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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>On ne s'&#233;crase pas</title>
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		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;La seconde audience des &#233;cras&#233;s du blocage de Vitrolles a eu lieu en juin, un an apr&#232;s les faits. Compte-rendu. 26 mai 2016, mouvement contre la loi Travail. &#192; Vitrolles comme dans toute la France, des irr&#233;ductibles tiennent le haut du pav&#233;, bloquant un rond-point &#224; la sortie d'une zone industrielle. Jusqu'&#224; ce que le conducteur d'un camion, Ludovic Zachar, p&#232;te les plombs et force le barrage filtrant, fon&#231;ant sur la foule. Bilan : deux syndicalistes gri&#232;vement bless&#233;s &#8211; Nadia Chergui, 25 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La seconde audience des &#233;cras&#233;s du blocage de Vitrolles a eu lieu en juin, un an apr&#232;s les faits. Compte-rendu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;petitelettrine&gt;26&lt;/petitelettrine&gt; mai 2016, mouvement contre la loi Travail. &#192; Vitrolles comme dans toute la France, des irr&#233;ductibles tiennent le haut du pav&#233;, bloquant un rond-point &#224; la sortie d'une zone industrielle. Jusqu'&#224; ce que le conducteur d'un camion, Ludovic Zachar, p&#232;te les plombs et force le barrage filtrant, fon&#231;ant sur la foule. Bilan : deux syndicalistes gri&#232;vement bless&#233;s &#8211; Nadia Chergui, 25 ans, et Abdelmajid Kalai, 44 ans. Et trois membres d'une m&#234;me famille, les Wagner, qui s'en tirent avec de l&#233;g&#232;res blessures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las, lors d'un premier proc&#232;s surr&#233;aliste&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bien r&#233;sum&#233; dans ce tr&#232;s bon papier mis en ligne le 22 d&#233;cembre 2016 sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, les victimes sont tra&#238;n&#233;es dans la boue par une juge exp&#233;ditive, bien d&#233;cid&#233;e &#224; renverser la vapeur pour incriminer la CGT. La pr&#233;sidente du tribunal de grande instance d'Aix n'h&#233;site pas &#224; parler d'une &#171; &lt;i&gt;foule folle et avin&#233;e&lt;/i&gt; &#187; qui &#171; &lt;i&gt;prend la France en otage&lt;/i&gt; &#187;. Et transforme le chauffard en victime : &#171; [Le conducteur] &lt;i&gt;a &#233;t&#233; pris &#224; partie par une foule au comportement animal.&lt;/i&gt; &#187; Au final, elle le relaxe. Scandale. Les victimes ont bien &#233;videmment fait appel. C'est ce qui se joue ce 14 juin.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce matin, &#224; Aix-en-Provence, les drapeaux CGT sont bien seuls devant le tribunal. &#201;trangement, le syndicat n'a que peu communiqu&#233; sur cette audience &#8211; pas d'appel public &#224; soutien. Et les militants se refusent &#224; parler &#224; la presse. &#192; l'int&#233;rieur, Abdelmajid Kalai attend sur son fauteuil roulant &#8211; il s'entretient avec Nadia. Leurs avocats parlent de &#171; &lt;i&gt;cauchemar absolu&lt;/i&gt; &#187; et insistent sur l'inversion des r&#244;les op&#233;r&#233;e lors du premier proc&#232;s, quand la justice a tir&#233; &#224; boulets rouges sur ces &#171; &lt;i&gt;manifestants &lt;/i&gt;[qui] &lt;i&gt;seraient des sauvages&lt;/i&gt; &#187;. Rien de neuf, le th&#232;me est cher &#224; la bourgeoisie depuis la Commune de Paris &#8211; le peuple ne serait pas vraiment humain. C'est vrai, le chauffeur a &#233;t&#233; rudement molest&#233;. Mais apr&#232;s qu'il a fonc&#233; sur la foule. Cela change beaucoup de choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'audience, J&#233;r&#244;me Wagner, le p&#232;re de famille, appara&#238;t aussi tremblant que les autres plaignants. Sa fille malvoyante n'est plus la m&#234;me, explique-t-il : &#171; &lt;i&gt;D&#233;sormais, un simple s&#232;che-cheveux l'effraye.&lt;/i&gt; &#187; Quant &#224; lui, il doute &#8211; comme toutes les victimes pas reconnues. Mais maintient sa version : &#171; &lt;i&gt;Cette histoire, c'est celle d'un gars qui p&#232;te les plombs et qui rentre dans le tas.&lt;/i&gt; &#187; Les t&#233;moins ayant assist&#233; &#224; la sc&#232;ne ne disent pas autre chose. Tous racontent comment le chauffeur a refus&#233; le tract qui lui &#233;tait tendu, avant de crier &#171; &lt;i&gt;Je vais tous vous &#233;craser !&lt;/i&gt; &#187; et d'appuyer sur le champignon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;r&#244;me Wagner n'est pas syndicaliste. Ce funeste 26 juin, il &#233;tait l&#224; par hasard. De passage. Mais maintenant qu'il a &#233;t&#233; confront&#233; &#224; la justice et &#224; la police, il a compris qu'&#234;tre syndicaliste &#233;tait consid&#233;r&#233; comme une tare. &#171; &lt;i&gt;Lors de mon audition, j'ai entendu un policier d&#233;clarer qu'il s'agissait d'une r&#233;union de petits cerveaux. &#199;a m'a choqu&#233;, presque autant que la relaxe du chauffeur.&lt;/i&gt; &#187; Et de s'emporter un peu : &#171; &lt;i&gt;Beaucoup de gens semblent oublier que le routier a roul&#233; volontairement sur des &#234;tres humains.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, Abdelmajid Kalai a les yeux fatigu&#233;s. Le c&#339;ur lourd. En clinique, il a pass&#233; deux mois allong&#233; et huit mois hospitalis&#233;. Aujourd'hui, il se d&#233;place en fauteuil. Tout &#231;a pour avoir tendu un tract. Mais il tient malgr&#233; tout le coup. Lui est un syndicaliste de longue date : &#171; &lt;i&gt;J'ai commenc&#233; lors des gr&#232;ves de 1995. On avait tout bloqu&#233;, on dormait sur place.&lt;/i&gt; &#187; Depuis, il n'a jamais cess&#233; de militer. Sans jamais boire une goutte d'alcool, par contre &#8211; Abdelmajid est musulman. Autant pour les sous-entendus de la pr&#233;sidente, &#233;voquant une &#171; &lt;i&gt;foule avin&#233;e&lt;/i&gt; &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de cette audience en appel, l'avocat g&#233;n&#233;ral se l&#232;ve, cheveux blancs en avant. D'une voix faible et h&#233;sitante, il &#233;nonce : &#171; &lt;i&gt;Nous savons que le chauffeur a forc&#233; le barrage.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Je suis oblig&#233; de constater des voies de fait volontaires perp&#233;tr&#233;es avec une arme, causant des blessures cons&#233;quentes.&lt;/i&gt; &#187; C'est d&#233;j&#224; &#231;a. En face, l'avocate du routier tente de d&#233;fendre son client. Il insiste : &#171; &lt;i&gt;Il a subi des coups et un tir de Flash-Ball&lt;/i&gt; &#187;, avant d'embrouiller l'affaire en confondant les t&#233;moignages et de remercier &#171; &lt;i&gt;le formidable travail photographique de la police&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une plaidoirie emberlificot&#233;e qui ne convainc pas. La cour d'appel ordonne finalement un suppl&#233;ment d'informations, notamment pour entendre Abdelmajid Kalai &#8211; ce qui n'avait pas &#233;t&#233; fait jusqu'&#224; pr&#233;sent, un comble. Le proc&#232;s est donc renvoy&#233; &#224; mars 2018. La justice n'est pas toujours exp&#233;ditive.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Christophe Goby&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Bien r&#233;sum&#233; dans ce tr&#232;s bon papier mis en ligne le 22 d&#233;cembre 2016 sur &lt;i&gt;Basta&lt;/i&gt;, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.bastamag.net/Le-stupefiant-proces-du-barrage-de-Vitrolles-ou-comment-justifier-qu-un-camion&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le stup&#233;fiant proc&#232;s du barrage de Vitrolles&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Chacun a amen&#233; son exp&#233;rience &#187;</title>
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		<dc:date>2019-09-25T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ferdinand Cazalis, Mathieu Rivat</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Yann Levy</dc:subject>
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		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Pendant quelques mois, ils ont fait feu de tous bois. En 2016, alors que les manifestations contre la loi Travail ne cessaient de gagner en intensit&#233;, les participant.e.s de l'AG interpro de Saint-Denis ont multipli&#233; les actions et les discussions. Pour principes : le refus de se focaliser sur un secteur particulier et l'envie de f&#233;d&#233;rer les &#233;nergies. Un d&#233;licat &#233;quilibre, fond&#233; sur la force du nombre et l'enthousiasme s&#233;ditieux des concern&#233;.e.s. Retour sur ces moments de lutte, avec Kelam (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no149-decembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;149 (d&#233;cembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yann-Levy-81" rel="tag"&gt;Yann Levy&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/greve" rel="tag"&gt;gr&#232;ve&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-AG" rel="tag"&gt;l'AG&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant quelques mois, ils ont fait feu de tous bois. En 2016, alors que les manifestations contre la loi Travail ne cessaient de gagner en intensit&#233;, les participant.e.s de l'AG interpro de Saint-Denis ont multipli&#233; les actions et les discussions. Pour principes : le refus de se focaliser sur un secteur particulier et l'envie de f&#233;d&#233;rer les &#233;nergies. Un d&#233;licat &#233;quilibre, fond&#233; sur la force du nombre et l'enthousiasme s&#233;ditieux des concern&#233;.e.s. Retour sur ces moments de lutte, avec Kelam et Iris, deux participant.e.s de cette belle exp&#233;rience.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2997 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;59&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1235-5936f.jpg?1779731405' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Saint-Denis, printemps 2016. Photo Yann Levy / Hans Lucas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De quelle mani&#232;re avez-vous rejoint l'AG interpro de Saint-Denis ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Iris :&lt;/strong&gt; J'&#233;tais prof &#224; Saint-Denis il y a deux ans, avant d'&#234;tre mut&#233;e &#224; &#201;pinay. Cela fait un moment que je suis encart&#233;e &#224; Sud, syndicat assez pr&#233;sent dans les secteurs publics de la ville (comme l'h&#244;pital ou la mairie), mais qui compte aussi des sections dans un Franprix, dans une maison de retraite et &#224; la piscine&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans ces deux derniers endroits, les mobilisations syndicales ont donn&#233; lieu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Lors du mouvement contre la r&#233;forme des retraites en 2010, une premi&#232;re AG interpro a vu le jour &#224; Saint-Denis ; la liste mail alors cr&#233;&#233;e a &#233;t&#233; r&#233;activ&#233;e &#224; l'occasion des manifestations contre la loi Travail. C'est donc via le milieu syndical que j'ai rejoint l'AG interpro, m&#234;me si cela faisait plusieurs ann&#233;es que je participais par ailleurs &#224; des collectifs de luttes plus autonomes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kelam :&lt;/strong&gt; De mon c&#244;t&#233;, j'&#233;tais technicien du spectacle. Mais us&#233; par une r&#233;alit&#233; que beaucoup de salari&#233;.e.s connaissent bien (sous-effectif, rentabilit&#233;, pressions constantes, etc.), j'ai quitt&#233; mon travail au d&#233;but du printemps. J'en ai profit&#233; pour participer &#224; des actions et &#224; des d&#233;bats Place de la R&#233;publique &#224; Paris, avant de rejoindre la premi&#232;re Nuit Debout organis&#233;e &#224; Saint-Denis. Une assembl&#233;e qui a connu une participation aussi forte que diverse &#8211; les discussions se sont r&#233;v&#233;l&#233;es tr&#232;s riches, autant par les probl&#233;matiques abord&#233;es (des questions propres &#224; la ville, reflet de la vivacit&#233; des r&#233;seaux militants dionysiens) que par la fr&#233;quentation (habitant.e.s et militant.e.s s'y m&#234;laient). J'y suis retourn&#233; la semaine suivante pour aider &#224; installer les chaises et les barnums, et je me suis retrouv&#233; vraiment investi. Une premi&#232;re pour moi dont l'exp&#233;rience militante se limitait jusqu'alors &#224; des participations passives aux d&#233;fil&#233;s militants ou &#224; de lointains souvenirs d'enfance. Je ne connaissais personne, mais des liens forts de confiance se sont rapidement nou&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2998 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;59&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1236-d7cd0.jpg?1779731405' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Saint-Denis, printemps 2016. Photo Yann Levy / Hans Lucas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi vos actions se distinguaient-elles de la logique syndicale classique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Iris :&lt;/strong&gt; On faisait des AG les jours de manif. Et une commission action se r&#233;unissait aussi en petit comit&#233; deux fois par semaine. Les tracts &#233;taient r&#233;dig&#233;s &#224; grands traits en AG, puis amend&#233;s et valid&#233;s par mail. Notre ambition &#233;tait de conduire des actions correspondant &#224; des d&#233;clinaisons locales des probl&#232;mes pos&#233;s par la loi Travail. Cela a plut&#244;t bien fonctionn&#233;, puisque plusieurs actions sont parties de l'AG interpro de Saint-Denis : les blocages du d&#233;p&#244;t de bus de Saint-Denis Universit&#233; le 21 avril, du port de Gennevilliers le 28, du Novotel le 12 mai, de la soci&#233;t&#233; Dubrac le 19, du pont de Saint-Ouen le 26, ou le blocage coordonn&#233; de quatre d&#233;p&#244;ts de bus d'&#206;le-de-France le 2 juin (en lien avec Nuit Debout Paris et l'AG de luttes IDF). Quand nous &#233;tions moins nombreux, nous organisions des piquets volants d&#232;s le matin pour aller tracter dans le centre de Saint-Denis, &#224; La Poste, &#224; la gare RER, au Carrefour, au McDonald, etc. Il y a eu de nombreuses gr&#232;ves, mais peu ont dur&#233;. Beaucoup de gens ne juraient que par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qu'on ne voyait pas arriver. Ce qui a entra&#238;n&#233; un d&#233;bat sur l'&#233;ventuel caract&#232;re &#171; de substitution &#187; de nos actions. On avait parfois l'impression d'&#234;tre des &#233;vang&#233;listes venus pr&#234;cher la r&#233;volution &#224; des travailleurs dont les pr&#233;occupations quotidiennes en &#233;taient tr&#232;s &#233;loign&#233;es. Par exemple, &#224; l'&#233;poque, le port du Havre &#233;tait bloqu&#233; par les dockers. Mais il ne pouvait en aller de m&#234;me pour celui de Gennevilliers, qui compte environ 50% d'int&#233;rimaires et peu de syndiqu&#233;.e.s. Il a donc &#233;t&#233; bloqu&#233; par des gens ext&#233;rieurs, et il s'agissait essentiellement d'une action symbolique, tr&#232;s limit&#233;e dans le temps. On ne se sentait pas tellement &#224; l'aise &#8211; c'est d&#233;licat de bloquer des salari&#233;.e.s que cela peut mettre en difficult&#233; (pression du patron, temps de travail perdu ou &#224; rattraper, etc.), et de discuter ensemble du bien-fond&#233; de l'action. Entre le discours &#171; Bloquons les flux &#187; et la r&#233;alit&#233; du blocage, il peut ainsi exister un foss&#233; consid&#233;rable. Les salari&#233;s concern&#233;s peuvent r&#226;ler, t'en vouloir, ne pas comprendre, se sentir agress&#233;.e.s, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kelam :&lt;/strong&gt; C'&#233;tait d'autant plus compliqu&#233; qu'aucun.e d'entre nous ne s'y connaissait sp&#233;cialement en mati&#232;re de blocage &#233;conomique. Si &#231;a a finalement fonctionn&#233;, c'est que chacun a amen&#233; un peu de son exp&#233;rience. Les camarades en lien avec DefCol&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Groupe de d&#233;fense collective qui fournit une assistance juridique aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; r&#233;cup&#233;raient les noms des avocats de permanence et les distribuaient aux participant.e.s. Les syndiqu&#233;.e.s pr&#233;venaient leurs organisations pour m&#233;diatiser et appeler au soutien dans les moments chauds. La repro de Sud ou de la CGT imprimait les tracts, Solidaires r&#233;servait les salles pour les r&#233;unions &#224; la Bourse du Travail, etc. Cette conjugaison de bonnes volont&#233;s nous a permis de r&#233;unir &#224; plusieurs reprises une centaine de personnes, dont plus de la moiti&#233; de Dionysien.e.s, pour des actions organis&#233;es &#224; 5h du matin. Les participant.e.s &#224; l'AG Interpro &#233;taient issus d'horizons divers &#8211; on y retrouvait des gens du squat l'Atti&#233;k&#233;, des syndiqu&#233;.e.s, des non syndiqu&#233;.e.s, des profs, des gens de la collectivit&#233; territoriale, des militantes f&#233;ministes, des anarchistes, des libertaires, quelques biblioth&#233;caires, les membres de la compagnie de th&#233;&#226;tre Jolie M&#244;me, des gens d'Ensemble et m&#234;me un camarade de la CGT RATP. Les cheminots passaient parfois assister aux r&#233;unions et les &#233;tudiant.e.s de Paris-8 se sont montr&#233;.e.s tr&#232;s pr&#233;sent.e.s. &#192; chaque coup dur (arrestation ou nasse polici&#232;re, par exemple), la solidarit&#233; s'est r&#233;v&#233;l&#233;e sans faille. Au final, pour beaucoup d'entre nous, participer &#224; l'AG interpro a constitu&#233; un excellent moyen d'apprendre sur le tas. Nous avons d&#233;couvert le fonctionnement d'un syndicat, les mandats, l'organisation logistique militante, la r&#233;daction d'un tract et la relecture collective, la pr&#233;paration d'une action, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Iris :&lt;/strong&gt; Avec Saint-Denis Debout, Droit au Logement (DAL) et la Coordination des groupes anarchistes (CGA), nous avons aussi particip&#233; &#224; des actions sur le logement. On a par exemple occup&#233; un soir la Basilique de Saint-Denis avec les habitants du 48 de la rue de la R&#233;publique (l'immeuble attaqu&#233; par le RAID le 18 novembre 2015, apr&#232;s les attentats du 13 novembre). Ceux-ci sont rest&#233;s dans un gymnase pendant une semaine, puis ils se sont retrouv&#233;s &#224; l'h&#244;tel sans garanties de relogement. Pire : quatre d'entre eux ont re&#231;u des Obligations de quitter le territoire (OQTF). Et aucun n'a &#233;t&#233; reconnu victime, alors que les flics avaient tir&#233; 5 000 balles sur l'immeuble, inhabitable depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kelam :&lt;/strong&gt; Contrairement &#224; une lutte syndicale centr&#233;e sur un secteur particulier, nos actions portaient aussi bien sur le travail que sur le logement &#8211; rien de plus logique, puisque les participant. e.s &#233;taient &#224; la base impliqu&#233;.e.s dans diverses luttes. Celles et ceux qui s'activaient sur le logement avant le printemps ont trouv&#233; dans l'AG interpro ou l'assembl&#233;e de Saint-Denis Debout un &#233;cho &#224; leurs luttes, ainsi qu'un vivier de soutiens remotiv&#233; et en partie renouvel&#233;. Les actions qui jusque-l&#224; ne rassemblaient que les militant.e.s chevronn&#233;.e.s ou concern&#233;.e.s ont ainsi trouv&#233; un nouvel &#233;cho. Je crois qu'il s'agissait d'un moment o&#249; les gens avaient besoin non seulement de dire, mais aussi de faire, d'agir ensemble. Aussi riches et divers que furent les d&#233;bats, nous n'avons jamais r&#233;ussi &#224; &#233;tablir un socle politique commun, un positionnement th&#233;orique clair. Nous n'en avions pas le temps, et nous acceptions nos divergences. La force du nombre &#233;tait primordiale, nous voulions &#233;viter de froisser les un.e.s et les autres, m&#234;me si c'est parfois arriv&#233;. La forme de l'AG interpro a permis &#224; des camarades de &#171; On bloque tout &#187;, de la commission Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de Nuit Debout Paris, des collectifs AntiRep et anti &#201;tat d'urgence, &#224; des autonomes ou &#224; des anarchistes, voire &#224; de nouveaux militant.e.s, de participer collectivement &#224; des actions engag&#233;es, fortes et d&#233;termin&#233;es. Le tout en essayant de respecter la diversit&#233; des pratiques et en assurant l'int&#233;grit&#233; physique des un.e.s et des autres face &#224; la r&#233;pression croissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Iris :&lt;/strong&gt; Tout le monde voulait agir contre le gouvernement et sa loi, m&#234;me si l'ensemble reposait sur une poign&#233;e de personnes tr&#232;s d&#233;termin&#233;es. Notamment des femmes, qui r&#233;digeaient les comptes-rendus, faisaient le lien entre les diff&#233;rentes entit&#233;s, pr&#233;paraient les programmes des semaines &#224; venir. Mais nous avons aussi pris garde &#224; essayer d'&#233;viter la sp&#233;cialisation des t&#226;ches et le &lt;i&gt;burnout &lt;/i&gt;des plus investi.e.s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2999 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;59&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH328/-1237-c412e.jpg?1779731405' width='500' height='328' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Saint-Denis, printemps 2016. Photo Yann Levy / Hans Lucas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment avez-vous v&#233;cu la fin du mouvement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kelam :&lt;/strong&gt; &#199;a &#233;t&#233; difficile, car nous &#233;tions tr&#232;s motiv&#233;.e.s. Pour certain.e.s, comme moi, le quotidien &#233;tait rempli d'AG, de manifs, d'actions. Et d'un seul coup, apr&#232;s le 15 septembre, il n'y avait plus rien... Comme si les syndicats nous avaient l&#226;ch&#233;.e.s &#8211; ils ne nous r&#233;pondaient plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Iris :&lt;/strong&gt; Ce fut une sacr&#233;e descente... Mais nous avons quand m&#234;me redistribu&#233; les milliers d'euros accumul&#233;s dans une caisse de gr&#232;ve aux syndiqu&#233;.e.s ayant pos&#233; des jours de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kelam :&lt;/strong&gt; La cr&#233;ation de la caisse de gr&#232;ve a &#233;t&#233; fastidieuse et chronophage. Et elle est advenue &#224; un moment o&#249; on commen&#231;ait &#224; ne plus y croire. Une initiative comme celle de l'AG interpro de Saint-Denis reposait largement sur le volontarisme joyeux de certain.e.s et sur un r&#233;seau militant fort, ancr&#233; localement. Beaucoup de camarades de tous les horizons ont alli&#233; leurs forces ; il est donc impossible de r&#233;sumer cette lutte &#224; &#171; syndiqu&#233;.e.s ou non &#187; ou &#171; partisan.e.s ou non &#187;. Ce qui est s&#251;r, c'est que cette alliance a n&#233;cessit&#233; de la diplomatie, de l'&#233;coute, de la formation. Le coup de sifflet final sonn&#233; par les hi&#233;rarchies syndicales a donc fait l'effet d'un coup de massue pour tout le monde. La liste mail, sur laquelle pleuvait des tonnes d'infos quotidiennes pendant des mois, est devenue du jour au lendemain d'un calme absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Iris :&lt;/strong&gt; C'est vrai que nous, syndiqu&#233;.e.s de Solidaires, avons essay&#233; de pousser ; mais les hi&#233;rarchies syndicales avaient d&#233;cid&#233; que c'&#233;tait termin&#233;. C'est une question compliqu&#233;e. D'un c&#244;t&#233;, je ne soutiens pas cette dichotomie trop simpliste entre des directions super bureaucrates et une base qui n'attendrait qu'une &#233;tincelle pour s'en lib&#233;rer. Et je crois que le rejet du travail dans le milieu autonome ne fait pas non plus avancer les choses, car cela cr&#233;e du m&#233;pris &#224; l'encontre des travailleurs et travailleuses. Comme si le monde du travail n'&#233;tait plus un enjeu de lutte ! Mais de l'autre c&#244;t&#233;, je constate que le syndicalisme ne s'est pas non plus adapt&#233; aux transformations du travail. Globalement, dans certains endroits, la base du travail syndical n'a m&#234;me pas &#233;t&#233; faite ! Les enjeux r&#233;els de la loi Travail sont loin d'&#234;tre clairs pour tous les salari&#233;.e.s, m&#234;me si ses effets se font d&#233;j&#224; sentir. Et cette loi &#233;tait d&#233;j&#224; appliqu&#233;e avant m&#234;me son existence dans des secteurs tels que l'h&#244;tellerie, la restauration, le nettoyage... Tout le travail ingrat du syndicalisme &#8211; aller tracter devant les bo&#238;tes, afficher, informer, rencontrer et discuter avec les travailleurs et travailleuses &#8211; est de plus en plus laiss&#233; de c&#244;t&#233;. C'est pourtant la base &#8211; sans cela, aucun mouvement ne peut s'enraciner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kelam :&lt;/strong&gt; Plus l'&#233;t&#233; approchait (et avec lui, les vacances scolaires, la fatigue accumul&#233;e, la peur de la d&#233;mobilisation...), plus les querelles id&#233;ologiques, les batailles et d&#233;saccords traditionnels, les petites histoires locales mises de c&#244;t&#233; revenaient sur le devant de la sc&#232;ne. Nous &#233;tions quelques-un.e.s &#224; croire et &#224; esp&#233;rer que s'organisaient les bases d'une r&#233;volution. Ou au moins, &#224; penser que nous viendrions &#224; bout de la loi Travail. Mais nous avons trop cru aux &#171; On-l&#226;chera-rien &#187;, qui ont vite &#233;t&#233; remplac&#233;s par les &#171; C'est-compliqu&#233;-et-je-n'ai-pas-de-mandat-pour-&#231;a &#187;. Pourquoi &#231;a n'a pas repris ? Pourquoi on n'a pas continu&#233; ? Je me dis que nous devons rester modestes, agir localement &#8211; et c'est ce que beaucoup d'entre nous continuent &#224; faire (en luttant sur le logement, l'&#233;ducation, la pr&#233;carit&#233;, avec les migrant.e.s, contre les projets inutiles...). Pass&#233; un certain cap, pour &#234;tre pris au s&#233;rieux, il faut des signataires, des forces historiques, des institutions reconnues. Et malheureusement, ce sont elles qui n&#233;gocient, donc ce sont elles qui peuvent nous trahir. Tout &#231;a me semble d&#233;couler d'une tradition de syndicalisme r&#233;formateur qui survit sur de lointains succ&#232;s, acquis du temps du Front populaire. Ils se r&#233;p&#232;tent ce mantra assez triste : &#171; Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ou rien ! &#187; Comme un objectif en soi &#8211; ind&#233;passable. Mais comme ce n'est jamais g&#233;n&#233;ral, c'est toujours rien !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Mathieu Rivat et Ferdinand Cazalis&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans ces deux derniers endroits, les mobilisations syndicales ont donn&#233; lieu &#224; de s&#233;rieuses menaces de la part de l'employeur : entretien pr&#233;alable &#224; licenciement, menaces de sanction, voire licenciement effectifs...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Groupe de d&#233;fense collective qui fournit une assistance juridique aux manifestant.e.s et activistes interpell&#233;.e.s et/ ou mis.e.s en cause par la justice.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dans &#171; PQR &#187;, il y a &#171; PQ &#187; </title>
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&lt;p&gt;C'est une affaire hallucinante. Un bad trip kafka&#239;en qui voit Jules Panetier, jeune militant montpelli&#233;rain, pris dans la trappe d'un acharnement policier, avec en toile de fond le titre de PQR Midi Libre et un site identitaire qui font la claque. Manifs contre la Loi travail, ZAD du quartier populaire des C&#233;vennes, squat de l'ancien cin&#233;ma Le Royal : Jules est de tous les bons coups. Parall&#232;lement, le militant tient la plume dans Le Poing, journal sauvage distribu&#233; &#224; la cri&#233;e. Apr&#232;s un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est une affaire hallucinante. Un &lt;i&gt;bad trip &lt;/i&gt;kafka&#239;en qui voit Jules Panetier, jeune militant montpelli&#233;rain, pris dans la trappe d'un acharnement policier, avec en toile de fond le titre de PQR&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Presse quotidienne r&#233;gionale.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;i&gt;Midi Libre &lt;/i&gt;et un site identitaire qui font la claque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;M&lt;/span&gt;anifs contre la Loi travail, ZAD du quartier populaire des C&#233;vennes, squat de l'ancien cin&#233;ma Le Royal : Jules est de tous les bons coups. Parall&#232;lement, le militant tient la plume dans &lt;i&gt;Le Poing&lt;/i&gt;, journal sauvage distribu&#233; &#224; la cri&#233;e. Apr&#232;s un interm&#232;de num&#233;rique de quelques mois, le canard renoue avec sa version papier, en janvier 2017, pour un tirage mensuel de 2 000 exemplaires. Objectif du brulot ? &#171; &lt;i&gt;&#8220;Visibiliser&#8221; les alternatives aux politiques capitalistes &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;sume Jules. &#192; trop multiplier ses participations dans les fronts de lutte, l'homme subit des coups de pression de la bleusaille. Genre &#171; Fais gaffe &#224; ton cul. Bient&#244;t on va te faire tomber &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et il est tomb&#233;, Jules. &lt;/strong&gt;C'&#233;tait le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; juillet dernier lors de la venue chahut&#233;e de Valls Premier ministre &#224; Montpellier. 48 heures de garde &#224; vue, comparution imm&#233;diate, on conna&#238;t le sc&#233;nar bien huil&#233;. Chef d'inculpation : outrage &#224; agent commis par t&#233;l&#233;phone. Coup de marteau : deux mois ferme &#224; Villeneuve- l&#232;s-Maguelone. Le journaliste Jean-Fran&#231;ois Codomi&#233; &#233;tait aux premi&#232;res loges de cet avatar de justice exp&#233;ditive. Dans l'&#233;dition du 5 juillet du &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt;, on lira son compte-rendu tout en nuance. La titraille a un sacr&#233; go&#251;t de fum&#233; : &#171; &lt;i&gt;Ivre, l'indic aurait menac&#233; le policier et ses proches &#187;&lt;/i&gt;. Tout se passe la nuit de la f&#234;te de la musique, le portable de Jules se balade entre plusieurs mains. Dans le r&#233;pertoire t&#233;l&#233;phonique, quelqu'un rep&#232;re le num&#233;ro d'un flic des RG. Un message tout en finesse est laiss&#233; au policier : &#171; &lt;i&gt;Bient&#244;t, tu es mort ! Je baise ta femme et je viole tes enfants ! &#187;&lt;/i&gt; Que foutait le num&#233;ro du flic des renseignements dans le bigo de Jules ? Pour le &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt;, c'est clair : le militant &#233;tait un indic. La r&#233;alit&#233; est plus prosa&#239;que : Jules avait &#233;t&#233; contact&#233; par le policier et n'avait pas effac&#233; le num&#233;ro. Jules : &#171; &lt;i&gt;Qui ne conna&#238;t pas ce RG &#224; Montpellier ? Tous les militants l'appellent &#8220;Roger&#8221;&lt;/i&gt;. Midi Libre &lt;i&gt;m'accuse de balance ; heureusement &#224; Montpellier, personne n'y a cru. L'article a &#233;t&#233; &#233;crit par un journaliste de droite qui avait d&#233;j&#224; essay&#233; de faire passer un ami, arr&#234;t&#233; dans une manif, pour un SDF. Gratuitement. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, ses articles sont un m&#233;lange de m&#233;pris et de mensonge. Un exercice de marginalisation m&#233;diatique. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jules peut bien hurler &lt;/strong&gt;que ce n'est pas sa voix qu'on entend sur le message. La justice n'a pas jug&#233; bon de produire la pi&#232;ce &#224; conviction lors de l'audience de cet &#171; &lt;i&gt;anarchiste d'op&#233;rette &#187;&lt;/i&gt;, selon les bons mots du parquet. Et le localier n'a pas jug&#233; bon de pousser quelques investigations, se faisant le simple &#233;chotier d'une justice &#224; charge&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le site de Montpellier journal propose une analyse tr&#232;s fine du papier du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Le 17 juillet, c'est le site identitaire Lengadoc- Info qui recyclera l'intox autour de cet &#171; &lt;i&gt;indicateur du policier &#187;&lt;/i&gt; qu'il aurait menac&#233; de mort&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lengadoc-info.com/3726/societe/jules-panetier-antifa-et-indicde-la-police-condam&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Quelques mois auparavant, le m&#234;me site facho avait l&#226;ch&#233; sa glaire sur le militant, d&#233;crit comme un &#171; &lt;i&gt;habitu&#233; des appels &#224; la violence &#187;&lt;/i&gt;. Des cr&#226;nes ras&#233;s qui relaient la PQR et fraternisent avec les k&#233;pis pour casser du gauchiste : le ton est donn&#233; dans ce climat de guerre sociale. &#192; sa sortie de zonzon, Jules reprend pied dans les luttes sociales. Avant de se refaire serrer dans la rue en novembre. Il nous r&#233;sume : &#171; &lt;i&gt;Au commissariat, je r&#233;alise que les flics sont persuad&#233;s que je contr&#244;le tout. Je suis la b&#234;te de foire. Beaucoup d'entre eux me prennent en photo, sortent de leur bureau : &#171; Ah c'est lui !&#8221; 48 heures de garde &#224; vue pour des faits d'outrage ! Lors de l'entretien avec l'OPJ, je lui dis : &#8220;Vous savez tr&#232;s bien que tout &#231;a est politique. Je me fais arr&#234;ter le 17 novembre pour avoir insult&#233; un policier le 15 septembre, et le 26 octobre, pour deux jours de manifestations ! Tout &#231;a est mensonger et politique. Vous n'avez rien contre moi.&#8221; Il me dit : &#8220;Tout &#231;a, on le sait, mais je ne suis que le pion d'un syst&#232;me plus vaste.&#8221; &#187;&lt;/i&gt; Oblig&#233; de pointer au comico deux fois par semaine, le militant a interdiction de rentrer en contact avec les flics &#171; &lt;i&gt;outrag&#233;s &#187;&lt;/i&gt;. Sauf qu'il ne sait pas qui ils sont. &#171; &lt;i&gt;Alors que eux essaient r&#233;guli&#232;rement de rentrer en contact avec moi par des coups de pression ! De fait, je suis assign&#233; &#224; r&#233;sidence &#187;&lt;/i&gt;, explique le jeune homme. Prochaine audience le 30 mars.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien Navarro&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Presse quotidienne r&#233;gionale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le site de Montpellier journal propose une analyse tr&#232;s fine du papier du &lt;i&gt;Midi Libre &lt;/i&gt; : &lt;a href=&#034;http://www.montpellier-journal.fr/2016/07/midi-libre-relaie-sans-distance-la-these-policiere-dun-pretendu-indic.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Montpellier-journal.fr/2016/07/midi-libre-relaie-sans-distance-la-these-policiere-dun-pretendu-indic.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lengadoc-info.com/3726/societe/jules-panetier-antifa-et-indic-de-la-police-condamne-a-deux-mois-de-prison/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lengadoc-info.com/3726/societe/jules-panetier-antifa-et-indicde-la-police-condamne-a-deux-mois-de-prison&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Faire &#233;merger l'id&#233;e du syndicalisme dans les associations &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Faire-emerger-l-idee-du</link>
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		<dc:date>2019-09-02T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>Solidaires</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le secteur associatif, branche non n&#233;gligeable de l'&#233;conomie et sorte de r&#233;serve o&#249; tentent de s'&#233;panouir certains r&#233;fractaires aux rapports de production hi&#233;rarchis&#233;s, n'est pas exempt d'exploitation et de conflits. Rencontre avec Jonas, militant r&#233;cent du syndicat ASSO. Un syndicat des travailleurs et travailleuses en association lutte-t-il contre l'&#201;tat, qui finance beaucoup de ces emplois, ou contre les pr&#233;sidents d'association qui forment dans certains cas un nouveau patronat ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no149-decembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;149 (d&#233;cembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Solidaires" rel="tag"&gt;Solidaires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le secteur associatif, branche non n&#233;gligeable de l'&#233;conomie et sorte de r&#233;serve o&#249; tentent de s'&#233;panouir certains r&#233;fractaires aux rapports de production hi&#233;rarchis&#233;s, n'est pas exempt d'exploitation et de conflits. Rencontre avec Jonas, militant r&#233;cent du syndicat ASSO.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2993 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;57&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L300xH426/-1231-a19ec.jpg?1779606572' width='300' height='426' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;149 de CQFD, illustr&#233;e par Emilie Seto
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un syndicat des travailleurs et travailleuses en association lutte-t-il contre l'&#201;tat, qui finance beaucoup de ces emplois, ou contre les pr&#233;sidents d'association qui forment dans certains cas un nouveau patronat ne disant pas son nom ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;La lutte se joue sur les deux tableaux : lutter &#224; l'&#233;chelle de Solidaires (dont ASSO est membre) contre la Loi Travail par exemple, se montrer solidaires quand des luttes surgissent dans d'autres secteurs, et faire en sorte de s'organiser en tant que travailleur.euses associatifs.ves pour apporter conseil et soutien &#224; des pair.e.s en gal&#232;re, comme &#231;a arrive partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les probl&#233;matiques et difficult&#233;s particuli&#232;res pour un syndicat de lutte qui regroupe les salari&#233;. e.s d'associations ? Est-ce plus difficile de mobiliser ou de faire gr&#232;ve que dans d'autres secteurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;C'est un secteur o&#249; le syndicalisme n'existe pas ou tr&#232;s peu, &#224; l'exception du secteur m&#233;dico-social. La principale difficult&#233; est donc de faire &#233;merger l'id&#233;e m&#234;me de syndicalisme dans ce secteur, alors que celles et ceux qui occupent les postes subissent une certaine pression sociale, et souvent se l'infligent elles et eux-m&#234;mes pour travailler dur, g&#233;n&#233;ralement pour pas grand-chose. Souvent r&#233;mun&#233;r&#233;.e.s en contrats aid&#233;s, par d&#233;finition temporaires, les salari&#233;.e.s ont du mal &#224; se sentir suffisamment l&#233;gitimes pour d&#233;fendre leurs droits, en revendiquer, se bagarrer avec des employeurs abusifs, se mettre en gr&#232;ve, etc. Et comme presque tout le monde est en situation de sur-travail, il est tr&#232;s difficile de trouver le temps suppl&#233;mentaire pour militer. Mais on sent une forte demande pour en discuter autour de nous en ce moment, c'est plut&#244;t positif... J'ai la nette impression qu'il est partout difficile de mobiliser et de faire gr&#232;ve, mais effectivement, le fait d'avoir pour employeur des b&#233;n&#233;voles, des gens qui donnent de leur temps, qui ne sont pas souvent bien form&#233;s, pas toujours tr&#232;s carr&#233;s, &#231;a peut se transformer en syndrome de Stockholm dans pas mal de situations ! Tu acceptes que &#231;a soit difficile, des conditions de travail pas toujours dans les clous, parce que, &#224; tort ou &#224; raison, tu veux du bien &#224; ton asso. Du coup, rentrer en conflit, faire cesser l'activit&#233;, non seulement, cela para&#238;t un peu schizophr&#233;nique (surtout si tu agis dans des champs sociaux, politiques, militants), mais &#231;a peut m&#234;me sembler contre-productif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les m&#233;thodes d'action, le fonctionnement et les revendications diff&#232;rent-elles des syndicats traditionnels ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;J'ai l'impression qu'il y a encore beaucoup &#224; inventer, et que c'est prometteur. Les sp&#233;cificit&#233;s d'un secteur comme celui- ci, et plus largement celles des pr&#233;caires, en int&#233;rim, CDD, contrats aid&#233;s divers et vari&#233;s, services civiques, rendent n&#233;cessaires l'invention de nouvelles pratiques pour pouvoir trouver des leviers de lutte f&#233;conds. Mais c'est pas de la tarte ! Je ne suis pas encore certain que le syndicalisme soit &lt;i&gt;la &lt;/i&gt;solution, mais &#231;a me semble int&#233;ressant d'explorer la perspective de rencontrer des camarades, &#233;changer sur nos exp&#233;riences et v&#233;cus au travail.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Ferdinand Cazalis&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; L'universit&#233;, un lieu d'exp&#233;rimentation de la pr&#233;carit&#233; &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/L-universite-un-lieu-d</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/L-universite-un-lieu-d</guid>
		<dc:date>2019-08-19T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Bertoyas</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Mais</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>recherche</dc:subject>
		<dc:subject>loi Travail</dc:subject>
		<dc:subject>syndicats</dc:subject>
		<dc:subject>l'Universit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>pr&#233;caires</dc:subject>
		<dc:subject>frais d'inscription</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le collectif national des pr&#233;caires de l'Enseignement sup&#233;rieur et de la recherche a &#233;t&#233; fond&#233; en 2016. Regroupant plus de vingt collectifs locaux autonomes dans toute la France, il d&#233;nonce la pr&#233;carisation en cours dans les universit&#233;s, l'obsession de la rentabilit&#233; et les jeux de pouvoir syst&#233;miques. Discussion collective avec des doctorants en lutte de Paris 1, Paris 8 et Aix-Marseille.Et attention, ils sont chauds comme des baraques &#224; frites. R&#233;sistance doctorale ! Universit&#233; Paris 1 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no149-decembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;149 (d&#233;cembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bertoyas" rel="tag"&gt;Bertoyas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mais" rel="tag"&gt;Mais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/recherche" rel="tag"&gt;recherche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/loi-Travail" rel="tag"&gt;loi Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/syndicats" rel="tag"&gt;syndicats&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-Universite" rel="tag"&gt;l'Universit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/precaires" rel="tag"&gt;pr&#233;caires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/frais-d-inscription" rel="tag"&gt;frais d'inscription&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le collectif national des pr&#233;caires de l'Enseignement sup&#233;rieur et de la recherche a &#233;t&#233; fond&#233; en 2016. Regroupant plus de vingt collectifs locaux autonomes dans toute la France, il d&#233;nonce la pr&#233;carisation en cours dans les universit&#233;s, l'obsession de la rentabilit&#233; et les jeux de pouvoir syst&#233;miques. Discussion collective avec des doctorants en lutte de Paris 1, Paris 8 et Aix-Marseille.Et attention, ils sont chauds comme des baraques &#224; frites. R&#233;sistance doctorale !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2994 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH555/-1232-49283.jpg?1779603042' width='400' height='555' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Jean-Michel Bertoyas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Universit&#233; Paris 1 Sorbonne. Caf&#233; Le Duc, rue de la Sorbonne, Paris 5&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeanne :&lt;/strong&gt; Tout a commenc&#233; en mai 2015, par une r&#233;union des repr&#233;sentant.e.s des &#233;coles doctorales, en Histoire, G&#233;ographie, Philosophie, etc., concernant les dates de rendu des th&#232;ses que l'administration venait d'avancer au mois d'octobre. Jusqu'ici, si on rendait sa th&#232;se avant d&#233;cembre, on ne devait pas se r&#233;inscrire. D&#233;sormais, il allait falloir payer de nouveaux frais d'inscription. Parall&#232;lement, les doctorant.e.s affili&#233;. e.s &#224; la section Sud &#201;ducation de Paris 1 ont commenc&#233; &#224; r&#233;agir. D'autant que dans la foul&#233;e, une autre mesure est tomb&#233;e, &#224; savoir la suppression des frais d'exon&#233;ration pour les doctorant.e.s financ&#233;.e.s de l'Universit&#233; : jusque-l&#224;, &#224; Paris 1, les doctorant. e.s qui obtenaient un financement de la fac &#233;taient exon&#233;r&#233;.e.s de leurs frais d'inscription, car consid&#233;r&#233;.e.s comme des salari&#233;.e.s de l'Universit&#233;. Or, cette exon&#233;ration a &#233;t&#233; supprim&#233;e en catimini par le Conseil d'administration en juillet 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Estelle :&lt;/strong&gt; En utilisant le fait que nous ayons encore un statut d'&#233;tudiant.e, ils nous faisaient payer pour travailler pour eux en tant que chercheur.e.s et profs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeanne :&lt;/strong&gt; Les r&#233;unions et AG organis&#233;es par les repr&#233;sentant.e.s des doctorant.e.s ont r&#233;uni d&#232;s le d&#233;but des syndiqu&#233;.e.s &#224; Sud &#201;ducation (personnel et enseignant.e.s) et &#224; l'Unef (&#233;tudiant.e.s) &#8211; les doctorant.e.s ayant le double statut de personnel et d'&#233;tudiant.e.s &#8211;, mais surtout des non syndiqu&#233;.e.s. En &#233;changeant sur nos exp&#233;riences, on s'est rendu compte que les doctorant. e.s &#233;taient trait&#233;.e.s de diff&#233;rentes mani&#232;res selon les disciplines, mais que les abus &#233;taient assez r&#233;pandus. Nous avons d&#233;couvert une banalisation des pratiques ill&#233;gales au sein des &#233;coles doctorales : heures suppl&#233;mentaires non pay&#233;es, personnes travaillant sans contrat, corrections de copies hors service, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Estelle :&lt;/strong&gt; On nous fait corriger gratuitement des copies suppl&#233;mentaires qui ne correspondent pas aux mati&#232;res qu'on enseigne. On s'est donc rendu compte que la question des frais d'inscription n'&#233;tait qu'une petite partie du probl&#232;me et qu'elle ne concernait qu'une minorit&#233; de doctorant.e.s : les contractuel.le.s et les Attach&#233;.e.s temporaires d'enseignement et de recherche (Ater). Nous sommes pour la plupart vacataires, sans financement, ou travaillons &#224; c&#244;t&#233; pour payer nos &#233;tudes. Une de nos difficult&#233;s tenait pr&#233;cis&#233;ment &#224; notre &#233;clatement : nous avions des parcours diff&#233;rents et appartenions &#224; des disciplines distinctes ; nos degr&#233;s d'engagement et nos orientations politiques &#233;taient parfois divergents. En droit, par exemple, l'id&#233;e d'un mouvement collectif, d'une lutte sociale ou d'un rapport de force &#233;tait loin d'&#234;tre acquise ! Cela a jou&#233; dans le r&#244;le assign&#233; aux syndicats, car on ne voulait pas que leur pr&#233;sence soit un frein &#224; la participation d'un certain nombre de personnes. Les syndicats &#233;taient aussi per&#231;us tr&#232;s diff&#233;remment selon les personnes mobilis&#233;es : m&#234;me s'ils ont jou&#233; un r&#244;le dans le mouvement, expliciter ou afficher ce r&#244;le a toujours suscit&#233; des d&#233;bats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeanne :&lt;/strong&gt; On pr&#233;sente alors une liste de revendications communes &#224; la pr&#233;sidence de Paris 1, qui rejette tout en bloc. Ces revendications ont aussi fait l'objet d'une p&#233;tition qui a recueilli plus de 850 signatures, et d'une motion de soutien sign&#233;e par pr&#232;s d'une centaine de titulaires. C'&#233;tait juste avant les &#233;lections pour renouveler la pr&#233;sidence et les conseils centraux. Nous avons donc choisi d'y pr&#233;senter des listes (Doctorant. e.s mobilis&#233;.e.s pour l'Universit&#233;) en tant qu'enseignant.e.s et &#233;tudiant.e.s, ce qui a abouti &#224; l'&#233;lection d'une de nos candidates au conseil d'administration et &#224; la pr&#233;sence d'&#233;lu.e.s dans tous les conseils centraux. Cela a bouscul&#233; les habitudes des titulaires qui voient rarement des non titulaires si&#233;ger avec eux &#8211; et les n&#244;tres, car il fallait jouer le jeu institutionnel et continuer la lutte de terrain en m&#234;me temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Estelle :&lt;/strong&gt; Les profs pouvaient nous soutenir sur des revendications sp&#233;cifiques, notamment pour les contractuel.le.s consid&#233;r&#233;.e.s par eux comme les meilleurs &#233;l&#233;ments, mais...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thierry :&lt;/strong&gt; &#8230; il y a beaucoup d'hypocrisie de la part des profs titulaires qui se disent engag&#233;. e.s pour des sujets politiques hors de l'universit&#233;, mais qu'on n'entend plus quand &#231;a concerne leur lieu de travail. Ils nous mettent m&#234;me souvent des b&#226;tons dans les roues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Estelle :&lt;/strong&gt; Par ailleurs, le syst&#232;me universitaire est tr&#232;s d&#233;favorable &#224; la mobilisation et &#224; la lutte, car l'essentiel de la titularisation fonctionne sur la base de la cooptation. Puisqu'on est recrut&#233;.e.s par nos pair.e.s, aucun.e doctorant.e n'a int&#233;r&#234;t &#224; se mettre en porte &#224; faux vis-&#224;-vis des profs qui ont le pouvoir de le recruter et d'assurer sa carri&#232;re d'enseignant.e. D'o&#249; le chantage qui ne dit pas son nom : accepte de bosser gratuitement si tu veux continuer &#224; travailler &#224; l'Universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thierry :&lt;/strong&gt; On est dans un univers extr&#234;mement concurrentiel &#224; cause de la baisse des budgets de la recherche depuis des ann&#233;es. Il n'y a pas assez de postes ouverts &#224; l'Universit&#233;, donc chacun.e essaie de remplir son CV au maximum, quitte &#224; bosser gratuitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeanne :&lt;/strong&gt; Le processus d'&#233;lection du nouveau pr&#233;sident a r&#233;v&#233;l&#233; un syst&#232;me de tractations de couloirs qui nous a conduit &#224; nous abstenir pour l'&#233;lection de la pr&#233;sidence. Par ailleurs, les promesses qui nous avaient &#233;t&#233; faites avant les &#233;lections n'ont pas &#233;t&#233; imm&#233;diatement tenues. Afin de faire bouger les choses, une action collective est lanc&#233;e en mai 2016 : la r&#233;tention des notes tant que nos revendications ne seront pas satisfaites. Tou.te.s celles et ceux qui parmi nous enseignent ne rendent pas les notes des copies corrig&#233;es pour l'examen final du second semestre. Cela met l'administration dans une situation tr&#232;s compliqu&#233;e, car ils ont des d&#233;lais l&#233;gaux de traitement pr&#233;cis pour que les rattrapages se fassent dans les temps. Tr&#232;s vite, la plupart des enseignant.e.s titulaires qui avaient entam&#233; l'action avec nous l&#226;chent l'affaire. On se retrouve &#224; une soixantaine de pr&#233;caires et une poign&#233;e de titulaires pour tenir bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Estelle :&lt;/strong&gt; Lors du conseil d'administration, nous pr&#233;sentons plusieurs motions : le retour &#224; l'exon&#233;ration des frais d'inscription pour les contractuel.le.s et les Ater, l'extension de cette exon&#233;ration aux vacataires, et la mensualisation des salaires des doctorant.e.s vacataires, qui sont pour l'instant pay&#233;s en une fois, six mois apr&#232;s le premier jour de travail. Enfin, la fin du travail gratuit, pour les cours ou les copies suppl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thierry :&lt;/strong&gt; Et la cr&#233;ation d'un Observatoire de la pr&#233;carit&#233; &#224; l'Universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeanne :&lt;/strong&gt; La seule motion qui a fait consensus, c'est celle de l'exon&#233;ration pour les contractuel.le.s, car les profs les consid&#232;rent davantage comme des pair.e.s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Estelle :&lt;/strong&gt; Du coup, la lutte continue, on tient une semaine de plus sur la r&#233;tention des notes. Le CA finit par c&#233;der sur la mensualisation des vacations, pour la rentr&#233;e 2017, et l'Observatoire de la pr&#233;carit&#233;. Sur l'exon&#233;ration des vacataires, elle est repouss&#233;e &#224; 2017, et en attendant, ils peuvent &#234;tre exon&#233;r&#233;s des frais d'inscription sur crit&#232;res sociaux. La victoire n'est pas totale, mais quand m&#234;me de taille ; on finit par rendre les notes et par aider les personnels administratifs &#224; les enregistrer, pour ne pas les p&#233;naliser davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeanne :&lt;/strong&gt; Apr&#232;s les vacances d'&#233;t&#233;, &#231;a a aussi &#233;t&#233; la rentr&#233;e de la mobilisation. On n'&#233;tait pas s&#251;r.e.s que les promesses seraient tenues, et on s'est demand&#233;.e.s si on devait constituer un collectif de pr&#233;caires plus large, qui pourrait accueillir aussi les revendications du personnel administratif, des docteurs, des biblioth&#233;caires, etc. Aujourd'hui, No&#235;l approche, la mensualisation des salaires n'est pas du tout en route, et on nous redemande de corriger des copies non pay&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Estelle :&lt;/strong&gt; Depuis le d&#233;part, la question de la place des syndicats dans notre lutte pose probl&#232;me. Pour certain.e.s, on ne fait pas s&#233;rieux sans syndicat derri&#232;re nous. Pour d'autres, les mettre en avant, c'est se couper de tou.te.s celles et ceux qui s'en m&#233;fient. On a finalement opt&#233; pour ne pas s'affilier explicitement aux syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thierry :&lt;/strong&gt; Ce qui fait peur &#224; certain.e.s, c'est qu'il pourrait y avoir une r&#233;cup&#233;ration politique par des syndicats d&#233;j&#224; constitu&#233;s, qui ont des positions politiques plus englobantes que celle du collectif pour le moment. Nous sommes n&#233;anmoins nombreux &#224; les partager, et il faut admettre que la mobilisation aurait &#233;t&#233; difficile sans eux. Il y a toutefois diff&#233;rents points de vue qui s'affrontent &#224; ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Estelle :&lt;/strong&gt; Certain.e.s doctorant.e.s de Paris 1, clairement hostiles &#224; toute mention de la lutte des classes, ne voulaient pas se rapprocher de celles et ceux qui manifestaient dans les rues contre la loi Travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thierry :&lt;/strong&gt; Le collectif national des pr&#233;caires de l'ESR est n&#233; pendant la loi Travail, mais il n'a pas de pouvoir d&#233;cisionnaire : ce n'est qu'une coordination des luttes men&#233;es au sein de chaque universit&#233;. Chaque groupe local d&#233;cide de quoi faire dans sa fac, selon le contexte et les r&#233;glementations auxquelles il est confront&#233;. Cela donne des situations &#233;tonnantes : par exemple, c'est &#224; Paris 1 qu'on a pour l'instant obtenu le plus d'avanc&#233;es, avec les actions les plus radicales, alors que parall&#232;lement, seule une petite partie du collectif &#233;tait vraiment active pendant le mouvement de la loi Travail, ou &#224; Nuit Debout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeanne :&lt;/strong&gt; L'enjeu des collectifs locaux maintenant, c'est d'arriver &#224; articuler la mobilisation au niveau local et la coordination nationale.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paris 8 Saint-Denis et Universit&#233; Aix-Marseille. Bar de la Passerelle, rue des Trois Mages, Marseille 6&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andrea :&lt;/strong&gt; Le collectif des pr&#233;caires de l'enseignement et de la recherche de Paris 8 s'est cr&#233;&#233; pendant le mouvement contre la loi Travail, qui mettait en avant la question de la pr&#233;carit&#233;, une probl&#233;matique que les syndicats ont du mal &#224; appr&#233;hender, car ils syndiquent peu de pr&#233;caires, notamment chez les enseignant.e.s et chercheur.e.s. L'envie premi&#232;re &#233;tait de nous organiser entre coll&#232;gues vivant la m&#234;me r&#233;alit&#233;. L'Universit&#233;, et la fonction publique en g&#233;n&#233;ral, est pourtant depuis longtemps un lieu d'exp&#233;rimentation de la pr&#233;carit&#233;. Depuis la rentr&#233;e, on s'est concentr&#233; sur l'exon&#233;ration de frais d'inscription pour les doctorant.e.s. On s'est mis en lien avec l'intersyndicale &#8211; je suis pour ma part &#224; la CGT &#8211;, qui organise relativement bien les personnels non-enseignants (Biatoss) pour pouvoir recenser les probl&#232;mes de pr&#233;carit&#233; dans les d&#233;partements, les laboratoires, les services de l'Universit&#233;. On essaie enfin de faire de la formation autour de la question des droits du ch&#244;mage. Les administrations ne donnent que trop tardivement les papiers n&#233;cessaires attestant la fin du contrat et permettant de s'inscrire &#224; P&#244;le Emploi, ce qui pose des gros probl&#232;mes de d&#233;lai de carence, et certains coll&#232;gues se font r&#233;guli&#232;rement sucrer deux ou trois mois de ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Emma :&lt;/strong&gt; Pour ma part, je ne suis pas syndiqu&#233;e. L'universit&#233; Aix-Marseille est &#233;clat&#233;e entre plusieurs sites, et notre premi&#232;re difficult&#233; est de faire en sorte que tout le monde se rencontre. Plusieurs doctorant.e.s se sont r&#233;uni.e.s et nous avons constitu&#233; un cort&#232;ge de pr&#233;caires de l'ESR dans les manifs contre la loi Travail. Puis, apr&#232;s une discussion avec Toulouse, Paris 1 et Paris 8, on a organis&#233; la premi&#232;re journ&#233;e nationale contre la pr&#233;carisation de l'Universit&#233; le 13 avril, et de nombreux collectifs ont r&#233;pondu &#224; l'appel, venus de toute la France. C'&#233;tait une victoire de rassembler tous ces gens et de faire un &#233;change d'exp&#233;riences sur ce qui se pratiquait, pour prendre le meilleur. Lors des rencontres, on s'est aper&#231;u.e.s par exemple, que, dans quelques facs, les doctorant.e.s &#233;taient exon&#233;r&#233;s de frais d'inscription, ce dont on n'avait jamais entendu parler. Il y a environ 25 collectifs en France, avec une vingtaine de personnes dans chacun. Ce qui est &#233;norme par rapport &#224; notre tradition d'isolement. Un collectif &#224; Toulouse avait produit une brochure sur la question de la pr&#233;carit&#233; &#224; l'universit&#233; qui nous a beaucoup servi. La notion de pr&#233;carit&#233;, ce n'est pas qu'une question de salaire. Elle articule deux dimensions : la premi&#232;re c'est l'incertitude, tu ne sais pas ce qu'il y aura apr&#232;s. En ce moment, tu as ton contrat de th&#232;se pay&#233; 1600 euros, mais dans trois ans, c'est termin&#233;, et tu ne sais pas ce qui va arriver. Cette dimension implique une seconde notion : les rapports de domination exacerb&#233;s avec les titulaires et directeurs de recherche. Tu ne sais pas ce qui viendra apr&#232;s, donc tu acceptes tout et n'importe quoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andrea :&lt;/strong&gt; Lors de notre premi&#232;re AG, une coll&#232;gue a racont&#233; neuf ans de lutte en tant que pr&#233;caire &#224; l'universit&#233;. Dans la salle, il y avait des gens, des n&#233;o-doctorant.e.s, avec des histoires tr&#232;s diff&#233;rentes. Finalement, en d&#233;cortiquant nos cas personnels, on a r&#233;ussi &#224; d&#233;monter ces impasses d'individualisation et &#224; mettre en avant des logiques de surpr&#233;carisation communes. Avec la r&#233;forme qui vient de passer, on nous explique que nos doctorats ne valent que dalle et qu'il faut s'adapter aux besoins du march&#233;. D&#233;velopper notre &#171; portefeuille de comp&#233;tences &#187;. On nous dit, entre les lignes, qu'il n'y aura pas de boulot dans la recherche et qu'il faut &#234;tre capable d'expliquer clairement au patronat ce qu'on sait faire plut&#244;t que ce que l'on sait tout court. C'est un non-sens, les docteur.e.s sont bien ins&#233;r&#233;.e.s sur le march&#233; du travail, tout simplement parce qu'on a d&#233;j&#224; un m&#233;tier : chercheur.e.s. Comme &#224; chaque fois, le probl&#232;me n'est pas la formation, mais les emplois disponibles. Sur ce point, l'&#201;tat-employeur est le premier responsable de la pr&#233;carit&#233; lorsqu'il diminue les budgets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Emma :&lt;/strong&gt; La logique de rentabilit&#233; implique une pression permanente, si bien qu'on a l'impression de ne plus avoir le droit de se tromper. Quand tu fais de la recherche, il est normal de se planter en permanence pour faire avancer les choses. Nous revendiquons et d&#233;fendons une recherche publique de qualit&#233; qui s'&#233;loigne le plus possible des logiques &#171; rentabilistes &#187;. Pour faire de la recherche, on a besoin de temps. L'intrusion des financeurs priv&#233;s implique qu'il y a recherche du profit dans un temps le plus court possible pour le compte du priv&#233; &#8211; et cette logique va &#224; l'encontre de notre conception d'une recherche collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andrea :&lt;/strong&gt; La fonction publique emploie de moins en moins de fonctionnaires titulaires : on estime aujourd'hui (selon le minist&#232;re) qu'il y a pr&#232;s de 40% de personnels pr&#233;caires, Biatoss ou enseignant.e.s-chercheur.e.s &#224; l'Universit&#233;. Et ce chiffre ne prend m&#234;me pas en compte les vacataires, totalement invisibilis&#233;. e.s, qu'on estime &#224; 7 000 &#233;quivalents temps plein. Autant de personnes qui ne savent pas d'une ann&#233;e &#224; l'autre, voire d'un semestre &#224; l'autre, de quoi elles vivront, ni o&#249;. Les vacataires ne sont pas pay&#233;.e.s tous les mois, mais tous les six mois, voire plus. Comment payer son loyer dans ces conditions ? &#192; Paris 8, une coll&#232;gue s'est m&#234;me vue propos&#233; de faire un pr&#234;t &#233;tudiant aupr&#232;s de la fac en attendant qu'on lui paie son salaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Emma :&lt;/strong&gt; Par ailleurs, avec les d&#233;lais de plus en plus longs avant d'&#234;tre titularis&#233;, tu peux &#234;tre vacataire et contractuel pendant dix ans, sans cotiser pour la retraite par exemple. La loi Sauvadet de 2012 &#233;tait cens&#233;e lutter contre la multiplication des CDD et ouvrir l'acc&#232;s au CDI ou au fonctionnariat pour les contractuels. Pour contourner cela, Aix-Marseille-Universit&#233; s'est appuy&#233; sur une filiale priv&#233;e, Protisvalor, qui sert de portage salarial : quand tu es sur le point de passer en CDI, hop, on te r&#233;engage via Protisvalor, et on remet les compteurs &#224; z&#233;ro. Du coup, tu continues le m&#234;me boulot, mais avec un employeur priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andrea :&lt;/strong&gt; Les syndicats ont mis du temps &#224; prendre en compte les probl&#232;mes des pr&#233;caires. Dans toute l'histoire des revendications de cat&#233;gories sp&#233;cifiques, il a toujours fallu que les premier.e.s concern&#233;.e.s se mettent en avant et visibilisent leur situation pour que le reste du champ militant le prenne en compte. C'est valable pour les femmes, les travailleurs &#233;trangers, les pr&#233;caires. Les inerties, les lenteurs sp&#233;cifiques &#224; l'universit&#233;, ont fait que &#231;a a pris plus de temps qu'ailleurs. Par ailleurs, il est difficile de se syndiquer en &#233;tant pr&#233;caire. Le propre de la pr&#233;carit&#233;, c'est que tu passes beaucoup de temps &#224; essayer d'en sortir. En tout cas, la relation aux syndicats n'est pas un d&#233;bat clivant &#224; l'int&#233;rieur du mouvement des pr&#233;caires. Tu peux y appartenir en &#233;tant syndiqu&#233;.e ou pas, tant que tu restes ind&#233;pendant.e.s. On a r&#233;ussi &#224; construire une relation d'&#233;change avec les syndicats. Une reconnaissance nationale o&#249; le collectif a &#233;t&#233; int&#233;gr&#233; &#224; l'inter-syndicale nationale de l'Enseignement Sup&#233;rieur et de la Recherche par exemple. Les syndicats ont conscience qu'ils ont besoin de ce type de collectifs, car ils sont en difficult&#233; pour toucher les pr&#233;caires, parfois m&#233;fiant.e.s et souvent insaisissables, car on change d'institution- employeur sans arr&#234;t. De notre c&#244;t&#233;, on a conscience que nos revendications ne peuvent pas avancer si on ne cr&#233;e pas des alliances avec l'ensemble des travailleurs, quelles que soient leurs cat&#233;gories, pr&#233;caires ou non. Dans tous les cas, il n'y a pas de contradiction entre les deux. Un collectif unitaire a vocation &#224; s'orienter vers la mobilisation imm&#233;diate, avec les syndicats et au-del&#224; des syndicats. Ces derniers ont toute leur place l&#224;-dedans, mais projettent leur action sur long terme, acqu&#233;rant ainsi une expertise utile. Les deux se compl&#232;tent tr&#232;s bien. Je pense que certain.e.s r&#234;vent du moment o&#249; les syndicats seront adapt&#233;s &#224; recevoir des pr&#233;caires et o&#249; les pr&#233;caires seront pr&#234;ts &#224; se syndiquer aussi. Mais cette jonction l&#224; n'est pas encore faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Emma :&lt;/strong&gt; Jusqu'alors, on &#233;tait en r&#233;seau peu formalis&#233; de collectifs locaux, qui &#233;taient anciens ou en train de se cr&#233;er, puis on a cr&#233;&#233; ces rencontres nationales pour nous rencontrer, et tenter de coordonner nos actions et revendications &#8211; en partant du constat qu'il y avait d&#233;j&#224; eu des mobilisations locales qui butaient toujours sur le fait qu'&#224; un moment donn&#233;, il fallait passer aux questions nationales, aux questions de budget, aux questions de droit du travail, avoir des circulaires contraignantes de la part des minist&#232;res pour obliger les universit&#233;s &#224; ne pas faire n'importe quoi. On a donc d&#233;cid&#233; au consensus d'une plateforme de revendications. Les copains syndicalistes nous ont dit alors : mais c'est hallucinant, vous avez mis une demi-heure pour vous mettre d'accord ! Ils &#233;taient impressionn&#233;s qu'on d&#233;cide aussi vite, au consensus, parce qu'on parlait de nos exp&#233;riences imm&#233;diates, de notre quotidien. Aussi, le syndicalisme, et c'est normal, est charg&#233; d'histoire, de d&#233;bats, qui ne se r&#233;solvent pas si rapidement. Par exemple, revendiquer des CDI pour les contractuels, &#231;a peut &#234;tre per&#231;u comme une fa&#231;on de participer &#224; la fin du statut de fonctionnaire, et les coll&#232;gues qui ont int&#233;gr&#233; la fonction publique avant qu'explose la pr&#233;carit&#233; y sont &#224; juste titre attach&#233;s. Mais pour nous c'est diff&#233;rent, on tient au statut de fonctionnaire, mais on se dit aussi que, dans l'imm&#233;diat, des CDI, c'est pas si mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andrea :&lt;/strong&gt; &#192; partir de ces rencontres nationales, on a essay&#233; de cr&#233;er une structure nationale qui nous permette de constituer le collectif national autour de commissions th&#233;matiques sur des questions de revendication, de relation avec la presse, ou juridiques&#8230; Il y a aussi une commission d'animation nationale qui essaie de coordonner le tout, et d'organiser l'&#233;change d'exp&#233;riences, d'informations, de r&#233;pondre aux sollicitations des r&#233;seaux syndicaux, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Emma :&lt;/strong&gt; &#192; Toulouse, &#231;a fait un peu plus de trois ans qu'ils tiennent une permanence toutes les semaines. Il y a un bureau avec une porte ouverte, o&#249; tu peux aller dire : moi, ils ne m'ont pas pay&#233;, &#231;a fait tant de temps, qu'est-ce qu'on fait ? Du coup, ils ont r&#233;ussi &#224; monter des petites actions, faire des mini-occupations de l'administration pour mettre la pression. L'id&#233;e est de garder ce lien avec le local, parce qu'on est pris dans le syst&#232;me de l'autonomie des universit&#233;s, qui implique des contextes et des r&#233;glementations multiples. Le patron principal reste le minist&#232;re de l'Enseignement et de la Recherche, mais on doit garder l'articulation avec le local.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Ferdinand Cazalis&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un syndicalisme debout</title>
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		<dc:date>2019-07-29T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Apparue dans le paysage syndical fran&#231;ais &#224; la fin des ann&#233;es 1990, l'Union syndicale Solidaires a cherch&#233; &#224; rompre avec les pratiques les plus d&#233;testables en vigueur dans les grandes conf&#233;d&#233;rations. Int&#233;r&#234;t plus pratico-pratique pour expliquer cet article, leur local marseillais est situ&#233; &#224; deux pas de celui de CQFD. T&#233;moignages crois&#233;s. La conversation s'engage d'abord avec Christian, postier &#224; la retraite, qui a rejoint la CFDT tendance boul&#233;gante en 1976 avant d'adh&#233;rer &#224; SUD-PTT &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no149-decembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;149 (d&#233;cembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yann-Levy-81" rel="tag"&gt;Yann Levy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CFDT" rel="tag"&gt;CFDT&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apparue dans le paysage syndical fran&#231;ais &#224; la fin des ann&#233;es 1990, l'Union syndicale Solidaires a cherch&#233; &#224; rompre avec les pratiques les plus d&#233;testables en vigueur dans les grandes conf&#233;d&#233;rations. Int&#233;r&#234;t plus pratico-pratique pour expliquer cet article, leur local marseillais est situ&#233; &#224; deux pas de celui de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. T&#233;moignages crois&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2996 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1234-17bf9.jpg?1780330884' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Yann Levy / Hans Lucas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;a conversation s'engage d'abord avec Christian, postier &#224; la retraite, qui a rejoint la CFDT tendance &lt;i&gt;boul&#233;gante &lt;/i&gt;en 1976 avant d'adh&#233;rer &#224; SUD-PTT&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour &#171; solidaires, unitaires, d&#233;mocratiques &#187;, les syndicats SUD (PTT, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#224; la fin des ann&#233;es 1980. Quand je lui parle du tr&#232;s faible engagement syndical en France&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avec seulement 8%, le taux de syndicalisation en France est le plus bas de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, il embraye aussit&#244;t. &#171; &lt;i&gt;Il faut bien prendre en compte la r&#233;pression tr&#232;s dure qui s'abat sur les syndicalistes dans les bo&#238;tes priv&#233;es. Dans les tr&#232;s petites entreprises, tu risques ta place. Le taux de syndicalisation ne repr&#233;sente pas non plus l'influence des organisations qui b&#233;n&#233;ficient d'un pourcentage de confiance assez &#233;lev&#233;. Puis les salari&#233;s en conflit avec leur direction sont bien oblig&#233;s de passer par une structure pour faire aboutir leurs revendications. Ce qui joue aussi beaucoup, c'est le charisme du ou des repr&#233;sentants du personnel dans la bo&#238;te. C'est vrai que l'image des syndicats n'est pas toujours bien nette, m&#234;me s'il est important de mettre &#224; distance le discours tr&#232;s n&#233;gatif des m&#233;dias comme celui qui a cibl&#233; la CGT pendant le mouvement contre la loi Travail. Mais les grandes centrales ont parfois des messages brouill&#233;s, surtout lorsqu'elles ne sont pas assez &#224; l'&#233;coute des salari&#233;s de base. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Delphine, militante de SUD-&#201;ducation depuis six ans, l'explication se trouve ailleurs. &#171; &lt;i&gt;En d&#233;veloppant des outils informatiques d'accompagnement individuel des carri&#232;res, le minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale a d&#233;courag&#233; chez les profs les tentatives de mobilisation collective. Tout passe par la n&#233;gociation entre le syndicat majoritaire, clairement r&#233;formiste, et le gouvernement. On observe aussi une tendance au d&#233;sengagement des plus vieux, souvent r&#233;sign&#233;s, et un ph&#233;nom&#232;ne de d&#233;politisation chez les plus jeunes. Quand ce n'est pas une adh&#233;sion aux id&#233;es de la droite d&#233;complex&#233;e, notamment sur la n&#233;cessit&#233; du retour de l'autorit&#233; dans les &#233;tablissements scolaires ou de faire des &#233;conomies budg&#233;taires. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Revenons &#224; pr&#233;sent sur la fondation de l'Union syndicale (US) Solidaires&lt;/strong&gt;. C'est Christian qui reprend la main. &#171; &lt;i&gt;Comme moi, beaucoup de militants ont &#233;t&#233; vir&#233;s de la CFDT &#224; la fin des ann&#233;es 1980, dans une grande purge qui a frapp&#233; des sections enti&#232;res &#224; la Poste ou &#224; l'h&#244;pital. Notre volont&#233; &#233;tait alors de cr&#233;er une union avec des entit&#233;s autonomes pour &#233;viter une prise de pouvoir par les f&#233;d&#233;rations les plus puissantes. En offrant une voix &#224; chaque syndicat, quel que soit le nombre d'adh&#233;rents, on permet aux minorit&#233;s d'&#234;tre entendues. Mais les votes sont plut&#244;t rares, car on privil&#233;gie la culture du consensus. Si cela doit arriver quand m&#234;me, on fait remonter au niveau du conseil national la voix majoritaire et la voix minoritaire, histoire de ne pas &#233;touffer les d&#233;bats internes. Solidaires, c'est aussi un syndicalisme de lutte en r&#233;f&#233;rence &#224; la charte d'Amiens &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Adopt&#233;e en 1906 lors du 9e congr&#232;s de la CGT, elle affirme dans son article (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. Il faut &#234;tre &#224; la fois sur le&lt;/i&gt; &lt;i&gt;terrain avec les salari&#233;s dans leurs revendications quotidiennes et faire de la politique pour transformer la soci&#233;t&#233; sur de grandes questions comme l'&#233;cologie, la place du travail, l'antiracisme. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une approche qui se r&#233;v&#232;le f&#233;conde ? &#171; &lt;i&gt;En salle des profs, les coll&#232;gues fuient le discours syndical, m&#234;me s'il se r&#233;sume &#224; une simple information, alors si je leur parle capitalisme, &#201;tat ou patronat... &#187;&lt;/i&gt;, se d&#233;sole Delphine. &#171; &lt;i&gt;Le quotidien du travail, c'est justement un lieu et un moment privil&#233;gi&#233;s pour discuter avec les coll&#232;gues, aussi bien de leur bifteck que de la r&#233;flexion raciste que l'un d'entre eux a pu l&#226;cher, sans attendre un grand congr&#232;s annuel pour leur montrer que les deux sont li&#233;&lt;/i&gt;s &#187;, insiste Christian.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la photographie sociologique d'une US Solidaires qui ferait appara&#238;tre une sur-repr&#233;sentation des dipl&#244;m&#233;s, des emplois stables, des militants &#226;g&#233;s, elle ne correspond pas &#224; la r&#233;alit&#233; v&#233;cue par notre postier &#224; la retraite. &#171; &lt;i&gt;C'est vrai concernant le secteur public, car il est plus facile de s'y d&#233;velopper pour un syndicat jeune, mais cela &#233;volue, en particulier depuis 2008, avec de multiples implantations dans le priv&#233; &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;SUD-Michelin, SUD-Areva, SUD-Renault...&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Pour les dipl&#244;m&#233;s, cela varie &#233;norm&#233;ment&lt;/i&gt; &lt;i&gt;selon les branches, entre SUD-&#201;ducation et SUD-PTT par exemple. Et quand tu rentres dans le local &#224; Marseille, il y a souvent plus de militantes que de militants. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de l'&#226;ge lui para&#238;t tr&#232;s secondaire par rapport &#224; celle de la transmission d'exp&#233;rience entre la vieille garde pass&#233;e par la CFDT et les jeunes g&#233;n&#233;rations qui tardent &#224; pointer le bout de leur nez. Au-del&#224; des sessions d'informations r&#233;guli&#232;res en direction des nouveaux adh&#233;rents, quel que soit leur niveau de pratique syndicale, Christian se rend disponible pour des sessions th&#233;matiques sur tous les sujets de soci&#233;t&#233;, de l'histoire des luttes &#224; la question du genre en passant par le d&#233;tricotage des lois. &#171; &lt;i&gt;C'est un axe essentiel de la lutte car plus les gens, militants ou non, sont inform&#233;s, moins ils se sentent isol&#233;s, impuissants. L'union Solidaires 13 est pleinement dans son r&#244;le quand elle cr&#233;e des moments de rencontres interprofessionnelles, de mises en commun des m&#234;mes probl&#233;matiques. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vaste local am&#233;nag&#233; dans le centre-ville de Marseille en r&#233;f&#233;rence aux Bourses du travail doit permettre de poursuivre le m&#234;me objectif en accueillant les grosses machines, telles Attac ou Greenpeace, comme les petites associations (&#224; l'instar du collectif des Amoureux au ban public), en organisant un cin&#233;-club r&#233;gulier autour de luttes sociales connues ou moins connues (par exemple la guerre d'Espagne vue du c&#244;t&#233; des femmes libertaires), en invitant tout un chacun &#224; un repas ou un ap&#233;ro sur le trottoir apr&#232;s une journ&#233;e d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais Solidaires dans la capitale phoc&#233;enne s'identifie d'abord gr&#226;ce &#224; son camion rose qui est de toutes les luttes&lt;/strong&gt;. Lors d'une fin de manif contre la loi Travail, il s'est retrouv&#233; en premi&#232;re ligne face &#224; des cond&#233;s d&#233;cid&#233;s &#224; pourchasser les lyc&#233;ens qui ne voulaient pas sagement rentrer dans le rang. Bilan : cort&#232;ge abondamment gaz&#233; et pare-brise &#233;clat&#233;. &#171; &lt;i&gt;Par rapport aux consignes de l'intersyndicale, on a pris l'initiative de se mettre au milieu pour essayer de prot&#233;ger les jeunes &#187;&lt;/i&gt;, ajoute Christian. Sans compter les soir&#233;es de soutien et les caisses de solidarit&#233; qui ont permis de r&#233;colter plusieurs milliers d'euros pour payer les frais de justice des inculp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de Delphine, c'est la d&#233;ception qui l'emporte quant &#224; l'implication de ses coll&#232;gues dans le mouvement. &#171; &lt;i&gt;Tr&#232;s peu en gr&#232;ve ou en manif, ils pensaient ne pas &#234;tre concern&#233;s par la loi. De toute fa&#231;on, ils sont tr&#232;s attentistes. M&#234;me les annonces des programmes de droite sur le recul de l'&#226;ge de d&#233;part en retraite ne d&#233;bouchent pas sur l'id&#233;e de lutter. La strat&#233;gie de grignotage des droits par les pouvoirs en place fonctionne &#224; plein, et chacun pr&#233;f&#232;re se r&#233;fugier dans des tactiques d'&#233;vitement individuel, pouvant aller jusqu'&#224; d'hypoth&#233;tiques plans de reconversion. Les rares &#224; se bagarrer sont les coll&#232;gues de l'&#233;ducation prioritaire parce qu'ils sont souvent plus politis&#233;s &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Form&#233;s en intersyndicale, ils continuent de mettre la pression sur Najat (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entre &#233;puisement et radicalisation&lt;/strong&gt;, quel avenir pour le syndicalisme traditionnel ? &#171; &lt;i&gt;Quelle radicalisation ? Celle de tous les gouvernements qui d&#233;rivent toujours plus &#224; droite ? Celle des directions de Goodyear ou d'Air France ? Le syndicat tel que je le pense n'est pas solidaire des mouvements sociaux, il est &lt;/i&gt;dans &lt;i&gt;les mouvements sociaux, &#224; Sivens comme &#224; Notre-Dame-des-Landes &#187;&lt;/i&gt;, conclut Christian.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Iffik Le Guen&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour &#171; solidaires, unitaires, d&#233;mocratiques &#187;, les syndicats SUD (PTT, Sant&#233;-Sociaux, Rail&#8230;) sont parmi les plus importants de l'US Solidaires avant et apr&#232;s le congr&#232;s fondateur de 1998. L'organisation revendique plus de 100 000 adh&#233;rents (pr&#232;s de 700 000 pour la CGT, 900 000 pour la CFDT) actifs &#233;galement au sein de structures interprofessionnelles locales (Solidaires 13...).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Avec seulement 8%, le taux de syndicalisation en France est le plus bas de l'UE et m&#234;me de l'OCDE.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Adopt&#233;e en 1906 lors du 9e congr&#232;s de la CGT, elle affirme dans son article 2 que le syndicat &#171; &lt;i&gt;groupe, en dehors de toute &#233;cole politique, tous les travailleurs conscients de la lutte &#224; mener pour la disparition du salariat et du patronat. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;SUD-Michelin, SUD-Areva, SUD-Renault...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Form&#233;s en intersyndicale, ils continuent de mettre la pression sur Najat Vallaud-Belkacem pour obtenir notamment la r&#233;int&#233;gration des lyc&#233;es dans la carte de l'&#233;ducation prioritaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Rennes d'un printemps</title>
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		<dc:date>2018-06-15T08:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Vincent Rivi&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Interview de Camille (oui, oui, le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;), salari&#233;, qui a particip&#233; au mouvement contre la loi Travail &#224; Rennes, et nous fait d&#233;couvrir le fonctionnement de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale interpro. CQFD : Comment expliques-tu la forte dynamique de Rennes dans la lutte contre la loi Travail ? Camille : C'est une longue tradition ici ! Durant la lutte contre le CPE en 2006, la facult&#233; de Villejean avait &#233;t&#233; &#224; la pointe de la mobilisation. Plus r&#233;cemment encore, le dossier de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no145-juillet-aout-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;145 (juillet-ao&#251;t 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Vincent-Riviere" rel="tag"&gt;Vincent Rivi&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lutte" rel="tag"&gt;lutte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mouvement" rel="tag"&gt;mouvement&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/forte-dynamique" rel="tag"&gt;forte dynamique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Interview de Camille (oui, oui, le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;), salari&#233;, qui a particip&#233; au mouvement contre la loi Travail &#224; Rennes, et nous fait d&#233;couvrir le fonctionnement de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale interpro.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2455 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-721.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH750/-721-64917.jpg?1779702677' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Vincent Rivi&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt; : Comment expliques-tu la forte dynamique de Rennes dans la lutte contre la loi Travail ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Camille :&lt;/strong&gt; C'est une longue tradition ici ! Durant la lutte contre le CPE en 2006, la facult&#233; de Villejean avait &#233;t&#233; &#224; la pointe de la mobilisation. Plus r&#233;cemment encore, le dossier de l'a&#233;roport de Notre-Dame-des-Landes a &#233;t&#233; l'occasion d'apprendre &#224; composer avec la diversit&#233; qui d&#233;fend la ZAD, des &#233;colos aux &#171; anarcho-autonomes &#187; comme disent les m&#233;dias ! Chacun tire de son c&#244;t&#233;, mais chacun sait qu'il ne s'agit de ne pas trop diviser. Du coup, quand le mouvement s'est lanc&#233;, il n'y a pas eu de ruptures. Un des points forts de Rennes, c'est que les gens &#233;voluent dans un territoire restreint, on se rencontre place Sainte-Anne, dans les caf&#233;s, on d&#233;passe les clivages politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a beaucoup &#233;voqu&#233; le niveau de violence des manifestations et des policiers.
La maire de Rennes, Nathalie App&#233;r&#233;, en a marre de l'opposition de gauche. Elle a voulu en finir, sauf qu'on n'en finit pas avec la violence par la violence. D'abord, elle a emp&#234;ch&#233; l'acc&#232;s &#224; l'hypercentre. L'impossibilit&#233; d'y manifester est li&#233;e &#224; un mouvement de fond d'embourgeoisement. De plus en plus de gens venaient prot&#233;g&#233;s en manif. Faut dire qu'ils ont sorti tout l'arsenal, avec la volont&#233; de faire mal : Flash-Balls point&#233;s vers le thorax et la t&#234;te, lacrymo &#224; tir tendu, grenades de d&#233;sencerclement pour terroriser. M&#234;me &lt;i&gt;Ouest-France&lt;/i&gt; a parl&#233; de violente charge polici&#232;re, c'est dire ! Beaucoup disaient avoir la frousse de venir manifester. Un &#233;tudiant a perdu un &#339;il le jeudi 28 avril suite &#224; un tir de Flash-Ball. La mairie socialisante n'a pas eu un mot de compassion, alors que quasiment chaque vitrine cass&#233;e avait droit &#224; un hommage appuy&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mouvement s'est-il cantonn&#233; &#224; des actions de rue ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de l&#224;. L'&#233;pisode le plus marquant est celui de l'occupation de la Maison du peuple, une salle de spectacle situ&#233;e en plein centre. L'initiative de l'occupation est venue de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale (AG) interpro qui regroupe des militants non encart&#233;s. Le 1er mai dernier (2016), une AG s'&#233;tait improvis&#233;e dans un multiplex de la ville avec les intermittents. Ils ont voulu se rendre en masse au meeting syndical organis&#233; le m&#234;me jour. Sauf qu'ils ont trouv&#233; porte close, l'&#233;v&#233;nement &#233;tant annul&#233;. Les manifestants sont rentr&#233;s de force dans la salle de spectacle. La mairie a demand&#233; l'expulsion imm&#233;diate, mais les syndicalistes ont finalement d&#233;barqu&#233; pour s'opposer &#224; l'intervention polici&#232;re. Une AG s'est improvis&#233;e. Il y avait une &#233;nergie incroyable. On retrouvait tout l'arc-en-ciel de la mobilisation sous un m&#234;me toit, du syndicaliste au cagoul&#233; des manifs. On sentait de la tension, mais pas d'invectives. Il y avait une vigilance &#224; ne pas rompre les ponts de chaque c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment s'est pass&#233;e l'occupation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mardi d'apr&#232;s, la mairie a tent&#233; une deuxi&#232;me expulsion, un jour de manif ! Les syndicalistes de base sont venus d&#233;fendre les occupants, for&#231;ant les responsables d&#233;partementaux &#224; ramener leurs fesses. Il y a eu comme un appel d'air alors que le mouvement &#233;tait termin&#233; &#224; la fac. Loin d'&#234;tre trash&#233;e, comme on voit parfois, la salle est rest&#233;e nickel, certains effectuant m&#234;me de petites r&#233;parations ! Midi et soir, la cantine faisait des repas gratos pour 200 personnes, &#231;a attirait bien au-del&#224; des militants. Un concert sans alcool a &#233;t&#233; organis&#233;, un exploit en Bretagne ! Mais, le plus important, &#231;a a &#233;t&#233; les discussions qui avaient lieu partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette alliance au sein du mouvement en est rest&#233;e l&#224; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, ce qui s'est pass&#233; l&#224; est le r&#233;sultat d'un travail de longue haleine. Le syndicat Sud et l'AG interpro ont jou&#233; un r&#244;le cl&#233;. Leurs pr&#233;sences &#224; l'intersyndicale permettaient de ne pas couper les syndicats du reste de la lutte, et inversement. &#192; maintes reprises, on a vu des actions de solidarit&#233;, comme lorsque des syndicalistes SNCF ont d&#233;fendu des &#233;tudiants mont&#233;s sur les voies. Du coup, la Maison du peuple n'est pas rest&#233;e un lieu ferm&#233; sur lui-m&#234;me. Quand la CGT est rentr&#233;e dans la danse, les liens &#233;taient l&#224; pour &#233;tablir ensemble les conditions des blocages. Certains ont su faire tomber la posture radicale, et soutenir le mouvement syndical quand il s'agissait de paralyser l'&#233;conomie. C'est clair que des ponts sont cr&#233;&#233;s pour les prochaines luttes &#224; venir...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Debout partout</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Debout-partout</link>
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		<dc:date>2018-04-12T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Eneko</dc:subject>
		<dc:subject>Thema</dc:subject>
		<dc:subject>qu'on</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#171; Ceci n'est pas un exercice &#187; Banderole rennaise lors des manifestations d'avril 2016. &#171; Ce n'est pas une crise, c'est un syst&#232;me &#187;, dit un slogan des manifestations d'avril et de mai 2016, appel&#233;es &#224; durer. Uni.e.s contre la loi Travail et le trait&#233; transatlantique en arri&#232;re-plan, beaucoup partagent la m&#234;me d&#233;sillusion : comment a-t-on pu voter PS ? Et face &#224; la proposition carri&#233;riste de devenir fakir &#224; la place du fakir des plus &#171; progressistes &#187; (Front de Gauche, Podemos, Syriza, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no143-mai-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;143 (mai 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Eneko" rel="tag"&gt;Eneko&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Thema" rel="tag"&gt;Thema&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-on" rel="tag"&gt;qu'on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/place" rel="tag"&gt;place&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/crise" rel="tag"&gt;crise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/systeme" rel="tag"&gt;syst&#232;me&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/left" rel="tag"&gt;left&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/places" rel="tag"&gt;places&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/loi-Travail" rel="tag"&gt;loi Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/manifestations" rel="tag"&gt;manifestations&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nuits" rel="tag"&gt;Nuits&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/manifestations-d-avril" rel="tag"&gt;manifestations d'avril&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Ceci n'est pas un exercice &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Banderole rennaise lors des manifestations d'avril 2016.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2302 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH502/-574-04ea8.jpg?1779602900' width='400' height='502' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Eneko.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas une crise, c'est un syst&#232;me&lt;/i&gt; &#187;, dit un slogan des manifestations d'avril et de mai 2016, appel&#233;es &#224; durer. Uni.e.s contre la loi Travail et le trait&#233; transatlantique en arri&#232;re-plan, beaucoup partagent la m&#234;me d&#233;sillusion : comment a-t-on pu voter PS ? Et face &#224; la proposition carri&#233;riste de devenir fakir &#224; la place du fakir des plus &#171; progressistes &#187; (Front de Gauche, Podemos, Syriza, etc.), on ne sent plus que la d&#233;composition de la verticalit&#233;, de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative et de la personnalisation du pouvoir. Le d&#233;ferlement des violences polici&#232;res, l'ultralib&#233;ralisme et la malhonn&#234;tet&#233; des &#171; socialistes &#187; ont tellement d&#233;charn&#233; les mots politiques de leur sens, qu'il ne reste plus qu'&#224; tout inventer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Vous pensiez vraiment qu'on resterait sur Twitter&lt;/i&gt; &#187;, lisait-on sur des banderoles lyc&#233;ennes de Bourg-en-Bresse. Ce sont les plus jeunes, celles et ceux qu'on croyait r&#233;sign&#233;.e.s &#224; la vie 2.0 et la concurrence g&#233;n&#233;ralis&#233;e qui ont su les premiers d&#233;border le syndicalisme &#224; papa sur sa gauche pour enflammer la rue. Dans cette br&#232;che de jouvence se sont engouffr&#233;s les intermittents, la base syndicale (postiers, femmes de m&#233;nage, restauration, etc.) et toute une frange qu'on pensait endormie ou accabl&#233;e par les r&#233;cents conflits int&#233;rieurs et ext&#233;rieurs : les non organis&#233;.e.s, freelances, stagiaires, auto-entrepreneur.se.s, non syndiqu&#233;.e.s, &#233;tudiant.e.s pauvres, etc. Bref, le pr&#233;cariat qui a su prendre les places en une constellation incertaine de Nuits Debouts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce jour&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un jour de mai 2016, donc. (Note du webmaster en gr&#232;ve.)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, 180 villes en France et 15 pays dans le monde ont embo&#238;t&#233; le pas de la place de la R&#233;publique parisienne, avant le Global Debout pr&#233;vu le 15 mai, date anniversaire de l'occupation de la Puerta del Sol qui, &#224; partir du constat que les politiciens ne nous repr&#233;sentent pas, avait permis d'organiser de puissants combats contre la crise du logement et les politiques d'aust&#233;rit&#233; de l'&#201;tat espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Que revive la Commune&lt;/i&gt; &#187;, ce tag tr&#244;ne depuis les d&#233;buts du mouvement sur la bouche de m&#233;tro de la place de la R&#233;publique, et nomme un d&#233;sir qui s'affine et se socialise. Le chemin sera long, mais &#224; travers l'organisation autonome de groupes d'action, l'appui aux r&#233;fugi&#233;.e.s, la place r&#233;affirm&#233;e des femmes ou des quartiers populaires, ce sont des valeurs de solidarit&#233; qui reviennent en force. Sur les places, la parole a &#233;t&#233; prise. Sans &#233;vidence : au milieu des revendications particuli&#232;res et des mises en commun, &#233;mergent des maladresses, des d&#233;saccords, des conflits m&#234;me. Quoi de plus logique quand les murs des chapelles militantes se fissurent ? Au final, les occupations de l'espace public s'ajoutent aux manifestations, ZAD, actions directes, entraides de quartier, repaires associatifs et autres outils de lutte pour fabriquer un monde d&#233;barrass&#233; du capitalisme. &#192; la suite des attentats de 2015, politiciens, journalistes et animateurs nous exhortaient &#224; retourner le plus vite possible &#224; la vie normale. Rat&#233;. Apr&#232;s ce beau mois de mars, nous serons beaucoup &#224; ne plus retourner ni &#224; la normale, ni &#224; l'&#233;tat d'exception. Contre leurs guerres, leurs profits et leur tristesse, continuons de scander : &#171; &lt;i&gt;On est nombreux, on fait ce qu'on veut ! &lt;/i&gt; &#187;
*Banderole rennaise lors des manifestations d'avril 2016.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Au sommaire :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Rennes : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Rennes-La-bataille-du-centre-ville&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La bataille du centre-ville&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lille : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Lille-Convergence-des-nuits&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Convergence des nuits&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marseille et la CGT : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Marseille-Un-Pastis-bien-noye&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un Pastis... bien noy&#233; !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marseille : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Marseille-Le-S-O-fait-son-chaud&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le S.O. fait son chaud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nuit Debout : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Nuit-Debout-le-mois-le-plus-long&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le mois le plus long&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aubervilliers, Place des F&#234;tes : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/A-l-aube-de-nouvelles-Nuits&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'aube de nouvelles Nuits&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Analyse : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Tout-le-monde-apprend-avec-la&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Tout le monde apprend avec la crise &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#233;moignage : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Un-degre-de-violence-rare&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Un degr&#233; de violence rare &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#233;moignage : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Nuit-Debout-La-greve-c-est-relever&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La gr&#232;ve, c'est relever la t&#234;te &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/En-bref-mais-debout&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En bref mais debout&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Un jour de mai 2016, donc. (Note du webmaster en gr&#232;ve.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nuit Debout : &#171; La gr&#232;ve, c'est relever la t&#234;te &#187;</title>
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		<dc:creator>Ferdinand Cazalis</dc:creator>


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		<dc:subject>Ferdinand Cazalis</dc:subject>
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		<dc:subject>RATP</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Printemps 2016. Nuit Debout. Place de la R&#233;publique, Paris. Entretien avec Laurent, chauffeur de bus RATP depuis 27 ans, Lutte ouvri&#232;re. Je suis venu &#224; R&#233;publique avec quelques potes chauffeurs, par curiosit&#233; pour le mouvement Nuit Debout, en plein climat de mobilisations. Tout le monde ne peut pas venir, les gens qui bossent habitent loin du centre de Paris, et m&#234;me quand ils sont en gr&#232;ve, ils restent souvent chez eux. La loi Travail, &#231;a d&#233;go&#251;te pas mal de monde, mais la col&#232;re (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no143-mai-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;143 (mai 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-est" rel="tag"&gt;n'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/greve" rel="tag"&gt;gr&#232;ve&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/potes-chauffeurs" rel="tag"&gt;potes chauffeurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/RATP" rel="tag"&gt;RATP&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Printemps 2016. Nuit Debout. Place de la R&#233;publique, Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien avec Laurent, chauffeur de bus RATP depuis 27 ans, Lutte ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis venu &#224; R&#233;publique avec quelques potes chauffeurs, par curiosit&#233; pour le mouvement Nuit Debout, en plein climat de mobilisations. Tout le monde ne peut pas venir, les gens qui bossent habitent loin du centre de Paris, et m&#234;me quand ils sont en gr&#232;ve, ils restent souvent chez eux. La loi Travail, &#231;a d&#233;go&#251;te pas mal de monde, mais la col&#232;re g&#233;n&#233;rale n'est pas encore l&#224;. Beaucoup de travailleurs ne voient pas tr&#232;s bien comment cette loi va se traduire concr&#232;tement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2259 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/-532-8668d.jpg?1779602896' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; la RATP, il y a 7 syndicats pr&#233;sents, des appareils tr&#232;s bureaucratiques qui passent beaucoup de temps &#224; se critiquer les uns les autres. Pendant ce temps, il n'y a eu presque aucune information sur la loi Travail. Seule la CGT a fait un le job, et aussi Solidaires (qui s'est s&#233;par&#233; de Sud &#224; la RATP). On est 30% de gr&#233;vistes, c'est peu, mais s'il y en avait autant dans tous les secteurs, on montrerait notre d&#233;termination. C'est un choix des directions syndicales de ne pas se mobiliser, l'id&#233;e est de ne pas affronter directement le gouvernement et de se cantonner aux probl&#233;matiques localis&#233;es de chaque entreprise. Or beaucoup de gens attendent que leur syndicat leur dise si ce qui est en train de se passer est grave, et comme ce n'est pas le cas, rien ne se passe. Quelques non-syndiqu&#233;s viennent aux manifs, c'est des moments motivants, &#231;a gueule, c'est festif, on y voit la d&#233;termination des autres...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la RATP, quand on veut faire gr&#232;ve, il faut lancer une &#171; alarme sociale &#187;, c'est-&#224;-dire envoyer un message &#224; la direction pour dire qu'il y a un sujet de conflit, et il y a alors un d&#233;lai d'une semaine pour constater le d&#233;saccord. Ensuite, il faut poser un pr&#233;avis de gr&#232;ve cinq jours avant, puis individuellement, on doit confirmer par serveur vocal ou informatique 48 heures avant le jour de gr&#232;ve. Du coup, il est devenu plus difficile de d&#233;brayer les autres salari&#233;s ou de faire des piquets de gr&#232;ve pour embarquer les copains non syndiqu&#233;s, car ils risquent des repr&#233;sailles pour ne pas avoir respect&#233; la proc&#233;dure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est bien &#224; Nuit Debout, c'est que jeunes et moins jeunes partagent leurs id&#233;es, leurs exp&#233;riences et leurs critiques. Quand je vois que les probl&#233;matiques du travail sont abord&#233;es et que la question de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale y est discut&#233;e, je me dis que tout ce qui se passe ici sert &#224; quelque chose. C'est aussi l'occasion de renouveler les formes de la politique, de repenser la parole en AG ou les formes que prennent les manifs. Mais je ne pense pas qu'il faille opposer Nuit Debout aux syndicats : ils ont leurs d&#233;fauts, mais les gr&#232;ves restent une arme indispensable pour faire plier l'&#201;tat et les patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La principale difficult&#233;, c'est le d&#233;faitisme. La gr&#232;ve, c'est se voir, s'organiser, relever la t&#234;te. Dans les bo&#238;tes, &#231;a ne cause pas tant que &#231;a entre les gens, qui ne sont pas forc&#233;ment d'accord politiquement et qui ont leurs embrouilles interpersonnelles. Du coup, on parle de foot ou de m&#233;t&#233;o, &#231;a permet de ne pas aborder les sujets qui f&#226;chent. On a donc grandement besoin de ces moments de mouvement social, car &#231;a lib&#232;re la parole et &#231;a redonne espoir, que ce soit dans un d&#233;p&#244;t de m&#233;tros ou sur la place de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus important, ce n'est pas d'avoir la solution, elle n'est ni du c&#244;t&#233; des syndicats, ni des partis, ni de Nuit Debout. Le plus important, c'est de se triturer les m&#233;ninges ensemble pour changer les choses et trouver les mani&#232;res d'agir. Les gens de Nuit Debout peuvent participer &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, m&#234;me quand ils ne sont pas salari&#233;s : chacun ici a des amis avec qui il peut discuter et qu'il peut embringuer dans la lutte. Et puis, m&#234;me si c'est compliqu&#233; pour les gens de venir &#224; Nuit Debout, il y a d'autres endroits o&#249; se retrouver : dans les quartiers populaires, dans les entreprises...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Tout le monde apprend avec la crise &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Tout-le-monde-apprend-avec-la</link>
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		<dc:date>2018-04-11T17:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Duccio Scotini, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Ferdinand Cazalis</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;tat</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>politique</dc:subject>
		<dc:subject>mouvement</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>
		<dc:subject>guerre</dc:subject>
		<dc:subject>politiques</dc:subject>
		<dc:subject>Refus</dc:subject>
		<dc:subject>loi Travail</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Exil&#233; en France apr&#232;s les mouvements italiens des ann&#233;es 1970, auteur de Gouvernement par la dette et de Marcel Duchamp et le refus du travail, le philosophe Maurizio Lazzarato accompagne la lutte des Intermittents depuis les ann&#233;es 1990. Il aborde ici la crise de la dette, la g&#233;n&#233;ralisation&#8232;du pr&#233;cariat et le renouvellement des formes de lutte internationales, notamment autour des occupations de places et de leurs transversalit&#233;s. En quoi la question des intermittents permet-elle de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-etat" rel="tag"&gt;l'&#233;tat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/politique" rel="tag"&gt;politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mouvement" rel="tag"&gt;mouvement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/guerre" rel="tag"&gt;guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/politiques" rel="tag"&gt;politiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Refus" rel="tag"&gt;Refus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/loi-Travail" rel="tag"&gt;loi Travail&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Exil&#233; en France apr&#232;s les mouvements italiens des ann&#233;es 1970, auteur de &lt;i&gt;Gouvernement par la dette&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;Marcel Duchamp et le refus du travail&lt;/i&gt;, le philosophe Maurizio Lazzarato accompagne la lutte des Intermittents depuis les ann&#233;es 1990. Il aborde ici la crise de la dette, la g&#233;n&#233;ralisation&#8232;du pr&#233;cariat et le renouvellement des formes de lutte internationales, notamment autour des occupations de places et de leurs transversalit&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2308 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/-580-aa1d4.jpg?1779628331' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi la question des intermittents permet-elle de penser l'organisation du travail en g&#233;n&#233;ral ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1992, la Coordination des intermittents de Lyon avait dit deux choses importantes : 1. l'intermittence allait se g&#233;n&#233;raliser pour devenir un mode de travail adopt&#233; par tous et toutes, 2. leur r&#233;gime propre de protection sociale devrait alors &#234;tre la r&#232;gle pour tout le monde. Ces intuitions se v&#233;rifient aujourd'hui : l'emploi discontinu, les r&#233;mun&#233;rations variables et la d&#233;pendance &#224; plusieurs employeurs deviennent la norme. L'intermittence ou la pr&#233;carit&#233; &#8211; d&#233;sormais quasiment &#233;quivalents &#8211; qualifient l'ensemble de l'emploi. Nous sommes pass&#233;s du &#171; plein emploi &#187; de l'apr&#232;s-guerre au &#171; plein emploi pr&#233;caire &#187;. Et m&#234;me les gens qui ne sont pas pr&#233;caires sont affect&#233;s, car ils partagent la m&#234;me peur : &#234;tre pr&#233;caris&#233;s &#224; leur tour, licenci&#233;s ou requalifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on red&#233;finir un sujet politique et r&#233;volutionnaire fond&#233; sur le pr&#233;cariat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des pr&#233;caires n'a pas vocation &#224; remplir le vide laiss&#233; par le mouvement ouvrier. On assiste &#224; un processus mobilisation beaucoup plus large, qui s'est mis en &#339;uvre depuis les sommets de Seattle et G&#234;nes. Dans nombre de pays, de nouvelles formes de lutte ont &#233;merg&#233;, avec une communaut&#233; des modes d'organisation : 1. la capacit&#233; d'occuper un espace &#171; public &#187; (en r&#233;alit&#233; privatis&#233;, la ville n'est d&#233;sormais qu'un lieu de circulation pour se d&#233;placer d'un emploi &#224; un autre, d'un achat &#224; un autre) qui devient un lieu d'organisation, 2. la r&#233;appropriation de la politique &#224; travers la parole et l'action 3. la non-s&#233;paration de l'activit&#233; politique et de la vie quotidienne, 4. une organisation horizontale et le refus de la personnalisation de la lutte politique. C'est de l&#224; que peuvent surgir des nouvelles subjectivit&#233;s politiques, avec toutes ses modalit&#233;s &#8211; luttes des races, des sexes, des classes, des pr&#233;caires...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on ainsi en finir avec l'individualisation construite par le patronat en r&#233;action au mouvement ouvrier ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 1999 et du contre-sommet de Seattle (faisant suite aux soul&#232;vements zapatistes au Mexique), on a assist&#233; &#224; une resubjectivation de la r&#233;sistance et &#224; une r&#233;appropriation de la parole politique. C'est ce qu'on retrouve aujourd'hui en France avec le mouvement contre la loi Travail et Nuit Debout : un renversement total de la logique de l'&#233;tat d'urgence, en reprenant la rue, qui avait &#233;t&#233; vol&#233;e par le pouvoir, notamment quand les quarante chefs d'&#201;tat y avaient d&#233;fil&#233; &#8211; ceux-l&#224; m&#234;mes qui sont directement responsables des attentats et des conflits mondiaux. La chape de peur et d'angoisse qui pesait sur la France est repouss&#233;e : il s'agit de rouvrir l'espace politique, d'occuper l'espace public. Peu importent les frictions &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me de la place : de nouvelles possibilit&#233;s apparaissent. Si l'on prend la France d'il y a un mois et celle d'aujourd'hui, on commence d&#233;j&#224; &#224; respirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un enjeu de taille demeure n&#233;anmoins : le rapport avec les banlieues, donc avec l'histoire du colonialisme et du capitalisme &#8211; c'est au fond la m&#234;me chose, puisque depuis la conqu&#234;te de l'Am&#233;rique, le capitalisme est fond&#233; sur le colonialisme. Il s'agit d&#233;sormais de r&#233;fl&#233;chir &#224; la fa&#231;on dont on peut r&#233;agencer cette question, compl&#232;tement neutralis&#233;e et mystifi&#233;e par le d&#233;bat fran&#231;ais sur la la&#239;cit&#233;. L'organisation de la division du travail est travers&#233;e par les divisions sexuelles (le travail de reproduction assum&#233; par les femmes) et raciales. Les habitants des banlieues appartiennent au niveau le plus bas du prol&#233;tariat, mais &#231;a va &#234;tre tr&#232;s difficile de les impliquer avec le seul discours &#171; &#233;conomique &#187;. Ils sont bien entendu directement touch&#233;s par la loi Travail, mais ce qu'il importe aussi de penser, c'est qu'ils se voient domin&#233;s (et de longue date) par les Blancs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les mouvements d'occupation des places comme Nuit Debout peuvent-ils inqui&#233;ter le pouvoir ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste &#224; une radicalisation des r&#233;ponses du pouvoir, car il sent que quelque chose lui &#233;chappe. Il n'est absolument pas dispos&#233; &#224; changer sa ligne politique ; il ne consid&#232;re aucune alternative et ne souhaite pas mettre en &#339;uvre de politique r&#233;formiste sur le mod&#232;le du New Deal. &#192; l'&#233;poque, l'existence de l'Union sovi&#233;tique, la puissance des luttes sociales, la guerre d'Espagne, etc. les ont contraints &#224; l&#226;cher du lest. Mais aujourd'hui, cela n'est plus possible : on va vers des formes de gestion autoritaires de la situation sociale et &#233;conomique, vers une g&#233;n&#233;ralisation de l'&#233;tat d'urgence comme forme de gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2309 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH428/-581-08d74.jpg?1779603322' width='400' height='428' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu crois &#224; des sc&#233;narios de guerre civile ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t &#224; diff&#233;rentes formes de guerre civile. La dynamique de la guerre au niveau mondial est en train de ressurgir. Il y a un continuum de guerres qui se d&#233;veloppent entre l'Europe et le Moyen-Orient, passant par la Gr&#232;ce qui couple la crise de la dette et celle des r&#233;fugi&#233;s. Le terrain de la lutte des classes s'est d&#233;plac&#233; avec les politiques de la dette (finance) qui agissent &#224; un niveau d'abstraction beaucoup plus &#233;lev&#233; que celui de l'organisation du travail. Quand on demande la s&#233;paration du Medef et de l'&#201;tat comme dans les manifs de ces jours-ci, on oublie que la France doit emprunter, rien que cette ann&#233;e, 200 milliards de dollars pour pouvoir faire fonctionner l'&#201;tat. Les cr&#233;anciers qui ach&#232;tent la dette sont ceux qui d&#233;cident et posent les conditions (dont la loi Travail fait s&#251;rement partie). Gattaz et l'&#201;tat ne sont pas seuls aux commandes. En r&#233;alit&#233; ils ne sont que des articulations de la machine de financiarisation transnationale qui d&#233;cide les niveaux de salaire, d'emploi, ou de ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, tout le monde apprend avec la crise. Elle permet au mouvement de s'attaquer davantage &#224; la racine des probl&#232;mes. En Gr&#232;ce, par exemple, personne n'ignore plus que ce ne sont ni le gouvernement ni le patronat grec qui d&#233;cident, mais des agents de la machine financi&#232;re. Aussi, de nouvelles pistes de lutte se dessinent, on exp&#233;rimente, notamment depuis 2008, des modalit&#233;s d'organisation, mais les &#171; gouvern&#233;s &#187; n'ont pas encore invent&#233; de machine de guerre capable de renverser le rapport de forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu d&#233;fends par ailleurs que m&#234;me les droits sociaux ont &#233;t&#233; transform&#233;s en dette... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout un travail id&#233;ologique de culpabilisation a &#233;t&#233; conduit pour que les allocations ne soient plus vues comme quelque chose que l'on te doit parce que tu as cotis&#233; ou parce que c'est un droit social, mais comme quelque chose qu'on te &#171; pr&#234;te &#187; dans le cadre d'une dette. En &#233;change, tu dois fournir de la loyaut&#233;, des responsabilit&#233;s et surtout de la disponibilit&#233; &#224; chaque &#233;tape du circuit de production. C'est toi qui es coupable d'&#234;tre au ch&#244;mage, et tu dois &#234;tre &#171; disponible &#187; pour racheter ta faute. Au fond, cela revient &#224; contr&#244;ler ton temps. Les exemples sont nombreux : du contrat de travail &#171; z&#233;ro heure &#187; en Grande-Bretagne jusqu'au job &#224; un euro en Allemagne en passant par les contr&#244;les RSA en France : &#234;tre disponible tout le temps. Pour un travail et un salaire de merde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et le lien entre refus du travail et mouvement social ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le refus d'&#234;tre soumis &#224; la logique du travail salari&#233; traverse toute l'histoire des r&#233;sistances politiques, car il exprime le refus de la subordination : il faut cette capacit&#233; &#224; dire &#171; non &#187;, cette rupture subjective, pour interrompre la domination et ouvrir &#224; d'autres possibilit&#233;s politiques. L'interruption des flux de la production dans une usine, ou des flux de la vie normalis&#233;e (comme avec l'occupation des places) font sauter les cha&#238;nes de commandement dans le travail et la vie sociale. De quoi favoriser le d&#233;ploiement de logiques &#233;galitaires. C'est seulement dans cet espace-temps ouvert par le refus, qu'on peut s'organiser et op&#233;rer une &#171; reconversion &#187; de la subjectivit&#233;. Le refus, l'interruption, l'arr&#234;t de flux de production, de consommation et de communication est un pr&#233;alable au changement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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