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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Le tourisme est une industrie extractiviste &#187;</title>
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		<dc:creator>C&#233;cile Kiefer, Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;&#192; Barcelone, la surfr&#233;quentation touristique d&#233;truit chaque ann&#233;e davantage les &#233;quilibres socio-urbains. Un rouleau compresseur &#233;conomique contre lequel s'&#233;l&#232;ve l'ABTS (Assemblea de barris per un turisme sostenible), un regroupement de diverses associations et assembl&#233;es de quartiers. Dans un petit bar de la vieille ville, entretien avec le militant Daniel Pardo. Ton organisation s'appelle &#171; Assembl&#233;e de quartiers pour un tourisme soutenable &#187;. C'est possible, un &#171; tourisme soutenable &#187; ? (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no176-mai-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;176 (mai 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Patrick-Cockpit-295" rel="tag"&gt;Patrick Cockpit&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Barcelone, la surfr&#233;quentation touristique d&#233;truit chaque ann&#233;e davantage les &#233;quilibres socio-urbains. Un rouleau compresseur &#233;conomique contre lequel s'&#233;l&#232;ve l'ABTS (&lt;i&gt;Assemblea de barris per un turisme sostenible&lt;/i&gt;), un regroupement de diverses associations et assembl&#233;es de quartiers. Dans un petit bar de la vieille ville, entretien avec le militant Daniel Pardo.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2955 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L280xH418/-1195-c601c.jpg?1782644969' width='280' height='418' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Patrick Cockpit
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ton organisation s'appelle &#171; Assembl&#233;e de quartiers pour un tourisme soutenable &#187;. C'est possible, un &#171; tourisme soutenable &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Non. (&lt;i&gt;Rires&lt;/i&gt;) Personne n'&#233;tait vraiment convaincu, mais il fallait bien trouver un nom. Certains se sont f&#226;ch&#233;s en disant qu'on n'&#233;tait pas assez radicaux. Toutefois cette appellation nous permet aussi de toucher un public qui se m&#233;fierait si on avait un nom plus frontal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En v&#233;rit&#233;, on ne croit pas vraiment &#224; la possibilit&#233; d'un tourisme soutenable &#224; Barcelone. L'id&#233;e est plut&#244;t de commencer &#224; le faire d&#233;cro&#238;tre avant de voir quel niveau de tourisme serait soutenable. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment s'organise l'ABTS ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un groupe informel, sans porte-parole ni pr&#233;sident. Un espace de coordination : des &#8220;d&#233;l&#233;gu&#233;s&#8221; repr&#233;sentent chaque assembl&#233;e de quartier et on se retrouve une fois par mois. On traite de beaucoup de sujets : &#231;a va d'une lutte dans un quartier sp&#233;cifique au r&#233;seau anti-tourisme du sud de l'Europe (&lt;i&gt;lire plus loin&lt;/i&gt;). Voil&#224; pourquoi on s'organise en groupes de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part, en 2015, on &#233;tait une quinzaine de collectifs du centre-ville. Le degr&#233; de nuisances caus&#233;es par le tourisme est tel qu'il &#233;tait naturel pour les gens de se rassembler. Tr&#232;s vite, des quartiers plus p&#233;riph&#233;riques nous ont rejoints, conscients qu'ils &#233;taient les prochains sur la liste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur quoi se fonde votre critique du tourisme, concr&#232;tement ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Comme d'autres, l'industrie touristique est extractive, dans le sens o&#249; elle se fixe dans un lieu et en extrait d'&#233;normes profits qu'elle ne redistribue pas. Sachant que le tourisme de masse a un besoin syst&#233;matique de cro&#238;tre et maltraite le territoire ainsi que sa population. Il faut casser cette logique de croissance &#233;ternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier impact se ressent sur le logement. Sans oublier les ouvertures d'h&#244;tels &#8211; qui elles aussi r&#233;duisent le parc immobilier disponible &#8211;, le plus visible, ce sont les appartements touristiques, type AirBnB. &#192; Barcelone, il y a environ 10 000 locations l&#233;gales (avec licence) pour pr&#232;s de 15 000 ill&#233;gales. Pour beaucoup de gens, il faudrait simplement fermer les locations ill&#233;gales. Mais qu'elles soient l&#233;gales ou ill&#233;gales, le probl&#232;me reste le m&#234;me. L'attractivit&#233; touristique entra&#238;ne une attractivit&#233; immobili&#232;re. Alors m&#234;me si le probl&#232;me de la sp&#233;culation immobili&#232;re en Espagne d&#233;passe largement le facteur touristique, la &#8220;touristification&#8221; fonctionne comme un catalyseur de cette machine immobili&#232;re &#224; expulser &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Barcelone, quelle ville en commun ? &#187;, CQFD n&#176; 174, mars 2019.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On constate aussi une transformation du tissu commercial : les commerces de proximit&#233; sont remplac&#233;s par des magasins touristiques qui ne sont d'aucune utilit&#233; aux habitants. Et dans les magasins mixtes, &#224; destination des locaux comme des touristes, les prix sont exorbitants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le tourisme a aussi un impact sur les transports publics&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, &#224; plusieurs niveaux. D'une part, l'espace public est totalement satur&#233; dans certains quartiers par la masse de touristes et les v&#233;hicules de location type trottinettes &#233;lectriques ou &lt;i&gt;Segway&lt;/i&gt; qui rendent les d&#233;placements tr&#232;s compliqu&#233;s. Les vieux nous disent qu'ils sortent moins, que l'espace public leur para&#238;t plus hostile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, le r&#233;seau public de transport est lui aussi satur&#233;. &#192; certaines p&#233;riodes de l'ann&#233;e, le m&#233;tro et le bus ne s'arr&#234;tent plus &#224; certaines stations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, il y a aussi un impact &#233;cologique dramatique avec les vols &lt;i&gt;low cost&lt;/i&gt;, les croisi&#232;res, les bus et les voitures dans une ville qui avait d&#233;j&#224; de gros probl&#232;mes de pollution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, et c'est fondamental, l'industrie touristique est le pire secteur &#233;conomique quant aux conditions de travail. Dans l'h&#244;tellerie et la restauration, le salaire moyen n'est que la moiti&#233; du salaire moyen g&#233;n&#233;ral. L'argument principal du secteur touristique est qu'il apporte des richesses et du travail. C'est mensonger : les salaires sont merdiques, souvent pay&#233;s au noir, les conditions de travail p&#233;nibles avec des journ&#233;es de douze heures. Ce qui nous am&#232;ne aussi &#224; penser le tourisme comme un probl&#232;me de sant&#233; publique : des riverains ne dorment plus la nuit et les travailleurs subissent une pression dingue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment lutter concr&#232;tement contre cette touristification ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Comme pour toute lutte sociale, il faut une base. Il s'agit de convaincre du monde et c'est loin d'&#234;tre facile. Ce qu'on a le mieux r&#233;ussi, c'est &#224; d&#233;velopper une autre narration du tourisme dans la ville. Le discours officiel &#8211; dans le secteur priv&#233; comme dans le public &#8211; consiste &#224; dire que le tourisme profite &#224; tout le monde. Alors que personne ne remettait &#231;a en question, des voix se sont progressivement fait entendre. Il y avait beaucoup de rage chez les gens, mais il fallait mettre un discours argument&#233; sur tout &#231;a. C'est pour &#231;a qu'on organise des conf&#233;rences, des rencontres. On n'a pas r&#233;ussi &#224; mobiliser tant de monde que &#231;a dans la rue, mais l'impact m&#233;diatique a &#233;t&#233; assez fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 2016, on s'est mis en r&#233;seau avec d'autres villes, pour constituer le r&#233;seau SET (Sud de l'Europe contre la touristification), avec des gens de Majorque, de Malaga, de Venise, qui &#233;taient impact&#233;s par les m&#234;mes ph&#233;nom&#232;nes et qui avaient des modes de lutte assez similaires. Puis en 2018, des gens de Lisbonne, Porto, Malte et d'autres villes d'Espagne et d'Italie nous ont rejoints.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette notion de &lt;i&gt;sud de l'Europe &lt;/i&gt;est tr&#232;s importante. On relie &#231;a aux politiques d'aust&#233;rit&#233;, avec la sensation que le &lt;i&gt;sud de l'Europe&lt;/i&gt; repr&#233;sente le jardin de vacances du Premier monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; Venise, des militants anti-tourisme se sont jet&#233;s &#224; l'eau pour forcer les bateaux de croisi&#232;re &#224; faire demi-tour. Quelles actions concr&#232;tes avez-vous men&#233;es ici ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; Venise, c'est particulier, tout le monde circule en bateau. Ici, la Guardia Civil arrive en dix minutes si tu t'approches du port. Il est plus envisageable de bloquer les bus de croisi&#233;ristes. En 2017, on a bloqu&#233; de fa&#231;on coordonn&#233;e sept bus dans sept points de la ville avec comme message &#8220;&lt;i&gt;Stop aux abus touristiques&lt;/i&gt;&#8221;. On a foutu un beau bordel sur fond de batucadas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une de nos actions qui a fait le plus de bruit avait pour but de d&#233;noncer la sp&#233;culation d'AirBnB. &#199;a consistait &#224; r&#233;server un appartement qu'on savait ill&#233;gal, car g&#233;r&#233; par quelqu'un qui en louait quinze autres et qui, pour ses affaires, vidait des b&#226;timents en expulsant les habitants. Une fois &#224; l'int&#233;rieur, on a appel&#233; l'inspection en disant : &#8220;&lt;i&gt;&#201;coutez, on est dedans, y a aucune licence ici.&lt;/i&gt;&#8221; On l'a fait &#224; deux reprises, en accompagnant l'action d'un dossier complet avec toutes les informations sur les propri&#233;t&#233;s et les g&#233;rants des appartements. &#199;a nous a aussi permis de d&#233;monter le discours d'AirBnB qui pr&#233;tend que la plateforme permet aux gens modestes d'am&#233;liorer leurs fins de mois, alors que les profits vont surtout aux gros propri&#233;taires. &#192; Barcelone, 80 % des h&#244;tes ont une seule propri&#233;t&#233; sur la plateforme, mais les 20 % restants g&#232;rent 70 % des propri&#233;t&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2015, Ada Colau, issue du mouvement social contre les expulsions immobili&#232;res, a &#233;t&#233; &#233;lue maire de Barcelone. Elle se repr&#233;sente aux &#233;lections du 26 mai. Que penses-tu de son action contre AirBnB ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour la premi&#232;re fois, la mairie a &#233;labor&#233; un plan pour organiser le logement touristique. C'est positif, mais pour nous il faudrait compl&#232;tement arr&#234;ter d'accorder des licences &#224; ce type de logements &#8211; h&#244;tels ou appartements. La municipalit&#233; a engag&#233; des poursuites, men&#233; des inspections. Mais le syst&#232;me administratif met beaucoup plus de temps &#224; sanctionner les appartements touristiques qu'&#224; expulser des gens de chez eux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mairie dit aussi vouloir aller vers une &#8220;d&#233;concentration&#8221; du tourisme : &#8220;&lt;i&gt;On a beaucoup de touristes sur certains lieux, du coup on va les amener dans d'autres quartiers p&#233;riph&#233;riques&lt;/i&gt;.&#8221; Super ! Sauf que les touristes continueront &#224; aller &#224; la Sagrada Fam&#237;lia ; ils iront simplement envahir aussi d'autres quartiers. La saturation de l'espace public s'&#233;tendra. Autre principe fallacieux : la &#8220;d&#233;saisonnalisation&#8221;. En gros, il faudrait d&#233;sengorger la p&#233;riode printani&#232;re et estivale en faisant venir davantage de touristes &#224; l'automne. Mais &#231;a ne marchera pas. Ces concepts sont des fa&#231;ons de d&#233;guiser l'accroissement &#233;ternel du tourisme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Clair Rivi&#232;re &amp; C&#233;cile Kiefer&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire aussi&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Un-raco-llibertari-a-Barcelona' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Un rac&#243; llibertari a Barcelona&lt;/a&gt; &#187; : entretien avec I&#241;aki, militant du centre social autog&#233;r&#233; barcelonais El Lokal, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Barcelone-quelle-ville-en-commun' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Barcelone, quelle ville en commun ?&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;n&#176; 174, mars 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Voyager dans la zone du confort</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Voyager-dans-la-zone-du-confort</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aude Vidal</dc:creator>


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&lt;p&gt;Partie en Asie du Sud-Est comme touriste il y a cinq ans, Aude Vidal poursuit la rencontre en devenant &#171; volontouriste &#187;, pigiste, &#233;tudiante &#224; Langues O' ou prof de fran&#231;ais en tongs. Et se pose la question : comment cesser d'&#234;tre touriste ? Est-ce seulement possible ? *** Comme tout le monde, je m&#233;prise les touristes. Les touristes qui viennent chez moi marcher le nez en l'air sur les pistes cyclables et faire grimper le prix des loyers &#224; coups d'Airbnb ou de r&#233;sidences secondaires. Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no167-juillet-aout-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;167 (juillet-ao&#251;t 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Patrick-Cockpit-295" rel="tag"&gt;Patrick Cockpit&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Partie en Asie du Sud-Est comme touriste il y a cinq ans, Aude Vidal poursuit la rencontre en devenant &#171; volontouriste &#187;, pigiste, &#233;tudiante &#224; Langues O' ou prof de fran&#231;ais en tongs. Et se pose la question : comment cesser d'&#234;tre touriste ? Est-ce seulement possible ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2737 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-995-11e1d.jpg?1782643433' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Patrick Cockpit
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comme tout le monde, je m&#233;prise les touristes&lt;/strong&gt;. Les touristes qui viennent chez moi marcher le nez en l'air sur les pistes cyclables et faire grimper le prix des loyers &#224; coups d'Airbnb ou de r&#233;sidences secondaires. Les touristes comme moi quand je voyage. Nous sommes nombreuses et nombreux sur la piste Sud-Est asiatique, une des r&#233;gions les plus &#171; faciles &#224; voyager &#187; au monde : prix bas, &#233;quipements corrects, splendeurs naturelles (la baie de Krabi) ou historiques (Angkor, Bagan), criminalit&#233; contenue, populations souriantes, climat tropical, plages et cocotiers. Remontant la p&#233;ninsule Malaise depuis Singapour, en route pour l'ancien royaume Lan Na ou glissant sur le M&#233;kong, beaucoup de jeunes (ou jeunes dans leur t&#234;te) d&#233;brouillard.e.s h&#233;sitent entre joie de vivre et mesquinerie petite bourgeoise d&#232;s que le service n'est pas irr&#233;prochable. Nous avons choisi un voyage ind&#233;pendant, sac au dos, sans pr&#233;parer plus d'une &#233;tape &#224; la fois. Nous avons l'impression de vivre une grande aventure humaine et parlons souvent de &#171; &lt;i&gt;sortir de notre zone de confort&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais le fait est que nous nous inscrivons dans une &#233;conomie bien r&#233;elle&lt;/strong&gt;, le premier secteur productif au monde &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; [L'activit&#233; touristique] emploie 200 millions de personnes dans le monde, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Et dans des rapports &#233;conomiques marqu&#233;s par l'iniquit&#233; et un pass&#233; colonial. Mais de cela, il n'est jamais question quand nous nous engageons dans des relations avec les locaux. Une infirmi&#232;re fran&#231;aise &#224; un jeune Hmong au Laos : &#171; &lt;i&gt;Toi aussi, tu veux voyager ? Et pourquoi pas ?&lt;/i&gt; &#187; Alors qu'il vient de nous dire que sa famille vit avec 100 &#8364; par mois... Un ami me racontait aussi avoir commenc&#233; son tour du monde en marchandant aupr&#232;s d'un pousse-pousse indien, faisant valoir sa &#171; pauvret&#233; &#187; relative d'&#233;tudiant-ing&#233;nieur : la t&#234;te du gars devant cet argument lui avait fait honte pour le restant du voyage. R&#233;trospectivement, il avait trouv&#233; cette exp&#233;rience plus instructive que toutes celles qui sont cens&#233;es faire de ce geste de consommation une activit&#233; enrichissante humainement &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; propos d'une activit&#233; bien plus enrichissante humainement, ces quelques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;N'effleurer que la surface&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La plupart d'entre nous ne voyage que sur des circuits pr&#233;alablement balis&#233;s&lt;/strong&gt;, sur lesquels lignes de transports en commun efficaces et infrastructures h&#244;teli&#232;res confortables n'ont pas fleuri au hasard. Les attractions non plus : elles ont fait l'objet de ce que Rodolphe Christin appelle &#171; &lt;i&gt;une ing&#233;nierie sociale d&#233;di&#233;e &#224; l'am&#233;nagement de l'espace et &#224; l'organisation d'offres commerciales adapt&#233;es&lt;/i&gt; &#187;. C'est tout de suite moins magique. Experte en tourisme, c&#244;t&#233; consommatrice, j'ai &#233;t&#233; sollicit&#233;e pour aider &#224; d&#233;terminer ce qui pouvait faire l'objet d'une attraction touristique dans la r&#233;gion de Bondowoso (Java Est). Ce point de vue sur les rizi&#232;res en terrasse ? Mouais, pas assez de relief pour faire un paysage inoubliable, mais joli. Cette fabrique artisanale de manioc ferment&#233; ? Non, &#231;a ne va pas le faire, &#231;a sent trop mauvais. La caldeira du volcan Ijen, ses porteurs de soufre et leur petites figurines jaunes ? Oui, mais cette attraction existe d&#233;j&#224; : il y a des parkings am&#233;nag&#233;s et des vendeurs de tout sur les pentes du volcan, qui accueillent chaque nuit des milliers de touristes (la plupart locaux) &#8211; puisque l'offre touristique s'est structur&#233;e autour d'une d&#233;couverte matinale du sommet. Et de r&#233;diger des notices sur Wikitravel pour transformer un geste quotidien (prendre le caf&#233; au march&#233;) en une attraction en soi, charge aux entrepreneurs locaux d'en faire une marchandise. Mais les touristes sont difficiles et ne mordent pas &#224; tous les hame&#231;ons. Nous jugeons que telle ville se &#171; fait &#187; en deux heures, pas plus, l&#224; o&#249; d'autres passent toute une vie. N'effleurant que la surface, nous devons alors multiplier les villes et paysages travers&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le plus difficile reste ce paradoxe&lt;/strong&gt; : l'espace doit &#234;tre balis&#233;, mais ce serait bien si nous pouvions y &#234;tre les premier.e.s &#8211; ou au moins les seul.e.s &#8211; touristes et ne pas nous noyer dans la foule. C'est un peu comme r&#233;clamer un hypermarch&#233; aux rayons lourdement charg&#233;s, mais dans lequel les all&#233;es seraient d&#233;sertes et o&#249; personne n'attendrait aux caisses. Il n'y a pourtant pas de myst&#232;re, c'est &#233;quip&#233; parce que nous l'avons d&#233;j&#224; colonis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2738 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-996-d9607.jpg?1782643434' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Patrick Cockpit
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le monde s'&#233;puise&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premi&#232;re activit&#233; &#233;conomique au monde&lt;/strong&gt;, donc, &#171; &lt;i&gt;le tourisme est l'expression d'une mobilit&#233; humaine et sociale fond&#233;e sur un exc&#233;dent budg&#233;taire susceptible d'&#234;tre consacr&#233; au temps libre pass&#233; &#224; l'ext&#233;rieur de la r&#233;sidence principale&lt;/i&gt; &#187; &lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extrait de l'Encyclop&#233;die Universalis.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Le tourisme est une activit&#233; en pleine croissance, de 6 % par an en moyenne, mais les Fran&#231;ais.e.s partent de moins en moins en vacances. Ce qui explose avec le tourisme, ce sont les in&#233;galit&#233;s. Les &#171; &lt;i&gt;exc&#233;dents budg&#233;taires&lt;/i&gt; &#187; des un.e.s augmentent, ainsi que le nombre de ceux et celles qui en ont, tandis que les autres pourront d&#233;couvrir le monde en accueillant des touristes sur leur lieu de vie devenu terrain de jeux, c'est-&#224;-dire en allant vivre en banlieue parce que les loyers en centre-ville ont perdu la raison. M&#234;me r&#233;cit &#224; Marseille, Lisbonne &lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notamment &#171; Lisbonne tremble encore &#187;, article publi&#233; dans le n&#176;147 de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, Georgetown ou Macao. Les autorit&#233;s parlent de patrimoine, les esprits chagrins de &lt;i&gt;disneylandisation&lt;/i&gt;. Partout dans le monde, les m&#234;mes &lt;i&gt;latte&lt;/i&gt;, wifi inclus, pour le prix de cinq ou dix caf&#233;s. Les m&#234;mes logiques de sp&#233;culation, les m&#234;mes restaurations &#224; la truelle qui, mieux que le temps, savent d&#233;truire un h&#233;ritage architectural qui avait tenu, bon gr&#233; mal gr&#233;, par les mobilisations des habitant.e.s contre chaque nouveau projet d'&#233;quipement monstrueux. Au classement Unesco, &#224; la mus&#233;ification de la ville, comment dire non sans avoir l'air de ne repr&#233;senter que ses int&#233;r&#234;ts particuliers ? C'est la culture qu'on attaque ! M&#234;me bilan globalement n&#233;gatif dans les espaces naturels : pour les abords d'une rivi&#232;re Kinatabatangan pr&#233;serv&#233;s en vue de safaris-photos en bateau, combien d'hectares bouff&#233;s par les infrastructures ? Et surtout, combien de m&#232;tres cubes d'eau d&#233;pens&#233;s dans des piscines et golfs (et pour un mode de vie occidental en g&#233;n&#233;ral) tandis que des paysan.ne.s peuvent en manquer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous, les touristes, sommes trop nombreux et nombreuses sur Terre&lt;/strong&gt;. Mais qu'&#224; cela ne tienne, nous entretenons le d&#233;ni. D&#233;ni sur ce qui est au c&#339;ur de nos voyages : notre carte Visa. D&#233;ni sur nos d&#233;ceptions : il y a trop de monde, trop d'imb&#233;ciles, trop d'Australien.ne.s, etc. Nous faisons la queue pour poser seul.e.s sur un rocher au-dessus d'un fjord, recadrons nos photos pour qu'on n'y d&#233;c&#232;le pas la pr&#233;sence des autres, les touristes surnum&#233;raires. Nous nous r&#233;jouissons de voir de nouvelles destinations surgir et des pays &#171; s'ouvrir &#187; (comme la Birmanie), mais &#224; vrai dire le monde s'&#233;puise et sa finitude nous &#233;clate au visage. Arpent&#233;, &#233;quip&#233;, il se ferme au voyage, &#224; l'aventure, et s'offre au tourisme, charge &#224; nous d'en trouver les formes les moins b&#234;tes. Prendre le temps (Bondowoso se &#171; fait &#187; en deux heures ou en deux semaines), trouver les pr&#233;textes d'une rencontre avec les gens du cru &#8211; ne serait-ce que pour s'occuper pendant les deux semaines en question. Il y a encore beaucoup &#224; d&#233;couvrir, m&#234;me quand le grand frisson ne tient plus qu'&#224; un retard de car, &#224; une literie infect&#233;e de punaises ou &#224; un wifi qui rame.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Aude Vidal&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_2739 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;66&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH558/-997-4cde7.jpg?1782640442' width='400' height='558' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;167 de CQFD, illustr&#233;e par Jean-Michel Bertoyas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;
&lt;strong&gt;Cet article&lt;/strong&gt; est issu du dossier &#171; Tourisme : plus loin, plus vite, plus rien &#187;, publi&#233; dans le n&#176;167 de&lt;/i&gt; CQFD &lt;i&gt;en juillet-ao&#251;t 2018&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En voir &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no167' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le sommaire&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; [L'activit&#233; touristique] &lt;i&gt;emploie 200 millions de personnes dans le monde, &lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt; ce qui para&#238;t bien peu relativement aux recettes engendr&#233;es : 733 milliards de dollars US en 2006, soit 2 milliards de dollars US par jour selon l'Organisation mondiale du tourisme (OMT)&lt;/i&gt; &#187;, souligne Rodolphe Christin dans son Manuel de l'anti-tourisme (&#201;cosoci&#233;t&#233;, 2018 &#8211; r&#233;&#233;dition d'un texte de 2010, h&#233;las sans mise &#224; jour des chiffres).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; propos d'une activit&#233; bien plus enrichissante humainement, ces quelques lignes tir&#233;es du texte &#171; Le voyage, un droit humain ? &#187;, mis en ligne le 17/05/13 sur &#171; Mon blog sur l'&#233;cologie politique &#187; : &#171; &lt;i&gt;On apprend beaucoup en voyageant. On apprend beaucoup aussi &#224; la biblioth&#232;que, alors pourquoi les deux exp&#233;riences sont-elles dot&#233;es d'un prestige si diff&#233;rent ? Pourquoi la recherche du savoir, qui n'est pas une activit&#233; si prestigieuse quand elle a pour moyen l'&#233;crit, se transforme-t-elle d'un coup quand elle s'inscrit dans l'espace ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Extrait de l'Encyclop&#233;die Universalis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir notamment &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Lisbonne-tremble-encore' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lisbonne tremble encore&lt;/a&gt; &#187;, article publi&#233; dans le n&#176;147 de &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt; en octobre 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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