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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Les for&#234;ts au charbon</title>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le plateau de Millevaches ? Un coin paum&#233; et sauvage, o&#249; le temps semble s'&#234;tre arr&#234;t&#233;. Presque une anomalie. Comme le capitalisme a horreur du vide, certains y rem&#233;dient en misant plein pot sur la principale ressource du territoire : les arbres. &#192; l'image de ce projet d'usine &#224; pellets (granul&#233;s de bois utilis&#233;s comme combustible), qui fait couler beaucoup d'encre. &#171; L&#224; o&#249; le lobby forestier a tendance &#224; ne voir que des arbres plant&#233;s dans un d&#233;sert humain, et o&#249; nous autres habitants (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L110xH150/arton2263-05dc7.jpg?1768700621' class='spip_logo spip_logo_right' width='110' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le plateau de Millevaches ? Un coin paum&#233; et sauvage, o&#249; le temps semble s'&#234;tre arr&#234;t&#233;. Presque une anomalie. Comme le capitalisme a horreur du vide, certains y rem&#233;dient en misant plein pot sur la principale ressource du territoire : les arbres. &#192; l'image de ce projet d'usine &#224; pellets (granul&#233;s de bois utilis&#233;s comme combustible), qui fait couler beaucoup d'encre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L&#224; o&#249; le lobby forestier a tendance &#224; ne voir que des arbres plant&#233;s dans un d&#233;sert humain, et o&#249; nous autres habitants avons tendance &#224; envisager notre vie comme se d&#233;roulant sur le fond d'une &#8216;&#8216; nature '' immuable, nous avons d&#233;couvert que l'&#233;tat de la for&#234;t, au fil de l'histoire, ne faisait qu'exprimer la fa&#231;on dont le plateau &#233;tait habit&#233;. L'&#233;tat de la for&#234;t est le reflet fid&#232;le de notre rapport au territoire. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapport sur l'&#233;tat de nos for&#234;ts, Novembre 2013&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Excellente brochure r&#233;alis&#233;e par des habitants du plateau. Certains chiffres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me quand on conduit un tas de boue motoris&#233;, sillonner les petites d&#233;partementales du plateau de Millevaches est un plaisir de gourmet. En tout cas, pour qui sait appr&#233;cier les paysages bucoliques. Le d&#233;cor y est aussi sauvage que magn&#233;tique, entre denses for&#234;ts &#224; la Broc&#233;liande, lacs brumeux, bourgs paum&#233;s et chevreuils en goguette. Pour un peu, on crierait au paradis pour ermites et adeptes du retour &#224; la rude nature &#8211; entre ici, Henry David Thoreau, et prends ton pied.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;tour des lacets, cependant, une autre r&#233;alit&#233; pointe le bout de son nez &#8211; la d&#233;forestation. Elle se manifeste par d'immenses terrains d&#233;vast&#233;s, stri&#233;s de souches et de branches, &#224; la terre retourn&#233;e, comme scarifi&#233;e. Des &#171; coupes rases &#187;, en langage forestier. En bord de route, des tas de troncs gigantesques, de plusieurs m&#232;tres de hauteur. Et puisqu'il faut bien les acheminer, des semi-remorques roulent comme des dingues sur les petites routes des environs, suscitant parfois des visions lunaires. Entre Tarnac et Saint-Merd-les-Oussines, sur la minuscule D 109, deux de ces monstres charg&#233;s de grume se font face, immobiles : la route est trop &#233;troite. En d&#233;sespoir de cause, ils klaxonnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a pourrait &#234;tre anodin. Mais ces visions se r&#233;p&#232;tent &#224; intervalles r&#233;guliers, refl&#233;tant l'industrialisation &#224; vitesse grand V de ce territoire compos&#233; de 53 % de for&#234;ts. &#171; &lt;i&gt;La multiplication des coupes rases est le fruit d'une longue &#233;volution, qui s'est acc&#233;l&#233;r&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, explique R&#233;my, qui bosse comme forestier depuis 20 ans et a rejoint l'&#233;quipe d'Ambiance Bois, petite scierie autog&#233;r&#233;e aux antipodes des m&#233;thodes productivistes. &#171; &lt;i&gt;Au d&#233;but du XXe si&#232;cle, le plateau de Millevaches &#233;tait une terre agricole, quasiment sans for&#234;ts. Diverses phases de plantation se sont ensuite encha&#238;n&#233;es : des pins sylvestres dans les ann&#233;es 1920, des &#233;pic&#233;as au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et, surtout, &#233;norm&#233;ment de sapins Douglas dans les ann&#233;es 1970. Ces derniers connaissent une croissance rapide et peuvent &#234;tre abattus plus t&#244;t, au bout de 40 ans. Ce sont eux qui sont massivement coup&#233;s aujourd'hui, sur un mod&#232;le d'exploitation intensive.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Douglas, nouvel or brun ? C'est en tout cas ce que semblent penser les propri&#233;taires de terrains : &#224; l'heure actuelle, l'immense majorit&#233; des arbres ensemenc&#233;s appartiennent &#224; cette esp&#232;ce. Ils sont g&#233;n&#233;ralement plant&#233;s sur le mode de la &#171; futaie r&#233;guli&#232;re monosp&#233;cifique &#187;. Soit des rang&#233;es d'arbres de m&#234;me taille et de m&#234;me essence, adapt&#233;s &#224; une exploitation intensive. Une fois qu'ils sont arriv&#233;s &#224; maturit&#233;, on envoie les abatteuses et les grumiers. Et bim : &lt;i&gt;tabula rasa&lt;/i&gt;. Nombre de ces troncs sont ensuite achemin&#233;s &#224; l'usine de p&#226;te &#224; papier de Saillat, d&#233;tenue par la multinationale International Papers. Une parfaite illustration de l'industrialisation du territoire, dans lequel d&#233;barque d&#233;sormais un nouvel acteur, bien d&#233;cid&#233; &#224; tirer profit de ses richesses foresti&#232;res : la soci&#233;t&#233; Somival et sa fili&#232;re Carbon Ingen'R Bugeat Viam (CIBV), porteuse d'un projet d'usine &#224; pellets torr&#233;fi&#233;s. Tout un po&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Y a rien ici &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me pour les amateurs de vie paisible, la donne est claire : Bugeat, c'est pas la teuf. &#192; peine le panneau d'entr&#233;e de ce petit bourg de Corr&#232;ze pass&#233; que la naphtaline saisit &#224; la gorge le visiteur. Il faut dire que les donn&#233;es de base sont plut&#244;t moroses. Une population vieillissante. Des commerces et classes scolaires qui glissent la cl&#233; sous la porte. Des habitants qui se taillent &#8211; 829 en 2015 contre 926 en 2007. Et une r&#233;putation pas franchement flatteuse dans les environs, les autochtones voisins aimant railler les r&#233;currents ratages locaux en mati&#232;re de d&#233;veloppement. L'installation d'une &#171; gare-bois &#187; cens&#233;e permettre de tirer profit des arbres abattus par la temp&#234;te de 2009 ? Un fiasco retentissant. Le lancement &#224; la m&#234;me &#233;poque d'une usine de retraitement des pneus ? Un plantage en beaut&#233;, avec pollution des sols en option.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Bien s&#251;r que je suis pour l'usine, y a rien d'autre ici&lt;/i&gt; &#187;, ass&#232;ne une habitante, alpagu&#233;e &#224; hauteur de la Brasserie du Gaz, &#233;tablissement peupl&#233; d'hommes aux cheveux gris et chemises &#224; carreaux. Un discours r&#233;current d&#232;s lors qu'est abord&#233;e la question. &#171; &lt;i&gt;T'as vu dans quelle merde on est ?&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;p&#232;tent en substance les interrog&#233;s. Avec ce corollaire : &#171; &lt;i&gt;Pourquoi chercher des poux dans la t&#234;te des seuls &#224; vouloir investir dans le secteur ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le concept de d&#233;part peut sembler viable &#224; premi&#232;re vue, le projet est pourtant tout ce qu'il y a de bancal. En gros, il s'agit de r&#233;cup&#233;rer les &#171; r&#233;manents &#187; subsistant sur les terrains apr&#232;s les coupes rases, soit des souches et des branches. Et de les transformer en granul&#233;s, ces fameux pellets, destin&#233;s &#224; &#234;tre br&#251;l&#233;s pour produire de l'&#233;nergie. Le projet de CIBV a pour particularit&#233; de les torr&#233;fier, ce qui leur permettra d'alimenter les centrales thermiques. Le devenir charbon du bois, en quelque sorte. Une aberration &#233;cologique, surtout, tant l'empreinte carbone d'une telle op&#233;ration est d&#233;sastreuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chiffres ont vari&#233; au gr&#233; des pr&#233;sentations. Mais les porteurs du projet pr&#233;voient d&#233;sormais une production annuelle de 45 000 tonnes de pellets, pour 100 000 tonnes de r&#233;manents utilis&#233;s. Une mati&#232;re premi&#232;re r&#233;colt&#233;e dans un rayon de 80 kilom&#232;tres, territoire consid&#233;rable incluant plusieurs d&#233;partements (Corr&#232;ze, Creuse, Puy-de-D&#244;me, Haute-Vienne) et deux parcs naturels r&#233;gionaux. Les pellets seront ensuite convoy&#233;s en divers lieux &#233;nergivores, parfois tr&#232;s lointains. De quoi intensifier le ballet de semi-remorques, d&#233;j&#224; omnipr&#233;sent. La teuf au gazole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Bugeat et l'autre commune directement concern&#233;e, Viam (minuscule bled, surtout connu pour son lac), toutes deux situ&#233;es &#224; un petit kilom&#232;tre, les retomb&#233;es s'annoncent gratin&#233;es : nuisances sonores et olfactives, tourisme en berne, rivi&#232;re locale d&#233;lest&#233;e de quantit&#233;s d'eau, risques d'incendies, routes d&#233;fonc&#233;es par le trafic routier, etc. &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s avoir tout d&#233;cortiqu&#233;, on se rend compte que les projections sont fantaisistes et les dommages minimis&#233;s&lt;/i&gt;, explique Alain Scharf, l'une des chevilles ouvri&#232;res de l'association Non &#224; la Montagne-Pellets. &lt;i&gt;C'est par exemple le cas pour l'aspect sonore : un dispositif anti-bruit est certes pr&#233;vu, mais les &#233;tudes montrent qu'il sera tr&#232;s insuffisant. Et il en va de m&#234;me pour toutes les autres nuisances li&#233;es au projet. Mais les partisans de l'usine n'en ont cure, ils n'ont qu'un mot &#224; la bouche : les emplois ! C'est presque religieux, comme une incantation obligeant &#224; abandonner tout esprit critique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2464 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-730-87af5.jpg?1768673133' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Lise Lacombe.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le projet est cens&#233; permettre la cr&#233;ation d'une vingtaine d'emplois. Mais il en menace directement d'autres &#8211; on ne donne pas cher du centre hippique situ&#233; &#224; proximit&#233;, ni des activit&#233;s touristiques du lac de Viam. Et sa viabilit&#233; &#224; long terme est plus qu'hypoth&#233;tique, malgr&#233; les importantes subventions annonc&#233;es. Une fois les stocks de souches et de branchages disponibles engloutis, comment les renouveler en quantit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pis : les sp&#233;cialistes de l'exploitation foresti&#232;re pointent les effets catastrophiques de la r&#233;cup&#233;ration des r&#233;manents sur une grande &#233;chelle. &#171; &lt;i&gt;Tr&#232;s pauvres, les sols du plateau ont mis longtemps &#224; se former&lt;/i&gt;, explique Emelyne&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lors d'une intervention &#224; l'occasion d'une r&#233;union publique.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, adepte de la sylviculture douce au sein de la structure Arbogest. &lt;i&gt;Les traiter de cette mani&#232;re, c'est tirer une balle dans le pied des g&#233;n&#233;rations futures&lt;/i&gt;. &#187; Un avis partag&#233; par Herv&#233; : &#171; &lt;i&gt;Ils parlent de &#8216;&#8216; nettoyer les parcelles '', mais ce sera l'inverse absolu. Leurs immenses machines vont enlever la couche de terre la plus riche en nutriments et st&#233;riliser le sol.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; moyen terme, l'aberration est criante. Une impasse annonc&#233;e qui importe peu au boss de la Somival, un certain Pierre-Henri Gaudriot. Cet ancien vice-pr&#233;sident du conseil g&#233;n&#233;ral de la Creuse arbore un CV remarquablement charg&#233;. Il a notamment &#233;t&#233; poursuivi en 2001 pour &#171; recel de favoritisme &#187; et &#171; prise ill&#233;gale d'int&#233;r&#234;ts &#187;, apr&#232;s avoir &#171; &lt;i&gt;abus&#233; de sa position dominante &#224; propos du march&#233; de l'eau potable en Creuse, o&#249; il se&lt;/i&gt; [trouvait] &lt;i&gt;en situation de quasi-monopole&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extrait de l'article &#171; Un march&#233; de l'eau juteux en Creuse &#187;, mis en ligne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Et il a aussi &#233;t&#233; mis en examen pour abus de biens sociaux en 2005, alors qu'il dirigeait une filiale de Charbonnages de France. Bref, un joli parcours, encore rehauss&#233; par la participation de l'une de ses entreprises aux travaux de forage pour l'enfouissement des d&#233;chets radioactifs &#224; Bure. Oui, le gar&#231;on a tout pour plaire. &#171; &lt;i&gt;C'est un industriel fiable&lt;/i&gt; &#187;, a confirm&#233; le s&#233;nateur de Corr&#232;ze Daniel Chasseing, avan&#231;ant notamment cet argument imparable : &#171; &lt;i&gt;C'est un ami de Monsieur&lt;/i&gt; [G&#233;rard] &lt;i&gt;Longuet.&lt;/i&gt; &#187; Et de s'interroger : &#171; &lt;i&gt;Comment trouver pour cette zone un projet plus magnifique que celui-l&#224; ?&lt;/i&gt; &#187; Bonne question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parc industriel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plateau, on croise un certain nombre de panneaux retouch&#233;s &#224; la bombe. &#171; Parc naturel r&#233;gional de Millevaches en Limousin &#187;, &#233;tait-il &#233;crit &#224; l'origine. Mais des petits malins ont barr&#233; le &#171; naturel &#187; pour lui substituer le plus honn&#234;te &#171; industriel &#187;. &#192; la sortie de la petite commune de Faux-la-Montagne, un autre panneau touristique a &#233;t&#233; modifi&#233;, afin de souligner les bouleversements en cours : &#171; Faux-la-Montagne, ses lacs, ses campings, ses for&#234;ts &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de CIBV a d&#232;s le d&#233;part suscit&#233; des contestations. D&#233;voil&#233; il y a environ un an par la maire de Viam, alors que les pourparlers &#233;taient d&#233;j&#224; fort avanc&#233;s, il a &#233;t&#233; avalis&#233; par la pr&#233;fecture, qui a sign&#233; l'autorisation des travaux le 30 mars dernier. Mais pas de quoi d&#233;courager les opposants, qui essayent de se faire entendre dans une ambiance de plus en plus tendue. Lors de plusieurs r&#233;unions publiques ces derniers mois, les noms d'oiseaux ont vol&#233;, notamment entre habitants &#171; de souche &#187; et personnes s'&#233;tant install&#233;es plus r&#233;cemment. Les premiers seraient plut&#244;t pour le projet, les secondes contre. Catherine et Ren&#233; Scharf font partie de cette deuxi&#232;me cat&#233;gorie. Pour eux, le choc a &#233;t&#233; rude : &#171; &lt;i&gt;On a d&#233;m&#233;nag&#233; ici pour la beaut&#233; de la nature, des for&#234;ts. Et on se retrouve avec un site industriel pr&#233;vu &#224; quelques centaines de m&#232;tres... On a bien s&#251;r protest&#233;, mais les habitants du coin n'ont pas appr&#233;ci&#233; &#8211; l'hostilit&#233; &#233;tait palpable au quotidien.&lt;/i&gt; &#187; R&#233;sultat, le couple vient de d&#233;m&#233;nager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;unions d'information &#233;taient cens&#233;es aplanir les diff&#233;rends. Mais c'est l'effet inverse qui s'est produit : chacun des camps s'est retranch&#233; sur ses positions&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce sujet les trois opus du documentaire r&#233;alis&#233; par T&#233;l&#233; Millevaches, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;L'affaire de Tarnac avait &#233;t&#233; l'occasion de f&#233;d&#233;rer et de rapprocher ceux qui se regardent d'ordinaire en chiens de fa&#239;ence,&lt;/i&gt; explique Herv&#233;. &lt;i&gt;Mais ce projet d'usine n'a pas eu le m&#234;me effet. Pour dire vrai, les gens du coin flippent quand ils lisent des graffitis de type &#8216;&#8216; Tous &#224; la Zad de Bugeat ! ''&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que le sujet clive particuli&#232;rement, entre tenants de l'industrialisation &#224; la papa et contempteurs de l'&#233;conomie de pr&#233;dation capitaliste. Pour Julien, reconverti dans la sylviculture douce apr&#232;s dix ans de photojournalisme sur Paris, le choix est vite fait. &#171; &lt;i&gt;Je m'oppose &#224; cette exploitation intensive, en diversifiant les essences dans les for&#234;ts dont j'ai la charge, en refusant les pesticides, en privil&#233;giant un rapport sensible aux arbres et un abattage s&#233;lectif&lt;/i&gt;. &#187; Passionn&#233;, le quadrag&#233;naire bosse comme un stakhanoviste, mais raconte en rigolant s'&#234;tre fait alpaguer par un partisan du projet le taxant de feignant &#8211; &#171; &lt;i&gt;Ils nous caricaturent en glandeurs d&#233;connect&#233;s des r&#233;alit&#233;s...&lt;/i&gt; &#187; Il &#233;voque aussi cette vid&#233;o o&#249; on le voit parler aux arbres, habitude qu'il assume. Un doux r&#234;veur ? Pas que. &#171; &lt;i&gt; Je ne suis pas le seul &#224; avoir cette approche respectueuse de la for&#234;t, bas&#233;e sur le long terme. Nous sommes de plus en plus nombreux &#224; proc&#233;der ainsi. Et nos clients sont ravis : non seulement leurs for&#234;ts se portent bien, mais elles sont tout aussi rentables.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant l'usine, les mois qui arrivent seront d&#233;terminants. Un recours administratif a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233; par l'association Non &#224; la Montagne-Pellets : le verdict devrait tomber au cours de ce mois de juin. En attendant, les opposants s'organisent&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De mani&#232;re plus large, ils ne sont pas les seuls &#224; tirer la sonnette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Ils ont r&#233;cemment mis en sc&#232;ne une c&#233;r&#233;monie d'enterrement du Parc naturel r&#233;gional (dont le pr&#233;sident a pris parti pour CIBV), avec cercueil noir de rigueur. Et comptent bien multiplier les actions, avec un mot d'ordre particuli&#232;rement aff&#251;t&#233; : &#171; &lt;i&gt;On ne va pas se laisser pellet la gueule !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Excellente brochure r&#233;alis&#233;e par des habitants du plateau. Certains chiffres cit&#233;s dans cet article sont d'ailleurs issus de cette publication, facile &#224; d&#233;gotter sur Internet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lors d'une intervention &#224; l'occasion d'une r&#233;union publique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Extrait de l'article &#171; Un march&#233; de l'eau juteux en Creuse &#187;, mis en ligne sur le site de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; le 24/03/01.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &#224; ce sujet les trois opus du documentaire r&#233;alis&#233; par T&#233;l&#233; Millevaches, &lt;i&gt;Une usine en question.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;De mani&#232;re plus large, ils ne sont pas les seuls &#224; tirer la sonnette d'alarme. Mi-mai, des agents de l'Office national des for&#234;ts d&#233;filaient dans plusieurs villes de France pour d&#233;noncer l'industrialisation des for&#234;ts publiques et leur ravalement au r&#244;le d' &#171; usines &#224; bois &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Journal d'un voleur &#224; l'&#233;talage</title>
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		<dc:date>2018-06-25T09:39:21Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Bernard</dc:creator>


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&lt;p&gt;La presse rebelle, &#231;a nourrit pas son homme. Enfin, pas beaucoup &#8212; disons que la condition est pr&#233;caire. Alors pour boucler les fins de mois, le vol &#224; l'&#233;talage s'est r&#233;v&#233;l&#233; depuis trois ans alli&#233; pr&#233;cieux : &#231;a va tout de suite mieux quand on peut mettre un peu de beurre (vol&#233;) dans les haricots. Retour sur une (enthousiaste) conversion. Jean Genet n'a pas &#233;crit que des conneries. Dans Journal d'un voleur, roman contant ses amours homosexuels et ses petites rapines, il a cette d&#233;daigneuse (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no166-juin-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;166 (juin 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une1_sommaire" rel="tag"&gt;une1_sommaire&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jeremy-Boulard-Le-Fur" rel="tag"&gt;Jeremy Boulard Le Fur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Formes-Vives" rel="tag"&gt;Formes Vives&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L110xH150/arton2259-f5e91.jpg?1768721459' class='spip_logo spip_logo_right' width='110' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La presse rebelle, &#231;a nourrit pas son homme. Enfin, pas beaucoup &#8212; disons que la condition est pr&#233;caire. Alors pour boucler les fins de mois, le vol &#224; l'&#233;talage s'est r&#233;v&#233;l&#233; depuis trois ans alli&#233; pr&#233;cieux : &#231;a va tout de suite mieux quand on peut mettre un peu de beurre (vol&#233;) dans les haricots. Retour sur une (enthousiaste) conversion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jean Genet n'a pas &#233;crit que des conneries. Dans &lt;i&gt;Journal d'un voleur&lt;/i&gt;, roman contant ses amours homosexuels et ses petites rapines, il a cette d&#233;daigneuse formule : &#171; &lt;i&gt;Une t&#234;te de vol&#233;, c'est hideux. Des t&#234;tes de vol&#233;s qui l'encadrent donnent au voleur une arrogante solitude. &lt;/i&gt; &#187; C'est vrai qu'ils ont quelque chose de moche, cette femme et cet homme m'attendant de pied ferme derri&#232;re la caisse d'un Petit Casino. Un peu bouffis, pr&#233;matur&#233;ment vieillis, vindicatifs. Le couple n'a rien rat&#233; de mes gestes pas assez furtifs, suivant gr&#226;ce aux cam&#233;ras mes quelques larcins. Ils savent ce que j'ai pris. Et o&#249; je l'ai dissimul&#233;. Le chocolat dans la poche arri&#232;re du jean. La sauce soja et le poulet dans la poche int&#233;rieure de ma veste. Ils m'ont pris sur le fait, ils ont gagn&#233;. Je r&#232;gle sans discuter ce que j'avais tent&#233; de voler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais voil&#224; que la femme m'apostrophe : &#171; &lt;i&gt;Et les pruneaux ? Vous allez les payer aussi ?&lt;/i&gt; &#187; &#201;tonnement, regard interrogateur &#8212; mes poches sont vides. &#171; &lt;i&gt;Ben oui ! Le paquet de pruneaux que vous avez vol&#233; il y a un mois !&lt;/i&gt; &#187; Je finis par comprendre. Cette sup&#233;rette, je ne la fr&#233;quente pratiquement jamais &#8212; trop loin de chez moi. Mais j'y ai en effet piqu&#233; un paquet de pruneaux plusieurs semaines avant. Le couple ne m'a pas pris sur le fait, mais a d&#251; me trouver assez louche pour visionner &lt;i&gt;a posteriori&lt;/i&gt; les bandes. Rep&#233;rant le larcin, il s'est surtout senti assez vol&#233; pour m&#233;moriser ma trombine. Impressionnant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'en vais. La femme suit, se campe sur le pas de la sup&#233;rette. Ses cris indign&#233;s m'accompagnent : &#171; &lt;i&gt;J'esp&#232;re que vous allez vous &#233;touffer avec les pruneaux ! Vraiment !&lt;/i&gt; &#187; Elle le souhaite du fond du c&#339;ur. Et oui, c'est hideux. Mais tu sais quoi, Jean Genet ? C'est plut&#244;t moi qui me sens sale, l&#224;. Non parce que je me suis fait prendre &#8212; c'est le jeu, j'assume. Mais parce que j'ai vol&#233; des gens pour qui la disparition d'un paquet de pruneaux &#224; 4,5 &#8364; suscite une si vive et durable ranc&#339;ur. Douleur &#224; la fois risible et respectable du petit commer&#231;ant qui compte et recompte son stock au long d'une vie de labeur : les Petit Casino sont en effet presque tous g&#233;r&#233;s par des couples de &#171; g&#233;rants mandataires non salari&#233;s &#187; gagnant modestement leur vie. J'aurais d&#251; le savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Principes de base&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Journal d'un voleur&lt;/i&gt;, on peut aussi lire ceci : &#171; &lt;i&gt;De la beaut&#233; de son expression d&#233;pend la beaut&#233; d'un acte moral. Dire qu'il est beau d&#233;cide d&#233;j&#224; qu'il le sera. Reste &#224; le prouver.&lt;/i&gt; &#187; D'accord. Pour le prouver, il faut confronter l'acte en question &#224; l'&#233;thique qu'on s'est forg&#233;e. La mienne rejoint celle de Walter&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tous les pr&#233;noms de voleurs cit&#233;s dans l'article ont &#233;t&#233; modifi&#233;s, de m&#234;me (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, copain au RSA qui &#233;cume depuis quinze ans les grandes surfaces de Marseille : &#171; &lt;i&gt;Je ne choure bien s&#251;r ni les potes, ni la famille. J'&#233;vite les petits commerces de quartier, je cible les grandes enseignes. Et parfois, je redistribue.&lt;/i&gt; &#187; Simple, efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis trois ans que je pratique, me lan&#231;ant avec enthousiasme dans le vol &#224; l'&#233;talage, je me tiens &#224; trois principe de base. De un, ne voler que les grands groupes et enseignes mondialis&#233;es. De deux, ne chourer que des produits que je vais consommer (surtout de la nourriture, des produits d'hygi&#232;ne et des livres) ou dont d'autres personnes auront l'utilit&#233;. Et de trois, ne jamais piquer d'alcool, dont je fais pourtant grande consommation &#8212; il y a dans cet interdit na&#239;vement respect&#233; un contradictoire reste d'&#233;ducation jud&#233;o-chr&#233;tienne&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et peut-&#234;tre une pr&#233;caution : l'alcool faisant partie des produits les plus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu importe. Il appartient &#224; chacun de fixer ses propres principes et limites. Ceux de Lize, intermittente marseillaise d'une trentaine d'ann&#233;es, se r&#233;sument en deux phrases exp&#233;ditives : &#171; &lt;i&gt;Je vole ceux que je consid&#232;re comme des voleurs : supermarch&#233;s, cha&#238;nes bio, magasins de bricolage, cha&#238;nes de fringues, boutiques &#224; touristes, etc. C'est une fa&#231;on de remettre les choses &#224; leur place.&lt;/i&gt; &#187; Romane, abonn&#233;e aux emplois pr&#233;caires et voleuse aussi exp&#233;riment&#233;e qu'efficace, ne dit pas autre chose. Mais elle n'a pas toujours &#233;t&#233; aussi carr&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Quand j'ai d&#233;but&#233; &#224; 20 ans, je suis pass&#233;e par une p&#233;riode de vol assez fr&#233;n&#233;tique. Il me semblait absurde de payer quoi que ce soit. Et je ne me souciais nullement de la nature du magasin &#8212; je m'attaquais m&#234;me aux boutiques de commerce &#233;quitable...&lt;/i&gt; &#187; Une absence de hi&#233;rarchie dans les cibles qui l'a mise, &#224; l'occasion, face &#224; ses contradictions. &#171; &lt;i&gt;En qu&#234;te d'un bon antivol, je me suis rendue dans un petit magasin de v&#233;los. J'en ai piqu&#233; un, que j'ai cach&#233; contre ma taille, bloqu&#233; sous ma jupe. Et j'allais repartir quand le g&#233;rant m'a adress&#233; la parole. Il &#233;tait sympa, on s'est mis &#224; discuter, le courant passait bien &#8212; assez pour que je me sente d&#233;sol&#233;e de le voler. Au moment d'enfin quitter les lieux, l'antivol a gliss&#233;, tombant &#224; ses pieds. Silence. J'ai lev&#233; la t&#234;te. Crois&#233; son regard plein d'incompr&#233;hension. Et je me suis sauv&#233;e, compl&#232;tement honteuse.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Joyeux et ludique &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette honte de Romane permet de pointer une &#233;vidence : le vol n'est pas qu'un moyen de se nourrir ou de s'&#233;quiper &#224; bon compte. Il est aussi affaire de sensations &#8212; bonnes ou mauvaises. Il s'agit de se sentir vivre dans une soci&#233;t&#233; o&#249; les flux marchands sont r&#233;gl&#233;s comme du papier &#224; roulette. Trac&#233;s, planifi&#233;s. Tellement sous contr&#244;le que la peur, la honte ou le plaisir valent r&#233;bellion. Zo&#233;, psychologue aux maigres revenus, a ador&#233;. Elle vient de se coudre une poche &#224; choure&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une poche &#224; choure se coud &#224; l'int&#233;rieur d'une veste, de mani&#232;re &#224; ce qu'il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, apr&#232;s une soir&#233;e &#224; parler vol &#224; l'&#233;talage. Et elle raconte &#171; sa premi&#232;re fois &#187; avec excitation : &#171; &lt;i&gt;J'ai vol&#233; un d&#233;odorant dans une grande surface. J'ai d&#251; m'y reprendre &#224; trois fois pour le cacher tellement mes mains tremblaient...&lt;/i&gt; &#187; Et du m&#234;me &#233;lan : &#171; &lt;i&gt;Mais en sortant, je me suis sentie carr&#233;ment fi&#232;re !&lt;/i&gt; &#187; Na&#239;f enthousiasme de d&#233;butante ? M&#234;me pas. Romane, du haut de ses huit ans de pratique, use du m&#234;me mot : &#171; &lt;i&gt;Quand je sors avec des v&#234;tements vol&#233;s au nez et &#224; la barbe du vigile et des cam&#233;ras, je me sens fi&#232;re. Contente de moi.&lt;/i&gt; &#187; Au temps pour la culpabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, pourquoi se sentir coupable ? C'est tout l'inverse qui se joue, souligne Boris, graphiste de 35 ans aux chemises &#224; fleurs aussi &#233;clatantes que le plaisir qu'il prend &#224; chaparder : &#171; &lt;i&gt; Le vol a transform&#233; mon rapport aux supermarch&#233;s et autres magasins de merde. Je d&#233;testais ces endroits, je m'y sentais en territoire ennemi. Mais depuis que je choure, faire mes courses est devenu quelque chose de joyeux et de ludique.&lt;/i&gt; &#187; Tromper le vigile, se jouer des cam&#233;ras, rep&#233;rer et &#244;ter les &#233;ventuels dispositifs anti-vols, passer aux caisses l'air de rien, puis rentrer chez soi avec un petit butin. Toute une joie un peu enfantine, entre dissimulation et jeu de piste ill&#233;gal. &#171; &lt;i&gt;Au-del&#224; du sentiment valeureux de les avoir niqu&#233;s, nous aimerions ressusciter ce cancre du fond de la classe qui pisse sur les r&#232;gles&lt;/i&gt; [...], r&#233;sument joliment les auteur.e.s de &lt;i&gt;La Brochourre&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'entretien sur double page dans le m&#234;me num&#233;ro de CQFD.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. [&#8230;] &lt;i&gt;Le gosse qui brave les interdits n'est pas mort ; il est quelque part, par l&#224;, autour de nous ou &#224; l'int&#233;rieur, &#224; souffler sur les braises qui d&#233;fient l'autorit&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains aiment &#224; transformer les braises en brasier. Le vol &#224; l'&#233;talage devient alors d&#233;fi flamboyant, o&#249; il s'agit aussi d'adresser un beau bras d'honneur au syst&#232;me marchand. &#192; l'image de Lize, qui s'est &#233;quip&#233;e gratos en habits de montagne et matos de rando dans une magasin sp&#233;cialis&#233;. Ou de Romane qui, &#224; l'occasion, sort des supermarch&#233;s des sacs entiers de bonne bouffe, y allant au culot, en faisant glissant discr&#232;tement son gros larcin devant la caisse pendant qu'elle r&#232;gle un petit paquet de chips et une canette de Coca. Audacieux. Mais attention : le risque de garde &#224; vue augmente &#224; mesure de la valeur du butin. &#171; &lt;i&gt;C'est surtout le volume du vol qui importe,&lt;/i&gt; expliquait en 2013 le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'Union des entreprises de s&#233;curit&#233; priv&#233;e&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; dans &#171; Les petits arrangements des supermarch&#233;s avec leurs voleurs &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Par exemple, si c'est au-dessus de 100 &#8364; &#224; Paris, le magasin appelle la police. En dessous, non.&lt;/i&gt; &#187; &#192; bon entendeur.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2460 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH357/-726-cd16b.jpg?1768721459' width='500' height='357' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par J&#233;r&#233;my Boulard Le Fur.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Pas de voleur type &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas, il en va de la choure comme d'un sport d'adresse : pour s'am&#233;liorer, il faut pratiquer. Avec l'exp&#233;rience, les gestes se font plus confiants et furtifs. Et l'assurance aide &#224; renvoyer l'image du client lambada et honn&#234;te qui n'attire pas l'attention &#8212; liste de courses &#224; la main, sachant ce qu'il veut, passant d'un pas d&#233;termin&#233; d'un rayon &#224; un autre, les mains s'affairant en douce. Sauf que&#8230; &#171; &lt;i&gt;L'exp&#233;rience n'emp&#234;che pas de se faire chopper&lt;/i&gt;, explique Walter. &lt;i&gt;J'ai quinze ans de pratique et &#231;a m'arrive encore. Souvent, c'est parce que je me suis montr&#233; trop s&#251;r de moi.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au centre de Marseille, il y a un petit supermarch&#233; que Walter et Boris connaissent bien. Tr&#232;s fr&#233;quent&#233;, surtout le soir et le week-end, il a la r&#233;putation d'&#234;tre insuffisamment prot&#233;g&#233;. Il n'emploie pas de vigile. Et les salari&#233;s sont souvent trop occup&#233;s &#224; tenir les caisses, g&#233;rer le stock ou remplir les rayons pour traquer le vol. Bref, l'endroit parfait pour le petit chapardeur du quotidien &#8212; pendant deux ans, j'y ai pris mes aises. Trop. Il y a trois semaines, alors que je passais en caisse avec une bouteille, un employ&#233; m'a pris gentiment &#224; part, me demandant de vider mes poches. Pour m&#233;diocre butin, du ketchup, des c&#232;pes s&#233;ch&#233;s, des bonbons et du liquide-vaisselle. J'ai pay&#233; sans discuter, promettant de ne pas recommencer. Fin du bon plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques n'est pas rancunier. Vraiment pas. C'est lui qui m'a alpagu&#233; dans ce supermarch&#233; &#8212; il en est m&#234;me adjoint &#224; la direction. Mais quand je reviens le voir deux jours plus tard, &#233;voquant un article sur le vol &#224; l'&#233;talage, il accepte de me retrouver devant une bi&#232;re. &#171; &lt;i&gt;Je t'ai rep&#233;r&#233; par hasard, je n'avais jamais fait gaffe &#224; toi avant&lt;/i&gt;, m'explique-t-il. &lt;i&gt;J'ai simplement jet&#233; un &#339;il &#224; l'&#233;cran au moment o&#249; tu piquais un truc.&lt;/i&gt; &#187; Pas de chance. C'est que l'endroit d&#233;bite grave &#8212; en moyenne, 1 000 clients par jour en semaine et 1 200 le week-end. Et les employ&#233;s ont bien trop &#224; faire pour surveiller chaque consommateur : ils ne s'int&#233;ressent qu'&#224; ceux dont ils jugent le comportement &#233;trange. &#171; &lt;i&gt;Je travaille ici depuis plus de dix ans, soit assez longtemps pour constater qu'il n'y a pas de voleur type. Ce qui attire mon attention, ce sont les attitudes pas naturelles. Le client &#224; l'air nerveux, aux yeux fureteurs. Celui qui attrape des produits sans les regarder. Ou cet autre qui n'en a que pour l'alcool, les d&#233;odorants ou le chocolat &#8212; nos produits les plus vol&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand ils rep&#232;rent un chapardeur, les employ&#233;s l'alpaguent avec diplomatie &#8211; j'y ai eu droit. &#171; &lt;i&gt;Souvent, &#231;a se passe bien : les gens reposent les articles et on en reste l&#224;. Parfois, c'est plus tendu. Mais dans tous les cas, on n'appelle pas la police : elle ne se d&#233;place jamais.&lt;/i&gt; &#187; Jacques en sait quelque chose, qui s'est fait braquer par un mec cagoul&#233; il y a quelques ann&#233;es. &#171; &lt;i&gt;Le bonhomme est reparti &#224; pied, tranquille. Et il fallu attendre une demie-heure pour voir d&#233;barquer les flics en mode cow-boy, arr&#234;tant les gens dans la rue. Comme s'il y avait une chance que le braqueur soit encore dans le coin...&lt;/i&gt; &#187; Sacr&#233;s guignols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Tous les jours f&#234;te &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lize, elle aussi, a attendu la police un moment. C'&#233;tait &#224; l'entr&#233;e d'une enseigne bio, elle n'avait pas le choix. Un vendeur et le g&#233;rant la retenaient, apr&#232;s l'avoir vu planquer des produits dans son sac. Eux n'ont pas fait dans la diplomatie. Au contraire, ils se sont ing&#233;ni&#233;s &#224; punir la jeune femme. &#171; &lt;i&gt;Je savais qu'ils n'avaient pas le droit de me retenir, mais je me suis laiss&#233;e intimider. La police n'est bien s&#251;r jamais venue - c'&#233;tait un pr&#233;texte pour m'imposer une heure d'attente et d'humiliations. Avant de me lib&#233;rer, le g&#233;rant a bloqu&#233; ma t&#234;te entre ses mains et l'a exhib&#233;e devant chaque vendeur en disant : &#8220; Retenez son visage, elle n'entre plus ici ! &#8221; Traumatisant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul doute que Lise a depuis &#233;t&#233; veng&#233;e par bien des voleurs &#224; l'&#233;talage. C'est que les enseignes bio &#8212; Bio c'Bon, Biocoop et autres Naturalia &#8212; sont depuis longtemps cible privil&#233;gi&#233;e de ceux qui veulent mieux manger sans en payer le co&#251;t exorbitant. C'est m&#234;me l'une des raisons pour lesquelles Boris s'est mis &#224; la choure : &#171; &lt;i&gt;J'en avais marre de manger de la merde. Et j'ai d&#233;cid&#233; de me nourrir plus sainement. Mais je n'avais ni les moyens, ni l'envie de me ruiner pour des fruits et l&#233;gumes bio ou pour des graines de qualit&#233;. J'ai alors commenc&#233; &#224; voler et je n'ai plus arr&#234;t&#233; depuis.&lt;/i&gt; &#187; Ici r&#233;side la force tranquille du petit vol &#224; l'&#233;talage. Dans le temps long. Et la possibilit&#233; de s'offrir jour apr&#232;s jour cette vie meilleure normalement conditionn&#233;e par l'&#233;paisseur du portefeuille. Jusqu'&#224; d&#233;nier, comme Lize, toute l&#233;gitimit&#233; &#224; ce dernier : &#171; &lt;i&gt;Je d&#233;teste les rapports induits par l'argent. C'est ce qui me pla&#238;t dans le fait de voler : j'ai l'impression d'enlever sa valeur au fric.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand la choure fait commun&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Boris, oiseau de passage qui squatte chez les uns et les autres, le vol permet aussi de remercier ses h&#244;tes : &#171; &lt;i&gt;Je suis invit&#233;, alors je ram&#232;ne de bonnes choses &#224; manger et &#224; boire. Pour faire plaisir.&lt;/i&gt; &#187; La choure se partage &#8212; c'est m&#234;me parfois sa raison d'&#234;tre. Romane, qui a habit&#233; une coloc' avec sept camarades aussi fauch&#233;s qu'elle, raconte ainsi, yeux p&#233;tillants, ses exp&#233;ditions pass&#233;es dans un Monoprix, o&#249; un pilier bien plac&#233; permettait de remplir des sacs &#224; dos &#224; l'abri des cam&#233;ras. &#171; &lt;i&gt;Avec deux potes, on avait d&#233;cid&#233; que ce serait tous les jours f&#234;te. Et on faisait r&#233;guli&#232;rement le plein de tournedos, foie gras et saumon pour r&#233;galer tout le monde. On avait l'impression d'&#234;tre Robin des Bois...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il y en a pour huit, il y en a pour cent. Ou presque &#8212; simple question d'&#233;chelle. &#192; mesure qu'ils se sont politis&#233;s, Romane et ses ami.e.s ont mis leurs comp&#233;tences au service de bouffes de soutien et de repas collectifs. Se r&#233;partissant la liste de courses et les grandes surfaces &#224; &#233;cumer avec des cabas &#224; double-fond. Efficaces. Je sais, je les ai vus &#224; l'&#339;uvre. C'&#233;tait en 2012, dans un squat de Toulouse accueillant pour un week-end l'&#233;quipe foutraque du canard rebelle auquel je participais alors. En deux heures, ils ont vol&#233; de quoi cuisiner un cassoulet pour une cinquantaine de personnes. La classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois ans plus tard, j'ai recrois&#233; certains d'entre eux dans une vall&#233;e des Pyr&#233;n&#233;es. Une grosse fiesta s'y tenait dans un chouette lieu autog&#233;r&#233;. Une centaine de convives avaient fait le d&#233;placement, presque tous venus les mains vides &#8212; les organisateurs avaient pass&#233; la semaine pr&#233;c&#233;dente &#224; piller les supermarch&#233;s du coin, histoire de nourrir et d'abreuver tout le monde. Le plus impressionnant n'&#233;tait pas que ce soit gratuit. Mais tenait au d&#233;ploiement d'&#233;nergie, de techniques et de d&#233;sint&#233;ressement ayant permis cette gratuit&#233;. C'est l&#224; que la choure est belle. Quand elle colle des sourires sur les visages avant m&#234;me de rassasier les corps. Et qu'elle fait commun, tissu de pratiques ill&#233;gales reliant ceux qui volent et ceux qui en b&#233;n&#233;ficient dans le m&#234;me plaisir du partage. Aujourd'hui encore, y penser suffit &#224; me donner la banane.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tous les pr&#233;noms de voleurs cit&#233;s dans l'article ont &#233;t&#233; modifi&#233;s, de m&#234;me que celui de l'employ&#233; de supermarch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Et peut-&#234;tre une pr&#233;caution : l'alcool faisant partie des produits les plus vol&#233;s, son rayon est particuli&#232;rement surveill&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Une poche &#224; choure se coud &#224; l'int&#233;rieur d'une veste, de mani&#232;re &#224; ce qu'il soit possible d'y glisser un produit dans un mouvement &#224; la fois fluide et discret &#8211; c'est l'une des techniques de vol &#224; l'&#233;talage les plus courantes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir l'entretien sur double page dans le m&#234;me num&#233;ro de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cit&#233; dans &#171; Les petits arrangements des supermarch&#233;s avec leurs voleurs &#187;, article mis en ligne sur le site Rue89 le 30/10/13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>M&#233;ga-yachts, m&#233;ga-plantade</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


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&lt;p&gt;La grande plaisance a le vent en poupe. Cherchant &#224; s'implanter en M&#233;diterran&#233;e, un consortium am&#233;ricano-&#233;mirati de yachting a jet&#233; son d&#233;volu sur un quai de S&#232;te (H&#233;rault). Mais c'&#233;tait sans compter sur la r&#233;tivit&#233; du populo local. Ils sont jeunes et ils ont la banane. Normal : ils viennent de remporter un premier round face &#224; la r&#233;gion Occitanie et au port de S&#232;te. Alors ce jour-l&#224;, chez &#171; Maryse et Lulu &#187;, bar historique de S&#232;te, chacun l&#232;ve son verre. Jean-Luc, conseiller municipal (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no166-juin-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;166 (juin 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une1_sommaire" rel="tag"&gt;une1_sommaire&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L110xH150/arton2253-3ebe0.jpg?1768721459' class='spip_logo spip_logo_right' width='110' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La grande plaisance a le vent en poupe. Cherchant &#224; s'implanter en M&#233;diterran&#233;e, un consortium am&#233;ricano-&#233;mirati de yachting a jet&#233; son d&#233;volu sur un quai de S&#232;te (H&#233;rault). Mais c'&#233;tait sans compter sur la r&#233;tivit&#233; du populo local.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ils sont jeunes et ils ont la banane. Normal : ils viennent de remporter un premier round face &#224; la r&#233;gion Occitanie et au port de S&#232;te. Alors ce jour-l&#224;, chez &#171; Maryse et Lulu &#187;, bar historique de S&#232;te, chacun l&#232;ve son verre. Jean-Luc, conseiller municipal d'opposition, rend hommage &#224; Lulu, d&#233;c&#233;d&#233; en 2014 : &#171; &lt;i&gt;Il ne faisait pas que tenir ce bistrot, il promenait aussi les chiens des prostitu&#233;es. Il avait d'ailleurs tr&#232;s &#224; c&#339;ur les int&#233;r&#234;ts de ces dames. En pleine guerre du Vietnam, une flotte am&#233;ricaine a fait escale &#224; S&#232;te. Des manifs de protestation ont &#233;clat&#233; dans tout le d&#233;partement, avec des cort&#232;ges affluant des routes d'Agde et de Montpellier et convergeant ici, direction le port. Les gens criaient : &#8220; US go home ! US go home ! &#8221; Mais &#224; l'angle de cette rue, les m&#232;res maquerelles du quartier, men&#233;es par Lulu, ont organis&#233; une contre-manifestation en scandant &#8220; Droit au travail, laissez-les d&#233;barquer ! &#8221;&lt;/i&gt; &#187; Une histoire absolument authentique, certifie l'&#233;lu communiste en &#233;clatant de rire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ses c&#244;t&#233;s, Laura, Carmen, Gabriel et Natan du collectif &#171; Une marina &#8211; Pour qui ? Pourquoi ? &#187; viennent eux aussi de renvoyer les Ricains dans leurs cordes. Ce n'&#233;tait pourtant pas gagn&#233;. D&#233;but octobre, un article du &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt;, pompeusement titr&#233; &#171; &#192; S&#232;te, m&#233;ga-yachts et m&#233;ga-retomb&#233;es financi&#232;res &#187;, informe le peuple s&#233;tois de la future privatisation du quai d'Alger, destin&#233; &#224; servir de garage &#224; bateaux de luxe pour une palanqu&#233;e de milliardaires. Une op&#233;ration gagnant-gagnant, selon le quotidien. S&#232;te n'&#233;tant pas Saint-Tropez, les richards de la plan&#232;te y parqueront leurs joujoux &#224; moindre prix. D'o&#249; une plus-value touristique et des cr&#233;ations d'emplois cens&#233;es profiter aux habitants de &#171; &lt;i&gt;l'&#238;le singuli&#232;re&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon les mots de Paul Val&#233;ry.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soutenue par les pouvoirs publics, cette future tartine de bonheur est beurr&#233;e par un consortium de poids : IGY Marinas, soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine implant&#233;e en Floride, et la bo&#238;te P&amp;O Marinas, filiale du groupe &#233;mirati Duba&#239; Ports World. Pour les sceptiques, une image de synth&#232;se &#233;voque ce futur am&#233;nagement paradisiaque : l'alignement cul &#224; quai d'une dizaine de yachts blancs comme des dents de requin, avec piscine, piste d'atterrissage pour h&#233;licopt&#232;re et complexe sportif. Faste &lt;i&gt;and furious&lt;/i&gt;, n'est-il pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dior et Gucci &#224; la baille&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annonce suscite une premi&#232;re coalition. &#171; &lt;i&gt;Quand on a pris connaissance du projet par la presse, on s'est r&#233;unis &#224; quelques-uns&lt;/i&gt;, r&#233;sume Natan. &lt;i&gt;Et on s'est lanc&#233;s dans un travail de documentation et de collecte d'informations, avant de cr&#233;er un collectif citoyen.&lt;/i&gt; &#187; Pique-niques sur le quai, r&#233;unions publiques, collages, tractages. Le collectif met en &#339;uvre un modus operandi o&#249; riverains, militants, acteurs portuaires et autres p&#233;kins apprennent &#224; se conna&#238;tre et aff&#251;tent leur argumentaire. Au cin&#233;ma le Comoedia, on projette le film &lt;i&gt;La f&#234;te est finie&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Documentaire du r&#233;alisateur Nicolas Burlaud, membre du collectif Primitivi.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, qui aborde le th&#232;me de la gentrification &#224; Marseille. &#171; &lt;i&gt;L'id&#233;e &#233;tait de lier le projet de marina de luxe &#224; la transformation de la ville, &lt;/i&gt; explique Laura. &lt;i&gt;De sensibiliser les gens venus d&#233;fendre le quai d'Alger &#224; la question plus large de la gentrification de S&#232;te. &#199;a a march&#233;, on a fait salle comble.&lt;/i&gt; &#187; Sollicit&#233;e, la mairie ne bouge pas un orteil. Pas vraiment un scoop pour qui conna&#238;t l'obsession du maire de droite Fran&#231;ois Commeinhes pour une mont&#233;e en gamme de la ville. &#171; &lt;i&gt;S&#232;te est cern&#233;e de projets de transformation urbaine (r&#233;novation de la gare, de l'entr&#233;e Est de la ville, etc.), qui ont vocation &#224; attirer des populations ais&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume Laura.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2456 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH492/-722-7aa86.jpg?1768683538' width='400' height='492' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Pirikk.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'argument des &#171; &lt;i&gt;m&#233;ga-retomb&#233;es financi&#232;res&lt;/i&gt; &#187; a d'abord s&#233;duit les habitants, rappelle Gabriel. Mais la donne s'est invers&#233;e gr&#226;ce au boulot d'investigation et de contre-propagande du collectif. La jauge des 300 emplois promis est tellement revue &#224; la baisse qu'elle finit par faire du rase-mottes. Le risque de pollution marine par hydrocarbures et eaux us&#233;es, tr&#232;s sous-estim&#233; et qui pourrait menacer jusqu'au fragile &#233;quilibre de l'&#233;tang de Thau, trouve par contre un large &#233;cho dans la population. Quant &#224; la pr&#233;tendue manne d'un tourisme de luxe, elle provoque une flamb&#233;e d'urticaire chez tous ceux qui n'ont pas envie de voir leur rue bard&#233;e d'enseignes Dior et Gucci. Cerise sur le caviar, la confiscation du quai d'Alger, lieu de promenade et de rencontre, finit de dresser le tableau d'une &#233;ni&#232;me d&#233;possession territoriale au profit d'une u&lt;i&gt;pper class&lt;/i&gt; toujours plus arrogante. Gabriel : &#171; &lt;i&gt;Au fur et &#224; mesure des discussions et des distributions de tracts, on a vu les gens changer d'avis. Un vrai retournement de l'opinion. Le 31 janvier, lors de la r&#233;union publique avec le port de S&#232;te, il n'y avait plus que 50 personnes sur 350 pour soutenir le projet.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 mai, Carole Delga, pr&#233;sidente de r&#233;gion, et notre Jean-Claude Gayssot national&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'ancien ministre de Jospin est n&#233; &#224; B&#233;ziers (H&#233;rault).&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, promu pr&#233;sident du conseil d'administration du port de S&#232;te-Frontignan, font un premier pas en arri&#232;re. Le projet de marina &#171; &lt;i&gt;&#224; forte valeur ajout&#233;e&lt;/i&gt; &#187; est d&#233;localis&#233; au bassin d'Orsetti. On passe d'une vitrine des m&#233;ga-yachts &#224; une petite rel&#233;gation d'arri&#232;re-plan. Trois jours plus tard, le collectif &#171; Une marina &#8211; Pour qui ? Pourquoi ? &#187; donne rendez-vous quai d'Alger pour une conf&#233;rence de presse. Face &#224; eux : deux localiers du &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt;, un journaliste du site lemouvement.info&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#233;dia d'information en ligne ind&#233;pendant bas&#233; en Occitanie.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; et le soussign&#233;. Laura lit un communiqu&#233; dans lequel le collectif se f&#233;licite de cette premi&#232;re victoire : &#171; &lt;i&gt;Rappelons que si nous ne nous &#233;tions pas mobilis&#233;s, si nous n'avions pas interpell&#233; les habitants et les &#233;lus, ce projet aurait &#233;t&#233; men&#233; sans aucune r&#233;union publique, sans aucune consultation, avec une information minimale des habitants, pourtant les premiers concern&#233;s par ses cons&#233;quences.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La revanche des &#171; quaidistes &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste que si la pr&#233;servation du quai d'Alger est acquise, la lutte contre la marina de luxe continue. Philippe Malric, du &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt;, demande alors sur quels axes le collectif compte rester vigilant. &#171; &lt;i&gt;On a prot&#233;g&#233; le quai d'Alger parce que c'&#233;tait le sujet majeur,&lt;/i&gt; r&#233;pond Gabriel. &lt;i&gt;Mais d'autres questions restent en suspens. On attend toujours l'&#233;tude sur les impacts environnementaux. Et puis, dans son communiqu&#233;, la r&#233;gion parle de projet structurant, de diversifier les activit&#233;s du port : on aimerait bien savoir ce qu'il y a derri&#232;re ces mots&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malric tente de clore l'affaire : &#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes quand m&#234;me moins d&#233;rang&#233;s par le d&#233;placement de la marina &#224; Orsetti...&lt;/i&gt; &#187; Laura monte au cr&#233;neau : &#171; &lt;i&gt;On le vit comme une premi&#232;re victoire. Mais insinuer que le projet nous g&#234;nera moins s'il voit le jour un peu plus loin revient &#224; minimiser notre lutte. Nos revendications n'ont pas chang&#233;, on reste mobilis&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Et le collectif de rappeler au journaleux qu'il a mis le feu aux poudres en publiant son papier aux ordres &#8211; &#171; &#192; S&#232;te, m&#233;ga-yachts et m&#233;ga-retomb&#233;es financi&#232;res &#187;. Grimace du concern&#233;. &#171; &lt;i&gt;Et finalement, plusieurs mois apr&#232;s, on en arrive &#224; quoi ?&lt;/i&gt;, questionne Gabriel. &lt;i&gt;&#192; une d&#233;cision de bon sens : le projet est d&#233;plac&#233;.&lt;/i&gt; &#187; L'envoy&#233; de lemouvement.info en rajoute alors une couche, f&#233;licitant le collectif et taclant la presse servile : &#171; &lt;i&gt;Non seulement vous avez d&#233;velopp&#233; une nouvelle fa&#231;on de faire de la politique en lien avec la cit&#233;, mais vous avez aussi men&#233; un travail d'investigation que ne fait plus la presse quotidienne r&#233;gionale.&lt;/i&gt; &#187; Le tandem du &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt; se crispe. Pr&#234;t &#224; quitter les lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le bout de trottoir qui tient lieu de terrasse au bar &#171; Maryse et Lulu &#187;, Laura se souvient de la rencontre du collectif avec les dirigeants du port : &#171; &lt;i&gt;Ils n'avaient pas pr&#233;vu qu'on ait des questions pr&#233;cises et un argumentaire &#224; leur opposer. Ils pensaient nous consacrer une demi-heure, on est rest&#233;s deux heures et demie.&lt;/i&gt; &#187; La tauli&#232;re du bar sort f&#233;liciter la bande. Tout le monde sourit. &#171; &lt;i&gt;Malgr&#233; le d&#233;placement du projet, les riverains du quai d'Alger restent d&#233;cid&#233;s &#224; lutter&lt;/i&gt; &#187;, souligne Natan. Apr&#232;s l'annonce de l'arr&#234;t du projet d'a&#233;roport &#224; Notre-Dame-des-Landes, Gabriel se souvient avoir lu dans la presse une tribune d&#233;non&#231;ant ces gens contestant le droit de b&#233;tonner en paix : &#171; &lt;i&gt;On nous a trait&#233;s de minorit&#233; gueularde, de &#8220; quaidistes&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Contrepoint portuaire du zadiste.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;i&gt;&#8221;. La presse locale s'est montr&#233;e tr&#232;s d&#233;daigneuse. Un vrai m&#233;pris de classe. Mais nous, on a juste agi sur notre lieu de vie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon les mots de Paul Val&#233;ry.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Documentaire du r&#233;alisateur Nicolas Burlaud, membre du collectif Primitivi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'ancien ministre de Jospin est n&#233; &#224; B&#233;ziers (H&#233;rault).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;M&#233;dia d'information en ligne ind&#233;pendant bas&#233; en Occitanie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Contrepoint portuaire du zadiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une Zad en Alsace ?</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bonetti</dc:creator>


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&lt;p&gt;C'est bien connu, les abords des villes fran&#231;aises manquent cruellement de voies rapides et d'&#233;changeur. Qu'&#224; cela ne tienne : Vinci et l'&#201;tat veulent doter Strasbourg d'un p&#233;riph&#233;rique. Mais les opposants se mobilisent. Zad ou pas Zad ? Quelques minutes &#224; l'ouest de Strasbourg, les premi&#232;res pancartes font leur apparition : &#171; Vinci massacre 350 hectares de terre &#187;, &#171; GCO : plus de camions, de bouchons et de pollution &#187;&#8230; Les municipalit&#233;s oppos&#233;es au Grand contournement ouest (GCO), un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no166-juin-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;166 (juin 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une1_sommaire" rel="tag"&gt;une1_sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Formes-Vives" rel="tag"&gt;Formes Vives&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L110xH150/arton2235-8da79.jpg?1768721460' class='spip_logo spip_logo_right' width='110' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est bien connu, les abords des villes fran&#231;aises manquent cruellement de voies rapides et d'&#233;changeur&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;sLes autoroutes fran&#231;aises ont &#233;t&#233; privatis&#233;es en 2006, quand l'&#201;tat a vendu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Qu'&#224; cela ne tienne : Vinci et l'&#201;tat veulent doter Strasbourg d'un p&#233;riph&#233;rique. Mais les opposants se mobilisent. Zad ou pas Zad ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quelques minutes &#224; l'ouest de Strasbourg, les premi&#232;res pancartes font leur apparition : &#171; Vinci massacre 350 hectares de terre &#187;, &#171; GCO : plus de camions, de bouchons et de pollution &#187;&#8230; Les municipalit&#233;s oppos&#233;es au Grand contournement ouest (GCO), un grand projet inutile de plus, marquent ainsi leur territoire. Et les pancartes se multiplient &#224; mesure que je m'approche de l'&#233;picentre de la lutte &#8211; Kolbsheim, l'une des extr&#233;mit&#233;s du futur contournement. Une fois arriv&#233;, il ne me reste plus qu'&#224; descendre en bas du village et &#224; entrer dans la for&#234;t pour rejoindre le campement des opposants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le chemin, je croise Yves&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tous les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s, sauf ceux marqu&#233;s d'un *.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, qui enfourche son v&#233;lo en s'excusant : &#171; &lt;i&gt;Je ne peux pas t'accueillir, je dois r&#233;ceptionner la caravane que m'apporte un paysan. Les cabanes sont juste un peu plus loin. Tu y trouveras quelqu'un pour te guider, m&#234;me si la moiti&#233; des occupant.e.s sont en ce moment &#224; Notre-Dame-des-Landes...&lt;/i&gt; &#187; Pass&#233;es deux barricades dress&#233;es derri&#232;re de profondes tranch&#233;es, j'aper&#231;ois en effet une cahute perch&#233;e &#224; une dizaine de m&#232;tres de hauteur, dans un arbre. Bois Lejuc en m&#233;moire&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le bois Lejuc, &#224; Bure, a &#233;t&#233; occup&#233; pendant un peu plus d'un an et demi par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, je ressens un petit pincement au c&#339;ur au moment de p&#233;n&#233;trer dans une clairi&#232;re o&#249; gambadent lapins et poules. &#192; l'int&#233;rieur d'une des demeures b&#226;ties l&#224;, je tombe sur Marc : &#171; &lt;i&gt;Tu cherches quelqu'un ? Viens, je te fais visiter.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2430 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH520/-696-883a9.jpg?1768654582' width='400' height='520' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L.L. de Mars.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Autorisation du ch&#226;telain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;trange impression d'&#234;tre comme &#224; la maison. J'apprendrai plus tard qu'ici, &#224; la Zad du Moulin de Kolbsheim, install&#233;e o&#249; Vinci pr&#233;voit de percer son contournement autoroutier, tout n'est pas rose. Il y a parfois des conflits, y compris rudes. Sur l'utilisation du terme Zad, par exemple, ou sur des sujets comme le sexisme ou le v&#233;ganisme. Mais pour l'instant, je ne ressens que de bonnes ondes pendant que Marc me fait d&#233;couvrir cet endroit magnifique, o&#249; vivent une quinzaine de personnes. &#171; &lt;i&gt;Le terrain appartient &#224; des ch&#226;telains&lt;/i&gt;, explique mon guide. &lt;i&gt;La famille est divis&#233;e, mais son repr&#233;sentant, qui vit &#224; Paris, est contre le GCO. Il nous autorise donc &#224; squatter la for&#234;t et la grange du moulin &#8211; on n'a par contre pas acc&#232;s &#224; la maison, ni &#224; l'eau et &#224; l'&#233;lectricit&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La visite continue, on enjambe un ruisseau. &#192; droite, un terrain de p&#233;tanque am&#233;nag&#233; au bord d'un &#233;tang o&#249; pataugent des canards ; &#224; gauche, une cantine v&#233;gan. On traverse ensuite le bois en sens inverse, puis une route et un taillis, avant de tomber sur des vignes et arbres fruitiers cultiv&#233;s en terrasses. &#171; &lt;i&gt;Les paysans qui les exploitent nous soutiennent, bien s&#251;r. Tu imagines tout &#231;a b&#233;tonn&#233; ?&lt;/i&gt; &#187; Mon &#171; &lt;i&gt;Non !&lt;/i&gt; &#187; sonore r&#233;veille Lucien, assoupi dans un hamac suspendu &#224; quelques m&#232;tres de sa cabane de palettes, paille et torchis. La veille, une marche d'opposants a rassembl&#233; plus de 300 autochtones. Et elle s'est termin&#233;e par la descente d'un nombre ind&#233;niable de litres de bi&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Soutien insuffisant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Dans le coin, il y a plein de grands hamsters d'Alsace, une esp&#232;ce prot&#233;g&#233;e,&lt;/i&gt; m'explique l'ex-dormeur avec de grands gestes. &lt;i&gt;D&#233;truire leur habitat ne pose aucun probl&#232;me aux autorit&#233;s. Pour se donner bonne conscience, elles en rel&#226;cheront juste quelques-uns plus loin. Tout &#231;a pour un projet datant de l'&#232;re du tout-p&#233;trole, ressorti des cartons au bout de 40 ans.&lt;/i&gt; &#187; Les premi&#232;res &#233;bauches du GCO remontent en effet aux ann&#233;es 1970. Mais c'est en janvier dernier qu'il a avanc&#233; d'un pas d&#233;cisif, quand Nicolas Hulot, ministre de la Transition &#233;cologique, a promis que l'&#201;tat accorderait &#171; &lt;i&gt;l'autorisation unique environnementale pour permettre la r&#233;alisation de l'autoroute&lt;/i&gt; &#187;, quel que soit le r&#233;sultat de l'enqu&#234;te publique. De quoi susciter la col&#232;re des habitants. &#171; &lt;i&gt;Ils sont largement oppos&#233;s au projet&lt;/i&gt;, poursuit Lucien.&lt;i&gt; Mais Vinci et le gouvernement mettent une telle pression sur les &#233;lus qu'ils finissent par craquer. Fatalistes, certains ne pensent qu'&#224; limiter la casse plut&#244;t que se battre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2429 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-695.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/-695-9b9d1.jpg?1768721460' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Un grand hamster d'Alsace. Trop mimi. (Note du webmaster.)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le temps d'admirer la vue, puis d'aider Yves &#224; caler strat&#233;giquement sa caravane, &#171; &lt;i&gt;pile-poil o&#249; ils veulent nous foutre des bagnoles&lt;/i&gt; &#187;, et on se pose autour d'une bi&#232;re. Patrice revient alors sur l'&#233;tat des forces : &#171; &lt;i&gt;Le soutien local n'est pas suffisant pour stopper le projet. Beaucoup, comme le ch&#226;telain ou les agriculteurs de la FNSEA, ne pensent qu'&#224; sauver leurs biens. Le point positif, c'est que les manifestations rassemblent plein de gens diff&#233;rents. De la protestante pr&#234;te &#224; faire sonner les cloches du village si les flics d&#233;barquent, aux militants associatifs de toujours. Mais le point n&#233;gatif, c'est que les petits fachos du coin se pointent aussi&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un bouquin sur les luttes des ann&#233;es 1970&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;pop&#233;e alsacienne du Dreyeckland, paru en 2017 aux &#233;ditions Do Betzinger.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, Jocelyn Peyret raconte comment les Alsaciens ont &#224; l'&#233;poque fait front pour repousser des projets d'implantation de centrales nucl&#233;aires ou d'usines chimiques &#8211; il n'y a eu finalement &#171; que &#187; Fessenheim. Sur les occupations festives, l'anarchiste c&#244;toyait le cur&#233;, et l'ill&#233;galit&#233; joyeuse &#233;tait la norme. Rien &#224; voir avec aujourd'hui, m&#234;me si l'opposition brasse large et que les manifestations font (relativement) le plein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Poids lourds et pollution&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans la pratique, o&#249; en est le projet de Vinci ? &#171; &lt;i&gt;La phase de recherche arch&#233;ologique est presque termin&#233;e, la coupe massive des arbres devrait commencer &#224; la rentr&#233;e. Cet hiver, deux potes ont emp&#234;ch&#233; une foreuse d'entrer en action &#8211; elle &#233;tait l&#224; ill&#233;galement, puisque l'enqu&#234;te publique n'est m&#234;me pas termin&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Les deux opposants, Claire* et Martin*, ont &#233;cop&#233; le 23 mai de deux mois de prison avec sursis. &#171; &lt;i&gt; Je n'aime pas plus que &#231;a m'encha&#238;ner &#224; une machine&lt;/i&gt;, d&#233;clarait Martin &#224; la sortie du tribunal de Strasbourg. &lt;i&gt;Mais c'est la seule solution qu'il reste quand l'&#201;tat ne respecte pas ses propres lois...&lt;/i&gt; &#187; Un engagement qui se paye au prix fort : les pr&#233;venus ont aussi &#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; verser 3 000 &#8364; de dommages et int&#233;r&#234;ts &#224; Vinci. Mais c'est surtout aux contribuables que la multinationale fait les poches. Sur les 359 millions d'euros de financement du projet, 173 millions proviennent ainsi de la Banque europ&#233;enne d'investissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et inutile d'en appeler &#224; la raison. Ni la n&#233;cessit&#233; de diminuer le trafic routier, ni les solutions alternatives propos&#233;es par les associations (am&#233;nagement des axes existants ou d&#233;veloppement des transports publics) ne semblent susceptibles de remettre en cause le projet. En 2007, une commission d'enqu&#234;te reconnaissait m&#234;me que &#171; &lt;i&gt;le d&#233;sengorgement de Strasbourg n'est ni l'enjeu, ni l'objectif du GCO&lt;/i&gt; &#187;. Ben alors ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, le collectif &#171; &lt;a href=&#034;https://gcononmerci.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;GCO Non Merci&lt;/a&gt; &#187; note que le projet ne fera &#171; &lt;i&gt;qu'accro&#238;tre jour et nuit le trafic des poids lourds entre le nord et le sud de l'Europe, traversant l'Alsace sans s'arr&#234;ter&lt;/i&gt; [...]. &lt;i&gt;Cette autoroute de 24 kilom&#232;tres&lt;/i&gt; [sera] &lt;i&gt;inutile pour les usagers qui se rendent &#224; Strasbourg ou trop co&#251;teuse pour les particuliers qui en auraient l'usage (environ 220 &#8364; mensuels)&lt;/i&gt; &#187;. Et de pointer du m&#234;me &#233;lan l'impact polluant de l'ouvrage : &#171; &lt;i&gt;La seule &#233;tude sur la qualit&#233; de l'air&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;atteste que la r&#233;gion souffrira&lt;/i&gt; [du d&#233;gagement de particules fines et ultra fines, &#224; l'origine] &lt;i&gt;de l'accroissement des accidents cardio-vasculaires en Alsace, r&#233;gion de France d&#233;j&#224; la plus touch&#233;e par ce fl&#233;au.&lt;/i&gt; &#187; Peu importe. L'absurdit&#233; du projet et les nuisances induites ne comptent pour rien. &lt;i&gt;Business must go on&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;NB&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sur place, des chantiers sont organis&#233;s tous les samedis, &#224; partir de 14 h. Et un stand d'information se tient chaque mercredi, de 17 &#224; 19 h, devant la chambre de commerce de Strasbourg (10, place Gutenberg). Enfin, les plus motiv&#233;.e.s noteront que des cabanes sont disponibles, n'attendant que d'&#234;tre occup&#233;es &#8211; voir le site de la &lt;a href=&#034;http://zaddumoulin.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Zad du Moulin&lt;/a&gt; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;sLes autoroutes fran&#231;aises ont &#233;t&#233; privatis&#233;es en 2006, quand l'&#201;tat a vendu le r&#233;seau &#224; Vinci, Eiffage et Abertis pour 14,8 milliards d'euros. Aujourd'hui, Vinci g&#232;re la moiti&#233; des 9 112 kilom&#232;tres d'autoroutes de l'Hexagone. De quoi lui assurer une rente tr&#232;s confortable : en 2016, les b&#233;n&#233;fices de Vinci Autoroute s'&#233;levaient &#224; 1,75 milliard d'euros (en hausse de 28,5 % par rapport &#224; 2015).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tous les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s, sauf ceux marqu&#233;s d'un *.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le bois Lejuc, &#224; Bure, a &#233;t&#233; occup&#233; pendant un peu plus d'un an et demi par des cabanes d'opposants au projet d'enfouissement de d&#233;chets radioactifs &#8211; voir notamment &#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Bure-et-Bure-et-ratatam&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bure et Bure et ratatam&lt;/a&gt; &#187;, article paru dans le n&#176; 162 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; (f&#233;vrier 2018). Cette petite Zad a &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;e par plus de 500 gendarmes le 22 f&#233;vrier dernier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'&#233;pop&#233;e alsacienne du Dreyeckland&lt;/i&gt;, paru en 2017 aux &#233;ditions Do Betzinger.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Edito et sommaire du n&#176;166</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Edito-et-sommaire-du-no166</link>
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		<dc:date>2018-06-01T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile Kiefer, Jean-Baptiste Bernard, L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>une1_sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;dito</dc:subject>
		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>une_focus</dc:subject>
		<dc:subject>Baptiste Alchourroun</dc:subject>
		<dc:subject>Marine Summercity</dc:subject>
		<dc:subject>Formes Vives</dc:subject>
		<dc:subject>Marie Robert</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>qu'ils</dc:subject>
		<dc:subject>ans</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;rard Collomb</dc:subject>
		<dc:subject>vivre</dc:subject>
		<dc:subject>vol</dc:subject>
		<dc:subject>C'est chose</dc:subject>
		<dc:subject>Collomb</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En kiosque ! En une : &#034;Le larcin plut&#244;t que le turbin&#034; de Formes Vives, il faut que les personnes qui veulent exprimer leur opinion puissent s'opposer aux casseurs et ne pas, par leur passivit&#233;, &#234;tre d'un certain point de vue complices de ce qui se passe. &#187; En gros, pour jouir encore du permis de d&#233;filer, les organisateurs devraient faire les flics eux-m&#234;mes&#8230; Le coup de gr&#226;ce aux d&#233;fil&#233;s &#224; la papa a &#233;t&#233; port&#233; lors de la journ&#233;e d'action anti-loi Travail du 23 juin 2016. Avec son parcours (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no166-juin-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;166 (juin 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une1_sommaire" rel="tag"&gt;une1_sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Edito" rel="tag"&gt;&#201;dito&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une_focus" rel="tag"&gt;une_focus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Baptiste-Alchourroun" rel="tag"&gt;Baptiste Alchourroun&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marine-Summercity" rel="tag"&gt;Marine Summercity&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Formes-Vives" rel="tag"&gt;Formes Vives&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marie-Robert" rel="tag"&gt;Marie Robert&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-ils" rel="tag"&gt;qu'ils&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gerard-Collomb" rel="tag"&gt;G&#233;rard Collomb&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vivre" rel="tag"&gt;vivre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vol" rel="tag"&gt;vol&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est-chose" rel="tag"&gt;C'est chose&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Collomb" rel="tag"&gt;Collomb&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L110xH150/arton2229-71ec8.jpg?1768700667' class='spip_logo spip_logo_right' width='110' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En kiosque !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En une : &#034;Le larcin plut&#244;t que le turbin&#034; de &lt;a href=&#034;http://www.formes-vives.org/images/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Formes Vives&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;dito : Tout pourri &#224; l'Int&#233;rieur&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Voila qu'avec son allure suintante de croque-mort, G&#233;rard Collomb joue au ma&#238;tre-chanteur. &#171; &lt;i&gt;Ce qui est &#233;tonnant, c'est que des black blocs puissent intervenir au milieu d'une foule qui finalement ne r&#233;agit pas&lt;/i&gt;, a-t-il insinu&#233; face aux cam&#233;ras de BFM. &lt;i&gt;Si on veut garder demain le droit de manifester&lt;/i&gt; [&#8230;],&lt;i&gt; il faut que les personnes qui veulent exprimer leur opinion puissent s'opposer aux casseurs et ne pas, par leur passivit&#233;, &#234;tre d'un certain point de vue complices de ce qui se passe.&lt;/i&gt; &#187; En gros, pour jouir encore du permis de d&#233;filer, les organisateurs devraient faire les flics eux-m&#234;mes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coup de gr&#226;ce aux d&#233;fil&#233;s &#224; la papa a &#233;t&#233; port&#233; lors de la journ&#233;e d'action anti-loi Travail du 23 juin 2016. Avec son parcours en boucle impos&#233; par le minist&#232;re, comme une humiliante mise en sc&#232;ne des impuissances syndicales. Le gouvernement des choses veut d&#233;montrer, de Sarkozy &#224; Macron en passant par Hollande, que le passage en force est devenu son unique credo. Il s'agit de mettre en d&#233;route la population. Psychologiquement et, au besoin, physiquement. Mais on se tromperait en traitant Collomb de fasciste. Il chuinte un message peut-&#234;tre encore plus gla&#231;ant : celui d'un autoritarisme de march&#233; qui avance en fredonnant sur l'air de l'Harley-Davidson qu'il n'a besoin de personne pour, quoi qu'il en co&#251;te, poursuivre l'enrichissement sans fin des plus riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fond, ce que Collomb a dans le collimateur, c'est la dynamique du fameux cort&#232;ge de t&#234;te. Son ind&#233;pendance et sa complicit&#233; avec les jeunes &#233;nerv&#233;s. Mais aussi la sympathie croissante qu'il &#233;veille parmi ceux et celles qui, r&#233;volt&#233;s par l'injustice radicale du syst&#232;me, savent que de nouvelles formes de r&#233;sistance sont &#224; inventer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prendre la rue, occuper l'espace sans demander la permission, c'est le dernier privil&#232;ge des sans-privil&#232;ges. C'est la troupe spontan&#233;e des lyc&#233;ens bloqueurs qui sillonne le centre-ville et apporte son &#233;nergie au mouvement social. C'est la manif sauvage qui veut faire durer la f&#234;te. C'est l'occupation et /ou transformation d'un territoire en danger comme Notre-Dame-des-Landes ou Bure. Ce sont, aussi, des tentatives plus ou moins encadr&#233;es de d&#233;passement, type Nuit debout, F&#234;te &#224; Macron ou Mar&#233;es populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la foule se referme sur quelqu'un qui court pour &#233;chapper aux matraques, c'est qu'elle s'est reconnue un ennemi commun. &#199;a s'appelle la solidarit&#233;. Une sorte d'&#171; esprit de corps &#187; diam&#233;tralement oppos&#233; &#224; celui des poss&#233;dants, qui lui se referme comme une hu&#238;tre pour prot&#233;ger de bien tristes int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;daction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dossier : Le larcin plut&#244;t que le turbin&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est chose admise : la France est un pays riche. Pas certain, toutefois, que ses neuf millions d'habitants &#171; vivant &#187; sous le seuil de pauvret&#233; voient les choses ainsi&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Donn&#233;es de l'Insee pour l'ann&#233;e 2015.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Eux doivent se loger, se nourrir, s'habiller, se d&#233;placer et se divertir avec un revenu mensuel de moins de 850 &#8364; (apr&#232;s imp&#244;ts et prestations sociales). En somme, ils survivent plut&#244;t que vivent. Pas question de manger de fa&#231;on saine, d'aller au cin&#233;ma, de descendre des bi&#232;res en terrasse ou de simplement consommer comme les autres &#8212; l'existence tout enti&#232;re se trouve plac&#233;e sous la contrainte du manque d'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et gare &#224; celles et ceux qui essayeraient de s'en extraire par des m&#233;thodes que la loi r&#233;prouve. La justice et le syst&#232;me marchand font rarement preuve de compr&#233;hension &#224; l'&#233;gard des (tr&#232;s) petits d&#233;lits commis au nom de l'&#233;tat de n&#233;cessit&#233;. Les illustrations abondent ; en voici trois parmi plein d'autres. En novembre 2016, un migrant de 22 ans est condamn&#233; &#224; trois mois de prison ferme pour le vol d'un fromage de ch&#232;vre dans un supermarch&#233; toulousain &#8212; l'homme n'avait rien aval&#233; depuis trois jours. En d&#233;cembre 2016, un salari&#233; d'un hypermarch&#233; Leclerc de Dordogne est licenci&#233; apr&#232;s avoir mang&#233; une banane pioch&#233;e dans la r&#233;serve &#8212; &#171; &lt;i&gt;Que ce soit une banane, un manteau ou quelque chose de plus important, on est sur un vol&lt;/i&gt; &#187;, s'indigne alors l'enseigne, camp&#233;e sur ses principes. Enfin, en avril 2017, un trentenaire bordelais &#233;cope de deux semaines de prison ferme pour le chapardage entre deux rayons d'un paquet de saucisses et de chaussons aux pommes &#8212; &#171; &lt;i&gt;Il a fait &#231;a parce qu'il avait faim. La preuve : quand il s'est fait prendre, il s'est jet&#233; sur les paquets pour les ouvrir et manger. Ce qui a &#233;t&#233; retenu comme des d&#233;gradations&lt;/i&gt; &#187;, se d&#233;sole son avocate&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au m&#234;me moment, Cahuzac, ex-ministre du Budget reconnu coupable d'une fraude (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par leur s&#233;v&#233;rit&#233; et leur intransigeance, la justice et les enseignes commerciales ne font que confirmer l'&#233;vidence de la guerre sociale en cours. Les pauvres et pr&#233;caires peuvent bien mourir de faim, ils ne seront pas pour autant autoris&#233;s &#224; prendre ce qu'ils n'ont pas les moyens de payer. Le sacro-saint principe de propri&#233;t&#233; et les exigences du commerce passent avant tout. Une morale bouffie et mensong&#232;re, depuis longtemps battue en br&#232;che. D&#232;s la fin du XIXe si&#232;cle, certains anarchistes revendiquent la reprise individuelle comme une r&#233;sistance l&#233;gitime &#224; un ordre social injuste. Et voient dans le vol, qu'il soit &#224; usage individuel ou collectif, une fa&#231;on de r&#233;&#233;quilibrer le malheur du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais attention. &#199;a serait partir sur une fausse piste que de cantonner le petit ill&#233;galisme, cette d&#233;brouille interdite du quotidien, &#224; son versant politique et th&#233;orique. C'est ici qu'il faut prendre au pied de la lettre la formule pr&#234;t&#233;e &#224; la reine Marie-Antoinette &#224; la veille de la R&#233;volution de 1789. &#171; &lt;i&gt;Le peuple n'a plus de pain ? Eh bien, qu'il mange de la brioche...&lt;/i&gt; &#187; La vieille dinde avait raison. Pourquoi se contenter de pain ? Pourquoi ne pas se donner les moyens d'une vie meilleure, plus agr&#233;able et douce, f&#251;t-elle (plus ou moins) ill&#233;gale ? Bonne question. &#171; &lt;i&gt;Moi, je vole parce que je ne suis pas assez riche pour vivre &#224; ma guise, et que je veux vivre &#224; ma guise. Je n'accepte aucun joug, m&#234;me celui de la fatalit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pondait l'anarchiste Georges Darien en 1898.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petits voleurs &#224; l'&#233;talage, fraudeurs des transports, m&#233;diocres arnaqueurs &#224; l'assurance, magouilleurs du RSA... De fa&#231;on plus ou moins revendiqu&#233;e, ils sont nombreux &#224; avoir fait leur la formule de Darien. En piochant dans les rayons des enseignes bio, en fraudant les p&#233;ages ou le train, en remplissant un cabas &#224; double-fond &#224; chaque fois qu'ils font leurs courses en hypermarch&#233; ou en piquant &#224; l'occasion dans les stocks de leur entreprise, ils se donnent les moyens de mieux vivre leur condition pr&#233;caire ou pauvre. De jouir un peu de la vie sans se tuer au travail ni d&#233;pendre d'un patron. Bref, de s'&#233;lever (modestement) au-dessus de leur condition. Une juste r&#233;cup&#233;ration, qui s'accompagne souvent d'un petit sentiment de victoire, celui de ne pas totalement courber l'&#233;chine devant les multinationales triomphantes et la force de l'&#201;tat. Et qui peut m&#234;me devenir un jeu, &#224; mesure que les techniques se perfectionnent et que l'exp&#233;rience s'accumule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'important est de ne pas oublier qu'il ne s'agit que de se r&#233;approprier des miettes, chapard&#233;es au pied de la table des puissants. Mais ce sont au moins des miettes qu'ils n'auront pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par C&#233;cile Kiefer et Jean-Baptiste Bernard.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les grandes heures de l'ill&#233;galisme : Voler pour ne pas s'ab&#238;mer &gt;&lt;/strong&gt; En 2008, la sociologue Anne Steiner publie le r&#233;cit d'une immersion dans le milieu anar de la Belle &#201;poque : &lt;i&gt;Les En-dehors&lt;/i&gt; (aux &#233;ditions L'&#233;chapp&#233;e). Le livre, fouill&#233; et vivant, retrace le parcours de ces ill&#233;galistes et bandits politiques bien d&#233;cid&#233;s &#224; conjuguer leur vie au pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La soupe aux choures : Journal d'un voleur &#224; l'&#233;talage &gt;&lt;/strong&gt; La presse rebelle, &#231;a nourrit pas son homme. Enfin, pas beaucoup &#8212; disons que la condition est pr&#233;caire. Alors pour boucler les fins de mois, le vol &#224; l'&#233;talage s'est r&#233;v&#233;l&#233; depuis trois ans alli&#233; pr&#233;cieux : &#231;a va tout de suite mieux quand on peut mettre un peu de beurre (vol&#233;) dans les haricots. Retour sur une (enthousiaste) conversion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rencontre avec les auteur.e.s de &#171; La Brochourre &#187; : &#171; Un produit chapard&#233; n'appartient plus &#224; personne &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Depuis 2015 circule sur les tables des infokiosques (et sur le net) un &lt;i&gt;Copain des bois&lt;/i&gt; version vol &#224; l'&#233;talage. &#338;uvre d'un joyeux collectif, &#171; La Brochourre &#187; pr&#233;sente un large &#233;ventail de techniques pour piocher dans les rayons. Pr&#233;cise et document&#233;e, elle ne se la raconte pas pour autant : &#171; &lt;i&gt;on est pas des h&#233;ros, on est pas des pros&lt;/i&gt; &#187;, rigolent les auteurs. Entretien sur le fil de la l&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2423 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-690-2eab8.jpg?1768658618' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Marie Robert.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le vieil art nouveau : &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; &#224; l'&#233;cole de la resquille &gt;&lt;/strong&gt; Divulguer dans un journal les combines et d&#233;merdes souterraines ? Un scandale selon certains, pour qui vivre heureux revient &#224; vivre cach&#233;s. Pourtant, il y a plus de 40 ans, un certain Jules Van publiait d&#233;j&#224; une rubrique compilant &#171; &lt;i&gt;mille et une ruses pour moins travailler &lt;/i&gt; &#187; dans un jeune quotidien gauchiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'envol post-68 : &#171; Une vie large et sans souci &#187; &gt;&lt;/strong&gt; 1968. Dur, le retour &#224; la normale apr&#232;s la belle flamb&#233;e de mai. Certains feront carri&#232;re, devenant les faire-valoir du discours le plus consensuel, voire conservateur. D'autres ont pris la tangente vers les marges de la soci&#233;t&#233;. Petite histoire de ces &#233;chapp&#233;es hors la loi.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Actu de par ici et d'ailleurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Projet de marina de luxe &#224; S&#232;te : Mega-yachts, m&#233;ga-plantade &gt;&lt;/strong&gt; La grande plaisance a le vent en poupe. Cherchant &#224; s'implanter en M&#233;diterran&#233;e, un consortium am&#233;ricano-&#233;mirati de yachting a jet&#233; son d&#233;volu sur un quai de S&#232;te (H&#233;rault). Mais c'&#233;tait sans compter sur la r&#233;tivit&#233; du populo local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des arbres sur un plateau d'argent : Les for&#234;ts au charbon &gt;&lt;/strong&gt; Le plateau de Millevaches ? Un coin paum&#233; et sauvage, o&#249; le temps semble s'&#234;tre arr&#234;t&#233;. Presque une anomalie. Comme le capitalisme a horreur du vide, certains y rem&#233;dient en misant plein pot sur la principale ressource du territoire : les arbres. &#192; l'image de ce projet d'usine &#224; pellets (granul&#233;s de bois utilis&#233;s comme combustible), qui fait couler beaucoup d'encre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CGO : voie royale pour b&#233;tonneur fou &gt; Une Zad en Alsace ? &gt;&lt;/strong&gt; C'est bien connu, les abords des villes fran&#231;aises manquent cruellement de voies rapides et d'&#233;changeurs... Qu'&#224; cela ne tienne : Vinci et l'&#201;tat veulent doter Strasbourg d'un p&#233;riph&#233;rique. Mais les opposants se mobilisent. Zad ou pas Zad ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comprendre Le d&#233;cha&#238;nement du monde : &#171; L'essentiel est d'avoir des ennemies communs &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Penser la violence contemporaine du monde. Et sous toutes ses formes, qu'elles soient vieilles comme H&#233;rode ou li&#233;es aux mutations du capitalisme lib&#233;ral, qu'elles rel&#232;vent d'un asservissement syst&#233;mique ou constituent une force &#233;mancipatrice. L'objectif est ambitieux. Presque trop. L'historien des id&#233;es Fran&#231;ois Cusset le rel&#232;ve pourtant avec talent dans &lt;i&gt;Le D&#233;cha&#238;nement du monde &#8211; Logique nouvelle de la violence&lt;/i&gt; (La D&#233;couverte). Il le r&#233;sume ici en 13 000 signes &#8211; sacr&#233; challenge !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2422 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH433/-689-a997c.jpg?1768700667' width='500' height='433' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Baptiste Alchourroun.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y&#233;men in black : Vente d'armes... la France toujours au top &gt;&lt;/strong&gt; (Sp&#233;ciale kassd&#233;di &#224; Serge Dassault, petit ange parti trop t&#244;t. Note du webmaster.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur le parvis de la gare de Saint-Denis : Les dessous de la brochette ! &gt;&lt;/strong&gt; Saint-Denis, sortie de la gare RER D. Des odeurs de viande grill&#233;e aguichent mes narines. Devant moi : un barbecue g&#233;ant comme il en existe peu. Des dizaines de gars occupent la place devant la station, dispatch&#233;s autour de Caddie fumants de b&#339;uf marin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand les enfants r&#233;gnaient sur les terrains vagues : Des &#238;les au tr&#233;sors en pleine ville &gt;&lt;/strong&gt; Un soir d'hiver, lors d'une r&#233;union en Bretagne, je me suis retrouv&#233; assis face &#224; une photo qui m'a interpell&#233;. On y voyait un gosse accroch&#233; &#224; un m&#226;t surplombant une cabane de trois &#233;tages. Et trois autres enfants regardant l'acrobate d'en bas, depuis une carcasse de voiture. Quand j'ai voulu en savoir plus, mes h&#244;tes &#8211; Marib&#233; et Michel &#8211; m'ont parl&#233; des Terrains d'aventure, belle odyss&#233;e dont ils ont &#233;t&#233; partie prenante dans les ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;lires transhumanistes et r&#233;silience marseillaise : Demain (on) ne meurt jamais &gt;&lt;/strong&gt; Crever ? C'est pour les nazes, clament les transhumanistes. Deux ouvrages reviennent sur ce refus du tr&#233;pas. &#192; ma droite, &lt;i&gt;Aventures chez les transhumanistes&lt;/i&gt;, du journaliste irlandais Mark O'Connell ; &#224; ma gauche, &lt;i&gt;Homme augment&#233;, humanit&#233; diminu&#233;e&lt;/i&gt;, de Philippe Baqu&#233;. Recension crois&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Statue de Karl Marx &#224; Tr&#232;ves : Plaisir d'offrir, joie de recevoir &gt;&lt;/strong&gt; C'est &#224; Tr&#232;ves, en Allemagne, que Karl Marx a vu le jour il y a pile-poil deux cents ans. Dans cette petite ville rh&#233;nane, la comm&#233;moration de la naissance du grand th&#233;oricien de la lutte des classes d&#233;cha&#238;ne les passions, &#224; l'extr&#234;me droite comme chez les gauchistes. L'objet de la zizanie ? Une imposante statue en bronze du philosophe barbu.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les 15 ans du Chien rouge &#224; Brest&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2424 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-691.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L419xH960/-691-d490d.jpg?1768658619' width='419' height='960' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Marine Summercity.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Donn&#233;es de l'Insee pour l'ann&#233;e 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Au m&#234;me moment, Cahuzac, ex-ministre du Budget reconnu coupable d'une fraude fiscale multimillionnaire, voit sa peine tellement bien am&#233;nag&#233;e qu'il ne foutra jamais un pied en cellule...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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