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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Roses d'acier contre main de fer</title>
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		<dc:creator>A&#235;l Thierry</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Arrestations arbitraires, harc&#232;lement verbal et physique, voire viols&#8230; &#192; Belleville, quartier de l'Est parisien, les travailleuses du sexe chinoises subissent d'incessantes violences polici&#232;res. Conditions de femmes migrantes et criminalisation de la prostitution s'entrecroisent ici sur un terrain propice &#224; l'impunit&#233; judiciaire. &#171; Le 20 mai 2015, les policiers de Belleville nous ont annonc&#233; que nous, travailleuses du sexe chinoises, devions quitter le quartier, sans se pr&#233;occuper ni de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Arrestations arbitraires, harc&#232;lement verbal et physique, voire viols&#8230; &#192; Belleville, quartier de l'Est parisien, les travailleuses du sexe chinoises subissent d'incessantes violences polici&#232;res. Conditions de femmes migrantes et criminalisation de la prostitution s'entrecroisent ici sur un terrain propice &#224; l'impunit&#233; judiciaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3064 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH494/-1298-ff83b.jpg?1782666726' width='400' height='494' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; L&lt;/span&gt;&lt;i&gt;e 20 mai 2015, les policiers de Belleville nous ont annonc&#233; que nous, travailleuses du sexe chinoises, devions quitter le quartier, sans se pr&#233;occuper ni de l'endroit ni des conditions dans lesquelles nous irions vivre. Un an plus tard, nous sommes toujours l&#224;. &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;Ce mois-ci au moins 25 femmes ont &#233;t&#233; emmen&#233;es au poste pour contr&#244;le d'identit&#233;, au moins 13 d'entre elles ont &#233;t&#233; transf&#233;r&#233;es en centre de r&#233;tention, et 6 y sont encore aujourd'hui. Hier soir encore, autour de 21h, deux femmes ont &#233;t&#233; embarqu&#233;es, et ce matin, on a re&#231;u l'information d'une femme manquante. Ces arrestations sont presque quotidiennes.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Mesdames, messieurs, ouvrez les yeux : en face de vous se tient un groupe de femmes, un groupe n&#233; sous une mauvaise &#233;toile, mais un groupe de femmes fortes, courageuses, qui croient et s'accrochent &#224; leurs droits fondamentaux, qui pensent que lutter contre la violence et les discriminations ne se fait pas en les exer&#231;ant&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clare la pr&#233;sidente des Roses d'Acier, association des travailleuses du sexe (TdS) chinoises de Belleville, en juin 2016, &#224; l'occasion d'un rassemblement public &#224; leur initiative, relatif aux harc&#232;lements policiers dont elles sont la cible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent appel&#233;es les &#171; marcheuses &#187;, les TdS de Belleville sont quotidiennement en contact avec des forces de l'ordre qui affichent sans complexe leur hostilit&#233; vis-&#224;-vis de la prostitution. Dans un quartier gentrifi&#233; o&#249; les mairies d'arrondissement, plaidant pour la qui&#233;tude des riverains, entendent &#233;radiquer la prostitution, c'est toute une politique publique de r&#233;pression et de d&#233;ni de droits &#224; l'&#233;gard d'une cat&#233;gorie de la population qui est &#224; l'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Harc&#232;lement policier&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En France, jusqu'en avril 2016, la prostitution n'&#233;tait pas interdite, contrairement au racolage public &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La loi de p&#233;nalisation du client et l'abrogation du d&#233;lit de racolage public (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Autrement dit l'activit&#233; &#233;tait autoris&#233;e mais les moyens pour l'exercer ne l'&#233;taient pas : toute discussion de pr&#232;s ou de loin avec un homme pouvait &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un d&#233;lit. N&#233;anmoins, ces femmes sont aujourd'hui constamment perturb&#233;es dans leurs activit&#233;s. La seule pr&#233;sence de voitures et de patrouilles de la Brigade sp&#233;cialis&#233;e de terrain (BST) repr&#233;sente une menace pour les prostitu&#233;es du quartier, entravant leur libert&#233; de mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Qu'on ait des papiers ou non, &#224; la vue d'un policier dans un p&#233;rim&#232;tre de moins de 20 m&#232;tres, laquelle d'entre nous ne se mettrait pas &#224; courir ?,&lt;/i&gt; ajoute la repr&#233;sentante des TdS chinoises. C&lt;i&gt;ertaines pr&#233;f&#232;rent perdre leurs chaussures, ou abandonner leurs sacs de courses mais toutes, nous courons pour sauver notre vie. On ne peut que s'&#233;tonner : ici le gouvernement et les forces de l'ordre utilisent-ils la terreur comme une arme et une m&#233;thode contre le peuple ? Sur quels fondements l&#233;gislatifs ? La police ne devrait pas &#234;tre notre ennemie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si juin 2015 correspond &#224; un durcissement soudain des m&#233;thodes utilis&#233;es par les forces de l'ordre &#224; l'encontre des travailleuses du sexe, une vague de m&#233;contentement des &#171; marcheuses &#187; du quartier va cependant progressivement &#233;merger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleuses sociales du Lotus Bus, un programme de M&#233;decins du Monde de r&#233;duction des risques li&#233;s &#224; la prostitution &#224; l'attention des TdS chinoises, s'attellent dans un premier temps, en collaboration avec les Roses d'Acier, &#224; r&#233;colter les paroles de femmes du quartier. &#171; &lt;i&gt;Dimanche soir, 22 mai, 22h. J'&#233;tais &#224; Belleville, pr&#232;s du boulevard de la Villette, je marchais et un policier est venu me demander mes papiers,&lt;/i&gt; t&#233;moigne Lili, 50 ans.&lt;i&gt; Je les lui ai tendus, et il a sorti son portable pour me prendre en photo. Je ne voulais pas, alors il m'a attrap&#233;e par la manche pour m'emp&#234;cher de partir. Puis il m'a l&#226;ch&#233; et a d&#233;chir&#233; mes papiers. J'ai repris la marche vers chez moi, mais j'ai &#224; peine fait quelques m&#232;tres qu'il m'a cri&#233; apr&#232;s, m'a rattrap&#233;e et m'a bloqu&#233; le passage en me demandant &#224; nouveau &#8220;papiers''. Un passant est finalement intervenu, sinon, il aurait continu&#233; &#224; me harceler.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;thodes de (r&#233;)pression et d'humiliation employ&#233;es sont en effet diverses : insultes (essentiellement &#171; pute &#187;) prof&#233;r&#233;es en chinois, contr&#244;les d'identit&#233; multijournaliers, photocopies de pi&#232;ces d'identit&#233; d&#233;chir&#233;es, photos prises sans leur consentement, violences verbales et physiques. S'y ajoutent des descentes r&#233;guli&#232;res de la Brigade de r&#233;pression du prox&#233;n&#233;tisme (BRP) dans les appartements de travail, et des confiscations de biens et d'argent sans remise de proc&#232;s-verbaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces op&#233;rations sont men&#233;es au nom de la lutte contre le &#171; syst&#232;me prostitutionnel &#187;, mais surtout pour chasser, par l'oppression et la peur, les TdS chinoises de l'espace public &#224; Belleville. &#171; &lt;i&gt;On est en permanence expos&#233;es &#224; des pressions, des violences. Il y a les clients et maintenant il y a la police&lt;/i&gt;, poursuit Lili.&lt;i&gt; On essaye d'ouvrir le dialogue mais notre voix n'est pas entendue. On cherche par nous-m&#234;mes des mani&#232;res de continuer &#224; vivre, mais en face on veut nous &#244;ter le droit de vivre, et si ce n'est pas &#224; Belleville, ce sera ailleurs&lt;/i&gt; &#187;, explique pour sa part une membre des Roses d'Acier.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Les contreparties du m&#233;tier &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les travailleuses du sexe d&#233;cident d&#232;s lors de s'organiser pour se d&#233;fendre : en cas de d&#233;tresse, elles n'appellent g&#233;n&#233;ralement pas le 17 mais s'envoient des signaux d'alarme &#8211; notamment via les r&#233;seaux sociaux &#8211; pour se pr&#233;munir de la police et des clients violents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, dans un cas suivi par le Lotus Bus &#8211; une affaire parmi d'autres mais la seule dont les preuves ont permis l'identification de l'agresseur &#8211; un policier est d&#233;nonc&#233; par une TdS chinoise. Car apr&#232;s s'&#234;tre pr&#233;sent&#233; comme un client classique, et une fois la &#171; transaction &#187; effectu&#233;e, ce dernier refuse de payer, la mena&#231;ant de l'embarquer si elle le d&#233;nonce. La combine fonctionnant, l'agent de police aurait r&#233;cidiv&#233; et commis des viols &#224; r&#233;p&#233;tition. Apr&#232;s le d&#233;p&#244;t de plainte de Mme X, deux enqu&#234;tes sont ouvertes par l'IGPN, la police des polices : une administrative et une judiciaire. Le Lotus Bus est contact&#233; pour les aider &#224; glaner des preuves contre le suspect qui s&#233;vissait aussi en salon de massage sur au moins une autre TdS chinoise. D'apr&#232;s un fonctionnaire de police de l'IGPN, le policier usait d'une m&#233;thode &#171; courante &#187; : &#171; &lt;i&gt;celle de se servir de son badge comme d'une carte bleue&lt;/i&gt; &#187;... Quant &#224; l'affaire, elle sera finalement class&#233;e en raison d'un manque de preuves contre le violeur, le t&#233;moignage circonstanci&#233; d'une femme chinoise prostitu&#233;e et sans papiers n'&#233;tant pas consid&#233;r&#233; comme une preuve suffisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que les &#171; marcheuses &#187; cumulent : racisme g&#233;n&#233;ralis&#233; envers les Chinois dont t&#233;moignent les rassemblements en r&#233;gion parisienne de septembre 2016 &lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les migrants chinois et le mouvement antiraciste : un rendez-vous manqu&#233; ? (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, r&#233;pression envers les sans-papiers et criminalisation juridique de la prostitution. D'autres femmes assurent pour leur part avoir d&#233;j&#224; re&#231;u des clients usant d'un badge de la police pour les intimider afin de ne pas payer la passe, mais aucune, m&#234;me parmi les plus engag&#233;es, n'a voulu porter plainte par crainte de repr&#233;sailles. Certaines t&#233;moignent d'une incertitude sur l'identit&#233; de l'agresseur, d&#233;montrant par l&#224; m&#234;me que certains clients exploiteraient la vuln&#233;rabilit&#233; et la peur des femmes face &#224; la police en se faisant passer pour des flics pour les violer, s'offrant ainsi une part d'impunit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une pratique qui illustre le &lt;i&gt;continuum&lt;/i&gt; des violences polici&#232;res sur les TdS chinoises : harc&#232;lement constant qui entretient les femmes dans la peur du viol par des flics, ou par d'autres personnes se faisant passer pour tels, avec menace de repr&#233;sailles si elles portent plainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines affaires de viol retentissent dans les m&#233;dias comme si ce n'&#233;tait que des &#233;v&#233;nements isol&#233;s et exceptionnels. Or, lorsqu'apr&#232;s le rendez-vous &#224; l'IGPN, &#224; la recherche d'autres victimes potentielles du flic violeur de Mme X, les travailleuses sociales du Lotus Bus demandent : &#171; &lt;i&gt;Qui a d&#233;j&#224; d&#251; le faire gratuit avec un flic ?&lt;/i&gt; &#187;, plus de la moiti&#233; des femmes pr&#233;sentes r&#233;pond par l'affirmative. Les harc&#232;lements quotidiens, les humiliations en paroles ou en actes, les arrestations arbitraires des forces de l'ordre, le d&#233;ni de la libert&#233; de circulation dans l'espace public aux TdS migrantes, pourtant th&#233;oriquement reconnue &#224; toute personne sur le territoire titulaire d'un titre de s&#233;jour ou non, conduisent progressivement &#224; une d&#233;valorisation de ce qu'elles sont. &#192; tel point que les viols sont malheureusement d&#233;crits par ces femmes comme &#171; les contreparties du m&#233;tier &#187; qu'elles se d&#233;p&#234;chent d'oublier...&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;A&#235;l Thierry&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Remerciements &#224; Sarah-Marie Maffesoli, juriste, fervente d&#233;fenseuse des droits des TdS.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La loi de p&#233;nalisation du client et l'abrogation du d&#233;lit de racolage public datent d'avril 2016. Et s'accompagnent d'un &#171; volet social de sortie de la prostitution &#187; dont les conditions n'ont pas encore &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://www.contretemps.eu/migrants-chinois-racisme-antiracisme/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les migrants chinois et le mouvement antiraciste : un rendez-vous manqu&#233; ?&lt;/a&gt; &#187;, Ya-Han Chuang, &lt;i&gt;Contretemps&lt;/i&gt;, 3 septembre 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>R&#233;volt&#233;es du logis</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Revoltees-du-logis</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathilde Bl&#233;zat</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Histoire lacunaire des luttes des travailleuses domestiques en Bolivie. Des syndicats de base aux ondes radiophoniques. &#171; Il me disait toujours : &#8220;Tu fais partie de la famille&#8221;. &#192; 17 ans, j'ai commenc&#233; &#224; le questionner : &#8220;Si je fais partie de la famille, pourquoi est-ce que je mange &#224; la cuisine ? Pourquoi suis-je tous les jours la premi&#232;re lev&#233;e et la derni&#232;re couch&#233;e ?&#8221; &#187;, raconte Yolanda Mamani, ancienne travailleuse domestique en Bolivie, dans le documentaire Boconas . Dans le giron (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no149-decembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;149 (d&#233;cembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/domestique" rel="tag"&gt;domestique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Histoire lacunaire des luttes des travailleuses domestiques en Bolivie. &lt;br class='manualbr' /&gt;Des syndicats de base aux ondes radiophoniques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1780 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH225/-93-9ba2b.jpg?1782666726' width='400' height='225' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo tir&#233;e du film &#034;Boconas&#034;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il me disait toujours : &#8220;Tu fais partie de la famille&#8221;. &#192; 17 ans, j'ai commenc&#233; &#224; le questionner : &#8220;Si je fais partie de la famille, pourquoi est-ce que je mange &#224; la cuisine ? Pourquoi suis-je tous les jours la premi&#232;re lev&#233;e et la derni&#232;re couch&#233;e ?&lt;/i&gt;&#8221; &#187;, raconte Yolanda Mamani, ancienne travailleuse domestique en Bolivie, dans le documentaire Boconas &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Documentaire sur l'&#233;mission de radio que fabriquent Yolanda et ses camarades (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Dans le giron du foyer, enlac&#233;e par les fourneaux, la bonne &#233;touffe. &#171; &lt;i&gt;Alors il m'a jet&#233;e &#224; la rue vers les 1h du matin. Je ne savais pas o&#249; aller, je n'avais pas d'argent puisqu'il me payait tr&#232;s peu.&lt;/i&gt; &#187; Un t&#233;moignage qui r&#233;sonne avec celui d'Azima&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pr&#233;nom modifi&#233; &#224; la demande de l'int&#233;ress&#233;e.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, rencontr&#233;e &#224; Paris il y a quelques ann&#233;es : &#171; &lt;i&gt;Elle m'ordonnait de l'appeler &#8220;Maman&#8221;&lt;/i&gt;. &#187; Elle se bat alors contre ses anciens patrons, chez qui elle &#233;tait domestique &#8211; esclave en r&#233;alit&#233;. Embarqu&#233;e vers la France gr&#226;ce au visa de &#171; personnel de maison accompagnant son employeur fran&#231;ais ou &#233;tranger &#187; g&#233;n&#233;reusement accord&#233; par les autorit&#233;s aux dignitaires en visite, Azima restera six ans &#224; leur service 7 jours sur 7, &#224; Paris notamment, sans toucher aucun salaire. Dans le giron du foyer, tendrement c&#226;lin&#233;e, est blottie l'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moult &#233;tudes le montrent, l'entr&#233;e massive des femmes dans le salariat en France (et ailleurs) ne s'est quasiment pas accompagn&#233;e d'une remise en cause de la division genr&#233;e du travail domestique. Celles qui s'en affranchissent le font en employant d'autres femmes &#8211; plus pauvres et majoritairement racis&#233;es. Le foyer a toujours besoin d'une bonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paniers contre soie&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Il est un pays o&#249; les travailleuses domestiques ont la lutte particuli&#232;rement aff&#251;t&#233;e : la Bolivie. Estim&#233;es &#224; 137 000 (17% de la main-d'&#339;uvre f&#233;minine du pays) en 2001, ces femmes &#8211; en tr&#232;s large majorit&#233; des Am&#233;rindiennes qui ont migr&#233; des campagnes vers les villes &#8211; s'organisent depuis belle lurette en syndicats de base. Forme de syndicalisme autonome irrigu&#233; d'id&#233;es anarchistes, un syndicat de base s'organise autour d'une profession et non au sein d'une entreprise, dans des secteurs o&#249; les employ&#233;.e.s sont particuli&#232;rement isol&#233;.e.s (restauration, nettoyage, emplois &#224; domicile). Les d&#233;cisions y sont prises en assembl&#233;es, souvent au consensus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1935, &#224; La Paz, des &lt;i&gt;culinarias&lt;/i&gt; (travailleuses des cuisines) manifestent et occupent la mairie. Elles protestent contre l'interdiction de prendre le tramway, suite aux lamentations des dames de la haute bourgeoisie contre ces &lt;i&gt;cholas&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Terme familier, parfois p&#233;joratif, utilis&#233; pour faire r&#233;f&#233;rence aux femmes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; qui &#233;corchent leurs robes en soie et leurs bas avec leurs volumineux paniers remplis des denr&#233;es afin de cuisiner pour ces m&#234;mes dames... N'ayant ni temps libre ni local &#224; disposition, les &lt;i&gt;culinarias&lt;/i&gt; tiennent assembl&#233;e au march&#233;, jusqu'&#224; ce que les soldats les chassent, puis elles cr&#233;ent le premier syndicat de base des travailleuses domestiques de Bolivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur victoire dans la lutte pour l'acc&#232;s au tram attire d'autres femmes des classes populaires et am&#233;rindiennes de la capitale, en particulier les vendeuses de fleurs et de l&#233;gumes, qui forment &#224; leur tour leurs syndicats de base. Pendant une vingtaine d'ann&#233;es, le syndicat des &lt;i&gt;culinarias&lt;/i&gt; m&#232;ne toute une s&#233;rie de luttes contre les discriminations et l'exploitation, obtient l'acc&#232;s &#224; des cr&#232;ches gratuites pour leurs enfants. Il revendique aussi le droit au repos dominical et &#224; la journ&#233;e de 8 heures &#8211; qui n'est toujours pas acquise aujourd'hui. Les &lt;i&gt;culinarias&lt;/i&gt;, avec les vendeuses de fleurs et de l&#233;gumes, constituent alors l'avant-garde de l'anarcho-syndicalisme en Bolivie. Elles permettent la renaissance de deux f&#233;d&#233;rations en d&#233;clin apr&#232;s la guerre du Chaco (1932-35) &lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Guerre qui opposa le Paraguay &#224; la Bolivie, li&#233;e &#224; l'absence d'acc&#232;s c&#244;tier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; : la FOL (&lt;i&gt;Federaci&#243;n Obrera Local&lt;/i&gt;), cr&#233;&#233;e en 1927 et constitu&#233;e de syndicats de base de ma&#231;ons, charpentiers, couturi&#232;res, laiti&#232;res, enfants vendeurs de journaux, contrebandiers, etc., et la FOF (&lt;i&gt;Federaci&#243;n Obrera Femenina&lt;/i&gt;), qui r&#233;unit les syndicats de femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Retrouver la communaut&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Apr&#232;s une p&#233;riode difficile, les luttes des travailleuses domestiques ressurgissent dans les ann&#233;es 1980. En mai 1984 est cr&#233;&#233; le premier syndicat de base des &lt;i&gt;Trabajadoras asalariadas del hogar&lt;/i&gt; (Travailleuses salari&#233;es du foyer), d&#233;nomination actuelle des &lt;i&gt;culinarias&lt;/i&gt;, &#224; Sopocachi, un quartier de La Paz. Progressivement, d'autres syndicats locaux sont lanc&#233;s un peu partout. Ils se rassemblent en 1993 dans la Fenatrahob, la F&#233;d&#233;ration nationale des travailleuses domestiques de Bolivie. Le film &lt;i&gt;Boconas&lt;/i&gt; montre &#224; quel point le syndicat est un lieu phare qui permet &#224; ces femmes migrantes de &#171; &lt;i&gt;retrouver la communaut&#233;&lt;/i&gt; &#187; et de transformer les v&#233;cus communs d'oppression en lutte, elles qui vivent isol&#233;es sur leur lieu de travail et n'ont rarement plus que quelques heures de temps libre le dimanche. Interstices dominicaux qu'elles consacrent secr&#232;tement au syndicat, que ce soit pour r&#233;diger des tracts, organiser des manifs, ou se former dans des ateliers d'alphab&#233;tisation ou de couture. Dans &lt;i&gt;Boconas&lt;/i&gt;, Victoria Mamani raconte qu'elle y est all&#233;e &#171; &lt;i&gt;pour prendre des cours de couture. Mais en fait, &#231;a ne s'est pas pass&#233; comme &#231;a ! Ce qui m'a plus int&#233;ress&#233;, c'est la vie politique et syndicale, travailler sur la r&#233;daction d'un projet de loi, lutter pour que cette loi soit d&#233;battue au Parlement&#8230; Nous avons &#233;t&#233; les premi&#232;res &#224; manifester Plaza Murillo&lt;/i&gt; [devant le Parlement], &lt;i&gt;c'&#233;tait interdit. Ils ont essay&#233; de nous virer de la place, on r&#233;sistait. Je me suis pris plein de gaz lacrymog&#232;nes, et ma t&#234;te s'est retrouv&#233;e dans le journal. Et l&#224;, mes patrons ont tout d&#233;couvert !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2003, apr&#232;s une d&#233;cennie de luttes intenses, les syndiqu&#233;es arrachent le vote historique d'une loi de r&#233;gulation du secteur : leur travail est enfin reconnu juridiquement et elles acqui&#232;rent des droits concomitants, notamment le salaire minimum. Les d&#233;bats autour du vote de cette loi mettent &#224; jour l'ampleur du m&#233;pris social, racial et sexiste &#224; l'encontre de ces femmes, ainsi que la permanence de l'h&#233;ritage colonial et esclavagiste, avec ses patron.ne.s arrim&#233;.e.s au privil&#232;ge d'avoir des servantes am&#233;rindiennes dociles et corv&#233;ables &#224; merci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les voix de la dignit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Reste un important combat &#224; mener pour faire appliquer cette loi, et pour obtenir un droit &#224; la sant&#233;. Des employeurs sont tra&#238;n&#233;s devant les tribunaux pour impay&#233;s, privation de temps libre et de sortie, interdiction d'&#233;tudier ou de se syndiquer, violences physiques, verbales, sexuelles, etc. Mais il faut aussi informer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2009, le collectif anarcha-f&#233;ministe &lt;i&gt;Mujeres creando&lt;/i&gt; propose un atelier de formation aux techniques de la radio aux travailleuses domestiques du syndicat de base de Sopocachi. &lt;i&gt;La Virgen de los Deseos&lt;/i&gt;, le centre social autog&#233;r&#233; de &lt;i&gt;Mujeres creando&lt;/i&gt;, abrite, entre autres, Radio Deseo &lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;radiodeseo.com]&gt;.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, l'unique radio f&#233;ministe du pays. Six mois plus tard, les participantes &#224; l'atelier lancent leur &#233;mission, intitul&#233;e &#171; &lt;i&gt;Soy Trabajadora del Hogar, con Orgullo y Dignidad&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Je suis travailleuse domestique, avec orgueil et dignit&#233; &#187;.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &#187;. Pendant une heure, tous les jours depuis sept ans, l'antenne est tenue par Yolanda et Victoria Mamani, Antonia Cuni, Emiliana Quispe &#8211; une dizaine en tout &#8211; qui peu &#224; peu ont quitt&#233; leur emploi de travailleuse domestique, commenc&#233; des &#233;tudes et trouv&#233; d'autres boulots. Elles g&#232;rent tout, de la technique &#224; l'animation en passant par les reportages, les enqu&#234;tes et les interviews. La radio est un m&#233;dia tr&#232;s populaire en Bolivie ; alors, elles font de cette &#233;mission un outil de lutte, de politisation, de diffusion des droits des travailleuses, ainsi qu'un espace d'&#233;changes de v&#233;cus d'exploitation, mais aussi de r&#234;ves, de r&#233;ussites et de savoirs. Elles revendiquent la l&#233;gitimit&#233; &#224; consacrer une partie de l'&#233;mission aux informations, pr&#233;cisant que : &#171; &lt;i&gt;Nous ne sommes pas journalistes, mais nous savons faire les infos &#224; notre style&lt;/i&gt;. &#187; Elles ont aussi un blog sur lequel elles publient tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement des analyses, des &#233;ditos, des recettes culinaires et m&#233;dicinales am&#233;rindiennes &lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;https://soytrabajadoradelhogar.blog...]&gt;.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sans patron ni patronne&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Yolanda Mamani, l'une des pr&#233;sentatrices phares de l'&#233;mission, a une longue histoire de lutte derri&#232;re elle. Elle quitte son village &#224; 9 ans pour partir en vacances &#224; La Paz, h&#233;berg&#233;e chez une tante. Au lieu d'y apprendre le castillan et d'y d&#233;couvrir la ville, le plan initial propos&#233; par son p&#232;re, elle se retrouve enferm&#233;e &#224; s'occuper de sa ni&#232;ce et de la maison, alors que sa tante est employ&#233;e comme domestique chez d'autres. &#192; 11 ans, elle s'enfuit, sans un sou. &#171; &lt;i&gt;J'&#233;tais habitu&#233;e &#224; des espaces plus libres, &#224; marcher partout, &#224; me baigner dans la rivi&#232;re&lt;/i&gt; &#187;, explique-t-elle dans &lt;i&gt;Boconas&lt;/i&gt;. Elle trouve rapidement un emploi dans une maison. L&#224;, celle &#171; &lt;i&gt;qui fait partie de la famille&lt;/i&gt; &#187; persiste &#224; se v&#234;tir de &lt;i&gt;polleras&lt;/i&gt;, les jupes que portent les femmes aymaras &#8211; des jupes marqu&#233;es du stigmate du m&#233;pris, sauf quand il s'agit de c&#233;l&#233;brer le folklore andin. Puis vient l'engagement syndical : &#171; &lt;i&gt;&#199;a, c'&#233;tait un grand probl&#232;me pour mon employeur, parce que j'ai commenc&#233; &#224; r&#233;clamer mes droits. Quand tu vis sur ton lieu de travail, tu n'as pas de libert&#233;. Tu es enferm&#233;e 24h sur 24, tu ne peux pas penser &#224; toi. L'employeur te rappelle constamment &#224; tes obligations. Tu n'as pas de vie sociale. Tu n'as m&#234;me pas le droit de tomber amoureuse, parce que tu es enferm&#233;e entre quatre murs. Tu n'as personne &#224; qui parler, ton cercle social se limite &#224; l'employeur, l'employeuse et les enfants des employeurs.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Chaque fois, j'&#233;tais plus rebelle, plus&lt;/i&gt; bocona [grande gueule] &lt;i&gt;comme il m'appelait. Mais si je n'avais pas &#233;t&#233; une&lt;/i&gt; bocona, &lt;i&gt;je n'aurais pas &#233;tudi&#233;, je ne me serais pas battue, enfuie, rien. Parfois, on te traite de&lt;/i&gt; bocona &lt;i&gt;pour te faire taire, pour pas que tu leur r&#233;pondes, pour que tu baisses la t&#234;te.&lt;/i&gt; &#187; Aujourd'hui, en plus de l'&#233;mission de radio, Yola est membre d'une coop&#233;rative de services &#224; domicile (nettoyage, garde d'enfants, etc.) qui se nomme joyeusement &lt;i&gt;Sin patr&#243;n Ni patrona&lt;/i&gt; [Sans patron ni patronne] et &#233;tudie la sociologie &#224; la fac. &#171; &lt;i&gt;Parfois, je parle &#224; mes parents de&lt;/i&gt; Mujeres creando, &lt;i&gt;les actions f&#233;ministes et tout. Ils me disent : &#8220;Elles sont &#224; moiti&#233; folles, non ?&#8221; Je r&#233;ponds : &#8220;Mais oui papa, parce que si on est folles, on peut faire plein de belles choses.&lt;/i&gt;&#8221; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Documentaire sur l'&#233;mission de radio que fabriquent Yolanda et ses camarades &#224; la Paz et sur les conditions de travail des domestiques. R&#233;alis&#233; en 2016 par Leonor Jim&#233;nez, Montse Clos et Sof&#237;a Fern&#225;ndez, du collectif espagnol &lt;i&gt;La Mirada Invertida&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pr&#233;nom modifi&#233; &#224; la demande de l'int&#233;ress&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Terme familier, parfois p&#233;joratif, utilis&#233; pour faire r&#233;f&#233;rence aux femmes indig&#232;nes aymaras originaires des montagnes. Il est aussi utilis&#233; par ces femmes elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Guerre qui opposa le Paraguay &#224; la Bolivie, li&#233;e &#224; l'absence d'acc&#232;s c&#244;tier de la Bolivie, et &#224; la d&#233;couverte de p&#233;trole dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;span class='ressource'&gt;&lt;[radiodeseo.com-&gt;&lt;/span&gt;
radiodeseo.com]&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Je suis travailleuse domestique, avec orgueil et dignit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;span class='ressource'&gt;&lt;[soytrabajadoradelhogar.blogspot.fr-&gt;&lt;/span&gt;
&lt;a href=&#034;https://soytrabajadoradelhogar.blogspot.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://soytrabajadoradelhogar.blog...&lt;/a&gt;]&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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