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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Autour de la d&#233;faite du Rojava</title>
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		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Depuis le retrait des forces am&#233;ricaines le 9 octobre, la Turquie est &#224; l'offensive dans le Nord-Est de la Syrie. Ce l&#226;chage de Trump a pouss&#233; les combattants kurdes &#224; accepter le retour des troupes du r&#233;gime d'Assad, face &#224; l'arm&#233;e turque et ses suppl&#233;tifs qui menacent, selon les mots du pr&#233;sident turc, d' &#187; &#233;craser [leurs] t&#234;tes &#187;. Le 22 octobre, Erdogan et Poutine, v&#233;ritable ma&#238;tre du jeu syrien, se sont accord&#233;s sur le d&#233;sarmement des combattants kurdes. Ce qui semble sonner le glas de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le retrait des forces am&#233;ricaines le 9 octobre, la Turquie est &#224; l'offensive dans le Nord-Est de la Syrie. Ce l&#226;chage de Trump a pouss&#233; les combattants kurdes &#224; accepter le retour des troupes du r&#233;gime d'Assad, face &#224; l'arm&#233;e turque et ses suppl&#233;tifs qui menacent, selon les mots du pr&#233;sident turc, d' &#187; &lt;i&gt;&#233;craser &lt;/i&gt;[leurs] &lt;i&gt;t&#234;tes&lt;/i&gt; &#187;. Le 22 octobre, Erdogan et Poutine, v&#233;ritable ma&#238;tre du jeu syrien, se sont accord&#233;s sur le d&#233;sarmement des combattants kurdes. Ce qui semble sonner le glas de l'exp&#233;rience f&#233;d&#233;raliste du Rojava. Analyse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3127 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;115&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1354-abbf3.jpg?1780009882' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Qamishlo, mars 2014. Pour les Kurdes, la f&#234;te de Newroz est un symbole de r&#233;sistance aux oppresseurs / Photo Loez
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L'&lt;/span&gt;agression d'Erdogan aura donc permis au r&#233;gime syrien de se red&#233;ployer : chez les Kurdes, dans le Nord-Est du pays, mais pas seulement. Le jour m&#234;me de l'accord russo-turc, Bachar al-Assad en personne se rendait sur la ligne de front d'Idlib, dans le Nord-Ouest de la Syrie. Vid&#233;e d'une grande partie de ses insurg&#233;s, partis jouer les suppl&#233;tifs d'Erdogan contre les Kurdes, cette derni&#232;re poche rebelle, d&#233;sormais contr&#244;l&#233;e uniquement par le groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Cham, est la prochaine &#233;tape de la reconqu&#234;te du r&#233;gime. Au regard de la complexit&#233; de la situation, nous avons tent&#233; de r&#233;pondre &#224; trois questions &#233;pineuses.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelles relations entretenaient jusque-l&#224; le r&#233;gime Assad et les forces kurdes du Rojava ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a une premi&#232;re simplification &#224; pr&#233;tendre que le PKK turc (puis plus tard son parti fr&#232;re syrien, le PYD, fond&#233; en 2003) a toujours &#233;t&#233; alli&#233; &#224; la famille Assad. Hafez avait en effet offert refuge au PKK, comme &#224; d'autres groupes &#171; anti-imp&#233;rialistes &#187; dans les ann&#233;es 1980, afin de jouer la carte anti-Otan et endormir la question kurde en interne. Mais d&#232;s 1992, les camps d'entra&#238;nement de la Beqaa sont ferm&#233;s et le chef du PKK, Abdullah &#214;calan, est expuls&#233; en 1998 &#224; la faveur d'un rapprochement turco-syrien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, les Kurdes syriens &#233;taient maintenus dans un statut d'&#233;trangers de l'int&#233;rieur, soumis &#224; un r&#233;gime de restrictions et &#224; une politique d'arabisation forc&#233;e. Avant 2011, des milliers de prisonniers politiques kurdes ont connu les ge&#244;les d'Assad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Diviser l'opposition.&lt;/strong&gt; Au d&#233;but de l'insurrection syrienne, le r&#233;gime a jou&#233; deux cartes ma&#238;tresses pour diviser la contestation populaire. Tandis qu'il enfermait et torturait les militants du mouvement civil, Assad a amnisti&#233; des centaines de d&#233;tenus djihadistes, comme Mohammad al-Joulani, futur chef d'al-Nosra puis d'Hayat Tahrir al-Cham. Le pouvoir comptait sur eux pour d&#233;tourner la r&#233;volte vers une voie plus sectaire, ce qui a permis apr&#232;s coup de se poser aux yeux de l'opinion internationale en &#171; moindre mal &#187; face au &#171; terrorisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vis-&#224;-vis des Kurdes, la strat&#233;gie d'Assad a &#233;t&#233; de les amadouer en leur accordant des droits politiques dont ils &#233;taient priv&#233;s : naturalisation de 150 000 Kurdes apatrides, ouverture d'&#233;tablissements scolaires en langue kurde, lib&#233;ration de 600 prisonniers du PYD et retour d'exil de Saleh Muslim, leader du PYD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, l'Arm&#233;e syrienne libre et la Coalition nationale syrienne regroupaient les oppositions &#224; Bachar sous l'&#233;gide du Qatar et de la Turquie avec une forte influence des Fr&#232;res musulmans. Le PYD a refus&#233; de se soumettre &#224; cette tutelle comme d'entrer en conflit ouvert avec le r&#233;gime et de plonger sa population dans les affres de la guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Autonomie.&lt;/strong&gt; Le 19 juillet 2012, tandis que des attentats &#224; Damas d&#233;capitent son &#233;tat-major et que des d&#233;sertions massives affaiblissent son arm&#233;e, Assad fait retirer ses troupes du Nord-Est syrien et du canton d'Afrin. Son objectif est de recentrer l'arm&#233;e loyaliste sur la &#171; Syrie utile &#187;. Le PYD, seule force organis&#233;e avec ses Unit&#233;s de protection du peuple (YPG), profite de ce retrait pour d&#233;velopper une zone autonome, qui se d&#233;clarera administration &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; en janvier 2014. C'est l&#224; qu'un &lt;i&gt;modus vivendi&lt;/i&gt; a vraisemblablement &#233;t&#233; trouv&#233; entre le r&#233;gime et le PYD, qui vaut &#224; ce dernier l'accusation de trahison chez nombre de rebelles syriens. Ce pacte de non-agression ne doit pas faire oublier l'opposition formelle du PYD au r&#233;gime ni les accrochages sporadiques entre les deux camps (370 morts de chaque c&#244;t&#233; pour la seule ann&#233;e 2013).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Exactions.&lt;/strong&gt; En 2014, un rapport d'Human Rights Watch met en lumi&#232;re des abus commis par l'administration aux mains du PYD contre ses opposants. Puis en 2015 et 2016, de nouveaux documents pointent des d&#233;placements forc&#233;s de r&#233;sidents arabes dans des zones contr&#244;l&#233;es par les YPG. L'administration kurde met en cause l'impartialit&#233; de ces rapports et &#233;voque des &#171; imp&#233;ratifs militaires &#187; dans un contexte de guerre contre l'&#201;tat islamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a r&#233;sum&#233; l'historien Hamit Bozarslan : &#171; &lt;i&gt;Le conflit syrien a fait au total quelque 500 000 morts, 7 millions de r&#233;fugi&#233;s, 6 millions de d&#233;plac&#233;s internes. Quand on compare le Kurdistan&lt;/i&gt; [syrien] &lt;i&gt;au reste du pays, donc, la vie a finalement &#233;t&#233; pr&#233;serv&#233;e, ce qui en soi est un miracle.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique.&lt;/strong&gt; Malgr&#233; ces accusations d'autoritarisme, l'administration du Rojava met en avant son syst&#232;me de &#171; conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique &#187;, reposant sur un maillage d'assembl&#233;es multiethniques et une politique f&#233;ministe volontariste, qu'on aurait tort de r&#233;duire &#224; une simple fa&#231;ade de propagande. L'exp&#233;rience du Rojava a suscit&#233; une forte fascination dans une frange de l'extr&#234;me gauche occidentale, participant &#224; l'occultation de la r&#233;sistance des autres Syriens &#224; la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ostracis&#233;s.&lt;/strong&gt; En outre, les Kurdes n'ont jamais &#233;t&#233; invit&#233;s aux tables de n&#233;gociation pour la transition pacifique, ostracis&#233;s tant par le r&#233;gime (qui ne leur pardonne pas leur collaboration avec les Am&#233;ricains) que par les groupes rebelles et la Turquie. En revanche, &#224; Gen&#232;ve ou Astana, on retrouvait Jaych al-Islam, groupe islamiste soup&#231;onn&#233; de la disparition de l'avocate des droits humains Razan Zaitouneh en 2013...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un pacte avec le diable &#187;.&lt;/strong&gt; Depuis le d&#233;sengagement des &#201;tats-Unis, les forces kurdes savent que leur marge de man&#339;uvre pour survivre s'est r&#233;duite &#224; peau de chagrin. Le 14 octobre pour &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt;, Rapha&#235;l Lebrujah &lt;i&gt;[lire son reportage ci-contre]&lt;/i&gt; rapportait cette confidence anonyme d'un cadre de l'administration : &#171; &lt;i&gt;Oui le r&#233;gime nous a livr&#233; des armes, mais ce n'&#233;tait pas gratuit. On les a pay&#233;es &#224; un prix exorbitant. De toute fa&#231;on, ils veulent revenir &#224; la situation d'avant-guerre si on veut avoir leur protection, c'est-&#224;-dire une situation o&#249;, comme Kurde ou comme opposant, on n'a aucun droit. C'est comme signer un pacte avec le diable.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui soutient l'offensive turque dans le nord-est de la Syrie ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En marge du concert de r&#233;probation g&#233;n&#233;rale, quelques pays comme le Pakistan, le Kazakhstan, l'Azerba&#239;djan, la Hongrie d'Orban ou le Venezuela de Maduro &#8211; tr&#232;s li&#233; &#233;conomiquement &#224; la Turquie &#8211; ont annonc&#233; soutenir l'offensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, &#224; l'int&#233;rieur de la Turquie m&#234;me, peu de voix osent aller &#224; contre-courant de l'union sacr&#233;e. Et les opposants kurdes qui se sont risqu&#233;s &#224; parler &#171; &lt;i&gt;d'invasion&lt;/i&gt; &#187; ou de &#171; &lt;i&gt;guerre&lt;/i&gt; &#187; ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s pour &#171; &lt;i&gt;propagande terroriste&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Divisions.&lt;/strong&gt; Tandis que des organisations arabes des droits de l'homme&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le site Syrians for Truth and Justice : &#171; Regional Organizations Condemn (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; d&#233;noncent les graves violations qu'implique l'agression, &#171; les oppositions syriennes &#187;, elles, semblent divis&#233;es. Les diff&#233;rentes instances d'opposition en exil comme la Coalition nationale des forces de la r&#233;volution et de l'opposition syrienne (CNS) ou l'organisation des Fr&#232;res musulmans syriens ont affirm&#233; leur soutien &#224; la Turquie pour vaincre &#171; &lt;i&gt;les organisations terroristes&lt;/i&gt; &#187;. Mais ces d&#233;clarations ont provoqu&#233; une prise de distance vis-&#224;-vis de la coalition de la part du Conseil national kurde (regroupant 13 partis kurdes non align&#233;s sur le PYD), qui craint un nettoyage ethnique. Autre voix discordante, l'opposante Alia Mansour a d&#233;plor&#233; la position du CNS, d&#233;clarant que &#171; &lt;i&gt;si de nombreux Kurdes ont rejoint le PKK, c'est parce qu'aucune alternative s&#233;rieuse respectueuse de leur particularisme ne leur avait &#233;t&#233; offerte&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accord pass&#233; entre les forces kurdes et le r&#233;gime pour lui permettre de reprendre un territoire jusque-l&#224; sous contr&#244;le des Forces d&#233;mocratiques syriennes (domin&#233;es par les Kurdes) risque d'accro&#238;tre encore les divisions. Un groupe d'habitants de Deir Ezzor a annonc&#233; dans un communiqu&#233; : &#171; &lt;i&gt;Nous consid&#233;rons tout parti, groupe ou individu travaillant pour ou avec le r&#233;gime Assad comme notre ennemi et l'ennemi du peuple de Deir Ezzor.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui compose les milices alli&#233;es &#224; la Turquie ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La plupart des groupes rebelles unifi&#233;s par la Turquie en octobre 2019 sous l'appellation d'Arm&#233;e nationale syrienne ont servi contre le r&#233;gime sous la banni&#232;re g&#233;n&#233;rique de l'Arm&#233;e syrienne libre. D'autres, comme Jaych al-Islam, qui dominait militairement la r&#233;gion de la Ghouta orientale, n'y &#233;taient pas affili&#233;s. Certains avaient &#233;t&#233; &#233;quip&#233;s en 2016 de missiles antichars livr&#233;s par les &#201;tats-Unis. Leur empreinte politique est celle d'un islamo-nationalisme extr&#233;miste. Sous l'effet d'un sectarisme accru, ces suppl&#233;tifs ont d&#233;velopp&#233; une haine farouche vis-&#224;-vis des milices kurdes, les qualifiant de &#171; &lt;i&gt;porcs et de m&#233;cr&#233;ants&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le d&#233;clarait un combattant de la Brigade al-Hamza au site &lt;i&gt;Al-Monitor&lt;/i&gt;, &#171; &lt;i&gt;une grande partie des combattants de l'Arm&#233;e nationale&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;viennent de l'est de l'Euphrate, des provinces de Raqqa, Deir Ezzor et Hassak&#233;. Ces combattants se battent pour retourner dans leur r&#233;gion apr&#232;s avoir expuls&#233; les YPG.&lt;/i&gt; &#187; Il y a fort &#224; parier que leur souhait de continuer le combat jusqu'&#224; la chute du r&#233;gime sera s&#233;rieusement douch&#233; et qu'ils seront les derniers dindons de la farce jou&#233;e par les puissances r&#233;gionales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Crimes de guerre.&lt;/strong&gt; Le 12 octobre 2019, les soudards d'Ahrar al-Charkiya ont ex&#233;cut&#233; sommairement neuf civils, dont Hevrin Khalaf, une femme politique kurde qui &#339;uvrait pour l'entente entre Arabes et Kurdes. D'autres all&#233;gations de crimes de guerre sur des civils, commis par les milices alli&#233;es aux Turcs, ont &#233;t&#233; document&#233;es depuis. L'activiste syro-britannique Leila al-Shami fait bien de rappeler que &#171; &lt;i&gt;les groupes rebelles syriens alli&#233;s &#224; la Turquie luttent donc pour un agenda turc qui ne ressemble en rien &#224; la r&#233;volution syrienne pour la libert&#233; et la dignit&#233; qui a commenc&#233; il y a huit ans&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#192; propos de l'offensive turque dans le Nord-Est syrien &#187;, site de CQFD (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mathieu L&#233;onard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire aussi&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ils-nous-bombardent-au-napalm' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Ils nous bombardent au napalm &#187;&lt;/a&gt; : un reportage r&#233;alis&#233; fin octobre au Rojava aupr&#232;s de l'organisation des familles des martyrs de la ville d'Amouda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette analyse et ce reportage ont &#233;t&#233; publi&#233;s sur papier dans le n&#176;181 de &lt;/i&gt;CQFD&lt;i&gt;, en kiosque jusqu'au 5 d&#233;cembre. En voir le &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no181' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sommaire&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur le site &lt;i&gt;Syrians for Truth and Justice&lt;/i&gt; : &#171; &lt;a href=&#034;https://stj-sy.org/en/regional-organizations-condemn-turkeys-ethnic-cleansing-plan-for-northeast-syria/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Regional Organizations Condemn Turkey's Ethnic Cleansing Plan for Northeast Syria&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Stj-sy.org&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/A-propos-de-l-offensive-turque' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#192; propos de l'offensive turque dans le Nord-Est syrien&lt;/a&gt; &#187;, site de &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;(17/10/2019). La version originale de cet article est parue &lt;a href=&#034;https://leilashami.wordpress.com/2019/10/14/on-the-turkish-offensive-on-north-eastern-syria&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en anglais&lt;/a&gt; le 14 octobre sur le blog de Leila al-Shami.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Syrie : &#171; De cette exp&#233;rience de souffrance, nous pouvons extraire un sens d'&#233;mancipation &#187;</title>
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		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Yassin al-Haj Saleh est un &#233;crivain syrien, connu pour &#234;tre un des th&#233;oriciens de la r&#233;volution syrienne. En 1980, &#224; l'&#226;ge de 19 ans, il est emprisonn&#233; pour seize ann&#233;es par le r&#233;gime d'Assad en tant que militant communiste. De cette exp&#233;rience, il en ressortira un livre, R&#233;cits d'une Syrie oubli&#233;e &#8211; Sortir la m&#233;moire des prisons, &#233;dit&#233; par Les Prairies ordinaires en avril dernier. Aujourd'hui r&#233;fugi&#233; &#224; Istanbul, Yassin al-Haj Saleh revient pour CQFD sur son exp&#233;rience de la prison et celles (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no136-octobre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;136 (octobre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Samira" rel="tag"&gt;Samira&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/experience" rel="tag"&gt;exp&#233;rience&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Yassin al-Haj Saleh est un &#233;crivain syrien, connu pour &#234;tre un des th&#233;oriciens de la r&#233;volution syrienne. En 1980, &#224; l'&#226;ge de 19 ans, il est emprisonn&#233; pour seize ann&#233;es par le r&#233;gime d'Assad en tant que militant communiste. De cette exp&#233;rience, il en ressortira un livre, &lt;i&gt;R&#233;cits d'une Syrie oubli&#233;e &#8211; Sortir la m&#233;moire des prisons&lt;/i&gt;, &#233;dit&#233; par Les Prairies ordinaires en avril dernier&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;2015. Note du webmaster.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Aujourd'hui r&#233;fugi&#233; &#224; Istanbul, Yassin al-Haj Saleh revient pour &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; sur son exp&#233;rience de la prison et celles de la r&#233;volution et de l'exil, mais aussi sur l'importance de la question culturelle syrienne pour lutter contre l'oubli.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2059 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH402/-338-0bfec.jpg?1779603268' width='400' height='402' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Omar Ibrahim.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles &#233;taient tes activit&#233;s depuis ta sortie de prison en 1996 ? Comment t'es-tu engag&#233; dans la r&#233;volution syrienne ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Yassin al-Haj Saleh :&lt;/strong&gt; En sortant de prison, &#224; 35&#8200;ans, j'ai termin&#233; mon cursus de m&#233;decine que j'avais commenc&#233; juste avant mon incarc&#233;ration, mais je n'ai jamais pratiqu&#233;. J'ai commenc&#233; alors &#224; &#233;crire sur les faits politiques, sociaux et culturels en Syrie et au sein du monde arabe dans divers journaux comme &lt;i&gt;Al-Nahar, Al-Quds al-Arabi&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Al-Jamhouriya&lt;/i&gt;. Durant les deux premi&#232;res ann&#233;es de la r&#233;volution, avec ma femme, Samira Khalil, qui elle aussi a &#233;t&#233; emprisonn&#233;e par le r&#233;gime de 1987 &#224; 1991, nous nous sommes engag&#233;s dans la mise en place des comit&#233;s locaux de coordination &#224; Damas. J'ai v&#233;cu ces deux ann&#233;es en clandestinit&#233; car les forces de s&#233;curit&#233; pouvaient m'incarc&#233;rer &#224; nouveau. J'&#233;crivais &#233;norm&#233;ment pour couvrir ce qui se passait alors et je voulais m'exprimer librement et sereinement sur ce moment exceptionnel pour notre pays. Durant 16&#8200;mois, notre ennemi commun &#233;tait Bachar al-Assad. Puis le conflit s'est internationalis&#233; avec l'arriv&#233;e des djihadistes, l'aide de l'Iran et de la Russie au r&#233;gime&#8230; La situation est devenue plus confuse et nous avons d&#251; nous cacher &#224; Douma, dans la Ghouta lib&#233;r&#233;e, en avril 2013. Deux mois plus tard, je suis parti pour Raqqa, ma ville natale et sur la route, j'ai appris que deux de mes fr&#232;res avaient &#233;t&#233; kidnapp&#233;s par Daech, et encore aujourd'hui je ne sais pas ce qu'il est advenu de l'un d'eux, Feras. En octobre, je suis parti pour Istanbul. Samira n'a pas voyag&#233; avec moi car le trajet &#233;tait trop p&#233;rilleux et ma situation &#233;tait plus dangereuse que la sienne : j'&#233;tais &#224; ce moment recherch&#233; &#224; la fois par le r&#233;gime et dans le collimateur de Daech. Le 9&#8200;d&#233;cembre 2013, deux mois apr&#232;s mon arriv&#233;e &#224; Istanbul, Samira a &#233;t&#233; enlev&#233;e par un groupe arm&#233; islamiste de Douma avec trois autres militants, Razan Zaitouneh, Wael Hamada et Nazem al-Hammadi&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une campagne internationale a &#233;t&#233; mise en place en solidarit&#233; avec &#171; Les 4 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Je n'ai depuis aucune nouvelle d'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'essaie encore aujourd'hui de me battre pour plus de compr&#233;hension face &#224; cette guerre complexe afin de donner une base politique efficace &#224; notre lutte. Face &#224; la tyrannie du r&#233;gime et &#224; la tyrannie des groupes islamistes, mon r&#244;le, en tant qu'&#233;crivain, c'est d'exprimer la dignit&#233; de notre peuple et de notre r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3326 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH600/-16-ec6f5.png?1780240426' width='500' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu fais un parall&#232;le entre tes ann&#233;es de prison, la r&#233;volution et l'exil. En quoi ces exp&#233;riences peuvent-elles &#234;tre &#233;mancipatrices ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personnellement, ma condition n'est pas celle d'un exil&#233;. Premi&#232;rement, comme Samira est toujours prisonni&#232;re, mon identit&#233; est fragment&#233;e, je ne me sens pas enti&#232;rement moi-m&#234;me ici &#224; Istanbul. Deuxi&#232;mement, je n'ai pas quitt&#233; le pays pour &#171; survivre &#187; et je partage actuellement avec la moiti&#233; de la population syrienne une exp&#233;rience de masse. Exil&#233; n'est pas le bon mot. Je suis un intellectuel de la classe moyenne, un &#233;crivain qui peut continuer ici &#224; exercer son m&#233;tier : tenter de donner un sens &#224; cette exp&#233;rience, qui, j'en suis s&#251;r, transformera en profondeur la soci&#233;t&#233; syrienne. De cette exp&#233;rience de souffrance qu'est notre actuelle condition de r&#233;fugi&#233;, nous pouvons extraire un sens d'&#233;mancipation. Mes ann&#233;es en prison ont &#233;t&#233; une guerre personnelle, et malgr&#233; l'isolement, malgr&#233; la torture, j'ai &#171; aim&#233; &#187; mon exp&#233;rience de prisonnier. Elle m'a lib&#233;r&#233; de mon id&#233;ologie politique, m'a apport&#233; d'autres savoirs, une culture &#224; part enti&#232;re, une nouvelle m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi la r&#233;volution syrienne &#233;tait porteuse d'un changement potentiel in&#233;dit : je voulais revivre cette exp&#233;rience &#233;mancipatrice rare et c'est pourquoi je suis rentr&#233; en clandestinit&#233;, pour vivre pleinement et librement ce moment. Je me suis engag&#233; pour changer mon pays mais aussi pour me changer moi-m&#234;me enti&#232;rement une seconde fois, &#224; l'&#226;ge de 50&#8200;ans. Mais cette exp&#233;rience s'est r&#233;v&#233;l&#233;e tragique et je commence &#224; penser qu'il valait peut-&#234;tre mieux ne pas esp&#233;rer &#234;tre personnellement transform&#233; &#224; nouveau&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne te sens-tu pas paradoxalement plus libre &#224; Istanbul qu'en Syrie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai une certaine libert&#233; ici, certes, dans le sens o&#249; je me sens plus en s&#233;curit&#233;, &#233;loign&#233; de la possibilit&#233; de la prison et de la torture. Mais ma relative libert&#233; n'a pas de sens car elle reste une exp&#233;rience individuelle, elle n'est pas ancr&#233;e dans une libert&#233; collective. Cette libert&#233; individuelle n'est pas productive pour les Syriens, elle ne nous lib&#232;re pas nous-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi avoir refus&#233; l'asile politique en Europe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai fait une demande d'asile politique aupr&#232;s d'un pays de l'Union europ&#233;enne que je ne citerai pas. Samira n'avait pas encore &#233;t&#233; captur&#233;e &#224; cette &#233;poque et nous y avions des amis ainsi qu'une connaissance qui &#233;tait proche d'un fonctionnaire du minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res de ce pays. Apr&#232;s avoir commenc&#233; les d&#233;marches administratives, j'ai r&#233;alis&#233; l'entretien pr&#233;alable pour demander le statut de r&#233;fugi&#233; politique. Mais j'ai &#233;t&#233; trop honn&#234;te en affirmant que je ne voulais pas leur &#234;tre redevable en quoi que ce soit et que je pouvais gagner ma propre vie. Tout est fait pour que l'on mente lors de cet entretien, mais j'avais juste besoin d'un passeport, pas d'une maison ou d'argent. Je ne voulais pas &#234;tre dans une deuxi&#232;me prison &#224; ciel ouvert ! L'asile politique est un syst&#232;me paternaliste auquel il faut se plier et qui nous d&#233;pouille de notre individualit&#233; politique en &#233;change de la s&#233;curit&#233; et de revenus. La tr&#232;s grande majorit&#233; des Syriens n'ont pas de passeport et c'est une situation particuli&#232;re que la communaut&#233; internationale a refus&#233; d'admettre, ce qui ne nous facilite pas nos mouvements. Cela participe &#224; prolonger &#224; l'&#233;chelle mondiale la politique r&#233;pressive du r&#233;gime envers les Syriens. J'ai d&#233;cid&#233; de rester en Turquie o&#249; je me sens plus proche des deux millions de mes compatriotes et &#224; proximit&#233; g&#233;ographique de la Syrie et de Samira. Je pense qu'il n'existe plus de potentiel r&#233;volutionnaire en Europe. Trois cents ans de domination europ&#233;enne nous ont enseign&#233; la condescendance : il faut d&#233;sormais apprendre &#224; nous soustraire &#224; la violence h&#233;g&#233;monique occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est ton regard actuel sur la gauche internationale depuis la guerre en cours en Syrie ? Te consid&#232;res-tu toujours comme communiste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une certaine gauche, notamment arabe, la situation syrienne n'est pas un &#233;chec. Beaucoup d'entre eux sont rest&#233;s des orphelins de l'URSS et sont sur une ancienne ligne anti-imp&#233;rialiste, revendiquant un &#201;tat paternaliste, ce qui les am&#232;ne &#224; soutenir des personnages autoritaires comme Assad, Saddam Hussein, le colonel Kadhafi ou Hugo Chavez. Ce sont en quelque sorte des fondamentalistes au m&#234;me titre que les islamistes. Quant &#224; la gauche internationale, elle a perdu toute perspective historique, elle est seulement, et on le voit en Europe, dans une position de gestion des crises. Ils sont &#173;europ&#233;ano-centr&#233;s, et se foutent de la r&#233;alit&#233; sociale syrienne, du fait religieux dans notre pays, de l'histoire de la gauche syrienne. Ils pr&#233;f&#232;rent ainsi se focaliser sur Daech, qui tue de fa&#231;on spectaculaire, plut&#244;t que sur Bachar al-Assad, qui nous massacre tous les jours, mais de fa&#231;on plus insidieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis toujours de gauche bien entendu. A l'&#233;poque o&#249; je me suis fait emprisonner comme militant communiste, notre groupe d'&#233;tudiants critiquait le syst&#232;me sovi&#233;tique et la d&#233;pendance du Parti communiste syrien envers Moscou. On &#233;tait influenc&#233;s par le communisme europ&#233;en, les mouvements de gauche de l'Italie des ann&#233;es 1970. Mes lectures en prison associ&#233;es &#224; mes &#171; racines dissidentes &#187; et &#224; la chute du mur de Berlin ont reconfigur&#233; mon engagement communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; ce qu'a perp&#233;tr&#233; le clan Assad dans notre pays, je me d&#233;finis aujourd'hui davantage comme un d&#233;fenseur de la r&#233;appropriation de l'&#201;tat, au m&#234;me titre qu'il faut se r&#233;approprier nos moyens de production ou notre culture. L'&#201;tat peut &#234;tre un v&#233;ritable L&#233;viathan lorsqu'il est aux mains de la production capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont tes activit&#233;s aujourd'hui &#224; Istanbul ? Pourquoi engager un travail de r&#233;flexion sur la culture ?&lt;/strong&gt; Je suis un des sept co-fondateurs d'&lt;a href=&#034;https://fr-fr.facebook.com/Hamisch-474575212646327/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hamisch&lt;/a&gt;, qui signifie &#171; la marge &#187; en arabe. C'est un centre culturel ind&#233;pendant syrien, cr&#233;&#233; en mars 2014 par des Syriens et des Turcs qui se veut un espace d'&#233;change d'exp&#233;riences et de pratiques autour de l'art, de la politique, de l'identit&#233;, de l'exil. C'est aussi un lieu de coop&#233;ration entre artistes, universitaires, militants et &#233;crivains pour briser les fronti&#232;res entre l'intellectuel et le non-intellectuel, le politique au sens &#233;troit du terme et le non-politique. Nous organisons ainsi r&#233;guli&#232;rement des projections de documentaires, des conf&#233;rences, des expositions ou des concerts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre objectif avec Hamisch, c'est de donner une visibilit&#233; aux Syriens non pas en tant que &#171; victimes &#187;, mais en tant qu'individus cr&#233;atifs capables de se r&#233;volter, en tant que peuple capable de r&#233;inventer son identit&#233; et sa culture. Comme pour un prisonnier, le pire sentiment pour un r&#233;fugi&#233; c'est l'attente. Et pour tuer l'attente, nous nous parlons. Nous &#233;tions en Syrie dans un r&#233;gime qui niait nos vies, nos histoires. C'est un syst&#232;me d'oubli qui efface toute m&#233;moire collective et contr&#244;le nos peines et nos souffrances. Face &#224; cette machine &#233;tatique qui anonymise pour mieux r&#233;gner, les Syriens doivent se r&#233;approprier leur r&#233;cit pour lutter contre l'oubli. Nombre de Syriens sont pass&#233;s par les ge&#244;les d'Assad, nombre d'hommes et de femmes se sont engag&#233;s dans la r&#233;volution et la moiti&#233; du pays &#8211; qu'ils soient sunnites, chiites, Kurdes ou chr&#233;tiens &#8211; est aujourd'hui en exil. Ces m&#233;moires communes doivent servir de base collective pour reconstruire la soci&#233;t&#233; syrienne et engager une r&#233;volution culturelle. La culture est un espace strat&#233;gique de la pens&#233;e qui peut nous permettre de donner un sens &#224; notre situation actuelle. Et si en arabe, il y a une assonance entre les mots pour dire &#171; terre d'oubli &#187; et &#171; exil &#187;, il en existe aussi une entre &#171; souffrance &#187; et &#171; sens &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;2015. Note du webmaster.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Une &lt;a href=&#034;https://douma4.wordpress.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;campagne internationale&lt;/a&gt; a &#233;t&#233; mise en place en solidarit&#233; avec &#171; Les 4 de Douma &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Au sommaire du 136</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-136</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Guillaume Cortade</dc:subject>
		<dc:subject>Omar Ibrahim</dc:subject>
		<dc:subject>CQFD</dc:subject>
		<dc:subject>Za&#239; Za&#239;</dc:subject>
		<dc:subject>Syriens</dc:subject>
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&lt;p&gt;En kiosque &#224; partir du vendredi 02 octobre. Un article sera mis en ligne, chaque semaine. Les autres articles seront archiv&#233;s sur notre site trois mois plus tard. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de t'abonner... CQFD parle dans le poste radio au cours de l'&#233;mission &#034;Presse Lib&#233;r&#233;e&#034; tous les deuxi&#232;mes mardis du mois de 11h30 &#224; 13h en direct sur Radio Gal&#232;re, rediffus&#233; tous les deuxi&#232;mes vendredis du mois de 12h30 &#224; 14h sur Radio Zinzine.. Et aussi sur Canal (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En kiosque &#224; partir du vendredi 02 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article sera mis en ligne, &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/CQFD-no136-octobre-2015&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;chaque semaine&lt;/a&gt;. Les autres articles seront archiv&#233;s sur notre site trois mois plus tard. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ce-qu-il-faut-debourser'&gt;t'abonner&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; parle dans le poste radio au cours de l'&#233;mission &#034;Presse Lib&#233;r&#233;e&#034; tous les deuxi&#232;mes mardis du mois de 11h30 &#224; 13h en direct sur &lt;a href=&#034;http://www.radiogalere.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Gal&#232;re&lt;/a&gt;, rediffus&#233; tous les deuxi&#232;mes vendredis du mois de 12h30 &#224; 14h sur &lt;a href=&#034;http://www.zinzine.domainepublic.net/index2.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Zinzine.&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et aussi sur &lt;a href=&#034;http://www.canalsud.net/?Un-vent-de-contestation-souffle-en&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Canal Sud&lt;/a&gt; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En Une : &#034;Arab horses in black and white&#034; d'&lt;a href=&#034;http://plasticartistomaribrahim.weebly.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Omar Ibrahim&lt;/a&gt;, Beyrouth, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Suppl&#233;ment 12 pages : Syrie, r&#233;volution vol&#233;e &amp; exil &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A l'heure o&#249; Bachar al-Assad, le principal responsable de la trag&#233;die syrienne, est remis en selle par l'ensemble de la communaut&#233; internationale sur fond de r&#233;al-politique, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a souhait&#233; donner la parole aux r&#233;volutionnaires civils syriens, qui ont vu leurs espoirs de changement balay&#233;s par des jeux g&#233;ostrat&#233;giques et la militarisation du conflit. Ils nous rappellent que leur lutte continue &#224; travers l'auto-organisation des zones rebelles et le soutien aux populations civiles qui subissent toujours les attaques de l'arm&#233;e&#8200;&#8211;&#8200;comme le 16&#8200;ao&#251;t, &#224; Douma, o&#249; 96&#8200;personnes ont trouv&#233; la mort suite au bombardement d'un march&#233; populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes &#233;galement partis &#224; Istanbul &#224; la rencontre d'une diaspora syrienne h&#233;t&#233;rog&#232;ne, entre exploitation &#233;conomique et reconstruction culturelle. Au moment o&#249; nous mettons sous presse, l'Union europ&#233;enne annon&#231;ait d&#233;bloquer plus d'un milliard d'euros pour &#171; fixer &#187; les r&#233;fugi&#233;s en Turquie, en Jordanie ou au Liban et ainsi endiguer l'afflux vers la forteresse Europe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Nous voulons un pays en couleurs ! &#187; &gt;&lt;/strong&gt; En 2011, apr&#232;s 40 ans de silence, de peur et de r&#233;signation face &#224; la dictature, les Syrien-ne-s ont lib&#233;r&#233; leurs voix, leurs corps, leurs esprits. Spontan&#233;ment, un foisonnement de cr&#233;ations et d'expressions s'est empar&#233; des murs, des banderoles, des rues, des r&#233;seaux sociaux. Aujourd'hui encore, ces traces portent la m&#233;moire du soul&#232;vement populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; De cette exp&#233;rience de souffrance, nous pouvons extraire un sens d'&#233;mancipation &#187; &gt; &lt;/strong&gt; Yassin al-Haj Saleh est un &#233;crivain syrien, connu pour &#234;tre un des th&#233;oriciens de la r&#233;volution syrienne. En 1980, &#224; l'&#226;ge de 19 ans, il est emprisonn&#233; pour seize ann&#233;es par le r&#233;gime d'Assad en tant que militant communiste. De cette exp&#233;rience, il en ressortira un livre, &lt;i&gt;R&#233;cits d'une Syrie oubli&#233;e &#8211; Sortir la m&#233;moire des prisons&lt;/i&gt;, &#233;dit&#233; par Les Prairies ordinaires en avril dernier. Aujourd'hui r&#233;fugi&#233; &#224; Istanbul, Yassin al-Haj Saleh revient pour &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; sur son exp&#233;rience de la prison et celles de la r&#233;volution et de l'exil, mais aussi sur l'importance de la question culturelle syrienne pour lutter contre l'oubli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La R&#233;volution confisqu&#233;e ? &gt;&lt;/strong&gt; Nous avons rencontr&#233; Salma, Hani, Majd, Oussama, Abou Selma, activistes civils impr&#233;gn&#233;s des valeurs d'anti-autoritarisme et de d&#233;mocratie directe. Originaires de Damas et de sa r&#233;gion, notamment de la ville tristement c&#233;l&#232;bre de Douma et du camp de Yarmouk, ils vivent &#224; pr&#233;sent &#224; Toulouse, Paris ou Beyrouth, o&#249; ils ont pu venir &#171; souffler un peu &#187; pour se pr&#233;parer &#224; la suite de leur combat. Pour eux, l'issue du conflit ne se r&#233;sume pas &#224; &#171; Bachar ou la Charia &#187;, repris en ch&#339;ur de l'extr&#234;me gauche &#224; l'extr&#234;me droite. Ils ressentent la r&#233;habilitation actuelle du despote comme un coup de poignard dans le dos, jetant par l&#224; m&#234;me les opposants syriens dans le sac de l'obscurantisme salafiste. &#201;cras&#233;s, ils ne capitulent pas. Ce serait se trahir soi-m&#234;me. &#192; travers ces t&#233;moignages, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; souhaite contribuer &#224; redonner la parole &#224; ces invisibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Istanbul : l'exil syrien &gt;&lt;/strong&gt; La m&#233;galopole d'Istanbul est devenue une destination majeure pour les plus de deux millions de Syriens r&#233;fugi&#233;s en Turquie. 300 &#224; 500 000 Syriens vivent d&#233;sormais dans cette m&#233;gapole aux portes de l'Europe, et tentent depuis peu de reconstruire une communaut&#233; &#224; part enti&#232;re, malgr&#233; les affres de la guerre civile. Reportage au fil des diff&#233;rents quartiers stambouliotes &#224; la rencontre de la diaspora syrienne, entre attente, survie et aspirations culturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Les r&#233;fugi&#233;es syriennes sont juridiquement captives du gouvernement turc &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Enseignante en droit international et droit de l'homme &#224; l'Universit&#233; d'Istanbul, Zeynep Kivilcim est &#233;galement activiste f&#233;ministe. Elle revient pour &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; sur son travail de recherches autour de la condition des r&#233;fugi&#233;es syriennes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1580 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;91&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH406/photo-esenyurt_2-1c51f.jpg?1779650271' width='400' height='406' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Istanbul, quartier d'Esenyurt. Photo de Guillaume Cortade.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Istanbul, quartier d'Esenyurt.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Enqu&#234;tes et reportages&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Manchester : Les d&#233;poss&#233;d&#233;s du ballon &gt;&lt;/strong&gt; Les deux grands clubs de football de Manchester n'ont pas r&#233;sist&#233; aux sir&#232;nes de l'argent roi. D&#233;poss&#233;d&#233;s, mais pas tous r&#233;sign&#233;s, les supporters de Manchester United se sont lanc&#233;s dans d'ambitieuses luttes de r&#233;appropriation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Industrie de la police : Pont-de-Buis, la poudri&#232;re polici&#232;re &gt; &lt;/strong&gt; Un an apr&#232;s le meurtre du militant &#233;cologiste R&#233;mi Fraisse sur le site du barrage de Sivens, l'envie reste de d&#233;passer la peur et de maintenir le droit &#224; manifester, en d&#233;pla&#231;ant les conflits l&#224; o&#249; se fabriquent les armes de la r&#233;pression. Le maintien de l'ordre a ses fournisseurs, un business opaque, avec ses profits, ses dividendes aux actionnaires. Reportage pr&#232;s d'une usine d'armement de police, dans le Finist&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Occupy une &#238;le : Voyage en Cr&#232;te occup&#233;e &gt;&lt;/strong&gt; Parti en Cr&#232;te au moment du r&#233;f&#233;rendum d&#233;but juillet, le reporter de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; est all&#233; &#224; la rencontre des squats de cette &#238;le, la plus grande et la plus prosp&#232;re de Gr&#232;ce. L'esprit de r&#233;sistance qu'il y a trouv&#233; ne devrait pas se d&#233;mentir avec le retour au pouvoir de Tsipras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marseille Provence 2013 : Quand c'est fini (ni-ni, ni-ni&#8230;) &gt;&lt;/strong&gt; On &#233;tait pr&#233;venu : la Capitale europ&#233;enne de la culture Marseille-Provence 2013 allait acc&#233;l&#233;rer la ripolinisation de la ville. Derni&#232;res victimes en date de la grande lessive : les
associations qui se d&#233;m&#232;nent &#224; organiser des f&#234;tes de quartier avec et pour les habitants.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Lectures et cultures&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chronique du monde-laboratoire : On ach&#232;ve bien les prolos &gt;&lt;/strong&gt; Annie Th&#233;baud-Mony, sociologue de la sant&#233;, avait (un peu) fait parler d'elle au coeur de l'&#233;t&#233; 2012, en refusant avec fermet&#233; la L&#233;gion d'honneur dont voulait la d&#233;corer la ministre Verte C&#233;cile Duflot. Elle avait fait savoir que la seule r&#233;compense souhaitable pour ses travaux serait un changement complet d'orientation des politiques publiques, dans le sens de la pr&#233;vention du cancer. Bien s&#251;r, la presse ne s'&#233;tait pas appesantie
sur ce geste rare. Le dernier livre de Th&#233;baud-Mony, &lt;i&gt;La Science asservie&lt;/i&gt;, est, lui, carr&#233;ment pass&#233; inaper&#231;u, bien que son propos soit fracassant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dessins fid&#232;les : Karaok&#233; pour un dissident &gt;&lt;/strong&gt; Kal&#233;idoscope absurde et jubilatoire, l'album &lt;i&gt;Za&#239; za&#239; za&#239; za&#239;&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; mis en bo&#238;te par le dessinateur Fabcaro. &#192; chaque page tourn&#233;e, l'impression d'avoir coll&#233; une baffe &#224; la r&#233;alit&#233;, de lui faire cracher son venin anxiog&#232;ne et abrutissant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Page graphique : R&#233;mi &gt;&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Carnaval, L'Impubliable&lt;/i&gt;, en co&#233;dition avec le Dernier Cri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cin&#233; exhum&#233; : Les myst&#232;res de l'Oa&#239;st &gt;&lt;/strong&gt; Depuis la d&#233;couverte dans les archives Gaumont d'une poign&#233;e de bobines oubli&#233;es, d'&#233;piques chevauch&#233;es du cin&#233;matographe perdu ont fait irruption sous forme de cin&#233;-concert&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;dias libres : Le journal casse-pierres &gt;&lt;/strong&gt; Nous avons eu vent d'une naissance dans le Tarn : un irr&#233;gulomadaire (&#224; &#233;paisseur variable) r&#233;pondant au nom de &lt;a href=&#034;http://saxifrage.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Saxifrage&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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