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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Concerto pour insurg&#233;s</title>
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		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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&lt;p&gt;Salut &#224; toi la Chilienne / Salut &#224; toi l'&#201;quatorien / Salut &#224; toi la V&#233;n&#233;zu&#233;lienne / Salut &#224; toi l'Ha&#239;tien / Salut &#224; toi la Bolivienne / Salut &#224; toi le Hongkongais / Salut &#224; toi la Tunisienne / Salut &#224; toi l'Irakien / Salut &#224; toi la Libanaise / Salut &#224; toi l'Alg&#233;rien / Salut &#224; toi la Catalane / Etc. Aux quatre coins du monde, &#231;a d&#233;gonde. Au Chili, depuis le 18 octobre, des milliers de personnes descendent quotidiennement dans la rue pour faire entendre leur ras-le-bol. L'&#233;tincelle qui a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Salut &#224; toi la Chilienne / Salut &#224; toi l'&#201;quatorien / Salut &#224; toi la V&#233;n&#233;zu&#233;lienne / Salut &#224; toi l'Ha&#239;tien / Salut &#224; toi la Bolivienne / Salut &#224; toi le Hongkongais / Salut &#224; toi la Tunisienne / Salut &#224; toi l'Irakien / Salut &#224; toi la Libanaise / Salut &#224; toi l'Alg&#233;rien / Salut &#224; toi la Catalane / Etc. &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour ceux qui ne saisiraient pas la r&#233;f&#233;rence : paroles remani&#233;es d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;A&lt;/span&gt;ux quatre coins du monde, &#231;a d&#233;gonde. Au Chili, depuis le 18 octobre, des milliers de personnes descendent quotidiennement dans la rue pour faire entendre leur ras-le-bol. L'&#233;tincelle qui a mis le feu aux poudres ? une hausse du prix du ticket de m&#233;tro que le gouvernement s'est empress&#233; d'annuler. Trop tard, les Chiliens ont maintenu le cap et &#233;largi leurs revendications, entre autres, au droit &#224; la sant&#233; et &#224; l'&#233;ducation pour tous. Ils r&#233;clament aussi un changement de Constitution, laquelle date de Pinochet. Une p&#233;riode honnie qui se rappelle &#224; leur bon souvenir : l'arm&#233;e a investi les rues et le gouvernement a d&#233;cr&#233;t&#233; l'instauration d'un couvre-feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'il s'embrase&lt;/strong&gt;, le Chili compte aussi ses morts : des dizaines de personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es depuis le d&#233;but du mouvement. M&#234;me d&#233;compte funeste en &#201;quateur, avec&lt;i&gt; a minima&lt;/i&gt; 8 morts et plus de 1 300 bless&#233;s. La population est malgr&#233; tout parvenue &#224; faire capoter le projet de suppression de la subvention de l'&#201;tat sur le carburant, r&#233;clam&#233;e avec insistance par le FMI. Face &#224; la pression de la rue et au blocage des puits p&#233;troliers, le gouvernement a fini par botter en touche et d&#233;guerpir de la capitale Quito pour se planquer &#224; Guayaquil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Ha&#239;ti&lt;/strong&gt;, c'est le d&#233;part du pr&#233;sident Mo&#239;se que les manifestants tentent de provoquer, &#233;trangl&#233;s par la pauvret&#233; et exc&#233;d&#233;s par la p&#233;nurie d'essence qui s&#233;vit dans le pays. De l'autre c&#244;t&#233; de l'Atlantique, la Catalogne s'embrase elle aussi apr&#232;s le verdict du proc&#232;s de neuf leaders ind&#233;pendantistes condamn&#233;s &#224; des peines de prison ahurissantes pour avoir, en 2017, organis&#233; un r&#233;f&#233;rendum interdit. Au Liban, c'est l'annonce du gouvernement sur la taxation des appels t&#233;l&#233;phoniques pass&#233;s via des applications de messagerie en ligne qui fait vriller la pl&#232;be. Malgr&#233; le retrait de la mesure, le peuple continue de battre le pav&#233; dans l'espoir de limoger une classe politique v&#233;rol&#233;e. Quant &#224; l'Irak, le pays a d&#233;goupill&#233; d&#233;but octobre pour d&#233;noncer une corruption end&#233;mique, des services publics inexistants et un taux de ch&#244;mage qui s'envole. Le bilan fait froid dans le dos : plus de 200 morts et 8 000 bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En cette p&#233;riode de boum plan&#233;taire&lt;/strong&gt;, dont on n'a cit&#233; que quelques &#233;minents exemples, l'Hexagone s'appr&#234;te &#224; f&#234;ter le premier anniversaire des Gilets jaunes. Ambiance mi-figue mi-raisin. Le mouvement d&#233;cline sec et n'a pas arrach&#233; grand-chose au gouvernement malgr&#233; une ann&#233;e de mobilisation v&#233;n&#232;re. Lueur d'espoir dans ce tunnel d'amertume : samedi dernier, pendant l'acte cinquante, on a vu converger gilets fluo et cort&#232;ge kurde &#224; Bordeaux, diaspora chilienne et chasubles jaunes &#224; Paname. Alors c'est pas pour mettre une pi&#232;ce dans la machine &#224; mythifier le Grand Soir, mais on se dit qu'une (nouvelle) &#233;tincelle est vite arriv&#233;e. Et que le carburant &#8211; la rage &#8211; ne manque pas. Y a plus qu'&#224;. Comme l'a &#224; peu pr&#232;s dit un certain Richard Bohringer (ou bien N&#233;ron, on sait plus) : parfois, c'est beau une ville qui br&#251;le.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour ceux qui ne saisiraient pas la r&#233;f&#233;rence : paroles remani&#233;es d'un mythique morceau de B&#233;rurier Noir, &#171; Salut &#224; toi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le basculement d'un monde</title>
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		<dc:date>2011-05-12T07:35:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>jeune</dc:subject>
		<dc:subject>Ali</dc:subject>
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		<dc:subject>quartier</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisienne</dc:subject>
		<dc:subject>Ben Ali</dc:subject>
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		<dc:subject>Ounss</dc:subject>
		<dc:subject>voitures</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Le 14 janvier [jour o&#249; Ben Ali a quitt&#233; le pays], avec une amie, on est parties dans l'apr&#232;s-midi rejoindre la manifestation devant le minist&#232;re de la Terreur, raconte Ounss, une jeune Tunisienne. On &#233;tait inqui&#232;tes, mais joyeuses, avec la musique &#224; fond dans la voiture. On a travers&#233; la banlieue Est : la vie de tous les jours y suivait, apparemment, son cours. &#187; Quelques heures plus tard, les flics chargent la foule sur l'avenue Bourguiba. Panique. Ounss et son amie se r&#233;fugient, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le 14 janvier&lt;/i&gt; [jour o&#249; Ben Ali a quitt&#233; le pays],&lt;i&gt; avec une amie, on est parties dans l'apr&#232;s-midi rejoindre la manifestation devant le minist&#232;re de la Terreur&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Petit nom du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;,&lt;/i&gt; raconte Ounss, &lt;i&gt;une jeune Tunisienne. On &#233;tait inqui&#232;tes, mais joyeuses, avec la musique &#224; fond dans la voiture. On a travers&#233; la banlieue Est : la vie de tous les jours y suivait, apparemment, son cours. &#187;&lt;/i&gt; Quelques heures plus tard, les flics chargent la foule sur l'avenue Bourguiba. Panique. Ounss et son amie se r&#233;fugient, accompagn&#233;es d'un jeune gar&#231;on, dans un parking souterrain. Depuis leur cachette, ils entendent les tirs et les coups. Au bout de plusieurs heures, le p&#232;re du jeune homme vient les chercher et les emm&#232;ne chez lui pour y passer la nuit. Alors que la famille semble tr&#232;s religieuse, la m&#232;re, qui porte le hidjeb, l&#226;che dans la conversation :&lt;i&gt; &#171; Il ne faut surtout pas que les islamistes arrivent au pouvoir. &#187; &#171; C'est un sentiment extr&#234;mement r&#233;pandu ici &#187;&lt;/i&gt;, confirme Ounss.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au matin du 15 janvier, les deux amies d&#233;cident de regagner leur quartier, en traversant le quartier du Kram. En une nuit, le monde a bascul&#233;. Partout des voitures br&#251;l&#233;es, parfois entass&#233;es les unes sur les autres. Les postes de police, les banques et le si&#232;ge du RCD fument encore. Certains sont all&#233;s sur le port de la Goulette s'emparer des Porsche dans un garage flambant neuf, appartenant &#224; Sahker el Materi, gendre de Ben Ali, et se livrent &#224; de joyeux rod&#233;os dans les rues du quartier. Des jeunes s'&#233;changent les voitures de luxe pour un ou deux dinars, avant d'en d&#233;monter quelques pi&#232;ces et d'y mettre le feu, sous l'&#339;il ahuri de la police de la route. Les comit&#233;s de vigilance du quartier ont dress&#233; des barrages et, sous les &#233;clats de rire de la foule, se r&#233;galent &#224; arr&#234;ter les rares camions de flics pour les contr&#244;ler et les fouiller, non sans exiger que les fonctionnaires les saluent respectueusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les points de contr&#244;le &#233;tablis par les comit&#233;s de quartiers, l'habituel gibier des forces de s&#233;curit&#233; se transforme en chasseur. Eya, une jeune femme de Rad&#232;s, raconte : &lt;i&gt;&#171; J'&#233;tais sur un barrage. Un gros Toyota est arriv&#233; avec cinq types dedans. On les a arr&#234;t&#233;s. Le chauffeur a dit qu'ils travaillaient au port. On les a laiss&#233; passer tout en se disant qu'ils ne semblaient pas clairs. Ils sont revenus quelques instants plus tard. On leur a demand&#233; de sortir de la voiture. On n'avait que des couteaux et des barres de bois et de fer. Un des types a sorti une arme et s'est mis &#224; tirer. La panique a &#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale, mais les soldats sont arriv&#233;s rapidement. Deux des types ont &#233;t&#233; abattus imm&#233;diatement. Un autre a &#233;t&#233; retrouv&#233; au matin par des habitants, cach&#233; dans un jardin&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant quelques jours, snipers, membres de la garde pr&#233;sidentielle de Ben Ali et miliciens arm&#233;s du RCD vont se r&#233;pandre dans la ville et ses faubourgs, semant le chaos et la mort. Selon Ounss, un grand nombre d'entre eux venaient du palais du dictateur, &#224; Carthage. Leur but : cr&#233;er la panique et des diversions afin d'aller lib&#233;rer Ali Seriati, leur chef arr&#234;t&#233; et emprisonn&#233;. Tirs au hasard dans les rues, depuis les toits et des voitures lanc&#233;es &#224; grande vitesse. Sept personnes sont tu&#233;es au Kram par des rafales de fusils-mitrailleurs l&#226;ch&#233;es en passant. Dans le quartier d'El Khadra, Eya montre les impacts sur les b&#226;timents et explique que des balles ont travers&#233; les murs et tu&#233; des gens chez eux&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Petit nom du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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