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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>L'ordinateur dans la lutte des classes</title>
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		<dc:creator>Matthieu Amiech</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Aupr&#232;s de certains, la critique de l'informatique passe pour une affaire d'esth&#232;tes : on veut bien en parler, mais&#8230; une fois la justice &#233;conomique &#233;tablie et les besoins de tous satisfaits. C'est oublier que la r&#233;volution num&#233;rique est au c&#339;ur de la dynamique capitaliste des quarante derni&#232;res ann&#233;es. D&#233;cryptage du r&#244;le des outils num&#233;riques dans le d&#233;s&#233;quilibre actuel entre capital et travail. Lors du mouvement social du printemps 2016 contre la loi El-Khomri, le probl&#232;me du contenu de ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no151-fevrier-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;151 (f&#233;vrier 2017)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aupr&#232;s de certains, la critique de l'informatique passe pour une affaire d'esth&#232;tes : on veut bien en parler, mais&#8230; une fois la justice &#233;conomique &#233;tablie et les besoins de tous satisfaits. C'est oublier que la r&#233;volution num&#233;rique est au c&#339;ur de la dynamique capitaliste des quarante derni&#232;res ann&#233;es. D&#233;cryptage du r&#244;le des outils num&#233;riques dans le d&#233;s&#233;quilibre actuel entre capital et travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3090 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH336/-1323-b39ca.jpg?1780010140' width='500' height='336' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;ors du mouvement social du printemps 2016 contre la loi El-Khomri, le probl&#232;me du contenu de ce qui est produit par l'&#233;conomie &#224; notre &#233;poque et celui des outils de cette production semblent avoir &#233;t&#233; peu soulev&#233;s&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est ce que rel&#232;ve le texte &#171; Il faut cracher dans la soupe. Notes sur la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Les th&#232;mes de la pr&#233;carit&#233; et de la souffrance au travail ont &#233;t&#233; omnipr&#233;sents mais ils &#233;taient rarement mis en rapport avec les ressorts fondamentaux du capitalisme, qu'actionne chaque entreprise particuli&#232;re &#224; son &#233;chelle : la course &#224; la croissance, le changement constant des modes de production, la mise sous d&#233;pendance mat&#233;rielle et mentale des populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que la critique de l'informatique ne para&#238;t pas compl&#232;tement l&#233;gitime dans le champ du travail et des luttes sociales. Elle semble &#233;ventuellement pertinente quand il s'agit de d&#233;noncer le fichage, ou m&#234;me les ph&#233;nom&#232;nes d'addiction consum&#233;riste provoqu&#233;s par l'Internet et les t&#233;l&#233;phones mobiles. Mais sur le front des luttes salariales, agricoles, ou r&#233;cemment d'autoentrepreneurs, elle est en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale absente. Les b&#233;n&#233;fices que chacun a le sentiment d'en tirer dans sa vie personnelle, le plaisir de surfer, la fascination pour ces outils qui permettent de tout faire &#224; n'importe quel moment, font obstacle &#224; l'analyse. Or, comment esp&#233;rer r&#233;sister &#224; la casse sociale sans s'attaquer un tant soit peu &#224; ses racines mat&#233;rielles ? Sans doute le r&#244;le essentiel de l'ordinateur et des r&#233;seaux t&#233;l&#233;matiques/informatiques dans la mondialisation capitaliste, &#224; partir de 1970, est-il trop rarement per&#231;u. Presque personne ne souligne que ces innovations technologiques sont les leviers concrets qui ont permis de d&#233;s&#233;quilibrer franchement le rapport de forces entre capital et travail, apr&#232;s les d&#233;cennies de relatif compromis social (1945-75). Il faut donc revenir sur le lien entre l'informatique et deux aspects de cette mondialisation qui ont particip&#233; &#224; la d&#233;molition d'une bonne partie des &#171; acquis &#187; du mouvement ouvrier : la mondialisation de la finance et celle des cha&#238;nes de production.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'informatique, condition&lt;i&gt; sine qua non&lt;/i&gt; de la mondialisation financi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;g&#226;ts sociaux et humains de la finance globalis&#233;e sont bien connus : imposition de politiques &#233;conomiques &#171; n&#233;o-lib&#233;rales &#187; aux Etats par les &#171; march&#233;s &#187; ; d&#233;membrement progressif de l'&#201;tat social dans le cadre des programmes d'aust&#233;rit&#233; ; prise de pouvoir des actionnaires dans les entreprises, avec des exigences de rentabilit&#233; intenables ; et en cons&#233;quence, licenciements boursiers, qui laissent des cohortes de prolos (et parfois de cadres) sur le carreau, dans des r&#233;gions qui voient leurs industries fermer les unes apr&#232;s les autres. La pr&#233;carisation des classes populaires et moyennes &#8211; recul des services publics et des d&#233;penses de redistribution, attaques contre le droit du travail, intensification du travail&#8230;) &#8211; est fr&#233;quemment mise en relation avec la mont&#233;e en puissance de ces &#171; march&#233;s &#187; et autres fonds de pension. Mais quelle est l'infrastructure mat&#233;rielle qui sous-tend cette mont&#233;e en puissance ? C'est la mise en r&#233;seau des places boursi&#232;res du monde entier, elles-m&#234;mes informatis&#233;es, qui a permis l'&#233;mergence d'un march&#233; plan&#233;taire unifi&#233; des capitaux, ouvert 24 h sur 24, et sur lequel les investisseurs peuvent d&#233;placer leurs fonds d'un simple clic, des centaines de fois par jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de l'informatique a &#233;t&#233; une condition de l'explosion vertigineuse des transactions sur ce march&#233; financier mondial, &#224; partir de la fin des ann&#233;es 1970. D'apr&#232;s Dominique Plihon, les sommes &#233;chang&#233;es sur le seul march&#233; des changes (celui o&#249; s'&#233;changent les monnaies nationales) &#233;taient deux fois sup&#233;rieures &#224; la valeur du commerce international de biens et services en 1973 ; puis, elles sont devenues dix fois plus importantes que le commerce mondial en 1980 ; 50 fois plus importantes au d&#233;but des ann&#233;es 1990 ; et elles sont aujourd'hui 100 fois plus importantes ! Dans le m&#234;me ordre d'id&#233;es, il s'&#233;change chaque jour sur ce march&#233; 4 000 milliards de dollars, soit le double du Produit int&#233;rieur brut annuel de la France&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Dominique Plihon, Le Nouveau Capitalisme, Paris, La D&#233;couverte (Rep&#232;res).&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#8211; la majorit&#233; de ces op&#233;rations de change ne relevant pas d'&#233;changes de marchandises, mais d'op&#233;rations de sp&#233;culation. La d&#233;connexion entre finance et &#233;conomie &#171; r&#233;elle &#187;, tant d&#233;plor&#233;e par la gauche &#171; antilib&#233;rale &#187;, n'est pas que le r&#233;sultat d'une offensive id&#233;ologique du patronat : elle est aussi une cons&#233;quence directe de la puissance de calcul et de transmission des ordinateurs, des r&#233;seaux et des logiciels dont ont &#233;t&#233; &#233;quip&#233;s les &#171; march&#233;s &#187;. Pourtant, ces outils sont en g&#233;n&#233;ral tenus &#224; l'abri de la critique et de l'indignation.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'Internet, fer de lance des d&#233;localisations&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me aspect essentiel de la mondialisation capitaliste, avec son cort&#232;ge de r&#233;gressions sociales : la r&#233;organisation des entreprises et de leurs cha&#238;nes de production &#224; l'&#233;chelle mondiale, gr&#226;ce aux bas co&#251;ts des transports et des communications. Le mot d'ordre de &#171; l'entreprise en r&#233;seau &#187;, &#224; partir de 1980, n'&#233;tait pas qu'une mode manag&#233;riale. Ce qui sous-tend les r&#233;organisations industrielles de grande ampleur qui ont fait exploser ch&#244;mage et pr&#233;carit&#233; en Europe et aux &#201;tats-Unis, c'est la possibilit&#233; concr&#232;te pour les patrons de d&#233;placer les diff&#233;rents segments de leur production &#224; l'endroit du monde o&#249; les co&#251;ts salariaux, ainsi que les niveaux de protection et de combativit&#233; sociales, sont optimaux pour eux. Le mouvement &#233;tait d&#233;j&#224; amorc&#233; avant l'existence d'Internet, mais la diffusion de celui-ci a radicalis&#233; les tendances des d&#233;cennies pr&#233;c&#233;dentes : le capital peut maintenant mettre en concurrence les travailleurs de (presque) partout, bien au-del&#224; des &#233;chelles de solidarit&#233; existantes (principalement nationales&#8230;). Les moyens de production, les produits interm&#233;diaires et les produits finis peuvent &#234;tre d&#233;plac&#233;s extr&#234;mement facilement &#8211; par air, par mer, par route, le tout coordonn&#233; par &#233;lectronique &#8211; ; les salari&#233;s, eux, ne peuvent pas suivre : les machines partent en Roumanie ou en Chine, mais bien s&#251;r les ouvriers lorrains ne peuvent ni aligner leur salaire sur les standards chinois ni migrer en Roumanie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'au XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, un m&#234;me groupe industriel peut avoir sa direction &#224; Londres, des centres de recherche &#224; Munich et Sophia-Antipolis, des usines affili&#233;es en Turquie ou en Tunisie, des pi&#232;ces de haute pr&#233;cision fabriqu&#233;es par des PME mises en concurrence entre elles dans le nord de l'Italie, l'agence de marketing &#224; Chicago, le centre d'appels pour la hotline &#224; Bombay et les fiches de paie &#233;dit&#233;es en Pologne. Plus besoin de ces grandes concentrations de main-d'&#339;uvre comme on en voyait fr&#233;quemment dans les ann&#233;es 1960-70, o&#249; la conscience et l'organisation des travailleurs avaient un temps effray&#233; les &#233;lites &#233;conomiques : aujourd'hui, l'informatique permet de g&#233;rer de mani&#232;re efficace une cha&#238;ne de production d&#233;centralis&#233;e, faite d'&#233;tablissements, de filiales ou de sous-traitants dispers&#233;s aux quatre coins du pays et du monde. En comparaison avec l'&#233;poque o&#249; Ford, Renault et Fiat employaient 40 000 personnes sur le m&#234;me site, les ordres de la direction circulent peut-&#234;tre mieux &#224; travers les r&#233;seaux, et la possibilit&#233; pour les milliers d'employ&#233;s dispers&#233;s de faire valoir leurs int&#233;r&#234;ts communs est nettement plus faible.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;TIC partout, justice nulle part&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il est couramment admis que les Technologies de l'information et de la communication (TIC) sont d&#233;terminantes dans l'architecture actuelle des groupes capitalistes et la r&#233;partition des emplois, dans et entre les pays. Mais m&#234;me chez ceux qui disent contester le syst&#232;me &#233;conomique o&#249; nous sommes enferm&#233;s, la violence de ce syst&#232;me et les souffrances qu'il engendre sont rarement associ&#233;es &#224; ces technologies &#224; la mesure de leur r&#244;le structurant. C'est en bonne partie gr&#226;ce aux TIC que chaque &#233;tablissement des firmes en r&#233;seau (telle que celle imagin&#233;e ci-dessus) peut &#234;tre &#233;valu&#233; comme un centre de profit (&#224; d&#233;velopper) ou un centre de pertes (dont il faut vite se d&#233;barrasser). C'est gr&#226;ce aux TIC que les r&#233;sultats de nombreux salari&#233;s peuvent &#234;tre en permanence connus et examin&#233;s par leurs sup&#233;rieurs, du cadre commercial de haut niveau au camionneur sous-pay&#233;, tenus ainsi sous pression maximale. C'est enfin gr&#226;ce aux TIC que des sites comme les vastes zones commerciales en lisi&#232;re des villes, ou les plates-formes logistiques pr&#232;s des n&#339;uds autoroutiers, avec leur lot d'emplois pr&#233;caires et p&#233;nibles, ont pouss&#233; partout comme des champignons, car ils seraient ing&#233;rables sans informatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore n'entrons-nous pas ici dans le d&#233;bat fondamental sur la contribution des TIC au ch&#244;mage de masse en Occident&#8230; C'est une des derni&#232;res certitudes qui r&#233;unit les &#233;conomistes de toutes tendances : le progr&#232;s technologique ne d&#233;truit pas d'emplois, ou si peu ! un rapport vient tout juste d'&#234;tre publi&#233;, qui soutient pour la &#233;ni&#232;me fois cette affirmation tellement contradictoire avec tout ce que nous voyons et entendons dans la vie de tous les jours&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapport du Conseil d'orientation pour l'emploi, Automatisation, num&#233;risation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Au lendemain de cette publication, le journal &lt;i&gt;La Croix&lt;/i&gt;, soulag&#233; que l'automatisation ne menace officiellement que 10% des emplois en France, donnait pour titre &#224; son &#233;ditorial : &#171; Avec les robots &#187;. Pour ce qui nous concerne, &#224; &#201;cran total, nous continuerons d'aller contre. La critique des ordinateurs et d'Internet n'est pas un suppl&#233;ment d'&#226;me de la question sociale : elle est une n&#233;cessit&#233; pour comprendre l'organisation mat&#233;rielle du monde capitaliste et pour y trouver des leviers r&#233;els de contestation, en vue d'un monde &#224; la fois plus libre et plus juste.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Matthieu Amiech&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;C'est ce que rel&#232;ve le texte &#171; Il faut cracher dans la soupe. Notes sur la lutte des classes au XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle &#187;, &#233;crit &#224; la fin du mouvement, sign&#233; &#171; Quelques amis de la Sociale &#187; et &lt;a href=&#034;http://zad.nadir.org/IMG/pdf/il_faut_cracher_dans_la_soupe.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;disponible&lt;/a&gt; sur le site zad.nadir.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cf. Dominique Plihon, &lt;i&gt;Le Nouveau Capitalisme&lt;/i&gt;, Paris, La D&#233;couverte (Rep&#232;res).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Rapport du Conseil d'orientation pour l'emploi, &lt;i&gt;Automatisation, num&#233;risation et emploi&lt;/i&gt;, 12 janvier 2017 (&lt;a href=&#034;http://www.coe.gouv.fr/Detail-Nouveaute.html%3Fid_article=1347.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;disponible&lt;/a&gt; sur le site du dit COE). On gagnera du temps &#224; lire plut&#244;t la revue de presse et les r&#233;flexions du groupe Pi&#232;ces et main-d'&#339;uvre sur la suppression massive des postes de travail par les machines, dans leur texte de 2014, &#171; Quel &#233;l&#233;phant irr&#233;futable dans le magasin de porcelaine ? (Sur la gauche soci&#233;tale lib&#233;rale) &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/Elephant.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;disponible&lt;/a&gt; sur leur site.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La loi des march&#233;s m&#233;di&#233;vaux</title>
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		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<dc:subject>f&#234;tes m&#233;di&#233;vales</dc:subject>

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&lt;p&gt;*** Entre autres joyeuset&#233;s, on trouve sur le Web plusieurs calendriers recensant de mani&#232;re exhaustive les centaines de f&#234;tes m&#233;di&#233;vales programm&#233;es de nos jours sur tout le territoire hexagonal, du nord au sud et de l'est &#224; l'ouest. De &#171; la Journ&#233;e des gueux &#187; d'Almen&#234;ches (Orne) &#224; &#171; Lou Mirabeou &#187; aux&#8200;Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rh&#244;ne). Joute chevaleresque et march&#233; haut en couleur se partagent les faveurs du public. Loin du tr&#232;s institutionnel et droitier Puy-du-Fou, ces sympathiques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2733 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-991-9698a.jpg?1779602757' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Mickomix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entre autres joyeuset&#233;s, on trouve sur le Web plusieurs calendriers recensant de mani&#232;re exhaustive les centaines de f&#234;tes m&#233;di&#233;vales&lt;/strong&gt; programm&#233;es de nos jours sur tout le territoire hexagonal, du nord au sud et de l'est &#224; l'ouest. De &#171; la Journ&#233;e des gueux &#187; d'Almen&#234;ches (Orne) &#224; &#171; Lou Mirabeou &#187; aux&#8200;Pennes-Mirabeau (Bouches-du-Rh&#244;ne). Joute chevaleresque et march&#233; haut en couleur se partagent les faveurs du public. Loin du tr&#232;s institutionnel et droitier Puy-du-Fou, ces sympathiques f&#234;tes de village permettent tous les d&#233;guisements &#8211; seigneur ou vilain, jongleur ou bateleur, pr&#234;cheur ou berg&#232;re &#8211; et toutes les fac&#233;ties dans une ambiance parfois des plus carnavalesques. Le terme de foire, issu du latin &lt;i&gt;feria&lt;/i&gt;, &#233;voque encore pour nous la f&#234;te et ses d&#233;bordements alors qu'au Moyen &#194;ge, les grands rassemblements de marchands, d'artisans, de paysans et de financiers venus des quatre coins de la Chr&#233;tient&#233; &#233;taient tr&#232;s strictement encadr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le renouveau et le d&#233;veloppement des foires et march&#233;s furent &#233;troitement li&#233;s &#224; l'essor &#233;conomique que connut le continent europ&#233;en &#224; partir du XII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/strong&gt;. Si le march&#233; restait une r&#233;union hebdomadaire d'importance locale, les foires, souvent associ&#233;es &#224; une f&#234;te religieuse, pouvaient se prolonger plusieurs jours &#8211; jusqu'&#224; cinquante d'affil&#233;e pour celles de Champagne, les plus importantes &#8211; et jouissaient d'un rayonnement tr&#232;s &#233;tendu en lien avec le commerce au long cours. Il faudrait n&#233;anmoins distinguer les v&#233;ritables foires commerciales &#8211; enjeu &#233;conomique, financier, social et politique &#8211; et les simples f&#234;tes &#224; la gloire d'un saint patron comme celle de Saint-Gilles-du-Gard, qui attiraient une foule de p&#232;lerins et, dans leur sillage, de tr&#232;s nombreux marchands. Et se rappeler que le temps m&#233;di&#233;val, peu concern&#233; par les oukases de la productivit&#233; &#233;conomique, &#233;tait &#224; mille lieues du &lt;i&gt;time is money&lt;/i&gt; du capitalisme triomphant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marque de prestige et sources de revenus, foires et march&#233;s &#233;taient l'objet d'une attention tatillonne de la part des autorit&#233;s seigneuriales et royales&lt;/strong&gt;. Ainsi, &#224; Paris, Philippe Auguste (1165-1223) r&#233;glementa lui-m&#234;me le commerce des denr&#233;es essentielles &#8211; viande, pain et vin &#8211; sur le grand march&#233; central qui est &#224; l'origine du quartier des Halles. Et c'est l&#224; aussi une sp&#233;cificit&#233; du Moyen &#194;ge qui se prolongera au-del&#224; de la Renaissance : l'exercice de la concurrence &#233;tait assujetti &#224; une kyrielle de r&#232;glements administratifs et corporatifs pesant fortement sur les profits et l'accumulation. Les lois du march&#233; n'avaient que peu &#224; voir avec les pratiques des march&#233;s. Il s'agissait pour le pouvoir de garantir l'&#233;galit&#233; des vendeurs, de prot&#233;ger les chalands et de limiter la fraude dans un monde o&#249; monnaies, poids et mesures n'&#233;taient point encore unifi&#233;s. L'ensemble des transactions devaient se d&#233;rouler en public, dans des lieux et des temps d&#233;finis, notamment pour permettre aux acheteurs de m&#251;rir leurs choix. Pendant les &#171; jours de montre &#187;, on exposait et on n&#233;gociait et, pendant les &#171; jours d'issue &#187;, on concluait les ventes. Par ailleurs, dans certains &#201;tats ou principaut&#233;s, le souci du bien public pouvait conduire les autorit&#233;s &#224; imposer des prix r&#233;glement&#233;s pour les produits locaux d'usage courant. Ainsi &#233;taient appliqu&#233;s des prix minimaux en p&#233;riode de surabondance afin d'&#233;viter la ruine aux producteurs et des prix maximaux en p&#233;riode de p&#233;nurie pour tuer dans l'&#339;uf toute tentation de man&#339;uvre sp&#233;culative. Quant aux activit&#233;s financi&#232;res, elles devaient emprunter des voies souterraines du fait de la condamnation de l'usure par l'&#201;glise, relay&#233;e par des interdictions administratives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; tous ces obstacles, les grands marchands ont quand m&#234;me r&#233;ussi &#224; maximiser leurs profits et &#224; accumuler du capital&lt;/strong&gt;, notamment en confiant la gestion de l'argent &#224; des communaut&#233;s non soumises aux tabous chr&#233;tiens sur le pr&#234;t &#224; int&#233;r&#234;t. Ils se rapproch&#232;rent aussi des cercles du pouvoir f&#233;odal afin d'obtenir la protection l&#233;gale des monopoles qu'ils &#233;taient parvenus &#224; b&#226;tir &#224; l'instar des G&#233;nois sur la soie sicilienne ou des marranes portugais sur les pierres pr&#233;cieuses. Un jeu d'enfant tant les princes de l'&#233;poque &#233;taient continuellement d&#233;sargent&#233;s. Plus tard, &#224; la Renaissance, le d&#233;veloppement des &#233;changes li&#233; &#224; la constitution des empires coloniaux sonnera la naissance d'un capitalisme commercial d&#233;barrass&#233; du carcan m&#233;di&#233;val. Mais, pendant encore longtemps, les lois des march&#233;s, solidement enracin&#233;s dans les villes et les villages, &#233;chapperont &#224; la loi du march&#233;. L'assimilation du capitalisme au march&#233; est d'ailleurs une entreprise id&#233;ologique fort r&#233;cente : &#171; &lt;i&gt;La n&#233;gation de l'histoire que les promoteurs actuels du capitalisme propagent avec ferveur en confondant capitalisme et march&#233; a clairement comme objectif op&#233;rationnel de perturber et d'entraver toute tentative de penser une alternative au capitalisme contemporain tel qu'il est, et &#224; celui qu'ils r&#234;vent pour demain, en tendant &#224; cantonner ceux qui s'y consacrent &#224; la recherche, historiquement irr&#233;aliste, d'une alternative au march&#233;.&lt;/i&gt; &#187; &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Capitalisme et march&#233; &#224; la Renaissance &#187;, Serge Walery, Alternatives (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Iffik Le Guen&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Capitalisme et march&#233; &#224; la Renaissance &#187;, Serge Walery, &lt;i&gt;Alternatives &#233;conomiques&lt;/i&gt;, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sur La Plaine, le march&#233; des derniers jours</title>
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		<dc:date>2018-10-16T01:11:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>Benoit Guillaume</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>place</dc:subject>
		<dc:subject>Plaine</dc:subject>
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		<dc:subject>march&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>forains</dc:subject>
		<dc:subject>Mme Lota</dc:subject>
		<dc:subject>Lota</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Bien d&#233;cid&#233;e &#224; &#171; requalifier &#187; la plus grande place de Marseille, la mairie a pour abc&#232;s de fixation le march&#233; qui y campe trois fois par semaine et attire une population qu'on ne veut plus voir en ville. C'est que le souk, le bazar et toute la smala des vendeurs de rue incarnent aux yeux des &#233;lites un commerce honteux qu'il faut &#233;radiquer &#224; tout prix. Mais plus que la fin d'un march&#233; populaire, c'est l'essence m&#234;me d'une ville portuaire que l'on condamne &#224; mort. Chronique sur le vif. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton2353-628eb.jpg?1779777895' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bien d&#233;cid&#233;e &#224; &#171; requalifier &#187; la plus grande place de Marseille, la mairie a pour abc&#232;s de fixation le march&#233; qui y campe trois fois par semaine et attire une population qu'on ne veut plus voir en ville. C'est que le souk, le bazar et toute la smala des vendeurs de rue incarnent aux yeux des &#233;lites un commerce honteux qu'il faut &#233;radiquer &#224; tout prix. Mais plus que la fin d'un march&#233; populaire, c'est l'essence m&#234;me d'une ville portuaire que l'on condamne &#224; mort. Chronique sur le vif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jusqu'au bout, on n'arrive pas &#224; y croire. Samedi 29 septembre 2018, dernier jour officiel du march&#233; de La Plaine, place Jean-Jaur&#232;s. Chez les clients, les marchands, les mamies qui viennent y chercher de la chaleur humaine autant qu'une livre de haricots &#233;cheleurs, l'&#233;motion est palpable. Comme disent Monique et sa compagne, vendeuses de pr&#234;t-&#224;-porter f&#233;minin : &#171; &lt;i&gt; C'est la fin d'un monde. Ils ne veulent plus de nous. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De crainte que les forains ne se cabrent (des panneaux &#171; stationnement g&#234;nant &#187; annoncent l'entr&#233;e en action type &lt;i&gt;Blitzkrieg&lt;/i&gt; d'une arm&#233;e de poseurs de palissades pour fermer l'esplanade d&#232;s 13 h), le pacha de l'H&#244;tel de ville a fait un geste. Alors que, la veille encore, il sommait le pr&#233;fet de &#171; &lt;i&gt; faire respecter l'ordre r&#233;publicain &lt;/i&gt; &#187; en lan&#231;ant les CRS contre les &#171; &lt;i&gt;quelques individus&lt;/i&gt; &#187; qui paralysaient les autoroutes d'acc&#232;s &#224; Marseille, Jean-Claude Gaudin a accept&#233; de les recevoir lundi 1er octobre. &#171; &lt;i&gt;Si, &#233;videmment, ces derniers ont lev&#233; toute forme de blocus d'ici l&#224;. &lt;/i&gt; &#187; Il promet, en &#233;change, que le chantier de La Plaine ne d&#233;marrera pas avant qu'un accord soit trouv&#233;. Il &#233;tait temps. Si les journaux parisiens (nationaux ?) ignorent ce conflit qui menace de mettre le feu &#224; la deuxi&#232;me ville de France, &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt; titre &#171; &lt;i&gt;Blocus&lt;/i&gt; &#187; en grosse manchette. Des travailleurs du port saluent pour leur part ceux de la place Jean-Jaur&#232;s : &#171; &lt;i&gt;La prochaine fois, on bloque ensemble, on a un ennemi commun.&lt;/i&gt; &#187; Oui, il &#233;tait temps.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2585 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-850.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH222/-850-bddc1.jpg?1779777895' width='500' height='222' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Benoit Guillaume
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Zad de La Plaine&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Outre les blocages d'autoroutes, pr&#233;fecture et mairie ont beaucoup fantasm&#233; sur le spectre d'une Zad urbaine. Les RG &#233;voquent un noyau de 200 &#233;nerv&#233;s pr&#234;ts &#224; construire des cabanes dans les tilleuls et &#224; s'opposer &#224; l'avanc&#233;e des tractopelles. Mais l&#224;, un tour d'&#233;crou de plus vient pincer le muscle dans la poitrine des &#233;lus : et si les forains refusaient de remballer ? Et si une Zad &#224; Marseille, c'&#233;tait un souk permanent ? Doc Youcef le v&#233;lomane le pr&#233;conisait entre deux r&#233;parations : &#171; &lt;i&gt; Il faut arr&#234;ter le chantier en plantant des tentes et en d&#233;clarant le march&#233; ouvert 7 jours/7 et 24 h/24 ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plaisanterie &#224; part, la fraternisation des habitants avec les gens du march&#233; pr&#233;occupe ceux qui d&#233;nigraient les opposants &#8211; &#171; &lt;i&gt;une bande de punks &#224; chien qui aime casser des canettes et faire caca par terre&lt;/i&gt; &#187; (dixit le po&#232;te Chenoz&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G&#233;rard Chenoz, adjoint au maire charg&#233; des Grands projets d'attractivit&#233; et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; )&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; tri-hebdomadaire de La Plaine n'est pas qu'un march&#233; de quartier. L'esp&#232;ce de plan social &#224; la hussarde qu'impose le service des emplacements publics &#224; 300 marchands forains en pr&#233;tendant les disperser aux quatre vents, qui sous une bretelle d'autoroute, qui sur le port de l'Estaque, n'est que l'aspect le plus criant d'une guerre de position. Il s'agit de casser une dynamique qui lie encore le centre-ville aux quartiers populaires, pour le faire basculer du c&#244;t&#233; des quartiers Sud, plus hupp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Sans La Plaine, on est morts &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; C'est pas que pour d&#233;fendre mon gagne-pain ! &lt;/i&gt; &#187;, lance Manu par-dessus son &#233;talage. Avec sa d&#233;gaine de hipster tout-terrain et sa gouaille nordiste, il mart&#232;le : &#171; &lt;i&gt;Du boulot je peux m'en r&#233;inventer ailleurs. C'est ma dignit&#233; d'homme que je d&#233;fends, l&#224;.&lt;/i&gt; &#187; Vendredi 14 septembre, lors de la venue de Macron et Merkel &#224; Marseille, Hichem a sorti le barbecue, deux ou trois transats, un parasol, qu'il a pos&#233;s au milieu de la Canebi&#232;re bloqu&#233;e par des dizaines de forains, en face de la chambre de commerce. Deux coll&#232;gues gitans s'y sont install&#233;s avec une guitare et ont balanc&#233; une rumba. La sc&#232;ne voulait dire beaucoup : le collectif forain, divis&#233; et m&#233;pris&#233;, a retrouv&#233; sa fiert&#233;. Et la joie de faire front, m&#234;me si c'est le dos au mur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Milou, forain journalier depuis dix ans, raconte : &#171; &lt;i&gt; Un jour, j'ai fait remarquer &#224; un placier qu'il y en a qui sont titulaires &lt;/i&gt;[d'un emplacement au march&#233;] &lt;i&gt;alors qu'ils sont arriv&#233;s apr&#232;s moi. Il me r&#233;pond que je suis bien con&#8230; &#199;a veut dire quoi, d'apr&#232;s toi ?&lt;/i&gt; &#187; On les a bien balad&#233;s, les forains de La Plaine. Persuad&#233;e qu'elle les tient par l'entrejambe, l'&#233;lue charg&#233;e des march&#233;s, Marie-Louise Lota, leur parle avec d&#233;dain : &#171; &lt;i&gt; Vous vendez trop du bas de gamme.&lt;/i&gt; &#187; Son &#226;me damn&#233;e passait la main dans le dos des uns et des autres : &#171; &lt;i&gt;On compte sur vous pour le futur march&#233;, ce qu'on ne veut plus, c'est des barbus.&lt;/i&gt; &#187; Ou : &#171; &lt;i&gt; Vous les Gitans, on vous mettra sur la place de La Joliette, vous verrez, vous serez bien. &lt;/i&gt; &#187; Ce &#224; quoi les int&#233;ress&#233;s ont r&#233;pondu : &#171; &lt;i&gt; Non, nous on reste avec les Noirs et les Arabes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens savent bien que ce march&#233; est un tout. Les soldeurs et les fripiers font locomotive. Ils attirent le public et tout le monde en profite. Les commer&#231;ants s&#233;dentaires de la rue Saint-Michel aussi : les jours de march&#233;, leurs ventes augmentent, et pas qu'un peu. C'est une alchimie &#224; la fois rugueuse et fragile, un march&#233;. On n'y touche pas impun&#233;ment. &#171; &lt;i&gt;On veut rester l&#224;. &#192; la limite, on pourrait accepter de bouger &#224; c&#244;t&#233; pendant les travaux, mais ensemble. Et on s'appellera &#8220; march&#233; de La Plaine en exil &#8221;,&lt;/i&gt; l&#226;che Dalila dans un sourire. &lt;i&gt;Sans La Plaine, on est morts. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur son stand, le Nig&#233;rian Dolapo taille un clich&#233; en pi&#232;ces : &#171; &lt;i&gt;Les gens croient que si on vend si peu cher, c'est qu'on deale des trucs tomb&#233;s du camion. H&#233; non, c'est pas vol&#233; ! Regarde les Manouches, c'est les rois du d&#233;stockage. Ils font la tourn&#233;e des boutiques avec des liasses de billets et ils proposent de d&#233;barrasser le commer&#231;ant de la collection qui lui reste sur les bras. Il y en a qui sont m&#234;me branch&#233;s avec des directeurs de vente d'hypermarch&#233;s !&lt;/i&gt; &#187; Et ces m&#234;mes directeurs espionnent le commerce de rue pour voir ce qui marche et &#224; quel prix&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Diviser pour mieux r&#233;gner&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La promesse initiale du cahier des charges de la Soleam &#8211; deux tiers du march&#233; maintenu et le tiers restant relog&#233; &#224; proximit&#233; &#8211; s'est r&#233;duite comme peau de chagrin. Dans un deuxi&#232;me temps, seuls 80 forains allaient rester sur la place pendant les travaux. Soi-disant choisis selon des crit&#232;res d'anciennet&#233; et d'assiduit&#233;&#8230; Mais chassez le client&#233;lisme, il revient au petit trot. &#192; la sortie d'une r&#233;union en mairie, le forain Bakouche l&#226;che &#224; une journaliste : &#171; &lt;i&gt; La discussion ? C'est pas une discussion, Madame, c'est une requalification. Ils requalifient les forains.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Tu veux que je te dise comment les 80 qui resteront ont &#233;t&#233; choisis ? Par cat&#233;gorie d'origine. Ils ont pris 20 de telle origine, 20 de telle autre, et ils ont nettoy&#233; le probl&#232;me comme &#231;a.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La place sera totalement ferm&#233;e pendant les travaux pour des raisons de s&#233;curit&#233; et de salubrit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, a finalement tranch&#233; une lettre adress&#233;e aux forains le 1er ao&#251;t 2018. Pompier pyromane, Mme Lota a eu le culot de rejeter la faute de l'annulation du phasage des travaux sur les forains : selon elle, ils allaient s'&#233;triper pour une place, mettant la client&#232;le en danger. Elle les somme de choisir un &#171; site de repli &#187; parmi huit propos&#233;s. Des sites inhospitaliers, o&#249; rien n'a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233; pour leur arriv&#233;e. Et puis, &#171; &lt;i&gt; la dame qui m'ach&#232;te du tissu, si elle cherche aussi des chaussures, je vais lui dire de prendre le bus et d'aller &#224; l'Estaque ?,&lt;/i&gt;interroge Rapha&#235;l. &lt;i&gt;Avec quoi ils pensent, &#224; la mairie, avec le cul ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sciemment divis&#233;s par communaut&#233;s, par statuts (journaliers, titulaires, pistonn&#233;s&#8230;), les gens du march&#233; ont r&#233;agi &#224; l'annulation du phasage des travaux. Tout le monde s'est retrouv&#233; nivel&#233; par le bas, partageant la m&#234;me pr&#233;carit&#233; quant &#224; leur avenir. R&#233;sultat, les rangs se sont resserr&#233;s. Les journaliers, qui ne participaient pas aux mobilisations parce qu'ils allaient de toute fa&#231;on &#171; gicler &#187;, se sont joints &#224; la protestation. En masse, plus de la moiti&#233; des marchands se sont affili&#233;s &#224; un m&#234;me syndicat, celui des march&#233;s de France, qui &#171; &lt;i&gt;d&#233;fend une &#233;thique des march&#233;s populaires&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Disperser les ind&#233;sirables&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les premi&#232;res manifs, la mairie a gagn&#233; une semaine de r&#233;pit avec la promesse d'une r&#233;union sous les auspices de la pr&#233;fecture. Jeudi 13 septembre &#224; 22 h 30, apr&#232;s trois heures de palabres, Mme Lota fait mine de c&#233;der sur un point. Alors qu'elle affirmait que les forains devraient se r&#233;inscrire individuellement une fois la place r&#233;nov&#233;e (ce qui est ill&#233;gal), voil&#224; qu'elle jure, par &#233;crit, que tous les titulaires seront r&#233;admis. Tous ? Sauf ceux qui auront chang&#233; de m&#233;tier, asphyxi&#233;s par trois ans de disette&#8230; Et les journaliers, sacrifi&#233;s sans consid&#233;ration. Si un des d&#233;l&#233;gu&#233;s est sorti les bras lev&#233;s en signe de victoire, un camarade l'a prestement ramen&#233; &#224; la r&#233;alit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Oh, tu es entr&#233; forain et tu ressors syndicaliste ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la question est de savoir comment survivre pendant le chantier. Pour la relocalisation provisoire, Mme Lota consent &#224; donner une semaine au syndicat pour &#171; mod&#233;liser &#187; sur plan une &#233;ventuelle installation sur le boulevard Chave, &#224; c&#244;t&#233; de la place. Mais d&#232;s le lendemain, la maire de secteur s'offusque &#224; l'id&#233;e de voir d&#233;bouler la smala dans son quartier. Deux jours plus tard, le directeur du service des emplacements passe en coup de vent pour distiller ce qu'on savait d&#233;j&#224; : malgr&#233; ce qu'avait annonc&#233; &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt; (&#171; &lt;i&gt;Ce sera Chave &lt;/i&gt; &#187;), la promesse n'engageait personne. Retour &#224; la case &#171; dispersion &#187;. &#192; une semaine du d&#233;but pr&#233;sum&#233; des travaux, l'incertitude r&#232;gne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ombre du chantier avance comme un monstre titubant, &#224; la fois &lt;i&gt;chapacan&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Chapacan &#187; : &#171; bras cass&#233; &#187;, en marseillais.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et pr&#234;t &#224; pi&#233;tiner tout ce qui permet ici la pr&#233;sence des ind&#233;sirables. Il est l&#224; pour durer, jusqu'&#224; ce que les gens oublient l'usage qu'ils avaient des lieux. Jusqu'&#224; provoquer suffisamment de faillites et de fuites d'habitants pour faire table rase avant que des investisseurs bien rencard&#233;s raflent la mise. Mais cette seconde &#233;tape dans des op&#233;rations sp&#233;culatives fait souvent pschitt &#224; Marseille. Les paysages urbains derni&#232;rement requalifi&#233;s ressemblent &#224; des d&#233;serts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'importe, G&#233;rard Chenoz a toujours le mot pour rire : &#171; &lt;i&gt;Les touristes, ils ne demandent pas qu'on enl&#232;ve les Arabes, &lt;/i&gt;blague-t-il &#224; la fin d'une r&#233;union avec des commer&#231;ants du quartier inquiets des effets d&#233;vastateurs du chantier. &lt;i&gt;Ils veulent juste qu'on balaye un peu plus les rues. Alors je pi&#233;tonnise et &#231;a va devenir un quartier branch&#233;. &lt;/i&gt; &#187; Et Hichem de traduire : &#171; &lt;i&gt; Chenoz ne parle pas comme un &#233;lu, mais comme un gouverneur colonial&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ils ont voulu la guerre &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a, parmi ces marchands ambulants qu'on regarde de haut, de vrais philosophes&#8200;de combat. Dolapo a &#233;tudi&#233; au South Bank Polytechnics de Londres avant que les al&#233;as de la vie l'am&#232;nent &#224; vendre des parfums et des sous-v&#234;tements f&#233;minins sur les march&#233;s du sud-est de la France : &#171; &lt;i&gt;Shakespeare disait que le bien que font les hommes est souvent oubli&#233; apr&#232;s leur mort, mais le mal, lui, persiste. C'est peut-&#234;tre ce petit go&#251;t d'immortalit&#233; que recherche Mme Lota en nous maltraitant ! &lt;/i&gt; &#187; Avant de partir d'un grand rire : &#171; &lt;i&gt;Mais c'est lui faire trop d'honneur. Cette dame n'a pas la carrure d'un personnage shakespearien ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 29 septembre, &#224; la fin du dernier march&#233;, s'est d&#233;roul&#233;e une sc&#232;ne encore inimaginable quelques jours auparavant. Une r&#233;union commune, o&#249; des forains et des foraines, les repr&#233;sentants de leur syndicat, des riveraines, des membres de l'assembl&#233;e de La Plaine, des jeunes d&#233;cid&#233;s &#224; ne pas laisser couper les arbres et quelques Insoumis ont partag&#233; un micro ouvert pour parler strat&#233;gie. Tristesse et col&#232;re &#233;taient &#233;troitement m&#234;l&#233;es. Mais aussi le sentiment qu'une situation in&#233;dite autorisait quelques espoirs. Tout n'est pas encore perdu. Que le vieux maire se sente oblig&#233; de recevoir des gens qu'il a ignor&#233;s, puis trait&#233;s &#8211; la veille encore &#8211; d'ill&#233;gitimes fauteurs de trouble, r&#233;v&#232;le l'instabilit&#233; de sa fin de r&#232;gne. Et prouve aussi que la cause de La Plaine est maintenant reconnue dans toute la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En verve, Hichem entreprenait ainsi un automobiliste coinc&#233; lors d'un blocage, le 7 septembre dernier : &#171; &lt;i&gt;O&#249; vous allez,&#8200;avec votre petite famille, quand vous voulez vous promener dans un endroit sympa, o&#249; les gens se m&#233;langent paisiblement ? Y a pas 36 solutions : sur les plages, au stade ou au march&#233; de La Plaine. Il faut d&#233;fendre La Plaine, Monsieur, c'est le c&#339;ur de Marseille ! &lt;/i&gt; &#187; Ayant grandi dans le quartier, le jeune homme &#224; la barbe en p&#233;tard a &#233;t&#233; berc&#233; par les chansons de Bob Marley dans l'&#233;picerie de son p&#232;re. Lui aussi utilise les armes de l'esprit : &#171; &lt;i&gt; Ils ont voulu la guerre et ils vont la perdre, parce qu'ils ne nous laissent aucune issue. Comment il s'appelait d&#233;j&#224;, le philosophe chinois des champs de bataille ? Il disait&lt;/i&gt; &#8220; Si tu veux prendre une ville, encercle-la, mais&#8200;laisse une porte de sortie pour que les faibles puissent s'enfuir. Sinon, s'il est accul&#233;, un gentil berger est capable de te tuer six ou sept soldats &#8221;. &lt;i&gt;Cette mairie, si elle voulait mettre le feu aux poudres, elle ne s'y prendrait pas autrement.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Derni&#232;re minute&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; nous bouclions notre &#233;dition papier, lundi 1er octobre, un sursis avait &#233;t&#233; obtenu. Le march&#233; devait revenir sur La Plaine... pour une semaine. Pendant ce temps, un nouveau phasage des travaux devait &#234;tre &#233;tudi&#233;. Selon le maire Gaudin, afin d'assurer la permanence &lt;i&gt;&#171; d'une quarantaine de forains sur la place &#187;&lt;/i&gt; pendant le chantier. Les 250 autres seraient toujours dispers&#233;s sur diff&#233;rents sites. &#192; l'encontre du seul mot d'ordre qui unit les forains : &lt;i&gt;&#171; On reste tous ensemble. &#187;&lt;/i&gt; Cette cacophonie prouve bien que rien n'a &#233;t&#233; pens&#233; s&#233;rieusement pour garantir l'avenir du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Ce march&#233; c'est ma f&#234;te &#224; moi &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mesdames&lt;/strong&gt;,&lt;i&gt; achetez chez moi. Ici mieux qu'en face. Lui il est arabe et moi je suis juif. Et vous savez ce que c'est un Juif ? Un Arabe intelligent ! &lt;/i&gt; &#187; &#199;a grince &#224; l'oreille ? Oui, mais c'est dit en rigolant, sur un lieu public noir de monde. Ces m&#234;mes mots prononc&#233;s sur un plateau de t&#233;l&#233;vision seraient malsains. Ici, les frictions se th&#233;&#226;tralisent, et c'est dans la confrontation &#224; l'air libre que les pr&#233;jug&#233;s se d&#233;sarment. &#171; &lt;i&gt;Mais qu'est-ce que je ferais sans vous, &lt;/i&gt;s'alarme une vieille dame.&lt;i&gt; Ce march&#233;, c'est ma sortie, ma f&#234;te &#224; moi ! &lt;/i&gt; &#187; Popeye, le marchand d'olives, lui r&#233;pond sur un ton aigre-doux : &#171; &lt;i&gt;Faudra aller chez Monop'.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Mais c'est loin. Et c'est trop cher. Et puis c'est triste &#224; mourir, personne ne se parle.&lt;/i&gt; &#187; Voil&#224; comment r&#233;agissent les usagers &#224; la fermeture imminente de La Plaine. Voil&#224; pourquoi une mamie maghr&#233;bine a cuisin&#233; un couscous pour 40 personnes, qu'elle distribue dans le parc, aux forains, aux clientes, aux enfants du quartier. Pas besoin de carte d'identit&#233;, c'est &#171; &lt;i&gt; en solidarit&#233; avec le march&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thierry en a l'&#339;il humide : &#171; &lt;i&gt;Petit, je jouais dans les magnolias pendant que mes parents vendaient l&#224;. J'ai appris le m&#233;tier en aidant ma grand-m&#232;re, qui avait h&#233;rit&#233; la place de son p&#232;re, arriv&#233; ici dans les ann&#233;es 1930.&lt;/i&gt; &#187; De Thessalonique, en Gr&#232;ce. &#171; &lt;i&gt;On est commer&#231;ants de m&#232;re en fils, depuis longtemps, parce qu'en Espagne, avant l'expulsion des juifs et musulmans au XVIe si&#232;cle, ils n'avaient pas le droit de poss&#233;der la terre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si l'expulsion se poursuivait, Marie-Louise Lota, &#233;lue charg&#233;e des march&#233;s, l'a dit et r&#233;p&#233;t&#233; : &#171; &lt;i&gt;Je n'ai rien contre vous, mais vous attirez une population qu'on ne veut plus voir en ville. &lt;/i&gt; &#187; La vieille garde municipale parle cash. Elle veut se&#171; &lt;i&gt;d&#233;barrasser de la moiti&#233; des habitants, le c&#339;ur de ville m&#233;rite autre chose, on a besoin de gens qui cr&#233;ent de la richesse &lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Valette, ex-adjoint au maire d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; l'urbanisme, dans Le Figaro du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&#8230; Mais qui cr&#233;e la richesse ? Les fonds de pension et les g&#233;ants du BTP ? Ou les dizaines de milliers de petites mains qui, en se bricolant une vie, ont toujours anim&#233; les rues d'un centre-ville d&#233;sert&#233; par la bourgeoisie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un client parle de l'esprit du march&#233; : &#171; &lt;i&gt;L'autre jour, une femme pleurait parce qu'elle venait de se faire voler son porte-monnaie. Deux jeunes forains essouffl&#233;s le lui ont ramen&#233;. Ils avaient cours&#233; le voleur et r&#233;cup&#233;r&#233; l'argent. C'est &#231;a aussi, La Plaine. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire aussi&lt;/h3&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&#171; Marseille &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Marseille-La-Plaine-quartier-libre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La Plaine, quartier libre&lt;/a&gt; &#187;&lt;/strong&gt;, paru dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;138 (d&#233;cembre 2015).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&#171; La Plaine souveraine &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Marseille-Quartier-Debout' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Marseille, quartier debout !&lt;/a&gt; &#187;&lt;/strong&gt;, paru dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;144 (juin 2016).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&#171; Plaine, &#244; ma Plaine &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Un-quartier-a-cran' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Un quartier &#224; cran&lt;/a&gt; &#187;&lt;/strong&gt;, paru dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;168 (septembre 2018).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&#171; Urbanisme &#224; la tron&#231;onneuse &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/La-Plaine-emmuree' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La Plaine emmur&#233;e&lt;/a&gt; &#187;&lt;/strong&gt;, paru dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;170 (novembre 2018).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;G&#233;rard Chenoz, adjoint au maire charg&#233; des Grands projets d'attractivit&#233; et pr&#233;sident de la Soleam, &#233;tablissement public &#224; la man&#339;uvre dans les op&#233;rations de r&#233;novation urbaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Chapacan &#187; : &#171; bras cass&#233; &#187;, en marseillais.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Claude Valette, ex-adjoint au maire d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; l'urbanisme, dans &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; du 18/11/2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Edito et sommaire du n&#176;169</title>
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		<dc:date>2018-10-05T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alessi Dell'Umbria, L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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&lt;p&gt;En kiosque ! En une : &#034;Le march&#233; n'aime pas le bazar (guerre aux march&#233;s populaires)&#034; par Cyop&amp;Kaf. -* Edito Actus d'ici et d'ailleurs Focus et analyses Pr&#233;sentation du dossier Sommaire du dossier Et aussi &#201;dito : La mer &#224; boire &#171; Les trois quarts des Fran&#231;ais approuvent le refus d'Emmanuel Macron d'accueillir le bateau humanitaire Aquarius&#8230; mais une majorit&#233; a, &#8220;en m&#234;me temps&#8221;, une bonne opinion des ONG qui aident les migrants &#187;, nous renseigne Le Figaro apr&#232;s un &#233;ni&#232;me sondage (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En kiosque !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En une : &#034;Le march&#233; n'aime pas le bazar (guerre aux march&#233;s populaires)&#034; par &lt;a href=&#034;http://www.cyopekaf.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cyop&amp;Kaf&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;#Edito&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;Edito&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;#Actus&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;Actus d'ici et d'ailleurs&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;#Focus&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;Focus et analyses&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;#Dossier&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;Pr&#233;sentation du dossier&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;#SommaireDossier&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;Sommaire du dossier&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;#EtAussi&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;Et aussi&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;Edito&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;dito : La mer &#224; boire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les trois quarts des Fran&#231;ais approuvent le refus d'Emmanuel Macron d'accueillir le bateau humanitaire&lt;/i&gt; Aquarius&lt;i&gt;&#8230; mais une majorit&#233; a, &#8220;en m&#234;me temps&#8221;, une bonne opinion des ONG qui aident les migrants &#187;&lt;/i&gt;, nous renseigne &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; apr&#232;s un &#233;ni&#232;me sondage sur les angoisses de mar&#233;es migratoires agitant nos fiers concitoyens. M&#233;chamment d&#233;sarm&#233; &#224; l'heure d'expliquer un tel r&#233;sultat, Ga&#235;l Sliman, pr&#233;sident de l'institut Odoxa, file la m&#233;taphore psychiatrique : les Fran&#231;ais sont &lt;i&gt;&#171; totalement paradoxaux voire schizophr&#232;nes sur cette question de l'accueil des migrants &#187;&lt;/i&gt;. D'ici &#224; ce que les sond&#233;s soient pri&#233;s d'avaler quelques comprim&#233;s de lithium avant de r&#233;pondre, en toute coh&#233;rence, aux questions des instituts...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; par le tr&#232;s droitier site Atlantico, un sondage du 18 ao&#251;t permet de se faire une id&#233;e du genre de questions soumises au populo : &lt;i&gt;&#171; &#202;tes-vous favorable ou oppos&#233; &#224; ce que les migrants qui arrivent par dizaines de milliers sur les c&#244;tes grecques et italiennes soient r&#233;partis dans les diff&#233;rents pays d'Europe et &#224; ce que la France en accueille une partie ? &#187;&lt;/i&gt; Ce qui frappe d'embl&#233;e n'importe quel porteur d'esgourdes, c'est la quantit&#233; : &lt;i&gt;&#171; dizaines de milliers &#187;&lt;/i&gt;. On ferme les yeux et on le verrait presque : cet encerclement de mis&#232;re qui grandit et menace. Toutes ces bouches &#224; nourrir, ces corps &#224; h&#233;berger, ces cerveaux &#224; &#233;duquer alors qu'on nous r&#233;p&#232;te &#224; longueur de jit&#233;s et de chroniques &#233;conomiques que c'est en multipliant les serrages de ceinture qu'on sauvera notre mod&#232;le social du naufrage. Sachant qu'en outre l'&#233;poque ne s'embarrasse plus vraiment de pincettes question x&#233;nophobie, faut pas s'&#233;tonner que 54 % des interrog&#233;s fassent la grimace et acceptent de renvoyer les fam&#233;liques dans leur pays de d&#233;sert ou de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au printemps, une dizaine de bateaux humanitaires maraudaient encore en M&#233;diterran&#233;e. Aujourd'hui, seul l'&lt;i&gt;Aquarius&lt;/i&gt; reste en lice, coinc&#233; au large de Malte avec &#224; son bord (gaffe &#224; la d&#233;ferlante invasive) : 58 naufrag&#233;s. Le &lt;i&gt;duce &lt;/i&gt; Salvini ayant fait pression sur le Panama, ce dernier a r&#233;voqu&#233; le pavillon accord&#233; au navire de SOS M&#233;diterran&#233;e. Voil&#224; l'Aquarius clou&#233; &#224; flots. Excit&#233; par la prochaine mise &#224; mort de ce &#171; bateau pirate &#187;, le d&#233;put&#233; LR Guillaume Larriv&#233; barjaquait : &lt;i&gt;&#171; On doit saisir le bateau et on doit organiser le retour de ces personnes qui sont sur le bateau vers les c&#244;tes sud de la M&#233;diterran&#233;e, ce ne sont pas des r&#233;fugi&#233;s. &#187;&lt;/i&gt; Si on pouvait foutre tous ces perturb&#233;s de la glande x&#233;nophobe sur un bateau de croisi&#232;re destination l'Antarctique, voire Pluton, les vacances que &#231;a nous ferait. On renouerait m&#234;me avec un minimum de sant&#233; psychique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;Actus&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Actu de par ici et d'ailleurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les derni&#232;res nouvelles de la Zad d'Alsace - La rocade autorouti&#232;re au forceps &gt;&lt;/strong&gt; Malgr&#233; une forte opposition populaire, les travaux du Grand Contournement ouest (GCO) de Strasbourg viennent de d&#233;buter. Pour aider Vinci &#224; d&#233;fricher la for&#234;t de Kolbsheim, police et justice se sont mises au garde-&#224;-vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retour sur les ann&#233;es Action directe - Jean-Marc Rouillan : &#171; On a choisi d'assumer &#187;&lt;/strong&gt; &gt; Militant r&#233;volutionnaire et &#233;crivain, Jean-Marc Rouillan a tenu quelques ann&#233;es une chronique carc&#233;rale dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. Il vient de publier aux &#233;ditions Agone un livre revenant sur sa participation &#224; Action directe, mouvement de lutte arm&#233;e actif en France de 1977 &#224; 1987. Le moment id&#233;al pour lui laisser la parole...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ca-s-est-passe-comme-ca-chez' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Malbouffe et lutte pour l'emploi - &#199;a c'est pass&#233; comme &#231;a chez McDonald's&#8230; &gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#192; Marseille, au c&#339;ur des quartiers Nord min&#233;s par le ch&#244;mage, le McDo de Saint-Barth&#233;lemy repr&#233;sente bien plus qu'un simple restaurant. Ulc&#233;r&#233;e par la t&#233;nacit&#233; de ce bastion syndical, la multinationale a tente de le liquider, mais elle a trouv&#233; &#224; qui parler.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2578 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L438xH400/-843-b7279.jpg?1779603373' width='438' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Kalem
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;moires tortur&#233;es - Maurice Audin et les fant&#244;mes de la guerre fran&#231;aise en Alg&#233;rie &gt;&lt;/strong&gt; Le 13 septembre, Emmanuel Macron a reconnu que la disparition de Maurice Audin, enlev&#233; &#224; son domicile alg&#233;rois par des militaires fran&#231;ais, le 11 juin 1957, &lt;i&gt;&#171; a &#233;t&#233; rendue possible par un syst&#232;me dont les gouvernements successifs ont permis le d&#233;veloppement : le syst&#232;me appel&#233; &#8220; arrestation-d&#233;tention &#8221; &#187;&lt;/i&gt;. Et l'&#201;lys&#233;e de promouvoir &lt;i&gt;&#171; une volont&#233; nouvelle de r&#233;conciliation des m&#233;moires et des peuples fran&#231;ais et alg&#233;rien &#187;&lt;/i&gt;. Pour &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, l'historien Nedjib Sidi Moussa revient sur cette sombre p&#233;riode, au risque d'entrouvrir d'autres placards &#224; fant&#244;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reportage &#224; la F&#234;te du cochon de Hayange - &#171; Vous allez me faire pleurer&#8230; &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Vall&#233;e encaiss&#233;e, ville oubli&#233;e. Hayange, ancien c&#339;ur flamboyant de la sid&#233;rurgie mosellane, n'a plus depuis les ann&#233;es 1980 que ses yeux pour pleurer. &#199;a, et une triste notori&#233;t&#233; : en 2014, elle s'est donn&#233;e &#224; un maire frontiste, Fabien Engelmann. Chaque ann&#233;e, celui-ci y organise une F&#234;te du cochon, kermesse pr&#233;texte &#224; un racisme d&#233;brid&#233;. Plong&#233;e dans un monde perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;Focus&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Focus et analyses&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Regards sur un pays &#224; la d&#233;rive - Venezuela : complots, exode et d&#233;composition &gt;&lt;/strong&gt; L'enlisement du Venezuela dans les mar&#233;cages hydrocarbur&#233;s d'un r&#233;gime de plus en plus ubuesque reste source d'une grande interrogation. Le chercheur en science politique Fabrice Andreani et le journaliste Marc Saint-Up&#233;ry ont &#224; nouveau accord&#233; leurs violons pour nous livrer de concert une analyse plut&#244;t serr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Antimilitarisme - La kaki au presse-pur&#233;e &gt;&lt;/strong&gt; C'est un petit bouquin qui p&#232;se pas lourd mais en envoie. Tristan L&#233;oni est l'auteur de &lt;i&gt;Manu militari ? &#8211; Radiographie critique de l'arm&#233;e&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Publi&#233; en 2018 aux &#233;ditions du Monde &#224; l'envers&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Il se demande entre autres pourquoi la Grande Muette a disparu des &#233;crans radars de la critique sociale. &#201;l&#233;ments de r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Points de vue - Territoires en lutte contre Grands Projets &gt;&lt;/strong&gt; Dans son dernier livre, &lt;i&gt;Le Monde des Grands Projets et ses ennemis&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Publi&#233; aux &#233;ditions La D&#233;couverte en 2018.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, Serge Quadruppani explore les nouveaux territoires de lutte et les forces qui s'y confrontent. &#192; son tour, Charles Reeve partage avec les lecteurs de &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt; quelques r&#233;flexions autour de ce petit essai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;Dossier&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dossier : Le march&#233; n'aime pas le bazar (guerre aux march&#233;s populaires)&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2579 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH353/-844-r90-1b382.jpg?1780010080' width='500' height='353' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Marine Summercity
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samedi 29 septembre, &#224; Marseille.&lt;/strong&gt; L'atmosph&#232;re sur le march&#233; de La Plaine est inhabituellement lourde, partag&#233;s que nous sommes entre la col&#232;re et la tristesse. Officiellement, c'est le dernier jour, le dernier march&#233;&#8230; Les travaux sont annonc&#233;s pour la semaine suivante. La municipalit&#233; en a d&#233;cid&#233; ainsi, bafouant tout &#224; la fois et sans le moindre &#233;gard trois cents forains et les milliers de gens qui le fr&#233;quentent depuis l'an p&#232;bre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le march&#233;, c'&#233;tait un &#233;v&#233;nement&lt;/strong&gt;, souvent hebdomadaire, sur un site qui pouvait ensuite accueillir d'autres activit&#233;s. On pouvait y d&#233;ambuler en plein air sans but pr&#233;cis, et m&#234;me sans acheter, pour le pur plaisir des sens et pour les occasions de rencontre qu'il offrait. Qui donc aurait l'id&#233;e d'aller fl&#226;ner sous la lumi&#232;re blafarde d'un hypermarch&#233;, o&#249; les clients ont l'allure afflig&#233;e de ceux qui accomplissent une corv&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous avons tous entendu parler de la libert&#233; du commerce&lt;/strong&gt;, ce mantra qu'&#233;conomistes et politiciens r&#233;p&#232;tent en boucle depuis si longtemps. Libert&#233; toute relative, car le discours lib&#233;ral peine &#224; dissimuler une &#233;vidence : le libre jeu de la concurrence s'op&#232;re toujours en fonction de rapports de force et vers des positions de monopole. Si la tendance &#224; la concentration est inh&#233;rente &#224; la production de la marchandise, elle l'est aussi concernant la distribution. N'entre pas qui veut dans le &lt;i&gt;game&lt;/i&gt;&#8230; Nous en savons quelque chose, apr&#232;s avoir vu dans le Marseille des ann&#233;es 1980 la municipalit&#233; et la chambre de commerce d&#233;noncer d'une m&#234;me voix le &lt;i&gt;trabendo&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Commerce informel.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; qui amenait &#224; La Joliette et &#224; Belsunce tant de jeunes Alg&#233;rois et Oranais&#8230; Au final, ces notables moisis auront r&#233;ussi &#224; casser l'une des derni&#232;res activit&#233;s qui faisaient encore de Marseille une ville portuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'y a-t-il de comparable&lt;/strong&gt; entre une multinationale qui fait fabriquer ses produits en Asie du Sud-Est et les &#233;coule sur le march&#233; de gros en Europe et, tout en bout de cha&#238;ne, un petit revendeur ind&#233;pendant qui d&#233;taille sur le march&#233; de son quartier un modeste stock de ces m&#234;mes produits ? L'un comme l'autre participent certes d'un m&#234;me circuit, mais &#224; des &#233;chelles tellement diff&#233;rentes que toute comparaison serait d&#233;plac&#233;e. Le revendeur qui d&#233;balle sur le march&#233; est s&#251;rement plus proche de ses clients que de ses fournisseurs. Et sa position s'av&#232;re d'une grande pr&#233;carit&#233; face &#224; un double rouleau compresseur : la multiplication des centres commerciaux en p&#233;riph&#233;rie et la transformation du centre-ville en parc th&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le projet de la mairie consiste &#224; expulser les forains&lt;/strong&gt; de La Plaine pour reconfigurer celle-ci &#8211; deux ans et demi de travaux annonc&#233;s, qui feront le vide tout autour. L'intention d&#233;clar&#233;e est que des brasseries telles qu'on en voit sur le Vieux-Port et au cours d'Estienne-d'Orves viennent ensuite occuper l'espace avec leurs terrasses : le meilleur moyen de couper court &#224; ces &lt;i&gt;&#171; usages d&#233;viants &#187;&lt;/i&gt; de l'espace que pointait le cahier des charges&#8230; Aussi le march&#233;, avec ses bruits et ses odeurs, avec ses arrangements et ses bons plans, devient-il un archa&#239;sme face aux imp&#233;ratifs de la marchandise devenue totalitaire : trop d'angles morts, trop de d&#233;sordre, trop de salet&#233;, dit-on &#224; la chambre de commerce&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le maire (LR) du 4e secteur de Marseille, Yves Moraine, d&#233;fend ce projet&lt;/strong&gt; en disant qu'il ne croit qu'aux bienfaits de l'initiative priv&#233;e pour assurer l'entretien de l'espace public. La distinction classique entre espace public et priv&#233; s'efface ici devant l'imp&#233;ratif de valoriser tout territoire urbain, y compris celui actuellement occup&#233; trois matin&#233;es par semaine par un march&#233; et pour le reste, par divers habitants et habitu&#233;s qui s'y livrent &#224; des activit&#233;s scandaleusement gratuites &#8211; jouer au ballon ou aux boules, tra&#238;ner sur les bancs en bavardant, organiser des festivit&#233;s sans autorisation&#8230; Ce que dit froidement ce Moraine, avocat d'affaires par ailleurs, c'est que ce march&#233; o&#249; tant de gens modestes viennent faire leurs emplettes ne g&#233;n&#232;re pas assez de valeur et doit donc dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; On vend beaucoup de merde sur ce march&#233; &#187; &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, a dit Marie-Louise Lota, l'&#233;lue municipale en charge des march&#233;s. Pourtant&#8230; Tel forain d'origine arm&#233;nienne nous raconte que ses parents vendaient sur le march&#233; de La Plaine des v&#234;tements qu'ils fabriquaient eux-m&#234;mes, tailleurs et couturiers artisanaux ; quand il reprit leur affaire, il fut plus facile pour lui de vendre des jeans, qu'il faisait fabriquer expr&#232;s ; puis arriva, avec l'ouverture des march&#233;s au niveau mondial, le textile chinois : il dut se r&#233;signer &#224; vendre ces articles bon march&#233;. Le forain en question conclut en disant : &lt;i&gt;&#171; Ce sont ces politiques qui ont fait entrer les produits chinois sur les march&#233;s europ&#233;ens, et ils ont le culot de nous reprocher maintenant de vendre du bas de gamme ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand la m&#234;me client&#232;le va acheter les m&#234;mes produits&lt;/strong&gt; dans l'un des hypermarch&#233;s dont la Ville a encourag&#233; la multiplication en p&#233;riph&#233;rie, elle ne g&#234;ne personne. Condamn&#233;s &#224; la r&#233;clusion dans les &lt;i&gt;shopping malls&lt;/i&gt;, nous sommes invit&#233;s &#224; laisser le centre-ville &#224; des n&#233;o-habitants n&#233;s sous d'autres poutres apparentes. Ce qui g&#234;ne le bourgeois, c'est que des gueux occupent un espace qui pourrait &#234;tre investi par de grosses affaires, brasseries, restaurants chics et boutiques franchis&#233;es, et qu'en regard de ces perspectives de d&#233;veloppement commercial, l'espace en question se trouve d&#233;valoris&#233; par notre pr&#233;sence. La Soleam ne se prive pas de faire miroiter aux propri&#233;taires d'appartements de La Plaine la perspective d'une plus-value immobili&#232;re apr&#232;s r&#233;novation&#8230; Quant au march&#233;, une fois d&#233;gag&#233;s les forains et leurs clients, toute cette &lt;i&gt;&#171; population ind&#233;sirable &#187;&lt;/i&gt;, il serait remplac&#233; par quelques stands exposant des produits typiques et pittoresques &#8211; o&#249; le savon de Marseille que nous achetions &#224; 1 &#8364; 50 le cube de 300 grammes sera vendu &#224; 6 ou 7 &#8364;, savamment emball&#233; et pr&#233;sent&#233;. Et les caf&#233;s o&#249; nous nous retrouvions pour l'ap&#233;ro en fin de march&#233; seraient eux aussi &lt;i&gt;&#171; mont&#233;s en gamme &#187;&lt;/i&gt;, selon l'expression favorite des am&#233;nageurs&#8230; Des Starbucks et autres enseignes surgiraient alors autour de la place, selon un sch&#233;ma d&#233;j&#224; &#233;prouv&#233; &#224; Marseille dans le p&#233;rim&#232;tre Eurom&#233;diterran&#233;e &#8211; la mairie a annonc&#233; qu'elle pr&#233;empterait les locaux commerciaux qui ne manqueraient pas de se lib&#233;rer apr&#232;s les faillites cons&#233;cutives &#224; un chantier si long.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le march&#233;, l'agora de nos anc&#234;tres grecs&lt;/strong&gt;, fut longtemps l'espace public par excellence. &lt;i&gt;&#171; Achat et vente &#233;taient l'occasion de commercer au sens ancien (et vieilli, h&#233;las) de ce mot : d'entretenir des relations amicales, d'&#233;changer des id&#233;es. C'&#233;tait aussi le moment o&#249; l'on d&#233;battait de la vie de la cit&#233;, c'est-&#224;-dire de politique.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;En somme la circulation des marchandises et de l'argent &#233;tait imbriqu&#233;e dans une circulation plus g&#233;n&#233;rale d'information et de d&#233;cisions.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;En d&#233;crivant ce qui pr&#233;c&#232;de, j'ai d&#233;lib&#233;r&#233;ment employ&#233; le pass&#233;, car, comme chacun peut le constater, les march&#233;s se font rares dans l'&#233;conomie de march&#233;. &#192; tout prendre, mieux vaudrait parler d' &#8220; &#233;conomie d'hypermarch&#233; &#8221;, avec tout ce que cela comporte de choix impos&#233;s, de d&#233;localisation, d'anonymat, de somnambulisme. &#187;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Guillaume Paoli, &#171; March&#233;s obligataires &#187;, in &#034;&#201;loge de la d&#233;motivation&#034;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; Aujourd'hui, la d&#233;fense du march&#233; de La Plaine offre l'occasion de revendiquer l'agora comme lieu et moment de ce d&#233;bat effectif, si longtemps &#233;touff&#233; par le spectacle de la politique.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par Al&#232;ssi Dell'Umbria&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;SommaireDossier&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Au sommaire du dossier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Sur-La-Plaine-le-marche-des' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Marseille : guerre aux ind&#233;sirables - Sur La Plaine, le march&#233; des derniers jours &gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; Bien d&#233;cid&#233;e &#224; &#171; requalifier &#187; la plus grande place de Marseille, la mairie a pour abc&#232;s de fixation le march&#233; qui y campe trois fois par semaine et attire une population qu'on ne veut plus voir en ville. C'est que le souk, le bazar et toute la smala des vendeurs de rue incarnent aux yeux des &#233;lites un commerce honteux qu'il faut &#233;radiquer &#224; tout prix. Mais plus que la fin d'un march&#233; populaire, c'est l'essence m&#234;me d'une ville portuaire que l'on condamne &#224; mort. Chronique sur le vif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entretien avec Michel Peraldi - &#034;L'esprit du bazar &#233;tait pr&#233;sent &#224; Marseille&#034; &gt;&lt;/strong&gt; Le sociologue Michel Peraldi a pass&#233; une bonne partie de sa vie &#224; explorer les m&#233;andres d'activit&#233;s commerciales souvent d&#233;nigr&#233;es et refoul&#233;es : le bazar des immigr&#233;s dans les quartiers phoc&#233;ens de Belsunce, Noailles et les Aygalades. &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt; l'a fait parler de cette histoire &#224; la fois centrale et souterraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;March&#233; international de gros - Chez la &#171; mafia &#187; de la palette &gt;&lt;/strong&gt; &#192; Perpignan, le march&#233; Saint-Charles est une zone d'&#233;clatement qui distribue fruits et l&#233;gumes vers toute l'Europe. Dans ses entrep&#244;ts trime une main- d'&#339;uvre pour laquelle le droit du travail est aussi fluctuant que les cours boursiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bazar azt&#232;que - Tepito, c&#339;ur palpitant de Mexico &gt;&lt;/strong&gt; Se promener dans le march&#233; de rue de Tepito est une exp&#233;rience unique. Au sein de l'immense ville, en plein XXIe si&#232;cle, se d&#233;ploie une sorte de caverne d'Ali Baba peupl&#233;e de mille et un m&#233;tiers, mille et une marchandises. Ici, les murs disent que &#171; tout est &#224; vendre, sauf la dignit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans les rues de Naples - Il vasto mondo degli ambulanti &gt;&lt;/strong&gt; Au pied du V&#233;suve, la vente de rue et ses &lt;i&gt;bancarelle&lt;/i&gt; escamotables sont vieilles comme le monde. Les pauvres y ont invent&#233; des codes, des gestes et une langue qui clament une richesse entrevue. Africains et autochtones s'y c&#244;toient aujourd'hui. Mais ce n'est pas du go&#251;t de tout le monde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;EtAussi&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2581 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH376/-846-b3e41.jpg?1780010080' width='500' height='376' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Claire Favre-Taylaz
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et aussi...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;rie TV - Des dieux sans foi ni loi &gt;&lt;/strong&gt; C'&#233;tait l'une des questions centrales de l'&#233;pisode pr&#233;c&#233;dent de cette chronique, qui portait sur &lt;i&gt;The Americans&lt;/i&gt; : qu'est-ce qu'&#234;tre am&#233;ricain (quand on bosse pour le KGB) ? Ce mois-ci, variante sur le m&#234;me th&#232;me, avec l'excellente s&#233;rie &lt;i&gt;American Gods&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Publi&#233; en 2018 aux &#233;ditions du Monde &#224; l'envers&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Publi&#233; aux &#233;ditions La D&#233;couverte en 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Commerce informel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Guillaume Paoli, &#171; March&#233;s obligataires &#187;, in &#034;&#201;loge de la d&#233;motivation&#034;, Lignes 2008, pp.31/32.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>22, v'la la presse !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/22-v-la-la-presse</link>
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		<dc:date>2011-05-09T07:04:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Anne Boutoleau</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#192; Belleville, les biffins et leurs &#171; march&#233;s de la mis&#232;re &#187; sont les nouvelles proies de la chasse aux pauvres. Une fringante &#171; brigade sp&#233;ciale de terrain &#187; de la police nationale quadrille d&#233;sormais le quartier. Avec, en renfort, les quotidiens parisiens. Belleville. Ce quartier populaire de Paris, qui abrite l'un des principaux march&#233;s de chiffonniers de la capitale, est de plus en plus pris&#233; par les veinards pouvant pr&#233;senter de belles fiches de paye. Comme d'ordinaire dans ce cas, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no87-mars-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;87 (mars 2011)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Medias-8" rel="tag"&gt;M&#233;dias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/police" rel="tag"&gt;police&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Belleville" rel="tag"&gt;Belleville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/marches" rel="tag"&gt;march&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Parisien" rel="tag"&gt;Parisien&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/BST" rel="tag"&gt;BST&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Belleville, les biffins et leurs &#171; march&#233;s de la mis&#232;re &#187; sont les nouvelles proies de la chasse aux pauvres. Une fringante &#171; brigade sp&#233;ciale de terrain &#187; de la police nationale quadrille d&#233;sormais le quartier. Avec, en renfort, les quotidiens parisiens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Belleville&lt;/strong&gt;. Ce quartier populaire de Paris, qui abrite l'un des principaux march&#233;s de chiffonniers de la capitale, est de plus en plus pris&#233; par les veinards pouvant pr&#233;senter de belles fiches de paye. Comme d'ordinaire dans ce cas, leur arriv&#233;e s'accompagne d'op&#233;rations visant &#224; chasser les plus gueux. En janvier dernier, une nouvelle &#233;tape a &#233;t&#233; franchie avec la cr&#233;ation d'une &#171; brigade sp&#233;ciale de terrain &#187; de la police nationale. D&#233;sormais, la bleusaille, accompagn&#233;e de suppl&#233;tifs municipaux, quadrille le quartier pour mettre fin aux &#171; march&#233;s de la mis&#232;re &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une campagne de presse, illustr&#233;e de jolies photos, a escort&#233; l'arriv&#233;e de ces nouveaux k&#233;pis chasse-mis&#232;re : &lt;i&gt;&#171; Nom de code : BST, pour brigade sp&#233;cialis&#233;e de terrain de Belleville. Le pr&#233;fet de police de Paris a annonc&#233; hier la cr&#233;ation de cette unit&#233; de police et son entr&#233;e en fonction d&#232;s lundi &#187;&lt;/i&gt;, claironnait &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; dans son &#233;dition du 22 janvier dernier. En f&#233;vrier, ce sont les gratuits &lt;i&gt;20 Minutes&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Direct Matin&lt;/i&gt; qui bombardent l'&#233;v&#232;nement en une.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous sommes bien conscients de la dimension sociale des march&#233;s de la mis&#232;re, conc&#233;daient les &#233;lus du Xe et du XIe arrondissement dans Le Parisien du 20 janvier. Mais, dans l'imm&#233;diat, notre priorit&#233;, c'est de lib&#233;rer l'espace occup&#233; par le march&#233; sauvage. &#187;&lt;/i&gt; Au journaliste, plus l&#232;che-cul que fouille-merde, de conclure que &lt;i&gt;&#171; la solution viendra peut-&#234;tre de la BST du bas-Belleville que la pr&#233;fecture de police va mettre en place. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 janvier, le jour de la premi&#232;re patrouille, Patrick Bloche, le maire socialiste du XIe arrondissement, soutient dans &lt;i&gt;20 Minutes&lt;/i&gt; que les pauvres sont ravis d'&#234;tre expuls&#233;s : &lt;i&gt;&#171; La population de Belleville, qui est d&#233;j&#224; pr&#233;caris&#233;e, a parfois le sentiment d'&#234;tre d&#233;laiss&#233;e, abandonn&#233;e. La visibilit&#233; de cette brigade sera d&#233;terminante pour am&#233;liorer la qualit&#233; de vie dans le quartier. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours apr&#232;s la mise en place de la brigade, les journalistes du &lt;i&gt;Parisien&lt;/i&gt; (20/02/11) et de &lt;i&gt;20 Minutes&lt;/i&gt; (11/02/11) retournent sur le terrain. Tout en flagornerie, le quotidien du groupe Amaury tresse des colliers de fleurs &#224; la gent polici&#232;re : &lt;i&gt;&#171; La nouvelle brigade [&#8230;] &#233;tait en effet tr&#232;s attendue par les habitants&lt;/i&gt; [Ha ?] &lt;i&gt;et les &#233;lus des environs du carrefour Belleville. &#187;&lt;/i&gt; Les deux journaux citent les m&#234;mes propos du pr&#233;fet, pour qui ses troupes doivent &lt;i&gt;&#171; &#233;tablir un contact plus affirm&#233; avec la population. &#187;&lt;/i&gt; Cependant, le brave homme semble un peu honteux : &lt;i&gt;&#171; Notre but n'est pas de devenir une brigade anti-vente &#224; la sauvette &#187;&lt;/i&gt;, explique-t-il, tout en soulignant que &lt;i&gt;&#171; ce sera bien &#233;videmment une de nos priorit&#233;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trop occup&#233; &#224; avaler les couleuvres pr&#233;fectorales, &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; peine &#224; percevoir l'efficacit&#233; toute relative de la pr&#233;sence polici&#232;re : &lt;i&gt;&#171; &#192; la sortie du m&#233;tro, les hommes de la BST pressent les derniers vendeurs de partir. Menace de contr&#244;les, &#233;clats de voix, cohue et confusion&#8230; L'ambiance est &#233;lectrique, mais le carrefour Belleville finira par s'&#233;claircir. Le march&#233; de la mis&#232;re se reformera quelques minutes plus tard un peu plus loin. &#8220;C'est vrai que &#231;a ne fait que d&#233;placer les probl&#232;mes. Mais au moins&#8230; plus devant chez nous&#8221; &#187;&lt;/i&gt;, commente un riverain satisfait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si son confr&#232;re sert la soupe, &lt;i&gt;20 Minute&lt;/i&gt;s se veut l&#233;g&#232;rement plus ironique : &lt;i&gt;&#171; Les Bellevillois n'avaient jamais vu autant de bleu dans la rue &#187;&lt;/i&gt;, note-t-il, n'h&#233;sitant pas &#224; &#233;crire que cette nouvelle brigade&lt;i&gt; &#171; se veut plus muscl&#233;e &#187;&lt;/i&gt; que l'Unit&#233; territoriale de quartier (Uteq) qui l'a pr&#233;c&#233;d&#233;e. Au d&#233;tour d'un verbe, le quotidien gratuit doute m&#234;me de la performance du dispositif : &lt;i&gt;&#171; Des rondes quotidiennes cens&#233;es affirmer une pr&#233;sence polici&#232;re forte, endiguer le ph&#233;nom&#232;ne des march&#233;s &#224; la sauvette et lutter contre les trafics. &#187;&lt;/i&gt; Et m&#234;me s'il ne peut s'emp&#234;cher de conclure sur une agression de policiers &#224; Asni&#232;res-Gennevilliers &#8211; qui subit la m&#234;me exp&#233;rience &#8211;, le quotidien donne aussi la parole aux biffins et &#224; une habitante les soutenant, ce que son coll&#232;gue payant se garde bien de faire. Alors, &#224; quoi bon payer pour cette presse-l&#224; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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