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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Quand l'art fait rempart</title>
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		<dc:creator>Diletta Moscatelli</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Baptiste Alchourroun</dc:subject>
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		<dc:subject>Metropoliz</dc:subject>
		<dc:subject>visiteurs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a des usines de charcuterie qui connaissent un bien &#233;trange destin. Celle de la fabrique Fiorucci, situ&#233;e en banlieue Est de Rome et &#224; l'abandon depuis vingt ans, a &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233;e en 2009 par un groupe de 200 migrants, pr&#233;caires et sans-abri. Puis au fil des ans, ce squat d'habitation, le Metropoliz, s'est transform&#233; en gigantesque &#339;uvre d'art collective et en mus&#233;e autog&#233;r&#233;. Visite guid&#233;e. Rome, juillet 2016. Cela fait deux mois que je suis h&#233;berg&#233;e au Metropoliz. Ce soir, il fait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/visiteurs" rel="tag"&gt;visiteurs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a des usines de charcuterie qui connaissent un bien &#233;trange destin. Celle de la fabrique Fiorucci, situ&#233;e en banlieue Est de Rome et &#224; l'abandon depuis vingt ans, a &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233;e en 2009 par un groupe de 200 migrants, pr&#233;caires et sans-abri. Puis au fil des ans, ce squat d'habitation, le Metropoliz, s'est transform&#233; en gigantesque &#339;uvre d'art collective et en mus&#233;e autog&#233;r&#233;. Visite guid&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3215 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH436/-1432-e6655.jpg?1782679603' width='400' height='436' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Baptiste Alchourroun
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;R&lt;/span&gt;ome, juillet 2016. Cela fait deux mois que je suis h&#233;berg&#233;e au Metropoliz. Ce soir, il fait tr&#232;s chaud. Tellement que beaucoup des 200 habitants restent dans la cour de l'ancienne usine, en qu&#234;te d'un peu de fra&#238;cheur. Pour la premi&#232;re fois, j'ose sortir mon enregistreur &#8211; quelque chose m'en avait emp&#234;ch&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent. Les habitants y sont pourtant habitu&#233;s : les visiteurs sont nombreux, qui passent, posent des questions, prennent des photos et tournent des vid&#233;os.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq enfants roms s'assoient &#224; c&#244;t&#233; de moi, sur une marche en b&#233;ton contre le mur de l'usine, un peu &#224; l'&#233;cart du va-et-vient d'adultes parlant en rouman&#236;. Ils ont accept&#233; d'&#234;tre interview&#233;s collectivement. Sans doute parce que je les connais bien : je ne cesse de les croiser dans la cour. Mais c'est la premi&#232;re fois que je les sens intimid&#233;s. Ils ont d'ordinaire le contact tr&#232;s facile, y compris avec les adultes, mais voil&#224; qu'ils n'osent plus dire un mot. L'enregistreur fait barri&#232;re. Et je me sens g&#234;n&#233;e de le leur imposer, comme si je profitais de l'intimit&#233; qui s'est cr&#233;&#233;e entre nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je les questionne quand m&#234;me &#8211; je tiens beaucoup &#224; recueillir leur sentiment sur cette initiative hors-norme qu'est le Museo dell'Altro e dell'Altrove di Metropoliz (en un acronyme, le MAAM). Qu'est-ce que les habitants en pensent ? Aimeraient-ils que les horaires de visite ne soient pas seulement limit&#233;s au samedi ? Les visiteurs empi&#232;tent-ils parfois sur leurs espaces de vie ? Le plus &#224; l'aise des enfants me r&#233;pond au nom des autres. M'explique qu'ils ne se sentent pas trop concern&#233;s par le mus&#233;e, mais que les visiteurs ne les d&#233;rangent pas. Et que non, ils n'ont jamais pens&#233; &#224; devenir guide ou artiste. C'est vrai, j'avais oubli&#233; : ils seront tous footballeurs. En attendant, ils se disent bien ici &#8211; il ne manque qu'une grande piscine et une salle de jeux vid&#233;o pour que ce soit parfait. Et ils l'assurent : le mus&#233;e est tr&#232;s important pour les habitants, parce qu'il leur permet de &#171; &lt;i&gt;rester dans leurs logements&lt;/i&gt; &#187;. S'ils n'ont pas &#233;t&#233; expuls&#233;s, c'est &#171; &lt;i&gt;gr&#226;ce aux dessins&lt;/i&gt; &#187;. Et &#224; tous ces visiteurs &#171; &lt;i&gt;qui viennent les voir&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Entr&#233;es &#224; prix libre&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais avant de parler de &#171; dessins &#187;, il faut en dire plus sur ce lieu &#224; part. Son histoire a d&#233;but&#233; en 2009, quand un groupe de 200 migrants, pr&#233;caires et sans-abri, soutenus par le mouvement des Blocchi Precari Metropolitani, a d&#233;cid&#233; d'occuper une ancienne usine de charcuterie d&#233;saffect&#233;e depuis plus de vingt ans, dans la banlieue est de Rome. L'ex-fabrique Fiorucci, sur la rue Prenestina, la route principale du quartier Tor Sapienza, avait &#233;t&#233; rep&#233;r&#233;e depuis un moment : elle ferait un lieu id&#233;al o&#249; habiter le monde. Notamment &#224; cause de sa taille : l'ancienne usine s'&#233;tend sur 15 000 m&#232;tres carr&#233;s. Elle est constitu&#233;e de plusieurs structures, qui remplissaient diverses fonctions (enclos &#224; cochons, abattoirs, cellules r&#233;frig&#233;rantes, labo de production, stockage). Et est entour&#233;e d'un large mur d'enceinte, interrompu en son c&#244;t&#233; sud par le portail vert de l'entr&#233;e principale. Sur ce dernier, plein de bo&#238;tes aux lettres aux noms des habitants, t&#233;moignant de leurs origines tr&#232;s diverses &#8211; Italie, Roumanie, P&#233;rou, Maroc, &#201;rythr&#233;e, &#201;thiopie, Saint-Domingue, Soudan...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tr&#232;s grande majorit&#233; d'entre eux r&#233;side ici depuis le d&#233;but &#8211; il n'y a pas eu d'arrivants en huit ans, sinon des nouveau-n&#233;s et des membres de familles d&#233;j&#224; install&#233;es rejoignant leurs proches. Tous logent dans de petites maisonnettes de bric et de broc, certaines construites autour de la structure principale, d'autres &#224; l'int&#233;rieur. Les conditions de vie n'y sont pas toujours faciles. La chaleur, l'&#233;t&#233;. L'humidit&#233;, l'hiver. L'absence de chauffage. Une &#233;lectricit&#233; parfois d&#233;faillante. Et la d&#233;brouille, toujours. De nombreux occupants ont un petit boulot &#8211; ils font des m&#233;nages, gardent des enfants, vendent des bricoles &#8211; mais personne ne roule sur l'or. Quant aux Roms, beaucoup passent leur journ&#233;e &#224; r&#233;colter de la ferraille pour la revendre. Le samedi, une dizaine d'habitants s'occupent du mus&#233;e, pour son ouverture hebdomadaire au public. Ils se chargent du m&#233;nage, des cuisines, de l'accueil des visiteurs. Pour r&#233;tribution, ils se partagent les euros r&#233;colt&#233;s &#224; l'entr&#233;e (&#224; prix libre) et &#224; la cantine &#8211; voil&#224; le seul argent g&#233;n&#233;r&#233; par le MAAM.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#338;uvre d'art collective&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de ce mus&#233;e &#224; part s'est progressivement impos&#233;e au fil des ans. Le m&#233;rite en revient notamment &#224; un documentaire, &lt;i&gt;Space Metropoliz&lt;/i&gt;, r&#233;alis&#233; en 2011 et 2012 par Giorgio de Finis et Fabrizio Boni. Dans le cadre du tournage, nombre d'artistes sont venus contribuer gratuitement &#224; la valorisation esth&#233;tique du lieu, en cr&#233;ant des &#339;uvres sur les murs de l'usine. La participation a &#233;t&#233; telle que les r&#233;alisateurs ont ensuite d&#233;cid&#233;, avec l'accord des habitants, d'en faire un mus&#233;e ouvert au public. Le MAAM, donc. Pas un mus&#233;e au rabais, hein : sa collection affiche la bagatelle de 500 &#339;uvres. Et elle constitue une v&#233;ritable barricade artistique. D'autant que certaines cr&#233;ations sont le fait d'artistes b&#233;n&#233;ficiant d'une reconnaissance certaine &#8211; y compris financi&#232;re &#8211; sur le march&#233; de l'art. C'est l&#224; l'un des int&#233;ressants courts-circuits dont joue le MAAM : il se sert de la sp&#233;culation artistique pour mettre en &#233;chec la sp&#233;culation immobili&#232;re. Une tactique &#224; laquelle a eu aussi recours, entre autres, le centre social occup&#233; XM24 &#224; Bologne, menac&#233; d'expulsion et recouvert d'une magnifique &#339;uvre du street-artiste Blu en 2013 &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Las, la protection n'a eu qu'un temps. En mars 2016, Blu a d&#233;cid&#233; d'effacer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Renversement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancienne usine est ainsi devenue &#339;uvre d'art collective, part vivante du patrimoine public. Ce qui complique la t&#226;che de qui voudrait expulser les habitants. C'est pourtant l'intention du propri&#233;taire des lieux, qui souhaite raser l'ancienne usine pour b&#226;tir des r&#233;sidences modernes. Pour l'instant, il en est pour ses frais : difficile d'envoyer des pelleteuses d&#233;truire des &#339;uvres d'art. &#199;a fait mauvais effet... Difficile, mais pas impossible : la menace d'expulsion plane toujours. Et un proc&#232;s est aussi en cours contre quatre des occupants pour vol d'&#233;lectricit&#233;. Bref, rien n'est gagn&#233;. L'art fait rempart, mais ne r&#233;sout pas tous les probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Prendre position&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au MAAM, pas question d'argent. Tous les artistes pr&#233;sents s'y sont investis b&#233;n&#233;volement. Et le lieu n'a jamais b&#233;n&#233;fici&#233; de quelque financement que ce soit, priv&#233; ou public. &#171; &lt;i&gt;En r&#233;alit&#233;, chaque artiste signe avec son &#339;uvre une p&#233;tition virtuelle en faveur de Metropoliz, &lt;/i&gt;souligne Giorgio de Finis, d&#233;sormais curateur du mus&#233;e. &lt;i&gt;Il prend ainsi position contre la pr&#233;carit&#233; de la vie, pour le droit au logement, la libert&#233; de mouvement, la beaut&#233;, l'art et la culture pour tou.te.s.&lt;/i&gt; &#187; En clair, l'art se retrouve v&#233;ritablement inscrit dans la r&#233;alit&#233;. Ainsi que dans ses dommages &#233;ventuels : pas question de prot&#233;ger les &#339;uvres. Les artistes acceptent de fait qu'elles puissent &#234;tre endommag&#233;es. Ab&#238;m&#233;es par le jet de ballon d'un enfant, d&#233;color&#233;es par le soleil ou encore d&#233;t&#233;rior&#233;es par une fuite d'eau impr&#233;vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste une question. Si les artistes expos&#233;s acceptent que leur travail soit mis au service d'une grande &#339;uvre collective, et s'ils le font b&#233;n&#233;volement, certains tirent quand m&#234;me profit de la visibilit&#233; d&#233;sormais assur&#233;e par le MAAM. En filigrane, une interrogation pointe : l'art se met-il r&#233;ellement au service de ce b&#226;timent occup&#233; et de ses habitants ? N'existe-t-il pas un risque que ce soit l'inverse &#8211; le c&#244;t&#233; urbain du squat, avec ses occupants pauvres et marginalis&#233;s, servant d'&#233;crin &#171; exotique &#187; aux &#339;uvres d'art ? Le doute existe. Mais ce qui est s&#251;r, c'est qu'au MAAM se rencontrent, se croisent et souvent s'&#233;crasent nombre des contradictions de notre r&#233;alit&#233; contemporaine. Le centre et la p&#233;riph&#233;rie. Le &#171; haut &#187; de l'art et le &#171; bas &#187; des bidonvilles. La richesse et la pauvret&#233;. Une coexistence des extr&#234;mes en mouvement constant. Mais avec toujours cette id&#233;e de mettre l'art au service des luttes, de le pousser &#224; prendre position. C'est d&#233;j&#224; beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Diletta Moscatelli&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Las, la protection n'a eu qu'un temps. En mars 2016, Blu a d&#233;cid&#233; d'effacer toute trace de ses vingt ann&#233;es d'interventions &#224; Bologne, recouvrant ses &#339;uvres (et il y en avait beaucoup) de peinture grise. L'artiste entendait protester contre la &#171; th&#233;saurisation priv&#233;e &#187; du street-art. Quant au centre social XM24, son expulsion &#233;tait annonc&#233;e pour le 30 juin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Artistes en bourse</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>monde</dc:subject>
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		<dc:subject>vraiment faire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tandis qu'une palanqu&#233;e de milliardaires sp&#233;culent et gonflent &#224; gogo leur matelas d'oseille, certains &#233;tudiants se demandent comment concilier cr&#233;ation artistique et survie mat&#233;rielle sans pour autant vendre leur &#226;me au tout-pognon. &#171; On est en juin 2017 et je peux vous assurer que nous allons vraiment faire vivre, au niveau du march&#233; de l'art, une r&#233;volution pour rentrer dans ce nouveau monde qui a d&#233;j&#224; tu&#233; l'ancien monde. Quelque chose d'inimaginable et &#231;a va se passer ce mois-ci. Je (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vraiment-faire" rel="tag"&gt;vraiment faire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tandis qu'une palanqu&#233;e de milliardaires sp&#233;culent et gonflent &#224; gogo leur matelas d'oseille, certains &#233;tudiants se demandent comment concilier cr&#233;ation artistique et survie mat&#233;rielle sans pour autant vendre leur &#226;me au tout-pognon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3206 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;117&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L180xH259/-1423-77536.jpg?1782638783' width='180' height='259' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La couverture de &#034;L'art et l'argent&#034;, livre dirig&#233; par Jean-Pierre Cometti &amp; Nathalie Quintane (&#233;d. Amsterdam).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; On est en juin 2017 et je peux vous assurer que nous allons vraiment faire vivre, au niveau du march&#233; de l'art, une r&#233;volution pour rentrer dans ce nouveau monde qui a d&#233;j&#224; tu&#233; l'ancien monde. Quelque chose d'inimaginable et &#231;a va se passer ce mois-ci. Je pense que la plupart des gens ne vont m&#234;me pas imaginer l'ampleur de l'onde de choc. Un v&#233;ritable &lt;/i&gt;blast&lt;i&gt;. Et c'est &#231;a qui nous fait avancer. Parce que nous sommes des passionn&#233;s et en m&#234;me temps des guerriers. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le type qui joue au foireux proph&#232;te&lt;/strong&gt; sur son compte Twitter : thierry Ehrmann. Le pr&#233;nom avec une minuscule : c'est fait expr&#232;s, car Ehrmann est un artiste-plasticien et se fout des conventions. Cheveux gomin&#233;s en arri&#232;re et ton martial, le devin cherche le &lt;i&gt;buzz &lt;/i&gt;via le &#171; blast &#187; dans sa vid&#233;o ambianc&#233;e sauce Matrix. Comprenez : le fr&#233;n&#233;tique emballement chez les acheteurs. Car l'artiste est aussi homme d'affaires &#224; la t&#234;te d'Artprice, bo&#238;te sp&#233;cialis&#233;e dans la vente d'art en ligne et r&#233;f&#233;ren&#231;ant plus de 600 000 artistes. De sa soci&#233;t&#233;, il est incidemment question dans le bouquin &lt;i&gt;L'art et l'argent &lt;/i&gt;(&#201;d. Amsterdam), ouvrage collectif cornaqu&#233; par Jean-Pierre Cometti, philosophe d&#233;c&#233;d&#233; en 2016, et l'&#233;crivaine Nathalie Quintane. Si le march&#233; de l'art est n&#233; au XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle gr&#226;ce aux galeristes, il est aujourd'hui essentiellement aliment&#233; par les ventes aux ench&#232;res (Sotheby's et autres) et la vente en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Art et argent. &lt;/strong&gt;Le vieux couple honni. L'essayiste Olivier Quintyn va m&#234;me jusqu'&#224; &#233;crire dans son chapitre sur la valeur somptuaire de l'art, que la fonction de l'art contemporain &#171; &lt;i&gt;serait avant tout d'enrichir d'autres secteurs de l'&#233;conomie et d'autres marchandises par un transfert de capital symbolique qui se traduit en capitalisation directe &#187;&lt;/i&gt;. La vache ! Pas sympa pour nos grands m&#233;c&#232;nes devant l'&#233;ternel, Pierre Berg&#233; et Fran&#231;ois Pinault. Et tandis qu'une palanqu&#233;e de milliardaires sp&#233;culent et gonflent &#224; gogo leur matelas d'oseille, certains &#233;tudiants se demandent comment concilier cr&#233;ation artistique et survie mat&#233;rielle sans pour autant vendre leur &#226;me au tout-pognon. &#171; &lt;i&gt;Les directeurs veulent des &#233;tudiants &#8220;comp&#233;titifs&#8221; pour les &#8220;lancer sur le march&#233;&#8221;&lt;/i&gt;, constate un &#233;tudiant &#233;coeur&#233; d'&#234;tre transform&#233; en &lt;i&gt;parfait petit soldat du n&#233;olib&#233;ralisme, &#224; cause de l'absurdit&#233; d'un syst&#232;me public convaincu que la meilleure voie &#224; suivre pour survivre est de copier de fa&#231;on m&#233;diocre le priv&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne feignons pas de le d&#233;couvrir&lt;/strong&gt; : le capitalisme mondialis&#233; n'a rien &#233;pargn&#233; des diff&#233;rents secteurs de notre vie moderne. Une lente et pernicieuse colonisation qui r&#233;ussit m&#234;me &#224; phagocyter l'art en tant qu'expression d'une r&#233;volte. L'artiste Jovan Mrvaljevic rappelle ainsi que si l'artiste engag&#233; et ind&#233;pendant risquait auparavant la censure d'un m&#233;c&#232;ne ou le m&#233;pris d'une soci&#233;t&#233; conservatrice, le premier danger qui le guette aujourd'hui est celui de la r&#233;cup&#233;ration. Un probl&#232;me qu'il r&#233;sume en une savoureuse formule : &#171; &lt;i&gt;L'&#233;poque contemporaine tente d'institutionnaliser la r&#233;volte et de faire coexister la subversion et la subvention. &#187;&lt;/i&gt; On n'oxymord pas impun&#233;ment la main qui vous nourrit.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien Navarro&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au sommaire du n&#176;156</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Num&#233;ro sp&#233;cial &#233;t&#233; de 32 pages. En kiosque ! En une : &#034;Arts et politique&#034; d'Elzazimut. Un article sera mis en ligne, chaque semaine. Les autres articles seront archiv&#233;s sur notre site quelques mois plus tard. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de t'abonner... Proximit&#233; Au final, c'est nous qu'on l'a eu. Parachut&#233; &#171; pour la bonne cause &#187;, M&#233;lenchon a &#233;t&#233; &#233;lu haut la main d&#233;put&#233; de la 4e circo. L&#224; o&#249; CQFD turbine. L&#224; o&#249; la Belle de Mai a &#233;t&#233; estampill&#233;e &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-art" rel="tag"&gt;l'art&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L112xH150/arton1834-13489.jpg?1783472057' class='spip_logo spip_logo_right' width='112' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Num&#233;ro sp&#233;cial &#233;t&#233; de 32 pages. En kiosque !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En une : &#034;Arts et politique&#034; d'&lt;a href=&#034;http://www.elzazimut.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Elzazimut&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article sera mis en ligne, &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;chaque semaine&lt;/a&gt;. Les autres articles seront archiv&#233;s sur notre site quelques mois plus tard. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ce-qu-il-faut-debourser'&gt;t'abonner&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Proximit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au final, c'est nous qu'on l'a eu. Parachut&#233; &#171; &lt;i&gt; pour la bonne cause&lt;/i&gt; &#187;, M&#233;lenchon a &#233;t&#233; &#233;lu haut la main d&#233;put&#233; de la 4e circo. L&#224; o&#249; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; turbine. L&#224; o&#249; la Belle de Mai a &#233;t&#233; estampill&#233;e &#171; &lt;i&gt; quartier le plus paup&#233;ris&#233; de France&lt;/i&gt; &#187;. L&#224; o&#249; la fantomatique rue de la R&#233;publique sert de vitrine &#224; toutes les victoires &#224; la Pyrrhus de l'urbanisme sp&#233;culatif. L&#224; o&#249; la canaille Noailles voit pousser en son c&#339;ur la menace d'un h&#244;tel 4 &#233;toiles. L&#224; o&#249;, entre &#233;tals de primeurs et bars kabyles, pastis, rami et ramadan font excellent m&#233;nage. L&#224; o&#249; La Plaine s'amuse &#224; se mettre en commune. L&#224;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour f&#234;ter son atterrissage r&#233;ussi, le &lt;i&gt;brand new&lt;/i&gt; d&#233;put&#233; a convoqu&#233; ses militant.e.s &#224; un banquet bonne franquette sur les tables de la place Jean-Jaur&#232;s. Symbole. Ces tables, construites par des habitants oppos&#233;s &#224; un projet municipal de privatisation de l'espace public, sont l&#224; pour tout le monde. Le d&#233;put&#233; monte alors sur un banc de la plus grande table et empoigne le micro. Potins parlementaires, envol&#233;es de prof d'histoire, annonce des mobilisations nationales &#224; venir. Rien sur La Plaine. Il avait pr&#233;venu, Jean-Luc : il ne va pas passer sa mandature &#224; faire du porte-&#224;-porte, il n'est pas &#171; &lt;i&gt;un t&#233;moin de J&#233;hovah&lt;/i&gt; &#187;. Du coup, deux ou trois plainards l'invectivent du fond de la classe : &#171; &lt;i&gt;On n'a pas besoin de tribun ici, c'est un quartier en lutte !&lt;/i&gt; &#187; JLM se rembrunit : &#171; &lt;i&gt;Mais pourquoi ces gens sont si agressifs avec moi ?&lt;/i&gt; &#187; Puis sa suppl&#233;ante c&#232;de le micro &#224; un membre de l'assembl&#233;e de La Plaine. &#171; &lt;i&gt;On va faire un peu Nuit debout&lt;/i&gt; &#187;, dit-elle avec un clin d'&#339;il, sans trop savoir &#224; quel genre d'&#233;nergum&#232;ne elle a affaire. Hiss&#233; sur le banc, le gars ne s'adresse plus &#224; M&#233;lenchon par-dessus la t&#234;te de ses ouailles, mais aux ouailles elles-m&#234;mes. Il explique la bagarre en cours et ses enjeux qui d&#233;passent le quartier. Applaudissements. Curiosit&#233;. Questions. Le d&#233;put&#233;, qui s'est assis pour souffler, demande hors micro : &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce que je peux faire pour vous aider ?&lt;/i&gt; &#187; Des discussions parcourent l'assistance. O&#249; le local reprend son droit &#224; l'universalit&#233;. O&#249; l'on s'aper&#231;oit que dans l'&#233;lectorat &#171; insoumis &#187;, la sensibilit&#233; &#233;colo est sinc&#232;re, mais peut se laisser berner par le vernis &#171; vert &#187; d'une op&#233;ration de gentrification. On parle, on discute, &#231;a avance. On reste apr&#232;s le d&#233;part des &#233;lus. Beaucoup vivent ici. Certaines participent d&#233;j&#224; &#224; l'assembl&#233;e. Assembl&#233;e qui, si elle n'&#233;tait pas capable de dialoguer avec une m&#233;lenchoniste ou un bobo-&#233;colo, serait mal barr&#233;e pour gagner la bataille.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dossier : L'art vaurien&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La beaut&#233; sauvera le monde&lt;/i&gt; &#187;, promettait ce bon vieux Dosto&#239;evski&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans la bouche du Prince Mychkine, personnage principal de L'Idiot.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;L'art doit en &#234;tre un instrument&lt;/i&gt; &#187;, compl&#233;tait le comp&#232;re Boulgakov. Ah, il faisait bon r&#234;ver &#224; l'&#233;poque. OK, Fiodor go&#251;tera quelques ann&#233;es aux ge&#244;les imp&#233;riales, embastill&#233; pour ses convictions politiques. Et Boulgakov se noiera dans des oc&#233;ans de morphine, t'as vu. Mais tous deux pouvaient au moins fantasmer sur les vertus de leurs &#339;uvres. Essayez aujourd'hui de balancer que l'art sauvera le monde, vous verrez les lazzis rappliquer en impitoyables escadrons serr&#233;s. Ou alors, c'est que vous clapotez tels des vampires sous les dorures d'un minist&#232;re rue de Valois ou dans le froid d&#233;cor d'une agence de com'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Avec le temps va, tout s'en va&lt;/i&gt; &#187;, sanglotait Ferr&#233;. &#199;a, ma bonne dame, c'est ind&#233;niable. Avec le temps, le champ artistique a surtout &#233;t&#233; investi par des logiques insidieuses et mortif&#232;res. Il n'est d'ailleurs plus question d'art, mais de &#171; culture &#187; au sens large. Une appellation fourre-tout, qui permet de multiplier accommodements et r&#233;cup&#233;rations. Des grands festivals estivaux aux expos &#224; succ&#232;s, des animations socio-cul foireuses aux galeries du Marais, la force initiale du geste artistique a perdu toute l&#233;talit&#233;. Il est d&#233;sormais outil aux mains des politicards retors, des am&#233;nageurs de m&#233;tropole, des r&#233;&#233;ducateurs du peuple et des goules de salles de vente. En terre phoc&#233;enne, o&#249; le Chien rouge a sa tani&#232;re, on l'a constat&#233; avec les op&#233;rations entourant l'&#233;v&#233;nement &#171; Marseille 2013 capitale europ&#233;enne de la culture &#187;, vaste op&#233;ration d'enfumage &#224; vis&#233;e gentrificatrice. Et aussi dans les ruelles du Panier, o&#249; les graffs font maintenant office d'appeau &#224; touristes. Pour ne rien rater des &#339;uvres diss&#233;min&#233;es sur les murs de ce village Potemkine, il suffit de prendre son ticket pour le &#171; street art tour &#187; (p. II). En voiture, Simone !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de street art &#224; Perpignan. Mais une lente mus&#233;ification du centre-ville, seule solution trouv&#233;e par la municipalit&#233; pour endiguer la sinistrose &#8211; une gentrification patrimoniale, par le vide et pour les touristes. Picasso d&#233;barque et la vie s'en va (p. IV). Un comble. Dans le 93, Saint-Denis n'en est pas encore l&#224;. Mais la municipalit&#233; fait les yeux doux au 6B, immeuble aux allures de squat accueillant 200 artistes et cr&#233;atifs. D&#233;sormais branch&#233;, le lieu doit son existence &#224; un promoteur immobilier, qui se sert de son image pour refourguer des appartements aux classes moyennes (p. VI). Les marchands du temps sont partout. Ils institutionnalisent la r&#233;volte artistique, font coexister subvention et subversion, sp&#233;culent &#224; gogo sur les &#339;uvres (p. VIII). Ou jouent &#224; bon compte les &#171; agitateurs culturels &#187;, multipliant les &#233;v&#233;nements creux pour faire fr&#233;tiller la petite bourgeoisie. &#192; l'image de Jean Blaise, fournisseur exclusif des festivit&#233;s officielles &#224; Nantes, qui ripoline la ville sous une couche de culture bon teint et voit dans l'art &#171; &lt;i&gt;une ressource, comme du p&#233;trole&lt;/i&gt; &#187; (p. VI). Creuse, Jeannot, creuse &#8211; tu finiras bien par trouver ce que tu cherches...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout n'est pas perdu : il reste encore des rebelles des planches ou des toiles. Des acharn&#233;s qui dans leur coin, avec de petits moyens, pratiquent un art n'ayant pas abdiqu&#233; sa vocation premi&#232;re : agiter les m&#233;ninges, questionner l'ordre du monde. Eux se m&#233;fient comme de la peste des pouvoirs en place et des marchands de tapis. Et ne s'int&#233;ressent gu&#232;re &#224; l'art pour l'ar(t)gent, pr&#233;f&#233;rant en faire un moyen au service d'une cause &#233;mancipatrice. &#192; Rome, le squat Metropoliz h&#233;berge ainsi 200 migrants, pr&#233;caires et sans-papiers. Et 500 &#339;uvres, &#233;parpill&#233;es sur les murs et b&#226;timents pour faire rempart &#224; une &#233;ventuelle expulsion ou destruction (p. VI). &#192; Bruxelles, la joyeuse troupe de R&#233;cital Boxon, spectacle multiforme se revendiquant d'un art populaire et subversif, fait revivre les luttes qui ont agit&#233; la Belgique &#224; la fin des ann&#233;es 1990. Cette fois, il s'agit de combattre le silence, de garder une m&#233;moire. Et de transmettre les joies et les forces du &#171; &lt;i&gt;pays du refus&lt;/i&gt; &#187; (p. X). Autre objectif, encore, dans le petit village de Reilllanne, qui chaque trimestre accueille un &#171; L&#226;cher de mots &#187;. Le principe ? Simple comme chou : chacun et chacune peut occuper quelques minutes une sc&#232;ne ouverte, pour dire, chanter, clamer ce qu'il lui pla&#238;t. Un moyen de &#171; &lt;i&gt; briser ce r&#244;le assign&#233; par la soci&#233;t&#233; de pouvoir : &#234;tre spectateur des choses&lt;/i&gt; &#187; (p. XI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Benjamin P&#233;ret a justement pass&#233; toute sa vie &#224; briser ce r&#244;le assign&#233;. Ennemi de toutes les autorit&#233;s, po&#232;te intransigeant et r&#233;volutionnaire cons&#233;quent, il a travers&#233; la premi&#232;re moiti&#233; du XXe si&#232;cle comme un m&#233;t&#233;ore rebelle &#8211; toujours lumineux et sans jamais s'&#233;craser (p. IX). Un parcours auquel font &#233;cho les mots de Jean-Pierre Sim&#233;on, auteur de &lt;i&gt;La po&#233;sie sauvera le monde&lt;/i&gt;, convaincu que le langage doit &#234;tre instrument de lib&#233;ration et de subversion : &#171; &lt;i&gt;La po&#233;sie est avant tout effraction. Elle cherche &#224; plonger plus loin que les effets de surface&lt;/i&gt; &#187; (p. XII).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ! Plonger plus loin pour reconqu&#233;rir l'art. Refuser les logiques marchandes et institutionnelles. Et se faire d&#233;tonateur plut&#244;t qu'am&#233;nageur. Histoire de faire mentir le pontifieur Godard, qui assurait en 1989, au micro de France Culture, que &#171; &lt;i&gt;l'art se retire parce que les hommes n'ont plus besoin de lui&lt;/i&gt; &#187;. Non, gros, t'as tout faux. L'art se retire parce qu'il est vassalis&#233;, priv&#233; de son essence premi&#232;re, bouff&#233; aux entournures. Mais on a toujours autant besoin de lui.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1878 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH354/-174-6235a.jpg?1782641349' width='400' height='354' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Bertoyas.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Enqu&#234;tes et reportages d'ici et d'ailleurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Migrants de La Chapelle : Paris dans sa bulle &gt;&lt;/strong&gt; C'&#233;tait en novembre 2016, porte de La Chapelle : la municipalit&#233; parisienne ouvrait un Centre d'accueil pour migrants de 400 lits. Las, cette vaste structure gonflable jaune et blanche est bien trop petite. Et les migrants n'ont d'autre choix que d'attendre encore et encore une &#233;ventuelle place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mouvement social guyanais : Les oubli&#233;s du fleuve &gt;&lt;/strong&gt; L'enclavement du sud de la Guyane (quinze jours sans Internet) a emp&#234;ch&#233; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; d'inclure &#224; son dossier &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no155&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dom-Tom du mois de juin&lt;/a&gt; le point de vue de Thibaut Lemi&#232;re. Cet instituteur syndiqu&#233; &#224; Sud-&#201;ducation a particip&#233; &#224; la grande gr&#232;ve du printemps, ainsi qu'aux n&#233;gociations de Cayenne. Voici son t&#233;moignage en diff&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;diterran&#233;e. Dix jours en mer &#224; bord de l'&lt;i&gt;Aquarius&lt;/i&gt; : Les vagues comme des barbel&#233;s &gt;&lt;/strong&gt; Depuis f&#233;vrier 2016, l'&lt;i&gt;Aquarius&lt;/i&gt; sillonne les eaux internationales au large de la Libye pour porter secours aux migrants qui tentent la travers&#233;e vers l'Europe. L'une des routes les plus meurtri&#232;res au monde : plus de deux mille personnes s'y sont d&#233;j&#224; noy&#233;es en 2017. Affr&#233;t&#233; par SOS-M&#233;diterran&#233;e, L'&lt;i&gt;Aquarius&lt;/i&gt; est l'un des huit bateaux de secours pr&#233;sents sur la zone &#8211; le seul &#224; y patrouiller toute l'ann&#233;e. &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a pu embarquer &#224; son bord pendant une dizaine de jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Incendies au Portugal : Y a le feu &#224; l'aust&#233;rit&#233; &gt;&lt;/strong&gt; Les incendies de la r&#233;gion de Pedr&#243;g&#227;o Grande, au Portugal, ont secou&#233; tout un pays pourtant r&#233;guli&#232;rement en proie aux ravages du feu. C'est toute une politique d'aust&#233;rit&#233; et de rentabilit&#233; &#224; tous crins qui est montr&#233;e du doigt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Turquie . Erdo&#287;an r&#233;prime &#224; tout-va : Syndicalistes dans la tourmente &gt;&lt;/strong&gt; Suite au coup d'&#201;tat manqu&#233; du 15 juillet 2016, des purges ont touch&#233; tous les secteurs de la soci&#233;t&#233; turque. L'&#201;tat tente de b&#226;illonner les opposants, dont les syndicats qui ne suivent pas sa ligne &#8211; leurs membres sont licenci&#233;s en masse. Sans salaire, ces derniers peuvent heureusement s'appuyer sur la solidarit&#233; syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'impossibilit&#233; d'une &#238;le : &#171; &lt;i&gt;Ils nous ont arrach&#233;s &#224; notre paradis pour nous mettre en enfer !&lt;/i&gt; &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Un v&#233;ritable hold-up ! D'abord colonis&#233;s par les Fran&#231;ais, puis par les Anglais, les habitants des Chagos, un petit archipel de l'oc&#233;an Indien, en ont finalement &#233;t&#233; expuls&#233;s de 1966 &#224; 1973, pour laisser place &#224; une base militaire &#233;tatsunienne. Ils vivent aujourd'hui en exil, dans le d&#233;nuement. Mais ne d&#233;sesp&#232;rent pas de retourner un jour sur l'archipel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#161; No turismo ! : Un rac&#243; llibertari a Barcelona&lt;/i&gt; &gt; &lt;/strong&gt; Au mois de mai, une large invitation a &#233;t&#233; lanc&#233;e pour commencer &#224; c&#233;l&#233;brer le trenti&#232;me anniversaire d'El Lokal, un espace de luttes mythique dans la capitale catalane. I&#241;aki nous raconte le reste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Culture de lutte et arts de combat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; On remet la photo choc &#224; sa bonne place &#187; &gt; La nouvelle revue &lt;i&gt;&#201;tats d'urgence&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ditions Libertalia.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; regroupe six professionnel.le.s (2. Valentina Camu, Val&#233;rie Dubois, Yann Levy, Nnoman, Vincent Palmier(icono), Julien Pitinome) de la &#171; photographie sociale &#187;. Tous les ans, 128 pages de regards au long cours sur nos urgences quotidiennes : casse sociale, crise migratoire, violence d'&#201;tat, catastrophe &#233;cologique&#8230; Entretien &#224; deux voix pour interroger le r&#244;le de la photo dans les luttes : l'histoire est-elle soluble dans l'esth&#233;tique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;dia : M&#233;gaCombines &gt;&lt;/strong&gt; Depuis neuf ans, tous les mercredis &#224; 18h, la &lt;i&gt;Prime Team&lt;/i&gt; de &lt;a href=&#034;http://audioblog.arteradio.com/blog/3012947/megacombi/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;gaCombi&lt;/a&gt; diffuse sur les ondes de Radio Canut une heure de parodies drolatiques, de reportages, de sons loufoques ou du quotidien. Depuis le temps qu'il en r&#234;vait, Julien Tewfiq est enfin all&#233; &#224; Lyon, &#224; la rencontre de ses idoles. Un reportage tout en objectivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;surbanisme participatif : Le b&#233;ton, c'est bien ! &gt;&lt;/strong&gt; Fin mai, une session de formation &#233;tait organis&#233;e &#224; L'&#201;cole du renouvellement urbain (ERU), &#224; Aubervilliers. Le th&#232;me : la co-construction des projets destin&#233;s &#224; dessiner les villes d'aujourd'hui et de demain. Un membre de conseil citoyen marseillais&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il y a 1 054 conseils citoyens en France, dont 10 &#224; Marseille. Ils ont vu le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; en &#233;tait. Et raconte combien le chemin est long, entre th&#233;orie et pratique. Pendant ce temps, les bulldozers avancent...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ma cabane sur La Plaine : Le fant&#244;me de la ZAD &gt;&lt;/strong&gt; L'Or de La Plaine, pl&#233;thorique festival, s'est tenu du 10 au 18 juin &#224; Marseille. Il a fait entendre les voix s'opposant &#224; un projet de r&#233;am&#233;nagement hostile de la place Jean-Jaur&#232;s, pr&#233;vu par la
mairie pour d&#233;but 2018. Est-on &#224; la veille d'une ZAD urbaine ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1877 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH266/-173-cfdd0.jpg?1782641349' width='400' height='266' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Patxi Beltzaiz / Contrefaits
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans la bouche du Prince Mychkine, personnage principal de &lt;i&gt;L'Idiot&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;ditions Libertalia.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il y a 1 054 conseils citoyens en France, dont 10 &#224; Marseille. Ils ont vu le jour il y a deux ans, avec la loi du 21 f&#233;vrier 2014 sur &#171; la programmation pour la ville et la coh&#233;sion urbaine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Post it yourself</title>
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		<dc:creator>Nicolas de La Casini&#232;re</dc:creator>


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&lt;p&gt;Une tartine de pain sec avec un timbre, arriv&#233;e dans la bo&#238;te aux lettres ! On ne la croyait plus capable que de d&#233;verser des factures et de la pub. Ce clin d'&#339;il &#224; la poste, &#224; une culture, une histoire, cultive un esprit goguenard et discret, pied de nez libertaire et international aux convenances, sans la ramener. C'est la petite magie po&#233;tique de l'art postal, alias mail art puisque ce mouvement est n&#233; dans les ann&#233;es 1960 &#224; New York, vite devenu un r&#233;seau mondial qui n'a ni chef ni (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no114-septembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;114 (septembre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/New-York" rel="tag"&gt;New York&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-art" rel="tag"&gt;l'art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/clin-d-oeil" rel="tag"&gt;clin d'&#339;il&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-art-postal" rel="tag"&gt;l'art postal&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pieds-Nickeles" rel="tag"&gt;Pieds Nickel&#233;s&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une tartine de pain sec avec un timbre, arriv&#233;e dans la bo&#238;te aux lettres ! On ne la croyait plus capable que de d&#233;verser des factures et de la pub. Ce clin d'&#339;il &#224; la poste, &#224; une culture, une histoire, cultive un esprit goguenard et discret, pied de nez libertaire et international aux convenances, sans la ramener.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_801 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/p14--tampons01-b98ab.jpg?1782660318' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est la petite magie po&#233;tique de l'art postal, alias &lt;i&gt;mail art&lt;/i&gt; puisque ce mouvement est n&#233; dans les ann&#233;es 1960 &#224; New York, vite devenu un r&#233;seau mondial qui n'a ni chef ni ma&#238;tre &#224; penser. Juste des listes, des &#233;changes, des expos modestes et enjou&#233;es, mettant sur un pied d'&#233;galit&#233;, sans hi&#233;rarchie ni exclusion, des artistes pros et des amateurs, des gamins des &#233;coles, des partisans du collage, des gribouilleurs ou des petits fut&#233;s jouant avec les r&#232;glements de la Poste ou l'humeur des facteurs charg&#233;s de d&#233;chiffrer l'adresse en r&#233;bus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un galet de plage avec une adresse et un timbre, un gant de toilette, une tranche de jambon sous vide, une bo&#238;te de conserve ratatin&#233;e par une bagnole, un bois flott&#233; tel quel, tout est possible du moment que &#231;a ne risque pas de blesser les facteurs. Le motif du timbre voit son graphisme prolong&#233; sur l'enveloppe, on lui colle des rubans, on &#233;crit sur une assiette de pique-nique en carton, on brode un nom sur un vieil emballage de rustines&#8230; Bricole, r&#233;cupe, d&#233;tournement, astuce, jeu avec les formes, un peu de transgression&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_802 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH278/p14-cageot-agraffes-a1409.jpg?1782660318' width='400' height='278' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les objets coupants sont bannis ? Une planche de lames de rasoir sous une couche de ruban adh&#233;sif. Et &#231;a passe&#8230; Certains petits malins r&#233;alisent de faux timbres, rigolos ou militants (il y en a un qui s'oppose au projet d'a&#233;roport &#224; Notre-Dame-des-Landes), des tampons d&#233;connants ou rageurs, sculpt&#233;s dans une patate, du lino ou un bout de caoutchouc. D'autres jouent avec chemins, avenues boulevards et codes postaux en envoyant des lettres &#224; toutes les adresses connues des Pieds Nickel&#233;s, d'Octave Mirbeau, de Marius Jacob, ou du Poulpe, juste pour le plaisir de se les voir retourner avec la mention &#171; inconnu &#224; cette adresse &#187;. Certains postent un truc &#224; une adresse imaginaire, nom, rue et ville farfelus, clin d'&#339;il, qui sera donc retourn&#233; aussi : le nom de l'exp&#233;diteur est en fait l'adresse r&#233;elle, &#224; qui sera renvoy&#233;e cette bafouille en forme de ricochet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'art postal se fout pas mal de la valeur marchande de l'art : exp&#233;di&#233;, confi&#233; &#224; la poste, traversant des pays, l'objet plus ou moins plat est un don, une &#339;uvre qui peut &#234;tre expos&#233;e, montr&#233;e &#224; l'autre bout de la plan&#232;te mais pas vendue. Il y a des appels faits sur des th&#232;mes g&#233;n&#233;riques parfois tartignoles (&#171; la paix &#187;, &#171; les papillons &#187;), parfois plus motivants ou joueurs (&#171; la couleur rose &#187;, &#171; femmes et migrations &#187;, &#171; basta ! &#187;) ou bizarre (&#171; math&#233;matiques de la plan&#232;te terre &#187;). Chacun peut lancer son propre projet, sans calcul, sans d&#233;penser un sou. Pour le plaisir des &#233;changes, les liens lointains au prix d'une oblit&#233;ration. Sites internet et blogs permettent de montrer tout ce qui a &#233;t&#233; re&#231;u, rempla&#231;ant les catalogues papiers renvoy&#233;s aux participants &#224; ces n&#233;buleuses d'envois postaux. L'art postal ne se fout pas du monde, il s'en affranchit.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_803 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH185/p14-bois-flotte_-fb0bc.jpg?1782660318' width='400' height='185' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'art de vivre comme &#231;a nous boume</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/L-art-de-vivre-comme-ca-nous-boume</link>
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		<dc:date>2012-08-24T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>No&#235;l Godin</dc:creator>


		<dc:subject>Cap sur l'utopie !</dc:subject>
		<dc:subject>vie</dc:subject>
		<dc:subject>l'art</dc:subject>
		<dc:subject>bouquins r&#233;cents</dc:subject>
		<dc:subject>l'Harmattan s'attaquent</dc:subject>
		<dc:subject>Dominique Berthet</dc:subject>
		<dc:subject>Matthias Kaufmann</dc:subject>
		<dc:subject>professeur Kaufmann</dc:subject>
		<dc:subject>Berthet</dc:subject>
		<dc:subject>Kaufmann</dc:subject>
		<dc:subject>Kaufmann d&#233;crit</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Deux bouquins r&#233;cents de l'Harmattan s'attaquent &#224; l'utopie. Approchons-nous d'eux &#224; petits pas m&#233;fiants car ils sont fristouill&#233;s par des grosses t&#234;tes universitaires. Le livre Anarchie &#233;clair&#233;e du professeur de philosophie du droit Matthias Kaufmann d&#233;crit fort lourdinguement &#171; la communaut&#233; des hommes libres et &#233;gaux &#187; propos&#233;e par Aristote dans laquelle quelques privil&#233;gi&#233;s d'apparence d&#233;bonnaire gouvernent et se laissent gouverner &#224; tour de r&#244;le en glosant sur l'utile et le juste. Il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no101-juin-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;101 (juin 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cap-sur-l-utopie" rel="tag"&gt;Cap sur l'utopie !&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vie" rel="tag"&gt;vie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-art" rel="tag"&gt;l'art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bouquins-recents" rel="tag"&gt;bouquins r&#233;cents&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-Harmattan-s-attaquent" rel="tag"&gt;l'Harmattan s'attaquent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dominique-Berthet" rel="tag"&gt;Dominique Berthet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Matthias-Kaufmann" rel="tag"&gt;Matthias Kaufmann&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/professeur-Kaufmann" rel="tag"&gt;professeur Kaufmann&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Berthet" rel="tag"&gt;Berthet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Kaufmann" rel="tag"&gt;Kaufmann&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Kaufmann-decrit" rel="tag"&gt;Kaufmann d&#233;crit&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Deux bouquins r&#233;cents de l'Harmattan s'attaquent &#224; l'utopie. Approchons-nous d'eux &#224; petits pas m&#233;fiants car ils sont fristouill&#233;s par des grosses t&#234;tes universitaires. Le livre &lt;a href=&#034;http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&amp;obj=livre&amp;no=34914&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Anarchie &#233;clair&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; du professeur de philosophie du droit Matthias Kaufmann d&#233;crit fort lourdinguement &lt;i&gt;&#171; la communaut&#233; des hommes libres et &#233;gaux &#187;&lt;/i&gt; propos&#233;e par Aristote dans laquelle quelques privil&#233;gi&#233;s d'apparence d&#233;bonnaire gouvernent et se laissent gouverner &#224; tour de r&#244;le en glosant sur l'utile et le juste. Il rappelle quelques pages plus loin que les anarchistes &#224; la Bakounine ont cherch&#233; &#224; &lt;i&gt;&#171; d&#233;mocratiser &#187;&lt;/i&gt; cette conception aristocratique du refus des hi&#233;rarchies durables en l'appliquant au peuple entier dans le cadre d'une &lt;i&gt;&#171; possession commune du sol et des moyens de production &#187;&lt;/i&gt; et d'une g&#233;n&#233;ralisation de &lt;i&gt;&#171; l'&#233;galit&#233;, de la solidarit&#233;, de la coop&#233;ration libre et volontaire &#187;&lt;/i&gt;. Puis voil&#224; le professeur Kaufmann qui prend soudain son b&#339;uf : il chipote sur toute la ligne le radicalisme r&#233;volutionnaire du &lt;i&gt;&#171; d&#233;mon de la r&#233;volte &#187; &lt;/i&gt; Bakounine (tout en m&#233;nageant le bien plus pond&#233;r&#233; leader libertaire Kropotkine) et se d&#233;masque poisseusement : &#171; &lt;i&gt; Un mouvement anarchiste ne saurait aujourd'hui se passer du bouclier de l'&#201;tat lib&#233;ral&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je craignais apr&#232;s cette douche de glu que l'&#233;tude collective &lt;a href=&#034;http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&amp;obj=livre&amp;no=30917&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;L'Utopie. Art, litt&#233;rature et soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; soit de la m&#234;me farine. Surprise ! Il n'en est rien. Le docteur en philosophie martiniquais qui l'orchestre, Dominique Berthet, balance dans les gencives des amateurs d'art mortif&#232;re que pour lui, le vrai art, c'est &lt;i&gt;&#171; la cr&#233;ation d'autres mondes, d'autres possibles &#187;&lt;/i&gt;. Que c'est&lt;i&gt; &#171; un espace de r&#233;sistance, d'insoumission, de transgression &#187;&lt;/i&gt; nous conviant comme Oscar Wilde &#224; faire de &lt;i&gt;&#171; notre vie une &#339;uvre d'art &#187;&lt;/i&gt;. Et de se r&#233;f&#233;rer aux rebelles dada&#239;stes, au turbulent futuriste Marinetti, au musicien John Cage qui voulait &lt;i&gt;&#171; abolir la fronti&#232;re entre l'art et la vie &#187;&lt;/i&gt;, au mouvement Fluxus appelant, dans les ann&#233;es 1960, les artistes &#224; la r&#233;volte arm&#233;e, aux actionnistes viennois foutant le souk partout puis, naturellement, aux mauvais garnements situs&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Viennent de para&#238;tre &#224; ce sujet trois splendides torpilles : Le Mouvement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n'est pas question pour Dominique Berthet de s'en tenir &#224; une visite guid&#233;e du mus&#233;e des tentatives de fusion entre l'art et la vie. Dans son avant-propos au livre, comme dans le chapitre &#171; L'art, une utopie incarn&#233;e ? &#187;, il nous ram&#232;ne aux combats farouches du jour pour une vie diff&#233;rente. &lt;i&gt;&#171; Il convient de revendiquer l'utopie non pour ce qu'elle fut mais pour ce qu'elle peut offrir de nouveau, d'in&#233;dit, de plus juste, de plus &#233;panouissant. &#187; &lt;/i&gt; Pas mal du tout, Dr Berthet, tu m&#233;rites qu'on te roule des saucisses !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Viennent de para&#238;tre &#224; ce sujet trois splendides torpilles : &lt;a href=&#034;http://www.lechappee.org/le-mouvement-situationniste&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Mouvement situationniste&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; de Patrick Marcolini (L'&#201;chapp&#233;e). &lt;a href=&#034;http://courtcircuit-diffusion.com/Les-situationnistes-et-l-anarchie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Les Situationnistes et l'anarchie&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; de Miguel Amoros (&#201;d. de la Roue). &lt;a href=&#034;http://editionscmde.org/les_reveilleurs_de_la_nuit/Ecrits-section_americaine_internationale_situationniste.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&#201;crits de la section am&#233;ricaine de l'IS&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (&#201;d. CMDE).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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