<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=3150&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1768648935</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Leurs corps, leurs choix</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Leurs-corps-leurs-choix</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Leurs-corps-leurs-choix</guid>
		<dc:date>2019-11-25T08:19:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile Kiefer</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Pole Ka</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>femmes</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>Alors</dc:subject>
		<dc:subject>qu'on</dc:subject>
		<dc:subject>m'a</dc:subject>
		<dc:subject>femme</dc:subject>
		<dc:subject>avorter</dc:subject>
		<dc:subject>avortement</dc:subject>
		<dc:subject>Lola</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Un enfant, si je veux, quand je veux &#187;, scandaient les f&#233;ministes des ann&#233;es 1970, mettant au centre du combat la libert&#233; de disposer de son corps. C'est dans cet h&#233;ritage que s'inscrit l'excellent documentaire Si je veux, quand je veux. Une dizaine de femmes y t&#233;moignent de leur parcours d'IVG. En couple ou c&#233;libataire, avec ou sans contraception, Sarah, Sigrid, Elsa ou encore Lola ont connu un avortement, comme une femme sur trois en France. Elles en t&#233;moignent, face cam&#233;ra, dans des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no178-juillet-aout-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;178 (juillet-ao&#251;t 2019)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pole-Ka" rel="tag"&gt;Pole Ka&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Alors" rel="tag"&gt;Alors&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-on" rel="tag"&gt;qu'on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/m-a" rel="tag"&gt;m'a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femme" rel="tag"&gt;femme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/avorter" rel="tag"&gt;avorter&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/avortement" rel="tag"&gt;avortement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lola" rel="tag"&gt;Lola&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Un enfant, si je veux, quand je veux&lt;/i&gt; &#187;, scandaient les f&#233;ministes des ann&#233;es 1970, mettant au centre du combat la libert&#233; de disposer de son corps. C'est dans cet h&#233;ritage que s'inscrit l'excellent documentaire &lt;i&gt;Si je veux, quand je veux&lt;/i&gt;. Une dizaine de femmes y t&#233;moignent de leur parcours d'IVG.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3137 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH479/-1364-c6bb8.jpg?1768651960' width='400' height='479' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Pole Ka
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;n couple ou c&#233;libataire, avec ou sans contraception, Sarah, Sigrid, Elsa ou encore Lola ont connu un avortement, comme une femme sur trois en France. Elles en t&#233;moignent, face cam&#233;ra, dans des squares, des jardins. Un cadre rassurant, agr&#233;able, mais surtout public. Car &#224; travers ce film, il s'agit bien de lib&#233;rer une parole trop souvent honteuse et caricatur&#233;e : l'avortement est encore consid&#233;r&#233; comme une abomination, qui g&#233;n&#232;re un traumatisme irr&#233;m&#233;diable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprendre concr&#232;tement comment se passe un avortement, y compris techniquement, dire les douleurs et les questionnements qu'il peut engendrer : voil&#224; l'enjeu des 72 minutes de &lt;i&gt;Si je veux, quand je veux&lt;/i&gt;, documentaire de Susana Arbizu, Nicolas Drouet, Henri Belin et Micka&#235;l Foucault (sorti en salles au mois de mars). Un film qui permet de sortir des fantasmes et de les confronter &#224; la r&#233;alit&#233; pour d&#233;fendre ce droit qui pourrait, un jour, ne plus en &#234;tre un.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le test est positif&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sans jamais taire les doutes, la violence d'un avortement surm&#233;dicalis&#233;, la culpabilit&#233; ou la douleur physique li&#233;es &#224; une IVG, ces femmes t&#233;moignent sans regret et assument leur d&#233;cision : ces grossesses &#233;taient accidentelles, le choix d'avorter &#233;tait clair. Certaines n'&#233;taient simplement pas pr&#234;tes &#224; avoir un enfant : &#171; &lt;i&gt;J'&#233;tais jeune et pas pr&#234;te du tout &#224; bouleverser ma vie. J'ai d&#233;cid&#233; d'avorter toute seule, alors que j'&#233;tais en couple. Personne ne peut m'imposer une telle d&#233;cision&lt;/i&gt; &#187;, explique une de ces femmes. Une autre est tomb&#233;e enceinte malgr&#233; son st&#233;rilet, d'autres encore ont avort&#233; plusieurs fois. L'une est si fertile que le moindre &#233;cart signifiait une f&#233;condation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me quand la grossesse n'est pas d&#233;sir&#233;e, la d&#233;cision d'avorter peut rester difficile &#224; prendre, surtout quand le corps m&#233;dical rajoute une couche de culpabilit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Ma gyn&#233;cologue tentait de me faire reculer par rapport &#224; mon choix d'avorter, &lt;/i&gt;se souvient l'une des t&#233;moins.&lt;i&gt; Je me suis alors tourn&#233;e vers le Planning familial.&lt;/i&gt; &#187; Il y a aussi la pression sociale : &#171; &lt;i&gt;Je me disais que j'avais merd&#233; et certaines de mes copines me conseillaient de ne pas avorter parce qu'&#224; mon &#226;ge, &#231;a ne se reproduirait peut-&#234;tre plus. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui ressort surtout, c'est le manque d'information : &#171; &lt;i&gt;On m'a donn&#233; un rendez-vous apr&#232;s la date limite pour avorter,&lt;/i&gt; explique une autre intervenante. &lt;i&gt;J'avais pris deux semaines pour r&#233;fl&#233;chir et on ne m'avait absolument pas pr&#233;venue que les d&#233;lais &#233;taient si serr&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Lorsqu'on d&#233;sire interrompre sa grossesse, comprendre la marche &#224; suivre n'est pas si ais&#233;. Elsa raconte qu'on ne lui a m&#234;me pas expliqu&#233; qu'il existait diff&#233;rentes techniques pour avorter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus en plus de centres d'IVG ferment, si bien qu'il faut parfois attendre plusieurs semaines pour un rendez-vous &#224; l'h&#244;pital &#8211; d&#233;lai interminable lorsqu'on ne veut clairement pas d'une grossesse. De m&#234;me, les Plannings familiaux sont trop peu nombreux et cantonn&#233;s aux grandes villes. Bref, avorter, m&#234;me quand la d&#233;cision est prise et assum&#233;e, est souvent un parcours du combattant.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mettre des mots&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avorter, c'est d'abord rentrer dans un univers m&#233;dicalis&#233;, o&#249; le discours des professionnels peut se r&#233;v&#233;ler extr&#234;mement maladroit. Lors de son &#233;chographie, le m&#233;decin de Lola lui a balanc&#233; : &#171; &lt;i&gt;Dites donc, c'est un beau d&#233;but de grossesse. &#187;&lt;/i&gt; Il savait pertinemment qu'elle &#233;tait l&#224; pour avorter...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A contrario&lt;/i&gt;, une femme t&#233;moigne de l'accueil bienveillant d'un m&#233;decin parisien : &#171; &lt;i&gt;Il m'a expliqu&#233; en d&#233;tail la proc&#233;dure. Comme j'avais un st&#233;rilet, je ne pouvais pas prendre les m&#233;dicaments, je devais passer par l'aspiration. &#187;&lt;/i&gt; On lui a laiss&#233; le choix de l'anesth&#233;sie, locale ou g&#233;n&#233;rale : &#171; &lt;i&gt;En local, on anesth&#233;sie le col avec quatre piq&#251;res, et on aspire l'embryon. L'ut&#233;rus a alors le r&#233;flexe de se contracter. C'est &#224; ce moment-l&#224; qu'on ressent une forte contraction.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des mots clairs, nets et pr&#233;cis qui permettent de comprendre ce qui va se passer ; c'est aussi ce qui a rassur&#233; cette autre femme lors de son avortement m&#233;dicamenteux : &#171; &lt;i&gt;Le m&#233;decin a choisi des mots neutres pour m'expliquer la proc&#233;dure. &#199;a m'a fait du bien : la premi&#232;re pilule sera pour stopper la nutrition, la deuxi&#232;me sera celle v&#233;ritablement abortive. Il m'a ensuite parl&#233; de la douleur, sans la nier, la comparant &#224; des r&#232;gles tr&#232;s douloureuses. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le corps m&#233;dical peut aussi commettre de lourdes fautes. Une des intervenantes se rappelle son op&#233;ration en anesth&#233;sie locale : &#171; &lt;i&gt;Mon avortement se passe plut&#244;t bien. Mais au bout de quelques jours, j'ai l'impression qu'il y a quelque chose qui ne s'est pas pass&#233;. Je refais une &#233;chographie &#224; mes frais. Effectivement, il en restait... J'ai d&#251; subir un second avortement deux semaines apr&#232;s le premier.&lt;/i&gt; &#187; Lola, elle, relate son s&#233;jour &#224; l'h&#244;pital : &#171; &lt;i&gt;Je prends les cachets et on me donne une couche pour r&#233;ceptionner &#8220;l'&#339;uf&#8221;, comme ils ont dit. Au bout de deux heures, je commence &#224; me sentir tr&#232;s mal et je comprends que &#231;a va &#234;tre beaucoup plus sale que ce qu'on m'a expliqu&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Elle raconte avoir perdu beaucoup de sang, puis poursuit : &#171; &lt;i&gt;En r&#233;alit&#233;, on expulse pas mal de muqueuse. Le petit nid qui s'est form&#233; est beaucoup plus cons&#233;quent que ce que j'imaginais. C'est de la chair, c'est pas romantique. Il faut le dire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'IVG peut &#234;tre v&#233;cue de mille mani&#232;res. Apr&#232;s coup, Sarah a ressenti un profond soulagement. D'autres ont ressenti ce moment comme une simple op&#233;ration. Mais un avortement, m&#234;me bien encaiss&#233;, reste &#233;prouvant : &#171; &lt;i&gt;J'avais pas envie de rentrer chez moi. J'ai err&#233; dans un Bricorama pendant une heure... &#187;&lt;/i&gt;, se souvient une intervenante. Pour Lola, le contrecoup a &#233;t&#233; plus tardif : &#171; &lt;i&gt;Le mois d'apr&#232;s, &lt;/i&gt;[...] &lt;i&gt;j'arr&#234;tais pas de pleurer. Il se passait quelque chose d'absurde dans mon corps. Je n'arrivais m&#234;me plus &#224; me doucher.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Chasser la honte&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers les t&#233;moignages de ces femmes, ce documentaire d&#233;mystifie l'avortement &#8211; parce qu'il en parle. Simplement et intimement. Avec des d&#233;tails, du tangible, du concret. De quoi chasser le sentiment de honte qui accompagne encore l'IVG : &#171; &lt;i&gt;C'est pas quelque chose qu'on peut assumer, alors que &#231;a concerne les trois quarts des filles,&lt;/i&gt; remarque Sarah. &lt;i&gt;Au boulot, une coll&#232;gue pr&#233;f&#233;rera dire, si elle est souffrante, qu'elle a des r&#232;gles douloureuses, plut&#244;t que de dire qu'elle vient de se faire avorter.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une des s&#233;quences d'archives qui ponctuent le documentaire, une militante f&#233;ministe rappelle que &#171; &lt;i&gt;l'IVG est bien souvent un d&#233;bat d'hommes&lt;/i&gt; &#187;, alors qu'il devrait &#234;tre port&#233; par les premi&#232;res concern&#233;es, celles qui le vivent dans leur chair. Ces voix de femmes, ces images des manifestations massives conduites par le Mouvement de lib&#233;ration des femmes (MLF) dans les ann&#233;es 1970 viennent aussi rappeler que l'avortement surm&#233;dicalis&#233; maintient les femmes dans une certaine ali&#233;nation. Pour certaines de ces militantes, la loi l&#233;galisant l'avortement a eu des effets pervers : &#171; &lt;i&gt;Je vois pas bien ce qu'on a gagn&#233; quand je vois cette femme en habit d'h&#244;pital, sur un fauteuil roulant, attendre, seule, de se faire avorter.&lt;/i&gt; &#187; En somme, il y a eu perte d'une certaine autonomie : &#171; &lt;i&gt;Il faut qu'on continue &#224; le pratiquer en dehors de l'h&#244;pital.&lt;/i&gt; &#187; Au moment de sa l&#233;galisation, l'IVG a &#233;t&#233; pens&#233;e comme une mesure de sant&#233; publique n&#233;cessaire face au nombre important de femmes qui d&#233;c&#233;daient des suites d'avortements clandestins. En contrepartie, les femmes ont d&#251; accepter la m&#233;dicalisation de l'acte. Si elle a sauv&#233; de nombreuses vies, la loi Veil a aussi mis un terme &#224; toute une dynamique de transmission d'un savoir m&#233;dical populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste que le nerf de la guerre pour d&#233;fendre ce droit &#224; l'IVG, c'est bien de raconter, de poser des mots, d'informer. &lt;i&gt;Si je veux, quand je veux&lt;/i&gt; en est la parfaite illustration. &#171; &lt;i&gt;Ce droit, on risque de le perdre &#224; l'or&#233;e d'une crise sociale importante ou d'un repli sur des valeurs nationalistes, &lt;/i&gt;rappelle une des protagonistes. [...] &lt;i&gt;On doit le d&#233;fendre comme quelque chose qui peut &#234;tre v&#233;cu par n'importe quelle femme.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;C&#233;cile Kiefer&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Deuil : Lola, le crabe et les perdants magnifiques</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Deuil-Lola-le-crabe-et-les</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Deuil-Lola-le-crabe-et-les</guid>
		<dc:date>2014-12-29T03:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Maliet</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Toulouse</dc:subject>
		<dc:subject>guerre</dc:subject>
		<dc:subject>octobre</dc:subject>
		<dc:subject>parents</dc:subject>
		<dc:subject>mort</dc:subject>
		<dc:subject>Lola</dc:subject>
		<dc:subject>parfois</dc:subject>
		<dc:subject>l'h&#244;pital Purpan</dc:subject>
		<dc:subject>Lola demandait</dc:subject>
		<dc:subject>Lola puisse</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Octobre&#8200;2012,&#8200;Toulouse. Le neurochirurgien de l'h&#244;pital Purpan a &#233;t&#233; tr&#232;s ferme, sans y mettre les formes : il n'est pas question d'op&#233;rer. La saloperie de gliome de grade 3 qui a pris racine dans la petite t&#234;te blonde de Lola est mal plac&#233;e. Et trop grosse d&#233;j&#224;. Mais plus gros encore sont le courage, l'&#233;nergie, et la force dont Lola et ses parents&#8200;&#8211;&#8200;ainsi que leur fils cadet, alors polichinelle dans le tiroir maternel&#8200;&#8211;&#8200;feront preuve pendant neuf mois. Ils ont combattu ardemment, &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no126-novembre-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;126 (novembre 2014)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Toulouse" rel="tag"&gt;Toulouse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/guerre" rel="tag"&gt;guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/octobre" rel="tag"&gt;octobre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parents" rel="tag"&gt;parents&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mort" rel="tag"&gt;mort&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lola" rel="tag"&gt;Lola&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parfois" rel="tag"&gt;parfois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-hopital-Purpan" rel="tag"&gt;l'h&#244;pital Purpan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lola-demandait" rel="tag"&gt;Lola demandait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lola-puisse" rel="tag"&gt;Lola puisse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Octobre&#8200;2012,&#8200;Toulouse. Le neurochirurgien de l'h&#244;pital Purpan a &#233;t&#233; tr&#232;s ferme, sans y mettre les formes : il n'est pas question d'op&#233;rer. La saloperie de gliome de grade 3 qui a pris racine dans la petite t&#234;te blonde de Lola est mal plac&#233;e. Et trop grosse d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1291 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH487/p09-aquarelle-lola-373df.jpg?1768650525' width='400' height='487' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais plus gros encore sont le courage, l'&#233;nergie, et la force dont Lola et ses parents&#8200;&#8211;&#8200;ainsi que leur fils cadet, alors polichinelle dans le tiroir maternel&#8200;&#8211;&#8200;feront preuve pendant neuf mois. Ils ont combattu ardemment, &#224; grands coups de chimio, de rayons et de vie partag&#233;e cette foutue tumeur, ce crabe assez vil pour s'attaquer toutes pinces dehors &#224; une puce de trois&#8200;ans et demi. &#199;a a &#233;t&#233; une guerre, longue, &#244; combien douloureuse, joyeuse aussi parfois, contre la maladie. &#199;a a &#233;t&#233; une guerre&#8230; Et nous l'avons perdue, h&#233;las, le 27 mai 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste le souvenir de Lola, mais aussi celui d'un immense mouvement de solidarit&#233; exprim&#233; spontan&#233;ment, en dehors de toute structure officielle. Et qui, selon les dires de ses parents, leur a permis de mener au mieux cette lutte acharn&#233;e, ext&#233;nuante, terrible &#8211;&#8200;mais belle et courageuse aussi, &#224; l'image de la gamine. Il ne nous a manqu&#233; qu'un peu de chance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il y a eu quelques gestes maladroits, qui nous feront marrer encore longtemps. Comme cet oncle qui, apr&#232;s avoir pass&#233; quelques jours &#224; Toulouse en compagnie de Lola et de ses darons, est rentr&#233; dans ses p&#233;nates avec, en poche, la carte Vitale de la minote. Ballot, quand on a un rendez-vous quotidien &#224; l'hosto. Un autre tonton, &#224; qui Lola demandait par t&#233;l&#233;phone de lui chanter une chanson, a entonn&#233; pour d&#233;conner &lt;i&gt;L'Internationale&lt;/i&gt;. Sauf que le refrain d&#233;bute, comme chacun sait, par : &#171; C'est la lutteuuuu finaaaleuuu&#8230; &#187; C'est surtout la boulette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, avant tout, resteront en m&#233;moire tous ces soutiens ind&#233;fectibles, vari&#233;s, parfois saugrenus, qui ont permis de lutter et tenir jour apr&#232;s jour : ceux qui ont envoy&#233; courriers, mails et cadeaux sans compter ; ceux qui ont rendu moult visites ; les amis de parents d'amis qui ont pr&#234;t&#233; une maison &#224; Toulouse pour que Lola puisse suivre ses soins quotidiens ; ceux qui ont astiqu&#233; et am&#233;nag&#233; cette bicoque ; ceux qui ont pri&#233; et fait prier dans leurs &#233;glises ; ceux qui ont termin&#233; les travaux dans la maison ari&#233;geoise de Lola ; ce copain artisan qui gonflait ses devis pour pr&#233;lever un &#171; imp&#244;t &#187; revers&#233; ensuite aux parents de la gamine ; ceux qui ont &#233;crit depuis l'autre bout du monde ; ceux qui sont venus manger, boire et blaguer ; ceux qui, tous les soirs, imploraient d'hypoth&#233;tiques ondes telluriques ; ceux qui ont cuisin&#233; et apport&#233; des mets ; ceux qui ont envoy&#233; des ch&#232;ques &#224; deux, trois, voire quatre chiffres ; ceux qui ont pleur&#233; et ceux qui ont retenu leurs larmes ; ceux qui ont pass&#233; l'aspirateur ; ceux qui ont jou&#233; et rigol&#233; avec Lola ; ceux qui lui ont tenu la main ; ceux qui ont tent&#233; de la soigner sans compter&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a a &#233;t&#233; une guerre, longue, &#244; combien douloureuse, joyeuse aussi parfois, contre la maladie. &#199;a a &#233;t&#233; une guerre, et nous l'avons perdue. Lola est morte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous sommes, tous ensemble, des perdants magnifiques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le dossier &#034;La mort qui tue&#034;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Y-a-t-il-une-vie-avant-la-mort&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Y-a-t-il une vie avant la mort ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Transhumanisme-La-mort-dans-l-ame&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Transhumanisme : La mort dans l'&#226;me&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Andalousie se rebelle et se r&#233;invente</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/L-Andalousie-se-rebelle-et-se</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/L-Andalousie-se-rebelle-et-se</guid>
		<dc:date>2012-12-12T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Arraitz</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Yohanne Lamoul&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>terres</dc:subject>
		<dc:subject>ans</dc:subject>
		<dc:subject>gouvernement</dc:subject>
		<dc:subject>Lola</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;ville</dc:subject>
		<dc:subject>Somonte</dc:subject>
		<dc:subject>gouvernement andalou</dc:subject>
		<dc:subject>Utop&#237;a</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Espagne s'enfonce dans une r&#233;cession qui a tout l'air d'un vol &#224; main arm&#233;e. &#171; Ce n'est pas une crise, c'est une arnaque &#187;, affirmait le mouvement du 15-M &#8211; baptis&#233; par la presse &#171; mouvement des Indign&#233;s &#187;. Comme partout ailleurs, apr&#232;s avoir renflou&#233; les banques, l'&#201;tat a constat&#233; &#8211; &#244; surprise ! &#8211; que les caisses &#233;taient vides. Conclusion : il faut &#233;-co-no-mi-ser ! Comment ? En tapant sur les d&#233;penses publiques, bien s&#251;r. &#201;ducation, sant&#233;, retraites, indemnisations de licenciement et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no104-octobre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;104 (octobre 2012)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yohanne-Lamoulere-56" rel="tag"&gt;Yohanne Lamoul&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/terres" rel="tag"&gt;terres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gouvernement" rel="tag"&gt;gouvernement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lola" rel="tag"&gt;Lola&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Seville" rel="tag"&gt;S&#233;ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Somonte" rel="tag"&gt;Somonte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gouvernement-andalou" rel="tag"&gt;gouvernement andalou&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Utopia" rel="tag"&gt;Utop&#237;a&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Espagne s'enfonce dans une r&#233;cession qui a tout l'air d'un vol &#224; main arm&#233;e. &lt;i&gt;&#171; Ce n'est pas une crise, c'est une arnaque &#187;&lt;/i&gt;, affirmait le mouvement du 15-M &#8211; baptis&#233; par la presse &#171; mouvement des Indign&#233;s &#187;. Comme partout ailleurs, apr&#232;s avoir renflou&#233; les banques, l'&#201;tat a constat&#233; &#8211; &#244; surprise ! &#8211; que les caisses &#233;taient vides. Conclusion : il faut &#233;-co-no-mi-ser ! Comment ? En tapant sur les d&#233;penses publiques, bien s&#251;r. &#201;ducation, sant&#233;, retraites, indemnisations de licenciement et de ch&#244;mage&#8230; Et la bulle immobili&#232;re ayant fait flop, les chiffres du ch&#244;mage explosent &#8211; on pr&#233;voit 6 millions de demandeurs d'emploi d'ici &#224; la fin 2012, 25 % de la population active, 50 % des jeunes &#8211; et les expulsions pour loyer ou cr&#233;dit impay&#233;s se multiplient. 12 % des foyers espagnols ont tous leurs membres sans travail, 336 000 familles ne comptent sur aucun revenu. Plus de dix millions de personnes pourraient passer sous le seuil de pauvret&#233; d'ici 2013. &#192; Madrid, les manifestations sont quotidiennes et l'op&#233;ration &#171; Encerclons le Parlement &#187; du 25 septembre, o&#249; la police a d&#233;montr&#233; son aptitude &#224; se d&#233;cha&#238;ner sur le premier passant venu, a connu un succ&#232;s massif, et s'est r&#233;p&#233;t&#233;e plusieurs jours de suite. Alors que les nationalistes catalans menacent de faire s&#233;cession pour &lt;i&gt;&#171; ne plus devoir payer les ch&#244;meurs du Sud &#187;&lt;/i&gt;, l'Andalousie, qui, elle, depuis des si&#232;cles, ne conna&#238;t que la crise, r&#233;siste. C&#244;t&#233; rat des villes : la Corrala Utop&#237;a, immeuble neuf occup&#233; par 36 familles &#224; S&#233;ville. C&#244;t&#233; rat des champs : Somonte, une ferme de 400 hectares occup&#233;e par des sans-terre sans travail. Le pont qui les relie : l'expropriation de supermarch&#233;s par des ch&#244;meurs&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Somonte pour le peuple &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A sept heures du matin, une dizaine d'ouvriers agricoles attendent l'embauche sur un trottoir obscur, au carrefour de la route de S&#233;ville et de celle de Palma del R&#237;o. Dans un bar de La Campana, localit&#233; rurale aux confins de la province de S&#233;ville, les agriculteurs prennent leur caf&#233; accompagn&#233; d'un verre de sol y sombra (anis et cognac). On discute debout au comptoir, un &#339;il sur les r&#233;sultats du foot &#224; la t&#233;l&#233;. Quand Mariano Rajoy appara&#238;t &#224; l'&#233;cran pour vitup&#233;rer la manifestation &#171; Encerclons le Parlement &#187; de la veille, les clients lui tournent le dos, certains entamant la conversation avec le serveur, d'autres riant de la blague d'un vieux &#224; la voix cass&#233;e par le tabac. Personne n'&#233;coute le chef du gouvernement alors qu'il flatte &lt;i&gt;&#171; les Espagnols qui travaillent &#8211; quand ils le peuvent &#8211; et ne font pas la une des journaux &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dizaine de kilom&#232;tres plus loin, dans la province de Cordoue, un panneau aux couleurs du gouvernement r&#233;gional signale l'entr&#233;e d'un chemin de terre : &#171; Ferme de Somonte, transformation d'une agriculture traditionnelle en agriculture biologique &#187;. Depuis le 4 mars 2012, cette exploitation de 400 hectares est occup&#233;e par des ouvriers agricoles du Syndicat andalou des travailleurs (SAT). Ce jour-l&#224;, 600 personnes ont p&#233;n&#233;tr&#233; sur le domaine. Car le jour suivant, le gouvernement andalou&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_478 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/104espagne-36730.jpg?1768719048' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Yohanne Lamoul&#232;re
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;s'appr&#234;tait &#224; vendre aux ench&#232;res plus de 20 000 hectares de terres publiques pour se renflouer apr&#232;s la r&#233;duction draconienne des budgets impos&#233;e par le gouvernement central. Ces terres allaient retomber dans l'escarcelle de la noblesse latifundiste (Somonte appartenait au marquis de Montesi&#243;n jusqu'en 1991), ou dans celle des banques r&#233;cemment renflou&#233;es avec l'argent public. On proposait Somonte &#224; partir d'un million et demi d'euros, en contradiction avec la loi de r&#233;forme agraire vot&#233;e en 1984 &#8211; mais les autorit&#233;s affirmaient qu'en privatisant, on fomenterait &lt;i&gt;&#171; une agriculture moderne et comp&#233;titive &#187;&lt;/i&gt;. Oubliant que la majeure partie des terres agricoles aux mains des latifundistes sont laiss&#233;es en jach&#232;re, pendant que leurs richissimes propri&#233;taires se contentent de palper les g&#233;n&#233;reuses subventions de la Politique agricole commune (PAC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beatriz a rejoint l'occupation en juin, avec son mari et ses deux petites filles : &lt;i&gt;&#171; Deux ans que nous &#233;tions tous les deux au ch&#244;mage. Plus de boulot aux champs, et je ne trouvais m&#234;me plus de m&#233;nages &#224; faire chez les particuliers, puisque tout le monde autour de nous est aussi en crise. On s'est fait couper l'eau, l'&#233;lectricit&#233;, puis expuls&#233;s de chez nous. On s'est r&#233;fugi&#233;s chez mes beaux-parents, &#224; quatre dans une chambre. &#187; &lt;/i&gt; Depuis juin, Beatriz participe aux assembl&#233;es, aux travaux d'am&#233;nagement des hangars et &#224; l'entretien des deux hectares de culture potag&#232;re. &lt;i&gt;&#171; Ma seule pr&#233;occupation, c'est une expulsion par la force. Je ne veux pas que mes filles voient &#231;a, qu'elles soient traumatis&#233;es &#224; la vue de tous ces uniformes. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 avril, au lendemain d'un pacte r&#233;gional de gouvernement entre le PSOE (parti socialiste) et Izquierda Unida (le Front de Gauche local), 200 flics en tenue de combat, appuy&#233;s par une escouade de gendarmes, d&#233;logent les squatteurs. Quelques heures plus tard, 200 personnes r&#233;investissaient les lieux. Depuis, une vingtaine d'occupants font fructifier deux hectares de mara&#238;chage, d'o&#249; ils tirent l'essentiel de leur nourriture et le surplus est vendu sur les march&#233;s des environs. Avec l'aide d'une technicienne agronome, ils &#233;tudient la possibilit&#233; d'irriguer la zone pour augmenter la surface cultivable. Et la victoire est belle, puisque le gouvernement a interrompu la vente des terres publiques et affirme vouloir les mettre &#224; concours pour des projets de production de type coop&#233;ratif et biologique.
&#171; R&#233;volution agraire, r&#233;volution sociale &#187;, clame un &#233;norme graffiti sur la fa&#231;ade blanchie &#224; la chaux. Jusqu'en mars, derri&#232;re cette fa&#231;ade de ferme exp&#233;rimentale se cachait un grand vide. Le gouvernement andalou avait fait planter des paulownias, arbre asiatique dont l'&#233;corce est utilis&#233;e comme combustible pour les barbecues. Ainsi que des chardons pouvant &#234;tre utilis&#233;s dans l'&#233;laboration de biocarburants (biodiesels), et de l'avoine. &lt;i&gt;&#171; Les champs &#233;taient plant&#233;s, mais laiss&#233;s &#224; l'abandon. Les chardons &#233;taient malades, l'avoine couch&#233;e. &#187;&lt;/i&gt; Les d&#233;pendances &#233;taient inoccup&#233;es, les appartements aussi. &lt;i&gt;&#171; Personne ne vivait ici avant nous &#187;&lt;/i&gt;, constate Ram&#243;n. La ferme ne donnait du travail qu'&#224; trois ouvriers pendant trois mois de l'ann&#233;e, mais chaque hectare &#233;tait subventionn&#233; par la PAC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Pour l'instant, il n'y a qu'un puits avec une capacit&#233; de 20 000 litres renouvelables en dix minutes&lt;/i&gt;, affirme Lola, t&#234;te visible de l'occupation&lt;i&gt;. Mais nous voulons passer d'une agriculture s&#232;che &#224; une agriculture d'irrigation. Les eaux du Genil, plus gros affluent du Guadalquivir, sont disponibles &#224; trois kilom&#232;tres d'ici. En am&#233;nageant les hangars, nous pourrions emballer et conserver le produit de nos champs avant de le commercialiser dans la r&#233;gion. Cela donnerait du travail &#224; plusieurs centaines de personnes. &#187;&lt;/i&gt; L'exemple vient de Marinaleda, village en r&#233;sistance situ&#233; &#224; une quarantaine de kilom&#232;tres d'ici. L&#224;-bas, les ouvriers agricoles ont occup&#233; les terres du duc del Infantado depuis 1983, r&#233;pondant &#224; chaque expulsion par une nouvelle occupation. La coop&#233;rative del Humoso fonctionne aujourd'hui sur 1 200 hectares et donne suffisamment de travail pour que Marinaleda puisse se vanter de ne pas conna&#238;tre le ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Andalou, n'&#233;migre pas, reprends la terre &#187;&lt;/i&gt;, revendique un graffiti dans la vaste cour de la ferme. Au-dessous, au pochoir, les portraits de Malcolm X, Zapata, Abdelkrim, Blas Infante et Geronimo. Un &#226;ne, des poules, une vingtaine de brebis, trois ch&#232;vres. Les dons ont transform&#233; Somonte en petite arche de No&#233;&#8230; &lt;i&gt;&#171; Nous nous r&#233;unissons en assembl&#233;e pour les d&#233;cisions importantes, mais aussi pour partager les t&#226;ches quotidiennes. Pour beaucoup, c'est difficile, en tant qu'ouvriers, nous sommes habitu&#233;s &#224; &#234;tre command&#233;s par un contrema&#238;tre toute notre vie. Certains, apr&#232;s que l'assembl&#233;e a d&#233;cid&#233; qui fait quoi, viennent quand m&#234;me me demander : &#8220;Lola, c'est quoi que je dois faire, d&#233;j&#224; ?&#8221; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les repas sont pris en commun dans un salon d&#233;cor&#233; de coupures de presse et d'une photo de Ra&#250;l et Fidel Castro. Comme pour r&#233;pondre aux moues dubitatives, Lola tente un petit pont : &lt;i&gt;&#171; Il y a un mois, je suis all&#233;e &#224; Barcelone avec un camarade pour participer &#224; des rencontres sur les alternatives sociales au capitalisme et, d&#232;s que nous avons eu un moment de libre, nous sommes all&#233;s sur la tombe de Durruti &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Buenaventura Durruti (1896-1936), figure majeure de l'anarchisme espagnol, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. &#187; &lt;/i&gt; Autour de la table, &#231;a parle haut, &#231;a chambre, &#231;a rigole. Pepe, quinquag&#233;naire au visage burin&#233;, raconte son parcours : &lt;i&gt;&#171; Adolescent, j'&#233;tais chevrier. &#192; 18 ans, je cr&#233;ais ma premi&#232;re bo&#238;te de plomberie. Par la suite, j'ai &#233;t&#233; tenancier de bar et de bo&#238;te de nuit, inventeur, commer&#231;ant ambulant&#8230; Je suis venu &#224; Somonte parce que j'avais besoin de sentir la terre sous mes pieds et puis surtout de participer &#224; un projet collectif. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les onze charriots de la gratuit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 9 ao&#251;t, des ch&#244;meurs et des membres du Syndicat andalou des travailleurs ont fait leurs courses dans le supermarch&#233; Mercadona de la petite ville d'&#201;cija. Onze chariots remplis de victuailles sont pass&#233;s sans payer. &lt;i&gt;&#171; Si tu emportes pour moins de 400 euros, ce n'est pas consid&#233;r&#233; comme un d&#233;lit, mais quelques caissi&#232;res se sont accroch&#233;es &#224; nous comme si leur vie en d&#233;pendait, raconte Lola. Bien qu'il les paye au lance-pierre, leur patron les a persuad&#233;es de porter plainte contre nous. &#187;&lt;/i&gt; Selon les chiffres officiels, les grandes surfaces en Espagne bennent 40 000 tonnes d'aliments par an. &lt;i&gt;&#171; De quoi nourrir 35 000 familles &#187;&lt;/i&gt;, s'offusque Lola. &lt;i&gt;Avec la crise, on voit de plus en plus de gens faire la queue devant les conteneurs &#224; d&#233;chets, &#224; l'aube. &#187;&lt;/i&gt; Le contenu des onze Caddie a &#233;t&#233; livr&#233; aux corralas, ces immeubles s&#233;villans occup&#233;s par des familles que l'hypoth&#232;que a jet&#233;es &#224; la rue.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Corrala la Utop&#237;a&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les occupants de la Corrala la Alegr&#237;a ont &#233;t&#233; d&#233;log&#233;s le 19 septembre aux aurores. Mais &#224; S&#233;ville, il reste encore plusieurs immeubles occup&#233;s, et fiers de l'&#234;tre. C'est le cas de la Corrala la Utop&#237;a, un b&#226;timent flambant neuf investi par plus de quarante familles dans le quartier San L&#225;zaro. &lt;i&gt;&#171; J'ai v&#233;cu vingt ans dans le quartier du Vacie, un bidonville en bordure du fleuve. Il n'y a toujours pas d'eau courante, l&#224;-bas. &#187;&lt;/i&gt; La To&#241;i, qui a visiblement du sang gitan dans les veines, est une m&#232;re courage qui participe activement &#224; cette r&#233;cup&#233;ration de biens inutilis&#233;s. Elle ouvre volontiers sa porte et montre avec fiert&#233; son chez-soi au parquet brillant et aux murs immacul&#233;s. Le promoteur avait pr&#233;vu de vendre cet appartement de 60 m2, 300 000 euros. &lt;i&gt;&#171; Il y a trois ans, j'ai obtenu un HLM en banlieue. Au d&#233;part, le loyer &#233;tait de 216 euros par mois. Mais en deux ans, il a doubl&#233;. Seule avec mon fils, je n'arrivais plus &#224; payer et au bout de huit mois, on m'a expuls&#233;e. C'&#233;tait tr&#232;s dur. J'ai laiss&#233; mon fils &#224; mes parents et je suis all&#233;e dormir dans une voiture en panne gar&#233;e dans un box de parking. La journ&#233;e, je cherchais de la ferraille dans les poubelles, que je chargeais dans un Caddie avant de la revendre. J'&#233;tais en pleine d&#233;pression. Un jour que je pleurais en marchant dans la rue, David, un gar&#231;on du mouvement 15-M, m'a abord&#233;e : &#8220;On monte une assembl&#233;e de mal-log&#233;s, tu veux y participer ?&#8221; &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 mai, trente-six familles &#8211; 106 adultes et 39 enfants &#8211; ont p&#233;n&#233;tr&#233; dans cet immeuble, dont aucun appartement n'avait &#233;t&#233; vendu depuis la fin des travaux, il y a deux ans. Premier probl&#232;me : lorsque les nouveaux arrivants ont branch&#233; l'eau, celle-ci a bien coul&#233; des robinets, mais a aussi infiltr&#233; les cloisons et les parquets. Les ouvriers, que le constructeur n'avait plus pay&#233; depuis deux mois, avaient coup&#233; les canalisations &#224; la scie circulaire avant de replacer les caches en porcelaine des lavabos&#8230; &lt;i&gt;&#171; Chez mon voisin, l'eau a m&#234;me gicl&#233; des prises et du plafonnier ! &#187;&lt;/i&gt;, se souvient une To&#241;i hilare. &lt;i&gt;&#171; Heureusement, il y a parmi nous des plombiers et des &#233;lectriciens au ch&#244;mage. Nous sommes devenus une vraie famille. On s'est tous racont&#233; nos vies, on se fait confiance et on se soutient. Je peux laisser ma porte ouverte, il n'y a rien &#224; craindre. Mes parents, puis ma s&#339;ur et ses deux enfants, expuls&#233;s eux aussi, nous ont rejoints. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le promoteur a eu maille &#224; partir avec la justice. Fraude fiscale, corruption politique et urbanistique, d&#233;tournement de fonds&#8230; Il a pr&#233;f&#233;r&#233; se d&#233;clarer en faillite et l'immeuble devrait revenir &#224; ses cr&#233;anciers. Mais la banque Ibercaja, principale cr&#233;anci&#232;re de l'escroc, vient elle aussi de se d&#233;clarer en faillite&#8230; En attendant, des familles expuls&#233;es de chez elles pour loyers ou cr&#233;dits impay&#233;s occupent les lieux.
Alors que sa m&#232;re montre avec fiert&#233; des photos de manif sous les fen&#234;tres du maire o&#249; elle crie au premier rang, Juan Jos&#233; surgit tout essouffl&#233; et raconte qu'une patrouille de police vient de le contr&#244;ler, l'accusant d'avoir jet&#233; des pierres sur les voitures. &lt;i&gt;&#171; Ils m'ont fait croire qu'ils allaient m'embarquer, puis ils m'ont dit de filer rejoindre les miens, &#8220;ces squatteurs pouilleux&#8221;. Je leur ai r&#233;pondu que chez nous c'&#233;tait peut-&#234;tre plus propre que chez eux et je suis parti en courant. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de l'&#233;t&#233;, la municipalit&#233; a fait couper l'eau et l'&#233;lectricit&#233;. L'eau a vite &#233;t&#233; rebranch&#233;e, mais lorsqu'ils ont tent&#233; la m&#234;me op&#233;ration pour l'&#233;lectricit&#233;, les gens de la Utopia ont fait disjoncter le transfo qui alimente le quartier. Le lendemain, l'ABC, quotidien conservateur, persiflait : &lt;i&gt;&#171; Les squatteurs de la Utop&#237;a : Si nous n'avons pas de lumi&#232;re, personne n'en aura ! &#187;&lt;/i&gt; Malgr&#233; tout, la plupart des riverains, susceptibles eux aussi de perdre un jour leur toit et leur job, ne voient pas d'un mauvais &#339;il l'occupation. &lt;i&gt;&#171; Les chauffeurs de bus font le signe de la victoire quand ils nous voient au balcon&lt;/i&gt;, se r&#233;jouit To&#241;i. &lt;i&gt;Les automobilistes klaxonnent. Au march&#233; d'int&#233;r&#234;t national, on nous donne des cagettes pleines de l&#233;gumes. Ceux qui n'ont pas de revenus se les r&#233;partissent. Moi, par exemple, comme j'ai un contrat de trois mois dans une maison de retraite, je laisse &#231;a aux autres. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crois&#233; au bar du coin, Primi a une allure qui tranche avec les bleus de travail et les tabliers de m&#233;nag&#232;re qu'on rencontre dans les couloirs de la Corrala. La trentaine insouciante, lui et sa compagne travaillaient dans le tourisme : &lt;i&gt;&#171; On bossait comme saisonniers sur des bateaux de croisi&#232;re, on voyageait, bien pay&#233;s, sans souci, sans engagement politique, la belle vie. Puis les contrats se sont fait rares, on a eu du mal &#224; payer le cr&#233;dit de notre maison et la banque a tout repris&#8230; &#187;&lt;/i&gt; En Espagne, celui qui perd son bien est oblig&#233; de continuer &#224; payer le cr&#233;dit &#224; la banque&#8230; &lt;i&gt;&#171; Voil&#224; comment nous avons rejoint la Utop&#237;a. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour construire des liens avec le voisinage, la Utop&#237;a organise des s&#233;ances de cin&#233; gratuit dans la cour. Les locaux commerciaux vides, situ&#233;s au rez-de-chauss&#233;e, ont pu accueillir une rencontre andalouse sur les exp&#233;riences et r&#233;ponses populaires aux probl&#232;mes de logement. La To&#241;i : &lt;i&gt;&#171; Nous ne faisons de mal &#224; personne. Moi, j'ai toujours parl&#233; &#224; tout le monde, Gitans, Payos, Noirs, Chinois, Arabes&#8230; Je n'ai pas de pr&#233;jug&#233;s. &#192; part peut-&#234;tre contre certains policiers et journalistes&#8230; L'autre jour, on a vir&#233; une envoy&#233;e de la t&#233;l&#233; r&#233;gionale qui demandait &#224; Raquel, enceinte, pourquoi elle fait des enfants si elle n'a pas de quoi leur offrir un toit. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Buenaventura Durruti (1896-1936), figure majeure de l'anarchisme espagnol, mort durant la guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
