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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Se faire troubadour en lien avec les mouvements de lutte &#187;</title>
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		<dc:creator>Il Ganzo, Mateo Matzo</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;R&#233;cital Boxon est un spectacle multiforme comme il en existe peu : sensible, incisif, d&#233;capant, po&#233;tique, musical&#8230; N&#233; au c&#339;ur des luttes bruxelloises, il se revendique d'un art populaire et subversif. Une id&#233;e ch&#232;re &#224; Ma&#239;a, auteure-interpr&#232;te, et &#224; Marolito, musicien-compositeur. Entretien &#224; deux voix. Comment d&#233;finirais-tu R&#233;cital Boxon, Ma&#239;a ? Je dirais que c'est un m&#233;lange de textes, de r&#233;cits de vie, de po&#232;mes, de musiques et de chants. Plusieurs styles d'&#233;criture se m&#234;lent, qui ont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;cital Boxon est un spectacle multiforme comme il en existe peu : sensible, incisif, d&#233;capant, po&#233;tique, musical&#8230; N&#233; au c&#339;ur des luttes bruxelloises, il se revendique d'un art populaire et subversif. Une id&#233;e ch&#232;re &#224; Ma&#239;a, auteure-interpr&#232;te, et &#224; Marolito, musicien-compositeur. Entretien &#224; deux voix.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3217 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH547/-1434-0115c.jpg?1782638898' width='400' height='547' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment d&#233;finirais-tu &lt;i&gt;R&#233;cital Boxon&lt;/i&gt;, Ma&#239;a ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirais que c'est un m&#233;lange de textes, de r&#233;cits de vie, de po&#232;mes, de musiques et de chants. Plusieurs styles d'&#233;criture se m&#234;lent, qui ont en commun d'&#233;voquer des exp&#233;riences politiques s'&#233;tant d&#233;roul&#233;es il y a une dizaine d'ann&#233;es &#224; Bruxelles, &#224; Li&#232;ge et en Belgique en g&#233;n&#233;ral. Nous avons essay&#233; de faire revivre ces luttes au travers d'un regard singulier &#8211; m&#234;me si en r&#233;alit&#233; beaucoup de gens ont influenc&#233; l'&#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai commenc&#233; &#224; &#233;crire &lt;i&gt;R&#233;cital Boxon&lt;/i&gt; en 2008. Je venais du th&#233;&#226;tre, milieu o&#249; je ne trouvais plus d'espace politique. Avec des ami-e-s et des compagnons de lutte, nous cherchions une salle pour pr&#233;senter une &#233;bauche de spectacle. Un directeur de th&#233;&#226;tre nous a sorti : &#171; &lt;i&gt;&#199;a fait un peu ann&#233;es 1970, votre r&#233;cital...&lt;/i&gt; &#187; Il n'avait pas forc&#233;ment tort, puisqu'on s'inspirait clairement des luttes de ces ann&#233;es-l&#224;. Mais sa remarque &#233;tait plut&#244;t caricaturale et m&#233;prisante. Par d&#233;rision, nous avons alors d&#233;cid&#233; de nous r&#233;approprier &#171; R&#233;cital &#187;, puis d'y rajouter &#171; Boxon &#187;. Parce qu'on n'a jamais su d&#233;finir ce spectacle. Quand on le pr&#233;sente, une m&#234;me question revient en boucle : &#171; &lt;i&gt;Mais vous &#234;tes dans quelle cat&#233;gorie ? Chanson, th&#233;&#226;tre, slam, &lt;/i&gt;spoken word &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Impossible de r&#233;pondre. Et inutile, on n'a pas sp&#233;cialement envie de se d&#233;finir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'o&#249; vient ce besoin de mettre en sc&#232;ne les luttes auxquelles tu as particip&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord de l'envie de transmettre des histoires. De lutter contre l'invisibilisation et le silence. Il me semblait n&#233;cessaire de garder une trace, une m&#233;moire, et de raconter la r&#233;pression. Mais aussi de transmettre les joies, l'humour et les forces que poss&#232;dent les &#171; pays du refus &#187;. L'&#233;criture &#233;merge bien d'une histoire commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je souhaitais aussi renouer avec une tradition de troubadours, de courants po&#233;tiques et musicaux directement en prise avec la vie. Rien de neuf, au fond : il en a toujours &#233;t&#233; ainsi dans les traditions populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi consistaient les luttes bruxelloises de la fin des ann&#233;es 1990 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville comptait alors un grand nombre de collectifs. De personnes sans-papiers, de ch&#244;meurs autonomes, de r&#233;appropriations de b&#226;timents vides, de lutte pour la gratuit&#233; des transports, de critique sociale, etc... Plusieurs d'entre eux se sont regroup&#233;s dans un m&#234;me lieu, un espace occup&#233;, se donnant le nom de collectif &#171; sans nom &#187; ou &#171; cent noms &#187;. C'est de cette exp&#233;rience que s'inspire, en partie, &lt;i&gt;R&#233;cital Boxon&lt;/i&gt;, m&#234;me si le spectacle n'en parle pas directement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a notamment un texte portant sur Semira Adamu, une jeune Nig&#233;riane de 22 ans. Elle voulait &#234;tre chanteuse, mais a &#233;t&#233; assassin&#233;e par la gendarmerie et l'&#201;tat belge en 1998. Pas par hasard, mais parce qu'elle leur r&#233;sistait et qu'elle organisait la lutte avec d'autres d&#233;tenus du centre o&#249; elle &#233;tait enferm&#233;e. Quand ils essayaient de l'expulser, elle r&#233;sistait et leur tenait t&#234;te. &#192; cinq reprises, elle a ainsi r&#233;ussi &#224; faire &#233;chouer son expulsion. Mais &#224; la sixi&#232;me, ils l'ont pr&#233;venue : ils la tueraient si elle ne se laissait pas faire. C'est ce qui est finalement arriv&#233; : elle est morte dans l'avion, entre neuf gendarmes qui la bloquaient et l'emp&#234;chaient de respirer avec un coussin. Aujourd'hui, elle est un symbole pour toutes les luttes des personnes sans-papiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le spectacle &#233;voque essentiellement des trajectoires de femmes &#8211; c'est de l&#224; que je parle. J'ai notamment &#233;t&#233; tr&#232;s marqu&#233;e par ma rencontre avec le R&#233;seau des m&#232;res des disparus, qui regroupait des femmes d'Argentine, de Palestine, du Rwanda, d'ex-Yougoslavie, du Mexique et de diverses autres r&#233;gions du monde. Elles se retrouvaient pour parler de la disparition de leurs proches, se donner des forces et lutter ensemble. Ainsi que pour continuer &#224; faire vivre les mondes pour lesquels leurs disparus se battaient. De vraies combattantes, des femmes incroyables qui n'abandonnent jamais et qui m'ont fortement influenc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu t'es aussi inspir&#233;e d'auteurs ou textes reconnus ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai re&#231;u une vraie claque quand j'ai d&#233;couvert les textes des f&#233;ministes noires am&#233;ricaines. &#192; l'image d'Audre Lorde, po&#233;tesse, guerri&#232;re, militante anticoloniale et lesbienne, qui voyait dans la po&#233;sie l'arme du pauvre. J'ai aussi &#233;t&#233; marqu&#233;e par le groupe The Last Poets. Sans oublier les auteurs Aim&#233; C&#233;saire, Pier Pasolini, &#201;douard Glissant et Mahmoud Darwich. Et puis, des po&#232;tes russes, comme Mariana Tsvetaieva ou Vladimir Ma&#239;akoski, et les po&#232;mes de ma s&#339;ur Nathalie Chauvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une certaine forme de th&#233;&#226;tre italien m'a aussi beaucoup influenc&#233;e. Je pense &#224; Franca Rame et &#224; Dario Fo, qui ont mis en sc&#232;ne les r&#233;cits des luttes en Italie &#8211; des r&#233;quisitions dans les supermarch&#233;s aux mobilisations contre les violences faites aux femmes, en passant par les t&#233;moignages des prisonni&#232;res politiques issues des rangs de la RAF ou des Brigades rouges. Ils ont ainsi cr&#233;&#233; quelque chose entre le th&#233;&#226;tre et le r&#233;cit de vie, se faisant troubadours en lien avec les mouvements de lutte. Et puis, ils jouaient dans les usines, les &#233;coles, la rue, les lieux occup&#233;s, les th&#233;&#226;tres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur sc&#232;ne, tes textes tr&#232;s politiques ne sonnent jamais comme un slogan ou une pens&#233;e froide. Au contraire, ils font preuve d'une vraie dimension po&#233;tique...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'essaie d'&#233;viter le c&#244;t&#233; &#171; donneuse de le&#231;ons &#187;. Et je ne me consid&#232;re absolument pas &#233;crivain ou po&#232;te. Pour moi, la dimension po&#233;tique ne tient pas aux mots. Elle peut advenir en plein d'endroits diff&#233;rents, par des rencontres, des musiques, des histoires orales, des confrontations&#8230; Elle &#171; &#233;merge &#187; soudainement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les bars, j'ai rencontr&#233; des musiciens qui m'ont ramen&#233;e &#224; quelque chose de tr&#232;s concret, &#224; un rapport tr&#232;s direct avec le public &#8211; ce que je n'arrivais pas &#224; trouver dans les milieux institutionnels du th&#233;&#226;tre. J'ai ainsi eu la chance de croiser la route de gens qui menaient plusieurs vies, qui &#233;taient camionneur, musicienne, ma&#231;on, aide-soignante et slameur&#8230; Pour moi, elle est l&#224;, la po&#233;sie. Et elle est aussi dans la rencontre avec tous les musiciens du groupe, pas forc&#233;ment issus du milieu dit &#171; militant &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marolito, tu joues de la guitare flamenca et tu portes en grande partie la dimension musicale de ce spectacle. Tu partages la vision po&#233;tique de Ma&#239;a ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, parce que ce n'est pas une po&#233;sie nombriliste ou psychologisante. Elle porte une histoire. Je suis compositeur et c'est tr&#232;s important pour moi d'accompagner des textes qui vont au-del&#224; d'une dimension personnelle. C'est le cas de &lt;i&gt;R&#233;cital Boxon&lt;/i&gt; &#8211; d'autres musiciens y participent, qui portent les couleurs de diff&#233;rentes musiques populaires. Au final, il s'agit de redonner un sens populaire &#224; la po&#233;sie. De rappeler qu'elle n'est pas qu'un art bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment d&#233;finirais-tu une musique populaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On fait souvent la confusion entre culture de masse et culture populaire. La premi&#232;re n'est qu'une invention de l'industrie musicale pour vendre au plus grand nombre. Rien &#224; voir avec les musiques populaires, qui s'ancrent dans les m&#233;moires, les traditions collectives, les histoires transmises par les peuples. &#192; l'image du flamenco, n&#233; de la rencontre en Andalousie de la culture de la minorit&#233; gitane, avec la m&#233;moire de l'exil et des pers&#233;cutions racistes, et de celle de ce coin d'Espagne marqu&#233;e par le souvenir des Moriscos, musulmans convertis de force par le pouvoir catholique. Le flamenco, c'est d'abord une histoire de cr&#233;olisation de toutes ces communaut&#233;s coexistant dans un m&#234;me territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel usage fais-tu du mot &#171; cr&#233;olisation &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je le pr&#233;f&#232;re au mot &#171; fusion &#187;, souvent utilis&#233; pour &#233;tiqueter des tentatives de rencontres entres diff&#233;rentes traditions musicales. Ce terme me donne l'impression que tout se dissout dans une sorte de soupe hyperm&#233;tiss&#233;e, hors-sol. Au contraire, la cr&#233;olisation renvoie &#224; des racines qui s'entrem&#234;lent, &#224; des identit&#233;s multiples, comme le dit le po&#232;te &#201;douard Glissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans mon histoire, je porte plut&#244;t une identit&#233; populaire bruxelloise. Mais j'ai aussi v&#233;cu au contact de la communaut&#233; turque pendant des ann&#233;es. Et aujourd'hui, je me sens impr&#233;gn&#233; de cette culture, de ses valeurs et de sa musique. Elles existent en moi, m&#234;me si je ne suis pas turc. La musique est un espace qui provoque la rencontre d'identit&#233;s multiples, et qui prend le contre-pied de l'identit&#233; raciste et x&#233;nophobe d&#233;fendue aujourd'hui par le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ma&#239;a, vous arrivez &#224; vivre de ce spectacle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r que non, impossible ! On fait des petits boulots &#224; c&#244;t&#233;. Il nous arrive de d&#233;crocher des dates pay&#233;es dans des salles &#171; classiques &#187;, m&#234;me si on continue &#233;videmment &#224; jouer dans des lieux militants, associatifs. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, nous subissons cette pr&#233;carisation grandissante qui frappe chacun et chacune... Mais je ne vais pas me plaindre, ce serait ind&#233;cent &#8211; je me d&#233;merde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essentiel est de continuer &#224; &#233;crire. Et de faire vivre &lt;i&gt;R&#233;cital Boxon&lt;/i&gt; et son rapport sensible au monde. Tu vois, je n'ai pas dit &#171; et son rapport politique au monde &#187;. Ce mot &#171; politique &#187; est trop galvaud&#233;, il faudrait des heures pour d&#233;finir ce qu'on met derri&#232;re. Je ne sais m&#234;me pas si je dirais que c'est un spectacle avec des paroles engag&#233;es. Il serait peut-&#234;tre plus juste de parler d'un spectacle avec &#171; des paroles de d&#233;gagement &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Il Ganzo &amp; Mateo Matzo&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Vous pouvez retrouver l'int&#233;gralit&#233; de cet interview en podcast sur &lt;a href=&#034;http://zinzine.domainepublic.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Zinzine&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; R&#233;cital boxon a aussi sorti un album, &lt;i&gt;Elle frappe la terre rouge&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Semira Adamu : le proc&#232;s &#187; (extrait)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ils ont bris&#233; les barbel&#233;s. Pas tous. D'autres &#233;taient dans les cellules en isolement total. / Ils ont couru &#224; travers les champs. Rompre avec la honte de ces barbel&#233;s. Sans compromis. Aucun. / Ils ont migr&#233;, o&#249; sont-ils, dans quel pays, quelle importance ? / Ils sont n&#233;s tant de fois, avec des noms multiples, devenus innommables. J'esp&#232;re qu'ils balafrent les nations, qu'ils leur &#233;chappent, j'esp&#232;re sans espoir. Les &#233;vasions sont rares... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Elle est cette voix sans visage qui r&#233;sonnait au bout du fil... Jamais vue, juste entendue... lue dans ses lettres. / Elle est cet appel sourd, elle a un nom, elle porte d'autres noms rest&#233;s derri&#232;re les grillages, elle leur donne la force de r&#233;sister... Elle r&#234;ve de porter des chants, elle a vingt-deux ans. / Son nom &#224; elle appara&#238;tra sur les premi&#232;res pages des journaux pour un jour y dispara&#238;tre d&#233;finitivement : Semira Adamu. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Sc&#232;nes de gr&#232;ve &#224; Aubervilliers</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Scenes-de-greve-a-Aubervilliers</link>
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		<dc:date>2018-11-10T02:03:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Val&#233;rie de Saint-Do</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Val&#233;rie de Saint-Do</dc:subject>
		<dc:subject>politique</dc:subject>
		<dc:subject>projet</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>
		<dc:subject>salari&#233;s</dc:subject>
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		<dc:subject>th&#233;&#226;tre</dc:subject>
		<dc:subject>Direction</dc:subject>
		<dc:subject>Marie-Jos&#233; Malis</dc:subject>
		<dc:subject>Didier Bezace</dc:subject>
		<dc:subject>Malis</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mais que se passe-t-il au th&#233;&#226;tre de la Commune ? Depuis le 20 septembre, une partie des salari&#233;s s'est mise en gr&#232;ve au moment o&#249; d&#233;butaient les repr&#233;sentations de Don Juan, cr&#233;ation de la directrice Marie-Jos&#233; Malis. Depuis, outre les salari&#233;s et la direction, des figures du monde intellectuel et culturel telles qu'Alain Badiou, Olivier Neveux et Bruno Tackels se livrent une bataille de communiqu&#233;s incendiaires. &#171; Complot &#187;, &#171; sabotage du projet &#187;, &#171; syndicalisme de pacotille &#187; d'un c&#244;t&#233; ; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Les-echos-du-Chien-rouge" rel="directory"&gt;Les &#233;chos du Chien rouge&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Valerie-de-Saint-Do-283" rel="tag"&gt;Val&#233;rie de Saint-Do&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/politique" rel="tag"&gt;politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/projet" rel="tag"&gt;projet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/salaries" rel="tag"&gt;salari&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Commune" rel="tag"&gt;Commune&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/theatre" rel="tag"&gt;th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Direction" rel="tag"&gt;Direction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marie-Jose-Malis" rel="tag"&gt;Marie-Jos&#233; Malis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Didier-Bezace" rel="tag"&gt;Didier Bezace&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Malis" rel="tag"&gt;Malis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mais que se passe-t-il au th&#233;&#226;tre de la Commune ? Depuis le 20 septembre, une partie des salari&#233;s s'est mise en gr&#232;ve au moment o&#249; d&#233;butaient les repr&#233;sentations de &lt;i&gt;Don Juan&lt;/i&gt;, cr&#233;ation de la directrice Marie-Jos&#233; Malis. Depuis, outre les salari&#233;s et la direction, des figures du monde intellectuel et culturel telles qu'Alain Badiou, Olivier Neveux et Bruno Tackels se livrent une bataille de communiqu&#233;s incendiaires. &#171; &lt;i&gt; Complot &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt; sabotage du projet &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt; syndicalisme de pacotille &lt;/i&gt; &#187; d'un c&#244;t&#233; ; &#171; &lt;i&gt; m&#233;pris de classe &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt; autoritarisme &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt; dogmatisme &lt;/i&gt; &#187; de l'autre. Au-del&#224; des mots, c'est la rupture de dialogue et l'incompr&#233;hension qui dominent. Et une crise r&#233;v&#233;latrice des tensions qui traversent les lieux professionnels de la culture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2645 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;80&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/-905-a155f.jpg?1783228256' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le th&#233;&#226;tre de la Commune d'Aubervilliers en gr&#232;ve / Photo Val&#233;rie de Saint-Do.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En ce 3 octobre frisquet, ils en &#233;taient &#224; leur huiti&#232;me jour de gr&#232;ve&lt;/strong&gt;. &#192; Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), rassembl&#233;s devant le th&#233;&#226;tre de la Commune &#224; 18 h, les salari&#233;s faisaient le point sur un conflit enlis&#233;. Apr&#232;s une n&#233;gociation infructueuse, ils attendaient d'autres propositions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soutiens &#233;taient pr&#233;sents, notamment Philippe Martinez&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT (Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale du travail).&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, d&#233;clarant que &#171; &lt;i&gt; l'exception culturelle ne justifie pas l'atteinte aux droits des salari&#233;s &lt;/i&gt; &#187;. Les postiers du 92, en gr&#232;ve depuis le mois de mars&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Depuis le 26 mars, des postiers des Hauts-de-Seine sont en gr&#232;ve (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, &#233;taient venus aussi, et autour des discours, les militants non sans humour vendaient un badge &#171; Bad You / Syndicaliste de pacotille &#187; tr&#232;s remarqu&#233; &#8211; coup de pied de l'&#226;ne au communiqu&#233; virulent du philosophe associ&#233; au th&#233;&#226;tre. Des repr&#233;sentants de la mairie appelaient au dialogue et sollicitaient l'&#201;tat, sans prendre parti, mais en rappelant l'enjeu du centre dramatique pour la ville : &#171; &lt;i&gt; On l'aime, notre th&#233;&#226;tre ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ambiance. Comment la direction ouvertement engag&#233;e d'un th&#233;&#226;tre connue, entre autres, pour avoir ouvert ses portes aux migrants, en est-elle arriv&#233;e &#224; ce degr&#233; de blocage du dialogue social ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une &#171; maison &#187; historique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &#171; &lt;i&gt; C'est un cas d'&#233;cole &lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che un vieux militant de la culture&lt;/strong&gt; au Parti communiste (PCF). Car le conflit semble embl&#233;matique &#224; bien des niveaux d'une &#233;poque de divorces entre discours et pratiques, de controverses sur les conceptions du r&#244;le d'une institution culturelle, et sur le devenir de celles-ci. Cette gr&#232;ve, toujours en cours, surprend par le profil des divers protagonistes, dont on pourrait penser qu'ils partagent des id&#233;aux politiques (ce que les salari&#233;s ne d&#233;mentent pas). Et au-del&#224; du conflit singulier dans ce th&#233;&#226;tre, elle s'inscrit dans une histoire des politiques culturelles aujourd'hui secou&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;&#226;tre de la Commune d'Aubervilliers fait partie des Centres dramatiques nationaux (CDN). Ces institutions, dirig&#233;es par des artistes (metteurs en sc&#232;ne et/ou auteur.e.s) ont vu le jour dans l'imm&#233;diat apr&#232;s-guerre, bien avant que la V&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; R&#233;publique ne cr&#233;e un minist&#232;re des Affaires culturelles sous l'&#233;gide de Malraux. Le CDN d'Aubervilliers fut le premier cr&#233;&#233; en banlieue parisienne. Il faut dire qu'Aubervilliers, ville du 93 frapp&#233;e par la pauvret&#233; et la d&#233;sindustrialisation, fut aussi la ville d'un des maires (puis des s&#233;nateurs) les plus engag&#233;s dans le combat culturel : &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_Ralite&#034; class=&#034;spip_glossaire&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jack Ralite&lt;/a&gt; (PCF), &#233;rudit, passionn&#233; d'art, initiateur des &#201;tats g&#233;n&#233;raux de la culture, d&#233;fenseur enflamm&#233; et &#233;loquent du partage de l'art et de la culture, de toutes les tribunes et de tous les combats, dont celui des intermittents. C'est gr&#226;ce &#224; son soutien actif et &#224; l'initiative du metteur en sc&#232;ne Gabriel Garran que le CDN a vu le jour en 1965.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_Garran&#034; class=&#034;spip_glossaire&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gabriel Garran&lt;/a&gt; succ&#233;d&#232;rent Alfredo Arias, Brigitte Jaques et Didier Bezace. La Commune a &#233;t&#233; le fer de lance d'une s&#233;rie d'autres centres dramatiques dans la ceinture autrefois rouge, revendiqu&#233;s et soutenus par les maires communistes dans leur volont&#233; d'&#171; &lt;i&gt; &#233;mancipation par la culture &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant dire qu'on ne d&#233;barque pas au th&#233;&#226;tre de la Commune en terrain neutre. Marie-Jos&#233; Malis en &#233;tait tout &#224; fait consciente quand elle en a pris les r&#234;nes en 2014, suscitant beaucoup d'espoirs. Si, depuis une trentaine d'ann&#233;es, les institutions th&#233;&#226;trales font face au proc&#232;s en &#171; baronnies au service d'artistes d&#233;miurges &#187;, le profil de Marie-Jos&#233; Malis se d&#233;marquait clairement de celui d'une &#171; baronne &#187;. Salu&#233;e pour son engagement et pour la radicalit&#233; de ses propositions artistiques, elle arrivait forte d'un projet d&#233;fendu avec un talent remarqu&#233; d'&#233;criture dans sa lettre au public. Apr&#232;s dix-sept ans de direction assez sage de Didier Bezace, on comptait sur elle pour bousculer l'institution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but, ses initiatives vont ce sens. Elle initie tr&#232;s vite les &#171; Pi&#232;ces d'actualit&#233; &#187;, invitant un artiste &#224; travailler &#224; partir d'une question tir&#233;e du quotidien des habitants d'Aubervilliers. Elle ouvre le th&#233;&#226;tre en journ&#233;e (notamment &#224; la jeunesse), son restaurant &#224; midi, marquant une vocation de lieu de vie. Elle poursuit la politique d'artistes associ&#233;s avec de jeunes talents remarqu&#233;s du th&#233;&#226;tre, mais aussi, initiative plus originale, choisit de s'associer avec un philosophe, &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Badiou&#034; class=&#034;spip_glossaire&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Alain Badiou&lt;/a&gt; en l'occurrence. Et, tr&#232;s vite, le th&#233;&#226;tre brandit l'hospitalit&#233; comme embl&#232;me sur sa fa&#231;ade et la traduit en actions &#8211; la plus cons&#233;quente est la cr&#233;ation de l'&#201;cole des actes. Cette association li&#233;e au th&#233;&#226;tre propose des ateliers et cours gratuits dans de multiples disciplines, notamment mais pas exclusivement aux r&#233;fugi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2644 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;95&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/-904-ab3e3.jpg?1783228256' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Philippe Martinez venu soutenir les employ&#233;s du th&#233;&#226;tre en lutte / Photo Val&#233;rie de Saint-Do.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;De l'exaltation au blocage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment un tel positionnement politique s'accommode-t-il d'une rupture du dialogue social avec les salari&#233;s ?&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt; C'est petit &#224; petit que la machine s'est enray&#233;e &lt;/i&gt; &#187;, explique Sophie Lopez, la d&#233;l&#233;gu&#233;e syndicale. &lt;i&gt;Nous &#233;tions plut&#244;t ravis de voir arriver Marie-Jos&#233; Malis ! La premi&#232;re r&#233;union d'&#233;quipe &#233;tait passionnante. Ce qu'elle nous racontait d'elle &#8211; fille d'ouvriers agricoles, fruit de l'ascension r&#233;publicaine, nous semblait garantir une capacit&#233; d'&#233;coute des probl&#233;matiques d'Aubervilliers. Son projet ax&#233; sur le territoire, son envie d&#233;clar&#233;e&lt;/i&gt; &#034;d'ouvrir le champ des possibles&#034; &lt;i&gt;nous a enthousiasm&#233;s. Et ceci d'autant plus qu'elle nous invitait &#224; faire des propositions pour r&#233;organiser notre travail. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces propositions seraient rest&#233;es lettre morte : &#171; &lt;i&gt; Nous n'avons eu que des r&#233;ponses tr&#232;s mitig&#233;es &#224; nos propositions, voire une absence de r&#233;ponse. Cela a cr&#233;&#233; un premier froid. En revanche, nous avons connu des d&#233;cisions autoritaires, enlevant leurs attributions &#224; certains salari&#233;s. Ceux qui se sont ouverts directement de ce mal-&#234;tre &#224; la direction ont &#233;t&#233; durement re&#231;us. Du coup, ils ont fait appel aux d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel de porter leur parole. Mais l&#224; aussi nous nous sommes heurt&#233;s &#224; un refus d'&#233;coute et &#224; un blocage du dialogue. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quatre ans, le th&#233;&#226;tre a connu douze ruptures conventionnelles. La saison 2017-2018 aurait aggrav&#233; la situation, avec l'arriv&#233;e des &#233;lections professionnelles. Le mal-&#234;tre s'est aussi traduit par les arr&#234;ts-maladie de trois salari&#233;s, dont la repr&#233;sentante du personnel et la directrice-adjointe des relations publiques. En juillet, onze salari&#233;s signaient une lettre aux diff&#233;rentes tutelles du th&#233;&#226;tre (minist&#232;re de la Culture, Conseil d&#233;partemental de la Seine-Saint-Denis, Ville d'Aubervilliers) pour les alerter. Cette lettre mentionne le fait qu'un psycho-sociologue d&#233;p&#234;ch&#233; par la m&#233;decine du travail avait jug&#233; la situation trop avanc&#233;e pour que son intervention permette de sortir de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les destinataires de la lettre ont cru bon de la transmettre imm&#233;diatement &#224; la direction de la Commune, avec les noms des signataires &#8211; ce qui, selon la d&#233;l&#233;gu&#233;e syndicale, a valu &#224; ces derniers un retour tr&#232;s dur et une accusation de trahison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;pos&#233; le 3 septembre, &#171; &lt;i&gt; pour laisser un temps de n&#233;gociation avant le premier spectacle dont la premi&#232;re avait lieu le 23 septembre &lt;/i&gt; &#187;, explique Sophie Lopez, le pr&#233;avis de gr&#232;ve &#233;voque &#171; &lt;i&gt; un fonctionnement pathog&#232;ne &lt;/i&gt; &#187;. Et exige la mise en place d'un audit social, le gel des embauches et reconversions et la garantie de voir les salari&#233;s reconduits dans leurs postes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2641 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;135&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH323/-901-0d9cb.jpg?1783228256' width='500' height='323' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le th&#233;&#226;tre de la Commune, construit en 1900, &#233;tait initialement la salle des f&#234;tes d'Aubervilliers / Photo archives - Domaine public.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Syndicalistes de pacotille &#187; versus &#171; secte &#187; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt; Pathog&#232;ne &lt;/i&gt; &#187; : ce mot fait bondir Marie-Jos&#233; Malis&lt;/strong&gt;, qui d&#233;nonce &#171; &lt;i&gt; un langage technocratique qui nous para&#238;t ridicule &lt;/i&gt; &#187;, dans un communiqu&#233; de presse. Avec la plume vigoureuse et s&#233;duisante dont elle est famili&#232;re, elle y d&#233;fend son projet et le travail accompli. Non sans mots assez durs vis-&#224;-vis des salari&#233;s revendicatifs, en parlant de &#171; &lt;i&gt;mensonges&lt;/i&gt; &#187; et de &#171; &lt;i&gt; fantasmes &lt;/i&gt; &#187;. Mais c'est &#224; certains de leurs soutiens m&#233;diatiques, comme l'historien de l'art &lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/publications-de-Neveux-%20Olivier--23218.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Olivier Neveux&lt;/a&gt;, qu'elle r&#233;serve ses fl&#232;ches les plus venimeuses, parlant &#171; &lt;i&gt;de conditions vichystes du d&#233;bat &lt;/i&gt; &#187; et de &#171; &lt;i&gt;d&#233;labrement intellectuel de la part de gens qui portent en sautoir leur progressisme &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au t&#233;l&#233;phone, un peu moins mordante, elle &#233;voque une situation commune &#224; beaucoup de th&#233;&#226;tres : &#171; &lt;i&gt; Il n'y a rien d'exceptionnel &#224; ce que l'arriv&#233;e d'une nouvelle direction, porteuse d'un projet nouveau, provoque des s&#233;parations et des embauches dans les &#233;quipes. &lt;/i&gt; &#187; Contact&#233;s, d'autres directeurs ou directrices de th&#233;&#226;tre l'admettent : une nouvelle direction fait rarement l'unanimit&#233; des &#233;quipes pr&#233;c&#233;dentes confront&#233;es &#224; des changements d'habitudes &#8211; et la rupture conventionnelle est le moyen d'une s&#233;paration par consentement mutuel pr&#233;servant les droits au ch&#244;mage du salari&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Marie-Jos&#233; Malis, la gr&#232;ve, qu'elle dit tr&#232;s minoritaire, se cristallise autour du cas d'une salari&#233;e actuellement en arr&#234;t-maladie. La directrice des relations publiques lors du mandat de Didier Bezace a &#233;t&#233; remplac&#233;e par une nouvelle directrice et r&#233;trograd&#233;e au poste de directrice-adjointe. Mais ce changement n'a pas apport&#233; le nouvel &#233;lan souhait&#233; aux relations publiques... alors que le th&#233;&#226;tre conna&#238;t des difficult&#233;s de fr&#233;quentation. La nouvelle directrice est en partance, tandis que l'ancienne, qui souffre d'un handicap, s'est vu proposer une formation pour un autre poste... &#171; dans &#187; ou &#171; hors &#187; du th&#233;&#226;tre. Coup dur pour apr&#232;s vingt-et-un ans de travail au service de la Commune, o&#249; sa comp&#233;tence n'avait jamais &#233;t&#233; remise en cause. &#171; &lt;i&gt; On a eu quatre ans pour constater qu'on n'y arrivait pas,&lt;/i&gt; soupire Marie-Jos&#233; Malis. &lt;i&gt;Vouloir trouver une solution, est-ce que cela fait de nous des monstres ? &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais peut-on attribuer &#224; la seule responsabilit&#233; des relations publiques l'&#233;chec de certaines propositions ? &#171; &lt;i&gt; Le public, ce n'est jamais gagn&#233;, c'est un travail &#224; renouveler sans cesse &lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne une autre directrice de CDN. Seulement, face aux fourches caudines des politiques d'aust&#233;rit&#233;, les chiffres de fr&#233;quentation sont souvent le seul argument des th&#233;&#226;tres face aux menaces de stagnation, voire de restrictions budg&#233;taires, f&#251;t-ce au d&#233;triment de la prise de risque et de l'exp&#233;rimentation. Une salle vide fournit des pr&#233;textes faciles &#224; ceux pour qui &#171; l'offre culturelle publique est excessive &#187;. Dans ce contexte, autant dire que les services de relations publiques se transforment vite en fusibles.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Du conflit de travail &#224; la dissidence politique ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais la crise sociale qui frappe la Commune d&#233;passe largement l'unique cas d'une salari&#233;e.&lt;/strong&gt; Peut-on l'attribuer au seul fait que l'arriv&#233;e de Marie-Jos&#233; Malis ait bouscul&#233; vingt ans d'habitudes prises sous le long mandat pr&#233;c&#233;dent de Didier Bezace ? Et &#224; un projet trop radical, trop politique, contest&#233; par des salari&#233;s &#171; &lt;i&gt; tr&#232;s minoritaires mais virulents &lt;/i&gt; &#187; qui ne partageraient pas&lt;i&gt; &lt;/i&gt;les m&#234;mes &#171; &lt;i&gt; visions du monde &lt;/i&gt; &#187;, le m&#234;me rapport &#171; &lt;i&gt; aux autres, aux &#233;trangers, &#224; l'art, s'il y a en eux un rapport s&#233;rieux &#224; &#231;a &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un proc&#232;s d'intention qui fait bondir les salari&#233;s d&#233;sign&#233;s. &#171; &lt;i&gt; Nous serions oppos&#233;s aux prises de positions et &#224; l'action du th&#233;&#226;tre envers les migrants ? Rappelons les matin&#233;es consacr&#233;es &#224; apporter des petits-d&#233;jeuners ! &lt;/i&gt; &#187;, s'insurgeaient-ils le 3 octobre, outr&#233;s que l'on puisse remettre en question leur attachement au th&#233;&#226;tre et &#224; son projet. &#171; &lt;i&gt; On a souffert &#224; la hauteur de notre implication ! &lt;/i&gt; &#187;, ench&#233;rit Sophie Lopez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre t&#233;moignage abonde dans ce sens : Justine Rouet Chabaud avait jusqu'&#224; la fin de la saison 2017-2018 l'enti&#232;re responsabilit&#233; de la librairie du th&#233;&#226;tre. En septembre, elle a appris la fermeture du point librairie &#171; &lt;i&gt; pour raisons financi&#232;res &lt;/i&gt; &#187; et sa requalification au poste de placi&#232;re. S'&#233;tonnant de cette d&#233;cision alors que le stock de la librairie permettait de poursuivre l'activit&#233; sans frais, elle s'est vu r&#233;pondre que sa signature sur la lettre aux tutelles lui valait la perte de confiance de la direction &#8211; et ce malgr&#233; un investissement dans les projets du th&#233;&#226;tre allant largement au-del&#224; de ses missions. &#171; &lt;i&gt; J'ai m&#234;me &#233;crit et interpr&#233;t&#233; un spectacle pour le festival de l'&#201;cole des actes ! &lt;/i&gt; &#187;, s'insurge-t-elle dans une lettre &#224; la m&#233;decine du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est loin du rejet du projet all&#233;gu&#233;... Mais son planning la cantonne d&#233;sormais au poste de placi&#232;re et aucune r&#233;ouverture de la librairie n'est envisag&#233;e. &#171; &lt;i&gt; J'ai &#233;t&#233; un peu triste de constater que malgr&#233; les difficult&#233;s financi&#232;res annonc&#233;es, on avait tout de m&#234;me ouvert un point de vente de livres pour l'intervention de M. Badiou les 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; et 2 octobre &lt;/i&gt; &#187;, persifle-t-elle, rejoignant les gr&#233;vistes apr&#232;s un cong&#233;-maladie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Badiou et le &#171; m&#233;pris de classe &#187;&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2643 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-903-df949.jpg?1782656532' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Badge brocardant Alain Badiou / Photo Val&#233;rie de Saint-Do.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Badiou, le nom par lequel le scandale arrive ?&lt;/strong&gt; C'est peu de dire que son texte de soutien &#224; la direction, dans lequel il traite les gr&#233;vistes de &#171; &lt;i&gt; syndicalistes de pacotille &lt;/i&gt; &#187; et leur action de &#171; &lt;i&gt; complot &lt;/i&gt; &#187; contre le projet a envenim&#233; le conflit. Comme celui de &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bruno_Tackels&#034; class=&#034;spip_glossaire&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bruno Tackels&lt;/a&gt; &#171; &lt;i&gt; depuis la cordill&#232;re des Andes &lt;/i&gt; &#187; parlant de &#171; &lt;i&gt; fossoyeurs du service public, qui dans les dix ans &#224; venir aura totalement disparu, si vous continuez dans vos hantises, morbides et obsessionnelles &lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;On y lit un insupportable m&#233;pris, sinon une haine, d'aristocrates pour une pl&#232;be inculte et conservatrice, inapte &#224; l'Art, arc-bout&#233; sur ses droits (ses privil&#232;ges) &lt;/i&gt; &#187;, r&#233;torque Olivier Neveux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du terrain social et de la souffrance au travail, le conflit s'est &#233;tendu &#224; des positions politiques plus g&#233;n&#233;rale : il a d&#233;clench&#233; un conflit d'intellectuels (la lettre de soutien aux salari&#233;s d'Olivier Neveux lui a valu une vol&#233;e de bois vert) que paradoxalement tout semblait rapprocher, et notamment le projet artistique et politique de ce th&#233;&#226;tre. Mais &#224; partir de quand la volont&#233; affirm&#233;e et partag&#233;e d'un art politique se transforme-t-elle en dogme ? Quand Alain Badiou &#233;crit : &#171; &lt;i&gt;Il sera ainsi possible de &#034;traiter&#034; cette attaque de telle sorte que ce th&#233;&#226;tre comme lieu devienne plus homog&#232;ne encore &#224; son go&#251;t du travail, de l'art th&#233;&#226;tral et de l'amiti&#233; politique &lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt;,&lt;/i&gt; il est permis de se demander si la vocation d'un lieu artistique est celle de l'homog&#233;n&#233;it&#233;, &#224; fortiori dans &#171; &lt;i&gt; l'amiti&#233; &lt;/i&gt; &#187; politique, ou plut&#244;t la diversit&#233;, voire la d&#233;mocratie originellement associ&#233;e au th&#233;&#226;tre. Y compris pour les salari&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; &#224; parler d'endoctrinement, il y a un pas franchi &#224; la fois par Olivier Neveux et par certains salari&#233;s. Au sujet des relations publiques &#8211; point de fixation du conflit &#8211;, la d&#233;l&#233;gu&#233;e syndicale s'interroge : &#171; &lt;i&gt; Le travail des relations publiques est-il de tenir un discours politique ? &lt;/i&gt; &#187; Plus radicale, une enseignante qui a r&#233;guli&#232;rement envoy&#233; ses &#233;l&#232;ves travailler au th&#233;&#226;tre, profitant de sa politique d'ouverture &#224; la jeunesse, s'insurge contre &#171; &lt;i&gt; ces jeunes normaliens de l'&#201;cole des actes. confondant &#233;mancipation et formatage politique &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La radicalit&#233; ? Pas un monopole&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Situation paradoxale : ceux qui s'&#233;charpent aujourd'hui&lt;/strong&gt; entre soutien &#224; la direction et soutien aux salari&#233;s partagent au moins en partie des convictions politiques indissociables de leurs convictions artistiques et culturelles. Si le projet de Marie-Jos&#233; Malis a enthousiasm&#233;, c'est qu'il incarnait le d&#233;poussi&#233;rage revendiqu&#233; de ces maisons v&#233;n&#233;rables que sont les CDN. Si le conflit social provoque des critiques acerbes en retour, ce n'est pas, contrairement aux all&#233;gations d'Alain Badiou, une &lt;i&gt;Schadenfreude&lt;/i&gt; de r&#233;actionnaires oppos&#233;s au projet, mais une d&#233;ception, jointe &#224; une pointe d'agacement &#224; voir les porteurs du projets drap&#233;s dans une puret&#233; id&#233;ologique qui ferait d'eux les seuls d&#233;fenseurs de la radicalit&#233; politique et artistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car bien des &#233;quipes n'ont pas attendu la nouvelle direction de la Commune pour mettre en &#339;uvre une action artistique en prise avec les enjeux politiques et sociaux de son &#233;poque. Bien des repr&#233;sentant.e.s de la nouvelle g&#233;n&#233;ration arriv&#233;e aux manettes ces derni&#232;res ann&#233;es savent qu'elles et ils ne pourront plus se satisfaire d'une programmation sous le signe de l'excellence artistique, confin&#233;e &#224; un public que le vieux routier du th&#233;&#226;tre de rue Jacques Livchine qualifia un jour de &#171; &lt;i&gt; Maif-Camif-T&#233;l&#233;rama &lt;/i&gt; &#187; (aujourd'hui peut-&#234;tre davantage &#171; Biocoop-Inrocks &#187; ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Associer des penseurs, travailler pour et avec les r&#233;fugi&#233;s, &#234;tre de plain-pied dans les probl&#233;matiques politiques, d'autres &#171; maisons &#187; l'ont fait. De la plus importante, les Amandiers de Nanterre (Hauts-de-Seine) avec Bruno Latour jusqu'au plus petit des CDN, Montlu&#231;on (Allier), qui sous l'&#233;gide de sa jeune directrice Carole Thibaut m&#232;ne un travail remarquable autour des r&#233;fugi&#233;s avec l'auteure Nad&#232;ge Prugnard. On peut aussi citer le travail de David Bob&#233;e au CDN de Caen autour des probl&#233;matiques du genre et de la d&#233;colonisation des sc&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons &#224; cela que Marie-Jos&#233; Malis est pr&#233;sidente du Syndeac (Syndicat des entreprises artistiques et culturelles), ce qui donne du grain &#224; moudre aux d&#233;tracteurs d'un syndicat patronal, mais g&#234;ne aussi pour partie ses coll&#232;gues au moment o&#249; la d&#233;fense du th&#233;&#226;tre public se heurte aux incoh&#233;rences (euph&#233;misme) de la politique culturelle macroniste. Jusqu'ici discret, son pr&#233;d&#233;cesseur Didier Bezace est cinglant dans La Lettre du Spectacle, lui reprochant de &#171; manquer &#224; son devoir de protection des personnels &#187; et d'entra&#238;ner le th&#233;&#226;tre Sachant que le minist&#232;re (et surtout Bercy) estiment depuis longtemps surnum&#233;raires les centres dramatiques de la Seine-Saint-Denis, certains s'interrogent : son projet ne serait-il pas de renoncer au label &#171; CDN &#187; pour mener son projet &#224; sa guise et avec une &#233;quipe choisie ? &#171; &lt;i&gt; Mais qui peut dire &#231;a ? C'est du pur fantasme&lt;/i&gt;, s'insurge-t-elle. &lt;i&gt;Au contraire, je d&#233;fends fonci&#232;rement ce label et l'existence de maisons dirig&#233;es par des artistes ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; savoir quelle forme doit prendre cette &#171; direction &#187;, &#224; une &#233;poque o&#249; la figure de l'artiste d&#233;miurge ne fait plus recette et o&#249; dans tous les milieux, les hi&#233;rarchies sont questionn&#233;es. Il est paradoxal que ce soit par une artiste revendiquant d'avoir &#233;t&#233; longtemps &#171; outsider &#187;, voire d&#233;l&#233;gitim&#233;e pour sa radicalit&#233; artistique et politique que soit pos&#233;e la question de l'immunit&#233; de l'art &#224; la d&#233;mocratie &#8211; ce que d'aucuns appellent aujourd'hui le combat pour les droits culturels.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Val&#233;rie de Saint-Do&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Post-scriptum&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une m&#233;diation a finalement &#233;t&#233; amorc&#233;e par l'inspection du travail. Mardi 6 novembre, une nouvelle r&#233;union est pr&#233;vue entre direction et salari&#233;s &#224; la suite de laquelle ces derniers d&#233;cideront de la suite &#224; donner au mouvement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT (Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale du travail).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Depuis le 26 mars, des postiers des Hauts-de-Seine sont en gr&#232;ve reconductible, notamment pour demander la r&#233;int&#233;gration d'un syndicaliste de Sud licenci&#233; par la direction. On peut entendre des nouvelles de la lutte dans &lt;a href=&#034;https://paris-luttes.info/radio-les-7-mois-de-greve-des-10954&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cette &#233;mission&lt;/a&gt; de la radio FPP.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Th&#233;&#226;tre : &#171; Je nomme l'adversaire, je ne le sublime pas th&#233;&#226;tralement &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Theatre-Je-nomme-l-adversaire-je</link>
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		<dc:date>2018-03-09T07:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Norrito</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>Alors</dc:subject>
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		<dc:subject>Nanterre</dc:subject>
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		<dc:subject>sc&#232;ne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En dix ans, il a cr&#233;&#233; trois spectacles qui font mouche. Le premier d&#233;nonce la Fran&#231;afrique, le deuxi&#232;me l'industrie nucl&#233;aire, le dernier, Le Maniement des larmes, la vente d'armes et la corruption, les petits arrangements entre puissants. Sur sc&#232;ne, Nicolas Lambert incarne jusqu'&#224; 20 personnages. Son credo ? L'&#233;ducation populaire. Rencontre avec un maestro des mots. Peut-on revenir sur ton parcours de com&#233;dien, de dramaturge et sur l'histoire de la compagnie Un pas de c&#244;t&#233; ? Nous avons (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no139-janvier-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;139 (janvier 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Alors" rel="tag"&gt;Alors&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mais" rel="tag"&gt;Mais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/spectacle" rel="tag"&gt;spectacle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/theatre" rel="tag"&gt;th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nanterre" rel="tag"&gt;Nanterre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sylvie-Gravagna" rel="tag"&gt;Sylvie Gravagna&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Elf" rel="tag"&gt;Elf&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/scene" rel="tag"&gt;sc&#232;ne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En dix ans, il a cr&#233;&#233; trois spectacles qui font mouche. Le premier d&#233;nonce la Fran&#231;afrique, le deuxi&#232;me l'industrie nucl&#233;aire, le dernier, &lt;i&gt;Le Maniement des larmes&lt;/i&gt;, la vente d'armes et la corruption, les petits arrangements entre puissants. Sur sc&#232;ne, Nicolas Lambert incarne jusqu'&#224; 20 personnages. Son credo ? L'&#233;ducation populaire. Rencontre avec un maestro des mots.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2235 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH290/-508-8c9fe.jpg?1782645508' width='400' height='290' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on revenir sur ton parcours de com&#233;dien, de dramaturge et sur l'histoire de la compagnie Un pas de c&#244;t&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons cr&#233;&#233; la compagnie &#224; deux, avec Sylvie Gravagna au d&#233;but des ann&#233;es 1990. Notre premier boulot a &#233;t&#233; l'adaptation de &lt;i&gt;Derri&#232;re la vitre&lt;/i&gt;, un roman de Robert Merle publi&#233; en 1970 (Gallimard). Cet auteur &#224; succ&#232;s &#233;tait alors prof de logique &#224; Nanterre. Le spectacle portait sur les &#233;v&#233;nements de mai 68 et la naissance du mouvement du 22 mars &#224; l'universit&#233; de Nanterre. On a jou&#233; ce spectacle sur place, dans les locaux de la fac, en 1992. On &#233;tait 25 sur sc&#232;ne, dans un amphi de 700 places. Il fallait que le spectacle soit populaire pour remplir. On a ouvert la fac aux habitants de la ville, ce qui n'&#233;tait pas &#233;vident tant l'universit&#233; de Paris-X semble d&#233;connect&#233;e de la ville qui l'accueille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; partir de quand vous retrouvez-vous &#224; deux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe de Nanterre perdure jusqu'en 1998 environ. Je quitte l'&#201;ducation nationale et deviens intermittent en 1995. Apr&#232;s ces ann&#233;es pass&#233;es dans les &#233;tablissements scolaires, on s'installe &#224; Pantin, dans une ancienne menuiserie. La ville est alors dirig&#233;e par une &#233;quipe communiste, on tombe en sympathie avec une personne de la mairie de quartier. On lance alors un &#233;norme boulot avec les archives et la mairie de Pantin qui d&#233;bouche sur un spectacle sur la m&#233;moire de l'immigration. On joue alors plusieurs centaines de fois, principalement dans des &#233;tablissements scolaires, sous forme de cabaret, avec des danseurs et une violoncelliste. On avait reconstitu&#233; le parcours d'une famille alsacienne de 1870 &#224; 1990, &#224; partir de t&#233;moignages. Des m&#232;res africaines se sont reconnues dans ce spectacle. Et c'&#233;tait justement le but : montrer que nous sommes tous des migrants et que nous partageons une histoire commune, puisque dans ces banlieues, il y a un peu plus d'un si&#232;cle, il n'y avait presque personne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et comment en arrive-t-on &#224; &lt;i&gt;Elf, la pompe Afrique&lt;/i&gt; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2232 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L320xH445/-505-330a1.jpg?1782650772' width='320' height='445' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On s'est fait virer de Pantin &#224; la suite d'un changement de municipalit&#233;. Les jeunes loups du PS nous ont jet&#233;s avec l'eau du bain. On a fait (une nouvelle fois) faillite, on a remont&#233; une structure associative et chang&#233; de nom, c'est alors qu'on est devenu la Compagnie &#171; Un pas de c&#244;t&#233; &#187;, vers 2004-2005. Dans l'id&#233;e de faire une &#233;mission de radio, j'ai commenc&#233; &#224; travailler sur les m&#233;dias, &#224; partir de documents bruts, en ne gardant que ceux-l&#224;. Je me suis lanc&#233; dans le reportage radiophonique, qui est ensuite devenu un documentaire radio, puis un spectacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2004-2005, c'est aussi un moment o&#249; la concentration de la presse s'acc&#233;l&#232;re, et l&#224;, je d&#233;cide d'utiliser la sc&#232;ne comme m&#233;dia. L'id&#233;e de d&#233;part, c'&#233;tait de d&#233;voiler les d&#233;fauts les plus saillants de la d&#233;mocratie. &#192; l'&#233;poque, je pensais proposer une trilogie &#171; bleu-blanc-rouge &#187; en trois ans. Je souhaitais d'abord parler de l'armement, notamment de la concentration des m&#233;dias entre les mains des industriels du lobby militaire, comme Lagard&#232;re. En comprenant la place ahurissante du nucl&#233;aire civil et militaire, je d&#233;cide de commencer par un spectacle sur cette th&#233;matique. Mais si on fait cela sans &#233;voquer la question de la d&#233;colonisation, du p&#233;trole, de l'Alg&#233;rie, on rate quelque chose. Je suis donc parti de la question coloniale (&lt;i&gt;Elf, la pompe Afrique&lt;/i&gt;) pour ensuite traiter le nucl&#233;aire (&lt;i&gt;Avenir radieux &#8211; Une fission fran&#231;aise&lt;/i&gt;) et me concentrer finalement sur la vente d'armes (&lt;i&gt;Le Maniement des larmes&lt;/i&gt;). Et cela m'a pris plus de dix ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment te documentes-tu ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2233 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L255xH383/-506-e7854.jpg?1782650772' width='255' height='383' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je fais du reportage et je lis beaucoup. Pour Elf, j'ai assist&#233; &#224; tous les proc&#232;s. Je suis notamment all&#233; &#224; celui de Jupp&#233;, j'ai cherch&#233; &#224; comprendre le fonctionnement de la corruption pour la mettre sur sc&#232;ne. Mais comment passes-tu d'un concept (la corruption) &#224; une r&#233;alit&#233; sc&#233;nique ? Sur sc&#232;ne, nous n'avons que la chair et les mots. Alors j'incarne les gens : le proc&#232;s Elf a cristallis&#233; plein de choses. J'&#233;prouve mes opinions, je donne des &#233;l&#233;ments factuels qui permettent de se construire une opinion. Je me suis &#233;galement beaucoup appuy&#233; sur le travail de l'association Survie sur le n&#233;ocolonialisme et la Fran&#231;afrique. J'ai proc&#233;d&#233; de la m&#234;me fa&#231;on pour le volet sur le nucl&#233;aire, en assistant au d&#233;bat public sur un EPR. Pour le dernier volet de la trilogie, je suis all&#233; &#224; tous les salons de l'armement. Mais, en toile de fond, ce qui &#233;tait important, c'&#233;tait qu'il y ait une institution : l'Assembl&#233;e nationale, afin de voir ce qui se passe au sein m&#234;me de la R&#233;publique, ce que l'on sait, ce que l'on cache. J'ai donc pass&#233; du temps au S&#233;nat, &#224; l'assembl&#233;e, dans les palais de justice, je me suis impr&#233;gn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;&#226;tre n'a pas souvent pris appui sur le documentaire radiophonique, c'est l'une de mes options. Surtout, je nomme l'adversaire, je ne le sublime pas th&#233;&#226;tralement. Les propos restitu&#233;s sont bruts, je me contente de r&#233;interpr&#233;ter les personnes. Sur sc&#232;ne, je suis Lo&#239;c Floch Prigent, Alfred Sirven, etc. Je lance un personnage, je le campe, mais je ne l'imite pas tout le temps, je donne les codes, puis conserve sa musique. Ce sont des codes que je dois &#224; la Commedia dell'arte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment imagines-tu la suite&lt;/strong&gt; ?
Il nous faut trouver un nouveau lieu. Et surtout, on cherche &#224; faire tourner la trilogie. On peut jouer n'importe lequel des spectacles alternativement, ou les trois &#224; la suite. Et on aime jouer dans des salles institutionnelles comme dans des lieux militants. L'id&#233;e, c'est d'aller &#224; la rencontre d'un public qui ne fr&#233;quente pas forc&#233;ment les th&#233;&#226;tres, mais qui se sent concern&#233; par les th&#232;mes abord&#233;s. En parall&#232;le je commence &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; un spectacle sur l'Otan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment d&#233;finirais-tu ton th&#233;&#226;tre ? Th&#233;&#226;tre d'intervention, th&#233;&#226;tre citoyen ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est toujours emb&#234;tant de se d&#233;finir parce que tu entres dans une case et tu ne peux plus en sortir. J'ai quand m&#234;me le sentiment de faire du th&#233;&#226;tre de service public et un travail d'&#233;ducation populaire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2234 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L300xH374/-507-1c8ac.jpg?1782650772' width='300' height='374' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir : &lt;a href=&#034;http://unpasdecote.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un Pas de C&#244;t&#233;.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS : les textes des deux premiers volets de la trilogie sont publi&#233;s aux &#233;ditions L'&#201;chapp&#233;e.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Th&#233;&#226;tre : Toutes des reines </title>
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		<dc:date>2018-03-08T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yohanne Lamoul&#232;re</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Dans les loges &#233;troites, l'excitation est &#224; son comble. &#199;a piaille, on pi&#233;tine plumes, bas et artifices. &#171; B&#233;, tu t'es maquill&#233;e pour Aix ! &#187; Les filles entrent en sc&#232;ne dans une demi-heure, on ne m&#226;che plus ses mots. Carole, tout en douceur, m&#233;nage les fortes t&#234;tes et reprend les r&#234;nes : &#171; On va faire un dernier &#233;chauffement. &#187; La troupe se place en cercle au centre de la petite sc&#232;ne du th&#233;&#226;tre Vitez. C'est l&#224; qu'on b&#233;n&#233;ficie de la plus belle vue d'ensemble : ces femmes n'ont rien &#224; voir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no140-fevrier-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;140 (f&#233;vrier 2016)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans les loges &#233;troites, l'excitation est &#224; son comble. &#199;a piaille, on pi&#233;tine plumes, bas et artifices. &#171; &lt;i&gt;B&#233;, tu t'es maquill&#233;e pour Aix !&lt;/i&gt; &#187; Les filles entrent en sc&#232;ne dans une demi-heure, on ne m&#226;che plus ses mots. Carole, tout en douceur, m&#233;nage les fortes t&#234;tes et reprend les r&#234;nes : &#171; &lt;i&gt;On va faire un dernier &#233;chauffement.&lt;/i&gt; &#187; La troupe se place en cercle au centre de la petite sc&#232;ne du th&#233;&#226;tre Vitez. C'est l&#224; qu'on b&#233;n&#233;ficie de la plus belle vue d'ensemble : ces femmes n'ont rien &#224; voir les unes avec les autres, il n'y a que le th&#233;&#226;tre qui les unit, et un parler savoureux, m&#233;lange d'accent du midi, d'argot et d'espi&#232;glerie. Carole : &#171; &lt;i&gt;M&#226;che du chewing-gum. Mets du son. Petit petit. Grand.&lt;/i&gt; &#187; Hurlements lib&#233;rateurs. &#171; &lt;i&gt;Tire le fil.&lt;/i&gt; &#187; Toutes se tiennent droites. On ne peut s'emp&#234;cher de penser aux m&#233;tiers qu'elles exercent dans la vraie vie. Rel&#226;chement. On &#233;carte les jambes, genoux fl&#233;chis, un dernier cri, mains &#224; plat sur les aines, comme un haka de rugbymen. Les femmes sont pr&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2236 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-509-1f70e.jpg?1782715520' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Yohanne Lamoul&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est Lydia qui entre la premi&#232;re dans la lumi&#232;re. Son personnage, une sorte de madame loyale maquerelle, nous pr&#233;sente ses filles. &#171; &lt;i&gt;BONSOIR ! Pour toi, ce soir, public ch&#233;ri, vont se produire ici des cr&#233;atures de r&#234;ve&#8230; La Femme Foutaise, Pam&#233;la Caverne, Olympe de Bourges, Violetta Magica et bien d'autres. Tu peux chausser ton bavoir, public ador&#233;, caler ton cul et frotter tes mirettes, c'est parti pour le show !&lt;/i&gt; &#187; S'ensuit une ode &#224; la lib&#233;ration de la femme, incarn&#233;e par une Jos&#233;phine Baker de la Busserine &#8211; elle y flagelle la r&#233;plique colonialiste : &#171; &lt;i&gt;Croyez-vous &#224; la magie ? Pensez-vous possible de faire dispara&#238;tre une banane sans la toucher ? Voici une banane enti&#232;re. Tenez, vous pouvez v&#233;rifier. Touchez. Je vous en prie. Touchez la banane.&lt;/i&gt; &#187; C'est mordant, sexu&#233;, radical. Ensuite, une petite page de publicit&#233; collective : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes toutes des : dingues. Nous sommes toutes des : libertines. Nous sommes toutes des : sorci&#232;res. Nous sommes toutes des : hommes. Nous sommes toutes des : guerri&#232;res. Nous sommes toutes des : esclaves. Nous sommes toutes des : reines&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Puis vient Ana, juste accompagn&#233;e d'un micro sur pied. &#171; &lt;i&gt;J'entre en sc&#232;ne. Je marche sur le rythme lent et cadenc&#233; de la musique. Je m'avance. Gauche la hanche. Droite la jambe. J'ondule, je glisse, j'entre d&#233;licatement dans la lumi&#232;re. Ma robe paillet&#233;e scintille, mes &#233;paules luisent, les plumes de mon boa fr&#233;missent. Tout doucement, sensuelle, je danse. J'avance une jambe. Ma robe longue s'&#233;carte et la fente qui monte le long de ma cuisse s'ouvre. Je ne cache rien. Je me d&#233;voile.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Je m'offre &#224; vos regards. La pointe de mes cheveux vient se poser sur la cambrure de mes reins, tandis que doucement mes doigts caressent une fermeture &#201;clair. 7, 8, je lib&#232;re soudain mes hanches et le tissu tombe &#224; terre.&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt; La bouche entrouverte sur le rideau blanc de mes dents. Mon souffle m'accompagne. Je suis &#224; demi-nue, juch&#233;e sur de hauts escarpins rouges. Je glisse un doigt entre la bretelle et ma peau. Tu me d&#233;sires et souhaites me voir encore davantage. 3, 4, je me retourne&#8230; Oui, c'est ce que je fais tous les samedis. Je t'en bouche un coin, n'est-ce pas ? Comment tu me trouves ? Ce spectacle, je l'ai fait pour toi, pour moi, pour nous. Je me donne, tu me prends ? En vrai, en faux, au naturel, en sophistiqu&#233;. C'est si bon d'&#234;tre une autre avec ce regard que tu portes sur moi. J'en profite. Dans peu de temps, je redeviendrai moi. La simple, pas trop compliqu&#233;e, dans un contexte normal. Celle que tu crois conna&#238;tre. Regarde bien ce sourire, ces yeux, cette &#226;me, la vois-tu ? Tu te poses des questions ? C'est fait pour &#231;a. La routine, &#231;a tue. Regarde-moi, c'est bien ta femme, ici sur sc&#232;ne.&lt;/i&gt; &#187; Ana vit dans le 15&#8202;e arrondissement de Marseille, elle a &#233;t&#233; aide-m&#233;nag&#232;re, puis ling&#232;re dans un centre pour handicap&#233;s. Son mari est venu trois fois voir le spectacle. Il a pleur&#233; &#224; tous les coups, mais il ne faut pas trop le dire. Un de ses fils est venu aujourd'hui, &#224; Aix, pour la premi&#232;re fois. Jusque-l&#224;, il ne voulait pas voir sa m&#232;re entonner son &#171; strip-tease oral &#187;. Ana dit qu'elle ne s'est r&#233;alis&#233;e qu'&#224; cinquante ans : &#171; &lt;i&gt;J'ai pass&#233; mon permis de conduire, j'ai fait de l'hypnose pour perdre vingt kilos, et j'ai commenc&#233; le th&#233;&#226;tre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fatma, une Biyouna aussi gouailleuse que l'originale, prend le relais sur sc&#232;ne. &#171; &lt;i&gt;Oh l&#224; l&#224; ! Que de chaleur, que d'&#233;motion. Tout va bien ? On n'en a pas perdu en route ? Les &#226;mes sensibles, les grincheux ? Oui oui, j'en ai vu dans le public !&lt;/i&gt; &#187; Et elle roucoule sur l'air du Tourbillon de Jeanne Moreau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces dames, qui ont &#233;crit l'int&#233;gralit&#233; de leurs textes, ont concoct&#233; un petit questionnaire : &#171; &lt;i&gt;Aimeriez-vous &#234;tre votre femme ?&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Aimeriez-vous &#234;tre entretenu par une femme ? a) par son h&#233;ritage, b) par son travail professionnel ? Et pourquoi pas ? Une lesbienne intelligente vous d&#233;concerte-t-elle ? Quel espoir avez-vous abandonn&#233; ?&lt;/i&gt; &#187;&#8230; La Reine-Clown, t&#234;te voil&#233;e sous son chapeau &#224; paillettes, nous interroge encore : &#171; &lt;i&gt; Ai-je le droit d'&#234;tre triste, m&#234;me si je suis une m&#232;re ?&lt;/i&gt; &#187; Sabbah, poings ferm&#233;s, prof&#232;re un slam contre la femme-objet. Taouraty reprend Dalida, perruque blonde sur le foulard noir. &#171; &lt;i&gt;Ya tayba&lt;/i&gt; &#187;, poignant chant religieux, est psalmodi&#233; par une partie de la troupe. Car on parle de sexe, mais surtout de lib&#233;ration, face &#224; toutes sortes de liens &#8211; religieux, familial, marital, culturel. Ces femmes nous interrogent sur la transmission des codes f&#233;minins, aujourd'hui, dans les quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2237 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-510-f22ed.jpg?1783356657' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Yohanne Lamoul&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re les pendrillons, Carole est l&#224;. Elle a r&#233;uni ces deux groupes de femmes du 14e (centre Social des Flamands) et du 15e arrondissements (association Femmes du Sud), avec le d&#233;sir de faire cohabiter la femme r&#233;elle et la cr&#233;ature de music-hall. Danseuse, com&#233;dienne et maintenant metteuse en sc&#232;ne, elle conna&#238;t bien le Nord de la ville. Apr&#232;s avoir donn&#233; des cours de zumba et de flamenco &#224; des gosses de plusieurs quartiers, elle a voulu toucher les m&#232;res. En 2013, elle lance un laboratoire de cr&#233;ation sur ce th&#232;me. Les femmes accrochent vite, mais les fonds manquent. Carole s'ent&#234;te et finit par trouver les moyens mat&#233;riels pour cr&#233;er le spectacle.&lt;i&gt; Nous sommes toutes des reines&lt;/i&gt; voit le jour en 2015. En parall&#232;le, la troupe collabore avec les com&#233;diens professionnels de la compagnie La Criatura, qui travaille sur une cr&#233;ation d'apr&#232;s un texte d'Howard Barker, &lt;i&gt;Le cas Blanche-Neige.&lt;/i&gt; Malgr&#233; l'&#226;pret&#233; des propos, les apprenties com&#233;diennes tiennent bon et jouent le jeu, m&#234;me s'il y a parfois des d&#233;saccords. La derni&#232;re id&#233;e de Carole, monter un nouveau spectacle avec des hommes, pour parler aussi des st&#233;r&#233;otypes masculins. &#171; &lt;i&gt;Une majorit&#233; de maris consid&#232;rent que le th&#233;&#226;tre est un truc de bonnes femmes, certains se moquent, d'autres encouragent, mais ils sont peu &#224; comprendre vraiment, alors il va falloir se relever les manches, mais on peut y arriver.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Topor : L'art et la mati&#232;re</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Topor-L-art-et-la-matiere</link>
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		<dc:date>2015-02-27T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Hubert, Morvan Verron</dc:creator>


		<dc:subject>Page dessin&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Topor</dc:subject>
		<dc:subject>Ad Petersen</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
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		<dc:subject>avril</dc:subject>
		<dc:subject>th&#233;&#226;tre</dc:subject>
		<dc:subject>Roland</dc:subject>
		<dc:subject>merde</dc:subject>
		<dc:subject>Roland Topor</dc:subject>
		<dc:subject>Topor n'a</dc:subject>
		<dc:subject>Topor</dc:subject>
		<dc:subject>Ubu Rex</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Roland Topor n'a plus chi&#233; depuis le 16 avril 1997. Depuis, rien, nib&#8230; Il continue pourtant &#224; foutre la merde, le Roland. La merde, tiens ! Il en a d'ailleurs fait la mati&#232;re premi&#232;re de nombre de ses &#339;uvres, tant th&#233;&#226;trales, peintes, grav&#233;es, chant&#233;es, dessin&#233;es, t&#233;l&#233;vis&#233;es que romanesques. Il a m&#234;me sculpt&#233; un tr&#244;ne en forme d'&#233;tron ( merdre ! ) pour les d&#233;cors de la pi&#232;ce Ubu Rex. &#171; Quand la soci&#233;t&#233; serre les fesses, les espaces de libert&#233; individuelle r&#233;tr&#233;cissent &#187;, disait Topor. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no128-janvier-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;128 (janvier 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Page-dessinee" rel="tag"&gt;Page dessin&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Topor" rel="tag"&gt;Topor&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ad-Petersen" rel="tag"&gt;Ad Petersen&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-a" rel="tag"&gt;n'a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/avril" rel="tag"&gt;avril&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/theatre" rel="tag"&gt;th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Roland" rel="tag"&gt;Roland&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/merde" rel="tag"&gt;merde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Roland-Topor" rel="tag"&gt;Roland Topor&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Topor-n-a" rel="tag"&gt;Topor n'a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Topor-10128" rel="tag"&gt;Topor&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ubu-Rex" rel="tag"&gt;Ubu Rex&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Roland Topor n'a plus chi&#233; depuis le 16 avril 1997. Depuis, rien, nib&#8230; Il continue pourtant &#224; foutre la merde, le Roland. La merde, tiens ! Il en a d'ailleurs fait la mati&#232;re premi&#232;re de nombre de ses &#339;uvres, tant th&#233;&#226;trales, peintes, grav&#233;es, chant&#233;es, dessin&#233;es, t&#233;l&#233;vis&#233;es que romanesques. Il a m&#234;me sculpt&#233; un tr&#244;ne en forme d'&#233;tron ( merdre ! ) pour les d&#233;cors de la pi&#232;ce Ubu Rex. &#171; &lt;i&gt;Quand la soci&#233;t&#233; serre les fesses, les espaces de libert&#233; individuelle r&#233;tr&#233;cissent&lt;/i&gt; &#187;, disait Topor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Excr&#233;ments, selles, f&#232;ces, m&#233;conium, chiures, crottes, cordyl&#233;es ou caca boudins&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Caca boudin/c'est le refrain/des p'tits enfants/et des gourmands &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, petite topo(r)graphie de la MERDE dans l'&#339;uvre-terrain de jeu de M. Hache (traduction du polonais de son patronyme). Puisse-t-il continuer &#224; nous emmerder et son rire ubuesque de sale gosse nous accompagner.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1369 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;65&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH551/p08-topor-ad-petersen-1975-8e1c1.jpg?1782644008' width='400' height='551' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Topor, le cigare au bord des l&#232;vres. Photo : Ad Petersen, 1975.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roland Topor (Paris 1938 - Paris 1997)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Artiste &#224; l'&#339;uvre foisonnante : peintre, dessinateur, illustrateur, affichiste, &#233;crivain (romans, nouvelles, po&#233;sie, th&#233;&#226;tre), auteur pour la radio, le th&#233;&#226;tre, le cin&#233;ma, la t&#233;l&#233;vision (T&#233;l&#233;chat, Merci Bernard, Palace), metteur en sc&#232;ne pour le th&#233;&#226;tre et l'op&#233;ra&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hant&#233; par la mort, il a mis toute son &#233;nergie et son imagination &#224; recr&#233;er la r&#233;alit&#233; afin de profiter de la vie par tous les moyens (amis, vin, cigares, femmes, r&#234;ve, gastronomie) et en rire le plus souvent possible.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1370 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH539/p08-french-caca-lino-1979-1352e.jpg?1782655373' width='400' height='539' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;French caca, 1979.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dire qu'on aime la merde est une pose. Un fieff&#233; mensonge. On l'&#233;tale dans ses blagues, on la dessine pour mettre du caviar sur la tartine, on glisse dessus afin de s'enrichir&#8230;On est d'dans jusqu'au cou mais si on a le nez fourr&#233; dans une vraie merde, c'est tout sauf dr&#244;le ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Entretien avec Andr&#233; Stas)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1371 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;50&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH519/p08-le-diable-et-l_enfer-1981-d09c8.jpg?1782655373' width='400' height='519' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le diable et l'enfer (pour consoler Anna), 1981.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;res parutions sur Roland Topor :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211;&#8200;Alexandre Devaux, &lt;i&gt;Topor, dessinateur de presse&lt;/i&gt;, Les cahiers dessin&#233;s, 2014. Une compilation exhaustive des contributions d'illustrations de Topor &#224; la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211;&#8200;&lt;i&gt;Rebonjour&lt;/i&gt; chez United dead artists, 2013. Superbe floril&#232;ge &#224; prix modique de linogravures au format 30/40 sur papier Rives 170g.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211;&#8200;&lt;i&gt;Strips panique&lt;/i&gt;, &#233;ditions WOMBAT 2014. Ouvrage consacr&#233; aux bandes-dessin&#233;es parues dans &lt;i&gt;Hara-Kiri&lt;/i&gt; et divers journaux des ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1372 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH484/p08-caca-monstre-1a420.jpg?1782655373' width='400' height='484' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Caca boudin/c'est le refrain/des p'tits enfants/et des gourmands &#187;,&lt;i&gt; Fran&#231;ois Hadji-Lazaro d&#233;texte Topor&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les artistes ne sont pas tous autistes, mais tous les autistes sont des artistes</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-artistes-ne-sont-pas-tous</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Les-artistes-ne-sont-pas-tous</guid>
		<dc:date>2014-10-31T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Tewfiq</dc:creator>


		<dc:subject>Alexandra Lebon</dc:subject>
		<dc:subject>cristal</dc:subject>
		<dc:subject>th&#233;&#226;tre</dc:subject>
		<dc:subject>Olivier</dc:subject>
		<dc:subject>com&#233;diens</dc:subject>
		<dc:subject>Olivier Couder</dc:subject>
		<dc:subject>Blanche Neige</dc:subject>
		<dc:subject>Couder</dc:subject>
		<dc:subject>petites Cochonnes</dc:subject>
		<dc:subject>drap suspendu</dc:subject>
		<dc:subject>pomme empoisonn&#233;e</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce Blanche Neige est un spectacle que peu verront. Jou&#233; en grande partie par des acteurs en situation de handicap mental, peu de salles lui ouvriront leurs portes. Rencontre avec le th&#233;&#226;tre du Cristal, une compagnie pas comme les autres, certes, mais qui voudrait l'&#234;tre un peu plus. On aura vu une Blanche Neige fr&#233;missante de d&#233;sir danser avec le Chasseur, un acteur en apesanteur et gr&#226;ce tournoyer dans un drap suspendu, la mort grotesque du roi au milieu de sa cour dont les trois petites (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no124-juillet-aout-septembre" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;124 (juillet-aout-septembre 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Alexandra-Lebon" rel="tag"&gt;Alexandra Lebon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cristal" rel="tag"&gt;cristal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/theatre" rel="tag"&gt;th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Olivier" rel="tag"&gt;Olivier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/comediens" rel="tag"&gt;com&#233;diens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Olivier-Couder" rel="tag"&gt;Olivier Couder&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Blanche-Neige" rel="tag"&gt;Blanche Neige&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Couder" rel="tag"&gt;Couder&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/petites-Cochonnes" rel="tag"&gt;petites Cochonnes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/drap-suspendu" rel="tag"&gt;drap suspendu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pomme-empoisonnee" rel="tag"&gt;pomme empoisonn&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce &lt;i&gt;Blanche Neige&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Blanche Neige, Com&#233;die musicale de Gilles Roland-Manuel, mise en sc&#232;ne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; est un spectacle que peu verront. Jou&#233; en grande partie par des acteurs en situation de handicap mental, peu de salles lui ouvriront leurs portes. Rencontre avec le th&#233;&#226;tre du Cristal, une compagnie pas comme les autres, certes, mais qui voudrait l'&#234;tre un peu plus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On aura vu une Blanche Neige fr&#233;missante de d&#233;sir danser avec le Chasseur, un acteur en apesanteur et gr&#226;ce tournoyer dans un drap suspendu, la mort grotesque du roi au milieu de sa cour dont les trois petites Cochonnes, des sorci&#232;res grima&#231;antes et un prince certes charmant (sauf pour Blanche Neige) mais avant tout ambitieux&#8230; Point de sept nains dans ce &lt;i&gt;Blanche Neige&lt;/i&gt; mais des moines inqui&#233;tants et dr&#244;latiques et &#224; la place de la pomme empoisonn&#233;e, l'h&#233;ro&#239;ne meurt d'avoir aim&#233; sa propre image. Le spectacle jongle entre &#233;clats de rire francs, irr&#233;v&#233;rence, po&#233;sie et intelligence. La troupe, compos&#233;e d'artistes confirm&#233;s, de pensionnaires d'Instituts m&#233;dico-&#233;ducatifs (IME) et de la compagnie du th&#233;&#226;tre du Cristal (des com&#233;diens en situation de handicap) &#233;tait dirig&#233;e par le metteur en sc&#232;ne Olivier Couder. Artistes, handicap&#233;s ou non, ils &#233;taient presque cinquante &#224; nous emmener danser dans la for&#234;t jusqu'&#224; la f&#234;te finale.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1186 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/p14-blanche-02aba.jpg?1782643854' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Alexandra Lebon.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait lors du festival du Futur compos&#233; du 24 au 29 juin dernier et m&#234;me &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;A nous Paris&lt;/i&gt; se sont extasi&#233;s devant ce spectacle m&#234;lant sur le m&#234;me plateau artistes et personnes handicap&#233;es, autistes ou schizophr&#232;nes&#8230; Pendant une semaine, on a vant&#233; le m&#233;lange, le refus de l'exclusion, les liens construits. Tr&#232;s bien, certes. Mais juste pour une semaine et puis s'en va. Pourtant Olivier Couder et ses com&#233;diens font du th&#233;&#226;tre toute l'ann&#233;e, 35 heures par semaine, avec cinq semaines de cong&#233;s pay&#233;s. A plein temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;a href=&#034;http://www.artsenfolies.org/theatreducristal/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;th&#233;&#226;tre du Cristal&lt;/a&gt; f&#234;te cette ann&#233;e ses 25 ans. 25 ans qu'Olivier Couder forme, dirige et met en sc&#232;ne des pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre avec des com&#233;diens en situation de handicap. La compagnie est en convention avec l'&#233;tablissement et service d'aide par le travail (Esat), &#171; La Montagne &#187; &#224; Cormeilles-en-Parisis (Val d'Oise). Comme il n'existe que huit Esat artistiques en France (sur 1 500) les quinze com&#233;diens ont eu de la chance de trouver une place dans cette petite troupe. Certains sont l&#224; depuis des ann&#233;es, d'autres viennent d'arriver parfois de loin, quittant leur famille et leur r&#233;gion pour venir faire du th&#233;&#226;tre ici. C'est l'Esat qui fournit les locaux et le salaire d'un &#233;ducateur au Cristal. Il verse aussi les indemnisations des com&#233;diens parcimonieusement calcul&#233;es selon des normes nationales (70 % du SMIG). Pas vraiment reconnus comme travailleurs, les com&#233;diens souffrant de handicap sont regard&#233;s comme des &#171; malades qu'on aide &#187;. Exit le code du travail : ils n'ont m&#234;me pas le droit de faire gr&#232;ve ! Et encore moins le droit d'&#234;tre intermittents. Mais si c'est l'Esat qui verse ces indemnisations, l'argent vient du Cristal et de ses revenus ! Il faut donc imp&#233;rativement que leurs spectacles tournent et rencontrent du public. &#171; &lt;i&gt;Si les deux tiers de nos ressources viennent de subventions et du m&#233;c&#233;nat, un tiers sont des ressources propres &#8211; ce qui fait beaucoup pour une compagnie de th&#233;&#226;tre professionnelle&lt;/i&gt; &#187;, nous explique Olivier Couder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors il faut trouver des th&#233;&#226;tres pour accueillir les spectacles. Mais pour &lt;i&gt;Blanche Neige&lt;/i&gt;, aucune date ne se profile &#224; l'horizon. Olivier Couder pr&#233;cise combien il est compliqu&#233; de faire tourner un tel spectacle &#171; &lt;i&gt;car cela implique beaucoup de monde dont les IME. Toutefois si on nous le propose, on trouvera les moyens de le faire. Mais les &#233;tablissements culturels ne viennent m&#234;me pas voir notre spectacle. Et s'ils viennent, ils font la moue car notre travail n'est pas acad&#233;mique. C'est un peu la situation qu'a connue l'art brut dans les ann&#233;es 50.&lt;/i&gt; &#187; Et c'est vrai que les spectacles du Cristal ne sont pas &#171; acad&#233;miques &#187;. Les com&#233;diens handicap&#233;s introduisent dans leur jeu un d&#233;calage par rapport &#224; nos habitudes th&#233;&#226;trales. Et c'est justement tout l'int&#233;r&#234;t artistique de leur travail qui va bien au-del&#224; des blablas consensuels et des plaquettes institutionnelles concernant les liens entre handicap&#233;s et &#171; normaux &#187;. &#171; &lt;i&gt;Fondamentalement les mentalit&#233;s du monde du th&#233;&#226;tre n'ont pas &#233;volu&#233; par rapport au handicap. La norme acad&#233;mique est toujours celle de l'excellence artistique et savante. Dans notre soci&#233;t&#233;, on accepte de plus en plus de voir les handicap&#233;s, mais toujours pas de partager avec eux.&lt;/i&gt; &#187; Sur &lt;i&gt;Blanche Neige&lt;/i&gt;, Olivier Couder a donn&#233; des r&#244;les importants &#224; ses com&#233;diens handicap&#233;s : le roi ou le Chasseur, par exemple. &#171; &lt;i&gt;J'ai vraiment voulu que le spectacle repose aussi sur les handicap&#233;s, qu'ils ne soient pas l&#224; juste pour faire de la figuration.&lt;/i&gt; &#187; Ce qui n'&#233;tait pas du go&#251;t d'un acad&#233;misme th&#233;&#226;tral bien pensant qui n'accepte la diff&#233;rence qu'&#224; ses marges, dans un r&#244;le social&#8230; Sinon, &#231;a n'est pas de l'aaaart, ma bonne dame !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines salles de th&#233;&#226;tre plus militantes accueillent volontiers la troupe du Cristal, comme &lt;a href=&#034;http://www.leventseleve.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le vent se l&#232;ve&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&#034;http://www.confluences.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Confluences&lt;/a&gt; &#224; Paris ou encore la Sc&#232;ne nationale de Cergy. Mais c'est loin de suffire. &#171; &lt;i&gt;Curieusement, on a moins de mal &#224; trouver des dates &#224; l'&#233;tranger ! On a pu jouer &#224; Madrid : &#224; la &lt;a href=&#034;http://www.lacasaencendida.es/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Casa Encedida&lt;/a&gt;, th&#233;&#226;tre de premi&#232;re importance, et au Centro dramatico Nacional.&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir une petite vid&#233;o &#224; propos de ces rencontres en 2010.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; Mais en France les &#233;tablissements culturels sont encore assez r&#233;actionnaires. Pour eux, travailler avec des personnes en situation de handicap c'est faire du social, un petit truc en plus de leurs vraies missions artistiques.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux yeux d'Olivier Couder, il y a quand m&#234;me des points positifs, et d'abord les r&#233;actions des artistes qui ont travaill&#233; avec eux sur ce projet. &#171; &lt;i&gt;Ils ont &#233;t&#233; tr&#232;s int&#233;ress&#233;s, tr&#232;s investis et patients. C'&#233;taient de vraies belles rencontres, un vrai partage pour le coup !&lt;/i&gt; &#187; On pensera notamment &#224; la chor&#233;graphe Kaori Ito, &#224; la d&#233;j&#224; tr&#232;s grande carri&#232;re internationale, dont la motivation sur cette cr&#233;ation ne s'est pas d&#233;mentie mais aussi aux intermittents, r&#233;gisseurs du th&#233;&#226;tre Monfort ou com&#233;diens qui ont pr&#233;f&#233;r&#233; ne pas faire gr&#232;ve pour ce spectacle en solidarit&#233; avec ces acteurs pas comme les autres&#8230; Et l'enthousiasme des spectateurs qui ont eu le privil&#232;ge de partager un beau moment de th&#233;&#226;tre sans acad&#233;misme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo d'Alexandra Lebon. D'autres photos de &lt;i&gt;Blanches Neiges&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;http://www.alexandralebon.com/?fluxus_portfolio=blanche-neige&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par ici !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un catalogue de folie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les spectacles que d&#233;livrent Couder et sa bande sont tr&#232;s loin de n'&#234;tre qu'un moyen de &#171; rompre avec l'exclusion &#187;, qu'un th&#233;&#226;tre &#171; th&#233;rapeutique &#187; ou un moyen &#171; d'occuper &#187; ceux que notre soci&#233;t&#233; tient &#224; l'&#233;cart. Il s'agit purement et simplement de v&#233;ritables cr&#233;ations artistiques proposant un regard particulier sur le monde dans lesquelles les com&#233;diens ne jouent pas leurs propres r&#244;les mais de vrais personnages, avec de vrais discours&#8230; et avec une fa&#231;on bien particuli&#232;re d'aborder la sc&#232;ne qui nous change, nous les spectateurs, de nos routines th&#233;&#226;trales. S'ils passent par chez vous, ne les ratez pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours par le th&#233;&#226;tre du Cristal : mis en sc&#232;ne par Olivier Couder : &lt;i&gt;Lointain int&#233;rieur&lt;/i&gt; d'Henri Michaux, &lt;i&gt;Catalina in Fine&lt;/i&gt; de Fabrice Melquiot, &lt;i&gt;Le Dernier cri&lt;/i&gt;, sur des textes de Don Dhuyns, Fichet, Couder. Mis en sc&#232;ne par Eric Morin Racine : &lt;i&gt;O&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Vu du banc&lt;/i&gt;, spectacles de clowns. &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=VqRXZOVykek&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fracas&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; d'Olivier Bruhnes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Blanche Neige&lt;/i&gt;, Com&#233;die musicale de Gilles Roland-Manuel, mise en sc&#232;ne d'Olivier Couder. Actuellement programm&#233;e nulle part.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir une &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=D3Ik-4wrwEk&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;petite vid&#233;o&lt;/a&gt; &#224; propos de ces rencontres en 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Th&#233;&#226;tre : vers un retour du politique ?</title>
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		<dc:date>2013-10-11T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christiane Passevant</dc:creator>


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		<dc:subject>th&#233;&#226;tre &#233;picier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 67e festival d'Avignon commence avec les cr&#233;ations du In le 5 juillet et les quelques 1 250 spectacles du Off jusqu'au 31, o&#249; le meilleur se m&#234;le au &#171; th&#233;&#226;tre &#233;picier &#187; comme l'appelait Jean Vilar, bref l'anecdotique &#224; oublier. Le r&#234;ve d'une ville enti&#232;re d&#233;di&#233;e au spectacle vivant ! Mais la mainmise grandissante des logiques marchandes dans le th&#233;&#226;tre priv&#233; comme public d'une part, et celle de l'&#233;tat grand ordonnateur de la culture de l'autre, sont bien plus r&#233;elles. Pourtant, ici et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no113-juillet-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;113 (juillet 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Christiane-Passevant-116" rel="tag"&gt;Christiane Passevant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/spectacle" rel="tag"&gt;spectacle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/theatre" rel="tag"&gt;th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jean-Vilar" rel="tag"&gt;Jean Vilar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-appelait-Jean" rel="tag"&gt;l'appelait Jean&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-Avignon-commence" rel="tag"&gt;d'Avignon commence&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/theatre-epicier" rel="tag"&gt;th&#233;&#226;tre &#233;picier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 67e festival d'Avignon commence avec les cr&#233;ations du &lt;i&gt;In&lt;/i&gt; le 5 juillet et les quelques 1 250 spectacles du &lt;i&gt;Off&lt;/i&gt; jusqu'au 31, o&#249; le meilleur se m&#234;le au &#171; &lt;i&gt;th&#233;&#226;tre &#233;picier&lt;/i&gt; &#187; comme l'appelait Jean Vilar, bref l'anecdotique &#224; oublier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#234;ve d'une ville enti&#232;re d&#233;di&#233;e au spectacle vivant ! Mais la mainmise grandissante des logiques marchandes dans le th&#233;&#226;tre priv&#233; comme public d'une part, et celle de l'&#233;tat grand ordonnateur de la culture de l'autre, sont bien plus r&#233;elles. Pourtant, ici et l&#224;, surgissent des r&#233;flexions critiques. Notamment sur le rapport entre spectacle et spectateurs ou sur la r&#233;surgence attendue d'un th&#233;&#226;tre politique, engag&#233;, critique, &#233;mancipateur&#8230; r&#233;volutionnaire&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A lire : G&#233;rard Noiriel, Histoire, th&#233;&#226;tre, politique, Agone, 2009.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_755 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH310/p14-the_a_tre-952f1.jpg?1782650803' width='500' height='310' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Christiane Passevant.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Samedi 6 juillet. Cour d'honneur. Premi&#232;re de la pi&#232;ce &lt;i&gt;Par les villages&lt;/i&gt;, de Peter Handke, dans une mise en sc&#232;ne de Stanislas Nordey. L&#224; o&#249; on ne l'attendrait pas, s'exprimera pourtant la parole d'un ouvrier, politique, po&#233;tique, subversive, fulgurante. En pr&#233;lude, un intermittent du spectacle prend le micro pour rappeler que, depuis un an, les promesses de changement de politique culturelle &#171; &lt;i&gt;sont parties en fum&#233;e&lt;/i&gt; &#187; et que &#171; &lt;i&gt;la culture est une chose trop s&#233;rieuse pour &#234;tre confi&#233;e aux financiers.&lt;/i&gt; &#187; Prologue et libert&#233; de parole qui veulent d&#233;noncer le processus d'absorption progressive du monde th&#233;&#226;tral dans le divertissement et la marchandise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;cor d&#233;pouill&#233; fait alors place &#224; un th&#233;&#226;tre qui interroge l'&#234;tre humain sur lui-m&#234;me et la soci&#233;t&#233; dans laquelle il vit, qui marque aussi l'engagement d'un metteur en sc&#232;ne et son choix de faire surgir la question sociale &#224; l'heure du n&#233;olib&#233;ralisme. &lt;i&gt;Par les villages&lt;/i&gt;, c'est le monde des ouvriers confront&#233;s &#224; celui des intellectuels. Si la pi&#232;ce de Handke est tr&#232;s personnelle car en partie autobiographique, elle dit &#224; merveille l'importance de l'art dans des temps o&#249; l'all&#233;geance et le ti&#232;de sont la norme. Entre po&#233;sie et politique, du personnel &#224; l'universel, le texte est superbement servi par la mise en sc&#232;ne de Stanislas Nordey qui joue Hans, l'ouvrier, celui qui revendique, et par des interpr&#232;tes qui paraissent s'engager au-del&#224; de l'implication m&#234;me de leur travail&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La distribution, avec Emmanuelle B&#233;art, Annie Mercier, Laurent Sauvage, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le spectacle vivant est le miroir des courants de pens&#233;e qui traversent la soci&#233;t&#233;, on se prend &#224; esp&#233;rer que le 67e festival marque le retour d'un th&#233;&#226;tre de la r&#233;flexion et d'un th&#233;&#226;tre militant. Dans la profusion du &lt;i&gt;Off&lt;/i&gt;, il convient alors de citer &lt;i&gt;Louise Michel &#8211; &#201;crits et cris&lt;/i&gt;, un spectacle de th&#233;&#226;tre musical d'apr&#232;s les &lt;i&gt;M&#233;moires&lt;/i&gt; et la correspondance de la c&#233;l&#232;bre anarchiste. C'est au th&#233;&#226;tre de l'Essa&#239;on que Marie Ruggeri adapte, met en sc&#232;ne et incarne magnifiquement Louise. Un spectacle bouleversant et une tr&#232;s belle d&#233;couverte soutenue par l'interpr&#233;tation de Christian Belhomme et ses illustrations musicales, v&#233;ritable d&#233;cor sonore allant des chansons de la Commune aux chants kanaks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;&#226;tre peut-il changer le monde ? S'il peut se montrer pleinement &#171; intervenant &#187;, encore faut-il &#171; &lt;i&gt;changer la relation intellectuelle et affective que celui-ci entretient avec le public, ce microcosme de l'humanit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, pour reprendre la r&#233;flexion r&#233;cente d'Olivier Neveux&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Olivier Neveux, Politiques du spectateur. Les enjeux du th&#233;&#226;tre politique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;A lire : G&#233;rard Noiriel, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://atheles.org/agone/contrefeux/histoiretheatreetpolitique/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Histoire, th&#233;&#226;tre, politique&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, Agone, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La distribution, avec Emmanuelle B&#233;art, Annie Mercier, Laurent Sauvage, Raoul Fernandez, Moanda Daddy Kamono, Olivier Mellano, V&#233;ronique Nordey, Richard Sammut et Jeanne Balibar, pourrait pourtant sembler bien &#171; &lt;i&gt; star system&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Olivier Neveux, &lt;i&gt;Politiques du spectateur. Les enjeux du th&#233;&#226;tre politique aujourd'hui&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le colonialisme mis en proc&#232;s</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-colonialisme-mis-en-proces</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Le-colonialisme-mis-en-proces</guid>
		<dc:date>2013-06-04T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Norrito</dc:creator>


		<dc:subject>Page Musique</dc:subject>
		<dc:subject>CQFD</dc:subject>
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		<dc:subject>proc&#232;s</dc:subject>
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		<dc:subject>Cour Grandmaison</dc:subject>
		<dc:subject>Grandmaison</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La com&#233;dienne et dramaturge Maylis Bouffartigue, animatrice de la compagnie Monsieur Madame, pratique un th&#233;&#226;tre politique qui ne parle pas &#224; la place des citoyens, mais leur fournit des armes pour r&#233;sister. Rencontre autour de La Mise en proc&#232;s, son dernier spectacle. CQFD : Depuis quand tournes-tu avec La Mise en proc&#232;s ? Pour quelles raisons as-tu d&#233;cid&#233; de monter ce spectacle ? Maylis Bouffartigue : La Mise en Proc&#232;s est la suite de mon travail artistique. L'une de mes derni&#232;res (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no110-avril-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;110 (avril 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Page-Musique" rel="tag"&gt;Page Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/proces" rel="tag"&gt;proc&#232;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/public" rel="tag"&gt;public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/theatre" rel="tag"&gt;th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mise" rel="tag"&gt;mise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/code" rel="tag"&gt;code&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Code-noir" rel="tag"&gt;Code noir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cour-Grandmaison" rel="tag"&gt;Cour Grandmaison&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Grandmaison" rel="tag"&gt;Grandmaison&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La com&#233;dienne et dramaturge Maylis Bouffartigue, animatrice de la compagnie Monsieur Madame, pratique un th&#233;&#226;tre politique qui ne parle pas &#224; la place des citoyens, mais leur fournit des armes pour r&#233;sister. Rencontre autour de &lt;i&gt;La Mise en proc&#232;s&lt;/i&gt;, son dernier spectacle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CQFD : Depuis quand tournes-tu avec &lt;i&gt;La Mise en proc&#232;s&lt;/i&gt; ? Pour quelles raisons as-tu d&#233;cid&#233; de monter ce spectacle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maylis Bouffartigue :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;La Mise en Proc&#232;s&lt;/i&gt; est la suite de mon travail artistique. L'une de mes derni&#232;res cr&#233;ations th&#233;&#226;trales (&lt;i&gt;Tria Fata&lt;/i&gt;) traitait de l'exil, de l'errance et mettait en proc&#232;s la loi en g&#233;n&#233;ral. J'avais &#233;prouv&#233; la n&#233;cessit&#233; de me pencher sur les lois concernant les &#233;trangers. Rappelons que le Ceseda (Code de l'entr&#233;e et du s&#233;jour des &#233;trangers, et du droit d'asile) est entr&#233; en vigueur en 2005, la m&#234;me ann&#233;e que la parution de l'article du 23 f&#233;vrier pr&#244;nant les bienfaits de la colonisation. J'ai donc commenc&#233; par une &#171; mise en proc&#232;s fictive &#187; du code des &#233;trangers. J'avais fait cette proposition &#224; ma&#238;tre Giusti, avocat au barreau de Paris, qui jouait son propre r&#244;le. Mais en fait, cela faisait de longues ann&#233;es que j'avais l'id&#233;e de &#171; mettre en proc&#232;s &#187; le colonialisme.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_631 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH291/p13-maylis-a2ab2.png?1782643930' width='400' height='291' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 2008, alors que j'&#233;tais invit&#233;e au festival international du Th&#233;&#226;tre des r&#233;alit&#233;s au Mali, Adama Traor&#233;, le directeur du festival, qui connaissait depuis longtemps ce d&#233;sir, m'a offert le livre &lt;i&gt;Coloniser, exterminer&lt;/i&gt; (Fayard, 2005) d'Olivier Le Cour Grandmaison. Tout s'est ensuite encha&#238;n&#233; d'une fa&#231;on tr&#232;s logique. Mon parti-pris radical &#233;tait de mettre en proc&#232;s des codes juridiques. Olivier Le Cour Grandmaison avait &#233;crit &lt;i&gt;De l'indig&#233;nat&lt;/i&gt; (&#233;ditions La D&#233;couverte-Zones, 2010), qui traite justement des d&#233;crets concernant l'indig&#232;ne sous la IIIe R&#233;publique. Je me suis donc inspir&#233;e de ses deux derniers livres, mais je ne pouvais pas m'arr&#234;ter &#224; cette &#233;poque coloniale, il &#233;tait in&#233;vitable et logique d'aller plus en amont dans le temps et de mettre aussi en proc&#232;s le Code noir. Je me suis alors inspir&#233;e du formidable livre &lt;i&gt;Le Code noir ou le calvaire de Canaan &lt;/i&gt; (PUF, r&#233;&#233;d. 2012), de Louis Sala-Molins, qui avait tant d&#233;rang&#233; lors de sa publication, en 1986.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois codes sont &#233;crits pour contr&#244;ler une m&#234;me cat&#233;gorie de gens : le Noir, l'indig&#232;ne et l'&#233;tranger. &lt;i&gt;La Mise en Proc&#232;s&lt;/i&gt; n'est certes pas l&#224; pour mettre les trois codes sur le m&#234;me plan, pour dire que l'histoire est la m&#234;me depuis des si&#232;cles, mais pour mettre en exergue le racisme d'&#201;tat, le racisme &#233;litiste multis&#233;culaire et traditionnel, couvert par la loi cens&#233;e incarner l'objectivit&#233;&#8230; Pour reprendre une phrase d'Olivier Le Cour Grandmaison, avec cette pi&#232;ce, je combats &#171; &lt;i&gt;l'arbitraire &#233;tabli par le droit et au nom m&#234;me du droit.&lt;/i&gt; &#187; Il faut avoir conscience que le &lt;i&gt;Code noir&lt;/i&gt; et le code de l'indig&#233;nat ont l&#233;gif&#233;r&#233; la mise &#224; mort par le biais de l'esclavage ou du travail forc&#233; de millions d'hommes, de femmes et d'enfants&#8230; L'esclavage a &#233;t&#233; reconnu en 2001 comme &#233;tant un crime contre l'humanit&#233;. Mais qu'en est-il du colonialisme et du travail forc&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au Lavoir moderne, le spectacle &#224; peine achev&#233;, tu as lanc&#233; une discussion-d&#233;bat avec Louis-Georges Tin et Olivier Lecour Grandmaison. Pourquoi ne pas int&#233;grer les intervenants &#224; la pi&#232;ce, dans le cadre de l'accusation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je serai tr&#232;s heureuse d'int&#233;grer dans la pi&#232;ce Olivier Le Cour Grandmaison, ou Louis Sala-Molins, ou encore Louis Georges Tin, ces trois intellectuels pr&#233;cieux, singuliers et courageux. Ceci dit, je tiens &#224; ce qu'ils d&#233;battent et discutent avec le public &#224; la fin de la repr&#233;sentation, car ils &#233;clairent scientifiquement des pans de notre histoire, si m&#233;connue ou malconnue par la majorit&#233; des Fran&#231;ais eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Te revendiques-tu du &#171; th&#233;&#226;tre d'intervention &#187; brechtien ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne me revendique pas ! Je fais du th&#233;&#226;tre aujourd'hui, ici et maintenant, et surtout devant un auditoire ! Par sa forme particuli&#232;re, cette pi&#232;ce rappelle la vocation civique initiale du th&#233;&#226;tre antique. Le th&#233;&#226;tre ne prend vie et n'existe qu'&#224; une unique condition : il doit &#234;tre incarn&#233; devant un auditoire. Une pi&#232;ce dramatique n'existe en tant qu'acte th&#233;&#226;tral qu'&#224; ce moment-l&#224;, d&#232;s que le public, l'acteur principal dirais-je, entre en jeu en &#233;tant auditoire : sans ce fondement, une pi&#232;ce reste un livre avec un int&#233;r&#234;t bien moindre, car c'est dans cette incarnation elle-m&#234;me que le th&#233;&#226;tre devient effectivement r&#233;el et acte public. Qui dit acte public et auditoire dit acte politique&#8230; Ainsi &lt;i&gt;La Mise en proc&#232;s&lt;/i&gt; r&#233;pond &#224; cette loi th&#233;&#226;trale, &#224; ce &#171; droit th&#233;&#226;tral fondamental &#187; du spectateur. Elle propose des textes qui ne sont pas r&#233;f&#233;renc&#233;s comme &#233;tant des textes dramatiques, mais qui concernent les affaires publiques et donc le citoyen lambda. Ce dernier peut ainsi jouir de son droit civique et accaparer ces textes d&#233;laiss&#233;s par l'&#201;ducation nationale et la culture en g&#233;n&#233;ral&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu as jou&#233; dans le film &lt;i&gt;La Commune de Paris&lt;/i&gt; (1999) de Peter Watkins. Quel a &#233;t&#233; ton parcours depuis et quels sont tes projets futurs ? T'est-il ais&#233; de vivre de ton art aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_632 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH600/p13-codenoir-8a06f.png?1782643930' width='400' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;J'ai cr&#233;&#233; en 2001 un solo, &lt;i&gt;La diseuse quelqu'un&lt;/i&gt;, que j'ai eu l'occasion de jouer en Pologne, en Italie, au Togo, au Mali, au Burkina Faso, au S&#233;n&#233;gal&#8230; Ce solo a &#233;t&#233; d&#233;fini par les critiques comme un &#171; po&#232;me sc&#233;nique &#187;. Beaucoup de spectateurs venaient me voir &#224; la fin des repr&#233;sentations pour me demander de &#171; &lt;i&gt;vivre une exp&#233;rience artistique et th&#233;&#226;trale avec moi &lt;/i&gt; &#187; ! Parmi eux, il y avait des artistes, des &#233;tudiants, des scientifiques, des femmes au foyer, des ch&#244;meurs, des sans-papiers, des enseignants, des rappeurs, des slameurs, des &#233;crivains. J'ai &#233;tabli une longue liste de toutes ces personnes que j'ai convi&#233;e pour pr&#233;senter diverses propositions en avant-premi&#232;re de mon solo. Une association de fait &#233;tait n&#233;e. J'ai ensuite cr&#233;&#233; ma compagnie de th&#233;&#226;tre, en 2002, une association nomm&#233;e &lt;a href=&#034;http://ciemonsieurmadame.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;compagnie Monsieur Madame&lt;/a&gt;, compos&#233;e en partie du public pr&#233;alablement rencontr&#233;. Depuis, j'ai &#233;crit et mis en sc&#232;ne plusieurs pi&#232;ces&#8230; Mon prochain projet concernera le g&#233;nocide du Rwanda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vivre de son art n'est pas ais&#233;. Mais ce qui est le plus difficile, le plus d&#233;nu&#233; de sens, c'est la s&#233;lection op&#233;r&#233;e par la majorit&#233; des experts-culture, des directeurs et programmateurs de th&#233;&#226;tre. Quels sont les crit&#232;res de leur choix ? Ces professionnels de la culture qui gravitent autour des artistes d&#233;cident de ce qui est bon pour &#171; leur &#187; public. C'est ainsi que l'on peut laisser porte ouverte &#224; une censure camoufl&#233;e, c'est ainsi que l'on emp&#234;che l'artiste de th&#233;&#226;tre non consensuel de communiquer ses r&#233;flexions et, pire, c'est ainsi que l'on prive le public de ces diverses propositions, que l'on transforme le spectateur, cet acteur principal du spectacle vivant, en client, en acheteur de produits convenus, faciles &#224; consommer et d&#233;cid&#233;s par des experts ! Je pense alors &#224; cette phrase fondamentale de Tad&#233;usz Kantor : &#171; &lt;i&gt;Le moment o&#249; un homme, un acteur, se l&#232;ve devant d'autres hommes, des spectateurs, me para&#238;t &#234;tre un moment r&#233;volutionnaire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pied-rouge, &#171; idiot utile &#187; ?</title>
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		<dc:creator>Marie Nenn&#232;s</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Jeunes fran&#231;ais militants, engag&#233;s &#224; gauche, ils ont rejoint l'Alg&#233;rie &#224; partir de 1962 pour aider le nouveau pays &#224; se construire. Avant de plier bagage quelques ann&#233;es plus tard, d&#233;senchant&#233;s. On les appelle les pieds-rouges, et CQFD a rencontr&#233; l'un d'eux. En ce cinquanti&#232;me anniversaire de l'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie, la presse d&#233;gouline de t&#233;moignages de pieds-noirs, &#171; cocus &#187; de l'histoire. Mais il en est d'autres, bien plus discrets, qui ont longtemps r&#233;pugn&#233; &#224; parler. Jusqu'&#224; ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no99-avril-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;99 (avril 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nardo-59" rel="tag"&gt;Nardo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/theatre" rel="tag"&gt;th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Boeglin" rel="tag"&gt;Bo&#235;glin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jean-Marie" rel="tag"&gt;Jean-Marie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jeunes fran&#231;ais militants, engag&#233;s &#224; gauche, ils ont rejoint l'Alg&#233;rie &#224; partir de 1962 pour aider le nouveau pays &#224; se construire. Avant de plier bagage quelques ann&#233;es plus tard, d&#233;senchant&#233;s. On les appelle les pieds-rouges&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Catherine Simon, Alg&#233;rie, les ann&#233;es pieds-rouges, La D&#233;couverte, 2009.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, et &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a rencontr&#233; l'un d'eux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En ce cinquanti&#232;me anniversaire de l'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie, la presse d&#233;gouline de t&#233;moignages de pieds-noirs, &#171; cocus &#187; de l'histoire. Mais il en est d'autres, bien plus discrets, qui ont longtemps r&#233;pugn&#233; &#224; parler. Jusqu'&#224; ce qu'un jour&#8230; &lt;i&gt;&#171; J'ai &#233;t&#233; une sorte d'idiot utile. Mais si c'&#233;tait &#224; refaire, je recommencerais. Avec cette distance de savoir que l'homme est mal fait et que, quand on vous parle de collectif, il y a toujours un malin pour ramasser la mise, derri&#232;re&#8230; Mais oui, je recommencerais ! &#187;&lt;/i&gt;
L'&#339;il bleu p&#233;tille sous la casquette. &#192; 85 ans, Jean-Marie Bo&#235;glin doit s'aider d'une canne pour marcher, mais ne cherche pas ses mots. Il a fallu le prier un peu pour le convaincre de convoquer les fant&#244;mes de ses ann&#233;es pieds-rouges. Il r&#226;le qu'il va mal dormir apr&#232;s, raconte que la derni&#232;re fois qu'il a ouvert un carton de souvenirs, il a tout balanc&#233; dans&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_363 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH639/99nardopiedrouge-b5f95.png?1782641645' width='400' height='639' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Nardo
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;l'Is&#232;re, juste en bas de chez lui, puis se lance. &lt;i&gt;&#171; Ce n'est m&#234;me pas par id&#233;ologie ou par militantisme que je me suis engag&#233; aupr&#232;s du FLN, je suis plus instinctuel&lt;/i&gt; [sic]&lt;i&gt;. Pour vous situer, &#224; 15 ans, je me suis fait virer des Jeunesses communistes parce que trop libertaire et, &#224; 17, de la F&#233;d&#233;ration anarchiste parce que trop marxiste ! Mais ma vie, c'&#233;tait le th&#233;&#226;tre. En 1957, je tra&#238;nais &#224; Lyon avec Roger Planchon. J'ai rencontr&#233; un jeune qui s'appelait Kader, passionn&#233; de th&#233;&#226;tre lui aussi. Peu de temps apr&#232;s, il a disparu et ses amis m'ont appris qu'il &#233;tait mort sous la torture dans un commissariat. Choqu&#233;, j'ai propos&#233; un coup de main, puis l'&#233;paule y est pass&#233;e, puis tout le reste. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son p&#232;re, ancien chef de r&#233;seau Francs-tireurs partisans (FTP) durant la seconde guerre mondiale, Jean-Marie Bo&#235;glin a appris les techniques de la clandestinit&#233;. En 1961, il est condamn&#233; &#224; dix ans de prison par contumace, et passe au Maroc. &#192; l'&#233;t&#233; 1962, il entre en Alg&#233;rie avec l'Arm&#233;e de lib&#233;ration nationale (ALN) et gagne Alger. &lt;i&gt;&#171; Toutes les nuits, on entendait des coups de feu. Tr&#232;s vite, je me suis aper&#231;u qu'il y avait une lutte pour le pouvoir mais bon, je me disais, c'est normal, c'est les s&#233;quelles du colonialisme. Quand je posais des questions, on me r&#233;pondait toujours : &#8220;Ce n'est pas le moment.&#8221; &#199;a m'a refroidi, mais en m&#234;me temps, on avait des moyens et puis, on se sentait un petit peu bolchevik quand m&#234;me ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;&#226;tre, &#224; nouveau, dirige sa vie. Avec Mohamed Boudia&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mohamed Boudia, gavroche de la Casbah et dramaturge alg&#233;rien, fut l'un des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, qu'il a connu en France, et Mourad Bourboune, il fait partie de la commission culturelle du Front de lib&#233;ration nationale (FLN), qui cr&#233;e le Th&#233;&#226;tre national d'Alger en lieu et place de l'Op&#233;ra, et nationalise les salles d'Oran, Constantine et Annaba. La r&#233;volution est en marche, les pablistes&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On appelait ainsi les partisans de Michel Raptis, dit Pablo, trostkiste (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; ont l'oreille de Ben Bella, l'autogestion est le mot d'ordre sur toutes les l&#232;vres. Bo&#235;glin devient l'un des enseignants les plus en vue du tout nouveau Institut national des arts dramatiques. Ann&#233;es heureuses o&#249; il a le sentiment de participer &#224; la construction d'un monde et d'un homme nouveau. Jusqu'au coup d'&#233;tat du g&#233;n&#233;ral Boumediene, le 19 juin 1965. L'arm&#233;e prend le pouvoir, l'islam est proclam&#233; religion d'&#233;tat, l'arabisation d&#233;cr&#233;t&#233;e. &lt;i&gt;&#171; Les socialistes en peau de lapin &#187;&lt;/i&gt;, comme les appelle Boumediene, ne sont plus les bienvenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le vrai visage d'un tas de gens s'est r&#233;v&#233;l&#233; &#224; ce moment l&#224;. Et il n'&#233;tait pas beau. Beaucoup de pieds-rouges sont partis, d'eux-m&#234;mes ou chass&#233;s. Malgr&#233; tout, j'y croyais, je croyais tr&#232;s fort au th&#233;&#226;tre, je ne voulais pas laisser tomber l'&#233;cole de com&#233;diens. Malgr&#233; l'exil de Boudia et de Bourboune, je me disais que tout n'&#233;tait pas termin&#233;. Et puis, en tant que petit blanc, je culpabilisais comme un fou. Alors, je ne suis pas parti. &#187;&lt;/i&gt; Il est arr&#234;t&#233;, brutalis&#233;, puis rel&#226;ch&#233; et retrouve son poste. En 1966, les actions commises contre la s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat durant la guerre d'Alg&#233;rie sont amnisti&#233;es en France. Vex&#233; d'&#234;tre mis dans le m&#234;me sac que les militants de l'Organisation arm&#233;e secr&#232;te (OAS), Bo&#235;glin refuse de rentrer. Fin 1968, il est vir&#233; de sa ch&#232;re &#233;cole de th&#233;&#226;tre et trouve &#224; se recaser dans la communication. &lt;i&gt;&#171; J'avais la vanit&#233; de me dire : si je g&#234;ne, c'est que je sers &#224; quelque chose. Et puis, avec le recul, je me dis que quelques graines ont germ&#233;. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1979, des rumeurs l'accusent de sionisme et il comprend qu'il doit partir. Ce qu'il fera d&#233;finitivement en 1981. De retour en France, &#224; la Maison de la culture de Grenoble, il n'aura de cesse de mettre en sc&#232;ne des auteurs alg&#233;riens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir est tomb&#233; dans l'appartement au bord de l'Is&#232;re. Jean-Marie B&#246;eglin tire sur sa pipe, en silence, puis l&#226;che : &lt;i&gt;&#171; Nous aussi, nous sommes les cocus de l'histoire. Pas de mani&#232;re aussi dramatique que les pieds-noirs ou les harkis mais quand m&#234;me un peu&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Cette fois, l'&#339;il bleu se voile. Pas longtemps. D'un revers de main, Jean-Marie Bo&#235;glin chasse les fant&#244;mes et ass&#232;ne : &lt;i&gt;&#171; Je survis parce que je suis en col&#232;re. Et cette col&#232;re me donne de l'&#233;nergie. Tout est en train de craquer et j'esp&#232;re que je ne cr&#232;verais pas avant d'avoir vu l'effondrement du syst&#232;me capitaliste. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire Catherine Simon, &lt;a href=&#034;http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Algerie__les_annees_pieds_rouges-9782707169730.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Alg&#233;rie, les ann&#233;es pieds-rouges&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, La D&#233;couverte, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mohamed Boudia, gavroche de la Casbah et dramaturge alg&#233;rien, fut l'un des responsables de la f&#233;d&#233;ration de France du FLN.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On appelait ainsi les partisans de Michel Raptis, dit Pablo, trostkiste grec, leader de la quatri&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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