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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Carnaval de banlieue, carnaval heureux !</title>
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		<dc:creator>Julien Tewfiq</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
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&lt;p&gt;Il n'y a pas que le carnaval de La Plaine dans la vie. Il y a le carnaval d'Ivry, aussi. Reportage de l'autre c&#244;t&#233; du p&#233;riph'. Samedi 25 mars, 19h. Je n'&#233;tais jamais all&#233; jusqu'au terminus de la tr&#232;s longue ligne 7 du m&#233;tro parisien, Mairie d'Ivry, ni dans cette petite ville de ceinture rouge. Pourtant la populaire Ivry et ses 60 000 habitants, administr&#233;s depuis la Lib&#233;ration par le PCF, conna&#238;t depuis quelque temps une belle effervescence politique. Et ce soir, c'est Carnaval ! Dans les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no154-mai-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;154 (mai 2017)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il n'y a pas que le carnaval de La Plaine dans la vie. Il y a le carnaval d'Ivry, aussi. Reportage de l'autre c&#244;t&#233; du p&#233;riph'.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3229 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH341/-1446-22760.jpg?1782744995' width='500' height='341' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Julie Okm&#251;n
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;S&lt;/span&gt;amedi 25 mars, 19h. Je n'&#233;tais jamais all&#233; jusqu'au terminus de la tr&#232;s longue ligne 7 du m&#233;tro parisien, Mairie d'Ivry, ni dans cette petite ville de ceinture rouge. Pourtant la populaire Ivry et ses 60 000 habitants, administr&#233;s depuis la Lib&#233;ration par le PCF, conna&#238;t depuis quelque temps une belle effervescence politique. Et ce soir, c'est Carnaval ! Dans les for&#234;ts de b&#233;ton, &#231;a va &#234;tre sauvage !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'y ai &#233;t&#233; invit&#233;, &lt;/strong&gt;15 jours plus t&#244;t, lors du carnaval de La Plaine&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir CQFD n&#176;153.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. La premi&#232;re &#233;dition du charivari d'Ivry ? Pas exactement. Un homme-arbuste m'explique : &#171; &lt;i&gt;La premi&#232;re fois, le carnaval a eu lieu &#224; Saint-Denis, l'an dernier c'&#233;tait &#224; Montreuil&#8230; et l&#224;, Ivry. &#187;&lt;/i&gt; Soit deux fois dans le 93, au nord, puis &#224; l'est de Paris et cette ann&#233;e, au sud, dans le Val-de-Marne (94) mais toujours&#8230; De l'autre c&#244;t&#233; du p&#233;riph&#233;rique. Car ici, c'est la banlieue et je suis fier d'en &#234;tre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'enfile rapidement &lt;/strong&gt;l'&#233;paisse perruque rouge &#224; cornes qu'une amie m'a pr&#234;t&#233;e et je me m&#234;le &#224; la petite cinquantaine de personnes d&#233;j&#224; pr&#233;sentes. Crieurs publics d&#233;cadents, enfants sauvages, b&#234;tes fantasques, fausses &#233;chassi&#232;res steam-punk, explorateurs du mauvais go&#251;t alternatif, bodybuildeuses de baudruche... Ces d&#233;guisements et ces masques, fruits complexes d'imagination et de r&#233;cup&#233;ration, ont souvent &#233;t&#233; bricol&#233;s lors des ateliers de pr&#233;paration avec les gosses du coin. Un corsaire me propose un rhum, comme de bien entendu. Lui et son &#233;quipage ont transform&#233; un Caddie en navire pirate charg&#233; de brochures politiques et de boissons r&#233;confortantes. J'offre quelques num&#233;ros de &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;en &#233;change d'une deuxi&#232;me&#8230; puis d'une troisi&#232;me tourn&#233;e. J'&#233;tais arriv&#233; en retard, mais pas le dernier : la foule a peut-&#234;tre doubl&#233; de volume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fanfare. &lt;/strong&gt;Chants. Le carnaval se met en branle et commence le d&#233;fil&#233;. Il y a &#233;norm&#233;ment de mouflets. Ils courent tout autour d'un magnifique char, le Caramentran : une t&#234;te de lion de trois m&#232;tres de haut, la gueule grande ouverte, de la cagette pour l'emballage. Pourtant la structure est solide car, en gravissant une &#233;chelle en bois, on p&#233;n&#232;tre dans la t&#234;te du lion pour se jeter dans un toboggan et en sortir par sa gueule sous les vivats et les projections de farine ! Enfants, comme adultes, adorent et &#224; chaque fois que le char s'arr&#234;tera, ils feront un tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hasard &lt;/strong&gt;ou co&#239;ncidence ? Je retrouve Adrien, un gaillard de la maquette et de la chorale ! Avec d'autres, d&#233;j&#224; pr&#233;sents &#224; Marseille, ils chantent les &#171; tubes &#187; des carnavals, en italien, en catalan, en proven&#231;al, en fran&#231;ais. Il propose de reprendre &#171; Touchez pas La Plaine &#187;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hymne de la contestation des projets de gentrification du quartier de La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et ni une ni deux, &#231;a devient : &#171; Touchez pas Ivry, touchez pas ! &#187; Car ici comme l&#224;-bas, le carnaval marche, aussi, contre les m&#234;mes restructurations : programme immobilier, pacification, gentrification. Une femme-panth&#232;re m'explique &#231;a rapidement : &#171; &lt;i&gt;Ivry c'est un des derniers bastions rouges de la banlieue. C'est une petite ville sympa o&#249; on se sent bien. Mais avec les projets du Grand-Paris, avec les Jeux olympiques qu'ils veulent nous imposer, &#231;a risque de changer. De fait, les politiciens, ils veulent que &#231;a change. Pas pour les habitants, mais pour les promoteurs. &#187;&lt;/i&gt; Entre les chansons et la fanfare, des slogans anti-Grand-Paris et anti-JO fusent r&#233;guli&#232;rement tout au long du d&#233;fil&#233;. &#171; &lt;i&gt;Tout le monde d&#233;teste le Grand-Paris ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;20h30. &lt;/strong&gt;&#201;tape &#224; la station RER de Vitry : grosse f&#234;te dans le tunnel sous les rails. &#199;a r&#233;sonne. &#199;a danse. Un passant demande : &#171; &lt;i&gt;Mais c'est pas du tout organis&#233; ? Il y a m&#234;me pas de s&#233;curit&#233; ? La police ou quoi ? &#187;&lt;/i&gt; Et, pour le coup, l'homme &#233;tait observateur : pas l'ombre d'un uniforme &#224; l'horizon. Z&#233;ro. Rien. Tranquille. Et &#231;a sera le cas jusqu'au bout de la f&#234;te. En revanche, la parade, comme une boule de neige, grossit au fur et &#224; mesure qu'elle avance. Simples curieux ou retardataires, nous sommes de plus en plus nombreux. Il y a moins de gosses, mais les gamins roms continuent &#224; s'amuser comme des fous. Des curieux &#224; leurs fen&#234;tres discutent avec les carnavaliers. Un vieux type ivre me gueule, tout fier, qu'il a &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;clochard &#224; Aix-en-Provence, oui monsieur ! Mais on va o&#249; comme &#231;a ? &#187;&lt;/i&gt; Quittant le centre-ville, la parade s'enfonce entre cit&#233;s et quartier pavillonnaire, longe un stade, bifurque &#224; droite, &#224; gauche&#8230; On commence &#224; se demander si on n'est pas perdu. Mais la rumeur enfle : un barbecue nous attend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;22h. &lt;/strong&gt;Nous errons maintenant dans un &lt;i&gt;no man's land &lt;/i&gt;de hangar. C'est la zone indus', celle qui nous s&#233;pare encore de notre destination : les quais de la Seine. Une cr&#233;ature v&#233;g&#233;tale et &#224; peau de ch&#232;vre me raconte un peu l'organisation du carnaval. Pour r&#233;sumer, la difficult&#233; consistait &#224; r&#233;unir ceux pour qui le carnaval est une manifestation d&#233;guis&#233;e et ceux pour qui c'est un acte artistique peu politis&#233;. Et changer de ville, chaque ann&#233;e, n'aide pas &#224; consolider le rendez-vous, &#224; f&#233;d&#233;rer les &#233;nergies. On compare avec le carnaval de La Plaine, de Montpellier&#8230; On imagine une internationale des carnavals ind&#233;pendants, o&#249; la f&#234;te est politique et o&#249; la politique est une f&#234;te !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;23h30 : &lt;/strong&gt;Le Caramentran a br&#251;l&#233;, au bord de l'eau. Il est devenu barbecue. Non loin un pont jet&#233; sur la Seine fait penser &#224; Brooklyn. Les plus jeunes sont rentr&#233;s. Les plus grands d&#233;vorent fromage, pomme de terre, banane au chocolat. D'autres dansent. Je discute avec une personne qui regrette que le proc&#232;s du Caramentran, moment intense de justice populaire, n'ait pas &#233;t&#233; tr&#232;s &#233;cout&#233;. Comme toujours. Elle regrette que ce soit fini. D&#233;j&#224;. Juste avant de rentrer, un jeune sage me demande &#224; quoi &#231;a peut bien servir de faire un article sur un carnaval. J'ai pas su quoi r&#233;pondre mais maintenant je sais : &#224; &#233;parpiller les cendres du Caramentran !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Julien Tewfiq&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;153.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Hymne de la contestation des projets de gentrification du quartier de La Plaine &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Docu : Paris, ville du capital</title>
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		<dc:date>2018-03-09T07:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>TomJo</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Dans l'arri&#232;re-salle d'un cin&#233; non commercial, avec le r&#233;alisateur de Paris grand capital, Fran&#231;ois Lathuilli&#232;re. On commence par l'embourgeoisement de la petite couronne parisienne. On termine en d&#233;passant la &#171; quarti&#233;risation &#187; de la critique. Ton film est une balade dans la petite couronne parisienne, pas &#224; Paris m&#234;me. Depuis que je milite dans des mouvements de &#171; mal-log&#233;s &#187;, j'ai vu la r&#233;novation urbaine s'acc&#233;l&#233;rer dans l'ancienne &#171; banlieue rouge &#187; : Ivry, Pantin, Bobigny, Saint (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no140-fevrier-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;140 (f&#233;vrier 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Saint-Denis-7632" rel="tag"&gt;Saint Denis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/banlieue-rouge" rel="tag"&gt;banlieue rouge&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parisienne" rel="tag"&gt;parisienne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans l'arri&#232;re-salle d'un cin&#233; non commercial, avec le r&#233;alisateur de &lt;i&gt;Paris grand capital&lt;/i&gt;, Fran&#231;ois Lathuilli&#232;re. On commence par l'embourgeoisement de la petite couronne parisienne. On termine en d&#233;passant la &#171; quarti&#233;risation &#187; de la critique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2147 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH554/-421-edc10.jpg?1782642024' width='400' height='554' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ton film est une balade dans la petite couronne parisienne, pas &#224; Paris m&#234;me.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis que je milite dans des mouvements de &#171; mal-log&#233;s &#187;, j'ai vu la r&#233;novation urbaine s'acc&#233;l&#233;rer dans l'ancienne &#171; banlieue rouge &#187; : Ivry, Pantin, Bobigny, Saint Denis, Bagnolet. Les communes ne sont pas au m&#234;me stade, mais les logiques se ressemblent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au moins les d&#233;log&#233;s sont-ils vir&#233;s par des mairies de gauche&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les autres, les mairies socialistes et communistes utilisent un discours de gestionnaires : face &#224; la crise &#233;conomique, il leur faut des entreprises qui payent des imp&#244;ts sur les espaces laiss&#233;s vacants par la d&#233;sindustrialisation, puis rejettent la responsabilit&#233; sur l'&#201;tat. Je parle de programmes comme l'ANRU, le PNRQAD&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Respectivement : Agence nationale pour la r&#233;novation urbaine et Programme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ou des proc&#233;dures de d&#233;fiscalisation. Mais le film ne les analyse pas th&#233;oriquement, il montre comment les gens y r&#233;sistent. Comme &#224; Ivry avec le collectif &#171; Ivry sans toit &#187;, ou avec les logements squatt&#233;s, les camps de Roms. Le film donne la parole &#224; ceux qui sont mis &#224; la rue, les sans-titres ; et &#224; ceux qui sont vol&#233;s, les &#171; petits &#187; propri&#233;taires rachet&#233;s en-dessous du prix des Domaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une sc&#232;ne &#233;loquente se d&#233;roule &#224; bord d'un bus o&#249; le maire de Pantin accueille les nouveaux habitants.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, le maire parle de la ville comme si elle lui appartenait, avec des petits relents racistes &#8211; &#171; &lt;i&gt;C'est pas qu'on veut pas des kebabs, mais bon&#8230;&lt;/i&gt; &#187; &#8211;, sachant que dans ces villes, les clivages sociaux recoupent en partie les clivages &#171; raciaux &#187;. Son discours d&#233;complex&#233; explique comment il d&#233;place des populations pour en installer d'autres et accueillir la premi&#232;re agence de publicit&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On voit dans le film que les &lt;i&gt;data centers&lt;/i&gt; remplacent les usines. Le renouvellement urbain n'est-il pas, plus largement, un renouvellement &#233;conomique dont la ville est le r&#233;ceptacle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film revient sur le pass&#233; de la &#171; banlieue rouge &#187;, sans le mythifier, et montre comment le capitalisme transforme l'espace selon ses besoins. Une fois les usines d&#233;plac&#233;es, les p&#244;les urbains sont en concurrence pour attirer la &#171; mati&#232;re grise &#187;. La ville se mod&#232;le selon les imp&#233;ratifs technologiques et industriels,&#8239;depuis&#8239;les corons install&#233;s &#224; c&#244;t&#233; des usines jusqu'aux principes monofonctionnels de Le Corbusier (un espace pour travailler, un autre pour dormir, un dernier pour consommer) qui tendent &#224;&#8239;l'hyper-sp&#233;cialisation des espaces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans une interview publi&#233;e par Vice, Anne Steiner s'agace de la critique de la &#171; gentrification &#187; en trois points. 1&#176; Cette critique laisse tranquille les quartiers bourgeois. 2&#176; Elle ne voit pas que les &#171; gentrifieurs &#187; sont eux-m&#234;mes expuls&#233;s du centre de Paris. 3&#176;&#8239;Elle redoute une ethnicisation de la critique au d&#233;triment d'une lecture de classe. Qu'en dis-tu ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pas voir comment la grande bourgeoisie s'enferme dans des ghettos pour riches est un pi&#232;ge &#224; &#233;viter. Au sujet de la &#171; classe moyenne &#187;, le probl&#232;me est qu'elle intervient peu lors des expulsions, escomptant une valorisation de ses biens immobiliers. Quant au racisme, il segmente les classes populaires et entretient l'existence d'une sous-classe, celle des sans-papiers. On retrouve cette division au travail et dans la rue. Il suffit d'aller de Chatou (Yvelines) &#224; Sevran-Beaudotte (Seine-Saint-Denis) pour l'observer. Malgr&#233; tout, l'histoire des quartiers populaires est celle du m&#233;lange, les gens se c&#244;toient, travaillent ensemble, se marient&#8230; Alors que l'ouverture des classes moyennes envers la &#171; diversit&#233; &#187; n'est souvent qu'intellectuelle et abstraite, ouvrant la porte aux fantasmes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Respectivement : Agence nationale pour la r&#233;novation urbaine et Programme national de requalification des quartiers anciens d&#233;grad&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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