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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Morts de la rue : la liste infinie</title>
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		<dc:creator>Francesco Nocera</dc:creator>


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&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e, &#224; l'arriv&#233;e du froid, les pouvoirs publics vantent leurs dispositifs d'h&#233;bergement d'urgence pour les sans-logis. Chaque ann&#233;e pourtant, les victimes mortelles de l'exclusion sociale se comptent par centaines, voire par milliers. Le collectif Les Morts de la rue se bat pour leur dignit&#233;. Tout en haut de la liste, il y a ces deux pr&#233;noms : Damian et Ladislav. Il y a leur &#226;ge, 38 et 37 ans, puis un lieu : le 10e arrondissement de Paris. Viennent ensuite Jeff, 34 ans, &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e, &#224; l'arriv&#233;e du froid, les pouvoirs publics vantent leurs dispositifs d'h&#233;bergement d'urgence pour les sans-logis. Chaque ann&#233;e pourtant, les victimes mortelles de l'exclusion sociale se comptent par centaines, voire par milliers. Le collectif Les Morts de la rue se bat pour leur dignit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3179 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH353/-1398-8b67d.jpg?1782790151' width='500' height='353' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Mortimer
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;T&lt;/span&gt;out en haut de la liste, il y a ces deux pr&#233;noms : Damian et Ladislav. Il y a leur &#226;ge, 38 et 37 ans, puis un lieu : le 10&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Paris. Viennent ensuite Jeff, 34 ans, &#224; Cavaillon (Vaucluse) ; Thibaut, 26 ans, &#224; Grenoble (Is&#232;re) ; et enfin Willy, 47 ans, au Kremlin-Bic&#234;tre (Val-de-Marne). Pour tous, la m&#234;me date : 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but octobre, le collectif Les Morts de la rue (CMDR) d&#233;comptait d&#233;j&#224; 317 d&#233;c&#232;s de personnes &#171; &lt;i&gt;sans chez-soi&lt;/i&gt; &#187; en 2019 dans l'Hexagone&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La liste est disponible sur le site du CMDR : Mortsdelarue.org.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Pour toute l'ann&#233;e 2018, il en avait recens&#233; 566. Le nombre r&#233;el est sans doute &#171; &lt;i&gt;trois ou quatre fois sup&#233;rieur&lt;/i&gt; &#187;, estime Guillaume Keller-Ruscher, de l'association strasbourgeoise Grain de Sable, relais alsacien du CMDR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les m&#233;dias n'en parlent qu'en hiver, la Grande Faucheuse ne prend pas de cong&#233;s avec le retour des hirondelles : dans la rue, on meurt toute l'ann&#233;e. Et on y meurt jeune : sur la p&#233;riode 2018-2019, le CMDR a calcul&#233; un &#226;ge moyen de d&#233;c&#232;s de 48 ans, l&#224; o&#249; le quidam moyen peut esp&#233;rer d&#233;passer les 82 ans...&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Manque de moyens&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces constats accablants posent &#233;videmment la question de la prise en charge sociale de la grande pauvret&#233;, alors que le 115 &lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La plateforme t&#233;l&#233;phonique cens&#233;e proposer des h&#233;bergements d'urgence.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; est structurellement satur&#233;. &#171; &lt;i&gt;En hiver, l'h&#233;bergement d'urgence, c'est beaucoup de pub. Les pouvoirs publics disent qu'ils vont rajouter des structures d'h&#233;bergement, mais c'est toute l'ann&#233;e que le manque se fait sentir&lt;/i&gt; &#187;, recadre Guillaume Keller-Ruscher. Du reste, en 2018, le gouvernement a d&#233;cid&#233; de sabrer 57 millions d'euros en quatre ans aux centres d'h&#233;bergement et de r&#233;insertion sociale (CHRS), un dispositif de prise en charge de moyen et long termes. Le raisonnement essentiel semble &#234;tre la r&#233;duction des co&#251;ts, la logique &#233;tant de &#171; &lt;i&gt;rogner sur les personnels&lt;/i&gt; &#187;, analyse Guillaume Keller-Ruscher. Un exemple ? &#171; &lt;i&gt;Les accueils de nuit, o&#249; il s'agit de passer par des veilleurs de nuit plut&#244;t que par des travailleurs sociaux. Une logique de l'&#8220;efficience&#8221; se met tout simplement en place.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre r&#233;alit&#233; piquante : d'apr&#232;s les donn&#233;es du CMDR, environ 30 % des morts de la rue sont des exil&#233;s. Pour les demandeurs d'asile, les places d'h&#233;bergement de droit manquent par dizaines de milliers. Et puis, &#171; &lt;i&gt;une fois qu'ils sont d&#233;bout&#233;s et qu'ils n'ont pas de titre de s&#233;jour, c'est comme s'ils n'existaient plus pour les institutions&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;plore Germain Mignot, de Caritas Strasbourg. Gageons que la circulaire &#233;mise cet &#233;t&#233; par le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur n'arrangera rien : elle demande que les Services int&#233;gr&#233;s de l'accueil et de l'orientation (SIAO) communiquent chaque mois &#224; l'Ofii (Office fran&#231;ais de l'immigration et l'int&#233;gration) la liste des personnes demandeuses d'asile ou r&#233;fugi&#233;es h&#233;berg&#233;es par le 115. De quoi en inciter plus d'un &#224; pr&#233;f&#233;rer la rue &#224; un foyer d'o&#249; il risquerait l'expulsion vers le pays qu'il a fui&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Contre l'oubli &#233;ternel&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e, ce sont donc probablement plusieurs milliers de personnes qui meurent dans la rue, ou du moins &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; la rue. Pour la plupart, on n'en saura jamais rien. Celles qui auront la &#171; chance &#187; d'&#234;tre identifi&#233;es auront droit &#224; leur nom sur une tombe &#8211; ou &#224; un simple surnom, &#224; d&#233;faut d'identit&#233; compl&#232;te. Les autres rejoindront la longue liste des morts &#224; la s&#233;pulture anonyme, avant d'&#234;tre exhum&#233;s &#224; la fin de la concession pour laisser la place &#224; d'autres, et se retrouver ainsi d&#233;finitivement effac&#233;s des m&#233;moires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est contre cette &#233;ternit&#233; de l'oubli que l'association Grain de Sable se bat. En coordination avec d'autres organisations locales (Caritas, M&#233;decins du Monde, le Secours populaire, etc.), elle tente de centraliser les informations, de recenser les d&#233;c&#232;s. Elle t&#226;che d'&#234;tre pr&#233;sente au moment des fun&#233;railles et d'y rassembler ceux qui ont connu la personne, mais aussi d'entretenir les s&#233;pultures. En r&#233;sum&#233; : veiller &#224; la m&#233;moire de ces hommes et de ces femmes abandonn&#233;s de tous &#8211; un &#233;chec collectif de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Strasbourg, dans la cour de l'&#233;glise Saint-Pierre-le-Vieux, les morts de la rue ont depuis 2017 leur plaque comm&#233;morative. &#171; &lt;i&gt;Une c&#233;r&#233;monie en leur nom y est organis&#233;e tous les premiers samedis de novembre depuis 2014&lt;/i&gt; &#187;, confie Guillaume Keller-Ruscher. Un tissu brun avec un arbre dessin&#233;, nomm&#233; l'arbre de vie, o&#249; figurent les pr&#233;noms des personnes mortes durant l'ann&#233;e (18 &#224; Strasbourg en 2018), orne pour l'occasion la grille de l'&#233;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e, parmi les pr&#233;noms, il y aura sans doute celui de Habib. Le 25 mai, ce jeune Afghan d'une vingtaine d'ann&#233;es s'est pendu dans le parc du Glacis, &#224; Strasbourg. La veille, il avait vainement essay&#233; de joindre le 115 pour une place d'h&#233;bergement.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Francesco Nocera&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La liste est disponible sur le site du CMDR : &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://mortsdelarue.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mortsdelarue.org&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La plateforme t&#233;l&#233;phonique cens&#233;e proposer des h&#233;bergements d'urgence.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; La paysannerie, c'est l'histoire d'une longue d&#233;possession &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-paysannerie-c-est-l-histoire-d</link>
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		<dc:date>2019-03-29T03:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Marine Summercity</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>Jocelyne</dc:subject>
		<dc:subject>Jocelyne Porcher</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;leveurs</dc:subject>
		<dc:subject>Xavier Noulhianne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sur la couverture : une t&#234;te de vache avec un code-barres fich&#233; dans l'&#339;il. On ach&#232;ve bien les &#233;leveurs &#8211; R&#233;sistances &#224; l'industrialisation de l'&#233;levage est un bouquin illustr&#233; o&#249; les paysans se racontent en direct. Discussion avec Aude Vidal, coordinatrice de ce salutaire projet. Deux choses frappent au niveau de la forme du livre : les superbes aquarelles de Guillaume Trouillard et l'oralit&#233; conserv&#233;e des diff&#233;rents intervenants. Comment s'est fabriqu&#233; ce bouquin ? &#171; Le projet a &#233;t&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no163-mars-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;163 (mars 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marine-Summercity" rel="tag"&gt;Marine Summercity&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-ils" rel="tag"&gt;qu'ils&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jocelyne-Porcher" rel="tag"&gt;Jocelyne Porcher&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/eleveurs" rel="tag"&gt;&#233;leveurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Xavier-Noulhianne" rel="tag"&gt;Xavier Noulhianne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sur la couverture : une t&#234;te de vache avec un code-barres fich&#233; dans l'&#339;il. &lt;i&gt;On ach&#232;ve bien les &#233;leveurs &#8211; R&#233;sistances &#224; l'industrialisation de l'&#233;levage&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On ach&#232;ve bien les &#233;leveurs &#8211; R&#233;sistances &#224; l'industrialisation de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; est un bouquin illustr&#233; o&#249; les paysans se racontent en direct. Discussion avec Aude Vidal, coordinatrice de ce salutaire projet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2810 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH519/-1065-d4e5b.jpg?1782640460' width='400' height='519' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Marine Summercity
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;eux choses frappent au niveau de la forme du livre : les superbes aquarelles de Guillaume Trouillard et l'oralit&#233; conserv&#233;e des diff&#233;rents intervenants. Comment s'est fabriqu&#233; ce bouquin ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le projet a &#233;t&#233; men&#233; en deux temps. Au d&#233;part, Guillaume a propos&#233; un travail sur le pu&#231;age &#224;&lt;i&gt; La Revue dessin&#233;e&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Revue dessin&#233;e ambitionne de &#171; faire de l'information exigeante avec le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Il m'y a associ&#233;e et nous avons entam&#233; une s&#233;rie de rencontres : la sociologue Jocelyne Porcher, qui nous a parl&#233; du rapport &#224; l'animal et de l'&#233;levage ; des membres du groupe Marcuse (Mouvement autonome de r&#233;flexion critique &#224; l'usage des survivants de l'&#233;conomie) ; Xavier Noulhianne, &#233;leveur de ch&#232;vres et de brebis du c&#244;t&#233; de Bordeaux, investi dans la lutte contre le pu&#231;age. Un fil se d&#233;roulait : qu'est-ce qu'une vie de paysan ? Comment ressent-il ce rapport aux normes, cette obligation de justifier chaque geste aupr&#232;s d'une bureaucratie omnipr&#233;sente ? La paysannerie, c'est l'histoire d'une longue d&#233;possession. La question de la &#8220;voie m&#226;le&#8221; &lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Depuis le 1er f&#233;vrier 2015, les &#233;leveurs ne peuvent plus vendre ou acheter (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, par exemple, prive les &#233;leveurs du choix de leurs animaux reproducteurs. &lt;i&gt;La Revue dessin&#233;e&lt;/i&gt; a fini par diffuser notre travail, apr&#232;s avoir att&#233;nu&#233; notre propos, jug&#233; trop radical. Heureusement, comme notre mati&#232;re &#233;tait riche, j'ai eu l'id&#233;e de lui donner une autre forme et de l'&#233;toffer de nouvelles rencontres, avec ce bouquin davantage centr&#233; sur le texte, m&#234;me si le dessin de Guillaume reste tr&#232;s pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup d'agriculteurs, aujourd'hui, sont titulaires du Brevet de technicien sup&#233;rieur agricole, soit un bac+2, mais on les traite quand m&#234;me comme des imb&#233;ciles. L'administration leur dit tout ce qu'ils doivent faire, les tient par la main, leur impose des proc&#233;dures dans une relation qu'ils jugent infantilisante. On les entend rarement s'exprimer. Et ce sont souvent de brillants intellectuels, comme la philosophe Florence Burgat, qui parlent de leur m&#233;tier &#224; leur place. Je l'ai &#233;cout&#233;e un jour intervenir au micro de France Culture, c'&#233;tait frappant : &#8220;&lt;i&gt;Je ne sais pas ce que les &#233;leveurs en pensent, mais bla-bla-bla...&lt;/i&gt;&#8221; La journaliste la reprend : &#8220;&lt;i&gt;Vous ne savez pas ce que les &#233;leveurs en pensent ?&lt;/i&gt; &#8221; Elle : &#8220;&lt;i&gt;Eh bien, non.&lt;/i&gt;&#8221; Elle parlait d'&#233;levage et elle n'&#233;tait pas all&#233;e voir les paysans... C'est fou. Du coup, il m'est apparu important de valoriser directement leur parole. Ce sont des gens qui parlent tr&#232;s bien de leur m&#233;tier. Leur propos est tellement riche que j'aurais trouv&#233; dommage de me mettre entre eux et les lecteurs &#8211; d'o&#249; le respect de l'oralit&#233;. Ce proc&#233;d&#233; permet en outre de ne pas gommer les diff&#233;rences de sensibilit&#233; et de positionnement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bien que les paysans soient &#233;cras&#233;s de normes et de contr&#244;les, chacun d'entre eux &#171; bricole &#187; pour maintenir &#224; flot son activit&#233; sans trahir une certaine &#233;thique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&#171; Paysan, c'est un m&#233;tier ind&#233;pendant. Je n'ai jamais rencontr&#233; de travailleurs capables de remettre autant en question leur activit&#233;, de r&#233;fl&#233;chir &#224; ce point &#224; leur m&#233;tier. Ils &#233;voluent sans cesse, anticipent ce qu'ils vont faire d'une saison &#224; l'autre, que ce soit les march&#233;s ou les cultures. On est loin du st&#233;r&#233;otype conservateur qui leur est souvent accol&#233;. Ils jouissent encore, d'une certaine mani&#232;re, d'une forme de libert&#233;. Mais en m&#234;me temps, ils ne se font pas trop d'illusions. L'&#233;leveur Xavier Noulhianne porte notamment des jugements assez s&#233;v&#232;res &#224; l'&#233;gard de ceux qui jouent les alternatifs avec &#8220;&lt;i&gt;l'argent des parents, le RSA et trois ch&#232;vres&lt;/i&gt;&#8221;. Et il se montre tr&#232;s conscient de l'emprise du march&#233; et de la bureaucratie sur la paysannerie. Matthieu Amiech, du groupe Marcuse, constate de son c&#244;t&#233; qu'&#234;tre berger n'est plus aujourd'hui synonyme de libert&#233;, alors que c'&#233;tait auparavant le cas. Bref, il se d&#233;gage du livre un certain pessimisme qui tranche avec ce discours &#8220;alternativiste&#8221; pr&#233;tendant que oui, on peut encore exister en dehors du syst&#232;me. Effectivement, tout le monde peut faire pousser des l&#233;gumes bio. En revanche, produire, se d&#233;gager un revenu, mener une vie d&#233;cente de mani&#232;re p&#233;renne, c'est vraiment un autre d&#233;fi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2811 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;54&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L200xH257/-1066-41ae9.jpg?1782654370' width='200' height='257' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La couverture du livre &#034;On ach&#232;ve bien les &#233;leveurs&#034;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jocelyne Porcher aborde un point assez pol&#233;mique en taclant l'antisp&#233;cisme. Selon elle, les tenants de la cause animale analysent l'&#233;levage sous l'angle unique de l'exploitation, alors qu'il y a un vrai et long compagnonnage entre humains et animaux. Qu'en penses-tu ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je suis d'accord avec elle. Jocelyne est tr&#232;s remont&#233;e, elle s'en prend plein la gueule de la part d'antisp&#233;cistes depuis longtemps, m&#234;me s'ils ne lui balancent pas de tarte &#224; la cr&#232;me vegane. Or parmi les lib&#233;rateurs des animaux, tr&#232;s peu s'int&#233;ressent aux m&#233;thodes de production paysannes. Il s'agit pour une bonne part d'urbains immerg&#233;s dans un nouveau champ philosophique, qui va des &lt;i&gt;vegan studies&lt;/i&gt; aux &lt;i&gt;animal studies&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Jocelyne, l'&#233;levage est une relation entre l'homme et l'animal. Quand celle-ci n'existe pas ou qu'elle s'av&#232;re tr&#232;s pauvre, elle pr&#233;f&#232;re parler de &#8220;production animale industrielle&#8221;. C'est d'ailleurs le nom de l'option du dipl&#244;me d'&#233;leveur : les &#8220;productions animales&#8221;. Dans le m&#234;me esprit, le mot &#8220;minerai&#8221; s'est impos&#233; pour d&#233;signer la viande animale utilis&#233;e dans l'industrie agroalimentaire lors d'un &#233;ni&#232;me scandale sanitaire, en 2013. Tout cela rel&#232;ve d'une v&#233;ritable entreprise de d&#233;shumanisation que Jocelyne a beaucoup document&#233;e. Elle a travaill&#233; dans les exploitations industrielles, en a montr&#233; les conditions d&#233;gueulasses et la souffrance, animale et humaine. Et son travail a notamment &#233;t&#233; utilis&#233; par des gens impliqu&#233;s dans la d&#233;fense de la cause animale. Sauf que l'id&#233;e de Jocelyne est de restaurer une relation digne entre l'&#233;leveur et ses b&#234;tes, pas de l'abolir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On touche l&#224; &#224; un point compliqu&#233;. On ne sait pas comment les animaux vivent la relation avec les hommes. Des &#233;leveurs disent avoir l'impression d'avoir nou&#233; des liens avec eux. Ils savent quand ils se portent bien ou mal. J'ai rencontr&#233; des gens qui font attention &#224; leurs animaux, qui n'ont pas envie de les maltraiter. Mais qui sont en m&#234;me temps oblig&#233;s de passer par des gestes tr&#232;s durs. Ils doivent par exemple r&#233;former des animaux quand la place manque ou qu'ils ne sont plus productifs et que l'exploitation est fragilis&#233;e &#233;conomiquement. Ou bien laisser parfois les b&#234;tes &#224; l'int&#233;rieur en journ&#233;e parce qu'ils n'ont pas la possibilit&#233; de les sortir. L'&#233;leveur contraint forc&#233;ment les animaux &#224; faire des choses d&#233;sagr&#233;ables. Et il est lui-m&#234;me contraint &#224; faire des choses d&#233;sagr&#233;ables. Comme nous tous &#8211; prendre le m&#233;tro le matin, c'est quand m&#234;me un mode de vie assez sp&#233;cial... Une question demeure : est-ce que la perspective de l'abattage change tout le sens d'une vie ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'en est-il de la mobilisation contre le pu&#231;age ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C&#244;t&#233; consommateur, &#231;a ne prend pas ; que la bestiole ait un truc dans l'oreille ou non ne change rien &#224; la qualit&#233; de la bouffe, alors les gens s'en fichent. C&#244;t&#233; paysan, par contre, &#231;a s'organise de plus en plus. De nouvelles personnes rejoignent la lutte, tandis que le pu&#231;age s'&#233;tend, sous la menace. Xavier Nouhlianne explique ainsi que si je reviens dans cinq ans, il aura peut-&#234;tre puc&#233; ses b&#234;tes. Beaucoup pucent aussi au dernier moment, quand ils emm&#232;nent les animaux &#224; l'abattoir. Bref, les conditions de la r&#233;volte sont difficiles &#224; r&#233;unir, sauf dans certains endroits o&#249; les luttes sont bien relay&#233;es, comme dans le Tarn.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paysans ont vraiment une chape de plomb au-dessus de leur t&#234;te. Beaucoup c&#232;dent ou bricolent et ne sont plus dans l'opposition frontale, parce qu'ils ne veulent pas crever. &#192; l'image des gens de la ferme du Pic-Bois, en Is&#232;re, qui racontent qu'apr&#232;s une ann&#233;e tr&#232;s dure un contr&#244;le a failli les achever &#233;conomiquement. La pression administrative fait que les gens ont les mains moins libres pour lutter. En annexe du livre, on a produit cette lettre de Nathalie et Laurent, un couple d'&#233;leveurs assez costaud qui s'est mis en danger en exprimant son refus de plier l'&#233;chine. Ils d&#233;noncent : &#8220;&lt;i&gt;Les obligations que vous nous imposez ne sont pas des r&#232;gles mais des diktats.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Seule notre r&#233;sistance nous garantira un avenir d&#233;sirable.&lt;/i&gt;&#8221; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par S&#233;bastien Navarro&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;On ach&#232;ve bien les &#233;leveurs &#8211; R&#233;sistances &#224; l'industrialisation de l'&#233;levage&lt;/i&gt;, coordonn&#233; par Aude Vidal et illustr&#233; par Guillaume Trouillard, L'&#233;chapp&#233;e, 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Revue dessin&#233;e&lt;/i&gt; ambitionne de &#171; &lt;i&gt;faire de l'information exigeante avec le langage de la bande dessin&#233;e&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Depuis le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; f&#233;vrier 2015, les &#233;leveurs ne peuvent plus vendre ou acheter librement leurs animaux reproducteurs. Ils d&#233;pendent de s&#233;lectionneurs priv&#233;s certifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au sommaire du 133</title>
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		<dc:subject>Benoit Guillaume</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;En kiosque &#224; partir du vendredi 05 juin. Les articles sont mis en ligne au fil de l'eau apr&#232;s la parution du CQFD d'ensuite. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de t'abonner... CQFD parle dans le poste radio au cours de l'&#233;mission &#034;Presse Lib&#233;r&#233;e&#034; tous les deuxi&#232;mes mardis du mois de 11h30 &#224; 13h en direct sur Radio Gal&#232;re, rediffus&#233; tous les deuxi&#232;mes vendredis du mois de 12h30 &#224; 14h sur Radio Zinzine.. Et aussi sur Canal Sud ! En Une : &#034;Lib&#233;rons les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L113xH150/arton1577-ef3c7.jpg?1783079204' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En kiosque &#224; partir du vendredi 05 juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les articles sont mis en ligne &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/CQFD-no133-juin-2015&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;au fil de l'eau&lt;/a&gt; apr&#232;s la parution du &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; d'ensuite. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ce-qu-il-faut-debourser'&gt;t'abonner&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; parle dans le poste radio au cours de l'&#233;mission &#034;Presse Lib&#233;r&#233;e&#034; tous les deuxi&#232;mes mardis du mois de 11h30 &#224; 13h en direct sur &lt;a href=&#034;http://www.radiogalere.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Gal&#232;re&lt;/a&gt;, rediffus&#233; tous les deuxi&#232;mes vendredis du mois de 12h30 &#224; 14h sur &lt;a href=&#034;http://www.zinzine.domainepublic.net/index2.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Zinzine.&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et aussi sur &lt;a href=&#034;http://www.canalsud.net/?Un-vent-de-contestation-souffle-en&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Canal Sud&lt;/a&gt; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En Une : &#034;Lib&#233;rons les terres&#034; par &lt;a href=&#034;http://benoitguillaume.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Benoit Guillaume&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le dossier : Lib&#233;rons les terres !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure m&#234;me o&#249; ce clinquant num&#233;ro de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; sort des presses, les sinistres actionnaires du groupe Bollor&#233; sortent de leur assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale annuelle et des milliers de paysans sortent d'une s&#233;rie d'occupations de plantations en Afrique de l'Ouest. C'est que le fleuron entrepreneurial fran&#231;ais poss&#232;de plus de 100 000 hectares de plantations industrielles sur le continent. Rien qu'au Cameroun, 6 000 paysans ont vu 40 000 hectares de leurs terres accapar&#233;es par les app&#233;tits fonciers de Bollor&#233;. R&#233;voltes villageoises, blocages des plantations, et aujourd'hui occupations, jalonnent depuis deux ans un rude combat men&#233; par ces paysans expropri&#233;s. Mais cette lutte n'est que la face &#233;merg&#233;e d'un ph&#233;nom&#232;ne qui s'est g&#233;n&#233;ralis&#233; depuis la crise financi&#232;re de 2008 : l'accaparement des terres agricoles des pays du Sud par des groupes financiers et certains pays (Qatar, &#201;mirats arabes) &#224; des fins sp&#233;culatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus discret et plus complexe, en France, l'accaparement des terres se manifeste sous de multiples visages. En 30 ans, les surfaces urbaines ont augment&#233; de plus de 40 %, avalant des kilom&#232;tres de terres agricoles pour toujours plus de zones pavillonnaires sordides et autres &#171; zones d'activit&#233;s &#187;. Cette b&#233;tonisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e est partie pour s'amplifier dans les ann&#233;es &#224; venir. Dans leur projet de r&#233;forme territoriale, les socialistes ont vot&#233; l'an dernier la &#171; loi de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des m&#233;tropoles &#187;, dite loi Mapam. Il s'agit entre autres de cr&#233;er par d&#233;cret des m&#233;tropoles de plus de 400 000 habitants, futurs porte-avions de la croissance. Nos campagnes ne seront plus &#224; terme que des espaces r&#233;cr&#233;atifs pour urbains en mal de nature ou des zones de production industrielle au service de villes-monstres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'accaparement des terres est un nouveau visage du colonialisme &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Le journaliste italien Stefano Liberti a enqu&#234;t&#233; plus de deux ans sur l'accaparement des terres agricoles dans les pays du Sud. De l'&#201;thiopie &#224; la Bourse de Chicago en passant par l'Arabie Saoudite, il a rencontr&#233; des investisseurs, des paysans et des fonctionnaires, tous acteurs ou victimes d'une ru&#233;e mondialis&#233;e vers les terres arables. Il revient ici sur son travail qui a donn&#233; lieu &#224; un livre, &lt;i&gt;Main basse sur la terre. Land grabbing et nouveau colonialisme&lt;/i&gt;, sorti en 2013 aux &#233;ditions Rue de l'&#201;chiquier. Interview.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entre le marteau de la m&#233;tropole et l'enclume de l'agro-industrie : Politiques de terres vol&#233;es &gt;&lt;/strong&gt; Depuis quelques ann&#233;es, le ph&#233;nom&#232;ne d'accaparement des terres a pris de l'ampleur, et avec lui ses cons&#233;quences d&#233;sastreuses, notamment sur le continent africain et en Europe de l'Est. En France, on ne conna&#238;t pas pour l'instant d'investissements massifs visant les terres de la part des grandes entreprises multinationales. Pour autant, on peut bien parler de confiscation du foncier agricole, qui se d&#233;veloppe de diff&#233;rentes mani&#232;res, plus ou moins insidieuses. Petite typologie non exhaustive de ce qui prive les paysans et paysannes de leur outil de production. Analyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une r&#233;forme agraire contre la concentration des terres ? : Le nerf de l'agraire &gt; &lt;/strong&gt; Reprendre la terre aux grands propri&#233;taires pour la redistribuer aux sans-terre. Si l'id&#233;e m&#234;me de r&#233;forme agraire est peu pr&#233;sente au sein du mouvement paysan, le collectif breton &#171; &#201;cole Paysanne 35 &#187; tente de remettre la collectivisation des terres agricoles au centre des d&#233;bats. Reportage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des ZAP pour zapper la sp&#233;culation &gt; &lt;/strong&gt; En France, des propri&#233;taires terriens laissent en friche leurs parcelles &#224; des fins sp&#233;culatives &#8211; alors que les terres agricoles se rar&#233;fient. Michel Apostolo, responsable de la commission fonci&#232;re &#224; la Conf&#233;d&#233;ration paysanne, a particip&#233; &#224; une action de remise en culture de terres dans le Vaucluse. Rencontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Renouer avec un imaginaire d'autonomie &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Clin d'&#339;il &#224; Reclaim the streets, mouvement anglais des ann&#233;es 1990, Reclaim the fields a men&#233; des actions d'occupations face &#224; divers projets d'am&#233;nagement. Retour avec une &#233;toile de cette &#171; constellation &#187; sur cinq ans de luttes et de rencontres.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1505 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH537/cq-bb5e9.jpg?1782655509' width='400' height='537' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les articles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contr&#244;le social : La chasse aux fraudeurs est ouverte &gt;&lt;/strong&gt; V&#233;ritable gimmick du quinquennat sarkozyste, la lutte contre la fraude sociale trouve un nouveau souffle sous le gouvernement hollandais. Avec pour objectif affich&#233; de sauver les derniers vestiges de l'&#201;tat social, elle reste l'un des nombreux avatars de la guerre aux pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mexique : Une guerre ? &gt;&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Que faut-il faire pour que vous parliez de nous ? Casser des vitrines ?&lt;/i&gt; &#187; Ainsi nous houspillait Omar Garc&#237;a lors d'une conf&#233;rence de presse tenue &#224; Marseille au d&#233;but du mois dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Social : Nouveaux th&#233;s chez les ex-Fralib &gt;&lt;/strong&gt; Le th&#233; et les infusions des ex-Fralib &#171; &lt;i&gt;&#233;veillent les consciences et r&#233;veillent les papilles&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Royaume-Uni : Working class zero &gt;&lt;/strong&gt; Le must de l'&#233;conomie d&#233;r&#233;gul&#233;e ? Le &#171; &lt;i&gt;zero hour contract&lt;/i&gt; &#187; (contrat &#171; z&#233;ro heure &#187;) britannique, qui prive 700 000 salari&#233;s britanniques de la garantie d'une dur&#233;e minimale de travail. Le mythe de la flexibilit&#233;, r&#233;p&#233;t&#233; &#224; l'envi par les &#233;lites politiques, entretient une r&#233;gression sociale que le nouveau gouvernement Cameron soutient avec une poigne de fer. Z&#233;ro&#8230; point&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;dias libres : L'ordre r&#232;gne dans la ville rose ! &gt;&lt;/strong&gt; Le site &#171; Information anti autoritaire Toulouse et alentours &#187; (Iaata) est dans le viseur des autorit&#233;s depuis le d&#233;but du mois de mai. Surprise ! c'est par la presse que l'&#233;quipe apprend que la plateforme d'infos qu'elle anime est poursuivie en justice et que son pr&#233;tendu administrateur a &#233;t&#233; plac&#233; en garde &#224; vue&#8230; Reportage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Litt&#233;rature : Twain, le Yankee et Camelot &gt;&lt;/strong&gt; Fin XIXe si&#232;cle, Mark Twain publie &lt;i&gt;Un Yankee du Connecticut &#224; la cour du roi Arthur&lt;/i&gt;. A travers un voyage dans les temps de la l&#233;gende arthurienne, le c&#233;l&#232;bre conteur am&#233;ricain saisit l'occasion de moquer les poss&#233;dants de son &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marseille : Rentabiliser la mis&#232;re &gt;&lt;/strong&gt; Durant l'&#233;t&#233; 2014, le Samu social de Marseille a tent&#233; de mettre en place une carte de secours individuelle destin&#233;e aux sans-abri. Une carte pourvue d'un triangle jaune sur fond bleu d'un c&#244;t&#233; et d'informations relatives &#224; la vie priv&#233;e des personnes de l'autre. Cette nouvelle tentative de fichage des pauvres a &#233;t&#233; mise de c&#244;t&#233;, fin 2014, en partie gr&#226;ce &#224; la mobilisation des travailleurs sociaux. Pour combien de temps ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les chroniques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais qu'est-ce qu'on va faire de&#8230; Maud Fontenoy ? &gt;&lt;/strong&gt; &#192; deux jours du bouclage, l'&#233;ternel stagiaire de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; va encore ramer&#8230; &#171; &lt;i&gt;H&#233; ! Coco ! Fais-nous donc un papier bien senti sur la voileuse Maud Fontenoy, tout le monde en parle. Trouve un angle original et ponds-nous un article mordant. Hop, t'as deux heures.&lt;/i&gt; &#187; Merci bien les gars ! Sortez les avirons et souquez ferme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je vous &#233;cris de l'usine : Pot de d&#233;part &gt;&lt;/strong&gt; St&#233;phane avait demand&#233;, la semaine pr&#233;c&#233;dente, s'il serait possible d'organiser son pot de d&#233;part dans les locaux du syndicat. C'est une demande rare, surtout de la part d'un non-militant, mais pourquoi pas ? Il est donc arriv&#233; le jour dit, avec ses bouteilles de whisky, pastis et champagne ainsi qu'avec force biscuits et autres cochonneries qu'on s'empiffre &#224; l'ap&#233;ro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Culture : R&#233;&#233;dition : Emmett Grogan : What a (mytho) man ! &gt;&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt; Emmett Grogan n'existe pas, c'est un canular, terme g&#233;n&#233;rique d&#233;signant un h&#233;ros existentiel de notre temps&lt;/i&gt; &#187;, s'exclament les Diggers, cette bande d'activistes d&#233;termin&#233;s &#224; transformer&#8200;le th&#233;&#226;tre en art insurrectionnel dans le San&#8200;Francisco&#8200;de&#8200;1966.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cap sur l'utopie : Nous voulons faire zig zig &gt;&lt;/strong&gt; M&#234;me s'il a &#233;t&#233; nomm&#233; ubuesquement chevalier de l'Ordre national du m&#233;rite, j'ai envie de faire des risettes &#224; Marcel Nuss, l'auteur de &lt;i&gt;En d&#233;pit du bon sens - Autobiographie d'un t&#234;tard &#224; tuba&lt;/i&gt; (&#201;ditions de L'&#201;veil), qui, atteint d'une amyotrophie spinale carabin&#233;e n&#233;cessitant une assistance non-stop, exige pour lui et ses pareils le droit &#224; l'utopie sexuelle imm&#233;diate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ma cabane pas au Canada : C'est une Maison Verte&#8230; &gt;&lt;/strong&gt; Lieu d'accueil et d'&#233;coute pour la petite enfance &#224; Marseille depuis 29&#8200;ans, une Maison Verte est menac&#233;e de fermeture par le Centre communal d'action sociale (CCAS), de plus en plus avide question &#171; phynance &#187;. Petite visite de ce lieu &#8211;&#8200;dans l'espoir qu'il perdure !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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