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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Ils nous bombardent au napalm &#187;</title>
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		<dc:creator>Rapha&#235;l Lebrujah</dc:creator>


		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Journaliste engag&#233; pour la cause kurde, Rapha&#235;l Lebrujah se trouve actuellement dans le Nord-Est de la Syrie. Il en d&#233;crit ici quelques bribes du quotidien, fait de lutte, de deuil et d'attente angoiss&#233;e sur ce que l'avenir r&#233;serve. &#171; Vous les Europ&#233;ens, vous parlez beaucoup, mais vous ne faites rien ! &#187;, s'indigne Sa&#239;d Farso, le copr&#233;sident de l'organisation des familles des martyrs d'Amouda. &#171; Vous venez ici, vous prenez des notes sur vos papiers, vous observez et vous repartez sans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Journaliste engag&#233; pour la cause kurde, Rapha&#235;l Lebrujah se trouve actuellement dans le Nord-Est de la Syrie. Il en d&#233;crit ici quelques bribes du quotidien, fait de lutte, de deuil et d'attente angoiss&#233;e sur ce que l'avenir r&#233;serve.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; V&lt;/span&gt;&lt;i&gt;ous les Europ&#233;ens,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;vous parlez beaucoup, mais vous ne faites rien&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;, s'indigne Sa&#239;d Farso, le copr&#233;sident de l'organisation des familles des martyrs d'Amouda. &#171; &lt;i&gt;Vous venez ici, vous prenez des notes sur vos papiers, vous observez et vous repartez sans rien faire. Nous on enterre nos enfants tous les jours.&lt;/i&gt; &#187; Nous sommes le 21 octobre, et &#231;a fait maintenant quelques jours que je ressens pour la premi&#232;re fois de l'hostilit&#233; envers un journaliste europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa&#239;d Farso reprend : &#171; &lt;i&gt;L'Europe n'a pas respect&#233; ses promesses, car elle a plus peur de la Turquie que de Daech et en attendant, elle laisse la Turquie nous bombarder au phosphore blanc.&lt;/i&gt; &#187; une arme chimique interdite par les conventions internationales. &#171; &lt;i&gt;On vient d'apprendre que deux de nos enfants sont d&#233;c&#233;d&#233;s &#224; Serekaniye. En tout, cinq sont revenus dans des cercueils depuis le d&#233;but de l'offensive turque.&lt;/i&gt; &#187; La copr&#233;sidente, G&#251;l Ase, ajoute : &#187; &lt;i&gt;Depuis le d&#233;but de la r&#233;volution, nous avons perdu 160 martyrs rien que pour la ville d'Amouda. Ils et elles sont mort&#183;es dans la guerre contre Daech.&lt;/i&gt; &#187; Amouda est une petite ville du Rojava d'environ 25 000 habitant&#183;es. Bien qu'&#233;pargn&#233;e par les combats, elle n'en subit pas moins les privations de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous partons rencontrer l'une des deux familles qui viennent de perdre un de leurs fils. Malgr&#233; le chagrin, on nous accueille avec de l'eau, du th&#233;, un caf&#233; turc et des cigarettes. Le p&#232;re de l'enfant tomb&#233; au combat contre l'arm&#233;e turque d&#233;clare : &#187; &lt;i&gt;C'est une punition de Dieu&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Ce &#224; quoi Sa&#239;d Farso r&#233;torque : &#187; &lt;i&gt;Ce n'est pas Dieu, ce sont les avions qui ont tu&#233; ton fils.&lt;/i&gt; &#187; S'ensuit un long discours : &#187; &lt;i&gt;Si nous ne nous battons pas, les Turcs vont nous chasser et on va finir en Europe. Il y a d&#233;j&#224; un million de Kurdes en Allemagne et c'est d&#233;j&#224; trop. Notre culture va dispara&#238;tre l&#224;-bas.&lt;/i&gt; &#187; un silence se fait. &#187; &lt;i&gt;Cette attaque est contre tout le peuple kurde. Si nous abandonnons, c'est notre fin. Ils nous bombardent au napalm &#224; Serekaniye. Par ces actes, ils montrent qu'ils veulent nous exterminer ; nous devons r&#233;sister comme nous le faisons depuis des d&#233;cennies. Nous n'avons pas attendu l'arriv&#233;e des Occidentaux pour nous battre. Depuis 1977, nous avons plus de 50 000 martyrs dans la r&#233;sistance et pendant presque tout ce temps personne ne nous soutenait. Nous avons besoin du peuple et c'est tout&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; 1977 est une r&#233;f&#233;rence au premier assassinat ayant vis&#233; un membre du PKK (Parti des travailleurs kurdes, mouvement qui a historiquement men&#233; la lutte arm&#233;e du c&#244;t&#233; turc de la fronti&#232;re). Un cadre de l'organisation est pr&#233;sent et &#233;coute les &#233;changes sans rien dire. Nous repartons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les familles des martyrs touchent des petites sommes de la part de l'administration autonome du Rojava. Quelque 40 &#8364; par mois pour un mari ou un enfant et environ 20 &#8364; de plus par enfant orphelin de leur p&#232;re pour la m&#232;re. Des sommes mis&#233;rables mais qui permettent &#224; des familles tr&#232;s pauvres de se nourrir. L'organisation des familles des martyrs joue un grand r&#244;le dans l'int&#233;gration sociale des foyers ayant perdu un de ses membres. Pour en &#234;tre adh&#233;rent, il faut imp&#233;rativement avoir perdu un proche. R&#233;guli&#232;rement les familles endeuill&#233;es re&#231;oivent des visites et peuvent percevoir des aides ponctuelles face aux difficult&#233;s du quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Vers la fin de l'autonomie ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'accord sign&#233; le 22 octobre entre la Turquie et la Russie pr&#233;voit un d&#233;mant&#232;lement des YPG/YPJ kurdes (Unit&#233;s de protection du peuple et Unit&#233;s de protection de la femme) et leur remplacement par les forces arm&#233;es du r&#233;gime syrien, dans l'objectif de mettre fin &#224; l'exp&#233;rience d'autonomie kurde au nord de la Syrie. Quoi qu'il se passe finalement, l'acceptation des forces du r&#233;gime syrien par la population sera loin d'&#234;tre &#233;vidente : plusieurs ann&#233;es de libert&#233; et d'autonomie de fait ne peuvent s'effacer aussi facilement. Quant aux Am&#233;ricain&#183;es, ils sont rest&#233;&#183;es sur les puits de p&#233;trole, vitaux pour l'&#233;conomie syrienne en grande difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'enterrement des deux jeunes, la copr&#233;sidente du PYD (&#233;quivalent du PKK en Syrie), Aysha Hisso, a d&#233;clar&#233; : &#171; &lt;i&gt;Nous avons toujours d&#233;fendu une solution politique avec le r&#233;gime de Damas dans le cadre du respect territorial de la Syrie. Face &#224; l'avanc&#233;e turque, pour &#233;viter que notre peuple ne se fasse massacrer, nous avons d&#251; faire un accord&lt;/i&gt; [avec le r&#233;gime. Mais]&lt;i&gt; notre lutte est loin d'&#234;tre termin&#233;e et nous allons continuer &#224; nous battre pour nos droits.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Rapha&#235;l Lebrujah&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire aussi&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Autour-de-la-defaite-du-Rojava' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Autour de la d&#233;faite du Rojava&lt;/a&gt; : analyse et tentative de r&#233;ponse &#224; quelques &#233;pineuses questions que posent l'agression turque en Syrie du Nord-Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette analyse et ce reportage ont &#233;t&#233; publi&#233;s sur papier dans le n&#176;181 de &lt;/i&gt;CQFD&lt;i&gt;, &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ou-nous-trouver' class=&#034;spip_in&#034;&gt;en kiosque&lt;/a&gt; jusqu'au 5 d&#233;cembre. En voir le &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no181' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sommaire&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sahara occidental : voir La&#226;youne et repartir (de force)</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Sahara-occidental-voir-Laayoune-et</link>
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		<dc:date>2019-09-21T00:48:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Marvey</dc:creator>


		<dc:subject>E.L.</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Depuis 1975, le Maroc occupe le Sahara occidental au m&#233;pris du droit international. Pour avoir tent&#233; d'y rencontrer des ind&#233;pendantistes, Nicolas Marvey en a &#233;t&#233; expuls&#233; illico. De la Courneuve &#224; La&#226;youne, r&#233;cit d'une incursion &#233;court&#233;e. La premi&#232;re fois que je rencontre des Sahraouis, c'est en septembre dernier, dans les all&#233;es du &#171; village du monde &#187;, &#224; la f&#234;te de l'Humanit&#233;. Le Sahara occidental, je suis au courant : c'est la zone situ&#233;e au sud du Maroc, territoire &#171; non autonome &#187;, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no176-mai-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;176 (mai 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Maroc" rel="tag"&gt;Maroc&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sahara-occidental" rel="tag"&gt;Sahara occidental&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Laayoune" rel="tag"&gt;La&#226;youne&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/drapeaux-sahraouis" rel="tag"&gt;drapeaux sahraouis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis 1975, le Maroc occupe le Sahara occidental au m&#233;pris du droit international. Pour avoir tent&#233; d'y rencontrer des ind&#233;pendantistes, Nicolas Marvey en a &#233;t&#233; expuls&#233; illico. De la Courneuve &#224; La&#226;youne, r&#233;cit d'une incursion &#233;court&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2986 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1225-3cb00.jpg?1782961978' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo E.L.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;a premi&#232;re fois que je rencontre des Sahraouis, c'est en septembre dernier, dans les all&#233;es du &#171; village du monde &#187;, &#224; la f&#234;te de l'&lt;i&gt;Humanit&#233;&lt;/i&gt;. Le Sahara occidental, je suis au courant : c'est la zone situ&#233;e au sud du Maroc, territoire &#171; non autonome &#187;, enjeu d'un conflit entre le Maroc et le Front Polisario qui perdure depuis plus de quarante ans &lt;i&gt;(lire l'encart historique &lt;a href=&#034;#histo&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;ci-dessous&lt;/a&gt;)&lt;/i&gt;. Et pourtant, apr&#232;s avoir discut&#233; avec Mbareck, membre de la communaut&#233; sahraouie install&#233;e &#224; Paris, et Mich&#232;le, fervente militante de la cause de ce peuple &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mich&#232;le Decaster est notamment l'autrice du recueil de t&#233;moignages (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, je repars &#233;branl&#233; par tout ce que je viens d'apprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mois plus tard, je suis le conseil de Mbareck et prends un billet d'avion pour La&#226;youne, la capitale du Sahara occidental, afin de voir de mes propres yeux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;B&#233;ton, palmiers, coupoles et roseaux...&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La&#226;youne se situe &#224; 500 km au sud d'Agadir et &#224; une vingtaine de la c&#244;te atlantique. Cette ville de pr&#232;s de 300 000 habitants &lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; partir du cessez-le-feu de 1991, la colonisation marocaine s'est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; s'&#233;tend sur la berge sud de l'oued Saguia El Hamra. Tout autour, le d&#233;sert, plus rocailleux que sableux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est samedi soir, il est 23 h, les terrasses des caf&#233;s sont bond&#233;es, on fait la queue au &lt;i&gt;drive&lt;/i&gt; du McDonald's de la place Dchira ; dans les ruelles adjacentes, on se bouscule dans la fum&#233;e des sardines grill&#233;es. Stationn&#233; &#224; un angle, un fourgon bleu des Forces auxiliaires, dont les vitres sont prot&#233;g&#233;es par des grilles, laisse &#224; penser que le climat n'est pas si serein qu'il y para&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, je parcours de larges boulevards, remarque les nombreuses banques, les parcs et les immenses esplanades en travaux avec leurs palmiers fra&#238;chement plant&#233;s. J'aper&#231;ois le chantier entour&#233; de palissades d'une polyclinique internationale, le stade de 30 000 places et sa pelouse gazonn&#233;e, l'immense biblioth&#232;que (la troisi&#232;me plus grande d'Afrique)&#8230; Pas de doute, le pouvoir ch&#233;rifien investit massivement &#224; La&#226;youne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus au nord, vers l'oued, je d&#233;ambule dans des quartiers populaires. Les &#233;difices datant de la colonisation espagnole sont bas, dans les tons ocre et saumon, surmont&#233;s d'une coupole afin de maintenir une certaine fra&#238;cheur. Beaucoup ont &#233;t&#233; ras&#233;s. Partout on sur&#233;l&#232;ve et les fers &#224; b&#233;ton h&#233;rissent les constructions inachev&#233;es. Au bout d'une rue, une dune de sable barre l'horizon : la berge oppos&#233;e de l'oued Saguia El Hamra que l'on aper&#231;oit au loin. En bas d'un talus aux allures de d&#233;potoir s'ouvre un autre monde. &#192; cet endroit l'oued forme une retenue ; l'eau est d'un bleu intense, la terre brun-rouge et une brise agite les plumeaux blancs des roseaux. Des flamants roses et des aigrettes plongent le bec dans la vase tandis que des ibis noirs remontent le cours en rasant l'eau.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Pas d'alternative &#224; l'auto-d&#233;termination ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nicolas,&lt;/i&gt; me dit Mich&#232;le au t&#233;l&#233;phone, &lt;i&gt;Sa&#239;d&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tous les pr&#233;noms des personnes rencontr&#233;es &#224; La&#226;youne et Smara ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;i&gt;aimerait te rencontrer, c'est un militant.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Il n'est pas surveill&#233;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt;, je demande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Ne t'inqui&#232;te pas, il a l'habitude&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'appelle Sa&#239;d par WhatsApp, il me fixe rendez-vous en fin d'apr&#232;s-midi. &#192; l'heure dite, j'attends en bord de rue, songeant que ce lieu de rencontre n'est pas bien discret. Sa&#239;d me rappelle et me dit de marcher en direction de la mosqu&#233;e. Cent m&#232;tres plus loin une Mercedes me d&#233;passe lentement, on me crie par la fen&#234;tre ouverte de tourner &#224; droite, la Mercedes s'engage dans la ruelle &#224; droite, je la suis : &#171; &lt;i&gt;Monte vite&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;, je monte vite. Le chauffeur, casquette rabattue sur les lunettes de soleil, d&#233;marre en trombe, tourne &#224; gauche puis encore &#224; gauche, s'arr&#234;te au milieu de la rue, v&#233;rifie dans le r&#233;tro si nous ne sommes pas suivis puis, tranquillis&#233;, me salue avec un grand sourire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa&#239;d a intens&#233;ment particip&#233; au campement de protestation de Gdeim Izik, moment sans pr&#233;c&#233;dent de r&#233;sistance non violente, qui a rassembl&#233; quelque 20 000 Sahraouis dans le d&#233;sert en 2010 &lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apr&#232;s 27 jours d'occupation, le campement a &#233;t&#233; violemment d&#233;mantel&#233; par les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous p&#233;n&#233;trons dans le quartier Ma&#226;tallah, le c&#339;ur de la r&#233;sistance sahraouie &#224; La&#226;youne. Lors de l'&lt;i&gt;intifada&lt;/i&gt; de 2005 qui a embras&#233; tout le Sahara occidental, c'est ici que les affrontements entre Sahraouis et Forces auxiliaires ont &#233;t&#233; les plus violents. Ainsi que la r&#233;pression. &#192; Maatallah, les fa&#231;ades d&#233;cr&#233;pites sont d&#233;cor&#233;es de carr&#233;s de peinture rouge ou noire, destin&#233;s &#224; effacer les graffitis ind&#233;pendantistes et drapeaux sahraouis qui fleurissent &#224; la moindre occasion. Des rues sont perc&#233;es de tranch&#233;es, des tas de sable occupent une partie de la chauss&#233;e dans une atmosph&#232;re g&#233;n&#233;rale d'abandon qui contraste avec le luxe ostensible des villas &#224; quelques rues de l&#224;. Une femme sur le trottoir tient son fils par la main. Sa&#239;d passe la t&#234;te par la fen&#234;tre et crie &#171; &lt;i&gt;Labadil labadil&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;. Illico le marmot r&#233;p&#232;te le mot et forme un V avec ses petits doigts tandis que la m&#232;re nous gratifie d'un grand sourire. Sa&#239;d &#233;clate de rire. &#171; &lt;i&gt;Labadil labadil, an takrir el massir&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; : &#171; Il n'y a pas d'alternative &#224; l'auto-d&#233;termination ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous traversons un large boulevard. &#171; &lt;i&gt;Arr&#234;te de filmer et baisse la t&#234;te&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;, m'ordonne Sa&#239;d. Nous passons devant une demi-douzaine de v&#233;hicules de la S&#251;ret&#233; nationale stationn&#233;s l&#224; pour disperser les manifestations qui ont fr&#233;quemment lieu dans le secteur. Plus au nord, Sa&#239;d me montre l'endroit o&#249; il a &#233;t&#233; tortur&#233; et abandonn&#233;, au bord de l'oued, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; enlev&#233; par des policiers en civil suite &#224; une manifestation. Nous passons ensuite devant la &lt;i&gt;Carcel Negra&lt;/i&gt;, la &#171; prison noire &#187; o&#249; 700 personnes sont entass&#233;es derri&#232;re les hauts murs blancs dans des conditions effroyables, puis devant le quartier g&#233;n&#233;ral de la Minurso, la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un r&#233;f&#233;rendum au Sahara occidental, incapable d'accomplir son mandat depuis 1991 du fait de l'opposition acharn&#233;e du Maroc. Et l'universit&#233;, elle est o&#249; ? &#171; &lt;i&gt;Il n'y en a pas&lt;/i&gt; &#187;, me r&#233;pond Sa&#239;d : pour &#233;tudier, les jeunes Sahraouis doivent aller au Maroc, ou &#224; l'&#233;tranger. Pour finir, il me d&#233;pose &#224; proximit&#233; de la place Dchira. &#192; l'angle du McDo', le fourgon bleu est toujours l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Amer comme la vie&#8230; &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, je prends un grand taxi pour Smara, &#224; trois heures &#224; l'est de La&#226;youne. Pendant des kilom&#232;tres, nous apercevons au loin l'interminable tapis roulant qui achemine le phosphate depuis Boukraa &lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Boukraa, &#224; 100 km de Laayoune, dispose de l'un des plus grands gisements de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; jusqu'au port d'El Marsa. Pass&#233; le barrage de police (&#171; &lt;i&gt;Passeport s'il vous pla&#238;t&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Motif de la visite&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;), un mis&#233;rable quartier fait de maisons basses en briques de terre s'&#233;tale aux portes de la ville : il s'agit du bidonville cr&#233;&#233; par Hassan II pour loger les 10 000 Marocains qu'il a fait venir en 1992 pour participer au r&#233;f&#233;rendum, apr&#232;s leur avoir bricol&#233; des anc&#234;tres sahraouis. Le r&#233;f&#233;rendum n'a jamais eu lieu ; ils sont toujours l&#224; en attente de relogement. Quelques centaines de m&#232;tres plus loin, le boulevard Hassan II &#233;tale ses larges trottoirs, ses palmiers, ses lampadaires design et ses modules de fitness pour s'entretenir la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, je re&#231;ois un appel d'un militant de longue date, Brahim, dont Sa&#239;d et Mich&#232;le m'ont longuement parl&#233;. Je sais qu'il est dans le collimateur de la police, mais Brahim me certifie que sa maison n'est plus surveill&#233;e. &#171; &lt;i&gt;V&#233;rifie que tu n'es pas suivi,&lt;/i&gt; me dit-il, &lt;i&gt;puis prends un taxi et passe-moi le chauffeur. Je lui expliquerai comment venir.&lt;/i&gt; &#187; Face &#224; mon h&#233;sitation, il ajoute qu'&#224; Smara les taxis sont tous sahraouis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous roulons dix minutes &#224; travers des quartiers r&#233;cents, puis nous arr&#234;tons devant une maison &#224; &#233;tage o&#249; un jeune attend devant la porte ouverte. Je paye, sors du taxi et m'engouffre dans la maison. Le jeune me fait entrer dans une grande pi&#232;ce : moquette, banquettes et coussins le long des murs, table basse sur laquelle est pos&#233;e une th&#233;i&#232;re et une dizaine de petits verres, t&#233;l&#233; qui diffuse les infos marocaines. Brahim, assis en tailleur pr&#232;s de la porte, pr&#233;pare le th&#233;. C'est un homme d'une quarantaine d'ann&#233;es, calme et souriant.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Les femmes, l'&#226;me de la r&#233;sistance sahraouie &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Peu &#224; peu le salon se remplit de jeunes et de femmes ; Wahid, un professeur de coll&#232;ge ami de Brahim, assure la traduction. &#171; &lt;i&gt;Les femmes sont l'&#226;me de la r&#233;sistance sahraouie&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;, m'affirme Wahid. Ce sont elles que l'on voit en premi&#232;re ligne dans les manifestations, drap&#233;es dans leur &lt;i&gt;melhfa&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tenue traditionnelle.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;, brandissant des drapeaux sahraouis ; elles qui organisent le soutien aux prisonniers et &#224; leurs familles&#8230; Elles subissent la r&#233;pression aussi durement voire plus que les hommes ; nombreuses sont celles qui ont &#233;t&#233; viol&#233;es en d&#233;tention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brahim, lui, a &#233;t&#233; incarc&#233;r&#233; &#224; maintes reprises, dont plusieurs mois &#224; la &lt;i&gt;Carcel Negra&lt;/i&gt; de La&#226;youne, dans une cellule surpeupl&#233;e de quatre m&#232;tres par trois. Il a endur&#233; la torture, les incessantes humiliations et intimidations et a suivi plusieurs gr&#232;ves de la faim pour obtenir le statut de prisonnier politique et de meilleures conditions de d&#233;tention. Ahmed, son fils a&#238;n&#233;, raconte les manifestations de coll&#233;giens et la fabrication de drapeaux sahraouis dans le d&#233;sert. &#192; l'&#226;ge de quinze ans, il a &#233;t&#233; enlev&#233; par la police, tabass&#233; et abandonn&#233; dans le d&#233;sert &#224; plusieurs kilom&#232;tres de Smara. Je finis mon premier verre de th&#233;, amer comme la vie sous occupation.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; On est contents que tu sois l&#224; ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La police est dans la rue&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;, annonce Ahmed. La maison a beau &#171; &lt;i&gt;ne pas &#234;tre surveill&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, les nouvelles vont vite. On me montre des policiers en uniforme et en civil ainsi qu'un fourgon de la S&#251;ret&#233; nationale, pris en photo depuis l'&#233;tage. Brahim sort pour parlementer. Mariem, sa femme, en profite pour apporter un &#233;norme plat de crudit&#233;s et des morceaux de poulet grill&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; chef du renseignement &#187; &lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est ainsi que Brahim me le pr&#233;sente.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt; exige que Brahim fasse sortir l'&#233;tranger qui se trouve chez lui. &#171; &lt;i&gt;Je ne peux pas faire cela, &lt;/i&gt;s'offusque celui-ci,&lt;i&gt; c'est contraire &#224; nos traditions&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Il me propose de m'h&#233;berger jusqu'&#224; mon d&#233;part, cinq jours plus tard. &#171; &lt;i&gt;Je ne veux pas vous cr&#233;er de probl&#232;mes&lt;/i&gt; &#187;, je lui r&#233;ponds. &#201;clat de rire g&#233;n&#233;ral ! &#171; &lt;i&gt;Ici la vie est un probl&#232;me&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! &lt;/i&gt;m'explique Brahim. &lt;i&gt;On est contents que tu sois l&#224;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; J'aimerais prolonger ce beau moment mais toutes mes affaires sont rest&#233;es &#224; l'h&#244;tel. Je d&#233;cide de sortir pour parler avec la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Finis de manger&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; m'invite gentiment Mariem. Nous buvons le deuxi&#232;me verre de th&#233;, fort comme l'amiti&#233; entre les peuples. Les amies de Mariem sortent alors un grand drapeau sahraoui, on m'enfile un &lt;i&gt;draa&lt;/i&gt;, la tunique traditionnelle sahraouie bleu ciel, on m'enturbanne dans un ch&#232;che vert, et nous voil&#224; partis pour une joyeuse s&#233;ance de photos qui filent illico sur les r&#233;seaux sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &#171; &lt;i&gt;Je suis touriste, j'ai simplement accept&#233; une invitation &#224; boire le th&#233; !&lt;/i&gt; &#187;, je plaide innocemment. (D'ailleurs, nous avons pas eu le temps de boire le troisi&#232;me verre, celui qui parle de la mort.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Vous ne savez pas chez qui vous &#234;tes&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! &lt;/i&gt;me r&#233;plique le &#171; chef du renseignement &#187; d'un ton grave. &lt;i&gt;Ces personnes ont des activit&#233;s qui portent atteinte &#224; la s&#251;ret&#233; et &#224; l'int&#233;grit&#233; du royaume.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ma propre s&#233;curit&#233; et afin que je ne sois pas &#171; &lt;i&gt;contamin&#233; par des id&#233;es fausses&lt;/i&gt; &#187;, ils sont dans l'obligation de m'expulser. Apr&#232;s un rapide passage au poste de police et &#224; l'h&#244;tel pour r&#233;cup&#233;rer mes affaires, je me retrouve dans un grand taxi destination Agadir, que j'atteins sept heures et dix barrages de police plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des quatre jours qui me restent au Maroc, je ne cesse de m'interroger sur le sens d'une visite aussi br&#232;ve. &#201;tait-ce bien utile ? Puis je repense aux paroles de Brahim : &#171; &lt;i&gt;On est contents que tu sois l&#224;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Soulever quelques instants le couvercle qui p&#232;se sur celles et ceux qui vivent sous occupation, c'est peut &#234;tre cela l'int&#233;r&#234;t de ce type de voyage.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nicolas Marvey&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Accord de p&#234;che avec le Maroc : l'Union Europ&#233;enne s'assoit sur le droit international&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;petitelettrine&gt;L&lt;/petitelettrine&gt;es eaux de l'Atlantique au large du Sahara occidental comptent parmi les plus poissonneuses au monde. L'Espagne (ancien colonisateur), puis le Maroc depuis 1976, y p&#234;chent abondamment sans aucune contrepartie pour les Sahraouis. Les premiers accords de p&#234;che Espagne-Maroc datent de 1983 (droits de p&#234;che contre redevances). Suite &#224; l'admission de l'Espagne au sein de la Communaut&#233; &#233;conomique europ&#233;enne en 1986, l'Europe h&#233;rite de ces accords sans rien faire pour lever l'ambigu&#239;t&#233; concernant l'appartenance de ces eaux. Le Polisario porte plainte mais le Maroc p&#232;se de tout son poids sur les n&#233;gociations, avec le soutien ind&#233;fectible de la France et de l'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques sont de taille : les flottes europ&#233;ennes r&#233;alisent dans les eaux sahraouies un b&#233;n&#233;fice annuel de 80 millions d'euros ; quant au Maroc, 92 % de ses prises en proviennent. D'autre part, les aides accord&#233;es par l'Union europ&#233;enne au Maroc pour construire des ports cr&#233;ent des perspectives d'emploi (pour les Marocains essentiellement), et renforcent ainsi la colonisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 21 d&#233;cembre 2016, la Cour de justice de l'Union europ&#233;enne a tranch&#233; : l'accord de p&#234;che n'est pas applicable au Sahara occidental, territoire non autonome &#171; &lt;i&gt;s&#233;par&#233;&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;distinct&lt;/i&gt; &#187; de celui du royaume marocain. &#199;a n'a pas emp&#234;ch&#233; le Parlement europ&#233;en d'approuver &#224; une large majorit&#233; un nouvel accord de partenariat le 12 f&#233;vrier dernier, incluant les eaux territoriales au large du Sahara occidental, au m&#233;pris de sa propre justice. Le Polisario demande l'annulation de ce nouvel accord ; en attendant, la colonisation et le pillage se poursuivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pour se documenter sur le pillage des ressources sahraouies, voir le &lt;a href=&#034;https://www.wsrw.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Western Sahara Resource Watch&lt;/a&gt;. Pour en savoir plus sur l'actualit&#233; de cette lutte, lire &lt;a href=&#034;http://www.sahara-info.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sahara info&lt;/a&gt;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;histo&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Sahara Occidental, dernier territoire &#224; d&#233;coloniser sur le continent africain&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;petitelettrine&gt;A&lt;/petitelettrine&gt;vant m&#234;me le d&#233;part des Espagnols, l'invasion militaire du Sahara occidental par le Maroc en 1975 a forc&#233; une grande partie de la population sahraouie &#224; fuir vers l'Alg&#233;rie. L'ann&#233;e suivante, le Front Polisario (mouvement politique ind&#233;pendantiste soutenu par l'Alg&#233;rie) proclame la R&#233;publique arabe sahraouie d&#233;mocratique (RASD), un &#201;tat non reconnu par l'ONU (Organisation des Nations unies) mais membre de l'Union africaine. &#192; l'issue d'un conflit arm&#233; de seize ans opposant Maroc et Front Polisario, un cessez-le-feu est sign&#233; en 1991 : l'ONU est missionn&#233;e pour organiser un r&#233;f&#233;rendum d'auto-d&#233;termination et assurer le retour des r&#233;fugi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis vingt-huit ans, le statu quo politique r&#232;gne. Le Maroc, lui, use de la strat&#233;gie du &#171; fait accompli &#187; en militarisant, en peuplant et en exploitant le Sahara occidental, ambitionnant ainsi d'atteindre le point de non-retour : la &#171; marocanit&#233; &#187; irr&#233;versible des territoires occup&#233;s. Les Sahraouis rest&#233;s sur place, &#224; pr&#233;sent tr&#232;s minoritaires face &#224; l'arriv&#233;e massive de civils marocains, subissent une violente r&#233;pression. Dans le d&#233;sert alg&#233;rien, de l'autre c&#244;t&#233; du mur de s&#233;paration construit par le Maroc, pr&#232;s de 150 000 Sahraouis vivent encore dans des camps de r&#233;fugi&#233;s, dans des conditions tr&#232;s difficiles, et ce depuis plus de quarante ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2007, le Maroc rejette toute id&#233;e de r&#233;f&#233;rendum. Il propose pour unique solution un &#171; plan d'autonomie &#187; gr&#226;ce &#224; l'appui de trois membres influents de l'ONU (les &#201;tats-Unis, la France et l'Espagne), bien que cette proposition viole le droit inali&#233;nable du peuple sahraoui &#224; un r&#233;f&#233;rendum d'autod&#233;termination. L'occupation de ce territoire et l'exploitation de ses ressources (poissons, phosphates...) sans l'accord du peuple sahraoui ont beau &#234;tre ill&#233;gales au regard du droit international, le Maroc n'a jamais subi la moindre sanction de l'ONU .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le royaume ch&#233;rifien, la &#171; marocanit&#233; &#187; du Sahara occidental est un puissant vecteur d'unit&#233; nationale. Souvent instrumentalis&#233;e par le pouvoir (qui met en avant les investissements publics massifs et les avantages fiscaux accord&#233;s &#224; ce qu'il appelle &#171; &lt;i&gt;les provinces du Sud&lt;/i&gt; &#187;), la d&#233;fense de cette &#171; int&#233;grit&#233; territoriale &#187; n'est pas remise en question par grand monde, m&#234;me dans les milieux critiques du r&#233;gime monarchique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2987 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;84&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1224.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH693/-1224-331da.jpg?1782961978' width='500' height='693' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Carte E.L. (pour mieux lire les petits caract&#232;res, zoomer ou t&#233;l&#233;charger l'image).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces textes, photo et carte sont issus du n&#176;176 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, publi&#233; en mai 2019. Voir &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no176' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le sommaire d&#233;taill&#233;&lt;/a&gt; du num&#233;ro complet.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mich&#232;le Decaster est notamment l'autrice du recueil de t&#233;moignages &lt;i&gt;Irr&#233;ductibles Sahraouies, femmes et hommes en r&#233;sistance&lt;/i&gt;, 2017, &#233;ditions La Grange.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; partir du cessez-le-feu de 1991, la colonisation marocaine s'est intensifi&#233;e. Aujourd'hui, les Sahraouis repr&#233;sentent moins de 20 % de la population de La&#226;youne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tous les pr&#233;noms des personnes rencontr&#233;es &#224; La&#226;youne et Smara ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Apr&#232;s 27 jours d'occupation, le campement a &#233;t&#233; violemment d&#233;mantel&#233; par les forces marocaines, dont plusieurs membres ont &#233;t&#233; tu&#233;s dans des circonstances rest&#233;es opaques. Deux Sahraouis ont aussi perdu la vie au cours de cette mobilisation. Par la suite, 25 militants sahraouis ont &#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; de lourdes peines de prison allant jusqu'&#224; la perp&#233;tuit&#233;, &#224; l'issue de proc&#232;s in&#233;quitables marqu&#233;s notamment par la prise en compte d'aveux obtenus sous la torture. Pour en savoir plus, voir le film &lt;i&gt;Dis-leur que j'existe &lt;/i&gt;(2016) sur Na&#226;ma Asfari, un de ces militants condamn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Boukraa, &#224; 100 km de Laayoune, dispose de l'un des plus grands gisements de phosphate du monde. Utilis&#233; dans l'agriculture comme engrais, ce minerai est l'un des principaux enjeux de la colonisation marocaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tenue traditionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;C'est ainsi que Brahim me le pr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Br&#232;ves du 105</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Breves-du-105</link>
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		<dc:date>2012-11-16T15:00:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>En bref</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Enchrist&#233;s &gt; &#171; Les moines et les moniales sont reclus volontairement tandis que les d&#233;tenus sont reclus pour leur erreur &#187;, a psalmodi&#233; &#233;tienne Piquet-Gauthier, dirigeant de Donifico, bo&#238;te sp&#233;cialis&#233;e dans le conseil en m&#233;c&#233;nat chr&#233;tien. L'objet de sa belle envol&#233;e : la participation de prisonniers &#224; la construction du monast&#232;re Saint-Joseph, &#224; Puimisson (H&#233;rault), dans le cadre d'un partenariat entre l'administration p&#233;nitentiaire, P&#244;le emploi et la mission locale d'insertion. En 2011, une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no105-novembre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;105 (novembre 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/En-bref" rel="tag"&gt;En bref&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pole-emploi-3341" rel="tag"&gt;P&#244;le emploi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Said" rel="tag"&gt;Sa&#239;d&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/etienne-Piquet-Gauthier" rel="tag"&gt;&#233;tienne Piquet-Gauthier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/boite-specialisee" rel="tag"&gt;bo&#238;te sp&#233;cialis&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mecenat-chretien" rel="tag"&gt;m&#233;c&#233;nat chr&#233;tien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/volontairement-tandis" rel="tag"&gt;volontairement tandis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/psalmodie-etienne" rel="tag"&gt;psalmodi&#233; &#233;tienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/reclus-volontairement" rel="tag"&gt;reclus volontairement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Donifico" rel="tag"&gt;Donifico&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Enchrist&#233;s &gt;&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Les moines et les moniales sont reclus volontairement tandis que les d&#233;tenus sont reclus pour leur erreur &#187;&lt;/i&gt;, a psalmodi&#233; &#233;tienne Piquet-Gauthier, dirigeant de Donifico, bo&#238;te sp&#233;cialis&#233;e dans le conseil en m&#233;c&#233;nat chr&#233;tien. L'objet de sa belle envol&#233;e : la participation de prisonniers &#224; la construction du monast&#232;re Saint-Joseph, &#224; Puimisson (H&#233;rault), dans le cadre d'un partenariat entre l'administration p&#233;nitentiaire, P&#244;le emploi et la mission locale d'insertion. En 2011, une quinzaine de d&#233;tenus ont mani&#233; la pioche pour la plus grande joie des fr&#232;res de la communaut&#233; de Saint-Joseph. Sublim&#233;s par une telle communion, les reclus auraient donn&#233; leur aval pour remettre &#231;a lors de la seconde tranche des travaux. Abolie, la double peine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mise au pas &gt;&lt;/strong&gt; 2 514,64 euros. C'est la somme que devra acquitter le docteur Poupardin &#224; la CPAM du Val-de-Marne pour avoir permis &#224; des malades atteints d'affection de longue dur&#233;e (ALD) de b&#233;n&#233;ficier d'une prise en charge &#224; 100 %. Des ann&#233;es que ce m&#233;decin se bat contre l'id&#233;e absurde de d&#233;couper en tranches la prise &#224; charge des b&#233;n&#233;ficiaires de l'ALD (&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Un-toubib-impatient'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;73&lt;/a&gt;). Totale h&#233;r&#233;sie aux yeux des technocrates de la S&#233;curit&#233; sociale, pour qui l'avenir de notre syst&#232;me de soins doit passer par une &#171; responsabilisation &#187; du malade. La preuve : le conseil d'&#201;tat vient de confirmer que l'hypertension art&#233;rielle ne sera plus prise en charge &#224; 100 %. Plus de 4 millions de malades sont concern&#233;s. Qui ne p&#232;sent pas lourd face aux 20 millions d'euros d'&#233;conomies escompt&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pain au chocolat &gt;&lt;/strong&gt; Apr&#232;s une plainte de l'extr&#234;me droiti&#232;re Alliance g&#233;n&#233;rale contre le racisme et pour le respect de l'identit&#233; (sic), le tribunal de Paris a mis en examen le sociologue Sa&#239;d Bouamama et Sa&#239;d du groupe ZEP pour &lt;i&gt;&#171; injures publiques envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance &#224; une ethnie, une race ou une religion &#187;&lt;/i&gt;. En 2010, les deux Sa&#239;d ont sorti un bouquin, Nique la France &#8211; Devoir d'insolence, et un morceau de hip-hop &#233;ponyme : &lt;i&gt;&#171; Nique la France et son pass&#233; colonialiste, ses odeurs, ses relents, et ses r&#233;flexes paternalistes. Nique la France et son histoire imp&#233;rialiste, ses murs, ses remparts et ses d&#233;lires capitalistes. &#187; &#171; Pourquoi Aragon peut-il &#233;crire &#8220;Je conchie la France imp&#233;rialiste&#8221; et pas Sa&#239;d ? &#187;&lt;/i&gt;, se demande Bouamama. Aragon bient&#244;t condamn&#233; &#224; titre posthume pour racisme anti-blanc ? L'instruction suit son cours&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Royaume europ&#233;en &gt;&lt;/strong&gt; Des protestataires ont hu&#233;, le 10 octobre, de hauts dignitaires europ&#233;ens accourus &#224; un banquet organis&#233; par les &#171; Amis de l'Europe &#187;, sous les auspices de GDF-Suez. Les trois cents manifestants serr&#233;s par la police ont fini la soir&#233;e menott&#233;s et enferm&#233;s dans une caserne, en attendant le digestif. Le 31 octobre, les m&#234;mes, regroup&#233;s sous la banni&#232;re des comit&#233;s d'action contre l'aust&#233;rit&#233; en Europe, ont envahi les locaux de l'Office national de l'emploi, la veille de l'entr&#233;e en vigueur de nouvelles mesures de baisse de 12 &#224; 40 % des allocations, mesures concernant entre 130 000 et 200 000 personnes. Victoire provisoire : leur application a &#233;t&#233; suspendue. Avec les appels &#224; la gr&#232;ve se multipliant dans divers pays, ce petit quelque chose de pourri qui r&#232;gne en Europe commencerait-il &#224; fermenter ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La t&#233;l&#233; tue &gt;&lt;/strong&gt; Il est rest&#233; des mois devant sa t&#233;l&#233; &#224; Mons-en-Bar&#339;ul. Il &#233;tait mort. L'histoire ne dit pas quelle cha&#238;ne il regardait, ni s'il &#233;tait &#224; jour de sa redevance. Peut-&#234;tre que la t&#233;l&#233; ne l'a pas vraiment assassin&#233;, mais en tout cas elle ne l'a pas aid&#233; &#224; rompre sa solitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'or du temps &gt;&lt;/strong&gt; Des habitants de I&#233;rissos, petite ville de Chalcidique, dans le nord de la Gr&#232;ce, s'opposent &#224; l'ouverture de mines d'or. Malgr&#233; leurs recours l&#233;gaux, le minist&#232;re de l'Environnement a, en juillet 2011, d&#233;livr&#233; les autorisations d'exploitation. Mais en mars 2012, &#231;a a tourn&#233; &#224; l'&#233;meute. Depuis, il n'est pas une initiative gouvernementale qui ne transforme les rues de cette bourgade baln&#233;aire en champ de bataille. Les lamentations des autorit&#233;s, qui parlent cr&#233;ation d'emplois et b&#233;n&#233;fices susceptibles de calmer la Tro&#239;ka, n'y font rien. &lt;i&gt;&#171; Pas question ! &#187;&lt;/i&gt;, clament les opposants, dont les rangs augmentent &#224; chaque tentative d'ouverture des mines. &#192; I&#233;rissos comme &#224; Tarente (&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Se-tuer-au-travail-ou-vivre-d-air'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;103&lt;/a&gt;), souffle un air nouveau : &#171; &lt;i&gt; Plut&#244;t vivre que de subir le chantage au travail. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mille soleils levants &gt;&lt;/strong&gt; Selon l'expert Arnold Gundersen, Tepco, la firme exploitant la centrale de Fukushima, a trouv&#233; la solution pour supprimer les fissures d&#233;tect&#233;es dans les fondations du b&#226;timent n&#176; 4 : en maquillant les images du site avec Photoshop. Et cette r&#233;alit&#233; virtuelle prouverait que la piscine pos&#233;e &#224; trente m&#232;tres de hauteur et o&#249; trempent deux cent soixante-quatre tonnes d'assemblages radioactifs ne menace en rien de basculer. En cas contraire, les temp&#233;ratures engendr&#233;es par une telle chute provoqueraient &lt;i&gt;&#171; des &#233;missions de c&#233;sium 137 dix fois sup&#233;rieures &#224; celles provoqu&#233;es par l'explosion de Tchernobyl &#187;&lt;/i&gt;, s'alarme Robert Alvarez, ancien chef du d&#233;partement de l'&#233;nergie de Bill Clinton. O&#249; va-t-on, si la m&#233;fiance envers le nucl&#233;aire s'&#233;tend aussi aux images officielles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tradition &gt;&lt;/strong&gt; Le 27 octobre 2011, huit opposants &#224; la construction du TGV devant balafrer les paysages du B&#233;arn et du Pays basque avaient entart&#233; &#224; la meringue Yolanda Barcina, pr&#233;sidente de la Navarre, lors de son passage &#224; Toulouse. Arr&#234;t&#233;s &#224; Pampelune, quatre de ces criminels p&#226;tissiers ont &#233;t&#233; d&#233;f&#233;r&#233;s le 16 novembre devant ce tribunal d'exception h&#233;rit&#233; du franquisme qu'est l'Audiencia nacional de Madrid, o&#249; le procureur a r&#233;clam&#233; des peines allant de quatre &#224; neuf ans de prison. Heureusement qu'il n'y avait pas de cerise sur le g&#226;teau, c'e&#251;t &#233;t&#233; l'occasion de r&#233;tablir le supplice du garrot vil.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; D&#233;sormais, le Mahorais sera respect&#233; ! &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Desormais-le-Mahorais-sera</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Desormais-le-Mahorais-sera</guid>
		<dc:date>2012-01-31T07:14:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martin Alric</dc:creator>


		<dc:subject>Camille</dc:subject>
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		<dc:subject>Mla&#239;li Condro</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une r&#233;volution sur l'&#238;le de l'archipel des Comores ? Plut&#244;t un vaste mouvement social contre l'augmentation des prix, cons&#233;quence du rattachement &#224; la France. Mais la m&#233;tropole, &#233;chaud&#233;e par l'exemple antillais, a d&#233;ploy&#233; de gros moyens pour r&#233;tablir l'ordre. Au fil des jours &#224; Mayotte, c'&#233;tait devenu la r&#233;f&#233;rence. Pour certains m&#234;me, un record &#224; battre. Las, le &#171; score &#187; de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale antillaise, qui avait dur&#233; quarante-quatre jours en 2009, n'a pas &#233;t&#233; atteint. Les Mahorais ont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no95-decembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;95 (d&#233;cembre 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Camille" rel="tag"&gt;Camille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mouvement" rel="tag"&gt;mouvement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-a" rel="tag"&gt;n'a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jours" rel="tag"&gt;jours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Said" rel="tag"&gt;Sa&#239;d&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-ile" rel="tag"&gt;l'&#238;le&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/c-etait-devenu" rel="tag"&gt;c'&#233;tait devenu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Said-Toumbou" rel="tag"&gt;Sa&#239;d Toumbou&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Boinali-Said" rel="tag"&gt;Boinali Sa&#239;d&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mlaili-Condro" rel="tag"&gt;Mla&#239;li Condro&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une r&#233;volution sur l'&#238;le de l'archipel des Comores ? Plut&#244;t un vaste mouvement social contre l'augmentation des prix, cons&#233;quence du rattachement &#224; la France. Mais la m&#233;tropole, &#233;chaud&#233;e par l'exemple antillais, a d&#233;ploy&#233; de gros moyens pour r&#233;tablir l'ordre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_249 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH442/95_camille_mayotte-0a76b.jpg?1782643535' width='400' height='442' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Camille
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au fil des jours&lt;/strong&gt; &#224; Mayotte, c'&#233;tait devenu la r&#233;f&#233;rence. Pour certains m&#234;me, un record &#224; battre. Las, le &#171; score &#187; de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale antillaise, qui avait dur&#233; quarante-quatre jours en 2009, n'a pas &#233;t&#233; atteint. Les Mahorais ont tenu un jour de moins. Apr&#232;s quarante-trois jours d'une mobilisation sociale &#171; contre la vie ch&#232;re &#187; sans pr&#233;c&#233;dent dans cette &#238;le de l'archipel des Comores qui est devenue le 101e d&#233;partement fran&#231;ais en avril dernier, les syndicalistes ont d&#233;cr&#233;t&#233; la suspension du mouvement avant m&#234;me qu'un accord ne soit trouv&#233; entre l'intersyndicale et les associations de consommateurs d'un c&#244;t&#233;, le patronat de l'autre. Ce dernier a bien consenti &#224; baisser le prix d'une dizaine de produits dits &#171; de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; &#187;, mais les leaders du mouvement attendaient plus. Les manifestants les plus radicaux aussi. &lt;i&gt;&#171; Tout &#231;a pour &#231;a ! &#187;&lt;/i&gt; se d&#233;solait l'un d'eux le 9 novembre, au lendemain de la &#171; capitulation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le 27 septembre, jour de la premi&#232;re manifestation qui a vite d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; en bataille de rue avec les forces de l'ordre venues en masse, les trois principales centrales syndicales de l'&#238;le et plusieurs associations de consommateurs, soutenues par une grande majorit&#233; de la population et des &#233;lus, revendiquaient la baisse des prix de produits tels que le riz, les ailes de poulet (ce qu'on appelle sur l'&#238;le des mabawas), l'huile, les sardines, le gaz, le sable&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme en Guadeloupe et en Martinique, le conflit a &#233;t&#233; dur. Pendant plusieurs semaines, les entreprises et les administrations ont tourn&#233; au ralenti, les routes ont &#233;t&#233; barr&#233;es, des carcasses de voitures incendi&#233;es, des vols annul&#233;s, des magasins pill&#233;s. Un manifestant, vite qualifi&#233; de &#171; martyr &#187;, est mort dans des conditions qui restent &#224; &#233;lucider. Alors que l'Administration parle d'un arr&#234;t cardiaque, des &#233;lus locaux ont accus&#233; les forces de l'ordre. Plusieurs autres ont &#233;t&#233; bless&#233;s et un enfant de neuf ans, touch&#233; au visage par un tir de Flash-Ball, a perdu un &#339;il. Plusieurs &#233;lus ont d&#233;nonc&#233; cette r&#233;pression aveugle de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La comparaison avec les Antilles s'arr&#234;te l&#224;. Un des leaders du mouvement, Ansoir Abdou, &#224; la t&#234;te du Collectif des citoyens perdus cr&#233;&#233; en 2009 pour protester contre la vie ch&#232;re, a bien invit&#233; le porte-parole du LKP, &#201;lie Domota. Mais ce dernier a d&#233;clin&#233;. Il a eu beau d&#233;clarer, dans L'Humanit&#233;, que &lt;i&gt;&#171; les similitudes [entre les deux conflits] sont r&#233;elles &#187;&lt;/i&gt;, il a aussi rappel&#233; que &lt;i&gt;&#171; les probl&#232;mes ne sont pas tout &#224; fait identiques &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La principale diff&#233;rence ? Les revendications. Celles du LKP (cent quarante-neuf en tout) devaient aboutir &#224; une r&#233;volution &#233;conomique &#8211; et peut-&#234;tre politique. &#192; Mayotte, il s'agissait avant tout d'obtenir, &#224; force de n&#233;gociations d'&#233;piciers, des baisses de prix. Jamais il n'a &#233;t&#233; question de remettre en cause la soci&#233;t&#233; de consommation dans laquelle l'&#238;le a &#233;t&#233; engag&#233;e il y a une quinzaine d'ann&#233;es, ou de mettre fin &#224; la d&#233;pendance de l'&#238;le vis-&#224;-vis de la m&#233;tropole. Encore moins de mettre &#224; bas les dogmes politiques et &#233;conomiques (&lt;i&gt;&#171; Seul le statut de d&#233;partement pourra permettre le d&#233;veloppement. &#187;&lt;/i&gt;) rab&#226;ch&#233;s depuis cinq d&#233;cennies par les &#233;lites locales. &lt;i&gt;&#171; Pour l'instant, nous n'en sommes pas l&#224;&lt;/i&gt;, reconna&#238;t Boinali Sa&#239;d Toumbou, le porte-parole du mouvement. &lt;i&gt;La soci&#233;t&#233; mahoraise n'est pas encore pr&#234;te &#224; affronter l'inconnu. &#187;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#171; Aux Antilles, ils avaient un vrai programme de soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, ajoute Mla&#239;li Condro, un linguiste et fin observateur de ses contemporains. &lt;i&gt;Ils proposaient quelque chose de nouveau. Nous, nous ne r&#233;clamons que de nouvelles aides, sans imaginer un avenir dans lequel nous serions les acteurs de notre propre vie. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les germes de la r&#233;volte sont bien l&#224;. Depuis une quinzaine d'ann&#233;es, Mayotte subit des mutations socio-&#233;conomiques destructrices. En sept ans, le salaire minimum a doubl&#233; &#8211; il repr&#233;sente aujourd'hui 80 % du Smig m&#233;tropolitain &#8211; mais les besoins ont, eux, d&#233;cupl&#233;. &lt;i&gt;&#171; Aujourd'hui, celui qui n'a pas sa voiture et ses deux t&#233;l&#233;phones portables est un rat&#233; &#187;&lt;/i&gt;, ironise Ibrahim, un enseignant. L'activit&#233; &#233;conomique ne suit pas. Sur deux cent mille habitants, on compte &#224; peine trente-cinq mille actifs. L'administration n'embauche plus et le priv&#233;, domin&#233; par une caste venue de l'ext&#233;rieur et qui n'a aucun int&#233;r&#234;t &#224; redistribuer les richesses, cr&#233;e peu d'emplois. Les in&#233;galit&#233;s sont de plus en plus criantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Avec la d&#233;partementalisation, on a cass&#233; le lien de solidarit&#233; qui permettait aux plus d&#233;munis de s'en sortir &lt;/i&gt;, explique Sa&#239;d Omar Oili, l'ancien pr&#233;sident du conseil g&#233;n&#233;ral. &lt;i&gt;Et on attend toujours que la solidarit&#233; nationale entre en vigueur. &#187;&lt;/i&gt; Seuls quatre revenus sociaux ont &#233;t&#233; mis en place ces derni&#232;res ann&#233;es (sur vingt-deux). L'indemnisation des ch&#244;meurs est quasi inexistante. Et le RSA, qui entrera en vigueur le 1er janvier, ne repr&#233;sentera que 25 % du niveau m&#233;tropolitain&#8230;
Malgr&#233; tout, ce mouvement est &#224; graver dans les m&#233;moires. &lt;i&gt;&#171; C'est la premi&#232;re fois que les Mahorais osent &#224; ce point affronter l'autorit&#233; de l'&#201;tat et des patrons &#187;&lt;/i&gt;, analyse Mla&#239;li Condro. Pour Boinali Sa&#239;d Toumbou, &lt;i&gt;&#171; d&#233;sormais, le Mahorais sera respect&#233; &#187;&lt;/i&gt;. C'est un d&#233;but.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Zenga-Zenga ! &#187;</title>
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&lt;p&gt;La tra&#238;n&#233;e de poudre des r&#233;volutions arabes semble &#233;pargner pour l'instant le royaume ch&#233;rifien. Les manifestations du 20 f&#233;vrier n'ont pas eu de suite notable. Mais dans ce pays qui a connu par le pass&#233; de redoutables r&#233;voltes populaires, tous les ingr&#233;dients sont r&#233;unis pour qu'un jour&#8230; &#171; L'autopsie a parl&#233; : les morts de la banque Attijariwafa sont des pillards &#187;, rapporte Sa&#239;d, qui vend des escargots &#233;pic&#233;s &#224; quelques m&#232;tres des lieux du drame. Jusque-l&#224;, personne &#224; Al-Hoceima ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La tra&#238;n&#233;e de poudre des r&#233;volutions arabes semble &#233;pargner pour l'instant le royaume ch&#233;rifien. Les manifestations du 20 f&#233;vrier n'ont pas eu de suite notable. Mais dans ce pays qui a connu par le pass&#233; de redoutables r&#233;voltes populaires, tous les ingr&#233;dients sont r&#233;unis pour qu'un jour&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_98 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/png/llmars87.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH802/llmars87-7cdcc.png?1782646539' width='400' height='802' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par LL de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'autopsie a parl&#233; : les morts de la banque Attijariwafa sont des pillards &#187;&lt;/i&gt;, rapporte Sa&#239;d, qui vend des escargots &#233;pic&#233;s &#224; quelques m&#232;tres des lieux du drame. Jusque-l&#224;, personne &#224; Al-Hoceima ne savait &#224; qui appartenaient les cinq corps calcin&#233;s retrouv&#233;s dans l'agence bancaire. Le dimanche 20 f&#233;vrier, mouvements de gauche, islamistes et berb&#233;ristes m&#234;l&#233;s, les opposants au Makhzen&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Makhzen : mot arabe d'o&#249; vient le fran&#231;ais &#8220;magasin&#8221;. Au Maroc, le mot (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; sont descendus dans la rue. &#192; Tanger, Larache, Al-Hoceima et Marrakech, des violences ont &#233;maill&#233; les fins de cort&#232;ge. Le boulevard Mohamed V et la corniche de Tanger ont &#233;t&#233; saccag&#233;s par de &lt;i&gt;&#171; jeunes vandales &#187;&lt;/i&gt; apr&#232;s la d&#233;faite du club de foot local, quelques heures apr&#232;s la manifestation o&#249; des milliers de femmes voil&#233;es chantaient &lt;i&gt;&#171; Nous voulons vivre, nous voulons le changement ! &#187;&lt;/i&gt; Les vitrines des grandes enseignes ont vol&#233; en &#233;clats, le coffre-fort de la Banque Populaire a roul&#233; au bas des escaliers et une fourgonnette l'a prestement emport&#233;, une discoth&#232;que et des bars ont &#233;t&#233; pill&#233;s et les bouteilles de whisky bris&#233;es ou bues au goulot sur la plage&#8230; Les militants parlent de provocation polici&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans les caf&#233;s&lt;/strong&gt;, les hommes sont suspendus aux journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s d'Al-Jazira et Al-Arabiya, qui suivent en continu les soubresauts du monde arabe. Autour des tables, on commente les images d'insurg&#233;s enthousiastes. On se moque de Kadhafi, qui affirme que son peuple est dispos&#233; &#224; mourir pour lui en d&#233;fendant la Jamahiriya rue par rue et place par place. L'expression &#171; Zenga-zenga &#187; [rue apr&#232;s rue] a d'ailleurs fait flor&#232;s chez les taxis et les petits cireurs de chaussures, cocasse cri de guerre o&#249; se r&#233;fugient les frustrations du peuple marocain. &lt;i&gt;&#171; Ici, les gens manifestent pour du pain et du travail, pas pour changer de gouvernement &#187;&lt;/i&gt;, assure un homme dans l'&#233;choppe d'un barbier de T&#233;touan. &lt;i&gt;&#171; Le roi a beaucoup fait pour le pays, il a construit des routes &#187;&lt;/i&gt;, abonde timidement Hamid, le coiffeur. &lt;i&gt;&#171; Le roi a fait distribuer des licences de taxi &#224; tous les ch&#244;meurs d'Al-Hoceima, du coup il n'y a plus assez de clients pour tout le monde &#187;&lt;/i&gt;, constate un chauffeur qui &#233;coute la pri&#232;re du vendredi &#224; la radio. Mais &lt;i&gt;&#171; le roi est bon, c'est son entourage qui est pourri &#187;&lt;/i&gt;. Ici, m&#234;me si la libert&#233; de la presse et le multipartisme sont en apparence acquis, la crainte est palpable d&#232;s que la conversation glisse sur le terrain politique. La figure du roi et la question du Sahara occidental sont intouchables. Avec un taux d'abstention de 80 % aux derni&#232;res l&#233;gislatives, les partis l&#233;gaux sont tous minoritaires, condamn&#233;s &#224; d'improbables coalitions. Ce qui fait dire &#224; Boubker El Khamlichi, activiste emprisonn&#233; pendant huit ans sous Hassan II, que &lt;i&gt;&#171; le seul parti de gouvernement, c'est le palais &#187;&lt;/i&gt;. Le monarque nomme le Premier ministre ainsi que les cinq ministres d'&#201;tat et les secteurs-cl&#233; de l'&#233;conomie sont aux mains de la famille royale. Pourtant, tant qu'il sera bien install&#233; sur son tr&#244;ne, Mohamed VI sera trait&#233; par les chancelleries et les m&#233;dias occidentaux en homme d'&#201;tat respectable, comme Ben Ali.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lamia&lt;/strong&gt;, jeune m&#232;re ayant particip&#233; &#224; la manif de Tanger, parle des adolescentes qui cousent les pantalons et les robes pour les marques Zara et Mango dans des entrep&#244;ts de banlieue : &lt;i&gt;&#171; Sans contrat, les filles sont pay&#233;es cinq euros &#224; la journ&#233;e. &#187;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une campagne de popularisation-d&#233;nonciation, Ropa limpia, a &#233;t&#233; lanc&#233;e en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; Lamia en a gros sur le c&#339;ur. Amina, sa belle-s&#339;ur, meurt doucement chez elle. &lt;i&gt;&#171; Nous avons pay&#233; plus de mille euros pour qu'on nous diagnostique un cancer du foie incurable. Les m&#233;decins pr&#233;f&#232;rent monter des cliniques priv&#233;es plut&#244;t que de mal vivre en devenant toubibs des pauvres. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pendant ce temps&lt;/strong&gt;, le nord du pays se couvre d'&#233;difices flambant neufs, des cubes rationalistes rehauss&#233;s de motifs orientaux tout droit sortis du m&#234;me cabinet d'architectes. La bulle immobili&#232;re espagnole s'exporte de l'autre c&#244;t&#233; de la M&#233;diterran&#233;e. Construits par des promoteurs ib&#233;riques en mal de d&#233;bouch&#233;s et ayant graiss&#233; la patte de fonctionnaires locaux, ces immeubles vides &#224; 80 000 euros les 100 m2 attendent que les &#233;migr&#233;s ou des particuliers europ&#233;ens se portent acqu&#233;reurs. Aux portes d'Al-Hoceima, d'imposantes villas au luxe ostentatoire sont, elles, bel et bien habit&#233;es par des capos du trafic de haschich.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Derri&#232;re le d&#233;cor&lt;/strong&gt; de cette croissance illusoire, la mis&#232;re du Rif persiste : les paysannes vont au march&#233; &#224; pied, charg&#233;es de lourds ballots. Les hommes conduisent des charrettes tir&#233;es par un &#226;ne, les laboureurs un mulet attach&#233; &#224; un soc ancestral. Sur les hauts de Tanger, des dizaines de jeunes sirotent le th&#233; et fument le kif en contemplant une ligne d'horizon o&#249; se d&#233;tache par temps clair la c&#244;te andalouse, mais ils savent &#224; pr&#233;sent qu'en face le r&#234;ve d'abondance est &#233;galement en berne. En France aussi, les jacqueries du XVIII e si&#232;cle se gardaient bien de questionner la figure du roi. Jusqu'&#224; ce qu'un beau jour, Louis XVI&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Makhzen : mot arabe d'o&#249; vient le fran&#231;ais &#8220;magasin&#8221;. Au Maroc, le mot d&#233;signe le syst&#232;me r&#233;unissant en un seul lieu &#8211; le palais royal &#8211; les pouvoirs politique et &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Une campagne de popularisation-d&#233;nonciation, Ropa limpia, a &#233;t&#233; lanc&#233;e en Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Villiers-le-Bel repassera !</title>
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		<dc:creator>Nicolas Arraitz</dc:creator>


		<dc:subject>dit</dc:subject>
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		<dc:subject>AURAIT DIT</dc:subject>
		<dc:subject>l'avocate g&#233;n&#233;rale</dc:subject>
		<dc:subject>Respect</dc:subject>
		<dc:subject>t&#233;moins</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#171; ON AURAIT DIT que c'&#233;tait elle l'avocate g&#233;n&#233;rale &#187;, raconte Sa&#239;d, un des porte-parole du collectif Respect v&#233;rit&#233; justice, &#224; propos de la pr&#233;sidente de la cour d'assises. &#171; Elle man&#339;uvrait le jury comme Domenech l'&#233;quipe de France.Seulement,l&#224;,c'est pas le ballon qui recevait les coups, c'est nos potes. On aurait dit un huis clos d&#233;guis&#233;. La salle d'audience &#233;tait investie par les policiers et les journalistes. Les proches ont d&#251; se relayer pour assister aux d&#233;bats,subissant chaque fois (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no80-juillet-aout-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;80 (juillet-ao&#251;t 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dit" rel="tag"&gt;dit&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; ON AURAIT DIT que c'&#233;tait elle l'avocate g&#233;n&#233;rale &#187;&lt;/i&gt;, raconte Sa&#239;d, un des porte-parole du collectif Respect v&#233;rit&#233; justice, &#224; propos de la pr&#233;sidente de la cour d'assises. &lt;i&gt;&#171; Elle man&#339;uvrait le jury comme Domenech l'&#233;quipe de France.Seulement,l&#224;,c'est pas le ballon qui recevait les coups, c'est nos potes. On aurait dit un huis clos d&#233;guis&#233;. La salle d'audience &#233;tait investie par les policiers et les journalistes. Les proches ont d&#251; se relayer pour assister aux d&#233;bats,subissant chaque fois les contr&#244;les, les fouilles&#8230; &lt;/i&gt; &#187; Et le ballet des t&#233;moins de l'accusation ? &lt;i&gt;&#171; Bien que l'accusation ait dit qu'on n'allait pas faire le proc&#232;s de la banlieue, on a utilis&#233; tous les clich&#233;s pour expliquer que les t&#233;moins se r&#233;tractent. Au lieu de questionner la fiabilit&#233; de leur t&#233;moignage, on a &#233;voqu&#233; l'omerta, les menaces des ca&#239;ds&#8230; Pourtant, les enqu&#234;teurs ont reconnu ne pas avoir v&#233;rifi&#233; leurs all&#233;gations. On a cru sur parole des t&#233;moins anonymes, m&#234;me s'ils s'av&#232;rent &#234;tre un indic des stups ou un coupable de viol sur mineur un peu mytho&#8230; Exemple : un t&#233;moin affirme avoir vu Maka tirer sur la police. Il le d&#233;crit en train d'appuyer sur la g&#226;chette avec la main droite,alors que Maka est gaucher. Mais la juge n'a pas relev&#233; l'incoh&#233;rence. &#187;&lt;/i&gt; Comment ont &#233;t&#233; trait&#233;s les t&#233;moins de la d&#233;fense ? &lt;i&gt;&#171; Plus ou moins mal. M. Sow, le p&#232;re d'Ibrahima, a sembl&#233; convaincre par sa sinc&#233;rit&#233;. Mais &#231;a n'a pas emp&#234;ch&#233; son fils d'en prendre pour neuf ans. &lt;/i&gt; &#187; Le dossier de l'accusation ? &lt;i&gt;&#171; Le grand vide. Ils ont m&#234;me appel&#233; les plaignants et leurs t&#233;moins &#224; compara&#238;tre une deuxi&#232;me fois tellement leur premi&#232;re audition avait sonn&#233; creux ! Un vrai matraquage. Les jur&#233;s ont &#233;t&#233; orient&#233;s pour confirmer une d&#233;cision d&#233;j&#224; prise. &#187;&lt;/i&gt; C'est que Sarkozy avait exig&#233; du &#171; r&#233;sultat &#187;&#8230;&lt;i&gt; &#171; Oui, et Alliot-Marie,pour d&#233;fendre son copain Woerth, a os&#233; dire que &#8220;l'innocence se pr&#233;sume, la culpabilit&#233; se prouve&#8221; ! Alors qu'au m&#234;me instant, nos copains &#224; nous &#233;taient condamn&#233;s sans preuve, sans armes retrouv&#233;es, sans traces ADN, sans images fiables. On nous a prouv&#233; qu'il y a bien une justice &#224; deux vitesses. Faire confiance &#224; la justice ? On a confirm&#233; aux gens de Villiersle- Bel que la seule solution qu'ils ont cru avoir au d&#233;but, c'est vraiment la seule. On nous a montr&#233; que nous ne sommes pas chez nous ici. Faut pas qu'ils s'&#233;tonnent apr&#232;s si la Marseillaise est siffl&#233;e&#8230; Les inventeurs des droits de l'homme regardaient le monde du haut de la tour de Pise, non ? &#187;&lt;/i&gt; Comment vois-tu la suite ? &lt;i&gt;&#171; Aujourd'hui, on est dans la r&#233;flexion. Les condamn&#233;s ont jusqu'au 14 juillet pour faire appel. Mais il y a danger : vu l'arbitraire de leur condamnation en premi&#232;re instance, on peut imaginer le pire. Maka, par exemple, n'a aucun int&#233;r&#234;t &#224; faire appel : il devrait sortir d'ici peu, puisqu'il a fait presque toute sa peine avec la pr&#233;ventive. Il n'avait aucun ant&#233;c&#233;dent judiciaire, &#231;a a d&#251; jouer en sa faveur. &#187;&lt;/i&gt; Et puis, en &#233;pargner un sur quatre donne l'impression que la justice est sereine et mesur&#233;e, alors que tout ce proc&#232;s a &#233;t&#233; men&#233; &#224; charge, pour l'exemple, parce que le pouvoir avait d&#233;cr&#233;t&#233; qu'il fallait des coupables &#224; tout prix.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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