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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Quand l'art fait rempart</title>
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		<dc:creator>Diletta Moscatelli</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<dc:subject>Metropoliz</dc:subject>
		<dc:subject>visiteurs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a des usines de charcuterie qui connaissent un bien &#233;trange destin. Celle de la fabrique Fiorucci, situ&#233;e en banlieue Est de Rome et &#224; l'abandon depuis vingt ans, a &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233;e en 2009 par un groupe de 200 migrants, pr&#233;caires et sans-abri. Puis au fil des ans, ce squat d'habitation, le Metropoliz, s'est transform&#233; en gigantesque &#339;uvre d'art collective et en mus&#233;e autog&#233;r&#233;. Visite guid&#233;e. Rome, juillet 2016. Cela fait deux mois que je suis h&#233;berg&#233;e au Metropoliz. Ce soir, il fait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/visiteurs" rel="tag"&gt;visiteurs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a des usines de charcuterie qui connaissent un bien &#233;trange destin. Celle de la fabrique Fiorucci, situ&#233;e en banlieue Est de Rome et &#224; l'abandon depuis vingt ans, a &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233;e en 2009 par un groupe de 200 migrants, pr&#233;caires et sans-abri. Puis au fil des ans, ce squat d'habitation, le Metropoliz, s'est transform&#233; en gigantesque &#339;uvre d'art collective et en mus&#233;e autog&#233;r&#233;. Visite guid&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3215 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH436/-1432-e6655.jpg?1768654369' width='400' height='436' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Baptiste Alchourroun
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;R&lt;/span&gt;ome, juillet 2016. Cela fait deux mois que je suis h&#233;berg&#233;e au Metropoliz. Ce soir, il fait tr&#232;s chaud. Tellement que beaucoup des 200 habitants restent dans la cour de l'ancienne usine, en qu&#234;te d'un peu de fra&#238;cheur. Pour la premi&#232;re fois, j'ose sortir mon enregistreur &#8211; quelque chose m'en avait emp&#234;ch&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent. Les habitants y sont pourtant habitu&#233;s : les visiteurs sont nombreux, qui passent, posent des questions, prennent des photos et tournent des vid&#233;os.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq enfants roms s'assoient &#224; c&#244;t&#233; de moi, sur une marche en b&#233;ton contre le mur de l'usine, un peu &#224; l'&#233;cart du va-et-vient d'adultes parlant en rouman&#236;. Ils ont accept&#233; d'&#234;tre interview&#233;s collectivement. Sans doute parce que je les connais bien : je ne cesse de les croiser dans la cour. Mais c'est la premi&#232;re fois que je les sens intimid&#233;s. Ils ont d'ordinaire le contact tr&#232;s facile, y compris avec les adultes, mais voil&#224; qu'ils n'osent plus dire un mot. L'enregistreur fait barri&#232;re. Et je me sens g&#234;n&#233;e de le leur imposer, comme si je profitais de l'intimit&#233; qui s'est cr&#233;&#233;e entre nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je les questionne quand m&#234;me &#8211; je tiens beaucoup &#224; recueillir leur sentiment sur cette initiative hors-norme qu'est le Museo dell'Altro e dell'Altrove di Metropoliz (en un acronyme, le MAAM). Qu'est-ce que les habitants en pensent ? Aimeraient-ils que les horaires de visite ne soient pas seulement limit&#233;s au samedi ? Les visiteurs empi&#232;tent-ils parfois sur leurs espaces de vie ? Le plus &#224; l'aise des enfants me r&#233;pond au nom des autres. M'explique qu'ils ne se sentent pas trop concern&#233;s par le mus&#233;e, mais que les visiteurs ne les d&#233;rangent pas. Et que non, ils n'ont jamais pens&#233; &#224; devenir guide ou artiste. C'est vrai, j'avais oubli&#233; : ils seront tous footballeurs. En attendant, ils se disent bien ici &#8211; il ne manque qu'une grande piscine et une salle de jeux vid&#233;o pour que ce soit parfait. Et ils l'assurent : le mus&#233;e est tr&#232;s important pour les habitants, parce qu'il leur permet de &#171; &lt;i&gt;rester dans leurs logements&lt;/i&gt; &#187;. S'ils n'ont pas &#233;t&#233; expuls&#233;s, c'est &#171; &lt;i&gt;gr&#226;ce aux dessins&lt;/i&gt; &#187;. Et &#224; tous ces visiteurs &#171; &lt;i&gt;qui viennent les voir&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Entr&#233;es &#224; prix libre&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais avant de parler de &#171; dessins &#187;, il faut en dire plus sur ce lieu &#224; part. Son histoire a d&#233;but&#233; en 2009, quand un groupe de 200 migrants, pr&#233;caires et sans-abri, soutenus par le mouvement des Blocchi Precari Metropolitani, a d&#233;cid&#233; d'occuper une ancienne usine de charcuterie d&#233;saffect&#233;e depuis plus de vingt ans, dans la banlieue est de Rome. L'ex-fabrique Fiorucci, sur la rue Prenestina, la route principale du quartier Tor Sapienza, avait &#233;t&#233; rep&#233;r&#233;e depuis un moment : elle ferait un lieu id&#233;al o&#249; habiter le monde. Notamment &#224; cause de sa taille : l'ancienne usine s'&#233;tend sur 15 000 m&#232;tres carr&#233;s. Elle est constitu&#233;e de plusieurs structures, qui remplissaient diverses fonctions (enclos &#224; cochons, abattoirs, cellules r&#233;frig&#233;rantes, labo de production, stockage). Et est entour&#233;e d'un large mur d'enceinte, interrompu en son c&#244;t&#233; sud par le portail vert de l'entr&#233;e principale. Sur ce dernier, plein de bo&#238;tes aux lettres aux noms des habitants, t&#233;moignant de leurs origines tr&#232;s diverses &#8211; Italie, Roumanie, P&#233;rou, Maroc, &#201;rythr&#233;e, &#201;thiopie, Saint-Domingue, Soudan...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tr&#232;s grande majorit&#233; d'entre eux r&#233;side ici depuis le d&#233;but &#8211; il n'y a pas eu d'arrivants en huit ans, sinon des nouveau-n&#233;s et des membres de familles d&#233;j&#224; install&#233;es rejoignant leurs proches. Tous logent dans de petites maisonnettes de bric et de broc, certaines construites autour de la structure principale, d'autres &#224; l'int&#233;rieur. Les conditions de vie n'y sont pas toujours faciles. La chaleur, l'&#233;t&#233;. L'humidit&#233;, l'hiver. L'absence de chauffage. Une &#233;lectricit&#233; parfois d&#233;faillante. Et la d&#233;brouille, toujours. De nombreux occupants ont un petit boulot &#8211; ils font des m&#233;nages, gardent des enfants, vendent des bricoles &#8211; mais personne ne roule sur l'or. Quant aux Roms, beaucoup passent leur journ&#233;e &#224; r&#233;colter de la ferraille pour la revendre. Le samedi, une dizaine d'habitants s'occupent du mus&#233;e, pour son ouverture hebdomadaire au public. Ils se chargent du m&#233;nage, des cuisines, de l'accueil des visiteurs. Pour r&#233;tribution, ils se partagent les euros r&#233;colt&#233;s &#224; l'entr&#233;e (&#224; prix libre) et &#224; la cantine &#8211; voil&#224; le seul argent g&#233;n&#233;r&#233; par le MAAM.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#338;uvre d'art collective&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de ce mus&#233;e &#224; part s'est progressivement impos&#233;e au fil des ans. Le m&#233;rite en revient notamment &#224; un documentaire, &lt;i&gt;Space Metropoliz&lt;/i&gt;, r&#233;alis&#233; en 2011 et 2012 par Giorgio de Finis et Fabrizio Boni. Dans le cadre du tournage, nombre d'artistes sont venus contribuer gratuitement &#224; la valorisation esth&#233;tique du lieu, en cr&#233;ant des &#339;uvres sur les murs de l'usine. La participation a &#233;t&#233; telle que les r&#233;alisateurs ont ensuite d&#233;cid&#233;, avec l'accord des habitants, d'en faire un mus&#233;e ouvert au public. Le MAAM, donc. Pas un mus&#233;e au rabais, hein : sa collection affiche la bagatelle de 500 &#339;uvres. Et elle constitue une v&#233;ritable barricade artistique. D'autant que certaines cr&#233;ations sont le fait d'artistes b&#233;n&#233;ficiant d'une reconnaissance certaine &#8211; y compris financi&#232;re &#8211; sur le march&#233; de l'art. C'est l&#224; l'un des int&#233;ressants courts-circuits dont joue le MAAM : il se sert de la sp&#233;culation artistique pour mettre en &#233;chec la sp&#233;culation immobili&#232;re. Une tactique &#224; laquelle a eu aussi recours, entre autres, le centre social occup&#233; XM24 &#224; Bologne, menac&#233; d'expulsion et recouvert d'une magnifique &#339;uvre du street-artiste Blu en 2013 &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Las, la protection n'a eu qu'un temps. En mars 2016, Blu a d&#233;cid&#233; d'effacer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Renversement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancienne usine est ainsi devenue &#339;uvre d'art collective, part vivante du patrimoine public. Ce qui complique la t&#226;che de qui voudrait expulser les habitants. C'est pourtant l'intention du propri&#233;taire des lieux, qui souhaite raser l'ancienne usine pour b&#226;tir des r&#233;sidences modernes. Pour l'instant, il en est pour ses frais : difficile d'envoyer des pelleteuses d&#233;truire des &#339;uvres d'art. &#199;a fait mauvais effet... Difficile, mais pas impossible : la menace d'expulsion plane toujours. Et un proc&#232;s est aussi en cours contre quatre des occupants pour vol d'&#233;lectricit&#233;. Bref, rien n'est gagn&#233;. L'art fait rempart, mais ne r&#233;sout pas tous les probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Prendre position&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au MAAM, pas question d'argent. Tous les artistes pr&#233;sents s'y sont investis b&#233;n&#233;volement. Et le lieu n'a jamais b&#233;n&#233;fici&#233; de quelque financement que ce soit, priv&#233; ou public. &#171; &lt;i&gt;En r&#233;alit&#233;, chaque artiste signe avec son &#339;uvre une p&#233;tition virtuelle en faveur de Metropoliz, &lt;/i&gt;souligne Giorgio de Finis, d&#233;sormais curateur du mus&#233;e. &lt;i&gt;Il prend ainsi position contre la pr&#233;carit&#233; de la vie, pour le droit au logement, la libert&#233; de mouvement, la beaut&#233;, l'art et la culture pour tou.te.s.&lt;/i&gt; &#187; En clair, l'art se retrouve v&#233;ritablement inscrit dans la r&#233;alit&#233;. Ainsi que dans ses dommages &#233;ventuels : pas question de prot&#233;ger les &#339;uvres. Les artistes acceptent de fait qu'elles puissent &#234;tre endommag&#233;es. Ab&#238;m&#233;es par le jet de ballon d'un enfant, d&#233;color&#233;es par le soleil ou encore d&#233;t&#233;rior&#233;es par une fuite d'eau impr&#233;vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste une question. Si les artistes expos&#233;s acceptent que leur travail soit mis au service d'une grande &#339;uvre collective, et s'ils le font b&#233;n&#233;volement, certains tirent quand m&#234;me profit de la visibilit&#233; d&#233;sormais assur&#233;e par le MAAM. En filigrane, une interrogation pointe : l'art se met-il r&#233;ellement au service de ce b&#226;timent occup&#233; et de ses habitants ? N'existe-t-il pas un risque que ce soit l'inverse &#8211; le c&#244;t&#233; urbain du squat, avec ses occupants pauvres et marginalis&#233;s, servant d'&#233;crin &#171; exotique &#187; aux &#339;uvres d'art ? Le doute existe. Mais ce qui est s&#251;r, c'est qu'au MAAM se rencontrent, se croisent et souvent s'&#233;crasent nombre des contradictions de notre r&#233;alit&#233; contemporaine. Le centre et la p&#233;riph&#233;rie. Le &#171; haut &#187; de l'art et le &#171; bas &#187; des bidonvilles. La richesse et la pauvret&#233;. Une coexistence des extr&#234;mes en mouvement constant. Mais avec toujours cette id&#233;e de mettre l'art au service des luttes, de le pousser &#224; prendre position. C'est d&#233;j&#224; beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Diletta Moscatelli&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Las, la protection n'a eu qu'un temps. En mars 2016, Blu a d&#233;cid&#233; d'effacer toute trace de ses vingt ann&#233;es d'interventions &#224; Bologne, recouvrant ses &#339;uvres (et il y en avait beaucoup) de peinture grise. L'artiste entendait protester contre la &#171; th&#233;saurisation priv&#233;e &#187; du street-art. Quant au centre social XM24, son expulsion &#233;tait annonc&#233;e pour le 30 juin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Leur objectif : laver l'histoire </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;En 1980 sortait Morts &#224; 100 %, documentaire &#233;labor&#233; par Jean Lefaux et Agn&#232;s Gu&#233;rin, qui taillait en pi&#232;ces le mythe du mineur &#171; h&#233;ro&#239;que &#187;. Et le r&#233;v&#233;lait pour ce qu'il &#233;tait : un taf de for&#231;at. Plus de 35 ans apr&#232;s, deux r&#233;alisateurs en livrent un &#233;pilogue sans concession. Entretien avec un des protagonistes, TomJo. Peux-tu dire quelques mots de la gen&#232;se de ce post-scriptum &#224; Morts &#224; 100 % ? &#171; Tout commence le 4 d&#233;cembre 2012, jour de l'inauguration du mus&#233;e Louvre&#8209;Lens. Ce jour&#8209;l&#224;, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 1980 sortait &lt;i&gt;Morts &#224; 100 %&lt;/i&gt;, documentaire &#233;labor&#233; par Jean Lefaux et Agn&#232;s Gu&#233;rin, qui taillait en pi&#232;ces le mythe du mineur &#171; h&#233;ro&#239;que &#187;. Et le r&#233;v&#233;lait pour ce qu'il &#233;tait : un taf de for&#231;at. Plus de 35 ans apr&#232;s, deux r&#233;alisateurs en livrent un &lt;a href=&#034;https://vimeo.com/246290740&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;pilogue&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Morts &#224; 100 %, de Modeste Richard et TomJo, &#224; partir d'interviews r&#233;alis&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; sans concession. Entretien avec un des protagonistes, TomJo.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1956 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH606/-246-3dfb3.jpg?1768657856' width='400' height='606' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L.L. de Mars.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peux-tu dire quelques mots de la gen&#232;se de ce post-scriptum &#224; &lt;i&gt;Morts &#224; 100 %&lt;/i&gt; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout commence le 4 d&#233;cembre 2012, jour de l'inauguration du mus&#233;e Louvre&#8209;Lens. Ce jour&#8209;l&#224;, on fait un petit reportage pour le journal &lt;i&gt;La Brique&lt;/i&gt;. &#192; l'&#233;poque, un leitmotiv revient sans cesse : &#233;tant donn&#233; ce que les mineurs ont donn&#233; &#224; la France, la France peut bien donner un Louvre &#224; Lens. Le mus&#233;e est ainsi vendu par la R&#233;gion et l'&#201;tat comme une esp&#232;ce de gratification pour services rendus &#224; la nation, notamment pour la reconstruction d'apr&#232;s-guerre. Sauf que les mineurs ne sont pas invit&#233;s &#224; l'inauguration. Bizarre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la foul&#233;e, notre pote Greg commence &#224; interviewer des gens sur la m&#233;moire mini&#232;re, la r&#233;novation des corons. &#192; la m&#233;diath&#232;que, il tombe sur une VHS du film &lt;i&gt;Morts &#224; 100 %&lt;/i&gt;, r&#233;alis&#233; en 1980. Il se rend compte que ce film n'a quasiment &#233;t&#233; vu par personne et qu'il a &#233;t&#233; mis &#224; l'index par les patrons et les syndicats. C'est qu'il tapait fort sur le PC de Thorez, qui d&#233;veloppait &#224; l'&#233;poque toute une mythologie du mineur soldat, patriote, courageux, fier. Or, quand on leur donnait la parole, les mineurs disaient qu'ils s'&#233;taient bien faits avoir : ils &#233;taient tous &#8216;&#8216; silicos&#233;s '' et mourraient avant 50 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Greg a ensuite rencontr&#233; l'&#233;quipe du Centre d'animation culturelle de Douai, qui cherchait &#224; d&#233;voiler ce mythe du mineur. Roland Poquet et Bruno Matt&#233;i t&#233;moignent de leur activit&#233; &#224; l'&#233;poque et s'attardent sur la mani&#232;re dont on r&#233;active aujourd'hui le mythe du mineur en aseptisant son histoire. Pour prendre le train de la troisi&#232;me r&#233;volution industrielle, le Nord-Pas-de-Calais recycle son histoire ouvri&#232;re. Un enjeu entr&#233; en collision avec le centenaire du d&#233;but de la Premi&#232;re Guerre mondiale dans un vaste programme touristico-culturel. Si quand on revient de la n&#233;cropole de ce conflit &#224; Notre-Dame-de-Lorette on pense &#8216;&#8216; Plus jamais &#231;a '', en sortant du mus&#233;e minier de Lewarde on se dit : &#8216;&#8216; C'&#233;tait chouette, la mine. Certes dur, mais il y avait la camaraderie, la solidarit&#233;. '' On oublie qu'entre 1945 et 1990, on compte officiellement 40 000 morts de la silicose. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand on visite le mus&#233;e de la mine de Saint&#8209;&#201;tienne, on est surpris par l'absence de toute trace de conflictualit&#233; sociale. Le mineur est pr&#233;sent&#233; comme un h&#233;ros, solitaire et solidaire, point barre. Est&#8209;-ce la m&#234;me chose &#224; Lewarde ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui. Il y a une salle des machines, qui livre le grand r&#233;cit du progr&#232;s technique. &#192; cela s'ajoute un volet de folklorisation destin&#233; aux enfants, &#224; qui on file un casque avant de leur faire gratter un peu de terre pour trouver du charbon. Les gosses s'amusent. Alors que mineur, c'&#233;tait un boulot de for&#231;at. D'esclave. Quand on est all&#233;s tourner au mus&#233;e, on &#233;tait accompagn&#233;s de salari&#233;s qui nous disaient : &#8216;&#8216; &lt;i&gt;Il y a des gens qui viennent avec un a priori assez sombre sur la r&#233;gion et qui sortent du mus&#233;e avec une image beaucoup moins morbide du Bassin minier.&lt;/i&gt; '' C'est vraiment &#224; &#231;a que sert ce mus&#233;e. &#192; laver l'histoire. Tu as des anciens mineurs qui ne peuvent plus voir les terrils en peinture ! Ces terrils sur lesquels aujourd'hui la nature reprendrait ses droits, o&#249; tu peux faire des balades. On n'a pas de montagne dans la r&#233;gion, mais on a des terrils ! Pour les mineurs, &#231;a reste quand m&#234;me la poubelle de leur ancien m&#233;tier. Un symbole de mort. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parmi les protagonistes du film, il y a le sculpteur Christian Szewczyk qui use d'un verbe tr&#232;s nerveux et tranch&#233;...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, c'est le plus remont&#233; ! Il envoie tout balader. Lui est fils de mineur, d'origine polonaise, et il fait de la sculpture sur bois, un travail inspir&#233; des contes et mythes populaires polonais (sorci&#232;res, b&#234;tes magiques, etc.). Il a con&#231;u un chevalet-potence pour d&#233;noncer l'exploitation des mineurs, quelque chose d'assez simple, histoire d'&#233;viter la statuaire grandiloquente. Dans le film, il raconte qu'il ne trouvait pas de lieu o&#249; le mettre jusqu'&#224; ce que la commune de Calonne&#8209;Ricouart l'accepte et le place juste &#224; c&#244;t&#233; de la mairie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian aborde aussi le sujet m&#233;connu des viols au fond de la mine, auxquels Berry faisait allusion dans son film Germinal. On ne sait pas si ces pratiques &#233;taient r&#233;pandues, mais couraient des histoires de mecs qui cherchaient des filles pour les ing&#233;nieurs ou les patrons. C'est une part sombre de la vie des mineurs qui reste sous le tapis. La solidarit&#233; existait, mais elle se construisait dans l'adversit&#233;, un peu comme la camaraderie des tranch&#233;es. C'est le revers d'une pi&#232;ce morbide. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Afin de capter la manne touristique, les patrimoines naturels, architecturaux ou immat&#233;riels sont exacerb&#233;s pour mythifier des identit&#233;s locales. Le pass&#233; minier n'&#233;chapperait donc pas &#224; la grande lessiveuse m&#233;morielle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On a une archive qui n'a finalement pas &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;e au film, et qui traite d'un colloque tenu en 1979 &#224; Lille. Un Anglais y d&#233;clare que les gens en ont un peu marre des cath&#233;drales et des ch&#226;teaux, et que le patrimoine b&#226;ti industriel serait une bonne carte &#224; jouer. Le mus&#233;e de la mine de Lewarde rel&#232;ve d'ailleurs d'une initiative patronale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Lens, il y a un coron juste en face du Louvre. Dans une rue, les occupants, tous descendants de mineurs, ont &#233;t&#233; d&#233;log&#233;s. Parce qu'il y a des enjeux financiers. La cha&#238;ne Esprit de France s'est ainsi lanc&#233;e dans un projet d'h&#244;tel 4 &#233;toiles dans un style minier. Chaque petite maison en brique sera transform&#233;e en une chambre luxueuse, d&#233;cor&#233;e avec une lampe ou un casque de mineur... Et le bar de l'h&#244;tel s'affichera &#8216;&#8216;supporter du RC Lens''. La ville joue ainsi &#224; fond l'exotisme nordiste. On imagine la com' pour les touristes : &#8216;&#8216; Vivez l'exp&#233;rience du coron ! ''&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on utilise les mineurs, leur image et leur m&#233;moire, on leur demande dans le m&#234;me temps de ne pas &#234;tre trop pr&#233;sents, parce que &#231;a reste des ploucs. Pareil pour le centre culturel Albert-Camus, juste &#224; c&#244;t&#233; du Louvre, un lieu assez populaire o&#249; les gens prenaient des cours de danse, de musique. Il a &#233;t&#233; remplac&#233; par La maison du projet, sorte de mini-mus&#233;e de la mine. On vire des gens plut&#244;t pauvres d'un espace qu'ils fr&#233;quentaient pour y organiser une esp&#232;ce de mus&#233;e qui utilise leur image. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a en France un regain d'activit&#233; mini&#232;re depuis quelques ann&#233;es. Votre film s'inscrit aussi dans une certaine actualit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On a pr&#233;vu de rencontrer les collectifs qui luttent contre les projets miniers en Creuse, en Bretagne, dans le Pays basque, etc. L'id&#233;e est d'expliquer qu'aujourd'hui encore, il y a des mineurs qui se sacrifient pour nous : des mines de coltan en Chine aux mines d'uranium au Niger. Derri&#232;re chaque parcelle de notre confort moderne et technologique, il y a un mineur. De la m&#234;me mani&#232;re qu'on se chauffait au charbon dans les ann&#233;es 1950 gr&#226;ce aux mineurs, on doit nos smartphones et l'&#233;nergie nucl&#233;aire &#224; des sacrifi&#233;s de la mine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le m&#234;me sujet, on se demande quel accueil va recevoir le film dans notre r&#233;gion, o&#249; r&#232;gne un ouvri&#233;risme assez fort. On l'a montr&#233; &#224; un copain fils de mineur. S'il est d'accord avec notre d&#233;marche, il a du mal &#224; se d&#233;faire de tout cet h&#233;ritage. C'est quelque chose de profond. Les mineurs ont fait ce que personne d'autre n'a fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aimerait aussi rencontrer les associations de travailleurs immigr&#233;s. Ils se sont battus pour avoir le statut de mineur et n'ont pas &#233;t&#233; reconnus comme silicos&#233;s. Ils ont d'autant plus besoin de cette reconnaissance du travail accompli. Or notre d&#233;marche s'inscrit dans une critique plus globale de la valeur travail. Une pens&#233;e assez absente aujourd'hui, o&#249; on reste camp&#233;s sur la d&#233;fense de l'emploi et des acquis sociaux. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Morts &#224; 100 %, de Modeste Richard et &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Tom-Jo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;TomJo&lt;/a&gt;, &#224; partir d'interviews r&#233;alis&#233;s par Gr&#233;gory Tahar-Chaouch. Sortie DVD le 28 octobre, avec une projection &#224; 20 h au cin&#233;ma L'Univers &#224; Lille.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Commissariat et mus&#233;e contre Carnaval en deux rounds</title>
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		<dc:date>2014-06-10T03:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jeanne Carratala, Professeur Proutska&#239;a</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;16 mars, &#224; la nuit tomb&#233;e L'arriv&#233;e sur La Canebi&#232;re est encore festive, mais plus on s'approche du commissariat, plus la tension est palpable. La musique fait chalouper, tandis que certains crient et r&#233;clament la lib&#233;ration de leurs camarades. Les renforts policiers tardent &#224; se rapatrier depuis La Plaine. La Canebi&#232;re est bloqu&#233;e. Au milieu de la voie, deux bus patientent. Le tram est &#233;galement &#224; l'arr&#234;t. Le conducteur pose son menton au creux de sa main et regarde les carnavaliers qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;16 mars, &#224; la nuit tomb&#233;e&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_1061 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH278/p08-bgcarnaval007-10b3e.jpg?1768665948' width='400' height='278' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Beno&#238;t Guillaume.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e sur La Canebi&#232;re est encore festive, mais plus on s'approche du commissariat, plus la tension est palpable. La musique fait chalouper, tandis que certains crient et r&#233;clament la lib&#233;ration de leurs camarades. Les renforts policiers tardent &#224; se rapatrier depuis La Plaine. La Canebi&#232;re est bloqu&#233;e. Au milieu de la voie, deux bus patientent. Le tram est &#233;galement &#224; l'arr&#234;t. Le conducteur pose son menton au creux de sa main et regarde les carnavaliers qui animent la rue de leurs danses. Deux automobilistes et les passagers d'un car priv&#233; engueulent les bloqueurs. Le dialogue est tendu, mais rien ne bouge. &#171; &lt;i&gt;C'est la faute aux flics ! On faisait carnaval, ils ont attaqu&#233; ! &lt;/i&gt; &#187; Les automobilistes repartent bredouilles, tandis que le chauffeur du car descend parler aux policiers, en ayant pris soin d'enfermer ses clients qui, tels des b&#234;tes encag&#233;es, provoquent les carnavaliers en montrant leurs fesses aux fen&#234;tres. Deux poubelles sont renvers&#233;es. Un homme s'avance et enflamme un premier conteneur. Des policiers en civil attaquent. Vitesse, pr&#233;cision et violence. Technique rod&#233;e : frappe chirurgicale, couloir sanitaire. D'un mouvement brusque, ils avalent un carnavalier, le d&#233;vorent de coups pendant que les escadrons profitent de la surprise pour avantager leurs positions. Cinq personnes de plus sont arr&#234;t&#233;es. Les poubelles fondent. La musique s'est tue. Les m&#233;dias parleront de &#171; &lt;i&gt;gu&#233;rilla urbaine&lt;/i&gt; &#187; et oublieront Carnaval, son histoire et sa parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeanne Carratala&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;MuCEM : &#224; l'endroit de l'envers&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_1062 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH356/p08-bgcarnaval-cqfd001-2c6f8.jpg?1768660339' width='400' height='356' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Beno&#238;t Guillaume.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Printemps 2013, apr&#232;s cinq ans de silence, arrive dans ma bo&#238;te aux lettres un contrat de cession de droits d'auteur en provenance du MuCEM. &#201;ternel &#233;tudiant en ethnographie, j'avais eu l'insigne honneur de me faire rembourser un billet &lt;i&gt;low-cost&lt;/i&gt; &#224; destination d'un terrain d'&#233;tude carnavalesque. Six semaines de recherche, des dons d'objets, des films, des photographies&#8230; Ce courrier raviva en moi le sentiment de l'exploit&#233;, toujours reconnaissant du plus petit int&#233;r&#234;t que l'institution peut porter &#224; son travail. Apr&#232;s moult d&#233;sillusions et col&#232;res, j'&#233;tais tout de m&#234;me impatient de d&#233;couvrir l'exposition &#171; Le monde &#224; l'envers &#8211; Carnavals et mascarades d'Europe et de M&#233;diterran&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que l'expo allait bien pouvoir montrer d'un fait social qui n'est qu'exp&#233;rience ? Les confr&#232;res carnavaliers de La Plaine marseillaise m'avaient charri&#233; en insinuant que je collaborais &#224; une c&#233;l&#233;bration mortif&#232;re. Le jour de l'inauguration, j'arrivais devant le mus&#233;e, o&#249; un groupe manifestait son soutien aux inculp&#233;s du carnaval moisissant aux Baumettes. Carnaval aurait d&#233;sormais droit de cit&#233; au mus&#233;e mais pas dans la rue ? Si on ne peut accuser le MuCEM d'enterrer Carnaval (ce serait lui donner trop de pouvoir), on peut en revanche lui reprocher de se d&#233;solidariser du vrai. Une fois de plus, les ethnologues pay&#233;s pour r&#233;aliser cette exposition ont jou&#233; aux autruches, la t&#234;te plong&#233;e dans des plateaux d'hu&#238;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le MuCEM tente en vain de mettre Carnaval dans ses murs, peut-&#234;tre parce qu'il a besoin de Carnaval, mais Carnaval n'a pas besoin d'un mus&#233;e pour &#234;tre l&#233;gitime. Sa place reste dans la rue et il s'autol&#233;gitime en faisant usage de la tradition, une notion &#224; laquelle certains sont r&#233;fractaires parce qu'assimil&#233;e au cours du XXe si&#232;cle aux id&#233;ologies r&#233;actionnaires. Pourtant, et on me l'avait fait comprendre &#224; Nice dans les ann&#233;es 1990, la tradition a cette force autol&#233;gitimante : &#171; &lt;i&gt;Mais enfin, monsieur l'agent, nous sommes l&#224; &#224; telle heure parce que c'est tel jour et que chaque ann&#233;e nous sommes l&#224; de cette fa&#231;on !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin d'exposition, je red&#233;couvris les costumes que m'avaient confi&#233; les indig&#232;nes &#233;tudi&#233;s : au d&#233;part sans grande valeur esth&#233;tique et finalement d&#233;contextualis&#233;s, ces objets se retrouvaient l&#224; d&#233;pouill&#233;s de tout leur sens et r&#233;duits &#224; des faire-valoir de l'exotisme mal assum&#233; du mus&#233;e. J'eus soudain envie de l&#226;cher une caisse. Feu le professeur Gaignebet&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Gaignebet, folkloriste fran&#231;ais (1938-2012) sp&#233;cialiste de Rabelais, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; en aurait s&#251;rement fait autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Professeur Proutska&#239;a, ethnographe p&#233;tomane.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La suite du dossier Carnaval&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Marseille-ne-fete-rien-dans-la-rue&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marseille&lt;/a&gt; : ne f&#234;te rien dans la rue !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais, Carnaval est &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Plus-que-jamais-Carnaval-est-une&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une h&#233;r&#233;sie&lt;/a&gt; : interview d'Al&#232;ssi dell'Umbria.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Claude Gaignebet, folkloriste fran&#231;ais (1938-2012) sp&#233;cialiste de Rabelais, du carnaval et du pet.&lt;/p&gt;
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