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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Paris dans sa bulle</title>
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		<dc:date>2019-11-13T12:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Margo Chou</dc:creator>


		<dc:subject>Benoit Guillaume</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;C'&#233;tait en novembre 2016, porte de La Chapelle : la municipalit&#233; parisienne ouvrait un Centre d'accueil pour migrants de 400 lits. Las, cette vaste structure gonflable jaune et blanche est bien trop petite. Et les migrants n'ont d'autre choix que d'attendre encore et encore une &#233;ventuelle place. Partout, des hommes qui dorment au sol. Depuis que les tentes Quechua ont &#233;t&#233; interdites, il n'y a plus d'intimit&#233; possible. Les gestes du quotidien sont expos&#233;s &#224; tous, au soleil. Sur deux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait en novembre 2016, porte de La Chapelle : la municipalit&#233; parisienne ouvrait un Centre d'accueil pour migrants de 400 lits. Las, cette vaste structure gonflable jaune et blanche est bien trop petite. Et les migrants n'ont d'autre choix que d'attendre encore et encore une &#233;ventuelle place.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3101 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH613/-1332-15b3d.jpg?1782641584' width='400' height='613' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Beno&#238;t Guillaume
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;artout, des hommes qui dorment au sol. Depuis que les tentes Quechua ont &#233;t&#233; interdites, il n'y a plus d'intimit&#233; possible. Les gestes du quotidien sont expos&#233;s &#224; tous, au soleil. Sur deux kilom&#232;tres carr&#233;s, tout autour de la porte de La Chapelle, des corps humains sont &#233;grain&#233;s &#224; m&#234;me le sol, l&#224; o&#249; l'ombre subsiste.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'attente p&#232;se&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; chacun son histoire. Ahmed et Humaira sont assis au pied des premi&#232;res barri&#232;res m&#233;talliques, adoss&#233;s &#224; leurs deux valises neuves bomb&#233;es. Ils ont quitt&#233; le Kurdistan iranien il y a cinq mois. La famille kurde de la demoiselle voulait tuer l'amoureux afghan. Ils sont l&#224; depuis sept jours et dorment sur des cartons, emmitoufl&#233;s l'un contre l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, Mohammed a dormi deux mois dehors, puis cinq jours dans le centre. Mais depuis une semaine, il est h&#233;berg&#233; dans une auberge de Jeunesse &#224; Villiers-le-Bel. Il esp&#232;re ne pas &#234;tre dublin&#233;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'expression renvoie &#224; l'accord de Dublin, accord europ&#233;en qui pr&#233;voit que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, comme la plupart de ceux qui ont entam&#233; une proc&#233;dure dans un autre pays avant d'arriver en France. Pris en &#233;tau entre son Pakistan natal et sa famille &#8211; son cousin dans le collimateur du gouvernement essayait de l'embrigader dans des &#171; actes terroristes &#187; &#8211;, il a d&#251; se r&#233;soudre &#224; partir. Lui voulait seulement continuer ses &#233;tudes de m&#233;decine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis voil&#224; Sa&#239;d, arriv&#233; porte de La Chapelle il y a dix jours. Il dort avec d'autres hommes sous le pont, &#224; c&#244;t&#233; de l'arr&#234;t de tramway. C'est la police qui le r&#233;veille le matin : il est install&#233; sur la piste cyclable et d&#233;range ceux qui vont bosser en v&#233;lo. Si bien qu'il se l&#232;ve et fait comme les autres. Se rapproche de l'entr&#233;e &#8211; ce n'est pas mieux. Puis part en qu&#234;te d'un endroit o&#249; se laver. L'attente lui p&#232;se et tout le questionne. Il ne se sent pas d'attendre ici, sans rien faire. Il a besoin de bouger. Il veut aller &#224; Amiens, pensant que ce sera moins difficile d'y trouver un h&#233;bergement. Il s'est rencard&#233; avec un gars pour s'y rendre demain. Il a 24 ans et &#233;tudiait l'&#233;lectronique en Guin&#233;e, mais a &#233;t&#233; oblig&#233; de fuir, pour raisons politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non loin, Bouba attend aussi. Il a les yeux tout rouges. Et r&#233;p&#232;te, sur un ton d&#233;sesp&#233;r&#233; : &#171; &lt;i&gt;C'est le seul pays europ&#233;en o&#249; on dort dehors.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;V&#233;ritable loterie&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques mois, la parisienne porte de La Chapelle est devenue un carrefour o&#249; s'entrecroisent les contradictions de la politique municipale. Elle s'est affirm&#233;e point de rendez-vous en novembre 2016, quand la maire Anne Hidalgo a fait b&#226;tir en urgence un centre d'h&#233;bergement. Soit une &#233;trange masse gonfl&#233;e g&#233;ante, dessinant une coquille d'escargot blanche et jaune, gard&#233;e en permanence et g&#233;r&#233;e par Emma&#252;s Solidarit&#233;. Sa construction faisait suite au d&#233;mant&#232;lement de la &#171; jungle &#187; de Calais et &#224; l'installation de nombreux squats dans la capitale. Le lieu est d&#233;limit&#233; par une grille et une rang&#233;e de plots en b&#233;ton, marquant aussi les limites d'un &#233;norme chantier qui fait face au centre d'h&#233;bergement. Ici sera bient&#244;t construit un h&#244;tel de luxe. &#171; Un nouveau quartier urbain et logistique pour un 18&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; plus durable &#187;, vante un panneau, renommant le quartier &#171; La Chapelle internationale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les rails de la petite ceinture, en contrebas, un bidonville rom s'&#233;tend sur une bande de cinq m&#232;tres de large et des centaines en longueur. Pour y rentrer, un unique passage : un trou dans le grillage, sous un pont de l'autoroute. Les Roms sont les seuls &#224; l'emprunter : ils ont fait savoir qu'ils ne voulaient pas accueillir de migrants dans le bidonville. Porte close, la mis&#232;re ne se partage pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la route non loin, des bagnoles en continu, qui vont et viennent, klaxonnent, partent pour le nord et le terminus de la ligne 3 du tramway. Aux alentours, &#233;parpill&#233;s sur toute cette zone, des hommes allong&#233;s, assis, couch&#233;s, debout, plant&#233;s sur toutes les langues de terre possibles. Ils attendent de pouvoir entrer dans la structure d'h&#233;bergement. Mais il n'y a que quatre cents places. Chaque matin d&#233;marre donc une v&#233;ritable loterie, avec son lot de bousculades, attente, esp&#233;rances et violences polici&#232;res. Mohammed, par un coup de pot et gr&#226;ce &#224; une rencontre, a r&#233;ussi &#224; rentrer. Mais pas Sa&#239;d, qui n'y croit plus.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Moments de tension&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'endroit ouvre &#224; huit heures pile. Il y a des rang&#233;es de barri&#232;res m&#233;talliques et des flics en permanence. Mais c'est bien avant, vers quatre heures du matin, qu'arrivent les premiers migrants, d&#233;termin&#233;s &#224; acc&#233;der au mirage de l'&#201;tat. Rentrer permet de rester cinq &#224; dix nuits &#224; l'int&#233;rieur, avant d'&#234;tre pris en charge ailleurs. Ces moments d'attente sont donc charg&#233;s de tension et de fatigue. Au moindre remous, les flics gazent &#8211; cela arrive quasiment tous les jours. En pr&#233;vention, chacun a du s&#233;rum physiologique dans la poche, pour se nettoyer les yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce matin, le centre n'a pas ouvert. Certains sont d&#233;j&#224; au courant. Eux savent que si aucune annonce n'a &#233;t&#233; faite &#224; 8h15, cela signifie que le centre restera clos. Depuis quelques jours, Emma&#252;s ne fait plus rentrer que par maraude. Des salari&#233;s de l'association partent r&#233;cup&#233;rer des migrants qui dorment dans Paris, en dehors du p&#233;rim&#232;tre de La Chapelle. Les deux cents qui attendent ce matin en sont pour leurs frais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; qu'un homme pr&#233;vient que personne ne pourra passer. Du silence, on passe aux cris sourds. Puis, rapidement, la masse d'hommes se d&#233;lite. Trois jeunes Afghans s'en vont au parc avec leur poign&#233;e d'affaires. Certains commencent &#224; balayer le sol &#224; l'endroit o&#249; ils dorment, d'autres retournent s'allonger &#224; l'ombre du pont, se coupent les cheveux, discutent. Petit &#224; petit, le quotidien se met en place, dans des gestes infimes et une attente poignante.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Distribution de nourriture&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'int&#233;rieur comme &#224; l'ext&#233;rieur, l'association Utopia 56 est l'unique interm&#233;diaire entre l'&#201;tat et les &#171; migrants &#187;. En d&#233;saccord avec les violences du matin, certains des b&#233;n&#233;voles ont d&#233;cid&#233; de ne plus participer &#224; la gestion des files. Leurs missions : informer &#224; l'ext&#233;rieur, accompagner &#224; l'h&#244;pital, distribuer des couvertures et des produits d'hygi&#232;ne, r&#233;pondre aux questions juridiques, donner des adresses, enseigner le fran&#231;ais, nettoyer la zone laiss&#233;e &#224; l'abandon par la municipalit&#233; apr&#232;s une intox des m&#233;dias sur une &#233;pid&#233;mie de gale. &#171; &lt;i&gt;Chaque matin, nous gardions entre deux et cinq places pour des personnes tr&#232;s vuln&#233;rables : d&#233;pression, scoliose, coup de couteau, br&#251;lure, membre cass&#233;,&lt;/i&gt; explique Julie&lt;i&gt;, un cahier &#224; la main. Nous notions leurs noms, num&#233;ros de t&#233;l&#233;phone, types de probl&#232;mes, avant de revenir vers eux au plus vite. Mais depuis plusieurs jours, ce n'est plus possible : Emma&#252;s ne nous laisse plus aucune place &#224; distribuer. Je me sens inutile.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des associations de quartiers viennent &#233;galement donner de quoi manger et se r&#233;chauffer &#8211; c'est le cas du collectif Solidarit&#233; migrants Wilson, dont les distributions de nourriture ont un temps &#233;t&#233; interdites. Et puis, il y a aussi des habitants qui apportent leur aide spontan&#233;ment. Pendant toute la dur&#233;e du ramadan, Nora et quatre autres femmes du Pr&#233;-Saint-Gervais sont ainsi venues &#224; la tomb&#233;e de la nuit, avec leurs enfants, pour donner &#224; manger.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;*&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Des hommes avaient repris le droit de vivre dans des interstices urbains. Sans demander la permission. Mais voil&#224; qu'ils en ont &#233;t&#233; emp&#234;ch&#233;s. On leur a construit une bulle, mais ils ne peuvent pas tous y entrer. Ils n'ont d&#233;sormais d'autre choix que d'attendre pr&#232;s de cette bulle, doublement rejet&#233;s par un nid faussement attrayant. &#192; la porte de la porte, l'espace agenc&#233; ne permet pas de recr&#233;er des lieux de vie, seulement les sas d'attente ali&#233;nants. De menues entraides &#233;ph&#233;m&#232;res se glissent entre les corps, qui deviennent paysage sur un bitume fixe.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Margo Chou&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'expression renvoie &#224; l'accord de Dublin, accord europ&#233;en qui pr&#233;voit que les demandeurs d'asile doivent finaliser toutes leurs d&#233;marches dans le premier pays europ&#233;en o&#249; leur passage a &#233;t&#233; enregistr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Home, squat home</title>
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		<dc:date>2018-12-13T01:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Lise Lacombe</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Ils passent souvent inaper&#231;us, si ce n'est du voisinage, du proprio et de la flicaille. Une discr&#233;tion indispensable pour se donner le maximum de chances d'&#233;chapper &#224; l'expulsion. Les squats dits d'habitation sont pourtant bel et bien l&#224;, au c&#339;ur des villes ou aux tr&#233;fonds des campagnes. T&#233;moignages. Une ombre dans la nuit. Qui enjambe une bordure de fen&#234;tre ou croch&#232;te une serrure. P&#233;n&#232;tre sans bruit dans les murs. Ouvre la porte pour faire entrer ses camarades qui attendent un peu plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no162-fevrier-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;162 (f&#233;vrier 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jojo" rel="tag"&gt;Jojo&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/proprio" rel="tag"&gt;proprio&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ils passent souvent inaper&#231;us, si ce n'est du voisinage, du proprio et de la flicaille. Une discr&#233;tion indispensable pour se donner le maximum de chances d'&#233;chapper &#224; l'expulsion. Les squats dits d'habitation sont pourtant bel et bien l&#224;, au c&#339;ur des villes ou aux tr&#233;fonds des campagnes. T&#233;moignages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2662 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-922-00413.jpg?1782637903' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Lise Lacombe
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une ombre dans la nuit.&lt;/strong&gt; Qui enjambe une bordure de fen&#234;tre ou croch&#232;te une serrure. P&#233;n&#232;tre sans bruit dans les murs. Ouvre la porte pour faire entrer ses camarades qui attendent un peu plus loin. Voil&#224; les squatteurs &#224; l'int&#233;rieur. Ils changent vite la serrure, barricadent la porte, obstruent les ouvertures. Puis attendent. Jusqu'&#224; la visite des flics ou d'un huissier. Ou jusqu'&#224; ce que le d&#233;lai l&#233;gal de 48 heures soit &#233;coul&#233; &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une loi de juin 2015 est cens&#233;e avoir restreint la possibilit&#233; d'invoquer ce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Ce n'est qu'une fois celui-ci pass&#233; qu'ils pourront s'appuyer sur le Code civil pour faire du lieu leur domicile principal, et sur le Code p&#233;nal pour justifier l'inviolabilit&#233; de celui-ci. Cette phase pass&#233;e, il sera temps de penser &#224; habiter &#8211; mais avec la menace de l'expulsion toujours pr&#233;sente dans un coin de la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voil&#224; pour le sc&#233;nario id&#233;al.&lt;/strong&gt; Quand tout se passe bien. C'est loin d'&#234;tre toujours le cas. Ouvrir un squat, f&#251;t-il discret et d'habitation, qu'il se trouve au c&#339;ur de la ville ou au fin fond de la cambrousse, c'est d'abord accepter la probabilit&#233; de l'&#233;chec. &#171; &lt;i&gt;Quand tu arrives, tu ne sais pas si le lieu va tenir quelques jours ou plusieurs mois,&lt;/i&gt; explique Jojo &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tous les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, qui compte une dizaine de squats au compteur.&lt;i&gt; Mais tu n'as pas le choix, tu dois te mettre au boulot : nettoyer, remettre l'eau et l'&#233;lectricit&#233;, r&#233;cup&#233;rer des meubles dans la rue, lancer des travaux d'am&#233;nagement&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Une &#233;tape indispensable pour se sentir chez soi &#8211; &lt;i&gt;home squat home&lt;/i&gt;. Sauf que le chez-soi peut tr&#232;s vite ne plus l'&#234;tre. Et les heures (voire les jours ou semaines) de travail auront &#233;t&#233; abattues en pure perte. Jojo encore : &#171; &lt;i&gt;&#199;a coupe parfois les jambes : tu t'investis &#224; fond, tout en sachant que le risque d'expulsion plane. &#192; force, &#231;a fatigue. Tu finis par avoir envie de te poser, de souffler sans avoir &#224; te dire que bient&#244;t il faudra tout recommencer. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un travail de rep&#233;rage&lt;/strong&gt; en amont permet de mettre davantage de chances de son c&#244;t&#233;. Une reconnaissance qui s'effectue d'abord de visu : &#171; &lt;i&gt;Observez si les lieux sont bien vides et s'il n'y a pas de passage,&lt;/i&gt; r&#233;sume la brochure &#8216;&#8216; Le squat de A &#224; Z '' &lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Disponible sur le site squat.net&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Il y a divers indices : volets ferm&#233;s, bo&#238;te aux lettres pleine de vieilles pubs, tas de feuilles mortes devant la porte, jardin en friche, &#233;tat du b&#226;timent&#8230; Pour v&#233;rifier s'il y a du passage, placez un bout de papier discret dans l'embrasure de chaque porte et portail, et v&#233;rifiez r&#233;guli&#232;rement leur pr&#233;sence.&lt;/i&gt; &#187; Ce rep&#233;rage se double souvent d'une enqu&#234;te sur le propri&#233;taire, histoire d'estimer le risque de le voir d&#233;barquer. J&#233;r&#244;me, pass&#233; par divers squats de l'Est parisien et du Sud de la France, aime cette &#233;tape : &#171; &lt;i&gt;J'ai toujours cherch&#233; &#224; en savoir le plus possible sur le lieu. C'est-&#224;-dire me rendre au cadastre pour trouver le nom du proprio, me renseigner pour savoir s'il habite &#224; proximit&#233;, rechercher des infos &#224; son propos sur Internet&#8230; &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#21610B&#034;&gt;&lt;strong&gt;Enqu&#234;te sur le proprio&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parfois&lt;/strong&gt;, celui-ci est carr&#233;ment aux abonn&#233;s absents. Ainsi de cette maison vide depuis une trentaine d'ann&#233;es dans une banlieue r&#233;sidentielle de Marseille, demeure &#224; l'abandon que Louise et deux de ses copines avaient rep&#233;r&#233;e : &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait une grande baraque avec jardin, dans un &#233;tat d&#233;plorable. Elle faisait partie d'une succession, la famille se d&#233;chirait sur l'h&#233;ritage et la maison &#233;tait en indivision. &lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s y avoir r&#233;fl&#233;chi, les trois amies ont d&#233;cid&#233; d'&#233;crire aux propri&#233;taires pour leur proposer un arrangement : elles se chargeraient des lourds travaux d'am&#233;nagement contre une remise de loyer. Mais elles n'ont jamais eu de r&#233;ponse. Et ont finalement pris possession de l'endroit &#224; la hussarde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les proprios&lt;/strong&gt; sont loin de se montrer toujours accommodants. Certains se font m&#234;me justice eux-m&#234;mes plut&#244;t que de lancer une proc&#233;dure d'expulsion. Et d&#233;barquent avec des sbires pour virer les squatteurs. &#171; &lt;i&gt;C'est plus effrayant que l'arriv&#233;e des flics,&lt;/i&gt; note J&#233;r&#244;me.&lt;i&gt; Avec la police, il y a un cadre, surtout quand la proc&#233;dure d'expulsion est lanc&#233;e. Tandis qu'avec des gros bras, &#231;a peut vraiment partir en cacahu&#232;tes... &lt;/i&gt; &#187; C'est ce qu'a connu Tic, squatteur de longue date qui venait de se d&#233;gotter un petit appartement &#224; Marseille : &#171; &lt;i&gt;J'avais attendu 48 heures &#224; l'int&#233;rieur, puis j'&#233;tais sorti quelques heures. Des gros bras sont pass&#233;s pendant ce temps, ils ont p&#233;t&#233; la porte, et cass&#233; ou vol&#233; mes affaires. Je ne suis &#233;videmment pas rest&#233; dans l'appart'.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#21610B&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; On partageait tout &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Perdre&lt;/strong&gt; ses (maigres) possessions : voil&#224; l'une des hantises de celles et ceux qui font le choix du squat. Une crainte qui pousse &#224; ne pas accumuler. &#192; voyager l&#233;ger, comme Jojo &#224; la fin des ann&#233;es 1990 : &#171; &lt;i&gt; On r&#233;cup&#233;rait des matelas &#224; Emma&#252;s, des meubles dans la rue &#8211; on s'en fichait de les perdre en cas d'expulsion. Quand &#231;a arrivait, je balan&#231;ais mes v&#234;tements et mes affaires dans deux sacs de couchage, et je m'en allais.&lt;/i&gt; &#187; Il n'y avait pas grand-chose d'autre &#224; sauver, souligne le m&#234;me en souriant : &#171; &lt;i&gt;On &#233;tait jeunes, on n'avait rien mais on partageait tout. On mettait notre argent en commun, on volait la nourriture et l'alcool, on rentrait en douce dans les concerts...&lt;/i&gt; &#187; Bref, le minimum vital &#8211; que demande le peuple ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement&lt;/strong&gt; : il a parfois envie d'un peu de confort. Surtout en prenant de l'&#226;ge. &#171; &lt;i&gt;Pendant longtemps, je n'ai &#224; peu pr&#232;s rien poss&#233;d&#233; &#8211; juste trois grands sacs d'affaires diverses, que je pouvais boucler &#224; la va-vite,&lt;/i&gt; explique J&#233;r&#244;me. &lt;i&gt;Mais j'ai fini par acheter un ordinateur. Et l&#224;, &#231;a devient tout de suite plus chiant : si tu pars en week-end, il te faut chercher un endroit s&#251;r o&#249; l'entreposer, parce que tu n'es jamais certain que le squat ne sera pas visit&#233; par les flics ou le proprio en ton absence.&lt;/i&gt; &#187; Un stress toujours pr&#233;sent, comme en filigrane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est le c&#244;t&#233; chiant&lt;/strong&gt; du squat : tu restes toujours pr&#233;caire et tu d&#233;penses beaucoup d'&#233;nergie &#224; ouvrir et tenir le lieu&lt;/i&gt; &#187;, poursuit J&#233;r&#244;me, qui a ainsi altern&#233; squats et locations classiques. Un cas de figure fr&#233;quent chez les squatteurs longue dur&#233;e &#8211; il leur arrive d'opter pour le confort d'un bail, le temps de recharger leurs batteries ou, par exemple, d'&#233;lever des enfants en bas &#226;ge. Mais ils finissent souvent par retourner &#224; leur premier amour. Par manque de thunes. Par go&#251;t de la vie en collectif. Et par amour de la libert&#233;. &#192; commencer par celle de &#171; &lt;i&gt;ne pas avoir &#224; accepter un taf qui ne te pla&#238;t pas juste pour payer ton loyer &lt;/i&gt; &#187;, remarque Jojo. Ainsi que celle d'am&#233;nager &#224; l'envi son int&#233;rieur, souligne la brochure &#171; Le Squat de A &#224; Z &#187; : &#171; &lt;i&gt;Squatter, c'est aussi habiter au sens plein du terme : c'est &#234;tre libre et responsable de son lieu de vie. C'est pouvoir y faire ce que l'on veut sans se r&#233;f&#233;rer &#224; un proprio qui de toute fa&#231;on n'y vit pas.&lt;/i&gt; &#187; Nulle autorisation &#224; demander pour abattre une cloison, installer une mezzanine ou peindre les murs de toutes les couleurs.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#21610B&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un pro du b&#226;timent &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et puis&lt;/strong&gt;, &#224; force de se retrousser les manches pour faire de la ma&#231;onnerie ou remettre en ordre de marche les circuits &#233;lectriques, les squatteurs finissent par acqu&#233;rir tout un &#233;ventail de comp&#233;tences. Bien oblig&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Au fil des ann&#233;es, tu deviens presque un pro du b&#226;timent&lt;/i&gt; &#187;, rigole Jojo, qui souligne au passage : &#171; &lt;i&gt;Dans tous les squats o&#249; j'ai v&#233;cu, nous avons laiss&#233; l'endroit en meilleur &#233;tat que celui dans lequel on l'avait trouv&#233;. &lt;/i&gt; &#187; M&#234;me chose pour Louise et ses deux copines, qui ont travaill&#233; des mois &#224; remettre en &#233;tat la maison tr&#232;s d&#233;labr&#233;e qu'elles avaient r&#233;cup&#233;r&#233;e. Toutes trois ont d&#251; serrer les dents et s'ent&#234;ter pour parvenir &#224; rendre l'endroit vivable : &#171; &lt;i&gt; &#199;'a &#233;t&#233; compliqu&#233; de remettre l'eau. On n'y serait d'ailleurs pas parvenu si on n'avait pas re&#231;u des coups de main de gens plus exp&#233;riment&#233;s. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est qu'entre squatteurs&lt;/strong&gt;, l'entraide joue &#224; plein &#8211; le mode d'habiter rapproche et permet de facilement nouer des liens entre les lieux. Soutien en cas de tentative d'expulsion, &#233;change de comp&#233;tences, coups de main occasionnels&#8230; Une solidarit&#233; d'autant plus forte que les squatteurs sont confront&#233;s &#224; une m&#234;me adversit&#233;, celle impos&#233;e par un monde dont ils ont refus&#233; les r&#232;gles (immobili&#232;res). Cet habitat du refus fait sens par lui-m&#234;me, souligne la brochure sus-cit&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Chaque squat est diff&#233;rent.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Mais tout squat est &#8216;&#8216;politique'', dans la mesure o&#249; il bouleverse, m&#234;me parfois involontairement, l'ordre social et la propri&#233;t&#233;. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Une loi de juin 2015 est cens&#233;e avoir restreint la possibilit&#233; d'invoquer ce d&#233;lai de 48 heures. Mais pour l'instant, pas de retour sur son application.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tous les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Disponible sur le site squat.net&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Veni, vidi, quasi vici</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Veni-vidi-quasi-vici</link>
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		<dc:date>2018-09-08T09:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Larry Bouldingue</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;L'ascension rat&#233;e du Mont Squat par la face Sud. C'&#233;tait le 28 mars 2017, en plein huiti&#232;me arrondissement marseillais, fief hupp&#233; du baron Gaudin. Ce jour-l&#224;, un b&#226;timent occup&#233; par une poign&#233;e de complices et destin&#233; &#224; loger des familles abonn&#233;es &#224; la rue se voyait expuls&#233; manu militari. Rageant ? Pas seulement. &#171; Ah ! &#231;a, c'est une chouette id&#233;e, r&#233;pondirent en ch&#339;ur Ribouldingue et Filochard, s&#251;rement, on va rigoler, allons-y, &#231;a colle ! &#187; Les Aventures des Pieds-Nickel&#233;s, Louis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no153-avril-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;153 (avril 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Alors" rel="tag"&gt;Alors&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/familles" rel="tag"&gt;familles&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chouette-idee" rel="tag"&gt;chouette id&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/plan-6124" rel="tag"&gt;plan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'ascension rat&#233;e du Mont Squat par la face Sud. C'&#233;tait le 28 mars 2017, en plein huiti&#232;me arrondissement marseillais, fief hupp&#233; du baron Gaudin. Ce jour-l&#224;, un b&#226;timent occup&#233; par une poign&#233;e de complices et destin&#233; &#224; loger des familles abonn&#233;es &#224; la rue se voyait expuls&#233; &lt;i&gt;manu militari&lt;/i&gt;. Rageant ? Pas seulement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ah ! &#231;a, c'est une chouette id&#233;e, r&#233;pondirent en ch&#339;ur Ribouldingue et Filochard, s&#251;rement, on va rigoler, allons-y, &#231;a colle ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les Aventures des Pieds-Nickel&#233;s&lt;/i&gt;, Louis Forton&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;10 heure du matin, dans l'un des halls d'entr&#233;e de l'immense b&#226;timent occup&#233;. Depuis quelques minutes, la tension est palpable. L'ami S. a beau grignoter des biscuits comme si de rien n'&#233;tait, je vois bien qu'il est nerveux. Perso, j'ai le stress &#224; fleur de peau, quasi sismique. Il faut dire que la situation est d&#233;licate : nos deux paires d'yeux cern&#233;s par une nuit blanche observent par une embrasure une trentaine de flics s'agiter devant les lieux, usant de pinces monseigneur et de b&#233;liers mastoc pour d&#233;foncer la porte. Ambiance de si&#232;ge m&#233;di&#233;val, sur fond sonore anxiog&#232;ne. Boum, boum, les coups font trembler les murs tandis que r&#233;sonnent leurs invectives : &#171; &lt;i&gt;Ouvrez ou z'allez morfler !&lt;/i&gt; &#187; Assis sur les marches du hall, on n'en m&#232;ne pas large &#224; mesure que c&#232;dent les &#233;tais en m&#233;tal faisant office de barricade. Mais le plaisir de voir la bleusaille s'&#233;puiser en maniant de lourds outils l'emporte sur l'angoisse : advienne que pourra, on ne leur ouvre pas. Plaisir d'offrir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2549 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH511/-814-71988.jpg?1782641361' width='400' height='511' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une demi-heure de mart&#232;lement forcen&#233;, la porte renforc&#233;e finit par c&#233;der et la mar&#233;e bleue se r&#233;pand dans le hall, BST&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Brigade sp&#233;cialis&#233;e de terrain, pas r&#233;put&#233;e pour sa tendresse.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; en t&#234;te. Trognes haineuses et postures de ca&#239;ds v&#233;n&#232;res : ces gentlemen font honneur &#224; leur corps de m&#233;tier. Comme promis, les coups s'encha&#238;nent, alors m&#234;me que l'on n'esquisse pas le moindre geste de d&#233;fense. Poings, pieds, genoux, il y en a pour tous les go&#251;ts. Une fois &#224; terre, c'est au tour du cocktail coups de pompes dans les c&#244;tes &amp; broyage de paluches sous la semelle. Au diable le fair-play, il faut bien que les cow-boys se d&#233;foulent. Moralit&#233; martiale : force reste &#224; la loi (du plus fort), laquelle nous rel&#226;che apr&#232;s une poign&#233;e d'heures au commissariat&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le procureur n'a pas donn&#233; suite &#224; l'inculpation pour d&#233;gradations, un temps (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Le bilan de l'op&#233;ration ? Ambivalent. Le lieu est certes perdu, mais notre gnaque est intacte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour quelques jours en arri&#232;re. Impliqu&#233;s &#224; la R&#233;quiz, petit squat marseillais menac&#233; d'expulsion, nous sommes quelques-uns &#224; nous r&#233;unir r&#233;guli&#232;rement pour chercher des solutions. En clair : de nouveaux lieux o&#249; loger des familles en situation d'urgence sociale. Certains d'entre nous ont une exp&#233;rience en la mati&#232;re, d'autres sont clairement novices. Qu'importe puisqu'on partage tous le m&#234;me mot d'ordre : on fonce !
Les r&#233;unions et rep&#233;rages s'encha&#238;nent, foutraques mais d&#233;termin&#233;s. Au final, notre choix se porte sur de tr&#232;s vastes locaux de P&#244;le emploi abandonn&#233;s depuis plusieurs ann&#233;es et potentiellement parfaits : trois b&#226;timents habitables, une belle cour int&#233;rieure, des garages convertibles en ateliers, un parc &#224; deux pas, aucun voisin &#224; proximit&#233;, etc. Bref, le Taj Mahal des squats. Mais il y a un hic : l'endroit a tout de Fort Knox. Ceint de murs immenses, il grouille de cam&#233;ras et de d&#233;tecteurs de mouvements. Une premi&#232;re incursion acrobatique &#8211; &#233;chelle pos&#233;e sur un camion pour atteindre les toits &#8211; confirme nos craintes : d&#232;s lors que sonnent les alarmes rappliquent les vigiles d'une soci&#233;t&#233; de surveillance. Bigre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oscillant entre &lt;i&gt;Ocean's Eleven&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Les Pieds Nickel&#233;s&lt;/i&gt;, on s'affaire &#224; dresser un plan d'attaque cisel&#233;. L'objectif est simple : se barricader dans le b&#226;timent avant que ne d&#233;boulent vigiles et cond&#233;s. Puis parlementer jusqu'&#224; ce qu'ils l&#226;chent l'affaire et que les premi&#232;res familles puissent s'installer. Un plan bien huil&#233;, pense-t-on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jour J, deux heures du matin. Charg&#233;s d'une &#233;chelle et de lourds outils, on progresse p&#233;niblement dans un tunnel souterrain, en bord d'une petite rivi&#232;re. Alors que les chiens du camp rom voisin entament un concerto d'aboiements, quelques chauves-souris renforcent l'ambiance &lt;i&gt;Indiana Jones et le Temple maudit&lt;/i&gt;. &#192; d&#233;faut d'&#234;tre parfait, notre plan est ind&#233;niablement cin&#233;matographique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233;s &#224; destination, on d&#233;chante fissa : l'acc&#232;s choisi se r&#233;v&#232;le trop &#171; acrobatique &#187;. En haut des huit m&#232;tres d'&#233;chelle, une herse en surplomb brise notre &#233;lan. On a beau f&#233;brilement s'&#233;chiner au bord du vide, la sentence tombe : &#231;a ne passe pas. Tr&#233;pignements. Et puis le miracle : sur une proche fa&#231;ade, on d&#233;couvre une minuscule fen&#234;tre mal ferm&#233;e, presque une invitation &#224; entrer. On s'y glisse, joyeux comme des soiffards invit&#233;s au salon du vin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite : quelques heures d'exploration, des alarmes qui beuglent, les vigiles d&#233;go&#251;t&#233;s de ne pouvoir rentrer (tous les acc&#232;s sont barricad&#233;s), les flics qui h&#233;sitent, les soutiens qui parlementent &#224; l'ext&#233;rieur arm&#233;s de papiers prouvant notre droit &#224; l'occupation, l'euphorie qui grimpe en fl&#232;che. Et puis soudain, sans pr&#233;venir, le massif d&#233;barquement des bleus qui prennent d'assaut la forteresse avant que l'on ait pu y faire entrer les familles. &lt;i&gt;Game over.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sortir du comico, alors que des amis nous attendent sur le parking, cubi de rouge &#224; la main, ce n'est pas la tristesse qui pr&#233;vaut. Plut&#244;t le rire fatigu&#233;. On a foir&#233; ? Tant pis. Il y aura d'autres occasions. La prochaine sera la bonne. Ou bien celle d'apr&#232;s. Et ce jour-l&#224;, une fois les familles install&#233;es et l'occupation ent&#233;rin&#233;e, on &#233;voquera ce ratage avec un grand sourire. Cow-boys, gare &#224; vos miches, les pieds-nickel&#233;s ne l&#226;chent pas l'affaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Brigade sp&#233;cialis&#233;e de terrain, pas r&#233;put&#233;e pour sa tendresse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le procureur n'a pas donn&#233; suite &#224; l'inculpation pour d&#233;gradations, un temps envisag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pas de &#171; coup de rabot &#187; sur les condamnations</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Pas-de-coup-de-rabot-sur-les</link>
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		<dc:date>2013-08-22T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Katre</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
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		<dc:subject>porte</dc:subject>
		<dc:subject>Lyon</dc:subject>
		<dc:subject>Nadjib</dc:subject>
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		<dc:subject>J'ai jamais</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nadjib, 19 ans, passe en comparution imm&#233;diate au TGI de Lyon, le 29 mai 2013. Le tribunal l'accuse d'avoir d&#233;rob&#233; un portefeuille, dans une entreprise, puis d'avoir ab&#238;m&#233; une porte coupe-feu pour sortir. &#171; J'ai jamais d&#233;grad&#233; de porte &#187;, d&#233;clare Nadjib &#224; la lecture des proc&#232;s-verbaux. Une vingtaine d'inscriptions figurent sur son casier judiciaire, toutes pour vol ou stup&#233;fiants. Il est sous le coup d'une proc&#233;dure de sursis mise &#224; l'&#233;preuve au moment de l'interpellation, en lien avec une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no112-Juin-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;112 (Juin 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/juge" rel="tag"&gt;juge&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/J-ai-jamais" rel="tag"&gt;J'ai jamais&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nadjib, 19 ans, passe en comparution imm&#233;diate au TGI de Lyon, le 29 mai 2013. Le tribunal l'accuse d'avoir d&#233;rob&#233; un portefeuille, dans une entreprise, puis d'avoir ab&#238;m&#233; une porte coupe-feu pour sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;J'ai jamais d&#233;grad&#233; de porte&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clare Nadjib &#224; la lecture des proc&#232;s-verbaux. Une vingtaine d'inscriptions figurent sur son casier judiciaire, toutes pour vol ou stup&#233;fiants. Il est sous le coup d'une proc&#233;dure de sursis mise &#224; l'&#233;preuve au moment de l'interpellation, en lien avec une pr&#233;c&#233;dente affaire. &#171; &lt;i&gt;Le Spip&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Service p&#233;nitentiaire d'insertion et de probation.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;i&gt;note que vous n'avez plus r&#233;pondu &#224; ses convocations apr&#232;s le quatri&#232;me rendez-vous, pourquoi ?&lt;/i&gt; &#187; interroge la juge. La maman de Nadjib, assise dans la salle, prend la parole d'une voix fatigu&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Depuis notre d&#233;m&#233;nagement les convocations sont envoy&#233;es &#224; une mauvaise adresse.&lt;/i&gt; &#187; La juge mentionne que Nadjib est atteint de schizophr&#233;nie et interroge sa m&#232;re sur la vie quotidienne &#224; la maison et la raison pour laquelle il ne va pas aux rendez-vous du Spip : &#171; &lt;i&gt;Il est normal, il est pas normal, un jour &#231;a va, un jour &#231;a va pas, ce jour-l&#224;, &#231;a ne va pas et il ne fait pas le rendez-vous.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, le tribunal interroge directement Nadjib : &#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes schizophr&#232;ne, comment &#231;a se passe ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Je prends des m&#233;dicaments et des injections au Vinatier 2, deux fois par mois.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Non une fois par semaine, madame&lt;/i&gt;, coupe sa m&#232;re, &lt;i&gt;le lundi. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Sauf ce lundi&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Nadjib.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Pourquoi ?&lt;/i&gt; demande la juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Euh&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Il n'a pas envie de sortir, je vous dis la v&#233;rit&#233; madame. &#193; la maison, il parle avec personne, il n'aime personne, ne supporte pas qu'on passe devant lui&lt;/i&gt; &#187;, se lamente sa m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La juge note que le m&#233;decin du Vinatier trouve Nadjib &#171; &lt;i&gt;tr&#232;s d&#233;sorganis&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que Nadjib tente de glisser : &#171; &lt;i&gt;Me mettre en prison c'est pas une bonne id&#233;e, pour quelqu'un de malade c'est pas un endroit o&#249; aller.&lt;/i&gt; &#187; La juge feint ne pas entendre sa remarque et lit quelques bribes de l'expertise psychiatrique : &#171; &lt;i&gt;Schizophr&#233;nie&#8230; alt&#233;ration du discernement mais pas abolition&#8230; sympt&#244;me stabilis&#233; quand le suivi est r&#233;gulier&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Et elle passe &#224; l'interpr&#233;tation : &#171; &lt;i&gt;Votre conscience est un peu alt&#233;r&#233;e mais pour autant vous &#234;tes responsable, tous les schizophr&#232;nes ne commettent pas d'infraction. Vous souvenez-vous avoir d&#233;j&#224; &#233;t&#233; condamn&#233; ici, dans cette salle ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Oui, pour quelque chose que j'ai pas fait. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Le tribunal vous a tout de m&#234;me condamn&#233; &#224; un mois de prison ferme&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;torque la juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se replonge ensuite dans les proc&#232;s-verbaux : &#171; &lt;i&gt;&#8230; a restitu&#233; le portefeuille aux employ&#233;s pr&#233;sents puis s'est enfui&#8230; Les battants de la porte incendie ont &#233;t&#233; forc&#233;s, l'entreprise demande 8 000 euros au titre du pr&#233;judice subi.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;C'est pas moi, j'ai jamais mis les pieds l&#224;-bas, j'ai jamais &#233;t&#233; l&#224;-bas !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au tour du procureur de prendre la parole et il l&#226;che d'une voix monocorde : &#171; &lt;i&gt;Il a quelques probl&#232;mes psychologiques mais &#231;a n'excuse pas tout. Il est dangereux, tr&#232;s dangereux s'il ne prend pas son traitement. Il doit &#234;tre &#233;cart&#233; de la soci&#233;t&#233; de fa&#231;on durable. &lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Il ment, il nie l'&#233;vidence, ce qui montre une certaine astuce car un vrai malade reconna&#238;t tout de suite.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;La peine plancher est de deux ans pour ces faits, je requiers 24 mois de prison dont 12 mois avec sursis mise &#224; l'&#233;preuve, avec obligation de soin, assorti d'un mandat de d&#233;p&#244;t, pour &#233;viter le renouvellement des faits. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nadjib intervient &#224; de nombreuses reprises lors des r&#233;quisitions du procureur pour demander une expertise psychiatrique. &#171; &lt;i&gt;Je vous donnerai la parole apr&#232;s la plaidoirie de votre avocat &lt;/i&gt; &#187;, lui lance la juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son avocat est un habitu&#233; des comparutions imm&#233;diates et des mauvais r&#233;sultats : &#171; &lt;i&gt;J'assiste depuis deux ans Monsieur dans des affaires similaires.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;On est d&#233;sarm&#233; devant une telle situation, il n'a aucune protection, il est abandonn&#233; par le p&#232;re et ses trois fr&#232;res et s&#339;urs sont quasiment livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes. Quelle est la solution ? Il peut &#234;tre victime d'abus, dans son quartier comme en d&#233;tention, comme cela s'est d&#233;j&#224; produit. Il a besoin d'un suivi m&#233;dical s&#233;rieux. Le procureur demande 24 mois ? Je ne sais pas quelle est la solution, il faut qu'il s'en sorte, je ne suis pas l&#224; pour plaider la prison.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce qu'elle a annonc&#233; la juge ne redonne pas la parole &#224; Nadjib. Jug&#233; en 36 minutes, le jeune homme est renvoy&#233; en prison pour six mois ferme avec mandat de d&#233;p&#244;t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Service p&#233;nitentiaire d'insertion et de probation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En marge et au pilori</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/En-marge-et-au-pilori</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/En-marge-et-au-pilori</guid>
		<dc:date>2012-04-02T07:08:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Arraitz</dc:creator>


		<dc:subject>Nono Kadaver</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>police</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#171; C'est une r&#233;quisition citoyenne &#187;, affirment les associations solidaires des cinq familles tziganes &#8211; vingt adultes et douze enfants &#8211; install&#233;es depuis la mi-janvier sur un terrain en bordure du technop&#244;le de Ch&#226;teau-Gombert, quartier p&#233;riph&#233;rique au nord-est de Marseille. La neige est aux portes de la ville, les Roms aussi. Et l'imaginaire local les confond avec les loups. &#171; Depuis qu'on est arriv&#233;s, on n'a vu personne du quartier, seulement la police &#187;, constate Sandou le patriarche. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no97-fevrier-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;97 (f&#233;vrier 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nono-Kadaver" rel="tag"&gt;Nono Kadaver&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/police" rel="tag"&gt;police&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/puis" rel="tag"&gt;puis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/porte" rel="tag"&gt;porte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Roms" rel="tag"&gt;Roms&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mariana" rel="tag"&gt;Mariana&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sandou" rel="tag"&gt;Sandou&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/porte-d-Aix" rel="tag"&gt;porte d'Aix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/constate-Sandou" rel="tag"&gt;constate Sandou&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; C'est une r&#233;quisition citoyenne &#187;&lt;/i&gt;, affirment les associations solidaires des cinq familles tziganes &#8211; vingt adultes et douze enfants &#8211; install&#233;es depuis la mi-janvier sur un terrain en bordure du technop&#244;le de Ch&#226;teau-Gombert, quartier p&#233;riph&#233;rique au nord-est de Marseille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La neige est aux portes de la ville, les Roms aussi. Et l'imaginaire local les confond avec les loups. &lt;i&gt;&#171; Depuis qu'on est arriv&#233;s, on n'a vu personne du quartier, seulement la police &#187;&lt;/i&gt;, constate Sandou le patriarche. Les riverains ne s'approchent plus de la pin&#232;de o&#249; ils avaient l'habitude de promener le chien. Ils se contentent de menacer les b&#233;n&#233;voles des associations qui apportent vivres, m&#233;dicaments et couvertures &#224; ces familles d&#233;munies, victimes d'expulsions &#224; r&#233;p&#233;tition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce bosquet coinc&#233; entre une &#233;cole d'ing&#233;nieurs et une r&#233;sidence ferm&#233;e que le campement de fortune s'est install&#233;. Cabanes, caravanes, tentes faites de b&#226;ches de plastique&#8230; &lt;i&gt;&#171; Nous, on est tziganes, mais on parle surtout le roumain. &#187;&lt;/i&gt; Mariana, jeune m&#232;re de trois enfants dont le mari a disparu depuis plus de deux ans, nous re&#231;oit dans la solide cabane que son p&#232;re, Sandou, a construite en une journ&#233;e. L'int&#233;rieur est accueillant. Des pi&#232;ces de moquette assurent l'&#233;tanch&#233;it&#233; entre vieux volets et planches r&#233;cup&#233;r&#233;es. Un po&#234;le &#224; bois et l'hospitalit&#233; r&#233;chauffent l'ambiance. On offre le caf&#233;, ainsi que des cigarettes. Depuis cinq ans qu'elle est arriv&#233;e &#224; Marseille, la famille a d'abord connu le squat, cit&#233; F&#233;lix-Pyat, puis la gal&#232;re des campements : &#224; proximit&#233; de la gare de Saint-Louis, sous la passerelle de Bougainville, puis dans un entrep&#244;t d&#233;saffect&#233; de La Capelette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mariana et ses parents vivent des poubelles, de la revente d'habits usag&#233;s ou de m&#233;taux recycl&#233;s. &lt;i&gt;&#171; On vendait sur la porte d'Aix, mais on nous a chass&#233;s. La police nous harc&#232;le partout, l&#224; o&#249; on habite et l&#224; o&#249; on travaille. Ils jettent nos marchandises &#224; la poubelle. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers temps, sur le nouveau campement, il y a eu jusqu'&#224; cinq ou six descentes de police par jour. &lt;i&gt;&#171; La Paf&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Police aux fronti&#232;res.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a&lt;i&gt; embarqu&#233; deux p&#232;res de famille, l'un sous le coup d'une OQTF&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Obligation de quitter le territoire fran&#231;ais.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;i&gt;et l'autre d'un APRF&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arr&#234;t&#233; pr&#233;fectoral de reconduite &#224; la fronti&#232;re.&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;, explique&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_275 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/97_nono-7558b.png?1782640418' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Nono Kadaver
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Caroline, de la Ligue des droits de l'homme des Bouches-du-Rh&#244;ne. &lt;i&gt;&#171; Besson a cr&#233;&#233; une nouvelle infraction, appel&#233;e &#8220;Abus de droit au court s&#233;jour&#8221;, qui permet de renvoyer les Roms en Roumanie quand ils d&#233;passent les trois mois de s&#233;jour autoris&#233;s sans pouvoir justifier de ressources, ou si on arrive &#224; prouver qu'ils font des allers-retours. &#187;&lt;/i&gt; En France, une &lt;i&gt;&#171; mesure transitoire &#187;&lt;/i&gt; ferme le march&#233; du travail aux Bulgares et aux Roumains jusqu'en janvier 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'a&#238;n&#233;e de Mariana, Florina, s'occupe du petit fr&#232;re et fait la cuisine pendant que les adultes sillonnent la ville en fourgonnette. Elle se souvient du jour o&#249; elle a voulu inviter &#224; boire le th&#233; un couple de voisins qui promenait leur chien dans le bosquet : &lt;i&gt;&#171; Ils ont cru que c'&#233;tait un pi&#232;ge et sont partis tr&#232;s vite. &#187;&lt;/i&gt; Les habitants de la r&#233;sidence ferm&#233;e, malgr&#233; un tract distribu&#233; pour les sensibiliser, bombardent d'insultes racistes le site Internet de la m&#233;diath&#232;que militante Mille B&#226;bords, qui sert de tribune aux associations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; le nouveau maillon faible sur lequel s'acharne le pouvoir. C'est entre autres la pr&#233;sence d'un bivouac de Roms fra&#238;chement expuls&#233;s d'un terrain vague voisin qui a servi de pr&#233;texte &#224; l'interdiction de l'acc&#232;s de la pelouse de la porte d'Aix au public l'&#233;t&#233; dernier. Apr&#232;s la visite du sinistre Gu&#233;ant, le quartier fut inclus dans un &#171; P&#233;rim&#232;tre de s&#233;curisation &#187; participant au grand show s&#233;curitaire pr&#233;-&#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Ch&#226;teau-Gombert, le terrain occup&#233; appartient &#224; 25 % &#224; la ville, 25 % &#224; la communaut&#233; de communes et les 50 % restants se partagent entre la Caisse d'&#201;pargne, Dexia et la caisse des d&#233;p&#244;ts. La ville, tenue par la loi de mettre &#224; disposition des aires d'accueil pour les nomades, fait la sourde oreille et remet toujours &#224; plus tard une table ronde r&#233;clam&#233;e depuis plusieurs mois. &lt;i&gt;&#171; De toute fa&#231;on, c'est pas des vrais nomades puisqu'ils ont construit des cabanes&lt;/i&gt;, persifle une voisine. &lt;i&gt;On a travaill&#233; toute une vie pour avoir une retraite tranquille, et regardez ce qu'on est venus nous coller sur le pas de la porte ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sandou raconte qu'il y a en ce moment des &#233;meutes contre la vie ch&#232;re &#224; Bucarest&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; ce sujet, lire page 7. Bien foutu, ce journal, non ?&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. L&#224;-bas, il a fait un peu tous les m&#233;tiers : palefrenier, gar&#231;on de ferme, chiffonnier, ferrailleur. &lt;i&gt;&#171; Mais la crise a pouss&#233; les non-Gitans &#224; faire les m&#234;mes boulots que nous, et il n'y en a plus assez pour tout le monde. Pourtant, je serais bien rest&#233;, parce qu'en Roumanie, il n'y a pas autant de racisme qu'ici. On est pr&#234;ts &#224; travailler : ma&#231;on, femme de m&#233;nage&#8230; Mais ici, personne ne veut nous faire confiance. &#187; &lt;/i&gt; Puis il nuance :&lt;i&gt; &#171; Il y a aussi des gens qui nous aident sans rien demander en &#233;change. &#187;&lt;/i&gt; Dimanche 5 f&#233;vrier, Mariana a invit&#233; une dizaine de ces b&#233;n&#233;voles &#224; partager un repas dans sa fi&#232;re cabane. Derri&#232;re leur grille &#224; digicode, les voisins ne savent pas ce qu'ils perdent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Police aux fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Obligation de quitter le territoire fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Arr&#234;t&#233; pr&#233;fectoral de reconduite &#224; la fronti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; ce sujet, &lt;a href='https://cqfd-journal.org/A-l-Est-c-est-deja-le-printemps'&gt;lire page 7&lt;/a&gt;. Bien foutu, ce journal, non ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Vitrine bris&#233;e</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Vitrine-brisee</link>
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		<dc:date>2012-02-20T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Arraitz</dc:creator>


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&lt;p&gt;Tel le sommeil de la raison que d&#233;peignait Goya, la fiction municipale de Gaudin enfante des monstres. Les hold-ups financiers sur l'H&#244;tel-Dieu, la rue de la R&#233;publique ou le quartier des Crottes ne se font pas Kalachnikov au poing, mais c'est quand m&#234;me un peu le Far West. Tard dans la nuit, B., fameux DJ de la Plaine, rejoint ses p&#233;nates. Fatigu&#233;, il coupe au plus court, par la porte d'Aix. L&#224;, &#224; proximit&#233; de l'arc de triomphe qui affirme, grav&#233; dans la pierre, que Marseille est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no96-janvier-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;96 (janvier 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Berth" rel="tag"&gt;Berth&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Plaine" rel="tag"&gt;Plaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/porte" rel="tag"&gt;porte&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/nuit" rel="tag"&gt;nuit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/porte-d-Aix" rel="tag"&gt;porte d'Aix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mystere" rel="tag"&gt;myst&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fameux" rel="tag"&gt;fameux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tel le sommeil de la raison que d&#233;peignait Goya, la fiction municipale de Gaudin enfante des monstres. Les hold-ups financiers sur l'H&#244;tel-Dieu, la rue de la R&#233;publique ou le quartier des Crottes ne se font pas Kalachnikov au poing, mais c'est quand m&#234;me un peu le Far West.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tard dans la nuit,&lt;/strong&gt; B., fameux DJ de la Plaine, rejoint ses p&#233;nates. Fatigu&#233;, il coupe au plus court, par la porte d'Aix. L&#224;, &#224; proximit&#233; de l'arc de triomphe qui affirme, grav&#233; dans la pierre, que Marseille est reconnaissante &#224; la r&#233;publique (reconnaissante de quoi ? Premier myst&#232;re&#8230;), deux bagnoles sont &#224; l'arr&#234;t et leurs occupants dansent et chahutent sur le trottoir, devant les porti&#232;res ouvertes. B. passe sans trop les calculer. &lt;i&gt;&#171; J'ai m&#234;me pas fait gaffe &#224; leur d&#233;gaine. &#187;&lt;/i&gt; Mais au passage, l'ami re&#231;oit un premier coup dans le dos qui le fait tr&#233;bucher. Alors que plusieurs types lui tombent sur le r&#226;ble, il a le temps de voir une voiture de flics tourner devant le conseil r&#233;gional sans s'&#233;mouvoir de la sc&#232;ne qui se d&#233;roule &#224; quelques m&#232;tres d'elle. La porte d'Aix, depuis le super show du ministre de l'Int&#233;rieur l'&#233;t&#233; dernier, est plac&#233;e sous surveillance permanente, pour emp&#234;cher les Roms, les chibanis, les mamans et leurs enfants de s'approprier la pelouse comme il &#233;tait d'usage jusque-l&#224;. Le but est &#233;galement d'&#233;viter que le march&#233; sauvage dit &#171; des voleurs &#187; ne se r&#233;installe sur le parking Jules-Guesde. C'est donc au milieu d'un d&#233;sert bien polic&#233; que B. se fait passer &#224; tabac. Pourquoi ? Deuxi&#232;me myst&#232;re&#8230; Sans raison apparente, les coups pleuvent, on s'acharne sur lui &#224; coups de pied. &lt;i&gt;&#171; J'en suis quitte pour me faire payer un sourire am&#233;ricain par la S&#233;cu &#187;&lt;/i&gt;, ricane B. avec fatalisme. &lt;i&gt;&#171; Maintenant, quand je finis mes soir&#233;es, je prends un taxi. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_253 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH272/96-Berth-Marseille-6db95.jpg?1782641434' width='400' height='272' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Berth
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Marseille 2012, vitrine s&#233;curitaire du cr&#233;puscule sarkozien ? On en avait l'intuition, apr&#232;s le parachutage d'un nouveau pr&#233;fet de choc et les unes des journaux sur l'apog&#233;e de la Kalach, reine de l'inframonde des cit&#233;s&#8230; Sous pr&#233;texte de &lt;i&gt;&#171; mettre la ville aux normes &#187;&lt;/i&gt; avant l'&#233;ch&#233;ance 2013 (capitale europ&#233;enne de la culture, madame !), les hommes en uniforme ont envahi les rues et les march&#233;s populaires et des dizaines de cam&#233;ras sont fix&#233;es &#224; marche forc&#233;e sur des poteaux m&#233;talliques ostensiblement plant&#233;s au coin des art&#232;res les plus populeuses du centre-ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, le rythme des braquages et autres r&#232;glements de compte sanglants n'a fait qu'empirer. &#192; tel point qu'autorit&#233;s et m&#233;dias, au d&#233;part tout dispos&#233;s &#224; les instrumentaliser pour doper leur discours sur la tol&#233;rance z&#233;ro, cherchent aujourd'hui &#224; les minimiser. Certains gros coups se voient bizarrement rel&#233;gu&#233;s dans la colonne des br&#232;ves de la page faits divers de La Provence. Le pr&#233;fet, qu'on a vu rouler des m&#233;caniques en jeans et en bras de chemise au comptoir des caf&#233;s ou dans des r&#233;unions de quartier pour caresser la peur des gens dans le sens du poil de la b&#234;te &#233;lectorale, se fait soudain plus discret. La surench&#232;re risquerait d'avoir un effet contraire &#224; celui escompt&#233; en soulignant l'impuissance de la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le harc&#232;lement policier p&#232;se surtout sur l'activit&#233; informelle, les menus trafics et les petits m&#233;tiers, dans une ville o&#249; le boulot s'invente plus qu'il ne se cherche. Ce qui &#224; terme ne peut qu'alimenter une d&#233;linquance plus radicale. &#171; Ma ville acc&#233;l&#232;re &#187;, clame la propagande municipale. Mais vers o&#249; ? Troisi&#232;me myst&#232;re&#8230; M&#234;me Gaudin s'inqui&#232;te : &lt;i&gt;&#171; Marseille conna&#238;t des p&#233;riodes de grand calme et puis tout s'emballe. Nous ne sommes pas &#224; l'abri de moments difficiles et dangereux. La ville a &#233;t&#233; l'objet d'attaques violentes et brutales, de caricatures. Nous ne sommes pas le Chicago d'Al Capone ni les favelas de Rio que l'on a voulu d&#233;peindre. &#187;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt;, 3 janvier 2012) Avant tout pr&#233;occup&#233; par l'image qu'il veut vendre de sa ville, le maire ne se rend peut-&#234;tre pas compte que la fiction qu'il tente d'imposer contribue grandement &#224; d&#233;t&#233;riorer la situation. Le rapport annuel du Centre communal d'action sociale place Marseille en t&#234;te des grandes villes les plus paup&#233;ris&#233;es, devant Lille et Montpellier. La pr&#233;carit&#233; s'y est &lt;i&gt;&#171; accrue &#187;&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; &#171; g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; complexifi&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, selon les experts. Et le nettoyage par le vide op&#233;r&#233; par les grands projets urbanistiques ne fait qu'aggraver la marginalisation de la majorit&#233; des habitants. La guerre men&#233;e au Marseille populaire porte ses fruits. Fruits pourris de la mis&#232;re, de l'ennui et de la confusion. Jeunes desperados &#224; la g&#226;chette facile ou abrutis lynchant un inconnu pour le plaisir sont le c&#244;t&#233; obscur de la fausse monnaie qu'on tente de nous refourguer &#224; coups de chim&#232;res financi&#232;res et autres sp&#233;culations politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; les client&#233;lismes locaux et la culture de l'arrangement semblent se fissurer (affaire Gu&#233;rini &#224; gauche, scandale des taxis Tupp &#224; droite), ce n'est s&#251;rement pas en bombardant la ville d'images virtuelles et de patrouilles sur&#233;quip&#233;es qu'on fera croire aux jeunes que leur avenir r&#233;side dans le cercle vertueux du travail et de l'esprit d'entreprise&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir aussi &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Mille-zieux-au-beurre-noir'&gt;&#171; Mille &#8220;zieux&#8221; au beurre noir &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Squat, de 7 &#224; 77 ans !</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Maliet</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>porte</dc:subject>
		<dc:subject>d'un immeuble</dc:subject>
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		<dc:subject>Christophe Coello</dc:subject>
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		<dc:subject>gliss&#233;</dc:subject>

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&lt;p&gt;Une descente en rappel dans le puits de lumi&#232;re d'un immeuble, un coup de saton dans une fen&#234;tre, un pied-de-biche gliss&#233; dans une porte, un nouveau verrou, et zou, on est chez nous ! De 2003 &#224; 2011, Christophe Coello, le r&#233;alisateur de Squat (en salles le 2 novembre), a suivi cam&#233;ra au poing la trentaine de &#171; flibustiers barcelonais &#187; du groupe Miles de viviendas (&#171; Des milliers de logements &#187;). Une bande de joyeux drilles qui exige &#171; plus de vie, plus de temps, plus d'espace ! &#187; Lors de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une descente en rappel dans le puits de lumi&#232;re d'un immeuble, un coup de saton dans une fen&#234;tre, un pied-de-biche gliss&#233; dans une porte, un nouveau verrou, et zou, on est chez nous ! De 2003 &#224; 2011, Christophe Coello, le r&#233;alisateur de &lt;a href=&#034;http://squat-lefilm.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Squat&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (en salles le 2 novembre), a suivi cam&#233;ra au poing la trentaine de &lt;i&gt;&#171; flibustiers barcelonais &#187;&lt;/i&gt; du groupe Miles de viviendas (&lt;i&gt;&#171; Des milliers de logements &#187;&lt;/i&gt;). Une bande de joyeux drilles qui exige &lt;i&gt;&#171; plus de vie, plus de temps, plus d'espace ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de l'ouverture d'appartements dans un immeuble promis &#224; la d&#233;molition, l'une des squatteuses rassure sa nouvelle voisine : &lt;i&gt;&#171; On ne peut pas se payer de loyer &#224; Barcelone, mais nous sommes des gens normaux &#187;&lt;/i&gt;. Voil&#224; o&#249; est tout le plaisir de ce film : dans la jonction qui se fait entre squatteurs, dont la vie enti&#232;re est faite de r&#233;sistances &#8211; ouverture de lieux, actions contre une entreprise d'armement (Ha, cet &#233;change savoureux : &lt;i&gt;&#171; Tu veux bien arr&#234;ter de me filmer &#187;&lt;/i&gt;, s'&#233;nerve un petit cadre. &lt;i&gt;&#171; Tu veux bien arr&#234;ter de fabriquer des bombes &lt;/i&gt; &#187;, r&#233;torque un camarade), attaque au marteau g&#233;ant de la Banque d'Espagne, construction d'un mur devant le centre des imp&#244;ts &#8211;, et les habitants subissant eux aussi les foudres des promoteurs et les cons&#233;quences de la gentrification de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Je pensais que les squatteurs &#233;taient comme ceux que l'on voit &#224; la t&#233;l&#233;vision. Mais maintenant que vous &#234;tes l&#224;, je me sens entour&#233;e, je me sens bien &#187;&lt;/i&gt;, dit l'une des voisines. Faisant fi de toute chapelle d'ivoire, ces erroristes s'allient aux vieilles dames du quartier de la Barceloneta, et d&#233;ambulent avec ces mamies, dont l'une en fauteuil roulant, pour coller des affiches sur les murs de leurs rues. Une association improbable ? Peut-&#234;tre. Mais qu'on aimerait voir plus souvent, et dans toutes les luttes !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le QHS de Fleury prend un coup de jeune</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-QHS-de-Fleury-prend-un-coup-de</link>
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		<dc:date>2004-10-18T11:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jann-Marc Rouillan</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique carc&#233;rale</dc:subject>
		<dc:subject>jour</dc:subject>
		<dc:subject>porte</dc:subject>
		<dc:subject>portes</dc:subject>
		<dc:subject>verrous</dc:subject>
		<dc:subject>brigadier dit</dc:subject>
		<dc:subject>Mesrine</dc:subject>
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		<dc:subject>Fleury M&#233;rogis</dc:subject>
		<dc:subject>tourne</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le QHS nouveau est arriv&#233;. La nostalgie des ann&#233;es 70 n'ayant pas &#233;pargn&#233; l'administration p&#233;nitentiaire, celle-ci vient de rouvrir le Quartier de Haute S&#233;curit&#233; de Fleury-M&#233;rogis, ferm&#233; depuis 1981. Notre collaborateur Jann-Marc Rouillan y a s&#233;journ&#233; une partie de l'&#233;t&#233;. Apr&#232;s les tortures subies &#224; Moulins (voir CQFD n&#176;14), et avant un &#233;ni&#232;me transfert vers d'autres cieux carc&#233;raux, c'&#233;tait l'occasion de visiter les murs rendus c&#233;l&#232;bres par Mesrine. A la fouille, lorsque le brigadier dit (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no15-septembre-2004" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;15 (septembre 2004)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le QHS nouveau est arriv&#233;. La nostalgie des ann&#233;es 70 n'ayant pas &#233;pargn&#233; l'administration p&#233;nitentiaire, celle-ci vient de rouvrir le Quartier de Haute S&#233;curit&#233; de Fleury-M&#233;rogis, ferm&#233; depuis 1981. Notre collaborateur Jann-Marc Rouillan y a s&#233;journ&#233; une partie de l'&#233;t&#233;. Apr&#232;s les tortures subies &#224; Moulins (voir &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Les-matons-de-Moulins-ont-les'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;14&lt;/a&gt;), et avant un &#233;ni&#232;me transfert vers d'autres cieux carc&#233;raux, c'&#233;tait l'occasion de visiter les murs rendus c&#233;l&#232;bres par Mesrine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A la fouille, lorsque le brigadier dit en me montrant du doigt : &lt;i&gt;&#171; Lui, il part au D5 &#187;&lt;/i&gt;, je ne suis pas surpris. Je connais le b&#226;timent depuis longtemps, comme sa mauvaise r&#233;putation persistante. Isolement disciplinaire, bien s&#251;r ! Apr&#232;s le balluchonnage du matin par les encagoul&#233;s, je ne m'attends pas &#224; mieux. Par contre, je m'&#233;tonne lorsque les deux matons se pr&#233;cipitent imm&#233;diatement sur moi pour me menotter. Visiblement, pour eux, pas de doute, cette affectation prouve ma nature dangereuse de b&#234;te sauvage. Le comit&#233; de r&#233;ception patiente sous le porche d'entr&#233;e. Sept ou huit matons&#8230; Tous les mouvements du b&#226;timent sont bloqu&#233;s et les couloirs vid&#233;s. Un surveillant contr&#244;le la grille de chaque palier. Au 4e, nous enquillons l'aile sombre de droite. Je ne laisse rien para&#238;tre, mais au fond de moi, je pense : les enfoir&#233;s, ils ont rouvert le QHS ! Ils me forcent &#224; marcher au milieu du couloir, solidement encadr&#233;, jusqu'&#224; la cellule. J'y entre. Le bricard claque violemment la porte derri&#232;re moi et tire tout aussi bruyamment les deux verrous, vlan ! vlan ! &#192; l'&#233;poque de S&#233;curit&#233; et Libert&#233;&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Adopt&#233;e en f&#233;vrier 1981 &#224; l'initiative du garde des Sceaux de l'&#233;poque, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, j'avais tra&#238;n&#233; quelque temps mes solitudes dans les QHS et autres QSR. Mais je n'avais jamais visit&#233; celui de Fleury, ferm&#233; depuis juin 1981. Trop compliqu&#233; &#224; adapter aux normes &#171; QI &#187; (quartier d'isolement), selon les experts.&lt;i&gt; &#171; Il est &#224; nouveau en service depuis trois mois &#187;&lt;/i&gt;, m'explique avec ravissement le grad&#233; qui me conduit devant le directeur. Dans la salle d'audience, le bureaucrate &#226;nonne la lettre de cachet : &lt;i&gt;&#171; Suspicion de tentative d'&#233;vasion&#8230; enqu&#234;te de la gendarmerie&#8230; h&#233;licopt&#232;re&#8230; commando arm&#233;&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Il ne joue m&#234;me pas la com&#233;die d'y croire. Il s'excuse du style&#8230; La prose aurait &#233;t&#233; dict&#233;e au t&#233;l&#233;phone par un responsable du minist&#232;re. Je refuse de la signer. On me reconduit. Derri&#232;re moi, la porte claque, puis les deux verrous : vlan ! vlan ! Les trois coups r&#233;sonnent dans ma chair et s'adressent &#224; mon moi le plus intime, &#224; un pass&#233; que je pensais r&#233;volu. Le m&#233;tal et le b&#233;ton claironnent leur titre de propri&#233;t&#233; : je ne suis rien, je leur appartiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Fleury M&#233;rogis, un jour de septembre 76, o&#249; j'existais si peu que je n'&#233;tais m&#234;me pas personne&#8230; Mesrine ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les citations sont tir&#233;es d'un texte de Jacques Mesrine, mis en musique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; La gamelle&#8230; &lt;i&gt;&#171; Pas faim ! &#187;&lt;/i&gt; La porte claque, puis les deux verrous. &lt;i&gt;&#171; Inhumain r&#233;tr&#233;ci sans aucun lendemain&#8230; &#187;&lt;/i&gt; L'infirmier&#8230; &lt;i&gt;&#171; Pas de dope ! &#187;&lt;/i&gt; La porte claque, puis les deux verrous, vlan ! vlan ! Et, en &#233;cho, les portes de mes cong&#233;n&#232;res. &#192; la nuit tomb&#233;e, je repense &#224; ce jour gris de 1976, lorsque Mesrine quitte le quartier bas de la Sant&#233;. La fen&#234;tre de sa cellule donnait sur la cour de la 1re division o&#249;, prisonniers politiques, nous nous baladions tous les apr&#232;s-midi. Dans le noir, je me dis que la sale &#233;poque p&#233;nitentiaire est de retour. Et, comme lui, il y a trente ans, je marche, je marche&#8230; Six pas jusqu'&#224; la fen&#234;tre, six pas jusqu'&#224; la porte. &lt;i&gt;&#171; Il tourne en des milliers de pas qui ne m&#232;nent nulle part, dans un monde de b&#233;ton aux arbres de barreaux fleuris, fleuris de d&#233;sespoir. Mesrine ! &#187;&lt;/i&gt; Au matin, le quartier se r&#233;veille avec les premiers claquements de portes. Il s'&#233;broue des verrous. Nous sommes &#224; peine une dizaine de r&#233;sidents pour quarante cellules. Tous du m&#234;me c&#244;t&#233;, en face du mirador, ainsi les gardiens ont une vue plongeante sur le moindre recoin de cellule. Quand tu t'allonges sur ton lit, il doit te voir. Quand tu t'assois sur les chiottes, il doit te voir. Quand tu marches, il doit te voir. C'est la comptine du panoptique ! D'autant plus qu'&#224; la porte il n'y a pas un &#339;illeton mais deux. &#192; aucun moment tu ne peux oublier qu'ils te surveillent. Nuit et jour, car ici les &#233;quipes de matons sont &#224; demeure. Sur les portes, j'ai lu les noms de deux coll&#232;gues crois&#233;s l'un &#224; Arles et l'autre &#224; Moulins. Le premier est &#224; l'isolement depuis une tentative d'&#233;vasion collective un soir de d&#233;cembre. &#199;'avait pas mal bataill&#233;. Enzo, un d&#233;tenu italien, et un gars venu de l'ext&#233;rieur avaient tr&#233;pass&#233;. Quant au second, il sortait &#233;galement d'une &#233;vasion sanglante dans le ciel des Baumettes.&lt;i&gt; &#171; Il tourne. Il tournera toujours&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Par-dessus le mur des promenades, un gars, lui aussi ancien &#233;vad&#233; en h&#233;lico, m'affranchit. Au QHS, nous sommes &#224; peu pr&#232;s tous log&#233;s &#224; la m&#234;me enseigne, &#233;vasion ou suspicion d'&#233;vasion avec armes. Au moins trois d'entre eux ont sacrifi&#233; leur libert&#233; pour arracher un ami ou un fr&#232;re. Aucun touriste volontaire, donc, ni de &lt;i&gt;&#171; fatigu&#233; &#187;&lt;/i&gt; chass&#233; de la d&#233;tention, nous sommes entre nous, cumulant des d&#233;cennies de gal&#232;re p&#233;nitentiaire. &lt;i&gt;&#171; Il tourne en des milliers de pas qui ne m&#232;nent nulle part, dans un monde de b&#233;ton aux arbres de barreaux fleuris, fleuris de d&#233;sespoir. Mesrine ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Palp&#233; en entrant et en sortant de cellule&#8230; Pass&#233; au d&#233;tecteur de m&#233;tal &#224; l'improviste&#8230; Fouill&#233; &#224; corps &#224; l'aller et au retour des parloirs et lors de chaque d&#233;placement&#8230; Menott&#233; d&#232;s qu'on quitte le QHS pour l'infirmerie ou un autre service. Fragilis&#233; par les perp&#233;tuels changements d'horaires. Et toujours, en face de nous, cinq ou six uniformes, quand ce n'est pas pire. Au QI du D1, les encagoul&#233;s ont fracass&#233; Manu apr&#232;s lui avoir li&#233; les pieds et les poings. La main mise sur le prisonnier est totale. On est renvoy&#233; &#224; l'&#233;tat de chose, d&#233;shumanis&#233; jusqu'&#224; ne se sentir plus personne. &lt;i&gt;&#171; Fleury M&#233;rogis, un jour de septembre 76, o&#249; j'existais si peu que je n'&#233;tais m&#234;me pas personne&#8230; Mesrine ! &#187;&lt;/i&gt; On tourne en rond dans des promenades carrel&#233;es ressemblant &#224; des piscines vid&#233;es et couvertes de plusieurs couches de grilles, de grillages et de barbel&#233;s. On hurle pour que nos voix sautent les murs. Face &#224; la r&#233;ouverture du QHS, le constat est ais&#233;. On ne peut en rester &#224; la demande d'&#233;galiser les formes de torture avec les autres QI de France et de Navarre. Nous formulons des revendications correspondant au saut de la r&#233;pression carc&#233;rale. Jour apr&#232;s jour, nous &#233;grenons les points principaux : dissolution des brigades d'encagoul&#233;s, fermeture des QHS et des QI, rapprochement familial, interdiction des parloirs par hygiaphone&#8230; &#192; la premi&#232;re lutte, celui d'entre nous qui en aura l'occase les sortira clandestinement pour les diffuser largement, avec l'espoir de remuer les autres d&#233;tentions. On &#233;change les consignes. La semaine du 14 juillet, nous serons en gr&#232;ve !&lt;i&gt; &#171; Il tourne, il tournera toujours&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Les jours passent. Les nuits passent. Je marche de la fen&#234;tre &#224; la porte. Mon voisin fait de m&#234;me, cent pas nu-pieds, j'entends ses talons r&#233;sonner sur le carrelage. Solitude des sentinelles dont l'esp&#233;rance meurt &#224; petit feu. &#192; peine un reflet dans la vitre. Presque rien&#8230; &lt;i&gt;&#171; Il est seul. SEUL&#8230; Vivant mort-n&#233;&#8230; Il tombera &#224; terre pour se laisser crever&#8230; Mesrine ! &#187;&lt;/i&gt; Il y a bien longtemps, un soir d'hiver de 79. Sur le pont de la rue Ordener, notre v&#233;hicule &#233;tait bloqu&#233; par la circulation. Un gars s'est approch&#233; de ma vitre et m'a lanc&#233; un grand salut de la main. J'ai souri. Il a renouvel&#233; son geste en continuant sur le trottoir. Je ne savais pas que c'&#233;tait &#224; cette heure un adieu. Nathalie au volant m'a demand&#233; :
&lt;i&gt;&#171; C'est qui ce mec ?
Mesrine ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Adopt&#233;e en f&#233;vrier 1981 &#224; l'initiative du garde des Sceaux de l'&#233;poque, Alain Peyrefitte, la loi &#171; S&#233;curit&#233; et Libert&#233; &#187; visait - d&#233;j&#224; - &#224; durcir le sort des d&#233;tenus : circonstances att&#233;nuantes revues &#224; la baisse, cr&#233;ation de peines dites &#171; de s&#251;ret&#233; &#187;, restriction des permissions de sortie et des r&#233;ductions de peine&#8230; Sarkozy et Perben n'ont rien invent&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les citations sont tir&#233;es d'un texte de Jacques Mesrine, mis en musique apr&#232;s sa mort par le groupe Trust.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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