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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Au Mali, les soldats fran&#231;ais commencent &#224; &#171; fatiguer &#187; les civils</title>
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		<dc:date>2020-03-07T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>R&#233;mi Carayol</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;En s'attaquant aux djihadistes et en creusant des puits, l'arm&#233;e hexagonale r&#233;pandrait la joie et la prosp&#233;rit&#233; au Sahel. C'est oublier que les civils qui collaborent avec elle s'exposent &#224; d'implacables repr&#233;sailles des groupes arm&#233;s. Quand ce ne sont pas les militaires fran&#231;ais eux-m&#234;mes qui commettent des bavures. Par sa brutalit&#233; et sa maladresse, la France est en train de rater sa &#171; conqu&#234;te des c&#339;urs &#187; maliens. R&#233;cit et t&#233;moignages recueillis sur place. Communiquer sur les succ&#232;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no185-mars-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;185 (mars 2020)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En s'attaquant aux djihadistes et en creusant des puits, l'arm&#233;e hexagonale r&#233;pandrait la joie et la prosp&#233;rit&#233; au Sahel. C'est oublier que les civils qui collaborent avec elle s'exposent &#224; d'implacables repr&#233;sailles des groupes arm&#233;s. Quand ce ne sont pas les militaires fran&#231;ais eux-m&#234;mes qui commettent des bavures. Par sa brutalit&#233; et sa maladresse, la France est en train de rater sa &#171; conqu&#234;te des c&#339;urs &#187; maliens. R&#233;cit et t&#233;moignages recueillis sur place.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3269 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH370/-1475-9271a.jpg?1783350207' width='500' height='370' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Vincent Croguennec
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;ommuniquer sur les succ&#232;s op&#233;rationnels au Sahel, o&#249; elle intervient depuis plus de sept ans pour &#171; traquer &#187; les groupes djihadistes : l'arm&#233;e fran&#231;aise sait faire. Communiquer sur ce que l'on appelle, chez les hommes et les femmes en treillis, les actions civilo-militaires : elle sait faire aussi. Inaugurations de puits r&#233;nov&#233;s par les soldats fran&#231;ais, prise en charge de bless&#233;s, reconstruction d'un march&#233;, organisation de soins infirmiers dans les villages recul&#233;s : tout est bon pour donner une image positive de la pr&#233;sence militaire fran&#231;aise. R&#233;guli&#232;rement, des articles vantant ces actions sont publi&#233;s sur le site du minist&#232;re des Arm&#233;es. L'un d'eux, mis en ligne le 24 f&#233;vrier dernier et consacr&#233; &#224; l'inauguration d'un studio de radio &#224; Gao, au nord du Mali, r&#233;sume l'enjeu : &#171; &lt;i&gt;Les actions civilo-militaires men&#233;es par la force Barkhane et les forces arm&#233;es maliennes b&#233;n&#233;ficient aux populations par la r&#233;alisation de projets de diverses natures &#224; leur profit&lt;/i&gt; [&#8230;]. &lt;i&gt;L'action de la France au Sahel s'inscrit dans une strat&#233;gie d'approche globale qui combine des comp&#233;tences civiles et militaires, ce qui permet de s'attaquer &#224; la fois aux sympt&#244;mes et aux causes de la crise, et d'en optimiser la r&#233;solution.&lt;/i&gt; &#187; Il s'agit &#233;videmment de &#171; gagner les c&#339;urs et les esprits &#187; des populations des zones concern&#233;es, mais aussi d'envoyer un message aux Fran&#231;ais : &#171; On ne fait pas que la guerre ici, on fait aussi du d&#233;veloppement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;storytelling&lt;/i&gt; concoct&#233; par l'arm&#233;e et les responsables politiques fran&#231;ais depuis le d&#233;clenchement de l'op&#233;ration Serval en janvier 2013, &#224; laquelle a succ&#233;d&#233; l'op&#233;ration Barkhane en juillet 2014, ne s'embarrasse pas de subtilit&#233;s. L'ennemi est pr&#233;sent&#233; comme un &#171; fou de Dieu &#187; pr&#234;t &#224; mourir pour imposer la charia et s'inscrivant dans un &#171; djihad global &#187; au m&#234;me titre que les assaillants du Bataclan &#224; Paris ou les combattants de l'&#201;tat islamique au Moyen-Orient, alors que de nombreuses &#233;tudes ont d&#233;montr&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es que la plupart des &#171; djihadistes &#187; sah&#233;liens sont en r&#233;alit&#233; guid&#233;s par de tout autres motivations que la religion&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nombre de combattants ont rejoint des groupes djihadistes au Sahel pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; et qu'ils sont bien souvent prisonniers d'un choix irr&#233;fl&#233;chi ou d'une mauvaise rencontre. Ce serait en outre une guerre &#171; propre &#187;, sans bavure, sans effusion de sang : dans les communications publiques de l'arm&#233;e, les djihadistes ne sont jamais &#171; tu&#233;s &#187; ou &#171; assassin&#233;s &#187; par des frappes cibl&#233;es, mais toujours &#171; &lt;i&gt;neutralis&#233;s&lt;/i&gt; &#187; &#8211; un euph&#233;misme repris depuis par les alli&#233;s africains de la France. Quant aux populations civiles, elles seraient forc&#233;ment ravies de voir les militaires fran&#231;ais voler &#224; leur secours, comme ce fut effectivement le cas en 2013, lorsqu'ils avaient chass&#233; les groupes djihadistes des villes de Gao, Tombouctou et Kidal, et elles n'en tireraient que des b&#233;n&#233;fices&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; est pourtant bien diff&#233;rente sur le terrain. Ces derniers mois, les manifestations antifran&#231;aises se sont multipli&#233;es au Mali, au Burkina Faso et au Niger. &#192; Bamako, &#224; Ouagadougou ou encore &#224; Niamey, des drapeaux fran&#231;ais ont &#233;t&#233; br&#251;l&#233;s par des centaines de manifestants r&#233;clamant le d&#233;part des troupes fran&#231;aises. Et contrairement &#224; ce que laissent entendre les militaires interrog&#233;s sur le sujet, qui ne cessent d'assurer que les soldats fran&#231;ais sont toujours les bienvenus dans les zones de guerre, cette vague de col&#232;re contre l'ancienne puissance coloniale ne concerne pas que les capitales. L'apparition des soldats fran&#231;ais est d&#233;sormais de plus en plus mal vue dans les villages et les campements du nord du Mali, de l'ouest du Niger et du nord du Burkina Faso. Elle y inspire la crainte, voire l'irritation, car elle est souvent accompagn&#233;e d'humiliations et de d&#233;sagr&#233;ments.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;M&#233;thodes brutales et arrestations arbitraires&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Totalement &#233;trangers aux m&#339;urs locales, les soldats fran&#231;ais agissent en terrain conquis lorsqu'ils m&#232;nent des op&#233;rations dans des villages consid&#233;r&#233;s comme &#171; suspects &#187;. De nombreux t&#233;moins &#233;voquent des m&#233;thodes brutales et irrespectueuses. &#171; &lt;i&gt;Ils arrivent dans un campement arm&#233;s jusqu'aux dents, le visage souvent masqu&#233;, et font sortir tout le monde, y compris les femmes et les enfants, parfois la nuit, parfois en pleine journ&#233;e sous le soleil,&lt;/i&gt; raconte un Touareg de la r&#233;gion de Kidal (nord du Mali). &lt;i&gt;Les enfants sont effray&#233;s par ces hommes qui fouillent les maisons de mani&#232;re brutale, et arr&#234;tent les hommes, sans dire pourquoi. Cette fa&#231;on de faire est tr&#232;s mal v&#233;cue par les gens.&lt;/i&gt; &#187; Lors de ces fouilles, les Fran&#231;ais d&#233;truisent du mat&#233;riel &#8211; il leur arrive notamment de d&#233;chirer des matelas ou de briser des portes en qu&#234;te d'indices &#8211; et subtilisent des biens qui, pour l'arm&#233;e fran&#231;aise, sont jug&#233;s suspects, alors qu'ils repr&#233;sentent bien souvent la seule richesse de ces populations vivant pour la plupart de mani&#232;re semi-nomade. &#171; &lt;i&gt;Pour les Fran&#231;ais, poss&#233;der un t&#233;l&#233;phone ou un fusil est forc&#233;ment suspect. Mais pour nous, ce sont des choses vitales qui assurent notre survie, et cela n'a rien &#224; voir avec les groupes arm&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, explique un habitant de la r&#233;gion du Gourma. Ce dernier s'inqui&#232;te de l'impact que de telles sc&#232;nes peuvent avoir sur les enfants : &#171; &lt;i&gt;Quel effet cela fait, pour un gamin, de voir des dizaines de Robocop qui ne parlent m&#234;me pas sa langue faire sortir femmes et enfants et mettre sens dessus dessous la case, d'apr&#232;s vous&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3267 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH357/-1473-5b885.jpg?1783350207' width='500' height='357' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Vincent Croguennec
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Durant ces &#171; descentes &#187; muscl&#233;es, les soldats fran&#231;ais ne m&#233;nagent pas les civils. &#171; &lt;i&gt;Les djihadistes se cachent parmi les populations. Tout homme est un suspect en puissance. On ne peut pas arriver la fleur au fusil&lt;/i&gt; &#187;, explique un militaire du rang qui a combattu au Mali en 2019. Ils proc&#232;dent en outre &#224; des arrestations qui ne sont que tr&#232;s rarement formalis&#233;es. &#171; &lt;i&gt;Ils arr&#234;tent des gens sans dire ce qu'ils leur reprochent, puis les remettent aux autorit&#233;s maliennes, qui les envoient en prison pendant des mois, voire des ann&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, constate Mohamed, un militant des droits humains bas&#233; &#224; Bamako. Ces arrestations &#171; &lt;i&gt;fragilisent les familles, car ce sont les hommes qui rapportent l'argent &#224; la maison&lt;/i&gt; &#187;, ajoute-t-il. Dans le nord du Mali, des dizaines d'hommes ont ainsi &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s par l'arm&#233;e fran&#231;aise ces derni&#232;res ann&#233;es, et remis aux autorit&#233;s maliennes, sans que l'on sache ce qui leur &#233;tait reproch&#233;. Certains ont &#233;t&#233; rel&#226;ch&#233;s au bout de plusieurs mois d'enfermement, sans jamais avoir vu un juge ou un avocat. D'autres croupissent toujours dans les prisons de Bamako.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ibrahim, un ancien rebelle touareg qui rend r&#233;guli&#232;rement visite &#224; ces prisonniers, ne comprend pas la mani&#232;re de faire des Fran&#231;ais : &#171; &lt;i&gt;Quand ils sont arriv&#233;s en 2013, ils &#233;taient les bienvenus. Mais aujourd'hui, tout le monde s'en m&#233;fie. Leur strat&#233;gie n'est pas la bonne. Ils travaillent de mani&#232;re opaque, sans passer par les populations. Et ils vous soup&#231;onnent d&#232;s que vous ne collaborez pas avec eux. Ils font comme les djihadistes : ils pensent que si on n'est pas avec eux, c'est qu'on est contre eux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Malgr&#233; les repr&#233;sailles djihadistes, aucune pr&#233;caution&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me quand ils ne m&#232;nent pas de fouilles et qu'ils ne proc&#232;dent pas &#224; des arrestations, les Fran&#231;ais sont souvent vus d'un mauvais &#339;il. Leur arriv&#233;e dans un village est fr&#233;quemment synonyme de repr&#233;sailles &#224; venir de la part des djihadistes. &#171; &lt;i&gt;On sait que les Fran&#231;ais ne viennent pas pour nous faire du mal, &lt;/i&gt;explique le chef d'un village du Gourma, dans le centre du Mali. &lt;i&gt;Mais c'est pourtant ce qu'ils font indirectement, car ils ne restent chez nous que quelques jours, ou quelques heures seulement, et lorsqu'ils repartent, les djihadistes reviennent et s'en prennent &#224; tous ceux qui leur ont parl&#233;. Ils ont des espions partout, ils savent tout.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de Sadou Yehia illustre parfaitement ce danger. Le 12 d&#233;cembre 2019, cet habitant du village de L&#233;l&#233;hoy, situ&#233; dans le Liptako-Gourma au Mali, a accord&#233; une interview aux journalistes de France 24 qui filmaient une op&#233;ration de l'arm&#233;e fran&#231;aise dans cette r&#233;gion. Le reportage a &#233;t&#233; diffus&#233; le 13 janvier 2020 par la cha&#238;ne fran&#231;aise. On y voit Sadou Yehia, parfaitement reconnaissable, d&#233;noncer &#224; visage d&#233;couvert l'emprise des djihadistes et notamment les taxes qu'ils imposent aux &#233;leveurs, et donner des informations aux soldats fran&#231;ais en compagnie d'autres notables de la localit&#233;. Trois semaines apr&#232;s la diffusion du reportage, le 8 f&#233;vrier, Sadou Yehia a &#233;t&#233; assassin&#233; par des hommes arm&#233;s. Pour ses proches, il ne fait aucun doute qu'il a &#233;t&#233; tu&#233; parce qu'il a &#233;t&#233; vu &#224; la t&#233;l&#233; en train de collaborer avec les Fran&#231;ais. Dans un communiqu&#233; qui a scandalis&#233; nombre de chercheurs, de journalistes et de militants des droits humains, la cha&#238;ne a ni&#233; toute responsabilit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Les d&#233;lais importants entre le tournage, la diffusion et l'assassinat montrent le caract&#232;re sp&#233;culatif de ce qui est pr&#233;sent&#233; h&#226;tivement par des commentateurs comme une causalit&#233; certaine.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Dans une zone o&#249; les terroristes savent tout et sur tous, sans d&#233;lai, de la pr&#233;sence des militaires dans les villages &#224; l'identit&#233; des habitants qui leur parlent, rien ne permet d'affirmer que le floutage de Sadou Yehia lui aurait garanti une quelconque s&#233;curit&#233;. Dans ce contexte, l'anonymisation est illusoire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tragique destin de Sadou Yehia est en tout cas venu rappeler la situation tr&#232;s pr&#233;caire de ceux qui collaborent sur le terrain avec les Fran&#231;ais. Quand ils arrivent dans un village, les militaires fran&#231;ais s'entretiennent g&#233;n&#233;ralement avec les notables, &#224; qui ils demandent des informations sur les mouvements des djihadistes et les sites qu'ils fr&#233;quentent. Conscients que ceux-ci les observent, les kakis ne prennent pourtant aucune pr&#233;caution : les discussions se font en ext&#233;rieur, &#224; l'ombre d'un arbre, au vu et au su de tout le monde, et n'importe qui peut y assister. Il est ainsi ais&#233; de savoir qui parle et d'entendre ce qui est dit. &#187; &lt;i&gt;La moindre des choses, dans un contexte comme celui-ci, est de trouver un lieu discret et de discuter avec chaque interlocuteur sans t&#233;moin. Ce sont des r&#232;gles de base&lt;/i&gt; &#187;, s'&#233;tonne un militant des droits humains qui arpente la r&#233;gion depuis plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3268 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH364/-1474-1da83.jpg?1783350207' width='500' height='364' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Vincent Croguennec
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans plusieurs villages du Gourma et du Liptako, deux zones o&#249; l'arm&#233;e fran&#231;aise a multipli&#233; les op&#233;rations ces derniers mois, les djihadistes font r&#233;guli&#232;rement irruption quelques jours apr&#232;s le passage des Fran&#231;ais pour enlever ou tuer ceux qui leur ont parl&#233;, et pour menacer les autres villageois. &#171; &lt;i&gt;Ils nous ont dit que quand les Fran&#231;ais reviendront, il ne faudra pas leur parler, que s'ils nous voient leur parler, ils nous tueront. Ils nous ont dit aussi qu'ils savent tout ce qui se passe ici&lt;/i&gt; &#187;, raconte un notable d'un village du Gourma r&#233;cemment &#171; visit&#233; &#187; par l'arm&#233;e fran&#231;aise. &#192; L&#233;l&#233;hoy, le village de Sadou Yehia, les djihadistes ont, en guise de repr&#233;sailles, donn&#233; un mois &#224; la population pour quitter les lieux...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les djihadistes sont tr&#232;s bien inform&#233;s, &lt;/i&gt;constate un rebelle touareg qui a lui-m&#234;me collabor&#233; avec la France &#224; partir de 2013. &lt;i&gt;Ils disposent de mouchards dans tous les villages des zones o&#249; ils se trouvent. Ceux-ci les informent de tout ce qui se passe, et de tout ce qui se dit. Si un notable se montre trop critique envers les djihadistes sur la place publique, ils le d&#233;noncent. Si un homme parle aux Fran&#231;ais quand ils arrivent sur place, ils le d&#233;noncent. Il est tr&#232;s difficile d'&#233;chapper &#224; leur emprise.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : un militaire qui est pass&#233; r&#233;cemment par le Mali admet qu'il est de plus en plus difficile d'obtenir des renseignements. &#171; &lt;i&gt;Quand on arrive, on a souvent affaire &#224; des regards noirs, inquiets, voire hostiles. On n'est plus les bienvenus, c'est clair&lt;/i&gt; &#187;, regrette ce sous-officier qui se dit marqu&#233; par cette d&#233;fiance. Et qui ajoute : &#171; &lt;i&gt;C'est bien de construire des puits, mais si c'est pour que les gens qui sont cens&#233;s en profiter se fassent tuer, &#224; quoi &#231;a sert&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Sur cette probl&#233;matique, point de communiqu&#233; ni m&#234;me de r&#233;ponse &#224; nos questions. L'arm&#233;e retrouve son l&#233;gendaire mutisme : circulez, il n'y a rien &#224; voir d'autre que ce que l'on veut bien montrer aux journalistes &lt;i&gt;embedded&lt;/i&gt;, qui n'ont g&#233;n&#233;ralement aucune libert&#233; de mouvement et sont condamn&#233;s &#224; suivre les instructions des militaires.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des civils tu&#233;s par les Fran&#231;ais&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si les victimes indirectes de l'op&#233;ration Barkhane sont nombreuses, il existe &#233;galement quelques cas de victimes directes : des civils tu&#233;s accidentellement par les Fran&#231;ais. Officiellement, en d&#233;pit de l'arsenal utilis&#233; (h&#233;licopt&#232;res de combat, drones arm&#233;s, avions de chasse), il n'y aurait au Sahel aucune bavure commise par l'arm&#233;e fran&#231;aise, et les victimes collat&#233;rales seraient extr&#234;mement rares. La seule fois o&#249; l'arm&#233;e a reconnu &#8211; et encore : &#224; demi-mot &#8211; une faute, c'&#233;tait en juin 2019 : trois civils, dont un mineur, qui se d&#233;pla&#231;aient &#224; bord d'un 4x4 dans la r&#233;gion de Tombouctou avaient &#233;t&#233; abattus par les soldats fran&#231;ais. L'&#233;tat-major des arm&#233;es avait alors diffus&#233; un communiqu&#233; indiquant les circonstances de cette op&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;voquait &#171; &lt;i&gt;un v&#233;hicule suspect&lt;/i&gt; &#187; ayant &#171; &lt;i&gt;refus&#233; de se soumettre &#224; un contr&#244;le&lt;/i&gt; &#187;, des &#171; &lt;i&gt;tirs de sommation&lt;/i&gt; &#187;, le refus d'obtemp&#233;rer du v&#233;hicule et enfin &#171; &lt;i&gt;un tir&lt;/i&gt; &#187; ayant &#171; &lt;i&gt;caus&#233; de fa&#231;on non intentionnelle l'explosion du pick-up&lt;/i&gt; &#187;... Une enqu&#234;te a &#233;t&#233; ouverte &#171; &lt;i&gt;afin de faire toute la lumi&#232;re sur les faits&lt;/i&gt; &#187;. Ses conclusions n'ont pas encore &#233;t&#233; rendues publiques. D'autres bavures ont &#233;t&#233; commises ces derni&#232;res ann&#233;es, sans que l'arm&#233;e fran&#231;aise les reconnaisse. La plus choquante remonte au mois de novembre 2016 : au cours d'une patrouille, des soldats fran&#231;ais avaient tu&#233; un enfant de dix ans, Issouf Ag Mohamed, qui avait &#233;t&#233; charg&#233; par ses parents de ramener des &#226;nes vers leur campement, puis l'avaient enterr&#233; en catimini avant de rentrer &#224; leur base. Sa famille avait retrouv&#233; son corps enseveli le lendemain. D&#232;s le d&#233;but, le minist&#232;re de la D&#233;fense avait tent&#233; d'&#233;touffer l'affaire. Apr&#232;s la publication d'un article sur cette histoire, il avait fini par publier un communiqu&#233; sibyllin reconnaissant les faits, tout en qualifiant l'enfant de &#171; &lt;i&gt;guetteur&lt;/i&gt; &#187; pour le compte des djihadistes, et annon&#231;ant l'ouverture d'une enqu&#234;te de commandement dans le but de v&#233;rifier &#171; &lt;i&gt;les circonstances pr&#233;cises de cette action&lt;/i&gt; &#187;. Celle-ci, dont les r&#233;sultats ont &#233;t&#233; communiqu&#233;s un an plus tard, n'a abouti &#224; aucune sanction. &#171; &lt;i&gt;Le d&#233;c&#232;s de ce mineur est regrettable,&lt;/i&gt; a d&#233;clar&#233; la porte-parole du minist&#232;re des Arm&#233;es, &lt;i&gt;mais l'enqu&#234;te n'a relev&#233; aucune faute individuelle ou collective dans l'usage de la force. Les principes du droit des conflits arm&#233;s ont &#233;t&#233; respect&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Puisque c'est l'arm&#233;e qui nous le dit...&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;R&#233;mi Carayol&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des drones tueurs dans le ciel du Sahel&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au Mali, au Niger ou encore au Burkina, l'information n'a pas &#233;chapp&#233; aux habitants des zones dans lesquelles la France m&#232;ne des op&#233;rations militaires : celle-ci dispose d&#233;sormais de drones arm&#233;s, capables de frapper &#224; tout moment. &#171; &lt;i&gt;C'est inqui&#233;tant,&lt;/i&gt; indique le chef d'un village du centre du Mali. &lt;i&gt;Les avions, on les entend venir. Mais les drones, on ne les voit pas, on ne les entend pas, on ne sait pas d'o&#249; ils sortent.&lt;/i&gt; &#187; Longtemps, la France a utilis&#233; ses drones achet&#233;s aux Am&#233;ricains dans le seul but d'obtenir du renseignement : &#233;quip&#233;s de cam&#233;ras, ils n'&#233;taient pas arm&#233;s et servaient essentiellement &#224; faire de la surveillance a&#233;rienne dans le ciel sah&#233;lien. Mais depuis la fin de l'ann&#233;e derni&#232;re, elle les emploie &#233;galement pour frapper des cibles. Chaque drone dispose de quatre bombes de 250 kg &#8211; les m&#234;mes que celles employ&#233;es par les avions de chasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains, en France, s'inqui&#232;tent d'une d&#233;rive &#224; l'am&#233;ricaine : depuis une dizaine d'ann&#233;es, les &#201;tats-Unis ont multipli&#233; les frappes de drones en Afghanistan, au Pakistan et au Y&#233;men, faisant de nombreuses victimes civiles. Du c&#244;t&#233; des autorit&#233;s, on assure que la doctrine n'a pas chang&#233;. &#171; &lt;i&gt;L'homme est au centre,&lt;/i&gt; insiste le minist&#232;re des Arm&#233;es. &lt;i&gt;Il le restera. C'est lui qui d&#233;cide. Que ce soit lors du travail de surveillance, de caract&#233;risation des cibles et surtout de la prise de d&#233;cision d'engagement. Le choix de la France est clair : la d&#233;cision de tir d'un drone arm&#233; doit relever d'une d&#233;cision humaine.&lt;/i&gt; &#187; Mais la multiplication des frappes depuis que ces drones tueurs sont employ&#233;s au Sahel inqui&#232;te les populations. Plusieurs sources maliennes affirment que des civils ont &#233;t&#233; tu&#233;s par des bombes fran&#231;aises ces derni&#232;res semaines, dans le Gourma notamment. Ces all&#233;gations sont toutefois tr&#232;s difficiles &#224; v&#233;rifier en raison de l'absence de toute autorit&#233; ainsi que de sources ind&#233;pendantes dans cette zone.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Nombre de combattants ont rejoint des groupes djihadistes au Sahel pour d&#233;fendre leur famille ou leur communaut&#233; face &#224; d'autres groupes arm&#233;s qui les mena&#231;aient. Certains ont &#233;t&#233; s&#233;duits par les promesses d'un avenir meilleur. D'autres avancent une motivation financi&#232;re, les groupes promettant de l'argent &#224; leurs futures recrues. Enfin, certains ont &#233;t&#233; enr&#244;l&#233;s de force. Les travaux de chercheurs et d'ONG consacr&#233;s &#224; leurs motivations sont nombreux. Citons par exemple : &#171; &lt;a href=&#034;https://issafrica.org/fr/recherches/note-danalyse/jeunes-djihadistes-au-mali-guides-par-la-foi-ou-par-les-circonstances&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jeunes &#8220;djihadistes&#8221; au Mali : Guid&#233;s par la foi ou par les circonstances ?&lt;/a&gt; &#187;, ao&#251;t 2016, Institut d'&#233;tudes de s&#233;curit&#233; ; &#171; &lt;a href=&#034;http://journey-to-extremism.undp.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Journey to extremism in Africa : drivers incentives and the tipping point for recruitment&lt;/a&gt; &#187;, 2017, PNUD ; &#171; &lt;a href=&#034;https://www.fidh.org/IMG/pdf/fidh_centre_du_mali_les_populations_prises_au_pie_ge_du_terrorisme_et_contre_terrorisme.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dans le centre du Mali, les populations prises au pi&#232;ge du terrorisme et du contre-terrorisme&lt;/a&gt; &#187;, novembre 2018, FIDH.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le kaki au presse-pur&#233;e</title>
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		<dc:date>2018-12-19T03:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


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&lt;p&gt;C'est un petit bouquin qui p&#232;se pas lourd mais en envoie. Tristan L&#233;oni est l'auteur de Manu militari ? &#8211; Radiographie critique de l'arm&#233;e . Il se demande entre autres pourquoi la Grande Muette a disparu des &#233;crans radars de la critique sociale. &#201;l&#233;ments de r&#233;ponse. *** Qu'est-ce qui t'a amen&#233; &#224; t'int&#233;resser &#224; l'arm&#233;e ? &#171; Tout d'abord, je ne suis pas issu d'une famille d'officiers, si &#231;a peut en rassurer certains. Depuis gamin, la question militaire m'int&#233;resse. J'ai toujours lu des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no169-octobre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;169 (octobre 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Caroline-Sury" rel="tag"&gt;Caroline Sury&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cyop-Kaf" rel="tag"&gt;Cyop &amp; Kaf&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est un petit bouquin qui p&#232;se pas lourd mais en envoie. Tristan L&#233;oni est l'auteur de&lt;i&gt; Manu militari ? &#8211; Radiographie critique de l'arm&#233;e &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ditions Le Monde &#224; l'envers, 2018.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Il se demande entre autres pourquoi la Grande Muette a disparu des &#233;crans radars de la critique sociale. &#201;l&#233;ments de r&#233;ponse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2702 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH259/-962-d1837.jpg?1782688527' width='500' height='259' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui t'a amen&#233; &#224; t'int&#233;resser &#224; l'arm&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout d'abord, je ne suis pas issu d'une famille d'officiers, si &#231;a peut en rassurer certains. Depuis gamin, la question militaire m'int&#233;resse. J'ai toujours lu des bouquins sur le sujet, notamment ces affreuses revues militaires qu'on trouve en kiosque. Avec le temps, j'ai acquis une certaine familiarit&#233; avec la question... Mais pas pour autant de sympathie, puisque adulte je ne me suis pas engag&#233; dans l'arm&#233;e mais dans l'anarchisme ! Donc forc&#233;ment dans l'antimilitarisme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Concernant les motivations de ton bouquin, tu fais le constat d'un d&#233;sint&#233;r&#234;t et d'une profonde m&#233;connaissance de l'arm&#233;e au sein des &#171; milieux radicaux &#187;. Comment expliques-tu cela ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Depuis la fin de la conscription, l'arm&#233;e ne fait plus partie de notre quotidien. J'ai grandi dans une ville de province o&#249; &#233;tait casern&#233; en plein centre un r&#233;giment d'infanterie d'un millier d'hommes avec plusieurs parcs d'&#233;quipement en p&#233;riph&#233;rie, ainsi qu'un bureau de recrutement. Aujourd'hui, tout a disparu. Quand j'&#233;tais gamin, au commencement des ann&#233;es 1980, on croisait des uniformes partout. Si tu prenais le train, il n'&#233;tait pas rare de voyager avec des militaires, et m&#234;me les auto-stoppeurs &#233;taient fr&#233;quemment des bidasses. Jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es 1990, des centaines de milliers de jeunes hommes &#233;taient oblig&#233;s de passer un an dans une caserne en treillis et avec un fusil. Les militants d'extr&#234;me gauche ou les anarchistes essayaient, comme beaucoup d'autres, de se faire r&#233;former. Certains devenaient objecteurs de conscience ou insoumis ; les plus malchanceux partaient sous les drapeaux. Si tu parvenais &#224; &#233;viter la conscription, c'&#233;taient tes copains de lyc&#233;e ou ton fr&#232;re qui te racontaient le quotidien du troufion. La critique de l'arm&#233;e, du moins chez les anars, faisait partie du militantisme de base et les antimilitaristes avaient de fait une certaine connaissance du sujet. Un activisme qui avait son petit &#233;cho, en particulier aupr&#232;s de lyc&#233;ens et d'&#233;tudiants qui avaient la boule au ventre &#224; l'id&#233;e&#8200;de partir faire leur service, et aupr&#232;s de ceux qui en ressortaient d&#233;go&#251;t&#233;s. Tout &#231;a est termin&#233;. L'institution militaire est d&#233;sormais quelque chose d'ext&#233;rieur qu'on conna&#238;t mal. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En caricaturant ton propos, on a l'impression que l'arm&#233;e ne sert plus &#224; grand-chose &#224; part d'outil de com' pour rassurer le populo en p&#233;riode d'attentats, ou sur le plan des Opex &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Opex : Op&#233;rations ext&#233;rieures.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; quand il s'agit de traquer quelques bandes isol&#233;es dans le d&#233;sert malien...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne suis pas d'accord. J'ai consacr&#233; un chapitre &#224; l'utilisation qui peut &#234;tre faite aujourd'hui de l'arm&#233;e fran&#231;aise &#224; travers la plan&#232;te : il ne s'agit &#233;videmment pas de d&#233;fendre la paix ou d'instaurer la d&#233;mocratie mais, bien plus prosa&#239;quement, de pr&#233;server des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques : s&#233;curiser le domaine maritime fran&#231;ais (le deuxi&#232;me au monde), ses ressources, les routes commerciales et d'approvisionnements &#233;nerg&#233;tiques ou bien aider &#8220; nos &#8221; entreprises &#224; conqu&#233;rir de nouveaux march&#233;s. En Afrique, par exemple, signer des accords de coop&#233;ration militaire peut favoriser ou accompagner des ententes commerciales &#8211; c'est un petit plus que la Chine ne propose pas encore. Si la France fait encore partie des grandes puissances, c'est notamment parce qu'elle peut s'appuyer sur un outil militaire encore assez performant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Hexagone, c'est diff&#233;rent. Mais il faut ici pr&#233;ciser que ce livre, s'il ne traite que de l'arm&#233;e fran&#231;aise, n'est pas une grande monographie exhaustive. C'est un petit format et, dans ces quelques pages, je m'int&#233;resse &#224; la vision qu'on a des militaires en milieu militant. C'est davantage une invitation &#224; &#8220;d&#233;faire ses id&#233;es toutes faites&#8221; sur le sujet ; je ne cherche pas &#224; noyer le lecteur sous des flots de chiffres, mais plut&#244;t &#224; lancer des pistes de r&#233;flexion pour aller au-del&#224; des caricatures. Du coup, j'&#233;voque sans doute beaucoup ce &#224; quoi elle ne sert pas ; et il est vrai qu'&lt;i&gt;aujourd'hui&lt;/i&gt;, en m&#233;tropole, elle ne sert pas &#224; grand-chose (gendarmerie mise &#224; part). Les militaires sont toujours l&#224;, &#8220; au cas o&#249; &#8221; une insurrection g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#233;claterait et mettrait en p&#233;ril l'&#201;tat, mais un &#233;v&#233;nement de ce type para&#238;t peu probable &#224; court terme. J'&#233;voque donc beaucoup les fantasmes autour de l'uniforme, par exemple avec Sentinelle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'op&#233;ration Sentinelle est lanc&#233;e apr&#232;s les attentats de janvier 2015. Une dizaine de milliers de bidasses sont d&#233;ploy&#233;s sur le territoire. Une r&#233;ponse s&#233;curitaire &#224; &#171; usage anxiolytique &#187; selon toi...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, car le fait de faire patrouiller des soldats dans les gares n'a aucun int&#233;r&#234;t op&#233;rationnel dans la pr&#233;tendue &#8220; lutte contre le terrorisme &#8221;. Cela fait tout au plus baisser le niveau de la petite d&#233;linquance dans ces zones, car si on est pickpocket, on pr&#233;f&#232;re aller bosser plus loin... Et ceci bien que ces militaires aient les pouvoirs de police d'un citoyen lambda. Ce que j'explique, et dont se plaignent les officiers, c'est que Sentinelle co&#251;te cher, ne sert &#224; rien et se r&#233;v&#232;le m&#234;me contre-productive. Son seul int&#233;r&#234;t est &#8220; anxiolytique &#8221; : c'est triste &#224; dire mais beaucoup de personnes sont rassur&#233;es et satisfaites d'un tel dispositif. Au moins l'&#201;tat montre qu'il fait quelque chose ! Un tel d&#233;ploiement de kaki est peut-&#234;tre moins efficace que des vigiles, mais il a nettement plus de gueule. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un des effets secondaires de la professionnalisation de l'arm&#233;e a &#233;t&#233; la fonte drastique de ses effectifs. Tu &#233;cris : &#171; Si l'arm&#233;e fran&#231;aise de 2017 affrontait celle de 1987, elle serait battue. &#187; Quelles cons&#233;quences sur ses capacit&#233;s &#224; intervenir &#224; l'&#233;tranger ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'arm&#233;e de conscription &#233;tait organis&#233;e et &#233;quip&#233;e pour contenir l'assaut des troupes du pacte de Varsovie qui, apr&#232;s avoir travers&#233; l'Allemagne, auraient d&#233;ferl&#233; sur la France. Il s'agissait alors d'avoir le maximum d'hommes et de mat&#233;riel pour &#233;craser l'autre en un duel titanesque. Jusqu'aux ann&#233;es 1980, la doctrine de l'arm&#233;e fran&#231;aise se base sur ce sch&#233;ma, et tout le reste &#8211; notamment les th&#233;ories contre-insurrectionnelles &#8211; est per&#231;u comme secondaire. Aujourd'hui, il n'y a plus de menace militaire directe sur la m&#233;tropole, les forces arm&#233;es sont avant tout organis&#233;es pour des guerres lointaines. Et on ne d&#233;truit pas un convoi de pick-up de &#8220; djihadistes &#8221; dans le nord du Mali comme on aurait arr&#234;t&#233; une division blind&#233;e tch&#232;que dans la trou&#233;e de Belfort. Si la France alignait en 1989 plus de 1 200 chars d'assauts, elle n'en a plus aujourd'hui que 400 &#8211; Abou Dhabi en a autant &#8211; et ce nombre doit &#234;tre ramen&#233; &#224; 200 d'ici &#224; 2025. Mais le volume n'est pas tout. Les soldats fran&#231;ais sont malgr&#233; tout pr&#233;sents sur de nombreux th&#233;&#226;tres d'op&#233;ration : Sahel, Jordanie, Irak ou m&#234;me Rojava ! Cela dit, sur les 270 000 personnels de l'arm&#233;e fran&#231;aise, seuls 20 000 se trouvent hors de m&#233;tropole, dont environ 7 000 en Opex. Pourtant, comme je l'explique, les limites humaines, mat&#233;rielles et budg&#233;taires de l'arm&#233;e sont presque atteintes, elle est &#224; deux doigts du &lt;i&gt;burn-out&lt;/i&gt;. Un tableau qui devrait r&#233;jouir les antimilitaristes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On dit que les opinions publiques occidentales ne supportent plus la mort de leurs soldats. D'o&#249; une rar&#233;faction des interventions au sol. Mourir, pour un soldat, ne fait plus partie des &#171; risques du m&#233;tier &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les Occidentaux ne sont plus habitu&#233;s &#224; la guerre, la mort, la violence et les bombardements. Des choses tr&#232;s lointaines, au propre comme au figur&#233;. Lorsque la radio annonce que &#8220; nous &#8221; avons lib&#233;r&#233; Mossoul ou Raqqa de l'&#201;tat islamique, je me demande combien d'auditeurs comprennent que &#8220; nous &#8221; avons aussi ras&#233; les trois quarts de ces villes par des bombardements et tu&#233; une partie des habitants... Quand un militaire occidental meurt, &#231;a nous revient &#224; la figure, il y a comme un bug. En 2008, en Afghanistan, une embuscade co&#251;te la vie &#224; dix soldats fran&#231;ais : c'est un drame national et les familles portent plainte pour &#8220; mise en danger de la vie d'autrui &#8221;... Les autorit&#233;s doivent donc prendre en compte l'opinion publique. Mais il faut se rappeler que durant la guerre d'Alg&#233;rie, dix militaires &#233;taient tu&#233;s &lt;i&gt;chaque jour&lt;/i&gt;, souvent des conscrits. Et on comptait 900 tu&#233;s &lt;i&gt;chaque jour&lt;/i&gt; entre 1914 et 1918 ! Aujourd'hui, ces consid&#233;rations rel&#232;vent surtout de gouvernements et d'habitants de pays riches dont les arm&#233;es, par choix, m&#232;nent des guerres &#224; l'ext&#233;rieur de leurs fronti&#232;res. Les populations des pays o&#249; se d&#233;roulent les conflits n'ont pas exactement les m&#234;mes pr&#233;occupations. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par deux fois (en 2012 et 2017), la s&#233;natrice PS de Marseille Samia Ghali a r&#233;clam&#233; l'intervention de l'arm&#233;e dans les quartiers populaires. En 2006, c'&#233;tait S&#233;gol&#232;ne Royal qui proposait un encadrement militaire des jeunes d&#233;linquants. Ces saillies ne sont-elles qu'un moyen de surfer sur la crispation s&#233;curitaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce genre de d&#233;clarations massues donne une image de fermet&#233; qui pla&#238;t &#224; certains &#233;lecteurs. Je passe sur l'id&#233;e que l'on pourrait remplacer &#233;ducateurs et enseignants de coll&#232;ge en manque d'autorit&#233; par des personnes form&#233;es pour faire la guerre... Ce n'est pas tr&#232;s s&#233;rieux. On l'a encore vu avec le projet de Macron de restaurer un service national universel : cela n'a pas manqu&#233; de r&#233;veiller adversaires et partisans de la conscription, alors que d&#232;s le d&#233;part cette proposition avait tout d'une baudruche m&#233;diatique qui n'a pas manqu&#233; de se d&#233;gonfler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la question d'une intervention de l'arm&#233;e dans les dits &#8220; quartiers populaires &#8221;, o&#249; vivent notamment des prol&#233;taires issus de diverses vagues d'immigration, elle rel&#232;ve de beaucoup de fantasmes. Et en r&#233;v&#232;le autant. Notamment cette id&#233;e assez r&#233;pandue qui voudrait que d&#232;s aujourd'hui, et demain davantage, ce soit la guerre d'Alg&#233;rie qui se poursuive dans ces quartiers. Cette vision, que je critique sous plusieurs angles dans mon livre, me para&#238;t assez dangereuse et, de plus, ne repose sur rien de bien solide. Il faut, d&#232;s lors, se demander &#224; quoi pourrait bien servir un d&#233;ploiement militaire dans ces quartiers. &#192; r&#233;duire le commerce de shit ? &#192; faire baisser l'absent&#233;isme scolaire ? Si c'est pour stopper des &#233;meutes, l'&#201;tat n'a besoin que de CRS entra&#238;n&#233;es et bien &#233;quip&#233;es ; les policiers qui se plaignent r&#233;guli&#232;rement, pas seulement de manque d'effectifs mais aussi du manque de moyens et de soutien de leur hi&#233;rarchie ou de la justice, ne demandent pas &#224; &#234;tre &#233;paul&#233;s par l'arm&#233;e. Des patrouilles de soldats seraient &lt;i&gt;aujourd'hui&lt;/i&gt; aussi &#8220; utiles &#8221; en banlieue que dans les gares... Et puis il ne faudrait pas croire que l'&#201;tat ne dispose que d'un volet s&#233;curitaire ; d'autres dispositifs existent pour assurer et acheter la paix sociale dans ces quartiers : client&#233;lisme, subventions, associations, drogue ou religion. Tout est bon pour que n'&#233;clate pas une nouvelle r&#233;volte de jeunes prol&#233;taires similaire &#224; celle de 2005, et surtout qu'elle ne s'&#233;tende pas &#224; d'autres secteurs g&#233;ographiques et &#224; d'autres couches de la population. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par S&#233;bastien Navarro&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;ditions Le Monde &#224; l'envers, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Opex : Op&#233;rations ext&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les zombies de Radio Courtoisie </title>
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		<dc:date>2017-12-28T07:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#199;a s'est pass&#233; comme &#231;a&#8230; On causait du contenu du dossier &#171; Radios libres &#187; et j'ai lanc&#233; : &#171; &#199;a pourrait &#234;tre int&#233;ressant d'aller voir du c&#244;t&#233; des radios associatives de l'ennemi. Genre, se fader une journ&#233;e de Radio Courtoisie ? &#187; Personne ne me contredisant, j'ai fonc&#233;. Tu parles d'une id&#233;e &#224; la con... Pour l'extr&#234;me droite &#224; la papa, Radio Courtoisie est une institution. L'&#233;quivalent sur les ondes de Rivarol ou de Minute dans les kiosques. Fond&#233;e il y a trente ans par un proche de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no160-decembre-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;160 (d&#233;cembre 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Medias-8" rel="tag"&gt;M&#233;dias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mickomix" rel="tag"&gt;Mickomix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/General" rel="tag"&gt;G&#233;n&#233;ral&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/general-Arnaud" rel="tag"&gt;g&#233;n&#233;ral Arnaud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#199;a s'est pass&#233; comme &#231;a&#8230; On causait du contenu du dossier &#171; Radios libres &#187; et j'ai lanc&#233; : &#171; &lt;i&gt;&#199;a pourrait &#234;tre int&#233;ressant d'aller voir du c&#244;t&#233; des radios associatives de l'ennemi. Genre, se fader une journ&#233;e de Radio Courtoisie ?&lt;/i&gt; &#187; Personne ne me contredisant, j'ai fonc&#233;. Tu parles d'une id&#233;e &#224; la con...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour l'extr&#234;me droite &#224; la papa, Radio Courtoisie est une institution. L'&#233;quivalent sur les ondes de &lt;i&gt;Rivarol&lt;/i&gt; ou de &lt;i&gt;Minute&lt;/i&gt; dans les kiosques. Fond&#233;e il y a trente ans par un proche de l'OAS nomm&#233; Jean Ferr&#233;, cette radio associative d&#233;verse sur ses auditeurs un m&#233;lange de catholicisme traditionnel et d'envol&#233;es ronflantes sur la puret&#233; de la langue fran&#231;aise, pour le plus grand plaisir des petits nazis et des grands r&#233;acs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa coloration brune a certes un peu d&#233;teint avec l'&#233;viction en juillet dernier de celui qui &#233;tait &#224; sa t&#234;te depuis 2007 : Henry de Lesquen. Tar&#233; fini, ce dernier s'&#233;tait notamment fait conna&#238;tre en d&#233;clarant vouloir interdire &#171; &lt;i&gt;la musique n&#232;gre&lt;/i&gt; &#187; et en multipliant les sorties antis&#233;mites ou islamophobes. Exit le fou furieux. N'emp&#234;che : se coltiner une journ&#233;e enti&#232;re de Radio Courtoisie reste une exp&#233;rience perturbante. L'&#233;quivalent d'une t&#233;l&#233;portation dans une r&#233;union des Camelots du Roi &lt;i&gt;circa&lt;/i&gt; 1930. Ce &lt;i&gt;verbatim&lt;/i&gt; chronologique en fait foi.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1940 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH560/-233-b8dc0.jpg?1782638909' width='400' height='560' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Mickomix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;9 h 05 : &lt;/strong&gt;Le pr&#233;sentateur est jouasse, limite fr&#233;tillant. Pensez donc : l'homme qu'il re&#231;oit, le g&#233;n&#233;ral Arnaud Sainte-Claire Deville, &#233;tait encore il y a quelques mois &#171; &lt;i&gt;n&#176; 3 de l'arm&#233;e de terre&lt;/i&gt; &#187;. Mazette. Il l'interroge donc avec d&#233;f&#233;rence, le doigt sur le k&#233;pi. &#171; &lt;i&gt;Mon G&#233;n&#233;ral &lt;/i&gt; &#187;, qu'il susurre &#224; chaque question, orgasme &#224; l'horizon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las. Malgr&#233; des questions de haut niveau &#8211; &#171; &lt;i&gt; Vos meilleurs souvenirs de quarante ans d'arm&#233;e ?&lt;/i&gt; &#187; &#8211;, Mon G&#233;n&#233;ral n'est pas tr&#232;s expansif. Il &#233;voque certes &#171; &lt;i&gt;le canon de 155 Caesar qui obtient d'excellents r&#233;sultats&lt;/i&gt; &#187; ou l'h&#233;ro&#239;sme des soldats, mais ne sort pas de son r&#244;le. Du classique. Il tient &#224; le rappeler, cependant : &#171; &lt;i&gt;L'&#233;p&#233;e reste l'axe du monde.&lt;/i&gt; &#187; Compris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moment culminant, l'appel d'un auditeur, angoiss&#233; par une question m&#233;taphysique des plus pressantes : &#171; &lt;i&gt;Mon G&#233;n&#233;ral, l'arm&#233;e fran&#231;aise a-t-elle un saint patron ?&lt;/i&gt; &#187; La vieille baderne est d&#233;sol&#233;e : ce n'est pas le cas. &#171; &lt;i&gt;Et si vous deviez en choisir un ?&lt;/i&gt; &#187;, relance l'intervieweur. &#171; &lt;i&gt;Je crois que Jeanne d'Arc remplirait bien ce r&#244;le&lt;/i&gt; &#187;, c&#226;line Mon G&#233;n&#233;ral. &#201;moi dans le studio : &#171; &lt;i&gt;Cette r&#233;ponse devrait plaire &#224; nos auditeurs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;10 h 15 :&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;C'est une langue beeeelle, avec des mots supeeeerbes...&lt;/i&gt; &#187; Le pauvre Yves Duteil (et son morceau &#171; La langue de chez nous &#187;) est mobilis&#233; pour introduire un message visant &#224; promouvoir l'autoproclam&#233;e &#171; &lt;i&gt;Radio libre du pays r&#233;el et de la francophonie&lt;/i&gt; &#187;. Sise boulevard Murat dans le 16e arrondissement parisien, l'antenne f&#234;te ses trois d&#233;cennies et a besoin de thunes. Pour adh&#233;rer, c'est 40 &#8364;. Mais pour assister &#224; la c&#233;r&#233;monie d'anniversaire avec les &#171; patrons &#187; des &#233;missions sur une p&#233;niche &#224; Boulogne, c'est 50 boules &#8211; je me t&#226;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;10 h 15 :&lt;/strong&gt; Petite musique m&#233;di&#233;vale, genre madrigaux &#233;piques. Dansant le quadrille dans mon salon, je me calme quand &#231;a encha&#238;ne sur Anton Dvorak. &lt;i&gt;Allegro ma non troppo&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;10 h 47 :&lt;/strong&gt; Moment culture &amp; vieux grigous. Un acad&#233;micien d&#233;vot &#233;voque sa biographie de Bossuet. &#199;a cause de Richelieu, des Lumi&#232;res ou de l'Institut du monde arabe (&lt;i&gt;What the fuck ?&lt;/i&gt;), dont on utilisera avec profit le dernier &#233;tage pour contempler la cath&#233;drale Notre-Dame (Ouf...). &#171; L&lt;i&gt;'&#233;preuve la plus &#233;pouvantable peut mener &#224; une forme de r&#233;demption&lt;/i&gt; &#187;, gargouille l'invit&#233;. Ah ouais ? J'attends la mienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;11 h 45 :&lt;/strong&gt; Voici le &#171; Bulletin de r&#233;information &#187;, moment d'amateurisme g&#234;nant, sans doute concoct&#233; par des stagiaires neuneus. Entre blancs et &#171; euhhh &#187; sonores, ils causent platement d'En Marche et de Merkel. Seule lueur, le jingle omnipr&#233;sent, &#224; base de symphoniques flonflons. L'impression d'assister &#224; un combat de caniches avec la musique de &lt;i&gt;Star Wars&lt;/i&gt; en fond sonore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;12 h 00 :&lt;/strong&gt; Tadam, gros morceau : &#171; Le libre journal des insoumis &#187; accueille le Mouvement catholique des familles. Il y a trois invit&#233;s, dont le pr&#233;sident Fran&#231;ois Legrier qui accapare le micro et ne perd pas une occasion de mentionner ses &#171; &lt;i&gt;28 petits-enfants&lt;/i&gt; &#187;. L'objectif du gus est simple : &#171; &lt;i&gt; Redonner &#224; la famille sa place de noyau fondamental de notre soci&#233;t&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Il y a urgence : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes en guerre&lt;/i&gt; &#187;, clame-t-il, des tr&#233;molos dans la voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le d&#233;bat ronronne &#8211; sont &#233;voqu&#233;s l'edukazion nazionale (prononc&#233; &#224; la Goebbels, rires gras), les vitraux romans, Pie XII... &#8211;, l'un des animateurs vire psychotique : &#171; &lt;i&gt;La virilit&#233; a totalement d&#233;sert&#233; notre &#233;poque !&lt;/i&gt;, s'&#233;trangle-t-il. &lt;i&gt;On n'a plus d'hommes ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soudain la m&#234;l&#233;e : tous se jettent sur l'os &#224; ronger, d&#233;lirant dans les grandes largeurs, avec mention de Joseph (papa de) &#224; qui Marie et J&#233;sus ob&#233;issaient sans regimber. En point d'orgue, juste apr&#232;s mention de la derni&#232;re apparition de Fatima, o&#249; &#171; &lt;i&gt;le petit J&#233;sus b&#233;nit la foule &#224; la mani&#232;re de son papa&lt;/i&gt; &#187;, est ass&#233;n&#233;e cette certitude eschatologique : &#171; &lt;i&gt;Le dernier combat de Satan sera contre la famille !&lt;/i&gt; &#187; Peur sur le rance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;13 h 30 :&lt;/strong&gt; Place &#224; la chanson fran&#231;aise contemporaine : Bourvil, Piaf, etc. J'attends Maurice Chevalier de pied ferme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;14 h 00 :&lt;/strong&gt; Pas l'&#233;mission la plus d&#233;bile. Il est question d'enseignement de la philosophie avec des profs parisiens, relativement peu obsc&#232;nes au regard du cadre. Mais voil&#224; qu'&#233;voquant les Allemands et les Italiens, le pr&#233;sentateur l&#226;che : &#171; &lt;i&gt;Les peuples civilis&#233;s, quoi...&lt;/i&gt; &#187; Ouf, on est bien sur Radio Courtoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;15 h 00 :&lt;/strong&gt; Joie, un certain Philippe Maurice pr&#233;sente son &#233;mission sur la musique lyrique fran&#231;aise. S&#233;nile et chevrotant, il perd r&#233;guli&#232;rement les p&#233;dales, mange ses pauvres mots. D&#233;crivant des op&#233;rettes oubli&#233;es via des phrases telles que &#171; &lt;i&gt;la f&#233;e printemps acc&#232;de alors &#224; sa demande pour &#233;chapper &#224; la menace du soleil&lt;/i&gt; &#187;, il brille dans le noir, mignon comme tout. C&#339;ur sur lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;16 h 00 :&lt;/strong&gt; &#171; Le libre journal de politique &#233;trang&#232;re &#187; d&#233;marre mollement, et ne d&#233;colle jamais vraiment. Tout &#231;a n'a rien d'original, les gars : Alexandre Adler le fait d&#233;j&#224; sur Europe 1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;17 h 12 :&lt;/strong&gt; Interm&#232;de musical. Je rep&#232;re une trompette presque jazzy dans un morceau de Gershwin. Gaffe, de Lesquen va se retourner dans sa (presque) tombe...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;17 h 46 :&lt;/strong&gt; Message du cofondateur de la radio, Didier Roy, qui appelle &#224; financer son b&#233;b&#233;, &#171; &lt;i&gt;instrument de la r&#233;surrection fran&#231;aise&lt;/i&gt; &#187;. Question : &#234;tre t&#233;l&#233;port&#233; dans les ann&#233;es 1930, est-ce vraiment une r&#233;surrection ? Vous avez trois heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;18 h 00 :&lt;/strong&gt; Voil&#224; le gros morceau de ce mardi 21 novembre, les &#171; Chroniques du droit et de la libert&#233; &#187;. Trois heures de discussions r&#233;actionnaires entre croulants se prenant pour de fins analystes. Dont mon favori, Ma&#238;tre Heck, &#171; &lt;i&gt;notaire honoraire&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a apparemment pas de th&#232;me, hors &#171; &lt;i&gt;la d&#233;cadence&lt;/i&gt; &#187;. Sont convoqu&#233;s &#201;ric Zemmour, &lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt;, Patrick Buisson, re-Zemmour, avec entre deux &#171; saillies drolatiques &#187; des attaques r&#233;p&#233;t&#233;es contre l'&#233;galitarisme, &#171; &lt;i&gt;destructeur de la richesse&lt;/i&gt; &#187;. Au fil des minutes, les intervenants galopent vers le n&#233;ant, se confortant dans leurs certitudes d&#233;caties &#224; coup de dialogues de sourds : &#171; &lt;i&gt;Il y a un homosexualisme latent de la gauche.&lt;/i&gt; &#187; &#8211; &#171; &lt;i&gt;Je l'ai toujours dit ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le message g&#233;n&#233;ral : ces tr&#232;s petits vieux ont peur. De tout. Des francs-ma&#231;ons (descendants des gnostiques, brrrr). Des homos. Du communisme &#171; &lt;i&gt;dans lequel nous vivons toujours&lt;/i&gt; &#187;. Des millions de petits Chinois pr&#234;ts &#224; d&#233;ferler sur l'Occident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et moi et moi et moi ? J'ai la naus&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;21h 30 :&lt;/strong&gt; D&#233;but du &#171; Journal de la foi &#187;, fin de ma mission : j'&#233;teins. Maso, peut-&#234;tre, mais pas suicidaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'Arevafrique</title>
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		<dc:date>2012-05-07T07:14:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonathan Ludd</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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&lt;p&gt;Le nucl&#233;aire, c'est l'ind&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique de la France, c'est une &#233;nergie propre ! Vraiment ? Et l'uranium des centrales fran&#231;aises, d'o&#249; vient-il ? Dans quelles conditions est-il exploit&#233; par Areva ? Qu'est-ce qui se cache tout au bout de nos prises &#233;lectriques ? CQFD a rencontr&#233; Rapha&#235;l Granvaud, auteur d'un bouquin tout juste sorti en librairie : Areva en Afrique &#8211; Une face cach&#233;e du nucl&#233;aire fran&#231;ais (&#233;ditions Agone, 2012). CQFD : En quoi l'Afrique int&#233;resse-t-elle Areva, et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no98-mars-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;98 (mars 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/nucleaire-597" rel="tag"&gt;nucl&#233;aire&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gabon" rel="tag"&gt;Gabon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le nucl&#233;aire, c'est l'ind&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique de la France, c'est une &#233;nergie propre ! Vraiment ? Et l'uranium des centrales fran&#231;aises, d'o&#249; vient-il ? Dans quelles conditions est-il exploit&#233; par Areva ? Qu'est-ce qui se cache tout au bout de nos prises &#233;lectriques ? &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a rencontr&#233; Rapha&#235;l Granvaud, auteur d'un bouquin tout juste sorti en librairie : &lt;a href=&#034;http://atheles.org/agone/dossiersnoirs/arevaenafrique/index.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Areva en Afrique &#8211; Une face cach&#233;e du nucl&#233;aire fran&#231;ais&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (&#233;ditions Agone, 2012).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : En quoi l'Afrique int&#233;resse-t-elle Areva, et dans quels pays ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rapha&#235;l Granvaud :&lt;/strong&gt; L'Afrique est li&#233;e &#224; l'histoire du nucl&#233;aire depuis les origines. Le combustible des premi&#232;res bombes am&#233;ricaines provient du sous-sol de l'actuelle R&#233;publique D&#233;mocratique du Congo. D&#232;s la fondation du Commissariat &#224; l'&#233;nergie atomique (CEA) en 1945, dont la v&#233;ritable fonction &#233;tait de pr&#233;parer dans la clandestinit&#233; la bombe atomique fran&#231;aise, toutes les colonies fran&#231;aises ont &#233;t&#233; sillonn&#233;es &#224; la recherche d'uranium. On a d'abord pens&#233; trouver l'eldorado &#224; Madagascar ou au Congo, mais c'est finalement au Gabon et surtout au Niger que l'exploitation a commenc&#233; dans les ann&#233;es 1960. Alors que la France s'est rapidement lanc&#233;e dans la construction d'un parc &#233;lectronucl&#233;aire d&#233;mesur&#233;, l'approvisionnement en uranium a constitu&#233; l'une des motivations importantes du maintien de ces pays sous tutelle fran&#231;aise. On le savait pour ce qui concerne le p&#233;trole, mais c'&#233;tait moins connu s'agissant de l'uranium. Progressivement, la Cog&#233;ma, devenue Areva en 2001, a diversifi&#233; ses approvisionnements (Canada, Australie, Kazakhstan&#8230;), mais une large part provient toujours du Niger et c'est sans doute la plus rentable. En 2007, en pleine euphorie nucl&#233;aire, et lorsque les cours mondiaux s'envolaient sous l'effet de la sp&#233;culation, Areva a souhait&#233; doubler le volume de sa production. Elle s'est &#224; nouveau tourn&#233;e vers l'Afrique, en faisant l'acquisition du plus grand gisement africain, &#224; Imouraren, toujours au Niger, mais aussi d'autres sites en Namibie, en Centrafrique, en Afrique du Sud, etc. Aujourd'hui que les cours sont retomb&#233;s, et que la valeur r&#233;elle de certains de ces gisements s'est r&#233;v&#233;l&#233;e &#234;tre grossi&#232;rement surestim&#233;e, tous ces projets ont &#233;t&#233; gel&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans ces conditions, peut-on parler d'ind&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique fran&#231;aise ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ind&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique de la France gr&#226;ce au nucl&#233;aire est un mensonge au croisement de la propagande nucl&#233;aire et de la rh&#233;torique n&#233;ocoloniale. L'uranium qui a &#233;t&#233; exploit&#233; en France n'aurait jamais suffi &#224; alimenter nos centrales, et depuis 2001, la totalit&#233; de l'uranium est import&#233;e puisque toutes les mines fran&#231;aises ont ferm&#233;. Dans ces conditions, parler d'ind&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique, au motif que ces importations sont diversifi&#233;es, s&#233;curis&#233;es et peu on&#233;reuses, comme l'a fait encore r&#233;cemment le ministre de l'industrie &#201;ric Besson, c'est dissimuler les conditions politiques et environnementales de l'obtention de cet uranium &#224; bas prix, en particulier en Afrique, o&#249; l'on continue de faire comme si le sous-sol des anciennes colonies &#233;tait propri&#233;t&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, pouvez-vous revenir rapidement sur les conditions de l'exploitation de l'uranium ? On parle souvent du nucl&#233;aire comme d'une &#171; &#233;nergie propre &#187;&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; encore un mensonge. Pour obtenir les presque 150 000 tonnes d'uranate qui ont &#233;t&#233; extraites du sous-sol africain, il a fallu concasser et traiter chimiquement des millions de tonnes de roches. Ces d&#233;chets, qui contiennent la grande majorit&#233; de la radioactivit&#233; naturelle, sont laiss&#233;s &#224; l'air libre, ou jet&#233;s dans l'eau comme au Gabon. Au Niger, les sols, les nappes phr&#233;atiques et l'air sont pollu&#233;s autour des villes mini&#232;res, et les travailleurs comme les populations lentement mais s&#251;rement contamin&#233;s. Face &#224; cette situation, Areva se contente de nier tout lien entre la radioactivit&#233; et les pathologies nombreuses dont souffrent et d&#233;c&#232;dent les anciens mineurs, ou rejette simplement la responsabilit&#233; sur ses filiales. Mais l'apport sp&#233;cifique du livre et du travail de l'association Survie, c'est de montrer que l'uranium est &#233;galement une source de pollution de la vie politique. Pour s&#233;curiser ses approvisionnements au Gabon et au Niger, les autorit&#233;s fran&#231;aises n'ont eu de cesse de promouvoir les r&#233;gimes les plus autoritaires et les moins soucieux du bien-&#234;tre de leur population. C'&#233;tait L&#233;on M'Ba puis Omar Bongo au Gabon. Au Niger, &#231;a a commenc&#233; avec l'&#233;limination politique du leader ind&#233;pendantiste Bakary Djibo avant m&#234;me l'ind&#233;pendance, au profit de Hamani Diori, puis le renversement de ce dernier par une junte militaire en 1974, pr&#233;cis&#233;ment quand il a voulu ren&#233;gocier le prix de l'uranium... En 1996, alors que le peuple nig&#233;rien venait tout juste d'imposer la d&#233;mocratie, les r&#233;seaux Foccart ont sponsoris&#233; un nouveau coup d'&#233;tat militaire. Plus r&#233;cemment, on a vu des repr&#233;sentants officiels et officieux de l'&#201;tat fran&#231;ais voler au secours d'Areva quand le pr&#233;sident Tandja a voulu &#224; son tour r&#233;viser le prix pay&#233; par la firme fran&#231;aise. Nicolas Sarkozy s'est ensuite d&#233;plac&#233; personnellement au Niger pour tresser des lauriers &#224; Mamadou Tandja, alors que ce dernier s'appr&#234;tait ouvertement &#224; commettre son coup d'&#233;tat constitutionnel. En &#233;change, Areva a obtenu le gisement g&#233;ant d'Imouraren. Une fois ce gisement obtenu, la France a laiss&#233; Tandja se faire renverser par un nouveau coup d'&#233;tat dont ses services secrets avaient &#233;t&#233; avertis&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est le lien entre la fili&#232;re nucl&#233;aire et la Fran&#231;afrique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un lien ancien et &#233;troit : les protagonistes sont pour partie les m&#234;mes, &#224; commencer par le g&#233;n&#233;ral De Gaulle, initiateur du programme nucl&#233;aire et fondateur avec Foccart du dispositif n&#233;ocolonial. Ou Pierre Guillaumat, v&#233;ritable p&#232;re du programme militaire fran&#231;ais en tant qu'administrateur g&#233;n&#233;ral du CEA de 1951 &#224; 1958, mais aussi premier pr&#233;sident d'Elf, et instigateur de ce syst&#232;me de caisse noire permettant de financer des coups d'&#233;tat ou des guerres civiles en Afrique. On a vu aussi certaines personnalit&#233;s passer de fonctions diplomatiques &#224; la direction des mines d'uranium au Gabon ou au Niger, et inversement, ou une autre figure du monde nucl&#233;aire, Robert Galley, devenir ministre de la Coop&#233;ration. Plus r&#233;cemment, quand Areva a &#233;t&#233; confront&#233;e &#224; la concurrence chinoise au Niger, aux nouvelles pr&#233;tentions du r&#233;gime nig&#233;rien, et &#224; une r&#233;bellion touar&#232;gue qui mena&#231;ait ses int&#233;r&#234;ts, elle a recrut&#233; un ancien colonel de l'arm&#233;e fran&#231;aise qui avait &#233;t&#233; en poste au Niger &#224; une &#233;poque o&#249; les services secrets fran&#231;ais &#233;taient tr&#232;s impliqu&#233;s dans une pr&#233;c&#233;dente crise touar&#232;gue. Elle a &#233;galement plac&#233; &#224; la t&#234;te de ses activit&#233;s au Niger un diplomate, Dominique Pin, ancien de la cellule Afrique de l'&#201;lys&#233;e. Tous les deux ont &#233;t&#233; rapidement expuls&#233;s du pays en raison d'activit&#233;s diplomatiques parall&#232;les assez troubles. Au chapitre du recyclage des r&#233;seaux fran&#231;africains les moins rago&#251;tants, on peut &#233;galement citer l'utilisation comme &#171; facilitateurs &#187;, pour obtenir des permis en Centrafrique ou en RDC, du d&#233;put&#233; de Levallois-Perret et grand ami de Nicolas Sarkozy, Patrick Balkany, de l'homme d'affaires belge mais consul honoraire de France &#224; Lubumbashi, Georges Forrest, ou encore Fabien Singaye, cet ancien espion rwandais li&#233; au clan g&#233;nocidaire et &#224; Paul Barril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que l'affaire Uramin dont parlent de plus en plus les m&#233;dias ? S'agit-il d'une nouvelle affaire Elf ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007, pour diversifier ses permis miniers, Areva a fait l'acquisition d'une junior canadienne, Uramin, immatricul&#233;e dans un paradis fiscal. Areva a accept&#233; toutes les conditions impos&#233;es par le vendeur et s'est priv&#233;e des moyens de v&#233;rifier la valeur des gisements convoit&#233;s. Celui de Namibie particuli&#232;rement, o&#249; Areva a d&#233;j&#224; investi plus de 700 millions d'euros, semble avoir &#233;t&#233; une v&#233;ritable escroquerie. Areva a pourtant pay&#233; le prix fort : 1,8 milliard d'euros pour une entreprise qui n'en valait que 300 millions quelques mois plus t&#244;t, ce qui laisse soup&#231;onner un possible d&#233;lit d'initi&#233;. La question est de savoir s'il s'agit simplement d'une n&#233;gligence coupable ou si des complicit&#233;s internes &#224; Areva ont favoris&#233; cette op&#233;ration en toute connaissance de cause. Les actionnaires d'Uramin &#233;tant pour partie masqu&#233;s, on ne conna&#238;t pas tous les b&#233;n&#233;ficiaires de la vente&#8230; Luc Oursel, le nouveau dirigeant d'Areva, n'a pas manqu&#233; de rappeler que l'achat d'Uramin &#233;tait sous la responsabilit&#233; directe d'Anne Lauvergeon, mais semble maintenant jouer l'apaisement. Je pense que personne n'a envie d'un grand d&#233;ballage et d'une r&#233;&#233;dition de ce qui s'&#233;tait produit avec l'affaire Elf, lorsque Jaffr&#233; avait lev&#233; un coin du voile sur les activit&#233;s de son pr&#233;d&#233;cesseur, permettant &#224; la justice d'enqu&#234;ter plus qu'il ne l'aurait souhait&#233;. Comme pour l'affaire Elf, de toute fa&#231;on, le v&#233;ritable scandale est ailleurs que dans les questions d'enrichissement personnel : ce sont les conditions dans lesquelles les autorit&#233;s fran&#231;aises s&#233;curisent leurs approvisionnements et le prix pay&#233; par les populations africaines depuis cinquante ans au moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les r&#233;sistances auxquelles se confronte Areva dans les pays o&#249; elle est implant&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles sont de diff&#233;rentes natures. Il y a bien s&#251;r les travailleurs nig&#233;riens qui se battent pour de meilleures conditions de travail, en particulier du point de vue de la s&#233;curit&#233;, pour eux comme pour les populations environnantes. Avec les anciens travailleurs gabonais, ils r&#233;clament &#233;galement la reconnaissance des pathologies d'origine professionnelle, une prise en charge m&#233;dicale et une indemnisation l&#233;gitime. Il y a &#233;galement des mouvements qui r&#233;clament davantage de transparence dans les revenus g&#233;n&#233;r&#233;s par l'uranium, une revalorisation et une meilleure redistribution de ces revenus, qui n'ont pour l'instant gu&#232;re profit&#233; aux populations. M&#234;me s'il y a des pr&#233;occupations environnementales, il faut reconna&#238;tre que la majorit&#233; des mouvements et des revendications vont dans le sens d'une meilleure exploitation de l'uranium, plut&#244;t que de son abandon au profit d'autres moyens de d&#233;veloppement &#233;conomique et &#233;nerg&#233;tique. C'est une difficult&#233; pour des revendications communes avec les mouvements antinucl&#233;aires fran&#231;ais ou europ&#233;ens, pour lesquelles la sortie du nucl&#233;aire doit &#233;videmment s'accompagner d'un arr&#234;t de l'exploitation de l'uranium. &#192; titre personnel et au vu de l'histoire que je retrace dans le livre, je pense qu'une exploitation &#171; propre &#187; de l'uranium est un leurre. C'est bien &#233;videmment aux populations africaines de d&#233;cider ce qu'elles souhaitent faire de leur sous-sol. Mais encore faut-il qu'elles puissent le faire de mani&#232;re d&#233;mocratique. De ce point de vue, ce que nous pouvons r&#233;clamer en revanche, en tant que citoyens fran&#231;ais, c'est que les autorit&#233;s politiques ou les firmes fran&#231;aises comme Areva cessent de confisquer ce d&#233;bat par les moyens les plus cyniques et les plus criminels au nom d'une pr&#233;tendue &#171; ind&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique &#187; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles ont &#233;t&#233; vos m&#233;thodes d'enqu&#234;te, vos sources, pour publier un tel ouvrage ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas &#224; proprement parler d'une enqu&#234;te, au sens journalistique du terme, et le livre ne contient aucun scoop, m&#234;me s'il a l'ambition de faire la lumi&#232;re sur des questions qui sont aujourd'hui tr&#232;s mal connues, hors d'un cercle restreint de militants ou de sp&#233;cialistes. Je me suis appuy&#233; sur des ouvrages universitaires, des t&#233;moignages d'acteurs de premier plan, de nombreux rapports d'ONG, des articles de presse, des reportages et bien s&#251;r sur le travail quotidien de d&#233;cryptage de l'actualit&#233; fran&#231;africaine que r&#233;alise l'association Survie depuis de nombreuses ann&#233;es. Il n'existait pas d'ouvrage de synth&#232;se rapportant &#224; la fois des &#233;l&#233;ments de compr&#233;hension historique et une analyse d&#233;taill&#233;e des &#233;v&#233;nements de ces derni&#232;res ann&#233;es concernant les enjeux politiques, &#233;conomiques et environnementaux du nucl&#233;aire fran&#231;ais en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir aussi &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Les-ressources-d-uranium-dans-le'&gt;&#171; Les ressources d'uranium dans le monde colonial &#187;&lt;/a&gt;, une carte du &lt;a href='https://cqfd-journal.org/le-CRESADT'&gt;Centre de recherches en sciences absconses du territoire (Cresadt)&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#201;dito du 98</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Edito-du-98</link>
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		<dc:date>2012-03-15T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;dito</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>nucl&#233;aire</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;publique</dc:subject>
		<dc:subject>fran&#231;aise</dc:subject>
		<dc:subject>Fukushima</dc:subject>
		<dc:subject>fili&#232;re nucl&#233;aire</dc:subject>
		<dc:subject>ATTENTION</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;publique fran&#231;aise</dc:subject>
		<dc:subject>nucl&#233;aire fran&#231;aise</dc:subject>
		<dc:subject>hautes autorit&#233;s</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Attention ! L'Acad&#233;mie des sciences, une des plus hautes autorit&#233;s de la R&#233;publique fran&#231;aise, vient de rendre son avis sur Fukushima. Et elle a trouv&#233; les bons mots pour d&#233;finir l'explosion de la centrale, la contamination de centaines de kilom&#232;tres carr&#233;s, le d&#233;placement massif de populations, les maladies &#224; venir suite aux radiations. Pour ces savants, cela s'appelle &#171; un d&#233;fi [impliquant] des enseignements &#224; tirer pour l'avenir de la fili&#232;re nucl&#233;aire fran&#231;aise &#187; ! Car &#171; l'&#233;nergie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/francaise" rel="tag"&gt;fran&#231;aise&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Attention ! L'Acad&#233;mie des sciences, une des plus hautes autorit&#233;s de la R&#233;publique fran&#231;aise, vient de rendre son avis sur Fukushima. Et elle a trouv&#233; les bons mots pour d&#233;finir l'explosion de la centrale, la contamination de centaines de kilom&#232;tres carr&#233;s, le d&#233;placement massif de populations, les maladies &#224; venir suite aux radiations. Pour ces savants, cela s'appelle &lt;i&gt;&#171; un d&#233;fi [impliquant] des enseignements &#224; tirer pour l'avenir de la fili&#232;re nucl&#233;aire fran&#231;aise &#187;&lt;/i&gt; ! Car &lt;i&gt;&#171; l'&#233;nergie nucl&#233;aire est actuellement une composante essentielle des ressources &#233;nerg&#233;tiques fran&#231;aises et le restera longtemps en raison d'avantages reconnus. &#187; &lt;/i&gt; D'autant que &lt;i&gt;&#171; quatre d&#233;cennies d'exp&#233;rience ont montr&#233; que l'impact sanitaire du nucl&#233;aire est bien moindre que celui d'autres sources principales d'&#233;nergie&#8230; &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, pas de raison de s'inqui&#233;ter, puisque &lt;i&gt;&#171; l'industrie nucl&#233;aire est une succession de phases d'&#233;volution et de ruptures technologiques [et qu'elle] est un enjeu consid&#233;rable [justifiant] le renforcement des recherches &#187;&lt;/i&gt;. Reste que les doctes acad&#233;miciens pr&#233;conisent quand m&#234;me quelques s&#233;v&#232;res conseils comme &lt;i&gt;&#171; am&#233;liorer pr&#233;ventivement l'information et la communication [et] d&#233;velopper une &#233;pid&#233;miologie d'accidents graves [&#8230;] dot&#233;e d'un plateau technique permettant une observation en temps r&#233;el et un suivi exhaustif &#224; long terme de la population. &#187;&lt;/i&gt; Nous voil&#224; rassur&#233;s. &lt;i&gt;&#171; C'est s&#251;r que tout ce qui tourne autour du nucl&#233;aire, &#231;a les excite &#224; fond, tous ces gens-l&#224;. Zy'va le neutron et l'atome, et la mati&#232;re et le noyau. Tripoter gaiement du photovolta&#239;que ou de l'hydrog&#232;ne, r&#233;fl&#233;chir &#224; autre chose, c'est pour les petits bras. Le nucl&#233;aire, c'est un sacr&#233; joujou &#187;&lt;/i&gt;, explique &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; un chercheur erroriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement que derri&#232;re les propos des industriels du nucl&#233;aire suintant la finance et des politiciens transpirant le chauvinisme et la R&#233;publique, la fine fleur des scientifiques vient objectivement &#233;tayer la valeur de cette belle industrie. Irr&#233;futable !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Le f&#233;minisme &#224; la fran&#231;aise</title>
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		<dc:creator>Mademoiselle</dc:creator>


		<dc:subject>Les entrailles de Mademoiselle</dc:subject>
		<dc:subject>f&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>fran&#231;aise</dc:subject>
		<dc:subject>penser</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#226;ce</dc:subject>
		<dc:subject>gr&#226;ce d&#233;mocratique</dc:subject>
		<dc:subject>petit moment</dc:subject>
		<dc:subject>D'abord</dc:subject>
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		<dc:subject>Grosch&#233;ri</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; D'abord, sachez que gr&#226;ce &#224; ce &#8220;f&#233;minisme &#224; la fran&#231;aise&#8221;, selon Ir&#232;ne Th&#233;ry, on a pu &#8220;au milieu de la temp&#234;te de boue qui nous agite depuis deux semaines&#8221;, voir &#8220;se faufiler&#8221; &#8220;un petit moment de gr&#226;ce d&#233;mocratique [&#8230;] par-del&#224; les sexes et les cultures&#8221;. Ce qui fait tr&#232;s plaisir &#224; Grosch&#233;ri, le gentil Bisounours qui vit dans les nuages. Mais ce n'est pas tout, ces &#8220;f&#233;ministes &#224; la fran&#231;aise&#8221; ont &#233;galement &#8220;redonn&#233; sa chance &#224; la diversit&#233; de la pens&#233;e f&#233;ministe&#8221; et surtout &#8220;des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Grace" rel="tag"&gt;Gr&#226;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/grace-democratique" rel="tag"&gt;gr&#226;ce d&#233;mocratique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/petit-moment" rel="tag"&gt;petit moment&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gentil-Bisounours" rel="tag"&gt;gentil Bisounours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/milliers-d-hommes" rel="tag"&gt;milliers d'hommes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Groscheri" rel="tag"&gt;Grosch&#233;ri&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; D'abord, sachez que gr&#226;ce &#224; ce &lt;i&gt;&#8220;f&#233;minisme &#224; la fran&#231;aise&#8221;&lt;/i&gt;, selon Ir&#232;ne Th&#233;ry&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;NDLR : Ir&#232;ne Th&#233;ry est directrice de recherche &#224; l'&#201;cole des hautes &#233;tudes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, on a pu &lt;i&gt;&#8220;au milieu de la temp&#234;te de boue qui nous agite depuis deux semaines&#8221;&lt;/i&gt;, voir &lt;i&gt;&#8220;se faufiler&#8221; &#8220;un petit moment de gr&#226;ce d&#233;mocratique [&#8230;] par-del&#224; les sexes et les cultures&#8221;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fait tr&#232;s plaisir &#224; Grosch&#233;ri, le gentil Bisounours qui vit dans les nuages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas tout, ces &lt;i&gt;&#8220;f&#233;ministes &#224; la fran&#231;aise&#8221;&lt;/i&gt; ont &#233;galement &lt;i&gt;&#8220;redonn&#233; sa chance &#224; la diversit&#233; de la pens&#233;e f&#233;ministe&#8221;&lt;/i&gt; et surtout &lt;i&gt;&#8220;des centaines de milliers d'hommes s'y retrouvent tr&#232;s bien.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors l&#224;, Grosch&#233;ri est aux anges, parce qu'un f&#233;minisme dans lequel &lt;i&gt;&#8220;des centaines de milliers d'hommes&#8221;&lt;/i&gt; ne s'y retrouveraient pas, ce serait manquer &#224; un des fondements premiers du f&#233;minisme : ne pas bousculer les hommes. Non mais oh ! Manquerait plus que &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avec tout cela, nous ne savons toujours pas ce qu'est un &lt;i&gt;&#8220;f&#233;minisme &#224; la fran&#231;aise&#8221;&lt;/i&gt;. Et bien accrochez-vous, c'est &#224; en avaler son dentier :
&lt;i&gt;&#8220;Mon sentiment est que, par-del&#224; mes convictions, le f&#233;minisme &#224; la fran&#231;aise est toujours vivant. Il est fait d'une certaine fa&#231;on de vivre et pas seulement de penser, qui refuse les impasses du politiquement correct, veut les droits &#233;gaux des sexes et les plaisirs asym&#233;triques de la s&#233;duction, le respect absolu du consentement et la surprise d&#233;licieuse des baisers vol&#233;s.&#8221;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors l&#224;, franchement, si le &lt;i&gt;&#8220;f&#233;minisme &#224; la fran&#231;aise&#8221;&lt;/i&gt; existe, ce que je ne crois pas, j'en ai terriblement honte. Je ne comprends m&#234;me pas qu'on puisse &#233;crire de pareilles foutaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...] Le &lt;i&gt;&#8220;f&#233;minisme &#224; la fran&#231;aise&#8221;&lt;/i&gt;, ce serait donc le fait de r&#233;clamer l'&#233;galit&#233; des droits ET d'aimer une petite domination sympathique quand on sort de l'universit&#233; et qu'on va boire un verre ; ce serait aimer cette fa&#231;on tout &#224; fait charmante qu'aurait l'homme de nous reluquer nos fesses d'intellectuelle qui ne fait pas que penser, mais qui vit, voire qui s'encanaille un peu ! Tout &#224; fait d&#233;licieux, ma ch&#232;re ! Quant aux&lt;i&gt; &#8220;plaisirs asym&#233;triques de la s&#233;duction&#8221;&lt;/i&gt; : mais qu'est-ce que cela veut dire ? Que la domination, c'est excitant ? Je rencontre souvent des femmes qui trouvent que, finalement, un mec doit &#234;tre un &lt;i&gt;&#8220;vrai mec&#8221;&lt;/i&gt; pour leur plaire, qui disent aimer les hommes &lt;i&gt;&#8220;un peu machos&#8221;&lt;/i&gt;. C'est affligeant pour les hommes et pour les femmes. Mais lorsque ces femmes disent cela, elles n'ont pas de tribune ouverte dans le journal &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, et ne le font pas du haut de leur posture de &lt;i&gt;&#8220;directrice de recherche &#224; l'EHESS&#8221;&lt;/i&gt;. Leur travail, &#224; elles, ne consiste pas &#224; penser le monde social. Elles ne sont pas pay&#233;es pour &#231;a. Ir&#232;ne Th&#233;ry, elle, a le temps de r&#233;fl&#233;chir avant d'&#233;crire cela. Elle a toute une carri&#232;re d'universitaire pour le faire. Elle a toute une carri&#232;re d'universitaire pour penser cette &lt;i&gt;&#8220;s&#233;duction &#224; la fran&#231;aise&#8221;&lt;/i&gt; qu'on nous a enfonc&#233;e dans le cr&#226;ne depuis notre tendre enfance. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cet extrait est tir&#233; de l'article &#171; La Morale de ces morales &#187;, in Christine Delphy (coord.), &lt;a href=&#034;http://www.syllepse.net/lng_FR_srub_37_iprod_517-Un-troussage-de-domestique.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Un Troussage de domestique&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &#201;ditions Syllepse, 2011.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;NDLR : Ir&#232;ne Th&#233;ry est directrice de recherche &#224; l'&#201;cole des hautes &#233;tudes en sciences sociales (EHESS). Ses propos rapport&#233;s ici sont tir&#233;s de l'article &#171; Un F&#233;minisme &#224; la fran&#231;aise &#187; publi&#233; sur lemonde.fr le 28 mai 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Matraque sans fronti&#232;res</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Matraque-sans-frontieres</link>
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		<dc:date>2011-02-21T07:17:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Gaillard</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;mi</dc:subject>
		<dc:subject>fran&#231;aise</dc:subject>
		<dc:subject>monde entier</dc:subject>
		<dc:subject>janvier</dc:subject>
		<dc:subject>Ben Ali</dc:subject>
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		<dc:subject>l'Assembl&#233;e nationale</dc:subject>
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&lt;p&gt;Mich&#232;le Alliot-Marie a d&#233;clench&#233; un toll&#233; en proposant &#224; Ben Ali le &#171; savoir-faire &#187; r&#233;pressif national en pleine r&#233;volte populaire. Pourtant, il y a longtemps que le maintien de l'ordre &#224; la fran&#231;aise, s&#233;vices compris, est fort appr&#233;ci&#233; des dictateurs&#8230; &#171; Nous proposons que le savoir-faire, qui est reconnu dans le monde entier, de nos forces de s&#233;curit&#233; permette de r&#233;gler des situations s&#233;curitaires de ce type &#187;, d&#233;clarait la ministre des Affaires &#233;trang&#232;res le 11 janvier dernier devant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mich&#232;le Alliot-Marie a d&#233;clench&#233; un toll&#233; en proposant &#224; Ben Ali le &#171; savoir-faire &#187; r&#233;pressif national en pleine r&#233;volte populaire. Pourtant, il y a longtemps que le maintien de l'ordre &#224; la fran&#231;aise, s&#233;vices compris, est fort appr&#233;ci&#233; des dictateurs&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_77 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH392/86_remi-ecb3f.png?1782641159' width='400' height='392' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;mi
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&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous proposons que le savoir-faire, qui est reconnu dans le monde entier, de nos forces de s&#233;curit&#233; permette de r&#233;gler des situations s&#233;curitaires de ce type &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;clarait la ministre des Affaires &#233;trang&#232;res le 11 janvier dernier devant l'Assembl&#233;e nationale. Et MAM de se faire donc l'&#233;ni&#232;me porte-parole d'une tradition bien fran&#231;aise, &#224; moins qu'il ne s'agisse d'une super-ruse diplomatique comme on a pu le lire ici ou l&#224; : en continuant &#224; soutenir Ben Ali, le gouvernement a particip&#233; &#224; renforcer la cr&#233;dibilit&#233; de l'opposition (sic). Les choses sont assur&#233;ment moins complexes. Ainsi, le Service de coop&#233;ration technique international de police (SCTIP) a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 1961 par le g&#233;n&#233;ral De Gaulle pour former les flics des pays d&#233;colonis&#233;s. Pr&#233;sent en Tunisie depuis 1971, le SCTIP, devenu la Direction de la coop&#233;ration internationale (DCI) en septembre 2010, a notamment pour mission &lt;i&gt;&#171; des activit&#233;s de conseil et de formation &#187;&lt;/i&gt; aupr&#232;s des polices locales. Cinquante ans apr&#232;s la d&#233;colonisation, on pourrait penser que ces pratiques soient plus officieuses, laiss&#233;es &#224; des soci&#233;t&#233;s militaires priv&#233;es par exemple. Que nenni ! Ce que rappelait, en 2005, le ministre de l'Int&#233;rieur de l'&#233;poque (un nain hargneux) : &lt;i&gt;&#171; La coop&#233;ration technique avec les polices et gendarmeries &#233;trang&#232;res, dont l'un des volets est celui de la formation, reste d'actualit&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le SCTIP revendique fi&#232;rement ses missions, dont on peut prendre connaissance sur le site du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur : &lt;i&gt;&#171; Son action s'est orient&#233;e vers la recherche d'un r&#233;el partenariat, ce qui a favoris&#233; l'&#233;mergence d'une coop&#233;ration d'&#233;changes tant technique qu'op&#233;rationnelle. &#187;&lt;/i&gt; C'est-&#224;-dire un &#233;change de bons proc&#233;d&#233;s avec les polices russe, chinoise ou libyenne, bien connues pour leur respect inconditionnel des droits de l'homme. L'internationale de la matraque a de beaux jours devant elle.
Heureusement la France n'exporte pas que son savoir-faire. Les Rapports annuels au Parlement sur les ventes d'armes nous apprennent que, depuis 2005, les nobles repr&#233;sentants du complexe militaro-industriel &#224; la fran&#231;aise ont aussi vendu au r&#233;gime de Ben Ali pour plus d'une quarantaine de millions d'euros de mat&#233;riel &#233;lectronique servant &#224; surveiller tout ce qui passe sur les ondes et &#224; brouiller tout ce qu'on refuse de laisser passer. Ces syst&#232;mes ont &#233;t&#233; tellement efficaces qu'ils ont rendu la diplomatie fran&#231;aise aveugle, sourde et muette face &#224; la col&#232;re du peuple tunisien. &#192; l'&#233;vidence elle aura &#233;t&#233; plus sensible au d&#233;sarroi de la police avec laquelle elle &#233;tait en ligne directe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qu'elle a s&#251;rement &#233;cout&#233;, c'est Kamel Morjane, le ministre des Affaires &#233;trang&#232;res tunisien et cousin par alliance de Ben Ali. Le 7 janvier, ce brave diplomate est venu faire une discr&#232;te visite &#224; son homologue fran&#231;aise. D'apr&#232;s le site du gouvernement, il serait juste pass&#233; faire un petit coucou &#224; MAM et &lt;i&gt;&#171; aborder l'ensemble des sujets qui ont trait &#224; notre relation bilat&#233;rale et aux enjeux r&#233;gionaux &#187;&lt;/i&gt;. Mais certains esprits chafouins pourraient penser qu'en pleine d&#233;b&#226;cle du pouvoir tunisien, il aurait pu demander un soutien de la France pour mater la r&#233;bellion et &#233;teindre le feu. Ce qui expliquerait la tentative de notre passionaria de la r&#233;pression d'envoyer des experts calmer les ardeurs d&#233;mocratiques des Tunisiens. Mais faudrait vraiment avoir l'esprit tordu pour faire ce genre de d&#233;duction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant que le 12 janvier, le gouvernement a autoris&#233; la livraison aux flics tunisiens de plusieurs palettes de grenades lacrymog&#232;nes et autres mat&#233;riels n&#233;cessaires au maintien de l'ordre public. La cargaison, pourtant d&#251;ment certifi&#233;e, a &#233;t&#233; bloqu&#233;e par les services des douanes le 14 janvier, lesquels ont fait preuve d'un z&#232;le &#171; v&#233;rificatoire &#187; pouvant s'apparenter, avec le recul, &#224; un sursaut d'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cid&#233;ment sur tous les fronts, MAM a rendu hommage, le 22 janvier, aux &lt;i&gt;&#171; caract&#233;ristiques de d&#233;mocratie et de tol&#233;rance &#187;&lt;/i&gt; de l'&#201;tat &#233;gyptien. &#192; cette date, l'intervention des forces de s&#233;curit&#233; &#233;gyptiennes avait d&#233;j&#224; caus&#233; une vingtaine de morts. Mais cela aurait sans doute pu &#234;tre pire sans, une fois de plus, l'expertise s&#233;curitaire fran&#231;aise. D'apr&#232;s une annonce de l'ambassade de France au Caire, r&#233;v&#233;l&#233;e par le site &lt;a href=&#034;http://www.rue89.com/2011/01/29/quand-la-france-formait-la-police-de-moubarak-188097?page=6&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rue89&lt;/a&gt;, le ministre de l'Int&#233;rieur avait envoy&#233;, d&#232;s octobre 2010, deux officiers fran&#231;ais pour former la police &#233;gyptienne &#224; la &lt;i&gt;&#171; gestion des foules et des grands &#233;v&#232;nements &#187;&lt;/i&gt;. D&#233;cid&#233;ment dans tous les bons coups, not' bleusaille&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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