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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Mais qu'est-ce qu'on va faire de... Charles-&#201;douard Vincent et ses Lulus ?</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Mais qu'est-ce qu'on va faire de&#8230;</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Ils sont bricolos, ponctuels et tout sourire. Voici les Lulus, des uber-voisins tout pr&#234;ts &#224; raccommoder le lien social fragilis&#233; en &#233;change d'une modique obole. Quand start-up de proximit&#233; rime avec business de servilit&#233; : serions-nous aux portes de l'ub&#233;risation du lien social ? &#201;vitons les attaques ad hominem : Charles-&#201;douard Vincent n'est responsable ni de son blase fleurant bon la haute, ni de sa trogne chevaline. Polytechnicien dipl&#244;m&#233; de la prestigieuse universit&#233; de Stanford (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no151-fevrier-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;151 (f&#233;vrier 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lulu-3366" rel="tag"&gt;Lulu&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ils sont bricolos, ponctuels et tout sourire. Voici les Lulus, des uber-voisins tout pr&#234;ts &#224; raccommoder le lien social fragilis&#233; en &#233;change d'une modique obole. Quand start-up de proximit&#233; rime avec business de servilit&#233; : serions-nous aux portes de l'ub&#233;risation du lien social ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#201;&lt;/span&gt;vitons les attaques &lt;i&gt;ad hominem&lt;/i&gt; : Charles-&#201;douard Vincent n'est responsable ni de son blase fleurant bon la haute, ni de sa trogne chevaline. Polytechnicien dipl&#244;m&#233; de la prestigieuse universit&#233; de Stanford (Californie), sa vie aurait pu suivre le cours bien p&#233;pouze des gens de sa classe sociale. Au lieu de &#231;a, le bell&#226;tre a pris parti pour les pauvres : &lt;i&gt;&#171; J'ai toujours &#233;t&#233; r&#233;volt&#233; face &#224; la grande exclusion &#187;,&lt;/i&gt; assume-t-il&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;http://youphil.com/fr/article/07553...]&gt;&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. En 2007, l'homme est &#224; l'origine d'Emma&#252;s D&#233;fi : un &lt;i&gt;&#171; laboratoire d'innovation sociale &#187; &lt;/i&gt;gr&#226;ce auquel quelques cr&#232;ve-la-mis&#232;re vont b&#233;n&#233;ficier de chantiers d'insertion en recyclant des mat&#233;riaux usag&#233;s. Quelques heures de taf pour m&#233;riter un salaire de survie et surtout renouer avec les d&#233;lices d'une vie active, donc honorable. Car comme le dit un sous-titre du site web, cureton &#224; souhait : &lt;i&gt;&#171; Le parcours est long et souvent difficile, mais c'est un chemin balis&#233; pour redevenir acteur de sa vie. &#187; &lt;/i&gt;Ce succ&#232;s vaudra &#224; Charles-&#201;douard d'&#234;tre le r&#233;cipiendaire du prix de l'entrepreneur social 2013, d&#233;cern&#233; par le tr&#232;s philanthropique Boston Consulting Group (chiffre d'affaires 2014 : 3,792 milliards d'euros).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais notre h&#233;raut n'est pas homme &#224; se reposer sur ses lauriers. Dans la foul&#233;e, il pose les jalons de son nouveau b&#233;b&#233;, la start-up associative Lulu dans ma rue, dont l'ambition est de r&#233;parer ce lien social mis &#224; mal dans certains quartiers de la capitale. Pour qui douterait du potentiel &#233;mancipateur de la d&#233;marche, cette mise en bouche pioch&#233;e sur le site : &lt;i&gt;&#171; On a tous r&#234;v&#233; d'avoir, &#224; port&#233;e de main, quelqu'un de confiance qui puisse nous aider pour des petits tracas dans notre quotidien ou qui nous permette de r&#233;aliser des petites envies&#8230;, me faire livrer des croissants tout chauds avec le journal le dimanche matin, sortir le chien &#224; ma place, aller me chercher un colis, porter des cartons &#224; la cave ou fixer ma tringle &#224; rideaux, monter un meuble ou s'occuper de mes plantes pendant les vacances, etc., etc., etc. &#187;&lt;/i&gt; Plus de probl&#232;me, les Lulus sont l&#224; ! Interview&#233; sur France Bleu Paris R&#233;gion le 12 janvier dernier, Charles-&#201;douard pr&#233;cisait : &lt;i&gt;&#171; Pour &#234;tre un Lulu, il faut une comp&#233;tence forte : du bricolage, de l'informatique, de la couture ; et puis il faut aussi un &#233;tat d'esprit, c'est-&#224;-dire que pour nous, les Lulus, ce sont des gens du quartier qui aiment rendre service et pour qui rendre service a du sens. &#199;a, c'est essentiel. &#187;&lt;/i&gt; Le journaliste, conquis : &lt;i&gt;&#171; Faut passer sa journ&#233;e avec le sourire. &#187;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#171; Exactement. Et puis je pense qu'aujourd'hui on en a marre du livreur Amazon qui a trois secondes et demie pour vous balancer son paquet. Ce qu'on veut avec Lulu, c'est r&#233;inventer cette vie de quartier. &#187;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour se d&#233;goter un Lulu, on peut passer un coup de bigo ou cliquer sur le site. Mais si vous voulez adh&#233;rer &#224; la philosophie pleine et enti&#232;re du projet, le mieux est d'enfiler vos mocassins &#224; glands ou vos escarpins &#224; bride couleur chair et d'aller rencontrer la concierge. C'est dans un ancien kiosque &#224; journaux qu'une bignole 2.0 vous mettra en relation avec le r&#233;seau des Lulus : une arm&#233;e d'autoentrepreneurs r&#233;tribu&#233;s 11 &#224; 22 euros/heure et sur lesquels la maison Lulu pr&#233;l&#232;vera une d&#238;me de 15 %. Pour le client, on appr&#233;ciera la douceur fiscale, puisque l'&#201;tat finance &#224; hauteur de 50 % ces petits arrangements entre voisins via le cr&#233;dit d'imp&#244;t. Camoufl&#233;s sous un tapis de bonne conscience, ces services &#224; la personne consacrent le boom d'une juteuse externalisation du travail domestique. Un tour sur le web permet de mesurer le dynamisme de ce business de proximit&#233; : Allovoisins.com, Smiile.com, AuxServicesdesVoisins.com, etc. Serions-nous aux portes de l'ub&#233;risation du lien social ? Quand le journaliste lui demande sa plus belle histoire de Lulu, Charles-&#201;douard Vincent s'&#233;motionne : &lt;i&gt;&#171; C'est une maman qui &#233;tait enceinte et qui &#233;tait tr&#232;s fatigu&#233;e,&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;et son petit gar&#231;on avait une grosse bo&#238;te de Lego, elle a demand&#233; un Lulu pour aider &#224; monter la bo&#238;te de Lego pour son gar&#231;on parce qu'elle n'y arrivait pas. &#187;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#171; Et vous l'avez trouv&#233;, ce Lulu ? &#187; &#171; Oui, on a trouv&#233; Lulu et Lulu a pass&#233; un super moment ! &#187;&lt;/i&gt; L'histoire ne dit pas si Lulu a eu droit &#224; sa part de brioche.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien Navarro&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;span class='ressource spip_in'&gt;&lt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/[Youphil.com/fr/article/07553-charles-edouard-vincent-emmaus-defi-' class=&#034;spip_url&#034;&gt;[Youphil.com/fr/article/07553-charl...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;a href=&#034;http://youphil.com/fr/article/07553-charles-edouard-vincent-emmaus-defi&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://youphil.com/fr/article/07553...&lt;/a&gt;]&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Lulu l'Nantais</title>
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		<dc:date>2018-06-22T07:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>Canard Encha&#238;n&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Canard</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le journal satirique nantais, La Lettre &#224; Lulu, a vingt ans. Entretien avec notre complice Nicolas de La Casini&#232;re. Lulu ? Lulu ? Qui es-tu ? O&#249; vis-tu ? La lettre &#224; Lulu a &#233;t&#233; lanc&#233;e &#8211; sans &#233;lan &#8211; &#224; Nantes en d&#233;cembre 1995, avec l'id&#233;e d'&#233;viter tout ce qui ressemble &#224; du marketing. Pas de promo de lancement, un journal quasi introuvable (deux points de vente seulement au d&#233;part), qui para&#238;t quand il veut, sans pr&#233;venir. Depuis vingt ans, Lulu a soigneusement &#233;vit&#233; les enqu&#234;tes de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no141-mars-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;141 (mars 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/journal" rel="tag"&gt;journal&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-a" rel="tag"&gt;n'a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est-vrai" rel="tag"&gt;C'est vrai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lulu-3366" rel="tag"&gt;Lulu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Canard-Enchaine" rel="tag"&gt;Canard Encha&#238;n&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Canard" rel="tag"&gt;Canard&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le journal satirique nantais, &lt;i&gt;La Lettre &#224; Lulu&lt;/i&gt;, a vingt ans. Entretien avec notre complice Nicolas de La Casini&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2272 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-545.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH691/-545-66bf0.jpg?1782768868' width='500' height='691' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lulu ? Lulu ? Qui es-tu ? O&#249; vis-tu ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lalettrealulu.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La lettre &#224; Lulu&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; lanc&#233;e &#8211; sans &#233;lan &#8211; &#224; Nantes en d&#233;cembre 1995, avec l'id&#233;e d'&#233;viter tout ce qui ressemble &#224; du marketing. Pas de promo de lancement, un journal quasi introuvable (deux points de vente seulement au d&#233;part), qui para&#238;t quand il veut, sans pr&#233;venir. Depuis vingt ans, Lulu a soigneusement &#233;vit&#233; les enqu&#234;tes de lectorat, les recettes de vente des magazines, palmar&#232;s des hostos, hit-parades des &#233;coles de management et autres marronniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; Marseille, on nous a dit que tu &#233;tais l'enfant cach&#233; du &lt;i&gt;Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt; et du &lt;i&gt;Monde libertaire&lt;/i&gt;, c'est vrai ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trio du d&#233;part voulait, c'est vrai, tenter de faire un &lt;i&gt;Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt; &#224; la nantaise, m&#234;me si &#231;a sentait le renferm&#233;, le notable mit&#233; et l'enfant cach&#233;. Mais c'est pas vraiment &#231;a, on a rarement de &#171; Gorge profonde &#187;, style Watergate, nous orientant vers des scandales locaux &#8211; m&#234;me si &#231;a peut arriver. On manque sans doute d'assiduit&#233; dans les coulisses des services d&#233;centralis&#233;s de l'&#201;tat qu'on ne fr&#233;quente pas : communaut&#233; urbaine, d&#233;partement, r&#233;gion et autres assises poiliticardes qui ont leur si&#232;ge ici. (On pourrait leur faucher leurs si&#232;ges, mais y a pas de roulettes). Pour le reste, le journal est libertaire sans doute, mondial pas encore, mais on pr&#233;f&#232;re l'image du sale gosse qui saute dans les flaques. De temps en temps, &#231;a &#233;clabousse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lulu, comment vis-tu ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, on commet quatre num&#233;ros sans pub par an. Les ventes se font dans deux cents kiosques de la r&#233;gion nantaise, plus quatre librairies, une demi-douzaine de bistrots. Tout &#231;a permet de payer l'imprimeur et les timbres pour les envois aux 200 abonn&#233;s. Nos contributeurs sont des journalistes, des dessinateurs qui ont des boulots &#224; c&#244;t&#233; ou sont au RSA. Tout le monde est b&#233;n&#233;vole. La r&#233;daction n'est pas tr&#232;s organis&#233;e ni assembl&#233;e-g&#233;n&#233;ralis&#233;e. On bricole les bouclages. Pas vraiment un mod&#232;le pour les g&#233;n&#233;rations futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;rieusement, faire un journal papier, c'est pour les vieux schnocks, non ? Tu sais comment &#231;a marche Internet, on peut t'y trouver ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2273 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-546.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH700/-546-d45f8.jpg?1782768868' width='500' height='700' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le canard papier, c'est quand m&#234;me bien, pour lire aux cagoinces, non ? On tient aux &#233;changes humains que permet le papier. Cela dit, avec l'&#226;ge, on s'est un peu adapt&#233;s &#224; l'&#233;poque : on va peu sur Facebook, on alerte par mail de la sortie du journal. Concession minimale : on a un site web, o&#249; l'on trouve le num&#233;ro en cours, en t&#233;l&#233;chargement payant, et tous les pr&#233;c&#233;dents depuis 1995 archiv&#233;s en acc&#232;s gratuit. Ce qui vaut des demandes r&#233;guli&#232;res de retrait ou de d&#233;r&#233;f&#233;rencement d'articles anciens, au titre du droit &#224; l'oubli. Un principe qu'on trouverait en soi l&#233;gitime, mais on n'a pas tranch&#233; sur ce sujet. Il y a des demandes plus ou moins v&#233;h&#233;mentes, par voie d'avocat ou non, &#233;manant de gens qui sentent mauvais : n&#233;gationnistes, &#233;lus moisis, d&#233;tenteurs de pouvoir, mais parfois aussi de victimes qui ne veulent plus qu'on puisse googliser leur histoire d'un clic. Le hic, c'est que &#231;a nous escagasserait de faire dispara&#238;tre nos archives, au bout de cinq ans par exemple, ce qu'on n'imaginerait pas dans les biblioth&#232;ques. Pas simple de trouver une mesure &#233;quitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les luttes pr&#232;s de chez toi, c'est tes copains ou tu gardes tes distances ? Et avec les politiciens locaux, tu t'es f&#226;ch&#233; ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On garde la distance de la proximit&#233;. La ZAD est un territoire voisin o&#249; vivent et luttent des gens qu'on aime bien. Avec les politiques, on n'a pas de relations, pas de connivences de petits-fours ou de voyages de presse qui scellent des liens. On n'a pas &#224; se f&#226;cher, puisqu'on n'a jamais &#233;t&#233; potes. Mais qu'on les agace, &#231;a, c'est possible&#8230; Faudrait leur demander. Au d&#233;partement, il y a apparemment des ordres de ne jamais r&#233;pondre &#224; Lulu. Ailleurs, c'est plus flou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu as 20 ans et toutes tes dents aujourd'hui, c'est rare pour un journal ind&#233;pendant ! C'est reparti pour vingt ans ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre &#233;conomie minimale, facture de l'imprimeur et timbres, nous permet de continuer. On s'est pens&#233;s comme un journal &#233;ph&#233;m&#232;re qui perdure. On garde &#224; l'esprit que &#231;a peut s'arr&#234;ter un jour, ou que si d'autres personnes veulent reprendre, &#231;a leur appartiendra. En attendant, tant que &#231;a nous fait marrer de faire des pieds de nez narquois, on poursuit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>M&#233;ga-yachts, m&#233;ga-plantade</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Mega-yachts-mega-plantade</link>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


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&lt;p&gt;La grande plaisance a le vent en poupe. Cherchant &#224; s'implanter en M&#233;diterran&#233;e, un consortium am&#233;ricano-&#233;mirati de yachting a jet&#233; son d&#233;volu sur un quai de S&#232;te (H&#233;rault). Mais c'&#233;tait sans compter sur la r&#233;tivit&#233; du populo local. Ils sont jeunes et ils ont la banane. Normal : ils viennent de remporter un premier round face &#224; la r&#233;gion Occitanie et au port de S&#232;te. Alors ce jour-l&#224;, chez &#171; Maryse et Lulu &#187;, bar historique de S&#232;te, chacun l&#232;ve son verre. Jean-Luc, conseiller municipal (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L110xH150/arton2253-3ebe0.jpg?1782944053' class='spip_logo spip_logo_right' width='110' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La grande plaisance a le vent en poupe. Cherchant &#224; s'implanter en M&#233;diterran&#233;e, un consortium am&#233;ricano-&#233;mirati de yachting a jet&#233; son d&#233;volu sur un quai de S&#232;te (H&#233;rault). Mais c'&#233;tait sans compter sur la r&#233;tivit&#233; du populo local.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ils sont jeunes et ils ont la banane. Normal : ils viennent de remporter un premier round face &#224; la r&#233;gion Occitanie et au port de S&#232;te. Alors ce jour-l&#224;, chez &#171; Maryse et Lulu &#187;, bar historique de S&#232;te, chacun l&#232;ve son verre. Jean-Luc, conseiller municipal d'opposition, rend hommage &#224; Lulu, d&#233;c&#233;d&#233; en 2014 : &#171; &lt;i&gt;Il ne faisait pas que tenir ce bistrot, il promenait aussi les chiens des prostitu&#233;es. Il avait d'ailleurs tr&#232;s &#224; c&#339;ur les int&#233;r&#234;ts de ces dames. En pleine guerre du Vietnam, une flotte am&#233;ricaine a fait escale &#224; S&#232;te. Des manifs de protestation ont &#233;clat&#233; dans tout le d&#233;partement, avec des cort&#232;ges affluant des routes d'Agde et de Montpellier et convergeant ici, direction le port. Les gens criaient : &#8220; US go home ! US go home ! &#8221; Mais &#224; l'angle de cette rue, les m&#232;res maquerelles du quartier, men&#233;es par Lulu, ont organis&#233; une contre-manifestation en scandant &#8220; Droit au travail, laissez-les d&#233;barquer ! &#8221;&lt;/i&gt; &#187; Une histoire absolument authentique, certifie l'&#233;lu communiste en &#233;clatant de rire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ses c&#244;t&#233;s, Laura, Carmen, Gabriel et Natan du collectif &#171; Une marina &#8211; Pour qui ? Pourquoi ? &#187; viennent eux aussi de renvoyer les Ricains dans leurs cordes. Ce n'&#233;tait pourtant pas gagn&#233;. D&#233;but octobre, un article du &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt;, pompeusement titr&#233; &#171; &#192; S&#232;te, m&#233;ga-yachts et m&#233;ga-retomb&#233;es financi&#232;res &#187;, informe le peuple s&#233;tois de la future privatisation du quai d'Alger, destin&#233; &#224; servir de garage &#224; bateaux de luxe pour une palanqu&#233;e de milliardaires. Une op&#233;ration gagnant-gagnant, selon le quotidien. S&#232;te n'&#233;tant pas Saint-Tropez, les richards de la plan&#232;te y parqueront leurs joujoux &#224; moindre prix. D'o&#249; une plus-value touristique et des cr&#233;ations d'emplois cens&#233;es profiter aux habitants de &#171; &lt;i&gt;l'&#238;le singuli&#232;re&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon les mots de Paul Val&#233;ry.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soutenue par les pouvoirs publics, cette future tartine de bonheur est beurr&#233;e par un consortium de poids : IGY Marinas, soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine implant&#233;e en Floride, et la bo&#238;te P&amp;O Marinas, filiale du groupe &#233;mirati Duba&#239; Ports World. Pour les sceptiques, une image de synth&#232;se &#233;voque ce futur am&#233;nagement paradisiaque : l'alignement cul &#224; quai d'une dizaine de yachts blancs comme des dents de requin, avec piscine, piste d'atterrissage pour h&#233;licopt&#232;re et complexe sportif. Faste &lt;i&gt;and furious&lt;/i&gt;, n'est-il pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dior et Gucci &#224; la baille&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annonce suscite une premi&#232;re coalition. &#171; &lt;i&gt;Quand on a pris connaissance du projet par la presse, on s'est r&#233;unis &#224; quelques-uns&lt;/i&gt;, r&#233;sume Natan. &lt;i&gt;Et on s'est lanc&#233;s dans un travail de documentation et de collecte d'informations, avant de cr&#233;er un collectif citoyen.&lt;/i&gt; &#187; Pique-niques sur le quai, r&#233;unions publiques, collages, tractages. Le collectif met en &#339;uvre un modus operandi o&#249; riverains, militants, acteurs portuaires et autres p&#233;kins apprennent &#224; se conna&#238;tre et aff&#251;tent leur argumentaire. Au cin&#233;ma le Comoedia, on projette le film &lt;i&gt;La f&#234;te est finie&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Documentaire du r&#233;alisateur Nicolas Burlaud, membre du collectif Primitivi.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, qui aborde le th&#232;me de la gentrification &#224; Marseille. &#171; &lt;i&gt;L'id&#233;e &#233;tait de lier le projet de marina de luxe &#224; la transformation de la ville, &lt;/i&gt; explique Laura. &lt;i&gt;De sensibiliser les gens venus d&#233;fendre le quai d'Alger &#224; la question plus large de la gentrification de S&#232;te. &#199;a a march&#233;, on a fait salle comble.&lt;/i&gt; &#187; Sollicit&#233;e, la mairie ne bouge pas un orteil. Pas vraiment un scoop pour qui conna&#238;t l'obsession du maire de droite Fran&#231;ois Commeinhes pour une mont&#233;e en gamme de la ville. &#171; &lt;i&gt;S&#232;te est cern&#233;e de projets de transformation urbaine (r&#233;novation de la gare, de l'entr&#233;e Est de la ville, etc.), qui ont vocation &#224; attirer des populations ais&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume Laura.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2456 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH492/-722-7aa86.jpg?1782843560' width='400' height='492' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Pirikk.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'argument des &#171; &lt;i&gt;m&#233;ga-retomb&#233;es financi&#232;res&lt;/i&gt; &#187; a d'abord s&#233;duit les habitants, rappelle Gabriel. Mais la donne s'est invers&#233;e gr&#226;ce au boulot d'investigation et de contre-propagande du collectif. La jauge des 300 emplois promis est tellement revue &#224; la baisse qu'elle finit par faire du rase-mottes. Le risque de pollution marine par hydrocarbures et eaux us&#233;es, tr&#232;s sous-estim&#233; et qui pourrait menacer jusqu'au fragile &#233;quilibre de l'&#233;tang de Thau, trouve par contre un large &#233;cho dans la population. Quant &#224; la pr&#233;tendue manne d'un tourisme de luxe, elle provoque une flamb&#233;e d'urticaire chez tous ceux qui n'ont pas envie de voir leur rue bard&#233;e d'enseignes Dior et Gucci. Cerise sur le caviar, la confiscation du quai d'Alger, lieu de promenade et de rencontre, finit de dresser le tableau d'une &#233;ni&#232;me d&#233;possession territoriale au profit d'une u&lt;i&gt;pper class&lt;/i&gt; toujours plus arrogante. Gabriel : &#171; &lt;i&gt;Au fur et &#224; mesure des discussions et des distributions de tracts, on a vu les gens changer d'avis. Un vrai retournement de l'opinion. Le 31 janvier, lors de la r&#233;union publique avec le port de S&#232;te, il n'y avait plus que 50 personnes sur 350 pour soutenir le projet.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 mai, Carole Delga, pr&#233;sidente de r&#233;gion, et notre Jean-Claude Gayssot national&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'ancien ministre de Jospin est n&#233; &#224; B&#233;ziers (H&#233;rault).&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, promu pr&#233;sident du conseil d'administration du port de S&#232;te-Frontignan, font un premier pas en arri&#232;re. Le projet de marina &#171; &lt;i&gt;&#224; forte valeur ajout&#233;e&lt;/i&gt; &#187; est d&#233;localis&#233; au bassin d'Orsetti. On passe d'une vitrine des m&#233;ga-yachts &#224; une petite rel&#233;gation d'arri&#232;re-plan. Trois jours plus tard, le collectif &#171; Une marina &#8211; Pour qui ? Pourquoi ? &#187; donne rendez-vous quai d'Alger pour une conf&#233;rence de presse. Face &#224; eux : deux localiers du &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt;, un journaliste du site lemouvement.info&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#233;dia d'information en ligne ind&#233;pendant bas&#233; en Occitanie.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; et le soussign&#233;. Laura lit un communiqu&#233; dans lequel le collectif se f&#233;licite de cette premi&#232;re victoire : &#171; &lt;i&gt;Rappelons que si nous ne nous &#233;tions pas mobilis&#233;s, si nous n'avions pas interpell&#233; les habitants et les &#233;lus, ce projet aurait &#233;t&#233; men&#233; sans aucune r&#233;union publique, sans aucune consultation, avec une information minimale des habitants, pourtant les premiers concern&#233;s par ses cons&#233;quences.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La revanche des &#171; quaidistes &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste que si la pr&#233;servation du quai d'Alger est acquise, la lutte contre la marina de luxe continue. Philippe Malric, du &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt;, demande alors sur quels axes le collectif compte rester vigilant. &#171; &lt;i&gt;On a prot&#233;g&#233; le quai d'Alger parce que c'&#233;tait le sujet majeur,&lt;/i&gt; r&#233;pond Gabriel. &lt;i&gt;Mais d'autres questions restent en suspens. On attend toujours l'&#233;tude sur les impacts environnementaux. Et puis, dans son communiqu&#233;, la r&#233;gion parle de projet structurant, de diversifier les activit&#233;s du port : on aimerait bien savoir ce qu'il y a derri&#232;re ces mots&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malric tente de clore l'affaire : &#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes quand m&#234;me moins d&#233;rang&#233;s par le d&#233;placement de la marina &#224; Orsetti...&lt;/i&gt; &#187; Laura monte au cr&#233;neau : &#171; &lt;i&gt;On le vit comme une premi&#232;re victoire. Mais insinuer que le projet nous g&#234;nera moins s'il voit le jour un peu plus loin revient &#224; minimiser notre lutte. Nos revendications n'ont pas chang&#233;, on reste mobilis&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Et le collectif de rappeler au journaleux qu'il a mis le feu aux poudres en publiant son papier aux ordres &#8211; &#171; &#192; S&#232;te, m&#233;ga-yachts et m&#233;ga-retomb&#233;es financi&#232;res &#187;. Grimace du concern&#233;. &#171; &lt;i&gt;Et finalement, plusieurs mois apr&#232;s, on en arrive &#224; quoi ?&lt;/i&gt;, questionne Gabriel. &lt;i&gt;&#192; une d&#233;cision de bon sens : le projet est d&#233;plac&#233;.&lt;/i&gt; &#187; L'envoy&#233; de lemouvement.info en rajoute alors une couche, f&#233;licitant le collectif et taclant la presse servile : &#171; &lt;i&gt;Non seulement vous avez d&#233;velopp&#233; une nouvelle fa&#231;on de faire de la politique en lien avec la cit&#233;, mais vous avez aussi men&#233; un travail d'investigation que ne fait plus la presse quotidienne r&#233;gionale.&lt;/i&gt; &#187; Le tandem du &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt; se crispe. Pr&#234;t &#224; quitter les lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le bout de trottoir qui tient lieu de terrasse au bar &#171; Maryse et Lulu &#187;, Laura se souvient de la rencontre du collectif avec les dirigeants du port : &#171; &lt;i&gt;Ils n'avaient pas pr&#233;vu qu'on ait des questions pr&#233;cises et un argumentaire &#224; leur opposer. Ils pensaient nous consacrer une demi-heure, on est rest&#233;s deux heures et demie.&lt;/i&gt; &#187; La tauli&#232;re du bar sort f&#233;liciter la bande. Tout le monde sourit. &#171; &lt;i&gt;Malgr&#233; le d&#233;placement du projet, les riverains du quai d'Alger restent d&#233;cid&#233;s &#224; lutter&lt;/i&gt; &#187;, souligne Natan. Apr&#232;s l'annonce de l'arr&#234;t du projet d'a&#233;roport &#224; Notre-Dame-des-Landes, Gabriel se souvient avoir lu dans la presse une tribune d&#233;non&#231;ant ces gens contestant le droit de b&#233;tonner en paix : &#171; &lt;i&gt;On nous a trait&#233;s de minorit&#233; gueularde, de &#8220; quaidistes&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Contrepoint portuaire du zadiste.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;i&gt;&#8221;. La presse locale s'est montr&#233;e tr&#232;s d&#233;daigneuse. Un vrai m&#233;pris de classe. Mais nous, on a juste agi sur notre lieu de vie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon les mots de Paul Val&#233;ry.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Documentaire du r&#233;alisateur Nicolas Burlaud, membre du collectif Primitivi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'ancien ministre de Jospin est n&#233; &#224; B&#233;ziers (H&#233;rault).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;M&#233;dia d'information en ligne ind&#233;pendant bas&#233; en Occitanie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Contrepoint portuaire du zadiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Lulu</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Lulu</link>
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		<dc:date>2008-09-15T09:34:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>C'&#233;tait</dc:subject>
		<dc:subject>Parti</dc:subject>
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		<dc:subject>Lulu</dc:subject>
		<dc:subject>Peut-&#234;tre</dc:subject>
		<dc:subject>c'est gratuit</dc:subject>
		<dc:subject>connaissait</dc:subject>
		<dc:subject>embellie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;LE MOIS DERNIER, je vous racontais comment l'usine, depuis plus de six mois, connaissait une embellie. Eh bien voil&#224; qu'on en arrive d&#233;j&#224; au bout, semble-t-il. Mais de tout &#231;a je vous en parlerai sans doute &#224; la rentr&#233;e. Les choses seront peut-&#234;tre plus claires. En fait, je voulais vous parler de Lulu. Lulu &#233;tait un &#233;l&#233;ment incontournable de l'usine, il est parti en pr&#233;retraite il y a quelques mois. Lulu travaillait au service exp&#233;dition de l'usine, l&#224; o&#249; le boulot est assez dur, assez (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LE MOIS DERNIER, je vous racontais comment l'usine, depuis plus de six mois, connaissait une embellie. Eh bien voil&#224; qu'on en arrive d&#233;j&#224; au bout, semble-t-il. Mais de tout &#231;a je vous en parlerai sans doute &#224; la rentr&#233;e. Les choses seront peut-&#234;tre plus claires. En fait, je voulais vous parler de Lulu. Lulu &#233;tait un &#233;l&#233;ment incontournable de l'usine, il est parti en pr&#233;retraite il y a quelques mois. Lulu travaillait au service exp&#233;dition de l'usine, l&#224; o&#249; le boulot est assez dur, assez physique. Il repr&#233;sentait le prolo de base comme la direction de l'usine nous d&#233;clare qu'il n'en existe plus. Lulu &#233;tait plut&#244;t tendance ob&#232;se. Son embonpoint le faisait m&#234;me surnommer Ob&#233;lix par plus d'un. Il &#233;tait aussi un militant de la CGT et du parti communiste, appliquant &#224; la lettre les injonctions du Parti ou de la Conf&#233;d&#233;ration en m&#233;langeant souvent les deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;laissant la r&#233;daction des tracts, il &#233;tait plut&#244;t celui sur lequel on pouvait compter pour tous les probl&#232;mes techniques. S'il &#233;tait d&#233;cid&#233; d'un rassemblement devant les portes de l'usine, &lt;i&gt;&#8220;je m'occuperai du barbecue et des merguez&#8221;&lt;/i&gt; ; si on devait prendre le camion-sono, &lt;i&gt;&#8220;&#224; l'int&#233;rieur, je vendrai des casse-cro&#251;te et des bi&#232;res&#8221;&lt;/i&gt;. Lorsqu'on montait &#224; Paris pour manifester devant le si&#232;ge de Total, il &#233;tait toujours en premi&#232;re ligne, parce que, rien qu'en s'approchant, le vigile qui lui faisait face pr&#233;f&#233;rait reculer de peur de mourir &#233;touff&#233;. Et comme &#231;a, et souvent gr&#226;ce &#224; Lulu, on pouvait d&#233;bouler dans les locaux de nos d&#233;cideurs. Une fois dans les lieux, Lulu ne s'arr&#234;tait pas l&#224;, il se dirigeait instinctivement vers la caf&#233;t&#233;ria d'entreprise :&lt;i&gt; &#8220;Aujourd'hui, c'est gratuit pour nous. On est les plus forts&#8221;&lt;/i&gt;, disait-il en entra&#238;nant les manifestants derri&#232;re lui. Seulement,avant de passer aux caisses sans payer, &#224; le voir entasser deux plats du jour, trois desserts et des dizaines de tranches de pain, il coupait l'app&#233;tit &#224; certains.&lt;i&gt; &#8220;C'est gratuit, alors j'en profite&#8221;&lt;/i&gt;, donnait-il comme seule explication. Si Lulu mangeait &#233;norm&#233;ment, il ne buvait que du Perrier ; la bi&#232;re et le vin, il avait d&#233;j&#224; donn&#233; jadis. Pareil pour les vacances, il n'utilisait ses cong&#233;s pay&#233;s qu'au mois d'octobre, lorsque la f&#234;te foraine s'installait sur les quais de Rouen, pour aider son cousin &#224; tenir le stand de croustillons, gaufres et cr&#234;pes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a aurait pu durer comme &#231;a jusqu'&#224; la retraite, mais il a fallu qu'un jour il p&#232;te un c&#226;ble. C'&#233;tait &#224; 5 heures du mat, &#224; la prise de poste, dans le vestiaire. Peut-&#234;tre que la femme de m&#233;nage &#233;tait la seule femme &#224; lui parler, peut-&#234;tre qu'elle lui a fait un grand sourire alors que &#231;a lui arrivait rarement.Toujours est-il qu'il a cru que c'&#233;tait arriv&#233; et il s'est jet&#233; sur elle pour tenter de l'embrasser. En plus, vu que c'&#233;tait pas Brad Pitt, il y avait de quoi &#234;tre &#233;pouvant&#233;. Les cris de la jeune femme ont stopp&#233; net Lulu, mais le mal &#233;tait fait. Apr&#232;s son boulot, elle s'est plainte &#224; la direction. Le DRH n'attendait que &#231;a. S'en prendre &#224; un militant syndical, c'&#233;tait presque jouissif pour ce type. Pour autant, Lulu ne fut pas vir&#233;. Ce n'&#233;tait pas un viol et Lulu s'&#233;tait arr&#234;t&#233; lorsqu'il s'&#233;tait aper&#231;u que &#231;a ne marchait pas entre eux,mais&#8230; La direction l'a r&#233;trograd&#233; et a demand&#233; au syndicat de lui retirer ses mandats syndicaux, &lt;i&gt;&#8220;Ce sera une v&#233;ritable punition pour lui&#8221;&lt;/i&gt;, a dit le DRH. Ce que la CGT fit, d'autant que les copines militantes appuyaient cette d&#233;cision. Ensuite Lulu est rest&#233; dans son coin, les trois derni&#232;res ann&#233;es de son boulot. Sans se montrer, sans faire parler de lui et boudant m&#234;me ses anciens camarades syndicaux qui l'avaient &#233;vinc&#233;, ce qu'il ne comprenait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant qu'il est en retraite, il a repris ses activit&#233;s au syndicat, &#224; l'Union d&#233;partementale. L&#224;,il est homme &#224; tout faire, conduit le camion-sono, assure l'intendance et on le voit dans les manifs, arborant sur son gros bide des dizaines d'autocollants,badges et autres. Que faire ? s'interrogeait L&#233;nine ; on reprend de la pur&#233;e, lui r&#233;pond Lulu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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