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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Barcelone, quelle ville en commun ?</title>
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		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Aux &#233;lections municipales de mai prochain, Barcelona en Com&#250;, liste issue des mouvements sociaux, va remettre son mandat en jeu. La m&#233;tropole catalane, o&#249; affluent 150 000 touristes par jour pour 1,7 million d'habitants, va-t-elle passer aux mains du f&#233;lon Manuel Valls, candidat de la bourgeoisie nationaliste ? Au-del&#224; du feuilleton politique, une &#226;pre bataille se m&#232;ne, sp&#233;cialement sur le plan du logement. La Barcelone populaire r&#233;siste comme elle peut &#224; la touristification, &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aux &#233;lections municipales de mai prochain, Barcelona en Com&#250;, liste issue des mouvements sociaux, va remettre son mandat en jeu. La m&#233;tropole catalane, o&#249; affluent 150 000 touristes par jour pour 1,7 million d'habitants, va-t-elle passer aux mains du f&#233;lon Manuel Valls, candidat de la bourgeoisie nationaliste ?&lt;br&gt;Au-del&#224; du feuilleton politique, une &#226;pre bataille se m&#232;ne, sp&#233;cialement sur le plan du logement. La Barcelone populaire r&#233;siste comme elle peut &#224; la touristification, &#224; la sp&#233;culation, &#224; la gentrification et aux expulsions locatives. Et pour cela, elle s'appuie sur une persistance vivace d'auto-organisation &#224; la base, de syndicats de quartiers, d'associations de voisins et de projets coop&#233;ratifs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2852 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;169&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-913-7cb56.jpg?1768731833' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Barcelone, quartier de Ciutat Meridiania. Lors d'une tentative d'expulsion, un voisin proteste aupr&#232;s d'un huissier. (Photo Guillaume Darribau / Guillaumedarribau.com)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;ans le quartier de Poble Sec, Sabah tient une petite cantine aux prix imbattables. Mais ce lundi 11 f&#233;vrier, elle n'est pas &#224; ses fourneaux. Elle a march&#233; quelques pas, jusqu'&#224; &lt;i&gt;La Base&lt;/i&gt;, un local coop&#233;ratif o&#249; se tient ce soir-l&#224; l'assembl&#233;e du syndicat de quartier. Chacun, chacune expose &#224; tour de r&#244;le ses soucis, donne des nouvelles. Sabah explique qu'elle a r&#233;ussi &#224; retarder son expulsion en d&#233;posant une demande de loyer social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Barcelone, la question du logement est la principale probl&#233;matique socio-urbaine. Dans les quartiers encore populaires du centre, les collectifs de d&#233;fense des expuls&#233;s ont r&#233;ussi &#224; retisser des solidarit&#233;s. C'est une partie de ce qui se joue &#224; &lt;i&gt;La Base&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Le projet de ce lieu est issu d'exp&#233;riences de squats, mais aussi des assembl&#233;es de quartier apr&#232;s le mouvement des Indign&#233;s, &lt;/i&gt;explique Pepa. &lt;i&gt;On a eu l'id&#233;e de vivre le communisme dans le quartier &#224; partir d'un ath&#233;n&#233;e &lt;/i&gt;[centre social dans la tradition libertaire]. &lt;i&gt;Donc on a lou&#233; ce local il y a cinq ans : on a fait un bar, une salle de r&#233;union, une librairie, une coop&#233;rative de consommation &#224; base de r&#233;cup&#233;ration d'invendus, des ateliers collectifs, des cours d'alphab&#233;tisation, une cr&#232;che, un groupe de femmes contre le machisme, etc. Toutes les dimensions de la vie. &lt;/i&gt;La Base &lt;i&gt;est une coop&#233;rative communaliste qui met la politique au c&#339;ur de la vie. La participation y est interg&#233;n&#233;rationnelle, tr&#232;s m&#233;lang&#233;e, &#224; l'image du quartier. Toutes les pratiques de d&#233;brouilles s'entrem&#234;lent. On est comme une famille. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concr&#232;tement, comment lutter contre la gentrification et les expulsions &#224; l'&#233;chelle du quartier ? &#171; &lt;i&gt;Notre premier mode d'action, c'est d'emp&#234;cher les expulsions en bloquant l'entr&#233;e aux huissiers, &lt;/i&gt;poursuit Pepa. &lt;i&gt;Ensuite, nous cherchons &#224; n&#233;gocier des loyers sociaux pour les personnes en proc&#233;dure d'expulsion. Si &#231;a ne marche pas, on investit collectivement des agences immobili&#232;res pour les obliger &#224; n&#233;gocier. On d&#233;nonce aussi les pratiques sp&#233;culatives. Notre but est &#233;galement de lutter collectivement avec d'autres assembl&#233;es ou projets coop&#233;ratifs, comme Can Battl&#243; dans le quartier de Sants. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Kill Blackstone&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, dans la banlieue sud de Barcelone, un rassemblement est organis&#233; devant le si&#232;ge catalan de la compagnie Blackstone &#8211; &#171; &lt;i&gt;le plus grand fonds immobilier au monde &lt;/i&gt; &#187;, annonce sa page web. Ce fonds vautour, qui sp&#233;cule sur les dettes immobili&#232;res des particuliers touch&#233;s par la crise &#233;conomique, a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 1992 par d'anciens banquiers de Lehman Brothers. Il s'est aiguis&#233; le bec sur la p&#233;ninsule ib&#233;rique, avalant au passage le portefeuille immobilier de la banque Catalunya Caixa en 2014 et la moiti&#233; des titres toxiques de la banque Santander en ao&#251;t 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Blackstone, par le biais d'un r&#233;seau complexe de soci&#233;t&#233;s, est devenue la premi&#232;re soci&#233;t&#233; immobili&#232;re priv&#233;e du patrimoine espagnol. Elle r&#233;serve un traitement indigne &#224; ses locataires, laisse prolif&#233;rer les narco-logements dans les quartiers et contribue &#224; gonfler la scandaleuse bulle des loyers. Le vautour ne pourrait r&#233;gner en ma&#238;tre sans la complicit&#233; des administrations publiques du pays, qui lui offrent pour ainsi dire des logements sociaux en location, &lt;/i&gt;[...] &lt;i&gt;lui accordent des r&#233;ductions fiscales &lt;/i&gt;[...] &lt;i&gt;ou lui font profiter de l'argent public. &lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F&#225;tima Martin, &#171; Blackstone : comment un fonds vautour am&#233;ricain s'est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 2015, 90 000 Espagnols &#233;taient descendus dans les rues de Madrid pour protester contre ces fonds vautours. Pr&#232;s de 700 000 familles espagnoles ont &#233;t&#233; vir&#233;es de leur logement depuis l'&#233;clatement de la bulle immobili&#232;re, &#224; la fin des ann&#233;es 2000. &#192; Barcelone, deux milliers de r&#233;sidents sont expuls&#233;s pour impay&#233;s chaque ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce 12 f&#233;vrier, une petite centaine de personnes sont venues participer au lancement de la campagne &#171; Kill Blackstone &#187;, &#224; l'appel des syndicats de quartier, de locataires et de la PAH (plateforme des victimes des cr&#233;dits immobiliers), association de familles ruin&#233;es et expuls&#233;es de leur logement par les banques, dans laquelle l'actuelle maire de Barcelone, Ada Colau, a longtemps milit&#233;. &#171; &lt;i&gt;On est assez nombreux pour commencer la r&#233;volution, non ? &lt;/i&gt; &#187;, plaisante un septuag&#233;naire. &#171; &lt;i&gt;Nos maisons ne sont pas des marchandises &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Stop desahucios &lt;/i&gt; &#187; (&#171; Stop aux expulsions &#187;), scandent de petites vieilles, masques de vautour sur le front, en se tr&#233;moussant sur le morceau &lt;i&gt;Resistencia &lt;/i&gt;du groupe Ska-P que crache la sono.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux fen&#234;tres du building, les employ&#233;s curieux jettent un &#339;il furtif, puis les grands stores blancs se ferment les uns apr&#232;s les autres. &#171; &lt;i&gt;Il s'agit d'attirer l'attention sur ces fonds vautours et leurs sous-traitants, pour les d&#233;gager de notre ville et de notre pays, &lt;/i&gt;d&#233;clare Jaime Palomera, du Syndicat des locataires. &lt;i&gt;C'est nous qui allons les expulser. &lt;/i&gt; &#187; Le gouvernement finira-t-il par se positionner sur cette pr&#233;dation &#224; grande &#233;chelle ? &#192; Barcelone, les fonds sp&#233;culatifs immobiliers poss&#232;dent 10 % du parc, 80 % restent aux mains de (petits) propri&#233;taires priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Que fait la mairie ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; Barcelone, le taux de logement social est particuli&#232;rement faible : 1,5 % seulement, contre 22 % &#224; Paris ou 40 % &#224; Copenhague. Le loyer moyen, qui ne cesse de grimper, d&#233;passe les 850 euros, soit peu ou prou le montant du salaire minimum. La capitale catalane a les loyers les plus &#233;lev&#233;s d'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est peu dire que lorsque la liste Barcelona en Com&#250; est arriv&#233;e en t&#234;te des &#233;lections municipales de 2015 en portant haut la banni&#232;re du droit au logement, elle a suscit&#233; beaucoup d'espoir. Mais elle n'a obtenu que 11 si&#232;ges de conseillers municipaux sur 41, ce qui l'a oblig&#233;e &#224; faire alliance avec la gauche ind&#233;pendantiste et le Parti socialiste. Une situation qui lui laisse peu de marge de man&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;oricien de la plateforme municipaliste de Barcelona en Com&#250;, Joan Subirats donne rendez-vous dans son bureau de l'Institut culturel de Barcelone, sur la Rambla. Num&#233;ro deux de la liste pour les municipales de 2019, il expose son point de vue : &#171; &lt;i&gt;La victoire inesp&#233;r&#233;e de 2015 est li&#233;e en partie au prestige d'Ada Colau au sein des mouvements sociaux et son image de probit&#233;. Elle a permis &#224; des associations qui travaillaient sur des projets distincts (immigration, &#233;nergie, &#233;cologie, &#233;ducation, urbanisme, etc.) de fusionner dans un projet de changement social &#224; l'&#233;chelle municipale. Dans un monde globalis&#233;, notre id&#233;e est que la ville devrait avoir plus d'importance dans le champ politique que ce qu'on lui accorde au niveau &#233;tatique. Donc cela a amen&#233; des gens nouveaux sans exp&#233;rience institutionnelle &#224; faire leur preuve en quatre ans avec une t&#226;che large et multiple de transformation sociale. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Subirats &#233;num&#232;re quelques r&#233;alisations de la municipalit&#233; : services fun&#233;raires municipaux &#224; prix abordables ; mise en place d'un service public de sant&#233; bucco-dentaire ; d&#233;veloppement des cr&#232;ches ; syst&#232;me de budget participatif par voie num&#233;rique. Il insiste sur cette dimension participative connect&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Face &#224; un monde uberis&#233;, il s'agit de b&#226;tir le coop&#233;rativisme du XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi la mise en place de &lt;i&gt;consultas populares&lt;/i&gt;, initiatives citoyennes qui reposent sur 13 750 signatures, apr&#232;s quoi les services municipaux mettent &#224; disposition des citoyens les moyens de travailler en commission et obligent les &#233;lus &#224; se prononcer sur la question. En mars 2018, la municipalit&#233; a ainsi proc&#233;d&#233; au retrait de la statue d'Antonio L&#243;pez, qui avait b&#226;ti sa fortune sur la traite n&#233;gri&#232;re. En novembre, lasses des obstacles bureaucratiques, les organisations &#224; l'initiative du d&#233;boulonnage ont rebaptis&#233; &lt;i&gt;de facto &lt;/i&gt;la place au nom d'Idrissa Diallo, un jeune Guin&#233;en mort par manque de soins en 2012 dans le centre de r&#233;tention de Zona Franca, &#224; Barcelone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la grande bataille reste celle de la municipalisation de l'eau. &#171; &lt;i&gt;Depuis que nous avons d&#233;cid&#233; d'organiser une consultation populaire sur la reprise en gestion publique de l'eau &#224; Barcelone, le concessionnaire priv&#233; &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;AgBar (Aguas de Barcelona), filiale de la multinationale fran&#231;aise Suez.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;i&gt;a d&#233;pos&#233; plus de vingt recours juridiques pour l'emp&#234;cher... Au conseil municipal, la plupart des autres formations ont vot&#233; contre la convocation de cette consultation, au m&#233;pris d'une r&#232;gle qu'elles avaient approuv&#233;e un peu plus t&#244;t. On a fait un recours juridique, qu'on a gagn&#233; ; puis au conseil municipal, le principe de la consultation a finalement &#233;t&#233; approuv&#233;. Mais le concessionnaire a encore fait un recours sur ce vote-l&#224;&#8230; &lt;/i&gt; &#187;, relate Laia Forn&#233;, conseill&#232;re &#224; la participation citoyenne &#224; la mairie&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Propos recueillis par Clair Rivi&#232;re.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;La lutte est tr&#232;s in&#233;gale face aux moyens mis en oeuvre par les grands groupes. C'est tr&#232;s difficile de changer cette situation en quatre ann&#233;es &lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume Joan Subirats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les &#233;lections de mai 2019, le politologue affiche une confiance temp&#233;r&#233;e : &#171; &lt;i&gt;On pense qu'on peut gagner avec une nouvelle coalition, mais la situation g&#233;n&#233;rale est tr&#232;s instable, notamment en regard de la question ind&#233;pendantiste. Barcelona en com&#250; a une position souverainiste, qui reconna&#238;t la nation catalane dans un cadre f&#233;d&#233;ratif, ce qui ne satisfait ni les ind&#233;pendantistes catalans ni les socialistes. De plus, on peut nous critiquer sur les r&#233;sultats d&#233;cevants concernant le logement. &#199;a a &#233;t&#233; le grand cheval de bataille d'Ada Colau, mais les pr&#233;rogatives municipales en la mati&#232;re restent limit&#233;es... Ensuite, m&#234;me si Barcelone est la ville la plus s&#251;re d'Europe, la question de la s&#233;curit&#233; peut &#234;tre instrumentalis&#233;e par nos adversaires en raison de l'augmentation de la petite d&#233;linquance. Enfin, du point de vue lib&#233;ral, il est reproch&#233; &#224; Ada Colau d'avoir voulu freiner le d&#233;veloppement &#233;conomique de la cit&#233; en r&#233;gulant trop le secteur touristique. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quel regard porte Pepa, du syndicat de quartier de Poble Sec, sur l'action de la mairie ? &#171; &lt;i&gt;On ne se m&#234;le pas &#224; l'institutionnel, m&#234;me si on consid&#232;re que Barcelona en com&#250;, c'est toujours mieux que la droite. On n'est pas dans une relation conflictuelle, mais &#231;a ne nous emp&#234;che pas de les critiquer pour leurs insuffisances. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'esprit du Raval&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Jeudi 14 f&#233;vrier, vers midi, une trentaine de personnes, membres des syndicats de quartier et riverains, s'opposent &#224; des expulsions dans le populaire et m&#233;tiss&#233; Raval, &#224; deux pas de la Rambla. Munies de sifflets, elles font un maximum de barouf &#224; l'approche des huissiers et bloquent pacifiquement l'entr&#233;e des logements vis&#233;s. Les huissiers restent au large, un peu d&#233;pit&#233;s, puis s'&#233;loignent sous des cris joyeux : &#171; &lt;i&gt;Hors du quartier ! &lt;/i&gt; &#187; Les flics n'interviennent plus dans ces cas-l&#224;. Taxis et camions de livraison qui circulent dans la rue klaxonnent en soutien. Quatre expulsions seront emp&#234;ch&#233;es au Raval et une &#224; Poble Sec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la lutte contre les expulsions au combat pour la survie, les rues &#233;troites du Raval nous font d&#233;river jusqu'au local du syndicat des vendeurs ambulants, s&#233;n&#233;galais d'origine pour la plupart, que l'on croise parfois dans les couloirs du m&#233;tro avec d'&#233;normes baluchons remplis de bibelots et de v&#234;tements &#224; vendre sur les sites touristiques. &#171; &lt;i&gt;Avant 2015, nous &#233;tions victimes de pers&#233;cutions polici&#232;res, &lt;/i&gt;explique Babakar, arriv&#233; en Espagne en 2011. &lt;i&gt;Les policiers nous confisquaient nos marchandises, nous traitaient comme des d&#233;linquants. Apr&#232;s la mort d'un camarade, il a fallu porter une voix pour d&#233;fendre les droits des migrants. Cela a abouti &#224; la cr&#233;ation du syndicat en 2015. Nous avons manifest&#233; et l'attitude de la police a chang&#233;. Nous ne sommes pas un syndicat formel avec des adh&#233;sions et tout &#231;a, mais chaque &lt;/i&gt;[vendeur ambulant] &lt;i&gt;peut venir nous voir s'il a un probl&#232;me. Nous sommes la voix des sans-voix. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un esprit de solidarit&#233; et d'auto-organisation qui s'inscrit depuis le d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle dans la tradition de ce quartier ouvrier d&#233;crit par l'historien anglais Chris Ealham : &#171; &lt;i&gt;Il &#233;tait certain qu'une pauvret&#233; inimaginable r&#233;gnait dans le Raval mais, contrairement &#224; ce que v&#233;hiculait la l&#233;gende &lt;/i&gt;[qui pr&#233;sentait cette] &lt;i&gt;zone comme une lie indisciplin&#233;e, un ordre social et culturel y r&#233;gnait &#233;galement : c'&#233;tait l'ordre direct, combatif et r&#233;solu de la classe ouvri&#232;re. C'&#233;tait cet ordre rival qui faisait na&#238;tre la terreur dans le coeur des &#233;lites de la ville. &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;En raison de la surpopulation dans les logements, les rues du quartier fonc-tionnaient comme une extension du foyer, d'o&#249; des interactions humaines directes, intenses et fr&#233;quentes. De plus, en r&#233;ponse aux probl&#232;mes mat&#233;riels du quotidien, les ouvriers d&#233;velopp&#232;rent des pratiques de partage et de r&#233;ciprocit&#233;. &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chris Ealham, Barcelone contre ses habitants, 1835-1936, CMDE &#233;ditions, 2014.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ciutat Meridiana&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2853 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;152&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1102-5728a.jpg?1768731833' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Barcelone, quartier de Ciutat Meridiania. Des voisins et voisines tentent d'emp&#234;cher une expulsion. (Photo Guillaume Darribau / Guillaumedarribau.com)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Adoss&#233; &#224; la montagne, Ciutat Meridiana est le quartier le plus excentr&#233; au nord de Barcelone, le plus pauvre aussi. Dans les ann&#233;es 1950, on avait renonc&#233; &#224; y installer un cimeti&#232;re, &#224; cause du fort taux d'humidit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Certainement, ce qui &#233;tait mauvais pour les morts devait &#234;tre bon pour les vivants &lt;/i&gt; &#187;, aime &#224; ironiser Filiberto Bravo, dit Fili. Responsable de l'association des voisins et voisines du quartier, cet ancien ouvrier form&#233; &#224; l'anarcho-syndicalisme, habite le quartier depuis plus de quarante ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce soir, au moins 70 personnes sont venues &#224; l'assembl&#233;e. En majorit&#233; des femmes, d'origine sud-am&#233;ricaine, venues avec leur marmaille. La question du logement et des expulsions est au c&#339;ur des interventions. Un collectif de volontaires form&#233;s par la mairie propose de passer chez les gens pour v&#233;rifier si leur contrat d'&#233;lectricit&#233; et de gaz n'est pas surfactur&#233;. De quoi permettre de pr&#233;cieuses &#233;conomies &#224; des foyers tr&#232;s pr&#233;caires. &#171; &lt;i&gt;La plupart des gens ici savent ce qu'ils vont manger demain, mais pas forc&#233;ment le jour d'apr&#232;s &lt;/i&gt; &#187;, explique Fili. Les cas de malnutrition infantile sont nombreux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre collectif offre une aide psychologique gratuite aux personnes qui doivent g&#233;rer le stress d'une expulsion. La veille, une femme d'&#226;ge m&#251;r a r&#233;ussi &#224; &#233;viter la sienne, elle remercie l'assembl&#233;e de son aide. Puis les membres du bureau de l'association invitent les habitants &#224; s'investir plus, &#224; ne pas rester simple consommateurs de services juridiques et sociaux. Enfin, on &#233;voque les expulsions &#224; venir dans le mois. Chaque concern&#233; donne le jour, l'heure et l'adresse pour que les voisins puissent venir en nombre bloquer les huissiers. Toutes les semaines, ils interviennent quatre &#224; cinq fois dans le quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin de l'assembl&#233;e, une femme gitane, les larmes aux yeux, vient timidement faire part de son cas &#224; Fili. Elle doit &#234;tre expuls&#233;e prochainement avec ses deux enfants en bas &#226;ge, son homme est en prison. &#171; &lt;i&gt;La majorit&#233; des gens qui se tournent vers nous ont d&#233;j&#224; subi une expulsion auparavant. &#192; 90 %, ce sont des m&#232;res c&#233;libataires &lt;/i&gt; &#187;, dit Fili. Dans le quartier, l'association a recens&#233; pr&#232;s de 250 logements squatt&#233;s, il y en a sans doute une centaine de plus en r&#233;alit&#233;. Pourtant, &#171; &lt;i&gt;la plupart des familles ne veulent pas occuper, mais pouvoir avoir un loyer social &#233;quitable &lt;/i&gt; &#187;. Au cours des huit derni&#232;res ann&#233;es, la mobilisation collective des voisins aurait sauvegard&#233; le logement de 1 100 familles sur une population globale d'environ 10 000 habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on demande &#224; Fili ce qu'il pense de l'action de la municipalit&#233;, il fait d'abord une moue dubitative en lissant sa barbichette en tire-bouchon. &#171; &lt;i&gt;Ada n'est venue que deux fois en cinq ans. Les gens de la mairie et leurs sociologues nous ont &#233;tudi&#233;s comme des b&#234;tes curieuses, mais pas grand-chose n'a &#233;t&#233; fait. &lt;/i&gt; &#187; N&#233;anmoins, il reconna&#238;t que les services sociaux de la mairie ont pu r&#233;gler plusieurs probl&#232;mes en rachetant des appartements aux banques pour en faire des logements sociaux. Ils ont cr&#233;&#233; aussi un groupe de m&#233;diation pour contr&#244;ler la l&#233;galit&#233; d'une partie des expulsions et obtenu des banques la mise en place directe, dans certains cas, de loyers sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, en ne r&#233;pondant pas suffisamment aux besoins les plus urgents, la municipalit&#233; a pris le risque de nourrir le ressentiment des populations les unes contre les autres. Et ainsi d'exacerber la x&#233;nophobie, exploit&#233;e par les partis de droite comme Ciudadanos, qui soutient la candidature de Manuel Valls &#224; la mairie de Barcelone. Fili dit d'ailleurs avoir &#233;t&#233; contact&#233; par l'&#233;quipe de l'ancien Premier ministre hexagonal, qui souhaitait faire campagne dans le quartier : &#171; &lt;i&gt;On lui a propos&#233; de venir emp&#234;cher une expulsion avec nous. Et d'assister &#224; une assembl&#233;e, &#224; la condition qu'il ne prenne pas la parole. Il n'a pas donn&#233; suite... &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bon libertaire, Fili n'oublie pas de se tenir &#224; bonne distance des jeux &#233;lectoraux. Et de rappeler que le but de l'association est d'abord &#171; &lt;i&gt;l'autogestion de la vie quotidienne du quartier &lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Cr&#233;er de la convivialit&#233; et du bien-&#234;tre. Faire en sorte que nous soyons d'abord des voisins et pas des &#233;trangers&#8230; &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mathieu L&#233;onard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guillaume Darribau&lt;/strong&gt; vit dans la banlieue de Barcelone. Les photographies publi&#233;es ici sont tir&#233;es de son exposition &lt;i&gt;La Ciutat embargada&lt;/i&gt;, sur la lutte et la solidarit&#233; contre les expulsions &#224; Ciutat Meridiana. &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://guillaumedarribau.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;GuillaumeDarribau.com&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;F&#225;tima Martin, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.lautrequotidien.fr/articles/2018/2/26/blackstone-comment-un-fonds-vautour-amricain-sest-offert-limmobilier-espagnol&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Blackstone : comment un fonds vautour am&#233;ricain s'est offert l'immobilier espagnol&lt;/a&gt; &#187;, sur le site de &lt;i&gt;L'autre quotidien&lt;/i&gt;, 26 f&#233;vrier 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;AgBar (Aguas de Barcelona), filiale de la multinationale fran&#231;aise Suez.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Propos recueillis par Clair Rivi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Chris Ealham, &lt;i&gt;Barcelone contre ses habitants&lt;/i&gt;, 1835-1936, CMDE &#233;ditions, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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