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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Rennes d'un printemps</title>
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		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Interview de Camille (oui, oui, le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;), salari&#233;, qui a particip&#233; au mouvement contre la loi Travail &#224; Rennes, et nous fait d&#233;couvrir le fonctionnement de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale interpro. CQFD : Comment expliques-tu la forte dynamique de Rennes dans la lutte contre la loi Travail ? Camille : C'est une longue tradition ici ! Durant la lutte contre le CPE en 2006, la facult&#233; de Villejean avait &#233;t&#233; &#224; la pointe de la mobilisation. Plus r&#233;cemment encore, le dossier de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Interview de Camille (oui, oui, le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;), salari&#233;, qui a particip&#233; au mouvement contre la loi Travail &#224; Rennes, et nous fait d&#233;couvrir le fonctionnement de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale interpro.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2455 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-721.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH750/-721-64917.jpg?1779702677' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Vincent Rivi&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt; : Comment expliques-tu la forte dynamique de Rennes dans la lutte contre la loi Travail ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Camille :&lt;/strong&gt; C'est une longue tradition ici ! Durant la lutte contre le CPE en 2006, la facult&#233; de Villejean avait &#233;t&#233; &#224; la pointe de la mobilisation. Plus r&#233;cemment encore, le dossier de l'a&#233;roport de Notre-Dame-des-Landes a &#233;t&#233; l'occasion d'apprendre &#224; composer avec la diversit&#233; qui d&#233;fend la ZAD, des &#233;colos aux &#171; anarcho-autonomes &#187; comme disent les m&#233;dias ! Chacun tire de son c&#244;t&#233;, mais chacun sait qu'il ne s'agit de ne pas trop diviser. Du coup, quand le mouvement s'est lanc&#233;, il n'y a pas eu de ruptures. Un des points forts de Rennes, c'est que les gens &#233;voluent dans un territoire restreint, on se rencontre place Sainte-Anne, dans les caf&#233;s, on d&#233;passe les clivages politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a beaucoup &#233;voqu&#233; le niveau de violence des manifestations et des policiers.
La maire de Rennes, Nathalie App&#233;r&#233;, en a marre de l'opposition de gauche. Elle a voulu en finir, sauf qu'on n'en finit pas avec la violence par la violence. D'abord, elle a emp&#234;ch&#233; l'acc&#232;s &#224; l'hypercentre. L'impossibilit&#233; d'y manifester est li&#233;e &#224; un mouvement de fond d'embourgeoisement. De plus en plus de gens venaient prot&#233;g&#233;s en manif. Faut dire qu'ils ont sorti tout l'arsenal, avec la volont&#233; de faire mal : Flash-Balls point&#233;s vers le thorax et la t&#234;te, lacrymo &#224; tir tendu, grenades de d&#233;sencerclement pour terroriser. M&#234;me &lt;i&gt;Ouest-France&lt;/i&gt; a parl&#233; de violente charge polici&#232;re, c'est dire ! Beaucoup disaient avoir la frousse de venir manifester. Un &#233;tudiant a perdu un &#339;il le jeudi 28 avril suite &#224; un tir de Flash-Ball. La mairie socialisante n'a pas eu un mot de compassion, alors que quasiment chaque vitrine cass&#233;e avait droit &#224; un hommage appuy&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mouvement s'est-il cantonn&#233; &#224; des actions de rue ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de l&#224;. L'&#233;pisode le plus marquant est celui de l'occupation de la Maison du peuple, une salle de spectacle situ&#233;e en plein centre. L'initiative de l'occupation est venue de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale (AG) interpro qui regroupe des militants non encart&#233;s. Le 1er mai dernier (2016), une AG s'&#233;tait improvis&#233;e dans un multiplex de la ville avec les intermittents. Ils ont voulu se rendre en masse au meeting syndical organis&#233; le m&#234;me jour. Sauf qu'ils ont trouv&#233; porte close, l'&#233;v&#233;nement &#233;tant annul&#233;. Les manifestants sont rentr&#233;s de force dans la salle de spectacle. La mairie a demand&#233; l'expulsion imm&#233;diate, mais les syndicalistes ont finalement d&#233;barqu&#233; pour s'opposer &#224; l'intervention polici&#232;re. Une AG s'est improvis&#233;e. Il y avait une &#233;nergie incroyable. On retrouvait tout l'arc-en-ciel de la mobilisation sous un m&#234;me toit, du syndicaliste au cagoul&#233; des manifs. On sentait de la tension, mais pas d'invectives. Il y avait une vigilance &#224; ne pas rompre les ponts de chaque c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment s'est pass&#233;e l'occupation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mardi d'apr&#232;s, la mairie a tent&#233; une deuxi&#232;me expulsion, un jour de manif ! Les syndicalistes de base sont venus d&#233;fendre les occupants, for&#231;ant les responsables d&#233;partementaux &#224; ramener leurs fesses. Il y a eu comme un appel d'air alors que le mouvement &#233;tait termin&#233; &#224; la fac. Loin d'&#234;tre trash&#233;e, comme on voit parfois, la salle est rest&#233;e nickel, certains effectuant m&#234;me de petites r&#233;parations ! Midi et soir, la cantine faisait des repas gratos pour 200 personnes, &#231;a attirait bien au-del&#224; des militants. Un concert sans alcool a &#233;t&#233; organis&#233;, un exploit en Bretagne ! Mais, le plus important, &#231;a a &#233;t&#233; les discussions qui avaient lieu partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette alliance au sein du mouvement en est rest&#233;e l&#224; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, ce qui s'est pass&#233; l&#224; est le r&#233;sultat d'un travail de longue haleine. Le syndicat Sud et l'AG interpro ont jou&#233; un r&#244;le cl&#233;. Leurs pr&#233;sences &#224; l'intersyndicale permettaient de ne pas couper les syndicats du reste de la lutte, et inversement. &#192; maintes reprises, on a vu des actions de solidarit&#233;, comme lorsque des syndicalistes SNCF ont d&#233;fendu des &#233;tudiants mont&#233;s sur les voies. Du coup, la Maison du peuple n'est pas rest&#233;e un lieu ferm&#233; sur lui-m&#234;me. Quand la CGT est rentr&#233;e dans la danse, les liens &#233;taient l&#224; pour &#233;tablir ensemble les conditions des blocages. Certains ont su faire tomber la posture radicale, et soutenir le mouvement syndical quand il s'agissait de paralyser l'&#233;conomie. C'est clair que des ponts sont cr&#233;&#233;s pour les prochaines luttes &#224; venir...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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