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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>La musique sur la cha&#238;ne de montage</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Juliette Volcler</dc:creator>


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&lt;p&gt;Hits ! Enqu&#234;te sur la fabrique des tubes plan&#233;taires (La D&#233;couverte/La Rue musicale, 2016) du journaliste John Seabrook sonne comme un long mix soigneusement articul&#233; qui nous prom&#232;ne de Su&#232;de en Cor&#233;e, des ann&#233;es 1990 jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es 2010. &#171; Hit Me Baby (One More Time) est une chanson sur l'obsession : en moins de deux secondes, elle vous accroche, non pas une fois, mais deux. D'abord avec ses trois notes d'ouverture (si b&#233;mol, do, do), puis avec les premiers mots de Britney (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no150-janvier-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;150 (janvier 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tomas-Lindberg" rel="tag"&gt;Tomas Lindberg&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Hits ! Enqu&#234;te sur la fabrique des tubes plan&#233;taires &lt;/i&gt;(La D&#233;couverte/La Rue musicale, 2016) du journaliste John Seabrook sonne comme un long mix soigneusement articul&#233; qui nous prom&#232;ne de Su&#232;de en Cor&#233;e, des ann&#233;es 1990 jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es 2010.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3068 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1302.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH720/-1302-734e6.jpg?1768712390' width='500' height='720' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Kalem
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; H&lt;/span&gt;it Me Baby (One More Time)&lt;i&gt; est une chanson sur l'obsession : en moins de deux secondes, elle vous accroche, non pas une fois, mais deux. D'abord avec ses trois notes d'ouverture (si b&#233;mol, do, do), puis avec les premiers mots de Britney &lt;/i&gt;[Spears]&lt;i&gt;, lanc&#233;s dans un r&#226;le mi-boudeur mi-s&#233;ducteur, &lt;/i&gt;&#8220;Oh baby bay-bee&#8221;&lt;i&gt;. Le &lt;/i&gt;beat &lt;i&gt;funky calibr&#233; par Cheiron explose comme une grenade. La ligne de guitare wah wah de Tomas Lindberg vient ensuite rassurer les allergiques &#224; la disco : pas de panique, c'est bien du rock. En termes de pure progression sonore, &#8220;Hit Me Baby (One More Time)&#8221; s'inscrit dans la tradition du rock th&#233;&#226;tral &#224; la Queen, avec un soup&#231;on du travail de Mutt Lange pour Def Leppard. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voil&#224; John Seabrook&lt;/strong&gt; dans &lt;i&gt;Hits ! &lt;/i&gt; : il d&#233;cortique la m&#233;canique des morceaux compos&#233;s pour leur seul potentiel commercial, mais il le fait en musicologue. Il en parle comme un fanzine punk sortirait de l'oubli une p&#233;pite m&#233;connue. Les hits ont beau &#234;tre produits essentiellement hors sol, cela ne les extrait pas pour autant de l'histoire de la musique. Et s'ils restent si peu &#233;tudi&#233;s, cela tient sans doute moins &#224; leur mercantilisme assum&#233; qu'au m&#233;pris intellectuel dans lequel sont tenues leurs stars aussi bien que leurs fans. En nous focalisant sur les premi&#232;res ou les second&#8226;es, nous ne voyons rien de la production des morceaux en tant que tels, de son &#233;conomie, de sa logique, de ses figures v&#233;ritables. Seabrook, fondu de rock ind&#233;pendant, se met &#224; &#233;couter des hits, fredonne leurs &lt;i&gt;hooks &lt;/i&gt;(ces brefs motifs musicaux con&#231;us pour procurer &lt;i&gt;&#171; l'&#233;quivalent sonore de ce que la &lt;/i&gt;junk food &lt;i&gt;appelle le &lt;/i&gt;&#8220;bliss point&#8221;&lt;i&gt;, le point d'extase &#187;&lt;/i&gt;), part &#224; la rencontre de leurs cr&#233;ateurs (presque exclusivement des hommes), met au jour l'histoire et l'organisation de ces usines &#224; tubes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1950, &lt;/strong&gt;deux hommes de radio &#233;tasuniens inventent le Top 40 en constatant que le personnel d'un restaurant semble appr&#233;cier la r&#233;p&#233;tition &#224; longueur de journ&#233;e des m&#234;mes chansons &#233;manant du jukebox. Ils appliquent le principe &#224; leur station, avec succ&#232;s. &#192; la m&#234;me &#233;poque, la musique d'ambiance conquiert les lieux publics et priv&#233;s, la soci&#233;t&#233; Muzak installant ses haut-parleurs dans les usines ou dans les trains, les restaurants ou les h&#244;tels, et jusque dans les couloirs de la Maison Blanche. Mais pour atteindre les audiences stratosph&#233;riques que r&#233;clament les producteurs de la fin du XX e si&#232;cle, il faudra le coup de pouce de l'administration Clinton : le &lt;i&gt;Telecommunications Act &lt;/i&gt;de 1996, qui autorise un niveau de concentration jusque-l&#224; impossible dans les m&#233;dias, pla&#231;ant 90 % des radios, t&#233;l&#233;visions et journaux dans les mains des conglom&#233;rats. Il permet notamment &#224; un groupe comme Clear Channel, d&#233;tenant plus de 1 000 stations, de d&#233;cliner nationalement la m&#234;me programmation standardis&#233;e &#224; travers ses CHR (&lt;i&gt;Contemporary Hits Radios&lt;/i&gt;). Sans cette capacit&#233; militaire &#224; passer un m&#234;me morceau en boucle de fa&#231;on simultan&#233;e dans tout un pays, les hits n'auraient pas exist&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'industrialisation, &lt;/strong&gt;cependant, n'a pas &#233;t&#233; cantonn&#233;e &#224; la diffusion. Les morceaux m&#234;mes sont bient&#244;t assembl&#233;s comme sur une cha&#238;ne de montage et la cr&#233;ation musicale structur&#233;e &#224; la fa&#231;on d'une entreprise, les stars ne se situant pas en haut de la hi&#233;rarchie, loin s'en faut, et se trouvant parfois purement et simplement exploit&#233;es (la gloire pour tout salaire). &#192; l'origine de cette rationalisation tous azimuts, un Su&#233;dois, Denniz PoP, qui &lt;i&gt;&#171; ne joue d'aucun instrument, ne sait pas chanter et n'&#233;crit pas de musique &#187;, &lt;/i&gt;mais manie &#224; merveille Logic Pro, le logiciel de montage audio sur Mac &#224; l'&#233;poque. Depuis le studio d'enregistrement Cheiron, il devient l'arch&#233;type du producteur roi, ne se contentant pas de promouvoir des artistes, mais recomposant enti&#232;rement leurs morceaux et faisant du studio le lieu exclusif de la cr&#233;ation. Les paroles et le sens deviennent secondaires, d&#233;tr&#244;n&#233;s par ce que Max Martin, disciple de Denniz PoP et bient&#244;t principal faiseur de hits au monde lui-m&#234;me, nomme les &#171; &lt;i&gt;maths m&#233;lodiques &#187;&lt;/i&gt;. Autrement dit, la m&#233;thode dite &lt;i&gt;&#171; track-and-hook &#187; &lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; Un producteur cr&#233;e un &lt;/i&gt;track, une &lt;i&gt;piste avec des &lt;/i&gt;beats, une &lt;i&gt;progression d'accords et des arrangements instrumentaux, puis collabore avec un auteur, un &lt;/i&gt;topliner, &lt;i&gt;en charge des m&#233;lodies. &#187; &lt;/i&gt;Invent&#233;e et employ&#233;e de fa&#231;on artisanale par les producteurs de reggae en Jama&#239;que, elle devient la Bible de l'industrie du hit. La chanson s'&#233;labore &#224; partir de pi&#232;ces d&#233;tach&#233;es fa&#231;onn&#233;es par des sp&#233;cialistes (souvent plusieurs sur une m&#234;me t&#226;che) : qui est expert&#8226;e en &lt;i&gt;hooks&lt;/i&gt;, qui en couplets, transitions ou paroles, chacun&#8226;e venant avec ses pr&#233;f&#233;rences musicales et sa patte. Pour les stars dont on attend le plus de retour sur investissement, des s&#233;minaires d'&#233;criture sont organis&#233;s, r&#233;unissant &lt;i&gt;&#171; des douzaines de producteurs et auteurs venus du monde entier &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;assembl&#233;s par paires, que l'on forme et reforme, lors de s&#233;ances d'&#233;criture qui s'&#233;tendent sur plusieurs jours, dans l'espoir que jaillisse une p&#233;pite &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En bout de cha&#238;ne&lt;/strong&gt;, l'artiste, rep&#233;r&#233;&#8226;e pour ses qualit&#233;s physiques, sc&#233;niques et vocales, interpr&#232;te le morceau. Il r&#233;sulte de tout ce processus de fabrication une impression tenace de similarit&#233; entre les hits. Loin de constituer une simple cons&#233;quence de la sp&#233;cialisation et de l'entre-soi, elle fait partie de l'effet recherch&#233; pour satisfaire le cerveau qui, selon certaine psychologie fonctionnaliste, aime par dessus tout ce qui lui est musicalement familier. Il faut dire que depuis trois quarts de si&#232;cle, on lui apprend, &#224; ce cerveau, &#224; s'accommoder de la r&#233;p&#233;tition en lui concoctant un environnement sonore et m&#233;diatique ressassant les musiques en vogue de chaque &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quoique Seabrook &lt;/strong&gt;ne remonte pas l'histoire jusque-l&#224;, le pr&#233;c&#233;dent de Muzak a ici aussi pav&#233; le chemin des usines &#224; tubes. La fournisseuse d'ambiances sonores a &#233;tay&#233; son d&#233;ploiement commercial par des &#233;tudes m&#234;lant savamment comportementalisme et &lt;i&gt;management &lt;/i&gt;pour &#233;tablir le &lt;i&gt;&#171; quotient de stimulus &#187; &lt;/i&gt;&#233;motionnel de chaque morceau, comme le rapporte Joseph Lanza, un autre d&#233;fenseur des musiques m&#233;sestim&#233;es, dans son ouvrage &lt;i&gt;Elevator Music &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elevator Music. A Surreal History of Muzak, Easy-Listening and Other (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Cela permettait notamment &#224; la soci&#233;t&#233; de promettre au patronat un accroissement de la productivit&#233;. Les producteurs de hits du XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle auront modernis&#233; ces objectifs en disciplinant, plut&#244;t que le travail, la consommation.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Juliette Volcler&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Elevator Music. A Surreal History of Muzak, Easy-Listening and Other Moodsong &lt;/i&gt;(1994). Traduction : Musique d'ascenseur. Une histoire improbable de la musique d'ambiance, de l'&lt;i&gt;easy listening &lt;/i&gt;et autres m&#233;lodies sirupeuses.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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