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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Cha&#239;ma, d&#233;log&#233;e puis menac&#233;e de mort</title>
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		<dc:creator>Pierre Isnard-Dupuy</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Parce qu'elle d&#233;nonce l'insalubrit&#233; de son logement, dont elle a re&#231;u le plafond sur la figure, Cha&#239;ma Belkhiria est menac&#233;e de mort, de viol et agress&#233;e. De qui viennent ces pressions ? R&#233;guli&#232;rement, Maia, 7 ans, se confie &#224; sa m&#232;re : &#171; Quand je pars &#224; l'&#233;cole, j'ai peur que tu ne reviennes pas vivante &#224; la maison. &#187; &#192; l'&#233;cole, la petite n'y va plus tous les jours, depuis que sa maman et le reste de la famille font l'objet de menaces de mort. Ceux qui s'en prennent &#224; Cha&#239;ma Belkhiria, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/menaces" rel="tag"&gt;menaces&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Parce qu'elle d&#233;nonce l'insalubrit&#233; de son logement, dont elle a re&#231;u le plafond sur la figure, Cha&#239;ma Belkhiria est menac&#233;e de mort, de viol et agress&#233;e. De qui viennent ces pressions ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;R&lt;/span&gt;&#233;guli&#232;rement, Maia, 7 ans, se confie &#224; sa m&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Quand je pars &#224; l'&#233;cole, j'ai peur que tu ne reviennes pas vivante &#224; la maison.&lt;/i&gt; &#187; &#192; l'&#233;cole, la petite n'y va plus tous les jours, depuis que sa maman et le reste de la famille font l'objet de menaces de mort. Ceux qui s'en prennent &#224; Cha&#239;ma Belkhiria, 41 ans, veulent la contraindre &#224; ne plus d&#233;noncer sa situation de victime du mal-logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cha&#239;ma et sa famille font partie des pr&#232;s de 4 000 Marseillais &#233;vacu&#233;s en catastrophe de leur appartement, dans la foul&#233;e de l'effondrement de deux immeubles de la rue d'Aubagne, ayant caus&#233; huit morts le 5 novembre 2018. Le 9 d&#233;cembre 2018, Cha&#239;ma faisait la cuisine dans son appartement du 289 de l'avenue de la Capelette (10&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement), quand le plafond lui est tomb&#233; dessus.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; On viendra te br&#251;ler, toi et tes enfants &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme trop de Marseillais, Cha&#239;ma, son oncle de 75 ans, son fils de 17 ans et Maia ont d'abord &#233;t&#233; h&#233;berg&#233;s &#224; l'h&#244;tel, avant d'obtenir un appartement provisoire. Au printemps, les services de la mairie ont lev&#233; l'arr&#234;t&#233; de p&#233;ril de l'immeuble de l'avenue de la Capelette, alors que les indispensables travaux de r&#233;habilitation n'avaient pas &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s. Le 1&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt; avril, refusant de r&#233;int&#233;grer leurs logements, Cha&#239;ma et une de ses voisines d&#233;butent une gr&#232;ve de la faim. Cha&#239;ma tiendra 68 jours, &#224; l'issue desquels, consid&#233;rablement affaiblie, elle aura perdu une vingtaine de kilos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'elle d&#233;nonce sa situation dans la presse, des menaces de mort et de viol r&#233;currentes arrivent sur sa messagerie vocale. Par exemple le 6 avril : &#171; &lt;i&gt;On viendra te br&#251;ler, toi et tes enfants, la sale Arabe. Si on perd notre logement, c'est &#224; cause de toi, hein, sale pute&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; &#192; d'autres occasions, on l'accuse d'avoir &#233;t&#233; pay&#233;e par des journalistes et on lui ordonne de donner l'argent ainsi gagn&#233; au pr&#233;sident du syndic de son immeuble. Dans d'autres messages, on lui propose 15 000 &#8364; en &#233;change de son silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 avril, alors qu'elle se rend au 289 de l'avenue de la Capelette avec des journalistes, son avocate et la d&#233;put&#233;e LREM Alexandra Louis venue s'enqu&#233;rir de sa situation, Cha&#239;ma est violemment agress&#233;e par une voisine. Trois jours plus tard, la m&#234;me voisine, Rachida K., laisse Cha&#239;ma pour morte sur le trottoir. Le parquet ne retiendra que la premi&#232;re agression, qu'il d&#233;f&#232;re devant le tribunal de police, comme s'il s'agissait d'une vulgaire querelle de voisinage &#8211; le tribunal de police s'occupe des petites affaires relevant de la contravention ; les d&#233;lits, plus graves, sont jug&#233;s par le tribunal correctionnel. Les s&#233;quelles physiques dont souffre Cha&#239;ma, touch&#233;e &#224; l'&#339;il et &#224; la m&#226;choire, sont pourtant irr&#233;m&#233;diables.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une menace depuis une ligne t&#233;l&#233;phonique de la mairie&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les mois suivants, d'autres menaces de Madame K. et de ses proches se produisent &#224; l'encontre de la famille Belkhiria. &#192; chaque fois, Cha&#239;ma porte plainte. Le 14 octobre, l'agresseuse est condamn&#233;e pour son premier m&#233;fait &#224; 1 000 &#8364; d'amende avec sursis et 800 &#8364; de dommage moral. &#192; la sortie de l'audience, dans le couloir, &#171; &lt;i&gt;Madame K. et sa fille ont hurl&#233; en disant qu'elles allaient br&#251;ler Cha&#239;ma et sa famille&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne Pierre Legendarme, psychanalyste et pr&#233;sident de l'association Sant&#233; Sans Fronti&#232;re, qui soutient la d&#233;log&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt; novembre, une nouvelle menace t&#233;l&#233;phonique, &#233;trange : &#171; &lt;i&gt;Si tu refuses les 15 000 &#8364;, on va envoyer ton fils en Syrie, on va venir te violer et te tuer&lt;/i&gt; &#187;, dit une voix d'homme. Lorsque l'on rappelle le num&#233;ro, c'est le standard de la ville de Marseille qui r&#233;pond. Est-ce le fait de quelqu'un qui a acc&#232;s &#224; une ligne t&#233;l&#233;phonique municipale ? un piratage informatique ? Pour l'heure, le myst&#232;re reste entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle fois, Cha&#239;ma part porter plainte au commissariat du 10&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement, cette fois-ci accompagn&#233;e de Pierre Legendarme. Alors qu'elle retourne au guichet d'accueil pour demander quand elle sera re&#231;ue, un agent surgit et lui intime de partir. Il lui fait une cl&#233; de bras en lui donnant des coups aux tibias. &#171; &lt;i&gt;Il me prend par le bras avec une grosse haine&lt;/i&gt; &#187;, se souvient-elle. Pierre Legendarme crie qu'ils porteront plainte pour violence. Le bruit de la pagaille fait descendre le commissaire, qui d&#233;cide de recevoir Cha&#239;ma dans son bureau afin qu'elle d&#233;pose sa plainte. Selon M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; &#201;ric M&#233;ry, l'avocat de Cha&#239;ma, Rachida K. aurait finalement &#233;t&#233; plac&#233;e sous contr&#244;le judiciaire en novembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses questions restent sans r&#233;ponse. Comment expliquer cette longue apathie polici&#232;re et judiciaire ? Qu'est-ce qui motive la violence de Rachida K. ? une peur sinc&#232;re de perdre son logement ? une personne tierce ? Qui sont les auteurs des menaces ? Des marchands de sommeil ? &#171; &lt;i&gt;Moi tout ce que je demande, c'est d'avoir mes droits, d'avoir la paix&lt;/i&gt; &#187;, dit Cha&#239;ma, qui n'oublie pas le sort des milliers de Marseillais d&#233;log&#233;s. Et de tacler plus g&#233;n&#233;ralement les responsables politiques de la crise du logement &#224; Marseille : &#171; &lt;i&gt;Pour eux, on n'est pas des humains. De Macron jusqu'&#224; la mairie : ils sont en train de nous enterrer vivants&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pierre Isnard-Dupuy (Collectif Presse-Papiers)&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; &#192; Marseille, il n'y a pas de mafia &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/A-Marseille-il-n-y-a-pas-de-mafia</link>
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		<dc:date>2016-04-25T06:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>Gilles Favier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Philippe Pujol a re&#231;u le prix Albert Londres 2014 pour sa s&#233;rie d'articles &#171; Quartiers shit &#187;. Il y chroniquait la mis&#232;re et le trafic dans les cit&#233;s. Il publie La Fabrique du monstre aux Ar&#232;nes (2016), o&#249; il met aussi &#224; nu client&#233;lisme politique et p&#232;gre immobili&#232;re. Photo : Gilles Favier, qui publie Marseillais du Nord aux &#233;ditions du Bec en l'air, sortie en mai 2016. Comment passe-t-on de journaliste &#171; provincial &#187; au prix Albert Londres ? Je suis entr&#233; &#224; La Marseillaise en 2003 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/publie-Marseillais" rel="tag"&gt;publie Marseillais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gilles-Favier-9043" rel="tag"&gt;Gilles Favier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Favier" rel="tag"&gt;Favier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bec" rel="tag"&gt;Bec&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Philippe Pujol a re&#231;u le prix Albert Londres 2014 pour sa s&#233;rie d'articles &#171; Quartiers shit &#187;. Il y chroniquait la mis&#232;re et le trafic dans les cit&#233;s. Il publie &lt;i&gt;La Fabrique du monstre&lt;/i&gt; aux Ar&#232;nes (2016), o&#249; il met aussi &#224; nu client&#233;lisme politique et p&#232;gre immobili&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1677 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/la_renaude-40.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/la_renaude-40-f19ee.jpg?1779832958' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Gilles Favier.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Photo : Gilles Favier, qui publie &lt;i&gt;Marseillais du Nord&lt;/i&gt; aux &#233;ditions du Bec en l'air, sortie en mai 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment passe-t-on de journaliste &#171; provincial &#187; au prix Albert Londres ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis entr&#233; &#224; &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quotidien r&#233;gional proche du PCF.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; en 2003 comme localier, puis aux faits-divers en &#233;change d'un CDI. Je trouvais &#231;a marrant de rencontrer du flic, du voyou, mais je n'ai pas de passion sp&#233;ciale pour le fait-divers. J'&#233;cris plut&#244;t de la chronique sociale, surtout pas du polar, comme ont dit certains. J'ai fait un peu de tout, culture, soci&#233;t&#233;, quartiers, mais j'ai toujours &#233;t&#233; priv&#233; de politique, &#224; cause de mon suppos&#233; manque d'engagement pour la cause !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui t'a pouss&#233; &#224; &#233;crire sur les cit&#233;s ? R&#233;volte ? Ambition ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est plus con que &#231;a. Le plaisir et le jeu. Et le hasard. J'avais une colonne qui s'appelait &#171; D&#233;sordre ordinaire &#187;, page 15 &#8211; autonomie totale, &#231;a m'arrangeait. Les lecteurs adoraient mes br&#232;ves d&#233;cal&#233;es, &#231;a les faisait rire. Je bossais avec Myriam Guillaume, qui connaissait mieux les quartiers que moi. Elle &#233;crivait autour de la probl&#233;matique du logement. Moi, le logement, j'en ai rien &#224; battre, c'est les gens qui m'int&#233;ressent. Mais on s'entendait bien, on est deux anciens punks ! On a fait des zooms sur des quartiers oubli&#233;s, comme le Petit S&#233;minaire en 2004. Jusqu'&#224; ce qu'elle l&#232;ve le pied, apr&#232;s une agression &#224; la cit&#233; des Micocouliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et une fois seul, qu'as-tu fait ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2011, arrive le pr&#233;fet Gard&#232;re, une cr&#233;ature non ma&#238;tris&#233;e de Sarkozy. Sous Sarko, m&#234;me si je sais que la police n'est pas la solution, les effectifs avaient tellement fondu que &#231;a devenait grave. &#199;a a jou&#233; dans l'&#233;mergence du chaos actuel. &#199;a, et la r&#233;volte des banlieues en 2005. Alors que les quartiers de France &#233;taient en feu, ici il y a eu 136% d'augmentation des braquages. Au lieu de br&#251;ler la bagnole du voisin, on se lan&#231;ait dans le braquage de proximit&#233; pour dire &#224; sa mani&#232;re &#171; je suis pas content &#187;. Une forme de r&#233;volte inconsciente. Gard&#232;re faisait le cow-boy, du coup je l'ai align&#233;. J'en ai fait un portrait &#224; charge, titr&#233; &#171; Fier-&#224;-bras &#187;. Il s'av&#232;re que c'est un vrai tocard, un magouilleur. Il m'a fait interdire d'&#201;v&#233;ch&#233; (commissariat central). Mais il &#233;tait tellement d&#233;test&#233; par la police que j'avais un nombre d'infos incalculable. Il a sanctionn&#233; des flics qu'il soup&#231;onnait de me filer des tuyaux. Alors je me suis focalis&#233; sur les cit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas trop difficile ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant, j'y allais quand il y avait un r&#232;glement de comptes. Peu &#224; peu, j'ai multipli&#233; mes contacts. L&#224;-dessus, les socialos mettent le focus sur Marseille, pour charger Gaudin et, &#224; travers lui, le bilan de Sarko. Spectaculaire : Marseille capitale du crime et capitale de la culture ! Sur ce, &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; sort un papier sur Marseille qui balance des chiffres d&#233;lirants sur les profits que ferait un dealer de shit. Un jour, devant la machine &#224; caf&#233;, j'explique &#224; mon coll&#232;gue Beno&#238;t Gilles que les charbonneurs&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Revendeurs de cannabis.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; fument une part non n&#233;gligeable de leur b&#233;n&#233;fice, et il s'est foutu de ma gueule : &#171; &lt;i&gt;Ah, toi, t'es de ces journalistes qui n'&#233;crivent pas ce qu'ils savent !&lt;/i&gt; &#187; &#199;a m'a piqu&#233; au vif. Je me suis lanc&#233; dans une s&#233;rie d'articles qui allait donner &lt;i&gt;French d&#233;connection&lt;/i&gt;. Je l'ai pens&#233; comme une s&#233;rie t&#233;l&#233; et &#231;a a march&#233; ! Sur Tweeter, &#231;a faisait le buzz. J'ai eu le prix Varennes du journalisme local. Apr&#232;s, j'ai fait &#171; Quartiers shit &#187;, qui se focalise moins sur les r&#233;seaux que sur le v&#233;cu et l'ambiance autour. Je l'envoie au prix Lagard&#232;re et j'arrive deuxi&#232;me. Bernard Pivot me f&#233;licite, et &#231;a me donne l'id&#233;e de me pr&#233;senter au prix Albert Londres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ton style rappelle justement certaines outrances d'Albert Londres, alors qu'aujourd'hui, le journalisme est devenu un triste robinet d'eau ti&#232;de&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon truc, c'est une &#233;criture &#171; cam&#233;ra &#233;paule &#187;. &#192; contre-pied du formatage actuel. Londres for&#231;ait beaucoup le trait quand il &#233;crivait sur Marseille, mais je m'efforce de ne pas le faire. Pour le premier livre, on m'a reproch&#233; de ne pas donner de noms, de n'&#234;tre que dans du off. Du coup, j'ai rectifi&#233;. Je suis proche du boulot de Samson et Peraldi&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Samson et Michel P&#233;raldi, Gouverner Marseille, La D&#233;couverte 2005 et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, mais ils me font la gueule, ils disent que c'est mauvais, parce que j'explose leurs chiffres de vente ! J'ai le c&#244;t&#233; terrain que eux n'ont pas. Mon chef &#224; &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt; disait &#171; &lt;i&gt;On est mal pay&#233;s, mais on rigole&lt;/i&gt; &#187;. Je l'ai pris au mot. Cette libert&#233;, c'est mon isolement en tant que fait-diversier qui me l'a permise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On appr&#233;cie le ton truculent que tu emploies quand tu d&#233;cris les petites mains du trafic de cit&#233;, auquel tu ne renonces pas quand tu parles des puissants.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'abandonne l'humour seulement pour parler d'&#233;conomie. Quand j'explique pourquoi on a toujours des rues d&#233;fonc&#233;es &#224; Marseille, par exemple. Pour &#234;tre dans la l&#233;galit&#233;, on fait un appel d'offres et on choisit, mettons, dix entreprises. Mais une entreprise prend neuf millions d'euros et les neuf autres se partagent un million. Celle qui a le pactole est une entreprise amie, appartenant en g&#233;n&#233;ral au grand banditisme. D'o&#249; les travaux sans fin. On creuse pour le gaz, on rebouche, puis deux mois plus tard on revient creuser pour l'eau, puis pour la fibre, et &#231;a n'en finit jamais. Au bout de cinq ans, c'est un vrai gruy&#232;re, il faut tout refaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu as re&#231;u des menaces ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, pas ouvertement. Il y a des messages qui me parviennent. Ils font comme les grands singes, ils fanfaronnent &#224; mort, comme &#231;a tu ne reviens plus. Ils vendent au d&#233;tail, ils ont besoin que les clients viennent dans les cit&#233;s, donc il faut que ce soit sympa, accueillant. Moi, je fais gaffe, mais on prend plus de risques &#224; mettre le nez dans les embrouilles du foot amateur que dans le trafic de chichon ! Quant aux politiques, ils m'ont f&#233;licit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roberto Saviano et son &lt;i&gt;Gomorra&lt;/i&gt;, c'est une r&#233;f&#233;rence pour toi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai lu &lt;i&gt;Gomorra&lt;/i&gt;, mais ma r&#233;f&#233;rence, c'est plut&#244;t &lt;i&gt;Baltimore&lt;/i&gt;, de David Simon&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;David Simon est cosc&#233;nariste de la s&#233;rie The Wire.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. &#192; Marseille, il n'y a pas de mafia. Une mafia noyaute la classe politique, elle infiltre l'&#233;conomie avec des r&#233;seaux profonds accept&#233;s par la population. Ici, un r&#233;seau meurt, un autre prend sa place. On a une immense pr&#233;sence du politique et une &#233;crasante influence de grands groupes comme Eiffage, Vinci. La p&#232;gre se connecte &#224; &#231;a pour d&#233;tourner du pognon. On a un syst&#232;me mou et des d&#233;rives mafieuses. Il y a surtout des conflits d'int&#233;r&#234;ts. Pas besoin de corruption quand ton lobby est plac&#233;. C'est une ville de r&#233;seaux, donc la corruption est invisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On a reproch&#233; &#224; Saviano de d&#233;cortiquer les liens entre la Camorra et le monde des entreprises, mais d'ignorer ses liens avec la sph&#232;re politique.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que la situation est diff&#233;rente. L'homme politique napolitain est souvent un homme de paille. Ici, les Barresi, Campanella, Cassoni ou Cassandri ne sont pas ceux qui font &#233;lire Gaudin ou Gu&#233;rini. La p&#232;gre d'ici ne fait que se greffer &#224; un syst&#232;me mis en place par les politiques, que ce soit Defferre, Gaudin, Gu&#233;rini ou Vassal. M&#234;me l'&#233;poque Sabiani, Spirito et Carbone, c'est un peu une l&#233;gende. Gaudin travaille plut&#244;t avec Cassandri, qui a mis la main sur le centre commercial des Vo&#251;tes de la Major. Les uns gagnent des voix, les autres gagnent du fric.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; Marseille, alors que la d&#233;sindustrialisation jetait des milliers de gens &#224; la rue, la mairie a repouss&#233; vers le nord l'&#233;conomie de bazar, le &lt;i&gt;trabendo&lt;/i&gt;, l'informel. Cela n'a-t-il pas aussi nourri le chaos actuel ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, on a cr&#233;&#233; des friches culturelles pour emp&#234;cher les Arabes de s'y installer. Mais il y a peu de solidarit&#233; chez les commer&#231;ants arabes. Il y a plut&#244;t une mentalit&#233; &lt;i&gt;lumpen&lt;/i&gt;, o&#249; chacun veut &#171; croquer &#187;. Chacun cherche son int&#233;r&#234;t, politique, financier, associatif. J'ai grandi &#224; Saint-Lazare et Saint-Mauront. Aujourd'hui, c'est le Pakistan. &#199;a s'est paup&#233;ris&#233;, les &#233;coles se sont ghetto&#239;s&#233;es. Ils ont enlev&#233; tous les &#233;quipements sociaux. &#199;a s'est radicalis&#233; avec les gens vir&#233;s de la rue de la R&#233;publique qu'on a envoy&#233;s l&#224;-bas. Le r&#233;sultat, c'est que la Belle-de-Mai est aujourd'hui le quartier le plus pauvre de France. Si tu ajoutes &#224; &#231;a la perte d'influence du PCF qui militait pour la culture, le sport et la formation, tu as un panorama sinistr&#233;, obscurantiste, le terreau id&#233;al pour les salafs et les conspis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Quotidien r&#233;gional proche du PCF.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Revendeurs de cannabis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Michel Samson et Michel P&#233;raldi, &lt;i&gt;Gouverner Marseille&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte 2005 et &lt;i&gt;Sociologie de Marseille&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;David Simon est cosc&#233;nariste de la s&#233;rie &lt;i&gt;The Wire&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La culture nous prend pour des truffes</title>
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		<dc:date>2012-10-22T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Arraitz</dc:creator>


		<dc:subject>Plonk et Replonk</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;La mairie de Marseille recrute mille b&#233;n&#233;voles pour encadrer les festivit&#233;s de 2013, &#171; ann&#233;e capitale &#187;. Comme &#224; Lille en 2004, ces gentils blaireaux se convertiront en &#171; ambassadeurs &#187; d'une vaste couillonnade touristico-ludique cens&#233;e civiliser une cit&#233; aux m&#339;urs trop barbares. Depuis Paris, le Premier ministre a d'ailleurs &#233;voqu&#233; 2013 comme une &#171; opportunit&#233; formidable &#187; pour &#171; mobiliser les &#233;nergies &#187; et, qui sait, mettre les kalachnikovs en sourdine&#8230; La Ville a recouvert la ville (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no103-septembre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;103 (septembre 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Plonk-et-Replonk" rel="tag"&gt;Plonk et Replonk&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/culture-959" rel="tag"&gt;culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseillais" rel="tag"&gt;Marseillais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/millions-d-euros" rel="tag"&gt;millions d'euros&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/grandes-largeurs" rel="tag"&gt;grandes largeurs&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ville-d-affiches" rel="tag"&gt;ville d'affiches&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Daniel-Hermann" rel="tag"&gt;Daniel Hermann&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Capitales-europeennes" rel="tag"&gt;Capitales europ&#233;ennes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La mairie de Marseille recrute mille b&#233;n&#233;voles pour encadrer les festivit&#233;s de 2013, &#171; ann&#233;e capitale &#187;. Comme &#224; Lille en 2004, ces gentils blaireaux se convertiront en &#171; ambassadeurs &#187; d'une vaste couillonnade touristico-ludique cens&#233;e civiliser une cit&#233; aux m&#339;urs trop barbares. Depuis Paris, le Premier ministre a d'ailleurs &#233;voqu&#233; 2013 comme une &lt;i&gt;&#171; opportunit&#233; formidable &#187;&lt;/i&gt; pour &lt;i&gt;&#171; mobiliser les &#233;nergies &#187;&lt;/i&gt; et, qui sait, mettre les kalachnikovs en sourdine&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Ville a recouvert la ville d'affiches et le message fleure bon le foutage de gueule dans les grandes largeurs : &#171; Tous b&#233;n&#233;voles &#187; ! Sur l'une, un retrait&#233; s'essaie aux rollers. Sur l'autre, un bondissant guitariste entre en sc&#232;ne. Sur la suivante, un ouvrier en combinaison fluo et casque de chantier offre ses bras pour la bonne cause. Plus loin, un rappeur empoigne le micro pour les beaux yeux d'une culture qui, c'est bien connu, n'a pas de prix&#8230; Dans un d&#233;partement o&#249; le ch&#244;mage fr&#244;le les 13 % et o&#249; 70 000 personnes vivotent avec le RSA, on propose au brave citoyen de trimer &#224; l'&#339;il. Pourquoi ? Pour mettre de l'huile dans les rouages d'une grosse machine parachut&#233;e depuis Bruxelles et qui, dans la derni&#232;re ligne droite avant le bal d'ouverture, cherche d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#224; se donner des airs authentiques et populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renaud Muselier, le &#171; monsieur 2013 &#187; de la municipalit&#233; qui avoue ne pas trop s'y conna&#238;tre en culture mais &#234;tre &lt;i&gt;&#171; conscient des enjeux &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;sente ainsi la campagne de recrutement : &lt;i&gt;&#171; On a parfois entendu que les Marseillais ne participaient pas &#224; 2013, qu'ils se sentaient exclus des pr&#233;paratifs. Mais aujourd'hui, je vous le dis : nous avons besoin des Marseillaises et des Marseillais ! Nous comptons sur leur patriotisme territorial&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Provence du 5 juillet 2012.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;i&gt; ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis Lille 2004, on sait que le succ&#232;s des Capitales europ&#233;ennes de la culture d&#233;pend de l'accomplissement de deux formules magiques&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire CQFD n&#176; 102.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; : r&#233;appropriation du label par la ville h&#244;tesse pour booster des mutations urbaines d&#233;j&#224; en cours et enr&#244;lement des indig&#232;nes comme acteurs-spectateurs d'&#233;v&#233;nements pens&#233;s sans eux et souvent contre eux &#8211; on ne r&#233;p&#232;tera jamais assez qu'ici, selon l'adjoint au maire d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; l'urbanisme, les op&#233;rations de r&#233;habilitation visent &#224; se &lt;i&gt;&#171; d&#233;barrasser de la moiti&#233; des habitants &#187;&lt;/i&gt;, car &lt;i&gt;&#171; le coeur de la ville m&#233;rite autre chose &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est du b&#233;n&#233;volat, &lt;i&gt;&#171; toutes les Capitales europ&#233;ennes de la culture l'ont fait, c'est une mani&#232;re de faire participer les Marseillais et de faire en sorte qu'ils deviennent ambassadeurs de leur propre ville &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;clare sans rougir Daniel Hermann, adjoint au maire d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; la Culture. La campagne &#171; Tous b&#233;n&#233;voles &#187; drague les autochtones &#233;ventuellement d&#233;sireux de &lt;i&gt;&#171; partager une exp&#233;rience unique en leur proposant de s'engager [&#8230;] et de vivre l'ann&#233;e 2013 depuis les coulisses jusqu'au devant de la sc&#232;ne&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Marseillaise du 9 juillet 2012.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les secteurs d'activit&#233; concern&#233;s par cet appel sont, parmi d'autres, &lt;i&gt;&#171; la communication, la s&#233;curit&#233;, la traduction, le transport&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;http://www.marsactu.fr/&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;&#8230; Autrement dit, en 2013, des attach&#233;s de presse, des vigiles, des interpr&#232;tes, des chauffeurs devraient travailler pour des prunes et pour la gloire. Et si on en croit les affiches de la campagne, du c&#244;t&#233; de la mairie, on r&#234;ve m&#234;me de faire marner les artistes et les ouvriers des chantiers en cours pour pas un radis ! Dans La Marseillaise, Daniel Hermann avoue d'ailleurs qu'une &lt;i&gt;&#171; question de co&#251;t &#187;&lt;/i&gt; entre effectivement dans les calculs municipaux &#224; l'heure de mobiliser les bonnes volont&#233;s : les caisses sont vides, la ville croule sous les dettes jusqu'au point d'alimenter la rumeur persistante d'une imminente mise sous tutelle par l'&#201;tat&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais o&#249; est pass&#233; le flouze ? Six cent millions d'euros ont, para&#238;t-il, &#233;t&#233; engloutis dans pr&#232;s de cinquante chantiers visant &#224; doter l'agglom&#233;ration d'infrastructures culturelles &#224; la hauteur de l'&#233;v&#233;nement, tels le Mucem, la Cit&#233; des arts de la rue ou le Silo. Infrastructures destin&#233;es &#224; devenir p&#233;rennes et &#224; enrichir l'offre culturelle locale pour les si&#232;cles des si&#232;cles. Mais &#224; Marseille, le petit c&#244;t&#233; chapacan des projets municipaux ne d&#233;&#231;oit jamais. Un r&#233;sultat croquignol de ces d&#233;penses pharaoniques a &#233;t&#233; d&#233;voil&#233; par le &lt;i&gt;Canard Encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt; du 8 ao&#251;t 2012 : sur le port, le hangar J1, b&#226;timent vedette consid&#233;r&#233; comme la &#171; maison de Marseille-Provence 2013 &#187; sera finalement ferm&#233; du 18 mai au 11 octobre 2013, faute de climatisation. Rafraichir les lieux co&#251;terait une fortune et on a pr&#233;f&#233;r&#233; mettre la cl&#233; sous la porte pendant la p&#233;riode de l'ann&#233;e la plus chaleureuse &#8211; et de maximum affluence &#8211;, afin de &lt;i&gt;&#171; ne pas exposer les visiteurs &#224; des temp&#233;ratures extr&#234;mes &#187;&lt;/i&gt;. Cette pure gal&#233;jade, con&#231;ue par une architecte pay&#233;e &#224; plein temps, aura quand m&#234;me co&#251;t&#233; plus de huit millions d'euros&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, les cadres de l'association MP-2013 ne se sentent absolument pas vis&#233;s par l'appel municipal au b&#233;n&#233;volat : ils se sont d&#233;j&#224; octroy&#233;s 17 % d'augmentation entre 2008 et 2010. Les salaires des trois plus hauts dirigeants de cette usine &#224; gaz hilarant repr&#233;sentaient un total brut de 353 820 euros en 2010 pour 302 255 euros en 2008. Pr&#232;s d'un million d'euros a d'ores et d&#233;j&#224; &#233;t&#233; mis de c&#244;t&#233; pour les licenciements &#233;conomiques de l'&#233;quipe en janvier 2014. &lt;i&gt;&#171; Si on avait propos&#233; des CDD, cela nous serait revenu plus cher &#187;&lt;/i&gt;, se console Jacques Pfister, pr&#233;sident de la Chambre de commerce et d'industrie et de Marseille-Provence 2013. Si l'on additionne les frais de marketing et de communication &#224; la masse salariale, le co&#251;t de fonctionnement captera 30 % du budget total (91 millions d'euros), contre 20 % pour Lille 2004. Un train de vie plut&#244;t flambeur (les salari&#233;s ont droit, entre autres avantages, &#224; un iPhone de service) qui a provoqu&#233; la d&#233;mission, en septembre 2010, de Jean-Fran&#231;ois Bigay, tr&#233;sorier de MP-2013. &lt;i&gt;&#171; J'ai essay&#233; de combattre ce que je consid&#233;rais comme des d&#233;rives de l'association&lt;/i&gt;, explique-t-il. &lt;i&gt;Les salaires importants des cadres et des directeurs ne pouvaient se justifier qu'&#224; condition que l'&#233;quipe travaille de concert avec les acteurs culturels. Or, ils se comportaient comme des censeurs. De fait, ce sont les plus grosses structures qui vont capter la plus grosse partie du financement de la Capitale&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Ravi avec M&#233;diapart, janvier 2012.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'esprit frondeur de la ville ? Il est opportun&#233;ment sollicit&#233; par les programmateurs pour int&#233;grer le show et lui apporter un semblant de couleur locale. Gari Gr&#232;u, grande gueule du combo Massilia Sound System, va interpr&#233;ter la chanson &#171; officielle &#187; de 2013. Esp&#233;rons qu'il n'a pas accept&#233; de se coltiner cette glorieuse mission pour des clopinettes, lui. Quant aux personnes encore tent&#233;es par le job d'ambassadeur &#224; ouf, elles peuvent t&#233;l&#233;phoner &#224; Allo mairie : &lt;i&gt;&#171; Apr&#232;s le bip, cet appel sera factur&#233; 7,8 centimes, puis 2,8 centimes par minute, plus un co&#251;t de communication si vous appelez depuis un mobile&#8230; &#187;&lt;/i&gt; On se tue &#224; vous le dire : la culture, &#231;a n'a pas de prix.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt; du 5 juillet 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 102.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt; du 9 juillet 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marsactu.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.marsactu.fr/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Ravi&lt;/i&gt; avec &lt;i&gt;M&#233;diapart&lt;/i&gt;, janvier 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Un urbanisme de destruction massive</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Un-urbanisme-de-destruction</link>
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		<dc:date>2011-12-12T07:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Saskia Mori</dc:creator>


		<dc:subject>Ville</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Tel un rouleau compresseur l&#226;ch&#233; dans un bazar oriental, Eurom&#233;diterran&#233;e d&#233;ploie sur les quartiers portuaires de Marseille une des plus grandes op&#233;rations de r&#233;novation urbaine en Europe. Labellis&#233; Ecocit&#233;, son second volet &#8211; Euromed II &#8211; co&#251;tera 800 millions d'argent public, se financera en grande partie par la vente de terrains et devrait engendrer trois milliards de b&#233;n&#233;fices priv&#233;s. A&#239;e a&#239;e a&#239;e. Le m&#233;ga chantier euromed, qui concerne plus de 30 000 Marseillais, est compos&#233; de deux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no93-octobre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;93 (octobre 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartiers" rel="tag"&gt;quartiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marche" rel="tag"&gt;Marche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartier" rel="tag"&gt;quartier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Euromed" rel="tag"&gt;Euromed&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartiers-Nord" rel="tag"&gt;quartiers Nord&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseillais" rel="tag"&gt;Marseillais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/metres-carres" rel="tag"&gt;m&#232;tres carr&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mega-chantier" rel="tag"&gt;m&#233;ga chantier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chantier-euromed" rel="tag"&gt;chantier euromed&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tel un rouleau compresseur l&#226;ch&#233; dans un bazar oriental, Eurom&#233;diterran&#233;e d&#233;ploie sur les quartiers portuaires de Marseille une des plus grandes op&#233;rations de r&#233;novation urbaine en Europe. Labellis&#233; Ecocit&#233;, son second volet &#8211; Euromed II &#8211; co&#251;tera 800 millions d'argent public, se financera en grande partie par la vente de terrains et devrait engendrer trois milliards de b&#233;n&#233;fices priv&#233;s. A&#239;e a&#239;e a&#239;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le m&#233;ga chantier&lt;/strong&gt; euromed, qui concerne plus de 30 000 Marseillais, est compos&#233; de deux p&#233;rim&#232;tres. Le premier, de 310 hectares, a &#233;t&#233; circonscrit d&#232;s 1995 par une Op&#233;ration d'int&#233;r&#234;t national. Le second, de 170 hectares, en est une extension d&#233;cr&#233;t&#233;e en 2007 qui, entre 2011 et 2030, va plonger ses grosses pattes au c&#339;ur des quartiers Nord. Pour cela, la puissance publique se met en quatre pour s&#233;duire les investisseurs : les plans promettent espaces publics remodel&#233;s, parkings, tramway, &#233;coles, biblioth&#232;ques, parcs&#8230; La Ville bradera son parc immobilier et accompagnera l'op&#233;ration de montages m&#233;diatiques tel &#171; Marseille Provence 2013 capitale europ&#233;enne de la culture &#187;. Au quartier d'affaires de 600 000 m&#232;tres carr&#233;s de la premi&#232;re tranche s'ajouteront bient&#244;t 500 000 m&#232;tres carr&#233;s de bureaux sur Euromed II. On pr&#233;tend attirer des activit&#233;s &#233;conomiques high-tech et changer l'image de la ville pour &lt;i&gt;&#171; r&#233;affirmer son positionnement sur le march&#233; national et international &#187;&lt;/i&gt;. En finir avec l'image de ville pauvre est un objectif cher &#224; la municipalit&#233; Gaudin, dont la politique de &#171; reconqu&#234;te &#187; avance d&#233;lib&#233;r&#233;ment contre les pratiques, usages et commerces des diff&#233;rentes communaut&#233;s. Rationalit&#233;, ordre, esth&#233;tique, s&#233;curit&#233; sont les principes d'un projet immobilier qui contribue &#224; une production urbaine tr&#232;s &#233;loign&#233;e de la r&#233;alit&#233; locale : on ins&#232;re dans les quartiers des &#238;lots r&#233;sidentiels visant une client&#232;le aux revenus bien sup&#233;rieurs &#224; ceux des populations existantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi, alors que les milliers de bureaux d&#233;j&#224; construits peinent &#224; trouver acqu&#233;reur et que les quartiers r&#233;sidentiels n'attirent pas foule, Euromed poursuit-il sa fuite en avant ? Parce que si cette mutation urbaine et sociale prenait &#8211; ce qui est loin d'&#234;tre gagn&#233; &#8211;, le nouveau territoire convoit&#233; pourrait s'av&#233;rer bien plus juteux pour les investisseurs qu'Euromed I : alors que Bouygues, Nexity, Constructa et consorts n'ont pu croquer qu'un tiers du premier p&#233;rim&#232;tre, Euromed II livre la quasi-totalit&#233; des 170 hectares de l'extension &#224; l'app&#233;tit des promoteurs, notamment gr&#226;ce &#224; une population &#224; la densit&#233; et &#224; la capacit&#233; de r&#233;sistance suppos&#233;es plus faibles&#8230; Il ne s'agit pourtant pas ici d'une friche, mais d'un quartier bruissant de la vie de ses 3 000 habitants. Lieu de convivialit&#233; et de travail, le march&#233; aux puces &#8211; alimentaire, textile et articles de maison &#8211;, troisi&#232;me centre commercial de la ville irriguant l'ensemble des quartiers Nord, est devenu en vingt ans un symbole puissant de l'ing&#233;niosit&#233; populaire. Aux Crottes (du proven&#231;al &#171; crotos &#187;, &#171; cavit&#233;s &#187;) sont install&#233;es des activit&#233;s d'import-export en lien avec le port, ainsi que des grossistes en fournitures pour le BTP, et un secteur automobile florissant compos&#233; d'une myriade de garages et autres casses. Avec ses 700 entreprises et ses 5 000 emplois, le quartier est, au m&#234;me titre que la vall&#233;e de l'Huveaune, l'un des principaux centres &#233;conomiques de la ville. Cette zone au foncier bon march&#233; et bien desservie par deux autoroutes est m&#234;me strat&#233;gique pour le port, par le biais d'entreprises lui permettant &#171; d'accrocher &#187; la marchandise &#224; terre. Bien s&#251;r, avec un habitat d&#233;labr&#233; et des espaces publics inexistants, il devient de plus en plus difficile de vivre dans un quartier abandonn&#233; par les pouvoirs publics depuis plus de vingt ans. L'organisation des transports en commun entretient une coupure entre les quartiers Nord et le reste de la ville confinant &#224; l'apartheid. Mais l'identit&#233; industrielle du quartier a maintenu des loyers raisonnables, permettant &#224; une population pr&#233;caire de vivre &#224; proximit&#233; imm&#233;diate du centre. Ce foncier peu on&#233;reux constitue aussi le point d'ancrage d'activit&#233;s li&#233;es &#224; un port au destin fragile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, au lieu d'am&#233;liorer la coexistence de ces activit&#233;s avec les riverains, d'enrichir avec eux et pour eux leur cadre de vie, d'aider le port &#224; redresser la barre, Euromed pr&#233;f&#232;re la politique de la table rase et d&#233;clenche une v&#233;ritable guerre contre la r&#233;alit&#233; des quartiers. Au nom de la s&#233;curit&#233; et de l'hygi&#232;ne, on l&#226;che aujourd'hui la police contre la vente &#171; &#224; la sauvette &#187;, contre les Roms, contre les sans-papiers, afin de mettre au pas, de diviser les communaut&#233;s et pour, surtout, asphyxier le quartier. L'objectif est de lib&#233;rer deux millions de m&#232;tres carr&#233;s en rachetant au prix du march&#233; des terrains qu'on pr&#233;voit de revendre cinq fois plus cher. Cette sp&#233;culation &#233;hont&#233;e, au prix de la rel&#233;gation en p&#233;riph&#233;rie des activit&#233;s et des habitants actuels, a pour but d'implanter un quartier r&#233;sidentiel &#233;cologique et un parc de bureaux de plus de 500 000 m&#232;tres carr&#233;s. Pour changer radicalement l'image du territoire, les grands moyens seront employ&#233;s : transfert d'une gare de fret, d&#233;pollution des terrains, recouvrement d'une partie de l'autoroute, construction d'un parc de quatorze hectares, d'un &#171; p&#244;le multimodal &#187;, d'&#233;quipements m&#233;tropolitains et, en front de mer, des tours con&#231;ues par des architectes de renom&#8230; Exit le march&#233; aux puces et son r&#233;seau d'entraide populaire : un plus chic &#171; march&#233; des cinq continents &#187; prendra sa place entre h&#244;tels de luxe et un palais des congr&#232;s destin&#233; &#224; accueillir meetings de chefs d'entreprises et pompeuses manifestations culturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se gaver sur le dos des pauvres, les d&#233;placer impun&#233;ment par expulsion pure et simple ou par augmentation des loyers&#8230; D&#233;truire le tissu social existant et jouir du territoire &#224; sa guise, au b&#233;n&#233;fice d'investisseurs que l'on attire en bradant la ville&#8230; Attirer les classes montantes en leur faisant miroiter via des images de synth&#232;se un quartier pr&#234;t &#224; consommer&#8230; Voil&#224; le vrai visage d'Euromed.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peuple de Marseille, r&#233;veille-toi et gronde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Voir aussi &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/On-n-est-pas-des-euromerdes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; On n'est pas des euromerdes ! &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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