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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Miguel Peralta est libre</title>
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		<dc:creator>Patxi Beltzaiz, V&#233;ro Traba</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Accus&#233; d'un meurtre qu'il n'a pas commis, Miguel Peralta vient de passer plus de quatre ans en prison. Anarchiste indig&#232;ne, il a pay&#233; son soutien &#224; l'assembl&#233;e communautaire de son village, face au syst&#232;me d&#233;vorant des partis politiques. R&#233;cit. Un village portant le nom d'un anarchiste ? Bienvenue &#224; Eloxochitl&#225;n de Flores Mag&#243;n, dans la Sierra Mazateca, au nord de l'&#201;tat de Oaxaca, dans le sud du Mexique. C'est l&#224; qu'est n&#233;, en 1874, le c&#233;l&#232;bre anarchiste Ricardo Flores Mag&#243;n, consid&#233;r&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Accus&#233; d'un meurtre qu'il n'a pas commis, Miguel Peralta vient de passer plus de quatre ans en prison. Anarchiste indig&#232;ne, il a pay&#233; son soutien &#224; l'assembl&#233;e communautaire de son village, face au syst&#232;me d&#233;vorant des partis politiques. R&#233;cit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3164 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L408xH400/-1383-654a7.jpg?1782645184' width='408' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Patxi Beltzaiz
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;U&lt;/span&gt;n village portant le nom d'un anarchiste ? Bienvenue &#224; Eloxochitl&#225;n de Flores Mag&#243;n, dans la Sierra Mazateca, au nord de l'&#201;tat de Oaxaca, dans le sud du Mexique. C'est l&#224; qu'est n&#233;, en 1874, le c&#233;l&#232;bre anarchiste Ricardo Flores Mag&#243;n, consid&#233;r&#233; par l'histoire officielle comme un pr&#233;curseur de la r&#233;volution mexicaine de 1910. Le &#171; magonisme &#187; d&#233;fendait l'id&#233;e que la r&#233;volution sociale doit s'appuyer sur la vie communale indig&#232;ne, sur la propri&#233;t&#233; collective de la terre, l'aide mutuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Miguel Peralta, indig&#232;ne mazat&#232;que, anarchiste, a &#233;t&#233; emprisonn&#233; quatre ans, cinq mois et quatorze jours pour avoir d&#233;fendu l'assembl&#233;e communautaire d'Eloxochitl&#225;n. Il vient d'&#234;tre lib&#233;r&#233; lundi 14 octobre par une nuit de pleine lune.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Us et coutumes &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au milieu des ann&#233;es 1990, Eloxochitl&#225;n, comme de nombreuses municipalit&#233;s de l'&#201;tat de Oaxaca, est r&#233;gi selon le syst&#232;me communal des &#171; &lt;i&gt;us et coutumes&lt;/i&gt; &#187;. Le conseil des anciens et l'assembl&#233;e communautaire d&#233;signent leurs autorit&#233;s traditionnelles, sans passer par les &#233;lections et les partis politiques. Les autorit&#233;s servent leur communaut&#233; durant un an, sans aucune r&#233;mun&#233;ration. Leur r&#244;le est d'organiser le travail communautaire ainsi que toutes les charges li&#233;es &#224; ce syst&#232;me d'organisation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 1997, diff&#233;rentes r&#233;formes visent &#224; affaiblir ce fonctionnement traditionnel en permettant aux autorit&#233;s municipales de capter et g&#233;rer les financements publics hors du contr&#244;le de la communaut&#233;. &#202;tre maire n'est alors plus une charge, mais un moyen de nourrir ses ambitions personnelles et de s'enrichir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Eloxochitl&#225;n, quelque temps apr&#232;s la Commune de Oaxaca (2006)&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Important soul&#232;vement qui marqua la capitale de l'&#201;tat, Oaxaca de Ju&#225;rez, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, les partis politiques, toutes tendances confondues, commencent &#224; s'immiscer au sein de l'assembl&#233;e communautaire. En 2010, un certain Manuel Zepeda Cort&#232;s entame une v&#233;ritable campagne &#233;lectorale. Son pros&#233;lytisme va jusqu'&#224; distribuer de l'argent pour s'assurer des votes, g&#233;n&#233;rant ainsi une fracture au sein d'une communaut&#233; extr&#234;mement pauvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mandat de Zepeda est synonyme de violences et d'emprisonnements. La peur s'installe dans la communaut&#233;. La famille Zepeda s'enrichit en accaparant les ressources naturelles. Pour s'assurer du contr&#244;le d'Eloxochitl&#225;n, les Zepeda tentent d'&#233;liminer par tous les moyens la continuit&#233; de l'assembl&#233;e communautaire. En 2012, Pedro Peralta, membre de l'assembl&#233;e, est arr&#234;t&#233;, tortur&#233; et emprisonn&#233; durant trois ans sous l'accusation fallacieuse de &#171; port d'arme &#187;. Au Mexique, la fabrication de d&#233;lits est couramment utilis&#233;e pour emprisonner les opposants et imposer la soumission des communaut&#233;s indig&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 2013, malgr&#233; un climat d'hostilit&#233; intense, l'assembl&#233;e communautaire met fin au mandat de Zepeda, et d&#233;signe de nouvelles autorit&#233;s municipales selon les &#171; us et coutumes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une analyse de l'exercice fiscal de 2013, le dernier du r&#232;gne Zepeda, r&#233;v&#232;le la disparition de 20 millions de pesos &#8211; pr&#232;s d'un million d'euros. La pression monte d'un cran dans la communaut&#233;. Les enfants, Manuel et Elisa, prennent fait et cause pour leur p&#232;re. Le clan se serre les coudes et occupe de force la mairie. &#192; aucun moment, les autorit&#233;s de l'&#201;tat de Oaxaca n'interviennent pour mettre fin &#224; cette situation.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Cinquante ans de prison&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 14 d&#233;cembre 2014, la situation d&#233;g&#233;n&#232;re violemment. Le clan Zepeda attaque l'assembl&#233;e communautaire r&#233;unie pour d&#233;signer une nouvelle autorit&#233; agraire. Sept personnes sont bless&#233;es par balle. Apr&#232;s un premier mouvement de dispersion, l'assembl&#233;e parvient &#224; contre-attaquer et &#224; arr&#234;ter le fils Zepeda en possession d'une arme &#224; feu. Ce dernier sera remis aux policiers de Huautla, chef-lieu de la Sierra Mazateca. Il d&#233;c&#233;dera quelques heures plus tard dans des conditions douteuses. Huit personnes de l'assembl&#233;e communautaire sont imm&#233;diatement emprisonn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des centaines de policiers envahissent le village et instaurent un v&#233;ritable &#233;tat de si&#232;ge. La chasse est ouverte. Trente-cinq mandats d'arr&#234;t sont &#233;mis contre des membres de l'assembl&#233;e communautaire pour homicide contre le fils Zepeda et tentative d'homicide contre Elisa Zepeda. Opportun&#233;ment, celle-ci va se pr&#233;senter comme une victime de la violence des hommes. Un th&#232;me porteur, dans un pays o&#249; les f&#233;minicides sont en augmentation constante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Miguel Peralta (le fils de Pedro), comme de nombreux autres, doit se cacher. Il est interpell&#233; le 30 avril 2015 &#224; Mexico par des hommes en civil. Pendant plus de vingt heures, personne ne sait o&#249; il se trouve, jusqu'&#224; qu'il r&#233;apparaisse &#224; la prison de Tlaxiaco, dans l'&#201;tat de Oaxaca. Entre avril 2015 et f&#233;vrier 2018, six autres membres de l'assembl&#233;e communautaire sont arr&#234;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, Miguel est incarc&#233;r&#233; &#224; Cuicatl&#225;n, &#224; trois heures de route d'Eloxochitl&#225;n. Son proc&#232;s se d&#233;roule au tribunal de Huautla o&#249; la collusion entre la justice et le clan Zepeda ne fait aucun doute. Du c&#244;t&#233; de l'accusation, aucune preuve n'est apport&#233;e quant &#224; la pr&#233;sence de Miguel lors des affrontements de d&#233;cembre 2014. Les t&#233;moignages sont contradictoires et incoh&#233;rents. D'ailleurs, plusieurs t&#233;moins &#224; charge ne se pr&#233;sentent pas devant le tribunal. Miguel, lui, clame son innocence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2016, Elisa Zepeda, qui tient toujours la mairie par la force, se fait &#233;lire en dehors de tout respect des &#171; us et coutumes &#187;. En d&#233;cembre 2017, lass&#233; des entraves permanentes &#224; son proc&#232;s, Miguel demande &#224; clore la phase d'investigations. L'audience finale a lieu le 28 septembre 2018 : pour cause de n&#233;gligence de l'administration judiciaire (on a &#171; oubli&#233; &#187; d'envoyer &#224; la prison son ordre de transfert), Miguel ne peut pas y assister. Le 26 octobre 2018, apr&#232;s huit jours de gr&#232;ve de la faim, Miguel est condamn&#233; &#224; cinquante ans de prison pour homicide et tentative d'homicide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; juillet 2018, Elisa Zepeda avait &#233;t&#233; &#233;lue d&#233;put&#233;e au Congr&#232;s de Oaxaca sous l'&#233;tiquette Morena (Mouvement de r&#233;g&#233;n&#233;ration nationale), parti politique du nouveau pr&#233;sident mexicain (de gauche), Andr&#232;s Manuel Lopez Obrador. Pendant que Miguel croupit en prison, Elisa gravit &#224; grands pas les marches du pouvoir...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roberto Lopez Miguel, membre du collectif &lt;i&gt;Los Otros Abogadoz&lt;/i&gt; et avocat de Miguel, lance une proc&#233;dure d'appel. Au vu des irr&#233;gularit&#233;s du proc&#232;s, le Tribunal sup&#233;rieur de justice de l'&#201;tat de Oaxaca annule la peine de cinquante ans de prison et impose au juge de Huautla de r&#233;aliser une nouvelle audience finale.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lib&#233;rer ses compagnons&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'audience a lieu le 19 septembre dernier et Miguel y plaide son innocence. &#192; la sortie du tribunal, il se d&#233;clare en gr&#232;ve de la faim pour obliger le juge &#224; dicter la sentence sans tarder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Mexique, comme &#224; l'international, des collectifs multiplient les actions de solidarit&#233; pour exiger la lib&#233;ration du prisonnier politique Miguel Peralta. Des m&#233;dias nationaux comme &lt;i&gt;Aristegui Noticias&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Gatopardo &lt;/i&gt;et &lt;i&gt;Proceso&lt;/i&gt; suivent l'affaire. Le Congr&#232;s national indig&#232;ne exige sa lib&#233;ration. Tous ces &#233;l&#233;ments contribuent &#224; contrer le discours m&#233;diatique de la d&#233;put&#233;e Elisa Zepeda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi 14 octobre 2019, Miguel en est &#224; son vingt-sixi&#232;me jour de gr&#232;ve de la faim. Peu avant minuit, il est remis en libert&#233;. Seuls ses parents sont inform&#233;s. Depuis Oaxaca, on s'entasse &#224; quelques-uns dans une camionnette pour rejoindre Cuicatl&#225;n sans aucune certitude sur sa lib&#233;ration. Arriv&#233;s &#224; destination, on retrouve Miguel libre, amaigri, heureux. La nuit sera blanche sous une lune accueillante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le lendemain matin, Miguel doit quitter l'&#201;tat de Oaxaca pour &#233;viter de possibles repr&#233;sailles. Il est impensable pour l'instant qu'il puisse retourner au village. Le clan Zepeda vient de perdre une sacr&#233;e bataille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prison n'a pas r&#233;ussi &#224; briser Miguel. Bien au contraire : plus offensif que jamais, il est bien d&#233;cid&#233; &#224; se battre pour faire lib&#233;rer ses sept compagnons encore emprisonn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Patxi Beltzaiz &amp; V&#233;ro Traba&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Important soul&#232;vement qui marqua la capitale de l'&#201;tat, Oaxaca de Ju&#225;rez, aboutissant &#224; la cr&#233;ation de l'Assembl&#233;e populaire des peuples de Oaxaca, qui prit dans une certaine mesure la place des autorit&#233;s &#233;tatiques pendant plusieurs mois.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le rendez-vous manqu&#233; de Copala</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-rendez-vous-manque-de-Copala</link>
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		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>Rufino Ju&#225;rez</dc:subject>
		<dc:subject>Juan Copala</dc:subject>
		<dc:subject>Jyri</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;George LAPIERRE, Oaxaca, le 4 mai 2010. &#171; Nous ne devons rien attendre de bon du gouvernement, c'est nous qui allons r&#233;soudre nos probl&#232;mes. C'est pourquoi nous nous sommes d&#233;clar&#233;s commune autonome &#224; dater du 1er janvier de cette ann&#233;e 2007, afin d'&#234;tre sujets de notre propre destin ! &#187; Ces paroles, prononc&#233;es lors de la rencontre des peuples indiens des Am&#233;riques dans le village yaqui de Vicam, dans l'&#201;tat du Sonora en 2007, ont une bien douloureuse r&#233;sonance aujourd'hui. Accompagnant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jyri" rel="tag"&gt;Jyri&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;George LAPIERRE, Oaxaca, le 4 mai 2010.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous ne devons rien attendre de bon du gouvernement, c'est nous qui allons r&#233;soudre nos probl&#232;mes. C'est pourquoi nous nous sommes d&#233;clar&#233;s commune autonome &#224; dater du 1er janvier de cette ann&#233;e 2007, afin d'&#234;tre sujets de notre propre destin ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Joani Hocquenghem, Le rendez-vous de Vicam, Rencontre des peuples indiens (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; Ces paroles, prononc&#233;es lors de la rencontre des peuples indiens des Am&#233;riques dans le village yaqui de Vicam, dans l'&#201;tat du Sonora en 2007, ont une bien douloureuse r&#233;sonance aujourd'hui. Accompagnant l'&#233;lan insurrectionnel qui soufflait sur Oaxaca, Copala et les communaut&#233;s rattach&#233;es &#224; cette petite ville indienne se d&#233;claraient autonomes, et ce fut la guerre. Une guerre dite, selon l'euph&#233;misme militaire, &#171; de basse intensit&#233; &#187;. Les gens ont pleur&#233; leurs morts, et les morts, eux, se taisent. Comme Fel&#237;citas et Teresa, deux locutrices de la radio communautaire de San Juan Copala, La voz que rompe el silencio (la voix qui rompt le silence). Fel&#237;citas Mart&#237;nez et Teresa Bautista sont tomb&#233;es en avril 2008 dans une embuscade : quelques rafales d'AK-47 et l'impunit&#233; pour les assassins. Elles parlaient d'entraide, d'autod&#233;termination des peuples, comme Bety et Jyri. Beatriz Cari&#241;o et Jyri Jaakkola se trouvaient c&#244;te &#224; c&#244;te dans la camionnette quand ils re&#231;urent chacun une balle dans la t&#234;te : une autre embuscade, un feu nourri pendant dix minutes, le 27 avril 2010. Entre ces deux mois d'avril, on ne compte plus les morts. La caravane pr&#233;tendait rompre le si&#232;ge qu'impose depuis fin 2009 un groupe paramilitaire autour de Copala en accompagnant des instituteurs qui devaient rouvrir l'&#233;cole.La commune autonome avait sollicit&#233; l'appui d'organismes de d&#233;fense des droits de l'homme et d'organisations civiles pour favoriser ce retour. C'est au lieu-dit La Sabana que l'attaque a eu lieu. La Sabana est un fief de l'Ubisort, &#171; Union pour le bien-&#234;tre social de la r&#233;gion triqui &#187; &#8211; comme son nom ne l'indique pas, il s'agit d'un groupe paramilitaire.Depuis la d&#233;claration d'autonomie, l'Ubisort a peu &#224; peu grignot&#233; le terrain autour de Copala en s'emparant par la force des hameaux dispers&#233;s qui faisaient partie de la municipalit&#233; autonome. Elle a ainsi, avec le soutien du gouvernement, encercl&#233; le chef-lieu, qu'elle maintient depuis sous son feu. Les habitants risquent leur vie &#224; tout bout de champ. Les hommes quand ils vont travailler leur milpa ; les femmes quand elles tentent de se ravitailler ; les enfants quand ils jouent dans les rues.Dix-neuf morts depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e. Beaucoup d'habitants ont fui ce climat de terreur. Derni&#232;rement,un commando de l'Ubisort s'est empar&#233; du palais municipal. Dans une sorte de &#171; coup d'&#201;tat &#187;, il s'est proclam&#233; &#171; nouvelle autorit&#233; &#187; de Copala. Les gens ont finalement r&#233;ussi &#224; reprendre la mairie et &#224; en chasser les intrus. La veille du d&#233;part de la caravane, le chef de l'Ubisort, Rufino Ju&#225;rez, avait pr&#233;venu qu'il ne r&#233;pondrait de rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'attentat, le gouvernement d'Oaxaca a d&#251; n&#233;gocier avec lui pour r&#233;cup&#233;rer les corps de Beatriz et Jyri. Le 29, c'est le directeur de la revue Contralinea qui a d&#251; affr&#233;ter un h&#233;licopt&#232;re pour secourir deux de ses journalistes qui accompagnaient la caravane, David Cilia &#8211;bless&#233;&#8211; et &#201;rika Ram&#237;rez, r&#233;fugi&#233;s dans la montagne depuis deux jours. C&#244;t&#233; forces de l'ordre, Rufino Ju&#225;rez semble intouchable. On assiste &#224; une mont&#233;e en puissance des groupes paramilitaires. Il s'agit d'un &#233;l&#233;ment incontournable de la guerre sociale dans le Mexique actuel. Ce sont des milices d&#233;vou&#233;es &#224; des groupes de pouvoir bien implant&#233;s dans une r&#233;gion et li&#233;s entre eux par des int&#233;r&#234;ts communs. Toute une cha&#238;ne de complicit&#233; et d'impunit&#233; les lie &#224; l'arm&#233;e et &#224; l'ensemble de l'appareil d'&#201;tat. On les retrouve sur tous les fronts, en premier lieu au Chiapas, o&#249; ils m&#232;nent la vie dure aux communaut&#233;s zapatistes, mais aussi dans le Guerrero, dans le Michoac&#225;n &#8211;&#224; Ostula&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur Ostula, lire Al&#232;ssi Dell'Umbria, &#201;chos du Mexique indien et rebelle, Rue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, o&#249; ils viennent d'enlever trois dirigeants indiens&#8211;, ou ici, &#224; Oaxaca, dans la r&#233;gion triqui. Ils sont une institution officieuse. Le Mexique conna&#238;t deux guerres civiles. Une guerre spectaculaire, qui occupe le devant de la sc&#232;ne et le nord du pays, opposant l'arm&#233;e et les cartels de la drogue pour le contr&#244;le du territoire. Et une autre guerre plus sournoise, dont on parle peu,que la premi&#232;re a d'ailleurs pour but de cacher : c'est celle men&#233;e contre la population, indienne ou m&#233;tisse, contre tous ceux qui ont gard&#233; une forme de vie sociale leur permettant de r&#233;sister aux entreprises destructrices du capital. La premi&#232;re a &#233;t&#233; voulue par le gouvernement : en titillant un nid de vip&#232;res, le pr&#233;sident Calder&#243;n s'attendait &#224; une r&#233;action. Il sait bien que cette guerre est sans fin, mais il a besoin d'elle comme &#233;cran de fum&#233;e masquant la guerre sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bataille men&#233;e contre les cartels se pr&#233;sente comme l'inversion de la r&#233;alit&#233;, elle est visible quand la guerre r&#233;elle est cach&#233;e, elle est bruyante quand la guerre r&#233;elle se veut silencieuse&#8230; Pourtant elle fait partie de la r&#233;alit&#233; de la guerre sociale au Mexique,elle en est un &#233;l&#233;ment cl&#233; : tactique de l'&#233;cran, de l'inversion,mais aussi banalisation de l'horreur. On pourrait la qualifier de strat&#233;gie du chaos. Il s'agit de prendre de vitesse les mouvements sociaux, de les isoler et d'emp&#234;cher, par les moyens les plus extr&#234;mes, toute tentative de reconnaissance. D&#232;s d&#233;cembre 2007, le sous-commandant Marcos le pressentait : &lt;i&gt;&#171; La guerre, comme la peur, a une odeur. Et l&#224;, on commence &#224; respirer son odeur f&#233;tide sur nos terres. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir aussi &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Oaxaca-guerre-a-l-autonomie'&gt;&#171; Oaxaca : guerre &#224; l'autonomie &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Joani Hocquenghem, &lt;a href=&#034;http://courtcircuit-diffusion.com/Le-rendez-vous-de-Vicam&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le rendez-vous de Vicam, Rencontre des peuples indiens d'Am&#233;rique&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Rue des cascades, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur Ostula, lire Al&#232;ssi Dell'Umbria, &lt;a href=&#034;http://courtcircuit-diffusion.com/Echos-du-Mexique-indien-et-rebelle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&#201;chos du Mexique indien et rebelle&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Rue des cascades, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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