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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Autour de la d&#233;faite du Rojava</title>
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		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Depuis le retrait des forces am&#233;ricaines le 9 octobre, la Turquie est &#224; l'offensive dans le Nord-Est de la Syrie. Ce l&#226;chage de Trump a pouss&#233; les combattants kurdes &#224; accepter le retour des troupes du r&#233;gime d'Assad, face &#224; l'arm&#233;e turque et ses suppl&#233;tifs qui menacent, selon les mots du pr&#233;sident turc, d' &#187; &#233;craser [leurs] t&#234;tes &#187;. Le 22 octobre, Erdogan et Poutine, v&#233;ritable ma&#238;tre du jeu syrien, se sont accord&#233;s sur le d&#233;sarmement des combattants kurdes. Ce qui semble sonner le glas de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le retrait des forces am&#233;ricaines le 9 octobre, la Turquie est &#224; l'offensive dans le Nord-Est de la Syrie. Ce l&#226;chage de Trump a pouss&#233; les combattants kurdes &#224; accepter le retour des troupes du r&#233;gime d'Assad, face &#224; l'arm&#233;e turque et ses suppl&#233;tifs qui menacent, selon les mots du pr&#233;sident turc, d' &#187; &lt;i&gt;&#233;craser &lt;/i&gt;[leurs] &lt;i&gt;t&#234;tes&lt;/i&gt; &#187;. Le 22 octobre, Erdogan et Poutine, v&#233;ritable ma&#238;tre du jeu syrien, se sont accord&#233;s sur le d&#233;sarmement des combattants kurdes. Ce qui semble sonner le glas de l'exp&#233;rience f&#233;d&#233;raliste du Rojava. Analyse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3127 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;115&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1354-abbf3.jpg?1782977089' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Qamishlo, mars 2014. Pour les Kurdes, la f&#234;te de Newroz est un symbole de r&#233;sistance aux oppresseurs / Photo Loez
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L'&lt;/span&gt;agression d'Erdogan aura donc permis au r&#233;gime syrien de se red&#233;ployer : chez les Kurdes, dans le Nord-Est du pays, mais pas seulement. Le jour m&#234;me de l'accord russo-turc, Bachar al-Assad en personne se rendait sur la ligne de front d'Idlib, dans le Nord-Ouest de la Syrie. Vid&#233;e d'une grande partie de ses insurg&#233;s, partis jouer les suppl&#233;tifs d'Erdogan contre les Kurdes, cette derni&#232;re poche rebelle, d&#233;sormais contr&#244;l&#233;e uniquement par le groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Cham, est la prochaine &#233;tape de la reconqu&#234;te du r&#233;gime. Au regard de la complexit&#233; de la situation, nous avons tent&#233; de r&#233;pondre &#224; trois questions &#233;pineuses.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelles relations entretenaient jusque-l&#224; le r&#233;gime Assad et les forces kurdes du Rojava ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a une premi&#232;re simplification &#224; pr&#233;tendre que le PKK turc (puis plus tard son parti fr&#232;re syrien, le PYD, fond&#233; en 2003) a toujours &#233;t&#233; alli&#233; &#224; la famille Assad. Hafez avait en effet offert refuge au PKK, comme &#224; d'autres groupes &#171; anti-imp&#233;rialistes &#187; dans les ann&#233;es 1980, afin de jouer la carte anti-Otan et endormir la question kurde en interne. Mais d&#232;s 1992, les camps d'entra&#238;nement de la Beqaa sont ferm&#233;s et le chef du PKK, Abdullah &#214;calan, est expuls&#233; en 1998 &#224; la faveur d'un rapprochement turco-syrien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, les Kurdes syriens &#233;taient maintenus dans un statut d'&#233;trangers de l'int&#233;rieur, soumis &#224; un r&#233;gime de restrictions et &#224; une politique d'arabisation forc&#233;e. Avant 2011, des milliers de prisonniers politiques kurdes ont connu les ge&#244;les d'Assad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Diviser l'opposition.&lt;/strong&gt; Au d&#233;but de l'insurrection syrienne, le r&#233;gime a jou&#233; deux cartes ma&#238;tresses pour diviser la contestation populaire. Tandis qu'il enfermait et torturait les militants du mouvement civil, Assad a amnisti&#233; des centaines de d&#233;tenus djihadistes, comme Mohammad al-Joulani, futur chef d'al-Nosra puis d'Hayat Tahrir al-Cham. Le pouvoir comptait sur eux pour d&#233;tourner la r&#233;volte vers une voie plus sectaire, ce qui a permis apr&#232;s coup de se poser aux yeux de l'opinion internationale en &#171; moindre mal &#187; face au &#171; terrorisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vis-&#224;-vis des Kurdes, la strat&#233;gie d'Assad a &#233;t&#233; de les amadouer en leur accordant des droits politiques dont ils &#233;taient priv&#233;s : naturalisation de 150 000 Kurdes apatrides, ouverture d'&#233;tablissements scolaires en langue kurde, lib&#233;ration de 600 prisonniers du PYD et retour d'exil de Saleh Muslim, leader du PYD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, l'Arm&#233;e syrienne libre et la Coalition nationale syrienne regroupaient les oppositions &#224; Bachar sous l'&#233;gide du Qatar et de la Turquie avec une forte influence des Fr&#232;res musulmans. Le PYD a refus&#233; de se soumettre &#224; cette tutelle comme d'entrer en conflit ouvert avec le r&#233;gime et de plonger sa population dans les affres de la guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Autonomie.&lt;/strong&gt; Le 19 juillet 2012, tandis que des attentats &#224; Damas d&#233;capitent son &#233;tat-major et que des d&#233;sertions massives affaiblissent son arm&#233;e, Assad fait retirer ses troupes du Nord-Est syrien et du canton d'Afrin. Son objectif est de recentrer l'arm&#233;e loyaliste sur la &#171; Syrie utile &#187;. Le PYD, seule force organis&#233;e avec ses Unit&#233;s de protection du peuple (YPG), profite de ce retrait pour d&#233;velopper une zone autonome, qui se d&#233;clarera administration &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; en janvier 2014. C'est l&#224; qu'un &lt;i&gt;modus vivendi&lt;/i&gt; a vraisemblablement &#233;t&#233; trouv&#233; entre le r&#233;gime et le PYD, qui vaut &#224; ce dernier l'accusation de trahison chez nombre de rebelles syriens. Ce pacte de non-agression ne doit pas faire oublier l'opposition formelle du PYD au r&#233;gime ni les accrochages sporadiques entre les deux camps (370 morts de chaque c&#244;t&#233; pour la seule ann&#233;e 2013).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Exactions.&lt;/strong&gt; En 2014, un rapport d'Human Rights Watch met en lumi&#232;re des abus commis par l'administration aux mains du PYD contre ses opposants. Puis en 2015 et 2016, de nouveaux documents pointent des d&#233;placements forc&#233;s de r&#233;sidents arabes dans des zones contr&#244;l&#233;es par les YPG. L'administration kurde met en cause l'impartialit&#233; de ces rapports et &#233;voque des &#171; imp&#233;ratifs militaires &#187; dans un contexte de guerre contre l'&#201;tat islamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a r&#233;sum&#233; l'historien Hamit Bozarslan : &#171; &lt;i&gt;Le conflit syrien a fait au total quelque 500 000 morts, 7 millions de r&#233;fugi&#233;s, 6 millions de d&#233;plac&#233;s internes. Quand on compare le Kurdistan&lt;/i&gt; [syrien] &lt;i&gt;au reste du pays, donc, la vie a finalement &#233;t&#233; pr&#233;serv&#233;e, ce qui en soi est un miracle.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique.&lt;/strong&gt; Malgr&#233; ces accusations d'autoritarisme, l'administration du Rojava met en avant son syst&#232;me de &#171; conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique &#187;, reposant sur un maillage d'assembl&#233;es multiethniques et une politique f&#233;ministe volontariste, qu'on aurait tort de r&#233;duire &#224; une simple fa&#231;ade de propagande. L'exp&#233;rience du Rojava a suscit&#233; une forte fascination dans une frange de l'extr&#234;me gauche occidentale, participant &#224; l'occultation de la r&#233;sistance des autres Syriens &#224; la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ostracis&#233;s.&lt;/strong&gt; En outre, les Kurdes n'ont jamais &#233;t&#233; invit&#233;s aux tables de n&#233;gociation pour la transition pacifique, ostracis&#233;s tant par le r&#233;gime (qui ne leur pardonne pas leur collaboration avec les Am&#233;ricains) que par les groupes rebelles et la Turquie. En revanche, &#224; Gen&#232;ve ou Astana, on retrouvait Jaych al-Islam, groupe islamiste soup&#231;onn&#233; de la disparition de l'avocate des droits humains Razan Zaitouneh en 2013...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un pacte avec le diable &#187;.&lt;/strong&gt; Depuis le d&#233;sengagement des &#201;tats-Unis, les forces kurdes savent que leur marge de man&#339;uvre pour survivre s'est r&#233;duite &#224; peau de chagrin. Le 14 octobre pour &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt;, Rapha&#235;l Lebrujah &lt;i&gt;[lire son reportage ci-contre]&lt;/i&gt; rapportait cette confidence anonyme d'un cadre de l'administration : &#171; &lt;i&gt;Oui le r&#233;gime nous a livr&#233; des armes, mais ce n'&#233;tait pas gratuit. On les a pay&#233;es &#224; un prix exorbitant. De toute fa&#231;on, ils veulent revenir &#224; la situation d'avant-guerre si on veut avoir leur protection, c'est-&#224;-dire une situation o&#249;, comme Kurde ou comme opposant, on n'a aucun droit. C'est comme signer un pacte avec le diable.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui soutient l'offensive turque dans le nord-est de la Syrie ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En marge du concert de r&#233;probation g&#233;n&#233;rale, quelques pays comme le Pakistan, le Kazakhstan, l'Azerba&#239;djan, la Hongrie d'Orban ou le Venezuela de Maduro &#8211; tr&#232;s li&#233; &#233;conomiquement &#224; la Turquie &#8211; ont annonc&#233; soutenir l'offensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, &#224; l'int&#233;rieur de la Turquie m&#234;me, peu de voix osent aller &#224; contre-courant de l'union sacr&#233;e. Et les opposants kurdes qui se sont risqu&#233;s &#224; parler &#171; &lt;i&gt;d'invasion&lt;/i&gt; &#187; ou de &#171; &lt;i&gt;guerre&lt;/i&gt; &#187; ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s pour &#171; &lt;i&gt;propagande terroriste&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Divisions.&lt;/strong&gt; Tandis que des organisations arabes des droits de l'homme&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le site Syrians for Truth and Justice : &#171; Regional Organizations Condemn (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; d&#233;noncent les graves violations qu'implique l'agression, &#171; les oppositions syriennes &#187;, elles, semblent divis&#233;es. Les diff&#233;rentes instances d'opposition en exil comme la Coalition nationale des forces de la r&#233;volution et de l'opposition syrienne (CNS) ou l'organisation des Fr&#232;res musulmans syriens ont affirm&#233; leur soutien &#224; la Turquie pour vaincre &#171; &lt;i&gt;les organisations terroristes&lt;/i&gt; &#187;. Mais ces d&#233;clarations ont provoqu&#233; une prise de distance vis-&#224;-vis de la coalition de la part du Conseil national kurde (regroupant 13 partis kurdes non align&#233;s sur le PYD), qui craint un nettoyage ethnique. Autre voix discordante, l'opposante Alia Mansour a d&#233;plor&#233; la position du CNS, d&#233;clarant que &#171; &lt;i&gt;si de nombreux Kurdes ont rejoint le PKK, c'est parce qu'aucune alternative s&#233;rieuse respectueuse de leur particularisme ne leur avait &#233;t&#233; offerte&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accord pass&#233; entre les forces kurdes et le r&#233;gime pour lui permettre de reprendre un territoire jusque-l&#224; sous contr&#244;le des Forces d&#233;mocratiques syriennes (domin&#233;es par les Kurdes) risque d'accro&#238;tre encore les divisions. Un groupe d'habitants de Deir Ezzor a annonc&#233; dans un communiqu&#233; : &#171; &lt;i&gt;Nous consid&#233;rons tout parti, groupe ou individu travaillant pour ou avec le r&#233;gime Assad comme notre ennemi et l'ennemi du peuple de Deir Ezzor.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui compose les milices alli&#233;es &#224; la Turquie ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La plupart des groupes rebelles unifi&#233;s par la Turquie en octobre 2019 sous l'appellation d'Arm&#233;e nationale syrienne ont servi contre le r&#233;gime sous la banni&#232;re g&#233;n&#233;rique de l'Arm&#233;e syrienne libre. D'autres, comme Jaych al-Islam, qui dominait militairement la r&#233;gion de la Ghouta orientale, n'y &#233;taient pas affili&#233;s. Certains avaient &#233;t&#233; &#233;quip&#233;s en 2016 de missiles antichars livr&#233;s par les &#201;tats-Unis. Leur empreinte politique est celle d'un islamo-nationalisme extr&#233;miste. Sous l'effet d'un sectarisme accru, ces suppl&#233;tifs ont d&#233;velopp&#233; une haine farouche vis-&#224;-vis des milices kurdes, les qualifiant de &#171; &lt;i&gt;porcs et de m&#233;cr&#233;ants&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le d&#233;clarait un combattant de la Brigade al-Hamza au site &lt;i&gt;Al-Monitor&lt;/i&gt;, &#171; &lt;i&gt;une grande partie des combattants de l'Arm&#233;e nationale&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;viennent de l'est de l'Euphrate, des provinces de Raqqa, Deir Ezzor et Hassak&#233;. Ces combattants se battent pour retourner dans leur r&#233;gion apr&#232;s avoir expuls&#233; les YPG.&lt;/i&gt; &#187; Il y a fort &#224; parier que leur souhait de continuer le combat jusqu'&#224; la chute du r&#233;gime sera s&#233;rieusement douch&#233; et qu'ils seront les derniers dindons de la farce jou&#233;e par les puissances r&#233;gionales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Crimes de guerre.&lt;/strong&gt; Le 12 octobre 2019, les soudards d'Ahrar al-Charkiya ont ex&#233;cut&#233; sommairement neuf civils, dont Hevrin Khalaf, une femme politique kurde qui &#339;uvrait pour l'entente entre Arabes et Kurdes. D'autres all&#233;gations de crimes de guerre sur des civils, commis par les milices alli&#233;es aux Turcs, ont &#233;t&#233; document&#233;es depuis. L'activiste syro-britannique Leila al-Shami fait bien de rappeler que &#171; &lt;i&gt;les groupes rebelles syriens alli&#233;s &#224; la Turquie luttent donc pour un agenda turc qui ne ressemble en rien &#224; la r&#233;volution syrienne pour la libert&#233; et la dignit&#233; qui a commenc&#233; il y a huit ans&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#192; propos de l'offensive turque dans le Nord-Est syrien &#187;, site de CQFD (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mathieu L&#233;onard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire aussi&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ils-nous-bombardent-au-napalm' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Ils nous bombardent au napalm &#187;&lt;/a&gt; : un reportage r&#233;alis&#233; fin octobre au Rojava aupr&#232;s de l'organisation des familles des martyrs de la ville d'Amouda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette analyse et ce reportage ont &#233;t&#233; publi&#233;s sur papier dans le n&#176;181 de &lt;/i&gt;CQFD&lt;i&gt;, en kiosque jusqu'au 5 d&#233;cembre. En voir le &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no181' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sommaire&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur le site &lt;i&gt;Syrians for Truth and Justice&lt;/i&gt; : &#171; &lt;a href=&#034;https://stj-sy.org/en/regional-organizations-condemn-turkeys-ethnic-cleansing-plan-for-northeast-syria/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Regional Organizations Condemn Turkey's Ethnic Cleansing Plan for Northeast Syria&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Stj-sy.org&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/A-propos-de-l-offensive-turque' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#192; propos de l'offensive turque dans le Nord-Est syrien&lt;/a&gt; &#187;, site de &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;(17/10/2019). La version originale de cet article est parue &lt;a href=&#034;https://leilashami.wordpress.com/2019/10/14/on-the-turkish-offensive-on-north-eastern-syria&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en anglais&lt;/a&gt; le 14 octobre sur le blog de Leila al-Shami.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#192; propos de l'offensive turque dans le Nord-Est syrien</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Leila al-Shami</dc:creator>


		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
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		<dc:subject>Syriens</dc:subject>
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		<dc:subject>l'autonomie kurde</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Co-auteure de l'ouvrage Burning country : au c&#339;ur de la r&#233;volution syrienne , Leila al-Shami livre une analyse tranch&#233;e et &#233;quilibr&#233;e sur les enjeux et les non-dits de la situation au nord-est de la Syrie apr&#232;s l'offensive de l'arm&#233;e turque et de ses milices. Nous la traduisons pour CQFD avec son accord. La r&#233;cente offensive turque sur le nord-est de la Syrie et le retrait des troupes am&#233;ricaines de la r&#233;gion d&#233;clenchent une nouvelle catastrophe humanitaire aux proportions colossales. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Les-echos-du-Chien-rouge" rel="directory"&gt;Les &#233;chos du Chien rouge&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-autonomie-kurde" rel="tag"&gt;l'autonomie kurde&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Co-auteure de l'ouvrage &lt;i&gt;Burning country : au c&#339;ur de la r&#233;volution syrienne&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Leila al-Shami et Robin Yassin-Kassab, &#233;d. L'&#233;chapp&#233;e, mars 2019.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, Leila al-Shami livre une analyse tranch&#233;e et &#233;quilibr&#233;e sur les enjeux et les non-dits de la situation au nord-est de la Syrie apr&#232;s l'offensive de l'arm&#233;e turque et de ses milices. Nous la traduisons pour &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; avec son accord.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3122 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;128&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/-1352-5af85.jpg?1782714797' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Manifestation contre l'invasion turque du Rojava &#224; Berlin, le 12 octobre 2019 / Photo Marsupium / Wikimedia Commons / C.C. 4.0
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;a r&#233;cente offensive turque sur le nord-est de la Syrie et le retrait des troupes am&#233;ricaines de la r&#233;gion d&#233;clenchent une nouvelle catastrophe humanitaire aux proportions colossales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces derniers jours&lt;/strong&gt;, plus de 130 000 Syriens ont fui pour sauver leur vie, dans une qu&#234;te d&#233;sesp&#233;r&#233;e de s&#233;curit&#233;. Des dizaines de civils ont &#233;t&#233; tu&#233;s par des bombes turques et assassin&#233;s par des milices alli&#233;es des Turcs. Dans le chaos, les prisonniers de l'&#201;tat islamique se sont &#233;vad&#233;s des camps de d&#233;tention et sont maintenant dans la nature &#8211; beaucoup d'entre eux, y compris des enfants, sont des &#233;trangers, ressortissants d'&#201;tats qui ont refus&#233; de les prendre sous leur responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'invasion turque&lt;/strong&gt; a re&#231;u le feu vert de Trump (et probablement de la Russie) et a vu les &#201;tats-Unis abandonner leurs alli&#233;s, les Forces d&#233;mocratiques syriennes (FDS, domin&#233;es par des milices kurdes), avec lesquelles ils s'&#233;taient associ&#233;s dans la guerre pour d&#233;truire l'&#201;tat islamique. Ce n'est pas la premi&#232;re fois que les &#201;tats-Unis abandonnent leurs alli&#233;s en Syrie, et il est peu probable que cette trahison tombe facilement dans l'oubli pour ceux qui en subiront les cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'op&#233;ration&lt;/strong&gt; de la Turquie a deux objectifs. Elle esp&#232;re, d'une part, &#233;craser l'autonomie kurde dans le nord, dont une grande partie est sous le contr&#244;le du PYD (Parti de l'union d&#233;mocratique) kurde depuis 2012, un groupe li&#233; au PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), consid&#233;r&#233; par l'&#201;tat turc comme un ennemi int&#233;rieur ; et, d'autre part, &#233;tablir une zone tampon pour le retour des r&#233;fugi&#233;s syriens confront&#233;s &#224; une hostilit&#233; et une x&#233;nophobie croissantes en Turquie. &#201;tant donn&#233; qu'un grand nombre de r&#233;fugi&#233;s sont des Arabes et seraient renvoy&#233;s dans une r&#233;gion o&#249; r&#233;sident de nombreuses minorit&#233;s &#8211; kurdes et autres &#8211;, une telle d&#233;cision entra&#238;nerait probablement d'autres bouleversements d&#233;mographiques, qui constituent d&#233;sormais un &#233;l&#233;ment cl&#233; de la trag&#233;die syrienne. Les groupes rebelles syriens alli&#233;s &#224; la Turquie luttent donc pour un agenda turc qui ne ressemble en rien &#224; la r&#233;volution syrienne pour la libert&#233; et la dignit&#233; qui a commenc&#233; il y a huit ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les habitants de la r&#233;gion&lt;/strong&gt; ont de bonnes raisons de craindre une occupation turque. La ville &#224; majorit&#233; kurde d'Afrin, qui est tomb&#233;e aux mains de la Turquie et des forces alli&#233;es l'ann&#233;e derni&#232;re, cr&#233;e un pr&#233;c&#233;dent terrifiant. De nombreux civils ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;s et emp&#234;ch&#233;s de rentrer chez eux, et leurs biens abandonn&#233;s ont fait l'objet de pillages g&#233;n&#233;ralis&#233;s. Il y a eu aussi des arrestations, des viols et des assassinats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Compte tenu&lt;/strong&gt; des craintes des Kurdes syriens face au nettoyage ethnique des forces turques et de l'absence d'alli&#233;s dispos&#233;s &#224; les d&#233;fendre, le PYD n'a pas eu d'autre choix que de n&#233;gocier un retour du r&#233;gime, mettant fin &#224; une exp&#233;rience d'autonomie kurde qui avait permis &#224; la population de r&#233;aliser d'importantes avanc&#233;es dans de nombreux droits que le r&#233;gime panarabiste leur avait longtemps d&#233;ni&#233;s. Ce n'&#233;tait probablement qu'une question de temps. Lorsque le r&#233;gime a c&#233;d&#233; le pouvoir au PYD, il avait probablement calcul&#233; trois &#233;l&#233;ments : 1) que ce transfert de pouvoir emp&#234;cherait les Kurdes de combattre le r&#233;gime, permettant au r&#233;gime de concentrer ses ressources militaires ailleurs ; 2) qu'il fragmenterait et affaiblirait ainsi l'opposition syrienne &#224; Assad &#224; la faveur des divisions confessionnelles ; 3) et que si le PYD devenait trop puissant, la Turquie interviendrait pour emp&#234;cher son expansion, permettant au r&#233;gime de reprendre le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Selon certaines informations&lt;/strong&gt;, l'accord n&#233;goci&#233; entre le r&#233;gime et les FDS domin&#233;s par le PYD comprend une garantie des droits et de l'autonomie totale des Kurdes. Pourtant, il semble peu probable que le r&#233;gime reconnaisse un jour l'autonomie kurde, comme il l'a signifi&#233; clairement &#224; plusieurs reprises dans des d&#233;clarations publiques. Ailleurs en Syrie, toutes les promesses faites par le r&#233;gime dans les accords de &#171; r&#233;conciliation &#187; ne valent m&#234;me pas le papier sur lequel elles ont &#233;t&#233; &#233;crites. Les opposants au r&#233;gime, tant arabes que kurdes, risquent aujourd'hui d'&#234;tre arr&#234;t&#233;s et d&#233;tenus avec la mort sous la torture comme seule issue possible. Les combattants des FDS ne sont pas non plus en s&#233;curit&#233;. Il y a quelques jours, le vice-ministre syrien des Affaires &#233;trang&#232;res Faisal Mekdad a d&#233;clar&#233; qu'ils avaient &#171; &lt;i&gt;trahi leur pays et commis des crimes contre lui&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors que de nombreux Kurdes&lt;/strong&gt;, abandonn&#233;s par les &#201;tats-Unis, peuvent se sentir plus en s&#233;curit&#233; sous Assad que sous domination turque, certains civils arabes vivants dans des zones contr&#244;l&#233;es par les FDS telles que Deir ez-Zor et Raqqa craignent une reconqu&#234;te par le r&#233;gime et ses milices iraniennes en premier lieu, et se sentent plus en s&#233;curit&#233; sous protection turque. Les Syriens sont d&#233;sesp&#233;r&#233;s tant leur d&#233;pendance vis-&#224;-vis des puissances &#233;trang&#232;res pour leur survie est grande. Des journalistes &#233;trangers &#233;galement menac&#233;s par le r&#233;gime ont fui la Syrie, laissant les atrocit&#233;s se d&#233;rouler hors de la vue des m&#233;dias internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les d&#233;cisions&lt;/strong&gt; qui sont prises aujourd'hui sont autant de man&#339;uvres des puissances &#233;trang&#232;res, et ce sont les civils syriens qui en paient le prix. Les luttes de pouvoir actuelles entre les &#201;tats instrumentalisent les divisions ethniques, ce qui conduit &#224; un sectarisme accru qui accablera probablement la Syrie dans un avenir proche. Le refus d'Assad de d&#233;missionner lorsque les Syriens l'ont exig&#233; est &#224; l'origine de ce bain de sang, avec l'&#233;chec r&#233;p&#233;t&#233; de la communaut&#233; internationale &#224; prot&#233;ger les Syriens des massacres et l'incapacit&#233; des dirigeants de l'opposition, &#224; la fois arabe et kurde, &#224; mettre de c&#244;t&#233; leurs propres int&#233;r&#234;ts pour promouvoir l'unit&#233; et se d&#233;barrasser du pouvoir autoritaire. Un par un, dans tout le pays, le r&#233;gime a &#233;cras&#233; toute exp&#233;rience d&#233;mocratique autonome, et la communaut&#233; internationale semble dispos&#233;e &#224; normaliser ses relations avec un r&#233;gime qui s'est maintenu au pouvoir en d&#233;clenchant un massacre de masse. Ce qui se passe aujourd'hui est un d&#233;sastre non seulement pour les Kurdes, mais pour tous les Syriens libres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une fois de plus&lt;/strong&gt;, la situation en Syrie a mis en &#233;vidence la faillite morale de segments de la gauche enti&#232;re. Nombre de ceux qui protestent contre l'assaut de la Turquie sur le nord-est de la Syrie n'ont pas r&#233;ussi &#224; se mobiliser pour condamner l'assaut continu de la Russie et du r&#233;gime contre Idleb o&#249; trois millions de civils vivent dans la terreur quotidienne. En fait, ils ne se sont pas rendus compte que pendant des ann&#233;es, les Syriens ont &#233;t&#233; massacr&#233;s par des bombes, des armes chimiques et la torture &#224; l'&#233;chelle industrielle. Certains de ceux qui r&#233;clament une zone d'interdiction de vol pour mettre &#224; l'abri les civils kurdes des bombardements a&#233;riens avaient auparavant calomni&#233; les Syriens, les traitant de bellicistes et des agents de l'imp&#233;rialisme, alors que ceux-l&#224; r&#233;clamaient une protection similaire. Une fois de plus, la solidarit&#233; semble d&#233;pendre non pas de l'indignation contre les crimes de guerre, mais de l'identit&#233; de l'auteur et de la victime. Les vies syriennes sont sacrifiables dans la bataille des grands r&#233;cits et des grands sch&#233;mas id&#233;ologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La trag&#233;die syrienne&lt;/strong&gt; est une tache sur la conscience de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Leila al-Shami&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La version originale de cet article est parue en anglais le 14 octobre sur le blog de Leila al-Shami : &#171; &lt;a href=&#034;https://leilashami.wordpress.com/2019/10/14/on-the-turkish-offensive-on-north-eastern-syria/?fbclid=IwAR3aP6PKrOLfcdU_nwzna8q-YYlfzurHXPbLfgFyW4bFMTyIhHWItCiHbLs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;On the Turkish offensive on north-eastern Syria&lt;/a&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire aussi&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Les-braises-de-la-revolution' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les braises de la r&#233;volution&lt;/a&gt; &#187; : entretien avec Leila al-Shami sur la r&#233;volution syrienne (&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;142, avril 2016).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Leila al-Shami et Robin Yassin-Kassab, &#233;d. L'&#233;chapp&#233;e, mars 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La marche Kurde</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-marche-Kurde</link>
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		<dc:date>2015-03-30T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Loez</dc:subject>
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		<dc:subject>Parti</dc:subject>
		<dc:subject>Aujourd'hui</dc:subject>
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		<dc:subject>PKK</dc:subject>
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		<dc:subject>d'&#214;calan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alors que Koban&#233;, ville symbole de la r&#233;sistance kurde contre Daesh est enfin lib&#233;r&#233;e, la justice fran&#231;aise vient de condamner des militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) charg&#233;s de collecter des fonds pour la lutte contre ces m&#234;mes ennemis de la France. Une contradiction majeure qui fait &#233;cho &#224; celle assum&#233;e par le Congr&#232;s am&#233;ricain qui, fin 2014, rayait de la liste des organisations terroristes deux partis kurdes irakiens, le Parti d&#233;mocratique du Kurdistan de Massoud (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no129-fevrier-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;129 (f&#233;vrier 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Turquie" rel="tag"&gt;Turquie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Kurdes" rel="tag"&gt;Kurdes&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/democratique" rel="tag"&gt;d&#233;mocratique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-Ocalan" rel="tag"&gt;d'&#214;calan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que Koban&#233;, ville symbole de la r&#233;sistance kurde contre Daesh est enfin lib&#233;r&#233;e, la justice fran&#231;aise vient de condamner des militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) charg&#233;s de collecter des fonds pour la lutte contre ces m&#234;mes ennemis de la France. Une contradiction majeure qui fait &#233;cho &#224; celle assum&#233;e par le Congr&#232;s am&#233;ricain qui, fin 2014, rayait de la liste des organisations terroristes deux partis kurdes irakiens, le Parti d&#233;mocratique du Kurdistan de Massoud Barzani et celui de l'Union patriotique du Kurdistan de Jalal Talabani, tout en maintenant sur cette m&#234;me liste le PKK dont la zone d'influence est turque et le Parti de l'union d&#233;mocratique (PYD) en Syrie. Cet imbroglio diplomatique est tout entier li&#233; &#224; la pression colossale exerc&#233;e par la Turquie, pilier de l'Otan, contre l'&#233;quipement militaire des r&#233;sistants kurdes au Rojava. Dans le num&#233;ro de novembre (&lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Kurdes-%E2%80%88Nous-vivons-sous-la&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;n&#176;126&lt;/a&gt;), nous nous entretenions avec Aydin, un militant kurde de Marseille, sur la situation au Rojava ; nous proposons ici un nouvel &#233;clairage sur le PKK, &#224; travers un entretien avec le chercheur Olivier Grojean, sp&#233;cialiste des mobilisations et du transnational &#224; l'universit&#233; d'Aix-Marseille, et des extraits des reportages exceptionnels du photographe Yann Renoult parmi les combattants et combattantes kurdes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1415 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/kurd-qandil03-582b8.jpg?1782651570' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photographies de Yann Renoult.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Dans un article intitul&#233; &#171; La production de l'Homme nouveau au sein du PKK&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Olivier Grojean, &#171; La production de l'Homme nouveau au sein du PKK &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;, vous mettiez en relief les structures de discipline et d'endoctrinement ainsi que le culte de la personnalit&#233; autour d'&#214;calan dans l'organisation kurde des ann&#233;es 1980-1990 ? Qu'est-ce qui a chang&#233; depuis son arrestation par les Turcs en 1999 ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier Grojean :&lt;/strong&gt; En ce qui concerne la figure d'&#214;calan, elle est sans doute encore plus centrale qu'auparavant. Non pas que d'autres revendications n'aient pas &#233;t&#233; &#233;mises concernant l'enseignement en kurde, la r&#233;pression du mouvement kurde, ou plus r&#233;cemment la bataille de Kobane, mais la figure d'&#214;calan est r&#233;ellement le point de convergence de toutes les luttes actuelles. Au d&#233;but des ann&#233;es 2000, de nombreux cadres du BDP (Parti de la paix et de la d&#233;mocratie, parti l&#233;gal pro-kurde de Turquie) auraient sans doute aim&#233; pouvoir tourner la page &#214;calan ; de fait, celui-ci sert aujourd'hui de point de ralliement, permettant de distinguer ceux qui sont pour la cause du PKK de ceux qui sont contre elle. Le critiquer reste donc totalement impossible au sein du parti et de sa mouvance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie-t-il que le parti est toujours aussi coercitif vis-&#224;-vis de ses militants et sympathisants ? En fait, le PKK et &#214;calan ont gagn&#233; une l&#233;gitimit&#233; telle qu'ils ont aujourd'hui moins besoin de recourir &#224; la discipline afin d'imposer leurs revendications, leurs normes de comportements, ou leurs r&#232;gles de vie. Il est n&#233;cessaire de bien comprendre que le PKK est aujourd'hui davantage une mouvance qu'une organisation clandestine tr&#232;s ferm&#233;e. Si la branche politique et les multiples associations qui la soutiennent sont aujourd'hui beaucoup moins encadr&#233;es, les branches militaires, masculine ou f&#233;minine, sont toujours des organisations arm&#233;es, en guerre contre l'&#233;tat turc et l'&#233;tat islamique, et donc soumises, comme toute organisation militaire, &#224; une discipline de fer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au milieu des ann&#233;es 2000, la pens&#233;e d'&#214;calan semble prendre un virage, abandonnant le marxisme-l&#233;ninisme pour adopter le concept de &#171; conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique &#187;. Comment comprendre cette &#233;volution ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai que la plupart des observateurs tendent &#224; situer une rupture id&#233;ologique au d&#233;but ou au milieu des ann&#233;es 2000. Je serais quant &#224; moi plus nuanc&#233;, tant sur l'id&#233;e de rupture que sur l'ann&#233;e o&#249; elle interviendrait. Je crois tout d'abord que le marxisme-l&#233;ninisme du PKK a subi de profondes transformations &#224; partir du milieu des ann&#233;es 1980, avec de nombreuses r&#233;f&#233;rences &#224; la &#171; production de soi &#187;, &#224; l'&#171; &#233;mancipation individuelle &#187;, &#224; l'&#171; humanisation &#187;. Il s'agit alors pour un militant de se d&#233;sali&#233;ner de sa mentalit&#233; turque afin de devenir un &#171; vrai Kurde &#187;, un homme nouveau. Puis, au d&#233;but des ann&#233;es 1990, suite &#224; la chute de l'Union sovi&#233;tique mais aussi &#224; l'&#233;largissement des mobilisations &#224; de nouvelles franges de la population, on observe &#224; nouveau une mutation des discours, avec une att&#233;nuation des r&#233;f&#233;rents l&#233;ninistes, une certaine &#171; apoisation &#187; (d'&lt;i&gt;Apo&lt;/i&gt;, &#171; oncle &#187;, surnom d'&#214;calan) de l'id&#233;ologie et des r&#233;f&#233;rences de plus en plus marqu&#233;es &#224; la &#171; femme libre &#187;, en harmonie avec le peuple et la nature. Suite &#224; son arrestation, &#214;calan lit beaucoup en prison (Bookchin, Hardt et Negri, ou encore Wallerstein&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Murray Bookchin est un th&#233;oricien am&#233;ricain du communalisme libertaire. Tony (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;) et ce qui apparaissait au d&#233;but comme une vague tentative de d&#233;mocratiser son discours a gagn&#233; en coh&#233;rence pour enfin se fixer sur le concept de &#171; conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique &#187;. Par ailleurs, les nombreux r&#233;am&#233;nagements organisationnels que subit la mouvance PKK rendent davantage visibles ces transformations id&#233;ologiques, &#224; un moment o&#249; le PKK se cherche et tente de gagner une nouvelle virginit&#233; &#171; d&#233;mocratique &#187;. Enfin, on l'oublie un peu, l'&#233;lection de nombreux maires pro-kurdes dans les grandes villes &#224; majorit&#233; kurde de Turquie va permettre de bien davantage s'int&#233;resser aux politiques locales : les maires vont ainsi adopter une strat&#233;gie du fait accompli, sans attendre les autorisations de l'&#233;tat, quitte &#224; &#234;tre poursuivis pour avoir renomm&#233; telle place ou avoir instaur&#233; un bilinguisme municipal. Du coup, ces nombreux facteurs ont fait converger le mouvement vers l'id&#233;e qu'il pouvait se passer des &#233;tats afin de construire un Kurdistan, petit ou &#171; grand &#187;, fond&#233; sur des communes devenues plus autonomes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est la place du nationalisme dans l'id&#233;ologie actuelle du PKK ? Et celle de la religion ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le PKK consid&#232;re le nationalisme comme une id&#233;ologie r&#233;trograde et r&#233;actionnaire. Mais cela l'&#233;tait d&#233;j&#224; &#224; la fin des ann&#233;es 1970, quand il souhaitait se d&#233;marquer des mouvements nationalistes et &#171; chauvinistes &#187;. En fait, si le parti s'est d'abord consid&#233;r&#233; comme un mouvement de lib&#233;ration nationale (&#171; &lt;i&gt;le Kurdistan est une colonie qu'il faut lib&#233;rer&lt;/i&gt; &#187;), en m&#234;me temps, ses th&#233;ories de l'&#171; Homme nouveau &#187; ou de la &#171; Femme libre &#187; se focalisent clairement sur l'ethnicit&#233; et le sentiment national. Les discriminations v&#233;cues par les Kurdes en Turquie ont in&#233;vitablement contribu&#233; &#224; construire le PKK en un mouvement nationaliste, avec notamment une historiographie construite sur le mod&#232;le de l'historiographie nationaliste turque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la religion, elle n'a jamais jou&#233; un r&#244;le dans l'id&#233;ologie du PKK, qui a toujours &#233;t&#233; ath&#233;e mais la&#239;c, car respectueux des diff&#233;rentes confessions. En revanche, pour des raisons li&#233;es &#224; la sociologie g&#233;ographique de la Turquie, le PKK a d&#232;s ses d&#233;buts &#233;t&#233; bien davantage soutenu par les populations kurdes sunnites, ce qui l'a conduit dans les ann&#233;es 1990 &#224; tenter de se rallier les Kurdes al&#233;vis (minorit&#233; h&#233;t&#233;rodoxe de l'islam), avec un succ&#232;s un peu mitig&#233;. Et le combat du PKK et du PYD contre l'&#233;tat islamique a conduit ces derniers mois &#224; des heurts meurtriers entre des supporters d'&#214;calan et des membres de l'Huda Par, un parti islamiste issu du Hizbullah turc ayant assist&#233; les strat&#233;gies de contre-insurrection de l'&#233;tat turc dans les ann&#233;es 1990&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment ont &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;s le f&#233;minisme et l'&#233;cologie dans les pratiques politiques du PKK et du PYD ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les discours sur &#171; la &#187; femme&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'interview de David Graeber, &#171; De retour du Rojava : impressions et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; et sur la nature remontent aux d&#233;buts des ann&#233;es 1990. L'enr&#244;lement massif des femmes impose alors des am&#233;nagements organisationnels importants. Des unit&#233;s mixtes sont d'abord cr&#233;&#233;es, puis des unit&#233;s strictement f&#233;minines, et aujourd'hui le Parti de la femme libre (PJA) se veut en principe ind&#233;pendant du PKK. D'un point de vue quantitatif, les femmes comptaient pour environ 10&#8200;% des membres en 1993 et seraient aujourd'hui plus de 40&#8200;%, avec une parit&#233; de plus en plus stricte en ce qui concerne les postes de direction (il en va de m&#234;me pour le PYD en Syrie). Pour autant, les rapports de genre au sein de la gu&#233;rilla ne se transforment que tr&#232;s lentement. De fait, il ne faut pas forc&#233;ment penser la place des femmes au sein du PKK en termes de &#171; f&#233;minisme &#187;, mais plut&#244;t s'interroger sur les modalit&#233;s de gestion de l'&#171; &#233;conomie libidinale &#187; dans les groupes arm&#233;s &#224; forte promiscuit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, en ce qui concerne l'&#233;cologie, outre des politiques des mairies kurdes effectivement plut&#244;t pro-environnementales, on sait que des exp&#233;riences sont men&#233;es en Turquie dans la commune de Gever, avec des mesures concernant l'eau, les p&#226;turages et les coop&#233;ratives agricoles, et dans la commune de Ax&#8200;&#251;&#8200;Av (&#171; Terre et Eau &#187; en kurde) dans le district de Viransehir. Ce dernier projet, men&#233; par un activiste turc nomm&#233; Metin Yegin, et qui s'inspire d'exp&#233;riences en Am&#233;rique latine, vise notamment &#224; cr&#233;er des coop&#233;ratives agricoles &#224; production biologique. Mais ces deux exp&#233;riences sont pour le moment tr&#232;s circonscrites. Au Kurdistan de Syrie, il est tr&#232;s difficile de savoir aujourd'hui ce qui est r&#233;ellement mis en place dans les zones contr&#244;l&#233;es par le PYD.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1416 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/kurd-rojava-cd04b.jpg?1782645198' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photographies de Yann Renoult.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'anthropologue anarchiste David Graeber invite &#224; s'int&#233;resser &#224; l'exp&#233;rience d&#233;mocratique qui se joue au Rojava, y voyant une pratique de l'autonomie politique de bas en haut. A quelles r&#233;alit&#233;s cela correspond-il selon vous ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De multiples conseils locaux mixtes et respectueux des minorit&#233;s ethniques et religieuses ont &#233;t&#233; mis en place, et le discours du PYD sur ces pratiques vante effectivement les vertus de l'autonomie d&#233;mocratique ou du conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique chers &#224; &#214;calan. Pourtant, on sait aussi que les organisations politiques oppos&#233;es au PYD sont souvent menac&#233;es, que les partis proches du PDK (Parti d&#233;mocratique du Kurdistan) irakien de Barzani sont marginalis&#233;s. On per&#231;oit alors une certaine diff&#233;rence entre le pluralisme ethnique et religieux, r&#233;el, et le pluralisme politique affich&#233; : le PYD, qui est une organisation arm&#233;e en guerre, cherche avant tout &#224; conserver son h&#233;g&#233;monie sur les zones qu'il contr&#244;le. Reste donc &#224; savoir s'il s'invente effectivement dans ces m&#234;mes zones de nouvelles formes de d&#233;mocraties libertaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Une v&#233;ritable r&#233;volution &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce qui t'a le plus impressionn&#233; dans le Rojava &#224; propos de cette pratique de l'autonomie d&#233;mocratique ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Il y a eu tant de choses impressionnantes. Je ne crois pas avoir entendu parler jusque-l&#224; d'une situation o&#249; les m&#234;mes forces politiques aient mis en place deux niveaux distincts de pouvoir. D'un c&#244;t&#233;, il y a &#034;l'auto-administration d&#233;mocratique&#8221;, qui dispose de tous les attributs d'un &#201;tat&#8200;&#8211; Parlement, minist&#232;res, etc.&#8200;&#8211; mais qui est soigneusement s&#233;par&#233;e des moyens coercitifs. De l'autre, vous avez la TEV-DEM (le Mouvement de la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique), pilotant de bas en haut des institutions de d&#233;mocratie directe. En fin de compte&#8200;&#8211; et ceci est fondamental &#8211; les forces de s&#233;curit&#233; sont d'abord responsables devant les structures dirig&#233;es de bas en haut et non devant celles command&#233;s de haut en bas. Un des premiers endroits que nous avons visit&#233;s &#233;tait une acad&#233;mie de police (Asayis). Tous ont d&#251; suivre des cours de r&#233;solution non violente des conflits et de th&#233;orie f&#233;ministe avant d'&#234;tre autoris&#233;s &#224; toucher une arme &#224; feu. Les directeurs nous ont expliqu&#233; que leur but ultime &#233;tait de donner &#224; chaque personne dans le pays six semaines de formation de policier, de telle sorte qu'au final, ils pourraient se passer de police. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;David Graeber, extrait de &#171; &lt;a href=&#034;https://zcomm.org/znetarticle/no-this-is-a-genuine-revolution/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;No this is a genuine revolution&lt;/a&gt; &#187;, 26 d&#233;cembre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photographies de &lt;a href=&#034;http://cargocollective.com/yannrenoult/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Yann Renoult&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Olivier Grojean, &#171; &lt;a href=&#034;http://ejts.revues.org/2753&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La production de l'Homme nouveau au sein du PKK&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;European Journal of Turkish Studies&lt;/i&gt;, n&#176;8, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Murray Bookchin est un th&#233;oricien am&#233;ricain du communalisme libertaire. Tony Negri et Michael Hardt sont les auteurs de l'essai &lt;i&gt;Empire&lt;/i&gt;, bestseller altermondialiste. Immanuel Wallerstein est un sociologue am&#233;ricain, signataire du Manifeste de Porto Alegre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir l'interview de David Graeber, &#171; &lt;a href=&#034;http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article1623&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;De retour du Rojava : impressions et r&#233;flexions&lt;/a&gt; &#187;. Et l'extrait dans l'encadr&#233; ci-contre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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