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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Le surr&#233;alisme, c'est la vie</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Ne r&#233;duire ni l'art, ni la politique. Mais vivre les deux pleinement, en totale libert&#233; et sans compromission. &#192; l'image du po&#232;te Benjamin P&#233;ret, intransigeant combattant du r&#234;ve, de l'amour et de la r&#233;volution. &#171; Il ne s'ensuit pas que [le po&#232;te] d&#233;sire mettre la po&#233;sie au service d'une action politique, m&#234;me r&#233;volutionnaire. Mais sa qualit&#233; de po&#232;te en fait un r&#233;volutionnaire qui doit combattre sur tous les terrains : celui de la po&#233;sie par les moyens propres &#224; celle-ci et sur le terrain (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ne r&#233;duire ni l'art, ni la politique. Mais vivre les deux pleinement, en totale libert&#233; et sans compromission. &#192; l'image du po&#232;te Benjamin P&#233;ret, intransigeant combattant du r&#234;ve, de l'amour et de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3216 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;41&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH509/-1433-cee42.jpg?1782654957' width='400' height='509' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Benjamin P&#233;ret avec un autre mec / D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&#171; &lt;i&gt;Il ne s'ensuit pas que &lt;/i&gt;[le po&#232;te] &lt;i&gt;d&#233;sire mettre la po&#233;sie au service d'une action politique, m&#234;me r&#233;volutionnaire. Mais sa qualit&#233; de po&#232;te en fait un r&#233;volutionnaire qui doit combattre sur tous les terrains : celui de la po&#233;sie par les moyens propres &#224; celle-ci et sur le terrain de l'action sociale sans jamais confondre les deux champs d'action sous peine de r&#233;tablir la confusion qu'il s'agit de dissiper et, par la suite, de cesser d'&#234;tre po&#232;te, c'est-&#224;-dire r&#233;volutionnaire.&lt;/i&gt; &#187;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Benjamin P&#233;ret (Mexico, 1945)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;B&lt;/span&gt;enjamin P&#233;ret est m&#233;connu car il n'a jamais rien entrepris pour promouvoir son image, il a n&#233;glig&#233; la r&#233;ussite personnelle. Partisan du projet surr&#233;aliste, il est rest&#233; fid&#232;le quarante ans &#224; l'id&#233;al de sa jeunesse : la mise en commun de la pens&#233;e. Il a toujours &#233;t&#233; intransigeant dans ses manifestations en faveur de la po&#233;sie, de la r&#233;volution, du r&#234;ve, de l'amour. Et cette fureur po&#233;tique ne lui fut jamais pardonn&#233;e, aussi bien de son vivant que depuis sa disparition. Il eut l'humilit&#233; f&#233;roce et la modestie opini&#226;tre. Il n'a jamais m&#233;lang&#233; art et politique, il s'agissait pour lui d'abord d'assurer &#224; l'esprit une libert&#233; totale. L'humour noir, le sens de la provocation, la haine du pr&#233;destin&#233; (religion et stalinisme), la sublimation de l'amour, la volont&#233; de d&#233;chiffrer la vie constituaient chez lui une tentative d&#233;sesp&#233;r&#233;e, et &#224; la fois pleine d'esp&#233;rance, de r&#233;concilier l'esprit et le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit de tenir entre ses mains les sept tomes de l'&#233;dition de ses &#339;uvres compl&#232;tes (parues aux &#233;ditions Jos&#233; Corti), de consid&#233;rer la richesse foisonnante de leur contenu (des recueils de po&#232;mes, des volumes de contes, de nombreux essais, deux anthologies : l'une sur l'amour sublime, l'autre sur les mythes, l&#233;gendes et contes populaires d'Am&#233;rique) pour r&#233;aliser ce que fut sa vie, p&#233;rilleuse, passionn&#233;e, mais aussi nomade et sans le sou. On ne peut, alors, que lui tirer son chapeau : comment s'y est-il pris, le bougre ?&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Rien d'un petit soldat&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La compromission, voil&#224; l'ennemi. Benjamin P&#233;ret n'en fait pas. Jamais. Quitte &#224; se f&#226;cher avec les siens. D'o&#249; une vie marqu&#233;e par les mises au ban et les ruptures. Proche du trotskisme depuis la fin des ann&#233;es 1920, Benjamin P&#233;ret n'en devient pas pour autant militant docile, le doigt sur la couture du pantalon. Quand en f&#233;vrier 1932, la direction de la Ligue communiste conditionne son adh&#233;sion &#224; une rupture avec le mouvement surr&#233;aliste, il l'envoie pa&#238;tre. Il n'adh&#232;re pas, voil&#224; tout. M&#234;me chose quand il rejoint les forces du POUM, parti marxiste anti-stalinien, dans l'Espagne r&#233;volutionnaire de 1936 : pas question de perdre son pr&#233;cieux regard critique. Il rompt d'ailleurs avec ce parti quelques mois plus tard, &#233;crivant : &#171; &lt;i&gt;Il s'est av&#233;r&#233; que toute collaboration avec le POUM &#233;tait impossible. Ils voulaient bien accepter des gens &#224; leur droite, mais pas &#224; leur gauche&#8230; Bureaucratisation ultrarapide de tous les organismes et fonctionnarisme scandaleux.&lt;/i&gt; &#187; Et d'int&#233;grer pour une br&#232;ve p&#233;riode le bataillon Nestor-Makhno de la colonne Durruti, avant de quitter l'Espagne en avril 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les uniformes, il les conchie pareillement. Un rejet qui remonte &#224; sa prime jeunesse. Quand la Premi&#232;re Guerre mondiale &#233;clate, sa m&#232;re l'oblige &#224; s'engager comme simple soldat. P&#233;ret d&#233;teste. Et r&#233;sume cet &#233;pisode militaire de quelques mots lapidaires : &#171; &lt;i&gt;Un v&#233;ritable bagne, exactement comme la prison&lt;/i&gt; [sauf que] &lt;i&gt;l'&#233;tat militaire, bien qu'ex&#233;crable, reste pr&#233;f&#233;rable &#224; celui de prisonnier. &#187;&lt;/i&gt; Quelques ann&#233;es plus tard, en mai 1921, il participe au proc&#232;s Barr&#232;s, organis&#233; par Breton. Il y incarne le Soldat inconnu. &#201;norme scandale chez les patriotards de tout poil.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Expuls&#233; du Br&#233;sil&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, de 1929 &#224; 1931, P&#233;ret part au Br&#233;sil avec sa compagne, &#201;lisa Houston, une jeune cantatrice br&#233;silienne. Il y milite, inscrit dans les luttes et les mouvements. Et met en place avec ses amis locaux ce qui va devenir la section br&#233;silienne de l'Opposition internationale de gauche (trotskyste). Il vit alors du m&#233;tier de correcteur tout en donnant des conf&#233;rences sur le surr&#233;alisme. Il a d&#233;sormais un enfant &#224; charge, la survie est rude. Et devient franchement compliqu&#233;e quand il d&#233;cide de se lancer dans l'&#233;criture d'un livre, &lt;i&gt;Amiral noir,&lt;/i&gt; qui se veut une &#233;tude sur la mutinerie en 1910 de marins (noirs) dans la baie de Guanabara. Accus&#233; de violer des secrets d&#233;fense et rep&#233;r&#233; pour ses activit&#233;s politiques, P&#233;ret est expuls&#233; du Br&#233;sil en d&#233;cembre 1931.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour en Europe. O&#249; le militarisme se rappelle bient&#244;t &#224; son mauvais souvenir &#8211; il arrive que l'arm&#233;e vous rattrape par le petit bout de l'uniforme. Quand le continent plonge dans la Seconde Guerre mondiale, P&#233;ret se retrouve ainsi mobilis&#233;. Le voil&#224; affect&#233; &#224; Nantes, au service charg&#233; &#171; du recensement des suspects &#187;. Il s'en donne &#224; c&#339;ur joie en faisant dispara&#238;tre du fichier des subversifs les noms de tous les camarades, qu'il remplace par des patronymes de cur&#233;s. En mai 1940, il est incarc&#233;r&#233; quelques mois &#224; la prison de Rennes, pour reconstitution de ligue dissoute. Il en est lib&#233;r&#233; en payant une ran&#231;on aux nazis, puis prend la tangente pour le Mexique, via Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Essentiellement subversif &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au Mexique, o&#249; il passe six ans, P&#233;ret m&#232;ne une existence proche du d&#233;nuement, seulement aid&#233; par ses amis mexicains peintres et po&#232;tes. Ce qui ne l'emp&#234;che pas de mettre la derni&#232;re main en 1945 &#224; son &lt;i&gt;D&#233;shonneur des po&#232;tes&lt;/i&gt;, r&#233;ponse cinglante &#224; une brochure parue &#224; Paris pendant l'occupation, intitul&#233;e &lt;i&gt;L'honneur des po&#232;tes&lt;/i&gt;. Y figuraient en bonne place les noms de ses anciens amis surr&#233;alistes, Aragon et &#201;luard : &#171; &lt;i&gt;Pas un de ces po&#232;mes ne d&#233;passe le niveau lyrique de la publicit&#233; pharmaceutique &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du m&#234;me &#233;lan, il s'en prend violemment au nationalisme, au patriotisme et au lyrisme chr&#233;tien qui &#233;manent de la brochure : &#171; &lt;i&gt;Pour nous surr&#233;alistes, le po&#232;te authentique est, de nos jours plus que jamais, r&#233;volutionnaire de temp&#233;rament ou perd sa qualit&#233; de po&#232;te (par exemple, &#201;luard, devenu camelot du stalinisme). Son domaine est la po&#233;sie. Est-ce &#224; dire qu'il doit se d&#233;sint&#233;resser du monde dont il est un &#233;l&#233;ment essentiellement subversif ? Je suis pour ma part persuad&#233; du contraire.&lt;/i&gt; &#187; L'establishment intellectuel, domin&#233; par les intellectuels staliniens, &#171; aur&#233;ol&#233;s &#187; de leur action dans la R&#233;sistance, ne lui pardonnera jamais ce violent br&#251;lot, et contribuera largement &#224; maintenir une chape de silence sur l'&#339;uvre de P&#233;ret. La publication du texte &#171; Les Syndicats contre la r&#233;volution &#187;, paru dans &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; en 1952, n'arrange pas les choses : v&#233;ritable charge contre la corruption naturelle du syndicalisme, qui reproduit les hi&#233;rarchies, fige la lutte dans le bureaucratisme et autorise toutes les m&#233;diocres ambitions &#8211; le texte ne laisse pas grand monde indemne.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Le merveilleux est partout &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dernier jalon du parcours de P&#233;ret : le rapport aux mythes. Chaque fois qu'il se rend au Mexique ou au Br&#233;sil, c'est aussi en tant que surr&#233;aliste. C'est-&#224;-dire en tant que po&#232;te, fort de sa conviction po&#233;tique. C'est aussi cela qui le rend irr&#233;ductible. Son s&#233;jour au Mexique est ainsi pour lui un v&#233;ritable voyage d'initiation. D&#232;s 1942, il se lance dans la r&#233;daction de l'&lt;i&gt;Anthologie des mythes et l&#233;gendes et contes populaires d'Am&#233;rique&lt;/i&gt;, qu'il ne finit que treize ans plus tard, peu de temps avant sa mort. C'est dans la pr&#233;face &#224; cet ouvrage, connue s&#233;par&#233;ment, sous le nom de &#171; La parole est &#224; P&#233;ret &#187;, qu'il formule le plus clairement le rapport qu'il &#233;tablit entre le mythe et la po&#233;sie : &#171; &lt;i&gt;Le merveilleux, je le r&#233;p&#232;te, est partout de tous les instants. C'est, ce devrait &#234;tre la vie elle-m&#234;me, &#224; condition cependant de ne pas rendre cette vie d&#233;lib&#233;r&#233;ment sordide comme s'y ing&#233;nie cette soci&#233;t&#233; avec son &#233;cole, sa religion, ses tribunaux, ses guerres, ses occupations et lib&#233;rations, ses camps de concentration et son horrible mis&#232;re mat&#233;rielle et intellectuelle. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Benjamin P&#233;ret s'&#233;teint le 18 septembre 1959. Sur sa tombe, &#224; c&#244;t&#233; de celle de son ami Andr&#233; Breton, on peut lire : &#171; &lt;i&gt;Je ne mange pas de ce pain-l&#224;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Donato&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Vive la France et les pommes de terre frites ! &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Vive-la-France-et-les-pommes-de</link>
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		<dc:date>2019-07-14T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Blanc</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>Benjamin P&#233;ret</dc:subject>
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		<dc:subject>Breton</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Po&#232;te surr&#233;aliste invectivant bourgeois, militaires et pr&#234;tres, militant engag&#233; avec les anarchistes pendant la guerre d'Espagne, Benjamin P&#233;ret a fait l'objet d'une biographie parue chez Libertalia. D&#233;c&#233;d&#233; le 18 juillet 1959 &#224; Paris &#224; l'&#226;ge de 60 ans, le po&#232;te surr&#233;aliste Benjamin P&#233;ret est enterr&#233; quelques jours plus tard au cimeti&#232;re des Batignolles. Sur sa tombe, une plaque proclame : &#171; Je ne mange pas de ce pain-l&#224; &#187; &#8211; titre de l'un de ses recueils de po&#232;mes paru en 1936, invectivant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no149-decembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;149 (d&#233;cembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Benjamin-Peret" rel="tag"&gt;Benjamin P&#233;ret&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Peret" rel="tag"&gt;P&#233;ret&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Benjamin" rel="tag"&gt;Benjamin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/seul" rel="tag"&gt;seul&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/poete-surrealiste" rel="tag"&gt;po&#232;te surr&#233;aliste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/surrealiste-Benjamin" rel="tag"&gt;surr&#233;aliste Benjamin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Natalia-Sedova" rel="tag"&gt;Natalia Sedova&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Peret-ecoutant" rel="tag"&gt;P&#233;ret &#233;coutant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/right" rel="tag"&gt;right&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Breton" rel="tag"&gt;Breton&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Po&#232;te surr&#233;aliste invectivant bourgeois, militaires et pr&#234;tres, militant engag&#233; avec les anarchistes pendant la guerre d'Espagne, Benjamin P&#233;ret a fait l'objet d'une biographie parue chez Libertalia.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2990 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L120xH176/-1228-2fd9d.jpg?1782640660' width='120' height='176' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;&#233;c&#233;d&#233; le 18 juillet 1959 &#224; Paris &#224; l'&#226;ge de 60 ans, le po&#232;te surr&#233;aliste Benjamin P&#233;ret est enterr&#233; quelques jours plus tard au cimeti&#232;re des Batignolles. Sur sa tombe, une plaque proclame : &#171; &lt;i&gt;Je ne mange pas de ce pain-l&#224;&lt;/i&gt; &#187; &#8211; titre de l'un de ses recueils de po&#232;mes paru en 1936, invectivant bourgeois, militaires et pr&#234;tres, et maxime r&#233;sumant le mieux la vie de ce r&#233;volt&#233; permanent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;N&#233; &#224; Rez&#233;&lt;/strong&gt; (Loire-Atlantique) dans une famille modeste, dada&#239;ste criant &#171; &lt;i&gt;Vive la France et les pommes de terre frites !&lt;/i&gt; &#187; pour fustiger le chauvinisme &#224; l'issue de la grande boucherie de 1914-1918, po&#232;te surr&#233;aliste adepte des &#171; sommeils &#187; et de l'&#233;criture automatique, combattant avec les anarchistes en Espagne et exil&#233; au Mexique de 1942 &#224; 1948, Benjamin P&#233;ret (1899-1959) est le seul que Breton n'a jamais os&#233; critiquer. Il est aussi le premier &#224; adh&#233;rer au Parti communiste, le premier aussi &#224; en sortir pour rejoindre l'Opposition trotskiste avant d'&#233;voluer vers l'ultragauche qui refusait, comme Natalia Sedova, la veuve de Trotski, de voir dans l'URSS un socialisme trahi, mais avec plus de clairvoyance, un capitalisme d'&#201;tat stalinien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gr&#226;ce &#224; une large documentation&lt;/strong&gt; et &#224; une utilisation judicieuse des &#233;crits de P&#233;ret lui-m&#234;me &#8211; dont un floril&#232;ge est reproduit en annexe &#8211;, cette biographie intellectuelle et po&#233;tique de l'auteur du &lt;i&gt;Passager du transatlantique &lt;/i&gt;et du &lt;i&gt;D&#233;shonneur des po&#232;tes &lt;/i&gt;lui rend sa place, de premier plan, dans l'histoire des avant-gardes litt&#233;raires et politiques du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Cela compensera un peu l'oubli o&#249; l'ont tenu la plupart des historiens du surr&#233;alisme alors m&#234;me que Breton lui-m&#234;me d&#233;finissait celui-ci comme &lt;i&gt;&#171; la beaut&#233; de Benjamin P&#233;ret &#233;coutant prononcer les mots de famille, de religion et de patrie &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si P&#233;ret&lt;/strong&gt;, malgr&#233; sa fibre libertaire, ne rompit pas avec le l&#233;ninisme, la raison s'en trouve sans doute dans le distinguo qu'il &#233;tablit entre ses activit&#233;s po&#233;tiques et politiques. Il appartiendra aux situationnistes de d&#233;passer ce clivage dans une d&#233;marche unitaire tout en rendant hommage &#224; celui qui avait &#233;t&#233;, parmi les surr&#233;alistes, &lt;i&gt;&#171; le seul &#224; s'engager dans la r&#233;volution espagnole, le seul &#224; &#234;tre rest&#233; un anticl&#233;rical farouche &#187; &lt;/i&gt;(R. Vaneigem).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Henri Blanc&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Barth&#233;lemy Schwartz, &lt;i&gt;Benjamin P&#233;ret, l'astre noir du surr&#233;alisme&lt;/i&gt;, Libertalia, 2016.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Telle la tarentelle...</title>
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&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir camp&#233; l'universalit&#233; d'une histoire de Marseille que l'histoire officielle s'ent&#234;te &#224; provincialiser, Al&#232;ssi Dell'Umbria rend hommage dans Tarantella ! aux pratiques musicales et &#224; certains rituels magiques d'un Sud italien pr&#233;tendument attard&#233;. Discussion &#224; b&#226;tons rompus. &#192; l'oppos&#233; de la musique vendue comme fond sonore de l'hypermarch&#233; global, ton livre parle de transe, de possession et de magie. D'o&#249; vient cette sauvagerie aux marges de l'Europe ? &#171; Ce livre montre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir camp&#233; l'universalit&#233; d'une histoire de Marseille que l'histoire officielle s'ent&#234;te &#224; provincialiser&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Histoire universelle de Marseille de l'an mil &#224; l'an 2000, Agone, 2006.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, Al&#232;ssi Dell'Umbria rend hommage dans &lt;i&gt;Tarantella !&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tarantella ! &#8211; Possession et d&#233;possession dans l'ex-royaume de Naples, L'&#339;il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; aux pratiques musicales et &#224; certains rituels magiques d'un Sud italien pr&#233;tendument attard&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discussion &#224; b&#226;tons rompus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1945 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH350/-236-d5845.jpg?1782638350' width='400' height='350' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Juliette Barban&#232;gre.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; l'oppos&#233; de la musique vendue comme fond sonore de l'hypermarch&#233; global, ton livre parle de transe, de possession et de magie. D'o&#249; vient cette sauvagerie aux marges de l'Europe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce livre montre comment des gens opprim&#233;s ont pu se construire un langage dramatique dans lequel ils se racontent. Dans le monde des paysans d'Italie m&#233;ridionale, &#231;a s'op&#232;re par la musique, qui remonte en partie aux temps antiques. Celle-ci ne d&#233;gage ses intensit&#233;s qu'en situation : on ne l'&#233;coute pas dans une salle d'op&#233;ra ou en faisant ses courses chez Carrefour. Donc, de la transe des &lt;i&gt;tarantolate&lt;/i&gt; poss&#233;d&#233;es par une araign&#233;e mythique jusqu'aux r&#233;cits tragiques des &lt;i&gt;cantastorie&lt;/i&gt;, mon livre propose un voyage &#224; l'int&#233;rieur d'un monde qui n'est pas encore totalement dig&#233;r&#233; par la civilisation occidentale. &#187; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui pousse un Marseillais &#224; se lancer dans pareille exp&#233;dition ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un Marseillais n'est pas d&#233;pays&#233; dans le Sud de l'Italie, d'o&#249; viennent d'ailleurs beaucoup de nos compatriotes. J'ai commenc&#233; &#224; fr&#233;quenter ce territoire &#224; la fin des ann&#233;es 1980, pour des raisons qui n'avaient initialement rien &#224; voir avec la musique. J'y ai vu na&#238;tre et se d&#233;velopper un mouvement de r&#233;appropriation des musiques et danses traditionnelles de la part des jeunes, et je me suis retrouv&#233; &#224; partager beaucoup de moments forts avec eux. Des d&#233;bats, parfois virulents, ont ensuite commenc&#233; &#224; prendre de l'ampleur sur la tradition, l'innovation&#8230; Puis la r&#233;cup&#233;ration des f&#234;tes &#224; travers les festivals a provoqu&#233; des pol&#233;miques, etc. Arriv&#233; &#224; un certain point, quelques amis &lt;i&gt;meridionali&lt;/i&gt; m'ont incit&#233; &#224; &#233;crire l&#224;-dessus, vu que je connaissais un peu la question et sa complexit&#233; tout en b&#233;n&#233;ficiant d'un certain recul. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le rituel d&#233;ambulatoire de la &lt;i&gt;tarantata&lt;/i&gt; a-t-il une relation avec l'esprit du carnaval ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est ce que j'affirme, en effet. C'est l'expression, &lt;i&gt;carnavaletto delle donne&lt;/i&gt;, qui m'a mis la puce &#224; l'oreille. Il y a souvent plus de v&#233;rit&#233; dans le parler commun que dans les termes savants&#8230; Il y a tellement d'&#233;l&#233;ments que l'on retrouve dans les deux : la musique, qui est pratiquement la m&#234;me, le travestissement rituel, par mim&#232;sis dans un cas, par le jeu du masque dans l'autre, et tout cela en d&#233;ambulant... Sauf que dans le carnaval, cette sortie du moi s'op&#232;re comme une transe de basse intensit&#233;, tandis qu'elle &#233;tait beaucoup plus violente dans le rituel de la &lt;i&gt;tarantata&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Toi qui as vibr&#233; avec le rock'n'roll, on ne t'imagine pas aussi amer qu'Adorno&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Theodor Adorno, mort en 1969, &#233;tait un philosophe allemand &#8211; l'un des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&#8230; Pourquoi refuses-tu de parler de musique
ou de culture &#171; populaires &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'adjectif &#8220; populaire &#8221; offre une facilit&#233; s&#233;mantique que je me refuse. Le peuple, c'est les 99 % chers aux Indign&#233;s... Un gloubi-boulga qui n'a aucune consistance sociale. Je parle dans ce livre d'une musique de paysans pauvres. Quel que soit leur statut, ouvriers agricoles, m&#233;tayers, et m&#234;me petits propri&#233;taires, ces gens sont exploit&#233;s depuis toujours et sous toutes les formes. Leur musique en porte la marque. De plus c'est une musique non &#233;crite, dont une bonne partie &#233;chappe &#224; l'harmonie tonale. Je pr&#233;f&#232;re donc parler de musique de tradition orale &#8211; ce qui m'oblige &#224; restaurer le sens du mot tradition, passablement galvaud&#233;, surtout en France ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re fois o&#249; j'ai entendu une &lt;i&gt;pizzica&lt;/i&gt;, j'ai ressenti une &#233;nergie aussi forte que dans le rock'n'roll, quoique d'une nature assez diff&#233;rente. Une fois on a &#233;t&#233; invit&#233;, avec deux copains ritals, &#224; une soir&#233;e Sud Side, dans les quartiers Nord. Tu sais que l&#224;-bas, c'est rock'n'roll&#8230; Bref, on a jou&#233; une &lt;i&gt;pizzica&lt;/i&gt;, il y avait deux &lt;i&gt;tamburelli&lt;/i&gt; et l'&lt;i&gt;organetto&lt;/i&gt;, un qui chantait, tous ces bikers ont ador&#233;, il y en a un qui m'a dit : &#171; &lt;i&gt;Mais c'est aussi puissant que le rock'n roll !&lt;/i&gt; &#187; Normal, le rythme est trop mortel !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon approche de la musique est aux antipodes de celle d'Adorno. Son horizon &#233;tait clairement celui de la culture bourgeoise, tout marxiste qu'il ait &#233;t&#233;. Il &#233;tait d'ailleurs lui-m&#234;me pianiste &#224; ses heures et avait une connaissance tr&#232;s fine de la musique classique. Mais comme beaucoup d'intellectuels, il ne ressentait pas l'intensit&#233; des musiques qui font bouger le corps... Exil&#233; aux USA, il a d&#233;couvert les grands orchestres de jazz swing qui faisaient danser les foules. Il a trouv&#233; &#231;a vulgaire et a parl&#233; &#224; ce propos d'&#233;coute r&#233;gressive. Pour lui, il n'y a de v&#233;ritable &#233;coute que celle de l'individu immobile et attentif... J'y ai fait une allusion perfide, &#224; propos des &lt;i&gt;tarantolate&lt;/i&gt; d&#233;cha&#238;n&#233;es qui demeuraient tr&#232;s sensibles aux fautes d'ex&#233;cution, disant qu'elles &#233;taient loin de toute forme d'&#233;coute r&#233;gressive... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En contrepoint du prol&#233;taire d&#233;racin&#233;, tu soulignes la puissance subversive de l'enracinement dans un territoire, qu'il soit portuaire, paysan, indig&#232;ne&#8230; Es-tu devenu nostalgique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1946 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L283xH400/-237-e6fa7.jpg?1782649772' width='283' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je n'ai pas l'impression d'&#234;tre si loin que &#231;a du prol&#233;taire d&#233;racin&#233; que tu &#233;voques... Les immigr&#233;s du Mezzogiorno&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le terme Mezzogiorno d&#233;signe l'ensemble des r&#233;gions p&#233;ninsulaires et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, par exemple... L&#224;-bas, j'en ai connu plein, revenus d&#233;finitivement ou juste pour les vacances. Ils te racontaient l'Europe, l'Allemagne, la Belgique, la France, la Suisse... Et ils te le racontaient dans le dialecte de leur village.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, bien avant, j'avais appris une chose aux c&#244;t&#233;s des sid&#233;rurgistes des Ardennes en 1982, des mineurs du Yorkshire en 1984, et d'autres encore qui se battaient contre la fermeture de l'usine qui les faisait bosser : ces gens d&#233;fendaient bien plus qu'un emploi, ils d&#233;fendaient la possibilit&#233; d'habiter un territoire. La mine, le haut-fourneau, c'&#233;taient des lieux d'exploitation et ils ne nous avaient pas attendus pour le savoir, mais c'&#233;tait aussi, contradictoirement, &#224; partir de l&#224; qu'ils avaient construit des liens de solidarit&#233; et d'amiti&#233; irrempla&#231;ables. Ces ouvriers qui vivaient dans des villages &#233;taient enracin&#233;s, encore tr&#232;s proches de la campagne, et ils savaient que tout &#231;a allait se terminer, brutalement, et qu'ils n'auraient plus d'autre choix que de se laisser aspirer par les flux de la m&#233;tropole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois dans l'histoire, toute l'humanit&#233; se retrouve contenue dans un seul monde. C'est le r&#232;gne de la tomate hollandaise : hors-sol et hors-champ. Alors nous en sommes &#224; nous bricoler des appartenances, et pour cela nous pouvons nous appuyer sur les &#233;l&#233;ments &#233;pars de mondes qui ont surnag&#233;. Un peu comme un naufrag&#233; se construit un radeau en assemblant des morceaux de bois flottant... Ce n'est donc pas surprenant de voir surgir depuis quelque temps une dimension territoriale dans les luttes. Et je pense pas seulement &#224; la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, ou &#224; nos camarades istme&#241;os du sud du Mexique d&#233;fendant leurs palmeraies et leurs lagunes contre l'industrie &#233;olienne. S'approprier un territoire est la condition pour que du commun surgisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nostalgie du pass&#233; est le point d'appui d'une critique r&#233;volutionnaire du pr&#233;sent. Rien n'a &#233;t&#233; plus nocif que la croyance na&#239;ve au progr&#232;s dans le mouvement r&#233;volutionnaire &#8211; c'est d'ailleurs ce que je critique chez De Martino&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Intellectuel proche du PCI, De Martino a observ&#233;, &#224; la fin des ann&#233;es 1950, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Tu as remarqu&#233; que je cite Walter Benjamin dans le dernier chapitre, &#8220; Magie noire &#8221;. C'est le premier mat&#233;rialiste historique &#224; rompre avec l'id&#233;ologie du progr&#232;s, avec cette conception lin&#233;aire et cumulative de l'histoire. Benjamin a eu le courage d'aller &#224; contre-courant de cette doxa &#8211; sa fin tragique illustre &#224; quel point la catastrophe &#233;tait effectivement l&#224;, l'intuition proph&#233;tique qu'il avait eue et qui devait se confirmer si lourdement avec Auschwitz et Hiroshima ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aujourd'hui, le temps cyclique des paysans
et des primitifs se r&#233;v&#232;le moins fataliste
que l'id&#233;ologie du progr&#232;s&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La t&#233;l&#233;ologie du Progr&#232;s se veut autrement plus fatale... C'est bien connu, on n'arr&#234;te pas le progr&#232;s ! Le temps de la modernit&#233; est tendu, mais il n'est pas tendu vers une fin, vers un av&#232;nement dans lequel il trouverait sa v&#233;rit&#233;. Ce n'est pas un temps messianique. C'est un temps fa&#231;onn&#233; par l'accumulation et la reproduction du capital. Or la conception du temps se trouve au c&#339;ur du conflit. Quand des paysans d&#233;fendent leur territoire, comme ceux que j'ai film&#233;s dans l'isthme de Tehuantepec, au Mexique&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Istme&#241;o, le vent de la r&#233;volte, Tita Prod 2015.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;, ils opposent ce faisant une autre conception du temps &#224; celle des investisseurs et des politiciens, c'est ce que j'ai essay&#233; de restituer. Un temps rempli, non quantifiable. Un indig&#232;ne disait, lors d'une assembl&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Pour ces politiciens, l'&#233;ch&#233;ance c'est les prochaines &#233;lections. Pour nous, c'est la prochaine g&#233;n&#233;ration.&lt;/i&gt; &#187; Sans parler des investisseurs pour qui l'&#233;ch&#233;ance est encore plus courte &#8211; la prochaine AG des actionnaires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il faut fonder le concept de progr&#232;s sur l'id&#233;e de catastrophe. Que les choses continuent &#224; &#8220; aller ainsi &#8221;, voil&#224; la catastrophe&lt;/i&gt; &#187;, disait Benjamin. Le progr&#232;s a remplac&#233; la c&#233;l&#233;bration des cycles de la nature. Aujourd'hui, c'est l'innovation incessante, le renouvellement acc&#233;l&#233;r&#233; des produits que l'on c&#233;l&#232;bre comme le naturel : &#8220; Ma ville acc&#233;l&#232;re &#8221;... C'est fort, chez Benjamin, cette aptitude &#224; se situer &#224; l'intersection de la religiosit&#233; et de la politique. Exactement comme les paysans r&#233;volt&#233;s du Mezzogiorno. Il r&#233;introduit la dimension messianique, occult&#233;e par des d&#233;cennies de &#8220; socialisme scientifique &#8221;. Apr&#232;s-guerre, le Mezzogiorno a connu un temps messianique, pendant une dizaine d'ann&#233;es &#8211; p&#233;riode ouverte par l'insurrection dans&#233;e de la reppublica de Caulonia, en 1945. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La m&#233;moire orale, contre-feu des perdants
et des oubli&#233;s, est-elle encore une forme
de r&#233;sistance active &#224; l'histoire officielle
et aux romans nationaux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En cette fin d'&#233;poque, le plus archa&#239;que se r&#233;v&#232;le parfois le plus moderne... Le fait d'&#234;tre marginalis&#233;es a fait que dans ces r&#233;gions du monde des langages se sont conserv&#233;s, qui offrent autant de points d'appui pour une d&#233;colonisation de la vie.
Il n'y a de m&#233;moire que des vaincus. Les vainqueurs eux &#233;crivent l'Histoire. Et dans le sud de l'Italie, cette m&#233;moire est essentiellement orale &#8211; depuis les chants de &lt;i&gt;brigandsa&lt;/i&gt; et d'&#233;migrants du XIXe si&#232;cle jusqu'aux chansons de 'E Zezi &#224; la fin du XXe, il y a tout un corpus de paroles qui porte cette m&#233;moire dans le Mezzogiorno. Mais elle reste marginale, dans un monde o&#249; l'&#233;crit et plus encore l'image &#233;crasent tout. La narration qui se construit &#224; travers tous ces chants va aussi &#224; l'encontre du roman national &#8211; c'est ce que j'ai voulu signifier en consacrant un chapitre entier &#224; la conqu&#234;te du royaume de Naples en 1860. Et ce n'est pas non plus hasardeux que tant de jeunes m&#233;ridionaux se soient passionn&#233;s pour leur tradition musicale au moment m&#234;me o&#249; se d&#233;veloppait dans le nord de l'Italie le racisme anti-m&#233;ridional de la Lega&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soit la Ligue du Nord pour l'ind&#233;pendance de la Padanie, parti r&#233;gionaliste (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;moire active, la rem&#233;moration, la &lt;i&gt;mn&#233;mosum&#233;&lt;/i&gt; dont parle Benjamin, c'est ce souffle que j'ai senti passer dans le chant tragique des &lt;i&gt;cantastorie&lt;/i&gt;. La rem&#233;moration de toutes les victimes, c'est ce qui se passait quand Matteo Salvatore chantait&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mort en 2005, Matteo Salvatore &#233;tait un grand chanteur de la tradition (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &#8220; &lt;i&gt;Rassembler ce qui a &#233;t&#233; bris&#233;&lt;/i&gt; &#8221;, disait Walter Benjamin. De son c&#244;t&#233;, Matteo Salvatore demandait dans une de ces chansons les plus poignantes : &#8220; &lt;i&gt;Oh&#8230; chi lu vaia a racunt'a ?...&lt;/i&gt; &#8221; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'exode rural n'est pas que le fruit de la mis&#232;re, mais aussi d'un d&#233;sir de libert&#233; individuelle, afin de desserrer des liens jug&#233;s parfois contraignants. On l'a vu avec l'exil volontaire de jeunes zapatistes aux USA&#8230; T'en dis quoi ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Mezzogiorno est un pays qui se vide de sa jeunesse &#8211; on en retrouve certains &#224; Marseille&#8230; Ce n'est plus une immigration de la faim comme jadis, mais l'envie de fuir un quotidien o&#249; tout est compliqu&#233; : le boulot, le ch&#244;mage, le logement, l'acc&#232;s aux soins m&#233;dicaux. Il faut glisser des enveloppes pour obtenir ce &#224; quoi on a droit l&#233;galement... L'agriculture paysanne a &#233;t&#233; sinistr&#233;e, les industries implant&#233;es dans les ann&#233;es 1970 licencient. Et en plus, les salaires sont bien inf&#233;rieurs au reste de l'Italie... Du coup les jeunes restent longtemps dans leur famille, &#231;a peut &#234;tre pesant &#224; la longue... Et puis les lumi&#232;res de Babylone attirent, fatalement...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu fais allusion au travail de notre amie Alejandra, qui a suivi de jeunes indig&#232;nes zapatistes dans leur communaut&#233;, au Chiapas, et ensuite aux USA o&#249; certains avaient &#233;migr&#233;&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alejandra Aquino Moreschi, Des luttes indiennes au r&#234;ve am&#233;ricain, Presses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;. Pour ces jeunes, ce n'&#233;tait pas &#233;vident de vivre constamment sous la pression des paramilitaires, de l'arm&#233;e, qui implique une discipline de tous les jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la vie dans les &lt;i&gt;pueblos&lt;/i&gt; zapatistes est quand m&#234;me aust&#232;re... On comprend que certains aient eu envie de partir voir le monde, d'en faire leur propre exp&#233;rience &#8211; beaucoup sont revenus, d'ailleurs. En outre, il n'est pas dit qu'ils perdent tout lien communautaire en &#233;migrant. &#192; East Los Angeles, tu as des quartiers entiers o&#249; les habitants parlent les idiomes indig&#232;nes du Mexique, o&#249; ils c&#233;l&#232;brent les m&#234;mes f&#234;tes, o&#249; ils manifestent pour les 43 d'Ayotzinapa&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans la nuit du 26 au 27 septembre 2014, 43 &#233;l&#232;ves de l'&#233;cole normale (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt; et envoient du fric aux communaut&#233;s frapp&#233;es par le &lt;i&gt;terremoto&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 19 septembre, un tremblement de terre de magnitude 7,1 a frapp&#233; Mexico et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La conclusion de ton &lt;i&gt;Histoire universelle de Marseille&lt;/i&gt; n'&#233;tait gu&#232;re optimiste&#8230; &lt;i&gt;Tarantella ! &lt;/i&gt; laisse quelques portes ouvertes. Les contr&#233;es lointaines te rendent plus joyeux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1947 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH703/-238-08547.jpg?1782649772' width='400' height='703' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'avais fini d'&#233;crire &lt;i&gt;l'Histoire universelle de Marseille&lt;/i&gt; en 2006, alors que le programme de requalification urbaine Eurom&#233;diterran&#233;e commen&#231;ait. J'annon&#231;ais donc ce qui advenait, mais je ne pensais quand m&#234;me pas qu'on allait &#234;tre puni &#224; ce point ! Du coup, r&#233;trospectivement, je trouve que j'&#233;tais en de&#231;&#224; de la catastrophe. Il n' y a qu'&#224; faire un tour au Panier ou &#224; la Joliette pour en prendre la mesure. J'ai &#233;crit l'oraison fun&#232;bre de ma ville, en tout cas du Marseille portuaire o&#249; j'ai grandi. Quand &#224; &lt;i&gt;Tarantella !&lt;/i&gt;, il se conclut en &#233;voquant la catastrophe &#233;cologique qui frappe le Mezzogiorno, de Taranto &#224; Napoli : je vois vraiment rien d'optimiste, l&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le reste, &#224; Marseille comme dans le Mezzogiorno profond, des gens tentent de se construire un territoire, d'ouvrir une &#233;claircie dans l'opacit&#233; du monde. Pas &#233;tonnant que tant d'interpr&#232;tes de la tradition musicale du Mezzogiorno soient venus ici, dans le quartier marseillais de La Plaine, et s'y soient sentis comme chez eux. Nul ne nous enl&#232;vera les intensit&#233;s que nous avons v&#233;cues avec eux. La &lt;i&gt;tarantella&lt;/i&gt; peut &#234;tre un bon levier pour renverser le r&#232;gne de la tomate hollandaise. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Histoire universelle de Marseille de l'an mil &#224; l'an 2000&lt;/i&gt;, Agone, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Tarantella ! &#8211; Possession et d&#233;possession dans l'ex-royaume de Naples&lt;/i&gt;, L'&#339;il d'or, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Theodor Adorno, mort en 1969, &#233;tait un philosophe allemand &#8211; l'un des principaux repr&#233;sentants de l'&#201;cole de Francfort. Il &#233;tait aussi musicien et musicologue, domaines dans lesquels il lui a souvent &#233;t&#233; reproch&#233; un certain &#233;litisme culturel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le terme Mezzogiorno d&#233;signe l'ensemble des r&#233;gions p&#233;ninsulaires et insulaires du sud de l'Italie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Intellectuel proche du PCI, De Martino a observ&#233;, &#224; la fin des ann&#233;es 1950, les derniers rituels publics de la Tarantolata, qu'il voyait comme un vestige archa&#239;que que le progr&#232;s social allait effacer.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Istme&#241;o, le vent de la r&#233;volte&lt;/i&gt;, Tita Prod 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Soit la Ligue du Nord pour l'ind&#233;pendance de la Padanie, parti r&#233;gionaliste et x&#233;nophobe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mort en 2005, Matteo Salvatore &#233;tait un grand chanteur de la tradition musicale du Mezzogiorno.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Alejandra Aquino Moreschi, &lt;i&gt;Des luttes indiennes au r&#234;ve am&#233;ricain&lt;/i&gt;, Presses Universitaires de Rennes, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans la nuit du 26 au 27 septembre 2014, 43 &#233;l&#232;ves de l'&#233;cole normale d'Ayotzinapa ont disparu &#8211; leurs corps n'ont jamais &#233;t&#233; retrouv&#233;s. Voir &#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Mexique-Barbare-vraiment&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt; Mexique barbare, vraiment ?&lt;/a&gt; &#187;, article paru dans le n&#176;158 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 19 septembre, un tremblement de terre de magnitude 7,1 a frapp&#233; Mexico et ses environs, faisant plus de 300 morts.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Molard sur le Fnaeg</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


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&lt;p&gt;AL&#200;S (GARD), vendredi 5 mars. Benjamin Deceuninck &#233;tait convoqu&#233; en appel devant le tribunal pour &#171; d&#233;lit continu &#187; suite &#224; son refus de pr&#233;l&#232;vement ADN. Quatre ans ont pass&#233; depuis ce mois de juin 2006 o&#249; ce faucheur de champs de betteraves transg&#233;niques n'avait pas r&#233;pondu aux injonctions de la loi le contraignant &#224; d&#233;livrer quelques gouttes de salive. Cela en vue de l'int&#233;grer au Fichier national automatis&#233; des empreintes g&#233;n&#233;tiques (Fnaeg), initialement destin&#233; aux d&#233;lits d'ordre sexuel. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no76-mars-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;76 (mars 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Billets" rel="tag"&gt;Billets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mars" rel="tag"&gt;mars&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/delit-continu" rel="tag"&gt;d&#233;lit continu&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AL&#200;S (GARD)&lt;/strong&gt;, vendredi 5 mars. Benjamin Deceuninck &#233;tait convoqu&#233; en appel devant le tribunal pour &#171; d&#233;lit continu &#187; suite &#224; son refus de pr&#233;l&#232;vement ADN. Quatre ans ont pass&#233; depuis ce mois de juin 2006 o&#249; ce faucheur de champs de betteraves transg&#233;niques n'avait pas r&#233;pondu aux injonctions de la loi le contraignant &#224; d&#233;livrer quelques gouttes de salive. Cela en vue de l'int&#233;grer au Fichier national automatis&#233; des empreintes g&#233;n&#233;tiques (Fnaeg), initialement destin&#233; aux d&#233;lits d'ordre sexuel. Stupeur dans la salle donc, en ce vendredi, pour le &#171; d&#233;linquant &#187; et la soixantaine de personnes venues le soutenir, lorsque, le proc&#232;s venant &#224; peine de commencer, le procureur prend la parole pour demander la relaxe. S'appuyant sur l'article R53-21 du Code de proc&#233;dure p&#233;nale et l'arr&#234;t de la chambre criminelle de la Cour de cassation du 10 juin 2009, le magistrat rel&#232;ve que plus d'un an s'est &#233;coul&#233; depuis octobre 2006, lorsque Benjamin avait &#233;t&#233; condamn&#233;, en premi&#232;re instance, &#224; 500 euros d'amende. Une d&#233;cision contre laquelle il avait fait appel. Le d&#233;lit n'est donc plus constitu&#233;. La convocation et la garde &#224; vue subies par Benjamin dans la gendarmerie d'Al&#232;s, en f&#233;vrier 2010, &#233;taient de fait ill&#233;gales. &lt;i&gt;&#171; Voil&#224; qui devrait mettre fin &#224; ces menaces de &#8220;d&#233;lit continu&#8221; qui inqui&#232;tent tant tous ceux qui refusent le pr&#233;l&#232;vement ADN et qui souvent finissent par c&#233;der&lt;/i&gt;, explique l'ex-pr&#233;venu &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Cette d&#233;cision va &#233;videmment faire jurisprudence. D'autant que l'on peut &#234;tre quasiment s&#251;rs que le parquet ne fera pas appel puisqu'elle &#233;mane du procureur. &#187;&lt;/i&gt; Lequel n'a pas gaspill&#233; sa salive dans l'affaire : d&#233;sormais, plus question de cracher n'importe quand, c'est d&#233;j&#224; &#231;a !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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