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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Carnaval de banlieue, carnaval heureux !</title>
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		<dc:creator>Julien Tewfiq</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
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&lt;p&gt;Il n'y a pas que le carnaval de La Plaine dans la vie. Il y a le carnaval d'Ivry, aussi. Reportage de l'autre c&#244;t&#233; du p&#233;riph'. Samedi 25 mars, 19h. Je n'&#233;tais jamais all&#233; jusqu'au terminus de la tr&#232;s longue ligne 7 du m&#233;tro parisien, Mairie d'Ivry, ni dans cette petite ville de ceinture rouge. Pourtant la populaire Ivry et ses 60 000 habitants, administr&#233;s depuis la Lib&#233;ration par le PCF, conna&#238;t depuis quelque temps une belle effervescence politique. Et ce soir, c'est Carnaval ! Dans les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no154-mai-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;154 (mai 2017)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il n'y a pas que le carnaval de La Plaine dans la vie. Il y a le carnaval d'Ivry, aussi. Reportage de l'autre c&#244;t&#233; du p&#233;riph'.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3229 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH341/-1446-22760.jpg?1768731764' width='500' height='341' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Julie Okm&#251;n
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;S&lt;/span&gt;amedi 25 mars, 19h. Je n'&#233;tais jamais all&#233; jusqu'au terminus de la tr&#232;s longue ligne 7 du m&#233;tro parisien, Mairie d'Ivry, ni dans cette petite ville de ceinture rouge. Pourtant la populaire Ivry et ses 60 000 habitants, administr&#233;s depuis la Lib&#233;ration par le PCF, conna&#238;t depuis quelque temps une belle effervescence politique. Et ce soir, c'est Carnaval ! Dans les for&#234;ts de b&#233;ton, &#231;a va &#234;tre sauvage !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'y ai &#233;t&#233; invit&#233;, &lt;/strong&gt;15 jours plus t&#244;t, lors du carnaval de La Plaine&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir CQFD n&#176;153.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. La premi&#232;re &#233;dition du charivari d'Ivry ? Pas exactement. Un homme-arbuste m'explique : &#171; &lt;i&gt;La premi&#232;re fois, le carnaval a eu lieu &#224; Saint-Denis, l'an dernier c'&#233;tait &#224; Montreuil&#8230; et l&#224;, Ivry. &#187;&lt;/i&gt; Soit deux fois dans le 93, au nord, puis &#224; l'est de Paris et cette ann&#233;e, au sud, dans le Val-de-Marne (94) mais toujours&#8230; De l'autre c&#244;t&#233; du p&#233;riph&#233;rique. Car ici, c'est la banlieue et je suis fier d'en &#234;tre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'enfile rapidement &lt;/strong&gt;l'&#233;paisse perruque rouge &#224; cornes qu'une amie m'a pr&#234;t&#233;e et je me m&#234;le &#224; la petite cinquantaine de personnes d&#233;j&#224; pr&#233;sentes. Crieurs publics d&#233;cadents, enfants sauvages, b&#234;tes fantasques, fausses &#233;chassi&#232;res steam-punk, explorateurs du mauvais go&#251;t alternatif, bodybuildeuses de baudruche... Ces d&#233;guisements et ces masques, fruits complexes d'imagination et de r&#233;cup&#233;ration, ont souvent &#233;t&#233; bricol&#233;s lors des ateliers de pr&#233;paration avec les gosses du coin. Un corsaire me propose un rhum, comme de bien entendu. Lui et son &#233;quipage ont transform&#233; un Caddie en navire pirate charg&#233; de brochures politiques et de boissons r&#233;confortantes. J'offre quelques num&#233;ros de &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;en &#233;change d'une deuxi&#232;me&#8230; puis d'une troisi&#232;me tourn&#233;e. J'&#233;tais arriv&#233; en retard, mais pas le dernier : la foule a peut-&#234;tre doubl&#233; de volume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fanfare. &lt;/strong&gt;Chants. Le carnaval se met en branle et commence le d&#233;fil&#233;. Il y a &#233;norm&#233;ment de mouflets. Ils courent tout autour d'un magnifique char, le Caramentran : une t&#234;te de lion de trois m&#232;tres de haut, la gueule grande ouverte, de la cagette pour l'emballage. Pourtant la structure est solide car, en gravissant une &#233;chelle en bois, on p&#233;n&#232;tre dans la t&#234;te du lion pour se jeter dans un toboggan et en sortir par sa gueule sous les vivats et les projections de farine ! Enfants, comme adultes, adorent et &#224; chaque fois que le char s'arr&#234;tera, ils feront un tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hasard &lt;/strong&gt;ou co&#239;ncidence ? Je retrouve Adrien, un gaillard de la maquette et de la chorale ! Avec d'autres, d&#233;j&#224; pr&#233;sents &#224; Marseille, ils chantent les &#171; tubes &#187; des carnavals, en italien, en catalan, en proven&#231;al, en fran&#231;ais. Il propose de reprendre &#171; Touchez pas La Plaine &#187;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hymne de la contestation des projets de gentrification du quartier de La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et ni une ni deux, &#231;a devient : &#171; Touchez pas Ivry, touchez pas ! &#187; Car ici comme l&#224;-bas, le carnaval marche, aussi, contre les m&#234;mes restructurations : programme immobilier, pacification, gentrification. Une femme-panth&#232;re m'explique &#231;a rapidement : &#171; &lt;i&gt;Ivry c'est un des derniers bastions rouges de la banlieue. C'est une petite ville sympa o&#249; on se sent bien. Mais avec les projets du Grand-Paris, avec les Jeux olympiques qu'ils veulent nous imposer, &#231;a risque de changer. De fait, les politiciens, ils veulent que &#231;a change. Pas pour les habitants, mais pour les promoteurs. &#187;&lt;/i&gt; Entre les chansons et la fanfare, des slogans anti-Grand-Paris et anti-JO fusent r&#233;guli&#232;rement tout au long du d&#233;fil&#233;. &#171; &lt;i&gt;Tout le monde d&#233;teste le Grand-Paris ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;20h30. &lt;/strong&gt;&#201;tape &#224; la station RER de Vitry : grosse f&#234;te dans le tunnel sous les rails. &#199;a r&#233;sonne. &#199;a danse. Un passant demande : &#171; &lt;i&gt;Mais c'est pas du tout organis&#233; ? Il y a m&#234;me pas de s&#233;curit&#233; ? La police ou quoi ? &#187;&lt;/i&gt; Et, pour le coup, l'homme &#233;tait observateur : pas l'ombre d'un uniforme &#224; l'horizon. Z&#233;ro. Rien. Tranquille. Et &#231;a sera le cas jusqu'au bout de la f&#234;te. En revanche, la parade, comme une boule de neige, grossit au fur et &#224; mesure qu'elle avance. Simples curieux ou retardataires, nous sommes de plus en plus nombreux. Il y a moins de gosses, mais les gamins roms continuent &#224; s'amuser comme des fous. Des curieux &#224; leurs fen&#234;tres discutent avec les carnavaliers. Un vieux type ivre me gueule, tout fier, qu'il a &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;clochard &#224; Aix-en-Provence, oui monsieur ! Mais on va o&#249; comme &#231;a ? &#187;&lt;/i&gt; Quittant le centre-ville, la parade s'enfonce entre cit&#233;s et quartier pavillonnaire, longe un stade, bifurque &#224; droite, &#224; gauche&#8230; On commence &#224; se demander si on n'est pas perdu. Mais la rumeur enfle : un barbecue nous attend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;22h. &lt;/strong&gt;Nous errons maintenant dans un &lt;i&gt;no man's land &lt;/i&gt;de hangar. C'est la zone indus', celle qui nous s&#233;pare encore de notre destination : les quais de la Seine. Une cr&#233;ature v&#233;g&#233;tale et &#224; peau de ch&#232;vre me raconte un peu l'organisation du carnaval. Pour r&#233;sumer, la difficult&#233; consistait &#224; r&#233;unir ceux pour qui le carnaval est une manifestation d&#233;guis&#233;e et ceux pour qui c'est un acte artistique peu politis&#233;. Et changer de ville, chaque ann&#233;e, n'aide pas &#224; consolider le rendez-vous, &#224; f&#233;d&#233;rer les &#233;nergies. On compare avec le carnaval de La Plaine, de Montpellier&#8230; On imagine une internationale des carnavals ind&#233;pendants, o&#249; la f&#234;te est politique et o&#249; la politique est une f&#234;te !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;23h30 : &lt;/strong&gt;Le Caramentran a br&#251;l&#233;, au bord de l'eau. Il est devenu barbecue. Non loin un pont jet&#233; sur la Seine fait penser &#224; Brooklyn. Les plus jeunes sont rentr&#233;s. Les plus grands d&#233;vorent fromage, pomme de terre, banane au chocolat. D'autres dansent. Je discute avec une personne qui regrette que le proc&#232;s du Caramentran, moment intense de justice populaire, n'ait pas &#233;t&#233; tr&#232;s &#233;cout&#233;. Comme toujours. Elle regrette que ce soit fini. D&#233;j&#224;. Juste avant de rentrer, un jeune sage me demande &#224; quoi &#231;a peut bien servir de faire un article sur un carnaval. J'ai pas su quoi r&#233;pondre mais maintenant je sais : &#224; &#233;parpiller les cendres du Caramentran !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Julien Tewfiq&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;153.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Hymne de la contestation des projets de gentrification du quartier de La Plaine &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Marseille : ne f&#234;te rien dans la rue !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Marseille-ne-fete-rien-dans-la-rue</link>
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		<dc:date>2014-06-09T03:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Arraitz</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Benoit Guillaume</dc:subject>
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&lt;p&gt;En plein cirque &#233;lectoral, le carnaval de La Plaine et de Noailles est soudain pass&#233; de f&#234;te ind&#233;pendante de quartier au statut peu enviable d'affaire d'&#201;tat. Pompiers, flics, presse et juges se sont acharn&#233;s, pendant que le MuCEM pr&#233;tend le taxidermiser. Franchement, jusqu'au dernier moment, on a bien cru que ce carnaval n'aurait pas lieu. Ind&#233;pendant, sans subventions ni autorisation l&#233;gale, il ne d&#233;pend que d'&#233;nergies individuelles se mettant en branle quand elles se trouvent et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no121-avril-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;121 (avril 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Benoit-Guillaume" rel="tag"&gt;Benoit Guillaume&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Arnau-Bach" rel="tag"&gt;Arnau Bach&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Stephanos-Mangriotis-136" rel="tag"&gt;Stephanos Mangriotis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lieu" rel="tag"&gt;lieu&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CRS" rel="tag"&gt;CRS&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/puis" rel="tag"&gt;puis&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En plein cirque &#233;lectoral, le carnaval de La Plaine et de Noailles est soudain pass&#233; de f&#234;te ind&#233;pendante de quartier au statut peu enviable d'affaire d'&#201;tat. Pompiers, flics, presse et juges se sont acharn&#233;s, pendant que le MuCEM pr&#233;tend le taxidermiser.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1058 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;42&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/p07-carnavalhd001-6e6be.jpg?1768650805' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Stephanos Mangriotis/Dekadrage.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Franchement, jusqu'au dernier moment, on a bien cru que ce carnaval n'aurait pas lieu. Ind&#233;pendant, sans subventions ni autorisation l&#233;gale, il ne d&#233;pend que d'&#233;nergies individuelles se mettant en branle quand elles se trouvent et s'associent. Et cette ann&#233;e, apr&#232;s quinze ans d'existence, la paresse semblait vouloir gagner la partie&#8230; Seulement voil&#224; : en 2013, en pleine &#171; ann&#233;e culturelle &#187;, l'escorte polici&#232;re s'&#233;tait faite &#233;crasante et, malgr&#233; tout, Carnaval avait triomph&#233; pour mourir de sa belle mort, dans les flammes du Caramentrant. Ne pas le faire rena&#238;tre de ses cendres en 2014 n'allait-il pas laisser croire &#224; la mar&#233;chauss&#233;e que nous c&#233;dions &#224; son coup de pression ? Pas bon, &#231;a ! Trois semaines avant l'&#233;ch&#233;ance, une petite &#233;quipe de farauds s'est donc attel&#233;e &#224; construire le char Caramentrant dans un hangar du quartier de Noailles, dans le ventre de Marseille l'affam&#233;e mal fam&#233;e. Et, au gr&#233; d'ap&#233;ros inhabituellement constructifs, Caramentrant prendra finalement l'aspect d'un paquebot de croisi&#232;re, avec &#224; sa poupe l'H&#244;tel-Dieu transform&#233; en h&#244;tel cinq &#233;toiles, bien que sa taille et sa silhouette &#233;voquent plut&#244;t une barquette de p&#234;cheur &#8211; comme un saisissant portrait de la schizophr&#233;nie locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce coup-ci, malgr&#233; l'improvisation, le cort&#232;ge a eu un franc succ&#232;s, avec ses pr&#232;s de cinq cents participants, presque tous d&#233;guis&#233;s. &#192; mi-pente de la rue d'Aubagne, la jonction entre carnavaliers de La Plaine et ceux de Noailles s'est effectu&#233;e &#224; grands renforts de jets de farine, color&#233;e ou pas, puis de quelques &#339;ufs volants&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est &#224; l'occasion d'un de ces gestes de bienvenue que la premi&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&#8230; Les enfants s'en donnaient &#224; c&#339;ur joie et tout le monde blanchissait &#224; vue d'&#339;il, pour que personne ne reste b&#234;tement spectateur&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sans doute sensible &#224; l'esprit carnavalier qui veut que personne ne reste en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Et, surprise, un couple de motards ouvrait la voie &#224; ce d&#233;fil&#233; non autoris&#233;, comme s'il s'agissait d'un cort&#232;ge minist&#233;riel&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juch&#233;s sur un transfo &#233;lectrique, &#224; l'ombre du buste d'Hom&#232;re, une bande d'enfants sauvages, dont un pr&#233;-ado v&#234;tu de peaux de b&#234;te, ont brandi un drapeau noir au-dessus du nuage blanc et ocre qui recouvrait la foule : &#171; &lt;i&gt;Vive la libert&#233; !&lt;/i&gt; &#187; fut leur cri de ralliement. Un gang de squelettes dansaient sous les yeux ravis des gamins. Des affiches &#233;lectorales vivantes promettaient une &#171; &lt;i&gt;ville blonde platine&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;sans mistral&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;sans habitants&lt;/i&gt; &#187;, recevant moult suffrages farineux en pleine poire. Un Neptune &#224; trogne vermeille cherchait sa mer perdue la veille. Un d&#233;mon cornu mitraillait les gens avec une cam&#233;ra en carton. Une mari&#233;e &#224; t&#234;te de brebis ne se souvenait plus o&#249; elle avait gar&#233; ses amours. Et la ville s'en trouvait enchant&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2013, les CRS avaient tent&#233; de bloquer le d&#233;part du Caramentrant de la place, la BAC avait failli faire d&#233;g&#233;n&#233;rer le cort&#232;ge dans les ruelles de Noailles en alpaguant deux enfarineurs, et une commissaire en uniforme avait tent&#233; d'interdire le feu de joie final. Mais gr&#226;ce &#224; une belle intelligence collective, ces provocations avaient &#233;t&#233; d&#233;samorc&#233;es et la f&#234;te avait bien eu lieu. Certains, du c&#244;t&#233; de l'ordre, l'avaient v&#233;cu comme une humiliation. En 2014, il fallait que &#231;a finisse mal et les pompiers, les CRS, la BAC, puis les journaux et les juges allaient faire en sorte que. &#192; tout prix, m&#234;me en gazant des enfants, en matraquant des passantes, puis en calomniant et en condamnant des carnavaliers en comparution imm&#233;diate &#224; deux mois de prison ferme, assortis de plusieurs mois de sursis, sur la seule foi de t&#233;moignages policiers, pour avoir jet&#233; une canette d'aluminium ou renvers&#233; un conteneur &#224; ordures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce 16 mars 2014, revenu sur la place, le traditionnel proc&#232;s du Caramentrant se d&#233;roula comme il se doit, entre joutes oratoires du proc' et de l'avoc' et chahut sans nom de la foule en d&#233;lire. Le sort du Caramentrant, qui symbolise les menaces pesant sur la cit&#233;, fut vite scell&#233; : &#171; &lt;i&gt;Qu'on le br&#251;le !&lt;/i&gt; &#187; Et on le br&#251;la. Chant des chorales, plainte d'une cornemuse, transe des tambourins, farandole des carnavaliers. Au cr&#233;puscule, le regard des bambins, des parents et de la mari&#233;e se perdait au c&#339;ur des flammes, dans un songe &#224; la fois lointain et ardent o&#249; semblait se consumer tout le malheur du monde. Tout ? Non, car une centurie de f&#233;lons se pr&#233;parait &#224; noyer la f&#234;te dans la violence et la d&#233;solation. Au lieu d'attendre un quart d'heure de plus que le b&#251;cher s'&#233;teigne tout seul, les CRS, sans crier gare, ont tent&#233; d'ouvrir le passage aux pompiers. Dans la bousculade qui s'ensuivit, la lance &#224; incendie fut taillad&#233;e, provoquant un geyser fa&#231;on eau d'artifice. Les flics, qui n'attendaient qu'une occasion, charg&#232;rent. Matraquage, protestations, enfants en pleurs, nuage de gaz lacrymo, grenade assourdissante. Les chaises du bar voisin et un madrier rougeoyant z&#233;br&#232;rent l'air du soir. Un temps, la farandole reprit autour du feu sauv&#233; des eaux. Puis quelqu'un cria qu'un carnavalier venait d'&#234;tre arr&#234;t&#233; et transf&#233;r&#233; au commissariat de Noailles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1060 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH253/p09-bgcarnaval009-c6d26.jpg?1768658198' width='500' height='253' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Beno&#238;t Guillaume.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Par l'acharnement r&#233;pressif d&#233;cha&#238;n&#233; contre elle, une simple f&#234;te de quartier devient un enjeu strat&#233;gique. Ce qui met au d&#233;fi les carnavaliers, s'ils ne veulent pas voir leur joyeux charivari englouti par la parano&#239;a m&#233;diatico-polici&#232;re &#8211; l'an prochain, on pourrait brandir des kalachs en carton ! &#8211;, de d&#233;velopper une vraie r&#233;flexion collective, sans jamais perdre de vue l'essentiel : le plaisir de pr&#233;parer et de vivre ce moment de libert&#233;. La pr&#233;fecture veut r&#233;duire Carnaval &#224; une manif d&#233;guis&#233;e pour mieux l'isoler. L'affrontement a clairement &#233;t&#233; voulu par la police. Repousser le premier assaut et retarder l'extinction du feu de joie &#233;tait l&#233;gitime, mais descendre au commissariat pour &#171; &lt;i&gt;exiger la lib&#233;ration de nos camarades&lt;/i&gt; &#187; fut sans doute une erreur. C'&#233;tait aller au combat sur un terrain d&#233;favorable, dans un rituel impos&#233; o&#249; les carnavaliers avaient tout &#224; perdre &#8211; cinq d&#233;tenus de plus apr&#232;s deux heures de blocage. Ce qui a permis &#224; &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt; de mettre en sc&#232;ne une inversion radicale de la r&#233;alit&#233; : une foule avin&#233;e agressant des forces de l'ordre sur la d&#233;fensive. Dans un pays o&#249; l'espace public est de moins en moins public et l'&#201;tat de plus en plus omnipr&#233;sent, on oublie trop qu'il n'y a rien de plus subversif que de prendre l'initiative en ignorant le pouvoir, au lieu de toujours se d&#233;finir par rapport &#224; lui. Il y aura dix fois plus de participants aux r&#233;unions de soutien aux inculp&#233;s qu'&#224; la construction du Caramentrant. Tant mieux, si les m&#234;mes &#233;nergies sont toujours l&#224; pour pr&#233;parer, fabriquer et s'amuser l'ann&#233;e prochaine !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ironie du calendrier, une exposition sur les carnavals a &#233;t&#233; inaugur&#233; une semaine plus tard au MuCEM. On y c&#233;l&#232;bre &#171; &lt;i&gt; le rire, la d&#233;rision, la transgression&lt;/i&gt; &#187;, et le carnaval de La Plaine, matraqu&#233; et menac&#233; au-dehors, a sa place dans le mus&#233;e&#8230; Si Carnaval est symboliquement le triomphe momentan&#233; d'un renversement du monde, d'une subversion du r&#233;el, l'institution mus&#233;ale, en l'empaillant et en le sanctifiant, op&#232;re une deuxi&#232;me inversion. C'est donc bien une remise &#224; l'endroit, une mise au pas et finalement un enterrement de cette f&#234;te sauvage que, main dans la main, nous ont programm&#233;s le pr&#233;fet et le commissaire d'exposition.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1059 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/p08-after-2f15c.jpg?1768658198' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo d'Arnau Bach.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;fi, entend-on au fil des bavardages, c'est de faire vivre et grandir le carnaval dans l'imaginaire de la ville. Renforcer les liens avec les quartiers&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La f&#234;te du Panier, vitrine client&#233;laire du cacique Gu&#233;rini, vient d'&#234;tre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, les associations, les voisins, les enfants &#8211; on pourrait construire un Caramentrant des minots avec les minots. Tisser des liens avec d'autres carnavals, pr&#233;voir une conf&#233;rence de presse &#171; internationale &#187; une semaine avant l'&#233;dition 2015. Inviter des chorales et des fanfares d'autres r&#233;gions. F&#234;ter la lib&#233;ration des d&#233;tenus par un repas de bienvenue o&#249; serait publiquement expos&#233;e la version des carnavaliers sur la journ&#233;e du 16 mars. Organiser des causeries gesticul&#233;es et des projections de films sur les traditions carnavalesques &#224; travers le monde et l'histoire. Multiplier les ateliers de construction de chars, de masques, d'instruments, de chants&#8230; Imaginer des m&#233;canismes d'autod&#233;fense pour les carnavals &#224; venir, en s'inspirant de l'intelligence collective qui a permis, en 2013, de d&#233;jouer les pi&#232;ges tendus. &lt;i&gt;A l'an que ven, Carnavas !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La suite du dossier Carnaval&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais, Carnaval est &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Plus-que-jamais-Carnaval-est-une&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une h&#233;r&#233;sie&lt;/a&gt; : interview d'Al&#232;ssi dell'Umbria.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;C'est &#224; l'occasion d'un de ces gestes de bienvenue que la premi&#232;re arrestation a eu lieu. Pour avoir tach&#233; le pantalon d'un flic en civil, un jeune est all&#233; dormir aux Baumettes dans l'attente de son proc&#232;s, le 15 avril dernier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sans doute sensible &#224; l'esprit carnavalier qui veut que personne ne reste en marge, la Brigade anti-criminalit&#233; mourait d'envie de devenir actrice, &#224; sa mani&#232;re et dans son propre r&#244;le, bien s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La f&#234;te du Panier, vitrine client&#233;laire du cacique Gu&#233;rini, vient d'&#234;tre supprim&#233;e. Elle sera peut-&#234;tre r&#233;invent&#233;e, sans subventions, par les habitants du quartier qui se l'&#233;taient largement appropri&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Plus que jamais, Carnaval est une h&#233;r&#233;sie</title>
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		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Dans notre soci&#233;t&#233; si bien polic&#233;e, le carnaval et ses intensit&#233;s pa&#239;ennes font figure de f&#234;te martienne. Conna&#238;tre son histoire et ses r&#233;surgences contemporaines aide &#224; en saisir toute la richesse, ainsi que les promesses&#8230; La parole est &#224; Al&#232;ssi dell'Umbria, un des initiateurs du carnaval de La Plaine-Noailles. En exclusivit&#233; pour le web, l'int&#233;grale de son interview. La suite du dossier &#171; Carnaval &#187; est &#224; lire dans le n&#176;121 de CQFD actuellement en kiosque. CQFD : Quelles sont les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no121-avril-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;121 (avril 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/annees" rel="tag"&gt;ann&#233;es&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lancon" rel="tag"&gt;Lan&#231;on&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans notre soci&#233;t&#233; si bien polic&#233;e, le carnaval et ses intensit&#233;s pa&#239;ennes font figure de f&#234;te martienne. Conna&#238;tre son histoire et ses r&#233;surgences contemporaines aide &#224; en saisir toute la richesse, ainsi que les promesses&#8230; La parole est &#224; Al&#232;ssi dell'Umbria&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Al&#232;ssi dell'Umbria est l'auteur d'une Histoire universelle de Marseille de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, un des initiateurs du carnaval de La Plaine-Noailles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En exclusivit&#233; pour le web, l'int&#233;grale de son interview.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite du dossier &#171; Carnaval &#187; est &#224; lire dans le n&#176;121 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; actuellement en kiosque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1009 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH106/titre-carnaval-2-510fa.jpg?1768731502' width='500' height='106' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Quelles sont les traditions carnavalesques en Occitanie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Al&#232;ssi dell'Umbria&lt;/strong&gt; : En Provence et en Pays ni&#231;ard, le carnaval a pratiquement disparu en tant que tel. Soit c'est devenu un d&#233;fil&#233; costum&#233; &#224; grand spectacle comme &#224; Nice, soit une activit&#233; vaguement ludique dans les &#233;coles le jour de Mardi gras. Nous disposons d'assez peu de t&#233;moignages sur le carnaval d'antan. Nous avons re&#231;u, il y a une douzaine d'ann&#233;es, un document int&#233;ressant, &#233;crit dans un tr&#232;s beau proven&#231;al maritime, d'un habitant de Lan&#231;on. Dans les villages proven&#231;aux comme Lan&#231;on le carnaval &#233;tait assez sauvage, semble-t-il, en fait les gens se d&#233;guisaient avec les estrasses (chiffons) qu'ils trouvaient. Ce n'&#233;taient pas des d&#233;guisements &#233;labor&#233;s et le but recherch&#233; &#233;tait m&#234;me, selon le t&#233;moin, de s'enlaidir au maximum. La p&#233;riode carnavalesque se caract&#233;risait par des d&#233;ambulations, de petits groupes d&#233;guis&#233;s ainsi qui allaient de maison en maison en hurlant plus qu'en chantant, voire en jouant du tambour et de la fl&#251;te, se faire offrir &#224; boire et &#224; manger. Un mannequin de bois et de chiffon &#233;tait br&#251;l&#233; le soir du mardi gras, sur la place, cl&#244;turant la semaine carnavalesque. Le t&#233;moignage ne mentionne pas de proc&#232;s. Il semble que la ritualit&#233; ait donc &#233;t&#233; assez r&#233;duite. La Seconde Guerre a entra&#238;n&#233; la suspension de ce carnaval, dans le cas de Lan&#231;on, il fut revitalis&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 1950 selon les m&#234;mes modalit&#233;s. Le t&#233;moin dit que le Carnaval a ensuite pris fin au d&#233;but des ann&#233;es 1980, avec l'expansion de l'habitat pavillonnaire autour du noyau villageois (d&#251; en grande partie &#224; l'arriv&#233;e de gens travaillant sur la base a&#233;rienne). Une n&#233;o-population qui n'appr&#233;ciait pas ce tapage et qui refusait d'ouvrir ses portes aux carnavaliers. &#192; un moment donn&#233;, les pavillonnaires ont eu le dessus sur les gens de l'antique noyau villageois qui se sont sentis hors-jeu et ont jet&#233; l'&#233;ponge... Je crois qu'on pourrait sans mal trouver des dizaines de cas comme celui-ci dans ces villages-dortoirs des Bouches-du-Rh&#244;ne...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1006 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH651/photo-arnau-bach01-c8ec9.jpg?1768660338' width='400' height='651' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Fait int&#233;ressant : &#224; peu pr&#232;s &#224; la m&#234;me &#233;poque o&#249; le carnaval s'&#233;teignait &#224; Lan&#231;on, il reprenait de plus belle dans un petit village sur le haut plateau du Vaucluse, Murs. Ce village se situe &#224; quelques kilom&#232;tres de Gordes, un lieu totalement colonis&#233; par des Europ&#233;ens du Nord pleins de fric qui fait horreur aux gens de village. Un petit groupe de jeunes, sensibilis&#233;s &#224; la question occitane, a donc relanc&#233; le carnaval au d&#233;but des ann&#233;es 1980. La ritualit&#233; est plus construite qu'&#224; Lan&#231;on : d'abord la danse des &#171; bouffets &#187;, ex&#233;cut&#233;e par une dizaine de bouffetaires, v&#234;tus de tuniques et bonnets blancs, le visage enfarin&#233;, qui chantent en ch&#339;ur le fameux &#171; Siam una banda de gaia joventura qu'av&#232;m un grand fuec que nos brutla etc. &#187; Ensuite un cort&#232;ge de gens d&#233;guis&#233;s parcourt le village en fanfare, les quelques commer&#231;ants envoient des paquets de cigarettes et des bonbons &#224; la rasbaille, puis le proc&#232;s, qui se d&#233;roule au-dessus du village, devant l'ancien ch&#226;teau. Le tribunal : un procureur et un avocat, habill&#233;s comme dans un proc&#232;s d'assises, le premier d&#233;clame une s&#233;rie de griefs, le second argumente, tout en proven&#231;al. Le public &#233;nonce ses accusations, reprises par le procureur. L'ann&#233;e o&#249; j'&#233;tais pr&#233;sent, en 1994, je me souviens de quelques accusations dans le public : &#171; &lt;i&gt;Caramentrant, je t'accuse d'avoir sign&#233; le trait&#233; de Maastricht &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Caramentrant, je t'accuse de faire crever les agriculteurs de la r&#233;gion avec la PAC&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt; Caramentrant je t'accuse de nous emp&#234;cher d'apprendre le proven&#231;al&lt;/i&gt; &#187; (c'&#233;tait un minot de dix ans qui formulait cette derni&#232;re accusation). De fait, la langue d'oc &#233;tait tr&#232;s pr&#233;sente parmi les carnavaliers, et de pouvoir la parler comme &#231;a avec des inconnus participait de la f&#234;te. Les gens allaient ensuite souper dans une sorte de salle des f&#234;tes, et le feu &#233;tait allum&#233; plus tard, vers dix heures du soir, &#231;a dansait une farandole sans fin, c'est d'ailleurs la premi&#232;re fois que j'ai entendu et vu le groupe Tarabastal, avec ce son &#233;norme, on les entendait venir de loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Murs, il est clair qu'il y a eu une volont&#233; de reconstruire un rituel qui s'&#233;tait &#233;teint, et de faire &#231;a dans l'esprit carnavalesque d'avant la normalisation. La pr&#233;sence de Tarabastal d'ailleurs indique une dynamique dans ce sens. C'est un groupe de la basse-Provence rhodanienne qui s'&#233;tait cr&#233;&#233; pr&#233;cis&#233;ment comme groupe de rue en travaillant &#224; partir du carnaval baroque occitan, des deux c&#244;t&#233;s du Rh&#244;ne, tel qu'il existait jusqu'au milieu du XVIIIe si&#232;cle. V&#234;tus de peau de b&#234;tes, le visage noirci, couverts de sonnailles, jouant du tambourin et du bach&#225;s pour la rythmique, du hautbois pour la m&#233;lodie, ils avaient un son tout &#224; fait adapt&#233; au carnaval. Je les ai revus quelques ann&#233;es plus tard au feu de la Saint-Jean &#224; Eygali&#232;res. Apr&#232;s, le groupe s'est dissous et certains ont fond&#233; Sab&#242;i, qui est venu trois fois au carnaval de La Plaine-Noailles. Rigaudons, farandoles, tarantelles, un r&#233;pertoire fait pour danser dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la m&#234;me &#233;poque, &#224; Marseille, la municipalit&#233; venait de lancer son n&#233;o-carnaval et nous &#233;tions quelques-uns &#224; l'avoir mauvaise. Quand cinq ans apr&#232;s s'est cr&#233;&#233;e La Plaine sans fronti&#232;res, qui invitait syst&#233;matiquement &#224; occuper La Plaine, repas de quartier, sardinade du 14 juillet, f&#234;te du quartier, l'id&#233;e de cr&#233;er un carnaval s'est impos&#233;e d'elle-m&#234;me. La premi&#232;re &#233;dition eut lieu en 2000, mais on n'a pas pu faire le proc&#232;s, qui me paraissait quelque chose d'important, qu'&#224; partir de 2002. En fait, sa n&#233;cessit&#233; s'est impos&#233; d'elle-m&#234;me en r&#233;ponse au r&#233;am&#233;nagement autoritaire et s&#233;curitaire de La Plaine, et cette ann&#233;e-l&#224;, le Caramentrant &#233;tait un porc de deux m&#232;tres de haut, drap&#233; dans une &#233;charpe tricolore avec un &#233;cusson &#171; Mairie du 4e/5e &#187;. Une personne employ&#233;e &#224; ladite mairie nous a confi&#233; plus tard que Bruno Gilles avait &#233;t&#233; tr&#232;s affect&#233; d'avoir &#233;t&#233; ainsi repr&#233;sent&#233; puis br&#251;l&#233; sous les impr&#233;cations de la foule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;f&#233;rence, quand nous avons cr&#233;&#233; ce carnaval, avait &#233;t&#233; celle de Murs, et celle du carnaval ind&#233;pendant de Saint-Roch &#224; Nice. On avait d'ailleurs organis&#233; auparavant un d&#233;bat &#224; l'Interm&#233;diaire, Louis Pastorelli &#233;tait venu de Nice ainsi que le pauvre Peire Simiand, qui connaissait tr&#232;s bien les carnavals de Provence et du Languedoc. Simiand insista beaucoup sur l'importance du feu &#8211; &#224; Saint-Roch, ils ne faisaient pas br&#251;ler &#224; l'&#233;poque &#8211;, il ne croyait pas si bien dire vu que c'est l&#224;-dessus que les flics nous ont cherch&#233; cette ann&#233;e&#8230; La bataille de farine nous est venue de Saint-Roch. Je ne crois pas qu'il y ait eu &#231;a dans la tradition proven&#231;ale. En revanche, chez les Ni&#231;ards &#231;a devait &#234;tre le cas, parce que j'ai vu au mus&#233;e Mass&#233;na &#224; Nice une affiche pr&#233;fectorale des ann&#233;es 1930 qui interdit, &#224; l'occasion de Carnaval, tout jet de farine ou de pl&#226;tre. Les touristes commen&#231;aient d&#233;j&#224; &#224; venir au spectacle, jusqu'aux ann&#233;es 1950 le tourisme &#224; Nice &#233;tait hivernal, donc ils finissaient le s&#233;jour en pleine p&#233;riode du Carnaval et les autorit&#233;s d&#233;j&#224; s'employaient &#224; r&#233;primer les aspects les plus sauvages de la f&#234;te pour l'adapter au tourisme...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre c&#244;t&#233; du Rh&#244;ne, il y a une tradition carnavalesque tr&#232;s ritualis&#233;e en certains endroits. Cela rel&#232;ve parfois du m&#234;me registre que les carnavals en Wallonie ou en Rh&#233;nanie, avec des groupes constitu&#233;s ayant un costume commun tr&#232;s &#233;labor&#233; et qui va de pair avec certains comportements rituels, je pense sp&#233;cialement au Carnaval de Limoux &#8211;, on avait d'ailleurs fait venir Peire Brun, pour pr&#233;senter son film documentaire &lt;i&gt;F&#233;&#231;as e Godilhs&lt;/i&gt; &#224; La Plaine voici quelques ann&#233;es. On pense aussi aux Palhassas de Cournonterral, dans un tout autre genre, beaucoup plus &lt;i&gt;trash&lt;/i&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s, en Languedoc, c'est comme partout, la plupart des Carnavals ne sont plus que des d&#233;fil&#233;s costum&#233;s d'&#233;coliers... Mais il y a quand m&#234;me quelques petites villes o&#249; une tradition s'est poursuivie, &#224; P&#233;zenas notamment. Dans les autres r&#233;gions occitanes, je sais qu'il y a un gros carnaval &#224; Pau, qui dure une semaine et s'articule autour du personnage de Saint-Pan&#231;ard, qui est l'antith&#232;se de Car&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1007 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH375/p07-perso-carnaval-2-b2fe7.jpg?1768660338' width='400' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces traditions sont-elles partag&#233;es par celles m&#251;ries au Nord comme au Sud de l'Europe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'&#233;tant pas ethnologue, je ne suis pas sp&#233;cialiste des Carnavals. Mais j'ai eu &#224; conna&#238;tre en Gr&#232;ce un carnaval dans le village minier d'Aghia Anna, dans l'&#238;le d'Evia, au nord de l'Attique. Plus r&#233;cemment, en Italie, j'ai &#233;t&#233; &#224; celui de Montemarano, au sud de Naples, connu pour sa tarantelle sans fin. Au Nord, j'ai connu en Belgique un carnaval tr&#232;s &#233;labor&#233;, celui de Malm&#233;dy qui se rattache &#224; l'aire culturelle allemande de Rh&#233;nanie, sinon quelques carnavals de quartier &#224; Li&#232;ge et &#224; Bruxelles, o&#249; il y a le feu mais pas le proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral, les Carnavals du Nord sont tr&#232;s ritualis&#233;s. Pour la Belgique, l'exemple le plus connu est celui des Gilles, dans la r&#233;gion de Charleroi - La Louvi&#232;re, ou des Blancs-Moussi &#224; Stavelot. Ce sont de v&#233;ritables confr&#233;ries, o&#249; il faut &#234;tre parrain&#233;, qui se r&#233;unissent bien avant la p&#233;riode du Carnaval, reconnues et relativement institutionnalis&#233;es - bien que ce soit assez r&#233;cent, les Blancs-Moussi, par exemple, &#233;taient plut&#244;t mal vus jusque dans les ann&#233;es 1950. Mais on aurait tort de croire que ce cadre rituel, tr&#232;s codifi&#233;, entra&#238;ne une baisse d'intensit&#233; : au contraire, il la dirige et, ce faisant, celle-ci est peut-&#234;tre plus forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, dans les quelques villes o&#249; la tradition est rest&#233;e solidement ancr&#233;e, comme &#224; Dunkerque ou &#224; Limoux, des confr&#233;ries, des associations carnavali&#232;res pr&#233;parent le Carnaval tout au long de l'ann&#233;e. Ce n'est pas un simple rendez-vous annuel d'une journ&#233;e, la pr&#233;paration elle-m&#234;me fait partie du carnaval, qui lui-m&#234;me dure plusieurs jours, pas seulement le Mardi gras, &#231;a s'&#233;tend souvent sur une p&#233;riode d'un mois, voire plus. C'est tout un cycle, alors que les carnavals ind&#233;pendants se d&#233;roulent sur une seule journ&#233;e en g&#233;n&#233;ral, presque &#224; la sauvette. C'est d'ailleurs l'occasion de dire que le rapport de Carnaval et du car&#234;me est quelque chose de tr&#232;s relatif &#224; mon sens. Ce rituel existait avant que l'&#201;glise n'impose son calendrier et il constituait une invocation &#224; ce que l'hiver finisse... Donc la date du Carnaval n'a pas &#224; se calquer sur le calendrier chr&#233;tien. Ce qui importe, c'est la sortie de l'hiver. En Italie du Sud, ils le savent, puisqu'il existe encore en certains endroits ce personnage qui est la Vieille &#8211; le surnom de l'hiver &#8211; que Pulcinella vient sodomiser sous les applaudissements de la foule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Aghia Anna, en Gr&#232;ce, les hommes &#233;taient syst&#233;matiquement travestis en femmes, mais je ne suis pas s&#251;r du contraire. Je me souviens qu'ils promenaient dans le village un &#233;norme phallus en carton-p&#226;te... Des banderoles, insultant le pope, le maire, les flics, &#233;taient dispos&#233;es sur les fa&#231;ades des maisons, donc une dimension de satire politique et sociale &#233;vidente. Mais il n'y avait pas le proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les raisons, selon toi, d'un renouveau des pratiques populaires autour du Carnaval en France et ailleurs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le renouveau ? Mis &#224; part quelques carnavals qui sont rest&#233;s assez intenses, comme &#224; Dunkerque, la plupart sont devenus de simples d&#233;fil&#233;s d&#233;pourvus d'intensit&#233;, les parents attendris regardant leurs minots d&#233;guis&#233;s qui d&#233;filent sagement entre les barri&#232;res de s&#233;curit&#233; en se jetant quelques poign&#233;es de confettis. Pour rester dans la r&#233;gion, parce que j'ignore ce qu'il en est ailleurs, on a vu donc surgir des carnavals ind&#233;pendants en rupture avec cette version archi-&#233;dulcor&#233;e, d'abord dans le quartier Saint Roch &#224; Nice, puis &#224; Montpellier, enfin &#224; Marseille, le dernier en date &#233;tant celui de Saint-Affrique, dans l'Aveyron. Ces Carnavals se f&#233;condent mutuellement, il y a des &#233;changes entre carnavaliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi sont-ils apparus ? Depuis les ann&#233;es 1980, dans les pays occidentaux s'est mise en place une nouvelle technique d'occupation pr&#233;ventive de l'espace ext&#233;rieur. Aujourd'hui, on ne gouverne plus seulement en faisant le vide dans les rues, mais en faisant aussi de temps en temps le plein. &#192; coups de festivals, de f&#234;tes de quartier livr&#233;es cl&#233; en main, d'animations et de performances diverses auxquelles les gens sont convi&#233;s &#224; assister, les autorit&#233;s prennent possession de la rue, de la place : que l'espace public ne puisse jamais devenir un espace commun, mais qu'il soit simplement, &#224; date et &#224; heure fixes, occup&#233; par une foule de spectateurs d&#251;ment encadr&#233;s. Les carnavals ind&#233;pendants sont n&#233;s de la frustration &#233;prouv&#233;e face &#224; cela. Et Carnaval, contrairement &#224; toutes les &lt;i&gt;teufs&lt;/i&gt; sponsoris&#233;es et subventionn&#233;es, a un pass&#233;. Des gens savent que ce fut tout autre chose qu'un d&#233;fil&#233; un peu niais, des gens ont entendu parler des bacchanales et des saturnales, ils ont entendu parler de la F&#234;te des Fous. Certains ont eu la chance de se retrouver dans un carnaval o&#249; tout cela est encore palpable. L'&#233;v&#233;nement est donc possible, dans lequel chacun peut s'exprimer en toute libert&#233; en bricolant, en improvisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s, la question est de savoir s'ils peuvent s'inscrire dans la dur&#233;e, et instaurer une tradition. Ce que je constate, c'est que les Carnavals qui ont surv&#233;cu &#224; la normalisation culturelle de la seconde moiti&#233; du XXe si&#232;cle sont tous des carnavals qui suivent un d&#233;roulement rituel &#8211; &#231;a peut &#234;tre se &lt;i&gt;pastisser&lt;/i&gt; de lie-de-vin comme &#224; Cournonterral, ou encore &#231;a peut &#234;tre davantage au niveau de la parole satirique comme &#224; Limoux, mais c'est toujours li&#233; &#224; un cadre rituel. Il y a des personnages bien d&#233;finis, les Pailhassas et les Blancs &#224; Cournonterral avec chacun leur attribution, les F&#232;&#231;as et les Godilhs &#224; Limoux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il n'y avait pas cela, le carnaval finissait par dispara&#238;tre comme &#224; Lan&#231;on. &#199;a pourrait arriver aux carnavals ind&#233;pendants, d'autant plus qu'ils ont les autorit&#233;s contre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui distingue le carnaval d'une foule rassembl&#233;e au hasard pour se d&#233;fouler ? Autrement dit, dans quelle mesure ces carnavals ind&#233;pendants peuvent construire un langage, une th&#233;&#226;tralit&#233; &#8211; faute de quoi &#231;a se termine en beuverie chaotique. Or, m&#234;me l'ivresse doit &#234;tre dirig&#233;e, sinon ce n'est qu'un mauvais d&#233;lire &#233;gocentrique. &#192; Nice par exemple, le Carnaval de Saint-Roch a connu des vicissitudes diverses. Ils ont eu le tort d'accepter des camions sonos, genre techno bien lourde, indisposant tout &#224; la fois les carnavaliers et le voisinage, entra&#238;nant l'intervention des flics. Ensuite, ils ont supprim&#233; la farine, et l&#224;, &#231;a a &#233;t&#233; la fin&#8230; La sono en plus, c'est vraiment d&#233;plac&#233; ce jour-l&#224; : du son amplifi&#233;, on en a plein les oreilles toute l'ann&#233;e, le Carnaval est aussi une mani&#232;re de retrouver du son acoustique, des chants, des instruments non amplifi&#233;s&#8230; &#192; La Plaine, c'est ce que nous avions r&#233;pondu en 2004 &#224; un collectif du &#171; Carnaval des sons &#187; auquel nous-m&#234;mes avions particip&#233;, ils avaient d'ailleurs tr&#232;s bien compris.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1008 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH612/photo-arnau-bach02-e44c2.jpg?1768660338' width='400' height='612' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les r&#233;actions des pouvoirs publics face aux pratiques traditionnelles et face &#224; leur r&#233;interpr&#233;tation contemporaine ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes plus dans une soci&#233;t&#233; traditionnelle o&#249; le d&#233;bordement p&#233;riodique &#224; la sortie de l'hiver &#233;tait totalement assum&#233;. Ce qui est impensable dans un espace urbain ou suburbain hostile &#224; tout d&#233;bordement et r&#233;duit &#224; une vaste galerie marchande. Quand on songe que le d&#233;fil&#233; costum&#233; des minots, le pseudo carnaval de la Ville de Marseille, a &#233;t&#233; d&#233;plac&#233; au Prado, autant dire &#224; Dache, parce que les commer&#231;ants d'en-ville se plaignaient d'un manque &#224; gagner ce jour-l&#224;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous-m&#234;mes et les copains de Noailles ont eu des probl&#232;mes &#224; un moment donn&#233; avec certains commer&#231;ants... Ralentir ou interrompre la circulation automobile en ville, c'est d&#233;j&#224; un comportement h&#233;r&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jadis, la p&#233;riode carnavalesque signifiait une rupture dans l'ordre social, pas seulement parce qu'on y inversait les r&#244;les ou parce qu'on y dramatisait certaines tensions, certaines frustrations : mais aussi parce qu'il &#233;tait admis que l'espace de la ville ou du village soit &#224; ce moment-l&#224; envahi par l'esprit de Carnaval, par ces d&#233;ambulations sans fin et sans but &#8211; et notamment sans but marchand. &#192; pr&#233;sent, toute rupture dans la temporalit&#233; doit &#234;tre recycl&#233;e, doit &#234;tre source de profits, cr&#233;atrice d'emplois etc. C'est cette p&#233;riode qu'on appelle les vacances, si pauvre en intensit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette rupture existe encore dans des r&#233;gions qui sont &#224; la marge de l'Europe occidentale. &#192; Aghia Anna, on ch&#244;me durant la semaine de carnaval. &#192; Montemarano, les trois derniers jours, personne ne travaille. &#192; P&#233;zenas, jusqu'&#224; une date r&#233;cente, il &#233;tait d'usage que les employ&#233;s de la Ville ou les salari&#233;s de nombreuses petites bo&#238;tes ne travaillent pas le jour de mardi gras, maintenant c'est fini. Pourtant, la p&#233;riode du carnaval dure un mois... mais &#231;a se passe en week-end ou en fin de journ&#233;e... Et je suppose qu'il en va de m&#234;me dans pas mal d'endroits. Peut-&#234;tre avec l'exception de Dunkerque o&#249; les gens doivent s&#251;rement d&#233;serter leur travail le jour de Mardi gras... Toute interruption du travail et du commerce est d&#233;sormais impensable. Arr&#234;ter de bosser une semaine, alors qu'il y a la crise ! Et les carnavals ind&#233;pendants eux-m&#234;mes sont tributaires de cet &#233;tat de fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autorit&#233;s n'aiment pas ces carnavals ind&#233;pendants. &#192; Nice comme &#224; Montpellier, &#224; plusieurs reprises ces derni&#232;res ann&#233;es, les CRS ont charg&#233; dans la foule. &#192; Saint-Affrique cette ann&#233;e, pour la troisi&#232;me &#233;dition du Carnaval des enfants sauvages, des carnavaliers ont &#233;t&#233; agress&#233;s par des petites frappes au service du maire. Cette ann&#233;e, c'est le carnaval de La Plaine-Noailles qui a eu droit &#224; une agression polici&#232;re froidement calcul&#233;e. Entre la difficult&#233; &#224; cr&#233;er une ritualit&#233; qui organise la d&#233;ambulation, lui donne un sens, et de l'autre les flics qui guettent le moindre d&#233;bordement &#8211; et le simple fait d'allumer un brasier sur une place est consid&#233;r&#233; comme tel &#8211; la marge de manoeuvre est tr&#232;s &#233;troite...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'esprit des carnavals ind&#233;pendants, c'est de ne pas entrer dans le cadre impos&#233;. On aurait pu demander l'autorisation pour celui de La Plaine. Nous ne l'avons jamais fait. Pourquoi ? D'abord parce qu'on estimait ne pas avoir &#224; demander d'autorisation pour ce qui rel&#232;ve d'une tradition. Ensuite parce que si l'on nous avait donn&#233; l'autorisation, cela aurait signifi&#233; un parcours impos&#233;, des barri&#232;res de s&#233;curit&#233; s&#233;parant le d&#233;fil&#233; des autres, sans doute l'interdiction de faire le feu, etc. Le plaisir du Carnaval est aussi cette irruption dans la rue qui prend les usages impos&#233;s au d&#233;pourvu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, les carnavaliers sont vuln&#233;rables face &#224; l'agression polici&#232;re toujours possible. Qui veut s'affronter aux flics se pr&#233;pare, s'&#233;quipe, reste sobre, etc. C'est une autre vibration, une autre excitation, mais qui n'est pas celle du Carnaval o&#249; l'on finit souvent dans un &#233;tat second. Que le carnaval se termine en affrontement avec les flics, c'est le pire qui puisse arriver. En 2013, on a fait tout notre possible pour &#233;viter &#231;a, allant jusqu'&#224; n&#233;gocier avec les flics alors que franchement on avait autre chose &#224; faire ce jour-l&#224;, on a r&#233;ussi finalement &#224; faire ce qu'on voulait mais c'est clair qu'en 2014 la consigne &#233;tait de nous rentrer dans le lard. La d&#233;cision de nous r&#233;primer vient de la Pr&#233;fecture de police. Du c&#244;t&#233; de la mairie, on n'a jamais eu de probl&#232;mes &#8211; pourtant on ne peut pas dire qu'on les ait &#233;pargn&#233;s ! Pour eux, &#231;a reste quelque chose de tr&#232;s localis&#233;, tant qu'il y n'a pas de d&#233;bordement majeur, ils regardent ailleurs ce jour-l&#224;. Mais, depuis que le n&#233;vropathe de la place Beauvau&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pass&#233; depuis &#224; Matignon, comme quoi la France est vraiment un pays de flics, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; nous a envoy&#233; son Pr&#233;fet de police, on est sous pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression a pour effet de marginaliser davantage le carnaval ind&#233;pendant qui &#233;volue d&#233;j&#224; dans un environnement hostile &#8211; l'automobiliste irascible ou le &lt;i&gt;lacosteux &lt;/i&gt; furieux d'avoir &#233;t&#233; &#233;clabouss&#233; de farine par exemple. &#192; La Plaine d&#233;j&#224; beaucoup de nos connaissances ne participent pas, je ne parle m&#234;me pas l&#224; des vieux cons aigris qui ne supportent pas qu'il y ait la moindre forme de vie sur La Plaine, non je parle de gens que nous c&#244;toyons dans les bars, dans les locaux associatifs, je parle de certains coll&#232;gues. L'attitude dominante &#224; La Plaine, c'est celle du consommateur de loisirs culturels qui zappe dans une offre, plus ou moins alternative, mais ne se sent pas tent&#233; par quelque chose qui mette son corps et son &#226;me en mouvement dehors, dans la rue : &#171; &lt;i&gt;J'aime pas me d&#233;guiser&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;J'aime pas recevoir de la farine&lt;/i&gt; &#187;, etc.
Il y a des mutations anthropologiques qui facilitent l'intervention de la police. Avec le d&#233;veloppement et l'extension de la sph&#232;re du fun, les gens, dans les pays occidentaux, ont la possibilit&#233; de vivre &#224; pr&#233;sent une sorte de transe de (tr&#232;s) basse intensit&#233; chaque fin de semaine, dans les concerts, dans les discoth&#232;ques, dans les gradins du stade. Dans des espaces totalement sous contr&#244;le et o&#249; chacun reste spectateur. Amener les gens &#224; sortir de cette posture impos&#233;e, c'est pr&#233;cis&#233;ment le plus dur. D'autant que si le pouvoir gouverne d&#233;sormais par le &lt;i&gt;fun&lt;/i&gt;, qui sort de son &#233;tat de spectateur h&#233;b&#233;t&#233; s'expose aux techniques r&#233;pressives les plus &#233;prouv&#233;es. On nous prend gentiment par la main pour nous divertir, mais la m&#234;me main peut tr&#232;s bien empoigner la matraque ou le Flash-ball d&#232;s que nous sortons de notre statut de spectateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un dernier point. J'ai constat&#233; qu'au moins trois sites d'extr&#234;me droite ont relay&#233; l'article et la vid&#233;o de &lt;i&gt;la Provence&lt;/i&gt; sur la fin du Carnaval de La Plaine-Noailles, sans commentaire (le ton de l'article &#233;tant assez malveillant pour que des fascistes d&#233;clar&#233;s n'aient rien &#224; y ajouter). L'un d'eux qui se r&#233;clame des &#171; Fran&#231;ais de souche &#187; nous avait d&#233;j&#224; d&#233;nonc&#233;s l'ann&#233;e o&#249; le Caramentrant &#233;tait un coq incarnant l'Identit&#233; nationale. Trois sites d&#232;s le lendemain, pour un &#233;v&#233;nement somme toute tr&#232;s local, &#231;a fait un peu beaucoup, non ? Quand on sait combien de flics &#224; Marseille professent des sympathies ouvertes pour l'extr&#234;me droite... O&#249; l'on voit que la tol&#233;rance z&#233;ro profess&#233;e par Valls, et appliqu&#233;e &#224; Marseille par son Pr&#233;fet Bonnetain, rencontre opportun&#233;ment les vieilles pulsions fascistes, qui ont aussi leur fonction comme rappel &#224; l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La suite du dossier Carnaval&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Marseille-ne-fete-rien-dans-la-rue&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marseille&lt;/a&gt; : ne f&#234;te rien dans la rue !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Al&#232;ssi dell'Umbria est l'auteur d'une &lt;i&gt;Histoire universelle de Marseille de l'an mille &#224; l'an 2000&lt;/i&gt;, (Agone, 2006) et de &lt;i&gt;&#201;chos du Mexique indien et rebelle&lt;/i&gt; (Rue des cascades, 2010).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pass&#233; depuis &#224; Matignon, comme quoi la France est vraiment un pays de flics, NDLR.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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