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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Justice de classe</title>
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		<dc:date>2019-11-26T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;En 2001, l'explosion de l'usine toulousaine AZF causait morts, bless&#233;s et destructions. En 2017, les dirigeants de Total, reconnus responsables, n'ont toujours pas &#233;t&#233; condamn&#233;s. Un sc&#233;nario qui justifierait presque les propos du pr&#233;sident-qui-ne-devrait-pas-dire-&#231;a sur la l&#226;chet&#233; cong&#233;nitale de l'institution judiciaire en France. Ce lundi 23 janvier, une centaine de militants CGT battent le pav&#233;, devant la tour Total de la D&#233;fense. Je suis venu avec mes ex-coll&#232;gues de l'usine, militants (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no151-fevrier-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;151 (f&#233;vrier 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jugement" rel="tag"&gt;jugement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 2001, l'explosion de l'usine toulousaine AZF causait morts, bless&#233;s et destructions. En 2017, les dirigeants de Total, reconnus responsables, n'ont toujours pas &#233;t&#233; condamn&#233;s. Un sc&#233;nario qui justifierait presque les propos du pr&#233;sident-qui-ne-devrait-pas-dire-&#231;a sur la l&#226;chet&#233; cong&#233;nitale de l'institution judiciaire en France.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3085 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1319.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH444/-1319-b8d43.jpg?1782673916' width='500' height='444' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Jean-Michel Bertoyas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;e lundi 23 janvier, une centaine de militants CGT battent le pav&#233;, devant la tour Total de la D&#233;fense. Je suis venu avec mes ex-coll&#232;gues de l'usine, militants eux-aussi &#224; la CGT. Battant le pav&#233;, &#224; nos c&#244;t&#233;s, on retrouve des copains des raffineries de Gonfreville et de Grandpuits, ainsi que des raffineries de Dunkerque et Petroplus qui, elles, ont ferm&#233;. Il y a aussi des copains de la chimie ainsi que d'anciens salari&#233;s d'AZF. Face &#224; nous, derri&#232;re les barri&#232;res amen&#233;es expr&#232;s et les vitres anti-balles de la tour, des flics en nombre, bien au chaud, des fois qu'on essaierait de d&#233;bouler dans les locaux du p&#233;trolier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se les p&#232;le grave. La D&#233;fense est un lieu rempli de courants d'air, &#224; cause de toutes ces tours, immeubles et buildings qui ne cessent de se monter, et aujourd'hui, avec le froid qui r&#232;gne, c'est comme un blizzard : il faut &#234;tre motiv&#233;s pour manifester.
La raison de notre pr&#233;sence ici ? un nouveau proc&#232;s concernant la &#171; catastrophe &#187; AZF de Toulouse s'ouvre le lendemain. Oui, vous avez bien lu, 15 ans apr&#232;s les faits, on en est toujours au m&#234;me point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 21 septembre 2001, l'usine AZF, appartenant au groupe Grande Paroisse, filiale engrais de Total, explosait, tuant 31 personnes, en blessant plus de 2 500 autres, traumatisant 11 000 habitants (chiffres S&#233;curit&#233; sociale) et d&#233;truisant une partie de la Ville rose. Depuis, la justice n'a toujours pas &#233;t&#233; rendue. Les familles des morts, les infirmes et meurtris dans leur chair attendent toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La responsabilit&#233; de Total a pourtant &#233;t&#233; clairement d&#233;montr&#233;e, preuves &#224; l'appui. Mais il s'agit de Total, avec ses m&#233;thodes de barbouzes, ses r&#233;seaux, ses amis, ses m&#233;dias aux ordres&#8230; Cette multinationale se veut inattaquable en d&#233;pit de toutes les casseroles qu'elle tra&#238;ne derri&#232;re elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier proc&#232;s en correctionnelle se concluait, le 19 novembre 2009, par une relaxe g&#233;n&#233;rale des pr&#233;venus, au b&#233;n&#233;fice du doute. Pourtant ce jugement &#233;tait assorti d'une d&#233;nonciation de l'organisation au sein de l'entreprise et du recours trop important &#224; la sous-traitance. Les r&#233;quisitions du Parquet confirmaient &#233;galement qu'un m&#233;lange de produits chimiques incompatibles avait &#233;t&#233; &#224; l'origine de l'explosion et que ce d&#233;faut dans la s&#233;curit&#233; d'un site pourtant class&#233; Seveso &#233;tait la cons&#233;quence de cette organisation laissant la part belle &#224; la sous-traitance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, ce jugement reconnaissant la culpabilit&#233; mais ne condamnant pas &#233;tait inacceptable. Une vraie justice de classe, comme on dit. Un peu dans la m&#234;me veine que celle du proc&#232;s de Christine Lagarde. Les riches et les patrons sont au-dessus des lois, ce n'est une information pour personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, l'ensemble des 1 600 parties civiles, ainsi que la CGT et le Parquet ont fait appel de ce jugement inique. Un nouveau proc&#232;s s'est ouvert en novembre 2011, &#224; Toulouse, et s'est termin&#233; le 24 septembre 2011 (10 mois !). La cour d'appel a condamn&#233; le directeur d'AZF et l'a d&#233;clar&#233; coupable d'homicides involontaires &lt;i&gt;&#171; par n&#233;gligence ou imprudence &#187;.&lt;/i&gt; Grande Paroisse a &#233;t&#233; condamn&#233;e &#224; 225 000 euros d'amende, somme ridicule au regard de la catastrophe mais peine maximale. Serge Biechlin, directeur d'AZF, a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; trois ans de prison, dont deux avec sursis, et 45 000 euros d'amende.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette condamnation, m&#234;me en de&#231;&#224; du pr&#233;judice, les victimes pouvaient enfin &#233;prouver un sentiment de justice. Sauf que &#231;a ne s'arr&#234;te jamais&#8230; Le 24 janvier 2013, la cour administrative de Bordeaux reconnaissait la responsabilit&#233; de l'&#201;tat dans l'explosion par une faute de surveillance des services publics charg&#233;s de l'inspection des installations class&#233;es. Cette responsabilit&#233; a &#233;t&#233; lev&#233;e en d&#233;cembre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#231;a n'en finit toujours pas. Les victimes ne seront jamais tranquilles. Le 13 janvier 2015, Total et sa batterie d'avocats ont r&#233;ussi &#224; faire casser le jugement de la cour d'appel de Toulouse. Un jugement cass&#233; sur des d&#233;tails de proc&#233;dure qui ne remettent pas en cause la responsabilit&#233; de Total.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce nouveau proc&#232;s qui s'est ouvert le 24 janvier et qui va durer quatre mois. En plus de cela, il se tient &#224; Paris. Bien loin de Toulouse. &lt;i&gt;&#171; Nous avions propos&#233; que ce soient les juges de Paris qui se d&#233;placent sur Toulouse&lt;/i&gt; &lt;i&gt;afin que les victimes puissent assister au proc&#232;s : &#231;a nous a &#233;t&#233; refus&#233; &#187;,&lt;/i&gt; dit Armand, ancien d'AZF. Les familles et les victimes ne pourront plus &#234;tre les acteurs du processus judiciaire ne serait-ce que par leur pr&#233;sence. Parce que je vous prie de croire que voir tous les jours les victimes, en chaises roulantes ou avec des b&#233;quilles, cass&#233;es, infirmes, &#231;a montre tout le concret de la catastrophe. On n'est plus dans les discours des &#171; sp&#233;cialistes &#187; ou des avocats. C'est &#233;vident que ce &#171; d&#233;paysement &#187; sur Paris prouve que la justice veut tout faire pour pr&#233;server la multinationale Total.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cauchemar continue donc pour les victimes et leur famille. La justice qui sait aller tr&#232;s vite pour condamner les salari&#233;s et militants d'Air France, de Goodyear et d'autres bo&#238;tes, qui sait condamner les soi-disant casseurs des manifs anti-loi travail, prend son temps lorsqu'il s'agit des riches et des patrons. Ce proc&#232;s fleuve est public, souhaitons que salari&#233;s et victimes sachent se faire entendre.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jean-Pierre Levaray&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Lu, entendu&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Intervention de Carlos Moleira, secr&#233;taire Chimie CGT pendant la conf&#233;rence de presse.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; Mieux vaut tuer des dizaines de milliers de travailleurs par l'amiante, provoquer des catastrophes industrielles et environnementales, comme &#224; Toulouse, dilapider 400 millions d'argent public, comme l'a fait Christine Lagarde, que de protester contre des plans de licenciements chez GoodYear ou Air France, ou encore &#234;tre SDF et voler des p&#226;tes, ce qui conduit &#224; une peine de prison ferme apr&#232;s des jugements exp&#233;ditifs. Il n'y a toujours pas, aujourd'hui, dans notre pays, un seul proc&#232;s au p&#233;nal li&#233; &#224; l'amiante, plusieurs d&#233;cennies apr&#232;s les d&#233;p&#244;ts de plaintes. Aujourd'hui, en France, il n'y a pas un accident mortel du travail sur dix qui donne lieu &#224; sanction p&#233;nale et, en moyenne, seulement un par an qui donne lieu &#224; une peine de prison effective. Verra-t-on, enfin, avec ce nouveau proc&#232;s, une justice digne d'une v&#233;ritable d&#233;mocratie ? En tout cas, quinze ans se sont &#233;coul&#233;s. Le nouveau proc&#232;s qui s'ouvre l'est en correctionnelle et pas aux assises et, pour l'instant, la direction g&#233;n&#233;rale de Total n'est pas inqui&#233;t&#233;e. &#187;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Extrait d'un tract distribu&#233; sur le parvis de la D&#233;fense.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; AZF : &#8220;Une catastrophe&#8221;, dit-on habilement, ayant caus&#233; 31 morts. Mais une catastrophe &#233;tant souvent sujette &#224; un &#233;v&#233;nement naturel tel que temp&#234;te ou ouragan, ce terme n'est pas appropri&#233; &#224; une justice digne de ce nom puisque cette explosion qui a tu&#233; n'&#233;tait pas le r&#233;sultat d'&#233;v&#233;nements climatiques mais de choix financiers du groupe Total. Les dirigeants du groupe peuvent dormir sur leurs deux oreilles, le pouvoir politique les prot&#232;ge juridiquement et p&#233;nalement. Comme Christine Lagarde, ils seront au pire jug&#233;s par leurs pairs, sans grands risques. &#187;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Culture du viol : le d&#233;fi du d&#233;ni</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Culture-du-viol-le-defi-du-deni</link>
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		<dc:date>2019-11-25T09:19:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Anne Lo&#232;ve</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Une culture du viol &#224; la fran&#231;aise (Libertalia) est un livre dur, implacable. La militante f&#233;ministe Val&#233;rie Rey-Robert y d&#233;monte les ressorts des violences sexuelles, ramenant au plan culturel, soci&#233;tal, ce que l'on s'ent&#234;te trop souvent &#224; penser en termes individuels et pathologiques. Le 6 juin dernier, c'&#233;tait grosse poilade sur RMC. Deux &#171; sp&#233;cialistes &#187; foot &#224; mini-cerveau trempant dans le corporatisme burn&#233;, Daniel Riolo et J&#233;rome Rothen, se gaussaient en effet du physique de Najila (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no178-juillet-aout-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;178 (juillet-ao&#251;t 2019)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Anne-Loeve" rel="tag"&gt;Anne Lo&#232;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/viol" rel="tag"&gt;viol&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/violences-sexuelles" rel="tag"&gt;violences sexuelles&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Daniel-Riolo" rel="tag"&gt;Daniel Riolo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jerome-Rothen" rel="tag"&gt;J&#233;rome Rothen&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Najila-Trindade" rel="tag"&gt;Najila Trindade&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une culture du viol &#224; la fran&#231;aise &lt;/i&gt;(Libertalia) est un livre dur, implacable. La militante f&#233;ministe Val&#233;rie Rey-Robert y d&#233;monte les ressorts des violences sexuelles, ramenant au plan culturel, soci&#233;tal, ce que l'on s'ent&#234;te trop souvent &#224; penser en termes individuels et pathologiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3138 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L494xH400/-1365-53212.jpg?1782675532' width='494' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Anne Lo&#232;ve
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e 6 juin dernier, c'&#233;tait grosse poilade sur RMC. Deux &#171; sp&#233;cialistes &#187; foot &#224; mini-cerveau trempant dans le corporatisme burn&#233;, Daniel Riolo et J&#233;rome Rothen, se gaussaient en effet du physique de Najila Trindade, femme accusant de viol le footballeur du PSG Neymar. Entre autres analyses de haut vol, ils s'&#233;tonnaient : &#171; &lt;i&gt;Mais la nana, tu l'as vue la nana ?&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;C'est de la deuxi&#232;me division. Quand tu t'appelles Neymar, tu as un minimum de qualit&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Et d'ironiser grassement sur cette suppos&#233;e laideur de la victime&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Devant le mini-scandale, la cha&#238;ne les a suspendus pour... Une semaine.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des escadrons de commentaires de ce genre avaient d&#233;j&#224; fus&#233; dans des cas pr&#233;c&#233;dents. Nafissatou Diallo dans l'affaire DSK &#233;tait trop moche pour son r&#244;le, disaient certains, insinuant que le roi du FMI pouvait bien &#171; &lt;i&gt;trousser une domestique&lt;/i&gt; &#187; (Jean-Fran&#231;ois Kahn), ce n'&#233;tait pas si grave. Aux &#201;tats-Unis en 2012, quand deux jeunes footballeurs d'un campus am&#233;ricain,&lt;i&gt; bien sous tous rapports&lt;/i&gt;, ont &#233;t&#233; jug&#233;s pour le viol d'une jeune fille, leurs cong&#233;n&#232;res &#233;tant nombreux &#224; leur trouver des excuses &#8211; ils &#233;taient bourr&#233;s, elle l'avait cherch&#233;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des discours typiques, presque universels. Si Val&#233;rie Rey-Robert rappelle que la culture du viol &#171; &lt;i&gt;s'exprime de fa&#231;on diff&#233;renci&#233;e selon les &#233;poques, les pays, les soci&#233;t&#233;s, les cultures &#187;&lt;/i&gt;, elle ajoute en effet qu' &#171; &lt;i&gt;elle provoque syst&#233;matiquement des ph&#233;nom&#232;nes similaires observables : fatalisation du viol, excuse des coupables, culpabilisation des victimes&lt;/i&gt; &#187;. De quoi nier la r&#233;alit&#233; des violences sexuelles et de leur diffusion &#224; tous les niveaux de soci&#233;t&#233;s malades.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Dissocier, disent-ils&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;ni forcen&#233; d'une r&#233;alit&#233; d&#233;sastreuse est au c&#339;ur du livre de Val&#233;ry Rey-Robert. Rappelant qu'en France au cours d'une ann&#233;e &#171; &lt;i&gt;le nombre de femmes &#226;g&#233;es de 18 &#224; 75 ans qui sont victimes de viols et de tentatives de viol est de 84 000&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Enqu&#234;te Insee-ONDRP, men&#233;e de 2012 &#224; 2017, que l'auteure qualifie d' &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, elle d&#233;monte patiemment les id&#233;es re&#231;ues sur le viol. Et r&#233;affirme qu'il existe bien un soubassement soci&#233;tal &#224; cette &#233;pid&#233;mie, qui touche tous les milieux, toutes les classes sociales. Non, ce ne sont pas des cas isol&#233;s. Non, cela ne se d&#233;roule pas loin de nos cercles. C'est l&#224;, sous nos yeux, o&#249; qu'on se trouve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;videmment plus rassurant d'imaginer le violeur comme un monstre, une cr&#233;ature hors de la soci&#233;t&#233; &#8211; ou comme un Trump, satyre immonde gorg&#233; de pouvoir. Mais la tenanci&#232;re du tr&#232;s bon blog &lt;i&gt;Cr&#234;pe Georgette&lt;/i&gt; tacle cette id&#233;e re&#231;ue. D&#233;montant &#171; &lt;i&gt;l'image d'un violeur qui serait forc&#233;ment un psychopathe, laid et contrefait, forc&#233;ment malade mental ou monstre de contes de f&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, elle rappelle que la majorit&#233; des agressions se passent dans un cadre ferm&#233;, impliquant des proches (familles, couples, amis, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;flexe de dissociation, de d&#233;signation de l'Autre, quel qu'il soit, &#171; &lt;i&gt;le pauvre, l'Arabe, le Noir, le fou, le malade&lt;/i&gt; &#187;, forme l'un des pans de r&#233;sistance les plus tenaces &#224; l'acceptation de la r&#233;alit&#233;. Autre biais de d&#233;ni : chercher &#224; tout prix des responsabilit&#233;s chez les victimes (elle &#233;tait en mini jupe, elle avait trop bu, elle n'avait rien &#224; faire l&#224;&#8230;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; On trouve toujours quelque chose &#224; reprocher aux victimes, pr&#233;sum&#233;es ou (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;). Tout ceci s'accompagnant de st&#233;r&#233;otypes sur les violences elles-m&#234;mes, qui en fait n'en seraient pas, ou alors ne porteraient pas tant que &#231;a &#224; cons&#233;quence (le viol conjugal serait compr&#233;hensible si la partenaire se refuse aux rapports, etc.). Un dispositif de d&#233;ni aux soubassements profonds.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Galante France&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'expression &#171; culture du viol &#187; a beau &#234;tre n&#233;e aux &#201;tats-Unis dans les ann&#233;es 1970 (d&#233;j&#224; avec l'objectif de &#171; &lt;i&gt;montrer que le viol n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne rare et accidentel&lt;/i&gt; &#187;), elle concerne particuli&#232;rement l'Hexagone contemporain, parangon, comme chacun sait, d'amour courtois et de galanterie... Revenant sur cette construction historique flatteuse mais erron&#233;e, l'auteure montre bien comment le ver &#233;tait d&#233;j&#224; dans le fruit chez ces libertins tant encens&#233;s par les &#233;lites. L'amour courtois : un dispositif de soumission de la femme. Casanova et le Vicomte de Valmont des &lt;i&gt;Liaisons dangereuses &lt;/i&gt; ? Concr&#232;tement : des violeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand, exemple entre mille, l'insupportable Philippe Sollers &#233;crit une hagiographie du premier, &lt;i&gt;Casanova l'admirable&lt;/i&gt;, il se revendique d'une tradition de grivoiserie bas&#233;e en fait sur une insupportable violence. Ce qui fit ainsi r&#233;agir Fran&#231;oise Giroud dans &lt;i&gt;Le Nouvel Obs&lt;/i&gt;, en 1998 : &#171; &lt;i&gt;Heureuses, ces religieuses encul&#233;es, ces adolescentes engross&#233;es, ces vieilles femmes grug&#233;es, ces matrones d&#233;laiss&#233;es, ces catins r&#233;tribu&#233;es, ces amoureuses d'un soir refil&#233;es &#224; qui voudra bien les prendre, ces ouvri&#232;res tringl&#233;es &#224; la cha&#238;ne ?&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Admirable, Casanova ? &#187;, 5 novembre 1998.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ferment historique et culturel a laiss&#233; beaucoup de traces dans la psych&#233; collective. Il porte en soi cette id&#233;e que la femme est frivole, qu'elle aime &#224; &#234;tre forc&#233;e, qu'il faut lui tordre la main pour la faire se p&#226;mer. Combien de vid&#233;os porno bas&#233;es sur ce fantasme&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Pornographie : la contribution f&#233;ministe &#187;, CQFD n&#176;178, juillet-ao&#251;t (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; ? Combien de publicit&#233;s, de s&#233;ries, de films, de tubes pop ou rap mettant en sc&#232;ne l'image de la femme comme volatile et inconstante, finalement conquise par la m&#226;le et virile d&#233;termination d'un hidalgo entreprenant jusqu'au harc&#232;lement ? Trop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;pisode &lt;i&gt;Me Too&lt;/i&gt; et son pendant fran&#231;ais &lt;i&gt;Balance Ton Porc&lt;/i&gt; a suscit&#233; de nombreux espoirs en la mati&#232;re, l'&#233;difice du d&#233;ni n'est en rien &#233;branl&#233;. Outre les r&#233;actions indign&#233;es des r&#233;acs de service se r&#233;clamant d'une &#171; &lt;i&gt;libert&#233; d'importuner &#187;&lt;/i&gt; (tribune publi&#233;e dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; le 9 janvier 2018 &lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le titre de cette tribune, notamment sign&#233;e par Catherine Deneuve et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;), la m&#233;connaissance des m&#233;canismes et des r&#233;alit&#233;s du viol reste dominante. Une tr&#232;s r&#233;cente &#233;tude Ipsos intitul&#233;e &#171; Les Fran&#231;ais et les repr&#233;sentations sur le viol et les violences sexuelles &#187; d&#233;voile ainsi que 42 % d'entre elles et eux estiment que la responsabilit&#233; du violeur est att&#233;nu&#233;e si la victime a une attitude jug&#233;e provocante. Et que la majorit&#233; pense que l'espace public est le lieu o&#249; l'on risque le plus d'&#234;tre viol&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a du boulot. Beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Plus le temps &#187;&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous n'avons plus le temps&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit Val&#233;rie Rey-Robert. &#171; &lt;i&gt;Plus le temps de soigner les ego de ceux qui se sentent davantage bless&#233;s par ce que nous disons que par la r&#233;alit&#233; des violences sexuelles. Plus le temps que la honte change de camp. Plus le temps que les victimes continuent &#224; se reconstruire seules dans leur coin...&lt;/i&gt; &#187; De ce constat d&#233;coule une approche r&#233;solument offensive, multipliant les pistes de lutte. Parmi celles-ci : d&#233;construire les st&#233;r&#233;otypes de genre ; repenser l'espace public ; travailler sur l'&#233;ducation genr&#233;e ; d&#233;noncer les productions culturelles n&#233;fastes en la mati&#232;re ; &#171; &lt;i&gt;&#233;duquer les hommes &#224; ne pas violer &#187;&lt;/i&gt; ; impliquer davantage les pouvoirs publics ; etc. Ce n'est pas un petit pan qu'il faudrait briser, mais l'ensemble de la structure, &#224; toutes ses extr&#233;mit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion de son essai, Val&#233;rie Rey-Robert, qui travaille sur les violences sexuelles depuis une vingtaine d'ann&#233;es, rend hommage aux personnes qui lui ont livr&#233; leur t&#233;moignage. Et notamment &#224; Fran&#231;ois et Marie, viol&#233;s respectivement &#224; l'&#226;ge de 9 ans et de 14 ans. Deux &#234;tres humains bousill&#233;s, &#233;corch&#233;s, qui sont parvenus &#224; se reconstruire sur la longueur, malgr&#233; cette tenace inclination &#171; &lt;i&gt;&#224; se voir non comme une victime mais comme un &#233;ternel coupable&lt;/i&gt; &#187;. Sous sa plume, on sent un respect infini pour leur combat, leur courage. Et pour avoir finalement renvers&#233; la barre, acceptant &#171; &lt;i&gt;avoir &#233;t&#233; victimes&lt;/i&gt; &#187;. C'est en ce sens qu'elle exhorte les femmes et hommes victimes de violences sexuelles &#224; t&#233;moigner, malgr&#233; l'immense difficult&#233; de la chose : &#171; &lt;i&gt;Les victimes qui peuvent parler doivent continuer &#224; occuper l'espace politique, m&#233;diatique, social, public. C'est difficile, je le sais, parce qu'elles y sont insult&#233;es, moqu&#233;es. Leurs propos sont caricatur&#233;s, ridiculis&#233;s. Mais nous le devons &#224; tous les Fran&#231;ois et Marie dont la force, la constance, la volont&#233; m'ont coup&#233; le souffle et continuent &#224; susciter mon admiration.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Devant le mini-scandale, la cha&#238;ne les a suspendus pour... Une semaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Enqu&#234;te Insee-ONDRP, men&#233;e de 2012 &#224; 2017, que l'auteure qualifie d' &#187; estimation minimale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;On trouve toujours quelque chose &#224; reprocher aux victimes, pr&#233;sum&#233;es ou non. Soit elles sont trop laides pour &#234;tre des victimes, soit elles l'ont bien cherch&#233;&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit No&#233;mie Renard dans &lt;i&gt;En finir avec la culture du viol&lt;/i&gt;, r&#233;cemment publi&#233; aux &#233;ditions Petits Matins.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Admirable, Casanova ? &#187;, 5 novembre 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; Pornographie : la contribution f&#233;ministe &#187;, &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;n&#176;178, juillet-ao&#251;t 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le titre de cette tribune, notamment sign&#233;e par Catherine Deneuve et Catherine Millet : &#171; Nous d&#233;fendons une libert&#233; d'importuner, indispensable &#224; la libert&#233; sexuelle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Seuls les morts pourront rester. &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Seuls-les-morts-pourront-rester</link>
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		<dc:date>2013-10-26T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Arraitz</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
		<dc:subject>Maroc</dc:subject>
		<dc:subject>victimes</dc:subject>
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		<dc:subject>fait-divers chasse</dc:subject>
		<dc:subject>cadavres rep&#234;ch&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>rep&#234;ch&#233;s affolant</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;p&#234;ches d'heure</dc:subject>
		<dc:subject>l'assaut nocturne</dc:subject>
		<dc:subject>l'enclave espagnole</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 4 octobre dernier, les quelque 400 noy&#233;s et disparus au large de l'&#238;le italienne de Lampedusa ont fait revenir le &#171; probl&#232;me migratoire &#187; sur le devant de la sc&#232;ne. Une quinzaine de jours auparavant, un assaut en masse sur l'enclave espagnole de Melilla d&#233;frayait &#233;galement la chronique. A la une des m&#233;dias, un fait-divers chasse l'autre : la trag&#233;die de Lampedusa, avec ses 155 rescap&#233;s et ses quelque 300 disparus &#8211; le compteur des cadavres rep&#234;ch&#233;s affolant les d&#233;p&#234;ches d'heure en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no115-octobre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;115 (octobre 2013)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Histoires-de-saute-frontieres" rel="tag"&gt;Histoires de saute-fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Maroc" rel="tag"&gt;Maroc&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/victimes" rel="tag"&gt;victimes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Melilla" rel="tag"&gt;Melilla&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chasse-l-autre" rel="tag"&gt;chasse l'autre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fait-divers-chasse" rel="tag"&gt;fait-divers chasse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cadavres-repeches" rel="tag"&gt;cadavres rep&#234;ch&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/repeches-affolant" rel="tag"&gt;rep&#234;ch&#233;s affolant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/depeches-d-heure" rel="tag"&gt;d&#233;p&#234;ches d'heure&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-assaut-nocturne" rel="tag"&gt;l'assaut nocturne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-enclave-espagnole" rel="tag"&gt;l'enclave espagnole&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 4 octobre dernier, les quelque 400 noy&#233;s et disparus au large de l'&#238;le italienne de Lampedusa ont fait revenir le &#171; probl&#232;me migratoire &#187; sur le devant de la sc&#232;ne. Une quinzaine de jours auparavant, un assaut en masse sur l'enclave espagnole de Melilla d&#233;frayait &#233;galement la chronique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A la une des m&#233;dias, un fait-divers chasse l'autre : la trag&#233;die de Lampedusa, avec ses 155 rescap&#233;s et ses quelque 300 disparus &#8211; le compteur des cadavres rep&#234;ch&#233;s affolant les d&#233;p&#234;ches d'heure en heure &#8211;, a fait oublier les images de l'assaut nocturne du mercredi 18 septembre sur le triple grillage de l'enclave espagnole de Melilla, au nord du Maroc.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_788 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH393/p10-clandestins_01-a16e4.jpg?1782945385' width='500' height='393' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L.L. de Mars.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Durant quelques heures, l'ampleur de la trag&#233;die a sembl&#233; &#233;branler le discours bien rod&#233; qui m&#234;le larmes de crocodile vers&#233;es sur les victimes et d&#233;nonciation des inf&#226;mes trafiquants d'&#234;tres humains. L'Italie a d&#233;cr&#233;t&#233; un jour de deuil national. Le pape Fran&#231;ois Ier a parl&#233; de &#171; &lt;i&gt;honte&lt;/i&gt; &#187; pour un monde qui &#171; &lt;i&gt;globalise l'indiff&#233;rence&lt;/i&gt; &#187; et place l'argent au-dessus de l'humain. La maire de Lampedusa, en pleurs, a invit&#233; l'Europe &#224; venir compter les morts avec elle. Laurent Fabius, ministre des Affaires fran&#231;aises ext&#233;rieures, a affirm&#233; que &#171; &lt;i&gt;la M&#233;diterran&#233;e ne&lt;/i&gt; [pouvait] &lt;i&gt;pas rester un immense cimeti&#232;re &#224; ciel ouvert&lt;/i&gt; &#187;, avant de d&#233;cr&#233;ter qu'il fallait agir : &#171; &lt;i&gt;&#199;a veut dire quoi, agir ? &#199;a veut dire &#8220;d&#233;veloppement, contr&#244;les, sanctions&#8221;. &lt;/i&gt; &#187; La mairie de Rome a propos&#233; d'accueillir les survivants. Le chef du gouvernement italien a promis que &#171; &lt;i&gt;toutes les victimes&lt;/i&gt; &#187; seraient naturalis&#233;es &#8211; mais, r&#233;flexion faite, les &#171; &lt;i&gt;victimes&lt;/i&gt; &#187; ne sont que les morts&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aucun m&#233;dia fran&#231;ais n'a &#233;t&#233; fichu de relater clairement cette cynique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; et les survivants sont plac&#233;s en centre de r&#233;tention, passibles d'une amende de 5 000 euros et d'une expulsion vers leur pays d'origine. Les p&#234;cheurs et autres riverains qui se sont port&#233;s au secours des naufrag&#233;s bien avant les fr&#233;gates de la Guardia di finanza &#8211; &#244; le sibyllin symbole ! &#8211; sont &#233;galement passibles de poursuites pour &#171; &lt;i&gt;trafic d'&#234;tres humains&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette loi berlusconienne criminalisant la tradition mill&#233;naire du sauvetage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le choc, la gloutonnerie m&#233;diatique oublie l'affaire pr&#233;c&#233;dente, les assauts renouvel&#233;s de migrants sur les grillages de l'enclave espagnole de Melilla et, fait in&#233;dit, l'entr&#233;e d'une centaine de clandestins dans l'enclave de Ceuta &#224; la nage &#8211; c'&#233;tait le 17 septembre dernier. Avec de l'eau jusqu'&#224; la taille, les clandestins chantaient &#171; Oh&#233; oh&#233; oh&#233; &#187;, comme au stade, face aux &lt;i&gt;guardias civiles&lt;/i&gt; qui les attendaient sur la plage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Melilla : Avalanche agressive sur la barri&#232;re de s&#233;curit&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Quarante m&#232;tres de la triple barri&#232;re se sont effondr&#233;s sous le poids des assaillants, environ 300 migrants, dont une centaine a r&#233;ussi &#224; p&#233;n&#233;trer sur le sol espagnol, ce qui a port&#233; &#224; pr&#232;s de mille le nombre de pensionnaires du centre d'accueil temporaire pour immigr&#233;s, l&#224; o&#249; le maximum est fix&#233; &#224; 480.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les intrus auraient profit&#233; des festivit&#233;s de l'&#233;ph&#233;m&#233;ride de Melilla, c&#233;l&#233;brant les 516 ann&#233;es d'hispanit&#233; de la ville, pour passer &#224; l'action. La presse espagnole s'&#233;tonne de l'impuissance du flicage frontalier, aux mains de &#171; &lt;i&gt; groupes sp&#233;cialis&#233;s dans le contr&#244;le de masse&lt;/i&gt; &#187;, &#233;quip&#233;s notamment d'un h&#233;licopt&#232;re avec projecteur de 2 000 watts. Jos&#233; Palaz&#243;n, membre de l'association Prodein, qui alphab&#233;tise les migrants mineurs, met des b&#233;mols : &#171; &lt;i&gt;La prise de vue diffus&#233;e par toutes les t&#233;l&#233;s est biais&#233;e, c'est le cas de le dire. Prise lat&#233;ralement, l'image est &#8220;aplatie&#8221;, sans perspective, elle donne une impression d'avalanche compacte, d'invasion, d'action bellig&#233;rante, histoire d'&#8220;alarmer l'opinion&#8221;. Les autorit&#233;s ont parl&#233; d'&#8220;avalanche agressive&#8221;, les assaillants auraient jet&#233; des pierres sur les guardias civiles, en blessant six. Mais comment veux-tu qu'un d&#233;sesp&#233;r&#233; qui doit escalader &#224; mains nues une triple barri&#232;re de six m&#232;tres de haut, &#233;quip&#233;e de barbel&#233;s, panneaux r&#233;tractiles, diffuseurs de gaz, filins d'acier dispos&#233;s en toile d'araign&#233;e&#8230;, ait le temps et l'&#233;nergie de jeter des caillous sur les flics ? En fait, ce sont les gardes-fronti&#232;res marocains qui ont l'habitude de jeter des pierres sur les gars qui grimpent sur le grillage pour les faire tomber. Ce sont ces projectiles-l&#224; qui ont bless&#233; les flics espagnols&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; proximit&#233; de Melilla, les &#171; ghettos &#187;, campements de clandestins ultra-pr&#233;caires, sont r&#233;apparus dans les collines du mont Gourougou, comme avant l'automne 2005, moment des premiers assauts en masse sur la fronti&#232;re, avec ses dizaines de morts par balle&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Dem ak xabaar, Partir et raconter, R&#233;cit d'un clandestin africain en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. &#192; l'&#233;poque, c'est le harc&#232;lement des campements par la gendarmerie marocaine, &#224; la demande de l'Europe, qui avait provoqu&#233; ces attaques. Aujourd'hui, le contr&#244;le renforc&#233; des zones de passages italiens ou grecs a r&#233;activ&#233; la route des enclaves espagnoles, autour desquelles la militarisation est encore plus &#233;crasante qu'en 2005 et oblige les migrants &#224; une mobilit&#233; et un qui-vive de tous les instants. Les violences polici&#232;res et les d&#233;portations ill&#233;gales dans le d&#233;sert alg&#233;rien continuent. Malgr&#233; tout, la &#171; pression migratoire &#187; ne faiblit pas&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'Europe aura besoin de vingt millions d'immigr&#233;s en plus dans les deux prochaines d&#233;cennies&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clarait tranquillement, en septembre 2007, Franco Frattini, commissaire europ&#233;en &#224; la Justice, la Libert&#233; et la S&#233;curit&#233; &#8211; &lt;i&gt;Libertas, Securitas, Justitia&lt;/i&gt; &#233;tant aussi la devise de Frontex, l'agence charg&#233;e de repousser les clandestins loin de nos c&#244;tes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Seuls les morts pourront rester&lt;/i&gt; &#187;, a titr&#233; le correspondant d'&lt;i&gt;El Pais&lt;/i&gt; &#224; Rome, &#224; propos de la mesure humanitaire du gouvernement italien pr&#233;tendant naturaliser les victimes du dernier naufrage. Il para&#238;t que le code civil de Ha&#239;ti pr&#233;cise encore aujourd'hui qu'il est interdit &#171; &lt;i&gt;de faire travailler les morts&lt;/i&gt; &#187;. En Europe, on se t&#226;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Aucun m&#233;dia fran&#231;ais n'a &#233;t&#233; fichu de relater clairement cette cynique aum&#244;ne posthume. Lire &lt;i&gt;El Pa&#237;s&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Solo los muertos pueden quedarse&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cette loi berlusconienne criminalisant la tradition mill&#233;naire du sauvetage en mer est directement responsable de milliers de morts dans la M&#233;diterran&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &lt;i&gt;Dem ak xabaar, Partir et raconter, R&#233;cit d'un clandestin africain en route vers l'Europe&lt;/i&gt;, de Mahmoud Traor&#233; et Bruno Le Dantec, aux &#233;ditions Lignes, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dix ans plus tard&#8230;</title>
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		<dc:date>2011-12-08T07:32:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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&lt;p&gt;Le 21 septembre 2011, accompagn&#233; par quatre coll&#232;gues du syndicat de la bo&#238;te, je suis descendu &#224; Toulouse. Comm&#233;moration oblige, c'&#233;tait pour les dix ans de la catastrophe d'AZF. On s'est retrouv&#233;s au rond-point du 21 septembre, lieu &#233;minemment symbolique, o&#249; se rassemblent chaque ann&#233;e les associations des victimes de l'accident. &#201;taient &#233;galement pr&#233;sents la F&#233;d&#233;ration chimie de la CGT et ses trois cents militants venus de toutes les usines chimiques et raffineries de France. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no93-octobre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;93 (octobre 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Efix" rel="tag"&gt;Efix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Total" rel="tag"&gt;Total&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/catastrophe-d-AZF" rel="tag"&gt;catastrophe d'AZF&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 21 septembre 2011, accompagn&#233; par quatre coll&#232;gues du syndicat de la bo&#238;te, je suis descendu &#224; Toulouse. Comm&#233;moration oblige, c'&#233;tait pour les dix ans de la catastrophe d'AZF. On s'est retrouv&#233;s au rond-point du 21 septembre, lieu &#233;minemment symbolique, o&#249; se rassemblent chaque ann&#233;e les associations des victimes de l'accident. &#201;taient &#233;galement pr&#233;sents la F&#233;d&#233;ration chimie de la CGT et ses trois cents militants venus de toutes les usines chimiques et raffineries de France. Impressionnant de voir ces gens, de Dunkerque ou de Marseille, venus dire que les salari&#233;s &#233;taient avec les victimes, puisque lorsqu'une usine saute, ils sont aux premi&#232;res loges. C'&#233;tait aussi pour dire que Total devait payer et que nous nous d&#233;marquions des propos de l'association des anciens d'AZF, ouvertement pro-patronale.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_217 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH501/93_efix-05082.png?1782642929' width='400' height='501' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Efix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, &#224; quelques kilom&#232;tres de l&#224;, la mairie de Toulouse organisait un autre rassemblement, beaucoup plus m&#233;diatis&#233;, qui proposait de r&#233;concilier tout le monde, victimes, anciens salari&#233;s, et direction de Total dans le m&#234;me sac. Ce qui, pour nous, &#233;tait inconcevable. Comme l'avan&#231;ait l'Association des sinistr&#233;s du 21 septembre dans un tract : &#171; Il n'y aura pas d'arrangement &#187;, et l'on esp&#232;re que le proc&#232;s en appel pr&#233;vu en novembre rendra, enfin, justice &#224; toutes les victimes. Ce fut un grand moment de rencontres, d'explications, mais aussi de solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une semaine plus tard, en ce matin du 29 septembre, vers 8 h 45, St&#233;phane m'appelle au t&#233;l&#233;phone de l'usine : &lt;i&gt;&#171; Il y a le feu sur le compresseur de synth&#232;se ! &#187;&lt;/i&gt;. Dans cette situation, la consigne est de rejoindre la zone de repli, le temps que les premi&#232;res man&#339;uvres de s&#233;curit&#233; soient faites et que les pompiers interviennent. Je ne travaille plus directement sur ce lieu, mais je le connais bien pour y avoir boss&#233; plus de vingt ans. Donc je quitte mon cagibi et je me rends rapidement vers le bunker o&#249; se trouvent la salle de contr&#244;le et les bureaux. Sur le chemin, tout en surveillant sans cesse le lieu de l'incendie, j'entends une explosion et vois un &#233;norme panache de fum&#233;e noire&#8230; Vite ! Entrer dans le bunker ! Auparavant, j'aper&#231;ois des salari&#233;s d'entreprises sous-traitantes qui s'enfuient en courant vers leurs voitures, peut-&#234;tre avec raison. Un type, en haut d'une grue situ&#233;e pr&#232;s des lieux de l'explosion, bat le record de vitesse de descente. Par contre, d'autres, inconscients, restent dehors, les bras crois&#233;s, &#224; regarder &#231;a comme un feu d'artifice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le bunker, plus d'une cinquantaine de personnes s'entassent. Il y a beaucoup de stress, d'autant que cet atelier a connu des accidents graves, dont un que j'avais v&#233;cu de tr&#232;s pr&#232;s&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Pierre Levaray, Putain d'usine, L'Insomniaque, 2002.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, et que, derni&#232;rement, plusieurs incidents sur d'autres mat&#233;riels ont fichu la frousse &#224; plus d'un.
Les copains de la production en poste ce matin font les man&#339;uvres sur leurs &#233;crans. En regardant dehors par les baies vitr&#233;es, on voit de hautes flammes et diff&#233;rents panaches de fum&#233;e. On entend une deuxi&#232;me explosion, moins forte. Le probl&#232;me, dans cet atelier, c'est qu'on ignore si &#231;a va progresser ou pas, d'autant qu'il y a des caisses d'huile pas loin ainsi que des bidons charg&#233;s d'hydrog&#232;ne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, les coll&#232;gues ont les choses bien en main et r&#233;ussissent &#224; baisser les pressions et arr&#234;ter les machines. De m&#234;me, l'&#233;quipe de s&#233;curit&#233; de l'usine vient &#224; bout de l'incendie avant m&#234;me que les soixante-dix pompiers de l'agglom&#233;ration n'interviennent. Par contre comme ils &#233;taient en premi&#232;re ligne, ils ont eu la peur de leur vie. Pendant un temps, il est question de salari&#233;s rest&#233;s sur les lieux. Il n'en est rien, tout le monde est sain et sauf. Lorsque tout se calme, on compte quatre personnes qui ont fait des malaises. Dont une qui, &#224; une minute pr&#232;s, se trouvait &#224; l'endroit exact de l'explosion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois encore, on n'est pas pass&#233; loin. &#192; l'heure o&#249; j'&#233;cris ces lignes, on n'a toujours pas les d&#233;tails exacts &#8211; sans doute une tuyauterie d'hydrog&#232;ne qui a l&#226;ch&#233; &#8211;, mais on sait que les d&#233;g&#226;ts sont tr&#232;s importants et qu'il y aura pour plusieurs mois de travaux. On se pose, une nouvelle fois, des questions sur l'avenir de l'atelier et du site.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jean-Pierre Levaray, &lt;a href=&#034;http://insomniaqueediteur.org/spip/spip.php?article50&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Putain d'usine&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, L'Insomniaque, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au paradis des repentis</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Au-paradis-des-repentis</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Au-paradis-des-repentis</guid>
		<dc:date>2006-01-17T11:24:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jann-Marc Rouillan</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique carc&#233;rale</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>d'autres</dc:subject>
		<dc:subject>autant</dc:subject>
		<dc:subject>victimes</dc:subject>
		<dc:subject>enfin daign&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>v&#233;ritables victimes</dc:subject>
		<dc:subject>grands seigneurs</dc:subject>
		<dc:subject>lib&#233;ration conditionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>PDG Trucmuche</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;ponse &#224; la demande de conditionnelle de Jann-Marc Rouillan vient enfin de tomber : c'est non, car il n'a toujours pas expi&#233; ses p&#233;ch&#233;s.Apr&#232;s dix-huit ans de cabane,il faut encore montrer patte blanche et se signer de l'autre, de pr&#233;f&#233;rence &#224; genoux. Heureux les repentis car le paradis de la conditionnelle leur appartient ! NEUF MOIS APR&#200;S ma demande de lib&#233;ration conditionnelle, grands seigneurs, les magistrats ont enfin daign&#233; me r&#233;pondre. Sans surprise, leur refus sous forme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no28-novembre-2005" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;28 (novembre 2005)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chronique-carcerale" rel="tag"&gt;Chronique carc&#233;rale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;ponse &#224; la demande de conditionnelle de Jann-Marc Rouillan vient enfin de tomber : c'est non, car il n'a toujours pas expi&#233; ses p&#233;ch&#233;s.Apr&#232;s dix-huit ans de cabane,il faut encore montrer patte blanche et se signer de l'autre, de pr&#233;f&#233;rence &#224; genoux. Heureux les repentis car le paradis de la conditionnelle leur appartient !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;NEUF MOIS APR&#200;S ma demande de lib&#233;ration conditionnelle, grands seigneurs, les magistrats ont enfin daign&#233; me r&#233;pondre. Sans surprise, leur refus sous forme d'hom&#233;lie &#233;nonce les poncifs du culte des victimes.&lt;i&gt; &#171; Souffrances endur&#233;es par les victimes &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; D&#233;termination &#224; d&#233;nier toute reconnaissance de la qualit&#233; de victime &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; D&#233;ni &#224; l'&#233;gard des victimes&#8230; notamment, celles ex&#233;cut&#233;es sans autre forme de proc&#232;s &#187;&lt;/i&gt;&#8230; Les juges se gardent bien de pr&#233;ciser les faits, le nombre et jusqu'aux noms. Plus de g&#233;n&#233;ral Machin-chose, ni de PDG Trucmuche, l'anonymat conforte leur destin&#233;e sanctifi&#233;e. Et le &#171; notamment &#187; laisse penser qu'il y en a d'autres, beaucoup d'autres ! Leurs fant&#244;mes ont rejoint l'immense troupe des errants aujourd'hui idol&#226;tr&#233;s en un v&#233;ritable paganisme d'&#201;tat ! Cet obscurantisme n'est pas sans rappeler les cultes des anc&#234;tres ou celui des divinit&#233;s des for&#234;ts et des marais terrifiant les enfants dissip&#233;s. Qu'importe ! Car la culture chr&#233;tienne fichera sur ces basses croyances sa croix de fer. Et la vulgate s'&#233;tale au grand jour. Impossible d'&#233;chapper &#224; la tartuferie. &#192; la centrale de Lannemezan, certaines conseill&#232;res en insertion vous poursuivent un crucifix dans la main droite et le code p&#233;nal sous le bras gauche.&lt;i&gt; &#171; Monsieur Rouillan, vous avez pens&#233; &#224; vos victimes ? &#187;&lt;/i&gt; Si vous tentez de fuir, elles vous lancent des anath&#232;mes en vous promettant au moins pire &lt;i&gt;&#171; quatre ans de plus ! &#187;&lt;/i&gt; Leur chef hante les coursives en prof&#233;rant des menaces d'une voix caverneuse &lt;i&gt;&#171; Repentez vous ! Repentez vous ! &#187;&lt;/i&gt; Le directeur pr&#234;che l'amour de son prochain mais renforce le carcan disciplinaire. C'est bien connu, qui aime bien ch&#226;tie bien. Dans cette basilique de la haute s&#233;curit&#233;, Dominique le moine, tenant lieu d'aum&#244;nier, observe avec amusement ce petit monde de nouveaux pr&#233;dicateurs et de sacristains lui volant son pain quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les prisons de France, par la force du plus fort, certains prisonniers succombent aux sornettes inquisitoriales. Ils se confessent en catimini ou participent &#224; des c&#233;r&#233;monies expiatoires puant la servilit&#233; et l'hypocrisie. Selon leur repentance, d'autres arborent des croix d'or et d'argent plus ou moins ostentatoires. Si pr&#232;s de Lourdes, on sait bien que le club de pri&#232;re est un v&#233;ritable ascenseur pour le paradis d'une conditionnelle. Et que dire de ces bonnes &#226;mes du dehors s'imaginant en charge d'une mission sacerdotale ? Elles esp&#232;rent sans doute une indulgence en &#233;change de nos conversions et nous abreuvent de correspondances pieuses. Pendant de longs mois, un &#233;v&#234;que, finalement promu cardinal, a rencontr&#233; en cellule un ancien activiste r&#233;volutionnaire afin qu'il endosse la bure des p&#233;nitents et qu'il soit touch&#233; par la gr&#226;ce de la &lt;i&gt;&#171; souffrance des victimes &#187;&lt;/i&gt;. La foi l'a &#233;clair&#233;. All&#233;luia ! La magistrature de cette nouvelle R&#233;publique de Salo est &#224; la d&#233;rive. Je ne m'&#233;tonnerais pas de lire prochainement dans les attendus d'une d&#233;cision judiciaire la sommation &#224; des g&#233;nuflexions&#8230; Deux mille Ave et autant de Pater Noster&#8230; sans compter la cr&#233;mation de quelques cierges, un p&#232;lerinage &#224; Rocamadour et l'achat de deux ou trois offices de r&#233;demption. Il se trouvera toujours une crapule qu'on encensera pour pr&#233;tendre haut et fort qu'une conditionnelle vaut bien une messe. Attention ! Il est essentiel de ne pas se tromper d'&#201;vangile. Surtout pas ! Car autant l'amour du dieu blanc des catholiques est signe de r&#233;adaptation sociale, autant d'autres croyances religieuses seront comprises comme l'absolu contraire. Il faut voir comment ils traquent les musulmans. Les matons dressent les listes des prisonniers je&#251;nant pour le car&#234;me et r&#233;alisant scrupuleusement les cinq pri&#232;res. Au rez-de-chauss&#233;e de chaque b&#226;timent, il y a bien une salle tenant lieu de mosqu&#233;e. Mais elle est abandonn&#233;e depuis belle lurette. Sa fr&#233;quentation r&#233;guli&#232;re &#233;tait le pr&#233;texte &#224; des refus de r&#233;ductions de peine et &#224; des transferts disciplinaires. Le pauvre gitan de Perpignan que l'on appelle Manolo en taule (ceux qui jouent de la guitare sont souvent baptis&#233;s Manolo), lass&#233; d'une &#233;glise raciste et rang&#233;e avec constance du c&#244;t&#233; des donneurs de coups de triques, s'est fait protestant comme la majorit&#233; de son peuple et n'h&#233;site plus &#224; pr&#233;diquer : &lt;i&gt;&#171; Moi y&#233; m'en fous des gr&#226;c&#233;s et des victimes, y&#233; suis &#233;vany&#233;list&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le moine Dominique passe sous ma fen&#234;tre, je l'apostrophe au cri d'&lt;i&gt;&#171; &#192; bas l'&#201;glise ! &#187;&lt;/i&gt; Il me r&#233;pond par un large sourire et un &lt;i&gt;&#171; Toi, change de disque ! &#187;&lt;/i&gt; Un apr&#232;s-midi dans la cour, profond&#233;ment agac&#233; par la tartuferie judiciaire, devant un troupeau d'ouailles, il questionna &#224; haute voix :&lt;i&gt; &#171; Victimes ? Victimes ? D'abord il faudrait se demander qui sont les v&#233;ritables victimes de ce syst&#232;me. &#187;&lt;/i&gt; Son propos iconoclaste terrorisa deux culs-b&#233;nits qui jet&#232;rent par-dessus leurs &#233;paules des regards inquiets en direction de l'&#233;chauguette. Ils ont si peur d'&#234;tre condamn&#233;s au b&#251;cher par les inquisiteurs de l'application des peines. Ils savent qu'il en faut si peu. Pour tant l'interrogation de notre Savonarole est l&#233;gitime. Qui sont, &#224; notre &#233;poque, les v&#233;ritables victimes ? Et que penser d'une telle dissym&#233;trie ? Nous avons remarqu&#233; qu'aucun magistrat - eux pourtant si prompts &#224; faire la le&#231;on - n'a os&#233; bl&#226;mer le g&#233;n&#233;ral Aussaresses pour son empathie envers ses victimes fellagas ! Que dire de l'absence de reproche aux patrons d'Eternit ou des autres entreprises conditionnant l'amiante, ayant laiss&#233; crever &#224; petit feu des milliers d'ouvriers ? Oui, qui sont les v&#233;ritables victimes ? Quand on sait que les enfants de certains quartiers d&#233;sh&#233;rit&#233;s re&#231;oivent &#224; leur berceau un mandat de d&#233;p&#244;t &#224; titre ult&#233;rieur&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les juges aiment &#224; se d&#233;guiser dans les jupons noirs de la fille a&#238;n&#233;e de l'&#201;glise, mais ce ne sont que des pharisiens. La liturgie du culte des victimes est &#224; sens unique. Il ne concerne pas puissants et ma&#238;tres toujours blanchis jusqu'&#224; l'immacul&#233;. Quel juge oserait ouvrir une information sur la complicit&#233; des gouvernants de ce pays dans le g&#233;nocide rwandais ? Le monde barbote dans la barbarie, des arm&#233;es de tueurs officient aux quatre coins de la plan&#232;te et les troupes fran&#231;aises ne sont pas exemptes de carnage. Il n'y a pas si longtemps, ils ont bombard&#233; les usines des faubourgs de Belgrade et tir&#233; &#224; la mitrailleuse sur les manifestants d&#233;sarm&#233;s devant l'h&#244;tel Ivoire d'Abidjan. Sans parler de l'h&#233;catombe quotidienne d&#233;coulant des m&#233;canismes de l'accaparement des richesses. Le droit consacre le vol. Et la paup&#233;risation de masse coupable de tant de drames, l'exploitation du travail jusqu'&#224; l'&#233;puisement de la vie, les famines continentales et le manque d'eau potable repr&#233;sentent autant d'armes de destruction massives utilis&#233;es chaque jour contre la population mondiale. Oui, je vous le demande, qui sont les victimes ? Et qui sont les complices des lois r&#233;gissant les massacres ? Poser ces questions est d&#233;j&#224; un signe h&#233;r&#233;tique. Et tout mon propos illustre combien les juges ont raison quand ils affirment que mes &lt;i&gt;&#171; traits de personnalit&#233; &#187;&lt;/i&gt; ne sont pas compatibles avec une &lt;i&gt;&#171; r&#233;adaptation sociale &#187;&lt;/i&gt;. Ainsi soit-il !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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