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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Voile, prostitution : pi&#232;ge &#224; cons</title>
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		<dc:creator>Marie Hermann</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Queen Kong Kronik</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le voile et la prostitution ont supplant&#233; depuis longtemps, parmi les f&#233;ministes fran&#231;aises, les fameux &#171; religion et politique &#187; interdits pendant les repas de famille pour &#233;viter les bastons. On les contourne, y &#233;chappe, les repousse : et l'auteure de cette chronique sait bien quel amour du risque n&#233;vrotique l'am&#232;ne &#224; en parler ici. Il existe pourtant un angle rarement abord&#233; qui gagnerait &#224; l'&#234;tre plus souvent &#8211; &#233;tant entendu d'embl&#233;e que nous ne parlerons ici de voile et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no178-juillet-aout-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;178 (juillet-ao&#251;t 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-elles-fournissent" rel="tag"&gt;qu'elles fournissent&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le voile et la prostitution ont supplant&#233; depuis longtemps, parmi les f&#233;ministes fran&#231;aises, les fameux &#171; religion et politique &#187; interdits pendant les repas de famille pour &#233;viter les bastons. On les contourne, y &#233;chappe, les repousse : et l'auteure de cette chronique sait bien quel amour du risque n&#233;vrotique l'am&#232;ne &#224; en parler ici.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3057 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH519/-1291-04d4e.jpg?1782640067' width='400' height='519' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Sarah Fisthole
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;I&lt;/span&gt;l existe pourtant un angle rarement abord&#233; qui gagnerait &#224; l'&#234;tre plus souvent &#8211; &#233;tant entendu d'embl&#233;e que nous ne parlerons ici de voile et de prostitution que dans le cas o&#249; l'un et l'autre ne sont pas impos&#233;s par un tiers. Pourquoi les femmes concern&#233;es par ces cat&#233;gories sont-elles les seules femmes de classe populaire qui &#233;meuvent la bourgeoisie&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Question qui traverse en filigrane l'excellent &#233;pisode d'un podcast &#224; soi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ? Pourquoi ne s'indigne-t-on pas tout aussi bruyamment du sort fait aux assistantes maternelles et aux aides &#224; domicile, de la sant&#233; d&#233;truite des caissi&#232;res, des horaires inhumains des femmes de m&#233;nage, de la violence abyssale que vivent dans la rue les femmes sans domicile fixe ? Pourquoi ne cherche-t-on pas &#224; lib&#233;rer avec la m&#234;me urgence et la m&#234;me d&#233;termination les m&#232;res isol&#233;es condamn&#233;es &#224; un temps partiel pr&#233;caire et en proie &#224; tous les harc&#232;lements, sans recours possible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans un cas comme dans l'autre, &lt;/strong&gt;on le sait, ce qui s'engouffre dans ces d&#233;bats d&#233;passe largement la domination masculine et le patriarcat : bien plus que de souffrance insupportable et de veille sur la la&#239;cit&#233;, il s'agit ici de morale et de racisme institutionnalis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais ces figures arch&#233;typales,&lt;/strong&gt; caricaturales et r&#233;ductrices, reproduites partout jusqu'&#224; la naus&#233;e, de la prostitu&#233;e et de la femme voil&#233;e domin&#233;es, immatures, priv&#233;es de libre arbitre, ne sont-elles pas avant tout des repoussoirs utiles &#224; maintenir le syst&#232;me en place ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Certaines prostitu&#233;es&lt;/strong&gt; disent qu'en les faisant payer, elles ont l'impression d'&#233;tablir un rapport plus &#233;quilibr&#233; avec les hommes que dans un lien de s&#233;duction classique &#8211; voire qu'elles se sentent ainsi mieux trait&#233;es par eux, que l'absence de gentillesse, d'empathie, de douceur, les blesse moins quand ce qu'elles fournissent en retour n'est pas de surcro&#238;t gratuit. D'autres disent qu'elles pr&#233;f&#232;rent se prostituer que de travailler chez McDo. Beaucoup avancent que ce qui rend leur vie difficile est bien moins le m&#233;tier en lui-m&#234;me que l'opprobre social et l'ins&#233;curit&#233; (&#233;conomique, corporelle) soigneusement orchestr&#233;e par les pouvoirs publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si la prostitution n'&#233;tait pas si mal consid&#233;r&#233;e,&lt;/strong&gt; est-ce que dans ce monde-l&#224; &#8211; tr&#232;s violemment patriarcal et n&#233;olib&#233;ral &#8211;, il n'y aurait pas beaucoup plus de femmes qui voudraient l'exercer ? Est-ce qu'elles ne seraient pas bien plus nombreuses &#224; choisir d'&#234;tre r&#233;mun&#233;r&#233;es pour ce qu'elles fournissent d&#233;j&#224; gratuitement et parfois sans joie, et &#224; consid&#233;rer rationnellement que ce m&#233;tier n'est pas pire que beaucoup d'autres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La prostitution est aussi tr&#232;s utile&lt;/strong&gt; pour asseoir la domination &#233;conomique exerc&#233;e sur l'ensemble des femmes. L'&#233;cart salarial moyen entre hommes et femmes en France est actuellement de 24 %, &#224; quoi s'ajoutent les in&#233;galit&#233;s d'acc&#232;s au ch&#244;mage et &#224; la retraite dues aux p&#233;riodes non travaill&#233;es pour s'occuper des enfants, les temps partiels impos&#233;s par des modes de garde d&#233;faillants, les carri&#232;res ralenties ou bloqu&#233;es. &#192; quoi s'ajoute aussi le fait qu'&#234;tre une femme co&#251;te bien plus cher que d'&#234;tre un homme, depuis les frais incompressibles (sous peine, une fois encore, d'opprobre social) concernant l'apparence physique jusqu'&#224; ceux de sant&#233; et d'hygi&#232;ne, en passant par ceux impos&#233;s par la s&#233;curit&#233; (comme un retour en taxi la nuit par peur d'&#234;tre agress&#233;e dans la rue, si tant est qu'on puisse se le permettre). Au bout de la cha&#238;ne de cette oppression, il y a la prostitution, qui agit comme une menace agit&#233;e devant toutes les femmes : &#171; Si tu n'acceptes pas les r&#232;gles du jeu, tu sais ce qui t'attend. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le voile joue sur les m&#234;mes ressorts&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt; : &lt;/strong&gt;rien de plus efficace, pour faire oublier la violence tranquille, quotidienne, unanimement tol&#233;r&#233;e, des hommes blancs, que de ne montrer que celle, pr&#233;tendument culturelle, des hommes noirs et arabes, dont seraient victimes les femmes voil&#233;es. D&#233;signer le voile comme une obligation vestimentaire dont il faudrait se lib&#233;rer de toute urgence est aussi utile &#224; faire oublier le contr&#244;le du corps auquel sont soumises les femmes qui ne sont pas voil&#233;es, de l'&#233;pilation &#224; la longueur de jupe en passant par la minceur, le maquillage et plus largement la s&#233;duction. Car c'est bien ce que le voile (entre autres) signale : le refus de s&#233;duire selon les crit&#232;res impos&#233;s par cette soci&#233;t&#233;. La fin d'une communication, de l'acceptation d'une r&#232;gle du jeu, d'une tentative de se faire aimer &#8211; y compris par ceux qui orchestrent et participent &#224; une haine raciste. Sans oublier le fait de se donner &#224; voir alors m&#234;me que son existence &#233;tait ni&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Enfin,&lt;/strong&gt; la mise en avant constante de ces deux figures sert bien &#233;videmment &#224; rendre invisible la question de la classe, pourtant indissociable du f&#233;minisme, en mettant l'accent sur des questions de diversit&#233; et de communaut&#233;s, et &#224; d&#233;politiser ces questions, &#224; cacher les responsabilit&#233;s institutionnelles comme les mobilisations collectives, pour faire croire que ces choix ne sont qu'individuels et doivent uniquement &#234;tre trait&#233;s comme tels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour conclure,&lt;/strong&gt; ces quelques lignes de &lt;i&gt;L'Hymne des femmes&lt;/i&gt; ne devraient pas nous faire de mal : &#171; &lt;i&gt;Ils nous ont divis&#233;es, les femmes / Et de nos s&#339;urs s&#233;par&#233;es. / Le temps de la col&#232;re, les femmes / Notre temps est arriv&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marie Hermann&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Question qui traverse en filigrane l'excellent &#233;pisode d'un &lt;i&gt;podcast &#224; soi&lt;/i&gt; (Arte Radio) que Charlotte Bienaim&#233; a consacr&#233; &#224; la prostitution, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.arteradio.com/son/61660960/le_prix_du_sexe_15&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le prix du sexe. Prostitution, quel est le probl&#232;me ?&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Construction europ&#233;enne : c'est la mafia qui fournit le ciment</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Construction-europeenne-c-est-la</link>
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		<dc:date>2015-05-09T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>
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		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Quand il nous re&#231;oit dans sa maison de Prades (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales), le sociologue Alain Tarrius rit. Lors d'un entretien avec des prostitu&#233;es dans un bar, des clients l'ont pris pour leur &#171; mac boiteux &#187;. Claudiquant jusqu'&#224; son bureau, ce souvenir continue de l'amuser. Il y a quatre ans, on avait d&#233;j&#224; parl&#233; de ses &#233;tudes autour des transmigrants, acteurs &#171; invisibilis&#233;s &#187; de la mondialisation du poor to poor : pour les pauvres, par les pauvres. D'un c&#244;t&#233; des migrants afghans qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no131-avril-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;131 (avril 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Caroline-Sury" rel="tag"&gt;Caroline Sury&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jonquere" rel="tag"&gt;Jonqu&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mer-Noire" rel="tag"&gt;mer Noire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/clubs" rel="tag"&gt;clubs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quand il nous re&#231;oit dans sa maison de Prades (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales), le sociologue Alain Tarrius rit. Lors d'un entretien avec des prostitu&#233;es dans un bar, des clients l'ont pris pour leur &#171; &lt;i&gt;mac boiteux&lt;/i&gt; &#187;. Claudiquant jusqu'&#224; son bureau, ce souvenir continue de l'amuser. Il y a quatre ans&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. les articles &#171; Afghan connection &#187; in CQFD n&#176;81 et &#171; Puta's fever &#187; in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, on avait d&#233;j&#224; parl&#233; de ses &#233;tudes autour des transmigrants, acteurs &#171; &lt;i&gt;invisibilis&#233;s&lt;/i&gt; &#187; de la mondialisation du &lt;i&gt;poor to poor&lt;/i&gt; : pour les pauvres, par les pauvres. D'un c&#244;t&#233; des migrants afghans qui transportent de la marchandise depuis le Sud-Est asiatique ; de l'autre, des femmes originaires des Balkans ou du Caucase venues vendre leurs corps dans un des 272&#8200;bordels du Levant espagnol. Le professeur &#233;m&#233;rite de l'universit&#233; Jean Jaur&#232;s de Toulouse vient de sortir deux bouquins&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;trangers de passage et La mondialisation criminelle, &#201;dition de l'Aube, 2015.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, deux nouvelles &#233;tapes dans ses recherches sur la &#171; &lt;i&gt;mondialisation criminelle&lt;/i&gt; &#187;. Ses valoches boucl&#233;es pour de nouveaux vagabondages, il a accept&#233; de r&#233;pondre &#224; quelques questions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1466 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH374/p04-05_perpignan-prostitution-couleur-eed8d.png?1782647762' width='500' height='374' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Avant d'aborder le c&#339;ur du sujet, une pr&#233;cision s&#233;mantique. Tes recherches suivent le parcours de filles destin&#233;es &#224; la prostitution, qui vont traverser plusieurs pays europ&#233;ens. Alors que la France a r&#233;affirm&#233; sa position abolitionniste, tu estimes que notre pays pratique en fait une politique prohibitionniste. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alain Tarrius :&lt;/strong&gt; Oui, en mati&#232;re de prostitution, je parle de prohibition car la zone d'ombre judiciaire dans laquelle les filles travaillent permet &#224; des flics, qu'ils soient v&#233;reux ou non, de les taxer comme ils veulent, pour leur compte ou celui de l'&#201;tat, et de fa&#231;on totalement arbitraire. Pour moi ceci est caract&#233;ristique d'une politique prohibitionniste. Ce statut ressemble au Chicago de 1928.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons les trois phases de la trajectoire que suivent ces transmigrantes : un recrutement sur les bords de la mer Noire, une formation (dope et prostitution) dans le Sud italien et l'int&#233;gration d'un des nombreux clubs du Levant espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'abord comprendre une chose : au niveau europ&#233;en, les capitaux et circulations de la prostitution et de la drogue sont les m&#234;mes. Par ailleurs, les milieux criminels ne fonctionnent plus sur le mode du r&#233;seau. Du fait d'un profond cosmopolitisme, ils se sont &#171; horizontalis&#233;s &#187;. L'image de P&#233;p&#233; le Moko, c'est termin&#233;. Les recrutements s'effectuent par symbiose et proximit&#233;. Autour de la mer Noire, par exemple, il n'y a pas de rabatteurs pour recruter les filles, mais des marins sur les bateaux. La mer Noire est un lieu assez populaire, avec &#233;norm&#233;ment de petites croisi&#232;res ukrainiennes, russes ou g&#233;orgiennes qui emploient des jeunes femmes dans diff&#233;rents petits boulots (m&#233;nage, accueil, etc.). C'est un lieu de recrutement de pr&#233;dilection pour les marins. Ailleurs, &#224; Sofia en Bulgarie, on a travaill&#233; sur les recrutements par les gardiens des cit&#233;s universitaires. J'en ai connu un qui se faisait quelques milliers d'euros en fourguant trois &#224; quatre filles par an &#224; des Albanais qui les passaient ensuite en Italie. De plus il faut savoir que depuis quelques ann&#233;es, les filles savent dans quoi elles s'embarquent car elles ont le t&#233;moignage d'autres qui sont revenues apr&#232;s quatre &#8211;&#8200;cinq ann&#233;es pass&#233;es dans les clubs espagnols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Italie, les filles font un s&#233;jour de trois &#224; quatre semaines durant lequel elles vont apprendre la prostitution et la commercialisation de la coke. L'&#233;tape italienne est tr&#232;s importante : c'est l'endroit o&#249; les mafias russes et italiennes deviennent russo-italiennes : toutes les affaires de dope et de femmes se connectent ici. Avec des coll&#232;gues de Turin et de Sofia, on a suivi l'itin&#233;raire des programmes immobiliers et touristiques intensifs du sud de l'Albanie, du nord de la Mac&#233;doine, de la c&#244;te croate, de la province d'Imperia (Italie) jusqu'au Levant sud espagnol. Le b&#233;tonnage, financ&#233; par de gros investisseurs russo-italiens, suit la m&#234;me voie que les trafics de dope et de femmes. L'immobilier est le blanchiment officiel, connu et surveill&#233; par la police et les autorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'il n'y a plus d'image d'&#201;pinal pour d&#233;crire ces acteurs de la criminalit&#233; mondialis&#233;e, &#224; quoi peuvent-ils ressembler ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu ne les cherches plus dans des maisons ultra-surveill&#233;es de Naples, par exemple. Les flics de G&#234;nes avaient rep&#233;r&#233; un grand capo ukrainien install&#233; dans une villa magnifique pr&#232;s d'Imperia. Ils savaient qu'il &#233;tait dans le coup mais n'arrivaient pas &#224; le choper. Le type avait tout l'air d'un paisible retrait&#233; ; aucune activit&#233; particuli&#232;re, aucune valse de bagnoles devant sa propri&#233;t&#233;. Tout ce qu'il faisait c'&#233;tait op&#233;rer des transferts de capitaux dans des programmes immobiliers tout ce qu'il y a de plus l&#233;gaux. Un d&#233;tail insignifiant a cependant attir&#233; notre attention : notre capo &#233;tait en relation par Internet avec des gens en Andalousie, Ukraine et dans les Balkans. Toutes les semaines, il envoyait une carte m&#233;t&#233;orologique qui allait du Levant espagnol &#224; l'Ukraine avec des commentaires personnels sur les vents, les courants marins, le soleil. On a eu l'id&#233;e de comparer ses envois avec les cartes authentiques et on s'est rendu compte que tout &#233;tait faux. En fait, tout &#231;a n'&#233;tait qu'un code pour le passage de la dope. Voil&#224; comment il g&#233;rait ses affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En Espagne, les filles sont ventil&#233;es en fonction de leurs comp&#233;tences dans plusieurs styles de club. Des bordels de luxe pour hommes d'affaires et bourgeois aux &#171; abattoirs &#187; pour travailleurs agricoles marocains, en passant par des clubs &#171; populaires &#187; pour routiers. En m&#234;me temps, tu estimes que 1,9&#8200;milliard d'euros des revenus de la drogue sont blanchis &#224; hauteur de 1,2&#8200;milliard par les revenus de la prostitution l&#233;gale. Tu veux dire que la fonction premi&#232;re des clubs est le blanchiment ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. Le Levant espagnol est l'endroit o&#249; se conjuguent les arriv&#233;es de drogues du Moyen-Orient, des Balkans et du Caucase. C'est aussi l&#224; qu'aboutissent les fili&#232;res d'h&#233;ro&#239;ne du Nig&#233;ria et d'Angola et la coke d'Am&#233;rique latine qui remonte par le Maroc. C'est devenu un endroit strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En novembre 2011, il y a eu une manifestation franco-espagnole contre la prostitution au village-fronti&#232;re du Perthus, situ&#233; &#224; quelques encablures des bordels de la Jonqu&#232;re. Derri&#232;re la banderole : &#171; Notre corps n'est pas une marchandise &#187;, on trouvait des militants mais aussi des &#233;lus du conseil g&#233;n&#233;ral (CG) des Pyr&#233;n&#233;es-Orientales. Comment as-tu per&#231;u cette action ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque, j'ai d&#233;nonc&#233; cette op&#233;ration. Pas la manifestation qui a r&#233;uni des gens courageux avec de belles id&#233;es, mais cette action &#233;tait avant tout politique. Elle s'est inscrite dans le prolongement d'un rapport, command&#233; par le CG &#224; un labo de Perpignan, sur la prostitution &#224; la Jonqu&#232;re. Or, cette commande devait avant tout servir la cause d'une &#233;lue locale&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit de S&#233;gol&#232;ne Neuville, actuelle secr&#233;taire d'&#201;tat charg&#233;e des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; qui avait des ambitions nationales. Au final, l'enqu&#234;te s'est r&#233;v&#233;l&#233;e scandaleuse, triste mise en &#339;uvre d'une &#171; zoo m&#233;thodologie &#187; : &#224; savoir une observation distante d'animaux sans langage. Les coll&#232;gues sont all&#233;es &#224; la Jonqu&#232;re, ont vu les filles mais n'ont pas pu les approcher, encore moins leur parler. Alors que nous, on n'arr&#234;te pas de leur parler (rires) ! &#201;videmment, les filles ne vont pas t'accorder un entretien pendant qu'elles travaillent, mais il y a toujours moyen de discuter &#224; un autre moment dans un m&#233;lange de &lt;i&gt;broken english&lt;/i&gt;, d'italien et d'espagnol. Les conclusions de cette enqu&#234;te officielle ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;es devant le Parlement : la Jonqu&#232;re est un lieu dangereux pour la construction affective des grands adolescents. En fait tout le monde fonctionne avec ses sch&#233;mas. Au cours de la manifestation au Perthus, tu avais d'un c&#244;t&#233; des militants mus par un vrai fond de g&#233;n&#233;rosit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Ah ces pauvres filles qui sont esclaves&lt;/i&gt; &#187; etc., et de l'autre, les filles justement qui se sont approch&#233;es du cort&#232;ge en interpellant les manifestants : &#171; &lt;i&gt;Venez, venez qu'on vous lib&#232;re nous aussi ! &lt;/i&gt; &#187; (rires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette enqu&#234;te sociologique, pilot&#233;e par des int&#233;r&#234;ts politiciens, a abouti &#224; un bluff complet. Elle ne parle ni de la drogue, ni des investissements des bourgeois perpignanais dans les clubs de la Jonqu&#232;re, ni des camionneurs qui sont les premiers clients des filles et sont aussi impliqu&#233;s dans le trafic de dope. 3&#8200;700 camions s'arr&#234;tent chaque jour &#224; la Jonqu&#232;re. Un apart&#233; concernant ce point : avec mon &#233;quipe, on vient tout juste d'entamer de nouvelles recherches destin&#233;es &#224; comprendre pourquoi l'itin&#233;raire classique des routiers parcourant le grand axe europ&#233;en Belgique-Paris-Bayonne-Madrid est de plus en plus remplac&#233; par l'itin&#233;raire reliant Lyon et La Jonqu&#232;re par l'autoroute A9. Les premi&#232;res d&#233;clarations faites par des camionneurs exp&#233;riment&#233;s continuant &#224; faire le trajet historique nous disent : comme on recrute de plus en plus de camionneurs issus des pays de l'Est pay&#233;s 800 euros alors qu'un camionneur fran&#231;ais touche 1&#8200;800 euros, la Jonqu&#232;re devient une &#233;tape indispensable pour ces gars sous-pay&#233;s. Avec les trafics possibles sur place, ils doublent leur salaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, dans &lt;i&gt;La Mondialisation criminelle &lt;/i&gt; tu mets en ab&#238;me deux r&#233;alit&#233;s apparemment contradictoires : d'un c&#244;t&#233; une marchandisation du corps des femmes port&#233;e &#224; un rythme quasiment industriel (tu estimes &#224; 11 000 le nombre de prostitu&#233;es de l'Est travaillant dans les bordels du Levant espagnol) ; de l'autre des femmes avec une grande dignit&#233; et qui semblent assumer pleinement leur choix. Comment expliquer ce paradoxe ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces femmes font partie des migrants les plus stigmatis&#233;s. Ah ! ces pauvres filles venues de ces soci&#233;t&#233;s pourries de l'Est&#8230; Mes enqu&#234;tes ont pour but de rectifier cette image. Au bout de cinq ans pass&#233;s dans les clubs espagnols, certaines ont accumul&#233; un pactole entre 120 et 180&#8200;000&#8200;euros mis de c&#244;t&#233; avec la gestion familiale. Certaines rentrent chez elles ouvrir un h&#244;tel ou une boutique, d'autres continuent dans l'&lt;i&gt;escort&lt;/i&gt;, d'autres disparaissent de la circulation. Quoi qu'on en pense, l'ascenseur social via les bordels espagnols a fonctionn&#233; et n'aurait jamais march&#233; si elles &#233;taient rest&#233;es au pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des entretiens, les filles me disent : &#171; &lt;i&gt;Quand je suis pute&#8230;&lt;/i&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire demain, hier, tout &#224; l'heure. Leur corps, elles l'appr&#233;hendent en deux dimensions : une, totalement prise par l'institution commerciale (je ne suis qu'une marchandise, j'ai tous les mots sur moi-m&#234;me pour me vendre comme marchandise), l'autre, o&#249; j'envoie chier cette marchandise ; que je honnis. C'est gr&#226;ce &#224; cette distance qu'elles peuvent parler si facilement. J'ai acquis cette intuition que ces filles se cr&#233;ent un double d'elles-m&#234;mes : un qui vit la r&#233;alit&#233; du bordel, l'autre qui reste avec la parent&#232;le&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une fois leur situation administrative r&#233;gl&#233;e en Espagne, les filles font (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Moi avec la parent&#232;le, je n'ai jamais quitt&#233; mon village et ma famille. Et je vais y retourner. On travaille tous ensemble. On en parle tous les soirs. Quand je ram&#232;ne de l'argent, ma famille ne me demande pas dans quel &#233;tat est mon cul. Elle me dit bient&#244;t on en aura trop pour le mettre dans telle ou telle banque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans ton dernier livre, tu utilises le concept de &#171; &lt;i&gt;moral area&lt;/i&gt; &#187;. D'o&#249; vient cette notion et en quoi est-elle pertinente pour l'avanc&#233;e de tes recherches ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis en relation avec des coll&#232;gues de l'universit&#233; de Californie &#224; Los Angeles, qui travaillent sur la notion de fronti&#232;re. Ils utilisent une m&#233;thode d'analyse qui date des ann&#233;es 30, &#233;poque de la grande &#233;cole de sociologie de Chicago (rien &#224; voir avec les &#233;conomistes). Le sociologue Robert Ezra Park avait empiriquement mis au point une notion, qui est aussi une m&#233;thode : pour comprendre comment, dans le Chicago de la prohibition, le commerce de l'alcool, des drogues et des femmes est prosp&#232;re et fa&#231;onne la ville, il faut accr&#233;diter l'id&#233;e qu'existe, ind&#233;pendamment du territoire institutionnel et officiel que nous d&#233;crivent les discours des politiques, techniciens et am&#233;nageurs, un autre territoire qu'on va appeler &#171; &lt;i&gt;territoire de m&#339;urs&lt;/i&gt; &#187; (moral area) qui ob&#233;it &#224; d'autres logiques. Mus par la m&#234;me recherche d'un plaisir, les gens, riches ou pauvres, se m&#234;lent. Ils confluent vers des carrefours mouvants o&#249; ils auront acc&#232;s soit au jeu, soit aux femmes, soit aux drogues, etc. Pour Park, cette zone, d&#233;finie par les plus grandes amplitudes des mobilit&#233;s pour venir &#224; la centralit&#233; prostitution-psychotrope, dit les contours r&#233;els de la ville de Chicago.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leurs discours, les politiques entretiennent l'id&#233;e qu'il n'y a pas de rapport entre les trafics nocturnes et le fonctionnement diurne d'une ville. Faisant cela, ils produisent une contre-morale qui devient la morale bourgeoise. Pour Park, tout est en continuit&#233;. Le jour venu, le pognon des trafics passe aux banques et tout rentre dans le fonctionnement officiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Outre la mer Noire et le Sud italien, tu d&#233;finis une troisi&#232;me &#171; &lt;i&gt;moral area&lt;/i&gt; &#187; qui irait de Sitges (sud de Barcelone), lieu r&#233;put&#233; pour sa prostitution homosexuelle, au d&#233;partement frontalier des Pyr&#233;n&#233;es-Orientales (P.-O.) connu pour son client&#233;lisme structurel.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les P.-O., la coke et l'h&#233;ro ont disparu des circuits officiels et on voit d&#233;ferler depuis quelque temps les nouveaux produits de synth&#232;se (NPS) : des drogues chimiques de la famille des speeds que l'on classe entre les m&#233;thamph&#233;tamines et les ecstasys. Il faut savoir que ces produits chimiques disparaissent du sang en 24h, en 12h dans les urines et n'apparaissent pas dans les cheveux. Ils ont donc un grand int&#233;r&#234;t mais un inconv&#233;nient aussi : ils se vendent beaucoup moins cher que la coke et l'h&#233;ro. Pour les dealers, il y a un vrai manque &#224; gagner : tandis que le gramme d'h&#233;ro rapportait 10-12 euros de b&#233;n&#233;fice, avec les chimiques, on tombe &#224; 3-4 euros. Il leur faut donc capter un nouveau march&#233;. On avait eu vent d'informations selon lesquelles des gosses du d&#233;partement des P. O. touchaient de plus en plus &#224; ces produits. On a commenc&#233; quelques observations &#224; la sortie des coll&#232;ges et on a rep&#233;r&#233; des jeunes entre 13 et 15 ans qui en consommaient. Sur les 19 &#224; qui on a pu parler, 12 &#233;taient plac&#233;s dans des familles d'accueil par l'Aide sociale &#224; l'enfance (ASE). Que des gosses fragilis&#233;s et plac&#233;s sous protection de l'ASE tombent l&#224;-dedans m'a choqu&#233;. J'ai &#233;crit &#224; l'ASE et demand&#233; une entrevue. La r&#233;ponse a &#233;t&#233; : on n'a pas de gosse drogu&#233; chez nous. J'ai insist&#233; : pourtant, vous envoyez des gosses dans des familles d'accueil dont certaines sont connues pour leur addiction. Jamais nous ne faisons &#231;a. Pourtant, nous on en conna&#238;t. On veut pas savoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; plusieurs reprises, tu pointes le &#171; &lt;i&gt;contexte client&#233;liste&lt;/i&gt; &#187; du d&#233;partement des P.-O. entretenu notamment par les &#233;lus du conseil g&#233;n&#233;ral (CG). Or l'ASE est une mission d&#233;volue au CG.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Environ 300 familles accueillent des enfants dans les villages des P.-O. Les revenus g&#233;n&#233;r&#233;s sont consid&#233;r&#233;s comme des salaires dans ce d&#233;partement de grande pauvret&#233; et participent &#224; cr&#233;er une vraie manne client&#233;liste. &#192; la botte du CG, l'ASE veille &#224; la paix parmi ses &#171; clients &#187; qui ne sont pas les gosses, mais les familles d'accueil. Parmi les experts qui d&#233;cident que tel enfant doit &#234;tre retir&#233; de sa famille et plac&#233;, je n'ai identifi&#233; que des gens pay&#233;s soit par des associations subventionn&#233;es par le CG, soit par le CG. Pour les recours, le CG a mis en place une association de neuf avocats, tous coopt&#233;s, seule habilit&#233;e &#224; recevoir les plaintes des enfants de l'ASE. Tout est barricad&#233;. En outre, nous avons rencontr&#233; 49 jeunes adultes qui avaient &#233;t&#233; sous tutelle de l'ASE : 65% &#233;taient dans l'addiction et 25% se prostituaient. En &#233;largissant l'&#233;chantillon &#224; 180, on a &#233;tabli qu'un tiers allaient se prostituer en Espagne : les gar&#231;ons &#224; Sitges et les filles dans les clubs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette &#171; aire morale &#187; d&#233;limit&#233;e par l'usage des psychotropes et la prostitution, Perpignan occupe, non pas une place d'extension des places commerciales, mais une place de vivier, de lieu de formation de jeunes prostitu&#233;-e-s. C'est aussi dans ce vivier, notamment par le biais d'enfants d&#233;j&#224; fragilis&#233;s, que s'ancre et se d&#233;veloppe le march&#233; des drogues de synth&#232;se. Pendant ce temps, les notables du d&#233;partement continuent leur client&#233;lisme, soi-disant bon enfant, en tenant leur discours officiel : &#171; &lt;i&gt;Chez nous, c'est propre&lt;/i&gt; &#187;. Tu as d&#251; remarquer que la prostitution sur les axes routiers n'appara&#238;t qu'une fois franchies les limites du d&#233;partement, au niveau de Port-la-Nouvelle et La Palme dans l'Aude. Il s'agit de ne pas attirer l'attention. Entre omerta et contention, le fonctionnement du client&#233;lisme roussillonnais se calque parfaitement sur la forme morale mafieuse.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Comptes en berne cherchent argent sale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au niveau mondial, certains chiffres sont tellement &#233;normes qu'ils veulent tout et rien dire. Qu'on en juge : chiffre d'affaires de la prostitution : 130 milliards d'euros ; chiffre d'affaires du trafic de drogue : la fourchette oscille entre 275 et 455 milliards d'euros. Des masses de pognon qui ne font pas saliver que les dealers et les proxos. L'ann&#233;e derni&#232;re, Eurostat, l'institut europ&#233;en de la statistique, pr&#233;conisait aux &#201;tats membres de l'UE de faire appara&#238;tre dans leur PIB les activit&#233;s &#233;conomiques ill&#233;gales. La raison invoqu&#233;e : harmoniser les bases de calcul des diff&#233;rents PIB entre nations dites permissives comme les Pays-Bas et celles prohibitionnistes. Seul crit&#232;re : pour &#234;tre pris en compte, les &#233;changes de la sph&#232;re criminelle doivent &#234;tre librement consentis. Soumis &#224; des purges budg&#233;taires, certains pays ont dit &#171; &lt;i&gt;tope l&#224;&lt;/i&gt; &#187; aux technocrates bruxellois. Sortant sa calculette, le Royaume-Uni a estim&#233; que ces nouvelles r&#232;gles feraient gagner &#224; son PIB un petit point et une place dans le classement des puissances &#233;conomiques mondiales (devant la France). Bingo ! a dit l'Italie chez qui l'&#233;conomie criminelle est &#233;valu&#233;e &#224; 10% de son PIB. Les Belges et les Espagnols ont fait mine de se faire d&#233;sirer avant de promettre de s'aligner sur le nouveau dogme. Reste la France qui, par le biais de l'Insee, a rugi un incorruptible &#171; &lt;i&gt;Que nenni !&lt;/i&gt; &#187;. Exception faite, bien s&#251;r, de ces quelques milliers de putes qui d&#233;clarent chaque ann&#233;e leurs revenus au fisc. Apr&#232;s les patrons voyous, bient&#244;t un Medef des julots casse-cro&#251;te&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cf. les articles &#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Afghan-connection&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Afghan connection&lt;/a&gt; &#187; in &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;81 et &#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Puta-s-fever&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Puta's fever&lt;/a&gt; &#187; in &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;82.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#201;trangers de passage&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La mondialisation criminelle&lt;/i&gt;, &#201;dition de l'Aube, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il s'agit de S&#233;gol&#232;ne Neuville, actuelle secr&#233;taire d'&#201;tat charg&#233;e des Personnes handicap&#233;es et de la Lutte contre l'exclusion. Ancienne d&#233;put&#233;e PS des P.-O., elle d&#233;fendit le projet de loi de p&#233;nalisation des clients des prostitu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Une fois leur situation administrative r&#233;gl&#233;e en Espagne, les filles font venir des membres de leur famille et des proches qui vont les accompagner et seront les &#171; garants &#187; du retour au pays.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La pute a bon dos</title>
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		<dc:date>2014-04-29T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Queen Kong</dc:creator>


		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>
		<dc:subject>Queen Kong Kronik</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>temps</dc:subject>
		<dc:subject>prostitution</dc:subject>
		<dc:subject>Najat Vallaud-Belkacem</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lisabeth L&#233;vy</dc:subject>
		<dc:subject>Mis&#232;re</dc:subject>
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		<dc:subject>maxima culpa</dc:subject>
		<dc:subject>putes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mea maxima culpa, vous vous appr&#234;tez encore &#224; lire une chronique sur la prostitution. L'overdose est partag&#233;e, mais soyons francs, est-ce qu'on en a marre de parler de la prostitution, ou marre d'&#233;couter ceux qui en parlent tout le temps comme, au hasard, &#201;lisabeth L&#233;vy ou Najat Vallaud-Belkacem ? C'est malheureux, mais la plupart des avis qu'on entend adoptent soit le point de vue de la pute (les souteneurs, le droit de disposer de son corps, les sans-papiers mineures, les maisons closes, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no120-mars-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;120 (mars 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/putes" rel="tag"&gt;putes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mea maxima culpa&lt;/i&gt;, vous vous appr&#234;tez encore &#224; lire une chronique sur la prostitution. L'overdose est partag&#233;e, mais soyons francs, est-ce qu'on en a marre de parler de la prostitution, ou marre d'&#233;couter ceux qui en parlent tout le temps comme, au hasard, &#201;lisabeth L&#233;vy ou Najat Vallaud-Belkacem ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est malheureux, mais la plupart des avis qu'on entend adoptent soit le point de vue de la pute (les souteneurs, le droit de disposer de son corps, les sans-papiers mineures, les maisons closes, les lois r&#233;pressives), soit le point de vue du client (la mis&#232;re sexuelle, les pulsions, le viol, la solitude, l'&#233;poque politiquement correcte), sans jamais consid&#233;rer ce qui les relie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Corps contre monnaie, temps contre argent, offre contre demande : chacun dispose de quelque chose dont l'autre a &#8211; ou pense avoir &#8211; besoin. Chacun vient avec sa mis&#232;re, croit pouvoir dominer l'autre en profitant de sa propre mis&#232;re, a de bonnes chances de repartir en se sentant encore plus mis&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas l&#224; de revenir sur la fable du &#171; plus vieux m&#233;tier du monde &#187; ni de se demander si les hommes pr&#233;historiques en usaient d&#233;j&#224;. Le quotidien d'Homo Erectus comportait de toute fa&#231;on beaucoup d'&#233;l&#233;ments dont nous ne voulons plus entendre parler, &#224; commencer par le mammouth. Loin d'&#234;tre &#171; naturelle &#187;, la prostitution telle que nous la connaissons aujourd'hui est indissociable du capitalisme, de la mondialisation, du patriarcat et de la r&#233;partition in&#233;gale des t&#226;ches. La pute, c'est celle qui soulage les hommes de leur vie de merde : les marins rest&#233;s trop longtemps en mer, les prisonniers priv&#233;s de tendresse, les supporters de foot inquiets de leur virilit&#233;, les soldats horrifi&#233;s par leur voisinage avec la mort, sans oublier les signataires du Manifeste des 343 salauds, ces bourgeois blancs de droite victimes de leur mariage &#233;triqu&#233; pour qui aller voir une pute, c'est toucher du doigt la &lt;i&gt;subculture underground&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que plus grand monde n'interroge dans la prostitution, c'est qu'elle repose sur l'un des principes fondamentaux du capitalisme, si ancr&#233; en nous que nous en oublions de le questionner : l'id&#233;e que quand on paie, on peut tout faire accepter. D&#232;s qu'un service est r&#233;tribu&#233;, il devient l&#233;gitime &#8211; &#231;a marche pour les &#233;boueurs, les femmes de m&#233;nage, les putes&#8230; la liste est longue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce titre, la pute n'est qu'une figure particuli&#232;rement peu hypocrite d'une soci&#233;t&#233; in&#233;galitaire, et c'est sans doute ce qui la rend particuli&#232;rement insupportable 1. Ajoutons &#224; cela la tendance bien connue qu'ont nos contemporains, lorsqu'ils croient ne plus pouvoir agir sur des m&#233;canismes &#233;conomiques et politiques, &#224; se replier sur une morale v&#233;cue comme intangible et rassurante &#8211; et qui s'exprime avec une clart&#233; rare, ces derniers temps, &#224; travers les Manifs pour tous et autres frondes anti-&#171; th&#233;orie du gender &#187; &#8211; ; et nous voil&#224; bien mal embouch&#233;s. Ni d&#233;lit de racolage passif, ni p&#233;nalisation du client : putes et clients sont les deux faces du m&#234;me gant, tour &#224; tour acteurs et victimes d'un syst&#232;me qui les d&#233;truit. &#192; l'exception pr&#232;s de Nicolas Bedos, de Fr&#233;d&#233;ric Beigbeder, d'&#201;ric Zemmour et de leurs petits camarades, qui croient voir dans la lutte contre la prostitution la moralisation d'un syst&#232;me qui leur convient tout &#224; fait. On peut d&#233;fendre les putes, on peut d&#233;fendre les clients, mais on ne peut pas d&#233;fendre la prostitution.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1012 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH480/p10-19salopards-2-d6360.jpg?1782640073' width='400' height='480' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Amour (tarif&#233;), gloire (des putains) &amp; d&#233;bat d'id&#233;es.</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Amour-tarife-gloire-des-putains</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Amour-tarife-gloire-des-putains</guid>
		<dc:date>2014-02-26T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Courrier des lecteurs</dc:subject>
		<dc:subject>Charmag</dc:subject>
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&lt;p&gt;En r&#233;actions &#224; l'article &#171; Cachez ces putes&#8230; &#187; de S&#233;bastien Navarro, CQFD n&#176;117. C'est assez fatiguant et d&#233;primant et d&#233;solant de retrouver dans CQFD les m&#234;mes arguments et les m&#234;mes interview&#233;es que dans Lib&#233; &#224; propos de la loi p&#233;nalisant les prostituteurs. Je ne comprends pas dans ces cas-l&#224; pourquoi monsieur CQFD ne d&#233;fend pas le travail le dimanche chez Casto ? Parce que l&#224; aussi &#231;a ne sert &#224; rien d'interdire, il y aura toujours de la triche, il y aura du travail au noir qui sera (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no118-janvier-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;118 (janvier 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Courrier-des-lecteurs" rel="tag"&gt;Courrier des lecteurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Charmag" rel="tag"&gt;Charmag&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sebastien-Navarro-2088" rel="tag"&gt;S&#233;bastien Navarro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/prostitution" rel="tag"&gt;prostitution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/putes" rel="tag"&gt;putes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/prostitution-masculine" rel="tag"&gt;prostitution masculine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/monsieur-CQFD" rel="tag"&gt;monsieur CQFD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Navarro" rel="tag"&gt;Navarro&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En r&#233;actions &#224; l'article &#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Cachez-ces-putes-que-je-ne-saurais&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cachez ces putes&#8230;&lt;/a&gt; &#187; de S&#233;bastien Navarro, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;117.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est assez fatiguant et d&#233;primant et d&#233;solant de retrouver dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; les m&#234;mes arguments et les m&#234;mes interview&#233;es que dans &lt;i&gt;Lib&#233;&lt;/i&gt; &#224; propos de la loi p&#233;nalisant les prostituteurs. Je ne comprends pas dans ces cas-l&#224; pourquoi monsieur &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; ne d&#233;fend pas le travail le dimanche chez Casto ? Parce que l&#224; aussi &#231;a ne sert &#224; rien d'interdire, il y aura toujours de la triche, il y aura du travail au noir qui sera pire&#8230; Mais la France n'est pas un pays o&#249; tout le monde fait ce qu'il veut. S'il faut d&#233;p&#233;naliser l'homosexualit&#233; et le syndicalisme, il faut p&#233;naliser, oui, l'&#233;vasion fiscale, le viol, et tout ce qui d&#233;truit les rapports humains. L&#224;, c'est &#171; p&#233;nal=caca &#187;. Vous semblez regretter que les clients aient &#171; peur &#187;. Mais voil&#224; justement tout le but : que la peur change de camp. Bien s&#251;r c'est un sujet d&#233;licat et la loi est perfectible, mais c'est assez usant de r&#233;p&#233;ter les m&#234;mes arguments &#224; des militants qui ne savent m&#234;me plus analyser les rapports de domination. Quand un ouvrier va aux putes, c'est un dominant, donc c'est &#224; lui qu'il faut s'attaquer. &#199;a semble tr&#232;s difficile &#224; faire passer, m&#234;me &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Casse-Noisette&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_931 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH461/actu-putes-be0fc.jpg?1782644493' width='400' height='461' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Charmag.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En r&#233;action &#224; l'article &#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Les-19-salopards&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les 19 salopards&lt;/a&gt; &#187; de Casse-Noisette, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;116.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attention &#224; la simplification&#8230; Si nous (moi pute et mes copines putes) avons &#233;galement &#233;t&#233; &#233;c&#339;ur&#233;es par ces connards et pris de plein fouet la putophobie dont ils font preuve juste pour se faire de la pub (je suis bien d'accord sur &#231;a), c'est toujours les m&#234;mes qu'on ignore mais qui sont pourtant au c&#339;ur du sujet : les travailleusEs du sexe. Et dans ce billet, la caricature est pr&#233;sente et &#233;ternellement la m&#234;me : la pute &#224; la fois victime et/ou coupable, nos clients des monstres sans &#226;me, l'escort qui se fait du fric facile et la pauvre sans paps avec son proxo, etc. Cependant la r&#233;alit&#233; est plus complexe&#8230; Mais ce qui m'&#233;tonne, c'est que j'ai lu l'article de S. Navarro ce matin dans votre num&#233;ro de d&#233;cembre (n&#176;118) en allant voir mon client et je l'ai trouv&#233; tr&#232;s bon, fourni et tout et tout ! D'ailleurs comme celui de 2012 (&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;92, janvier 2012)&#8230; Donc pour finir et contrebalancer par rapport &#224; cet affreux lien prostitueur-tumblr.com cr&#233;&#233; par une abolo super m&#233;ga m&#233;prisante avec nous, je [vous signale] un article de M. Merteuil du STRASS en r&#233;action &#224; ce pseudo manifeste sur le site lexpress.fr. Bonne continuation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie Couche-toi L&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;A monsieur S&#233;bastien Navarro&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;J'ai lu avec int&#233;r&#234;t votre article &#171; Cachez ces putes&#8230; &#187; Je suis sid&#233;r&#233; de constater &#224; quel point une certaine prostitution est taboue. [&#8230;] Comme si dans la prostitution il n'y avait que des femmes.? [&#8230;] On parle d'abolir la prostitution. Mais quelle prostitution ? Il n'y a pas une mais des prostitutions (genres, formes, niveaux) ? Curieusement, dans le d&#233;bat actuel, je constate qu'on se focalise sur la prostitution f&#233;minine, la prostitution masculine n'&#233;tant jamais prise en compte. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai lu le rapport de madame Bousquet et de monsieur Geoffroy relatif &#224; la r&#233;solution sur l'abolition de la prostitution. Je suis en profond d&#233;saccord sur certains chapitres. Dans le domaine de la prostitution, il est impossible de fournir des chiffres fiables. Ils sont &#233;lastiques et fantaisistes. Ils peuvent passer du simple au double, au triple, voire &#224; beaucoup plus. [&#8230;] Et ces statistiques provenant du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur concernent uniquement la prostitution de rue (et encore, la plus voyante).
Et pourquoi les chiffres de la prostitution de rue sont-ils faux ? Parce qu'ils correspondent au nombre d'interpellations des personnes prostitu&#233;es par les services de police. Or, certaines populations prostitutionnelles sont peu ou pas du tout interpell&#233;es. 90 % des femmes prostitu&#233;es (ou personnes ?) sont d'origine &#233;trang&#232;re. Ce qui est tout &#224; fait logique, car elles sont de loin, pour des raisons &#233;videntes, les plus contr&#244;l&#233;es (titre de s&#233;jour, domiciliation, p.v., etc.). Concernant la prostitution masculine, &#224; part les travestis et les transsexuels, les prostitu&#233;s homosexuels sont tr&#232;s peu interpell&#233;s. Quant aux prostitu&#233;s pour femmes (gigolos), ils ne le sont jamais. C'est purement culturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[La prostitution masculine en direction des femmes] (j'ai pratiqu&#233; cette activit&#233;) est particuli&#232;rement g&#234;nante pour les associations abolitionnistes et certains mouvements f&#233;ministes. En effet, des femmes clientes d'hommes prostitu&#233;s, cela enl&#232;ve pas mal de poids &#224; leurs arguments . [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les abolitionnistes demandent au gouvernement une loi d'abolition du syst&#232;me prostitueur. Mais, de droite comme de gauche, les gouvernements successifs sont les premiers prox&#233;n&#232;tes. Pourquoi ne font-ils pas fermer les salons de massages, les bars &#224; h&#244;tesses, les sexodromes, etc. ? En v&#233;rit&#233;, les propri&#233;taires de ces &#233;tablissements se sont fait conna&#238;tre aupr&#232;s du Fisc. Ils rapportent donc de l'argent &#224; l'&#233;tat. Dans le cas contraire, ils sont clandestins et tombent pour prox&#233;n&#233;tisme. C'est une grande hypocrisie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maxime&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cachez ces putes que je ne saurais voir</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Cachez-ces-putes-que-je-ne-saurais</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Cachez-ces-putes-que-je-ne-saurais</guid>
		<dc:date>2014-01-17T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Benoit Guillaume</dc:subject>
		<dc:subject>femmes</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>clients</dc:subject>
		<dc:subject>loi</dc:subject>
		<dc:subject>prostitution</dc:subject>
		<dc:subject>d'une soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>faudrait piocher</dc:subject>
		<dc:subject>service fourni</dc:subject>
		<dc:subject>prostitu&#233;es</dc:subject>
		<dc:subject>Antoine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Adopt&#233;e par l'Assembl&#233;e nationale le 4 d&#233;cembre, la proposition de loi visant &#224; p&#233;naliser les clients des prostitu&#233;es ach&#232;ve un processus revigor&#233; sous l'&#232;re sarkozyste. D&#233;cryptage d'un dispositif p&#233;nal et de ses quelques mesurettes sociales. &#171; Je ne veux pas d'une soci&#233;t&#233; dans laquelle le sexe serait un service fourni &#224; des voitures qui d&#233;filent comme des hamburgers &#224; partir d'un menu qui d&#233;taille avec des noms de fleurs des prestations et dans lequel il faudrait piocher. Je ne veux pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no117-decembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;117 (d&#233;cembre 2013)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Benoit-Guillaume" rel="tag"&gt;Benoit Guillaume&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/clients" rel="tag"&gt;clients&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/loi" rel="tag"&gt;loi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/prostitution" rel="tag"&gt;prostitution&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faudrait-piocher" rel="tag"&gt;faudrait piocher&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/service-fourni" rel="tag"&gt;service fourni&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/prostituees" rel="tag"&gt;prostitu&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Antoine" rel="tag"&gt;Antoine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Adopt&#233;e par l'Assembl&#233;e nationale le 4 d&#233;cembre, la proposition de loi visant &#224; p&#233;naliser les clients des prostitu&#233;es ach&#232;ve un processus revigor&#233; sous l'&#232;re sarkozyste. D&#233;cryptage d'un dispositif p&#233;nal et de ses quelques mesurettes sociales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je ne veux pas d'une soci&#233;t&#233; dans laquelle le sexe serait un service fourni &#224; des voitures qui d&#233;filent comme des hamburgers &#224; partir d'un menu qui d&#233;taille avec des noms de fleurs des prestations et dans lequel il faudrait piocher. Je ne veux pas d'une soci&#233;t&#233; o&#249; les femmes ont un prix. Je ne veux pas d'une soci&#233;t&#233; o&#249; les femmes font l'objet, c'est le cas dans quelques pays, d'une ristourne pour les clients s&#233;niors, d'une autre pour les titulaires de minima sociaux, d'une autre ristourne, pour ceux qui viennent &#224; v&#233;lo. Je n'en veux pas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_893 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH681/p03-penalisation-cb013.jpg?1782639929' width='500' height='681' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Benoit Guillaume.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Elle avait la mine grave, investie, notre ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, ce vendredi 29 novembre &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Face &#224; elle, un h&#233;micycle aux trois quarts vides, relativement assoupi : paradoxe frappant quand on sait la flamb&#233;e m&#233;diatique provoqu&#233;e par le projet de loi de p&#233;nalisation des clients des prostitu&#233;es. Rappelant la position abolitionniste de la France adopt&#233;e depuis la fin de la guerre, Vallaud-Belkacem affirmait qu'en quelques ann&#233;es la prostitution avait chang&#233; de visage puisque sur les 20 000 prostitu&#233;es recens&#233;es, 90 % seraient des femmes &#233;trang&#232;res&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De Roumanie, Bulgarie, Nigeria et Chine principalement.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; plac&#233;es sous la f&#233;rule de r&#233;seaux mafieux. Si personne ne nie l'existence de tels r&#233;seaux, la peinture du paysage prostitutionnel en France ne convainc pas tout le monde. D'abord parce que la prostitution n'a rien d'un ph&#233;nom&#232;ne homog&#232;ne. &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas la m&#234;me chose d'&#234;tre migrante et de travailler dans un pays o&#249; on ne parle pas la langue que d'&#234;tre une Fran&#231;aise affichant 30 ans de prostitution de rue, avec un appartement et un quartier o&#249; on est connue, ou bien d'&#234;tre un migrant qui travaille sur les lieux de drague ou bien encore de bosser dans des salons de massage ou des bars. La prostitution recouvre des contextes tr&#232;s diff&#233;rents qui induisent des probl&#233;matiques particuli&#232;res.&lt;/i&gt; &#187; La pr&#233;cision est fournie par Antoine, membre de Cabiria, association de sant&#233; communautaire travaillant avec les prostitu&#233;es de Lyon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cabiria a sign&#233; avec d'autres organisations, dont Act Up et le Strass&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Syndicat du travail sexuel. Cf. &#171; Sur le dos des tapins &#187;, CQFD n&#176;96 pour la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, une plate-forme dans laquelle sont d&#233;mont&#233;s pi&#232;ce par pi&#232;ce les arguments des souteneurs du projet de loi de p&#233;nalisation des clients&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Disponible ici.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Tr&#232;s loin dans la stratosph&#232;re de la posture patriarcale des 343 queutards&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'article de notre chroniqueuse Casse-Noisette.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; et de leur p&#233;tition &#171; Touche pas &#224; ma pute &#187; fourbie par le magasine &lt;i&gt;Causeur&lt;/i&gt;, Caribia estime que le vote du susdit projet se traduirait avant tout pour les travailleuses du sexe par une vuln&#233;rabilit&#233; accrue et une coupure avec les associations de soutien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce pr&#233;tendu chiffre de 20 000 prostitu&#233;es en France refl&#232;te uniquement l'activit&#233; de la police&lt;/i&gt;, poursuit Antoine. &lt;i&gt;Il concerne essentiellement des personnes qui travaillent dans la rue et les grandes villes et ne tient pas compte des petites villes, ou du travail par Internet ou petites annonces. Au total, on sait que le chiffre exact est plus &#233;lev&#233;.&lt;/i&gt; &#187; M&#234;me chose que ce ratio de 90 % de femmes &#233;trang&#232;res &#233;tabli d'apr&#232;s les contr&#244;les d'identit&#233; de police dans la rue alors que la prostitution via Internet par exemple concerne principalement des Fran&#231;aises et des Fran&#231;ais, ou des migrants en situation r&#233;guli&#232;re. D&#233;saccord sur l'&#233;tat des lieux de la prostitution, d&#233;saccord sur l'aide &#224; apporter aux prostitu&#233;es et sur le fonctionnement des diff&#233;rentes missions minist&#233;rielles qui se passent de l'avis des premi&#232;res concern&#233;es assign&#233;es &#224; un r&#244;le uniquement victimaire, Antoine pointe du doigt l'&#233;ternelle cassure des politiques avec le terrain social : &#171; &lt;i&gt;Il est quand m&#234;me probl&#233;matique de proposer un dispositif au b&#233;n&#233;fice des travailleuses du sexe sans les consulter.&lt;/i&gt; &#187; Autre force pr&#233;sente sur le terrain et pour le moins dubitative quant &#224; l'application de la loi : les syndicats de police. &#171; &lt;i&gt;Je crains que les proc&#233;dures ne tiennent pas juridiquement. Cela va &#234;tre tr&#232;s compliqu&#233; de r&#233;ussir &#224; prouver une relation commerciale. On peut le faire, mais en montant de lourds dispositifs avec des moyens importants. Or, je ne pense pas que la priorit&#233; dans nos missions soit de coincer les clients&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moignait par exemple le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral d'Unit&#233; Police SGPFO&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le journal de Sa&#244;ne-et-Loire, 04/12/2013.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Pire, un risque de d&#233;voiement de la loi n'est pas &#224; &#233;carter selon Antoine : &#171; &lt;i&gt;La loi pr&#233;tend aider les femmes lorsqu'elles iront porter plainte contre leurs clients. Or les plaintes des femmes aujourd'hui ne sont pas prises en compte par la police et je ne vois pas en quoi cette loi changerait quelque chose. Ce qu'on redoute c'est que ce nouveau dispositif l&#233;gislatif permette aux municipalit&#233;s et aux pr&#233;fectures de nettoyer un quartier des travailleuses du sexe, en mettant la pression, en envoyant les flics par exemple sur un secteur g&#233;ographique harceler et arr&#234;ter les clients.&lt;/i&gt; &#187; De fait si la nouvelle loi supprime dans le m&#234;me temps, et c'est un progr&#232;s &#233;vident, le d&#233;lit de racolage, elle rappelle que les pouvoirs de police du maire lui donnent toujours droit de &#171; &lt;i&gt;r&#233;primer les atteintes &#224; la tranquillit&#233; publique&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;d'interdire ou de restreindre la pr&#233;sence de personnes prostitu&#233;es sur la voie publique &lt;/i&gt; &#187;. Inf&#226;me terminologie qui rappelle soudain bruyamment les stigmates mill&#233;naires dont on a affubl&#233; les &#171; filles de mauvaise vertu &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Per&#231;ue sous le prisme de l'offre et de la demande, la lutte contre la prostitution imagin&#233;e par les r&#233;dacteurs de la proposition de loi pourrait se r&#233;sumer ainsi : si le client se rar&#233;fie, les r&#233;seaux garants de l'&#171; offre &#187; n'auront plus d'int&#233;r&#234;t &#224; importer leur chair fra&#238;che dans l'Hexagone. Raisonnement pour le moins simpliste pour qui conna&#238;t un tant soit peu la plasticit&#233; et la capacit&#233; d'adaptation des r&#233;seaux criminels. Reste que la rar&#233;faction du client pose d&#233;j&#224; un s&#233;rieux probl&#232;me aux filles : &#171; &lt;i&gt;Les cons&#233;quences de cette loi, on les voit d&#233;j&#224; puisque la p&#233;nalisation, m&#234;me si elle n'est pas encore adopt&#233;e, produit ses effets : les clients ont peur et de fait il y a moins de travail dans la rue. De fait, des femmes acceptent d&#233;j&#224; des clients qu'elles n'auraient pas accept&#233;s avant, des types un peu trop so&#251;ls ou qui ont fum&#233;. Or un client so&#251;l aura des difficult&#233;s &#224; jouir, du coup il va s'&#233;nerver ou demander le remboursement de la passe, la fille pourra accepter ou refuser, l'embrouille peut avoir lieu et entra&#238;ner une escalade de la violence.&lt;/i&gt; &#187; Autre &#233;volution inqui&#233;tante : lors de leur tourn&#233;e, les membres de Cabiria peuvent rencontrer des filles expos&#233;es &#224; un risque de contamination au VIH, une capote qui cr&#232;ve par exemple. Dans ce cas ils proposent de les accompagner rapidement aux urgences pour leur administrer un traitement tr&#232;s efficace s'il est pris dans les quatre heures suivant le risque. &#171; &lt;i&gt;L'an dernier sur une dizaine de cas, une seule a accept&#233; : toutes les autres ont refus&#233; parce qu'elles ne pouvaient pas s'arr&#234;ter de travailler, &#224; cause du manque de clients. &#8220;On ira demain ou on fera un d&#233;pistage dans six mois&#8221;, nous ont-elles dit.&lt;/i&gt; &#187; Parall&#232;lement &#224; son pendant r&#233;pressif, la loi liste un panel de mesures destin&#233;es &#224; sortir les filles de la nasse prostitutionnelle. Pens&#233;e avant tout pour des migrantes clandestines, la loi pr&#233;voit un titre de s&#233;jour de six mois et le versement d'une allocation temporaire d'attente. Montant des cacahu&#232;tes : 336 euros par mois. &#171; &lt;i&gt;De la poudre aux yeux&lt;/i&gt;, estime Antoine. &lt;i&gt;Dans la prostitution qu'on voit au quotidien, beaucoup ont d&#233;j&#224; un travail salari&#233; &#224; c&#244;t&#233; qui ne leur suffit pas pour vivre. Et on ose parler de r&#233;insertion des personnes prostitu&#233;es !?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note de la r&#233;daction : Cet article, lors de sa parution dans sa version papier a suscit&#233; de nombreuses r&#233;actions dont certaines ont &#233;t&#233; publi&#233;es dans le Courrier des lecteurs de &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-118&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 118&lt;/a&gt; en kiosque depuis le 15 janvier 2014.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;De Roumanie, Bulgarie, Nigeria et Chine principalement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Syndicat du travail sexuel. Cf. &#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Sur-le-dos-des-tapins&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sur le dos des tapins&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;96 pour la position du Strass sur le pr&#233;c&#233;dent projet de p&#233;nalisation des clients de 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Disponible &lt;a href=&#034;http://cabiria.asso.fr/La-proposition-de-loi-decryptee&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Les-19-salopards&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'article&lt;/a&gt; de notre chroniqueuse Casse-Noisette.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le journal de Sa&#244;ne-et-Loire&lt;/i&gt;, 04/12/2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Saintes, m&#232;res ou putains</title>
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&lt;p&gt;Du grand fatras des discours sur la prostitution, seule la condamnation des r&#233;seaux mafieux, au sein desquels des femmes sont r&#233;duites en esclavage, semble faire consensus. Car globalement, deux p&#244;les oppos&#233;s &#233;mergent au sein des d&#233;bats : le premier consid&#232;re la prostitution comme une activit&#233; forc&#233;ment subie, une violence contre les femmes ; le second, quant &#224; lui, pr&#233;sente la prostitution comme un choix d'activit&#233; possible. C'est ce second p&#244;le, repr&#233;sent&#233; notamment par le Syndicat des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no97-fevrier-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;97 (f&#233;vrier 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Les-entrailles-de-Mademoiselle" rel="tag"&gt;Les entrailles de Mademoiselle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tanxxx" rel="tag"&gt;Tanxxx&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sein" rel="tag"&gt;sein&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/prostitution" rel="tag"&gt;prostitution&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire-consensus" rel="tag"&gt;faire consensus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/grand-fatras" rel="tag"&gt;grand fatras&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il-s-agit" rel="tag"&gt;qu'il s'agit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/second-pole" rel="tag"&gt;second p&#244;le&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/hierarchie" rel="tag"&gt;hi&#233;rarchie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Du grand fatras des discours sur la prostitution, seule la condamnation des r&#233;seaux mafieux, au sein desquels des femmes sont r&#233;duites en esclavage, semble faire consensus. Car globalement, deux p&#244;les oppos&#233;s &#233;mergent au sein des d&#233;bats : le premier consid&#232;re la prostitution comme une activit&#233; forc&#233;ment subie, une violence contre les femmes ; le second, quant &#224; lui, pr&#233;sente la prostitution comme un choix d'activit&#233; possible. C'est ce second p&#244;le, repr&#233;sent&#233; notamment par le Syndicat des travailleur(se)s du sexe (Strass), qui &#233;tait &#224; l'honneur le mois dernier dans l'article &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Sur-le-dos-des-tapins'&gt;&#171; Sur le dos des tapins &#187;&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CQFD n&#176;96, janvier 2012.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Ce p&#244;le-l&#224; tient de plus en plus de place dans les m&#233;dias de gauche, et cela semble doublement logique : d'une part parce qu'il s'agit de d&#233;noncer les cons&#233;quences dramatiques, pour les personnes prostitu&#233;es, des lois s&#233;curitaires qui ont &#233;t&#233; vot&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es ; d'autre part, parce&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_283 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH399/97-Tanxxx-Mademoiselle-d66fb.png?1782647985' width='400' height='399' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Tanxxx
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;qu'il s'agit de donner la parole directement &#224; des personnes prostitu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il serait franchement paresseux de s'arr&#234;ter l&#224;. Car la question de la prostitution d&#233;borde la population des prostitu&#233;(e)s. Elle interroge plus largement la hi&#233;rarchie entre deux classes sociales, celle des hommes et des femmes, leurs rapports, et ce que l'une peut imposer &#224; l'autre ; elle questionne une relation du type &#171; service f&#233;minin &#187; (sexuel, domestique ou reproductif) contre &#171; compensation masculine &#187; (financi&#232;re, en nature, etc.), cet &#233;change in&#233;gal qui se d&#233;cline dans toutes les sph&#232;res de la vie sociale, de la plus publique &#224; la plus intime, de la plus l&#233;gitim&#233;e (le mariage) &#224; la plus r&#233;prouv&#233;e (la prostitution). D&#232;s lors, on peut se demander si la possibilit&#233; pour les femmes de tirer un b&#233;n&#233;fice p&#233;cuniaire explicite de cet &#171; &#233;change &#187; constitue une r&#233;elle prise d'autonomie ; si la hi&#233;rarchie homme-femme dans l'&#233;change se trouve r&#233;ellement modifi&#233;e par l'exigence d'un d&#233;dommagement financier au service rendu. Autrement dit, si la lib&#233;ralisation de la prostitution, comme l'exige le Strass par exemple, constitue une r&#233;elle subversion de la hi&#233;rarchie des rapports entre les hommes et les femmes. Est-ce que la lutte contre le patriarcat et le capitalisme peut se contenter d'avoir comme seul horizon la lib&#233;ralisation des activit&#233;s venant r&#233;pondre aux injonctions de ceux qui se trouvent en position dominante dans ces syst&#232;mes ? Cette lib&#233;ralisation serait-elle une fin en soi ou une &#233;tape vers une organisation sociale que l'on voudrait enfin d&#233;barrass&#233;e de cette relation hi&#233;rarchique et oppressive ? Dans quelle perspective de transformation des rapports sociaux de sexe nous inscrivons-nous ? Voil&#224; peut-&#234;tre quelques pistes qu'il faudrait que toutes les femmes (re)commencent &#224; interroger, qu'elles soient saintes, m&#232;res ou putains.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;96, janvier 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sur le dos des tapins</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


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&lt;p&gt;Tour &#224; tour victimes sociales ou menaces pour l'ordre public, les prostitu&#233;es n'en finissent pas de nourrir les calculs politiciens. Dernier coup en date, celui de criminaliser le client afin de tarir la source du mal. Entre-temps, les pros du trottoir s'organisent. Mardi 6 d&#233;cembre 2011, gauche et droite confondues, des d&#233;put&#233;s s'unissent pour confirmer la position abolitionniste de la France en mati&#232;re de prostitution. Roselyne Bachelot, la ministre des Solidarit&#233;s et de la Coh&#233;sion (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tour &#224; tour victimes sociales ou menaces pour l'ordre public, les prostitu&#233;es n'en finissent pas de nourrir les calculs politiciens. Dernier coup en date, celui de criminaliser le client afin de tarir la source du mal. Entre-temps, les pros du trottoir s'organisent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mardi 6 d&#233;cembre 2011&lt;/strong&gt;, gauche et droite confondues, des d&#233;put&#233;s s'unissent pour confirmer la position abolitionniste de la France en mati&#232;re de prostitution. Roselyne Bachelot, la ministre des Solidarit&#233;s et de la Coh&#233;sion sociale, a rappel&#233; que la prostitution est &lt;i&gt;&#171; une violence faite aux femmes &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; une n&#233;gation de nos principes fondamentaux &#187;&lt;/i&gt;. En clair, il s'agit de faire rentrer dans la t&#234;te de ses concitoyens que le corps des femmes &#8211; et accessoirement des hommes &#8211; ne se consomme pas comme un vulgaire burger &#224; la sortie du cinoche. S'alignant sur le droit su&#233;dois, une proposition de loi pr&#233;voit de sanctionner le client qui solliciterait les faveurs d'une travailleuse du sexe (TDS) par une peine de deux mois de prison et 3 750 euros d'amende.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si une partie de la prostitution est ind&#233;niablement gangren&#233;e par des r&#233;seaux de type mafieux, une autre est, n'en d&#233;plaise &#224; Roselyne, le fait d'hommes et femmes ayant choisi de faire des talbins gr&#226;ce au tapin. Manon est &lt;i&gt;escort-girl&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Contrairement &#224; la prostitution de rue, l'escorting (accompagnement) se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#224; Toulouse : &lt;i&gt;&#171; Aussi loin que je m'en souvienne, je n'ai jamais eu une image n&#233;gative, victimisante ou mis&#233;rabiliste de la prostitution. Peu apr&#232;s le lyc&#233;e, j'ai commenc&#233; &#224; m'int&#233;resser &#224; ce boulot et j'ai finalement saut&#233; le pas apr&#232;s avoir r&#233;fl&#233;chi pendant plusieurs ann&#233;es. Ce projet de loi de p&#233;nalisation des clients est une fois de plus une violence faite aux travailleuses du sexe, une nouvelle loi faite pour nous mais sans nous avoir consult&#233;es. &#187;&lt;/i&gt; Manon est aussi&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_254 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH266/96-camille-TDS-1d863.jpg?1782651490' width='400' height='266' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Camille
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;membre du &lt;a href=&#034;http://site.strass-syndicat.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Syndicat des travailleur(se)s du sexe&lt;/a&gt; (Strass), un jeune syndicat cr&#233;e en 2009 aux assises de la prostitution de Paris. &lt;i&gt;&#171; Le Strass est une structure d'auto-organisation des TDS qui souhaitent lutter pour leurs droits &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Morgane, sa secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre prohibitionnisme (interdiction pure et simple de la prostitution, comme en Chine) et r&#233;glementarisme (encadrement l&#233;gal de la prostitution comme aux Pays-Bas), la France n'en finit pas de d&#233;voyer sa position abolitionniste adopt&#233;e apr&#232;s guerre. Morgane : &lt;i&gt;&#171; Le mouvement abolitionniste du d&#233;part voulait supprimer la r&#233;glementation sp&#233;cifique sur le travail sexuel, et notamment le mod&#232;le des maisons closes qui soumettaient les TDS &#224; des tenanciers, dans des lieux d'enfermement, de contr&#244;le social et sanitaire. Or les abolitionnistes d'aujourd'hui sont devenus des prohibitionnistes. En amalgamant prostitution et exploitation, ils cr&#233;ent un v&#233;ritable cercle vicieux : plus on cherche &#224; prohiber une activit&#233;, plus elle devient marginale et invisible, et plus les r&#233;seaux de traite et d'exploitation se d&#233;veloppent. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2003, Sarkozy, alors ministre de l'Int&#233;rieur, transformait le racolage passif en d&#233;lit dans sa Loi sur la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure (LSI), officiellement pour lutter contre les r&#233;seaux de traite humaine. Une fumisterie qui aura fait long feu puisque m&#234;me le d&#233;put&#233; UMP Guy Geoffroy a reconnu dans son rapport d'information du 13 avril 2011 que l'incrimination du racolage passif n'avait permis en rien de lutter contre les r&#233;seaux prox&#233;n&#232;tes mais, au contraire, avait d&#233;grad&#233; les relations &#8211; d&#233;j&#224; tendues ! &#8211; entre pandores et prostitu&#233;es, et compliqu&#233; pour ces derni&#232;res l'acc&#232;s aux soins&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le rapport est consultable ici : www.assemblee-nationale.fr/13/rap-i....&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Un constat corrobor&#233; par Morgane : &lt;i&gt;&#171; Les cons&#233;quences de la LSI ont &#233;t&#233; catastrophiques. Pour &#233;chapper &#224; la police, les TDS se sont &#233;loign&#233;es des centres-villes, donc de la population et des structures de pr&#233;vention. Isol&#233;es, elles sont devenues des cibles plus courantes d'agressions. Pr&#233;caris&#233;es, elles ont &#233;t&#233; pouss&#233;es &#224; accepter plus facilement des clients ou pratiques qu'elles auraient refus&#233;s avant&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme la fellation sans pr&#233;servatif, de plus en plus demand&#233;e par les clients.&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. Beaucoup ont &#233;galement fait appel &#224; des r&#233;seaux pour les prot&#233;ger de la police. La p&#233;nalisation des clients ne fera qu'aggraver ces effets. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 d&#233;cembre 2011, une centaine de TDS d&#233;filaient dans les rues de Paris &#224; l'initiative du Strass, d'Act-Up et d'autres organisations. &#171; R&#233;pression = contamination &#187; ; &#171; ClientEs p&#233;nalis&#233;Es = Putes assassin&#233;Es &#187;. On a trouv&#233; mots d'ordre moins explicites. &lt;i&gt;&#171; On demande deux choses&lt;/i&gt;, r&#233;sume Manon, &lt;i&gt;l'abrogation de la loi sur le racolage passif, et celle sur le prox&#233;n&#233;tisme d'aide et de soutien. Cela nous permettrait de nous associer entre nous afin de cr&#233;er nos propres bordels autog&#233;r&#233;s. Nous refusons les bordels dirig&#233;s par des patrons, nous savons tr&#232;s bien g&#233;rer notre travail sans avoir quelqu'un pour nous imposer les clients, les prestations, les horaires et les tarifs. On ne veut pas de traitement sp&#233;cial, juste qu'on nous foute la paix ! Que notre parole soit entendue, que les &#8220;experts&#8221;, psys, sociologues, journalistes et autres cessent de nous la prendre. C'est nous qui travaillons, c'est nous qui d&#233;cidons. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Contrairement &#224; la prostitution de rue, l'&lt;i&gt;escorting&lt;/i&gt; (accompagnement) se pratique via Internet, et ne comprend pas forc&#233;ment de prestation sexuelle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le rapport est consultable ici : &lt;a href=&#034;https://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i3334.asp#P1538_312909&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.assemblee-nationale.fr/13/rap-i...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Comme la fellation sans pr&#233;servatif, de plus en plus demand&#233;e par les clients.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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