-terroriste espagnol &gt;&lt;/strong&gt; En Espagne, le mouvement libertaire a fait l'objet d&#232;s 2014 d'une campagne de r&#233;pression et de criminalisation qui a abouti &#224; l'arrestation d'une quarantaine de militants, pour appartenance &#224; une &#171; organisation terroriste anarchiste &#187;. Cette affaire Tarnac &#224; l'espagnole s'est conclue par la relaxe des inculp&#233;s, mais a particip&#233; &#224; r&#233;activer dans l'imaginaire collectif l'id&#233;e d'une &#171; menace anarchiste &#187;. Pour comprendre la gen&#232;se de ce fantasme policier, il faut remonter &#224; l'&#233;poque de la transition &#171; d&#233;mocratique &#187;, dans les ann&#233;es 1970, lorsque dans les repr&#233;sentations dominantes, l'image de l'ennemi int&#233;rieur communiste c&#232;de sa place &#224; celle de l'anarchiste-terroriste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dossier &#171; Labeur sal&#233; &#187;&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_3028 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L380xH534/-1263-70272.jpg?1782641450' width='380' height='534' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Jean-Michel Bertoyas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Travail-que-vaille' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Travail que vaille&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Il y a ceux qui cherchent du travail, ne trouvent pas, doivent prouver qu'ils ne trouvent pas. Ceux qui ont du travail, qui flippent de le perdre, qui souffrent en silence. Ceux qui n'ont pas de papiers mais des bras pour se faire exploiter. Ceux qui &#171; trouvent du sens &#187; jusqu'&#224; l'autoflagellation. Ceux qui vont bien. Ceux qui vont moins bien. Ceux qui sabotent. Ceux qui luttent : dans les h&#244;pitaux, les McDo ou &#224; v&#233;lo. La cour (professionnelle) des miracles sans les miracles...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;forme de l'assurance-ch&#244;mage &#8211; En finir avec les ch&#244;meurs ? &gt;&lt;/strong&gt; Puisqu'on a tout essay&#233; contre le ch&#244;mage comme l'avouait beno&#238;tement Mitterrand en 1993, il ne reste plus aux gouvernements de tous bords qu'une option : faire baisser la statistique, notamment en contraignant les r&#233;calcitrants &#224; prendre des boulots de merde. Et mieux encore, passer sa r&#233;forme pendant la saison estivale ! Bienvenue dans un nouveau monde irrigu&#233; d'esprit disruptif&#8230; et de vieilles magouilles politicardes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La classe &#224; Dallas : quand le pr&#233;caire rel&#232;ve la t&#234;te &#8211; &#171; Le sabotage est une mani&#232;re de r&#233;sister mais aussi d'exister &#187; &gt;&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Yeah ! G&#233;nial ! Encore un contrat pr&#233;caire.&lt;/i&gt; &#187; Un camion, une demi journ&#233;e et dix-sept poubelles broy&#233;es plus tard : vir&#233;. Dans Le Travailleur de l'extr&#234;me, publi&#233; en 2018 aux &#233;ditions CMDE, &#196;ke Anst&#228;llning raconte ses aventures et d&#233;boires d'int&#233;rimaire. Des rayons de supermarch&#233; (&#171; &lt;i&gt;Il me faut un vin pour accompagner une viande rouge. &#8211; Prenez de la bi&#232;re.&lt;/i&gt; &#187;) &#224; l'entretien des routes, de livreur &#224; &#233;boueur, celui qui est aussi musicien dans des groupes de punk retrace avec ironie et d&#233;go&#251;t son quotidien dans le monde merveilleux des &#171; boulots de merde &#187; et ses tentatives, constantes et hilarantes, d'y &#233;chapper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mythe du travail associatif &#8211; &#171; Te plains pas, tu pourrais bosser &#224; l'usine &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Pas de patron, pas d'horaires fixes, un fonctionnement horizontal, une cause qui a du sens : le travail associatif n'est souvent pas consid&#233;r&#233; comme un travail. Difficile alors de parler de souffrance au travail, d'exploitation, de rapports de domination, de pr&#233;carit&#233;. La suppression massive des CUI/CAE &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Des contrats vraiment pas aid&#233;s &#187;, CQFD n&#176; 158, octobre 2017.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a r&#233;v&#233;l&#233; au grand jour un monde associatif sous perfusion. Deux travailleuses associatives lancent un pav&#233; dans la mare sans cracher dans la soupe avec leur livre &lt;i&gt;Te plains pas, c'est pas l'usine&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Te plains pas, c'est pas l'usine, de Lily Zalzett et Stella Fihn. &#192; para&#238;tre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; en posant cette question simple : et si le travail associatif &#233;tait lui aussi un travail ? Entretien avec l'une des auteures.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3030 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH291/-1265-b74af.jpg?1782721412' width='500' height='291' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Laura Pandelle
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas un d&#233;but d'accord, d'accord &#8211; Femmes de chambre en lutte : encore et encore &gt;&lt;/strong&gt; Le 11 septembre, si rien ne bouge d'ici l&#224;, elles entameront leur sixi&#232;me mois de gr&#232;ve. Les femmes de chambre de l'h&#244;tel de luxe NH &#224; Marseille (2&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;), employ&#233;es par le sous-traitant Elior, ont pass&#233; un &#233;t&#233; combatif. Apr&#232;s l'&#233;chec des n&#233;gociations en juillet, elles continuent. &#201;reintant mais pas d&#233;primant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Accidents du travail &#8211; &#171; All&#244; Muriel P&#233;nicaud ? &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Chaque semaine, le compte &#171; Accidents du travail : silence, des ouvriers meurent &#187; publie sur les r&#233;seaux sociaux une liste de personnes d&#233;c&#233;d&#233;es dans le cadre de leur activit&#233; professionnelle. &#192; l'heure o&#249; le gouvernement pr&#233;pare une (inqui&#233;tante) r&#233;forme de la sant&#233; au travail, cette triste comptabilit&#233; contribue &#224; sortir du silence ces drames trop banalis&#233;s. Interview avec un recenseur opini&#226;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; l'h&#244;pital, des soignants en PLS &#8211; Infirmier, un si beau m&#233;tier &gt;&lt;/strong&gt; Des services d'urgences en gr&#232;ve &lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;217 au 19 ao&#251;t d'apr&#232;s Mediapart.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, des soignants essor&#233;s et des infirmiers r&#233;quisitionn&#233;s par des policiers. Chez les professionnels du soin, le mal-&#234;tre est palpable. Ma&#235;lle, une infirmi&#232;re en psychiatrie qui a cess&#233; d'exercer il y a un an, raconte son rapport intime &#224; un boulot qui aurait pu la broyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;cit graphique &#8211; D&#233;coratrice de santons de Provence : exploitation traditionnelle au pays des cigales &gt;&lt;/strong&gt; L'ami &#201;tienne nous raconte en bande dessin&#233;e (et avec la participation du petit J&#233;sus) son taf de &#171; &lt;i&gt;d&#233;coratrice de santons&lt;/i&gt; &#187;. Attention &lt;i&gt;spoiler&lt;/i&gt; : &#231;a a tout l'air d'un super bon plan.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Bouquins&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au-del&#224; des &#339;illets &#8211; Les possibles de la R&#233;volution portugaise &gt;&lt;/strong&gt; Voil&#224; que para&#238;t enfin en fran&#231;ais un bon livre sur la r&#233;volution au Portugal (1974-1975)...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Archives d'une banlieue &#8211; Nanterre en vue(s) &gt;&lt;/strong&gt; Les photographies de cette double page sont des documents extraits de Nanterre, du bidonville &#224; la cit&#233;, ouvrage de l'aminche Victor Collet publi&#233; d&#233;but 2019 aux &#233;ditions Agone. Elles illustrent l'&#233;volution d'un territoire qui, des ann&#233;es 1950 &#224; aujourd'hui, a navigu&#233; entre rel&#233;gation sociale, immigration et luttes politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cap sur l'utopie &#8211; La r&#233;imagination au pouvoir &gt;&lt;/strong&gt; Ernest C&#339;urderoy (1825-1862) est l'un des rares trublions utopistes &#224; avoir r&#233;ellement pr&#233;conis&#233; de tout-tout-tout jeter &#224; bas pour tout-tout-tout r&#233;inventer au d&#233;part des subjectivit&#233;s d&#233;bobin&#233;es...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Critique des industries culturelles &#8211; Des grains de sable dans la m&#233;ga-machine &gt;&lt;/strong&gt; En 2010 paraissait &lt;i&gt;Divertir pour dominer&lt;/i&gt;, critique cinglante de &#171; &lt;i&gt;la culture de masse contre les peuples&lt;/i&gt; &#187;. Cette ann&#233;e, un second opus s'en prend aux nouveaux avatars du capitalisme culturel.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et encore...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;dito &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Burning-Men' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Burning Men&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Si demain les &#233;cocidaires formaient un orchestre, c'est sans doute Bolsonaro qui tiendrait la baguette. Mais Macron aurait de bonnes chances de d&#233;crocher le poste de premier violon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#199;a br&#251;le ! &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Le-grand-complot-de-la-grande-loge' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le grand complot de la grande loge du grand chien rouge reptilien&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; juillet dernier, &#224; 22 h, dans la derni&#232;re ligne droite du bouclage de notre dernier num&#233;ro, l'ambiance &#233;tait clairement &#252;ber-louche dans notre local de la rue Consolat...&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_3027 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L250xH354/-1262-f8899.jpg?1782647930' width='250' height='354' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;179 de CQFD, illustr&#233;e par Pirrik
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le num&#233;ro 179 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; est en kiosque du 6 septembre au 3 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3026 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/pdf/-11.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 152.3 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1783456042' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;179 de CQFD en PDF
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Des-contrats-vraiment-pas-aides' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Des contrats vraiment pas aid&#233;s&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 158, octobre 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Te plains pas, c'est pas l'usine&lt;/i&gt;, de Lily Zalzett et Stella Fihn. &#192; para&#238;tre chez les camarades de Niet &#201;ditions fin novembre 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;217 au 19 ao&#251;t d'apr&#232;s &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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<item xml:lang="fr">
		<title>La prison, une entreprise de destruction sociale</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-prison-une-entreprise-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/La-prison-une-entreprise-de</guid>
		<dc:date>2018-01-04T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile Kiefer, Jean-Baptiste Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Mortimer</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>Parce</dc:subject>
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		<dc:subject>Christine</dc:subject>
		<dc:subject>plus</dc:subject>
		<dc:subject>Fabrice</dc:subject>
		<dc:subject>matons</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il n'y a pas de berg&#232;re sans loup. Celui de Christine Ribailly, qui &#233;l&#232;ve des moutons dans le Tarn, &#231;a a &#233;t&#233; la prison. Elle y visitait son compagnon et est vite devenue la b&#234;te noire des matons, &#224; qui elle ne laissait rien passer. Jusqu'&#224; croupir derri&#232;re les barreaux &#224; son tour. &#192; force d'outrages, r&#233;bellions et violences, elle y a pass&#233; quatre ans, dont la moiti&#233; &#224; l'isolement ou au mitard. Parcours d'insoumise Tu as finalement tir&#233; quatre ans - Comment tout &#231;a a commenc&#233; ? &#171; J'ai (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no159-novembre-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;159 (novembre 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mortimer" rel="tag"&gt;Mortimer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il n'y a pas de berg&#232;re sans loup. Celui de Christine Ribailly, qui &#233;l&#232;ve des moutons dans le Tarn, &#231;a a &#233;t&#233; la prison. Elle y visitait son compagnon et est vite devenue la b&#234;te noire des matons, &#224; qui elle ne laissait rien passer. Jusqu'&#224; croupir derri&#232;re les barreaux &#224; son tour. &#192; force d'outrages, r&#233;bellions et violences, elle y a pass&#233; quatre ans, dont la moiti&#233; &#224; l'isolement ou au mitard. Parcours d'insoumise&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1949 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH566/-240-e8993.jpg?1782642762' width='400' height='566' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Mortimer.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu as finalement tir&#233; quatre ans - Comment tout &#231;a a commenc&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai d&#233;couvert la prison en 2004. Je ne m'y &#233;tais pas vraiment int&#233;ress&#233;e avant, mais j'y ai &#233;t&#233; confront&#233;e quand mon ami a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;. J'ai alors encha&#238;n&#233; les parloirs, suivi son proc&#232;s, correspondu par lettres avec lui... Et j'ai pris conscience du m&#233;pris total de l'administration p&#233;nitentiaire &#224; l'&#233;gard des familles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de mon premier parloir, &#231;a a &#233;t&#233; violent &#8211; tu te retrouves plong&#233;e dans un monde auquel tu ne connais rien. Je l'ai mal v&#233;cu, je n'arrivais pas &#224; accepter le regard m&#233;prisant des matons. Ainsi que le manque d'explications : ils ordonnent, on doit ob&#233;ir sans moufter. Et quand il y a des explications, elles varient au gr&#233; du vent. Par exemple, tu t&#233;l&#233;phones pour savoir ce que peut contenir le colis de No&#235;l, et on te r&#233;pond : &#8216;&#8216;&lt;i&gt; L'alcool est interdit, la viande crue aussi.&lt;/i&gt; '' Tr&#232;s bien. Donc, tu envoies du scotch, des crayons de couleur, du papier. Et l&#224;, on t'explique que tout est interdit, sauf la nourriture. Fallait le dire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne supportais pas cette fa&#231;on de jouer avec les nerfs des familles. Et tr&#232;s vite, mes relations avec les matons se sont tendues &#8211; beaucoup de mes parloirs se sont termin&#233;s en garde &#224; vue (GAV). Ma premi&#232;re, c'&#233;tait au lendemain du proc&#232;s de mon compagnon. J'arrive au parloir, un petit muret nous s&#233;parait, je l'enjambe pour le prendre dans mes bras. Un maton intervient : &#8216;&#8216; &lt;i&gt;Pas le droit de franchir le muret ! Mais vous avez double parloir, soit deux fois 45 minutes. On vous changera de salle pour le deuxi&#232;me, il n'y aura pas de muret.&lt;/i&gt;'' Le premier parloir se termine, je sors attendre le deuxi&#232;me, mais une surveillante me bloque : &#8216;&#8216; &lt;i&gt;Vous n'aurez qu'un seul parloir !&lt;/i&gt; '' Cette injustice crasse me met en rage. Je gueule, &#231;a frotte un peu avec les matons. Le directeur me convoque &#8216;&#8216; &lt;i&gt;pour discuter&lt;/i&gt; '', je lui r&#233;torque : &#8216;&#8216; &lt;i&gt;C'est pas avec toi que je veux parler, mais avec mon compagnon !&lt;/i&gt; '' &#199;a ne lui a pas plu, les surveillants sont intervenus, je me suis retrouv&#233;e menott&#233;e au sol. Ensuite, GAV et comparution imm&#233;diate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de l&#224;, j'&#233;tais connue comme le loup blanc. &#192; chaque parloir, ils se d&#233;brouillaient pour me faire p&#233;ter les plombs : un petit pr&#233;texte suffisait. De mon c&#244;t&#233;, j'y allais en mode bagarre, je ne voulais rien l&#226;cher. Je me suis donc tr&#232;s souvent retrouv&#233;e en GAV. Et le fait de refuser la prise d'empreintes et le fichage ADN n'arrangeait rien... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jusqu'&#224; ce que tu prennes du ferme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai d'abord &#233;t&#233; prot&#233;g&#233;e par mon statut. Femme, blanche, plut&#244;t cultiv&#233;e et avec un travail &#8211; chef d'exploitation agricole. Je passais &#224; travers les gouttes. On me refilait du sursis, puis du sursis avec mise &#224; l'&#233;preuve, puis des peines de prison ferme am&#233;nageables parce qu'inf&#233;rieures &#224; un an. Mais &#224; force de pousser le bouchon, je me suis retrouv&#233;e derri&#232;re les barreaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma premi&#232;re peine ferme est tomb&#233;e suite &#224; une visite &#224; mon compagnon. J'arrive, passage sous le portique. Il ne sonne pas, les matons me demandent quand m&#234;me de retirer ma veste. Je proteste, on s'engueule, ils clament que je n'entrerai pas si je la garde. Je me suis alors d&#233;shabill&#233;e et j'ai pass&#233; le portique en slip. &#199;a ne leur a pas plu... Et j'ai pris deux mois ferme. Une peine th&#233;oriquement am&#233;nageable, sauf que je me suis embrouill&#233;e peu apr&#232;s avec des gendarmes. Ils m'ont plac&#233;e en GAV pour un outrage imaginaire, avant une nouvelle comparution. Lors de celle-ci, j'ai &#233;nerv&#233; le juge en gardant les mains dans les poches. Cette fois, direction prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de l&#224;, ils ont fait tomber mes sursis : ma peine de deux mois s'est vite allong&#233;e. Apr&#232;s trente jours de taule, j'en &#233;tais d&#233;j&#224; &#224; un an et demi... Et comme &#224; l'int&#233;rieur, j'ai repris des condamnations pour outrage, r&#233;bellion et violence... &#199;a aurait pu continuer longtemps. Mais en d&#233;cembre 2016, miracle : ma quatri&#232;me demande de lib&#233;ration conditionnelle a &#233;t&#233; accept&#233;e. Sans que je sache pourquoi. &#192; cause de No&#235;l ? Ou parce que j'&#233;tais ing&#233;rable ? Ma demande n'avait en tout cas pas chang&#233; : pas question d'accepter un bracelet &#233;lectronique. Je n'en veux pas. Et c'est inconciliable avec mon travail. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu as aussi &#233;cop&#233; de condamnations p&#233;cuniaires ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je dois 9 500 &#8364; aux parties civiles &#8211; des matons qui ont port&#233; plainte. Pour l'instant, je n'ai rien vers&#233; : je suis en arr&#234;t maladie &#224; cause d'un genou ab&#238;m&#233;, suite &#224; des coups re&#231;us en prison. Je vais bient&#244;t reprendre le travail, mais je suis pay&#233;e au Smic. Et ils ne peuvent &#224; peu pr&#232;s rien saisir, puisque j'habite dans une caravane et que mon exploitation agricole fonctionne en Gaec (Groupement agricole d'exploitation en commun). Bref, ils vont attendre longtemps leur argent... Je compte m'en acquitter petit &#224; petit, &#224; raison de 15 &#8364; par mois. Histoire de ne pas retourner derri&#232;re les barreaux. Mes parents ne le supporteraient, les copains non plus. Mes quatre ans de taule les ont &#233;puis&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu insistes beaucoup sur ce qu'ont subi tes proches. De ton c&#244;t&#233;, tu aurais pu continuer longtemps ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je n'aurais rien l&#226;ch&#233;. Ce qui ne signifie pas que je n'aurais pas pris cher &#8211; depuis ma lib&#233;ration, il ne se passe pas un jour sans que je ne pense &#224; la taule... Mais oui, je crois que c'&#233;tait encore plus dur pour mes proches. Surtout pour mes parents, qui subissaient la situation sans pouvoir rien faire. De mon c&#244;t&#233;, &#231;a me semblait facile. Les matons refusaient d'entendre ce que j'avais &#224; dire ? Je donnais des coups de pied dans la porte jusqu'&#224; ce qu'ils interviennent. Hop, deux jours de mitard, puis convocation chez le directeur. Et voil&#224;, je faisais passer mon message. Sauf que pendant ce temps, mes proches ne savaient pas ce qui se passait et s'inqui&#233;taient.
Ils ont morfl&#233; financi&#232;rement, aussi. Parce que j'&#233;tais transf&#233;r&#233;e sans cesse, &#224; Strasbourg, Rennes, Lille, etc. &#199;a co&#251;tait beaucoup d'argent de me rendre visite. Malgr&#233; &#231;a, ils ont assur&#233; : en quatre ans de taule, je n'ai pas pass&#233; un mois sans parloir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cela t'a beaucoup aid&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, mais pas autant que le courrier. Parce qu'en fait, le parloir, c'est rude. Voire &#233;puisant. Tu t'y pr&#233;pares une semaine avant, tu sais qu'il faudra rassurer tes proches. Tu ne peux pas leur dire que tu en as marre, &#231;a les inqui&#233;terait trop. Alors, tu leur racontes que tout va bien, que tu as rencontr&#233; une fille sympa en promenade, etc. Eux font la m&#234;me chose. Ils te disent que la grand-m&#232;re va bien, alors qu'en fait elle est en train de mourir... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu t'es battue pour faire respecter tes droits en taule...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout le temps, oui. Le syndrome classique du taulard : &#8216;&#8216;Vous m'avez condamn&#233;e pour non-respect de la loi ? Vous avez int&#233;r&#234;t &#224; la respecter ! '' Sauf que c'est un combat sans fin, parce que les matons ne respectent jamais les r&#232;gles. Et que je ne laissais rien passer. Parfois, ils me rentraient dedans, parfois non. Ils savaient que de toute fa&#231;on, ils auraient le dernier mot &#8211; il suffisait de me pousser &#224; bout. Je protestais. Ils me tombaient dessus. Je me d&#233;battais. Et vlan : nouvel outrage / r&#233;bellion / violences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai pris des coups, aussi. C'est s&#251;r, &#231;a ne fait pas du bien. Mais quand tu es dans le feu de l'action, tu ne te soucies pas de morfler. Ce qui est dur, ce sont les trente jours de mitard qui suivent. Les matons qui d&#233;barquent avec casques et boucliers pour t'amener &#224; la douche, alors qu'elle est &#224; quelques m&#232;tres. Ou encore le m&#233;decin qui se contente de v&#233;rifier de loin que tu tiens debout. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a eu les transferts, aussi. tu en as fait combien, au total ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dix-sept. En moyenne, j'&#233;tais transf&#233;r&#233;e tous les trois mois. L'id&#233;e, c'est de t'emp&#234;cher de nouer des liens avec d'autres prisonni&#232;res ou un surveillant. Mais je n'&#233;tais pas DPS&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;tenue particuli&#232;rement surveill&#233;e.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, ce qui scandalisait les matons. Via le syndicat FO, ils en ont m&#234;me parl&#233; &#224; la presse. Quand je suis arriv&#233;e &#224; la maison d'arr&#234;t d'&#201;pinal, le journal r&#233;gional a ainsi titr&#233; en une sur &#8216;&#8216; L&lt;i&gt;a d&#233;tenue qui rend folle la P&#233;nitentiaire&lt;/i&gt; ''. L'article mentionnait mes 80 proc&#233;dures disciplinaires, ma suppos&#233;e violence. Et expliquait que j'&#233;tais une folle dangereuse, qui faisait peur aux autres d&#233;tenues. En une, bordel... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce que tu ne t'es pas dit qu'il valait mieux courber la t&#234;te ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Jamais ! De toute fa&#231;on, une fois que tu es catalogu&#233;e, c'est r&#233;gl&#233; : tu es coinc&#233;e, m&#234;me si &#231;a se passe bien. Par exemple, j'ai pass&#233; cinq mois &#224; la maison d'arr&#234;t de Rennes sans aucun mitard pour violences. &#199;a n'a pas emp&#234;ch&#233; FO de sortir un tract sur ma pomme. Le directeur a c&#233;d&#233;, j'ai &#233;t&#233; &#224; nouveau transf&#233;r&#233;e. Au fond, je leur faisais peur. Ce n'est pas difficile, les matons sont plut&#244;t l&#226;ches. Ce qui m'emmerdait surtout, c'est qu'ils arrivaient &#224; faire croire &#224; certaines filles que j'&#233;tais dangereuse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, est-ce que tu as pu t'appuyer sur la solidarit&#233; des autres d&#233;tenues ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#199;a d&#233;pend de quoi on parle. Il existe une solidarit&#233; qui tient de l'amiti&#233;. R&#233;elle, mais pas tr&#232;s efficace. Il s'agit par exemple de filles mieux int&#233;gr&#233;es, qui disent &#224; une surveillante pas trop conne : &#8216;&#8216; &lt;i&gt;&#199;a se passerait mieux avec Christine si vous lui parliez diff&#233;remment...&lt;/i&gt; '' Avec cette r&#233;ponse, en g&#233;n&#233;ral : &#8216;&#8216; &lt;i&gt;Je ne d&#233;cide pas, faut voir avec le chef. &lt;/i&gt; ''&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai quand m&#234;me eu droit &#224; de vraies preuves de solidarit&#233;. &#192; la maison d'arr&#234;t d'Orl&#233;ans, les filles ont d&#233;clench&#233; un beau bordel pendant que j'&#233;tais au mitard. Elles entendaient protester contre la fa&#231;on dont j'&#233;tais trait&#233;e &#8211; &#224; 19 h, je n'avais toujours aucun bouquin, ni ma gamelle... Elles se sont mises &#224; taper dans les portes, &#224; jeter des papiers enflamm&#233;s, &#224; matraquer les interphones. &#199;a leur a d'ailleurs valu des sanctions. Et &#224; la maison d'arr&#234;t de Vivonne (pr&#232;s de Poitiers), deux Basques ont bloqu&#233; la promenade en clamant &#8216;&#8216; &lt;i&gt;Halte &#224; la torture du mitard !&lt;/i&gt; '' Six autres filles ont suivi le mouvement, elles ont &#233;cop&#233; d'une semaine de confinement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les Basques &#233;taient parmi les seules &#224; maintenir un esprit de lutte contre l'arbitraire carc&#233;ral ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Disons qu'elles ont une culture de classe et une vraie vision politique. Elles m'&#233;crivaient quand j'&#233;tais au mitard, gueulaient aux fen&#234;tres en soutien, me faisaient passer du chocolat. Mais elles ne comprenaient pas que je ne l&#226;che rien. Elles me disaient : &#8216;&#8216; &lt;i&gt;Arr&#234;te de chercher &#224; faire chier les bleus. T'as rien &#224; voir avec eux, rien &#224; leur dire.&lt;/i&gt; '' Elles me sortaient que j'&#233;tais aussi conne qu'un mec avec sa bite devant... Mais &#231;a n'aurait servi &#224; rien de la mettre en sourdine. Parce que la parole des matons ne vaut rien. Dans certaines taules, le directeur se montrait d'abord conciliant : &#8216;&#8216; &lt;i&gt;J'ai lu ton dossier. Ici, on va g&#233;rer autrement. Tu auras droit &#224; des activit&#233;s, mais tu ne touches pas aux matons.&lt;/i&gt; '' Sauf qu'au bout de trois semaines, la matonnerie FO protestait que j'&#233;tais trait&#233;e comme une princesse. Ou les surveillants se contentaient de me provoquer, en attendant que je parte en couilles. Boum, je prenais huit jours de mitard. Et encore trente peu apr&#232;s, parce qu'ils estimaient que huit, ce n'&#233;tait pas assez... Au final, j'ai pass&#233; plus de la moiti&#233; de ma peine tout seule &#8211; 752 jours de mitard et 210 d'isolement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains matons auraient sans dout&#233; &#233;t&#233; dispos&#233;s &#224; agir autrement. Pour avoir moins de boulot. Et parce que je n'&#233;tais pas la seule &#224; subir la violence : certains matons se sont r&#233;ellement bless&#233;s en me tombant dessus. L'un s'est p&#233;t&#233; le genou. Un autre, le poignet. &#192; chaque fois, c'est parce qu'ils se montaient un moulon, qu'ils se pr&#233;cipitaient pour me frapper et qu'ils se blessaient mutuellement... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'&#233;tait tr&#232;s dur, le mitard ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce n'est pas l'enfer, tu te fais juste chier. Tu as quand m&#234;me de la lecture, un poste radio. Pour t'occuper, il y a aussi la branlette. Les souvenirs. Et l'&#233;criture. Je recevais en moyenne cinq lettres par jour. Pour moi, c'&#233;tait primordial. &#199;a montre &#224; la P&#233;nitentiaire que tu n'es pas seule, qu'il y a des gens derri&#232;re toi. Et surtout, &#231;a fait rentrer la vie du dehors. Les potes te racontent leur quotidien, le boulot &#8211; &#8216;&#8216; &lt;i&gt;On est mont&#233; en alpage&lt;/i&gt; '', &#8216;&#8216; &lt;i&gt;On a rencontr&#233; un jeune qui s'&#233;clate en transhumance, il travaille avec ton chien&lt;/i&gt; '', etc. &#199;a me faisait un bien fou. J'&#233;tais chanceuse : beaucoup de d&#233;tenues ne re&#231;oivent jamais de courrier. Elles n'ont plus de famille et pas d'amies, &#224; part des amies de taule. La prison, c'est vraiment une entreprise de destruction sociale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais qui n'a pas entam&#233; ta d&#233;termination...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un combat. Pas toujours facile, parce que tu sais qu'il n'am&#233;liorera pas tes conditions de vie. Alors je me disais qu'il profiterait aux autres. Je me suis ainsi retrouv&#233;e au mitard en f&#233;vrier, &#224; Joux-la-Ville (vers Auxerre). Il faisait 13&#176;C &#8211; quand tu passes ta journ&#233;e sans bouger, c'est rude... Je me suis bagarr&#233;e et j'ai obtenu la pose d'un radiateur dans la cellule. Je sais qu'il sera pr&#233;cieux pour les filles qui s'y retrouveront. Une petite victoire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sc&#232;ne de prison : &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au cours de ses quatre ann&#233;es de d&#233;tention, Christine a beaucoup &#233;crit. De ses lettres publi&#233;es par le journal &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt;, Philippe a tir&#233; une belle pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre, &lt;i&gt;Pisser dans l'herbe&lt;/i&gt;&#8230; Une autre fa&#231;on de militer contre la souffrance carc&#233;rale. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1950 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L401xH569/-5-0afba.png?1782658998' width='401' height='569' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au centre de la petite sc&#232;ne, un homme seul. Autour de lui, au sol, des centaines d'enveloppes dispos&#233;es en cercle. Il les arpente d&#233;licatement ou les foule sans m&#233;nagement. Il se courbe, se rel&#232;ve, s'&#233;nerve par instants, se calme &#224; d'autres. Emport&#233; par son texte, qu'il vit et fait vivre. Dans la salle, pas d'autre bruit que sa voix captivante : on entendrait une lettre voler&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, oui, c'est bien de lettres qu'il s'agit. Essentiellement celles que Christine a envoy&#233;es de taule (et qui ont &#233;t&#233; publi&#233;es par &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt;) : elles forment en partie la trame de &lt;i&gt;Pisser dans l'herbe&lt;/i&gt;..., spectacle co&#233;crit et jou&#233; par Philippe Giai-Miniet&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et mis en sc&#232;ne par Marie Paule Guillet, du Th&#233;&#226;tre du Sable.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Le reste provient des missives du d&#233;tenu longue peine Philippe Lalouel et d'une prisonni&#232;re, &#201;milie D., ainsi que d'extraits du livre &lt;i&gt;Pourquoi faudrait-il punir ?&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sign&#233; Catherine Baker, aux &#233;ditions Tahin Party, 2004.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Pour les dire, un seul personnage g&#233;n&#233;rique, Camille. Joliment camp&#233; par Philippe, donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pour la pr&#233;sentation. &lt;i&gt;Mais Pisser dans l'herbe&#8230;&lt;/i&gt;, c'est d'abord l'histoire d'une rencontre, entre la prisonni&#232;re et l'acteur. Lui d&#233;couvre en 2015 ses lettres sur le Net. Il lui &#233;crit en taule, elle r&#233;pond. S'instaure un riche dialogue &#233;pistolaire. Tous deux s'apprivoisent. Le pr&#233;alable &#224; toute mise en sc&#232;ne. &#171; &lt;i&gt;Nos courriers n'ont &#224; peu pr&#232;s pas &#233;t&#233; utilis&#233;s pour le spectacle&lt;/i&gt;, explique Philippe. &lt;i&gt;Mais la r&#233;daction de la pi&#232;ce s'est faite en collaboration avec Christine : je lui ai envoy&#233; plusieurs versions, jusqu'&#224; ce qu'elle valide l'ensemble.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout n'a pas &#233;t&#233; simple. Et il a fallu d&#233;passer des pr&#233;ventions r&#233;ciproques. &#171; &lt;i&gt;Au d&#233;but, je ne comprenais pas ce qu'il voulait faire,&lt;/i&gt; reconna&#238;t Christine. &lt;i&gt;Je ne voyais pas l'int&#233;r&#234;t de mettre en sc&#232;ne des textes d&#233;j&#224; publi&#233;s. Et je ne souhaitais pas appara&#238;tre en porte-drapeau d'une lutte, d'autant que mes modes d'action ne sont pas les plus r&#233;pandus. Bref, j'&#233;tais sceptique.&lt;/i&gt; &#187; Jusqu'&#224; cette deuxi&#232;me repr&#233;sentation en d&#233;cembre 2016 &#224; Montreuil, &#224; laquelle Christine assiste presque par miracle &#8211; elle a eu la surprise d'&#234;tre lib&#233;r&#233;e la veille. &#171; &lt;i&gt;J'ai d&#233;couvert ce que &#231;a fait de voir des textes port&#233;s par un acteur : &#231;a apporte vraiment quelque chose.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acteur a ainsi d&#251; faire ses preuves. Pas facile de d&#233;barquer dans un milieu militant qui ne voit pas toujours le th&#233;&#226;tre d'un bon &#339;il. &#171; &lt;i&gt;Au d&#233;but, les amis de Christine &#233;taient un peu m&#233;fiants,&lt;/i&gt; d&#233;taille Philippe. C&lt;i&gt;omment &#231;a, un th&#233;&#226;treux parigot veut faire une pi&#232;ce sur la prison ? Gaffe ! Je crois qu'ils avaient surtout peur d'une spectacularisation de la souffrance carc&#233;rale. J'ai d&#251; prouver ma sinc&#233;rit&#233;. Montrer que ce n'&#233;tait pas vain. &lt;/i&gt; &#187; Chose faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que Philippe a &#233;volu&#233;, aussi. &#192; force de creuser la question carc&#233;rale, il a adopt&#233; une position abolitionniste. Un patient cheminement : &#171; &lt;i&gt;Je me souviens tr&#232;s bien d'une lettre de Christine o&#249; elle r&#233;pondait &#224; ma question : &#8216;&#8216; Si on supprime les prisons, on met quoi &#224; la place ? '' Elle m'avait &#233;crit : &#8216;&#8216; Tu manques d'imagination... '' Je me suis rendu compte qu'elle avait raison.&lt;/i&gt; &#187; Depuis, que ce soit sur sc&#232;ne ou dans ses activit&#233;s militantes, Philippe n'en d&#233;mord plus : &#224; bas toutes les prisons ! Oh que oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prochaines repr&#233;sentations : voir &lt;a href=&#034;https://melodieberger.wixsite.com/blog&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par ici !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Fabrice, &#233;crou 15 964, isolement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il est entr&#233; en prison pour une peine de huit ans, il en a d&#233;sormais plus de trente &#224; faire. Maintenu &#224; l'isolement, loin de ses proches, Fabrice est litt&#233;ralement emmur&#233; vivant. Une torture sans fin.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Fabrice, il morfle grave,&lt;/i&gt; r&#233;sume son amie Christine.&lt;i&gt; Il doit maintenant s'y reprendre &#224; quatre fois pour lire mes lettres parce qu'il n'arrive plus &#224; se concentrer. Ils sont en train de lui manger le cerveau...&lt;/i&gt; &#187; Et de le tuer &#224; petit feu. C'&#233;tait d'ailleurs le titre de la conf&#233;rence de presse organis&#233;e en juin par le canard anti-carc&#233;ral &lt;i&gt;L'Envol&#233;e &lt;/i&gt; pour alerter sur le sort du d&#233;tenu : &#171; &lt;i&gt; Ils sont en train de tuer Fabrice Borom&#233;e&lt;/i&gt; &#187;. Il n'y a pas plusieurs fa&#231;ons de dire ce genre de chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Comme plus de 500 prisonniers originaires des DOM-TOM, Fabrice purge une peine en m&#233;tropole, loin de ses proches&lt;/i&gt;, d&#233;taille &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt; dans un communiqu&#233;. I&lt;i&gt;l r&#233;clame son transfert en Guadeloupe depuis 2011. L'administration p&#233;nitentiaire fait la sourde oreille et le juge d'application des peines l'emp&#234;che m&#234;me de se rendre &#224; l'enterrement de son p&#232;re en 2012. Il tente alors de se faire entendre en &#8216;&#8216; prenant en otage '' un maton de Cond&#233;-sur-Sarthe.&lt;/i&gt; &#187; Sanction : huit ans suppl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rebelote en 2015, quand Fabrice retient deux heures durant le sous-directeur de la centrale. Et vlan, encore du ferme ! &#171; &lt;i&gt;Entr&#233; en prison pour une peine de huit ans, il en a maintenant plus de trente &#224; faire.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Maintenu &#224; l'isolement, sans cesse transf&#233;r&#233;, entrav&#233; dans tous ses d&#233;placements en prison, il fait l'objet d'insultes racistes et de passages &#224; tabac de la part des matons.&lt;/i&gt; &#187; Tr&#232;s peu de parloirs, aucune activit&#233;. Le repas pass&#233; &#224; travers la grille, sans contact. Un m&#233;decin qui se contente de lui demander si &#231;a va depuis la coursive. Pas d'acc&#232;s &#224; la biblioth&#232;que. Un tympan perc&#233; parce qu'un membre des &#201;ris&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;quipes r&#233;gionales d'intervention et de s&#233;curit&#233;.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; a lanc&#233; une grenade assourdissante dans la douche que Fabrice bloquait en protestation. Et l'isolement, encore et toujours, depuis plus de cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on n'a personne &#224; qui parler, la moindre attention fait figure de miracle. &#171; &lt;i&gt;L'un des matons de la centrale pr&#233;c&#233;dente parlait cr&#233;ole. Quand le chef de d&#233;tention n'&#233;tait pas l&#224;, il lui arrivait de passer la t&#234;te &#224; travers la grille pour demander &#224; Fabrice ce qu'il cuisinait&lt;/i&gt;, raconte Christine. &lt;i&gt;Et pour Fabrice, c'&#233;tait un truc de fou &#8211; il suffisait d'un connard de maton lui disant bon app&#233;tit pour qu'il se sente un peu mieux... Il en vient &#224; halluciner qu'on lui parle normalement&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cet &#233;ternel enfant battu, aujourd'hui &#226;g&#233; de 36 ans et lib&#233;rable en 2038, c'est d&#233;sormais une question de vie ou de mort. &#171; &lt;i&gt;Cette torture a pour but de le pousser &#224; bout jusqu'&#224; ce qu'advienne l'irr&#233;parable&lt;/i&gt; &#187;, constate &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt;. Seul espoir : la solidarit&#233; de l'ext&#233;rieur. Les repr&#233;sentations de &lt;i&gt;Pisser dans l'herbe...&lt;/i&gt; sont ainsi l'occasion de faire conna&#238;tre la situation de Fabrice et de collecter un peu d'argent. Avec deux objectifs. Payer un billet &#224; son fr&#232;re, pour qu'il puisse lui rendre visite &#224; No&#235;l. Et bousculer l'institution. &#171; &lt;i&gt;Il appr&#233;cie que les gens lui &#233;crivent&lt;/i&gt;, explique Christine. &lt;i&gt;Mais il aimerait aussi qu'on envoie des lettres de protestation au minist&#232;re de la Justice.&lt;/i&gt; &#187; Histoire que quelqu'un se penche enfin sur son dossier. Que le r&#233;gime d'isolement prenne fin. Et que Fabrice soit transf&#233;r&#233; en Guadeloupe. &#192; vos lettres !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour lui &#233;crire :
&lt;p&gt;Fabrice Borom&#233;e / &#233;crou 15 964 isolement / maison centrale de Moulins Les Godets &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;03400 Moulins-Yzeure&lt;/p&gt;
&lt;/h3&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D&#233;tenue particuli&#232;rement surveill&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Et mis en sc&#232;ne par Marie Paule Guillet, du Th&#233;&#226;tre du Sable.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sign&#233; Catherine Baker, aux &#233;ditions Tahin Party, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;quipes r&#233;gionales d'intervention et de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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