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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Paris dans sa bulle</title>
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		<dc:creator>Margo Chou</dc:creator>


		<dc:subject>Benoit Guillaume</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;C'&#233;tait en novembre 2016, porte de La Chapelle : la municipalit&#233; parisienne ouvrait un Centre d'accueil pour migrants de 400 lits. Las, cette vaste structure gonflable jaune et blanche est bien trop petite. Et les migrants n'ont d'autre choix que d'attendre encore et encore une &#233;ventuelle place. Partout, des hommes qui dorment au sol. Depuis que les tentes Quechua ont &#233;t&#233; interdites, il n'y a plus d'intimit&#233; possible. Les gestes du quotidien sont expos&#233;s &#224; tous, au soleil. Sur deux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait en novembre 2016, porte de La Chapelle : la municipalit&#233; parisienne ouvrait un Centre d'accueil pour migrants de 400 lits. Las, cette vaste structure gonflable jaune et blanche est bien trop petite. Et les migrants n'ont d'autre choix que d'attendre encore et encore une &#233;ventuelle place.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3101 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH613/-1332-15b3d.jpg?1768655986' width='400' height='613' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Beno&#238;t Guillaume
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;artout, des hommes qui dorment au sol. Depuis que les tentes Quechua ont &#233;t&#233; interdites, il n'y a plus d'intimit&#233; possible. Les gestes du quotidien sont expos&#233;s &#224; tous, au soleil. Sur deux kilom&#232;tres carr&#233;s, tout autour de la porte de La Chapelle, des corps humains sont &#233;grain&#233;s &#224; m&#234;me le sol, l&#224; o&#249; l'ombre subsiste.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'attente p&#232;se&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; chacun son histoire. Ahmed et Humaira sont assis au pied des premi&#232;res barri&#232;res m&#233;talliques, adoss&#233;s &#224; leurs deux valises neuves bomb&#233;es. Ils ont quitt&#233; le Kurdistan iranien il y a cinq mois. La famille kurde de la demoiselle voulait tuer l'amoureux afghan. Ils sont l&#224; depuis sept jours et dorment sur des cartons, emmitoufl&#233;s l'un contre l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, Mohammed a dormi deux mois dehors, puis cinq jours dans le centre. Mais depuis une semaine, il est h&#233;berg&#233; dans une auberge de Jeunesse &#224; Villiers-le-Bel. Il esp&#232;re ne pas &#234;tre dublin&#233;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'expression renvoie &#224; l'accord de Dublin, accord europ&#233;en qui pr&#233;voit que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, comme la plupart de ceux qui ont entam&#233; une proc&#233;dure dans un autre pays avant d'arriver en France. Pris en &#233;tau entre son Pakistan natal et sa famille &#8211; son cousin dans le collimateur du gouvernement essayait de l'embrigader dans des &#171; actes terroristes &#187; &#8211;, il a d&#251; se r&#233;soudre &#224; partir. Lui voulait seulement continuer ses &#233;tudes de m&#233;decine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis voil&#224; Sa&#239;d, arriv&#233; porte de La Chapelle il y a dix jours. Il dort avec d'autres hommes sous le pont, &#224; c&#244;t&#233; de l'arr&#234;t de tramway. C'est la police qui le r&#233;veille le matin : il est install&#233; sur la piste cyclable et d&#233;range ceux qui vont bosser en v&#233;lo. Si bien qu'il se l&#232;ve et fait comme les autres. Se rapproche de l'entr&#233;e &#8211; ce n'est pas mieux. Puis part en qu&#234;te d'un endroit o&#249; se laver. L'attente lui p&#232;se et tout le questionne. Il ne se sent pas d'attendre ici, sans rien faire. Il a besoin de bouger. Il veut aller &#224; Amiens, pensant que ce sera moins difficile d'y trouver un h&#233;bergement. Il s'est rencard&#233; avec un gars pour s'y rendre demain. Il a 24 ans et &#233;tudiait l'&#233;lectronique en Guin&#233;e, mais a &#233;t&#233; oblig&#233; de fuir, pour raisons politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non loin, Bouba attend aussi. Il a les yeux tout rouges. Et r&#233;p&#232;te, sur un ton d&#233;sesp&#233;r&#233; : &#171; &lt;i&gt;C'est le seul pays europ&#233;en o&#249; on dort dehors.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;V&#233;ritable loterie&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques mois, la parisienne porte de La Chapelle est devenue un carrefour o&#249; s'entrecroisent les contradictions de la politique municipale. Elle s'est affirm&#233;e point de rendez-vous en novembre 2016, quand la maire Anne Hidalgo a fait b&#226;tir en urgence un centre d'h&#233;bergement. Soit une &#233;trange masse gonfl&#233;e g&#233;ante, dessinant une coquille d'escargot blanche et jaune, gard&#233;e en permanence et g&#233;r&#233;e par Emma&#252;s Solidarit&#233;. Sa construction faisait suite au d&#233;mant&#232;lement de la &#171; jungle &#187; de Calais et &#224; l'installation de nombreux squats dans la capitale. Le lieu est d&#233;limit&#233; par une grille et une rang&#233;e de plots en b&#233;ton, marquant aussi les limites d'un &#233;norme chantier qui fait face au centre d'h&#233;bergement. Ici sera bient&#244;t construit un h&#244;tel de luxe. &#171; Un nouveau quartier urbain et logistique pour un 18&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; plus durable &#187;, vante un panneau, renommant le quartier &#171; La Chapelle internationale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les rails de la petite ceinture, en contrebas, un bidonville rom s'&#233;tend sur une bande de cinq m&#232;tres de large et des centaines en longueur. Pour y rentrer, un unique passage : un trou dans le grillage, sous un pont de l'autoroute. Les Roms sont les seuls &#224; l'emprunter : ils ont fait savoir qu'ils ne voulaient pas accueillir de migrants dans le bidonville. Porte close, la mis&#232;re ne se partage pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la route non loin, des bagnoles en continu, qui vont et viennent, klaxonnent, partent pour le nord et le terminus de la ligne 3 du tramway. Aux alentours, &#233;parpill&#233;s sur toute cette zone, des hommes allong&#233;s, assis, couch&#233;s, debout, plant&#233;s sur toutes les langues de terre possibles. Ils attendent de pouvoir entrer dans la structure d'h&#233;bergement. Mais il n'y a que quatre cents places. Chaque matin d&#233;marre donc une v&#233;ritable loterie, avec son lot de bousculades, attente, esp&#233;rances et violences polici&#232;res. Mohammed, par un coup de pot et gr&#226;ce &#224; une rencontre, a r&#233;ussi &#224; rentrer. Mais pas Sa&#239;d, qui n'y croit plus.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Moments de tension&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'endroit ouvre &#224; huit heures pile. Il y a des rang&#233;es de barri&#232;res m&#233;talliques et des flics en permanence. Mais c'est bien avant, vers quatre heures du matin, qu'arrivent les premiers migrants, d&#233;termin&#233;s &#224; acc&#233;der au mirage de l'&#201;tat. Rentrer permet de rester cinq &#224; dix nuits &#224; l'int&#233;rieur, avant d'&#234;tre pris en charge ailleurs. Ces moments d'attente sont donc charg&#233;s de tension et de fatigue. Au moindre remous, les flics gazent &#8211; cela arrive quasiment tous les jours. En pr&#233;vention, chacun a du s&#233;rum physiologique dans la poche, pour se nettoyer les yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce matin, le centre n'a pas ouvert. Certains sont d&#233;j&#224; au courant. Eux savent que si aucune annonce n'a &#233;t&#233; faite &#224; 8h15, cela signifie que le centre restera clos. Depuis quelques jours, Emma&#252;s ne fait plus rentrer que par maraude. Des salari&#233;s de l'association partent r&#233;cup&#233;rer des migrants qui dorment dans Paris, en dehors du p&#233;rim&#232;tre de La Chapelle. Les deux cents qui attendent ce matin en sont pour leurs frais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; qu'un homme pr&#233;vient que personne ne pourra passer. Du silence, on passe aux cris sourds. Puis, rapidement, la masse d'hommes se d&#233;lite. Trois jeunes Afghans s'en vont au parc avec leur poign&#233;e d'affaires. Certains commencent &#224; balayer le sol &#224; l'endroit o&#249; ils dorment, d'autres retournent s'allonger &#224; l'ombre du pont, se coupent les cheveux, discutent. Petit &#224; petit, le quotidien se met en place, dans des gestes infimes et une attente poignante.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Distribution de nourriture&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'int&#233;rieur comme &#224; l'ext&#233;rieur, l'association Utopia 56 est l'unique interm&#233;diaire entre l'&#201;tat et les &#171; migrants &#187;. En d&#233;saccord avec les violences du matin, certains des b&#233;n&#233;voles ont d&#233;cid&#233; de ne plus participer &#224; la gestion des files. Leurs missions : informer &#224; l'ext&#233;rieur, accompagner &#224; l'h&#244;pital, distribuer des couvertures et des produits d'hygi&#232;ne, r&#233;pondre aux questions juridiques, donner des adresses, enseigner le fran&#231;ais, nettoyer la zone laiss&#233;e &#224; l'abandon par la municipalit&#233; apr&#232;s une intox des m&#233;dias sur une &#233;pid&#233;mie de gale. &#171; &lt;i&gt;Chaque matin, nous gardions entre deux et cinq places pour des personnes tr&#232;s vuln&#233;rables : d&#233;pression, scoliose, coup de couteau, br&#251;lure, membre cass&#233;,&lt;/i&gt; explique Julie&lt;i&gt;, un cahier &#224; la main. Nous notions leurs noms, num&#233;ros de t&#233;l&#233;phone, types de probl&#232;mes, avant de revenir vers eux au plus vite. Mais depuis plusieurs jours, ce n'est plus possible : Emma&#252;s ne nous laisse plus aucune place &#224; distribuer. Je me sens inutile.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des associations de quartiers viennent &#233;galement donner de quoi manger et se r&#233;chauffer &#8211; c'est le cas du collectif Solidarit&#233; migrants Wilson, dont les distributions de nourriture ont un temps &#233;t&#233; interdites. Et puis, il y a aussi des habitants qui apportent leur aide spontan&#233;ment. Pendant toute la dur&#233;e du ramadan, Nora et quatre autres femmes du Pr&#233;-Saint-Gervais sont ainsi venues &#224; la tomb&#233;e de la nuit, avec leurs enfants, pour donner &#224; manger.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;*&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Des hommes avaient repris le droit de vivre dans des interstices urbains. Sans demander la permission. Mais voil&#224; qu'ils en ont &#233;t&#233; emp&#234;ch&#233;s. On leur a construit une bulle, mais ils ne peuvent pas tous y entrer. Ils n'ont d&#233;sormais d'autre choix que d'attendre pr&#232;s de cette bulle, doublement rejet&#233;s par un nid faussement attrayant. &#192; la porte de la porte, l'espace agenc&#233; ne permet pas de recr&#233;er des lieux de vie, seulement les sas d'attente ali&#233;nants. De menues entraides &#233;ph&#233;m&#232;res se glissent entre les corps, qui deviennent paysage sur un bitume fixe.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Margo Chou&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'expression renvoie &#224; l'accord de Dublin, accord europ&#233;en qui pr&#233;voit que les demandeurs d'asile doivent finaliser toutes leurs d&#233;marches dans le premier pays europ&#233;en o&#249; leur passage a &#233;t&#233; enregistr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>SNU comme un ver</title>
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		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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&lt;p&gt;Ce matin, c'&#233;tait grosse excitation au local, limite on en bafouillait. Pensez-donc : &#231;a faisait bien un mois qu'on les avait command&#233;s, ces uniformes. Alors quand le livreur Uber-Kaki a d&#233;pos&#233; le carton contenant lesdites merveilles, on s'est jet&#233;s dessus en piaillant comme des opossums. Deux minutes plus tard, on &#233;tait parfaitement attif&#233;s, tricolores et swag : jupes longues pour les meufs, petits shorts virils pour les mecs. Et polos pour tous, des merveilles, avec ce petit liser&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no178-juillet-aout-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;178 (juillet-ao&#251;t 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bafouillait" rel="tag"&gt;bafouillait&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;e matin, c'&#233;tait grosse excitation au local, limite on en bafouillait. Pensez-donc : &#231;a faisait bien un mois qu'on les avait command&#233;s, ces uniformes. Alors quand le livreur Uber-Kaki a d&#233;pos&#233; le carton contenant lesdites merveilles, on s'est jet&#233;s dessus en piaillant comme des opossums.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux minutes plus tard&lt;/strong&gt;, on &#233;tait parfaitement attif&#233;s, tricolores et &lt;i&gt;swag&lt;/i&gt; : jupes longues pour les meufs, petits shorts virils pour les mecs. Et polos pour tous, des merveilles, avec ce petit liser&#233; bleu-blanc-rouge tellement poignant. Notre secr&#233;taire de r&#233;daction Clair ressemblait &#224; Christian Clavier, la classe, et nous on &#233;tait tellement fiers qu'on a &lt;i&gt;illico&lt;/i&gt; entonn&#233; une petite &lt;i&gt;Marseillaise&lt;/i&gt; des familles, la gorge serr&#233;e par l'&#233;motion. De quoi parfaitement commencer cette derni&#232;re journ&#233;e de bouclage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#199;a peut para&#238;tre bizarre&lt;/strong&gt;, vu de loin. Apr&#232;s tout,&lt;i&gt; CQFD&lt;/i&gt; a d&#232;s le d&#233;part affich&#233; une composante anti-militariste assez virulente. Voire : &#233;pidermique. Mais, pour &#234;tre franc, &#231;a fait un petit moment qu'on se pose des questions : est-ce qu'on n'y perd pas en efficacit&#233; ? Pourquoi ne pas miser sur la discipline ? Iffik, notre sp&#233;cialiste &#232;s paras, a pav&#233; la voie, nous vantant les m&#233;rites du patriotisme breton. Et quand on a vu les si touchantes vid&#233;os de cette jeunesse volontaire pour le Service national universel (SNU), on a d&#233;cid&#233; de franchir le pas. D'o&#249; ces super-uniformes trop styl&#233;s, &#224; faire mouiller Morano et craquer le slip de Ciotti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bref, on y croyait&lt;/strong&gt;. Ce jour allait &#234;tre le premier d'une longue s&#233;rie, marqu&#233;e par la productivit&#233;, la disruption, le patriotisme. Et le canard s'en ressentirait, on allait voir ce que &#231;a allait voir, &lt;i&gt;rigueur rigueur rigueur&lt;/i&gt;. Ainsi v&#234;tus, surmotiv&#233;s, on s'est pr&#233;cipit&#233;s sur nos t&#226;ches, qui &#233;crivant des articles, qui corrigeant, qui mettant en page. &#171; &lt;i&gt;Voil&#224; une r&#233;daction qui se tient sage&lt;/i&gt; &#187;, s'est enthousiasm&#233; l'ami Fran&#231;ois quand il est pass&#233; au local, admiratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En clair&lt;/strong&gt; : tout roulait. Puis c'est parti en cacahu&#232;te. Il a suffi d'une phrase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Dites&lt;/strong&gt;, j'irais pas acheter une petite bouteille de ros&#233; ?&lt;/i&gt; &#187;, a chevrot&#233; Sam, toute pimpante dans son uniforme bleu marine. On s'est regard&#233;s, h&#233;sitants. Quand Margaux a dit &#171; &lt;i&gt;pourquoi pas ? Mais juste une lichette, hein&lt;/i&gt; &#187;, on a opin&#233;.
Juste une lichette. Erreur, terrible erreur...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trois heures plus tard&lt;/strong&gt;, au moment de r&#233;diger ces quelques lignes, tout est parti en vrille. Les cadavres de bouteilles s'entassent devant la porte et on va m&#234;me pas les trier, &lt;i&gt;ballec&lt;/i&gt;. D&#233;vast&#233;, le local d&#233;gage une odeur de buffle en putr&#233;faction. Nos beaux uniformes sont d&#233;chir&#233;s et tach&#233;s de vin, de vomi et de fluides suspects. Un &#339;uf de flamand rose pourrit dans un verre (???). Tiphaine vient de parler avec insistance de &#171; &lt;i&gt;l&#233;cher la chatte de la reine des neiges pour contrer la canicule&lt;/i&gt; &#187; et on a ri comme des d&#233;biles. Et ainsi de suite. Rude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour nous&lt;/strong&gt;, d&#233;finitivement, c'est r&#226;p&#233;. Et c'est pourquoi, jeunes appel&#233;s du SNU, on vous conjure de ne pas faire les m&#234;mes erreurs que nous. Doigt sur la couture, discipline chevill&#233;e au cerveau, donnez le meilleur pour la patrie, nom d'un P&#233;tain &lt;i&gt;(et quand personne regarde, faites tout sauter, bordel)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Patrons-voyous dans la Silicon Valley proven&#231;ale</title>
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		<dc:date>2014-02-20T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


		<dc:subject>Charmag</dc:subject>
		<dc:subject>Groupe</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;cembre</dc:subject>
		<dc:subject>matin</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;A Rousset, non loin d'Aix-en-Provence, la sarabande infernale des fermetures d'usine a entra&#238;n&#233; la soci&#233;t&#233; LFoundry dans sa danse macabre. Pour le plus grand bonheur d'actionnaires toujours prompts &#224; se pourl&#233;cher les babines d&#232;s qu'ils entendent le mot &#171; restructuration &#187;. Mercredi 18 d&#233;cembre 2013, sous un ciel bleu, se dessine la montagne Sainte-Victoire, qui plie plut&#244;t la t&#234;te ce matin. Les six cent salari&#233;s bloquent les ronds-points de la ville depuis cinq heures du matin, non pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A Rousset, non loin d'Aix-en-Provence, la sarabande infernale des fermetures d'usine a entra&#238;n&#233; la soci&#233;t&#233; LFoundry dans sa danse macabre. Pour le plus grand bonheur d'actionnaires toujours prompts &#224; se pourl&#233;cher les babines d&#232;s qu'ils entendent le mot &#171; restructuration &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mercredi 18 d&#233;cembre 2013, sous un ciel bleu, se dessine la montagne Sainte-Victoire, qui plie plut&#244;t la t&#234;te ce matin. Les six cent salari&#233;s bloquent les ronds-points de la ville depuis cinq heures du matin, non pas avec l'espoir au c&#339;ur mais comme un baroud d'honneur apr&#232;s des mois de luttes contre la liquidation de leur soci&#233;t&#233; LFoundry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La veille, deux syndiqu&#233;es de Sud avaient encaiss&#233; ce qu'elles craignaient : la liquidation judiciaire de leur entreprise. Les larmes aux yeux, elles &#233;taient prises entre le soulagement, apr&#232;s une longue attente angoissante et l'incertitude de l'avenir, le ch&#244;mage qui d&#233;marrait. La fin, aussi, d'une camaraderie dans les ateliers et parmi les &#233;quipes de nuit. Au petit matin elles ont &#224; peine dormi, &#171; &lt;i&gt;une heure&lt;/i&gt; &#187;, confie Marie-Pierre, qui travaille dans cette bo&#238;te depuis 13 ans, la plupart du temps de nuit, en poste de 12 heures de rang en nocturne pendant trois jours, suivis de deux jours de repos. Tout &#231;a pour s'adapter &#224; la machine. Pendant ce temps-l&#224;, les hommes et les femmes, eux, se plient pour r&#233;sister aux contraintes de l'usine. &#171; &lt;i&gt;Une usine chimique, c'est &#231;a en quelque sorte , les semi-conducteurs&lt;/i&gt; &#187;, explique Alain Botel, technicien &lt;i&gt;process&lt;/i&gt; qui est l&#224; depuis la cr&#233;ation de l'usine. &#171; &lt;i&gt;On manipule des produits chimiques capables de dissoudre des os&lt;/i&gt; &#187;, rappelle Carmela, chimiste en poste la journ&#233;e. Tous ces risques pour la sant&#233; permettent de produire des puces, un monde de nanoparticules destin&#233;es &#224; vos portables, tablettes, tout votre attirail &#171; &#233;cologique &#187; et moderne.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_927 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH537/p05-foundry-cqfd118-f4c8e.jpg?1768650138' width='400' height='537' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Charmag.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On utilise de l'arsenic, du bore, du phosphore pour graver des plaques de silicium.&lt;/i&gt; &#187; Des r&#233;ticules en fabrication, 37 niveaux de marquage, des masques, de la programmation, de l'aluminium, voil&#224; l'univers pour lequel se battent ces ouvriers. Certes, d&#233;sormais ils viennent en voiture, ont un cr&#233;dit, des payes sup&#233;rieures &#224; ceux des bagnes industriels des &#171; pays &#233;mergents &#187;. Certes, ils peuvent aussi croire un instant que c'est moins sale que le charbon qu'on travaillait &#224; Gardanne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette affaire qui meurt aujourd'hui s'appelait encore ES2 en 1987, lorsqu'elle fut reprise par le groupe am&#233;ricain Atmel. Mais, en 2010, le groupe allemand LFoundry fit main basse sur ce fleuron technologique pour la modique somme d'un euro symbolique. Tous les ouvriers avec qui l'on peut discuter autour des palettes incendi&#233;es en sont persuad&#233;s : LFoundry a agi comme un pr&#233;dateur de technologie. Il a achet&#233; ce site pour le vider de son poids rempla&#231;able : la main-d'&#339;uvre. Et cela en deux temps : d'abord pillage du &lt;i&gt;cash flow&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire, pour les non anglophones, qu'il a pris la caisse, puis transfert de la technologie vers l'Italie. Carmela confirme : &#171; &lt;i&gt;J'ai arr&#234;t&#233; un Allemand qui piratait nos donn&#233;es dans l'usine.&lt;/i&gt; &#187; Pour ne pas sombrer, elle s'est raccroch&#233;e aux branches de son sapin de No&#235;l enguirland&#233;. A la joie de ses gosses surtout. &#171; &lt;i&gt;De toute fa&#231;on cela, ils ne l'auront pas.&lt;/i&gt; &#187; Seulement, il y a eu vol : une fois de plus, le savoir accumul&#233; depuis trente ans sur ce site a pu &#234;tre arrach&#233; par le seul pouvoir de l'actionnariat. Ce qui a &#233;t&#233; construit par un collectif a &#233;t&#233; vol&#233; par un groupe. Car ce sont bien les chimistes, le service Recherche et d&#233;veloppement, qui ont depuis des ann&#233;es &#233;labor&#233; et trouv&#233; des solutions techniques. Ce sont bien des op&#233;rateurs de base qui ont exp&#233;riment&#233; des techniques. Tous ces gestes leur sont vol&#233;s aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lundi 23 d&#233;cembre, le P&#232;re No&#235;l a fait venir chez Montebourg les gars de la CFDT, qui sont majoritaires dans la bo&#238;te, pour les faire tenir un peu. Comme d'habitude, les autorit&#233;s sont l&#224; pour &#233;teindre le feu. Apr&#232;s qu'on a d&#233;bours&#233; 400 millions d'euros pour cr&#233;er de l'emploi, qui lui-m&#234;me produit de la taxe professionnelle, on se demande qui paye pour qui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne tergiversons pas trop : aujourd'hui le citoyen paye pour faire employer l'ouvrier. Pendant ce temps, des cravat&#233;s, tels Sergio Galbiati, Gilbert Hughes, Richard Mortorelli, les boss du groupe, passent d'Hitachi &#224; Texas instrument, d'Atmel &#224; LFoundry, en pratiquant du &lt;i&gt;lean management&lt;/i&gt;, du &lt;i&gt;cost reduction&lt;/i&gt;, du &#171; footing of my gueule &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un art pratiqu&#233; avec brio par le d&#233;put&#233; de l'Amazon-et-Loire, Arnaud Montebourg et son suppos&#233; sursis, ainsi que par le maire PS de Rousset, Jean-Louis Canal, et sa &#171; gr&#232;ve de la faim &#187; annonc&#233;e. Le 30 d&#233;cembre, les salari&#233;s se sont rendus &#224; l'ambassade allemande, o&#249; le consul n'a pas daign&#233; les recevoir, et ils ont ressenti ce que chaque Grec vit depuis des ann&#233;es : le m&#233;pris d'un capitalisme mondialis&#233; avec un soup&#231;on de pangermanisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les salari&#233;s sont lourd&#233;s, ils pourront toujours s'employer dans le nouveau Parc Spirou de Monteux (Vaucluse), qui va &#234;tre financ&#233; lui aussi avec de l'argent public. Cela tombe bien, car son promoteur a d&#233;clar&#233; sans vergogne : &#171; &lt;i&gt;Nous n'avons pas d'argent, mais je suis confiant.&lt;/i&gt; &#187; Mutualisation des &#171; pertes &#187; et privatisation des profits, tant que la recette permet &#224; certains de se gaver sur le dos de la collectivit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>2012, ann&#233;e de la loose</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/2012-annee-de-la-loose</link>
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		<dc:date>2012-02-22T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
		<dc:subject>atelier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Allez</dc:subject>
		<dc:subject>dit</dc:subject>
		<dc:subject>matin</dc:subject>
		<dc:subject>ateliers</dc:subject>
		<dc:subject>Direction</dc:subject>
		<dc:subject>travaux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un matin de plus &#224; l'usine. Un matin de plus dans cette ambiance mortif&#232;re. Quelques ateliers fument &#224; peine. C'est d&#233;sagr&#233;able de continuer &#224; venir bosser dans une usine en fin de vie, d'autant que l'agonie dure depuis des ann&#233;es et qu'on ne sait toujours pas quand et comment se d&#233;roulera la phase terminale. Vous allez me dire : &#171; Allez, Jean-Pierre, c'est pas la mort ! &#187; Ben, si. Depuis l'accident du 29 septembre (voir CQFD n&#176; 93) au cours duquel on a, une fois de plus, fris&#233; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no96-janvier-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;96 (janvier 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-usine" rel="tag"&gt;l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Allez" rel="tag"&gt;Allez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dit" rel="tag"&gt;dit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/matin" rel="tag"&gt;matin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ateliers" rel="tag"&gt;ateliers&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travaux" rel="tag"&gt;travaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un matin de plus &#224; l'usine. Un matin de plus dans cette ambiance mortif&#232;re. Quelques ateliers fument &#224; peine. C'est d&#233;sagr&#233;able de continuer &#224; venir bosser dans une usine en fin de vie, d'autant que l'agonie dure depuis des ann&#233;es et qu'on ne sait toujours pas quand et comment se d&#233;roulera la phase terminale. Vous allez me dire :&lt;i&gt; &#171; Allez, Jean-Pierre, c'est pas la mort ! &#187;&lt;/i&gt; Ben, si.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'accident du 29 septembre (voir &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Dix-ans-plus-tard'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 93&lt;/a&gt;) au cours duquel on a, une fois de plus, fris&#233; la catastrophe, rien ne va plus. L'atelier de fabrication d'ammoniac, outre les stigmates de l'incendie, est bard&#233; d'&#233;chafaudages et partiellement&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_255 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH549/96efix-0c3b1.png?1768650245' width='400' height='549' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Efix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;d&#233;mont&#233;. C'est gris, triste et sale. Un vieil atelier (plus de trente ans) qui ne donne pas envie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En salle de contr&#244;le, on se morfond sur le pr&#233;sent et l'avenir. Comme me le dit un copain : &lt;i&gt;&#171; On n'arrive pas &#224; &#234;tre optimiste &#187;&lt;/i&gt;. Apr&#232;s l'incident, la direction avait dit que les travaux de r&#233;paration seraient effectu&#233;s (pour cinq millions d'euros au minimum) et que l'unit&#233; red&#233;marrerait en f&#233;vrier, voire mars. Elle avait promis aussi qu'il n'y aurait pas de ch&#244;mage technique, les retards en formation &#233;tant tels que le temps &#171; libre &#187; serait mis &#224; profit pour que tout le monde soit &#224; niveau. Aujourd'hui, les travaux semblent gel&#233;s en attendant des d&#233;cisions prises au plus haut niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les autres ateliers de l'usine, m&#234;me neufs, fonctionnent mal, parfois tr&#232;s mal. Ce qui fait que les coll&#232;gues s'occupent soit en nettoyant un atelier &#224; l'arr&#234;t, soit en courant faire des man&#339;uvres stressantes d'arr&#234;t ou de d&#233;marrage. Le tout avec des chefs eux-m&#234;mes stress&#233;s&#8230;
L'accident de septembre est d&#251; &#224; une petite vanne dont une pi&#232;ce s'est &#233;ject&#233;e. Pas grand-chose, quoi. Sauf que dans les conduites ce n'est pas de l'eau qui passe mais du gaz, de l'hydrog&#232;ne et de l'ammoniac ! Chaque incident prend alors des proportions dramatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Direction r&#233;gionale de l'environnement, de l'am&#233;nagement et du logement (Dreal) demande des travaux de s&#233;curisation importants avant tout red&#233;marrage et c'est plus que normal. De leur c&#244;t&#233;, les &#233;lus locaux se posent des questions sur cet atelier dangereux qui occupe peu de salari&#233;s. En m&#234;me temps &lt;i&gt;&#171; l'actionnaire principal &#187;&lt;/i&gt; (comme ils disent) &#8211; Total &#8211; se pose aussi des questions sur le maintien de l'activit&#233;, alors que d'ici quelques mois de nouvelles unit&#233;s bas&#233;es en &#201;gypte et Alg&#233;rie vont commencer &#224; produire et, ainsi, faire baisser le cours de l'ammoniac, ce qui rendra bon march&#233; son transport vers l'usine, o&#249; il y a de quoi stocker.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est m&#234;me le staff du p&#233;trolier qui a pris les choses en main. Les d&#233;cisions seront prises en haut lieu, au d&#233;triment de la filiale qui g&#232;re l'usine. D'o&#249; cette ambiance toute pourrie. Les coll&#232;gues disent qu'on n'est plus dans une usine qui fabrique des engrais, mais dans des lieux o&#249; on fabrique des proc&#233;dures. Car c'est de &#231;a dont il est question, l'encadrement et la direction ne parlent plus que s&#233;curit&#233; et environnement. Tout manquement aux r&#232;gles est puni. Les agents de ma&#238;trise se bouffent entre eux, des discours r&#233;acs prennent le dessus. Non, je vous dis, c'est pas la f&#234;te. Le No Future, c'est pas facile &#224; vivre tous les jours. Que faire ? Red&#233;marrer en risquant sa peau, arr&#234;ter l'atelier, l'usine, ou &#234;tre vendu &#224; un repreneur pas regardant ? Des perspectives pas folichonnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La DRH pense m&#234;me activer une cellule psychologique pour que le personnel voie l'avenir plus positivement ! Aujourd'hui, lorsque je sors de l'usine, je croise Jean-Claude. Il me dit : &lt;i&gt;&#171; Moi, je m'en fous, je pars en retraite dans quatorze jours, mais vous, vous allez souffrir. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Toulouse : les cognes &#224; la porte</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Toulouse-les-cognes-a-la-porte</link>
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		<dc:date>2011-12-25T06:16:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Toulouse</dc:subject>
		<dc:subject>novembre</dc:subject>
		<dc:subject>matin</dc:subject>
		<dc:subject>Maquis</dc:subject>
		<dc:subject>mardi</dc:subject>
		<dc:subject>unit&#233;s d'&#233;lite</dc:subject>
		<dc:subject>gendarmerie d&#233;foncent</dc:subject>
		<dc:subject>raconte St&#233;phane</dc:subject>
		<dc:subject>PJJ</dc:subject>
		<dc:subject>unit&#233;s</dc:subject>

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&lt;p&gt;Toulouse, mardi 15 novembre, six heures du matin : les unit&#233;s d'&#233;lite de la gendarmerie d&#233;foncent &#224; coups de b&#233;lier la porte du squat Le Maquis. &#171; Les pandores nous ma&#238;trisent et nous isolent, raconte St&#233;phane. Ils ont une liste des personnes qu'ils recherchent. Ils embarquent tout le matos informatique. &#187; Au m&#234;me moment, quatre appartements et deux autres squats sont perquisitionn&#233;s dans la ville rose. Au total, onze personnes sont arr&#234;t&#233;es, dont une famille arm&#233;nienne qui sera rel&#226;ch&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Toulouse, mardi 15 novembre&lt;/strong&gt;, six heures du matin : les unit&#233;s d'&#233;lite de la gendarmerie d&#233;foncent &#224; coups de b&#233;lier la porte du squat Le Maquis. &lt;i&gt;&#171; Les pandores nous ma&#238;trisent et nous isolent&lt;/i&gt;, raconte St&#233;phane. &lt;i&gt;Ils ont une liste des personnes qu'ils recherchent. Ils embarquent tout le matos informatique. &#187;&lt;/i&gt; Au m&#234;me moment, quatre appartements et deux autres squats sont perquisitionn&#233;s dans la ville rose. Au total, onze personnes sont arr&#234;t&#233;es, dont une famille arm&#233;nienne qui sera rel&#226;ch&#233;e plus tard. Cette descente polici&#232;re fait suite au m&#233;chant chambard qui a eu lieu dans les locaux de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) &#224; Lab&#232;ge (Haute-Garonne) d&#233;but juillet 2011. Une bande masqu&#233;e avait fait irruption dans les bureaux des &#233;ducateurs, d&#233;vers&#233; des liquides naus&#233;abonds sur les ordinateurs, taggu&#233; des murs et jet&#233; aux quatre vents des tracts d&#233;non&#231;ant la politique carc&#233;rale r&#233;serv&#233;e aux jeunes, notamment leur enfermement dans les &#201;tablissements pour mineurs (EPM) o&#249; officie la PJJ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s trente-deux heures de garde &#224; vue, quatre personnes ont &#233;t&#233; mises en examen pour violences commises en r&#233;union et incarc&#233;r&#233;es &#224; la maison d'arr&#234;t de Seysses. Solidaire avec les inculp&#233;s, Mathieu explique : &lt;i&gt;&#171; Le pire, c'est de ne pas savoir o&#249; en est l'enqu&#234;te, le contenu du dossier, la dur&#233;e de la pr&#233;ventive. Tout &#231;a s'inscrit dans le cadre d'une obsession de la police toulousaine sur la &#8220;mouvance anarcho-autonome&#8221;, les d&#233;g&#226;ts commis &#224; la PJJ &#233;tant assez mineurs. &#187;&lt;/i&gt; Moindres, en tout cas, que le projet du gouvernement d'adapter le Code p&#233;nal aux minots de douze ans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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