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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Gr&#232;ve de ouf au Carrefour du Merlan</title>
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		<dc:creator>Gilles Lucas, Nicolas Arraitz</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;En octobre, le magasin Carrefour du Merlan, dans les quartiers Nord de Marseille, a &#233;t&#233; bloqu&#233; deux semaines durant par le personnel et des habitants du voisinage. Enjeu du mouvement : obtenir la lib&#233;ration de Momo, d&#233;l&#233;gu&#233; syndical incarc&#233;r&#233; &#224; la va-vite pour un motif extravagant. Barricades de chariots, barbecues solidaires, camions de livraison aux pneus crev&#233;s : sc&#232;nes de fronde contre une multinationale, championne auto-proclam&#233;e de la gestion &#233;thique des ressources humaines. Jeudi 21 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En octobre, le magasin Carrefour du Merlan, dans les quartiers Nord de Marseille, a &#233;t&#233; bloqu&#233; deux semaines durant par le personnel et des habitants du voisinage. Enjeu du mouvement : obtenir la lib&#233;ration de Momo, d&#233;l&#233;gu&#233; syndical incarc&#233;r&#233; &#224; la va-vite pour un motif extravagant. Barricades de chariots, barbecues solidaires, camions de livraison aux pneus crev&#233;s : sc&#232;nes de fronde contre une multinationale, championne auto-proclam&#233;e de la gestion &#233;thique des ressources humaines.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3166 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L452xH330/-1385-6eda3.jpg?1782638674' width='452' height='330' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Jeudi 21 octobre. Au rayon boulangerie, du pain dur. Aux fruits et l&#233;gumes, un vieux tas de courgettes. Aux produits de nettoyage, un flacon de javel sans bouchon. Pas de poisson, presque plus de viande, peu de laitages. On se dirait &#224; Cuba sous blocus &#233;tats-unien. Et pourtant, nous sommes &#224; Marseille, au c&#339;ur du monde libre. &#171; &lt;i&gt;Puis-je vous aider &#224; mieux consommer ?&lt;/i&gt; &#187;, proclame le blouson matelass&#233; des caissi&#232;res en gr&#232;ve. Elles bloquent l'entr&#233;e des marchandises depuis d&#233;j&#224; une semaine, depuis qu'elles et leurs coll&#232;gues ont appris que Mohamed Bedhouche, leur d&#233;l&#233;gu&#233; CGT, a &#233;t&#233; envoy&#233; aux Baumettes, et avec lui le p&#232;re de Florent (voir plus bas). &#171; &lt;i&gt;Lib&#233;rez Momo !&lt;/i&gt; &#187;, exige une banderole en drap de lit. Des voitures passent sur la voie rapide en klaxonnant, et les passagers, pench&#233;s &#224; la fen&#234;tre, font &#233;cho : &#171; &lt;i&gt;Lib&#233;rez Momo !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire est &#224; la fois loufoque et pr&#233;occupante : un d&#233;l&#233;gu&#233; syndical jet&#233; en prison pour avoir interc&#233;d&#233; en faveur d'un travailleur licenci&#233; pour &#171; vol &#187; - en fait, pour avoir achet&#233; &#224; moiti&#233; prix un surgel&#233; &#224; l'emballage d&#233;t&#233;rior&#233;. Momo est accus&#233; d'avoir fait pression sur un vigile pour qu'il se r&#233;tracte. Lequel vigile, depuis qu'il a port&#233; plainte contre Momo, a &#233;t&#233; gratifi&#233; d'un CDI par la direction&#8230; Voil&#224; qui sent le coup fourr&#233; patronal, mais le juge n'y a vu que du feu. Alors les marchandises ne passent plus. &#192; l'int&#233;rieur, seuls les cadres, les stagiaires et les CDD travaillent. 80 % de gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;brayer sans pr&#233;avis, &#171; &lt;i&gt;c'est possible dans le priv&#233;&lt;/i&gt; &#187;, assure Mich&#232;le Ledesma, de l'Union locale CGT La Rose. La r&#233;action a &#233;t&#233; rapide, mue par l'estime dont jouit Momo. Et pas seulement chez les affili&#233;s CGT : la base a impos&#233; l'unit&#233; syndicale. Des militants CFDT, CFTC et FO sont pr&#233;sents sur les barrages. Lucien, encart&#233; &#224; FO et ami d'enfance de Momo, est assis sur une chaise pliante &#224; l'ombre d'un camion immobilis&#233; devant le portail. Il arbore un T-shirt Corsica. &#171; &lt;i&gt;Momo est un type droit, loyal, toujours pr&#234;t &#224; se mettre en quatre pour les autres&lt;/i&gt;, affirme-t-il. &lt;i&gt;Le vrai truand, c'est le directeur ! Il para&#238;t que de son poste &#224; Perpignan, il est parti les menottes aux poignets&#8230; Et il est l&#224; &#224; se pavaner, &#224; insulter les gens. Y'a pas de respect.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avant tout l'homme qu'on est sorti d&#233;fendre contre une d&#233;cision de justice manifestement injuste. Mais il y a un autre aspect inqui&#233;tant : un d&#233;l&#233;gu&#233; syndical emprisonn&#233; comme &#231;a, &#224; la va-vite, sur plainte de son employeur, &#231;a sent le roussi. Et si ce pr&#233;c&#233;dent faisait jurisprudence ? &#171; &lt;i&gt;Qui osera alors &#234;tre d&#233;l&#233;gu&#233; ?&lt;/i&gt; &#187;, temp&#234;te Michel, un ancien de La Poste qui, de retour d'une manif de retrait&#233;s, est venu soutenir les gr&#233;vistes. Il se propose d'aller distribuer &#171; &lt;i&gt;un tract intelligent&lt;/i&gt; &#187; &#224; la client&#232;le, pour qu'elle boycotte le magasin. &#171; &lt;i&gt;Ils ne peuvent rien me faire, je suis retrait&#233; !&lt;/i&gt; &#187; Selon Michel et ses coll&#232;gues - ceux de la cantine de La Poste ont apport&#233; de quoi se restaurer et des thermos br&#251;lants -, l'heure est grave. &#171; &lt;i&gt;O&#249; sont ceux qui manifestaient contre Le Pen en 2002 ? Les altermondialistes ? Les anti-OGM ?&lt;/i&gt; &#187; Bernard, prof au lyc&#233;e Diderot, un badge du SNES-FSU &#224; la boutonni&#232;re, s'arr&#234;te &#224; la sortie des cours. Il est content d'&#234;tre l&#224; : &#171; &lt;i&gt;Vous trouvez pas qu'il y a une ambiance &#224; la Ken Loach, ici ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'a pas tort. On est au c&#339;ur des quartiers Nord. Le centre commercial est strat&#233;giquement situ&#233; au milieu de cit&#233;s parmi les plus mal fam&#233;es de la ville : les Flamands, la Busserine, Font-Vert&#8230; Et si les soutiens politiques tardent &#224; se manifester, les liens avec le quartier jouent pleinement. Pour les gens du coin, Carrefour, c'est leur commerce de proximit&#233;, le seul. Des centaines de familles sont prises &#224; la gorge par le cr&#233;dit et les cartes de &#171; fid&#233;lit&#233; &#187; de l'hypermarch&#233;. On est en France : aucun &#233;picier, aucun bar n'est tol&#233;r&#233; au pied des tours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors le glauque parking du Carrouf' est une destination oblig&#233;e, un lieu de rencontre pour les jeunes et les m&#233;nag&#232;res. Beaucoup ont des relations d'amiti&#233;, ou de parent&#233;, avec les employ&#233;s. Momo y est connu et appr&#233;ci&#233;. Surveillant de nuit, il n'est pas de ceux qui alpaguent les petits voleurs &#224; la sortie des caisses. Ce qui explique les coups de klaxons, les cris de soutien, les visites de bon voisinage le soir autour des feux de palettes. Une Africaine en boubou est assise parmi les caissi&#232;res en uniforme. Deux &#233;l&#233;gants Comoriens prennent des nouvelles aupr&#232;s d'un compatriote gr&#233;viste. Derri&#232;re Lucien, qui s'occupe en temps normal de la r&#233;ception des marchandises, le camion est immobilis&#233; par de gros blocs de b&#233;ton gliss&#233;s entre les essieux. Pneus crev&#233;s, moteur HS. &#171; &lt;i&gt;Les minots du quartier sont de vrais professionnels ! &lt;/i&gt; &#187;, plaisante-t-on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche &#224; l'aube, cinq camions, escort&#233;s par deux voitures bleu marine pleines de faux flics, ont forc&#233; par surprise un des deux barrages. Quatre camions ont r&#233;ussi &#224; entrer, le cinqui&#232;me est rest&#233; dehors quand les nervis, en voyant les gars de l'autre piquet accourir, ont paniqu&#233; et referm&#233; les grilles. Le chauffeur s'est enfui et depuis, le contenu du camion se d&#233;compose et d&#233;gouline sur l'asphalte. La cargaison des autres poids lourds, bloqu&#233;s &#224; l'int&#233;rieur, n'a pas eu de meilleure fin : la cha&#238;ne du froid ayant &#233;t&#233; rompue, le pr&#233;fet a &#233;t&#233; oblig&#233; de signer un arr&#234;t&#233; interdisant la mise en vente des produits, qui pourrissent sur palette, &#224; l'endroit m&#234;me o&#249; Dominique Sabadel, le directeur, et Navarro, le transporteur, se pavanaient dimanche en narguant les gr&#233;vistes (&#171; &lt;i&gt;Sabadel portait une casquette de l'OM. Les copains, furax, lui criaient qu'il ne la m&#233;ritait pas !&lt;/i&gt; &#187;, rigole Sophie.) &#171; &lt;i&gt;On a de la chance, dit Lucien, on est dans un vrai quartier, les gens se serrent les coudes.&lt;/i&gt; &#187; Comme pour lui donner raison, un jeune au volant d'une fourgonnette de livraison s'arr&#234;te pour saluer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, un groupe de cadres, &#233;trangement p&#226;les, sort examiner le camion. Le jeune les interpelle : &#171; &lt;i&gt;Si vous &#234;tes pas contents, il y a encore des pneus &#224; crever sur votre foutu bahut !&lt;/i&gt; &#187; Pour r&#233;cup&#233;rer ses camions, Navarro, le transporteur de choc, a d&#251; n&#233;gocier avec la CGT de sa bo&#238;te, qui l'a renvoy&#233; vers celle d'ici. Roland Chalumeau, secr&#233;taire de l'Union locale CGT La Rose, analyse : &#171; &lt;i&gt;Sabadel est un rentre-dedans quasi suicidaire. Il a &#233;t&#233; nomm&#233; ici pour casser l'unit&#233; du personnel. Ce Carrefour a mauvaise presse aupr&#232;s de la direction g&#233;n&#233;rale.&lt;/i&gt; &#187; Un militant ajoute : &#171; &lt;i&gt;En tout cas, il s'est mang&#233; deux gr&#232;ves depuis son arriv&#233;e en juillet 2003. Il nous a trait&#233;s de couilles molles, mais on est l&#224;, on l&#226;chera pas.&lt;/i&gt; &#187; Une caissi&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Une semaine avant les &#233;lections, il a lou&#233; le Carlton, sur la Corniche, pour y inviter les employ&#233;s et leur famille, soi-disant pour c&#233;l&#233;brer le 40&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; anniversaire de Carrefour. Il a plaisant&#233; en disant que si on n'avait pas pu f&#234;ter le 41&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, c'&#233;tait &#224; cause de notre gr&#232;ve de l'an pass&#233; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3167 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L330xH349/-1386-81799.jpg?1782641968' width='330' height='349' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vendredi 22&lt;/strong&gt;. Autour des thermos, l'ambiance est tendue. Ce matin, en signe de bonne volont&#233;, les gr&#233;vistes ont laiss&#233; passer un camion. En &#233;change, ils exigent que la direction s'assoie pour n&#233;gocier la r&#233;int&#233;gration de Momo. Mais en fait de n&#233;gos, on apprend que sa femme a re&#231;u une lettre convoquant Momo d&#232;s sa lib&#233;ration, en vue d'un licenciement. Il y a de l'&#233;lectricit&#233; dans l'air. La belle unit&#233; syndicale commence &#224; se fissurer depuis que le chef de la s&#233;curit&#233; du magasin a d&#233;sign&#233; nomm&#233;ment trente-quatre &#171; piquets &#187; &#224; un huissier. Dans la foul&#233;e, un juge a choisi d'en poursuivre trois, un par syndicat, au cas o&#249; ils seraient revus sur les barrages. La police peut intervenir &#224; tout moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assembl&#233;e. Le repr&#233;sentant de la f&#233;d&#233;ration du commerce pr&#233;cise : &#171; &lt;i&gt;Les gars, on pourra rien faire sans vous&lt;/i&gt;. &#187; Le mouvement est reconduit. Une demi-heure apr&#232;s, une d&#233;panneuse d&#233;boule dans un crissement de pneus. Man&#339;uvre nerveuse, coup de frein : une carcasse de Visa Citro&#235;n vient obstruer l'entr&#233;e que les vigiles avaient d&#233;gag&#233;e quelques heures plus t&#244;t de centaines de caddies amoncel&#233;s. Le gitan au volant repart aussi sec apr&#232;s qu'on lui a pass&#233; commande d'une autre &#233;pave. Ceux qui poussent la Visa en travers du portail ne sont pas gr&#233;vistes, mais des jeunes du quartier, des retrait&#233;s, des ch&#244;meurs. &#171; &lt;i&gt;On dirait Mai 68&lt;/i&gt; &#187;, s'enthousiasme un homme aux tempes grisonnantes. Sur la fa&#231;ade, une cam&#233;ra de surveillance lorgne la sc&#232;ne. Deux minutes plus tard, un huissier accourt, escort&#233; par une dizaine de vigiles sur les dents. Il vient constater l'obstruction. Bousculade : la liasse de proc&#232;s-verbaux vole dans l'air nocturne, puis est rageusement d&#233;chir&#233;e. Les vigiles bl&#234;missent sous les insultes de ceux qui bossent habituellement avec eux (certains gardes participent au piquet) : &#171; &lt;i&gt;Esclaves !&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Collabos !&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;L'injustice peut d&#233;placer les montagnes !&lt;/i&gt; &#187; Certains mastards asserment&#233;s sont pr&#234;ts &#224; en d&#233;coudre, mais d'autres se sentent visiblement le cul sale. Leur malaise, leurs regards par en dessous contrastent avec la col&#232;re des gr&#233;vistes. &#171; &lt;i&gt;Je vais chercher la cit&#233; !&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Non, n'y va pas&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Ils me d&#233;go&#251;tent !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une patrouille de police surgit. Puis deux. Un jeune flic sort son calepin pour verbaliser on ne sait quoi. &#171; &lt;i&gt;Couvrez les plaques d'immatriculation !&lt;/i&gt; &#187; Mais l'officier interrompt son geste. Il pr&#233;f&#232;re sourire et temporiser : &#171; &lt;i&gt;On est du quartier, nous aussi. On ne fait que passer. La ville est grande et on n'est pas bien nombreux.&lt;/i&gt; &#187; Exit l'huissier, exit la force publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, la direction accepte d'ouvrir des n&#233;gociations sous les auspices de l'inspection du travail. Le lundi 25, un juge aixois ordonne la mise en libert&#233; conditionnelle de Momo et du p&#232;re de Florent. Une foule en liesse les accueille &#224; la sortie de la maison d'arr&#234;t de Luynes. Ceux de Carrefour sont l&#224;, mais aussi ceux de Nestl&#233;, et les ch&#244;meurs d'AC. Un Momo en verve embrasse Christel et Florence, ses copines caissi&#232;res (&#171; &lt;i&gt;De vraies lionnes !&lt;/i&gt; &#187;), en larmes : &#171; &lt;i&gt;Mes compagnons de cellule se moquaient de moi. Ils disaient que tant qu'&#224; risquer la taule, j'aurais mieux fait de braquer une banque !&lt;/i&gt; &#187; Mais il reste mis &#224; pied. La gr&#232;ve et les pourparlers continuent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, jeudi 28 au soir, la direction aux abois c&#232;de : pour la premi&#232;re fois en 28 ans, le magasin a d&#251; fermer ses portes faute de stock. Un protocole est sign&#233; : des modalit&#233;s de r&#233;cup&#233;ration des heures de gr&#232;ve sont &#233;tablies, Momo est r&#233;int&#233;gr&#233; &#224; son poste et, en cas de condamnation en appel, on n&#233;gociera son transfert sur un poste compatible avec un casier judiciaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi 29, la reprise du travail est vot&#233;e, mais on dirait que la tenace dignit&#233; de ceux du Merlan est contagieuse : fin octobre, les salari&#233;s du Carrefour de N&#238;mes se mettent en gr&#232;ve pendant deux jours pour protester contre les abus de l'encadrement.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Avec Carrefour, la justice &#171; positive &#187;&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_3168 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L207xH200/-1387-44e43.jpg?1782641968' width='207' height='200' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 19 avril 2004, Florent, employ&#233; au rayon surgel&#233;s du Carrefour-Le Merlan, est intercept&#233; &#224; la sortie des caisses avec un lot de produits d&#233;class&#233;s qu'il vient de payer moiti&#233; prix, pratique habituelle dans l'entreprise. Le vigile pr&#233;tend que Florent a vol&#233; ces marchandises, et le conduit dans le bureau du chef de la s&#233;curit&#233;. Cinq cadres sont pr&#233;sents et, pendant trois quarts d'heure, vont le retenir jusqu'&#224; ce qu'il signe une reconnaissance de vol. Carrefour porte plainte et le licencie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Florent raconte les faits &#224; Mohamed Bedhouche, d&#233;l&#233;gu&#233; CGT : l'accusation abusive, la s&#233;questration dans le bureau, les pressions exerc&#233;es, l'extorsion de signature, le licenciement. Comme son mandat l'exige, Mohamed pr&#233;pare la d&#233;fense du salari&#233;. Il rassemble des t&#233;moignages prouvant que la pratique de r&#233;duction de prix sur des produits d&#233;class&#233;s est courante, en accord avec les directions successives. En outre, plusieurs salari&#233;s affirment que l'adjoint de s&#233;curit&#233; impliqu&#233; a trouv&#233; l&#224; pr&#233;texte &#224; se venger d'un conflit d'ordre personnel qui l'opposait &#224; Florent. Mohamed et le p&#232;re de Florent rencontrent un agent de s&#233;curit&#233; qui a &#233;t&#233; t&#233;moin des pressions exerc&#233;es sur le jeune employ&#233;. Ils lui demandent de rapporter au tribunal &#171; &lt;i&gt;toute la v&#233;rit&#233;&lt;/i&gt; &#187; sur ce qui s'est pass&#233;. La direction, inform&#233;e de ce bref &#233;change par une cam&#233;ra de vid&#233;osurveillance, fait pression sur ce vigile en CDD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 octobre, la CGT recueille pr&#232;s de 50 % des suffrages lors des &#233;lections professionnelles. Le 11, escort&#233; par deux cadres, l'agent de s&#233;curit&#233; porte plainte contre le d&#233;l&#233;gu&#233; syndical. Dans l'apr&#232;s-midi, Mohamed et le p&#232;re de Florent sont convoqu&#233;s au commissariat, puis plac&#233;s en garde &#224; vue. Le 12 au matin, ils passent en comparution imm&#233;diate devant le tribunal correctionnel. Une avocate est commise d'office dix minutes avant l'audience. L'avocat de Carrefour demande une sanction exemplaire. Le tribunal inflige des peines sup&#233;rieures &#224; celles r&#233;clam&#233;es par le procureur et l'avocat. Momo et le p&#232;re sont condamn&#233;s pour &#171; subornation de t&#233;moins &#187; &#224; six mois de prison dont quinze jours fermes pour le premier et un mois pour le second. Plus 2 000 euros d'amende. Ils sont incarc&#233;r&#233;s le soir m&#234;me aux Baumettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que Carrefour est une entreprise mod&#232;le, champion du commerce &#233;quitable et de la &#171; lutte contre les discriminations &#187; &#8230; C'est sans doute par fid&#233;lit&#233; &#171; &lt;i&gt;&#224; son engagement social et environnemental&lt;/i&gt; &#187; que le groupe a vu ses b&#233;n&#233;fices grimper de 8,5 % cette ann&#233;e, tout en maintenant ses salari&#233;s au Smic et en multipliant les emplois-kleenex. Et c'est s&#251;rement dans le cadre du programme sign&#233; avec la F&#233;d&#233;ration internationale des Ligues des droits de l'Homme (FIDH) que le g&#233;ant d&#233;glingue son personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rapport rendu voici quelques mois par la m&#233;decine du travail a conclu que sur 500 salari&#233;s du Carrefour Le Merlan, 322 &#233;taient victimes de surcharge mentale, c'est-&#224;-dire &#224; la limite de la d&#233;pression. Le directeur se montre tr&#232;s z&#233;l&#233; dans l'organisation de cette mise sous pression. Le 16 juin dernier, Mohamed et un autre d&#233;l&#233;gu&#233; avaient d&#233;nonc&#233; les propos qu'il tient aux salari&#233;s. Du genre : &#171; &lt;i&gt;Celui qui s'occupe des commandes dans ce rayon est une br&#234;le&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce que vous voulez, que je me mette &#224; genoux et que je vous suce ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soucieux de recueillir sa version des faits, CQFD (Ce Qu'il Faut D&#233;graisser (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les remarques que l'inspection du travail lui avait adress&#233;es &#224; l'&#233;poque ont laiss&#233; Dominique Sabadel sans voix, mais pas sans moyens. Car le directeur n'est pas tout seul dans sa lutte contre Momo-le-perturbateur : en condamnant le d&#233;l&#233;gu&#233; syndical, la justice a r&#233;pondu &#171; positivement &#187; aux diktats de la multinationale. Il faut croire que c'est une habitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 2002, un juge d'instruction, la gendarmerie, l'administration fiscale, les services de la r&#233;pression des fraudes et l'inspection du travail avaient caus&#233; quelques ennuis &#224; Dominique Sabadel, qui &#233;tait alors directeur du Carrefour de Perpignan. L'information d&#233;livr&#233;e par le procureur de la R&#233;publique &#233;voquait un d&#233;tournement abusif de personnels externes pour des t&#226;ches non pr&#233;vues contractuellement. Mais les infractions constat&#233;es &#224; cette &#233;poque n'ont, pour l'heure, entra&#238;n&#233; aucune poursuite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Soucieux de recueillir sa version des faits, CQFD (Ce Qu'il Faut D&#233;graisser et D&#233;localiser) a tent&#233; de joindre M. Sabadel par t&#233;l&#233;phone, mais n'a obtenu pour toute r&#233;ponse, dans le lointain, et &#224; travers le filtre d'un de ses collaborateurs, qu'un grognement exc&#233;d&#233; et r&#233;probateur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Loi &#201;lan : droit dans le mur...</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Loi-Elan-droit-dans-le-mur</link>
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		<dc:date>2018-12-27T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Tomagnetik</dc:subject>
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		<dc:subject>fin juillet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Adopt&#233;e d&#233;finitivement le 18 octobre, la loi sur l'&#233;volution du logement, de l'am&#233;nagement et du num&#233;rique &#233;tait d&#233;j&#224; bien connue pour ses atteintes &#224; la protection du littoral et au logement des personnes handicap&#233;es. Il nous restait &#224; appr&#233;cier ses mesures anti-squatteurs et hostiles aux &#171; derniers de cord&#233;e &#187; en g&#233;n&#233;ral... *** Les s&#233;nateurs (LR) n'y &#233;taient pas all&#233;s de main morte en premi&#232;re lecture du projet de loi &#201;lan, fin juillet. Mohamed Ragoubi, vice-pr&#233;sident de l'association (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no170-novembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;170 (novembre 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fin-juillet" rel="tag"&gt;fin juillet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Adopt&#233;e d&#233;finitivement le 18 octobre, la loi sur l'&#233;volution du logement, de l'am&#233;nagement et du num&#233;rique &#233;tait d&#233;j&#224; bien connue pour ses atteintes &#224; la protection du littoral et au logement des personnes handicap&#233;es. Il nous restait &#224; appr&#233;cier ses mesures anti-squatteurs et hostiles aux &#171; derniers de cord&#233;e &#187; en g&#233;n&#233;ral...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2708 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-968-17932.jpg?1782644161' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Lise Lacombe
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les s&#233;nateurs&lt;/strong&gt; (LR) n'y &#233;taient pas all&#233;s de main morte en premi&#232;re lecture du projet de loi &#201;lan, fin juillet. Mohamed Ragoubi, vice-pr&#233;sident de l'association Appuii&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Appuii comme &#171; Alternatives pour des projets urbains ici et &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; et responsable du Dal-HLM (Droit au logement), se souvient surtout de la fa&#231;on dont ils avaient amend&#233; l'article 58 ter. &#171; &lt;i&gt;Ils voulaient criminaliser tous les occupants sans titre, du squatteur au sous-locataire h&#233;berg&#233; dans l'urgence et non d&#233;clar&#233; : un an de prison et 15 000&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#8364;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;d'amende apr&#232;s une expulsion express.&lt;/i&gt; &#187; Voulaient ? On touche ici &#224; une autre joyeuset&#233; du texte. Fin septembre, les arrangements de derni&#232;re minute ont &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;s dans le secret d'une commission mixte paritaire pour &#233;viter une deuxi&#232;me lecture (publique) du projet l&#233;gislatif devant l'Assembl&#233;e nationale. &#171; &lt;i&gt;On a fait un travail de suivi autour de la loi pendant sept mois et on a beaucoup mobilis&#233; dans toutes les villes, y compris en allant interpeller directement les &#233;lus&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise Mohamed Ragoubi.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jeter plus facilement les gens &#224; la rue&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : dans un communiqu&#233;, les s&#233;nateurs admettent qu'ils ont d&#251; en rabattre tout en plastronnant sans vergogne. Nous avons &#171; &lt;i&gt;favoris&#233; la lutte contre les squats en supprimant la possibilit&#233; pour les squatteurs d'un domicile de b&#233;n&#233;ficier d'une part, du d&#233;lai de deux mois entre le commandement de quitter les lieux et la mise en &#339;uvre effective de l'expulsion et d'autre part, de la tr&#234;ve hivernale&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Communiqu&#233; du 20 septembre 2018.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. S&#233;rieusement, ces bourgeois cacochymes se r&#233;jouissent de pouvoir jeter plus facilement des gens &#224; la rue ? &#171; &lt;i&gt; Et ce n'est qu'une goutte d'eau dans l'oc&#233;an glac&#233; de leur &#233;go&#239;sme,&lt;/i&gt; poursuit Mohamed Ragoubi. &lt;i&gt;Bail ultra-pr&#233;caire d'une dur&#233;e d'un &#224; dix mois rebaptis&#233; &#8220; mobilit&#233; &#8221; dans la novlangue macronienne, r&#233;siliation du bail de plein droit quand l'un des habitants d'un logement a &#233;t&#233; condamn&#233; pour usage ou trafic de stup&#233;fiant, r&#233;tablissement de p&#233;nalit&#233;s arbitraires en cas de retard de loyer.&lt;/i&gt; &#187; Seule cette derni&#232;re disposition n'a pas &#233;t&#233; reprise dans la version finale d'un texte qui ressemble fort &#224; une d&#233;claration de guerre &#224; l'encontre des locataires les plus pr&#233;caires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camille&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, participant &#224; un collectif d'info sur la loi &#201;lan et les squats &#224; Marseille, envisage les d&#233;g&#226;ts &#224; venir. &#171; &lt;i&gt;M&#234;me sans criminalisation des pratiques, la loi va rendre plus vuln&#233;rables toutes les tentatives d'occupation ; une vuln&#233;rabilit&#233; qui p&#232;sera encore plus fort sur les plus fragiles d'entre elles, notamment celles avec les sans-papiers.&lt;/i&gt; &#187; Son constat sur la situation &#224; Marseille ne r&#233;chauffe gu&#232;re l'ambiance : &#171; &lt;i&gt;Plus aucun squat politique sur la ville et des squats d'habitation de plus en plus rares. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rare concession dans cette litanie d'avanies : l'aggravation des peines encourues par les marchands de sommeil. &#171; &lt;i&gt;C'est bien s&#251;r une bonne chose mais, avec la possibilit&#233; accord&#233;e aux bailleurs sociaux de vendre un tiers de leur patrimoine, ils peuvent m&#234;me conna&#238;tre une nouvelle prosp&#233;rit&#233;, &lt;/i&gt;commence &#224; expliquer Mohamed Ragoubi.&lt;i&gt; L'exp&#233;rience, comme dans le quartier du Petit Bard &#224; Montpellier, nous a appris que les organismes HLM se s&#233;parent en priorit&#233; des logements les plus v&#233;tustes ; promptement rachet&#233;s par des &lt;/i&gt;&#8220;&lt;i&gt; investisseurs&lt;/i&gt;&#8221;&lt;i&gt; peu scrupuleux, ces appartements repartent dans un circuit locatif souterrain.&lt;/i&gt; &#187; Et de conclure : &#171; &lt;i&gt;Pour v&#233;ritablement en finir avec l'habitat indigne, il manque un million de logements sociaux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Appuii comme &#171; Alternatives pour des projets urbains ici et &#224; l'international &#187;. Voir &lt;a href='https://cqfd-journal.org/En-Appuii-aux-habitants' class=&#034;spip_in&#034;&gt;l'article&lt;/a&gt; qui lui est consacr&#233; dans le dossier &#171; Logement &#187; dans notre &lt;a href='https://cqfd-journal.org/CQFD-no162-fevrier-2018'&gt;n&#176; 162&lt;/a&gt; de f&#233;vrier 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Communiqu&#233; du 20 septembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De la jungle de Calais aux centres de r&#233;pit de Marseille</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/De-la-jungle-de-Calais-aux-centres</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/De-la-jungle-de-Calais-aux-centres</guid>
		<dc:date>2018-02-22T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Evaristo Errante, Anselme Grisoler et Metif Embrene.</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
		<dc:subject>centres</dc:subject>
		<dc:subject>Calais</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;fugi&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Mohamed</dc:subject>
		<dc:subject>CAO</dc:subject>
		<dc:subject>Laurent</dc:subject>
		<dc:subject>limiter consid&#233;rablement</dc:subject>
		<dc:subject>jungle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En mars dernier, l'Observatoire du juge des libert&#233;s et de la d&#233;tention de Marseille (JLD), a re&#231;u la visite de Laurent, militant actif depuis plusieurs ann&#233;es &#224; Calais. Il a livr&#233; un t&#233;moignage amer et d&#233;solant, corroborant les nombreux r&#233;cits de migrants d&#233;j&#224; recueillis par l'observatoire du JLD. Tous font &#233;tat de d&#233;placements forc&#233;s de Calais &#224; Marseille (107 personnes au 30 novembre 2015) et d'enfermements dans le Centre de r&#233;tention (CRA) du Canet, &#224; la suite du d&#233;mant&#232;lement de la zone (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no144-juin-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;144 (juin 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/centres" rel="tag"&gt;centres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Calais" rel="tag"&gt;Calais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/refugies" rel="tag"&gt;r&#233;fugi&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mohamed" rel="tag"&gt;Mohamed&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CAO" rel="tag"&gt;CAO&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Laurent" rel="tag"&gt;Laurent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/limiter-considerablement" rel="tag"&gt;limiter consid&#233;rablement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jungle" rel="tag"&gt;jungle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En mars dernier, l'Observatoire du juge des libert&#233;s et de la d&#233;tention de Marseille (JLD)&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un groupe b&#233;n&#233;vole qui observe les d&#233;cisions li&#233;es &#224; la d&#233;tention des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, a re&#231;u la visite de Laurent, militant actif depuis plusieurs ann&#233;es &#224; Calais. Il a livr&#233; un t&#233;moignage amer et d&#233;solant, corroborant les nombreux r&#233;cits de migrants d&#233;j&#224; recueillis par l'observatoire du JLD. Tous font &#233;tat de d&#233;placements forc&#233;s de Calais &#224; Marseille (107 personnes au 30 novembre 2015) et d'enfermements dans le Centre de r&#233;tention (CRA) du Canet, &#224; la suite du d&#233;mant&#232;lement de la zone sud de la &#171; jungle &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis octobre, le gouvernement veut &#171; d&#233;sengorger la jungle &#187; de Calais en r&#233;partissant les r&#233;fugi&#233;s sur le territoire fran&#231;ais, pour limiter consid&#233;rablement leur nombre sur place. Ils &#233;taient encore 8 000 avant l'automne. Pour Laurent, &#171; &lt;i&gt;cela s'est fait dans le chaos et avec une r&#233;flexion minimale de la part des autorit&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. La strat&#233;gie de dispersion est complexe. D'une part, des interventions muscl&#233;es ont conduit &#224; la d&#233;portation de r&#233;fugi&#233;s (dont des nationalit&#233;s prot&#233;g&#233;es non expulsables) vers les CRA. D'autre part, les r&#233;fugi&#233;s ont &#233;t&#233; incit&#233;s par des repr&#233;sentants de l'&#201;tat &#224; rejoindre l'un des Centres d'accueil et d'orientation (CAO).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Centres de r&#233;pit &#187;, quel nom &#233;trange...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, 134 CAO, aussi appel&#233;s &#171; centres de r&#233;pit &#187; sont ouverts dans 76 d&#233;partements. Le ministre de l'Int&#233;rieur Cazeneuve a d&#233;clar&#233; vouloir offrir aux habitants de la &#171; jungle &#187; la possibilit&#233; de &#171; &lt;i&gt;reconsid&#233;rer leur projet d'immigration au Royaume-Uni&lt;/i&gt; &#187;. Des affiches et des tracts expliquant &#171; &lt;i&gt;qu'aucune d&#233;cision ne serait prise contre&lt;/i&gt; [leur] &lt;i&gt;volont&#233;&lt;/i&gt; &#187; avaient &#233;t&#233; placard&#233;s partout dans la &#171; jungle &#187;. L'accueil en CAO a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; comme une grande opportunit&#233;. Il donnait la possibilit&#233; de demander l'asile et d'esp&#233;rer une installation p&#233;renne en France, m&#234;me pour les &#171; dublin&#233;s&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Personnes soumises au r&#232;glement europ&#233;en &#171; Dublin&#8239;III &#187; qui permet au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;. Des bus sp&#233;ciaux ont &#233;t&#233; affr&#233;t&#233;s &#224; cet effet, dans lesquels les gens montaient sans &#234;tre inform&#233;s de leur destination&#8230; Finalement, au 21 mars, 3 215&#8239;personnes (surtout des Soudanais (38&#8239;%), des Afghans (20&#8239;%), et des Irakiens (17&#8239;%), souvent isol&#233;s) avaient &#233;t&#233; conduites &#224; accepter de partir de Calais pour rejoindre l'un des centres. Les promesses de &#171; r&#233;pit &#187; clam&#233;es haut et fort ont pourtant &#233;t&#233; souvent trahies. Nombre de migrants ont &#233;t&#233; reconduits vers le pays europ&#233;en o&#249; leurs empreintes avaient &#233;t&#233; prises pr&#233;c&#233;demment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Marseille, c'est cette histoire que Mohamed, de nationalit&#233; soudanaise, a v&#233;cue directement. Il est arriv&#233; dans l'Union europ&#233;enne par l'Italie, o&#249; la police l'a violemment contraint &#224; d&#233;poser ses empreintes. Mohamed a travers&#233; la France jusqu'&#224; Calais afin de rejoindre l'Angleterre. Il a &#233;t&#233; plac&#233; dans le CAO de Mulhouse, faisant confiance &#224; la promesse du pr&#233;fet du Pas-de-Calais d'une installation possible. On lui a &#233;galement affirm&#233; qu'il pourrait demander l'asile. Un avenir en France entrevu, puis une r&#233;alit&#233; qui s'av&#232;re beaucoup plus crue : il est vite renvoy&#233; en Italie o&#249; il s'arrange pour qu'on perde sa trace. De retour en France, il se fait contr&#244;ler &#224; la gare Saint-Charles de Marseille. Le nombre de contr&#244;les d'identit&#233; ne cesse d'augmenter depuis que l'&#233;tat d'urgence est en place. Voil&#224; Mohamed enferm&#233; au CRA du Canet. Puis, suite &#224; deux tentatives de renvoi en Italie auxquelles il s'oppose, il se retrouve plac&#233; en garde &#224; vue, et passe en comparution imm&#233;diate devant le juge pour entrave &#224; l'ex&#233;cution d'une mesure d'&#233;loignement. L'audience &#233;tant report&#233;e, ce dangereux sp&#233;cimen de homo migrantis reste trois longues semaines en d&#233;tention pr&#233;ventive &#224; la maison d'arr&#234;t de Luynes. Le 13&#8239;avril, le juge lui accorde une assignation &#224; r&#233;sidence jusqu'&#224; l'audience du 18&#8239;juillet, durant laquelle il sera statu&#233; s'il &#171; m&#233;rite &#187; entre trois mois et trois ans de prison ferme avec, &#224; terme, une interdiction du territoire fran&#231;ais et un renvoi au Soudan. Un pays qu'il a pourtant fui pour &#233;chapper &#224; la d&#233;tention arbitraire dont il &#233;tait victime&#8230; Ironie du sort, en trois mois de s&#233;jour, Mohamed a acquis une profonde expertise en mati&#232;re d'enfermement en France et en Europe, sans avoir jamais pu d&#233;poser une demande d'asile !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il faut bien comprendre que l'arriv&#233;e en CAO est &#233;quivalent &#224; une loterie&lt;/i&gt; &#187;, nous dit Laurent. On peut bien tomber (dans une pr&#233;fecture compr&#233;hensive et favorable &#224; l'arriv&#233;e de r&#233;fugi&#233;s) ou tr&#232;s mal (et c'est le renvoi, soit &#224; la fronti&#232;re, soit dans un pays en guerre). La pr&#233;fecture a toute la latitude possible dans ces choix en mati&#232;re de traitement des dossiers et des proc&#233;dures de demande d'asile des personnes accueillies en CAO d&#233;barquant de Calais. &#171; &lt;i&gt;Au vu du peu d'informations re&#231;ues par le gouvernement, certains pr&#233;fets ont d&#233;cid&#233; de ne pas tenir compte de Dublin III et proposent aux migrants d'introduire une demande d'asile aupr&#232;s de l'Ofpra (Office fran&#231;ais de protection des r&#233;fugi&#233;s et apatrides).&lt;/i&gt; &#187; L'application de ce r&#232;glement n'est en effet pas obligatoire : on y souscrit par exemple &#224; la sous-pr&#233;fecture de Brian&#231;on, pas dans les Bouches-du-Rh&#244;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Tout se fait dans la pr&#233;cipitation&lt;/i&gt; &#187;, poursuit Laurent qui pendant plusieurs semaines a fait le tour de ces centres &#224; la recherche d'informations pr&#233;cises sur les conditions d'accueil et le suivi des personnes. &#171; &lt;i&gt;Les responsables n'ont pas forc&#233;ment les comp&#233;tences pour une telle gestion.&lt;/i&gt; &#187; Un march&#233; public r&#233;git l'octroi de l'administration des CAO. Certaines associations choisies n'ont jamais travaill&#233; avec des r&#233;fugi&#233;s, d'autres sont expertes du logement d'urgence (on peut comprendre le lien), ou bien de la prise en charge de personnes handicap&#233;es (on comprend moins&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Istres par exemple, le CAO est g&#233;r&#233; par l' Association pour la formation professionnelle des adultes (Afpa). Vingt&#8239;personnes, dont quatorze&#8239;&#171; dublin&#233;es &#187;, ont d'abord &#233;t&#233; accueillies. Quarante&#8239;Soudanais et sept&#8239;Syriens sont arriv&#233;s ensuite. Parmi eux, quatre mineurs ont &#233;t&#233; orient&#233;s vers l'Aide sociale &#224; l'enfance (ASE). Certains adultes ont &#233;t&#233; expuls&#233;s vers l'Italie. &#192; Istres comme au niveau national, les CAO ne sont ainsi pas une alternative cr&#233;dible pour les &#171; dublin&#233;s &#187;, qui craignent leur retour forc&#233; vers le premier pays d'entr&#233;e en Europe. &#171; &lt;i&gt;Finalement, 25&#8239;% des personnes repartent &#224; Calais apr&#232;s leur passage en CAO&lt;/i&gt; &#187;, selon Laurent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie de dispersion de la &#171; jungle &#187; mise en place par l'&#201;tat via les CAO est au final peu efficace. M&#234;me constat pour les d&#233;portations vers les CRA (Marseille, Mesnil, Metz, N&#238;mes, Rouen, Toulouse, Vincennes). La quasi-totalit&#233; des personnes a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e apr&#232;s &#234;tre pass&#233;e devant le JLD. Des quelque 1 500 personnes enferm&#233;es &#224; partir de la fin du mois d'octobre 2015, plus de 96&#8239;%&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'illusion de la dispersion des exil&#233;s &#187;, Causes Communes, n&#176;87, Janvier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; ont &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;es au bout du cinqui&#232;me jour de r&#233;tention, faute de fondement juridique, pour justifier l'enfermement, et du fait de vices de proc&#233;dure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour aller plus loin, voir le &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Themas-Migrants&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Thema : Migrants&lt;/a&gt; de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Un groupe b&#233;n&#233;vole qui observe les d&#233;cisions li&#233;es &#224; la d&#233;tention des &#233;trangers ill&#233;galis&#233;s en France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Personnes soumises au r&#232;glement europ&#233;en &#171; Dublin&#8239;III &#187; qui permet au pr&#233;fet de renvoyer un demandeur d'asile dans le pays par lequel il est arriv&#233; dans l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; L'illusion de la dispersion des exil&#233;s &#187;,&lt;i&gt; Causes Communes&lt;/i&gt;, n&#176;87, Janvier 2016 (&#233;dit&#233; par la Cimade).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Pirate malgr&#233; lui</title>
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		<dc:date>2018-01-19T07:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


		<dc:subject>Thomas Azu&#233;los</dc:subject>
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&lt;p&gt;Rencontre &#224; Marseille avec Thomas Azuelos, l'un des deux auteurs de la bande dessin&#233;e L'Homme aux bras de mer, parue aux &#233;ditions Futuropolis. &#171; C'est un travail atypique de documentaire commenc&#233; par Simon &#187;, me raconte un Thomas Azuelos encore tout d&#233;braill&#233;, install&#233; &#224; une table d'un rade du quartier de La Plaine. Le dessinateur parle de Simon Rochepeau, le sc&#233;nariste de L'Homme aux bras de mer. Celui-ci a commenc&#233; &#224; plancher sur le sujet en 2013, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; alert&#233; par un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no159-novembre-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;159 (novembre 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Thomas-Azuelos" rel="tag"&gt;Thomas Azu&#233;los&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Plaine" rel="tag"&gt;Plaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mohamed" rel="tag"&gt;Mohamed&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Simon" rel="tag"&gt;Simon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Thomas-Azuelos-8213" rel="tag"&gt;Thomas Azuelos&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Simon-Rochepeau-8254" rel="tag"&gt;Simon Rochepeau&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/documentaire-commence" rel="tag"&gt;documentaire commenc&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travail-atypique" rel="tag"&gt;travail atypique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un-rade" rel="tag"&gt;d'un rade&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Azuelos" rel="tag"&gt;Azuelos&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/communaute-Emmaus" rel="tag"&gt;communaut&#233; Emma&#252;s&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rencontre &#224; Marseille avec &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Thomas-Azuelos&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Thomas Azuelos&lt;/a&gt;, l'un des deux auteurs de la bande dessin&#233;e &lt;i&gt;L'Homme aux bras de mer&lt;/i&gt;, parue aux &#233;ditions Futuropolis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1992 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH548/-280-0f9ea.jpg?1782644165' width='400' height='548' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Thomas Azuelos.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est un travail atypique de documentaire commenc&#233; par Simon&lt;/i&gt; &#187;, me raconte un Thomas Azuelos encore tout d&#233;braill&#233;, install&#233; &#224; une table d'un rade du quartier de La Plaine. Le dessinateur parle de Simon Rochepeau, le sc&#233;nariste de &lt;i&gt;L'Homme aux bras de mer.&lt;/i&gt; Celui-ci a commenc&#233; &#224; plancher sur le sujet en 2013, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; alert&#233; par un journaliste suivant le proc&#232;s &#224; Rennes de trois pirates somaliens. Pourquoi Rennes ? Parce que l'unit&#233; de la marine nationale qui est intervenue en 2009 sur le &lt;i&gt;Tanit&lt;/i&gt;, voilier pris en otage au large de la Somalie, venait de Bretagne. Il s'agissait des commandos de marine de Lorient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Mohamed Mahamoud, le personnage principal de notre bande dessin&#233;e, &#233;tait le seul a parler quelques mots de fran&#231;ais. Et Simon a senti que ce pirate &#233;tait un peu accompagn&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Le sc&#233;nariste a alors rencontr&#233; ses soutiens : Maryvonne, Mina (de Un Toit pour tous, une association qui loge les r&#233;fugi&#233;s sans droit en Bretagne) et un bon avocat commis d'office. &#171; &lt;i&gt;Il lui a rendu visite en prison et en a tir&#233; un texte litt&#233;raire, un palimpseste choral racont&#233; par plusieurs personnages. J'ai ensuite r&#233;alis&#233; un storyboard &#224; partir de ses longs monologues po&#233;tiques, et on l'a envoy&#233; aux personnages pour approbation. M&#234;me le mari de Maryvonne, Roger, a accept&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Ce dernier n'est pourtant pas forc&#233;ment bien trait&#233; dans la BD : il y incarne plut&#244;t le beauf de l'histoire et porte le discours du fran&#231;ais moyen. Ce qui permet de comprendre le plaidoyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re partie du livre &#233;voque l'attaque du &lt;i&gt;Tanit&lt;/i&gt; puis la prison, tandis que la seconde phase se d&#233;roule au sein de la communaut&#233; Emma&#252;s de R&#233;d&#233;n&#233;, qui a accueilli Mohamed &#224; sa sortie de taule. Thomas Azuelos s'y est rendu, et a aussi pass&#233; deux semaines dans la communaut&#233; Emma&#252;s Saint-Marcel, &#224; Marseille, pour comprendre le recyclage et la vie des compagnons. &#192; R&#233;d&#233;n&#233;, ceux-ci n'ont pas toujours &#233;t&#233; tendres avec Mohamed. C'est plus qu'une fraternit&#233; bourrue. Le racisme est parfois fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Mohamed est un personnage qui glisse, emport&#233; par les &#233;v&#233;nements, d'une prison &#224; l'autre.&lt;/i&gt; &#187; Ce qui explique le choix du travail &#224; l'aquarelle dans l'album. &#171; &lt;i&gt;Avec ma palette graphique, j'ai cr&#233;&#233; une typographie pour les textes. Je l'ai ensuite imprim&#233;e en A3, avant de la reprendre sur une table lumineuse avec un mauvais papier qui boit beaucoup. Je voulais qu'on sente la flotte.&lt;/i&gt; &#187; Quelques planches sont r&#233;alis&#233;es &#224; la plume, mais tout le travail d'Azuelos tient dans cette glissade vers le malheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a fallu un an de travail acharn&#233; au dessinateur pour boucler ces 141 pages, qui racontent aussi la naufrage d'un pays subissant les ravages du capitalisme. La Somalie et ses c&#244;tes sont devenues le d&#233;versoir des d&#233;chets toxiques du monde entier, la p&#234;che industrielle a conduit les p&#234;cheurs &#224; se faire flibustiers et un tsunami a parachev&#233; l'horreur. L'itin&#233;raire du pirate Mohamed donne &#224; cette histoire une couleur d'amertume, un je-ne-sais-quoi d'existence g&#226;ch&#233;e par le march&#233;. Une histoire de bras de m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1991 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-279.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH679/-279-d4afd.jpg?1783384992' width='500' height='679' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Thomas Azuelos.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Passeur de vins</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Passeur-de-vins</link>
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		<dc:date>2014-07-09T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Julien Tewfiq</dc:creator>


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		<dc:subject>Mohamed Kably</dc:subject>
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		<dc:subject>Kably rechigne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au d&#233;but, Mohamed Kably rechigne &#224; r&#233;pondre &#224; nos questions. Il n'a pas le temps : trop de travail pour pr&#233;parer l'ouverture du bistrot-resto de La Passerelle . Et il est fatigu&#233;. On insiste un peu. Dans un bougonnement, il accepte de r&#233;pondre &#224; une ou deux questions, juste le temps de fumer une clope en terrasse. Une heure plus tard, Kably est toujours l&#224;, &#224; tailler le bout de gras &#224; propos des vins &#171; nature &#187; ou de tel vigneron &#171; qu'est aussi un copain &#187;. L'envoy&#233; de CQFD, lui, se r&#233;gale (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;but, Mohamed Kably rechigne &#224; r&#233;pondre &#224; nos questions. Il n'a pas le temps : trop de travail pour pr&#233;parer l'ouverture du bistrot-resto de La Passerelle&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au 25 rue des Trois Mages, 13006 Marseille.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Et il est fatigu&#233;. On insiste un peu. Dans un bougonnement, il accepte de r&#233;pondre &#224; une ou deux questions, juste le temps de fumer une clope en terrasse. Une heure plus tard, Kably est toujours l&#224;, &#224; tailler le bout de gras &#224; propos des vins &#171; nature &#187; ou de tel vigneron &#171; &lt;i&gt;qu'est aussi un copain&lt;/i&gt; &#187;. L'envoy&#233; de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, lui, se r&#233;gale d'un petit ros&#233; bien frais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kably a ouvert La Passerelle en 1995, dans l'ancien bureau de poste de la rue des Trois-Mages. Au d&#233;but, l'espace &#233;tait partag&#233; entre activit&#233; limonadi&#232;re et boutique BD. Petit &#224; petit, l'id&#233;e a germ&#233; de transformer l'endroit en bar &#224; vins naturels, concept inconnu &#224; Marseille. &#171; &lt;i&gt;C'est par acquis de conscience que je voulais proposer des vins &#8220;nature&#8221;&lt;/i&gt;, explique-t-il.&lt;i&gt; Je voulais proposer des bonnes choses, propres, qui ne font pas mal &#224; la t&#234;te. Mais aussi, par passion, hein. Par amour !&lt;/i&gt; &#187;
Mais &#231;a ne s'est pas fait en un jour. Car &#224; l'&#233;poque, il y avait tr&#232;s peu de vignerons en vins naturels. &#171; &lt;i&gt;Au d&#233;but, je bossais avec la clique du Beaujolais, puis la clique de Loire et quelques vignerons du Sud, surtout en Languedoc-Roussillon. C'&#233;tait sympa. &#199;a fonctionnait &#224; base de rencontres, de discussions, et puis de proche en proche&#8230; Un vigneron me parlait d'un coll&#232;gue qui &#233;tait aussi en vin naturel et voil&#224;. Mais &#231;a m'a pris des ann&#233;es avant d'avoir une carte cons&#233;quente. Mais que du vin nature.&lt;/i&gt; &#187; Kably pr&#233;cise qu'aujourd'hui &#231;a reste toujours difficile, qu'il n'y a toujours pas tellement de vignerons &#171; naturels &#187;, que beaucoup se plantent avant de r&#233;ussir, au bout de quelques ann&#233;es, &#224; faire leur vin.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1096 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH350/p7--vin120-10-a1a39.jpg?1782638346' width='400' height='350' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Lasserpe.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La plus grande satisfaction de Kably et de l'&#233;quipe de La Passerelle, c'est sans doute d'avoir fait d&#233;couvrir et aimer ces vins naturels d&#233;nich&#233;s &#224; travers la France. S'il le pouvait, il voudrait bien &#171; &lt;i&gt;tout faire en naturel, la bouffe, le bois, les sacs plastiques. Mais je suis pas un puriste, hein ! Je peux tr&#232;s bien aussi boire un bon vin m&#234;me pas naturel. Je veux pas &#234;tre pr&#233;tentieux et dire aux gens ce qu'ils doivent boire. C'est comme pour la religion : chacun son truc. Pas de pros&#233;lytisme.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, il n'aime pas vraiment tirer la couverture &#224; lui, le Kably. Quand on cherche &#224; conna&#238;tre son parcours, il pr&#233;f&#232;re parler de &#171; &lt;i&gt;l'&#233;quipe&lt;/i&gt; &#187;. Tout le monde est important : Hayet, sa compagne, Rabih et Daniel qui servent, et le cuistot qui s'est form&#233; sur place et qui s'y pla&#238;t. &#171; &lt;i&gt;Voil&#224;, c'est l'&#233;quipe, avec moi, &#231;a fait les cinq piliers de La Passerelle. C'est important de le dire, hein ? C'est avant tout une &#233;quipe.&lt;/i&gt; &#187;
Et les clients ? Des gens du quartier, mais aussi des touristes qui viennent avec l'adresse en poche. &#171; &lt;i&gt;Mais c'est tr&#232;s vari&#233;. Les gens viennent pour toutes sortes de raison, pas que pour le vin naturel. Pour manger, pour l'ambiance, pour les filles. Les filles adorent le vin naturel&lt;/i&gt;, glisse Kably dans un sourire. &lt;i&gt;Et d'ailleurs, beaucoup de vigneronnes se lancent dans le vin naturel, maintenant. C'est moins masculin. Et puis il y a aussi plein de gens politis&#233;s, plein de mouvements. Des alternatifs, des gens du NPA, des anars. Des fois ils se r&#233;unissent ici. Pour moi, c'est important, c'est une question de sensibilit&#233;. &lt;/i&gt; &#187; Et Kably d'expliquer que les vignerons qui abandonnent les certifications en bio, les appellations contr&#244;l&#233;es, pour se mettre en vin naturel, pour faire le vin qu'ils veulent vraiment faire, pour lui, c'est quand m&#234;me bien le signe que ce sont des anars dans l'&#226;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on souligne qu'on appr&#233;cie que &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; soit en bonne place sur le comptoir, il rigole et dit : &#171; &lt;i&gt;C'est un plaisir pour moi ! Et de toute fa&#231;on, on n'ach&#232;te pas Le Figaro ici ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La suite du dossier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Vins-libertaires-et-bieres&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rep&#232;res de Bacchus&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le vin nature est une goutte de vin dans un &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Le-vin-nature-est-une-goutte-de&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;oc&#233;an de produits &#339;notechniques&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/En-vin-et-contre-tout&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En vin et contre tout&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Au 25 rue des Trois Mages, 13006 Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Br&#232;ves du 106</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Breves-du-106</link>
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		<dc:date>2012-12-17T09:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>En bref</dc:subject>
		<dc:subject>Mohamed</dc:subject>
		<dc:subject>Mohamed Morsi</dc:subject>
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		<dc:subject>nouveau pharaon</dc:subject>
		<dc:subject>oublier l'in&#233;puisable</dc:subject>
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		<dc:subject>politique autoritaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chars et charia &gt; Aux cris de &#171; Le peuple veut la chute du r&#233;gime &#187;, &#171; Les Fr&#232;res musulmans sont des menteurs &#187;, &#171; Morsi, nouveau pharaon &#187;, sans oublier l'in&#233;puisable &#171; D&#233;gage ! &#187;, les dizaines de milliers de manifestants &#233;gyptiens, qui d&#233;non&#231;aient la politique autoritaire du pr&#233;sident Mohamed Morsi, ont r&#233;ussi &#224; ne le faire reculer que sur le d&#233;cret qui devait lui accorder des pouvoirs exceptionnels. Pour autant, il a maintenu le r&#233;f&#233;rendum destin&#233; &#224; islamiser la constitution tout en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/president-Mohamed" rel="tag"&gt;pr&#233;sident Mohamed&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/peuple-veut" rel="tag"&gt;peuple veut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/politique-autoritaire" rel="tag"&gt;politique autoritaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chars et charia &gt;&lt;/strong&gt; Aux cris de &#171; Le peuple veut la chute du r&#233;gime &#187;, &#171; Les Fr&#232;res musulmans sont des menteurs &#187;, &#171; Morsi, nouveau pharaon &#187;, sans oublier l'in&#233;puisable &#171; D&#233;gage ! &#187;, les dizaines de milliers de manifestants &#233;gyptiens, qui d&#233;non&#231;aient la politique autoritaire du pr&#233;sident Mohamed Morsi, ont r&#233;ussi &#224; ne le faire reculer que sur le d&#233;cret qui devait lui accorder des pouvoirs exceptionnels. Pour autant, il a maintenu le r&#233;f&#233;rendum destin&#233; &#224; islamiser la constitution tout en redonnant des pouvoirs de police &#224; l'arm&#233;e, au risque d'encourager les soldats &#224; d'&#233;ventuelles fraternisations avec les contestataires. Une situation qui confirme ce qu'on savait d&#233;j&#224; : en &#201;gypte comme en Tunisie, les islamistes sont des faux fr&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cocorico lat&#233;ral &gt;&lt;/strong&gt; Isra&#235;l et la France se font la guerre sur le march&#233; mondial de la d&#233;fense, o&#249; leurs ventes d'armement se talonnent de peu. Pour l'ann&#233;e 2011, l'hexagone conserve, avec ses 6,5 milliards d'euros d'armes vendues &#8211; soit une progression de 27% &#8211; sa quatri&#232;me place mondiale (loin) derri&#232;re les USA, la Russie et le Royaume-Uni. L'&#201;tat h&#233;breu, lui, arrive vaillamment &#224; la cinqui&#232;me place, notamment gr&#226;ce &#224; son savoir-faire en mati&#232;re de drones. Une saine concurrence, &#171; libre et non fauss&#233;e &#187;, qui ne laissera pas de marbre les populations survivant sous les bombes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Feu de Bengale &gt;&lt;/strong&gt; L'incendie de l'usine textile Tazreen Fashion, le 24 novembre au Bangladesh, a caus&#233; la mort de cent onze travailleurs. En cause, des normes de s&#233;curit&#233; pi&#233;tin&#233;es : un b&#226;timent de sept &#233;tages con&#231;u pour n'en soutenir que trois, des issues de secours en cul-de-sac, etc. La Clean Clothes Campaign estime que plus de sept cents esclaves de ces &lt;i&gt;sweatshops&lt;/i&gt; (&#171; usines &#224; sueur &#187;) ont p&#233;ri dans les flammes depuis 2006. Outre des indemnisations, les ouvriers exigent que les dirigeants soient jug&#233;s. Jets de pierres, barricades, bagarres avec la police : la capitale bengalaise vit depuis au rythme d'affrontements quotidiens. Wal-Mart, Carrefour, Disney et autres firmes gourmandes en fringues made in Bangladesh ont d&#233;clin&#233; toute responsabilit&#233; : il ne s'agirait que de regrettables catastrophes dont sont coutumi&#232;res ces contr&#233;es arri&#233;r&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Productivit&#233; &gt;&lt;/strong&gt; Les spermatozo&#239;des des Fran&#231;ais sont au plus bas. Alors qu'en 1989 leur concentration &#233;tait de 73,6 millions/ml, elle vient de tomber &#224; 49,9 millions. Encore un secteur d'activit&#233; o&#249; le minist&#232;re du Redressement productif se r&#233;v&#232;le impuissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Toujours &#224; l'ombre &gt;&lt;/strong&gt; Georges Ibrahim Abdallah reste enchrist&#233; &#224; Lannemezan (Hautes-Pyr&#233;n&#233;es), malgr&#233; une d&#233;cision favorable du tribunal d'application des peines. Le parquet a encore fait appel, alors que sa peine de s&#251;ret&#233; prenait fin en 1999. Arr&#234;t&#233; en 1984, ce militant libanais du Front populaire de lib&#233;ration de la Palestine a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; perp&#233;tuit&#233; pour son implication dans l'assassinat de deux diplomates am&#233;ricain et isra&#233;lien. &lt;i&gt;&#171; L'&#201;tat fran&#231;ais, qu'il soit gouvern&#233; par la &#8220;gauche&#8221; comme par la droite, resterait-t-il inflexible dans son acharnement &#224; punir ce militant r&#233;volutionnaire, parce que celui-ci ose r&#233;sister depuis plus de 28 ans en prison, en gardant intacts ses convictions politiques et son engagement solidaire aux c&#244;t&#233;s des peuples en lutte ? &#187;&lt;/i&gt;, se demande son comit&#233; de soutien. R&#233;ponse le 14 janvier 2013, quand l'appel du militant sera examin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux biscuits de trop &gt;&lt;/strong&gt; Jo&#235;l, 49 ans, dont une trentaine comme chauffeur de nuit pour Intermarch&#233; dans le Tarn-et-Garonne, s'est fait virer, sans pr&#233;avis ni indemnit&#233;, un mois avant No&#235;l. Sa faute ? Avoir mang&#233; deux biscuits r&#233;cup&#233;r&#233;s dans un paquet destin&#233; &#224; la benne. Apr&#232;s que ses coll&#232;gues ont cess&#233; de bosser pendant une journ&#233;e, l'employ&#233; coupable a accept&#233; la proposition de la direction : 20 000 euros d'indemnit&#233; en &#233;change de sa promesse de ne pas aller aux prud'hommes &#8211; le directeur se retranchant confortablement derri&#232;re l'application du r&#232;glement int&#233;rieur. Jo&#235;l peut s'estimer heureux. 20 000 euros&#8230; De quoi s'acheter quantit&#233;s de biscuits qu'il grignotera sur le trottoir apr&#232;s avoir vendu sa maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ardoise radioactive &gt;&lt;/strong&gt; Le 4 d&#233;cembre, la facture concernant la construction du r&#233;acteur EPR &#224; Flamanville (Manche) passait des 3,5 milliards d'euros initiaux &#224; 8,5. Dans la foul&#233;e, le groupe italien de production d'&#233;nergie ENEL d&#233;cidait de se retirer du projet et r&#233;clamait &#224; EDF le remboursement des 613 millions d'euros d&#233;j&#224; investis dans l'affaire. N&#233;anmoins, ce n'est pas parce que la m&#234;me personne, Luc Oursel, est &#224; la fois pr&#233;sident du directoire d'Ar&#233;va et de la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise d'&#233;nergie nucl&#233;aire qu'il ne faut pas croire la d&#233;claration, le m&#234;me jour, de cette derni&#232;re : &lt;i&gt;&#171; Le nucl&#233;aire reste l'&#233;nergie la moins ch&#232;re. &#187;&lt;/i&gt; Mani&#232;re de laisser entendre que le pire reste &#224; venir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rien n'est jou&#233; &gt;&lt;/strong&gt; Lors des soul&#232;vements arabes, les contempteurs occidentaux avaient cri&#233; au loup islamiste. Et c'est avec gourmandise qu'ils s'&#233;taient alors gargaris&#233;s de l'exactitude de leur proph&#233;tie d'un &#171; hiver islamiste &#187;. &lt;i&gt;&#171; Tout &#231;a pour &#231;a &#187;&lt;/i&gt;, disaient-ils ; &lt;i&gt;&#171; Tout continue &#187;&lt;/i&gt;, dirions-nous. En effet, les barbus sont, en &#201;gypte et en Tunisie, de plus en plus critiqu&#233;s et combattus. &#192; Isma&#239;lia, Suez, Port Sa&#239;d et au Caire, mais aussi &#224; Tajerouine, &#224; 200 kilom&#232;tres au sud-ouest de Tunis, les locaux des partis islamistes au pouvoir ont &#233;t&#233; attaqu&#233;s. &#192; Sidi Bouzid, des manifestants d&#233;filent contre Ennahda, et depuis plusieurs semaines, le gouvernorat de Siliana est en &#233;tat de quasi-insurrection, pendant que le syndicat UGTT lance des appels &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Faut que &#231;a d&#233;gage !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Liquidit&#233;s / liquidation &gt;&lt;/strong&gt; Apr&#232;s Mario Draghi, nomm&#233; &#224; la t&#234;te de la Banque centrale europ&#233;enne, Mario Monti, d&#233;sign&#233; comme premier ministre italien ou Lucas Papadermos comme premier ministre grec, ainsi que quelques autres, c'est encore un ancien de la banque de destruction massive Goldman Sachs, Mark Carney, qui a &#233;t&#233; parachut&#233; r&#233;cemment au poste de gouverneur de la Banque d'Angleterre. On se souvient de la fameuse sortie de Lloyd Blankfein, le PDG de Goldman Sachs, qui se vantait de &lt;i&gt;&#171; faire le travail de Dieu &#187;&lt;/i&gt;. Apr&#232;s plus de dix ans de super-pouvoirs m&#233;tastatiques qui ont contribu&#233; &#224; jeter des millions de personnes &#224; la rue, Dieu, camoufl&#233; derri&#232;re le mythe de &#171; la main invisible du march&#233; &#187;, continue visiblement &#224; diss&#233;miner ces l&#233;gions d'archanges au c&#339;ur des cercles dirigeants europ&#233;en. Archanges ou chevaliers de l'Apocalypse ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Suicides au Sud</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Suicides-au-Sud</link>
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		<dc:date>2011-05-12T07:35:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


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&lt;p&gt;Hager, de retour de Sidi Bouzid o&#249; elle s'&#233;tait rendue avec la &#171; caravane de remerciements &#187;, raconte : &#171; Des proches de Mohamed Bouazizi m'ont expliqu&#233; qu'il &#233;tait un parmi tant d'autres jeunes qui se sont suicid&#233;s et se suicident dans la r&#233;gion. Certains se sont jet&#233;s dans des puits. Mais la mani&#232;re de faire la plus r&#233;pandue est de grimper aux pyl&#244;nes &#233;lectriques et de s'accrocher aux c&#226;bles de 30 000 volts. Il y a eu de nombreux morts dans les mois pr&#233;c&#233;dant le geste de Mohamed et les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hager&lt;/strong&gt;, de retour de Sidi Bouzid o&#249; elle s'&#233;tait rendue avec la &#171; caravane de remerciements &#187;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Partis en bus et en voiture depuis plusieurs villes le 6 f&#233;vrier, les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, raconte : &lt;i&gt;&#171; Des proches de Mohamed Bouazizi m'ont expliqu&#233; qu'il &#233;tait un parmi tant d'autres jeunes qui se sont suicid&#233;s et se suicident dans la r&#233;gion. Certains se sont jet&#233;s dans des puits. Mais la mani&#232;re de faire la plus r&#233;pandue est de grimper aux pyl&#244;nes &#233;lectriques et de s'accrocher aux c&#226;bles de 30 000 volts. Il y a eu de nombreux morts dans les mois pr&#233;c&#233;dant le geste de Mohamed et les gens en parlent avec fatalisme. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette immolation est loin d'&#234;tre la premi&#232;re en Tunisie, o&#249;, selon une enqu&#234;te publi&#233;e en 2009, 37 % des jeunes penseraient au suicide. Le 3 mars 2010, Adesslem Trimeche, lui aussi vendeur ambulant qui s'&#233;tait fait confisquer sa charrette, s'&#233;tait immol&#233; &#224; Monastir, ville c&#244;ti&#232;re et touristique. Sa mort avait &#233;t&#233; dissimul&#233;e : hors de question pour le gouvernement de tol&#233;rer une mauvaise publicit&#233; qui aurait &#233;br&#233;ch&#233; l'image paradisiaque du littoral tunisien. Le geste de Mohamed Bouazizi aura rencontr&#233; un autre &#233;cho dans sa r&#233;gion oubli&#233;e et m&#233;pris&#233;e de l'arri&#232;re-pays, o&#249; les liens tribaux demeurent tr&#232;s pr&#233;sents. Le gouvernement traditionnellement m&#233;prisant &#224; l'&#233;gard des populations du Sud a alors totalement sous-estim&#233; les cons&#233;quences de ce drame.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Partis en bus et en voiture depuis plusieurs villes le 6 f&#233;vrier, les participants de ce cort&#232;ge ont &#233;t&#233; re&#231;us par des milliers de Sidibouzidiens sous une banderole proclamant : &lt;i&gt;&#171; Les hommes de la r&#233;volution souhaitent la bienvenue aux hommes libres de Tunisie. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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