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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; M&#234;me le p&#232;re No&#235;l d&#233;teste le capital &#187;</title>
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		<dc:creator>Simone Fum&#233;e</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Renouant avec la vieille pratique collective de l'autor&#233;duction, qui consiste &#224; sortir le maximum de marchandises impay&#233;es d'une grande surface (ou du moins bloquer les caisses le temps d'une n&#233;gociation avec le g&#233;rant), une &#233;quipe de Gilets jaunes a tent&#233; d'exfiltrer une trentaine de caddies pour organiser une grande redistribution de No&#235;l. R&#233;cit d'une participante &#224; ce beau bordel au Carrefour de la Pioline, &#224; Aix-en-Provence. &#171; Aujourd'hui, c'est gratuit, lib&#233;rez les caddies ! &#187; Ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no183-janvier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;183 (janvier 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Noel" rel="tag"&gt;No&#235;l&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pere-Noel" rel="tag"&gt;p&#232;re No&#235;l&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jaunes-chantent" rel="tag"&gt;jaunes chantent&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Renouant avec la vieille pratique collective de l'autor&#233;duction, qui consiste &#224; sortir le maximum de marchandises impay&#233;es d'une grande surface (ou du moins bloquer les caisses le temps d'une n&#233;gociation avec le g&#233;rant), une &#233;quipe de Gilets jaunes a tent&#233; d'exfiltrer une trentaine de caddies pour organiser une grande redistribution de No&#235;l. R&#233;cit d'une participante &#224; ce beau bordel au Carrefour de la Pioline, &#224; Aix-en-Provence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3190 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH360/-1407-51f7c.jpg?1782688527' width='500' height='360' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Yves Pag&#232;s
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, c'est gratuit, lib&#233;rez les caddies ! &#187;&lt;/i&gt; Ce samedi 21 d&#233;cembre, une bonne centaine de Gilets jaunes chantent au milieu du plus grand Carrefour des Bouches-du-Rh&#244;ne, &#224; Aix-en-Provence. Dans la foul&#233;e d'un appel national &#224; rendre No&#235;l gratuit dans toutes les grandes surfaces (et une semaine apr&#232;s une joyeuse tentative de redistribution au Carrefour du Merlan, &#224; Marseille), le rencard est pr&#233;vu &#224; 11 h, au rayon fruits et l&#233;gumes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avant &#231;a, il faut remplir les caddies. Au milieu du chaos des courses de No&#235;l, on croise dans les rayons les regards amus&#233;s et complices des copains. Les chariots d&#233;bordent vite : des victuailles qu'on ne pourra jamais se payer et des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, destin&#233;s &#224; divers collectifs de soutien aux migrants ou aux personnes d&#233;munies.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bonjour, c'est pour une r&#233;quisition !&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233;s aux caisses, on balance des gilets jaunes en l'air, on d&#233;ploie une banderole, on chante &#171; &lt;i&gt;M&#234;me le p&#232;re No&#235;l d&#233;teste le capital &#187;&lt;/i&gt; ou encore &#171; &lt;i&gt;Nous sommes tous des victimes de Carrefour &#187;&lt;/i&gt; sur un air de supporters. Le magasin a beau &#234;tre immense, on par vient &#224; bloquer la plupart des caisses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les clients comprennent que leurs courses de No&#235;l ne vont pas se passer comme pr&#233;vu, surtout que le directeur a pr&#233;venu : &#171; &lt;i&gt;Je ne n&#233;gocierai pas avec vous. &#187;&lt;/i&gt; En r&#233;ponse, on s'installe sur les tapis roulants, on sort la charcut', les sushis, les Schoko-Bons : puisqu'on est l&#224; pour un petit moment, autant se mettre bien. Des licornes en peluche rev&#234;tues d'un gilet jaune paradent fi&#232;rement &#224; l'avant des caddies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On tracte, on discute avec les clients pour expliquer ce qu'on est en train de faire. Selon une source interne au magasin, un samedi pr&#233;c&#233;dant No&#235;l, le Carrefour de la Pioline peut se faire tranquillement 1,5 million d'euros de chiffre d'affaires dans la journ&#233;e &#8211; sans parler des 750 millions que le groupe a palp&#233;s gr&#226;ce au CICE (Cr&#233;dit d'imp&#244;t pour la comp&#233;titivit&#233; et l'emploi). Un chou&#239;a jaloux, on a donc envie de lui faire perdre un peu d'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la caisse, les employ&#233;s sont d'abord un peu paniqu&#233;s, comme cette caissi&#232;re qui craint de perdre sa prime de No&#235;l &#224; cause du manque &#224; gagner. Quelques minutes plus tard, elle ferme sa caisse, s'installe tranquillement sur son si&#232;ge et d&#233;guste des Ferrero Rocher avec le sourire. Un de ses coll&#232;gues se dit plus que content du bordel : &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait cens&#233; &#234;tre le pire jour de l'ann&#233;e pour nous, merci d'&#234;tre l&#224;, restez le plus longtemps possible ! &#187;&lt;/i&gt; un vigile confie m&#234;me qu'il nous laisserait bien sortir avec les caddies, mais que &#231;a n'est pas possible : &#171; &lt;i&gt;Si on vous laisse faire, &#231;a risque de se passer partout en France. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Et si on allait bloquer le rond-point ? &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La bonne humeur ne dure malheureusement pas. Tr&#232;s vite, la tension monte et les &#233;changes se tendent. Les clients sont peu solidaires et certains employ&#233;s et vigiles tentent de nous arracher des caddies. Au bout d'une demi-heure, les flics se radinent, l&#233;g&#232;rement paum&#233;s dans ce dawa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, on abdique apr&#232;s une heure et demie de blocage. Quelques copains avaient peur de se faire cueillir &#224; la sortie par les flics et des clients devenaient violents &#8211; les courses de No&#235;l, &#231;a les rend dingues. On abandonne tristement nos caddies, tout en criant &#224; la foule &#171; &lt;i&gt;On vous fait un cadeau, vous &#234;tes pas rigolos &#187;&lt;/i&gt;, puis un plus &#233;nerv&#233; &#171; &lt;i&gt;Travaille, consomme et ferme ta gueule &#187;&lt;/i&gt;. Une fois dehors, un pote lance : &#171; &lt;i&gt;Et si on allait bloquer le rond-point qui am&#232;ne au Carrouf ? &#187;&lt;/i&gt; Finalement, une bonne partie de la bande se retrouve sur le Vieux-Port de Marseille pour la manif des Gilets jaunes &#8211; &lt;i&gt;dresscode &lt;/i&gt;p&#232;re No&#235;l. On apprend que le Carrefour de Vitrolles a ferm&#233; quelques instants apr&#232;s notre d&#233;part d'Aix-en-Provence, par crainte de nous voir d&#233;barquer. Carrefour et ses copains sont pr&#233;venus : &#171; &lt;i&gt;On reviendra. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Simone Fum&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Gr&#232;ve de ouf au Carrefour du Merlan</title>
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		<dc:date>2019-12-11T15:54:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas, Nicolas Arraitz</dc:creator>


		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>CGT</dc:subject>
		<dc:subject>Carrefour</dc:subject>
		<dc:subject>Momo</dc:subject>
		<dc:subject>Lib&#233;rez Momo</dc:subject>
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		<dc:subject>Dominique Sabadel</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;En octobre, le magasin Carrefour du Merlan, dans les quartiers Nord de Marseille, a &#233;t&#233; bloqu&#233; deux semaines durant par le personnel et des habitants du voisinage. Enjeu du mouvement : obtenir la lib&#233;ration de Momo, d&#233;l&#233;gu&#233; syndical incarc&#233;r&#233; &#224; la va-vite pour un motif extravagant. Barricades de chariots, barbecues solidaires, camions de livraison aux pneus crev&#233;s : sc&#232;nes de fronde contre une multinationale, championne auto-proclam&#233;e de la gestion &#233;thique des ressources humaines. Jeudi 21 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CGT" rel="tag"&gt;CGT&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Momo-3103" rel="tag"&gt;Momo&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mohamed" rel="tag"&gt;Mohamed&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En octobre, le magasin Carrefour du Merlan, dans les quartiers Nord de Marseille, a &#233;t&#233; bloqu&#233; deux semaines durant par le personnel et des habitants du voisinage. Enjeu du mouvement : obtenir la lib&#233;ration de Momo, d&#233;l&#233;gu&#233; syndical incarc&#233;r&#233; &#224; la va-vite pour un motif extravagant. Barricades de chariots, barbecues solidaires, camions de livraison aux pneus crev&#233;s : sc&#232;nes de fronde contre une multinationale, championne auto-proclam&#233;e de la gestion &#233;thique des ressources humaines.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3166 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L452xH330/-1385-6eda3.jpg?1782638674' width='452' height='330' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Jeudi 21 octobre. Au rayon boulangerie, du pain dur. Aux fruits et l&#233;gumes, un vieux tas de courgettes. Aux produits de nettoyage, un flacon de javel sans bouchon. Pas de poisson, presque plus de viande, peu de laitages. On se dirait &#224; Cuba sous blocus &#233;tats-unien. Et pourtant, nous sommes &#224; Marseille, au c&#339;ur du monde libre. &#171; &lt;i&gt;Puis-je vous aider &#224; mieux consommer ?&lt;/i&gt; &#187;, proclame le blouson matelass&#233; des caissi&#232;res en gr&#232;ve. Elles bloquent l'entr&#233;e des marchandises depuis d&#233;j&#224; une semaine, depuis qu'elles et leurs coll&#232;gues ont appris que Mohamed Bedhouche, leur d&#233;l&#233;gu&#233; CGT, a &#233;t&#233; envoy&#233; aux Baumettes, et avec lui le p&#232;re de Florent (voir plus bas). &#171; &lt;i&gt;Lib&#233;rez Momo !&lt;/i&gt; &#187;, exige une banderole en drap de lit. Des voitures passent sur la voie rapide en klaxonnant, et les passagers, pench&#233;s &#224; la fen&#234;tre, font &#233;cho : &#171; &lt;i&gt;Lib&#233;rez Momo !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire est &#224; la fois loufoque et pr&#233;occupante : un d&#233;l&#233;gu&#233; syndical jet&#233; en prison pour avoir interc&#233;d&#233; en faveur d'un travailleur licenci&#233; pour &#171; vol &#187; - en fait, pour avoir achet&#233; &#224; moiti&#233; prix un surgel&#233; &#224; l'emballage d&#233;t&#233;rior&#233;. Momo est accus&#233; d'avoir fait pression sur un vigile pour qu'il se r&#233;tracte. Lequel vigile, depuis qu'il a port&#233; plainte contre Momo, a &#233;t&#233; gratifi&#233; d'un CDI par la direction&#8230; Voil&#224; qui sent le coup fourr&#233; patronal, mais le juge n'y a vu que du feu. Alors les marchandises ne passent plus. &#192; l'int&#233;rieur, seuls les cadres, les stagiaires et les CDD travaillent. 80 % de gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;brayer sans pr&#233;avis, &#171; &lt;i&gt;c'est possible dans le priv&#233;&lt;/i&gt; &#187;, assure Mich&#232;le Ledesma, de l'Union locale CGT La Rose. La r&#233;action a &#233;t&#233; rapide, mue par l'estime dont jouit Momo. Et pas seulement chez les affili&#233;s CGT : la base a impos&#233; l'unit&#233; syndicale. Des militants CFDT, CFTC et FO sont pr&#233;sents sur les barrages. Lucien, encart&#233; &#224; FO et ami d'enfance de Momo, est assis sur une chaise pliante &#224; l'ombre d'un camion immobilis&#233; devant le portail. Il arbore un T-shirt Corsica. &#171; &lt;i&gt;Momo est un type droit, loyal, toujours pr&#234;t &#224; se mettre en quatre pour les autres&lt;/i&gt;, affirme-t-il. &lt;i&gt;Le vrai truand, c'est le directeur ! Il para&#238;t que de son poste &#224; Perpignan, il est parti les menottes aux poignets&#8230; Et il est l&#224; &#224; se pavaner, &#224; insulter les gens. Y'a pas de respect.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avant tout l'homme qu'on est sorti d&#233;fendre contre une d&#233;cision de justice manifestement injuste. Mais il y a un autre aspect inqui&#233;tant : un d&#233;l&#233;gu&#233; syndical emprisonn&#233; comme &#231;a, &#224; la va-vite, sur plainte de son employeur, &#231;a sent le roussi. Et si ce pr&#233;c&#233;dent faisait jurisprudence ? &#171; &lt;i&gt;Qui osera alors &#234;tre d&#233;l&#233;gu&#233; ?&lt;/i&gt; &#187;, temp&#234;te Michel, un ancien de La Poste qui, de retour d'une manif de retrait&#233;s, est venu soutenir les gr&#233;vistes. Il se propose d'aller distribuer &#171; &lt;i&gt;un tract intelligent&lt;/i&gt; &#187; &#224; la client&#232;le, pour qu'elle boycotte le magasin. &#171; &lt;i&gt;Ils ne peuvent rien me faire, je suis retrait&#233; !&lt;/i&gt; &#187; Selon Michel et ses coll&#232;gues - ceux de la cantine de La Poste ont apport&#233; de quoi se restaurer et des thermos br&#251;lants -, l'heure est grave. &#171; &lt;i&gt;O&#249; sont ceux qui manifestaient contre Le Pen en 2002 ? Les altermondialistes ? Les anti-OGM ?&lt;/i&gt; &#187; Bernard, prof au lyc&#233;e Diderot, un badge du SNES-FSU &#224; la boutonni&#232;re, s'arr&#234;te &#224; la sortie des cours. Il est content d'&#234;tre l&#224; : &#171; &lt;i&gt;Vous trouvez pas qu'il y a une ambiance &#224; la Ken Loach, ici ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'a pas tort. On est au c&#339;ur des quartiers Nord. Le centre commercial est strat&#233;giquement situ&#233; au milieu de cit&#233;s parmi les plus mal fam&#233;es de la ville : les Flamands, la Busserine, Font-Vert&#8230; Et si les soutiens politiques tardent &#224; se manifester, les liens avec le quartier jouent pleinement. Pour les gens du coin, Carrefour, c'est leur commerce de proximit&#233;, le seul. Des centaines de familles sont prises &#224; la gorge par le cr&#233;dit et les cartes de &#171; fid&#233;lit&#233; &#187; de l'hypermarch&#233;. On est en France : aucun &#233;picier, aucun bar n'est tol&#233;r&#233; au pied des tours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors le glauque parking du Carrouf' est une destination oblig&#233;e, un lieu de rencontre pour les jeunes et les m&#233;nag&#232;res. Beaucoup ont des relations d'amiti&#233;, ou de parent&#233;, avec les employ&#233;s. Momo y est connu et appr&#233;ci&#233;. Surveillant de nuit, il n'est pas de ceux qui alpaguent les petits voleurs &#224; la sortie des caisses. Ce qui explique les coups de klaxons, les cris de soutien, les visites de bon voisinage le soir autour des feux de palettes. Une Africaine en boubou est assise parmi les caissi&#232;res en uniforme. Deux &#233;l&#233;gants Comoriens prennent des nouvelles aupr&#232;s d'un compatriote gr&#233;viste. Derri&#232;re Lucien, qui s'occupe en temps normal de la r&#233;ception des marchandises, le camion est immobilis&#233; par de gros blocs de b&#233;ton gliss&#233;s entre les essieux. Pneus crev&#233;s, moteur HS. &#171; &lt;i&gt;Les minots du quartier sont de vrais professionnels ! &lt;/i&gt; &#187;, plaisante-t-on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche &#224; l'aube, cinq camions, escort&#233;s par deux voitures bleu marine pleines de faux flics, ont forc&#233; par surprise un des deux barrages. Quatre camions ont r&#233;ussi &#224; entrer, le cinqui&#232;me est rest&#233; dehors quand les nervis, en voyant les gars de l'autre piquet accourir, ont paniqu&#233; et referm&#233; les grilles. Le chauffeur s'est enfui et depuis, le contenu du camion se d&#233;compose et d&#233;gouline sur l'asphalte. La cargaison des autres poids lourds, bloqu&#233;s &#224; l'int&#233;rieur, n'a pas eu de meilleure fin : la cha&#238;ne du froid ayant &#233;t&#233; rompue, le pr&#233;fet a &#233;t&#233; oblig&#233; de signer un arr&#234;t&#233; interdisant la mise en vente des produits, qui pourrissent sur palette, &#224; l'endroit m&#234;me o&#249; Dominique Sabadel, le directeur, et Navarro, le transporteur, se pavanaient dimanche en narguant les gr&#233;vistes (&#171; &lt;i&gt;Sabadel portait une casquette de l'OM. Les copains, furax, lui criaient qu'il ne la m&#233;ritait pas !&lt;/i&gt; &#187;, rigole Sophie.) &#171; &lt;i&gt;On a de la chance, dit Lucien, on est dans un vrai quartier, les gens se serrent les coudes.&lt;/i&gt; &#187; Comme pour lui donner raison, un jeune au volant d'une fourgonnette de livraison s'arr&#234;te pour saluer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, un groupe de cadres, &#233;trangement p&#226;les, sort examiner le camion. Le jeune les interpelle : &#171; &lt;i&gt;Si vous &#234;tes pas contents, il y a encore des pneus &#224; crever sur votre foutu bahut !&lt;/i&gt; &#187; Pour r&#233;cup&#233;rer ses camions, Navarro, le transporteur de choc, a d&#251; n&#233;gocier avec la CGT de sa bo&#238;te, qui l'a renvoy&#233; vers celle d'ici. Roland Chalumeau, secr&#233;taire de l'Union locale CGT La Rose, analyse : &#171; &lt;i&gt;Sabadel est un rentre-dedans quasi suicidaire. Il a &#233;t&#233; nomm&#233; ici pour casser l'unit&#233; du personnel. Ce Carrefour a mauvaise presse aupr&#232;s de la direction g&#233;n&#233;rale.&lt;/i&gt; &#187; Un militant ajoute : &#171; &lt;i&gt;En tout cas, il s'est mang&#233; deux gr&#232;ves depuis son arriv&#233;e en juillet 2003. Il nous a trait&#233;s de couilles molles, mais on est l&#224;, on l&#226;chera pas.&lt;/i&gt; &#187; Une caissi&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Une semaine avant les &#233;lections, il a lou&#233; le Carlton, sur la Corniche, pour y inviter les employ&#233;s et leur famille, soi-disant pour c&#233;l&#233;brer le 40&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; anniversaire de Carrefour. Il a plaisant&#233; en disant que si on n'avait pas pu f&#234;ter le 41&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, c'&#233;tait &#224; cause de notre gr&#232;ve de l'an pass&#233; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3167 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L330xH349/-1386-81799.jpg?1782641968' width='330' height='349' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vendredi 22&lt;/strong&gt;. Autour des thermos, l'ambiance est tendue. Ce matin, en signe de bonne volont&#233;, les gr&#233;vistes ont laiss&#233; passer un camion. En &#233;change, ils exigent que la direction s'assoie pour n&#233;gocier la r&#233;int&#233;gration de Momo. Mais en fait de n&#233;gos, on apprend que sa femme a re&#231;u une lettre convoquant Momo d&#232;s sa lib&#233;ration, en vue d'un licenciement. Il y a de l'&#233;lectricit&#233; dans l'air. La belle unit&#233; syndicale commence &#224; se fissurer depuis que le chef de la s&#233;curit&#233; du magasin a d&#233;sign&#233; nomm&#233;ment trente-quatre &#171; piquets &#187; &#224; un huissier. Dans la foul&#233;e, un juge a choisi d'en poursuivre trois, un par syndicat, au cas o&#249; ils seraient revus sur les barrages. La police peut intervenir &#224; tout moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assembl&#233;e. Le repr&#233;sentant de la f&#233;d&#233;ration du commerce pr&#233;cise : &#171; &lt;i&gt;Les gars, on pourra rien faire sans vous&lt;/i&gt;. &#187; Le mouvement est reconduit. Une demi-heure apr&#232;s, une d&#233;panneuse d&#233;boule dans un crissement de pneus. Man&#339;uvre nerveuse, coup de frein : une carcasse de Visa Citro&#235;n vient obstruer l'entr&#233;e que les vigiles avaient d&#233;gag&#233;e quelques heures plus t&#244;t de centaines de caddies amoncel&#233;s. Le gitan au volant repart aussi sec apr&#232;s qu'on lui a pass&#233; commande d'une autre &#233;pave. Ceux qui poussent la Visa en travers du portail ne sont pas gr&#233;vistes, mais des jeunes du quartier, des retrait&#233;s, des ch&#244;meurs. &#171; &lt;i&gt;On dirait Mai 68&lt;/i&gt; &#187;, s'enthousiasme un homme aux tempes grisonnantes. Sur la fa&#231;ade, une cam&#233;ra de surveillance lorgne la sc&#232;ne. Deux minutes plus tard, un huissier accourt, escort&#233; par une dizaine de vigiles sur les dents. Il vient constater l'obstruction. Bousculade : la liasse de proc&#232;s-verbaux vole dans l'air nocturne, puis est rageusement d&#233;chir&#233;e. Les vigiles bl&#234;missent sous les insultes de ceux qui bossent habituellement avec eux (certains gardes participent au piquet) : &#171; &lt;i&gt;Esclaves !&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Collabos !&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;L'injustice peut d&#233;placer les montagnes !&lt;/i&gt; &#187; Certains mastards asserment&#233;s sont pr&#234;ts &#224; en d&#233;coudre, mais d'autres se sentent visiblement le cul sale. Leur malaise, leurs regards par en dessous contrastent avec la col&#232;re des gr&#233;vistes. &#171; &lt;i&gt;Je vais chercher la cit&#233; !&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Non, n'y va pas&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Ils me d&#233;go&#251;tent !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une patrouille de police surgit. Puis deux. Un jeune flic sort son calepin pour verbaliser on ne sait quoi. &#171; &lt;i&gt;Couvrez les plaques d'immatriculation !&lt;/i&gt; &#187; Mais l'officier interrompt son geste. Il pr&#233;f&#232;re sourire et temporiser : &#171; &lt;i&gt;On est du quartier, nous aussi. On ne fait que passer. La ville est grande et on n'est pas bien nombreux.&lt;/i&gt; &#187; Exit l'huissier, exit la force publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, la direction accepte d'ouvrir des n&#233;gociations sous les auspices de l'inspection du travail. Le lundi 25, un juge aixois ordonne la mise en libert&#233; conditionnelle de Momo et du p&#232;re de Florent. Une foule en liesse les accueille &#224; la sortie de la maison d'arr&#234;t de Luynes. Ceux de Carrefour sont l&#224;, mais aussi ceux de Nestl&#233;, et les ch&#244;meurs d'AC. Un Momo en verve embrasse Christel et Florence, ses copines caissi&#232;res (&#171; &lt;i&gt;De vraies lionnes !&lt;/i&gt; &#187;), en larmes : &#171; &lt;i&gt;Mes compagnons de cellule se moquaient de moi. Ils disaient que tant qu'&#224; risquer la taule, j'aurais mieux fait de braquer une banque !&lt;/i&gt; &#187; Mais il reste mis &#224; pied. La gr&#232;ve et les pourparlers continuent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, jeudi 28 au soir, la direction aux abois c&#232;de : pour la premi&#232;re fois en 28 ans, le magasin a d&#251; fermer ses portes faute de stock. Un protocole est sign&#233; : des modalit&#233;s de r&#233;cup&#233;ration des heures de gr&#232;ve sont &#233;tablies, Momo est r&#233;int&#233;gr&#233; &#224; son poste et, en cas de condamnation en appel, on n&#233;gociera son transfert sur un poste compatible avec un casier judiciaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi 29, la reprise du travail est vot&#233;e, mais on dirait que la tenace dignit&#233; de ceux du Merlan est contagieuse : fin octobre, les salari&#233;s du Carrefour de N&#238;mes se mettent en gr&#232;ve pendant deux jours pour protester contre les abus de l'encadrement.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Avec Carrefour, la justice &#171; positive &#187;&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_3168 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L207xH200/-1387-44e43.jpg?1782641968' width='207' height='200' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 19 avril 2004, Florent, employ&#233; au rayon surgel&#233;s du Carrefour-Le Merlan, est intercept&#233; &#224; la sortie des caisses avec un lot de produits d&#233;class&#233;s qu'il vient de payer moiti&#233; prix, pratique habituelle dans l'entreprise. Le vigile pr&#233;tend que Florent a vol&#233; ces marchandises, et le conduit dans le bureau du chef de la s&#233;curit&#233;. Cinq cadres sont pr&#233;sents et, pendant trois quarts d'heure, vont le retenir jusqu'&#224; ce qu'il signe une reconnaissance de vol. Carrefour porte plainte et le licencie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Florent raconte les faits &#224; Mohamed Bedhouche, d&#233;l&#233;gu&#233; CGT : l'accusation abusive, la s&#233;questration dans le bureau, les pressions exerc&#233;es, l'extorsion de signature, le licenciement. Comme son mandat l'exige, Mohamed pr&#233;pare la d&#233;fense du salari&#233;. Il rassemble des t&#233;moignages prouvant que la pratique de r&#233;duction de prix sur des produits d&#233;class&#233;s est courante, en accord avec les directions successives. En outre, plusieurs salari&#233;s affirment que l'adjoint de s&#233;curit&#233; impliqu&#233; a trouv&#233; l&#224; pr&#233;texte &#224; se venger d'un conflit d'ordre personnel qui l'opposait &#224; Florent. Mohamed et le p&#232;re de Florent rencontrent un agent de s&#233;curit&#233; qui a &#233;t&#233; t&#233;moin des pressions exerc&#233;es sur le jeune employ&#233;. Ils lui demandent de rapporter au tribunal &#171; &lt;i&gt;toute la v&#233;rit&#233;&lt;/i&gt; &#187; sur ce qui s'est pass&#233;. La direction, inform&#233;e de ce bref &#233;change par une cam&#233;ra de vid&#233;osurveillance, fait pression sur ce vigile en CDD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 octobre, la CGT recueille pr&#232;s de 50 % des suffrages lors des &#233;lections professionnelles. Le 11, escort&#233; par deux cadres, l'agent de s&#233;curit&#233; porte plainte contre le d&#233;l&#233;gu&#233; syndical. Dans l'apr&#232;s-midi, Mohamed et le p&#232;re de Florent sont convoqu&#233;s au commissariat, puis plac&#233;s en garde &#224; vue. Le 12 au matin, ils passent en comparution imm&#233;diate devant le tribunal correctionnel. Une avocate est commise d'office dix minutes avant l'audience. L'avocat de Carrefour demande une sanction exemplaire. Le tribunal inflige des peines sup&#233;rieures &#224; celles r&#233;clam&#233;es par le procureur et l'avocat. Momo et le p&#232;re sont condamn&#233;s pour &#171; subornation de t&#233;moins &#187; &#224; six mois de prison dont quinze jours fermes pour le premier et un mois pour le second. Plus 2 000 euros d'amende. Ils sont incarc&#233;r&#233;s le soir m&#234;me aux Baumettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que Carrefour est une entreprise mod&#232;le, champion du commerce &#233;quitable et de la &#171; lutte contre les discriminations &#187; &#8230; C'est sans doute par fid&#233;lit&#233; &#171; &lt;i&gt;&#224; son engagement social et environnemental&lt;/i&gt; &#187; que le groupe a vu ses b&#233;n&#233;fices grimper de 8,5 % cette ann&#233;e, tout en maintenant ses salari&#233;s au Smic et en multipliant les emplois-kleenex. Et c'est s&#251;rement dans le cadre du programme sign&#233; avec la F&#233;d&#233;ration internationale des Ligues des droits de l'Homme (FIDH) que le g&#233;ant d&#233;glingue son personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rapport rendu voici quelques mois par la m&#233;decine du travail a conclu que sur 500 salari&#233;s du Carrefour Le Merlan, 322 &#233;taient victimes de surcharge mentale, c'est-&#224;-dire &#224; la limite de la d&#233;pression. Le directeur se montre tr&#232;s z&#233;l&#233; dans l'organisation de cette mise sous pression. Le 16 juin dernier, Mohamed et un autre d&#233;l&#233;gu&#233; avaient d&#233;nonc&#233; les propos qu'il tient aux salari&#233;s. Du genre : &#171; &lt;i&gt;Celui qui s'occupe des commandes dans ce rayon est une br&#234;le&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce que vous voulez, que je me mette &#224; genoux et que je vous suce ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soucieux de recueillir sa version des faits, CQFD (Ce Qu'il Faut D&#233;graisser (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les remarques que l'inspection du travail lui avait adress&#233;es &#224; l'&#233;poque ont laiss&#233; Dominique Sabadel sans voix, mais pas sans moyens. Car le directeur n'est pas tout seul dans sa lutte contre Momo-le-perturbateur : en condamnant le d&#233;l&#233;gu&#233; syndical, la justice a r&#233;pondu &#171; positivement &#187; aux diktats de la multinationale. Il faut croire que c'est une habitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 2002, un juge d'instruction, la gendarmerie, l'administration fiscale, les services de la r&#233;pression des fraudes et l'inspection du travail avaient caus&#233; quelques ennuis &#224; Dominique Sabadel, qui &#233;tait alors directeur du Carrefour de Perpignan. L'information d&#233;livr&#233;e par le procureur de la R&#233;publique &#233;voquait un d&#233;tournement abusif de personnels externes pour des t&#226;ches non pr&#233;vues contractuellement. Mais les infractions constat&#233;es &#224; cette &#233;poque n'ont, pour l'heure, entra&#238;n&#233; aucune poursuite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Soucieux de recueillir sa version des faits, CQFD (Ce Qu'il Faut D&#233;graisser et D&#233;localiser) a tent&#233; de joindre M. Sabadel par t&#233;l&#233;phone, mais n'a obtenu pour toute r&#233;ponse, dans le lointain, et &#224; travers le filtre d'un de ses collaborateurs, qu'un grognement exc&#233;d&#233; et r&#233;probateur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Vos oranges, vous les aimez sanguines ? </title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


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&lt;p&gt;Boycott &#8211; D&#233;sinvestissement &#8211; Sanction (BDS), tel est le nom de la campagne internationale visant &#224; frapper Isra&#235;l au porte-monnaie. En France, la machine judiciaire a &#233;t &#233; r&#233;quisitionn&#233;e pour r&#233;primer tout appel &#224; la mobilisation des &#171; citoyens-consommateurs &#187; . LE 15 MAI 2010, trente-cinq militants du &#171; Collectif 66 paix et justice en Palestine &#187; s'invitent au supermarch&#233; Carrefour de Perpignan. Le titre des tracts distribu&#233;s annonce la couleur : &#171; Carrefour complice de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no-83-novembre-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176; 83 (novembre 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.bdsfrance.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Boycott &#8211; D&#233;sinvestissement &#8211; Sanction (BDS)&lt;/a&gt;, tel est le nom de la campagne internationale visant &#224; frapper Isra&#235;l au porte-monnaie. En France, la machine judiciaire a &#233;t &#233; r&#233;quisitionn&#233;e pour r&#233;primer tout appel &#224; la mobilisation des &#171; citoyens-consommateurs &#187; .&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LE 15 MAI 2010, trente-cinq militants du &#171; Collectif 66 paix et justice en Palestine &#187; s'invitent au supermarch&#233; Carrefour de Perpignan. Le titre des tracts distribu&#233;s annonce la couleur :&lt;i&gt; &#171; Carrefour complice de la colonisation en Palestine ! Carrefour complice de l'apartheid isra&#233;lien ! &#187;&lt;/i&gt; Au rayon fruits et l&#233;gumes, Yamina, arm&#233;e de deux paquets de poivrons bio, donne de la voix : &lt;i&gt;&#171; Mesdames et messieurs, ne soyez pas complice d'un Etat criminel, d'un Etat voleur de terre, d'un &#201;tat assassin de civils ! N'achetez pas des produits qui sont marqu&#233;s venant d'Isra&#235;l alors qu'ils viennent en fait de terres palestiniennes, de terres vol&#233;es ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la ligne de mire des manifestants, le juteux business entre Carrefour et Agrexco&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'article consacr&#233; &#224; cette honorable soci&#233;t&#233; dans CQFD n&#176;72.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; , soci&#233;t&#233; isra&#233;lienne d'exportation de produits agricoles. Agrexco est connu pour
commercialiser des fruits et l&#233;gumes issus des colonies dont l'exportation est contraire au droit international. Cerise sur le g&#226;teau, le groupe Carrefour s'enorgueillit d'avoir adopt&#233; depuis 2000 une charte d'engagement pour la protection des droits de l'homme. Membre du collectif, Bernard explique :&lt;i&gt;&#171; On voulait montrer &#224; l'encadrement du magasin qu'entre ce qui est &#233;crit dans leur charte et leur pratique, il y a un monde. Sauf que, bien &#233;videmment, aucun cadre du magasin n'avait entendu parler de la fameuse charte. Ce truc est compl&#232;tement pipeau, c'est de la pure com'. Parmi nous, il y avait un tiers de jeunes d'origine maghr&#233;bine et une femme voil&#233;e, et l&#224;, en face de nous, on a vu les chefs de rayons s'&#233;nerver : c'est pas les Arabes qui vont venir faire la loi dans le magasin ! On a film&#233; notre action, et c'est d'ailleurs le film qui nous a mis dedans. &#187;&lt;/i&gt; Durant l'&#233;t&#233;, trois membres du collectif apprennent qu'ils sont poursuivis pour provocation &#224; la discrimination, haine et violence raciale. M&#234;me sc&#233;nario pour des actions similaires dans d'autres villes comme &#224; Bordeaux, Mulhouse et Pontoise. Peine encourue : 45 000 euros d'amende et trois ans de prison. Alliot-Marie avait pourtant pr&#233;venu. Invit&#233;e &#224; un d&#238;ner du Crif en f&#233;vrier 2010, la garde des Sceaux avait menac&#233; : &lt;i&gt;&#171; Je n'accepte pas que des personnes, responsables associatifs, politiques ou simples citoyens, appellent au boycott de produits au motif qu'ils sont kasher ou qu'ils proviennent d'Isra&#235;l. [...] J'ai donc adress&#233; une circulaire aux parquets g&#233;n&#233;raux,leur demandant d'identifier et de signaler tous les actes de provocation &#224; la discrimination. &#187;&lt;/i&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, Bernard, lui aussi inculp&#233;, de commenter : &lt;i&gt;&#171; Au fond, cette campagne BDS participe &#224; l'isolement d'Isra&#235;l, et &#231;a les emmerde. Notre avocat nous expliquait qu'en g&#233;n&#233;ral les procureurs ne se mouillaient pas trop sur les affaires de discrimination parce que c'est tr&#232;s d&#233;licat &#224; prouver mais l&#224;, ils sont harcel&#233;s jusqu'&#224; ce qu'ils fassent suivre. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'origine de la plainte, un homme bien connu des services de police mais pas pour les raisons habituelles. Lui est un ancien de la maison poulaga. Sammy Ghozlan, pr&#233;sident du Bureau national de vigilance contre l'antis&#233;mitisme&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Bnvca s'est rendu c&#233;l&#232;bre en 2004 pour avoir m&#233;diatis&#233; &#224; outrance (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et membre du comit&#233; directeur du Crif,traque les antis&#233;mites partout, y compris sur Internet. C'est lors d'un de ces preux surfs qu'il est tomb&#233; sur la vid&#233;o mettant en sc&#232;ne les militants perpignanais. &#192; lui seul, il est &#224; l'origine de quatre-vingt plaintes du m&#234;me acabit. C'est s&#251;rement pour ces hauts faits que Hortefeux lui a remis les insignes de chevalier de la L&#233;gion d'honneur en juillet dernier. St&#233;phane Hessel, 93 ans,derni&#232;re victime en date de Ghozlan, est bien s&#251;r un antis&#233;mite de la pire esp&#232;ce : ancien r&#233;sistant d&#233;port&#233; &#224; Buchenwald, ancien ambassadeur, notamment en Isra&#235;l, cor&#233;dacteur de la D&#233;claration universelle des droits de l'homme de 1948. C'est pour avoir vu en la campagne BDS &#171; une strat&#233;gie morale qui a d&#233;montr&#233; son potentiel de r&#233;ussite &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;www.ldh-toulon.net/spip.php?article3936.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; que le v&#233;n&#233;rable humaniste est &#224; son tour poursuivi en justice.&lt;i&gt; &#171; Le but de Ghozlan,&lt;/i&gt; d&#233;taille Bernard, &lt;i&gt;est de saper cette campagne. On est dans la logique des faucheurs volontaires avec d'un c&#244;t&#233; cette criminalisation du mouvement social et de l'autre une volont&#233; de mettre les militants sur la paille. La premi&#232;re instance du proc&#232;s nous co&#251;te d&#233;j&#224; 8 000 euros. Ce qu'on esp&#232;re, c'est retourner l'affaire et s'en servir pour faire conna&#238;tre notre action. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conna&#238;tre ? Le 1er novembre, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; publiait un appel justifiant la r&#233;pression de la campagne de boycott, &lt;i&gt;&#171; arme indigne &#187;&lt;/i&gt; selon les p&#233;titionnaires. Bruckner, Finkielkraut et BHL , figuraient, entre autres, parmi les courageux signataires. Si nos plus brillants intellectuels montent au cr&#233;neau, c'est que la chose doit commencer &#224; agacer s&#233;v&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir l'article consacr&#233; &#224; cette honorable soci&#233;t&#233; dans &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Agrobusiness-colonial'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;72&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le Bnvca s'est rendu c&#233;l&#232;bre en 2004 pour avoir m&#233;diatis&#233; &#224; outrance l'affaire de la fausse agression antis&#233;mite du RER D.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ldh-toulon.net/spip.php?article3936&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.ldh-toulon.net/spip.php?article3936&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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