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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Adieu Baumettes &#187; : une op&#233;ration d'enfumage</title>
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		<dc:creator>Rabha Attaf</dc:creator>


		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
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		<dc:subject>directrice adjointe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quelques mois avant la d&#233;molition des Baumettes &#171; historiques &#187;, l'administration p&#233;nitentiaire a ouvert l'ancienne prison au public. Journaliste et militante des droits humains, auteure en 2018 d'un rapport accablant sur le sujet, Rabha Attaf a tent&#233; d'effectuer cette visite touristique. Mais pour avoir pos&#233; des questions qui f&#226;chent, elle en a &#233;t&#233; expuls&#233;e illico. Voici son r&#233;cit. L'annonce se voulait aguicheuse : &#171; Ouverture au public du 18 septembre au 30 novembre : venez visiter les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no183-janvier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;183 (janvier 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/directrice-adjointe" rel="tag"&gt;directrice adjointe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quelques mois avant la d&#233;molition des Baumettes &#171; historiques &#187;, l'administration p&#233;nitentiaire a ouvert l'ancienne prison au public. Journaliste et militante des droits humains, auteure en 2018 d'un rapport accablant sur le sujet, Rabha Attaf a tent&#233; d'effectuer cette visite touristique. Mais pour avoir pos&#233; des questions qui f&#226;chent, elle en a &#233;t&#233; expuls&#233;e illico. Voici son r&#233;cit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3196 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH355/-1413-fff6b.jpg?1779874603' width='500' height='355' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L. L. de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L'&lt;/span&gt;annonce se voulait aguicheuse : &#171; &lt;i&gt;Ouverture au public du 18 septembre au 30 &lt;/i&gt; &lt;i&gt;novembre : venez visiter les Baumettes avant d&#233;molition du site historique.&lt;/i&gt; &#187; Exemple embl&#233;matique de l'indignit&#233; des conditions de d&#233;tention, la vieille prison des Baumettes, ferm&#233;e en 2018, doit en effet &#234;tre d&#233;molie courant 2020. Elle laissera place &#224; une nouvelle ge&#244;le, Baumettes 3, construite sur le m&#234;me mod&#232;le que&#8230; Baumettes 2. Ouverte en mai 2017, cette nouvelle prison, attenante &#224; l'ancienne, pose d&#233;j&#224; de nombreux probl&#232;mes structurels &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sans m&#234;me parler de l'architecture s&#233;curitaire et d&#233;shumanis&#233;e des lieux, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Ils avaient &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;s dans le rapport &lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Centre p&#233;nitentiaire de Marseille : des conditions de d&#233;tentions d&#233;gradantes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; de janvier 2018 que j'avais dirig&#233; pour Confluences, une ONG de d&#233;fense des droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet automne, dans le cadre d'une campagne de communication intitul&#233;e &#171; Adieu Baumettes &#187;, l'administration p&#233;nitentiaire a donc install&#233;, au sein de la prison historique, un mus&#233;e &#233;ph&#233;m&#232;re. Cens&#233; &#234;tre ouvert au grand public, il n'a finalement accueilli qu'une population assez homog&#232;ne. C'est que pour faire la visite, il fallait s'inscrire par Internet. Le nombre de visiteurs &#233;tait limit&#233; &#224; vingt par session, r&#233;parties sur quatre jours chaque semaine. R&#233;sultat : quinze jours apr&#232;s l'inauguration, toutes les places &#233;taient r&#233;serv&#233;es. En grande partie par des proches des personnels de l'administration p&#233;nitentiaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je parviens tout de m&#234;me &#224; m'inscrire deux fois. Lors de ma premi&#232;re visite, le 27 septembre, les journalistes sont nombreux. L'administration p&#233;nitentiaire fait les choses en grand. Un d&#233;l&#233;gu&#233; du minist&#232;re de la Justice et une repr&#233;sentante de la direction interr&#233;gionale de la p&#233;nitentiaire sont pr&#233;sents, avec un public tri&#233; sur le volet. La visite se fait au pas de course, guid&#233;e par la directrice adjointe de la prison des Baumettes 2 qui d&#233;bite un discours th&#233;orique et aseptis&#233;, ne laissant aucun espace &#224; des questions concr&#232;tes concernant les conditions de d&#233;tention. Il faut donc se contenter de faire le parcours du d&#233;tenu, depuis le sas d'entr&#233;e jusqu'au &#171; quartier des arrivants &#187;. En guise de mise en immersion, la d&#233;ambulation se fait sur fond de bruitages, dont celui de la cour de promenade &#8211; musique techno &#8211; laisse dubitatif. Clou du spectacle : la guillotine, install&#233;e pour l'occasion dans un couloir (c'est aux Baumettes qu'eut lieu, le 10 septembre 1977, la derni&#232;re ex&#233;cution capitale en France, celle de Hamida Djandoubi).&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; C'est comme cela que vous traitez les d&#233;tenus ? &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 4 octobre, deuxi&#232;me visite. J'arrive avec ma fille. &#192; peine ai-je rejoint le groupe de visiteurs qu'un surveillant-chef m'interpelle : &#171; &lt;i&gt;C'est la deuxi&#232;me fois que vous venez, vous n'avez pas compris la premi&#232;re fois&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Du tac au tac, je r&#233;ponds : &#171; &lt;i&gt;La premi&#232;re fois, je suis venue dans le cadre de la presse, aujourd'hui je suis l&#224; &#224; titre priv&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La visite commence. Un ex-directeur adjoint de la direction interr&#233;gionale nous raconte rapidement l'histoire de la prison devant une vitrine o&#249; sont expos&#233;s d'anciens instruments de contention, avant de passer la main &#224; la directrice adjointe des Baumettes 2, improvis&#233;e guide pour toutes les visites. Elle annonce qu'on peut poser des questions, mais pr&#233;cise aussit&#244;t que le temps est compt&#233;. Nous sommes alors introduits dans le couloir d'arriv&#233;e des personnes mises sous mandat de d&#233;p&#244;t, puis nous passons devant les cabines individuelles d'attente. Nous p&#233;n&#233;trons ensuite dans le local de la fouille au corps, o&#249; se trouve la cabine de d&#233;shabillage de l'arrivant. Premi&#232;re pause explicative sur les effets personnels non autoris&#233;s et la remise du paquetage &#171; d&#233;tenus &#187; (couverture, draps, couverts, produits d&#233;tergents, dentifrice, brosse &#224; dents). Le d&#233;tenu doit cantiner (acheter) les autres objets dont il a besoin. &#192; condition, bien s&#251;r, d'en avoir les moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe s'arr&#234;te ensuite dans le sas d'attente, devant le bureau des comptes nominatifs. Notre guide explique alors que les d&#233;tenus peuvent recevoir de l'argent et que les indigents per&#231;oivent une aide. Je pose ma premi&#232;re question : &#171; &lt;i&gt;Quel est le montant de cette aide&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; &#8211; &#171; &lt;i&gt;10 &#224; 20 &#8364; par mois&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pond-elle, g&#234;n&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que nous montons au premier &#233;tage, je remarque que la guide me surveille du coin de l'&#339;il. Je pense qu'elle m'a reconnue ; mon nom ne lui &#233;tait sans doute pas inconnu. Mon rapport avait produit son effet : le directeur de la prison, J&#233;rome Piney, avait &#233;t&#233; mut&#233; un an seulement apr&#232;s sa prise de fonction. Durant son passage aux Baumettes, deux suicides et un tabassage &#224; mort d'un d&#233;tenu avaient eu lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, nous entrons dans le &#171; quartier des arrivants &#187;, repeint pour l'occasion. La guide explique alors que tout est fait pour pr&#233;venir les suicides, que les surveillants sont form&#233;s pour cela, et que les sujets &#224; risque n'y sont pas enferm&#233;s seuls, etc. Je pose alors ma seconde question : &#171; &lt;i&gt;Alors pourquoi y a-t-il de nombreux suicides aux Arrivants&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; &#8211; &#171; &lt;i&gt;La prison des Baumettes a le nombre de suicides le plus &#233;lev&#233; de France, mais c'est proportionnel &#224; la population&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pond-elle un peu agac&#233;e. J'ose alors une relance : &#171; &lt;i&gt;Comment se fait-il qu'un jeune d&#233;tenu, Bilal Elabdani, signal&#233; &#224; son arriv&#233;e comme souffrant d'une maladie psychiatrique, ait r&#233;ussi &#224; se suicider la nuit de son incarc&#233;ration&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce moment-l&#224;, la directrice adjointe perd son sang-froid : &#171; &lt;i&gt;C'est la deuxi&#232;me fois que vous venez, sortez&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Elle me saisit fermement par l'&#233;paule en faisant signe &#224; l'un des surveillants qui accompagnent le groupe. &#171; &lt;i&gt;Ne me touchez pas&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;, dis-je en me d&#233;gageant. &#171; &lt;i&gt;Pour qui vous prenez-vous&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;, s'emporte-t-elle, rouge de col&#232;re. Je r&#233;plique : &#171; &lt;i&gt;C'est comme cela que vous traitez les d&#233;tenus&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Contr&#244;ler les visiteurs &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je quitte ensuite les lieux, escort&#233;e par un surveillant confus qui m'explique que l'administration p&#233;nitentiaire a limit&#233; les inscriptions &#224; vingt personnes pour &#171; &lt;i&gt;contr&#244;ler les visiteurs&lt;/i&gt; &#187;, mais que des personnes de la maison sont rajout&#233;es au dernier moment. Effectivement, ce jour-l&#224; encore, la majorit&#233; du public a un lien avec l'administration p&#233;nitentiaire, &#224; l'exception d'un couple de jeunes &#233;tudiants en droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois &#224; l'ext&#233;rieur, j'attends sagement le reste du groupe sur un banc. Les deux &#233;tudiants viennent me dire qu'ils ne sont pas dupes du discours qui leur a &#233;t&#233; servi. Mais une r&#233;f&#233;rente Spip (Service p&#233;nitentiaire d'insertion et de probation) &#224; la retraite m'interpelle aussi. Selon elle, ma question &#233;tait orient&#233;e et la visite &#233;tait historique &#8211; comme dans un mus&#233;e. Je r&#233;ponds que mes questions factuelles ne concernaient que les propos tenus par la directrice adjointe et que la population incarc&#233;r&#233;e aux Baumettes depuis son ouverture fait aussi partie de l'Histoire. Ma fille, enfin, me rapporte que la suite de la visite s'est d&#233;roul&#233;e au pas de course, et sans aucune question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Adieu Baumettes ? &#187; une op&#233;ration de communication obsc&#232;ne qui ne visait qu'&#224; renforcer l'opacit&#233; de mise concernant les conditions de d&#233;tention. Aux Baumettes 2, la surpopulation s'est aggrav&#233;e : 916 personnes d&#233;tenues au 31 octobre 2019, pour une capacit&#233; op&#233;rationnelle de 614 places &#8211; soit une densit&#233; de 149,2 %. Selon les t&#233;moignages de plusieurs familles, leur souffrance psychologique s'est accrue &#8211; du fait du manque d'interactions humaines et de la surveillance &#233;lectronique. Paradoxalement, ceux qui avaient connu les cellules v&#233;tustes des Baumettes historiques y vivaient mieux, car ils pouvaient s'y balader sans &#234;tre sous l'&#339;il de cam&#233;ras et &#233;changer ne serait-ce qu'avec les surveillants. Aujourd'hui, ceux-ci, toujours en sous-effectif, passent souvent leurs nuits seuls, bloqu&#233;s devant leurs &#233;crans de contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Rabha Attaf&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sans m&#234;me parler de l'architecture s&#233;curitaire et d&#233;shumanis&#233;e des lieux, notons que les cellules ne comportent pas de syst&#232;me de chauffage et qu'elles sont tr&#232;s mal isol&#233;es. Il n'y a pas d'eau chaude pour les douches. Quant aux parloirs, ils ont &#233;t&#233; inond&#233;s &#224; la premi&#232;re forte averse. Par temps de canicule, il y r&#232;gne une temp&#233;rature suffocante sans qu'aucune ventilation ait &#233;t&#233; pr&#233;vue.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Centre p&#233;nitentiaire de Marseille : des conditions de d&#233;tentions d&#233;gradantes et inhumaines persistantes.&lt;/i&gt; Disponible &lt;a href=&#034;http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=22588&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Prisons : Genepi, les dessous d'une punition</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Prisons-Genepi-les-dessous-d-une</link>
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		<dc:date>2019-06-17T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Emilie Seto</dc:subject>
		<dc:subject>prison</dc:subject>
		<dc:subject>l'association</dc:subject>
		<dc:subject>l'administration p&#233;nitentiaire</dc:subject>
		<dc:subject>p&#233;nitentiaire</dc:subject>
		<dc:subject>Genepi</dc:subject>
		<dc:subject>DAP</dc:subject>
		<dc:subject>Nicole Belloubet</dc:subject>
		<dc:subject>Margaux Vessi&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>partenariat</dc:subject>
		<dc:subject>l'association Genepi</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Si &#224; l'automne dernier, l'Administration p&#233;nitentiaire a mis fin au partenariat qui la liait au Genepi, c'est parce que les prises de position critiques de l'association la contrariaient. C'est en tous cas ce que r&#233;v&#232;le une note interne que nous nous sommes procur&#233;e. Le 29 octobre dernier, Nicole Belloubet, garde des Sceaux, annon&#231;ait la fin du partenariat historique qui liait, depuis plus de quarante ans, la direction de l'Administration p&#233;nitentiaire (DAP) &#224; l'association Genepi, qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no177-juin-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;177 (juin 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Emilie-Seto" rel="tag"&gt;Emilie Seto&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/prison" rel="tag"&gt;prison&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-association" rel="tag"&gt;l'association&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-administration-penitentiaire" rel="tag"&gt;l'administration p&#233;nitentiaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/penitentiaire" rel="tag"&gt;p&#233;nitentiaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Genepi" rel="tag"&gt;Genepi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/DAP" rel="tag"&gt;DAP&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/partenariat" rel="tag"&gt;partenariat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-association-Genepi" rel="tag"&gt;l'association Genepi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si &#224; l'automne dernier, l'Administration p&#233;nitentiaire a mis fin au partenariat qui la liait au Genepi, c'est parce que les prises de position critiques de l'association la contrariaient. C'est en tous cas ce que r&#233;v&#232;le une note interne que nous nous sommes procur&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2964 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L300xH491/-1204-a4ab3.jpg?1779603496' width='300' height='491' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e 29 octobre dernier, Nicole Belloubet, garde des Sceaux, annon&#231;ait la fin du partenariat historique qui liait, depuis plus de quarante ans, la direction de l'Administration p&#233;nitentiaire (DAP) &#224; l'association Genepi, qui intervient en prison au nom de la lutte pour le d&#233;cloisonnement des institutions carc&#233;rales. Une d&#233;cision aux cons&#233;quences directes pour les d&#233;tenus : les ateliers socio-culturels organis&#233;s par le Genepi furent &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; annul&#233;s dans la plupart des centrales et autres maisons d'arr&#234;t. Pourtant, l'annulation de la convention nationale n'emp&#234;chait pas la signature de partenariats locaux, mais la plupart des directeurs de prison ont profit&#233; de l'occasion pour mettre un terme &#224; la relation qu'ils entretenaient avec l'association.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument avanc&#233; par la DAP pour la rupture nationale ? Un d&#233;sinvestissement des b&#233;n&#233;voles sur le terrain, avec 80 % d'ateliers de moins en trois ans. Contact&#233;e par &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, Margaux Vessi&#233;, secr&#233;taire nationale du Genepi, justifiait alors la baisse des interventions entre les murs par une d&#233;gradation des conditions d'accueil. Las de savoir les d&#233;tenus fouill&#233;s int&#233;gralement apr&#232;s chaque atelier, &#233;c&#339;ur&#233;s de devoir supporter cam&#233;ras et mat&#233;riel d'&#233;coute &#224; chaque intervention, les membres du Genepi avaient choisi de revoir leur coop&#233;ration &#224; la baisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, Margaux Vessi&#233; nous confiait &#224; l'&#233;poque qu'&#224; ses yeux, l'argument de la baisse du nombre d'ateliers ne tenait pas : la fin du partenariat avait tout l'air d'une sanction politique. Elle ne s'y trompait pas.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Chatouilleuse p&#233;nitentiaire&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En t&#233;moigne la note interne que nous nous sommes procur&#233;e. Envoy&#233;e au directeur de cabinet du minist&#232;re de la Justice le 22 avril 2018 par St&#233;phane Bredin, directeur de l'administration p&#233;nitentiaire, la missive motivait le refus de la DAP de reconduire le partenariat. Elle se concluait ainsi : &#171; &lt;i&gt;Dans ces circonstances, notamment les choix politiques de rupture de l'association et de mise en cause de la politique du minist&#232;re, de l'institution p&#233;nitentiaire, de son personnel et de ses collaborateurs, le partenariat est de fait remis en question.&lt;/i&gt; &#187; On &#233;tait donc bien loin de la version officielle qui justifiait la rupture de la convention par le refus de subventionner une association qui se d&#233;sengageait des missions qui lui avaient &#233;t&#233; confi&#233;es. Derri&#232;re l'argument massue du gaspillage d'argent public se cachait en fait la ferme intention de censurer toute critique &#224; l'encontre de la politique carc&#233;rale men&#233;e par le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce propos, les pi&#232;ces jointes au courrier envoy&#233; par la DAP au minist&#232;re de la Justice sont &#233;difiantes : articles publi&#233;s dans la revue de l'association (&lt;i&gt;Passe-Murailles&lt;/i&gt;), affiches de campagnes de com', d&#233;tails des publications du Genepi sur les r&#233;seaux sociaux... En haut lieu, on supporte visiblement mal qu'une association subventionn&#233;e par l'&#201;tat se penche sur des questions aussi &#233;pineuses que celle du taux de suicide en prison. Dans son courrier, la DAP reproche &#233;galement au Genepi d'avoir organis&#233; une journ&#233;e de d&#233;bats autour des violences et de la r&#233;pression polici&#232;res. Les prises de position de l'association au sujet des d&#233;ficiences des politiques de r&#233;insertion viennent aussi s'ajouter &#224; la longue liste de critiques.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une subvention sucr&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la pression des militants et au ramdam m&#233;diatique entourant l'affaire, l'administration p&#233;nitentiaire a finalement mis de l'eau dans son vin. Un nouvel accord a &#233;t&#233; sign&#233; le 14 f&#233;vrier dernier, ce qui a permis la reprise des ateliers. Le hic, c'est que ce nouveau partenariat est largement &#224; l'avantage de la DAP et du minist&#232;re. Les militants du Genepi ont en effet d&#251; l&#226;cher du lest et s'asseoir sur les 50 000 &#8364; de subvention annuelle qui venaient de leur &#234;tre sucr&#233;s et dont le retour n'est nullement envisag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les objectifs de l'association ont &#233;galement &#233;t&#233; red&#233;finis &#224; la sauce minist&#233;rielle : alors que le Genepi s'inspirait depuis des ann&#233;es des principes d'&#233;ducation populaire, la DAP a tenu &#224; replacer la lutte contre l'illettrisme au centre des missions de l'association en r&#233;affirmant &#224; cette occasion sa pr&#233;f&#233;rence pour un enseignement &#224; sens unique. Dor&#233;navant, en prison, la transmission des savoirs se fera de fa&#231;on aussi verticale qu'un barreau de cellule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les portes des centres de d&#233;tention s'ouvrent &#224; nouveaux aux b&#233;n&#233;voles, l'&#233;quilibre de ce nouveau partenariat semble pr&#233;caire et il y a fort &#224; parier que son maintien ne se fera pas &#224; n'importe quel prix. Dans cette affaire, celui du silence semble le mieux indiqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Hafed s'est fait la belle</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Il fut voleur, braqueur, &#233;crivain de polars, auteur de sc&#233;narios de films, homme de th&#233;&#226;tre, po&#232;te et acteur. La machine cardiaque d'Abdel-Hafed Benotman l'a l&#226;ch&#233; le 20 f&#233;vrier (2015) au soir, nous laissant dans une infinie tristesse. Mais son vrai c&#339;ur ne nous l&#226;chera jamais. On le croyait increvable, ce formidable compagnon ! M&#234;me apr&#232;s trois infarctus, il s'&#233;tait fait un point d'honneur de ne pas abandonner son hygi&#232;ne de vie &#224; base de bi&#232;res d'Abbaye et de cigarettes blondes. &#192; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-islamisation" rel="tag"&gt;l'islamisation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il fut voleur, braqueur, &#233;crivain de polars, auteur de sc&#233;narios de films, homme de th&#233;&#226;tre, po&#232;te et acteur. La machine cardiaque d'Abdel-Hafed Benotman l'a l&#226;ch&#233; le 20 f&#233;vrier (2015) au soir, nous laissant dans une infinie tristesse. Mais son vrai c&#339;ur ne nous l&#226;chera jamais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On le croyait increvable, ce formidable compagnon ! M&#234;me apr&#232;s trois infarctus, il s'&#233;tait fait un point d'honneur de ne pas abandonner son hygi&#232;ne de vie &#224; base de bi&#232;res d'Abbaye et de cigarettes blondes. &#192; la suite d'une op&#233;ration &#224; c&#339;ur ouvert, un grand cardiologue &#224; la crini&#232;re argent&#233;e l'avait gourmand&#233; au pied de son lit d'h&#244;pital devant un parterre d'internes : &lt;i&gt;&#171; Quoi, Vous avez fait trois infarctus et vous fumez encore ! Mais, monsieur Benotman, vous &#234;tes le roi des cons ! &#187; &lt;/i&gt; Hafed avait tout de suite d&#233;gain&#233; une r&#233;partie dr&#244;le et cinglante, dont il avait le talent : &lt;i&gt;&#171; Un sujet ne doit pas parler ainsi &#224; son roi ! &#187;&lt;/i&gt;, rabaissant la superbe du mandarin et provoquant l'hilarit&#233; des &#233;tudiants en blouse blanche. Un credo : toujours faire la nique &#224; la mort et &#224; l'autorit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1366 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L425xH531/hafed2web-2-4ff90.jpg?1779603616' width='425' height='531' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Hafed avait commenc&#233; sa vie de r&#233;volt&#233; le 3 septembre 1960. N&#233; &#224; M&#233;nilmontant dans une famille ouvri&#232;re alg&#233;rienne, il grandit en plein 6e arrondissement de Paris. Il est imm&#233;diatement sensibilis&#233; au jeu social in&#233;gal, du fait de sa singularit&#233; de jeune prol&#233;taire maghr&#233;bin dans un environnement &#233;conomiquement et culturellement riche et blanc &#8211; m&#234;me si le quartier Saint-Germain-des-Pr&#233;s dans les ann&#233;es 1960-70 &#233;tait loin d'&#234;tre aussi homog&#232;ne socialement qu'aujourd'hui. En 1962, ses parents optent pour la nationalit&#233; alg&#233;rienne pour l'ensemble de la famille. &#192; la suite des p&#233;rip&#233;ties judiciaires qui vont jalonner sa vie, Hafed ne pourra jamais obtenir les papiers fran&#231;ais et sera, au moment des lois Pasqua sur la double peine, menac&#233; d'expulsion vers un pays dont il ignorait tout. Il est finalement mort en apatride&#8230; et fier de l'&#234;tre. Car Hafed a toujours refus&#233; de se consid&#233;rer comme &lt;i&gt;&#171; une victime sociale &#187;.&lt;/i&gt; &#192; 15 ans, il revendait &#224; ses camarades de classe plus fortun&#233;s tout ce qu'il avait chourav&#233; dans les magasins, absorbant ainsi leur argent de poche : &lt;i&gt;&#171; Le mot &#8220;d&#233;linquant&#8221; porte en lui l'id&#233;e d'une victimisation, celui de voleur un peu plus de r&#233;volte et de choix.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Prison et &#233;criture : haute surveillance, entretien avec Abdel Hafed (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enferm&#233; une premi&#232;re fois &#224; 16 ans au Centre des jeunes d&#233;tenus de Fleury-M&#233;rogis, puis condamn&#233; &#224; deux fois sept ans de ferme en assises pour braquage de banque en 1979 et enchrist&#233; &#224; la centrale de Clairvaux, il passera en tout 17 ans derri&#232;re les barreaux&#8230; un tiers de sa vie. Il y met &#224; profit son app&#233;tence pour l'&#233;criture et la lecture qu'il a acquise aupr&#232;s de professeurs de fran&#231;ais passionn&#233;s. L'&#233;criture, &#224; une &#233;poque o&#249; les &#233;crans (et les portables) sont absents des taules, est aussi un moyen d'&#233;chapper au travail obligatoire et de se rendre utile aupr&#232;s d'autres d&#233;tenus illettr&#233;s. Il explique que son attachement &#224; l'&#233;criture est n&#233; dans &lt;i&gt;&#171; un rapport de s&#233;duction &#187;&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; Je suis un droit commun, donc j'ai d&#233;marr&#233; ma carri&#232;re de menteur &#8211; menteur c'est raconter des histoires &#8211; et apr&#232;s je suis devenu voleur. &lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Mon &#233;cole, &#231;a a &#233;t&#233; celle-l&#224;. Et l'&#233;criture &#8211; je parle plus d'&#233;criture que de litt&#233;rature &#8211; a vraiment &#233;t&#233; un truc pour me confronter au r&#233;el. C'est pour &#231;a que je suis devenu proc&#233;durier, j'ai fait un peu chier l'administration&#8230; je suis toujours sorti en fin de peine par exemple &#224; cause &#231;a&lt;/i&gt; (rires).&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Causerie avec Abdel Hafed Benotman &amp; Jann-Marc Rouillan &#187;, Cheribibi, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;i&gt; &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marqu&#233; au corps par ses incarc&#233;rations successives, l'&#339;uvre et la vie d'Hafed t&#233;moignent &#224; travers tous ses pores d'une lutte acharn&#233;e contre tous les enfermements : &lt;i&gt;&#171; La prison commence l&#224; o&#249; l'enfance s'ach&#232;ve. La v&#233;ritable enfance, celle qui fait que le monde social desdits adultes croit vivre alors qu'il n'est que le contenant d'un contenu, &#224; savoir le cercueil qu'est l'adulte portant le cadavre de l'enfant. Quel enfant a dit : &#8220;Plus tard, je veux &#234;tre gardien de prison&#8221; ?&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;La prison commence aussi l&#224; o&#249; na&#238;t le crime, celui contre la vie car il est inhumain, d'enfermer, m&#234;me une monstre persuad&#233; d'&#234;tre encore un homme et &#224; qui la soci&#233;t&#233;, la morale des puissants impunis, tente tout pour lui faire croire que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211;	C'est pour ton bien, dit la morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211;	Qu'on enferme mon mal ? demande le monstre. &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;4e de couverture de l'ouvrage collectif Au pied mur, 765 raisons d'en finir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 2000, Hafed participe &#224; la cr&#233;ation du journal et du collectif &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;http://lenvolee.net&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, qui donne la parole aux prisonniers et publie des textes contre la prison. De par ses nombreux s&#233;jours &#171; dedans &#187;, Hafed sera un t&#233;moin &#171; privil&#233;gi&#233; &#187; des changements au sein du milieu carc&#233;ral, ce miroir grossissant des turpitudes de la soci&#233;t&#233; : &lt;i&gt;&#171; &#8230;l'islamisation du milieu carc&#233;ral, je l'ai vue na&#238;tre. Je suis ath&#233;e mais comme je suis maghr&#233;bin, j'ai eu de gros conflits. Sur l'un des rendus de jugement du tribunal administratif, il est &#233;crit que j'ai re&#231;u, intra-muros, des menaces de mort relatives &#224; l'islamisation. Dans les ann&#233;es 1990, au moment de la guerre du Golfe, il y a eu un genre de fiert&#233; arabo-maghr&#233;bine et musulmane touchant les personnes qui avaient v&#233;cu le plus grand nombre d'&#233;checs, dont la prison &#233;tait le dernier. [&#8230;] L'administration p&#233;nitentiaire a favoris&#233; l'islamisation parce qu'elle pacifiait la prison. Des imams autoproclam&#233;s qui &#233;taient quand m&#234;me de petits ca&#239;ds ont commenc&#233; &#224; expliquer aux plus jeunes que s'ils &#233;taient en prison, c'est que Dieu l'avait voulu. On n'&#233;tait plus sur le terrain social. Ce n'&#233;tait pas parce que vous &#233;tiez au ch&#244;mage ou que vous preniez de la drogue ! C'&#233;tait Dieu. Une fois que les jeunes l'avaient int&#233;gr&#233;, ni le juge, ni le surveillant, ni le ministre de la justice, ni l'&#201;tat n'&#233;taient plus des ennemis. En fait, l'administration p&#233;nitentiaire a fait jouer l'islamisation contre l'extr&#234;me gauche carc&#233;rale. J'ai &#233;t&#233; stigmatis&#233;, ainsi que d'autres mecs, qui consid&#233;raient &#233;galement la &#8220;case prison&#8221; comme une pure gestion de la mis&#232;re sociale. &#199;a a &#233;t&#233; la r&#233;volte des gueux. Nous demandions des douches et des parloirs suppl&#233;mentaires. Nous demandions de meilleures conditions de d&#233;tentions. Nous &#233;tions minoritaires et de transferts en renvois en quartiers d'isolement, l'administration p&#233;nitentiaire nous a cass&#233;s. Elle a tr&#232;s largement favoris&#233; l'islamisation. Elle s'est quand m&#234;me fait avoir sur la dur&#233;e. De jeunes prisonniers musulmans qui, derri&#232;re l'injonction &#224; respecter les pr&#233;ceptes de Mahomet, avaient recouvr&#233; une certaine sant&#233; physique et mentale, ont commenc&#233; &#224; ouvrir les yeux. &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;mouvements, op. cit. Voir aussi ce qu'il &#233;crivait sur un blog des fantasmes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dehors depuis 2007, Hafed se consacrait &#224; l'&#233;criture &#8211; il aimait &#224; dire que sa reconversion d'&#233;crivain avait s&#233;rieusement compromis sa carri&#232;re criminelle &#8211;, aux ateliers th&#233;&#226;tre, aux sc&#233;narios de films, mais aussi au restaurant de sa compagne Francine et &#224; ses amis. La fid&#233;lit&#233;, en amiti&#233; et dans la lutte, le caract&#233;risait, comme elle caract&#233;risait sa grande pote Catherine Charles, la m&#232;re de Christophe et Cyril Khider, emport&#233;e par le crabe en mars 2011. Hafed, lui, se savait aussi en sursis depuis son premier double infarctus en prison en 1996, dans des conditions sanitaires lamentables, et que la quatri&#232;me attaque cardiaque risquait d'&#234;tre la derni&#232;re, mais il s'&#233;vertuait &#224; domestiquer &#8211; avec humour et &#233;l&#233;gance comme toujours &#8211; cette Camarde qui lui faisait du gringue&#8230; Ainsi ce po&#232;me de 2012 &#171; Chagrin de femmes-Peine d'homme &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &#201;coute ce que tu danses &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La mort est venue&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;C'est la f&#234;te &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#192; boire ! &#192; boire ! Et &#224; danser ! &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tes paumes et tes talons !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cogne &#224; l'Andalouse &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Rend gorge au Ra&#239; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Bouge au Yiddishs &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Va chercher l'Irlande&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;et fais sonner les cordes des tripes &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Au tam-tam des Afriques &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;De Pigalle &#224; Libreville &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Danse !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;coute ce que tu tais et danse ! &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Claque tes doigts &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Et regarde &#224; tes pieds&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Se coucher la chienne de mort &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Danse ! Danse ! &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pour faire revivre nos morts d'amour &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans la musique des castagnettes de nos squelettes ! &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Et Viva la Muerte ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tranquille le chat, on dansera et on boira pour toi, Hafed&#8230; Salut beau mec !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1367 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L230xH359/eboueur_benotman-a2ae5.jpg?1779603153' width='230' height='359' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Nouvelles et romans :&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&#8211; &lt;i&gt;Les Forcen&#233;s, &lt;/i&gt; nouvelles, Rivages/Noir.&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&#8211; &lt;i&gt;&#201;boueur sur &#233;chafaud, &lt;/i&gt; roman autobiographique, Rivages/Noir.&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&#8211; &lt;i&gt;Le Philotoon's : Correspondance entre l'auteur en prison et des amis de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur,&lt;/i&gt; &#201;d. L'insomniaque.&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&#8211; &lt;i&gt;Les Poteaux de torture,&lt;/i&gt; Second recueil de nouvelles, &#201;d. Rivages.&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&#8211; &lt;i&gt;Marche de nuit sans lune, &lt;/i&gt; &#201;d. Rivages (En cours d'adaptation par Abdellatif K&#233;chiche)&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#8211; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://ecorce-edit.com/Page-coco.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Coco&lt;/a&gt;,&lt;/i&gt; Illustr&#233; par Laurence Biberfeld, &#201;d. &#233;corce. &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#8211; &lt;i&gt;Garde a vie, &lt;/i&gt; roman jeunesse, &#201;d. Syros, Coll. Rat noir.&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;&#199;a ne valait pas la peine, mais &#231;a valait le coup ; &#233;crits de prison,&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;http://leseditionsduboutdelaville.com/index.php?id_product=4&amp;controller=product&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les &#233;ditions du bout de la ville&lt;/a&gt;, 2017.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; &lt;strong&gt;Th&#233;&#226;tre : &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#8211; La Joue du roi,&lt;/i&gt; suivi de Vomitif, pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre, &#201;d. L'Insomniaque. &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#8211; Les aimants, &lt;/i&gt; 2014. &lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; &lt;strong&gt;Cin&#233;ma (acteur) : &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#8211; &lt;a href=&#034;http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Le-joyau-brut-de-Diamant-Noir&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Diamant noir&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; d'Arthur Harari, 2015. &lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;PHOTO &#169; LO&#207;C LE GOFF &#8211; &lt;a href=&#034;https://www.artphotollg.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.artphotollg.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Prison et &#233;criture : haute surveillance, entretien avec Abdel Hafed Benotman &#187;, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://mouvements.info/prison-et-ecriture-haute-surveillance-entretien-avec-abdel-hafed-benotman/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mouvements&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, 29 juillet 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Causerie avec Abdel Hafed Benotman &amp; Jann-Marc Rouillan &#187;, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.cheribibi.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cheribibi&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, n&#176;9, f&#233;vrier 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;4e de couverture de l'ouvrage collectif &lt;i&gt;Au pied mur, 765 raisons d'en finir avec toutes les prisons,&lt;/i&gt; L'Insomniaque, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://lenvolee.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://lenvolee.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://mouvements.info/prison-et-ecriture-haute-surveillance-entretien-avec-abdel-hafed-benotman/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;mouvements&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, op. cit. Voir aussi ce qu'il &#233;crivait sur un &lt;a href=&#034;http://abdel-hafed-benotman.blogs.nouvelobs.com/archive/2008/09/30/islamisation-oh-la-barbe.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blog&lt;/a&gt; des fantasmes li&#233;s &#224; cette &#171; islamisation &#187; : &lt;i&gt;&#171; Ce n'est pas la pens&#233;e religieuse qui islamise la population carc&#233;rale mais l'indigence sociale &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La gr&#232;ve de la justice</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-greve-de-la-justice</link>
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		<dc:date>2011-05-04T05:07:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Faux amis</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#171; Indignons-nous ! &#187;, couinait le personnel de l'administration p&#233;nitentiaire de Fresnes dans un tract dat&#233; du 18 f&#233;vrier dernier. &#171; C'est ma premi&#232;re manif de la vie ! &#187;, s'&#233;mouvait un juge le 9 f&#233;vrier (Le Canard encha&#238;n&#233;, 16/02/11). &#171; Historique &#187;, &#171; Du jamais vu &#187;, &#171; In&#233;dit &#187;, et m&#234;me : &#171; &#199;a sent 1788 ! &#187;. C'est que &#231;a a de l'allure, une manifestation d'hermines et de robes consulaires ! &#199;a nous change des gueux qui descendent dans la rue &#224; tout bout de champ, et qu'on doit embastiller (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no87-mars-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;87 (mars 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Faux-amis" rel="tag"&gt;Faux amis&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-administration-penitentiaire" rel="tag"&gt;l'administration p&#233;nitentiaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fevrier" rel="tag"&gt;f&#233;vrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Canard-Enchaine" rel="tag"&gt;Canard Encha&#238;n&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-autre-cote" rel="tag"&gt;l'autre c&#244;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/tract-date" rel="tag"&gt;tract dat&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Indignons-nous" rel="tag"&gt;Indignons-nous&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Fresnes" rel="tag"&gt;Fresnes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/magistrats" rel="tag"&gt;magistrats&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Indignons-nous ! &#187;&lt;/i&gt;, couinait le personnel de l'administration p&#233;nitentiaire de Fresnes dans un tract dat&#233; du 18 f&#233;vrier dernier&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les tracts cit&#233;s sont consultables sur ugsp-cgt.org.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;&#171; C'est ma premi&#232;re manif de la vie ! &#187;&lt;/i&gt;, s'&#233;mouvait un juge le 9 f&#233;vrier (&lt;i&gt;Le Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt;, 16/02/11). &lt;i&gt;&#171; Historique &#187;, &#171; Du jamais vu &#187;, &#171; In&#233;dit &#187;, &lt;/i&gt; et m&#234;me : &lt;i&gt;&#171; &#199;a sent 1788 ! &#187;&lt;/i&gt;. C'est que &#231;a a de l'allure, une manifestation d'hermines et de robes consulaires ! &#199;a nous change des gueux qui descendent dans la rue &#224; tout bout de champ, et qu'on doit embastiller ensuite pour d&#233;gradations, outrage et r&#233;bellion. Les magistrats &#233;taient furieux. Furieux d'une nouvelle insulte pr&#233;sidentielle les rendant responsables d'un meurtre qu'ils ne pouvaient pas anticiper. Juges, avocats, procureurs, tous unis : tous ceux qui, dans le pr&#233;toire, rejouent quotidiennement la com&#233;die du scandale. Police et justice d&#233;filaient main dans la main, la grande r&#233;conciliation ! Quoique &#224; vrai dire, depuis l'autre c&#244;t&#233; de la matraque et l'autre c&#244;t&#233; de la barre, elles n'aient jamais sembl&#233; marcher trop loin l'une de l'autre &#8211; question de perspective, sans doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les magistrats veulent&lt;/strong&gt; donc du respect et des moyens. Appliquer les lois s&#233;curitaires, d'accord, mais moyennant finances. Augmenter les quotas, ok, mais sans que &#231;a leur retombe dessus. Maintenir l'ordre social, pas de souci, mais sans &#234;tre trait&#233;s comme des larbins. On a son honneur. Faut pas confondre, &#171; les juges ne sont pas des criminels &#187;, synth&#233;tise un magistrat (&lt;i&gt;Le Nouvel Observateur,&lt;/i&gt; 10/02/11). Car les hommes de robe, &#224; part quelques pr&#233;cieuses exceptions, n'ont pas l'air d'opposer une r&#233;sistance trop f&#233;roce &#224; leur enr&#244;lement dans la guerre aux pauvres, la chasse aux sans-papiers ou la criminalisation des mouvements sociaux. Il semblerait plut&#244;t que les rouages judiciaires soient parfaitement huil&#233;s : il suffit d'assister &#224; ces comparutions imm&#233;diates o&#249; le tribunal, d'un air las, envoie les RSAstes au trou &#8211; fumeurs de p&#233;tards, voleurs &#224; l'arrach&#233;, insulteurs de policiers, toute cette pi&#233;taille qui surpeuple les prisons. Dommage que l'on ne retrouve jamais cette belle unanimit&#233; contre les peines plancher ou contre la LOPPSI 2, contre l'enterrement des affaires financi&#232;res ou contre l'extension de l'anti-terrorisme. Qu'on les outrage, et les magistrats sont vent debout &#8211; mais qu'on pi&#233;tine les libert&#233;s, et ils abaissent les voiles. Excusez-les, ce n'est pas leur r&#244;le, ils sont juste l&#224; pour faire respecter la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En guise de protestation&lt;/strong&gt;, les services de probation et d'insertion p&#233;nitentiaires (SPIP) ont d&#233;cid&#233; d'annoter tous les dossiers de la sorte : &lt;i&gt;&#171; En aucun cas, le SPIP ne peut &#234;tre garant ni du comportement de l'int&#233;ress&#233; ni de l'absence du risque de r&#233;cidive. &#187;&lt;/i&gt; Allez, camarades, on continue tout comme avant, mais on se couvre. Le 22 f&#233;vrier, les banderoles &#224; peine repli&#233;es, la CGT p&#233;nitentiaire constatait une &lt;i&gt;&#171; vague d'incarc&#233;rations &#187;&lt;/i&gt; &#224; Nantes, d'o&#249; est partie la contestation. Du &lt;i&gt;&#171; jamais-vu &#187;&lt;/i&gt;, l&#224; encore. Les juges ne voudraient plus courir de risques, et appliqueraient &#224; la lettre toutes les mesures d'ex&#233;cution de peines : apr&#232;s la gr&#232;ve du z&#232;le, le z&#232;le des peines. La r&#233;volution aura &#233;t&#233; de courte dur&#233;e : faudrait voir &#224; pas laisser les pauvres s'imaginer des choses.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les tracts cit&#233;s sont consultables sur ugsp-cgt.org.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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