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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>De quelques techniques de manipulation commerciale</title>
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		<dc:date>2022-10-07T14:35:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Plonk et Replonk</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis un bon si&#232;cle, les professionnels de la propagande, de la publicit&#233; et du marketing se basent sur les acquis de la psychologie sociale pour vendre des id&#233;es et des produits. Petit passage en revue. Vous &#234;tes dans la rue. Vous avez un petit achat &#224; faire mais mince, il vous manque 50 centimes. Et la plupart des passants vous envoient bouler... Conseil : avant de leur demander une pi&#232;ce, demandez-leur l'heure qu'il est. Comme par magie, ils seront bien plus nombreux &#224; vous donner un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no192-novembre-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;192 (novembre 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Plonk-et-Replonk" rel="tag"&gt;Plonk et Replonk&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis un bon si&#232;cle, les professionnels de la propagande, de la publicit&#233; et du marketing se basent sur les acquis de la psychologie sociale pour vendre des id&#233;es et des produits. Petit passage en revue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4758 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/plonk_replonk-reduit.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH370/plonk_replonk-reduit-29e67.jpg?1782959975' width='500' height='370' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Par Plonk &amp; Replonk
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;V&lt;/span&gt;ous &#234;tes dans la rue. Vous avez un petit achat &#224; faire mais mince, il vous manque 50 centimes. Et la plupart des passants vous envoient bouler... Conseil : avant de leur demander une pi&#232;ce, demandez-leur l'heure qu'il est. Comme par magie, ils seront bien plus nombreux &#224; vous donner un peu de monnaie. Sceptique ? Dans les ann&#233;es 1970, un chercheur am&#233;ricain a m&#233;thodiquement compar&#233; ces deux approches dans les rues d'Albuquerque, au Nouveau-Mexique. R&#233;sultat : quand la pi&#232;ce &#233;tait demand&#233;e tout de go, seule une personne sur dix donnait. Quand l'exp&#233;rimentateur avait demand&#233; l'heure au pr&#233;alable, sa requ&#234;te obtenait quatre fois plus de succ&#232;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La psychologie sociale l'a montr&#233; dans une foule d'exp&#233;riences : demander peu avant de demander beaucoup multiplie les chances de r&#233;ussite. Cette technique de manipulation basique porte un nom &#233;vocateur, rappelant la grande &#233;poque du d&#233;marchage commercial &#224; domicile : &lt;i&gt;le pied dans la porte&lt;/i&gt;. Si vous r&#233;ussissez &#224; rentrer chez les gens, votre on&#233;reuse encyclop&#233;die en 15 volumes est d&#233;j&#224; &#224; moiti&#233; vendue !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre pratique couramment utilis&#233;e dans la vente est appel&#233;e &lt;i&gt;l'amor&#231;age&lt;/i&gt;. Elle est bas&#233;e sur la difficult&#233; que nous &#233;prouvons le plus souvent &#224; revenir sur une d&#233;cision prise. Il s'agit donc pour le vendeur de leurrer le client pour g&#233;n&#233;rer chez lui une d&#233;cision d'achat, avant de changer les termes du contrat au dernier moment. Dans leur excellent&lt;i&gt; Petit trait&#233; de manipulation &#224; l'usage des honn&#234;tes gens&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Presses universitaires de Grenoble, 2014. L'essentiel de cet article (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, les chercheurs Robert-Vincent Joule et Jean-L&#233;on Beauvois donnent l'exemple suivant : il est 14 heures, vous voyagez en voiture, vous crevez la dalle et vous voyez, sur le bord de la route, un restaurant proposant un &#171; menu touristique &#187; &#224; bon prix. Profitant de l'aubaine, vous vous arr&#234;tez. Ce n'est qu'une fois install&#233; que vous apprendrez que ce tarif avantageux n'est pratiqu&#233; que jusqu'&#224; 13 h 30, et que l'entr&#233;e comme le vin ne sont pas inclus dans le menu. Il y a de fortes chances que vous ne fassiez pas machine arri&#232;re et sortiez d&#233;lest&#233; d'une somme que vous n'aviez absolument pas pr&#233;vu de d&#233;penser...&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pepsi ou Coca ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis un bon si&#232;cle, les professionnels de la propagande, de la publicit&#233; et du marketing se basent eux aussi sur les acquis de la psychologie sociale pour vendre des id&#233;es et des produits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des m&#233;canismes qu'ils utilisent fr&#233;quemment est le &lt;i&gt;conditionnement &#233;valuatif&lt;/i&gt;, sur lequel repose le placement de marques dans les films et autres s&#233;ries TV. Il s'agit d'op&#233;rer un transfert &#171; &lt;i&gt;de la positivit&#233; du contexte (sc&#232;ne, situation, visages, etc.) sur la marque ou le produit qui s'y trouve, apparemment par hasard&lt;/i&gt; &#187;. Une exp&#233;rience men&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 1980 a d&#233;montr&#233; la puissance du proc&#233;d&#233;. Pendant une minute, des chercheurs ont expos&#233; leurs sujets &#224; l'image d'un stylo, bleu clair pour certains et beige pour d'autres. Pendant cette minute, une musique &#233;tait diffus&#233;e, agr&#233;able pour certains et d&#233;sagr&#233;able pour d'autres. En repartant, les participants recevaient un cadeau en guise de remerciement : ils avaient le choix entre un stylo bleu clair et un stylo beige. R&#233;sultat ? &#171; &lt;i&gt;79 % de ceux qui avaient &#233;t&#233; expos&#233;s &#224; une musique plaisante choisirent un stylo de la m&#234;me couleur que sur &lt;/i&gt;[l'image. Et] &lt;i&gt;30 % seulement des sujets expos&#233;s &#224; une musique d&#233;sagr&#233;able choisirent un stylo de la m&#234;me couleur que sur &lt;/i&gt;[l'image] &lt;i&gt;qu'ils avaient visionn&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas forc&#233;ment besoin de passer par le &lt;i&gt;conditionnement &#233;valuatif&lt;/i&gt; pour influencer les consommateurs. Parfois, une &lt;i&gt;simple exposition&lt;/i&gt; suffit. C'est-&#224;-dire qu'&#224; force de voir le nom ou le logo d'une marque (m&#234;me si cette vision est si br&#232;ve que nous ne nous en rendons m&#234;me pas compte), nous avons tendance &#224; d&#233;velopper avec elle une familiarit&#233; qui nous poussera &#224; acheter ses produits. D&#232;s 1968, une exp&#233;rimentation scientifique avait permis d'objectiver ce ph&#233;nom&#232;ne. &#171; &lt;i&gt;Les sujets devaient lire des mots sans aucune signification pour eux (par exemple :&lt;/i&gt; dilikli)&lt;i&gt;, qu'ils pensaient &#234;tre d'origine turque&lt;/i&gt;. &#187; Certains mots leur &#233;taient pr&#233;sent&#233;s une fois, d'autres deux, cinq, dix ou vingt-cinq fois. On montrait ensuite tous les mots aux participants, en leur demandant s'ils d&#233;signaient, selon eux, quelque chose de bien ou quelque chose de mal. R&#233;sultat : &#171; &lt;i&gt;Les mots pr&#233;sent&#233;s le plus grand nombre de fois avaient acquis une connotation plus positive que les autres.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de la connaissance de ce genre de ph&#233;nom&#232;nes que le marketing tire une grande partie de sa force. Une puissance dont l'ampleur a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;e par plusieurs exp&#233;riences portant sur la question suivante : pr&#233;f&#233;rez-vous le Coca ou le Pepsi ? Quand les sujets ignorent ce qu'ils boivent, la majorit&#233; appr&#233;cie davantage le Pepsi. Mais s'ils connaissent la marque du breuvage qu'ils d&#233;gustent, la plupart pr&#233;f&#232;rent le Coca. Et vous, vous buvez quoi ce soir ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Presses universitaires de Grenoble, 2014. L'essentiel de cet article (citations incluses) est tir&#233; de cette efficace &#339;uvre de vulgarisation scientifique, dont les auteurs pourraient cependant s'interroger avec profit sur les st&#233;r&#233;otypes de genre qu'ils v&#233;hiculent.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La grande &#233;vasion : ras les villes, vive les champs ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-grande-evasion-ras-les-villes</link>
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		<dc:date>2022-09-02T12:37:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Plonk et Replonk</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Introduction de notre dossier consacr&#233; aux tentations d'exode urbain et aux luttes en territoire rural. &#171; &#8212; Regarde : d'ici on d&#233;couvre toute la for&#234;t environnante &#8212; Eh, cool, je vois un Virgin Megastore l&#224;-bas !!! &#8212; Ah non !!! Ici on appelle &#231;a un silo &#224; grains... &#187; Manu Larcenet, Le Retour &#224; la terre Faut l'avouer : ench&#226;ss&#233;s dans notre Marseille encrass&#233;e et vrombissante, on a parfois les pens&#233;es qui filent en piaillant vers des contr&#233;es plus vertes. La r&#233;appropriation des moyens de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no212-septembre-2022" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;212 (septembre 2022)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Plonk-et-Replonk" rel="tag"&gt;Plonk et Replonk&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Introduction de notre dossier consacr&#233; aux tentations d'exode urbain et aux luttes en territoire rural.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4683 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;34&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/cqfd_212_plonk_vigousse_120321g5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/cqfd_212_plonk_vigousse_120321g5-17e51.jpg?1783486341' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;illustration plonk &amp; Replonk
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8212; &lt;i&gt;Regarde : d'ici on d&#233;couvre toute la for&#234;t environnante&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; &lt;i&gt;Eh, cool, je vois un Virgin Megastore l&#224;-bas !!!&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; &lt;i&gt;Ah non !!! Ici on appelle &#231;a un silo &#224; grains...&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;Manu Larcenet,&lt;i&gt; Le Retour &#224; la terre&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tome 1, La Vraie vie, Dargaud, 2005.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;F&lt;/span&gt;aut l'avouer : ench&#226;ss&#233;s dans notre Marseille encrass&#233;e et vrombissante, on a parfois les pens&#233;es qui filent en piaillant vers des contr&#233;es plus vertes. La r&#233;appropriation des moyens de subsistance, la r&#233;invention de formes de vie collectives, les journ&#233;es qui s'allongent &#224; n'en plus finir, les poussins dodus qui vous picorent les doigts de pied... On vote pour. D'autant que politiquement, on a l'impression qu'il se passe de plus en plus de choses dans les campagnes : aux quatre coins de l'Hexagone, la r&#233;sistance s'organise contre la sp&#233;culation fonci&#232;re agricole, l'artificialisation des sols ou la pression du mod&#232;le agro-industriel polluant dont toutes les zones rurales font les frais. &#192; l'heure o&#249; ce texte est &#233;crit, le dimanche 28 ao&#251;t, quelque trois cents joyeux militants affili&#233;s &#224; la campagne des Soul&#232;vements de la Terre sont ainsi en train de vendanger des vignes appartenant au groupe LVMH pour protester contre l'accaparement des terres agricoles dans le Var. Et alors qu'on boucle ce num&#233;ro, rafler le vin de Bernard Arnault en compagnie de joyeux lurons paysans nous para&#238;t une option tout &#224; fait&lt;i&gt; d&#233;sirable&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du Larzac &#224; Notre-Dame-des-Landes en passant par Bure et Sivens, les luttes rurales savent parfois plus que d'autres rassembler les ennemis du capitalisme &#233;cocidaire. On en parlait il y a un peu plus d'un an dans notre dossier &lt;a href=&#034;https://cqfd-journal.org/Sous-le-beton-la-deter&#034;&gt;&#171; Luttes locales contre d&#233;prime globale &#187;&lt;/a&gt; (&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;200, juillet-ao&#251;t 2021). Et de retour de vacances au vert, on a eu envie d'y revenir, mais en changeant l'angle, en pointant le temps long plus que l'&#233;tincelle. En se penchant sur les &#233;cueils, aussi, ce qui dans le mouvement croissant de d&#233;sertion des villes pose question. Gratter l&#224; o&#249; l'herbe n'est pas si verte...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la r&#233;dac' on est tous plus ou moins proches de collectifs camarades qui se sont install&#233;s en territoire rural, arm&#233;s de projets concr&#232;tement chouettes et porteurs d'espoir. Et qui se trouvent in&#233;vitablement confront&#233;s &#224; des questions et des impasses. Les paysans bios du collectif de la Grange aux Merles nous racontent ainsi leurs exp&#233;riences, leurs r&#234;ves, leurs d&#233;boires et leurs compromis &lt;strong&gt;[lire pp. II &amp; III]&lt;/strong&gt;. Leur d&#233;marche rappelle celle des communaut&#233;s n&#233;o-rurales des ann&#233;es 1960 et 1970, quoique dans un contexte tr&#232;s diff&#233;rent. Et l'exp&#233;rience de ces pionniers montre combien une action collective, bord&#233;lique et motiv&#233;e, peut transformer en profondeur un territoire &lt;strong&gt;[pp. IV &amp; V&lt;/strong&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;En se penchant sur les &#233;cueils, aussi, ce qui dans le mouvement croissant de d&#233;sertion des villes pose question. Gratter l&#224; o&#249; l'herbe n'est pas si verte...&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Qu'on y jette un regard historique ou focalis&#233; sur le pr&#233;sent, la d&#233;sertion des villes, quand elle se veut politique, pose en tout cas bien des questions. En quoi est-ce tellement &lt;i&gt;politique&lt;/i&gt;, en soi, de s'installer &#224; la campagne ? &#192; quoi &#231;a rime de d&#233;serter les luttes urbaines, qui concernent malgr&#233; tout l'immense majorit&#233; de la population ? Et est-ce que cette d&#233;marche ne concerne pas avant tout une classe dot&#233;e de certains moyens financiers, au risque de se complaire dans l'entre-soi ? Ces questions, les aspirants-n&#233;os se les posent de plus en plus&lt;strong&gt; [p. VIII]&lt;/strong&gt;. Car le gros hic, hier comme aujourd'hui, c'est celui de l'insertion des nouveaux venus dans l'environnement o&#249; ils ont choisi de vivre, et dont les habitants d&#233;j&#224;-l&#224; ne leur ont rien demand&#233; et ne partagent pas n&#233;cessairement leur vision du monde. Il y a sans doute une part de clich&#233;, voire de mythe civilisateur, dans cette confrontation &lt;strong&gt;[p. IX]&lt;/strong&gt; ; ne pas la prendre en compte, c'est pourtant s'exposer au risque de voir capoter les luttes qui auraient d&#251; &#234;tre les plus f&#233;d&#233;ratrices &lt;strong&gt;[pp. VI &amp; VII]&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici s'invite dans le d&#233;bat une donn&#233;e essentielle, qui oblige &#224; temp&#233;rer certains constats : les territoires ruraux ne sont pas uniformes, ni tous soumis aux m&#234;mes probl&#233;matiques. Quel rapport entre les villages de Bretagne noy&#233;s par le cocktail tourisme/sp&#233;culation&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'article &#171; Des Bretons vent debout face &#224; la crise du logement &#187;, CQFD (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et les patelins de la Picardie &#171; profonde &#187; ? Quoi de commun entre la Creuse o&#249;, malgr&#233; l'augmentation du foncier, tu peux encore esp&#233;rer te loger pour pas trop cher et l'Ard&#232;che o&#249; les prix de l'immobilier explosent&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Des g&#233;ographes ont r&#233;cemment d&#233;nonc&#233; le mouvement de &#171; relocalisation du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; ? Le mouvement d'exode urbain contribue aussi &#224; dessiner une carte &#224; deux niveaux : des territoires peu &lt;i&gt;bankable &lt;/i&gt;et parfois socialement sinistr&#233;s&lt;i&gt; &lt;/i&gt;contre d'autres valoris&#233;s et vis&#233;s par les nouveaux venus. La logique est la m&#234;me que celle qui agite nos villes, notamment celle o&#249; &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;est install&#233; : si le centre-ville de Marseille est soumis &#224; une &lt;i&gt;hype&lt;/i&gt;, synonyme de touristification envahissante et de gentrification galopante, pas grand monde ne cible l'installation &#224; Maubeuge (Nord). Ni dans les quartiers Nord, d'ailleurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est pour &#231;a qu'on se dit aussi qu'il faut sans doute relativiser cette &lt;i&gt;opposition&lt;/i&gt; rural-urbain. Qu'elles se d&#233;roulent sur le goudron ou dans la boue, nos luttes font face au m&#234;me monstre. D'un c&#244;t&#233; comme de l'autre, il y est question de rapports de domination exacerb&#233;s, d'artificialisation du vivant, de capitalisme destructeur, de d&#233;possession de nos vies, de lutte des classes et d'une petite &#233;lite &#233;talant son d&#233;dain sur nos gueules de piafs. &lt;i&gt;Kif kif&lt;/i&gt;. Aussi, la grande &#233;vasion rurale n'aura de sens que si elle fait le lien avec ceux rest&#233;s &#224; l'arri&#232;re, dans la fum&#233;e des villes. La grande &#233;vasion ? Nan, la grande union. &lt;i&gt;Adelante !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tome 1, &lt;i&gt;La Vraie vie&lt;/i&gt;, Dargaud, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir l'article &lt;a href=&#034;https://cqfd-journal.org/Des-Bretons-vent-debout-face-a-la&#034;&gt;&#171; Des Bretons vent debout face &#224; la crise du logement &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;211 (juillet-ao&#251;t 2022).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Des g&#233;ographes ont r&#233;cemment d&#233;nonc&#233; le mouvement de &#171; relocalisation du capital &#187; actuellement &#224; l'&#339;uvre des villes vers les campagnes, c'est-&#224;-dire une gentrification dont le monde des n&#233;os, qu'il le veuille ou non, est un des fers de lance. Voir &lt;a href=&#034;https://metropolitiques.eu/L-exode-urbain-extension-du-domaine-de-la-rente.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; L'&#8220;exode urbain&#8221;, extension du domaine de la rente &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;M&#233;tropolitiques&lt;/i&gt; (04/07/2022).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;cole : les &#171; petites mains &#187; haussent le ton</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Ecole-les-petites-mains-haussent</link>
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		<dc:date>2022-02-04T10:56:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile Kiefer, &#201;milien Bernard, Laurent Perez, Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Plonk et Replonk</dc:subject>
		<dc:subject>Th&#233;o Bedard</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mini-salaires et contrats pr&#233;caires. Voil&#224; avec quoi sont remerci&#233;s un paquet de professionnels essentiels au bon fonctionnement de l'&#233;cole. Parmi eux, il y a celles qui accompagnent les &#233;l&#232;ves en situation de handicap. Celles et ceux qui r&#232;glent les conflits dans la cour du bahut et font le lien entre l'institution et les familles. D'autres encore qui accueillent les enfants avant et apr&#232;s la classe. Fragments de quotidiens en lutte. Dans les d&#233;bats sur la d&#233;gringolade de l'&#201;ducation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no206-fevrier-2022" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;206 (f&#233;vrier 2022)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Plonk-et-Replonk" rel="tag"&gt;Plonk et Replonk&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Theo-Bedard" rel="tag"&gt;Th&#233;o Bedard&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH119/1200verbatim_resultat-2-4cc91.jpg?1783327101' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='119' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mini-salaires et contrats pr&#233;caires. Voil&#224; avec quoi sont remerci&#233;s un paquet de professionnels essentiels au bon fonctionnement de l'&#233;cole. Parmi eux, il y a celles qui accompagnent les &#233;l&#232;ves en situation de handicap. Celles et ceux qui r&#232;glent les conflits dans la cour du bahut et font le lien entre l'institution et les familles. D'autres encore qui accueillent les enfants avant et apr&#232;s la classe. Fragments de quotidiens en lutte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;ans les d&#233;bats sur la d&#233;gringolade de l'&#201;ducation nationale, ce sont souvent les grands oubli&#233;s. Qu'ils soient assistants d'&#233;ducation (AED &#8211; parfois appel&#233;s &#171; surveillants &#187;), accompagnantes d'&#233;l&#232;ves en situation de handicap (AESH, &#224; 93 % des femmes) ou animateurs p&#233;riscolaires, beaucoup estiment ne pas &#234;tre suffisamment consid&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas des &#171; anim' &#187; embauch&#233;s par les mairies pour assurer l'accueil des &#233;l&#232;ves de maternelle et de primaire sur le temps de la cantine ainsi qu'avant et apr&#232;s la classe. En 2013, ils &#171; avaient servi de variable d'ajustement lors de la r&#233;forme des rythmes scolaires, &#233;crit &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;. Recrut&#233;s en nombre lors de la mise en place de la semaine de quatre jours et demi sous le quinquennat Hollande, [ils ont ensuite &#233;t&#233;] &#233;vinc&#233;s lorsque Jean-Michel Blanquer [a laiss&#233;] aux communes le choix de revenir &#224; la semaine de quatre jours&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Mini-salaires, horaires hach&#233;s, sous-effectifs&#8230; Les raisons de la gr&#232;ve (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &#187; La plupart de ceux qui continuent aujourd'hui d'officier dans les &#233;coles gagnent entre 800 et 900 euros mensuels. En d&#233;cembre dernier, ils ont &#233;t&#233; nombreux &#224; d&#233;brayer pour d&#233;noncer leur pr&#233;carit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AESH et AED sont pour leur part r&#233;mun&#233;r&#233;s par les inspections acad&#233;miques (IA). Les premi&#232;res sont recrut&#233;es par contrat de droit public pour trois ans, renouvelable une fois. Ce n'est qu'&#224; l'issue de ces six ann&#233;es qu'elles peuvent pr&#233;tendre &#224; une embauche en CDI. Quant aux seconds, ils cumulent les CDD sans perspective de contrat p&#233;renne. Si une loi vient d'&#234;tre adopt&#233;e en premi&#232;re lecture &#224; l'Assembl&#233;e pour am&#233;liorer leurs statuts, &#224; l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites, elle doit encore passer par le S&#233;nat et reste largement insuffisante : les AED ne pourraient ainsi &#234;tre CDIs&#233;s qu'au bout de six ans de contrats &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e (trois ans pour les AESH). Logique, dans ces conditions, qu'ils crient leur ras-le-bol et luttent pour des statuts moins pr&#233;caires. Depuis fin 2020, les d&#233;brayages se succ&#232;dent, &#224; l'image des 20 et 27 janvier derniers, o&#249; AED et AESH ont d&#233;fil&#233; dans la rue aux c&#244;t&#233;s des enseignants. On a donn&#233; la parole &#224; quatre de ces travailleurs et travailleuses pr&#233;caires. Amel*&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;* : pr&#233;nom modifi&#233;.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, Charlie*, Anouk et C&#233;lia nous racontent leur quotidien et leurs luttes en temps de Covid. Verbatim&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4330 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200verbatim_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH398/1200verbatim_resultat-9dce5.jpg?1783327101' width='500' height='398' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration de Th&#233;o B&#233;dard
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; On n'a pas les moyens d'accomplir nos t&#226;ches &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;V&lt;/span&gt;oil&#224; six ans qu'Amel est accompagnante d'&#233;l&#232;ves en situation de handicap (AESH). Elle travaille &#224; Marseille dans une &#233;cole REP+ (r&#233;seau d'&#233;ducation prioritaire renforc&#233;). Sa mission ? Assister en classe un jeune autiste de 9 ans et demi, scolaris&#233; en CM1. Amel travaille 21 heures par semaine pour 720 euros, sans r&#233;elle formation au handicap.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'accompagne un enfant diagnostiqu&#233; autiste asperger&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Forme d'autisme sans d&#233;ficience intellectuelle, et qui se d&#233;finit par une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; depuis un an et demi. Suivant ses besoins, je fais du soutien scolaire pendant le cours, je l'accompagne dans ses troubles du comportement et de l'attention. M&#234;me s'il peut avoir des comp&#233;tences sup&#233;rieures &#224; ses camarades, cet enfant manque parfois d'autonomie alors je l'aide aussi dans les gestes du quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant qu'AESH, on suit des &#233;l&#232;ves atteints de troubles tr&#232;s diff&#233;rents, parfois visibles, parfois non. Ces derni&#232;res ann&#233;es, on accompagne beaucoup d'enfants atteints de dyslexie, d'autisme, de troubles du comportement. Une fois que les parents ont d&#233;pos&#233; un dossier accompagn&#233; d'attestations de divers soignants, la Maison d&#233;partementale des personnes handicap&#233;es (MDPH) attribue &#224; l'enfant un nombre d'heures de suivi par une AESH. Mais dans l'&#233;cole o&#249; je travaille, et c'est le cas dans bien d'autres &#233;tablissements, des &#233;l&#232;ves sont laiss&#233;s sans soutien alors que la MDPH leur a attribu&#233; des heures. Quant aux AESH, elles sont g&#233;n&#233;ralement amen&#233;es &#224; accompagner entre un et trois enfants tout au long de l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je fais ce boulot depuis six ans. Je suis employ&#233;e par l'inspection acad&#233;mique (IA), mais c'est un lyc&#233;e employeur qui s'occupe de la gestion de mon contrat et de mon salaire. D'autres AESH d&#233;pendent uniquement de l'IA. On a un statut pr&#233;caire et la hi&#233;rarchie se permet de nous traiter &#224; la l&#233;g&#232;re. Par exemple, en juin 2019, on a rompu mon contrat sans pr&#233;avis. Je me suis retrouv&#233;e au ch&#244;mage pendant les vacances scolaires (ce qui a permis &#224; mon employeur de ne pas me les payer) sans savoir si j'allais &#234;tre r&#233;embauch&#233;e. On m'a finalement fait un nouveau contrat mi-octobre. L&#224; o&#249; c'est l'arnaque, c'est que j'ai &#233;t&#233; r&#233;trograd&#233;e d&#233;butante alors que &#231;a faisait d&#233;j&#224; trois ans que je travaillais en tant qu'accompagnante. Bref, il n'y a pas de petites &#233;conomies !&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; L&#224; o&#249; c'est l'arnaque, c'est que j'ai &#233;t&#233; r&#233;trograd&#233;e d&#233;butante alors que &#231;a faisait d&#233;j&#224; trois ans que je travaillais en tant qu'accompagnante. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les AESH revendiquent une revalorisation de leur salaire et un meilleur statut. Elles se sont aussi mobilis&#233;es contre les P&#244;les inclusifs d'accompagnement localis&#233;s (Pial), des &#8220;plateformes de flexibilit&#233;&#8221; mises en place de fa&#231;on exp&#233;rimentale en 2019 et que le gouvernement &#233;tend aujourd'hui &#224; toutes les &#233;coles. Ces Pial risquent de d&#233;grader toujours plus notre travail, car plut&#244;t que de suivre un, deux ou trois &#233;l&#232;ves fixes, on peut &#234;tre balad&#233;es dans diff&#233;rents &#233;tablissements scolaires au gr&#233; des besoins. Tout &#231;a pour compenser le manque d'AESH.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans mon &#233;cole, je me sens reconnue et plac&#233;e au m&#234;me niveau que les enseignants. Mais je sais que j'ai de la chance. Certaines coll&#232;gues se plaignent d'&#234;tre peu consid&#233;r&#233;es par l'administration, voire par des enseignants qui supportent mal la pr&#233;sence d'un autre adulte dans la classe. Parfois, c'est avec les parents que c'est compliqu&#233; : il y a quelques ann&#233;es, dans une r&#233;union d'AESH, une accompagnante noire racontait avoir &#233;t&#233; victime de racisme de la part de parents qui n'acceptaient pas que leur enfant soit suivi par elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces postes d'AESH ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s pour permettre &#224; l'&#233;cole d'inclure les enfants en situation de handicap. Mais il y a un d&#233;faut quasi total de formation : une demi-journ&#233;e sur l'autisme, une autre sur les troubles de l'attention, c'est &#224; peu pr&#232;s tout. &#199;a ne donne aucune cl&#233; pratique et c'est tr&#232;s g&#233;n&#233;raliste. On n'a pas de r&#233;els moyens pour accomplir nos t&#226;ches correctement, sauf si on se les donne nous-m&#234;me. La premi&#232;re fois que j'ai accompagn&#233; un enfant autiste, il a bien fallu que je me renseigne sur ce trouble. J'ai eu la chance d'&#234;tre en contact avec sa psychologue : elle est venue quelques fois &#224; l'&#233;cole et on pouvait s'appeler, on se tenait au courant des progr&#232;s, des &#233;volutions. Mais on manque de r&#233;f&#233;rents &#224; qui on pourrait faire remonter certaines de nos difficult&#233;s. On nous parle d'&#233;cole inclusive, mais ce n'est qu'un &#233;cran de fum&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Le boulot d&#233;passe toujours les limites du coll&#232;ge &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;epuis trois ans, C&#233;lia est AED dans des coll&#232;ges REP+. Elle a d'abord travaill&#233; dans un gros &#233;tablissement du quartier d&#233;favoris&#233; de la Meinau, &#224; Strasbourg. Puis dans un autre, plus petit et tranquille, au centre de Marseille. En REP+, raconte-t-elle, les AED sont au c&#339;ur de la vie des &#233;l&#232;ves et constituent souvent le cha&#238;non manquant entre les familles, les enfants, les profs et l'administration.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le boulot de la vie scolaire en th&#233;orie, c'est la surveillance de la cour et du self et quelques t&#226;ches administratives. Mais la plupart du temps, on fait un tas de choses qui n'ont rien &#224; voir avec &#231;a. Quand on est AED dans un &#233;tablissement REP+, les &#233;l&#232;ves sont &#224; tout moment en train de nous solliciter et sont compl&#232;tement d&#233;pendants de la vie scolaire. L'&#233;ventail des probl&#232;mes est sans fin : on leur a vol&#233; une trousse, il y en a un qui a fait chier l'autre, ils se sont tap&#233;s dessus&#8230; Alors forc&#233;ment, &#231;a cr&#233;e une relation de proximit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les profs le savent et &#231;a fonctionne parfois tr&#232;s bien avec eux, comme avec la direction. Dans mon coll&#232;ge pr&#233;c&#233;dent, les AED avaient leurs casiers dans la salle des profs, on en tutoyait la plupart, on communiquait. Quand les profs savaient qu'on s'entendait bien avec un &#233;l&#232;ve, &#231;a arrivait r&#233;guli&#232;rement qu'ils viennent nous demander de l'aide &#8211; parce qu'il les faisait soudain chier ou parce que ses notes d&#233;gringolaient, par exemple. De plus, la vie scolaire &#233;tait souvent impliqu&#233;e dans ce qui &#233;tait mis en place en lien avec le statut REP+. On faisait &#8220;l'&#233;cole ouverte&#8221;, qui consiste &#224; ouvrir le coll&#232;ge pendant les vacances et accueillir les &#233;l&#232;ves pour qu'ils participent &#224; des ateliers &#224; l'initiative des profs. On avait aussi chacun un ou deux &#233;l&#232;ves en tutorat, des jeunes compliqu&#233;s ou qui avaient des probl&#232;mes de concentration, avec le besoin d'apprendre &#224; s'organiser ou des notes pas fameuses, et qu'on suivait toute l'ann&#233;e. C'&#233;taient surtout des troisi&#232;mes qu'on aidait &#224; trouver un stage. On pr&#233;parait avec eux CV et lettre de motivation, on les amenait sur place, on discutait avec leur potentiel ma&#238;tre de stage, on les aidait ensuite &#224; r&#233;diger leur rapport&#8230; Le boulot de l'orientation, quoi. En plus de &#231;a, pendant le confinement et m&#234;me apr&#232;s, il est arriv&#233; qu'on fasse cours &#224; la place de profs qui &#233;taient en arr&#234;t &#8211; ce qui est compl&#232;tement ill&#233;gal, et pour le m&#234;me salaire, bien s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les &#233;l&#232;ves nous parlent tout le temps, on a acc&#232;s &#224; des informations qu'il faut savoir g&#233;rer. C'est souvent &#224; la vie scolaire qu'ils s'adressent en premier lieu. Il arrive que &#231;a cr&#233;e des tensions avec les psychologues scolaires et l'infirmi&#232;re. Elles trouvent souvent absurde qu'un gamin se confie &#224; la vie scolaire plut&#244;t qu'&#224; elles. On est cens&#233;s leur passer toutes les informations qui les concernent, sauf qu'il y a des infos un peu d&#233;licates que les gamins nous demandent de ne pas donner&#8230; Quand &#231;a tombe sous le coup de la loi ou que &#231;a n&#233;cessite un signalement (par exemple si on remarque qu'un enfant pr&#233;sente des marques corporelles qui font penser qu'il est battu &#224; la maison), on passe le mot. Mais dans d'autres cas, ce serait plus intelligent qu'on puisse d'abord en parler en t&#234;te-&#224;-t&#234;te avec le gamin.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Pendant le confinement et m&#234;me apr&#232;s, il est arriv&#233; qu'on fasse cours &#224; la place de profs qui &#233;taient en arr&#234;t &#8211; ce qui est compl&#232;tement ill&#233;gal. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le boulot d&#233;passe toujours les limites du coll&#232;ge. &#192; la Meinau, je bossais pas mal avec le centre socioculturel et je connaissais le m&#233;diateur de quartier. Il y avait aussi une m&#233;diatrice sur le site de l'&#233;cole, avec qui la communication &#233;tait assez fluide. &#199;a permettait de se passer des informations pour suivre les jeunes &#224; l'ext&#233;rieur. Quand un gamin en tutorat ne venait pas pendant deux semaines, &#231;a m'est arriv&#233; d'aller le chercher chez lui. Ce ne sont pas des trucs qu'on est cens&#233;s faire &#8211; on s'y colle un peu par d&#233;sespoir. Il y a aussi la question du rapport avec la police. On a l'ordre de ne leur donner aucune info quand ils appellent, mais ces salauds essaient &#233;videmment d'en gratter. La vie scolaire est parfois impliqu&#233;e plus directement. Une fois, une bande de gamins s'est fait arr&#234;ter. Le lendemain, les parents n'avaient pas de nouvelles. Quand les pions ont eu l'info par des gosses dans la cour, c'est nous qui avons d&#251; annoncer aux mamans que leurs gamins &#233;taient au commissariat. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4332 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200plonketreplonk_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH345/1200plonketreplonk_resultat-2535b.jpg?1783327101' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Illustration de Plonk &amp; Replonk
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; C'est pas cher pay&#233; le manque de respect &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;harlie est elle aussi AED dans un coll&#232;ge de Marseille estampill&#233; REP+. Son poste est particulier : elle fait partie de l'&#233;quipe d'une classe passerelle, un dispositif qui accueille une dizaine d'&#233;l&#232;ves en situation de &#171; d&#233;crochage scolaire &#187;, souvent exclus de leurs &#233;tablissements respectifs pour des faits de violence. Dans ces classes collaborent un AED, un enseignant et des &#233;ducateurs.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je suis embauch&#233;e en tant qu'AED, mais mon job n'a pas grand-chose &#224; voir avec les fiches de poste habituelles : je ne fais rien qui soit en lien avec la vie scolaire, je ne surveille pas la cantine, ni la cour de r&#233;cr&#233;ation, je ne suis pas au portail le matin, je n'appelle pas les parents quand un jeune est absent...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gros de mon boulot se fait en classe, o&#249; j'assiste l'enseignante. J'aide les jeunes dans le travail qu'on leur donne. Quand un &#233;l&#232;ve ne peut pas suivre le cours avec les autres, soit parce qu'il perturbe trop, soit parce que c'est trop compliqu&#233; pour lui, je l'emm&#232;ne dans une autre salle pour travailler en individuel. L'ann&#233;e derni&#232;re, je m'occupais aussi de tout ce qui concerne les recherches de stages et j'assistais les jeunes dans la pr&#233;paration de leur examen &#8211; le Certificat de formation g&#233;n&#233;rale (CFG) &#8211;, notamment en les aidant &#224; s'entra&#238;ner &#224; l'oral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein d'une classe passerelle, plusieurs professionnels travaillent ensemble : un enseignant, un AED, des &#233;ducateurs, un psychologue. C'est un vrai apport : on n'appr&#233;hende pas les situations de la m&#234;me mani&#232;re, ce qui cr&#233;e de la compl&#233;mentarit&#233;. Mais parfois les fronti&#232;res sont floues. J'ai par exemple d&#251; m'interposer physiquement au milieu d'une violente altercation entre un prof et un jeune dans la cour. Ce qui rel&#232;ve plus du boulot d'&#233;ducateur. Je ne me plains pas, parce que c'est aussi pour moi ce qui fait l'int&#233;r&#234;t de ce job. D'autant que j'ai une formation d'&#233;ducatrice. Clairement, &#231;a arrangeait tout le monde que j'ai ce dipl&#244;me et cette exp&#233;rience. C'est d'ailleurs pour &#231;a que j'ai &#233;t&#233; embauch&#233;e. Ce qui me pose parfois des cas de conscience : je prends le boulot de quelqu'un qui n'est pas dipl&#244;m&#233; et qui aurait peut-&#234;tre besoin de ce taf pour acqu&#233;rir de l'exp&#233;rience et passer des concours&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; On n'appr&#233;hende pas les situations de la m&#234;me mani&#232;re, ce qui cr&#233;e de la compl&#233;mentarit&#233;. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Et j'accepte avec mes comp&#233;tences d'&#234;tre pay&#233;e 642 euros par mois pour 18 heures par semaine. Alors que c'est parfois dur. Je me souviens par exemple d'un jour o&#249; je me suis fait malmener par un jeune. Ce matin-l&#224;, je n'avais pas eu le temps de faire de pause. Quand j'ai pu m'&#233;clipser aux toilettes et souffler un coup, j'ai vu sur mon t&#233;l&#233;phone le virement de mon salaire. 642 euros, je me suis dit que c'&#233;tait pas cher pay&#233; le manque de respect. Et le boulot ne s'arr&#234;te pas quand on rentre chez soi. D&#232;s le d&#233;but, j'ai d&#233;cid&#233; que je ne ferai pas une heure de plus que ce qui est &#233;crit sur mon contrat. Sauf que parfois, tu as besoin d'&#233;changer avec les coll&#232;gues, de les joindre hors du temps scolaire. C'est n&#233;cessaire pour g&#233;rer certaines situations : quand tu n'as qu'une seule r&#233;union d'&#233;quipe par semaine, ce n'est souvent pas suffisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau de la relation avec l'enseignant, tu peux aussi bien tomber sur un prof qui te prend pour son &#233;gal que sur un autre qui pense qu'il est ton sup&#233;rieur hi&#233;rarchique. Eux sont en CDI, ind&#233;boulonnables, ils gagnent parfois le triple du salaire des AED. Ils ont aussi la l&#233;gitimit&#233; de la transmission du savoir per&#231;ue comme plus noble. D'ailleurs, eux touchent une prime pour travailler en REP+ &#224; laquelle les AED n'ont pas le droit. Pourtant, on travaille dans le m&#234;me &#233;tablissement, face aux m&#234;mes jeunes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une des raisons pour lesquelles les AED sont descendus dans la rue &#224; plusieurs reprises l'ann&#233;e derni&#232;re. Ils demandaient aussi la possibilit&#233; d'&#234;tre embauch&#233;s en CDI. Aujourd'hui, nos contrats sont des CDD renouvelables sur une p&#233;riode de 6 ans maximum. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Les bras arm&#233;s de directives d&#233;connect&#233;es des r&#233;alit&#233;s &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;A&lt;/span&gt;nouk est coordinatrice p&#233;dagogique dans une petite ville d'Auvergne. Embauch&#233;e par la mairie, c'est elle qui g&#232;re, entre autres, les personnes employ&#233;es par la ville et travaillant au sein de l'&#233;cole. Parmi elles, il y a les animateurs p&#233;riscolaires. Anouk fait partie de celles et ceux qui ont particip&#233; au mouvement de gr&#232;ve de d&#233;cembre dernier lanc&#233; par les professionnels de l'animation pour d&#233;noncer la pr&#233;carit&#233; de ce job.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pendant longtemps, l&#224; o&#249; je travaille, il n'y avait pas de r&#233;elle d&#233;marche pour penser le sens de l'accueil p&#233;riscolaire. Le plan, c'&#233;tait : on garde les gosses avant et apr&#232;s l'&#233;cole, point barre. En termes de taux d'encadrement et de qualification du personnel, c'&#233;tait un peu le bordel. Certaines personnes se retrouvaient &#224; faire de l'animation sans &#234;tre form&#233;es. On demandait par exemple &#224; des agentes d'entretien de s'en charger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, un effort a &#233;t&#233; fait. Sauf que l'ann&#233;e derni&#232;re, tout le monde pleurait parce qu'on n'arrivait pas &#224; recruter d'animateurs. Quand tu regardes les conditions de travail, il ne faut pas s'&#233;tonner ! On parle de contrats &#224; 16 ou 18 heures par semaine, avec des horaires hach&#233;s : on les fait venir trois fois dans la journ&#233;e. Certains commencent &#224; 7 h 30 pour ouvrir l'&#233;cole, repartent &#224; 8 h 30, reprennent vers 11 h, repartent &#224; 14 h, reviennent &#224; 15 h 45 pour finir &#224; 18 h 30. Il faut imaginer le budget essence quand tu vis en zone rurale ! Et puis avec des salaires au Smic horaire. Clairement, tu ne peux pas vivre avec &#231;a. Pour ma part, je suis titulaire de mon poste et gagne 1 300 &#8364; net par mois dans une collectivit&#233; qui ne prend m&#234;me pas la moiti&#233; de la mutuelle en charge. Et je suis dans l'&#233;quipe de direction !&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Certaines personnes se retrouvaient &#224; faire de l'animation sans &#234;tre form&#233;es. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup d'animateurs et animatrices p&#233;riscolaires sont contractuels : ils ne peuvent pas b&#233;n&#233;ficier du droit &#224; la formation, et ne sont pas titulaires. &#199;a a aussi des cons&#233;quences sur la qualit&#233; de leur boulot : tu ne peux pas demander aux gens un r&#233;el investissement, ni de r&#233;fl&#233;chir au sens de leurs missions s'ils n'ont pas de perspective. Mais &#231;a peut bouger : l&#224; o&#249; je bosse, on a fait remonter cette situation &#224; la mairie et cette ann&#233;e, sur six anim', quatre ont &#233;t&#233; stagiairis&#233;s. C'est-&#224;-dire qu'ils sont embauch&#233;s pendant une ann&#233;e &#224; l'issue de laquelle ils seront titularis&#233;s et deviendront fonctionnaires territoriaux. Ils ont toujours des salaires de merde mais obtiennent le droit &#224; des formations, &#224; la mutation, etc. Leurs contrats sont aussi plus int&#233;ressants : ils font 26 ou 28 heures par semaine. C'est pas la panac&#233;e, mais c'est d&#233;j&#224; mieux. Ce qui peut changer la donne, c'est la volont&#233; des &#233;lus d'inscrire les &#233;coles dans un projet global d'&#233;ducation o&#249; tous les maillons de la cha&#238;ne (enseignants, anim', etc.) travailleraient ensemble. Mais &#231;a n&#233;cessite une professionnalisation des animateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parle souvent du boulot d'anim' comme d'un job &#233;tudiant. Eh bien dans mon &#233;cole, il y a z&#233;ro profil de ce genre. On compte un guitariste de punk-buvette de quarante piges qui veut finir sa carri&#232;re comme il peut dans l'animation, une nana de 27 ans qui a un CAP petite enfance, une jeune maman de 25 ans, &#233;galement titulaire de ce dipl&#244;me, qui a pass&#233; son temps &#224; faire des remplacements et &#224; choper des contrats courts non reconduits. Ou encore Martine, qui bosse pour la mairie depuis vingt ans et qui est &#224; la fois Atsem&lt;i&gt; [agent territorial sp&#233;cialis&#233; des &#233;coles maternelles]&lt;/i&gt;, femme de m&#233;nage et animatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au mois de d&#233;cembre, je suis la seule de mon &#233;cole &#224; avoir pu faire gr&#232;ve pour d&#233;noncer la pr&#233;carit&#233; de ce boulot. Personne d'autre n'avait la possibilit&#233; de d&#233;brayer : une journ&#233;e en moins, c'est souvent l'assurance que tu n'auras pas de quoi payer ton loyer le mois prochain. Pourtant, les anim' sont en col&#232;re. Depuis le d&#233;but de la crise sanitaire, ils sont dans le Covid ras la gueule ! Les protocoles sanitaires impactent aussi radicalement leur job. Ils s'occupent de gamins qui sont dans un &#233;tat lamentable : ils ne peuvent plus se moucher &#224; cause des tests &#224; r&#233;p&#233;tition, ils hurlent, d&#233;veloppent pour certains des troubles du comportement &#224; cause de cette ambiance anxiog&#232;ne au possible. Les animateurs sont aussi confront&#233;s &#224; des parents qui disjonctent, arrivent en larmes &#224; force d'avoir d&#251;, au mois de janvier, r&#233;cup&#233;rer plusieurs fois dans la semaine leurs m&#244;mes en milieu de journ&#233;e parce qu'ils &#233;taient cas contact. Au milieu de tout ce bordel, les anim' sont impuissants. Ils ont le sentiment d'&#234;tre les bras arm&#233;s de directives minist&#233;rielles d&#233;connect&#233;es des r&#233;alit&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Propos recueillis par C&#233;cile Kiefer, Laurent Perez, Tiphaine Gu&#233;ret &amp; &#201;milien Bernard&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/societe/education/mini-salaires-horaires-haches-sous-effectifs-les-raison-de-la-greve-des-animateurs-du-periscolaire-20211214_QZOWNVBOWNCHTHER2KRPADQFUM/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Mini-salaires, horaires hach&#233;s, sous-effectifs&#8230; Les raisons de la gr&#232;ve des animateurs du p&#233;riscolaire &#187;&lt;/a&gt; (14/12/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;* : pr&#233;nom modifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Forme d'autisme sans d&#233;ficience intellectuelle, et qui se d&#233;finit par une difficult&#233; &#224; d&#233;coder l'environnement et les codes sociaux, impactant donc la fa&#231;on dont les personnes interagissent avec les autres.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au sommaire du n&#176; 200 (en kiosque)</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no-200-en-kiosque</link>
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		<dc:date>2021-07-02T11:42:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>une1_sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Plonk et Replonk</dc:subject>
		<dc:subject>Emilie Seto</dc:subject>
		<dc:subject>Toutes aux fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>JBM</dc:subject>
		<dc:subject>une_focus</dc:subject>
		<dc:subject>CQFD</dc:subject>
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		<dc:subject>terres</dc:subject>
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		<dc:subject>&#201;milie S&#233;to</dc:subject>
		<dc:subject>vieux monde</dc:subject>
		<dc:subject>juin</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;to</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;milie</dc:subject>
		<dc:subject>internationale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En couverture : &#171; Le vieux monde au compost ! &#187;, par &#201;milie S&#233;to Quelques articles seront mis en ligne au cours du mois. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement, apr&#232;s la parution du prochain num&#233;ro. Ce qui vous laisse tout le temps d'aller saluer votre marchand de journaux ou de vous abonner... Actualit&#233;s d'ici &amp; d'ailleurs Psys en col&#232;re, patients dans la gal&#232;re &#8211; Dans la famille de celles et ceux qu'Emmanuel Macron aura r&#233;ussi &#224; faire sortir de leurs gonds &#8211; et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no200-juillet-aout-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;200 (juillet-ao&#251;t 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Toutes-aux-frontieres" rel="tag"&gt;Toutes aux fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une_focus" rel="tag"&gt;une_focus&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Emilie-Seto-612" rel="tag"&gt;&#201;milie S&#233;to&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Seto" rel="tag"&gt;S&#233;to&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Emilie" rel="tag"&gt;&#201;milie&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton3360-e5ea5.jpg?1782856081' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En couverture : &#171; Le vieux monde au compost ! &#187;, par &lt;a href=&#034;https://emilieseto.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;milie S&#233;to&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelques articles seront mis en ligne &lt;a href='https://cqfd-journal.org/CQFD-no200-juillet-aout-2021' class=&#034;spip_in&#034;&gt;au cours du mois&lt;/a&gt;. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement, apr&#232;s la parution du prochain num&#233;ro. Ce qui vous laisse tout le temps d'aller saluer &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ou-nous-trouver' class=&#034;spip_in&#034;&gt;votre marchand de journaux&lt;/a&gt; ou de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;vous abonner&lt;/a&gt;...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Actualit&#233;s d'ici &amp; d'ailleurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Psys-en-colere-patients-dans-la' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Psys en col&#232;re, patients dans la gal&#232;re&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Dans la famille de celles et ceux qu'Emmanuel Macron aura r&#233;ussi &#224; faire sortir de leurs gonds &#8211; et dans la rue &#8211; durant son quinquennat, on demande : les psychologues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;A Nice, des f&#233;ministes pour un monde sans murailles&lt;/strong&gt; &#8211; Le 5 juin, plusieurs milliers de personnes se sont r&#233;unies &#224; Nice, terre de droite extr&#234;me, pour une manifestation transnationale et f&#233;ministe contre les fronti&#232;res. R&#233;cit d'une participante.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3672 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1809.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH667/-1809-34e0b.jpg?1782856081' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Toutes aux fronti&#232;res
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;7 de Brian&#231;on, entre d&#233;lits de faci&#232;s et de solidarit&#233;&lt;/strong&gt; &#8211; Deux ans et demi apr&#232;s leur condamnation &#224; Gap, sept militants solidaires des migrants ont comparu fin mai devant la cour d'appel de Grenoble. L'avocat g&#233;n&#233;ral a requis des peines de prison avec sursis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Dans les ruines de Raqqa&lt;/strong&gt; &#8211; Raqqa, ancienne capitale de Daech en Syrie, a &#233;t&#233; reprise en octobre 2017 par l'alliance arabo-kurde des Forces d&#233;mocratiques syriennes (FDS) et avec l'appui a&#233;rien de la coalition internationale. Du 24 mai au 2 juin, l'&#233;crivaine et militante Corinne Morel Darleux a accompagn&#233; une d&#233;l&#233;gation au Rojava, rassembl&#233;e autour du projet Jasmines dont le but est de cr&#233;er des ponts entre acteurs locaux et soutiens fran&#231;ais. Elle livre pour CQFD le r&#233;cit de sa visite &#224; Raqqa, relayant au passage l'appel de la ville martyre &#224; une aide internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;La France et les le&#231;ons du Rwanda&lt;/strong&gt; &#8211; Le 27 mai dernier, dans un discours tr&#232;s m&#233;diatis&#233; prononc&#233; &#224; Kigali, un pr&#233;sident de la R&#233;publique reconnaissait enfin une &#171; &lt;i&gt;responsabilit&#233; accablante&lt;/i&gt; &#187; de la France dans le g&#233;nocide des Tutsis en 1994. Emmanuel Macron faisait alors sienne la formule du rapport Duclert, rendu public deux mois plus t&#244;t. Dans le m&#234;me temps pourtant, il refusait de pr&#233;senter des excuses et rejetait l'id&#233;e d'une complicit&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Le zapatiste de M&#233;nilmuche&lt;/strong&gt; &#8211; Hommage &#224; l'ami Marc Tomsin, d&#233;c&#233;d&#233; en juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Ce qu'il faut durer&lt;/strong&gt; &#8211; Ambitieuse, l'&#233;quipe fondatrice de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; r&#234;vait de &#171; &lt;i&gt;niquer le Monde diplo'&lt;/i&gt; &#187;. Dix-huit ans et 200 num&#233;ros plus tard, on attend encore l'explosion des ventes... mais on est toujours l&#224;, d&#233;termin&#233;s &#224; ne rien l&#226;cher. Au fait, &#171; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; &#187;, &#231;a veut dire quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3674 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1811.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH716/-1811-3c96b.jpg?1782856081' width='500' height='716' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de JBM
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Si-la-paresse-squattait-les-urnes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Si la paresse squattait les urnes&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Avec &lt;i&gt;Paresse pour tous&lt;/i&gt;, l'&#233;crivain Hadrien Klent balance un pav&#233; dans la mare des imaginaires politiques radicaux, mettant en sc&#232;ne une candidature &#224; la pr&#233;sidentielle 2022 aussi bien r&#233;volutionnaire dans les id&#233;es qu'efficace dans les urnes. En premi&#232;re ligne, le joyeux refus du productivisme &#224; tous crins. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Ouvriers immigr&#233;s : &#171; Exister en tant que sujets &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; De 1982 &#224; 1984, d'importants conflits sociaux agitent l'industrie automobile, alors en pleine &#171; restructuration &#187;. En r&#233;gion parisienne, les ouvriers immigr&#233;s d'usines Citro&#235;n et Talbot se mobilisent en masse. Pour les discr&#233;diter, le patronat innove, en criant notamment &#224; l'int&#233;grisme musulman. Entretien avec le sociologue Vincent Gay, auteur de&lt;i&gt; Pour la dignit&#233;&lt;/i&gt;, r&#233;cent livre consacr&#233; &#224; cet &#233;pisode marquant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;L'adoption internationale &#224; la loupe&lt;/strong&gt; &#8211; Apr&#232;s avoir donn&#233; la parole &#224; vingt-quatre femmes racis&#233;es sur leur exp&#233;rience quotidienne des discriminations avec &lt;i&gt;Ouvrir la voix&lt;/i&gt; (2017), la r&#233;alisatrice Amandine Gay jette un peu de lumi&#232;re sur un sujet hautement sensible : l'adoption internationale (et transraciale) du point de vue des premiers concern&#233;s. &lt;i&gt;Une histoire &#224; soi&lt;/i&gt;, sorti en salle le 23 juin, est un film n&#233;cessaire tant les questions puissamment politiques qu'il soul&#232;ve sont trop souvent pass&#233;es sous silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;De l'air&lt;/strong&gt; &#8211; &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;a souvent salu&#233; les exploits de princes et princesses de la belle, toutes et tous en lutte acharn&#233;e contre l'enfer carc&#233;ral. Ici, le r&#233;cit va suivre la geste hors du commun de militants r&#233;volutionnaires dans le P&#233;rou de la fin des ann&#233;es 1980. Leur mission ? Creuser un tunnel de plus de 300 m&#232;tres pour lib&#233;rer leurs camarades d&#233;tenus dans une prison de haute s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3675 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1812.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH350/-1812-1ee34.jpg?1782856081' width='500' height='350' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Plonk &amp; Replonk
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dossier &#171; Sous le b&#233;ton, la d&#233;ter' &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Sous-le-beton-la-deter' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Sous le b&#233;ton, la d&#233;ter'&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Super intro de notre dossier &#171; Luttes pour la terre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;To-do list : d&#233;sarmer le b&#233;ton, reprendre la terre, sortir les poubelles&lt;/strong&gt; &#8211; Une belle manif et des prises de paroles incisives. Une palanqu&#233;e de tracteurs en col&#232;re. Des actions de blocage contre l'agriculture industrielle et son monde. Des montgolfi&#232;res antifascistes. Des militants de tous horizons, issus des luttes pour le climat, des braises encore vives de Notre-Dame-des-Landes ou de l'agriculture paysanne... S&#251;r, le week-end organis&#233; par le collectif informel des Soul&#232;vements de la Terre les 19, 20 et 21 juin derniers avait de quoi requinquer le plus pessimiste des militants anticapitalistes. Et c'&#233;tait d'autant plus salvateur que le lieu choisi, Saint-Colomban (Loire-Atlantique) croule litt&#233;ralement sous les assauts des b&#233;tonneurs de tous crins et des partisans de l'agriculture intensive. Retour sur un &#233;lan qui ne demande qu'&#224; faire tache d'huile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/L-ecofeminisme-invite-a-depasser' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Entretien avec Jeanne Burgart Goutal : &#171; L'&#233;cof&#233;minisme invite &#224; d&#233;passer les dualismes &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Au sein des luttes pour la d&#233;fense des terres, une constante : la pr&#233;sence massive de femmes. Et parmi elles, des &#233;cof&#233;ministes consid&#233;rant qu'il existe un lien tangible entre domination patriarcale et accaparement des terres. Autrement dit : on n'aurait pas &#171; affaire &#224; des ph&#233;nom&#232;nes sans aucun rapport, mais plut&#244;t &#224; deux aspects d'un seul et m&#234;me syst&#232;me &#187;, comme l'explique Jeanne Burgart Goutal, philosophe et autrice d'&lt;i&gt;&#202;tre &#233;cof&#233;ministe &#8211; Th&#233;ories et pratiques&lt;/i&gt;, un bouquin paru en 2020 &#224; L'&#201;chapp&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/A-Bure-qui-sont-les-malfaiteurs' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#192; Bure, &#171; qui sont les malfaiteurs ? &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Quatre ans apr&#232;s son ouverture, la gigantesque enqu&#234;te pour &#171; association de malfaiteurs &#187; visant des opposants &#224; l'implantation d'une poubelle nucl&#233;aire dans la Meuse a finalement d&#233;bouch&#233; sur un proc&#232;s. D&#233;but juin, sept personnes ont &#233;t&#233; jug&#233;es &#224; Bar-le-Duc, sous des motifs en bonne partie farfelus. Une fois n'est pas coutume, c'est l'accusation qui a pris cher : pour d&#233;noncer le caract&#232;re politique de ces poursuites et de multiples entorses au droit, la d&#233;fense s'en est donn&#233; &#224; c&#339;ur joie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Grandir sous l'&#339;il de l'atome&lt;/strong&gt; &#8211; Depuis deux d&#233;cennies, les habitants de Bure doivent cohabiter avec le projet de poubelle nucl&#233;aire port&#233; par l'Agence nationale de gestion des d&#233;chets radioactifs. Parfois venus de loin, des militants se sont install&#233;s dans les environs pour organiser la lutte. Mais cette opposition n'a pas toujours bonne presse et le village subit l'omnipr&#233;sence polici&#232;re. C'est dans ce climat d&#233;l&#233;t&#232;re que Lisette a pass&#233; son adolescence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#171; Le Larzac rejoint bien d'autres luttes &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; De 1970 &#224; 1981, une centaine de paysans d'un plateau perdu du sud de l'Aveyron s'opposent &#224; l'extension d'un camp militaire. Dans &lt;i&gt;Le Peuple du Larzac&lt;/i&gt;, l'historien Philippe Arti&#232;res revient sur ce combat fondateur, embl&#233;matique et victorieux. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Les montagnes en partage&lt;/strong&gt; &#8211; Pr&#233;sent&#233;e comme une solution &#224; la crise &#233;cologique, la notion de &#171; communs &#187; conna&#238;t aujourd'hui un notable regain d'attention. Dans la vall&#233;e d'Ossau, en B&#233;arn (Pyr&#233;n&#233;es-Atlantiques), certains alpages sont encore g&#233;r&#233;s de mani&#232;re collective, basant leur fonctionnement sur des formes tr&#232;s anciennes de droits d'usage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#192; Gaza, cultiver la r&#233;sistance&lt;/strong&gt; &#8211; Lorsque Isra&#235;l bombarde Gaza, ce sont surtout les zones urbaines qui sont pilonn&#233;es. Les terres agricoles, elles, demeurent en permanence &#224; port&#233;e de fusil et de tank. Essentiellement localis&#233;es &#224; l'est de la bande de Gaza, elles y sont long&#233;es par la barri&#232;re de s&#233;paration, qui s'est impos&#233;e jusqu'au milieu des champs. L'occupant a nomm&#233; ce poumon vert &#171; zone tampon &#187; et d&#233;cr&#233;t&#233; le secteur &lt;i&gt;no man's land&lt;/i&gt;. Vent debout contre l'accaparement de leurs terres, les paysans gazaouis maintiennent co&#251;te que co&#251;te les champs en culture. Une lutte de longue haleine que nous raconte Sarah Katz, membre d'une ONG palestinienne et convaincue que la solidarit&#233; internationale a un r&#244;le &#224; jouer.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Du c&#244;t&#233; des bouquins&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Cap sur l'utopie : Baril de &#171; p&#233;troleuses &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Que lire d'&#233;peronnant durant la belle saison ? Et pourquoi pas de jouissifs br&#251;lots consacr&#233;s &#224;, ou fricass&#233;s par, d'intr&#233;pides crameuses d' &#187; &lt;i&gt;officines &#224; hypocrisies&lt;/i&gt; &#187;, comme disait le surr&#233;aliste Ren&#233; Crevel. Ben oui, mille marmites ! Pourquoi pas ? Je c&#232;de la place &#224; la litt&#233;rature p&#233;troleuse foudroyante d'hier et d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et aussi...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;L'&#233;dito&lt;/strong&gt; : &lt;a href='https://cqfd-journal.org/La-vengeance-sera' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La vengeance sera&lt;/a&gt; / &lt;strong&gt;&#199;a br&#251;le !&lt;/strong&gt; : 200 num&#233;ros au compteur et toujours la m&#233;gadalle. / &lt;strong&gt;Les bonnes nouvelles du mois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Une fiction sign&#233;e Chien Noir&lt;/strong&gt; : &lt;i&gt;Un seul little grain de sable, mec&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Horoscope&lt;/strong&gt; / &lt;strong&gt;Abonnement&lt;/strong&gt; (&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;par ici&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_3676 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/pdf/-35.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 351.8 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1783456042' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La une en PDF
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_3668 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L180xH255/-1805-b92b3.jpg?1782667621' width='180' height='255' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La une en PDF
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Ce texte est le sommaire du num&#233;ro 200 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, en kiosque du 2 juillet au 2 septembre.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Ce num&#233;ro est disponible chez pr&#232;s de 3 000 marchands de journaux partout en France. Pour retrouver les points de vente pr&#232;s de chez vous, &lt;a href=&#034;http://web2store.mlp.fr/produit.aspx?edi_code=H0o7caSytkE%3d&amp;tit_code=UCrTkuIne3o%3d&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cliquez ici&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Pour recevoir les prochains num&#233;ros dans votre bo&#238;te aux lettres, vous avez la possibilit&#233; de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;vous abonner&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sous le b&#233;ton, la d&#233;ter'</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Sous-le-beton-la-deter</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Sous-le-beton-la-deter</guid>
		<dc:date>2021-07-02T11:32:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Plonk et Replonk</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
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		<dc:subject>monde</dc:subject>
		<dc:subject>terre</dc:subject>
		<dc:subject>luttes</dc:subject>
		<dc:subject>vieux monde</dc:subject>
		<dc:subject>dossier</dc:subject>
		<dc:subject>qu'on trouve</dc:subject>
		<dc:subject>dossier qu'on</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour cet &#233;t&#233;, on a a concoct&#233; un dossier &#034;Luttes pour la terre&#034; qui galope dans l'envie de foutre un uppercut au vieux monde saccageur. En voil&#224; l'intro. Tu ne le sais pas forc&#233;ment, lecteur ch&#233;ri, lectrice ch&#233;rie, et on ne veut pas la jouer ouin-ouin, mais c'est parfois compliqu&#233; de faire un journal de critique sociale se voulant force de proposition et de contestation alors m&#234;me que les temps ne sont pas exactement roses &#8211; encore moins rouges et noirs. C'est ainsi que chaque mois nous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no200-juillet-aout-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;200 (juillet-ao&#251;t 2021)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour cet &#233;t&#233;, on a a concoct&#233; un dossier &#034;Luttes pour la terre&#034; qui galope dans l'envie de foutre un uppercut au vieux monde saccageur. En voil&#224; l'intro.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3669 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1806.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH350/-1806-541d5.jpg?1782943526' width='500' height='350' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Plonk &amp; Replonk
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tu ne le sais pas forc&#233;ment, lecteur ch&#233;ri, lectrice ch&#233;rie, et on ne veut pas la jouer &lt;i&gt;ouin-ouin&lt;/i&gt;, mais c'est parfois compliqu&#233; de faire un journal de critique sociale se voulant force de proposition et de contestation alors m&#234;me que les temps ne sont pas exactement roses &#8211; encore moins rouges et noirs. C'est ainsi que chaque mois nous clapotons un chou&#239;a dans l'h&#233;sitation &#224; l'heure de choisir le dossier qu'on va vous proposer. Car les premi&#232;res id&#233;es sont rarement joyeuses. Par exemple : &#171; &lt;i&gt;Tiens, si on se faisait un petit rappel de dix pages sur la r&#233;pression polici&#232;re en roue libre&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Ou bien : &#171; &lt;i&gt;Allez hop&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! On fonce sur un dossier consacr&#233; au fascisme qui grimpe et s'impose &#224; tous les &#233;tages.&lt;/i&gt; &#187; Ou encore : &#171; &lt;i&gt;Le Giec vient de sortir son 354 623&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; rapport alarmant sur la plan&#232;te qui crame, c'est peut-&#234;tre le moment de dire &#224; quel point l'humanit&#233; fonce droit dans le mur&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas vraiment porteur, tout &#231;a. Pas de souffle. Pas d'horizon. La d&#233;ploration et la d&#233;nonciation comme passages oblig&#233;s. Oh, ce n'est pas qu'on trouve &#231;a inutile, loin de l&#224; &#8211; on pense m&#234;me qu'il est urgent de tirer ces sonnettes d'alarme. Mais parfois &#231;a nous fout dans un &#233;tat de d&#233;pression politique proche de la sid&#233;ration impuissante &#8211; on est la biche prise dans les phares, ils sont les chasseurs avin&#233;s r&#233;glant la mire en &#233;coutant les derni&#232;res vitup&#233;rations vomitives de CNews sur la &#171; cancel culture &#187; ou l'immigration, &lt;i&gt;buuuurp&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est pour &#231;a qu'on cherche &#224; creuser d&#232;s que possible l&#224; o&#249; &#231;a cr&#233;pite dans un sens encourageant, o&#249; subsistent les lucioles. On l'a fait par exemple pour nos dossiers &#171; Demain les b&#234;tes &#187; (n&#176;198, mai 2021) ou &#171; Vieillesses rebelles &#187; (n&#176;194, janvier 2021) ou &#171; La Revanche du fant&#244;me de la Commune &#187; (n&#176;196, mars 2021), mais sans avoir l'impression qu'il y avait dans le tableau dress&#233; une force agissante en embuscade, pr&#234;te &#224; d&#233;border le vieux monde en d&#233;composition avanc&#233;e pour le mettre sens dessus dessous et en imposer un nouveau, d&#233;barrass&#233; de tout ce rance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; notre enthousiasme au moment de te proposer dans ce num&#233;ro 200 un dossier d&#233;roul&#233; sur un tapis d'&#233;tincelles qui pourraient tr&#232;s bien, sait-on jamais, se faire brasier. Son th&#232;me : &#171; Luttes locales contre d&#233;prime globale &#187;. Entendez : les combats pour la terre, contre l'accaparement du bocage, l'artificialisation et la destruction des sols, le capitalisme ravageur, le r&#232;gne mortif&#232;re des Amazon et Lafarge de ce monde. Soit l'id&#233;e qu'on trouve dans nos contr&#233;es les plus recul&#233;es de petites poches de r&#233;sistance au monde tel qu'il court &#224; sa perte, qui n'attendent qu'un d&#233;clic pour s'unir et secouer l'existant &#8211; comme &#231;a avait &#233;t&#233; le cas pour l'&#233;ruption soudaine des Gilets jaunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brassant tout cela sur fond de renouvellement des g&#233;n&#233;rations impliqu&#233;es dans les luttes &#233;cologiques, il y a notamment l'&#233;lan impuls&#233; par la n&#233;buleuse des Soul&#232;vements de la Terre, n&#233;e sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes (NDDL) et multipliant les coups de projecteur et de mobilisation sur des territoires en lutte contre le torpillage des terres, de Rennes &#224; Besan&#231;on en passant par le fin fond de la Haute-Loire. Un mouvement qui n'en est qu'&#224; son d&#233;but, puisque la &#171; Saison 1 &#187; n'est pas encore termin&#233;e que les suivantes toquent &#224; la porte. On s'y est plong&#233;s le temps d'un week-end en Loire-Atlantique, y piochant de larges r&#233;serves d'espoir &lt;i&gt;[lire pp. II, III &amp; IV]&lt;/i&gt;. Autre territoire en lutte, Bure, dans la Meuse, qui malgr&#233; la r&#233;pression folle s'abattant sur les opposants &#224; l'enfouissement des d&#233;chets nucl&#233;aires, ne baisse pas les bras &#8211; avec en guise de petit &lt;i&gt;hourra&lt;/i&gt; un r&#233;cent proc&#232;s qui a vu l'accusation ridiculis&#233;e par une d&#233;fense prouvant par le menu, que, oui, il s'agissait bien d'un proc&#232;s politique &lt;i&gt;[pp. VI &amp; VII]&lt;/i&gt;. On peut aussi &#233;voquer la pr&#233;sence aussi r&#233;jouissante que massive des femmes dans ces luttes&lt;i&gt; [p. V]&lt;/i&gt; ; l'exemple historique du Larzac qui, comme la Zad de NDDL, continue &#224; infuser dans les consciences &lt;i&gt;[pp. X et XI]&lt;/i&gt; ; ou le mod&#232;le de r&#233;partition des p&#226;turages de la vall&#233;e pyr&#233;n&#233;enne d'Ossau faisant fi des fronti&#232;res communales et de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e &lt;i&gt;[p. XII]&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas question de pavoiser cependant, encore moins de crier victoire. Mais simplement de signaler qu'ici et l&#224; de petites galeries sont creus&#233;es sous les &#233;tals vici&#233;s du monde capitaliste. Des microfissures, des l&#233;zardes, entre actions concr&#232;tes et insurrection des imaginaires, qui d&#233;voilent le vrai visage du vieux monde et de sa manie r&#233;pressive : une caste de fous dangereux qu'il est temps de mettre hors d'&#233;tat de nuire. Y a plus qu'&#224; intensifier l'&#233;lan. Qui en est ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; Grenoble, un lyc&#233;e &#224; visage humain</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/A-Grenoble-un-lycee-a-visage</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/A-Grenoble-un-lycee-a-visage</guid>
		<dc:date>2020-11-01T20:58:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Plonk et Replonk</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>cours</dc:subject>
		<dc:subject>jeunes</dc:subject>
		<dc:subject>Clept</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;l&#232;ves</dc:subject>
		<dc:subject>prof</dc:subject>
		<dc:subject>profs</dc:subject>
		<dc:subject>lyc&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;l&#232;ve</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pas de surveillants, pas de sonnerie, pas de carnet de correspondance ni de conseil de discipline. Mais des effectifs r&#233;duits et une &#233;quipe d'enseignants ouverts au dialogue, pr&#234;ts &#224; v&#233;ritablement rencontrer les &#233;l&#232;ves, en les acceptant tels qu'ils sont. Depuis vingt ans &#224; Grenoble, le Clept (Coll&#232;ge lyc&#233;e &#233;litaire pour tous) accueille chaque ann&#233;e une centaine de jeunes, tellement d&#233;go&#251;t&#233;s du syst&#232;me scolaire qu'ils l'avaient quitt&#233;. En souplesse, cet &#233;tablissement public alternatif montre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cours" rel="tag"&gt;cours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jeunes" rel="tag"&gt;jeunes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Clept" rel="tag"&gt;Clept&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/eleves" rel="tag"&gt;&#233;l&#232;ves&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/prof" rel="tag"&gt;prof&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/profs" rel="tag"&gt;profs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lycee" rel="tag"&gt;lyc&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/eleve" rel="tag"&gt;&#233;l&#232;ve&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pas de surveillants, pas de sonnerie, pas de carnet de correspondance ni de conseil de discipline. Mais des effectifs r&#233;duits et une &#233;quipe d'enseignants ouverts au dialogue, pr&#234;ts &#224; v&#233;ritablement &lt;i&gt;rencontrer&lt;/i&gt; les &#233;l&#232;ves, en les acceptant tels qu'ils sont. Depuis vingt ans &#224; Grenoble, le Clept (Coll&#232;ge lyc&#233;e &#233;litaire pour tous) accueille chaque ann&#233;e une centaine de jeunes, tellement d&#233;go&#251;t&#233;s du syst&#232;me scolaire qu'ils l'avaient quitt&#233;. En souplesse, cet &#233;tablissement public alternatif montre qu'une autre &#233;cole est possible. Et r&#233;v&#232;le en creux les tares du mod&#232;le dominant, coercitif et excluant. Reportage &amp; souvenirs de jeunesse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3465 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L484xH400/-1631-8dd6a.jpg?1782644261' width='484' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Plonk &amp; Replonk
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au pied de la barre d'immeubles, quelques &#233;l&#232;ves font une pause clope. Ils causent de l'outrance alcoolo-narcotique des f&#234;tes d'&#233;tudiants en m&#233;decine. Une prof se pointe. Mine blanche, les yeux tir&#233;s, elle n'a pas l'air dans un grand jour. &#171; &lt;i&gt;T'as &#233;t&#233; en soir&#233;e m&#233;decine, hier soir&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;, la vanne un des lyc&#233;ens. Rires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion encha&#238;ne sur un cours de la veille. L'enseignante veut savoir comment il a &#233;t&#233; re&#231;u. &#171; &lt;i&gt;Franchement, j'ai rien capt&#233;&lt;/i&gt; &#187;, avoue une &#233;l&#232;ve. Arriv&#233; entretemps, un autre prof se marre. Il avise sa coll&#232;gue : &#171; &lt;i&gt;Tu devrais peut-&#234;tre revoir tes supports de cours&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Ladite coll&#232;gue, interpell&#233;e, r&#233;fl&#233;chit un instant. Puis, s'adressant &#224; la lyc&#233;enne, sans acrimonie aucune : &#171; &lt;i&gt;En m&#234;me temps, tu &#233;tais pas l&#224; au cours pr&#233;c&#233;dent&#8230;&lt;/i&gt; &#187; La jeune : &#171; &lt;i&gt;C'est vrai.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but septembre, au beau milieu du quartier populaire de la Villeneuve, &#224; Grenoble, le Clept (Coll&#232;ge lyc&#233;e &#233;litaire pour tous&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'oxymore est volontaire.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;) a fait sa vingt-et-uni&#232;me rentr&#233;e. Destin&#233; &#224; des jeunes de 15 &#224; 25 ans ayant quitt&#233; l'&#233;cole en fin de coll&#232;ge ou au lyc&#233;e, cet &#233;tablissement public exp&#233;rimental leur propose de reprendre leur scolarit&#233;, mais selon des modalit&#233;s bien diff&#233;rentes. Ici, on d&#233;montre qu'un autre type de relation professeurs /&#233;l&#232;ves est possible. Que l'apprentissage et le quotidien scolaire ne passent pas forc&#233;ment par une domination brutale, une mise au pas du jeune r&#233;calcitrant, une soumission exig&#233;e &#224; un r&#232;glement int&#233;rieur d&#233;nu&#233; de sens, des punitions syst&#233;matiques au moindre &#233;cart. Qu'il est possible de d&#233;velopper un rapport de respect mutuel, une v&#233;ritable &lt;i&gt;relation humaine&lt;/i&gt;, en fait. Moi-m&#234;me je sais : j'ai &#233;t&#233; &#233;l&#232;ve au Clept, il y a une quinzaine d'ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un cadre inhabituel&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme tous les jeunes accueillis ici, j'avais arr&#234;t&#233; l'&#233;cole. D&#233;scolaris&#233; pendant dix-huit jolis mois, je n'aurais jamais pu accepter de reprendre les cours dans un &#233;tablissement classique. J'&#233;tais f&#226;ch&#233; &#224; vie contre la rigidit&#233; du syst&#232;me scolaire ordinaire, contre sa pr&#233;tention &#224; enseigner la &#171; d&#233;mocratie &#187; tout en fonctionnant de mani&#232;re implacablement hi&#233;rarchis&#233;e. Un syst&#232;me o&#249;, souvent, l'on ne demande finalement qu'une seule chose &#224; l'&#233;l&#232;ve : &lt;i&gt;fermer sa gueule&lt;/i&gt; et faire semblant de suivre ce que raconte le prof, sans &#234;tre autoris&#233; &#224; questionner ni les r&#232;gles, ni le bien-fond&#233; de l'enseignement dispens&#233;. Encore moins le but final de tout ce cirque. J'&#233;tais fatigu&#233; des abus d'une r&#233;pression disciplinaire allant du banal exc&#232;s de z&#232;le (deux heures de colle pour avoir termin&#233; en tout d&#233;but de cours une pomme entam&#233;e &#224; la r&#233;cr&#233;) &#224; l'injustice absurde (l'administration de mon lyc&#233;e agricole avait exclu une copine en l'accusant &#224; tort d'avoir vendu du shit &#224; un gar&#231;on qui, en vrai, &#233;tait&#8230; le dealer du lyc&#233;e !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref. Pour ces raisons-l&#224; et quelques autres, je m'&#233;tais enfui de l'&#233;cole, sans demander l'autorisation &#224; personne. Et si &#224; 17 ans pass&#233;s, j'ai finalement consenti &#224; me rasseoir dans une salle de classe, c'est parce que le Clept offre un cadre &lt;i&gt;extraordinaire&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, les locaux : ne cherchez pas de grillage, de mur d'enceinte, de gardien. Il n'y en a pas. Le Clept est install&#233; dans une sorte de grand appartement, au premier &#233;tage d'une barre d'immeubles &#224; l'architecture originale&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avant d'&#234;tre affubl&#233; d'une triste image de cit&#233; d&#233;grad&#233;e, avec ses spots de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, le gabarit de l'&#233;tablissement : &#224; peine une centaine d'&#233;l&#232;ves &#8211; qui ont &lt;i&gt;choisi&lt;/i&gt; d'&#234;tre l&#224;&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les admissions au Clept se font uniquement sur la base du volontariat, apr&#232;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#8211; pour une bonne quinzaine de profs motiv&#233;s, voire &lt;i&gt;enga&lt;/i&gt;&#8202;&lt;i&gt;g&#233;s&lt;/i&gt;. De quoi laisser de l'espace &#224; la discus&#8202;sion, &#224; l'&#233;change, &#224; la rencontre, &#224; la souplesse, loin de l'anonymat et de la rigidit&#233; des usines &#224; bac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pas de proviseur, pas de surveillant, pas de conseiller principal d'&#233;ducation (CPE). Pas de sonnerie. Pas d'interdiction de s'habiller comme ci ou comme &#231;a, contrairement au conventionnel lyc&#233;e Mounier, dont le Clept d&#233;pend administrativement : l&#224;-bas, pour porter un jogging, il faut prouver qu'on a un cours de sport dans la journ&#233;e. Pas de r&#232;glement int&#233;rieur caffi de clauses abusives, mais une simple charte posant des principes de cohabitation de base &#8211; elle a &#233;t&#233; rediscut&#233;e entre profs et &#233;l&#232;ves plusieurs fois depuis la cr&#233;ation de l'&#233;tablissement. Pas de carnet de correspondance : sauf souci exceptionnel, on s'adresse directement &#224; l'&#233;l&#232;ve, pas &#224; ses parents. Il y a d'ailleurs un syst&#232;me de tutorat, o&#249; un prof en particulier suit chaque &#233;l&#232;ve, le rencontrant de temps &#224; autre pour &#233;voquer r&#233;ussites et difficult&#233;s. Mon prof r&#233;f&#233;rent enseignait la physique-chimie ; il s'appelait Dominique et il nous arrivait d'organiser ces rencontres au bistrot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, pas de punition en cas de retard ou d'absence, mais des discussions pour chercher les causes et trouver des solutions &#224; ce manque d'assiduit&#233;. J'&#233;tais, sur ce point-l&#224;, un &#233;l&#232;ve particuli&#232;rement difficile et il m'arrivait de ne me pointer qu'au dernier cours de la journ&#233;e, qui &#233;tait souvent celui de physique-chimie. Je parvenais, en plus, &#224; arriver cinq minutes en retard, mais Dominique, au lieu de me passer un savon, m'accueillait avec un sourire non feint en me lan&#231;ant : &#171; &lt;i&gt;Ah Clair, &#231;a fait plaisir que tu sois l&#224;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Installe-toi donc. J'&#233;tais en train d'expliquer &#224; tes camarades que&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ce sourire, cette bienveillance, qui ont fait que je suis rest&#233;. Et, au passage, que j'ai finalement eu ce p&#8230; de bac.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Contre la rel&#233;gation&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bernard Gerde ne cherche plus la soixantaine : il l'a all&#233;grement d&#233;pass&#233;e. Moustache de mili&#8202;tant de gauche comme on n'en fait plus, le cofondateur du Clept est aujourd'hui retrait&#233;. Avant, il enseignait les lettres. C'est de sa rencontre avec une professeure de sciences naturelles, Marie-C&#233;cile Bloch, qu'est n&#233;e dans les ann&#233;es 1990 l'id&#233;e d'un &#233;tablissement alternatif public d&#233;di&#233; aux &#171; d&#233;crocheurs &#187; de toutes origines sociales. Il a fallu quatre ann&#233;es de travail et de lobbying acharn&#233; aupr&#232;s des pontes de l'&#201;ducation nationale pour qu'en l'an 2000, le ministre Jack Lang finisse par donner son feu vert &#224; l'ouverture du Clept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Quand on a construit le projet,&lt;/i&gt; se souvient Bernard,&lt;i&gt; on a travaill&#233; avec un chercheur en sciences de l'&#233;ducation qui s'appelle Jean-Yves Rochex. En gros, il disait que les jeunes d&#233;crochent parce qu'ils refusent notamment deux choses. D'une part, la normativit&#233; des disciplines (par exemple, la grammaire, &#8220;c'est comme &#231;a et pas autrement&#8221;) ; d'autre part, la normalisation des comportements (se mettre en rang, se lever quand le proviseur rentre, etc.).&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a bien d'autres raisons au d&#233;crochage. Parfois, ce sont de rageantes histoires de thunes (c'est, par exemple, l'&#233;l&#232;ve qui veut s'inscrire dans une fili&#232;re sp&#233;cifique, mais l'affectation se fait dans un lyc&#233;e lointain et les parents n'ont pas les moyens de payer l'h&#233;bergement). D'autres fois, ce sont des ruptures familiales, des accidents de la vie. Souvent, c'est aussi l'humiliation, subie par tant de jeunes en difficult&#233; scolaire auxquels on n'a cess&#233; de r&#233;p&#233;ter qu'ils n'&#233;taient capables de rien. Avec, comme corollaire, les orientations subies (et parfois teint&#233;es de discriminations) &#171; &lt;i&gt;vers des fili&#232;res de rel&#233;gation&lt;/i&gt; &#187; qui ne leur correspondent pas&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Clept, qui dispense un enseignement g&#233;n&#233;ral (mais peut se faire tremplin vers une autre orientation &lt;i&gt;choisie&lt;/i&gt;), les &#233;l&#232;ves d'aujourd'hui confirment. Kyllian, 22 ans : &#171; &lt;i&gt;On m'a toujours dit que je ne pourrais jamais avoir le bac. D&#232;s le CM&lt;/i&gt; &lt;i&gt;2, on a dit &#224; ma m&#232;re que j'irais en Segpa. On m'a orient&#233; en fili&#232;re pro sans me donner le choix. Je me suis retrouv&#233; en CAP vente alors que ce n'&#233;tait pas ce que je voulais faire.&lt;/i&gt; &#187; Une autre &#233;l&#232;ve : &#171; &lt;i&gt;Je n'ai jamais aim&#233; l'&#233;cole. Je bossais, mais j'&#233;tais en difficult&#233;. Les profs &#233;taient vachement encourageants,&lt;/i&gt; ironise-t-elle,&lt;i&gt; ils me disaient genre : &#8220;Tu vas finir SDF&#8221;. Ils ne savaient pas quoi faire de moi, alors ils m'ont finement sugg&#233;r&#233; de partir : &#8220;T'aimes bien l'artistique&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Tu vas faire un CAP p&#226;tisserie.&#8221;&lt;/i&gt; &#187; Un autre lyc&#233;en, pass&#233; par un bac pro, se souvient d'enseignants qui justifiaient avec cynisme le tri op&#233;r&#233; entre les gamins qui comme lui &#171; &lt;i&gt;s'&#233;taient un peu fait tej' de partout&lt;/i&gt; &#187; et l'&#233;lite promise au cursus g&#233;n&#233;ral : &#171; &lt;i&gt;Ils disaient : &#8220;Tu mets pas des pommes pourries avec des pommes fra&#238;ches, sinon &#231;a pourrit tout le panier.&#8221;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard se rappelle avoir rencontr&#233;, avant la cr&#233;ation du Clept, des jeunes orient&#233;s vers des voies de garage. On les y faisait bosser le fran&#231;ais &#224; partir de bons de commande de la Redoute. &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait mis&#233;rabiliste, il n'y avait aucun challenge, alors qu'ils &#233;taient tout &#224; fait capables d'&#233;tudier du Flaubert. Ils avaient de bonnes raisons de ne pas &#234;tre motiv&#233;s par ce qu'on leur proposait&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Le Clept est donc, aussi, n&#233; de la volont&#233; de proposer &#224; des &#233;l&#232;ves mis sur la touche &#171; &lt;i&gt;quelque chose de plus digne, un endroit o&#249; ils se sentent respect&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. Avec deux convic&#8202;tions bien ancr&#233;es : &#171; &lt;i&gt;L'&#233;galit&#233; des chances est un mythe et la &#8220;m&#233;ritocratie scolaire&#8221;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;est&lt;/i&gt; un &lt;i&gt;scandale.&lt;/i&gt; &#187; Et, partant, une volont&#233; forte : &#171; &lt;i&gt;Dire non au d&#233;terminisme social et &#224; l'assignation &#224; r&#233;sidence : c'est parce qu'il lutte contre &#231;a que cet &#233;tablissement s'appelle le Coll&#232;ge lyc&#233;e &#8220;&#233;litaire pour tous&#8221;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une incessante remise en question&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Tout jeune est capable d'apprendre,&lt;/i&gt; estime Dominique, mon ancien prof de physique, &#224; la retraite depuis trois ans. &lt;i&gt;Si &#231;a ne fonctionne pas, c'est qu'il y a quelque chose &#224; revoir dans ta mani&#232;re d'enseigner. En dix-sept ans au Clept, je n'ai rencontr&#233; que cinq ou six &#233;l&#232;ves avec de vraies difficult&#233;s d'apprentissage.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un aspect fondamental de la relation profs /&#233;l&#232;ves qui s'&#233;labore ici : au Clept, l'enseignant doit &#234;tre pr&#234;t &#224; se remettre en question. Les emplois du temps comportent d'ailleurs une heure de &#171; vie de classe &#187;, temps de dialogue o&#249; sont abord&#233;es les difficult&#233;s rencontr&#233;es, et o&#249; les &#233;l&#232;ves peuvent exprimer dol&#233;ances et critiques. &#171; &lt;i&gt;Faut pas &#234;tre susceptible&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;, sourit Caroline, prof d'allemand. &#171; &lt;i&gt;Au cours de toutes ces ann&#233;es, il m'est arriv&#233; d'encaisser de violentes attaques verbales, &lt;/i&gt;se souvient Dominique. &lt;i&gt;Il m'a fallu comprendre que &#231;a ne s'adressait pas &#224; moi en tant que personne mais en tant qu'adulte repr&#233;sentant de la soci&#233;t&#233;&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Agathe, prof de fran&#231;ais : &#171; &lt;i&gt;On fait des conneries. On peut blesser. La grande force ici, c'est que &#231;a se partage avec le reste de l'&#233;quipe. L'&#233;l&#232;ve qui claque la porte de la classe, un coll&#232;gue va le rattraper dans le couloir et pointer la maladresse du prof et/ou l'&#233;ventuelle responsabilit&#233; du jeune l&#224;-dedans.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enseigner au Clept n'est pas de tout repos. C'est un exercice humainement tr&#232;s riche, mais exigeant et chronophage. Car une fois leurs cours finis, les professeurs ne rentrent pas chez eux : ils restent sur place. S&#251;r, comparativement &#224; leurs coll&#232;gues d'&#233;tablissements conventionnels, ils ont moins de copies &#224; corriger. Mais comme il n'y a pas de personnel d&#233;di&#233; &#224; cela, ils se partagent les t&#226;ches administratives &#8211; ce qui fait, expliquent-ils, qu'en termes de co&#251;t par &#233;l&#232;ve, le Clept ne co&#251;te pas plus cher qu'un &#233;tablissement classique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce temps pass&#233; sur place est fertile. C'est lui qui permet d'in&#8202;cessants &#233;changes entre coll&#232;gues, propices &#224; une prise de recul de chacun sur ses pratiques et &#224; l'&#233;laboration de regards crois&#233;s, donc plus justes, sur les &#233;l&#232;ves. Ce temps offre aussi la possibilit&#233; d'&#233;changes entre jeunes et enseignants &lt;i&gt;hors&lt;/i&gt; de la salle de classe. Tout est d'ailleurs fait pour multiplier les occasions de sortir de la relation purement professorale : il y a les &#171; groupes de base &#187; (o&#249; l'on d&#233;bat de sujets d'actualit&#233; ou de la vie du Clept), des projets cr&#233;atifs men&#233;s avec des professionnels du monde de la culture, un atelier d'&#233;criture auquel les profs participent au m&#234;me titre que les &#233;l&#232;ves&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun doute l&#224;-dessus : ici, le jeune est consid&#233;r&#233; par ses a&#238;n&#233;s comme un interlocuteur valable. Est-ce &#224; dire qu'il est leur &#233;gal ? &#171; &lt;i&gt;Nous sommes des adultes avec une mission &#233;ducative qui n'est pas bas&#233;e sur le dressage,&lt;/i&gt; r&#233;pond Agathe. &lt;i&gt;Apr&#232;s, j'ai 56 ans et un peu d'exp&#233;rience. On ne va pas faire semblant d'&#234;tre au m&#234;me niveau. Ce qui ne veut pas dire que les &#233;l&#232;ves n'ont rien &#224; m'apprendre. Mais ils doivent pouvoir compter sur nous pour faire avancer les choses.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Les profs cassent les murs &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Que disent les &#233;l&#232;ves de tout ce fonctionnement ? Ceux avec qui j'&#233;change sont plut&#244;t dithyrambiques. Et quand, pour nuancer le tableau dress&#233;, je leur demande d'&#233;voquer des aspects n&#233;gatifs dans le comportement des enseignants, rien ne leur vient. Silence. Puis Chlo&#233;, 19 ans, tente une explication : &#171; &lt;i&gt;C'est difficile de pointer des choses qui ne vont pas, comme &#231;a de but en blanc. Parce qu'en fait, ce qui ne va pas, on le discute en permanence avec eux.&lt;/i&gt; &#187; En deux heures d'&#233;changes, j'entendrai &#224; peine quelques b&#233;mols : &#171; &lt;i&gt;Il y a des profs qui nous infantilisent un peu, mais &#231;a s'arr&#234;te d&#232;s qu'on le leur dit&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Des fois, ils sont un peu trop laxistes&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Les discussions avec eux peuvent &#234;tre d&#233;rangeantes, parce qu'il y a un c&#244;t&#233; intrusif.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce qui est chouette ? L&#224;, les mots ne manquent pas. Citons en vrac Mathieu, Damien, Suzanne, Kyllian, Chlo&#233; et Sylvia : &#171; &lt;i&gt;Ils cassent les murs entre profs et &#233;l&#232;ves.&lt;/i&gt; &#187; / &#171; &lt;i&gt;Ils ne nous dominent pas. Dans un lyc&#233;e traditionnel, si tu poses beau&lt;/i&gt;&#8202;&lt;i&gt;coup de questions, le prof peut le voir comme une remise en question de ses connaissances, de son autorit&#233;. Ici c'est l'inverse, c'est une preuve d'int&#233;r&#234;t.&lt;/i&gt; &#187; / &#171; &lt;i&gt;On nous responsabilise : c'est ton projet, ton parcours.&lt;/i&gt; &#187; / &#171; &lt;i&gt;On les appelle par leur pr&#233;nom. Tu peux avoir de vrais &#233;changes avec eux, m&#234;me en cours ils nous donnent beaucoup de place.&lt;/i&gt; &#187; / &#171; &lt;i&gt;Si t'es en gal&#232;re, que t'as une difficult&#233; avec une administration par exemple, ils ne t'envoient pas bouler en te disant que c'est pas leur domaine de comp&#233;tence. &#199;a t'aide &#224; t'engager avec eux puisqu'ils s'engagent avec toi.&lt;/i&gt; &#187; / &#171; &lt;i&gt;Dans un &#233;tablissement classique o&#249; il y a 1 000 lyc&#233;ens, les profs laissent passer le harc&#232;lement entre &#233;l&#232;ves. L&#224;, d&#232;s qu'il y a un probl&#232;me, ils le voient et ils confrontent les deux personnes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la performance scolaire ? &#171; &lt;i&gt;En allemand je suis une bille. Mais la prof ne m'a pas enfonc&#233;. On te prend comme t'es, sans chercher &#224; te faire conformer &#224; une norme de ton &#226;ge.&lt;/i&gt; &#187; / &#171; &lt;i&gt;Tu n'as pas de pression sur les r&#233;sultats. Ce qu'on te demande, c'est d'essayer de faire de ton mieux.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; leur arriv&#233;e, les &#233;l&#232;ves n'int&#232;grent pas tout de suite une classe de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, question triviale mais pas si anodine : comment &#231;a se passe si on a besoin d'aller aux toilettes pendant un cours ? Faut-il lever le bras et demander l'autorisation d'une voix g&#234;n&#233;e ? &#171; &lt;i&gt;Non, tu sors. Si t'as besoin de sortir, que c'est vraiment urgent, tu y vas, tu n'interromps pas le cours pour demander.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Vers la fin de l'exp&#233;rience ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit des efforts des profs, il y a tout de m&#234;me quelques jeunes qui quittent le Clept en cours d'ann&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Ils ne sont pas nombreux, &lt;/i&gt;indique Agathe,&lt;i&gt; et souvent c'est li&#233; &#224; un probl&#232;me de sant&#233; lourd, ou &#224; des addictions, ou &#224; une n&#233;cessit&#233; de trou&lt;/i&gt;&#8202;&lt;i&gt;ver un emploi pour cause d'urgence &#233;conomique...&lt;/i&gt; &#187; Chez celles et ceux qui restent et tentent de passer le bac, &#171; &lt;i&gt;le taux d'obtention est encourageant&lt;/i&gt; &#187;, poursuit-elle : &#171; &lt;i&gt;En g&#233;n&#233;ral on est entre 80 et 100 %.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, quand on sait le nombre de m&#244;mes qui quittent l'&#233;cole sans dipl&#244;me chaque ann&#233;e, le plus souvent vou&#233;s ensuite &#224; une d&#233;primante pr&#233;carit&#233;, pourquoi ne pas multiplier les dispositifs d&#233;rogatoires comme celui du Clept, public et gratuit ? Il n'a, apr&#232;s tout, rien de si radical : contrairement &#224; ce qui se construit dans d'autres exp&#233;riences p&#233;dagogiques alternatives, les adultes demeurent d&#233;positaires de l'autorit&#233; formelle et le contenu global des enseignements s'&#233;loigne peu de l'ordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las, ce n'est pas ce qui se profile &#224; l'horizon. Les services de l'&#201;ducation nationale, avec qui les relations ont toujours &#233;t&#233; difficiles, ont tranch&#233; : d'ici quelques ann&#233;es, le Clept quittera ses locaux de la Villeneuve, certes pas tout jeunes, pour s'installer dans l'enceinte du lyc&#233;e Mounier, actuellement en r&#233;novation. L'&#233;quipe est vent debout contre ce d&#233;m&#233;nagement. En particulier parce qu'avec ce d&#233;part, c'est toute une partie de la philosophie du projet qui s'envolera en fum&#233;e : les &#233;l&#232;ves retrouveront une archi&#8202;tecture &#224; tonalit&#233; carc&#233;rale, une grosse usine avec un portique &#224; l'entr&#233;e et un r&#232;glement int&#233;rieur drastique. &#192; l'&#233;poque de mes 17 ans rebelles, aurais-je support&#233; de fr&#233;quenter chaque jour un tel environnement ? Pas s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'oxymore est volontaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Avant d'&#234;tre affubl&#233; d'une triste image de cit&#233; d&#233;grad&#233;e, avec ses spots de deal et sa concentration de difficult&#233;s sociales, le quartier de la Villeneuve a &#233;t&#233; une utopie urbanistique. Ses concepteurs, au d&#233;but des ann&#233;es 1970, ambitionnaient de &#171; changer la ville pour changer la vie &#187; : mixer les classes sociales, laisser les voitures en dehors du quartier, favoriser les rencontres entre habitants gr&#226;ce &#224; une grande galerie couverte... &#192; ce sujet, lire notamment : &#171; &lt;a href=&#034;https://www.lepostillon.org/Villeneuve-l-utopie-a-l-agonie.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Villeneuve, utopie &#224; l'agonie&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Postillon&lt;/i&gt; n&#176; 3 (d&#233;cembre 2009).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les admissions au Clept se font uniquement sur la base du volontariat, apr&#232;s des entretiens individuels o&#249; il est question du parcours de vie du jeune et de ses motivations &#224; reprendre les cours.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; leur arriv&#233;e, les &#233;l&#232;ves n'int&#232;grent pas tout de suite une classe de niveau (seconde, premi&#232;re, etc.). Ils passent plusieurs mois en &#171; module &#187;, o&#249; l'enseignement s'affranchit des programmes de l'&#201;ducation nationale et o&#249; la notation n'existe pas.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; La m&#233;ritocratie dans l'arm&#233;e est un mythe &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-meritocratie-dans-l-armee-est</link>
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		<dc:date>2020-06-26T17:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Lucile Dumont</dc:creator>


		<dc:subject>Plonk et Replonk</dc:subject>
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		<dc:subject>scolaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Christel Coton est ma&#238;tresse de conf&#233;rences en sociologie &#224; l'universit&#233; Paris 1 Panth&#233;on-Sorbonne. En 2017, elle a publi&#233; Officiers : des classes en lutte sous l'uniforme (&#233;d. Agone). Elle y montre, apr&#232;s deux longues immersions dans un r&#233;giment de l'arm&#233;e de terre et dans une &#233;cole militaire, comment la m&#233;ritocratie et le brassage social desquels l'arm&#233;e se revendique ne sont qu'un mirage, destin&#233; &#224; gommer tous les m&#233;canismes de la reproduction sociale. Entretien. Comment expliquer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no185-mars-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;185 (mars 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Plonk-et-Replonk" rel="tag"&gt;Plonk et Replonk&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rang-1882" rel="tag"&gt;rang&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/elites" rel="tag"&gt;&#233;lites&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/carriere-militaire" rel="tag"&gt;carri&#232;re militaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/scolaire" rel="tag"&gt;scolaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Christel Coton est ma&#238;tresse de conf&#233;rences en sociologie &#224; l'universit&#233; Paris 1 Panth&#233;on-Sorbonne. En 2017, elle a publi&#233; &lt;i&gt;Officiers : des classes en lutte sous l'uniforme&lt;/i&gt; (&#233;d. Agone). Elle y montre, apr&#232;s deux longues immersions dans un r&#233;giment de l'arm&#233;e de terre et dans une &#233;cole militaire, comment la m&#233;ritocratie et le brassage social desquels l'arm&#233;e se revendique ne sont qu'un mirage, destin&#233; &#224; gommer tous les m&#233;canismes de la reproduction sociale. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3381 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH568/-1568-eed40.jpg?1782673783' width='400' height='568' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Plonk &amp; Replonk
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment expliquer l'engouement de certains jeunes pour l'arm&#233;e aujourd'hui ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je croise beaucoup de profils qui peuvent sembler paradoxaux parmi les jeunes qui pensent &#224; s'engager, notamment des &#233;tudiants qui en ont ras le bol des &#233;tudes, qui ont tr&#232;s peur de l'avenir et craignent que leur dipl&#244;me ne soit pas rentable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e attire parce qu'elle para&#238;t offrir une stabilit&#233; de carri&#232;re et de statut alors qu'ailleurs tout se d&#233;lite. C'est pourtant faux ! Le plus souvent, le recrutement des soldats ne d&#233;bouche sur aucune carri&#232;re, il y a au contraire un &lt;i&gt;turnover&lt;/i&gt; tr&#232;s important. On propose aux jeunes des classes moyennes ou populaires des contrats de quatre &#224; cinq ans, en contrepartie de niveaux d'engagement, de disponibilit&#233; et de contrainte extr&#234;mement forts : la vie en caserne est tr&#232;s astreignante, la hi&#233;rarchie tr&#232;s pr&#233;sente&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet espoir que mettent ces jeunes dans l'engagement militaire repose sur l'id&#233;e selon laquelle il y aurait une v&#233;ritable m&#233;ritocratie &#224; l'arm&#233;e, qui offrirait une forme de promotion sociale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce n'est pas vrai ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a d'une certaine mani&#232;re un dispositif m&#233;ritocratique dans l'arm&#233;e, avec des perspectives d'avancement pour ceux qui entrent par le rang [&lt;i&gt;par le bas de l'&#233;chelle, NDLR&lt;/i&gt;]. Mais cette m&#233;ritocratie est un mythe puisqu'&#224; l'arm&#233;e comme ailleurs, ce sont des ressources scolaires, des origines sociales particuli&#232;res et certains types de fa&#231;ons d'&#234;tre qui rencontrent des formes de promotion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mythe m&#233;ritocratique a forg&#233; l'institution depuis longtemps, et il fonctionne encore &#8211; les trois quarts des officiers ne sont pas issus de Saint-Cyr mais viennent du rang ou de l'universit&#233;, ce qui laisse penser que l'arm&#233;e offre une sorte de deuxi&#232;me chance. Il y a cette id&#233;e que l'arm&#233;e pourrait rattraper ceux que le monde social a laiss&#233; tomber, l&#224; o&#249; le syst&#232;me scolaire a &#233;chou&#233;, parce qu'elle valoriserait d'autres qualit&#233;s &#8211; le courage, la t&#233;nacit&#233;, devenir soi-m&#234;me, etc. Mais si l'on observe la progression dans la carri&#232;re, on voit bien que la mont&#233;e en grade est impossible pour tous ceux qui sont issus des milieux sociaux les moins dot&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui ont le moins de ressources scolaires, par exemple, se heurtent aux concours internes, pour lesquels m&#234;me les connaissances universitaires ne suffisent pas : il y a tout un tas de connaissances implicites du milieu, de fa&#231;ons de se comporter, de briller dans l'entre-soi qui s'appuient sur des socialisations tr&#232;s particuli&#232;res. Il faut savoir se comporter en &#8220;mili&#8221;, se cr&#233;er un personnage, conna&#238;tre l'histoire militaire, avoir une grande gueule&#8230; Tout cela s'apprend dans des espaces bien en amont de l'entr&#233;e dans la carri&#232;re militaire, comme la bourgeoisie traditionnelle, les scouts ou le lyc&#233;e militaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En mettant en avant la fraternit&#233; d'armes, l'arm&#233;e entretient l'illusion d'une &#233;galit&#233; entre ses membres...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'arm&#233;e dit : on partage les m&#234;mes conditions et on va vers un but commun. Il faut donc faire corps dans la mission, et c'est parce qu'on est ensemble de fa&#231;on hi&#233;rarchique &#8211; c'est-&#224;-dire avec certains qui donnent des ordres, et &#224; qui on doit ob&#233;ir parce qu'ils d&#233;tiennent des informations que les autres n'ont pas &#8211; que cela fonctionne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans certaines &#233;coles d'officiers, on met un point d'honneur &#224; &#8220;m&#233;langer&#8221; : dans chaque classe on met des Saint-Cyriens, des officiers issus du rang, au moins une femme&#8230; Mais le monde social revient au galop : les officiers passent leur temps &#224; r&#233;instaurer des hi&#233;rarchies entre eux, &#224; se distinguer les uns des autres, &#224; se d&#233;nigrer mutuellement et &#224; essayer d'identifier leurs &#8220;origines&#8221; &#8211; c'est-&#224;-dire, justement, ce qui distingue un Saint-Cyrien d'un officier issu du rang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tr&#232;s clair, pour tous les officiers, que ce sont les Saint-Cyriens qui deviendront les chefs. Ils obtiennent rapidement les grades de commandant, colonel, g&#233;n&#233;ral, etc., alors que les autres restent capitaines au long cours, et leurs galons se fanent. Il n'y a ni myst&#232;re ni erreur : un officier issu du rang ne finit pas g&#233;n&#233;ral, et l'institution sait reconna&#238;tre ses &#233;lites. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment expliquer le fait que les &#233;lites militaires soient li&#233;es &#224; la grande bourgeoisie, aux milieux catholiques et &#224; une pens&#233;e r&#233;actionnaire ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'institution militaire, et notamment le corps des officiers, est un peu un lieu de repli pour une fraction des &#233;lites conservatrices d&#233;class&#233;es. Celles-ci trouvent dans la carri&#232;re militaire un des derniers espaces de distinction possibles : elles n'ont pas les ressources pour aller dans les &#233;coles de commerce qui ont un haut niveau d'exigence scolaire &#224; l'entr&#233;e. &#192; l'inverse, le concours d'entr&#233;e &#224; Saint-Cyr est tr&#232;s peu valoris&#233; sur le plan scolaire, le titre de Saint-Cyrien est tr&#232;s peu reconnu chez les ing&#233;nieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e permet &#224; ces fractions de la bourgeoisie relativement peu dot&#233;es en capital &#233;conomique et scolaire de conserver leur valeur sociale. Ce sont des &#233;lites particuli&#232;res cependant : parmi d'autres &#233;lites, les officiers ont un sentiment de d&#233;classement tr&#232;s fort. Alors que dans l'arm&#233;e, ils b&#233;n&#233;ficient de formes de distinction en permanence : ils peuvent avoir un chauffeur, une secr&#233;taire, on leur porte leurs affaires, ils ont un espace r&#233;serv&#233; pour manger et acc&#232;s &#224; des lieux anciens et prestigieux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les officiers ne sont pas des catholiques conservateurs, mais l'&#233;lite de ce corps est tr&#232;s situ&#233;e socialement, religieusement et politiquement : on y retrouve tout l'&#233;ventail des id&#233;ologies de droite, dont le monarchisme et le refus de la d&#233;mocratie&#8230; Cela ne signifie toutefois pas que ces officiers font un usage politique de l'outil militaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Lucile Dumont&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Wild Wild Capitalism</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Wild-Wild-Capitalism</link>
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		<dc:date>2020-01-09T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Les vieux dossiers</dc:subject>
		<dc:subject>Plonk et Replonk</dc:subject>
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		<dc:subject>&#226;ge d'or</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entre la fin de la guerre de S&#233;cession et l'aube du XXe si&#232;cle, les &#201;tats-Unis vont conna&#238;tre la plus fulgurante p&#233;riode de d&#233;veloppement &#233;conomique (jusqu'au boom chinois des ann&#233;es 1990). Pour le plus grand profit d'une petite &#233;lite politico-industrielle entr&#233;e dans la post&#233;rit&#233; sous le nom de &#171; barons voleurs &#187;. Les blases sont connus et renvoient &#224; un &#226;ge d'or du capitalisme &#233;tatsunien : Rockefeller, Morgan, Carnegie, Vanderbilt. Un syst&#232;me magique qui aurait transform&#233; les loqueteux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Les-vieux-dossiers" rel="tag"&gt;Les vieux dossiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Plonk-et-Replonk" rel="tag"&gt;Plonk et Replonk&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/center" rel="tag"&gt;center&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/greve" rel="tag"&gt;gr&#232;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/barons-voleurs" rel="tag"&gt;barons voleurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/greve-generale" rel="tag"&gt;gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/milliers" rel="tag"&gt;milliers&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/capitalisme-etatsunien" rel="tag"&gt;capitalisme &#233;tatsunien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/compagnies" rel="tag"&gt;compagnies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/age-d-or" rel="tag"&gt;&#226;ge d'or&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entre la fin de la guerre de S&#233;cession et l'aube du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, les &#201;tats-Unis vont conna&#238;tre la plus fulgurante p&#233;riode de d&#233;veloppement &#233;conomique (jusqu'au boom chinois des ann&#233;es 1990). Pour le plus grand profit d'une petite &#233;lite politico-industrielle entr&#233;e dans la post&#233;rit&#233; sous le nom de &#171; barons voleurs &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3185 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH357/-1404-05a62.jpg?1782700239' width='500' height='357' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Plonk &amp; Replonk
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;es blases sont connus et renvoient &#224; un &#226;ge d'or du capitalisme &#233;tatsunien : Rockefeller, Morgan, Carnegie, Vanderbilt. Un syst&#232;me magique qui aurait transform&#233; les loqueteux en milliardaires. Illusion ! Ils sont issus &#224; 90 % des petite et grande bourgeoisies comme l'a montr&#233; &#171; &lt;i&gt;une &#233;tude portant sur les origines de 300 dirigeants de l'industrie textile, des chemins de fer et de l'aci&#233;rie des ann&#233;es 1870 &lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Toutes les r&#233;f&#233;rences et citations sont tir&#233;es de : une histoire populaire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Au vrai : des voleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La collusion et la corruption&lt;/strong&gt; furent en effet monnaie courante chez ces industriels et leurs complices : membres des gouvernements, parlements, tribunaux et... pr&#233;sidents. Ainsi la ligne ferroviaire reliant la c&#244;te Ouest &#224; la c&#244;te Est s'est construite au prix de centaines de milliers de dollars de pots-de-vin et de dizaines de millions de d&#233;tournements de fonds publics. Si on leur accole le titre de baron, c'est parce qu'ils font payer leur r&#233;ussite &#224; des arm&#233;es de lumpenprol&#233;taires r&#233;cemment d&#233;barqu&#233;s sur le sol am&#233;ricain : des milliers d'Irlandais et de Chinois se tuent &#224; la t&#226;che (litt&#233;ralement, &#224; cause des conditions climatiques extr&#234;mes et des attaques des Indiens) pendant quatre ans pour construire des milliers de kilom&#232;tres de voies avec un ou deux dollars par jour en guise de r&#233;mun&#233;ration. Pour mettre d&#233;finitivement le pays en coupe r&#233;gl&#233;e, ces barons voleurs constitu&#232;rent de puissantes ententes regroupant compagnies ferroviaires, banques et compagnies d'assurance pour commencer. Puis vint le tour de la m&#233;tallurgie, du p&#233;trole et des r&#233;seaux de communication. &#171; &lt;i&gt;Ces industries furent en fait les premiers b&#233;n&#233;ficiaires de cette sorte d' &#8220;&#201;tat providence&#8221;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour mater les r&#233;voltes&lt;/strong&gt; qui ne manqu&#232;rent pas d'&#233;clater, la caste au pouvoir d&#233;ploya l'arsenal classique. Elle stipendia une classe intellectuelle d&#233;versant des flots de propagande dans toutes sortes de feuilles de chou, joua sur les divisions ethniques au sein des ouvriers (enr&#244;lant les Irlandais dans la police notamment) et eut recours &#224; diverses milices quand le contr&#244;le des &#233;v&#233;nements fut pr&#232;s de lui &#233;chapper. On pr&#234;te m&#234;me &#224; Jay Gould, patron de quatre compagnies de chemin de fer, une sentence pour le moins explicite : &#171; &lt;i&gt;Je peux embaucher la moiti&#233; de la classe ouvri&#232;re pour tuer l'autre moiti&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vraie ou fausse&lt;/strong&gt;, la phrase traduit la mentalit&#233; de ces barons voleurs : il n'y a rien que l'argent ne puisse acheter. De la parole aux actes, Gould r&#233;gla un contentieux commercial avec Vanderbilt en envoyant une bande de nervis, le Hell's Kitchen Mob, tabasser les soutiens de son rival. &#192; plusieurs reprises, ce furent de v&#233;ritables batailles rang&#233;es qui oppos&#232;rent les ouvriers en gr&#232;ve et les sicaires de l'agence Pinkerton (pour laquelle Dashiell Hammet, l'auteur du Faucon maltais et surtout de La Moisson rouge, a travaill&#233; pendant cinq ans). Dans les ann&#233;es 1880, les &#201;tats-Unis connurent une situation pr&#233;-r&#233;volutionnaire avec de multiples appels &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale voire &#224; l'insurrection arm&#233;e lanc&#233;s par des syndicats naissants. De 1881 &#224; 1885, le pays enregistra pas moins de 500 gr&#232;ves par an et le mouvement gagna toutes les cat&#233;gories sociales, y compris la population noire et les d&#233;tenus, d&#233;j&#224; nombreux &#224; l'&#233;poque. 1886 constitua un point culminant avec le grand appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mai et la r&#233;pression f&#233;roce qui s'ensuivit. Sonn&#233;s par la grande crise &#233;conomique de 1893, les prolos ricains cherch&#232;rent une issue politique &#224; travers l'&#233;mergence d'un mouvement &#171; populiste &#187;. Mais c'est l&#224; une autre histoire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Iffik Le Guen&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Toutes les r&#233;f&#233;rences et citations sont tir&#233;es de : une &lt;i&gt;histoire populaire des &#201;tats-Unis&lt;/i&gt;, Howard Zinn, Agone.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mai 68 comm&#233;momifi&#233;</title>
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&lt;p&gt;En cinquante ans, la chienlit s'est bien aseptis&#233;e. Entre folklore vid&#233; de sa substance rebelle et occasion de remplir le tiroir-caisse, le souvenir de Mai 68 n'a plus rien &#224; voir avec ce qu'a vraiment port&#233; le mouvement. Totalement d&#233;politis&#233;e, sa comm&#233;moration s'annonce aussi copieuse qu'insipide. *** (C'&#233;tait y a un an dans &#8220;CQFD&#8221;...) *** Automne dernier. Les Journ&#233;es du patrimoine attirent les badauds &#233;bahis &#224; la fac de Nanterre, haut lieu du joli mois de mai. Le pr&#233;sident de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no165-mai-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;165 (mai 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Plonk-et-Replonk" rel="tag"&gt;Plonk et Replonk&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Automne-dernier" rel="tag"&gt;Automne dernier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/etudiants" rel="tag"&gt;&#233;tudiants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/celebre" rel="tag"&gt;c&#233;l&#232;bre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mais-faudrait" rel="tag"&gt;mais faudrait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fibre" rel="tag"&gt;fibre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En cinquante ans, la chienlit s'est bien aseptis&#233;e. Entre folklore vid&#233; de sa substance rebelle et occasion de remplir le tiroir-caisse, le souvenir de Mai 68 n'a plus rien &#224; voir avec ce qu'a vraiment port&#233; le mouvement. Totalement d&#233;politis&#233;e, sa comm&#233;moration s'annonce aussi copieuse qu'insipide.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2895 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH322/-1139-85dbd.jpg?1782740701' width='500' height='322' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Plonk &amp; Replonk
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;(C'&#233;tait y a un an dans &#8220;CQFD&#8221;...)&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;A&lt;/span&gt;utomne dernier. Les Journ&#233;es du patrimoine attirent les badauds &#233;bahis &#224; la fac de Nanterre, haut lieu du joli mois de mai. Le pr&#233;sident de l'universit&#233;, Jean-Fran&#231;ois Balaud&#233;, soupire : &#171; &lt;i&gt;La m&#233;moire de Mai 68 s'est &#233;loign&#233;e du lieu, cet &#233;v&#233;nement n'est plus partag&#233; par les &#233;tudiants qui sont sur le campus,&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;m&#234;me si on garde une fibre d'engagement, une fibre militante. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9 avril, le m&#234;me gugusse &#224; &lt;i&gt;fibre engag&#233;e&lt;/i&gt; envoie la flicaille virer les &#233;tudiants qui occupent sa fac. D'autres pr&#233;sidents d'universit&#233; agissent de m&#234;me, r&#233;quisitionnant la matraque pour d&#233;loger ces salauds d'&#233;tudiants indociles. Mai 68, comme vieillerie, &#231;a passe, mais faudrait pas que &#231;a donne dans le &lt;i&gt;remake&lt;/i&gt;. Alors, on c&#233;l&#232;bre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soixante-huitards n'ont pas pens&#233; &#224; bomber sur les murs : &#171; &lt;i&gt;Il est interdit de comm&#233;morer !&lt;/i&gt; &#187; &#199;a n'aurait pas arr&#234;t&#233; institutions et histrions, qui conjuguent chansonnette et &#233;v&#233;nementiel pour un anniversaire soigneusement d&#233;politis&#233;, &#233;ni&#232;me enterrement de premi&#232;re classe. Comme si une marque de ketchup s'associait au souvenir de la Semaine sanglante et r&#233;duisait La Commune &#224; un clip de promo pour chipolatas &#224; tremper dans le rouge.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Jet set en dentelles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'avance, la quintessence de la mode bourge s'est pay&#233; Mai 68. C'&#233;tait en f&#233;vrier, lors de la &lt;i&gt;fashion week&lt;/i&gt;. Au menu, des clips Gucci chor&#233;graphiant de faux &#233;tudiants propres sur eux, poings lev&#233;s et fringues de marque, sur fond de zique sign&#233;e du c&#233;l&#232;bre DJ Laurent Garnier. Comptez 6 320 &#8364; pour une tenue compl&#232;te &#8211; chaussettes comprises. Revendiquant le m&#234;me h&#233;ritage de la r&#233;volte, la collection Dior m&#234;le &#171; &lt;i&gt; mousseline de soie et dentelles&lt;/i&gt; &#187; pour un d&#233;fil&#233; chic d&#233;cor&#233; de fausses affiches, couvertures de magazines de mode et photos d'archives de la maison de haute couture, histoire de transformer cette exhibition du luxe en &#171; &lt;i&gt;QG des revendications d'une jeunesse en &#233;bullition&lt;/i&gt; &#187;. Et puis, le sac Dior en toile brod&#233;e motif hippie est carr&#233;ment donn&#233; : 1 480 &#8364; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effacement de toute subversion et la r&#233;cup&#233;ration de la r&#233;volte en marchandise sont d&#233;sormais de grands classiques. une fonction primaire du cannibalisme ultralib&#233;ral et de la soci&#233;t&#233; de surconsommation. En 2005 d&#233;j&#224;, Leclerc avait r&#233;utilis&#233; une illustre affiche de Mai 68, collant un code-barres sur le bouclier d'un CRS &#224; matraque et l'accompagnant d'un slogan remast&#233;ris&#233; : &#171; La hausse des prix oppresse votre pouvoir d'achat.&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &#187; une deuxi&#232;me pub pompait la non moins c&#233;l&#232;bre affiche d'&#233;poque clamant &#171; Nous sommes le pouvoir&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &#187; au-dessus d'une rang&#233;e stylis&#233;e de six ouvriers en lutte. Slogan que le distributeur avait remplac&#233; par &#171; Il est interdit d'interdire de vendre moins cher &#187;, tandis qu'un sac de provisions prenait la place de la clef &#224; molette tenue par l'un des prolos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1989, pour c&#233;l&#233;brer la R&#233;volution fran&#231;aise, le d&#233;fil&#233; paillettes de Jean-Paul Goude avait vir&#233; au spectaculaire, moulin&#233; au &lt;i&gt;storytelling &lt;/i&gt;bien rem&#226;ch&#233;. Mais cette fois, pour Mai 68, pas de commission officielle du cinquantenaire, ni de gros budget allou&#233; par l'&#201;tat pour sa c&#233;l&#233;bration. Macron aurait-il trouv&#233; ce pass&#233; barricadier un peu dangereux ? Il a pourtant publi&#233; en 2016 un ouvrage intitul&#233; &lt;i&gt;R&#233;volution&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &#201;moi &#187; et moi&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident ne bougeant pas le petit doigt, ce sont les m&#233;diath&#232;ques ou facult&#233;s qui prennent finalement le relais de la comm&#233;moration. &#192; Paris, les biblioth&#232;ques c&#233;l&#232;brent ainsi l'&#233;conomie sociale et solidaire comme &#171; &lt;i&gt;d&#233;clinaison de la notion d'utopie&lt;/i&gt; &#187;, exhument les chansons de l'ann&#233;e 1968 en mode &lt;i&gt;blind test&lt;/i&gt; et refourguent des places pour une conf&#233;rence sur le joli mois de mai anim&#233;e par un &#171; &lt;i&gt; sp&#233;cialiste de l'histoire des couleurs &lt;/i&gt; &#187;. Yeah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Bordeaux, c'est le service com' de la fac qui s'y colle, proposant des ateliers s&#233;rigraphie dont le visiteur repart &#171; &lt;i&gt; avec slogan, tract, affiche &lt;/i&gt; &#187;. Du souvenir DIY postdat&#233;, en somme. Quant aux biblioth&#232;ques universitaires de la ville, elle organisent un cycle &#171; &#201;moi de mai &#187; qui propose des &#171; &lt;i&gt;&#233;clats de m&#233;moire&lt;/i&gt; &#187; pour vivre &#171; &lt;i&gt;ces instants vol&#233;s au quotidien qui ont contribu&#233; &#224; changer tant de choses&lt;/i&gt; &#187;. En vrai, de l'&#233;motionnel en miettes. Dont le moulage d'une statue grecque de Pallas, qui a eu les yeux noircis &#224; la bombe de peinture en 1968. Sacr&#233;e relique, religieusement conserv&#233;e au mus&#233;e local !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le vrai nirvana comm&#233;moratif de ce cycle est pr&#233;vu pour le 30 mai : les visiteurs sont invit&#233;s &#224; enterrer une &#171; &lt;i&gt;capsule temporelle&lt;/i&gt; &#187; enfouie dans une bo&#238;te en plastoc. Laquelle ne sera &#8211; promis &#8211; exhum&#233;e que dans 50 ans. L'occasion d'un &#171; &lt;i&gt;contre-pied &#224; l'Histoire&lt;/i&gt; &#187; puisque &#171; &lt;i&gt;le public se retrouvera impliqu&#233; dans des questionnements sur un temps anachronique&lt;/i&gt; &#187;. Mazette. Pour finir la soir&#233;e en beaut&#233;, des &#233;tudiants entonneront les refrains &#171; &lt;i&gt;qui racontent les &#233;v&#233;nements de Mai 68 &lt;/i&gt; &#187; : Gilbert B&#233;caud, The Mamas &amp; The Papas et Procol Harum.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Motards, p&#233;d&#233;g&#233;s, biscuits, crowdfunding&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sur les &#233;crans ou les ondes, dans la rue ou les lieux publics se multiplient les r&#233;f&#233;rences &#224; l'insurrection de mai. Tout &#224; leur refus r&#233;volutionnaire de la vitesse limit&#233;e &#224; 80 km/h, les &#171; Motards en col&#232;re &#187; manifestent &#224; fond &#171; &lt;i&gt; en clin d'&#339;il &#224; Mai 68&lt;/i&gt; &#187;... Sur France Info, la chronique &#171; Mon pav&#233; 2018 &#187; r&#233;duit l'esprit de mai &#224; une grosse grogne, tendant le micro &#224; un chef (de cuisine) qui d&#233;bite les vertus de la discipline et de la soumission, &#224; un philosophe s'insurgeant &#171; &lt;i&gt;contre l'hypnose li&#233;e aux &#233;crans&lt;/i&gt; &#187;, &#224; un p&#233;d&#233;g&#233; appelant &#224; y aller mollo sur la transparence ou &#224; un &#233;crivain pleurant la langue fran&#231;aise &#224; vau-l'eau. L'in&#233;vitable Attali invoque, quant &#224; lui, le besoin d'&#171; &lt;i&gt;&#233;ducation des femmes &#224; la cr&#233;ation d'entreprise&lt;/i&gt; &#187;. Les autres pav&#233;istes pr&#244;nent le r&#233;veil de l'optimisme, la r&#233;invention de l'&#201;glise, un meilleur sommeil ou encore fustigent l'ob&#233;sit&#233;. Dans ce tr&#232;s conformiste inventaire &#224; la Pr&#233;vert, pas un seul cheminot gr&#233;viste, ni de zadiste en p&#233;tard ou d'&#233;tudiant en lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Nantes, la nostalgie de 1968 se noie dans le festival Carr&#233;ment Biscuits, d&#233;cr&#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt; 100 % participatif &lt;/i&gt; &#187;, avec ritournelle en plein air et &lt;i&gt;flash mob&lt;/i&gt; au coin de la rue. Le programme pr&#233;voit de partager des souvenirs du mois de mai &#171; &lt;i&gt;en t&#234;te &#224; t&#234;te&lt;/i&gt; &#187; et d'&#233;couter une chorale participative chanter (pas trop fort) une bande-son de l'&#233;poque. Des com&#233;diens sortant du Conservatoire vont livrer &#224; trois reprises une petite prestation cens&#233;e faire &#171; &lt;i&gt; revivre l'essence des revendications de Mai 68 &lt;/i&gt; &#187;. une troupe de th&#233;&#226;tre de rue sera aussi de la partie folkloris&#233;e, avec une &#171; &lt;i&gt;d&#233;ambulation d'une heure. Casques sur les oreilles, les participants deviendront interpr&#232;tes d'une aventure sonore o&#249; se m&#234;leront patrimoine, histoire, expression corporelle&lt;/i&gt; &#187;. C'&#233;tait tellement &#231;a, Mai 68 : twist dans la rue, madison dans les facs et jerk dans les usines... Pas d'inqui&#233;tude en cas d'affluence : la balade guid&#233;e au casque audio &#171; &lt;i&gt;permet de ma&#238;triser la jauge, &#224; l'inverse d'une visite guid&#233;e classique o&#249; le public peut s'agr&#233;ger &lt;/i&gt; &#187;. La foule non pr&#233;vue, c'est la hantise des comm&#233;mos sous bonne garde. Aucun risque avec ces visites guid&#233;es arpentant sagement les lieux des manifs, men&#233;es par des guides-conf&#233;renciers de la Direction du patrimoine et de l'arch&#233;ologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus loin, &#224; Barcelone, l'Institut fran&#231;ais c&#233;l&#232;bre &#171; &lt;i&gt;Mai 68 et l'expression in&#233;dite d'un besoin de culture de ce cinquantenaire&lt;/i&gt; &#187;, en invitant Jean-Jacques Aillagon, ministre de la Culture sous Chirac, &#224; d&#233;blat&#233;rer sur &#171; &lt;i&gt;m&#233;c&#233;nat et sponsoring culturel &#224; la fran&#231;aise&lt;/i&gt; &#187;. Le rapport avec la choucroute ? Simple : &#171; &lt;i&gt;La place du crowdfunding, la gratuit&#233; de la culture, le financement citoyen ou l'investissement priv&#233; sont li&#233;s &#224; l'explosion culturelle de Mai 68.&lt;/i&gt; &#187; Soyez impassibles, demandez le r&#233;alisme.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nicolas de la Casini&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Vous reprendrez bien un peu de jus ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Vous-reprendrez-bien-un-peu-de-jus</link>
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		<dc:date>2019-03-19T02:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Arthur Fontenay</dc:creator>


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&lt;p&gt;Beaucoup de pratiques de r&#233;volte et d'ill&#233;galisme naissent de la vie quotidienne. Et plus exactement : des privations qui parfois l'accompagnent. L'&#233;lectricit&#233; en est un exemple tr&#232;s concret. Difficile aujourd'hui d'envisager vivre sans &#233;lectricit&#233;. Mais quand les fins de mois tournent &#224; la p&#233;nurie, on se passerait bien de r&#233;gler la douloureuse. Comment diminuer cette derni&#232;re, voire la r&#233;duire &#224; z&#233;ro ? Certains ont recours aux autor&#233;ductions de facture, pratique s'accompagnant souvent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Beaucoup de pratiques de r&#233;volte et d'ill&#233;galisme naissent de la vie quotidienne. Et plus exactement : des privations qui parfois l'accompagnent. L'&#233;lectricit&#233; en est un exemple tr&#232;s concret.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2843 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH610/-1095-be3c2.jpg?1782644372' width='400' height='610' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Plonk &amp; Replonk
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;ifficile aujourd'hui d'envisager vivre sans &#233;lectricit&#233;. Mais quand les fins de mois tournent &#224; la p&#233;nurie, on se passerait bien de r&#233;gler la douloureuse. Comment diminuer cette derni&#232;re, voire la r&#233;duire &#224; z&#233;ro ? Certains ont recours aux autor&#233;ductions de facture, pratique s'accompagnant souvent d'une critique politique. Il s'agit de &#171; &lt;i&gt;refuser unilat&#233;ralement de payer le prix demand&#233;, par conscience et par refus du syst&#232;me de profit qui tourne autour des fluides. Les factures sont pay&#233;es soit &#224; l'ancien prix, soit &#224; moiti&#233; prix, soit au prix que payent les entreprises, soit pas du tout&lt;/i&gt; &#187; &lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir la brochure &#171; Autor&#233;ductions &#187;, disponible sur Infokiosques.net.&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De v&#233;ritables mouvements sociaux en ont d&#233;j&#224; fait le c&#339;ur de leur action : &#224; Turin, en novembre 1974, 80 000 personnes br&#251;lent en public leur facture d'&#233;lectricit&#233; lors de campagnes pour la gratuit&#233; ou la r&#233;duction des prix qui agitent le pays &lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le sujet, lire Les autor&#233;ductions &#8211; Gr&#232;ves d'usagers et luttes de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout &#231;a ne se passe qu'apr&#232;s r&#233;ception de la facture. Et on se retrouve rarement dans un mouvement de grande ampleur qui puisse porter ses fruits. Au contraire, on est la plupart du temps isol&#233; face aux cr&#233;ances. Certains se d&#233;brouillent donc pour agir en amont, en bidouillant directement les compteurs. De nombreuses m&#233;thodes existent ainsi pour r&#233;duire drastiquement le d&#233;compte de la consommation d'&#233;lectricit&#233;, surtout sur les installations les plus anciennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On fraude alors au compteur comme on sauterait par-dessus le tourniquet du m&#233;tro. Le pourcentage est d'ailleurs &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me : autour de 10 %. Plusieurs techniques existent, variant notamment selon le type du compteur &#8211; d&#233;rivations, blocages, recours &#224; un aimant... Des pratiques plus individuelles, qui requi&#232;rent parfois une bonne dose d'exp&#233;rience et de connaissances techniques. Mais le partage des savoirs permet de leur redonner une dimension plus collective et reproductible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains, comme Jean-Lou &lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, s'y attellent : &#171; &lt;i&gt;Vous avez peut-&#234;tre entendu parler de cette revue ill&#233;galiste, circulant sous le manteau comme une barrette de mauvais shit&lt;/i&gt; &lt;i&gt; :&lt;/i&gt; Rafale &lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les trois num&#233;ros de la revue Rafale sont disponibles gratuitement sur le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Fin 2016 circule leur troisi&#232;me opus, et ses chroniqueurs y expliquent notamment qu'il serait impossible de contourner les compteurs EDF d'avant-derni&#232;re g&#233;n&#233;ration, les compteurs &#233;lectroniques. &lt;/i&gt;Bullshit &lt;i&gt;&#8212; pour une fois, ils se trompent.&lt;/i&gt; &#187; Plusieurs tutoriels, disponibles sur le Net, permettent en effet de r&#233;gler le probl&#232;me. Il faut juste faire les choses bien, souligne Jean-Lou : &#171; &lt;i&gt;Attention, travailler avec du jus sous tension ne s'improvise pas. L'id&#233;al, c'est de pouvoir enlever les gros plombs. Mais dans tous les cas, gants, chaussures avec semelle en caoutchouc, tapis isolant et connaissances en &#233;lectricit&#233; sont n&#233;cessaires pour ne pas prendre une ch&#226;taigne, potentiellement fatale.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Facture nucl&#233;aris&#233;e &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la fili&#232;re nucl&#233;aire a fourni 71,6 % de la cuv&#233;e &#233;lectrique fran&#231;aise en 2017. La ma&#238;trise technique et scientifique de sa production est d&#233;finitivement hors de port&#233;e des p&#233;kins moyens que nous sommes. Sans parler de l'irr&#233;versibilit&#233; de ce choix de mod&#232;le &#233;nerg&#233;tique. Et de ses cons&#233;quences pour l'environnement et les &#234;tres humains &#8212; un rapport de l'Autorit&#233; de s&#251;ret&#233; nucl&#233;aire r&#233;pertoriait ainsi plus de 1 000 incidents et anomalies sur les centrales nucl&#233;aires fran&#231;aises pour la seule ann&#233;e 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frauder est alors un moyen, pour certains, de se r&#233;approprier concr&#232;tement une partie du processus et de s'y opposer, au moins symboliquement : &#171; &lt;i&gt;J'ai&lt;/i&gt; &lt;i&gt;fraud&#233; toutes mes factures pendant presque huit ans,&lt;/i&gt; raconte Domi&lt;i&gt;. Parce que je ne voulais pas choisir entre manger ou me chauffer, mais aussi parce que je voulais refiler le moins d'argent possible &#224; l'industrie nucl&#233;aire. Quoi qu'on en dise, n'importe lequel de nos interrupteurs est aux trois quarts nucl&#233;aris&#233;. Alors j'aime autant r&#233;duire ma facture d'au moins trois quarts quand c'est possible.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en partie pour contrer ces fraudes qu'Enedis (ex-EDF) installe les fameux compteurs Linky, plus difficiles &#224; emboucaner et capables d'envoyer des alertes au fournisseur en cas de consommation suspecte, trop faible, ou d'ouverture du bo&#238;tier. Mais des failles existent toujours. Et certaines sont d&#233;j&#224; exploit&#233;es par de petits malins. Bref, les portes de l'&#233;lectricit&#233; restent ouvertes &#224; ceux qui savent les trouver.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Arthur Fontenay&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir la brochure &#171; Autor&#233;ductions &#187;, disponible sur Infokiosques.net.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur le sujet, lire &lt;i&gt;Les autor&#233;ductions &#8211; Gr&#232;ves d'usagers et luttes de classes&lt;/i&gt;, livre sign&#233; Yann Collonges et Pierre Georges Randal en 1976, et r&#233;&#233;dit&#233; aux &#233;ditions Entremonde en 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les trois num&#233;ros de la revue &lt;i&gt;Rafale&lt;/i&gt; sont disponibles gratuitement sur le site plasticoportique.net.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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