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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Ici on fabrique des livres</title>
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		<dc:date>2019-11-07T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#201;quip&#233;es d'un massicot, de deux presses et d'une bonne dose d'huile de coude, G&#233;raldine et Marion sont aux manettes d'une &#233;trange et vigoureuse association : l'Atelier autonome du livre. Rencontre avec deux furieuses de reliure, gravure et papier artisanal. La phrase sort de sa bouche &#224; la mani&#232;re d'un fatalisme guilleret : &#171; Sept ans que &#231;a dure et on est tout le temps d'accord. Enfin, moi je suis la pessimiste et Marion l'optimiste. Si tu fais une moyenne des deux, tu arrives &#224; un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no151-fevrier-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;151 (f&#233;vrier 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/encres-vegetales" rel="tag"&gt;encres v&#233;g&#233;tales&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marion-l-optimiste" rel="tag"&gt;Marion l'optimiste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-Atelier-autonome" rel="tag"&gt;l'Atelier autonome&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#201;quip&#233;es d'un massicot, de deux presses et d'une bonne dose d'huile de coude, G&#233;raldine et Marion sont aux manettes d'une &#233;trange et vigoureuse association : l'Atelier autonome du livre. Rencontre avec deux furieuses de reliure, gravure et papier artisanal.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3082 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;78&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1316.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L466xH1007/-1316-487f0.jpg?1782640459' width='466' height='1007' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; La petite boxeuse &#187; (anonyme), production de l'Atelier autonome.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;a phrase sort de sa bouche &#224; la mani&#232;re d'un fatalisme guilleret : &lt;i&gt;&#171; Sept ans que &#231;a dure et on est tout le temps d'accord. Enfin, moi je suis la pessimiste et Marion l'optimiste. Si tu fais une moyenne des deux, tu arrives &#224; un certain &#233;quilibre. &#187;&lt;/i&gt; G&#233;raldine l&#226;che un rire qui se communique aussit&#244;t &#224; Marion. Par la fen&#234;tre, un gr&#233;sil dense tresse sa dentelle sur les massifs environnants. Tout est blanc. Les gosses du village ont d&#233;gain&#233; les luges. Sur la table, une vieille valoche ouverte contient un &#233;chantillon de ce que produit l'Atelier autonome du livre. Des bouquins faits &#224; base de r&#233;cup'. Artisanat foisonnant, vieux opus d&#233;tourn&#233;s &#8211; une couverture indique : &lt;i&gt;Concours d'affiche de propagande en faveur de l'emprunt P.T.T&lt;/i&gt;. Depuis 2009, cet Atelier, sis dans le village de Mosset (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales), parcourt les &#233;coles, les biblioth&#232;ques, les h&#244;pitaux psychiatriques et les festivals. Entre ses mains, des reliques promises &#224; la poubelle font peau neuve et subversive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; part une formation en fabrication de papier artisanal&lt;/strong&gt;, Marion et G&#233;raldine ont tout appris sur le tas. Des encres tinctoriales &#224; la reliure, un savoir-faire s'est exp&#233;riment&#233; au fil des rencontres et des ateliers. Marion : &lt;i&gt;&#171; On comprend les gens qui sont maladroits ou t&#233;tanis&#233;s, parce qu'on est pass&#233; par les m&#234;mes &#233;tapes. On n'a pas de pr&#233;tention par rapport &#224; notre savoir. &#187;&lt;/i&gt; Dans un univers satur&#233; de proth&#232;ses num&#233;riques et d'&#233;crans tactiles, on aurait pu croire ce retour au travail des mains promis &#224; l'&#233;chec. Le doigt dans l'&#339;il jusqu'&#224; l'hum&#233;rus ! L'Atelier a su frayer et trouver son public. &lt;i&gt;&#171; On fait fabriquer les encres aux &#233;l&#232;ves. L'atelier, c'est comme la cuisine, sauf que tu vas fabriquer ton encre pour dessiner avec. En plus, cette encre, elle est magique. Elle a des r&#233;actions li&#233;es au pH qui transforment les couleurs. Ce c&#244;t&#233; manuel, qui ne se fait plus dans les &#233;tablissements scolaires et se perd dans nos soci&#233;t&#233;s, c'est ce qu'on apporte &#187;,&lt;/i&gt; traduit Marion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une autre vie, la dame &#233;tait journaliste. Si elle a arr&#234;t&#233;, c'est justement parce qu'elle voulait renouer avec une pratique manuelle. Ayant fait ses armes en tant qu'artiste-plasticienne, c&#233;ramiste et cr&#233;atrice textile, G&#233;raldine se souvient d'un atelier d'encre de Chine : &lt;i&gt;&#171; Une gamine de CE1 rentre chez elle entre midi et deux et revient avec une paire de gants en latex. Sa m&#232;re lui avait mis des gants d'adulte pour qu'elle ne se salisse pas les mains. Mais comment tu tiens un pinceau ou un crayon avec des gants trois fois trop grands ? Les instits sont contents de pouvoir se d&#233;barrasser des arts plastiques, car c'est assez lourd. Pour l'encre v&#233;g&#233;tale, on va manipuler des couteaux, des citrons, de la cendre, de l'eau bouillante. Pour la reliure, il y a les clous et le marteau. Les gar&#231;ons fuient la couture et souvent les filles n'ont jamais tenu un marteau ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de bol : Marion et G&#233;raldine vont profiter de l'occase pour inverser les r&#244;les et titiller ces questions de genre. Idem pour le pilon et le mortier n&#233;cessaires &#224; la confection des encres v&#233;g&#233;tales : ils ne finiront pas forc&#233;ment dans les paluches du plus costaud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'autonomie de l'Atelier s'&#233;value au regard de l'approvisionnement en mati&#232;res premi&#232;res&lt;/strong&gt; : recyclage de vieux bouquins, draps, gen&#234;t, ortie et lin pour le papier. Quant aux encres v&#233;g&#233;tales : l'iris, la galle du ch&#234;ne, la cendre, l'&#339;illet d'Inde sont &#224; port&#233;e de main pour fournir les pigments. &lt;i&gt;&#171; L'autonomie c'est de savoir tout faire, de A &#224; Z. D&#232;s le d&#233;part, on s'est dit : on ne veut pas que notre activit&#233; soit d&#233;pendante des subventions,&lt;/i&gt; r&#233;sume Marion.&lt;i&gt; C'est le gros pi&#232;ge en milieu associatif : si t'as plus de subventions, tu cr&#232;ves. Notre association doit vivre de notre travail. &#187;&lt;/i&gt; &#192; l'heure actuelle, l'Atelier ne re&#231;oit de subventions de la mairie de Mosset et de la Drac&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Direction r&#233;gionale des affaires culturelles.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; qu'une fois l'an, pour organiser son festoche ou autre &#233;v&#233;nement. Mais avec un salaire mirobolant de 500 euros mensuels bruts, la gal&#232;re est une ombre froide qui colle aux basques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, les deux femmes animent des ateliers dans le quartier des mineurs de la prison de Perpignan. En amont, il a fallu dealer avec la Protection judiciaire de la jeunesse. Un vrai casse-t&#234;te qui souligne le gouffre s&#233;parant les grosses structures et la fragile association. Marion : &lt;i&gt;&#171; Les institutions nous demandent de monter des dossiers, de venir &#224; des r&#233;unions, &#231;a nous prend des jours de travail. &#192; un moment tu leur dis : &#8220;Les gars vous &#234;tes fonctionnaires, vous &#234;tes peinards et nous on se paye l'essence et tout ce temps perdu. C'est quand m&#234;me vous les institutions et on en a marre de faire votre boulot.&#8221; On voit bien qu'il y a de moins en moins d'argent public, du coup on a moins de taf. Au lieu de travailler une journ&#233;e avec les gens, on r&#233;duit les ateliers &#224; deux heures, avec autant de travail en amont et en aval. On gagne moins et on travaille plus. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, l'&#233;nergie est toujours l&#224;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'ailleurs, adoss&#233;s &#224; l'Atelier, on trouve d'autres projets collectifs : la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. En novembre dernier, l'Atelier autonome du livre organisait deux jours de rencontre et d'ateliers collectifs intitul&#233;s &#171; BD, marges et art (brut) &#187;. Au chapitre des invit&#233;s, le dessinateur sur papier carbone Doublebob, les &#233;ditions de b&#233;d&#233; exp&#233;rimentale Fr&#233;mok et la &#171; S &#187; Grand Atelier, laboratoire belge pour artistes handicap&#233;s mentaux. Un sous-titre au happening : l'art n'est pas &lt;i&gt;&#171; occupationnel &#187;&lt;/i&gt;. Comprenez : un exp&#233;dient pour meubler les temps morts. Il est d'abord affaire de reprise en main collective.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien Navarro&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Direction r&#233;gionale des affaires culturelles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D'ailleurs, adoss&#233;s &#224; l'Atelier, on trouve d'autres projets collectifs : la Cabine &#224; graines (cf. l'article &lt;i&gt;&#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Le-bon-grain-la-brute-et-le-truand' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le bon grain, la brute et le truand&lt;/a&gt; &#187;,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 118, janvier 2014) et une b&#233;d&#233;th&#232;que offrant une riche production ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La journ&#233;e d'action</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le matin, il p&#232;le comme c'est pas permis et je dois gratter mon pare-brise. De chez moi, j'entends le ronronnement des turbines et les crachements de vapeur de l'usine o&#249; je bosse, situ&#233;e pourtant &#224; huit kilom&#232;tres. Un autre signe du froid. En plus, je me suis lev&#233; plus t&#244;t, car avant d'aller au turbin, je veux passer voir le piquet de gr&#232;ve des copains cheminots des ateliers Quatre Mares situ&#233;s &#224; St-&#233;tienne-du-Rouvray (76). Aujourd'hui, c'est journ&#233;e de gr&#232;ve &#224; la SNCF, &#224; cause du nouveau (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no118-janvier-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;118 (janvier 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Efix" rel="tag"&gt;Efix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-est" rel="tag"&gt;n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/greve" rel="tag"&gt;gr&#232;ve&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/journee" rel="tag"&gt;journ&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_934 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH306/p13-efix-cqfd47-c2042.jpg?1782775475' width='500' height='306' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le matin, il p&#232;le comme c'est pas permis et je dois gratter mon pare-brise. De chez moi, j'entends le ronronnement des turbines et les crachements de vapeur de l'usine o&#249; je bosse, situ&#233;e pourtant &#224; huit kilom&#232;tres. Un autre signe du froid. En plus, je me suis lev&#233; plus t&#244;t, car avant d'aller au turbin, je veux passer voir le piquet de gr&#232;ve des copains cheminots des ateliers &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/D-un-atelier-l-autre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quatre Mares&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le livre Quatre Mares, que j'ai fait avec le photographe Alain Lefebvre, est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; situ&#233;s &#224; St-&#233;tienne-du-Rouvray (76). Aujourd'hui, c'est journ&#233;e de gr&#232;ve &#224; la SNCF, &#224; cause du nouveau projet de d&#233;mant&#232;lement. La SNCF qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; coup&#233;e en deux organismes (la circulation des trains d'un c&#244;t&#233; et la maintenance des voies de l'autre) va &#234;tre encore divis&#233;e, avec l'apparition d'une troisi&#232;me entit&#233;. Les cheminots craignent pour leurs emplois et leurs statuts. On sait aussi que la r&#233;gionalisation des rames (les Intercit&#233;s remplac&#233;s par des TER) va faciliter la privatisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'autoradio, lorsque la gr&#232;ve est &#233;voqu&#233;e, c'est juste pour comptabiliser les trains en circulation. C'est aussi pour dire que la gr&#232;ve des cheminots tombe mal avec toutes ces alertes &#224; la pollution. Comme toujours, aucune info digne de ce nom sur le pourquoi du mouvement. J'arrive devant les portes des ateliers o&#249; une quarantaine de gr&#233;vistes tentent de se r&#233;chauffer autour de feux de palettes. Toujours spectaculaires surtout qu'il fait encore nuit et que la brume donne &#224; la sc&#232;ne un aspect fantomatique. Ici, et depuis le mouvement de 1995 contre les lois Jupp&#233;, ils ont gard&#233; le r&#233;flexe de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale et du piquet de gr&#232;ve pour chaque journ&#233;e d'action. Ce n'est pas la foule des grands soirs car le froid tr&#232;s vif en a dissuad&#233; plus d'un. Pourtant, ici, aux Ateliers, le pourcentage de ceux qui ont cess&#233; le travail d&#233;passe de tr&#232;s loin le niveau national estim&#233; &#224; 50 % de gr&#233;vistes. Quelques jaunes rentrent presque en douce. &#171; &lt;i&gt;Ceux des bureaux&lt;/i&gt; &#187;, me dit-on. Je me faufile parmi les silhouettes rassembl&#233;es autour des feux, quelques-uns me reconnaissent et me disent que j'aurais d&#251; parler aussi de cette gr&#232;ve-l&#224; dans mon livre. Mais au-del&#224; de l'instantan&#233; d'un livre et de la photographie, la vie continue. Je cherche quelques grandes gueules mais ils sont partis chercher d'autres palettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je tombe alors sur Thierry. &#171; &lt;i&gt;C'est mon dernier piquet de gr&#232;ve en tant que cheminot. Bient&#244;t je n'aurai plus besoin de me lever &#224; 4 heures du mat'. Dans 15 jours, je serai en retraite&lt;/i&gt; &#187;, me dit-il en souriant. &#171; &lt;i&gt;Je fais partie des derniers &#224; pouvoir partir &#224; 55 ans. Mais faut dire que j'en ai fait des horaires d&#233;cal&#233;s et des d&#233;couch&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; On sent qu'il est content d'&#234;tre l&#224;. Ces moments de bagarre sont toujours jouissifs. Il me confie aussi qu'il attend avec impatience la manif du midi devant le si&#232;ge de la direction r&#233;gionale : &#171; &lt;i&gt;On rentrera tous dans les locaux, c'est toujours marrant.&lt;/i&gt; &#187; Les ateliers de Quatre Mares sont directement impact&#233;s par le d&#233;mant&#232;lement. Outre le fait qu'on n'y construit quasiment plus de locomotives et qu'on les ferraille plut&#244;t, le p&#244;le Recherche et ing&#233;nierie est supprim&#233;. &#171; &lt;i&gt;Et quand on supprime la recherche, la fin n'est pas loin.&lt;/i&gt; &#187; La directrice du site a d&#233;clar&#233; que les Ateliers sont en train de tourner une page, &#171; &lt;i&gt; mais c'est le livre entier qu'on est en train de fermer&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;agit Thierry. Un non-gr&#233;viste passe, Thierry me dit : &#171; &lt;i&gt;Tu vois ce mec, il n'a rien compris. Son boulot est supprim&#233;, il va &#234;tre mut&#233; &#224; Oullins ou ailleurs, mais il ne fait pas gr&#232;ve. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre Mares a toujours &#233;t&#233; un bastion combatif et pour ces cheminots ce n'est pas une journ&#233;e d'action qui fera changer les choses. &#171; &lt;i&gt;C'est la gr&#232;ve reconductible qu'il faut voter&lt;/i&gt; &#187;, disent la plupart des gens rassembl&#233;s ce matin. Sauf que ce n'est pas ce qui se dessine. En juin dernier, d&#233;j&#224;, une premi&#232;re journ&#233;e de gr&#232;ve, pourtant tr&#232;s suivie, n'avait pas abouti. L&#224; c'est pareil. Seul Sud a convoqu&#233; le lendemain une r&#233;union intersyndicale pour choisir les modalit&#233;s de la suite &#224; donner rapidement. Les autres syndicats n'ont pas r&#233;agi. La CGT a dit, elle, qu'il fallait attendre quelques jours pour voir les retomb&#233;es du mouvement. &#171; &lt;i&gt; Tu parles, avec la p&#233;riode des F&#234;tes, c'est cuit.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour va bient&#244;t se lever et je vais encore arriver en retard &#224; mon boulot. Tant pis. Je reste &#224; discuter avec ces cheminots parce que c'est toujours agr&#233;able d'&#234;tre avec des salari&#233;s qui ne se laissent pas faire, m&#234;me quand le combat est difficile. Avant de partir, Thierry m'interpelle : &#171; &lt;i&gt; Tu sais pas la derni&#232;re ? Je viens de recevoir une lettre d'avertissement de la direction, parce que je refuse de faire des heures suppl&#233;mentaires. Ma premi&#232;re lettre d'avertissement et &#224; 15 jours de la retraite ! J'vais la faire encadrer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le livre &lt;i&gt;Quatre Mares&lt;/i&gt;, que j'ai fait avec le photographe Alain Lefebvre, est disponible &#224; la librairie l'Insoumise 128, rue St-Hilaire, 76000 Rouen, contre un ch&#232;que de 10 euros, port compris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Radio Mont Aiguille vivra !</title>
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		<dc:creator>Tifenn Hache</dc:creator>


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&lt;p&gt;Une antenne locale p&#233;riclite dans les Alpes. Mais ses auditeurs ne l'entendent pas de cette oreille ! Mont&#233;s en association, ils font tout pour la r&#233;animer. Reportage sur des ondes rebelles. &#171; On capte un truc, l&#224; ? &#187; &#171; Rien&#8230; Y a &#233;crit &#8220;No Signal&#8221;. &#187; Au milieu des bi&#232;res, du th&#233; et des cendriers, on raccorde c&#226;bles et casques, on teste en rigolant. &#171; Prise du direct dans 2 minutes 24 secondes&#8230; &#187; Quelques larsen et deux-trois manip' plus tard, &#231;a y est : tout est pr&#234;t pour diffuser (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no116-novembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;116 (novembre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Medias-8" rel="tag"&gt;M&#233;dias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Amelie" rel="tag"&gt;Am&#233;lie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une antenne locale p&#233;riclite dans les Alpes. Mais ses auditeurs ne l'entendent pas de cette oreille ! Mont&#233;s en association, ils font tout pour la r&#233;animer. Reportage sur des ondes rebelles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On capte un truc, l&#224; ?&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Rien&#8230; Y a &#233;crit &#8220;No Signal&#8221;. &lt;/i&gt; &#187; Au milieu des bi&#232;res, du th&#233; et des cendriers, on raccorde c&#226;bles et casques, on teste en rigolant. &#171; &lt;i&gt;Prise du direct dans 2 minutes 24 secondes&#8230; &lt;/i&gt; &#187; Quelques larsen et deux-trois manip' plus tard, &#231;a y est : tout est pr&#234;t pour diffuser jusqu'aux postes radio du village de Mens.
&#171; &lt;i&gt;Bonsoir &#224; toutes et &#224; tous, vous qui venez de vous connecter sur le 91.5 FM : il est presque 23 h, et la libre antenne est ouverte.&lt;/i&gt; &#187; La console envoie le jingle r&#233;alis&#233; l'apr&#232;s-midi. Autour de la table de la cuisine du &#171; Plex &#187;, un appart' transform&#233; pour quelques jours en studio radio, les micros tournent et les langues se d&#233;lient. En direct, on discute des ateliers de la journ&#233;e, des &#233;motions suscit&#233;es par la projection du docu &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.article11.info/?Lorraine-Coeur-d-Acier-Les-beaux&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Lorraine Coeur d'Acier&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.aber-images.com/lorraine.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la parole lib&#233;r&#233;e&lt;/a&gt; d'Isabelle Cadi&#232;re, des exp&#233;riences radio &#224; Lyon ou sur l'antenne pirate de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_871 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L395xH260/radio_mont_aiguille-20de3.jpg?1782648828' width='395' height='260' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Grande &#233;motion ! Car au village de Mens, dans le Tri&#232;ves, tout &#224; c&#244;t&#233; du Vercors, les ondes des radios nationales n'arrivent pas toujours et si les habitants avaient &#171; leur &#187; radio depuis vingt-cinq ans, Radio Mont Aiguille (RMA), parfois la seule que l'on pouvait capter, elle s'est tue au printemps dernier. &#171; &lt;i&gt;On est sur un territoire de montagne, avec parfois un grand isolement, et peu de moyens de communication&lt;/i&gt; &#187;, nous racontent Aude et Am&#233;lie, organisatrices de ces journ&#233;es d'atelier. Depuis le Tri&#232;ves, c'est parfois dur de savoir ce qui se passe dans la Matheysine, plateau situ&#233; de l'autre c&#244;t&#233; de la vall&#233;e, et vice-versa. &#171; &lt;i&gt;Sur papier, on a&lt;/i&gt; Les Nouvelles du Pays. &lt;i&gt;Et puis on avait RMA.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2011, pour d&#233;noncer la mauvaise gestion de la radio par le Comit&#233; d'Expansion du Tri&#232;ves (CET), &#171; &lt;a href=&#034;http://www.lesamisderma.trieves-matheysine.com/crbst_3.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les Amis de RMA&lt;/a&gt; &#187; se constituent en association. &#171; &lt;i&gt;Radio Mont-Aiguille n'&#233;tait pas encore d&#233;truite, mais elle se d&#233;gradait. Au point qu'&#224; cette &#233;poque elle a cess&#233; d'&#233;mettre pendant deux mois. On a d'abord voulu rentrer dans la radio et la faire changer de l'int&#233;rieur, sans succ&#232;s. Les portes &#233;taient verrouill&#233;es.&lt;/i&gt; &#187; Alors en avril 2013, &#224; l'annonce de la liquidation judiciaire du CET, Les Amis de RMA convoquent &#224; une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale d'urgence. Une centaine d'habitants s'y retrouvent. &#171; &lt;i&gt;On a d&#233;cid&#233; qu'on allait tout faire pour bloquer la vente aux ench&#232;res du mat&#233;riel, pour qu'il ne soit pas dispers&#233;. Et qu'on postulerait pour la r&#233;-attribution de la fr&#233;quence.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la relance, l'envie est &#224; la refondation de la radio. &#171; &lt;i&gt;On veut en faire un outil qui soit le n&#244;tre, celui des habitants, pour travailler &#224; construire des liens entre les gens, un sentiment de communaut&#233; au sens large. Pas au sens r&#233;gionaliste, mais au sens o&#249; on partage un endroit o&#249; l'on vit. Le projet, c'est de construire ensemble ce truc pour qu'il nous nourrisse, qu'il nous connecte avec ce qu'il se passe &#224; l'ext&#233;rieur, ce, celles et ceux qu'on ne conna&#238;t pas. &lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Transformer la contrainte financi&#232;re, qui rend impossible de salarier quelqu'un, comme une chance pour constituer un groupe qui s'empare collectivement de tous les aspects de la radio.&lt;/i&gt; &#187;
Mais avant, il y a &#224; faire : les dossiers &#224; envoyer au CSA et au FSER&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fonds de soutien &#224; l'expression radiophonique.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, la ligne &#233;ditoriale &#224; constituer, la programmation &#224; imaginer, les autres habitants &#224; sensibiliser et tout &#224; apprendre, ou presque. Parmi les membres de l'asso, il y a tr&#232;s peu d'anciens. &#171; &lt;i&gt;&#199;a me disait bien de faire de la radio. Mais sans rien y conna&#238;tre ! D'o&#249; l'id&#233;e des ateliers&lt;/i&gt; &#187;, explique Am&#233;lie. &#171; &lt;i&gt;On s'est dit qu'il fallait se donner le go&#251;t de la radio, et se d&#233;montrer qu'on &#233;tait capables de faire. &lt;/i&gt; &#187; Pour &#231;a, le mieux, c'est encore de pratiquer. Aude et Am&#233;lie contactent quelques radios associatives pour leur proposer d'animer des ateliers de formation. La sauce prend. Tellement bien que le &#171; Week-end &#187; se transforme en &#171; Rencontres &#187;, &#233;tal&#233;es sur quatre jours. Au programme, une vingtaine d'ateliers et plusieurs soir&#233;es publiques, anim&#233;s par une trentaine de membres de radios associatives : on croise les Lyonnaises de &lt;a href=&#034;http://www.radiocanut.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Canut&lt;/a&gt;, les Marseillais de &lt;a href=&#034;http://www.radiogalere.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gal&#232;re&lt;/a&gt;, mais aussi des intervenants de &lt;a href=&#034;http://www.rfpp.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fr&#233;quence Paris Plurielle&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.rdwa.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R-DWA&lt;/a&gt; de Die, ou &lt;a href=&#034;http://www.radio-kaleidoscope.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Kal&#233;idoscope&lt;/a&gt; de Grenoble&#8230; Ceux de &lt;a href=&#034;http://www.zinzine.domainepublic.net/index2.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Zinzine&lt;/a&gt; sont mont&#233;s dans leur camion-studio, install&#233; sur la place du village, pour un direct le samedi apr&#232;s-midi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au &#171; QG &#187;, une maison pr&#234;t&#233;e pour les rencontres, une carte de la r&#233;gion est affich&#233;e au mur avec toutes les indications pour se rendre aux ateliers sans se perdre dans la montagne et jusqu'au salon de chez Brigitte prendre part &#224; celui nomm&#233; &#171; &lt;i&gt;Animer un d&#233;bat ou comment vaincre sa peur du d&#233;bat qui foire en direct&lt;/i&gt; &#187;. Les ateliers se tiennent dans les salons, les cuisines et quelques salles communales, am&#233;nag&#233;s comme on peut avec le mat&#233;riel apport&#233; par les b&#233;n&#233;voles des radios. Tout ce petit monde est log&#233; sur les canap&#233;s et les matelas d'appoint des maisons du village. Sophie et les b&#233;n&#233;voles de &#171; La P'tite Marmite &#187; assurent les repas compos&#233;s des fruits et l&#233;gumes, miel, pain, fromage et autres glaces au cassis et la ch&#226;taigne, fournis par les producteurs du coin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche apr&#232;s-midi. C'est le moment de retour sur les ateliers : cr&#233;ation sonore, reportage, interview, montage, &#171; parler &#224; la radio &#187;, gestion administrative, techniques de diffusion&#8230; L'enthousiasme s'entend. Une habitante : &#171; &lt;i&gt;Merci ! &#199;a m'a permis de d&#233;mystifier ce truc de la radio, avec tous ces boutons partout&#8230; Ce n'est pas si compliqu&#233;. &#231;a donne confiance en nous !&lt;/i&gt; &#187; Laurent : &#171; &lt;i&gt;On est capables de faire&#8230; Et on a des choses &#224; dire !&lt;/i&gt; &#187; On dit l'&#233;motion d'&#234;tre pass&#233;s en direct, d'avoir produit des petites choses sonores. &#171; &lt;i&gt;J'ai mordu&lt;/i&gt;, glisse un habitant, &lt;i&gt;ou j'ai &#233;t&#233; mordu, c'est selon&#8230;&lt;/i&gt; &#187; D&#233;j&#224; sont pr&#233;vues des exp&#233;ditions dans les radios copines, des s&#233;ances collectives d'auto-formation. On discute des futures &#233;missions. &#171; &lt;i&gt;Je crois qu'on s'est rendu les &#233;nergies&lt;/i&gt; &#187;, termine Am&#233;lie. Sentiment partag&#233;. Si la fr&#233;quence est attribu&#233;e, rendez-vous au printemps 2014, pour reprendre les ondes ensemble ?&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une souscription a &#233;t&#233; lanc&#233;e affin de trouver des fonds pour payer le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Fonds de soutien &#224; l'expression radiophonique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Une souscription a &#233;t&#233; lanc&#233;e affin de trouver des fonds pour payer le mat&#233;riel de la radio en l'absence de subventions suffisantes. Contact : ateliers-radio@riseup.net.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>D'un atelier l'autre</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/D-un-atelier-l-autre</link>
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		<dc:date>2013-11-05T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Il se trouve que depuis quelques semaines, en plus de mon boulot, je c&#244;toie le quotidien au travail des cheminots. Le Comit&#233; d'&#233;tablissement r&#233;gional de la SNCF, compos&#233; de militants CGT et Sud, m'a confi&#233;, ainsi qu'&#224; un copain photographe, le soin de faire un livre sur un atelier de r&#233;paration de la SNCF (et surtout sur ceux qui y travaillent) : le &#171; technicentre de Sotteville-l&#232;s-Rouen &#187;, plus connu dans la r&#233;gion sous le nom de Quatre-Mares. C'est un lieu important de l'histoire sociale (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/syndicat-Sud" rel="tag"&gt;syndicat Sud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il se trouve que depuis quelques semaines, en plus de mon boulot, je c&#244;toie le quotidien au travail des cheminots. Le Comit&#233; d'&#233;tablissement r&#233;gional de la SNCF, compos&#233; de militants CGT et Sud, m'a confi&#233;, ainsi qu'&#224; un copain photographe, le soin de faire un livre sur un atelier de r&#233;paration de la SNCF (et surtout sur ceux qui y travaillent) : le &#171; technicentre de Sotteville-l&#232;s-Rouen &#187;, plus connu dans la r&#233;gion sous le nom de Quatre-Mares. C'est un lieu important de l'histoire sociale des cheminots mais aussi de la r&#233;gion rouennaise. Et s'il existe quantit&#233; de livres sur les trains, les gares, l'histoire de la SNCF, on en trouve peu qui racontent les conditions de vie et de travail, hier comme aujourd'hui, des ouvriers de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dois dire que le photographe et moi avons eu une approche du milieu qu'un journaliste n'aurait pas pu avoir. Nous n'avons pas &#233;t&#233; &#171; embarqu&#233;s &#187; par le service com', seulement adoub&#233;s par des gens du syndicat Sud et laiss&#233;s libres de rencontrer les cheminots autant de fois que nous le souhaitions.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_797 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH372/p11-cqfd43-accbc.jpg?1782641280' width='400' height='372' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, &#233;tant tous les deux salari&#233;s, nous avions beaucoup de choses en commun avec ces cheminots. M&#234;me si on n'a pas le m&#234;me m&#233;tier, on subit les affres du Salariat et de l'Exploitation (oui, je sais, les grands mots majuscules&#8230;) de la m&#234;me fa&#231;on. Du coup, partout o&#249; nous sommes all&#233;s, pendant les moments de boulot ou de pause, tout de suite &#231;a s'est bien pass&#233; et il suffisait de prendre une photo ou de tendre le micro pour que les cheminots se l&#226;chent et disent ce qu'ils avaient sur le c&#339;ur, sans le filtre de &#171; l'amour du m&#233;tier &#187; ou de la langue de bois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ateliers de Quatre-Mares sont encore un bastion de prolos qui se bagarrent. Souvent les mouvements de gr&#232;ve de la SNCF ont commenc&#233; ici, tout comme ce sont souvent ces ateliers qui ont &#233;t&#233; les derniers &#224; reprendre le travail. Que ce soit en 1995 contre le plan Jupp&#233;, ou en 2003 et 2010, pour les retraites&#8230; Et ce n'est pas fini. Nous avons m&#234;me pu assister &#224; des mouvements inopin&#233;s de contestation et de revendication, qui font le quotidien au travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple de ces ateliers est compos&#233; d'ouvriers sp&#233;cialis&#233;s, ajusteurs, chaudronniers, fraiseurs, &#233;lectriciens, etc. Ils ne font pas un travail &#224; la cha&#238;ne et, vu de l'ext&#233;rieur, celui-ci semble int&#233;ressant. Pourtant les cheminots se plaignent : de l'intensification des pressions hi&#233;rarchiques aux probl&#232;mes d'amiante ou de produits dangereux qu'on les force &#224; utiliser malgr&#233; les droits de retrait et le CHSCT en passant par le projet de scinder la SNCF et le risque de perte de leur statut pour un tiers des cheminots (50 000). Et surtout, il y a ces 400 locomotives, plus ou moins anciennes, parqu&#233;es sur les voies de la gare de triage de Sotteville, aux portes des ateliers, qui attendent d'&#234;tre ferraill&#233;es par les cheminots. Alors qu'&#224; l'origine leur boulot, c'&#233;tait de les fabriquer, ces machines ! C'est comme un cimeti&#232;re des &#233;l&#233;phants. La plupart de ces locomotives pourraient encore circuler, mais le d&#233;veloppement du rail par rapport &#224; la route reste un &#233;ternel serpent de mer des discours politiques sur l'am&#233;nagement du territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi tous ces personnages hauts en couleur, il y a V., un militant CGT critique, qui a la gouaille des quartiers populaires de la banlieue rouennaise ainsi que le regard malicieux de ceux &#224; qui on ne la fait pas. Les moteurs de sa vie sont la solidarit&#233; (il s'occupe des orphelins de la SNCF) et la bagarre contre les patrons. Jeune embauch&#233;, c'est le mouvement contre le plan Jupp&#233; qui l'a form&#233;. Lorsqu'il manifestait sous la banderole &#171; Gr&#232;ve G&#233;n&#233;rale &#187; et participait au Comit&#233; de gr&#232;ve, malgr&#233; les consignes de son syndicat &#224; l'&#233;poque. Il raconte lorsqu'il balan&#231;ait des &#339;ufs, avec un copain, sur la quarantaine de non-gr&#233;vistes des ateliers, lorsqu'il p&#233;n&#233;trait par effraction la nuit dans les locaux, pour piquer des torches pour &#233;gayer les manifs, lorsqu'il &#233;tait all&#233; &#171; inviter &#187; les postiers &#224; se mettre en gr&#232;ve, les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales et tout le reste. Sans parler des caisses de solidarit&#233; mont&#233;es en 2010 lorsque les cheminots avaient fait deux fois quinze jours de gr&#232;ve. Sur ces mouvements, il est intarissable et n'attend que le prochain. &#171; &lt;i&gt;Tu sais&lt;/i&gt;, me dit-il, &lt;i&gt;je me suis toujours mis en position pour pouvoir me bagarrer sans probl&#232;me. Je n'ai pas achet&#233; de maison, je ne me mets jamais de cr&#233;dit sur le dos. Comme &#231;a, j'suis toujours pr&#234;t.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>2012, ann&#233;e de la loose</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/2012-annee-de-la-loose</link>
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		<dc:date>2012-02-22T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
		<dc:subject>atelier</dc:subject>
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		<dc:subject>Allez</dc:subject>
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		<dc:subject>ateliers</dc:subject>
		<dc:subject>Direction</dc:subject>
		<dc:subject>travaux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un matin de plus &#224; l'usine. Un matin de plus dans cette ambiance mortif&#232;re. Quelques ateliers fument &#224; peine. C'est d&#233;sagr&#233;able de continuer &#224; venir bosser dans une usine en fin de vie, d'autant que l'agonie dure depuis des ann&#233;es et qu'on ne sait toujours pas quand et comment se d&#233;roulera la phase terminale. Vous allez me dire : &#171; Allez, Jean-Pierre, c'est pas la mort ! &#187; Ben, si. Depuis l'accident du 29 septembre (voir CQFD n&#176; 93) au cours duquel on a, une fois de plus, fris&#233; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no96-janvier-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;96 (janvier 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travaux" rel="tag"&gt;travaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un matin de plus &#224; l'usine. Un matin de plus dans cette ambiance mortif&#232;re. Quelques ateliers fument &#224; peine. C'est d&#233;sagr&#233;able de continuer &#224; venir bosser dans une usine en fin de vie, d'autant que l'agonie dure depuis des ann&#233;es et qu'on ne sait toujours pas quand et comment se d&#233;roulera la phase terminale. Vous allez me dire :&lt;i&gt; &#171; Allez, Jean-Pierre, c'est pas la mort ! &#187;&lt;/i&gt; Ben, si.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'accident du 29 septembre (voir &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Dix-ans-plus-tard'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 93&lt;/a&gt;) au cours duquel on a, une fois de plus, fris&#233; la catastrophe, rien ne va plus. L'atelier de fabrication d'ammoniac, outre les stigmates de l'incendie, est bard&#233; d'&#233;chafaudages et partiellement&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_255 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH549/96efix-0c3b1.png?1782646027' width='400' height='549' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Efix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;d&#233;mont&#233;. C'est gris, triste et sale. Un vieil atelier (plus de trente ans) qui ne donne pas envie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En salle de contr&#244;le, on se morfond sur le pr&#233;sent et l'avenir. Comme me le dit un copain : &lt;i&gt;&#171; On n'arrive pas &#224; &#234;tre optimiste &#187;&lt;/i&gt;. Apr&#232;s l'incident, la direction avait dit que les travaux de r&#233;paration seraient effectu&#233;s (pour cinq millions d'euros au minimum) et que l'unit&#233; red&#233;marrerait en f&#233;vrier, voire mars. Elle avait promis aussi qu'il n'y aurait pas de ch&#244;mage technique, les retards en formation &#233;tant tels que le temps &#171; libre &#187; serait mis &#224; profit pour que tout le monde soit &#224; niveau. Aujourd'hui, les travaux semblent gel&#233;s en attendant des d&#233;cisions prises au plus haut niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les autres ateliers de l'usine, m&#234;me neufs, fonctionnent mal, parfois tr&#232;s mal. Ce qui fait que les coll&#232;gues s'occupent soit en nettoyant un atelier &#224; l'arr&#234;t, soit en courant faire des man&#339;uvres stressantes d'arr&#234;t ou de d&#233;marrage. Le tout avec des chefs eux-m&#234;mes stress&#233;s&#8230;
L'accident de septembre est d&#251; &#224; une petite vanne dont une pi&#232;ce s'est &#233;ject&#233;e. Pas grand-chose, quoi. Sauf que dans les conduites ce n'est pas de l'eau qui passe mais du gaz, de l'hydrog&#232;ne et de l'ammoniac ! Chaque incident prend alors des proportions dramatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Direction r&#233;gionale de l'environnement, de l'am&#233;nagement et du logement (Dreal) demande des travaux de s&#233;curisation importants avant tout red&#233;marrage et c'est plus que normal. De leur c&#244;t&#233;, les &#233;lus locaux se posent des questions sur cet atelier dangereux qui occupe peu de salari&#233;s. En m&#234;me temps &lt;i&gt;&#171; l'actionnaire principal &#187;&lt;/i&gt; (comme ils disent) &#8211; Total &#8211; se pose aussi des questions sur le maintien de l'activit&#233;, alors que d'ici quelques mois de nouvelles unit&#233;s bas&#233;es en &#201;gypte et Alg&#233;rie vont commencer &#224; produire et, ainsi, faire baisser le cours de l'ammoniac, ce qui rendra bon march&#233; son transport vers l'usine, o&#249; il y a de quoi stocker.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est m&#234;me le staff du p&#233;trolier qui a pris les choses en main. Les d&#233;cisions seront prises en haut lieu, au d&#233;triment de la filiale qui g&#232;re l'usine. D'o&#249; cette ambiance toute pourrie. Les coll&#232;gues disent qu'on n'est plus dans une usine qui fabrique des engrais, mais dans des lieux o&#249; on fabrique des proc&#233;dures. Car c'est de &#231;a dont il est question, l'encadrement et la direction ne parlent plus que s&#233;curit&#233; et environnement. Tout manquement aux r&#232;gles est puni. Les agents de ma&#238;trise se bouffent entre eux, des discours r&#233;acs prennent le dessus. Non, je vous dis, c'est pas la f&#234;te. Le No Future, c'est pas facile &#224; vivre tous les jours. Que faire ? Red&#233;marrer en risquant sa peau, arr&#234;ter l'atelier, l'usine, ou &#234;tre vendu &#224; un repreneur pas regardant ? Des perspectives pas folichonnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La DRH pense m&#234;me activer une cellule psychologique pour que le personnel voie l'avenir plus positivement ! Aujourd'hui, lorsque je sors de l'usine, je croise Jean-Claude. Il me dit : &lt;i&gt;&#171; Moi, je m'en fous, je pars en retraite dans quatorze jours, mais vous, vous allez souffrir. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>C'est jamais le moment&#8230;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/C-est-jamais-le-moment</link>
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		<dc:date>2011-02-25T18:02:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>droit</dc:subject>
		<dc:subject>n'a</dc:subject>
		<dc:subject>gr&#232;ve</dc:subject>
		<dc:subject>discours</dc:subject>
		<dc:subject>ateliers</dc:subject>
		<dc:subject>Direction</dc:subject>
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		<dc:subject>droit fondamental</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; LE DROIT DE GR&#200;VE reste un droit fondamental. Pour autant, son exercice doit pouvoir se faire en tenant compte de la situation de sa propre entreprise. Avec ces actions et leurs cons&#233;quences, il semble qu'une partie du personnel n'ait pas pris en compte toute la mesure de la situation dans laquelle se trouve la soci&#233;t&#233; aujourd'hui et les cons&#233;quences qu'elles sont susceptibles d'entra&#238;ner. &#187; Voil&#224; le genre de courrier qu'on re&#231;oit de la part de la direction apr&#232;s la premi&#232;re journ&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-usine" rel="tag"&gt;l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/droit" rel="tag"&gt;droit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-a" rel="tag"&gt;n'a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/greve" rel="tag"&gt;gr&#232;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/discours" rel="tag"&gt;discours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ateliers" rel="tag"&gt;ateliers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Direction" rel="tag"&gt;Direction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cadres" rel="tag"&gt;cadres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/droit-fondamental" rel="tag"&gt;droit fondamental&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; LE DROIT DE GR&#200;VE reste un droit fondamental. Pour autant, son exercice doit pouvoir se faire en tenant compte de la situation de sa propre entreprise. Avec ces actions et leurs cons&#233;quences, il semble qu'une partie du personnel n'ait pas pris en compte toute la mesure de la situation dans laquelle se trouve la soci&#233;t&#233; aujourd'hui et les cons&#233;quences qu'elles sont susceptibles d'entra&#238;ner. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; le genre de courrier qu'on re&#231;oit de la part de la direction apr&#232;s la premi&#232;re journ&#233;e d'action contre la r&#233;forme des retraites. Je ne vous dis pas l'ambiance dans l'usine, chez les cadres et leurs sbires, lors des jours pr&#233;c&#233;dents la manif du 7 septembre. C'est bien simple, on allait fermer si les salari&#233;s se mettaient en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#231;a se sentait partout que la participation &#224; la journ&#233;e du 7 serait importante. Devoir bosser, pour le moins, deux ans de plus, &#231;a ne fait pas franchement r&#234;ver. Donc, dans les ateliers et les bureaux, la col&#232;re &#233;tait facilement mesurable et tout le monde se disait partant pour faire gr&#232;ve et manifester. Alors la direction a sorti ses armes habituelles. En premier lieu, il y a eu des r&#233;unions d'encadrement pour mobiliser les troupes. Il n'a pas &#233;t&#233; question de l'&#233;tat d&#233;plorable des ateliers &#224; cause des travaux report&#233;s et des millions qu'il a fallu d&#233;bourser pour des r&#233;parations en catastrophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre il y a &#233;t&#233; dit et r&#233;p&#233;t&#233; que la soci&#233;t&#233; &#233;tait au bord du gouffre et que cette gr&#232;ve allait l'achever. Les cadres y ont cru. Ils croient toujours le discours de la direction g&#233;n&#233;rale : ils sont form&#233;s pour &#231;a. Nous qui sommes dans l'usine depuis bien plus longtemps qu'eux, on est beaucoup moins cr&#233;dules. D'autant que, depuis le mouvement des retraites de 2003 et celui contre le CPE, on a droit au m&#234;me discours. Les ing&#233;nieurs se sont montr&#233;s f&#233;briles et en col&#232;re contre les futurs gr&#233;vistes. Comme la CGT appelait &#224; 32 heures de gr&#232;ve pour permettre &#224; tout le monde de participer, ce syndicat a &#233;t&#233; trait&#233; de gauchiste voulant faire fermer la turne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#231;a n'a pas entam&#233; la d&#233;termination. L'armada de chefs de service et d'ing&#233;nieurs a, ensuite, fait la tourn&#233;e des gars, par &#233;quipe et par atelier, pour r&#233;expliquer que ce n'&#233;tait vraiment pas le moment d'arr&#234;ter la bo&#238;te. Les prix du gaz, de l'ammoniac, l'&#233;tat des ateliers, les actionnaires&#8230; Il y a toujours quelque chose qui fait que ce n'est pas le bon moment. On n'a jamais vu un patron dire &#224; ses ouvriers : &lt;i&gt;&#171; &#199;a y est ! Vous pouvez vous mettre en gr&#232;ve. &#187;&lt;/i&gt; Les discussions &#233;taient anim&#233;es. H&#233;las, voyant que ce discours ne fonctionnait pas, les cadres, pas assez proches des prolos, ont envoy&#233; les contrema&#238;tres pour essayer de les calmer, mais rien n'y a fait. M&#234;me la CFDT s'est mise de la partie en appelant &#224; manifester sans arr&#234;ter les machines. Pour eux, c'&#233;tait de l'aventurisme que de tout stopper et le tract qu'ils ont distribu&#233; &#233;tait un morceau d'anthologie du discours pleurnichard et pro-patron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'emp&#234;che que le 7, l'usine s'est trouv&#233;e bien silencieuse et enti&#232;rement &#224; l'arr&#234;t. Le taux de gr&#233;vistes a atteint des chiffres historiques et nombreux sont ceux qui sont all&#233;s manifester, m&#234;me des gens qu'on ne voyait jamais revendiquer. Par contre, pour participer &#224; une AG apr&#232;s, c'est m&#234;me pas la peine, les copains pr&#233;f&#233;rant buller plut&#244;t que retourner &#224; l'usine, histoire de se causer. Pour le 23, je m'attendais &#224; une participation moindre, surtout qu'une grande partie des ateliers est &#224; l'arr&#234;t en raison des travaux de r&#233;paration que la direction n'a pas pu d&#233;caler, mais &#231;a l'a fait aussi. Pour reconduire la gr&#232;ve, c'&#233;tait une autre histoire. &#192; l'usine, &#231;a ne s'est pas pass&#233; comme dans les raffineries Total o&#249; le mouvement a continu&#233; et o&#249; les installations sont rest&#233;es en gr&#232;ve entre 24 et 48 heures suppl&#233;mentaires. Les gars, ici, n'ont pas parl&#233; de continuer le mouvement, m&#234;me si &#231;a en d&#233;mange quelques-uns, et la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale n'est pas dans les esprits. Reste que pour les prochaines journ&#233;es d'action, les coll&#232;gues descendront encore dans les rues, parce que bosser plus, c'est pas leur truc&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le cadre se rebiffe</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#192; PROPOS DE L'USINE, j'aurais pu vous parler de mon atelier qui, apr&#232;s un chantier de cinq mois, n'arrive pas &#224; red&#233;marrer. Parce que, mettre du mat&#233;riel de derni&#232;re g&#233;n&#233;ration sur des machines qui ont trente ans, &#231;a ne r&#233;ussit pas souvent et,au fur et &#224; mesure qu'on avance dans la proc&#233;dure de d&#233;marrage, on d&#233;couvre des fuites ou des probl&#232;mes. Tout le monde dans l'atelier est crev&#233; &#224; cause de la tension, des heures sup'obligatoires et de devoir courir partout. J'aurais pu vous parler aussi (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no65-mars-2009" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;65 (mars 2009)&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; PROPOS DE L'USINE, j'aurais pu vous parler de mon atelier qui, apr&#232;s un chantier de cinq mois, n'arrive pas &#224; red&#233;marrer. Parce que, mettre du mat&#233;riel de derni&#232;re g&#233;n&#233;ration sur des machines qui ont trente ans, &#231;a ne r&#233;ussit pas souvent et,au fur et &#224; mesure qu'on avance dans la proc&#233;dure de d&#233;marrage, on d&#233;couvre des fuites ou des probl&#232;mes. Tout le monde dans l'atelier est crev&#233; &#224; cause de la tension, des heures sup'obligatoires et de devoir courir partout. J'aurais pu vous parler aussi des trois proc&#232;s aux prud'hommes intent&#233;s par des coll&#232;gues et par la CGT de la bo&#238;te contre le patron, mais tout cela c'est du quotidien. Actuellement,l'usine est sous le coup d'une affaire beaucoup plus &#171; people &#187;, tout le monde en parle dans les ateliers et les bureaux et pendant ce temps-l&#224;, on ne pense pas &#224; autre chose. Tout le monde est &#224; l'aff&#251;t des moindres ragots sur cette affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je suis rentr&#233; &#224; l'usine, un des premiers conseils qu'on m'a donn&#233;s c'est : &lt;i&gt;&#171; Ne m&#233;lange pas le cul avec le travail. &#187;&lt;/i&gt; Recommandation facile &#224; tenir dans une bo&#238;te o&#249; ne travaillent que des hommes et o&#249; les rares femmes se trouvent dans les bureaux. Les quelques coll&#232;gues homos ne draguent pas non plus au boulot. Du coup, les &#171; histoires &#187; ont toujours concern&#233; des cadres, jadis avec leur secr&#233;taire,aujourd'hui avec d'autres cadres, car ici l'encadrement s'est nettement f&#233;minis&#233;. Les cadres, avec leurs horaires, avec leur univers qui s'arr&#234;te aux bornes de la bo&#238;te et avec leurs relations de pouvoir sont souvent sujet &#224; ce genre de liaison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les histoires d'adult&#232;re de nos cadres &#233;maillent donc notre quotidien,mais l&#224;, avec la mode des reality-shows, o&#249; tout le monde se confie &#224; tout le monde, et avec l'outil Internet, cela a pris une tout autre ampleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P. a &#233;t&#233; DRH de l'usine jusqu'en juin2008. Il a quitt&#233; ses fonctions assez rapidement et &#231;a a &#233;tonn&#233; tout le monde, d'autant qu'il disait partout qu'il voulait rester jusqu'en 2010. En partant, il a expliqu&#233; qu'il avait trouv&#233; mieux dans une autre filiale de Total. Seulement six mois apr&#232;s, nous apprenons qu'il a &#233;t&#233; d&#233;barqu&#233; du jour au lendemain de son nouveau poste, ce qui nous a fait nous poser quelques questions sur le parcours du bonhomme. P. &#233;tait un DRH qui ne voulait pas de conflit et qui savait embobiner pour faire comprendre &#224; tous ceux qui souhaitaient une augmentation comment ils pouvaient s'en passer. Il n'y avait pas eu de gros conflits pendant qu'il &#233;tait l&#224;, mais on s'est rattrap&#233;s depuis (voir &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; pr&#233;c&#233;dents).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand, par le biais de l'Intranet, un message est parvenu dans les bureaux, les syndicats et quelques ateliers, tout le monde a &#233;t&#233; surpris. Le DRH cachait bien son jeu. Petit, bedonnant, maniaque, cinquante piges, il &#233;tait tout le temps &#224; nous vanter les valeurs chr&#233;tiennes et familiales. L&#224;, par mail, il nous a appris ses aventures sexuelles avec la charg&#233;e de la communication (une jeune cadre qui en veut, envoy&#233;e sp&#233;cialement par Total pour redorer l'image de la bo&#238;te, mais qui n'en fiche pas lourd). Il ne donne pas beaucoup de d&#233;tails, mais tout est lourd de sous-entendus. Rien de tel qu'un catho traditionaliste qui se l&#226;che. Pire que tout, il descend le cadre (devenu chef de service) qui l'a remplac&#233; dans les bras de sa belle. Il accuse, il vide son sac. N'ayant plus rien &#224; perdre, il d&#233;verse sa bile et veut entra&#238;ner le nouveau couple dans sa chute. A priori,il semblerait qu'il soit accus&#233; de harc&#232;lement par voie de mails,et surtout d'avoir colport&#233; des bruits sur le nouvel amant aupr&#232;s d'autres DRH.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, vous voyez le topo. Du sordide chez les cadres. Et dans les ateliers, o&#249; le nouveau galant est devenu le responsable, les mails sont accroch&#233;s en &#233;vidence, histoire de montrer que tout le monde sait. Les salari&#233;s se sont empar&#233;s de l'histoire pour se moquer de leur chef et pour relativiser tous les discours qu'il pourrait tenir afin que les gars restent tranquilles &#224; bien lui ob&#233;ir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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