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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Se faire troubadour en lien avec les mouvements de lutte &#187;</title>
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		<dc:creator>Il Ganzo, Mateo Matzo</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;R&#233;cital Boxon est un spectacle multiforme comme il en existe peu : sensible, incisif, d&#233;capant, po&#233;tique, musical&#8230; N&#233; au c&#339;ur des luttes bruxelloises, il se revendique d'un art populaire et subversif. Une id&#233;e ch&#232;re &#224; Ma&#239;a, auteure-interpr&#232;te, et &#224; Marolito, musicien-compositeur. Entretien &#224; deux voix. Comment d&#233;finirais-tu R&#233;cital Boxon, Ma&#239;a ? Je dirais que c'est un m&#233;lange de textes, de r&#233;cits de vie, de po&#232;mes, de musiques et de chants. Plusieurs styles d'&#233;criture se m&#234;lent, qui ont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;cital Boxon est un spectacle multiforme comme il en existe peu : sensible, incisif, d&#233;capant, po&#233;tique, musical&#8230; N&#233; au c&#339;ur des luttes bruxelloises, il se revendique d'un art populaire et subversif. Une id&#233;e ch&#232;re &#224; Ma&#239;a, auteure-interpr&#232;te, et &#224; Marolito, musicien-compositeur. Entretien &#224; deux voix.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3217 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH547/-1434-0115c.jpg?1782638898' width='400' height='547' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment d&#233;finirais-tu &lt;i&gt;R&#233;cital Boxon&lt;/i&gt;, Ma&#239;a ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirais que c'est un m&#233;lange de textes, de r&#233;cits de vie, de po&#232;mes, de musiques et de chants. Plusieurs styles d'&#233;criture se m&#234;lent, qui ont en commun d'&#233;voquer des exp&#233;riences politiques s'&#233;tant d&#233;roul&#233;es il y a une dizaine d'ann&#233;es &#224; Bruxelles, &#224; Li&#232;ge et en Belgique en g&#233;n&#233;ral. Nous avons essay&#233; de faire revivre ces luttes au travers d'un regard singulier &#8211; m&#234;me si en r&#233;alit&#233; beaucoup de gens ont influenc&#233; l'&#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai commenc&#233; &#224; &#233;crire &lt;i&gt;R&#233;cital Boxon&lt;/i&gt; en 2008. Je venais du th&#233;&#226;tre, milieu o&#249; je ne trouvais plus d'espace politique. Avec des ami-e-s et des compagnons de lutte, nous cherchions une salle pour pr&#233;senter une &#233;bauche de spectacle. Un directeur de th&#233;&#226;tre nous a sorti : &#171; &lt;i&gt;&#199;a fait un peu ann&#233;es 1970, votre r&#233;cital...&lt;/i&gt; &#187; Il n'avait pas forc&#233;ment tort, puisqu'on s'inspirait clairement des luttes de ces ann&#233;es-l&#224;. Mais sa remarque &#233;tait plut&#244;t caricaturale et m&#233;prisante. Par d&#233;rision, nous avons alors d&#233;cid&#233; de nous r&#233;approprier &#171; R&#233;cital &#187;, puis d'y rajouter &#171; Boxon &#187;. Parce qu'on n'a jamais su d&#233;finir ce spectacle. Quand on le pr&#233;sente, une m&#234;me question revient en boucle : &#171; &lt;i&gt;Mais vous &#234;tes dans quelle cat&#233;gorie ? Chanson, th&#233;&#226;tre, slam, &lt;/i&gt;spoken word &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Impossible de r&#233;pondre. Et inutile, on n'a pas sp&#233;cialement envie de se d&#233;finir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'o&#249; vient ce besoin de mettre en sc&#232;ne les luttes auxquelles tu as particip&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord de l'envie de transmettre des histoires. De lutter contre l'invisibilisation et le silence. Il me semblait n&#233;cessaire de garder une trace, une m&#233;moire, et de raconter la r&#233;pression. Mais aussi de transmettre les joies, l'humour et les forces que poss&#232;dent les &#171; pays du refus &#187;. L'&#233;criture &#233;merge bien d'une histoire commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je souhaitais aussi renouer avec une tradition de troubadours, de courants po&#233;tiques et musicaux directement en prise avec la vie. Rien de neuf, au fond : il en a toujours &#233;t&#233; ainsi dans les traditions populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi consistaient les luttes bruxelloises de la fin des ann&#233;es 1990 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville comptait alors un grand nombre de collectifs. De personnes sans-papiers, de ch&#244;meurs autonomes, de r&#233;appropriations de b&#226;timents vides, de lutte pour la gratuit&#233; des transports, de critique sociale, etc... Plusieurs d'entre eux se sont regroup&#233;s dans un m&#234;me lieu, un espace occup&#233;, se donnant le nom de collectif &#171; sans nom &#187; ou &#171; cent noms &#187;. C'est de cette exp&#233;rience que s'inspire, en partie, &lt;i&gt;R&#233;cital Boxon&lt;/i&gt;, m&#234;me si le spectacle n'en parle pas directement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a notamment un texte portant sur Semira Adamu, une jeune Nig&#233;riane de 22 ans. Elle voulait &#234;tre chanteuse, mais a &#233;t&#233; assassin&#233;e par la gendarmerie et l'&#201;tat belge en 1998. Pas par hasard, mais parce qu'elle leur r&#233;sistait et qu'elle organisait la lutte avec d'autres d&#233;tenus du centre o&#249; elle &#233;tait enferm&#233;e. Quand ils essayaient de l'expulser, elle r&#233;sistait et leur tenait t&#234;te. &#192; cinq reprises, elle a ainsi r&#233;ussi &#224; faire &#233;chouer son expulsion. Mais &#224; la sixi&#232;me, ils l'ont pr&#233;venue : ils la tueraient si elle ne se laissait pas faire. C'est ce qui est finalement arriv&#233; : elle est morte dans l'avion, entre neuf gendarmes qui la bloquaient et l'emp&#234;chaient de respirer avec un coussin. Aujourd'hui, elle est un symbole pour toutes les luttes des personnes sans-papiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le spectacle &#233;voque essentiellement des trajectoires de femmes &#8211; c'est de l&#224; que je parle. J'ai notamment &#233;t&#233; tr&#232;s marqu&#233;e par ma rencontre avec le R&#233;seau des m&#232;res des disparus, qui regroupait des femmes d'Argentine, de Palestine, du Rwanda, d'ex-Yougoslavie, du Mexique et de diverses autres r&#233;gions du monde. Elles se retrouvaient pour parler de la disparition de leurs proches, se donner des forces et lutter ensemble. Ainsi que pour continuer &#224; faire vivre les mondes pour lesquels leurs disparus se battaient. De vraies combattantes, des femmes incroyables qui n'abandonnent jamais et qui m'ont fortement influenc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu t'es aussi inspir&#233;e d'auteurs ou textes reconnus ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai re&#231;u une vraie claque quand j'ai d&#233;couvert les textes des f&#233;ministes noires am&#233;ricaines. &#192; l'image d'Audre Lorde, po&#233;tesse, guerri&#232;re, militante anticoloniale et lesbienne, qui voyait dans la po&#233;sie l'arme du pauvre. J'ai aussi &#233;t&#233; marqu&#233;e par le groupe The Last Poets. Sans oublier les auteurs Aim&#233; C&#233;saire, Pier Pasolini, &#201;douard Glissant et Mahmoud Darwich. Et puis, des po&#232;tes russes, comme Mariana Tsvetaieva ou Vladimir Ma&#239;akoski, et les po&#232;mes de ma s&#339;ur Nathalie Chauvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une certaine forme de th&#233;&#226;tre italien m'a aussi beaucoup influenc&#233;e. Je pense &#224; Franca Rame et &#224; Dario Fo, qui ont mis en sc&#232;ne les r&#233;cits des luttes en Italie &#8211; des r&#233;quisitions dans les supermarch&#233;s aux mobilisations contre les violences faites aux femmes, en passant par les t&#233;moignages des prisonni&#232;res politiques issues des rangs de la RAF ou des Brigades rouges. Ils ont ainsi cr&#233;&#233; quelque chose entre le th&#233;&#226;tre et le r&#233;cit de vie, se faisant troubadours en lien avec les mouvements de lutte. Et puis, ils jouaient dans les usines, les &#233;coles, la rue, les lieux occup&#233;s, les th&#233;&#226;tres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur sc&#232;ne, tes textes tr&#232;s politiques ne sonnent jamais comme un slogan ou une pens&#233;e froide. Au contraire, ils font preuve d'une vraie dimension po&#233;tique...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'essaie d'&#233;viter le c&#244;t&#233; &#171; donneuse de le&#231;ons &#187;. Et je ne me consid&#232;re absolument pas &#233;crivain ou po&#232;te. Pour moi, la dimension po&#233;tique ne tient pas aux mots. Elle peut advenir en plein d'endroits diff&#233;rents, par des rencontres, des musiques, des histoires orales, des confrontations&#8230; Elle &#171; &#233;merge &#187; soudainement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les bars, j'ai rencontr&#233; des musiciens qui m'ont ramen&#233;e &#224; quelque chose de tr&#232;s concret, &#224; un rapport tr&#232;s direct avec le public &#8211; ce que je n'arrivais pas &#224; trouver dans les milieux institutionnels du th&#233;&#226;tre. J'ai ainsi eu la chance de croiser la route de gens qui menaient plusieurs vies, qui &#233;taient camionneur, musicienne, ma&#231;on, aide-soignante et slameur&#8230; Pour moi, elle est l&#224;, la po&#233;sie. Et elle est aussi dans la rencontre avec tous les musiciens du groupe, pas forc&#233;ment issus du milieu dit &#171; militant &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marolito, tu joues de la guitare flamenca et tu portes en grande partie la dimension musicale de ce spectacle. Tu partages la vision po&#233;tique de Ma&#239;a ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, parce que ce n'est pas une po&#233;sie nombriliste ou psychologisante. Elle porte une histoire. Je suis compositeur et c'est tr&#232;s important pour moi d'accompagner des textes qui vont au-del&#224; d'une dimension personnelle. C'est le cas de &lt;i&gt;R&#233;cital Boxon&lt;/i&gt; &#8211; d'autres musiciens y participent, qui portent les couleurs de diff&#233;rentes musiques populaires. Au final, il s'agit de redonner un sens populaire &#224; la po&#233;sie. De rappeler qu'elle n'est pas qu'un art bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment d&#233;finirais-tu une musique populaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On fait souvent la confusion entre culture de masse et culture populaire. La premi&#232;re n'est qu'une invention de l'industrie musicale pour vendre au plus grand nombre. Rien &#224; voir avec les musiques populaires, qui s'ancrent dans les m&#233;moires, les traditions collectives, les histoires transmises par les peuples. &#192; l'image du flamenco, n&#233; de la rencontre en Andalousie de la culture de la minorit&#233; gitane, avec la m&#233;moire de l'exil et des pers&#233;cutions racistes, et de celle de ce coin d'Espagne marqu&#233;e par le souvenir des Moriscos, musulmans convertis de force par le pouvoir catholique. Le flamenco, c'est d'abord une histoire de cr&#233;olisation de toutes ces communaut&#233;s coexistant dans un m&#234;me territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel usage fais-tu du mot &#171; cr&#233;olisation &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je le pr&#233;f&#232;re au mot &#171; fusion &#187;, souvent utilis&#233; pour &#233;tiqueter des tentatives de rencontres entres diff&#233;rentes traditions musicales. Ce terme me donne l'impression que tout se dissout dans une sorte de soupe hyperm&#233;tiss&#233;e, hors-sol. Au contraire, la cr&#233;olisation renvoie &#224; des racines qui s'entrem&#234;lent, &#224; des identit&#233;s multiples, comme le dit le po&#232;te &#201;douard Glissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans mon histoire, je porte plut&#244;t une identit&#233; populaire bruxelloise. Mais j'ai aussi v&#233;cu au contact de la communaut&#233; turque pendant des ann&#233;es. Et aujourd'hui, je me sens impr&#233;gn&#233; de cette culture, de ses valeurs et de sa musique. Elles existent en moi, m&#234;me si je ne suis pas turc. La musique est un espace qui provoque la rencontre d'identit&#233;s multiples, et qui prend le contre-pied de l'identit&#233; raciste et x&#233;nophobe d&#233;fendue aujourd'hui par le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ma&#239;a, vous arrivez &#224; vivre de ce spectacle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r que non, impossible ! On fait des petits boulots &#224; c&#244;t&#233;. Il nous arrive de d&#233;crocher des dates pay&#233;es dans des salles &#171; classiques &#187;, m&#234;me si on continue &#233;videmment &#224; jouer dans des lieux militants, associatifs. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, nous subissons cette pr&#233;carisation grandissante qui frappe chacun et chacune... Mais je ne vais pas me plaindre, ce serait ind&#233;cent &#8211; je me d&#233;merde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essentiel est de continuer &#224; &#233;crire. Et de faire vivre &lt;i&gt;R&#233;cital Boxon&lt;/i&gt; et son rapport sensible au monde. Tu vois, je n'ai pas dit &#171; et son rapport politique au monde &#187;. Ce mot &#171; politique &#187; est trop galvaud&#233;, il faudrait des heures pour d&#233;finir ce qu'on met derri&#232;re. Je ne sais m&#234;me pas si je dirais que c'est un spectacle avec des paroles engag&#233;es. Il serait peut-&#234;tre plus juste de parler d'un spectacle avec &#171; des paroles de d&#233;gagement &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Il Ganzo &amp; Mateo Matzo&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Vous pouvez retrouver l'int&#233;gralit&#233; de cet interview en podcast sur &lt;a href=&#034;http://zinzine.domainepublic.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Zinzine&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; R&#233;cital boxon a aussi sorti un album, &lt;i&gt;Elle frappe la terre rouge&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Semira Adamu : le proc&#232;s &#187; (extrait)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ils ont bris&#233; les barbel&#233;s. Pas tous. D'autres &#233;taient dans les cellules en isolement total. / Ils ont couru &#224; travers les champs. Rompre avec la honte de ces barbel&#233;s. Sans compromis. Aucun. / Ils ont migr&#233;, o&#249; sont-ils, dans quel pays, quelle importance ? / Ils sont n&#233;s tant de fois, avec des noms multiples, devenus innommables. J'esp&#232;re qu'ils balafrent les nations, qu'ils leur &#233;chappent, j'esp&#232;re sans espoir. Les &#233;vasions sont rares... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Elle est cette voix sans visage qui r&#233;sonnait au bout du fil... Jamais vue, juste entendue... lue dans ses lettres. / Elle est cet appel sourd, elle a un nom, elle porte d'autres noms rest&#233;s derri&#232;re les grillages, elle leur donne la force de r&#233;sister... Elle r&#234;ve de porter des chants, elle a vingt-deux ans. / Son nom &#224; elle appara&#238;tra sur les premi&#232;res pages des journaux pour un jour y dispara&#238;tre d&#233;finitivement : Semira Adamu. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Th&#233;&#226;tre : &#171; Je nomme l'adversaire, je ne le sublime pas th&#233;&#226;tralement &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Theatre-Je-nomme-l-adversaire-je</link>
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		<dc:date>2018-03-09T07:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Norrito</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>Alors</dc:subject>
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		<dc:subject>th&#233;&#226;tre</dc:subject>
		<dc:subject>Nanterre</dc:subject>
		<dc:subject>Sylvie Gravagna</dc:subject>
		<dc:subject>compagnie</dc:subject>
		<dc:subject>Elf</dc:subject>
		<dc:subject>sc&#232;ne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En dix ans, il a cr&#233;&#233; trois spectacles qui font mouche. Le premier d&#233;nonce la Fran&#231;afrique, le deuxi&#232;me l'industrie nucl&#233;aire, le dernier, Le Maniement des larmes, la vente d'armes et la corruption, les petits arrangements entre puissants. Sur sc&#232;ne, Nicolas Lambert incarne jusqu'&#224; 20 personnages. Son credo ? L'&#233;ducation populaire. Rencontre avec un maestro des mots. Peut-on revenir sur ton parcours de com&#233;dien, de dramaturge et sur l'histoire de la compagnie Un pas de c&#244;t&#233; ? Nous avons (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no139-janvier-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;139 (janvier 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Alors" rel="tag"&gt;Alors&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/spectacle" rel="tag"&gt;spectacle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/theatre" rel="tag"&gt;th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nanterre" rel="tag"&gt;Nanterre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sylvie-Gravagna" rel="tag"&gt;Sylvie Gravagna&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/compagnie" rel="tag"&gt;compagnie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Elf" rel="tag"&gt;Elf&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/scene" rel="tag"&gt;sc&#232;ne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En dix ans, il a cr&#233;&#233; trois spectacles qui font mouche. Le premier d&#233;nonce la Fran&#231;afrique, le deuxi&#232;me l'industrie nucl&#233;aire, le dernier, &lt;i&gt;Le Maniement des larmes&lt;/i&gt;, la vente d'armes et la corruption, les petits arrangements entre puissants. Sur sc&#232;ne, Nicolas Lambert incarne jusqu'&#224; 20 personnages. Son credo ? L'&#233;ducation populaire. Rencontre avec un maestro des mots.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2235 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH290/-508-8c9fe.jpg?1782645508' width='400' height='290' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on revenir sur ton parcours de com&#233;dien, de dramaturge et sur l'histoire de la compagnie Un pas de c&#244;t&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons cr&#233;&#233; la compagnie &#224; deux, avec Sylvie Gravagna au d&#233;but des ann&#233;es 1990. Notre premier boulot a &#233;t&#233; l'adaptation de &lt;i&gt;Derri&#232;re la vitre&lt;/i&gt;, un roman de Robert Merle publi&#233; en 1970 (Gallimard). Cet auteur &#224; succ&#232;s &#233;tait alors prof de logique &#224; Nanterre. Le spectacle portait sur les &#233;v&#233;nements de mai 68 et la naissance du mouvement du 22 mars &#224; l'universit&#233; de Nanterre. On a jou&#233; ce spectacle sur place, dans les locaux de la fac, en 1992. On &#233;tait 25 sur sc&#232;ne, dans un amphi de 700 places. Il fallait que le spectacle soit populaire pour remplir. On a ouvert la fac aux habitants de la ville, ce qui n'&#233;tait pas &#233;vident tant l'universit&#233; de Paris-X semble d&#233;connect&#233;e de la ville qui l'accueille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; partir de quand vous retrouvez-vous &#224; deux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe de Nanterre perdure jusqu'en 1998 environ. Je quitte l'&#201;ducation nationale et deviens intermittent en 1995. Apr&#232;s ces ann&#233;es pass&#233;es dans les &#233;tablissements scolaires, on s'installe &#224; Pantin, dans une ancienne menuiserie. La ville est alors dirig&#233;e par une &#233;quipe communiste, on tombe en sympathie avec une personne de la mairie de quartier. On lance alors un &#233;norme boulot avec les archives et la mairie de Pantin qui d&#233;bouche sur un spectacle sur la m&#233;moire de l'immigration. On joue alors plusieurs centaines de fois, principalement dans des &#233;tablissements scolaires, sous forme de cabaret, avec des danseurs et une violoncelliste. On avait reconstitu&#233; le parcours d'une famille alsacienne de 1870 &#224; 1990, &#224; partir de t&#233;moignages. Des m&#232;res africaines se sont reconnues dans ce spectacle. Et c'&#233;tait justement le but : montrer que nous sommes tous des migrants et que nous partageons une histoire commune, puisque dans ces banlieues, il y a un peu plus d'un si&#232;cle, il n'y avait presque personne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et comment en arrive-t-on &#224; &lt;i&gt;Elf, la pompe Afrique&lt;/i&gt; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2232 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L320xH445/-505-330a1.jpg?1782650772' width='320' height='445' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On s'est fait virer de Pantin &#224; la suite d'un changement de municipalit&#233;. Les jeunes loups du PS nous ont jet&#233;s avec l'eau du bain. On a fait (une nouvelle fois) faillite, on a remont&#233; une structure associative et chang&#233; de nom, c'est alors qu'on est devenu la Compagnie &#171; Un pas de c&#244;t&#233; &#187;, vers 2004-2005. Dans l'id&#233;e de faire une &#233;mission de radio, j'ai commenc&#233; &#224; travailler sur les m&#233;dias, &#224; partir de documents bruts, en ne gardant que ceux-l&#224;. Je me suis lanc&#233; dans le reportage radiophonique, qui est ensuite devenu un documentaire radio, puis un spectacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2004-2005, c'est aussi un moment o&#249; la concentration de la presse s'acc&#233;l&#232;re, et l&#224;, je d&#233;cide d'utiliser la sc&#232;ne comme m&#233;dia. L'id&#233;e de d&#233;part, c'&#233;tait de d&#233;voiler les d&#233;fauts les plus saillants de la d&#233;mocratie. &#192; l'&#233;poque, je pensais proposer une trilogie &#171; bleu-blanc-rouge &#187; en trois ans. Je souhaitais d'abord parler de l'armement, notamment de la concentration des m&#233;dias entre les mains des industriels du lobby militaire, comme Lagard&#232;re. En comprenant la place ahurissante du nucl&#233;aire civil et militaire, je d&#233;cide de commencer par un spectacle sur cette th&#233;matique. Mais si on fait cela sans &#233;voquer la question de la d&#233;colonisation, du p&#233;trole, de l'Alg&#233;rie, on rate quelque chose. Je suis donc parti de la question coloniale (&lt;i&gt;Elf, la pompe Afrique&lt;/i&gt;) pour ensuite traiter le nucl&#233;aire (&lt;i&gt;Avenir radieux &#8211; Une fission fran&#231;aise&lt;/i&gt;) et me concentrer finalement sur la vente d'armes (&lt;i&gt;Le Maniement des larmes&lt;/i&gt;). Et cela m'a pris plus de dix ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment te documentes-tu ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2233 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L255xH383/-506-e7854.jpg?1782650772' width='255' height='383' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je fais du reportage et je lis beaucoup. Pour Elf, j'ai assist&#233; &#224; tous les proc&#232;s. Je suis notamment all&#233; &#224; celui de Jupp&#233;, j'ai cherch&#233; &#224; comprendre le fonctionnement de la corruption pour la mettre sur sc&#232;ne. Mais comment passes-tu d'un concept (la corruption) &#224; une r&#233;alit&#233; sc&#233;nique ? Sur sc&#232;ne, nous n'avons que la chair et les mots. Alors j'incarne les gens : le proc&#232;s Elf a cristallis&#233; plein de choses. J'&#233;prouve mes opinions, je donne des &#233;l&#233;ments factuels qui permettent de se construire une opinion. Je me suis &#233;galement beaucoup appuy&#233; sur le travail de l'association Survie sur le n&#233;ocolonialisme et la Fran&#231;afrique. J'ai proc&#233;d&#233; de la m&#234;me fa&#231;on pour le volet sur le nucl&#233;aire, en assistant au d&#233;bat public sur un EPR. Pour le dernier volet de la trilogie, je suis all&#233; &#224; tous les salons de l'armement. Mais, en toile de fond, ce qui &#233;tait important, c'&#233;tait qu'il y ait une institution : l'Assembl&#233;e nationale, afin de voir ce qui se passe au sein m&#234;me de la R&#233;publique, ce que l'on sait, ce que l'on cache. J'ai donc pass&#233; du temps au S&#233;nat, &#224; l'assembl&#233;e, dans les palais de justice, je me suis impr&#233;gn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;&#226;tre n'a pas souvent pris appui sur le documentaire radiophonique, c'est l'une de mes options. Surtout, je nomme l'adversaire, je ne le sublime pas th&#233;&#226;tralement. Les propos restitu&#233;s sont bruts, je me contente de r&#233;interpr&#233;ter les personnes. Sur sc&#232;ne, je suis Lo&#239;c Floch Prigent, Alfred Sirven, etc. Je lance un personnage, je le campe, mais je ne l'imite pas tout le temps, je donne les codes, puis conserve sa musique. Ce sont des codes que je dois &#224; la Commedia dell'arte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment imagines-tu la suite&lt;/strong&gt; ?
Il nous faut trouver un nouveau lieu. Et surtout, on cherche &#224; faire tourner la trilogie. On peut jouer n'importe lequel des spectacles alternativement, ou les trois &#224; la suite. Et on aime jouer dans des salles institutionnelles comme dans des lieux militants. L'id&#233;e, c'est d'aller &#224; la rencontre d'un public qui ne fr&#233;quente pas forc&#233;ment les th&#233;&#226;tres, mais qui se sent concern&#233; par les th&#232;mes abord&#233;s. En parall&#232;le je commence &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; un spectacle sur l'Otan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment d&#233;finirais-tu ton th&#233;&#226;tre ? Th&#233;&#226;tre d'intervention, th&#233;&#226;tre citoyen ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est toujours emb&#234;tant de se d&#233;finir parce que tu entres dans une case et tu ne peux plus en sortir. J'ai quand m&#234;me le sentiment de faire du th&#233;&#226;tre de service public et un travail d'&#233;ducation populaire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2234 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L300xH374/-507-1c8ac.jpg?1782650772' width='300' height='374' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir : &lt;a href=&#034;http://unpasdecote.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un Pas de C&#244;t&#233;.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS : les textes des deux premiers volets de la trilogie sont publi&#233;s aux &#233;ditions L'&#201;chapp&#233;e.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Th&#233;&#226;tre : Toutes des reines </title>
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		<dc:date>2018-03-08T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yohanne Lamoul&#232;re</dc:creator>


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&lt;p&gt;Dans les loges &#233;troites, l'excitation est &#224; son comble. &#199;a piaille, on pi&#233;tine plumes, bas et artifices. &#171; B&#233;, tu t'es maquill&#233;e pour Aix ! &#187; Les filles entrent en sc&#232;ne dans une demi-heure, on ne m&#226;che plus ses mots. Carole, tout en douceur, m&#233;nage les fortes t&#234;tes et reprend les r&#234;nes : &#171; On va faire un dernier &#233;chauffement. &#187; La troupe se place en cercle au centre de la petite sc&#232;ne du th&#233;&#226;tre Vitez. C'est l&#224; qu'on b&#233;n&#233;ficie de la plus belle vue d'ensemble : ces femmes n'ont rien &#224; voir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no140-fevrier-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;140 (f&#233;vrier 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femme" rel="tag"&gt;femme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sommes" rel="tag"&gt;sommes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/spectacle" rel="tag"&gt;spectacle&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Carole" rel="tag"&gt;Carole&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/loges-etroites" rel="tag"&gt;loges &#233;troites&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans les loges &#233;troites, l'excitation est &#224; son comble. &#199;a piaille, on pi&#233;tine plumes, bas et artifices. &#171; &lt;i&gt;B&#233;, tu t'es maquill&#233;e pour Aix !&lt;/i&gt; &#187; Les filles entrent en sc&#232;ne dans une demi-heure, on ne m&#226;che plus ses mots. Carole, tout en douceur, m&#233;nage les fortes t&#234;tes et reprend les r&#234;nes : &#171; &lt;i&gt;On va faire un dernier &#233;chauffement.&lt;/i&gt; &#187; La troupe se place en cercle au centre de la petite sc&#232;ne du th&#233;&#226;tre Vitez. C'est l&#224; qu'on b&#233;n&#233;ficie de la plus belle vue d'ensemble : ces femmes n'ont rien &#224; voir les unes avec les autres, il n'y a que le th&#233;&#226;tre qui les unit, et un parler savoureux, m&#233;lange d'accent du midi, d'argot et d'espi&#232;glerie. Carole : &#171; &lt;i&gt;M&#226;che du chewing-gum. Mets du son. Petit petit. Grand.&lt;/i&gt; &#187; Hurlements lib&#233;rateurs. &#171; &lt;i&gt;Tire le fil.&lt;/i&gt; &#187; Toutes se tiennent droites. On ne peut s'emp&#234;cher de penser aux m&#233;tiers qu'elles exercent dans la vraie vie. Rel&#226;chement. On &#233;carte les jambes, genoux fl&#233;chis, un dernier cri, mains &#224; plat sur les aines, comme un haka de rugbymen. Les femmes sont pr&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2236 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-509-1f70e.jpg?1782715520' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Yohanne Lamoul&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est Lydia qui entre la premi&#232;re dans la lumi&#232;re. Son personnage, une sorte de madame loyale maquerelle, nous pr&#233;sente ses filles. &#171; &lt;i&gt;BONSOIR ! Pour toi, ce soir, public ch&#233;ri, vont se produire ici des cr&#233;atures de r&#234;ve&#8230; La Femme Foutaise, Pam&#233;la Caverne, Olympe de Bourges, Violetta Magica et bien d'autres. Tu peux chausser ton bavoir, public ador&#233;, caler ton cul et frotter tes mirettes, c'est parti pour le show !&lt;/i&gt; &#187; S'ensuit une ode &#224; la lib&#233;ration de la femme, incarn&#233;e par une Jos&#233;phine Baker de la Busserine &#8211; elle y flagelle la r&#233;plique colonialiste : &#171; &lt;i&gt;Croyez-vous &#224; la magie ? Pensez-vous possible de faire dispara&#238;tre une banane sans la toucher ? Voici une banane enti&#232;re. Tenez, vous pouvez v&#233;rifier. Touchez. Je vous en prie. Touchez la banane.&lt;/i&gt; &#187; C'est mordant, sexu&#233;, radical. Ensuite, une petite page de publicit&#233; collective : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes toutes des : dingues. Nous sommes toutes des : libertines. Nous sommes toutes des : sorci&#232;res. Nous sommes toutes des : hommes. Nous sommes toutes des : guerri&#232;res. Nous sommes toutes des : esclaves. Nous sommes toutes des : reines&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Puis vient Ana, juste accompagn&#233;e d'un micro sur pied. &#171; &lt;i&gt;J'entre en sc&#232;ne. Je marche sur le rythme lent et cadenc&#233; de la musique. Je m'avance. Gauche la hanche. Droite la jambe. J'ondule, je glisse, j'entre d&#233;licatement dans la lumi&#232;re. Ma robe paillet&#233;e scintille, mes &#233;paules luisent, les plumes de mon boa fr&#233;missent. Tout doucement, sensuelle, je danse. J'avance une jambe. Ma robe longue s'&#233;carte et la fente qui monte le long de ma cuisse s'ouvre. Je ne cache rien. Je me d&#233;voile.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Je m'offre &#224; vos regards. La pointe de mes cheveux vient se poser sur la cambrure de mes reins, tandis que doucement mes doigts caressent une fermeture &#201;clair. 7, 8, je lib&#232;re soudain mes hanches et le tissu tombe &#224; terre.&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt; La bouche entrouverte sur le rideau blanc de mes dents. Mon souffle m'accompagne. Je suis &#224; demi-nue, juch&#233;e sur de hauts escarpins rouges. Je glisse un doigt entre la bretelle et ma peau. Tu me d&#233;sires et souhaites me voir encore davantage. 3, 4, je me retourne&#8230; Oui, c'est ce que je fais tous les samedis. Je t'en bouche un coin, n'est-ce pas ? Comment tu me trouves ? Ce spectacle, je l'ai fait pour toi, pour moi, pour nous. Je me donne, tu me prends ? En vrai, en faux, au naturel, en sophistiqu&#233;. C'est si bon d'&#234;tre une autre avec ce regard que tu portes sur moi. J'en profite. Dans peu de temps, je redeviendrai moi. La simple, pas trop compliqu&#233;e, dans un contexte normal. Celle que tu crois conna&#238;tre. Regarde bien ce sourire, ces yeux, cette &#226;me, la vois-tu ? Tu te poses des questions ? C'est fait pour &#231;a. La routine, &#231;a tue. Regarde-moi, c'est bien ta femme, ici sur sc&#232;ne.&lt;/i&gt; &#187; Ana vit dans le 15&#8202;e arrondissement de Marseille, elle a &#233;t&#233; aide-m&#233;nag&#232;re, puis ling&#232;re dans un centre pour handicap&#233;s. Son mari est venu trois fois voir le spectacle. Il a pleur&#233; &#224; tous les coups, mais il ne faut pas trop le dire. Un de ses fils est venu aujourd'hui, &#224; Aix, pour la premi&#232;re fois. Jusque-l&#224;, il ne voulait pas voir sa m&#232;re entonner son &#171; strip-tease oral &#187;. Ana dit qu'elle ne s'est r&#233;alis&#233;e qu'&#224; cinquante ans : &#171; &lt;i&gt;J'ai pass&#233; mon permis de conduire, j'ai fait de l'hypnose pour perdre vingt kilos, et j'ai commenc&#233; le th&#233;&#226;tre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fatma, une Biyouna aussi gouailleuse que l'originale, prend le relais sur sc&#232;ne. &#171; &lt;i&gt;Oh l&#224; l&#224; ! Que de chaleur, que d'&#233;motion. Tout va bien ? On n'en a pas perdu en route ? Les &#226;mes sensibles, les grincheux ? Oui oui, j'en ai vu dans le public !&lt;/i&gt; &#187; Et elle roucoule sur l'air du Tourbillon de Jeanne Moreau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces dames, qui ont &#233;crit l'int&#233;gralit&#233; de leurs textes, ont concoct&#233; un petit questionnaire : &#171; &lt;i&gt;Aimeriez-vous &#234;tre votre femme ?&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Aimeriez-vous &#234;tre entretenu par une femme ? a) par son h&#233;ritage, b) par son travail professionnel ? Et pourquoi pas ? Une lesbienne intelligente vous d&#233;concerte-t-elle ? Quel espoir avez-vous abandonn&#233; ?&lt;/i&gt; &#187;&#8230; La Reine-Clown, t&#234;te voil&#233;e sous son chapeau &#224; paillettes, nous interroge encore : &#171; &lt;i&gt; Ai-je le droit d'&#234;tre triste, m&#234;me si je suis une m&#232;re ?&lt;/i&gt; &#187; Sabbah, poings ferm&#233;s, prof&#232;re un slam contre la femme-objet. Taouraty reprend Dalida, perruque blonde sur le foulard noir. &#171; &lt;i&gt;Ya tayba&lt;/i&gt; &#187;, poignant chant religieux, est psalmodi&#233; par une partie de la troupe. Car on parle de sexe, mais surtout de lib&#233;ration, face &#224; toutes sortes de liens &#8211; religieux, familial, marital, culturel. Ces femmes nous interrogent sur la transmission des codes f&#233;minins, aujourd'hui, dans les quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2237 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-510-f22ed.jpg?1783356657' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Yohanne Lamoul&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re les pendrillons, Carole est l&#224;. Elle a r&#233;uni ces deux groupes de femmes du 14e (centre Social des Flamands) et du 15e arrondissements (association Femmes du Sud), avec le d&#233;sir de faire cohabiter la femme r&#233;elle et la cr&#233;ature de music-hall. Danseuse, com&#233;dienne et maintenant metteuse en sc&#232;ne, elle conna&#238;t bien le Nord de la ville. Apr&#232;s avoir donn&#233; des cours de zumba et de flamenco &#224; des gosses de plusieurs quartiers, elle a voulu toucher les m&#232;res. En 2013, elle lance un laboratoire de cr&#233;ation sur ce th&#232;me. Les femmes accrochent vite, mais les fonds manquent. Carole s'ent&#234;te et finit par trouver les moyens mat&#233;riels pour cr&#233;er le spectacle.&lt;i&gt; Nous sommes toutes des reines&lt;/i&gt; voit le jour en 2015. En parall&#232;le, la troupe collabore avec les com&#233;diens professionnels de la compagnie La Criatura, qui travaille sur une cr&#233;ation d'apr&#232;s un texte d'Howard Barker, &lt;i&gt;Le cas Blanche-Neige.&lt;/i&gt; Malgr&#233; l'&#226;pret&#233; des propos, les apprenties com&#233;diennes tiennent bon et jouent le jeu, m&#234;me s'il y a parfois des d&#233;saccords. La derni&#232;re id&#233;e de Carole, monter un nouveau spectacle avec des hommes, pour parler aussi des st&#233;r&#233;otypes masculins. &#171; &lt;i&gt;Une majorit&#233; de maris consid&#232;rent que le th&#233;&#226;tre est un truc de bonnes femmes, certains se moquent, d'autres encouragent, mais ils sont peu &#224; comprendre vraiment, alors il va falloir se relever les manches, mais on peut y arriver.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>De la monoculture en Avignon</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/De-la-monoculture-en-Avignon</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Legars, TomJo</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;my Cattelain</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#192; qui profite le festival d'Avignon ? Aux Avignonnais ? Aux compagnies ? Aux saisonniers de la restauration ? De la m&#234;me mani&#232;re que les nouveaux accords Unedic nuisent &#224; tous, le festival repose sur une d&#233;bauche de pr&#233;carit&#233;. Par ricochet, une gr&#232;ve des com&#233;diens met en lumi&#232;re combien la ville est pieds et poings li&#233;s &#224; l'industrie touristique. &#171; Ce que nous d&#233;fendons, nous le d&#233;fendons pour tous &#187;, disent les gr&#233;vistes. Pensent-ils si bien dire ? Avignon, sa gare TGV, son Lidl (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no124-juillet-aout-septembre" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;124 (juillet-aout-septembre 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Remy-Cattelain" rel="tag"&gt;R&#233;my Cattelain&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; qui profite le festival d'Avignon ? Aux Avignonnais ? Aux compagnies ? Aux saisonniers de la restauration ? De la m&#234;me mani&#232;re que les nouveaux accords Unedic nuisent &#224; tous, le festival repose sur une d&#233;bauche de pr&#233;carit&#233;. Par ricochet, une gr&#232;ve des com&#233;diens met en lumi&#232;re combien la ville est pieds et poings li&#233;s &#224; l'industrie touristique. &#171; &lt;i&gt;Ce que nous d&#233;fendons, nous le d&#233;fendons pour tous&lt;/i&gt; &#187;, disent les gr&#233;vistes. Pensent-ils si bien dire ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avignon, sa gare TGV, son Lidl d&#233;saffect&#233;, ses d&#233;p&#244;ts sauvages et son Palais des papes. Un reportage dans la capitale mondiale du th&#233;&#226;tre d&#233;bute comme dans n'importe quelle ville du monde. &#192; l'entr&#233;e du parking &#171; G&#233;rard-Philipe &#187;, face &#224; la cour d'honneur, un cuisto fume sa clope pendant sa pause, le resto &#171; In &amp; Off &#187; installe ses &#233;crans plats pour le foot, une touriste am&#233;ricaine trouve les sandalettes Minelli de sa copine &#171; &lt;i&gt;really good&lt;/i&gt; &#187;, et des retrait&#233;s attendent le petit train &#171; Avignon Vision &#187;. Le ton est donn&#233; : Avignon est une usine &#224; touristes, nourris, log&#233;s, divertis. Sa niche &#233;conomique est le th&#233;&#226;tre, comme d'autres ont Eurodisney ou la f&#234;te de la choucroute. Le festival a-t-il &#233;t&#233; cr&#233;&#233; pour les commer&#231;ants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours avant l'ouverture, la ministre de la culture Fillipettoche tremblote &#224; l'id&#233;e d'un &#233;t&#233; noir. Elle d&#233;terre des tr&#233;sors de po&#233;sie pour dissuader les intermittents de faire gr&#232;ve : &#171; &lt;i&gt;Les festivals d'&#233;t&#233; g&#233;n&#232;rent bien s&#251;r des retomb&#233;es &#233;conomiques consid&#233;rables, mais ce sont d'abord des moments intimes, intenses et paradoxaux puisque chacun&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;est renvoy&#233; &#224; sa subjectivit&#233; et la n&#233;cessit&#233; imp&#233;rieuse de donner sens &#8216;'aux changements confus d'un monde en gestation'', comme l'&#233;crit Aragon.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde, 1er juillet 2014.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187; Autrement dit : l'art est meilleur alli&#233; que la gr&#232;ve face &#224; la mis&#232;re en gestation. Paroles reprises en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du &#171; In &#187; par un intermittent strat&#232;ge de la guerre sociale : &#171; &lt;i&gt; Jouer, c'est r&#233;sister.&lt;/i&gt; &#187; Au regard des d&#233;g&#226;ts collat&#233;raux provoqu&#233;s par la d&#233;mesure de ce festival, nous pr&#233;f&#233;rerons cet adage : &#171; &lt;i&gt;Bloquer, c'est cr&#233;er&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1123 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH415/p04-mime2-d34ee.jpg?1782654949' width='500' height='415' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;R&#233;my Cattelain.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Rendez-vous est pris avec Christophe et Roger, avignonnais et militants associatifs. Sur le chemin, les murs braillent l'exception culturelle marchande : &lt;i&gt;Ma voisine ne suce pas que des gla&#231;ons&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Faites l'amour avec un Belge&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Dans la peau d'une bombe&lt;/i&gt;. Des com&#233;diens se glissent p&#233;niblement entre les terrasses, d&#233;guis&#233;s en hommes-sandwichs de leur propre spectacle. &#171; &lt;i&gt;Au-del&#224; de l'assurance ch&#244;mage, on veut montrer qu'on est dans une ville attentiste&lt;/i&gt;, d&#233;bute Roger. &lt;i&gt;3 500 appartements intra-muros sont vides toute l'ann&#233;e et attendent le festival. Des restos peuvent se monter pour trois semaines. Un garage devient un distributeur automatique de bouffe. Un imprimeur, ici depuis trois ou quatre g&#233;n&#233;rations, a arr&#234;t&#233; son activit&#233; de photocomposition pour en faire un th&#233;&#226;tre trois semaines par an. L'&#233;conomie touristique fait que cette ville n'existe plus pour ses habitants.&lt;/i&gt; &#187; Le festival d'Avignon accueille 1,5 million de visiteurs et g&#233;n&#232;re plus de 40 millions d'euros de b&#233;n&#233;fices. Impossible d'arr&#234;ter la machine. Les salles du &#171; Off &#187; &#233;taient au nombre de 70 il y a quelques ann&#233;es, elles sont d&#233;sormais 132. Le directeur en imagine mille. Du d&#233;lire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville, compl&#232;tement d&#233;pendante, se d&#233;veloppe par et pour le tourisme : &#171; &lt;i&gt;La mairie se fait miroir d'elle-m&#234;me&lt;/i&gt;, explique Christophe. &lt;i&gt;Elle affiche des photos de la ville du d&#233;but du si&#232;cle compl&#232;tement id&#233;alis&#233;e, et qui ne concernent que l'hyper-centre. M&#234;me les banques s'y mettent.&lt;/i&gt; &#187; Les habitants vivent dans un d&#233;cor permanent, leur pain industriel vendu par des pr&#233;caires costum&#233;s en boulangers traditionnels. Les commerces se d&#233;veloppent en fonction de cette &#233;conomie, magasins de fringue, de luxe et fast-foods &#224; l'int&#233;rieur des remparts ; grande distribution &#224; l'ext&#233;rieur. Pendant le festival, la prostitution explose : &#171; &lt;i&gt;Les nanas peuvent se faire jusqu'&#224; 2 500 euros par jour&lt;/i&gt; &#187;, &#233;value Christophe. Comme pendant un vulgaire Mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re les grandeurs de la Cr&#233;ation, des centaines de trimards dans les cuisines, les h&#244;tels et les parkings sont pay&#233;s pour mettre la cuill&#232;re dans la bouche des consommateurs. Chaque ann&#233;e, l'Urssaf et l'Hygi&#232;ne organisent des inspections dites surprises mais annonc&#233;es &#224; l'avance. L'an dernier, 150 restos et th&#233;&#226;tres ont &#233;t&#233; redress&#233;s. Ils pr&#233;f&#232;rent souvent payer leurs amendes que leurs salari&#233;s : &#171; &lt;i&gt;L'&#233;conomie du festival ne g&#233;n&#232;re rien pour les habitants, si ce n'est quelques emplois saisonniers. Il y a 20 % de ch&#244;meurs &#224; Avignon. La ville est de plus en plus pauvre, 30 % vit sous le seuil de pauvret&#233;. Petit &#224; petit, les classes populaires sont expuls&#233;es &#224; l'ext&#233;rieur des remparts.&lt;/i&gt; &#187; Aux municipales, le Front national a fait 35 % au deuxi&#232;me tour. Un vote de ressentiment ? &#171; &lt;i&gt; Il y a peut-&#234;tre de &#231;a&lt;/i&gt;, r&#233;pond Christophe, &lt;i&gt;m&#234;me si le d&#233;chirement de l'UMP locale explique beaucoup.&lt;/i&gt; &#187; Si le festival ne profite pas aux habitants, &#224; qui est-il d&#233;di&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indice : le pr&#233;sident du festival est Louis Schweitzer, ancien patron de Renault condamn&#233; par la justice belge pour non-respect du droit du travail, apr&#232;s la liquidation de l'usine de Vilvorde, et pr&#233;sident actuel de la branche internationale du Medef. Un artiste de l'exploitation. Une salle du &#171; Off &#187; peut rapporter jusqu'&#224; 1 500 euros par jour. Le dioc&#232;se, pour qui les voies du profit ne sont pas imp&#233;n&#233;trables, en poss&#233;derait cinquante &#224; lui seul. Roger continue : &#224; c&#244;t&#233; de l'h&#244;tellerie et de la restauration, &#171; &lt;i&gt;t'as aussi le business de la sous-location, car les h&#244;tels ne couvrent que 10 % de la demande. C'est bien souvent de la d&#233;merde individuelle, mais &#231;a cr&#233;e un vaste march&#233; noir et une sp&#233;culation locative de mai &#224; septembre.&lt;/i&gt; &#187; Dans cette &#233;conomie bien huil&#233;e, la gr&#232;ve et le blocage de l'&#233;conomie ne seraient-ils pas la meilleure r&#233;alisation de l'art ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Servitude volontaire&lt;/strong&gt;. C&#244;t&#233; compagnies, la situation n'est gu&#232;re plus reluisante, peut-&#234;tre plus inextricable. &#192; Avignon, il faut payer pour travailler. Trois &#171; interluttants &#187; du Nord-Pas-de-Calais en t&#233;moignent : &#171; &lt;i&gt; Location de salle, logement, communication, d&#233;placements, tout &#231;a co&#251;te tr&#232;s cher&lt;/i&gt;, commence Corinne Masiero, qui jouait dans le &#8220;Off&#8221; il y a quelques ann&#233;es. &lt;i&gt;Tous les jours, tu montes et tu d&#233;montes ton plateau en vitesse entre deux spectacles, tu ressors crev&#233;e, c'est l'usine. Au final, on a gagn&#233; quoi ? Une date pour l'ann&#233;e et un lumbago que je soigne encore aujourd'hui. Avant &#231;a, je travaillais dans les foires commerciales, ici &#231;a a &#233;t&#233; la m&#234;me arnaque. J'ai eu l'impression d'&#234;tre un crocodile entrant dans une maroquinerie.&lt;/i&gt; &#187; Le probl&#232;me est que tout le monde doit jouer &#224; Avignon : &#171; &lt;i&gt;On nous dit que si on ne joue pas &#224; Avignon, on est foutu. T'as des programmateurs qui viennent te voir ici mais qui ne se d&#233;placent pas quand t'es en r&#233;gion&lt;/i&gt; &#187;, poursuit Maxime Sechaud. Les compagnies s'endettent jusqu'&#224; 30 000 euros pour rencontrer les programmateurs venus faire leurs courses. Louise Wailly, acolyte interluttante, confirme : &#171; &lt;i&gt;Elles se cassent elles-m&#234;mes, et en plus elles ne peuvent pas faire gr&#232;ve, vu les sommes emprunt&#233;es. Ce discours sur l'auto-ali&#233;nation, tout le monde le porte, mais tout le monde doit jouer pour trouver des dates.&lt;/i&gt; &#187; Les spectacles en p&#226;tissent, forc&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout ils s'homog&#233;n&#233;isent comme des fromages pasteuris&#233;s : &#171; &lt;i&gt;Une pi&#232;ce n'est pas faite pour &#234;tre jou&#233;e mais pour &#234;tre vendue&lt;/i&gt;, insiste Louise. &lt;i&gt;Tu peux jouer du Brecht sans jamais rejoindre la contestation d'une mani&#232;re ou d'une autre.&lt;/i&gt; &#187; Une troupe passe, chante un refrain de Renaud et distribue ses flyers. &#171; &lt;i&gt; Regarde les affiches&lt;/i&gt;, continue Corinne, &lt;i&gt;on te pr&#233;sente les spectacles avec un nom de com&#233;dien ou de producteur, tu ne sais m&#234;me pas quel est le propos. Un spectacle doit avant tout &#234;tre bankable. Dans l'industrie du cin&#233;ma c'est pareil, tu peux avoir un bon projet, mais il te faut des noms. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas compter sur les appels d'offres publics pour enrayer cette standardisation. Louise : &#171; &lt;i&gt;Cette ann&#233;e c'est le centenaire de la guerre 14-18, alors des spectacles sur 14-18, t'en as une branl&#233;e. Il n'est plus question de savoir ce qui est pertinent de dire aujourd'hui, on est devenus des prestataires. Les discours de cr&#233;ativit&#233;, &#231;a ne veut plus rien dire, c'est une culture de la commande, on est les bouffons du Minist&#232;re.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ouais, on fait du T.O.D.&lt;/i&gt;, se marre Corinne, &lt;i&gt;du Th&#233;&#226;tre On Demand !&lt;/i&gt; &#187; Louise poursuit : &#171; &lt;i&gt;T'as encore plus pernicieux aujourd'hui, avec la mode des questions de genre ou la parit&#233; hommes-femmes voulue par Fillipetti. Avant m&#234;me de pr&#233;senter un spectacle, on sait qu'il a &#233;t&#233; mont&#233; par un &#8216;'metteur en sc&#232;ne femme'', comme si c'&#233;tait un argument de vente. D'un point de vue f&#233;ministe, c'est encore pire, on est des &#8216;'femmes'' avant d'&#234;tre des personnes consid&#233;r&#233;es pour ce qu'elles font !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une large part, les actions que m&#232;nent les intermittents contre les nouveaux accords Unedic gagneraient &#224; consid&#233;rer que la culture, dont Avignon est le symbole et le fer de lance, ne fait pas exception &#224; la r&#232;gle de la marchandise. Circonscrire le d&#233;bat &#224; la seule r&#233;partition des fruits (pourris) du travail &#8211; comme le font les experts en comptes publics qu'ils soient lib&#233;raux ou contestataires &#8211; c'est s'ali&#233;ner d'avance aux logiques qui tuent le spectacle vivant. Et se couper des autres travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TomJo&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Accords Unedic : ch&#244;meurs et int&#233;rimaires aussi&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A Al&#232;s, dans le Gard, &#231;a a gueul&#233; : d&#233;but juillet, des &#171; ch&#244;meurs et intermittents du travail &#187; ont s&#233;v&#232;rement gourmand&#233; les gr&#233;vistes de la culture. En effet, ces derniers auraient eu tendance &#224; limiter la lutte contre la r&#233;forme Unedic aux seuls intermittents du spectacle. C'est ballot. Car, on l'oublie trop souvent, les accords sign&#233;s le 22 mars 2014 ne concernent pas les seuls professionnels de la sc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les ch&#244;meurs au r&#233;gime g&#233;n&#233;ral, il faut savoir que l'allocation minimale passe de 57,4 % du salaire de r&#233;f&#233;rence &#224; 57 %. Soit 0,4 % de coquillettes en moins tous les mois. Par ailleurs appara&#238;t le syst&#232;me de &#171; rechargement des droits &#187; au ch&#244;mage. Selon la Coordination des intermittents et pr&#233;caires d'Ile-de-France (&lt;a href=&#034;http://www.cip-idf.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CIP-IDF&lt;/a&gt;), &#171; &lt;i&gt; contrairement &#224; ce qui se fait actuellement, un contrat mieux r&#233;mun&#233;r&#233; au cours de la p&#233;riode d'&#233;puisement du capital ne pourra pas changer le montant de l'indemnit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Autrement dit : si vous ouvrez des &#8211; petits &#8211; droits au ch&#244;mage avec un contrat mal pay&#233;, n'esp&#233;rez aucune embellie si vous d&#233;gotez entre-temps un taf plus r&#233;mun&#233;rateur. Vos droits ne seront pas recalcul&#233;s. Bossez, et circulez, les feignasses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux int&#233;rimaires, certains d'entre eux se voient mettre d'office au r&#233;gime g&#233;n&#233;ral. Auparavant, leurs journ&#233;es travaill&#233;es comptaient pour dix heures. C'&#233;tait bien trop. Elles n'en repr&#233;senteront plus que cinq. Il va sans dire que ce tour de passe-passe r&#233;duit sensiblement leurs droits aux indemnit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ch&#244;meurs, int&#233;rimaires, intermittents du spectacle, salari&#233;s pr&#233;caires (ou qui pourraient le devenir) : cet accord nous concerne tous !&lt;/i&gt; &#187;, pouvait-on lire sur un tract du collectif Avignon Off de la CIP-IDF. Cet &#233;t&#233;, comme &#224; la rentr&#233;e, P&#244;le emploi pourrait bien devenir le th&#233;&#226;tre de la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Baptiste Legars&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 1er juillet 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Th&#233;&#226;tre : vers un retour du politique ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Theatre-vers-un-retour-du</link>
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		<dc:date>2013-10-11T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christiane Passevant</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le 67e festival d'Avignon commence avec les cr&#233;ations du In le 5 juillet et les quelques 1 250 spectacles du Off jusqu'au 31, o&#249; le meilleur se m&#234;le au &#171; th&#233;&#226;tre &#233;picier &#187; comme l'appelait Jean Vilar, bref l'anecdotique &#224; oublier. Le r&#234;ve d'une ville enti&#232;re d&#233;di&#233;e au spectacle vivant ! Mais la mainmise grandissante des logiques marchandes dans le th&#233;&#226;tre priv&#233; comme public d'une part, et celle de l'&#233;tat grand ordonnateur de la culture de l'autre, sont bien plus r&#233;elles. Pourtant, ici et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no113-juillet-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;113 (juillet 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/theatre" rel="tag"&gt;th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 67e festival d'Avignon commence avec les cr&#233;ations du &lt;i&gt;In&lt;/i&gt; le 5 juillet et les quelques 1 250 spectacles du &lt;i&gt;Off&lt;/i&gt; jusqu'au 31, o&#249; le meilleur se m&#234;le au &#171; &lt;i&gt;th&#233;&#226;tre &#233;picier&lt;/i&gt; &#187; comme l'appelait Jean Vilar, bref l'anecdotique &#224; oublier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#234;ve d'une ville enti&#232;re d&#233;di&#233;e au spectacle vivant ! Mais la mainmise grandissante des logiques marchandes dans le th&#233;&#226;tre priv&#233; comme public d'une part, et celle de l'&#233;tat grand ordonnateur de la culture de l'autre, sont bien plus r&#233;elles. Pourtant, ici et l&#224;, surgissent des r&#233;flexions critiques. Notamment sur le rapport entre spectacle et spectateurs ou sur la r&#233;surgence attendue d'un th&#233;&#226;tre politique, engag&#233;, critique, &#233;mancipateur&#8230; r&#233;volutionnaire&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A lire : G&#233;rard Noiriel, Histoire, th&#233;&#226;tre, politique, Agone, 2009.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_755 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH310/p14-the_a_tre-952f1.jpg?1782650803' width='500' height='310' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Christiane Passevant.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Samedi 6 juillet. Cour d'honneur. Premi&#232;re de la pi&#232;ce &lt;i&gt;Par les villages&lt;/i&gt;, de Peter Handke, dans une mise en sc&#232;ne de Stanislas Nordey. L&#224; o&#249; on ne l'attendrait pas, s'exprimera pourtant la parole d'un ouvrier, politique, po&#233;tique, subversive, fulgurante. En pr&#233;lude, un intermittent du spectacle prend le micro pour rappeler que, depuis un an, les promesses de changement de politique culturelle &#171; &lt;i&gt;sont parties en fum&#233;e&lt;/i&gt; &#187; et que &#171; &lt;i&gt;la culture est une chose trop s&#233;rieuse pour &#234;tre confi&#233;e aux financiers.&lt;/i&gt; &#187; Prologue et libert&#233; de parole qui veulent d&#233;noncer le processus d'absorption progressive du monde th&#233;&#226;tral dans le divertissement et la marchandise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;cor d&#233;pouill&#233; fait alors place &#224; un th&#233;&#226;tre qui interroge l'&#234;tre humain sur lui-m&#234;me et la soci&#233;t&#233; dans laquelle il vit, qui marque aussi l'engagement d'un metteur en sc&#232;ne et son choix de faire surgir la question sociale &#224; l'heure du n&#233;olib&#233;ralisme. &lt;i&gt;Par les villages&lt;/i&gt;, c'est le monde des ouvriers confront&#233;s &#224; celui des intellectuels. Si la pi&#232;ce de Handke est tr&#232;s personnelle car en partie autobiographique, elle dit &#224; merveille l'importance de l'art dans des temps o&#249; l'all&#233;geance et le ti&#232;de sont la norme. Entre po&#233;sie et politique, du personnel &#224; l'universel, le texte est superbement servi par la mise en sc&#232;ne de Stanislas Nordey qui joue Hans, l'ouvrier, celui qui revendique, et par des interpr&#232;tes qui paraissent s'engager au-del&#224; de l'implication m&#234;me de leur travail&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La distribution, avec Emmanuelle B&#233;art, Annie Mercier, Laurent Sauvage, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le spectacle vivant est le miroir des courants de pens&#233;e qui traversent la soci&#233;t&#233;, on se prend &#224; esp&#233;rer que le 67e festival marque le retour d'un th&#233;&#226;tre de la r&#233;flexion et d'un th&#233;&#226;tre militant. Dans la profusion du &lt;i&gt;Off&lt;/i&gt;, il convient alors de citer &lt;i&gt;Louise Michel &#8211; &#201;crits et cris&lt;/i&gt;, un spectacle de th&#233;&#226;tre musical d'apr&#232;s les &lt;i&gt;M&#233;moires&lt;/i&gt; et la correspondance de la c&#233;l&#232;bre anarchiste. C'est au th&#233;&#226;tre de l'Essa&#239;on que Marie Ruggeri adapte, met en sc&#232;ne et incarne magnifiquement Louise. Un spectacle bouleversant et une tr&#232;s belle d&#233;couverte soutenue par l'interpr&#233;tation de Christian Belhomme et ses illustrations musicales, v&#233;ritable d&#233;cor sonore allant des chansons de la Commune aux chants kanaks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;&#226;tre peut-il changer le monde ? S'il peut se montrer pleinement &#171; intervenant &#187;, encore faut-il &#171; &lt;i&gt;changer la relation intellectuelle et affective que celui-ci entretient avec le public, ce microcosme de l'humanit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, pour reprendre la r&#233;flexion r&#233;cente d'Olivier Neveux&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Olivier Neveux, Politiques du spectateur. Les enjeux du th&#233;&#226;tre politique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;A lire : G&#233;rard Noiriel, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://atheles.org/agone/contrefeux/histoiretheatreetpolitique/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Histoire, th&#233;&#226;tre, politique&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, Agone, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La distribution, avec Emmanuelle B&#233;art, Annie Mercier, Laurent Sauvage, Raoul Fernandez, Moanda Daddy Kamono, Olivier Mellano, V&#233;ronique Nordey, Richard Sammut et Jeanne Balibar, pourrait pourtant sembler bien &#171; &lt;i&gt; star system&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Olivier Neveux, &lt;i&gt;Politiques du spectateur. Les enjeux du th&#233;&#226;tre politique aujourd'hui&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sous les feux de l'atome</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Sous-les-feux-de-l-atome</link>
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		<dc:date>2012-07-20T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Emma Piqueray</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>Thomas Azu&#233;los</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>CQFD</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>
		<dc:subject>nucl&#233;aire</dc:subject>
		<dc:subject>spectacle</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;bat</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;bat public</dc:subject>
		<dc:subject>travail historique</dc:subject>
		<dc:subject>pourtant marqu&#233;e</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s Elf, la pompe Afrique, Nicolas Lambert a enqu&#234;t&#233; pendant deux ans sur l'industrie nucl&#233;aire. Le r&#233;sultat ? Sa nouvelle pi&#232;ce, Un Avenir radieux, une fission fran&#231;aise retrace l'histoire du programme nucl&#233;aire depuis de Gaulle. Entretien avec un homme de th&#233;&#226;tre. Et de conviction. CQFD : Vous nous livrez un travail historique particuli&#232;rement clair et document&#233; sur cette industrie pourtant marqu&#233;e du sceau de l'opacit&#233;. Comment avez-vous proc&#233;d&#233; ? Nicolas Lambert : Concr&#232;tement, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/nucleaire-597" rel="tag"&gt;nucl&#233;aire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/spectacle" rel="tag"&gt;spectacle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/debat" rel="tag"&gt;d&#233;bat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/debat-public" rel="tag"&gt;d&#233;bat public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travail-historique" rel="tag"&gt;travail historique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pourtant-marquee" rel="tag"&gt;pourtant marqu&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s &lt;a href=&#034;http://www.unpasdecote.org/UnPasdeCote/elf_1_proces.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Elf, la pompe Afrique&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Nicolas Lambert a enqu&#234;t&#233; pendant deux ans sur l'industrie nucl&#233;aire. Le r&#233;sultat ? Sa nouvelle pi&#232;ce, &lt;a href=&#034;http://www.unpasdecote.org/UnPasdeCote/AvRad_1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Un Avenir radieux, une fission fran&#231;aise&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; retrace l'histoire du programme nucl&#233;aire depuis de Gaulle. Entretien avec un homme de th&#233;&#226;tre. Et de conviction.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Vous nous livrez un travail historique particuli&#232;rement clair et document&#233; sur cette industrie pourtant marqu&#233;e du sceau de l'opacit&#233;. Comment avez-vous proc&#233;d&#233; ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nicolas Lambert :&lt;/strong&gt; Concr&#232;tement, le travail commence par la lecture quotidienne de la presse. J'ai mes sujets de pr&#233;dilection &#8211; p&#233;trole, nucl&#233;aire, armement &#8211; et je regarde tout ce qui s'y rapporte. Ensuite, je me constitue une grosse biblioth&#232;que sur le sujet et je m'enferme pour lire. C'est le gros du boulot. Apr&#232;s, je fais des trucs dont je ne sais pas s'ils serviront, comme assister pendant plusieurs mois &#224; chaque s&#233;ance du d&#233;bat public autour du futur r&#233;acteur EPR de Penly (Seine-Maritime). Le but est de comprendre les enjeux, les protagonistes, comment ils pensent et s'organisent. C'est un travail de documentariste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui vous a le plus marqu&#233; au cours de votre enqu&#234;te ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le nucl&#233;aire, on pense souvent avoir affaire &#224; une croyance, &#224; la foi en l'atome. J'ai commenc&#233; avec cette id&#233;e et puis, &#224; mesure que j'avan&#231;ais, je me suis rendu compte que ce n'&#233;tait pas le cas. Il y a une propagande tr&#232;s importante distill&#233;e au quotidien, un discours dominant. Avec ce spectacle, je tente d'ouvrir une parenth&#232;se de deux heures dans l'esprit du public. Une parenth&#232;se qui commence par cette remarque : le budget publicitaire d'EDF atteint un milliard d'euros sur dix ans, hors masse salariale. Mais pour nous vendre quoi ? Quand je vois une publicit&#233; pour du chocolat,&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_426 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH545/101nuck-41b87.jpg?1782642298' width='400' height='545' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;j'ai envie de manger du chocolat, donc d'en acheter. Mais devant une publicit&#233; pour EDF, je n'ai pas envie de brancher mes radiateurs &#233;lectriques &#224; fond ! Ce n'est pas la publicit&#233; qui permet de vendre plus de kilowattheures. L'enjeu est donc ailleurs : il s'agit de l'achat d'espaces de cerveau disponibles. Patrick Le Lay, ancien PDG TF1, l'a explicit&#233; en d&#233;finissant ainsi son m&#233;dia&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patrick Le Lay dans Les Dirigeants fran&#231;ais et le changement (2004) : &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; : il y a d'une part les gens qui rendent les cerveaux disponibles, d'autre part ceux qui les remplissent. &#192; la fin du spectacle, je referme la parenth&#232;se en disant : &lt;i&gt;&#171; C'est marrant, quand un journal comme &lt;/i&gt; La Tribune &lt;i&gt;&#8211; qui n'est pas un br&#251;lot anarchiste &#8211; sort un papier qui d&#233;pla&#238;t &#224; EDF, cette derni&#232;re coupe le budget publicitaire et le journal cesse de para&#238;tre. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi est-ce que les d&#233;bats organis&#233;s par la Commission nationale du d&#233;bat public (CNDP) autour du projet d'EPR de Penly reviennent si souvent dans le spectacle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail du collectif &lt;a href=&#034;http://www.piecesetmaindoeuvre.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pi&#232;ces et Main d'&#338;uvre (PMO)&lt;/a&gt; a permis de mesurer l'importance du travail d'acceptabilit&#233; foment&#233; par ce genre de commission. Pourtant, on ne parvient pas &#224; &#233;tendre cette critique. On est face &#224; des politiques et des industriels qui sont pr&#234;ts &#224; tout pour faire passer leur bazar. Le d&#233;bat public tel qu'il a &#233;t&#233; organis&#233; met face &#224; face des professionnels de la parole et des citoyens lambda ou des personnes qui militent en plus de leur boulot. Il y a d'un c&#244;t&#233; des gens pay&#233;s, form&#233;s &#224; l'exercice et, de l'autre c&#244;t&#233;, des gens qui reviennent de leur taf, qui sont fatigu&#233;s, qui ont r&#233;ussi &#224; coucher leurs gosses pas trop tard pour venir, et qui essayent de faire entendre leur voix. Le combat est in&#233;gal. &#192; la fin du spectacle, je rappelle que la d&#233;cision de construire l'EPR avait &#233;t&#233; prise treize mois avant le d&#233;bat, par le Conseil du nucl&#233;aire fran&#231;ais qui est pr&#233;sid&#233; par l'&#201;lys&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La catastrophe de Fukushima a quand m&#234;me &#233;branl&#233; quelques certitudes&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, mais pour combien de temps ? La campagne &#233;lectorale a &#233;t&#233; particuli&#232;rement &#233;clairante sur le sujet : sauf au moment des primaires socialistes, il n'en a pas &#233;t&#233; question ! Pourtant, les interrogations sont nombreuses. On pourrait, par exemple, tirer le fil de l'encadrement militaire, souligner que de la mine d'uranium jusqu'au retraitement &#224; La Hague (Manche), le nucl&#233;aire suppose une arm&#233;e tr&#232;s puissante pour surveiller cette industrie monstrueusement dangereuse. Pierre Guillaumat, ministre charg&#233; de l'&#233;nergie atomique sous de Gaulle soutenait qu'il n'y a jamais eu de bifurcation entre le nucl&#233;aire militaire et le nucl&#233;aire civil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La recherche pour la bombe atomique et le programme &#233;lectronucl&#233;aire sont donc les deux faces d'un m&#234;me projet ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;nie fran&#231;ais a consist&#233; &#224; soutenir que, puisque produire des bombes produit aussi beaucoup d'&#233;nergie, on pourrait la valoriser sous forme d'&#233;lectricit&#233;. Et rendre ainsi acceptables les sommes colossales investies dans la recherche pour l'arme atomique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans le spectacle, vous rendez compte du soutien de la gauche, notamment du Parti communiste, au d&#233;veloppement du programme &#233;lectronucl&#233;aire fran&#231;ais. Elle y voyait une &#233;nergie illimit&#233;e permettant de soutenir la croissance, et de r&#233;soudre ainsi le probl&#232;me du ch&#244;mage et des in&#233;galit&#233;s&#8230; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certainement, mais pour quel type de production et quel type d'emploi ? En 2010, j'ai accompagn&#233; une d&#233;l&#233;gation du Mouvement pour la paix&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mouvement li&#233; au Parti communiste.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#224; l'ONU, invit&#233;e &#224; une discussion sur la non-prolif&#233;ration. C'&#233;tait &#233;difiant ! J'&#233;tais avec une d&#233;l&#233;gation d'&#233;lus communistes constern&#233;s par l'arme atomique, mais pour qui le nucl&#233;aire civil, c'est le progr&#232;s. Pourtant, d'apr&#232;s l'Agence internationale de l'&#233;nergie (AIE), le monde n'est nucl&#233;aris&#233; qu'&#224; hauteur de 2,31 %. Cela voudrait-il dire que plus de 95 % de la plan&#232;te est arri&#233;r&#233;e ? Allons, allons&#8230; Pour l'&#233;lectricit&#233;, nous aurions sans doute plut&#244;t int&#233;r&#234;t &#224; chercher comment produire de l'&#233;nergie localement, &#224; partir des ressources disponibles, comme la biomasse par exemple. Il n'y a pas de solution industrielle qui respecte les personnes et les territoires. Il faut produire localement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Patrick Le Lay dans &lt;i&gt;Les Dirigeants fran&#231;ais et le changement&lt;/i&gt; (2004) : &#171; &lt;i&gt; Pour qu'un message publicitaire soit per&#231;u, il faut que le cerveau du t&#233;l&#233;spectateur soit disponible. Nos &#233;missions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est-&#224;-dire de le divertir, de le d&#233;tendre pour le pr&#233;parer entre deux messages. Ce que nous vendons &#224; Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mouvement li&#233; au Parti communiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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