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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Sp&#233;culateurs sur la ville</title>
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		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


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&lt;p&gt;Apr&#232;s Gouverner Marseille en 2005 et Sociologie de Marseille en 2015, Michel Peraldi poursuit son oeuvre de d&#233;mystification de la cit&#233; phoc&#233;enne dans Marseille en r&#233;sistance &#224; para&#238;tre en 2020. Loin des clich&#233;s et des clins d'yeux du marketing territorial, le sociologue aligne les faits et les analyses qui remettent la ville &#224; sa juste place : une cit&#233; provinciale banale dans laquelle les prix tr&#232;s bas du foncier attirent petits et gros investisseurs. Entretien. En 2015, vous insistiez sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Patxi-Beltzaiz-118" rel="tag"&gt;Patxi Beltzaiz&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s &lt;i&gt;Gouverner Marseille &lt;/i&gt;en 2005 et&lt;i&gt; Sociologie de Marseille&lt;/i&gt; en 2015, Michel Peraldi poursuit son oeuvre de d&#233;mystification de la cit&#233; phoc&#233;enne dans Marseille en r&#233;sistance &#224; para&#238;tre en 2020. Loin des clich&#233;s et des clins d'yeux du marketing territorial, le sociologue aligne les faits et les analyses qui remettent la ville &#224; sa juste place : une cit&#233; provinciale banale dans laquelle les prix tr&#232;s bas du foncier attirent petits et gros investisseurs. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3181 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH328/-1400-f7ed3.jpg?1782961346' width='500' height='328' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Patxi Beltzaiz
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2015, vous insistiez sur l'&#233;cart entre ville imagin&#233;e et ville habit&#233;e. Comment ces diff&#233;rentes l&#233;gendes participent-elles &#224; troubler la compr&#233;hension de la ville ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faut rester vigilant avec cette histoire de particularisme marseillais car toutes les villes ont une l&#233;gende. Dans le cas de Marseille, on observe une superposition des l&#233;gendes : au cours des si&#232;cles, entre la ville mondiale et la ville provinciale centr&#233;e sur son r&#244;le administratif local, toutes sortes de repr&#233;sentations sont venues se concat&#233;ner. C'est le cas quand on stigmatise le Marseille-Chicago des stups et du stupre. &#199;a l'est aussi quand on chante les r&#233;ussites d'une cit&#233; cosmopolite. Si on regarde la r&#233;alit&#233; actuelle avec les lunettes du sociologue, on peut affirmer que Marseille est bien moins cosmopolite que Paris et peut-&#234;tre moins aussi que certaines villes &#233;tudiantes comme Poitiers ! Ce cosmopolitisme, qui a exist&#233; lorsqu'elle a &#233;t&#233; un aimant, un refuge ou une &#233;tape pour des humanit&#233;s en mouvement, constitue aujourd'hui une part de son capital immat&#233;riel au sens de l'Unesco, un march&#233; pour les professionnels du tourisme, un motif de r&#233;inventions pour toute une classe moyenne intellectuelle. Tous cherchent &#224; se r&#233;approprier cette l&#233;gende. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La banalit&#233;, fil conducteur dans votre travail pour saisir objectivement Marseille, est tristement confirm&#233;e par Euromed. Ce projet m&#233;galo pilot&#233; par l'&#201;tat qui vise &#224; la recr&#233;ation d'une ville de toutes pi&#232;ces en lieu et place des quartiers de la zone portuaire est prolong&#233; par les chantiers du Vieux-Port ou de la Plaine &lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour d&#233;signer les premiers am&#233;nagements de la requalification de la place (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;. Trahit-il la volont&#233; des pouvoirs locaux de faire table rase de l'existant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On d&#233;passe ici le seul registre de la banalit&#233; pour se confronter &#224; un travail de normalisation que l'on retrouve dans toutes les grandes m&#233;tropoles. Les urbanistes s'appuient sur des usages st&#233;r&#233;otyp&#233;s de l'espace public, marqu&#233;s par la dimension s&#233;curitaire et la volont&#233; de produire une sorte de r&#233;enchantement touristique &#224; l'instar de ce que j'ai pu observer dans mon livre &lt;i&gt;Marrakech ou le souk des possibles&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La D&#233;couverte, 2018.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Il s'agit aussi de rendre la ville conforme &#224; l'id&#233;al de confort qui serait propre aux classes moyennes. Euromed est l'arch&#233;type de cette variante marseillaise du nulle part que l'on retrouve &#224; la D&#233;fense &#224; Paris ou &#224; la Part-Dieu &#224; Lyon. Mais ce qui me sid&#232;re le plus, c'est le processus de &#8220;conformisation&#8221;, de banalisation du commerce enclench&#233; par les marques franchis&#233;es, transformant des rues enti&#232;res en hall d'a&#233;roport l&#224; o&#249; battait le pouls d'un bazar m&#233;langeant une infinit&#233; de types de relations, commerciales ou non. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec un taux d'homicides li&#233;s au banditisme tr&#232;s &#233;lev&#233;, des quartiers parmi les plus pauvres d'Europe, une concentration de l'habitat insalubre et une classe politique d'une m&#233;diocrit&#233; rare, la singularit&#233; de Marseille serait-elle celle d'une ville laiss&#233;e &#224; l'abandon pour faciliter une vaste op&#233;ration d'&#233;puration sociale &#224; l'encontre des classes populaires, en suivant une strat&#233;gie du choc ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Avec Jean-Claude Gaudin, c'est une petite bourgeoisie affairiste qui a pris le pouvoir pour nettoyer la ville et cr&#233;er les conditions d'un capitalisme sp&#233;culatif autour de la valeur du foncier. De m&#234;me, industriels importants et grande bourgeoisie sont pr&#233;sents et actifs sur la cit&#233; phoc&#233;enne pour se livrer &#224; des op&#233;rations de sp&#233;culation immobili&#232;re. Et je tiens &#224; souligner que la ville ne compte pas forc&#233;ment plus de d&#233;c&#232;s li&#233;s &#224; la criminalit&#233; organis&#233;e que la banlieue parisienne ou la Corse. Elle sert de bouc &#233;missaire par rapport &#224; des situations tr&#232;s r&#233;pandues sur tout le territoire avec des modes d'approvisionnement des stup&#233;fiants et des niveaux de consommation similaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la m&#233;diocrit&#233; suppos&#233;e du personnel politique local, l&#224; aussi peut-on vraiment parler d'une singularit&#233; ? Gaudin, Martine Vassal &lt;i&gt;[pr&#233;sidente LR du D&#233;partement]&lt;/i&gt; ou Renaud Muselier &lt;i&gt;[pr&#233;sident LR de la R&#233;gion]&lt;/i&gt; sont-ils plus bas de plafond que les Balkany ou Fran&#231;ois Hollande ? Si on veut voir une d&#233;cr&#233;pitude de la classe politique, c'est davantage &#224; l'&#233;chelle nationale qu'il faut regarder. Avec l'&#233;quipe Gaudin, on a assist&#233; &#224; une transformation du profil social des hommes et femmes politiques par rapport &#224; l'&#233;poque de Gaston Defferre &lt;i&gt;[maire &#171; socialiste&lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt; de 1953 &#224; 1986]&lt;/i&gt;, qui &#233;tait entour&#233; de grands avocats p&#233;nalistes, de professeurs d'universit&#233;, de m&#233;decins renomm&#233;s. &#192; partir de 2000, vient le r&#232;gne des petits commer&#231;ants, promoteurs immobiliers et avocats d'affaires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Insistant sur la d&#233;cadence &#233;conomique de la ville, vous affirmez en 2005 que &#171; Marseille est une &#233;toile &#233;conomiquement morte dont la lumi&#232;re continue de briller &#187;. L'attractivit&#233;, surtout touristique, pour laquelle la municipalit&#233;, la M&#233;tropole et le D&#233;partement investissent des capitaux importants, ne serait-elle qu'une l&#233;gende suppl&#233;mentaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le renouveau &#233;conomique marseillais ne profite qu'&#224; une fraction de la population. Cela marque le passage d'une ville industrielle autour de l'activit&#233; portuaire &#224; une ville sp&#233;culative. On peut prendre l'exemple de feu Jacques Saad&#233;, patron de la CMA CGM &#8211; leader mondial du transport maritime en conteneurs &#8211;, qui installe son si&#232;ge dans une tour cens&#233;e inaugurer la &lt;i&gt;skyline&lt;/i&gt; marseillaise. Mais on n'y trouve que 4 % de son personnel alors que l'essentiel de l'activit&#233; de la compagnie se situe &#224; Tanger au Maroc et Port-Sa&#239;d en &#201;gypte. Un autre gratte-ciel va voir le jour avec Bouygues et Sodexo est sur les rangs. Le nerf de cette attractivit&#233; reste la faiblesse des prix du foncier dans la perspective de s'assurer une rente immobili&#232;re car Marseille est encore la moins ch&#232;re des grandes villes d'Europe de l'Ouest. Pour quelles retomb&#233;es &#233;conomiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les quartiers Nord ou &#224; la Belle-de-Mai, cela ne fournit pas d'emploi &#224; ceux qui sont rest&#233;s &#224; quai : la ville red&#233;marre sans la population qui y vit. Dans le domaine de l'&#233;conomie cr&#233;ative, on peut prendre l'exemple de la s&#233;rie &#224; succ&#232;s &lt;i&gt;Plus belle la vie &lt;/i&gt;qui a donn&#233; du boulot &#224; 8 000 personnes depuis sa cr&#233;ation en 2004. Mais la plupart des contrats propos&#233;s sont ultra-pr&#233;caires et flexibles &#224; l'&#233;chelle nationale. Quelques individus des quartiers pourront en b&#233;n&#233;ficier mais ce sera toujours une goutte d'eau dans un oc&#233;an de ch&#244;mage et de pauvret&#233; tant il s'agit d'un march&#233; complexe, reposant sur des r&#233;seaux personnels et prenant une dimension europ&#233;enne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parmi les th&#232;mes qui servent &#224; vendre la ville, il y a donc cette image d'un cosmopolitisme marseillais r&#233;ussi. Qu'en est-il de ce m&#233;lange harmonieux des communaut&#233;s ? De l'h&#233;g&#233;monie d'une d&#233;mocratie chr&#233;tienne plut&#244;t blanche, catholique ou protestante, &#224; la sauce marseillaise ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#233;lectorat captif de Gaudin, ce sont 100 000 personnes concentr&#233;es dans 3 ou 4 arrondissements au sud de la ville. Leur profil type est d'&#234;tre blanc, europ&#233;en, appartenant aux classes moyennes &#8211; commer&#231;ants, fonctionnaires, professions lib&#233;rales. Mais &#231;a ne mange pas de pain d'aller passer une heure avec les communaut&#233;s et &#231;a peut m&#234;me participer &#224; consolider la stature d'un maire soucieux d'&#339;cum&#233;nisme, de rassemblement religieux&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans les documentaires de Michel Samson et Jean-Louis Comolli, on voit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. C'est un message qui satisfait les int&#233;r&#234;ts de la haute hi&#233;rarchie catholique et Gaudin en est tr&#232;s proche. De plus, l'&#233;dile marseillais est un bon acteur, il sait incarner ce r&#244;le. Ce qui renforce ma conviction que plus les soci&#233;t&#233;s se complexifient, travers&#233;es qu'elles sont par des influences nationales, europ&#233;ennes voire mondiales, plus la fonction politique se r&#233;duit &#224; un th&#233;&#226;tre. Et quoi de mieux que la r&#233;f&#233;rence au cosmopolitisme pour soigner d&#233;cor et couleur locale ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous attirez l'attention sur ces couches moyennes qui pourraient jouer un r&#244;le majeur dans la reconfiguration de la ville, dans sa gentrification. Alors que les &#233;lections municipales se profilent et que l'actualit&#233; marseillaise a &#233;t&#233; domin&#233;e par les effondrements du 5 novembre 2018, une reconfiguration politique semble s'amorcer. Signe d'un basculement possible de ces couches moyennes vers une v&#233;ritable alternative sur les d&#233;combres de la d&#233;mocratie chr&#233;tienne (PS-LR) ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'importance grandissante de ces couches moyennes trahit les &#233;volutions sociologiques de la population marseillaise en lien avec la transformation de la ville : la disparition de la classe ouvri&#232;re li&#233;e aux activit&#233;s de la zone industrialo-portuaire. Comment faire le portrait de cette classe moyenne compos&#233;e de &#8220;&lt;i&gt;ceux qui montent et de ceux qui descendent&lt;/i&gt;&#8221; selon le sociologue Pierre Bourdieu ? C'est un ensemble tr&#232;s flou avec un groupe d'affairistes autour de commer&#231;ants, d'entrepreneurs, de promoteurs, de consultants que l'on retrouve parmi tous les conseillers municipaux de Gaudin, un groupe de cr&#233;atifs autour des m&#233;tiers artistiques et de la communication, un groupe plus traditionnel enfin autour des fonctionnaires territoriaux, des profs. Ces derniers sont aujourd'hui tr&#232;s &#233;loign&#233;s d'un syst&#232;me politique dans lequel ils ne se reconnaissent plus apr&#232;s la d&#233;composition de la gauche. Ils sont attach&#233;s &#224; un certain format intellectuel du d&#233;bat politique, lequel n'est pas soluble dans la basse politique. D&#232;s lors, une frange non n&#233;gligeable de la classe moyenne se retrouve dans les collectifs, les associations, les grands d&#233;bats autour des questions environnementales ou de l'accueil des migrants mais plus dans les urnes. Par ailleurs, aujourd'hui l'acteur politique majeur c'est l'&#201;tat, sur le logement, la s&#233;curit&#233;, le d&#233;veloppement &#233;conomique, etc. Par exemple, les grands organismes HLM s'inscrivent dans des f&#233;d&#233;rations nationales en lien avec l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la d&#233;mocratie chr&#233;tienne, courant repr&#233;sent&#233; par des partis d&#233;di&#233;s en Italie et en Allemagne mais pas vraiment en France, elle pourrait &#234;tre revitalis&#233;e par le mouvement macroniste. Mais que va-t-il sortir de l'humus r&#233;sultant de la d&#233;composition de la gauche et de la droite ? &#192; bien des &#233;gards, on vit une situation pr&#233;r&#233;volutionnaire avec l'obsolescence du syst&#232;me politique defferro-gaudiniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais concernant la comp&#233;tition &#233;lectorale &#224; venir, il y a assez peu de suspense. D'un c&#244;t&#233;, une gauche qui devrait aller &#224; la bataille en ordre dispers&#233;. De l'autre c&#244;t&#233;, une droite &#233;galement divis&#233;e qui est dans la m&#234;me situation que l'actuel maire de Marseille de 1986 &#224; 1992, c'est-&#224;-dire dans l'obligation de passer par une alliance pour acc&#233;der au pouvoir. Deux possibilit&#233;s s'offrent &#224; Martine Vassal, pr&#233;sidente de la M&#233;tropole et du D&#233;partement et a priori la mieux plac&#233;e pour 2020 : soit elle peut s'allier avec En Marche, d&#232;s lors que le parti pr&#233;sidentiel parvient &#224; se structurer autour d'une candidature consensuelle, soit avec le Rassemblement national. Mais le s&#233;curitaire risque d'&#234;tre l'arbitre des prochaines &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales. Et Gaudin avait fini par choisir le soutien du FN pour diriger le conseil r&#233;gional Paca. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est la vision de l'&#201;tat pour redynamiser Marseille ? Quel est votre regard sur l'avenir de la ville ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Apr&#232;s les effondrements de la rue d'Aubagne, beaucoup de voix se sont exprim&#233;es en faveur d'une mise sous tutelle de la ville par l'&#201;tat. Mais Marseille conna&#238;t d&#233;j&#224; une tutelle de fait ! L'&#201;tat prend la main sur tous les dossiers laiss&#233;s &#224; l'abandon par la Ville et, depuis bien longtemps, les services publics gouvernent ce territoire. Il faut faire avec cette r&#233;alit&#233;. La seule inconnue concerne ce qui peut ressortir de la fonction m&#233;tropolitaine. Pour l'instant, la constitution d'une nouvelle &#233;lite m&#233;tropolitaine est &#233;touff&#233;e par les vieux notables alors que les dossiers cruciaux s'amoncellent : en particulier les transports dans un &#233;tat lamentable mais aussi le logement, l'environnement. Une fois de plus, ce renouvellement ne pourra se faire que dans le dialogue entre ces nouvelles &#233;lites et l'&#201;tat. Il semble peu probable que les collectifs et les associations, issus d'une tradition de luttes y compris dans les mondes immigr&#233;s, se r&#233;concilient avec le syst&#232;me politique local tant leurs mani&#232;res de faire de la politique sont diff&#233;rentes. Et une &#233;ventuelle recomposition de la gauche sera un processus tr&#232;s lent : &#231;a prendra au moins dix ans pour qu'une entente de circonstance entre communistes, socialistes et insoumis &lt;i&gt;[qui tentent de s'unir pour les prochaines municipales sous la banni&#232;re du &#171; Printemps marseillais&lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt;] &lt;/i&gt;aboutisse &#224; quelque chose de coh&#233;rent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'id&#233;e de provoquer un changement profond de la population de la ville gr&#226;ce &#224; la politique d'attractivit&#233; et un effet TGV est compl&#232;tement absurde. Certes, nous vivons dans un monde de mobilit&#233;s qui met en mouvement aussi bien des Parisiens, des Lyonnais que des Alg&#233;riens mais on ne renouvelle pas une ville enti&#232;re. &#192; Marseille, persiste un fondement anthropologique, celui d'une ville de propri&#233;taires. Avec un taux de 44 %, la cit&#233; phoc&#233;enne est plus proche de Nice, la ville des retrait&#233;s s&#233;curis&#233;s, et tr&#232;s loin devant Lille ou Lyon. C'est surtout cela qui freine le changement. N&#233;anmoins des &#233;volutions sociologiques sont &#224; l'&#339;uvre sans qu'on puisse encore discerner leur devenir : fin des ouvriers comme classe, fin des services publics &#224; l'ancienne, mont&#233;e en puissance d'un front social entre affairistes et cr&#233;atifs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Iffik Le Guen&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour d&#233;signer les premiers am&#233;nagements de la requalification de la place Jean-Jaur&#232;s (nom officiel de la Plaine), une habitante du quartier d&#233;clarait : &#171; &lt;i&gt;Cela va rassembler &#224; ce qu'on trouve partout ailleurs&lt;/i&gt; &#187; (France 3, &#233;dition de proximit&#233; 04/10/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La D&#233;couverte, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans les documentaires de Michel Samson et Jean-Louis Comolli, on voit Gaudin portant coiffe traditionnelle faire campagne dans la communaut&#233; comorienne avec de forts relents n&#233;ocoloniaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Marseille, derri&#232;re la carte postale</title>
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		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Cela fait un bail que la mairie de Marseille cherche &#224; gommer l'image d'une ville canaille, populeuse et populaire, pour en faire une m&#233;tropole business friendly, attirer entreprises, cadres dynamiques et touristes. Quitte &#224; employer des m&#233;thodes douteuses, &#224; verser dans l'&#233;puration sociale et &#224; refuser de traiter les vrais probl&#232;mes, comme celui de l'habitat indigne. Il y a un an, huit personnes l'ont pay&#233; de leur vie dans l'effondrement de leur immeuble. Dossier de dix pages. Quelques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lire" rel="tag"&gt;lire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cela fait un bail que la mairie de Marseille cherche &#224; gommer l'image d'une ville canaille, populeuse et populaire, pour en faire une m&#233;tropole &lt;i&gt;business friendly&lt;/i&gt;, attirer entreprises, cadres dynamiques et touristes. Quitte &#224; employer des m&#233;thodes douteuses, &#224; verser dans l'&#233;puration sociale et &#224; refuser de traiter les vrais probl&#232;mes, comme celui de l'habitat indigne. Il y a un an, huit personnes l'ont pay&#233; de leur vie dans l'effondrement de leur immeuble. Dossier de dix pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3128 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-1355-85c1c.jpg?1782640442' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Yohanne Lamoul&#232;re
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;Q&lt;/span&gt;uelques tas de gravats, entass&#233;s sur un terrain vague. Fin novembre 2018, des camions sont venus les d&#233;poser dans ce coin perdu du chemin de la Madrague-Ville, &#224; l'entr&#233;e des quartiers Nord de Marseille. La sc&#232;ne semble anodine. Elle ne l'est pas : ces d&#233;bris, photographi&#233;s par la camarade Yohanne Lamoul&#232;re (par ailleurs principale illustratrice de ce dossier), ce sont ceux des deux immeubles effondr&#233;s le 5 novembre 2018 &#224; Marseille, au 63 et au 65 de la rue d'Aubagne. Des tas puant la mort, l'incurie municipale et la dislocation g&#233;n&#233;ralis&#233;e d'une ville qui n'en finit plus de sombrer, entre chasse aux pauvres et modernisation foir&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vingt-cinq ans de Jean-Claude Gaudin&lt;/strong&gt;, &#231;a p&#232;se. Certes, l'ogre LR et son &#233;quipe de soudard(e)s ne sont pas responsables &#224; eux seuls de tous les maux de la ville (quoique&#8230;). Mais l'&#233;dile symbolise &#224; la perfection les errements d'une &#233;lite d&#233;cid&#233;e &#224; faire de cette cit&#233; ce qu'elle n'est pas, quitte &#224; employer des m&#233;thodes douteuses &lt;i&gt;(comme c'est le cas sur la Plaine, lire p. VII)&lt;/i&gt;. Car cela fait un bail que la mairie cherche &#224; gommer l'image d'une ville canaille, populeuse et populaire, pour en faire une m&#233;tropole &lt;i&gt;business friendly&lt;/i&gt;, attirer entreprises, cadres dynamiques et touristes. On construit d'inutiles gratte-ciels, tandis que les op&#233;rations de r&#233;novation urbaine se succ&#232;dent, assorties d'une &#233;puration sociale &#8211; &#224; l'image de celle qui se d&#233;roule dans l'ancien quartier ouvrier des Crottes &lt;i&gt;(lire pp. VIII et IX)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si le fric coule &#224; flots&lt;/strong&gt;, la lutte contre la d&#233;gradation du b&#226;ti &lt;i&gt;(lire notre reportage &#224; la cit&#233; Air Bel, p. VI)&lt;/i&gt; n'est apparemment pas un secteur suffisamment porteur pour mobiliser des fonds. Le 5 novembre 2018, dans le quartier de Noailles, en plein centre-ville, huit personnes ont ainsi pay&#233; de leur vie des d&#233;cennies d'inaction municipale contre l'habitat indigne (et la rapacit&#233; de marchands de sommeil). Dans tout Marseille, des milliers de personnes ont ensuite d&#251; quitter leur logement, frapp&#233;s d'arr&#234;t&#233;s de p&#233;ril pris dans la panique par une municipalit&#233; d&#233;pass&#233;e. Ces &#233;vacu&#233;s ont vite compris qu'ils &#233;taient abandonn&#233;s &#224; eux-m&#234;mes &lt;i&gt;(lire pp. II et III).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais &#224; Marseille&lt;/strong&gt;, si on bout de rage, on ne s'&#233;tonne plus. Il y a belle lurette que cette mairie clapote dans l'absurdit&#233; et la b&#234;tise crasse : entre autres perles, elle a d&#233;couvert cet &#233;t&#233; qu'elle g&#233;rait 470 &#233;coles et non pas 446. &#192; celle du Cours Julien, les parents ont appris une semaine avant la rentr&#233;e que les &#233;l&#232;ves seraient d&#233;localis&#233;s pour l'ann&#233;e &#224; quelques kilom&#232;tres de l&#224; pour cause de retard de travaux (bonus : les enseignants ont &#233;t&#233; mis au courant... par les parents !). Autre anecdote &#233;pique : la d&#233;couverte cet &#233;t&#233; par le journal &lt;i&gt;Marsactu&lt;/i&gt; d'un bus fant&#244;me, dont l'existence n'&#233;tait indiqu&#233;e par aucune fiche horaires, ce qui permettait aux riverains de quartiers cossus de se d&#233;placer en toute tranquillit&#233;, sans afflux de touristes ou de pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; ce magma de m&#233;pris et d'incomp&#233;tence&lt;/strong&gt;, les habitants des quartiers populaires savent fort heureusement r&#233;sister. C'est le cas des employ&#233;s du McDo de Saint-Barth&#233;lemy (14&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement) qui se battent depuis plus d'un an contre un patron v&#233;reux qui n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; acheter un faux t&#233;moignage 25 000 &#8364; pour d&#233;cr&#233;dibiliser un responsable syndical&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#192; Marseille, McDo ach&#232;te un faux t&#233;moignage 25 000 euros pour &#233;carter un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt; (lire p. X)&lt;/i&gt;. Et pas question de compter sur la justice, aussi soumise au pouvoir ex&#233;cutif ici qu'ailleurs dans le pays, comme le d&#233;montre le peu de z&#232;le mis par le procureur pour faire la lumi&#232;re sur la mort de Zineb Redouane, atteinte en pleine figure par une grenade tir&#233;e par la police le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marseille est une ville &#233;minemment complexe&lt;/strong&gt;, contradictoire : vue comme malfam&#233;e par les m&#233;dias nationaux qui se jettent sur la premi&#232;re fusillade venue comme la v&#233;role sur le bas-clerg&#233;, vant&#233;e par d'autres comme la reine de l'int&#233;gration, de la mixit&#233; sociale et ethnique, d&#233;test&#233;e ou ador&#233;e pour son c&#244;t&#233; bord&#233;lique o&#249; certains ne voient que chienlit quand d'autres y lisent un suppl&#233;ment d'&#226;me &lt;i&gt;(lire notre entretien avec le sociologue Michel Peraldi, pp. IV et V)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une &#233;vidence&lt;/strong&gt; : les touristes d&#233;barqu&#233;s en bateau de croisi&#232;re et promen&#233;s du Mucem &#224; la Bonne-M&#232;re ne peuvent rien comprendre aux tensions qui traversent cette ville. Comme &#224; Barcelone ou Paris, les espaces qui leur sont d&#233;di&#233;s se r&#233;v&#232;lent purement hors-sol, d&#233;connect&#233;s de tout &#8211; m&#234;me du pastis. Ainsi de l'h&#244;tel de luxe-brasserie chic des Feuillants, r&#233;cemment inaugur&#233; pr&#232;s du march&#233; de Noailles, &#224; c&#244;t&#233; des jeunes gal&#233;riens qui vendent de clopes de contrebande et &#224; quelques centaines de m&#232;tres des immeubles effondr&#233;s de la rue d'Aubagne. Les privil&#233;gi&#233;s qui y viennent ne savent rien de cette triste histoire : ils vaquent de boutiques en restaurants en toc(que), loin des soubresauts d'une ville tendue comme un ressort. De m&#234;me que les &#233;lus, les urbanistes, les promoteurs, les tenants de la ville morte, ils ont oubli&#233; que Marseille ne se dompte pas. Et qu'elle pourrait bien leur p&#233;ter &#224; la gueule.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;quipe de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PS :&lt;/strong&gt; Et puis, Marseille, c'est aussi notre ville. Le Chien Rouge y est n&#233; et, malgr&#233; ses fureurs &#224; r&#233;p&#233;tition, continue de s'y plaire. De penser qu'ici subsiste quelque chose qu'on ne trouve quasiment plus dans les grandes m&#233;tropoles europ&#233;ennes. Quand on a abus&#233; sur les substances prohib&#233;es, on parle d' &#171; &#226;me &#187;. Quand on se balade dans les rues de Noailles ou de Belsunce, on utilise plut&#244;t le terme &#171; vie &#187;. Quand on se baque &#224; Malmousque ou &#224; l'Estaque, c'est &#171; beaut&#233; &#187; qui jaillit du chapeau. En manif ou en tribunes, boum, on opte pour &#171; rebelle &#187;. Et parfois m&#234;me, les critiques sont de sortie : &#171; crade &#187;, &#171; cingl&#233;e &#187;, &#171; violente &#187;. Mais quand on passe devant l'h&#244;tel de ville, bizarrement, les mots ne suffisent plus. Juste : on l&#226;che un gros crachat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://marsactu.fr/a-marseille-mcdo-achete-un-faux-temoignage-25-000-euros-pour-ecarter-un-syndicaliste/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; Marseille, McDo ach&#232;te un faux t&#233;moignage 25 000 euros pour &#233;carter un syndicaliste&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Marsactu&lt;/i&gt; (20/08/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Toulouse la Canaille</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Toulouse-la-Canaille</link>
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		<dc:date>2019-03-15T02:37:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J. V.</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>J&#233;r&#244;me Fourcade</dc:subject>
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&lt;p&gt;Avec Bordeaux, Toulouse est une des villes o&#249; les manifestations des Gilets jaunes ne d&#233;semplissent pas. Tour d'horizon &#171; subjectif, par un protagoniste qui ne pouvait &#234;tre partout et qui en oublie &#224; coup s&#251;r &#187;. Samedi 9 f&#233;vrier, Toulouse. Prix de la meilleure pancarte : &#171; Les flics ne tuent pas, les cur&#233;s ne violent pas et moi je ne suis pas en jaune. &#187; Prix du meilleur graffiti sur une banque d&#233;vast&#233;e : &#171; Casseurs, brutes peut-&#234;tre, mais nous on n'est pas pay&#233;s pour &#231;a. &#187; Et pourtant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no174-mars-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;174 (mars 2019)&lt;/a&gt;

/ 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Toulouse" rel="tag"&gt;Toulouse&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/manifs" rel="tag"&gt;manifs&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une-ville" rel="tag"&gt;d'une ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/prix-4622" rel="tag"&gt;prix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Samedi" rel="tag"&gt;Samedi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec Bordeaux, Toulouse est une des villes o&#249; les manifestations des Gilets jaunes ne d&#233;semplissent pas. Tour d'horizon &#171; &lt;i&gt;subjectif, par un protagoniste qui ne pouvait &#234;tre partout et qui en oublie &#224; coup s&#251;r&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2826 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH361/-1080-a80e6.jpg?1782913185' width='500' height='361' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo J&#233;r&#244;me Fourcade
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;S&lt;/span&gt;amedi 9 f&#233;vrier, Toulouse. Prix de la meilleure pancarte : &#171; &lt;i&gt;Les flics ne tuent pas, les cur&#233;s ne violent pas et moi je ne suis pas en jaune. &lt;/i&gt; &#187; Prix du meilleur graffiti sur une banque d&#233;vast&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Casseurs, brutes peut-&#234;tre, mais nous on n'est pas pay&#233;s pour &#231;a. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant cette manif rituelle du samedi ne fut pas la plus marrante. Une charge de fafs attir&#233;s par quelques drapeaux rouges, assez vite mat&#233;s par la bande d'en face (les antifas, donc) et des Gilets jaunes anonymes. Et &#224; partir de 16 h 30, &#231;a gaze, &#231;a rafale grenades et Flash-Balls, la chasse est ouverte, on compte les premiers bless&#233;s et les arrestations. Seul bon moment, une tortue romaine improvis&#233;e vers la place Dupuy mettra les cond&#233;s en fuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#231;a fait plus de deux mois que &#231;a dure. Comme une routine qui s'installe. Mais qui ne fatigue pas.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le r&#233;veil de l'assoupie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Toulouse l'endormie retrouve ses couleurs des ann&#233;es 1970 et 1980, lorsqu'elle &#233;tait la rebelle. R&#233;appropriation d'une ville de plus en plus aseptis&#233;e ? Vengeance des p&#233;riurbains, puis de toute une r&#233;gion vis-&#224;-vis de la pieuvre ? Opportunisme politique ? Allez savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre que si un escadron de flics n'avait pas b&#234;tement tir&#233; &#224; bout portant sur les manifestants qui pr&#233;tendaient bloquer la gare le samedi 1er d&#233;cembre en d&#233;but d'apr&#232;s-midi, provoquant une &#233;meute spontan&#233;e de plus de cinq heures, on n'en serait pas l&#224;. Ou peut-&#234;tre que si.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme ailleurs, &#231;a a commenc&#233; par des ronds-points bloqu&#233;s, des p&#233;ages ouverts, des d&#233;ambulations dans un centre-ville interdit aux manifs depuis des ann&#233;es. Des m&#233;fiances face aux drapeaux fran&#231;ais, aux &lt;i&gt;Marseillaise&lt;/i&gt;, &#224; des revendications bizarres. Et puis le m&#233;pris du pouvoir, sa brutalit&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, c'est ce dont on r&#234;vait qui se produit : blocages ill&#233;gaux, manifs jamais d&#233;clar&#233;es, refus de la hi&#233;rarchie, rejet des appareils politiques, des petits chefs autoproclam&#233;s, surtout s'ils ont un pass&#233; d'extr&#234;me droite. Ce qui n'est pas le cas partout dans la r&#233;gion. Mais ici, c'est surtout l'extr&#234;me gauche institutionnelle qui saute sur le mouvement comme la L&#233;gion sur &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Kolwezi&#034; class=&#034;spip_glossaire&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Kolwezi&lt;/a&gt;. Quitte &#224; transformer les AG de Gilets jaunes en avatar de l'impuissante Nuit Debout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais des commissions (action, communication...) se forment, o&#249; de vraies d&#233;cisions sont prises. Naissent aussi des groupes de banlieue, de zones de la ville, des points d'infos de permanence. Pour d&#233;cembre, rajoutons-y un mouvement lyc&#233;en particuli&#232;rement virulent, spontan&#233;, excit&#233;. Mais l&#224;, &#231;a tourne au massacre et le corps enseignant, apr&#232;s avoir d'abord manifest&#233; sa plus totale indiff&#233;rence, va encadrer les minots, vidant les manifs de leur substance. On verra m&#234;me certains &#171; parents d'&#233;l&#232;ves &#187; aller faire le coup de poing pour d&#233;gager le blocus d'un lyc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Chiffres d'affaires&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Reste que ces trois premi&#232;res semaines du mois ont &#233;t&#233; magiques : malgr&#233; des transports en commun stopp&#233;s par ordre pr&#233;fectoral (et si les banlieusards d&#233;ferlaient ?) et un foutoir permanent, la population se parle enfin, pol&#233;miques et conversations naissent au petit bonheur. On retrouve des potes perdus de vue depuis des lustres. Et quelques commer&#231;ants se mettent &#224; pleurer apr&#232;s leur chiffre d'affaires. Certains vont jusqu'&#224; &#233;voquer la cr&#233;ation de milices ! Le march&#233; de No&#235;l est un d&#233;sastre. Jean-Luc Moudenc, m&#233;diocrit&#233; faite maire (LR), tr&#233;pigne. Il raconte &#234;tre all&#233; incognito dans les manifs et y avoir vu gauchistes et fascistes main dans la main &#8211; devenant ainsi la ris&#233;e de pas mal de ses administr&#233;s et r&#233;coltant un &#171; &lt;i&gt;Moudenc, on te voit plus dans les manifs &lt;/i&gt; &#187; sur les murs de &#171; son &#187; Capitole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les tentatives de blocage des points n&#233;vralgiques de l'&#233;conomie (d&#233;p&#244;ts de carburant, plateformes de la grande distribution) se font petit &#224; petit d&#233;gager par les flics, une certaine coordination se met en place avec les Gilets jaunes des alentours (Ari&#232;ge, Gers, Tarn, Tarn-et-Garonne, Aude&#8230;). R&#233;sultat parmi d'autres : &#233;vanescent presque partout ailleurs, le blocage &#171; national &#187; du 13 janvier est vraiment effectif &#224; Toulouse / Pamiers / Carcassonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais apr&#232;s quelques beaux succ&#232;s, les barrages s'effilochent. M&#234;me si on a vu plusieurs centaines d'encagoul&#233;s (la plupart &#233;trangers aux &#171; radicaux &#187; traditionnels) bloquer, en nocturne, les zones industrielles de Saint-Jory et Fondeyre (en p&#233;riph&#233;rie de Toulouse) avec des moyens cons&#233;quents. M&#234;me si on a pass&#233; des nuits sous la pluie &#224; bloquer des autoroutes, dans une ambiance de kermesse, face &#224; des gendarmes relativement placides, se contentant de d&#233;tourner la circulation vers la nationale 20, cr&#233;ant ainsi de monstrueux embouteillages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les appels &#224; la gr&#232;ve se sont multipli&#233;s. Des &#233;quipes se sont charg&#233;es de les diffuser avec acharnement. Mais comme on a eu le d&#233;faut d'attendre la gr&#232;ve du 5 f&#233;vrier comme la venue du Messie (ou du Grand Jour), on n'a pu qu'&#234;tre d&#233;&#231;us par une mobilisation syndicale, certes &#233;norme, mais qui est retourn&#233;e au turbin apr&#232;s avoir tra&#238;ne-savat&#233;, en imaginant s'&#234;tre refait une virginit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La justice en d&#233;lire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En face, la flicaille, quelque peu d&#233;bord&#233;e les 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; et 8 d&#233;cembre, s'organise. Toulouse h&#233;rite de deux blind&#233;s de gendarmerie, d'un canon &#224; eau et les rendez-vous du samedi sont d&#233;sormais rythm&#233;s par le son de l'h&#233;licopt&#232;re qui d&#233;signe aux commandos d'intervention les individus &#224; neutraliser. Mais malgr&#233; la disproportion des moyens, la mobilisation ne faiblit pas. La ville br&#251;le litt&#233;ralement certaines fins de semaine. Les barricades se multiplient. Au prix de nombreux mutil&#233;s et, pour l'instant, d'une bonne trentaine d'emprisonn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut ici que regretter que les manifestations virent au rituel. Alors que, justement, elles ont surtout eu pour effet de faire voler en &#233;clats le quotidien d'une ville qu'on croyait mat&#233;e. &#199;a tire d&#233;sormais vers 16 h 30, les affrontements se concentrent dans la capitale r&#233;gionale alors que les actes des autres pr&#233;fectures sont d'un calme effrayant. Une fois de plus la m&#233;tropole vampirise et nous sommes trop souvent l&#224; o&#249; les bourriques nous attendent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La justice, au tout d&#233;but plut&#244;t calme, se met &#224; faire tomber des t&#234;tes. Les contr&#244;les judiciaires sont d&#233;lirants (interdictions de manif, puis de la ville, puis de s'approcher d'une banque, d'un commerce) et, comme il s'agit de vider les rues, de nombreux Toulousains refusant les comparutions imm&#233;diates se voient entaul&#233;s &#224; titre pr&#233;ventif. Argument entendu dans la bouche d'un procureur : &#171; &lt;i&gt;Vous vous &#234;tes fait arr&#234;ter &#224; 16 h. &#192; cette heure-l&#224;, il n'y a plus de manifestation, juste une &#233;meute. Vous &#234;tes donc un &#233;meutier. &lt;/i&gt; &#187; Des exemples ? Un manifestant t&#226;chant de se d&#233;barrasser des motards de la Bac avec son parapluie (si !) prend quatre mois ferme. Derni&#232;rement, un individu trouv&#233; en possession d'une cl&#233; passe-partout PTT a mang&#233; une association de malfaiteurs. Des perquisitions ont suivi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;quipe de &#171; D&#233;fense collective &#187; assure le suivi des arrestations. Des lettres, souvent &#233;mouvantes, arrivent depuis les prisons. Et il faut organiser le soutien, parce que tout &#231;a va co&#251;ter fort cher et tape sur des gens peu ou pas fortun&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; M&#234;me les m&#233;m&#233;s... &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Alors on joue &#224; quoi ? Au pourrissement ? &#192; un mauvais remake des Versaillais de 1871 r&#234;vant d'&#233;craser d'improbables communards ? En tout cas, on rigole doucement &#224; lire, ce lundi 11 f&#233;vrier, dans le torche-cul local : &#171; &lt;i&gt;Malgr&#233; les diverses man&#339;uvres tendant &#224; minimiser l'ampleur du mouvement, la d&#233;termination des manifestants reste intacte. &lt;/i&gt; &#187; Eux qui n'ont eu cesse de cogner sur les protestataires, allant jusqu'&#224; multiplier par quatre les chiffres de la minable contre-manifestation du 2 f&#233;vrier dans la ville rose et &#224; diviser par deux ou trois ceux des sauteries hebdomadaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; vrai dire, on se fout de savoir si, comme l'affirment ces tristes sbires, &#171; &lt;i&gt;Toulouse est la ville-phare &lt;/i&gt; &#187; d'un mouvement dont personne ne peut pr&#233;dire ni la direction ni l'avenir. On sait juste que dans la cit&#233; du bel canto o&#249; &#171; &lt;i&gt;m&#234;me les m&#233;m&#233;s aiment la castagne &lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#212; Toulouse, chanson de Claude Nougaro, 1967.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, des refrains naissent parmi les &#233;meutiers &#8211; qui raillent l'h&#233;licopt&#232;re de la gendarmerie, qui reprennent les mots du rappeur D1ST1N (superbe clip&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gilets jaunes, plus de 700 000 visionnages sur YouTube en un mois.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; tourn&#233; sur le vif) sans oublier la remise au go&#251;t du jour de l'immortel &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://youtu.be/pfzjaUvg39Q&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Riot in Toulouse&lt;/a&gt; &lt;/i&gt;(1977) du grand rocker Little Bob.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et putain, &#231;a aussi, &#231;a fait du bien.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;J. V.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#212; Toulouse&lt;/i&gt;, chanson de Claude Nougaro, 1967.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://youtu.be/ix0p5Q1937o&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gilets jaunes&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, plus de 700 000 visionnages sur YouTube en un mois.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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