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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Chez les k&#233;pis, des femmes et des bleus</title>
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		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


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&lt;p&gt;Silence, on cogne &#8211; Enqu&#234;te sur les violences conjugales subies par des femmes de gendarmes et de policiers : un titre explicite pour un livre uppercut qui s'attaque de front &#224; un sujet tabou. T&#233;moignages et expertises &#224; l'appui, Sophie Boutboul et Aliz&#233; Bernard y racontent l'esprit de corps et le sexisme qui r&#232;gnent en ma&#238;tres au sein d'institutions pr&#234;tes &#224; tout pour pr&#233;server un semblant de r&#233;putation. Propositions de loi, budget, num&#233;ro vert : ces derniers temps, les politiques ont mis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no183-janvier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;183 (janvier 2020)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Silence, on cogne &#8211; Enqu&#234;te sur les violences conjugales subies par des femmes de gendarmes et de policiers&lt;/i&gt; : un titre explicite pour un livre uppercut qui s'attaque de front &#224; un sujet tabou. T&#233;moignages et expertises &#224; l'appui, Sophie Boutboul et Aliz&#233; Bernard y racontent l'esprit de corps et le sexisme qui r&#232;gnent en ma&#238;tres au sein d'institutions pr&#234;tes &#224; tout pour pr&#233;server un semblant de r&#233;putation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3287 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH572/-1492-8e9f1.jpg?1782645434' width='400' height='572' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Sarah Fisthole
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;ropositions de loi, budget, num&#233;ro vert : ces derniers temps, les politiques ont mis le paquet pour montrer qu'ils s'int&#233;ressent aux violences conjugales. Un Grenelle et deux mois de d&#233;bat plus tard, les mesures mises en place sont minimes, mais un d&#233;but de prise de conscience semble avoir eu lieu. Toujours rien en revanche sur les violences commises, au sein de leur foyer, par des fonctionnaires en uniforme, qu'ils soient flics ou militaires. Alors que l'Uruguay, l'Angleterre ou encore l'Afrique du Sud se sont depuis longtemps pench&#233;s sur la question, en France c'est la loi du silence. Une omerta que la journaliste Sophie Boutboul et l'ex-femme de gendarme Aliz&#233; Bernard viennent de briser avec leur livre&lt;i&gt; Silence on cogne &#8211; enqu&#234;te sur les violences conjugales subies par des femmes de gendarmes et de policiers &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Grasset, 2019.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faute de donn&#233;es chiffr&#233;es, difficile de mesurer l'ampleur du ph&#233;nom&#232;ne. Mais pour les deux auteures, aucun doute : au regard de ce qui fait le terreau des violences conjugales, flics et gendarmes ont tout des &lt;i&gt;parfaits clients&lt;/i&gt;. Sophie Boutboul et Aliz&#233; Bernard rappellent en effet que les &#171; &lt;i&gt;personnes qui travaillent dans un contexte dans lequel elles ont du pouvoir&lt;/i&gt; &#187; sont plus enclines aux violences conjugales. Or, c'est le cas des policiers et des militaires qui &#171; &lt;i&gt;repr&#233;sentent l'ordre dans leur quotidien&lt;/i&gt; [et dont les] &lt;i&gt;interlocuteurs au travail n'ont qu'une seule possibilit&#233; : s'incliner, se soumettre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s une avocate interrog&#233;e par Sophie Boutboul.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans oublier que, d'apr&#232;s la psychiatre Marie-France Hirigoyen, &#171; &lt;i&gt;les comportements violents s'acqui&#232;rent par l'observation des autres et se maintiennent s'ils sont valoris&#233;s socialement&lt;/i&gt; &#187;. Le fait de baigner dans un environnement fortement dos&#233; en sexisme aggraverait donc les risques. Chez les gendarmes, dont l'instruction est dispens&#233;e par des militaires de haut rang, &#171; &lt;i&gt;traditionalistes, voire cathos int&#233;gristes&lt;/i&gt; &#187;, on &#171; &lt;i&gt;&#233;duque &#224; exercer des discriminations. Ce qui fait que m&#234;me des personnes qui ne seraient pas sexistes sont susceptibles de le devenir.&lt;/i&gt; &#187; &lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon la journaliste Le&#239;la Minano, cit&#233;e dans le livre.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; un machisme si fermement arrim&#233; qu'on peut encore croiser, accroch&#233;es au mur de certaines casernes, des plaques au message gla&#231;ant : &#171; &lt;i&gt;Les chiens sont accept&#233;s, les femmes sont tol&#233;r&#233;es.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelant que &#171; &lt;i&gt;plusieurs rapports et livres se penchent sur le profond &#8220;malaise&#8221; ressenti par les membres des forces de l'ordre&lt;/i&gt; &#187;, Sophie Boutboul interroge : pourquoi n'y a-t-il rien &#171; &lt;i&gt;sur celui de la personne qui partage leur vie&lt;/i&gt; &#187; ? La question est &#233;pineuse : prendre le probl&#232;me &#224; bras le corps exigerait de lever le voile sur &#171; &lt;i&gt;un syst&#232;me impliquant la complicit&#233; de certains coll&#232;gues, d'une partie de la hi&#233;rarchie, de l'institution et m&#234;me de la justice&lt;/i&gt; &#187;. Des plaintes d&#233;pos&#233;es qui finissent &#224; la poubelle, des cl&#233;s USB remplies d'enregistrements de menaces de mort rendues vides &#224; leur propri&#233;taire ou encore des lettres adress&#233;es &#224; l'IGGN (Inspection g&#233;n&#233;rale de la gendarmerie nationale) qui se retrouvent entre les mains des accus&#233;s : sous la plume de Sophie Boutboul, les exemples de corporatisme crasse s'accumulent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me topo du c&#244;t&#233; de la justice. Comme l'explique la journaliste, certains procureurs ne se donnent m&#234;me pas la peine de d&#233;payser l'affaire et confient aux coll&#232;gues du pr&#233;venu la charge de mener l'enqu&#234;te. Dans d'autres cas, des agents incrimin&#233;s &#233;copent de simples rappels &#224; la loi prononc&#233;s dans des tribunaux vides, en milieu de soir&#233;e, histoire de s'assurer que l'affaire ne fera pas trop de bruit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus des histoires glan&#233;es dans la presse r&#233;gionale, des t&#233;moignages de policiers, de militaires, de magistrats, de psys et de chercheurs, l'enqu&#234;te de Sophie Boutboul et Aliz&#233; Bernard restitue la parole de dizaines de femmes qui &#171; &lt;i&gt;nous invitent dans l'intimit&#233; de leur foyer et reviennent dans les bureaux &#233;troits de commissariats ou de gendarmeries o&#249; elles ont tent&#233; de d&#233;poser plainte, parfois en vain&lt;/i&gt; &#187;. De quoi faire gamberger la secr&#233;taire d'&#201;tat Marl&#232;ne Schiappa qui, au sortir du Grenelle des violences conjugales, confiait &#234;tre favorable &#224; la confiscation, d&#232;s la premi&#232;re plainte, des armes &#224; feu d&#233;tenues par les auteurs desdites violences. Un bon moyen de d&#233;sarmer la police.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Grasset, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D'apr&#232;s une avocate interrog&#233;e par Sophie Boutboul.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon la journaliste Le&#239;la Minano, cit&#233;e dans le livre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Aux saintes patronnes qui tiennent des espaces</title>
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		<dc:date>2020-02-03T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julia Zortea</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#192; Marseille, le bar se d&#233;cline aussi au f&#233;minin, suppl&#233;ment de caract&#232;re et d'efforts compris. Promenade canonique. Quartier de la Belle-de-Mai, fin de la journ&#233;e de boulot, je d&#233;tache mon v&#233;lo, un des pneus est &#224; plat. Juste avant, ce conseil d'une voisine : le bar, l&#224;-bas, il serait bien pour ton article, la patronne le tient depuis plus de vingt ans mais laisse tomber, c'est vraiment un lieu bizarre, ferm&#233;, un lieu de biz'. Flemme, timidit&#233;, je laisse effectivement tomber, c'est une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no148-novembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;148 (novembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bus" rel="tag"&gt;bus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sophie" rel="tag"&gt;Sophie&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sainte" rel="tag"&gt;Sainte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Marseille, le bar se d&#233;cline aussi au f&#233;minin, suppl&#233;ment de caract&#232;re et d'efforts compris. Promenade canonique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;Q&lt;/span&gt;uartier de la Belle-de-Mai, fin de la journ&#233;e de boulot, je d&#233;tache mon v&#233;lo, un des pneus est &#224; plat. Juste avant, ce conseil d'une voisine : le bar, l&#224;-bas, il serait bien pour ton article, la patronne le tient depuis plus de vingt ans mais laisse tomber, c'est vraiment un lieu bizarre, ferm&#233;, un lieu de biz'. Flemme, timidit&#233;, je laisse effectivement tomber, c'est une semaine sans feu sacr&#233; et ce soir &lt;a href=&#034;http://www.articles-religieux-lourdes.com/upload/produit/z-sel-sainte-rital-14124.JPG&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sainte Rita&lt;/a&gt;, ch&#232;re diablesse d'&#233;paule, sainte de l'impossible, ce soir je suis &#224; plat, je ne tente rien. Rita-c&#233;leste sourit : justement, gonfle pas, une cause perdue, m&#234;me minuscule, dix cons&#233;quences obliques. Pour une fois, prendre le bus. Arr&#234;t de gauche ou arr&#234;t de droite ? Allez, &#224; gauche, pr&#232;s du bar bizarre. La devanture, banale. Betty Boop autocoll&#233;e en robe rouge sur la porte vitr&#233;e. Des cheveux blonds ramass&#233;s en queue de cheval derri&#232;re le comptoir. Le bus tarde, j'oublie vite le rade : PJ Harvey dans mes oreilles mord juste ce qu'il faut pour d&#233;finitivement &#233;carter les nobles causes (le dossier &#171; bars &#187; de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;) et caresser l'impossible (le vrai, l'immense, pas celui qui loge au coin de la rue). Bref, le bus n'arrive pas et j'en suis l&#224;, c'est-&#224;-dire pas bien loin vers la gauche, devant l'arr&#234;t de bus, le c&#339;ur en m&#233;tronome &#224; r&#234;vasser, quand deux yeux bleus me tapent sur l'&#233;paule. &#171; &lt;i&gt;Je t'invite &#224; boire un verre ?&lt;/i&gt; &#187; La patronne du bar o&#249; je devais ne jamais entrer pour cause de torpeur existentielle se tient plant&#233;e face &#224; moi sur le trottoir. Elle ajoute : &#171; &lt;i&gt;Par contre, je te pr&#233;viens, je viens de passer une journ&#233;e de merde. &#187;&lt;/i&gt; Elle ne s'&#233;tonne pas de mon absence d'h&#233;sitation &#224; la suivre &#8211; ni de mon regard &#233;bahi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une minute plus tard&lt;/strong&gt;, vodka-orange et Martini s'entrechoquent. Elle boit pour oublier un truc, je bois &#224; la surprise, essaie de ne pas penser au comment est-ce possible et, pour ne pas penser au comment, me vient en t&#234;te ce beau bouquin sur la pr&#233;sence des morts aux c&#244;t&#233;s des vivants lu il y a quelques mois&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vinciane Despret, Au bonheur des morts. R&#233;cits de ceux qui restent, &#233;d. La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, o&#249; l'auteure mentionne ce que le po&#232;te John Keats appelait la &#171; &lt;i&gt;capacit&#233; n&#233;gative&lt;/i&gt; &#187;, cette qualit&#233; &#171; &lt;i&gt;&#224; demeurer au sein des incertitudes, des myst&#232;res, des doutes, sans s'acharner &#224; chercher le fait et la raison&lt;/i&gt; &#187;. Je pense &#224; &#231;a pour mieux atterrir dans cet inattendu, parce qu'en vrai, Rita, tes coups sont &#233;tranges : les bars, les rencontres fortuites, je connais je crois, mais le racolage inopin&#233; par une patronne peu bavarde, l&#224;, je bute un peu. Elle et moi longtemps seules, copr&#233;sence silencieuse, parlant gu&#232;re, les mots par vagues s&#232;ches, hurlant pour nous comprendre par dessus le juke-box ; un improbable face-&#224;-face qui cherche par petites touches son point de raccordement, envelopp&#233; par la fum&#233;e de clopes puis de shit, &#224; mesure qu'entrent les clients ; elle la quarantaine, install&#233;e ici par son p&#232;re &#224; seize ans, elle qui a trois enfants et qui, &#224; l'&#233;couter parler m&#233;canique automobile avec un type, a parfaitement appris l'arabe depuis le temps, elle au petit doigt tordu, au regard qui p&#233;tille quand elle raconte foncer de ses poings dans les bagarres, pr&#233;cisant qu'elle les provoque, les bagarres, s'il le faut, elle qui explique que les femmes ne tiennent g&#233;n&#233;ralement pas de bar car elles ont peur, sans dire de quoi, elle qui l&#232;ve un sourcil quand un client annonce qu'elle est gentille, &#171; &lt;i&gt;gentille et m&#233;chante, s'il te pla&#238;t&lt;/i&gt; &#187;, elle qui aurait &#171; &lt;i&gt;pr&#233;f&#233;r&#233; une boulangerie&lt;/i&gt; &#187; si elle avait pu choisir, elle qui tranche &#224; propos des mecs &#8211; &#171; &lt;i&gt;on est mille fois mieux qu'eux&lt;/i&gt; &#187; &#8211; et de l'autre c&#244;t&#233;, moi &#171; &lt;i&gt;la jeune fille de bonne famille&lt;/i&gt; &#187; comme elle se pla&#238;t &#224; me situer, pointant ainsi, pour rester dans la po&#233;sie anglaise, l' &#187; &lt;i&gt;effrayante sym&#233;trie&lt;/i&gt; &#187; du tigre&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Tigre, William Blake. &#171; Tigre, Tigre ! ton &#233;clair luit / Dans les for&#234;ts (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; que nous formons toutes deux ce soir-l&#224;, moi mentalement pr&#233;par&#233;e &#224; l'&#233;ventualit&#233; de me faire &#233;jecter de son royaume aussi abruptement que j'y suis entr&#233;e, et qui finira par en repartir d'un pas &#233;tonnement assur&#233; dans la nuit, chauff&#233;e aux braises de cette sainte patronne qui a profit&#233; de ma compagnie pour raffermir ses assises &#233;branl&#233;es par une journ&#233;e de merde. Oui Rita, une cause perdue, m&#234;me minuscule, dix cons&#233;quences obliques. Destination : &lt;i&gt;Le (Grand bar du) Chapitre&lt;/i&gt;, en haut de la Canebi&#232;re o&#249; je cherche Sophie, une autre sainte patronne, souvent crois&#233;e &#8211; Sophie qui pr&#233;cise qu'elle n'est que serveuse mais peu importe, &#224; cette heure-ci, on canonise qui l'on veut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a quelques mois&lt;/strong&gt;, assises &#224; plusieurs &#224; la terrasse du &lt;i&gt;Chapitre&lt;/i&gt;, l'une d'entre nous avait racont&#233; cet &#233;pisode : elle avait vu Sophie quitter les limites de son bar pour &#233;pauler Bella, une vendeuse de roses en train de se faire casser la gueule par deux tox sur la place des R&#233;form&#233;s. Oui, confirme maintenant Sophie, &#171; &lt;i&gt;ici c'est un quartier difficile, et moi je veille : pas touche &#224; la terrasse, et pas touche &#224; Bella &#187;&lt;/i&gt;. Apr&#232;s cinq ans de service &#224; raison d'une soixantaine d'heures hebdomadaires, Sophie &#233;num&#232;re ce qu'il lui faut pour accomplir son travail : &#171; &lt;i&gt;Du caract&#232;re, &#233;norm&#233;ment de caract&#232;re, de la fermet&#233;, du courage, du franc-parler. &#187;&lt;/i&gt; En particulier derri&#232;re le comptoir en soir&#233;e &#8211; un monde bien distinct de la terrasse &#8211; o&#249; il faut faire face aux hommes, &#171; &lt;i&gt;souvent machos souvent ivres&lt;/i&gt; &#187;, lesquels &#171; &lt;i&gt;parce que t'es une femme, ne te prennent pas pour une merde, mais presque, quand tu interviens parce qu'ils ont trop bu, pas pay&#233;, disent des conneries&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Moralement, le comptoir c'est &#233;puisant, estime Sophie : &#171; &lt;i&gt;Moi qui ne picole pas, je me demande parfois o&#249; je suis.&lt;/i&gt; &#187; Ce qui fait dire &#224; Christelle, serveuse au 31 depuis trois ans (&#224; La Plaine&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;NDLR : ce bar a ferm&#233; depuis.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;), qu'elle ne pourrait pas travailler dans un bar de quartier (comprendre, avec ses habitu&#233;s scotch&#233;s au comptoir) : &#171; &lt;i&gt;Avec les lourds qu'on se tape en terrasse, c'est bien assez.&lt;/i&gt; &#187; Elle pointe, elle aussi, la n&#233;cessit&#233; d' &#187; &lt;i&gt;avoir du caract&#232;re&lt;/i&gt; &#187; pour r&#233;aliser ce m&#233;tier, homme comme femme, m&#234;me s'il ne fait pas de doute que pour une femme, il s'agit d'une question de survie. La patronne du 31 surgit &#224; cet instant de la discussion. &#171; &lt;i&gt;&#202;tre une femme et tenir un bar ? Ben &#231;a fait chier !&lt;/i&gt; &#187; s'exclame-t-elle en riant. Et Christelle de donner quelques exemples d'attitudes typiquement masculines (et typiquement quotidiennes) auxquelles elle se confronte : &#171; &lt;i&gt;Tu as les mecs qui te draguent parce qu'ils pensent que &#231;a va forc&#233;ment te faire plaisir. Tu es dans l'espace public, et hop, ils y vont, ils se l&#226;chent. Tu as aussi ceux qui te donnent des petits noms : &#8220;Ma ch&#233;rie, ma belle, tu m'am&#232;nes une bi&#232;re ?&#8221; Ou ceux qui te touchent quand ils ont un truc &#224; te demander. Mais &#231;a va, entre-temps, je suis devenue f&#233;ministe en faisant les bonnes rencontres. &#199;a m'a bien ouvert les yeux, je recadre en permanence.&lt;/i&gt; &#187; Toutes disent faire attention aux v&#234;tements qu'elles portent (&#171; &lt;i&gt;Si t'es bien sap&#233;e, t'attires les cons et les poivrots&lt;/i&gt; &#187;) ; ma Belle de Mai et Sophie tapent, posent ce degr&#233; de violence dans la n&#233;gociation ; Christelle pr&#233;f&#232;re les laisser se battre entre eux si &#231;a d&#233;g&#233;n&#232;re, tout en racontant la fois o&#249; elle en a expuls&#233; un qui emmerdait sa copine, laquelle n'arrivait pas &#224; s'en d&#233;barrasser (&#171; &lt;i&gt;L&#224;, tu jubiles&lt;/i&gt; &#187;) ; toutes tiennent et ouvrent des espaces. Du travail de guerri&#232;res. Elles le savent, ou pas : elles constituent de sacr&#233;s rep&#232;res de ma ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un autre soir&lt;/strong&gt;, pneu regonfl&#233;, je m'arr&#234;te &#224; &lt;i&gt;L'Unic bar&lt;/i&gt;, pr&#232;s du Vieux-Port. Une patronne historique, un rade un peu plus branch&#233;. Les &#233;toiles sont alors moins bien agenc&#233;es, je me fais rembarrer : &#171; &lt;i&gt;Tu crois quand m&#234;me pas que je vais vendre mon &#226;me au bout de deux minutes ?!&lt;/i&gt; &#187; En effet, je ne le pense pas. Sainte Rita sourit : ben ouais, quand on attend, &#231;a marche toujours moins bien. Quoique, alors que j'atteins la porte : &#171; &lt;i&gt;Tu t'en vas ? Allez, reviens boire un th&#233; un de ces apr&#232;s-midi, on discutera.&lt;/i&gt; &#187; &#192; bient&#244;t, tigre.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Julia Zortea&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Vinciane Despret, &lt;i&gt;Au bonheur des morts. R&#233;cits de ceux qui restent&lt;/i&gt;, &#233;d. La D&#233;couverte, coll. Les Emp&#234;cheurs de penser en rond, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Tigre&lt;/i&gt;, William Blake. &#171; Tigre, Tigre ! ton &#233;clair luit / Dans les for&#234;ts de la nuit / Quelle main, quel &#339;il immortels / Purent fabriquer ton effrayante sym&#233;trie ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;NDLR : ce bar a ferm&#233; depuis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Noailles sans toit ni loi</title>
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		<dc:creator>Margaux Wartelle</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le 5 novembre 2018, rue d'Aubagne, deux immeubles s'effondrent, emportant huit vies. La suite : des mois de faillite politique et d'&#233;vacuations un peu partout en ville. Et pour les milliers de d&#233;log&#233;s, le d&#233;but d'une gal&#232;re sans nom. Aper&#231;u. &#171; Il va s'effondrer et emporter tout Marseille dans son trou. &#187; Parmi les habitants du 65 rue d'Aubagne, la blague avait fait sourire. Entre les fuites, les fissures b&#233;antes, les portes qui ne fermaient plus, la situation d&#233;plorable de l'immeuble &#233;tait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-hotel" rel="tag"&gt;l'h&#244;tel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 5 novembre 2018, rue d'Aubagne, deux immeubles s'effondrent, emportant huit vies. La suite : des mois de faillite politique et d'&#233;vacuations un peu partout en ville. Et pour les milliers de d&#233;log&#233;s, le d&#233;but d'une gal&#232;re sans nom. Aper&#231;u.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3131 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH332/-1358-981d0.jpg?1782763781' width='500' height='332' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Yohanne Lamoul&#232;re
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; I&lt;/span&gt;&lt;i&gt;l va s'effondrer et emporter tout Marseille dans son trou.&lt;/i&gt; &#187; Parmi les habitants du 65 rue d'Aubagne, la blague avait fait sourire. Entre les fuites, les fissures b&#233;antes, les portes qui ne fermaient plus, la situation d&#233;plorable de l'immeuble &#233;tait bien connue &#8211; et l'agence immobili&#232;re maintes fois pr&#233;venue, via des coups de fils, des mails, et m&#234;me des vid&#233;os. Le 18 octobre 2018, une &#233;vacuation en urgence avait &#233;t&#233; assur&#233;e par les pompiers suite &#224; une expertise de la mairie. Elle ne durera que quelques heures, le syndic assurant avoir fait les travaux n&#233;cessaires. Le 26, une salari&#233;e de l'agence laisse un message vocal &#224; Sophie, une locataire : &#171; &lt;i&gt;Vous pouvez rester dans l'appartement.&lt;/i&gt; &#187; Par la suite, Sophie l'a &#233;cout&#233; en boucle, ce message. Le ton est l&#233;ger : &#171; &lt;i&gt;Restez tranquille&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Dix jours apr&#232;s, l'immeuble s'&#233;croulait un peu avant 10 h du matin. Huit personnes meurent, la blague est loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La veille, Sophie avait dormi chez ses parents, de peur de ne pas pouvoir sortir de son studio &#8211; les murs, instables, risquaient de bloquer la porte. La jeune femme avait pris l'habitude d'aider sa voisine de palier, Marie, souvent coinc&#233;e chez elle. Depuis l'effondrement, Sophie croit parfois apercevoir son amie d&#233;c&#233;d&#233;e dans la rue. &#201;tudiante en master de philosophie, elle raconte un traumatisme persistant, des gal&#232;res administratives ubuesques et surtout un m&#233;pris constant de la part de la mairie. &#171; &lt;i&gt;J'ai pass&#233; ma vie rue Beauvau&lt;/i&gt; &#187; &#8211; l'espace d'accueil mis en place par la municipalit&#233;, l&#224; o&#249; les victimes puis les d&#233;log&#233;s d&#233;filent depuis un an pour chercher informations et solutions de relogement. Pendant quatre mois, Sophie et son mari se retrouvent &#224; l'h&#244;tel. Hasard ou destin, Julien, l'un de ses voisins disparus, travaillait dans l'&#233;tablissement. &#171; &lt;i&gt;Avec ses coll&#232;gues, on s'est parl&#233;, soud&#233;s par le malheur.&lt;/i&gt; &#187; Quatre mois, puis arrive une proposition de relogement &#224; Noailles, o&#249; le couple vit &#224; l'heure actuelle, m&#234;me si l'envie de quitter la ville le taraude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin novembre 2018, une information judiciaire pour &#171; &lt;i&gt;homicides involontaires&lt;/i&gt; &#187; aggrav&#233;s d'une &#171; &lt;i&gt;violation manifestement d&#233;lib&#233;r&#233;e d'une obligation de prudence ou de s&#233;curit&#233;&lt;/i&gt; &#187; a &#233;t&#233; ouverte. Et le 18 octobre dernier, aux c&#244;t&#233;s des autres parties civiles&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avec les autres survivants, les familles des victimes et des associations (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, Sophie avait rendez-vous devant le juge d'instruction, qui a fait le point sur l'enqu&#234;te. Verdict : elle sera longue. L'expertise devrait se terminer en mars 2020, le temps de constituer un dossier solide afin de proc&#233;der &#224; des mises en examen. Sophie s'y attendait. Elle qui assure &#234;tre contre le syst&#232;me r&#233;pressif n'arrive pas &#224; trouver d'excuses &#224; ceux qui agissent &#171; &lt;i&gt;par app&#226;t du gain&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un &#233;tat catastrophique bien connu&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour qui ne vit pas &#224; Marseille, il est bon de rappeler le coup au cr&#226;ne et au c&#339;ur que fut ce mois de novembre 2018. Il faut dire le choc, l'&#233;motion, l'incompr&#233;hension, et aussi la lucidit&#233;, une col&#232;re bien orient&#233;e &#8211; vers la mairie et ses &#233;diles. Car l'&#233;tat catastrophique du parc immobilier &#233;tait connu. En 2015, le constat du rapport Nicol est &#233;difiant : 100 000 habitants vivraient dans des habitations pr&#233;sentant un risque pour la sant&#233; ou la s&#233;curit&#233;. Cela concerne 40 000 logements, principalement dans le centre et le nord de la ville. Parmi d'autres r&#233;jouissances, deux phrases retiennent l'attention : &#171; &lt;i&gt;Les moyens humains et le savoir-faire sont insuffisants dans les diff&#233;rents services (Ville et &#201;tat)&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;aucune hi&#233;rarchisation commune de l'urgence n'a &#233;t&#233; d&#233;finie face &#224; l'ampleur du ph&#233;nom&#232;ne&lt;/i&gt; &#187;. Avant le 5 novembre, il y avait chaque ann&#233;e entre 2 000 et 2 500 signalements pour cause d'hygi&#232;ne. Pour moins de dix arr&#234;t&#233;s d'insalubrit&#233;. D'o&#249; cette certitude : la situation du logement indigne &#233;tait bel et bien de notori&#233;t&#233; municipale. Apr&#232;s des ann&#233;es d'incomp&#233;tence et d'inaction, le tragique s'est produit. Et au drame des victimes s'est ajout&#233;e la gal&#232;re des d&#233;log&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En moins d'un an, pr&#232;s de 4 000 personnes ont &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;es de leur appartement. Chiffre aberrant, incroyable, que l'on peine &#224; expliquer. D'un c&#244;t&#233;, il y a eu la peur justifi&#233;e. Des habitants, qui depuis des ann&#233;es avaient vu leur logement se d&#233;grader, ont appel&#233; le num&#233;ro d'urgence mis en place par la mairie. La proc&#233;dure : un expert vient, juge le logement dangereux, les habitants sont d&#233;log&#233;s puis l'immeuble est soumis &#224; un arr&#234;t&#233; de p&#233;ril (il est m&#234;me arriv&#233; que l'arr&#234;t&#233; de p&#233;ril n'arrive jamais et que l'&#233;vacuation reste ainsi sans base l&#233;gale). Parfois, c'est la mairie qui a pris les devants. Probl&#232;me : depuis le 5 novembre, elle n'a &#233;tabli que des arr&#234;t&#233;s de p&#233;ril &#171; imminent &#187;, qui induisent forc&#233;ment l'&#233;vacuation de tous les habitants&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il existe &#233;galement des arr&#234;t&#233;s de p&#233;ril simple, moins contraignants et ne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Les services municipaux auraient-ils fait des exc&#232;s de z&#232;le, dans la panique des effondrements ? Beaucoup le pensent.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Les bourgeois des d&#233;log&#233;s &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Valentin et Lucie habitaient depuis quelques mois dans un appartement &#224; la Joliette. En d&#233;cembre 2018, alors qu'ils sont en week-end, un voisin les appelle : leur immeuble est barricad&#233;. Sur l'&#233;tat de leur logement, ils racontent des portes qui ne ferment plus, des cafards, de l'amiante, un compteur &#233;lectrique dangereux et de grandes fissures chez leurs voisins du rez-de-chauss&#233;e &#8211; &#171; &lt;i&gt;On pouvait y passer les deux mains.&lt;/i&gt; &#187; Bref, pas l'id&#233;al, loin de l&#224;, mais ils ne se sentaient pas en ins&#233;curit&#233;. &#171; &lt;i&gt;On habitait &#224; Noailles avant, on &#233;tait habitu&#233; aux fissures,&lt;/i&gt; raconte Valentin. &lt;i&gt;Et puis quand je loue, je pars du principe qu'on ne me propose pas un appartement qui va tomber.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cauchemar ne fait que commencer. Apr&#232;s le choc, ils se retrouvent d&#233;munis. Le num&#233;ro d'urgence mis en place ne leur est d'aucune aide. Par chance, ils tombent sur le &lt;i&gt;Guide de survie aux &#233;vacuations&lt;/i&gt; r&#233;dig&#233; dans l'urgence par un groupe d'habitants, le Collectif du 5 novembre, mont&#233; &#224; la suite du drame. Comme beaucoup d'autres d&#233;log&#233;s, ils seront h&#233;berg&#233;s &#224; l'h&#244;tel pendant deux semaines. Ils mesurent leur chance, presque g&#234;n&#233;s quand ils pensent &#224; ceux qui y sont rest&#233;s des mois, ceux aussi qui ont moins de ressources qu'eux. Eux qui parlent fran&#231;ais, travaillent, comprennent les rouages administratifs, ont des amis qui ont pu les aider. Th&#233;sard pour lui, producteurs de musique pour les deux. &#171; &lt;i&gt;On est les bourgeois des d&#233;log&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, leur r&#233;cit est accablant de gal&#232;res. Leurs affaires coinc&#233;es chez eux, leur vie &#224; l'&#233;troit dans un (re)logement (trop) petit qu'ils ont d&#251; trouver par eux-m&#234;mes, les rendez-vous et le stress qui empi&#232;tent sur leur vie personnelle et professionnelle, la peur que leur appartement soit &#171; visit&#233; &#187;, les frais suppl&#233;mentaires ; se nourrir &#224; l'ext&#233;rieur quand on est &#224; l'h&#244;tel, mais aussi continuer &#224; payer des factures en double (travaux pratiques : comment r&#233;silier un abonnement Internet quand la foutue box est coinc&#233;e derri&#232;re un scell&#233; ou l'&#233;lectricit&#233; quand on ne peut pas relever le compteur ? Vous avez un an).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et surtout, il y a l'attente. Quand pourront-ils regagner leur logement originel ? Dix mois plus tard, Lucie et Valentin n'ont toujours pas de date pr&#233;cise. Alors que les travaux de mise en s&#233;curit&#233; s'&#233;ternisent, le couple n'a que tr&#232;s peu d'informations, malgr&#233; des appels r&#233;guliers. Et garde encore en t&#234;te l'accueil qui lui a &#233;t&#233; r&#233;serv&#233; rue Beauvau. Valentin : &#171; &lt;i&gt;Le premier contact, &#231;a a &#233;t&#233; : &#8220;Monsieur, enlevez votre capuche, Madame, faites voir votre sac.&#8221; Non content d'&#234;tre un indigent car tu n'as plus de toit, tu es per&#231;u comme une menace. Et si tu souhaites une aide juridique, tu dois &#234;tre escort&#233; par un agent de s&#233;curit&#233; jusqu'au service en question, o&#249; on te dit qu'il y a un vide, qu'il n'y a pas de fautif.&lt;/i&gt; &#187; Le seul soutien qu'ils ont re&#231;u, disent-ils, vient de la soci&#233;t&#233; civile, Collectif du 5 novembre en t&#234;te. &#171; &lt;i&gt;On est beaucoup all&#233;s aux r&#233;unions, mais on n'osait pas parler de nous tellement certains cas &#233;taient catastrophiques, &#231;a d&#233;fiait totalement le bon sens. On sait que le monde marche sur la t&#234;te, mais c'est diff&#233;rent de le savoir et d'en faire l'exp&#233;rience&lt;/i&gt; &#187;, assure-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nomades par n&#233;cessit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Valentin et Lucie se sont rapproch&#233;s d'un avocat. Leur seul recours pour &#234;tre indemnis&#233;s ? Se retourner contre leur propri&#233;taire qui, lui, pourrait par la suite incriminer le syndic ou l'agence. Dans leur cas comme dans beaucoup d'autres, porter plainte contre le propri&#233;taire n'est pas &#233;vident. Il y a parfois le sentiment qu'il n'est pas le vrai coupable, que cela le mettrait lui-m&#234;me dans une situation d&#233;licate. Pourtant, c'est bien le propri&#233;taire qui est responsable de la s&#233;curit&#233; de son logement. Lui aussi qui doit assurer un relogement &#224; ses locataires en cas d'&#233;vacuation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant que les preuves sont difficiles &#224; regrouper. L'avocat Antonin Sopena, membre d'un cabinet qui a pris en charge un grand nombre de d&#233;log&#233;s, &#233;num&#232;re les difficult&#233;s : &#171; &lt;i&gt;Il y a dans un premier temps toutes les personnes qui ne viennent pas. Parmi celles qui sont all&#233;es voir un avocat, beaucoup n'osent pas aller jusqu'au bout de la proc&#233;dure. Elles peuvent avoir des ressources limit&#233;es, se sentir ill&#233;gitimes &#224; mener une action en justice. Et puis beaucoup ont &#233;norm&#233;ment d'autres soucis, tr&#232;s imm&#233;diats, compar&#233;s &#224; une proc&#233;dure qui prend des mois.&lt;/i&gt; &#187; Dans le cas o&#249; une action est lanc&#233;e, il faut d&#233;montrer les pr&#233;judices subis &#224; la fois avant&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme le fait d'avoir v&#233;cu des mois ou des ann&#233;es dans un logement insalubre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; et apr&#232;s l'&#233;vacuation. Les preuves peuvent manquer, par exemple quand les r&#233;clamations li&#233;es &#224; l'&#233;tat du logement ont &#233;t&#233; faites &#224; l'oral. Autre casse-t&#234;te : les pr&#233;judices li&#233;s &#224; une &#233;vacuation peuvent &#234;tre &#224; la fois tr&#232;s concrets, comme des affaires d&#233;t&#233;rior&#233;es ou vol&#233;es, mais aussi plus diffus, comme des surco&#251;ts li&#233;s &#224; une vie &#224; l'h&#244;tel, des dommages sur la sant&#233; physique ou psychique, une vie professionnelle et personnelle qui se complique, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains d&#233;log&#233;s, comme Valentin et Lucie, souhaitent r&#233;int&#233;grer au plus vite leur logement. C'est aussi le cas de Djamil, d&#233;log&#233; avec sa compagne et leur fille en d&#233;cembre dernier &#224; Noailles. Dix mois de vie par &#224;-coups, &#171; &lt;i&gt;nomades par n&#233;cessit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. D'autres, raconte Antonin Sopena, avaient un appartement si insalubre qu'ils ne souhaitent plus y retourner, sans parler du traumatisme et de la peur de voir le toit s'effondrer sur soi.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;336 personnes encore &#224; l'h&#244;tel&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le drame est venue la col&#232;re. Puis l'auto-organisation. Impliqu&#233; dans le Collectif du 5 novembre, Emmanuel Patris nous raconte des mois de n&#233;gociations pour aboutir &#224; la signature par l'&#201;tat et la Ville d'une charte du relogement. M&#233;pris et incomp&#233;tence au programme, avec de nombreux points de frictions, comme la prise en compte des occupants sans droits ni titres (pourtant une obligation l&#233;gale), ou la prise en charge des repas quand il n'est pas possible de cuisiner &#224; l'h&#244;tel. La signature est arrach&#233;e de haute lutte en juillet, pour une application jusqu'ici d&#233;cevante, la mairie passant outre dans bien des cas. Ce fut le cas pour une soixantaine d'habitants de la cit&#233; Maison-Blanche, dans le nord de la ville, qui n'ont pas &#233;t&#233; relog&#233;s apr&#232;s un incendie cet &#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour soutenir et informer les &#233;vacu&#233;s, le collectif tient encore aujourd'hui des permanences hebdomadaires. &#192; ce jour, 336 personnes sont toujours &#224; l'h&#244;tel. Et par-del&#224; les d&#233;sastres et les particularit&#233;s de chaque situation individuelle, une interrogation pointe : &#224; qui profite la d&#233;route ? Certains locataires pourraient ne jamais rejoindre leurs immeubles du centre-ville, dont la sociologie pourrait ainsi tranquillement changer. En haut de la rue d'Aubagne, devenue si embl&#233;matique, la mairie a rachet&#233; des immeubles. La menace des promoteurs n'est pas loin. Djamil, &#171; &lt;i&gt;noailleux dans l'&#226;me&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;La ville est en train d'&#234;tre b&#226;tie pour des touristes, moins pour les Marseillais. Ou bien : pour un certain type de Marseillais&lt;/i&gt; &#187;. Sous-titre s'il en faut un : blancs et riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des solutions propos&#233;es par le Collectif du 5 novembre : la construction de logements sociaux. Emmanuel Patris : &#171; &lt;i&gt;Il y a des disparit&#233;s &#233;normes. Dans les quartiers Nord, on trouve jusqu'&#224; 50 &lt;/i&gt;%&lt;i&gt; de logements sociaux, pour moins de 10 &lt;/i&gt;%&lt;i&gt; dans le Sud. &#192; Noailles, c'est seulement 4 &lt;/i&gt;%&lt;i&gt; alors que 80 &lt;/i&gt;%&lt;i&gt; de la population pourrait avoir acc&#232;s &#224; des logements tr&#232;s sociaux&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le logement &#171; tr&#232;s social &#187; concerne les personnes en grande pr&#233;carit&#233;. Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Ce manque, &#231;a conduit les gens qui n'ont pas de moyens &#224; accepter des logements insalubres propos&#233;s par des marchands de sommeil.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;res nouvelles sur le front de la d&#233;b&#226;cle : en bas de la rue Curiol, au num&#233;ro 36, en plein centre-ville, a eu lieu en septembre une expulsion tr&#232;s controvers&#233;e. Une vingtaine de personnes ont &#233;t&#233; d&#233;log&#233;es. Le bailleur social li&#233; &#224; la mairie, Marseille Habitat&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le journal La Marseillaise a r&#233;v&#233;l&#233; qu'un autre de ses biens a fait l'objet (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, n'avait dans un premier temps aucune intention de reloger les habitants. Tr&#232;s vite, des hommes envoy&#233;s par le bailleur ont d&#233;truit &#224; grands coups de marteaux les sanitaires &#8211; pour &#171; &lt;i&gt;s&#233;curiser l'immeuble&lt;/i&gt; &#187; a apr&#232;s coup d&#233;clar&#233; Arlette Fructus, &#233;lue de la majorit&#233; municipale et pr&#233;sidente de Marseille Habitat. L'&#233;vacuation par les forces de l'ordre est muscl&#233;e. Le lendemain, une action est men&#233;e au si&#232;ge du bailleur. Les militants du Collectif du 5 novembre y participent. L'un d'entre eux, une figure m&#233;diatique, est arr&#234;t&#233;, accus&#233; d'avoir bless&#233; le doigt d'une employ&#233;e. Sa garde &#224; vue choquera, &#224; juste titre : apr&#232;s huit morts rue d'Aubagne, le d&#233;c&#232;s de Zineb Redouane&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Zineb Redouane, notre d(r)ame &#187;, CQFD n&#176; 176 (mai 2019).&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; (touch&#233;e par une grenade lacrymog&#232;ne en marge d'une manifestation), pr&#232;s de 4 000 d&#233;log&#233;s, la premi&#232;re garde &#224; vue est celle d'un militant contre le logement indigne &#8211; finalement rel&#226;ch&#233;. Un exemple parmi tant d'autres d'une ann&#233;e dingue sous le soleil marseillais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure sur un peu de beaut&#233;, il faudrait relater les engagements, nouveaux pour beaucoup, raconter qu'ils soudent les gens et font bouger les lignes. Ou finir par une date : rendez-vous est donn&#233; samedi 9 novembre, 15 h, pour une manifestation d'hommage et de revendication. Un an apr&#232;s, les Marseillais marchent toujours.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Margaux Wartelle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Cet article est extrait du dossier &#171; Bons baisers de Marseille &#187; (habitat indigne, incurie municipale, chasse aux pauvres et r&#233;sistances populaires), publi&#233; sur papier dans le num&#233;ro 181 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Avec les autres survivants, les familles des victimes et des associations comme la Fondation Abb&#233;-Pierre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il existe &#233;galement des arr&#234;t&#233;s de p&#233;ril simple, moins contraignants et ne n&#233;cessitant pas forc&#233;ment l'&#233;vacuation imm&#233;diate.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Comme le fait d'avoir v&#233;cu des mois ou des ann&#233;es dans un logement insalubre ou dangereux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le logement &#171; tr&#232;s social &#187; concerne les personnes en grande pr&#233;carit&#233;. Les seuils d'accessibilit&#233; sont plus bas que pour le logement social classique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le journal &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt; a r&#233;v&#233;l&#233; qu'un autre de ses biens a fait l'objet d'une interdiction d&#233;finitive d'habiter pour insalubrit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Zineb-Redouane-notre-d-r-ame' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Zineb Redouane, notre d(r)ame&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 176 (mai 2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Syst&#232;me carc&#233;ral : l'humanit&#233; en cavale</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Systeme-carceral-l-humanite-en</link>
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		<dc:date>2019-06-12T21:32:33Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD, Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Pole Ka</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>CQFD</dc:subject>
		<dc:subject>Mais</dc:subject>
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		<dc:subject>soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>prison ferme</dc:subject>
		<dc:subject>Sophie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Des Gilets jaunes emprisonn&#233;s &#224; l'enfermement des &#233;trangers, en passant par la violence des matons ; du sexisme dans les prisons pour femmes aux taulards bosseurs pay&#233;s deux euros de l'heure : voyage, sur 11 pages, de l'autre c&#244;t&#233; des murs. Haro sur les cachots, on a encore p&#233;t&#233; les scores. Au 1er avril dernier, le nombre de personnes incarc&#233;r&#233;es dans les ge&#244;les fran&#231;aises culminait &#224; 71 828, portant ainsi &#224; 117,7 % le taux d'occupation des prisons. Un triste record. La tendance lourde (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no177-juin-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;177 (juin 2019)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des Gilets jaunes emprisonn&#233;s &#224; l'enfermement des &#233;trangers, en passant par la violence des matons ; du sexisme dans les prisons pour femmes aux taulards bosseurs pay&#233;s deux euros de l'heure : voyage, sur 11 pages, de l'autre c&#244;t&#233; des murs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2950 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L320xH522/-1192-8fb17.jpg?1782641199' width='320' height='522' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Pole Ka
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;H&lt;/span&gt;aro sur les cachots, on a encore p&#233;t&#233; les scores. Au 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; avril dernier, le nombre de personnes incarc&#233;r&#233;es dans les ge&#244;les fran&#231;aises culminait &#224; 71 828, portant ainsi &#224; 117,7 % le taux d'occupation des prisons. Un triste record.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La tendance lourde&lt;/strong&gt; de ces trente derni&#232;res ann&#233;es reste &#224; l'enfermement syst&#233;matique. Et malgr&#233; les d&#233;clarations de la Garde des Sceaux, Nicole Belloubet, qui affirme que son nouveau plan p&#233;nitentiaire vise &#171; &lt;i&gt;&#224; faire baisser la population carc&#233;rale d'environ 8 000 personnes &#187;&lt;/i&gt;, ledit plan doit d'abord passer par la cr&#233;ation de 15 000 places suppl&#233;mentaires avant 2022 et celle de 1 500 emplois de matons... On n'est pas sortis du trou ! Se rappelle-t-on de Michel Foucault qui tirait la sonnette d'alarme d&#232;s 1975 ? Il arguait que &#171; &lt;i&gt;la prison ne peut pas manquer de fabriquer des d&#233;linquants. Elle en fabrique par le type d'existence qu'elle fait mener aux d&#233;tenus : qu'on les isole dans les cellules, ou qu'on leur impose un travail inutile (voir p. X), pour lequel ils ne trouveront pas d'emploi, c'est de toute fa&#231;on ne pas &#8220;songer &#224; l'homme en soci&#233;t&#233; ; c'est cr&#233;er une existence contre nature inutile et dangereuse&#8221; &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Foucault, Surveiller et punir, Gallimard, 1975.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Loin d'&#234;tre p&#233;rim&#233;e&lt;/strong&gt;, la pens&#233;e foucaldienne s'est r&#233;cemment vue valid&#233;e par une &#233;tude publi&#233;e le 13 mai dans la revue scientifique am&#233;ricaine &lt;i&gt;Nature&lt;/i&gt;, qui concluait qu' &#187; &lt;i&gt;emprisonner moins de personnes &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;aurait un impact relativement faible sur le niveau de violence dans la soci&#233;t&#233;, tandis que les politiques alternatives et actions de pr&#233;vention de la violence auraient un effet plus important pour des co&#251;ts &#233;conomiques et sociaux inf&#233;rieurs. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Abolie en 1981&lt;/strong&gt;, la peine de mort avait fait son temps. Et ce n'est pas parce qu'elle a &#233;t&#233; remplac&#233;e par la prison &#224; vie &lt;i&gt;(p. XI)&lt;/i&gt; que l'humanit&#233; r&#232;gne en cabane. Il n'y a d'ailleurs qu'&#224; regarder de plus pr&#232;s l'indignit&#233; des conditions de d&#233;tention et la violence des matons &lt;i&gt;(p. IV)&lt;/i&gt; pour s'en persuader. Quand ce n'est pas l'id&#233;e m&#234;me de priver un individu de sa libert&#233; qui donne des haut-le-c&#339;ur. &#192; sa fa&#231;on, Sophie de Menthon s'en est d'ailleurs &#233;mue dans le magazine &lt;i&gt;Challenge&lt;/i&gt;, le 23 mai dernier. La pr&#233;sidente du mouvement patronal ETHIC&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entreprises de taille humaine, ind&#233;pendantes et de croissance.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; (&lt;i&gt;sic&lt;/i&gt;) y &#233;crivait : &#171; &lt;i&gt;Et c'est ainsi que nos prisons surpeupl&#233;es, honte absolue au pays des droits de l'homme du fait de leurs conditions d'incarc&#233;ration et de l'insalubrit&#233; des lieux, voient arriver des d&#233;tenus qui jamais, au grand jamais, ne peuvent repr&#233;senter un danger quelconque pour la soci&#233;t&#233;. &#187;&lt;/i&gt; On ne pouvait qu'abonder, chapeau Sophie ! Las : quelques lignes plus loin, le bel &#233;lan humaniste &#233;tait en fait motiv&#233; par la d&#233;fense &#171; de classe &#187; d'un Patrick Balkany menac&#233; d'enchristement. Et Sophie de Menthon de se vautrer dans l'obsc&#233;nit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Ne conviendrait-il pas de cr&#233;er de vraies peines de substitution qui seraient utiles &#224; la soci&#233;t&#233; et r&#233;serv&#233;es &#224; ces &#8220;d&#233;linquants en col blanc&#8221; ? &#187;&lt;/i&gt; Il faudrait ainsi pr&#233;voir des peines &#224; la carte pour ses semblables et r&#233;server la prison ferme aux dites &#171; classes dangereuses &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pire&lt;/strong&gt; dans tout &#231;a ? C'est d&#233;j&#224; largement le cas. Si les d&#233;tenus s'entassent &#224; quatre ou cinq dans des cellules de 9 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;, ce n'est pas parce que le syst&#232;me judiciaire a vid&#233; les rues des plus grands salopards de cette terre. Mais plut&#244;t parce que les peines de prison pleuvent sans discontinuer sur des abonn&#233;s au syst&#232;me D, vendeurs de shit au d&#233;tail ou voleurs &#224; la petite semaine &lt;i&gt;(p. III)&lt;/i&gt;, tandis que les pr&#233;caires des cort&#232;ges fluo &#8211; pr&#232;s de 2 000 condamnations, dont 39 % de prison ferme depuis novembre &#8211; viennent grossir les rangs des embastill&#233;s &lt;i&gt;(p. II)&lt;/i&gt;. Les pauvres ? De la chair &#224; prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;La prison&lt;/strong&gt; est la mat&#233;rialisation physique de l'enfermement ext&#233;rieur. Mais c'est le dernier enfermement d'une cha&#238;ne &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;sumait le regrett&#233; Hafed Benotman&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Membre fondateur de L'Envol&#233;e, prisonnier au long cours, &#233;crivain de polar, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; dans &lt;a href=&#034;http://www.article11.info/?Abdel-Hafed-Benotman-Je-crois-en&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une interview&lt;/a&gt; au site &lt;i&gt;Article11&lt;/i&gt;, le 21 f&#233;vrier 2015. Envisag&#233;e comme un espace coup&#233; du monde, la prison se r&#233;v&#232;le finalement un laboratoire de choix quand il s'agit de penser la critique sociale. Comme un miroir grossissant des maux du syst&#232;me &#8211; qui, loin de les r&#233;soudre, les aggrave &#8211;, l'univers carc&#233;ral renseigne sur les rapports de domination et la reproduction des in&#233;galit&#233;s qui traversent la soci&#233;t&#233; toute enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des mineurs&lt;/strong&gt; emprisonn&#233;s &lt;i&gt;(p. VII)&lt;/i&gt; &#224; l'enfermement des &#233;trangers refoul&#233;s et expuls&#233;s au-del&#224; des fronti&#232;res &lt;i&gt;(pp. VIII et IX)&lt;/i&gt;, en passant par le sexisme crasse qui s&#233;vit derri&#232;re les murs des prisons pour femmes &lt;i&gt;(p. VI)&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;s'est rendu au chevet de ce syst&#232;me d'enfermement v&#233;rol&#233; pour en prendre le pouls. Diagnostic : le malade d&#233;conne &#224; plein tube, mais il tient encore debout.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Michel Foucault, &lt;i&gt;Surveiller et punir&lt;/i&gt;, Gallimard, 1975.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Entreprises de taille humaine, ind&#233;pendantes et de croissance.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Membre fondateur de &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt;, prisonnier au long cours, &#233;crivain de polar, voleur et camarade qui s'est d&#233;finitivement fait la &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Hafed-s-est-fait-la-belle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;belle&lt;/a&gt;le 20 f&#233;vrier 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Tout le monde r&#233;siste &#224; la police !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Tout-le-monde-resiste-a-la-police</link>
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		<dc:date>2018-06-13T09:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
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&lt;p&gt;Cadecol, c'est une caisse d'auto-d&#233;fense collective situ&#233;e &#224; Paris et sa p&#233;riph&#233;rie. Mais c'est aussi des guides d'auto-d&#233;fense juridique, diffus&#233;s en manif ou &#233;dit&#233;s &#8211; pour sa seconde &#233;dition &#8211; chez Syllepse. Alors que depuis trois mois, il pleut des tonfas et des heures de GAV, nous les avons crois&#233;s. Comment fait-on, alors, Face &#224; la police, face &#224; la justice ? Le 14 avril dernier, Sophie et Karim, vieux militants aguerris, participent &#224; une manif lyc&#233;enne contre la loi Travail afin (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no145-juillet-aout-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;145 (juillet-ao&#251;t 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/defense" rel="tag"&gt;d&#233;fense&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/violences-policieres-1346" rel="tag"&gt;violences polici&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sophie" rel="tag"&gt;Sophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/avril-dernier" rel="tag"&gt;avril dernier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cadecol" rel="tag"&gt;Cadecol&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vigilance-face" rel="tag"&gt;vigilance face&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/manif-lyceenne" rel="tag"&gt;manif lyc&#233;enne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/defense-collective" rel="tag"&gt;d&#233;fense collective&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vieux-militants" rel="tag"&gt;vieux militants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/militants-aguerris" rel="tag"&gt;militants aguerris&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cadecol, c'est une caisse d'auto-d&#233;fense collective situ&#233;e &#224; Paris et sa p&#233;riph&#233;rie. Mais c'est aussi des guides d'auto-d&#233;fense juridique, diffus&#233;s en manif ou &#233;dit&#233;s &#8211; pour sa seconde &#233;dition &#8211; chez Syllepse. Alors que depuis trois mois,
il pleut des tonfas et des heures de GAV, nous les avons crois&#233;s. Comment fait-on, alors,&lt;i&gt; Face &#224; la police, face &#224; la justice&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2438 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH660/-704-77071.jpg?1782643193' width='400' height='660' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 14 avril dernier, Sophie et Karim&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, vieux militants aguerris, participent &#224; une manif lyc&#233;enne contre la loi Travail afin d'assurer un minimum de vigilance face aux violences polici&#232;res. La jeunesse est plein de d&#233;bordements, la poulaille capara&#231;onn&#233;e sue &#224; grosses gouttes. Sophie se glisse dans le cort&#232;ge, smartphone brandi haut la main. L'&#339;il &#233;lectronique est l&#224; pour tout enregistrer. &#199;a commence &#224; bousculer s&#233;v&#232;re, un flic la h&#232;le et lui ordonne de lui remettre son portable. Sophie l'envoie balader. Le flic insiste. Sentant le vent mauvais, Karim empoigne sa camarade, et le couple d&#233;carre sans demander son reste. Mauvais calcul : les robocops leur tombent sur le paletot. Les beignes fusent. Sophie et Karim sont embarqu&#233;s. Karim sortira du comico au bout de quelques heures. Le s&#233;jour de Sophie chez les bleus durera 24 heures. 24 heures pour des photos de manif. C'est quoi ce d&#233;lire ? Elle les vit comment ces heures, Sophie, coinc&#233;e dans une nasse s&#233;curitaire surr&#233;aliste et quasi omnipotente ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s'armer dans ce genre de situation, Cadecol vient de mettre &#224; jour son guide d'autod&#233;fense juridique. Les machineries polici&#232;res et judiciaires ne sont jamais autant efficaces que lorsque le pr&#233;venu ou gard&#233; &#224; vue aura &#233;t&#233; au pr&#233;alable atomis&#233;, r&#233;duit au rang de balle de flipper. Apr&#232;s deux ann&#233;es de travail collectif pour cette nouvelle &#233;dition, Cadecol entend redonner un peu de confiance et d'autonomie &#224; celles et ceux qui se font serrer. &#171; &lt;i&gt;Le guide propose une vue d'ensemble des proc&#233;dures p&#233;nales les plus courantes. Enqu&#234;tes, perquisitions, fouilles, contr&#244;les, garde &#224; vue, auditions, convocations, comparution imm&#233;diate ou sur reconnaissance pr&#233;alable de culpabilit&#233;, peines, fichiers, justice p&#233;nale des mineurs : chacun de ces sujets, et d'autres, y sont &#233;voqu&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sument les initiateurs du collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partons d'un constat : non, le droit n'est pas le m&#234;me pour tous. Un banquier lambda ne sera pas trait&#233; de la m&#234;me mani&#232;re qu'un dealer de shit de bas d'immeuble. Capital culturel, ma&#238;trise de la langue, disposition d'un r&#233;seau : le rapport de forces qui s'instaure entre l'institution p&#233;nale et sa proie d&#233;pend grandement de la position sociale de cette derni&#232;re. Le guide d'autod&#233;fense devient alors une pr&#233;cieuse b&#233;quille pour les plus expos&#233;s. Et pour tous ceux d&#233;sireux de politiser leur d&#233;fense : &#171; &lt;i&gt; L'objectif de ce guide est avant tout d'aider celles et ceux qui d&#233;cident d'assurer collectivement leur d&#233;fense : se r&#233;approprier les strat&#233;gies de d&#233;fense qui doivent &#234;tre choisies par les accus&#233;s et leurs soutiens, et non exclusivement par ces sp&#233;cialistes du droit que sont les avocats. Il s'agira non seulement de ne pas d&#233;noncer quelqu'un, de ne pas se dissocier d'une action, mais aussi de ne pas mettre en avant certains avantages sociaux (situation sociale, patrimoine, nationalit&#233;&#8230;) lorsque ces derniers peuvent vous mettre dans une situation privil&#233;gi&#233;e par rapport &#224; vos co-inculp&#233;s&lt;/i&gt;. &#187; On conna&#238;t tous ces m&#233;diocres chantages des z&#233;lateurs du maintien de l'ordre : pousser l'inculp&#233; &#224; l&#226;cher ses camarades, voire les enfoncer en &#233;change d'une cl&#233;mence des juges. La strat&#233;gie vise tant &#224; compiler de nouvelles preuves &#224; charge qu'&#224; isoler un peu plus les individus. &#171; &lt;i&gt;Il est parfois possible d'&#233;chapper aux pi&#232;ges les plus grossiers et tous les moyens sont bons, y compris les plus l&#233;gaux, pour s'en sortir au mieu&lt;/i&gt;x &#187;, rassurent les membres de Cadecol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Collecte de fonds, r&#233;seaux d'avocats, &#233;laboration et distribution de brochures : l'ambition de la caisse d'autod&#233;fense vise &#224; la fois &#224; consolider les &#233;l&#233;ments mat&#233;riels n&#233;cessaires pour toute d&#233;fense judiciaire et &#224; poser les jalons de strat&#233;gies collectives. &#171; &lt;i&gt;On cherche avant tout &#224; mutualiser les moyens de d&#233;fense, d&#233;battre sur la justice et le droit, &#233;laborer un discours public permettant de continuer &#224; d&#233;fendre les raisons de la lutte. Nous avons rencontr&#233; une dizaine d'avocats qui sont a priori d'accord pour &#234;tre pay&#233;s &#224; hauteur de l'aide juridictionnelle, ou de la &#8220;commission d'office&#8221;, et pour fonctionner sur les bases de la d&#233;fense collective. On n'entend pas devenir une &#8220;Legal Team&#8221; compos&#233;e de militants sp&#233;cialistes du droit, ni se substituer &#224; des collectifs de soutien d&#233;j&#224; existants. En aucun cas Cadecol ne prend l'initiative de la d&#233;fense sans discussion pr&#233;alable avec les participants &#224; la lutte.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mains dans le cambouis du conflit social contre la loi Travail &#8211; et son monde ! &#8211;, le groupe a mis l'ensemble de ses outils &#224; disposition du collectif Defcol (D&#233;fense collective Paris-Banlieue). &#171; &lt;i&gt;Defcol est venu en aide &#224; plus d'une centaine de manifestants interpell&#233;s, dans ou aux abords des manifestations ou actions, quelle que soit leur forme d'implication dans la lutte.&lt;/i&gt; &#187; Pas de lutte sociale sans r&#233;pression, armons-nous pour y faire face !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Collectif Cadecol, E. Escondida, D. Tim&#233;los, &lt;i&gt;Face &#224; la police / face &#224; la justice,&lt;/i&gt; &#201;ditions Syllepse, janvier 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contact : cadecol@riseup.net.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#201;tude de CAF : Avis de gros temps sur les m&#232;res isol&#233;es</title>
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		<dc:creator>Ren&#233;e Cossette</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le charcutage des aides personnalis&#233;es au logement (APL) va permettre &#224; l'&#233;tat d'&#233;conomiser 225 millions d'euros en 2016. Ce n'est pas cher payer le plaisir de mettre les pauvres un peu plus sur la paille. Et ce sont surtout les m&#232;res isol&#233;es qui vont morfler. T&#233;moignage. G&#233;raldine ? Sophie ? Nous sommes si nombreuses, il y a le choix&#8230; Disons Sophie. Sophie aimait Marc, ils pr&#233;voyaient de vivre heureux et d'avoir de nombreux enfants. Les enfants parurent, au nombre r&#233;glementaire de deux, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/APL" rel="tag"&gt;APL&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le charcutage des aides personnalis&#233;es au logement (APL) va permettre &#224; l'&#233;tat d'&#233;conomiser 225 millions d'euros en 2016. Ce n'est pas cher payer le plaisir de mettre les pauvres un peu plus sur la paille. Et ce sont surtout les m&#232;res isol&#233;es qui vont morfler. T&#233;moignage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;G&#233;raldine ? Sophie ? Nous sommes si nombreuses, il y a le choix&#8230; Disons Sophie. Sophie aimait Marc, ils pr&#233;voyaient de vivre heureux et d'avoir de nombreux enfants. Les enfants parurent, au nombre r&#233;glementaire de deux, mais en guise de bonheur Sophie perdit son travail, se retrouva au foyer contre son gr&#233; et Marc s'av&#233;ra &#234;tre une crapule capitaliste de la pire esp&#232;ce, du genre qui te fait payer ce que tu lui co&#251;tes, comme il le disait souvent &#224; Sophie, qui demanda finalement le divorce car ce ne serait pas pire, pensait-elle fort na&#239;vement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2167 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-440-0e506.jpg?1782659416' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nadia Berz.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, elle contacta les associations de d&#233;fense des femmes dans l'espoir fou d'obtenir quelque logement d'urgence pour s'&#233;loigner de Marc, devenu plus qu'irritable &#224; l'annonce de son d&#233;sir de le quitter. On lui apprit alors que faute de subventions les foyers &#173;d'accueil d'urgence &#233;taient pleins. Sophie se vit donc pri&#233;e de se diriger vers &#171; [son] &lt;i&gt;entourage&lt;/i&gt; &#187;. L'envie de r&#233;pondre &#171; &lt;i&gt;si j'avais &#233;t&#233; entour&#233;e j't'aurais pas t&#233;l&#233;phon&#233; !&lt;/i&gt; &#187; &#233;tait forte, mais Sophie n'avait pas le temps d'&#233;duquer plus privil&#233;gi&#233; qu'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &#171; Les femmes seules, &#231;a d&#233;grade les logements &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre m&#232;re Courage, comme disent les condescendants, aussi d&#233;termin&#233;e que coinc&#233;e maintenant que Marc avait pris bonne note de ses vell&#233;it&#233;s rebelles, se mit donc en qu&#234;te d'un logement. Les agences immobili&#232;res eurent t&#244;t fait de lui apprendre que chez eux, ce ne serait pas possible. Pas d'emploi, pas de ressources stables, fin des d&#233;bats. Sophie se dirigea donc vers les particuliers et commen&#231;a &#224; passer des coups de fil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re fois qu'un propri&#233;taire lui raccrocha au nez en entendant le mot divorce, elle se dit qu'elle &#233;tait probablement tomb&#233;e sur un militant de La Manif pour tous (LMPT). &#199;a arrive. La trenti&#232;me fois qu'on lui indiqua par le menu tout ce qu'il fallait penser des &#171; &lt;i&gt; gens comme vous&lt;/i&gt; &#187; et de quelle mani&#232;re &#171; &lt;i&gt;les femmes seules &#231;a d&#233;grade les logements&lt;/i&gt; &#187;, puisque aussi bien &#171; &lt;i&gt;les enfants sans p&#232;re c'est des petits sauvages&lt;/i&gt; &#187;, Sophie raccrocha la premi&#232;re, petite victoire morale sur la vacherie de son prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout d'un trimestre long comme un jour sans pain, une propri&#233;taire bien intentionn&#233;e apprit &#224; Sophie que le probl&#232;me &#233;tait purement technique, son assureur ne couvrant pas le risque d'impay&#233; pour &#171; &lt;i&gt;ces cas-l&#224;&lt;/i&gt; &#187;. &lt;i&gt;Fiat Lux !&lt;/i&gt; Sophie d&#233;couvrit la loi Boutin. Inutile de contacter les propri&#233;taires de logements r&#233;cents ou simplement d&#233;cents, puisqu'ils avaient tous souscrit une assurance aux loyers impay&#233;s et que, faute de justifier de ressources fixes &#233;quivalent &#224; trois fois le montant du loyer hors charges, Sophie ne pouvait b&#233;n&#233;ficier de cette couverture et donc pr&#233;tendre &#224; un toit. Dress&#233;s &#224; la peur de l'impay&#233; (qui, au moment du vote de la loi en mars 2009, s'&#233;levait &#224; 1 % de l'ensemble des loyers, selon la f&#233;d&#233;ration des requins de l'immobilier FNAIM), les proprios avaient appris &#224; &#171; s&#233;lectionner &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Taudis de cat&#233;gorie &#233;nerg&#233;tique H&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle apprit &#224; reconna&#238;tre les annonces donnant mati&#232;re &#224; esp&#233;rer : taudis de cat&#233;gorie &#233;nerg&#233;tique G ou H quand cela &#233;tait mentionn&#233;, sans prise terre, avec pour tout chauffage un grille-pain dans un couloir venteux, annonces sans photos. Apr&#232;s avoir &#233;chapp&#233; de justesse &#224; quelques &#171; arrangements &#187; propos&#233;s main sur son &#233;paule ou plus bas par des propri&#233;taires d&#233;sireux d'aider une femme seule, Sophie parvint &#224; d&#233;nicher une petite vieille sans plus aucune libido qui acceptait de lui louer sa ruine, pardon, &#171; &lt;i&gt;la maison de ma m&#232;re&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le loyer s'&#233;levait &#224; plus de la moiti&#233; des ressources de Sophie, le logement &#233;tait myst&#233;rieusement conventionn&#233; APL, &#224; se demander si quelqu'un &#233;tait venu un jour sentir le courant d'air frais que la porte d'entr&#233;e en bois du si&#232;cle pass&#233; fente-&#224;-lettre incluse diffusait au salon, mais &#231;a faisait un an que Sophie cohabitait avec son futur ex hurlant et vagissant sous le nez des enfants terroris&#233;s, elle avait perdu dix kilos, elle &#233;tait &#233;puis&#233;e et n'avait pas encore eu d'audience devant le juge aux affaires familiales, parce que la justice n'avait plus de budget non plus. Moyennant la fourniture de trois lits et d'une table, ce qui de toute mani&#232;re l'arrangeait, Marc n'ayant aucune envie de partager le mobilier, elle signa un bail meubl&#233; qui rassurait la propri&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes en septembre 2015 et Sophie a d&#233;j&#224; pass&#233; deux hivers dans le cong&#233;lateur qui lui sert de logis, les factures d'&#233;lectricit&#233; ayant parfois &#233;t&#233; suffisamment contondantes pour lui faire penser &#224; &#233;courter ses jours sur cette terre mais elle tient bon, les enfants vont presque mieux, elle a trouv&#233; un accord &#224; l'amiable avec Marc &#8211;&#8200;amiable surtout pour lui &#8211;&#8200;pour gagner du temps de proc&#233;dure, leur maison d'avant est en vente, un jour tout &#231;a prendra fin, on ne va pas l&#226;cher maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pauvre donc forc&#233;ment tricheuse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis voil&#224;, &#231;a ne va pas se passer comme &#231;a, et pourtant &#171; comme &#231;a &#187; c'&#233;tait d&#233;j&#224; rude. La loi de finances 2016 a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e et elle pr&#233;voit de r&#233;former les aides personnalis&#233;es au logement (APL) parce que les pauvres, tout de m&#234;me, &#231;a co&#251;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re mesure vise &#224; faire les poches aux jeunes actifs de moins de 25 ans. Leur APL ne sera plus calcul&#233;e sur leur premi&#232;re fiche de paie mais sur leur revenu r&#233;el. Ce coup vicieux ne concerne pas trop Sophie, ses 25&#8200;ans sont loin, comme on ne manque pas de le lui rappeler au cours de ses recherches d'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la deuxi&#232;me mesure qu'elle va se prendre droit dans la tronche. Il s'agit d'int&#233;grer au calcul des droits aux APL la propri&#233;t&#233; d'un capital, f&#251;t-il mesur&#233; en biens ou en argent sonnant et tr&#233;buchant. L&#224; &#231;a devient moins dr&#244;le pour Sophie, car la baraque de feu son couple id&#233;al constitue un bien qui lui appartient partiellement. Certes, elle n'est pas encore vendue et Sophie n'en tire aucun b&#233;n&#233;fice (Marc ne lui paie aucun loyer), sans compter qu'elle ne peut non plus y vivre (y a un ours dedans, souviens-toi). Mais la loi est la loi et Sophie risque donc de perdre tout ou partie de son aide au logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me mesure s'av&#232;re encore plus sc&#233;l&#233;rate pour notre h&#233;ro&#239;ne du combat ordinaire. Elle pr&#233;voit de plafonner l'aide au logement en fonction du prix du loyer. Vois-tu, pour nos gouvernants, si Sophie consacre une trop grande partie de ses ressources &#224; son loyer, ou si ledit loyer est sup&#233;rieur &#224; la moyenne du secteur, ce n'est pas parce que Sophie n'a pas acc&#232;s au march&#233; locatif ordinaire ni parce que des chacals abusent des locataires en situation de faiblesse sociale, non : pour nos gouvernants, si Sophie paie si cher son droit d'exister quelque part, c'est parce qu'elle cache des ressources &#224; l'Administration. Forc&#233;ment. &#171; Tricheuse, on t'a rep&#233;r&#233;e, hahaha ! &#187;, jubilent les chevaliers de l'ordre du m&#233;rite des pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sophie, elle, ne sait juste pas o&#249; elle vivra en 2016. Elle a entrepris de recontacter les agences pour tenter de trouver moins cher. Sans trop de conviction parce qu'elle n'a de toute mani&#232;re pas les moyens de payer un d&#233;m&#233;nagement et ce ne sont pas ses enfants qui vont porter le frigo ou la machine &#224; laver. Un nouvel hiver approche, l'&#233;lectricit&#233; a encore augment&#233;, il faut de nouveaux manteaux aux enfants, la t&#233;l&#233; leur crache d&#233;j&#224; les publicit&#233;s pour les jouets de No&#235;l que Sophie ne pourra pas leur offrir, ils disent que c'est pas grave mais qu'ils ne veulent pas d&#233;m&#233;nager encore, ils se sont fait des copains dans le quartier... Fallait justement qu'ils s'acoquinent avec les gosses d'une autre divorc&#233;e contrainte au ch&#244;mage par l'obligation du &#171; &lt;i&gt;care&lt;/i&gt; &#187;, dans une autre maison tout aussi co&#251;teuse en charges n'ouvrant pas droit aux aides, avec aussi une ex-maison et un ex-mari, ou bien une petite &#233;pargne r&#233;cup&#233;r&#233;e &#224; la vente du bien, dans laquelle elle pioche tous les mois pour une facture, une cantine ou un appareil dentaire. Tandis que les enfants pleurent &#233;galement qu'ils ne veulent pas encore d&#233;m&#233;nager parce qu'ils se sont fait des amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelque temps un type notoire&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 9 avril 2010, le d&#233;nomm&#233; &#201;ric Zemmour, scribouillard d'extr&#234;me droite, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a dit que si on coupait l'acc&#232;s aux allocations des femmes, elles divorceraient moins et la famille fran&#231;aise, cette valeur si ch&#232;re &#224; tous sauf &#224; ces garces qui ne font rien qu'&#224; refuser les baffes, serait sauv&#233;e. Sophie et ses voisines ont plut&#244;t l'impression que cette r&#233;forme veut achever les leurs, de familles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 9 avril 2010, le d&#233;nomm&#233; &#201;ric Zemmour, scribouillard d'extr&#234;me droite, vomissait ces propos dans &#171; &#231;a se dispute &#187; sur iT&#233;l&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le kiosque &#224; paroles</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-kiosque-a-paroles</link>
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		<dc:date>2011-05-20T07:06:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Juliette Volcler</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Sophie</dc:subject>
		<dc:subject>presse</dc:subject>
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		<dc:subject>Aller chercher</dc:subject>
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		<dc:subject>grands &#233;clats</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#199;a devait &#234;tre ce qu'on appelle une &#171; cabane &#187;, un article sur un lieu d'exp&#233;rimentation sociale au quotidien. Et puis blam, au beau milieu de la conversation, on apprend que l'endroit va fermer. Rencontre avec Sophie, kiosqui&#232;re du boulevard Salvator, &#224; Marseille. Aller chercher son canard au kiosque de Sophie, c'est &#224; coup s&#251;r tomber au beau milieu d'une discussion et de grands &#233;clats de rire. &#171; C'est un lieu de vie, ici, je ne vends pas des patates ! &#187; Un lieu de rencontres (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#199;a devait &#234;tre ce qu'on appelle une &#171; cabane &#187;, un article sur un lieu d'exp&#233;rimentation sociale au quotidien. Et puis blam, au beau milieu de la conversation, on apprend que l'endroit va fermer. Rencontre avec Sophie, kiosqui&#232;re du boulevard Salvator, &#224; Marseille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aller chercher son canard&lt;/strong&gt; au kiosque de Sophie, c'est &#224; coup s&#251;r tomber au beau milieu d'une discussion et de grands &#233;clats de rire. &lt;i&gt;&#171; C'est un lieu de vie, ici, je ne vends pas des patates ! &#187;&lt;/i&gt; Un lieu de rencontres improbables, de conversations impr&#233;vues : &lt;i&gt;&#171; Du fait qu'on travaille dans la rue, les gens n'ont pas &#224; entrer, on est directement dans la ville. C'est le dernier des lieux de proximit&#233;, et il y a des id&#233;es qui surgissent. Parfois, des mini-d&#233;bats s'improvisent : hier quelqu'un est parti sur un fervent plaidoyer de la litt&#233;rature contemporaine. Au bout d'un moment, on n'arrivait plus &#224; suivre ! &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas tout &#224; fait un hasard si &#231;a se passe ici. Sophie, elle a quinze ans de kiosque. &lt;i&gt;&#171; Au d&#233;but, je voulais prendre une librairie, mais je n'avais pas assez de sous. Et puis, je me suis passionn&#233;e pour la presse, malgr&#233; les conditions de travail moyen&#226;geuses. &#187;&lt;/i&gt; La presse, oui, mais pas celle o&#249; &lt;i&gt;&#171; ils &#233;crivent tous la m&#234;me chose de la m&#234;me mani&#232;re. J'ai essay&#233; de d&#233;velopper des revues qu'on ne trouvait pas ailleurs, qui proposent quelque chose de diff&#233;rent en termes d'&#233;criture et de contenu. &#187;&lt;/i&gt; Et il y a sur ses lin&#233;aires &#224; peu pr&#232;s tout ce qui se fait d'int&#233;ressant dans la presse ind&#233;pendante, litt&#233;raire ou artistique. Une m&#233;diath&#232;que informelle a m&#234;me vu le jour : &lt;i&gt;&#171; On s'est mis &#224; se pr&#234;ter des bouquins et des DVD, &#224; se faire d&#233;couvrir des auteurs. Au d&#233;part, c'&#233;tait spontan&#233;. Mais, petit &#224; petit, on s'est tous mis &#224; s'&#233;changer des tas de trucs. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux conditions moyen&#226;geuses, mis &#224; part l'exigu&#239;t&#233;, les horaires, la temp&#233;rature et la manutention : &lt;i&gt;&#171; Il devait y avoir des soi-disant &#8220;&#233;tats g&#233;n&#233;raux de la presse&#8221; qui n'ont rien donn&#233;. Tous les jours, je re&#231;ois des quantit&#233;s astronomiques de magazines impos&#233;s par les grands groupes d'&#233;dition. Ils se moquent qu'il y ait ce qu'on appelle du &#8216;&#8216;bouillon'', des invendus : pour eux, l'important, c'est que les publicit&#233;s soient vues. Et puis &#231;a repr&#233;sente des pr&#233;l&#232;vements &#233;normes sur le compte, parce qu'on fait l'avance. On signe un contrat faustien avec eux. &#187;&lt;/i&gt; Est-ce qu'ils ne se tirent pas une balle dans le pied en mettant la pression sur les kiosques ? &lt;i&gt;&#171; Il y en a beaucoup qui ferment, mais il y en a aussi beaucoup qui ouvrent sur des mini-p&#233;riodes, parce que les gens s'aper&#231;oivent vite que ce n'est pas rentable. Les groupes jouent sur un flux tendu de kiosquiers et puis, &#224; c&#244;t&#233; de &#231;a, ils vont ouvrir les rayons int&#233;gr&#233;s dans les grandes surfaces. &#187;&lt;/i&gt; Mais il y a bien des syndicats ? &lt;i&gt;&#171; Il y en a un qui n'est pas trop mal. L'autre, il est inf&#233;od&#233; &#224; un gros distributeur : ils t'&#233;crivent pour t'informer qu'ils vont prendre ta cotisation aupr&#232;s de ton d&#233;p&#244;t, et c'est toi qui dois faire une d&#233;marche si tu ne veux pas &#234;tre affili&#233; ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Alors le kiosque de Sophie va fermer aussi : &lt;i&gt;&#171; En ce moment j'ai l'impression d'&#234;tre une mouche dans un verre d'eau, d'&#234;tre enferm&#233;e dans un syst&#232;me que je ne ma&#238;trise pas. C'est un m&#233;tier qui est exaltant, mais je n'ai pas envie d'&#234;tre une encaisseuse. Des clients m'ont propos&#233; de faire une collecte, mais j'ai envie d'aller voir ailleurs si j'y suis. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Pause technique &#187; pour les pr&#233;caires</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Pause-technique-pour-les-precaires</link>
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		<dc:date>2011-01-03T07:58:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Maliet</dc:creator>


		<dc:subject>Berth</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>aides</dc:subject>
		<dc:subject>Sophie</dc:subject>
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		<dc:subject>contrats</dc:subject>
		<dc:subject>CUI</dc:subject>
		<dc:subject>licence professionnelle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Selon la pr&#233;fecture de Provence-Alpes-C&#244;te d'Azur, les caisses sont vides : impossible d'assurer, d'ici la fin de l'ann&#233;e, la cr&#233;ation ou le renouvellement de contrats aid&#233;s dans le secteur non marchand. Sophie, comme nombre de ch&#244;meurs et pr&#233;caires, en fait les frais. &#192; 26 ans, une licence professionnelle en poche, elle a d&#233;m&#233;nag&#233; pour trouver du travail. Pour rien. L'&#233;t&#233; dernier, une fois ses &#233;tudes termin&#233;es, Sophie a demand&#233; &#224; b&#233;n&#233;ficier du RSA puis s'est lanc&#233;e dans la fameuse &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/aides" rel="tag"&gt;aides&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sophie" rel="tag"&gt;Sophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pole-emploi-3341" rel="tag"&gt;P&#244;le emploi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/RSA" rel="tag"&gt;RSA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/contrats-aides" rel="tag"&gt;contrats aid&#233;s&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CUI" rel="tag"&gt;CUI&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/licence-professionnelle" rel="tag"&gt;licence professionnelle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Selon la pr&#233;fecture de Provence-Alpes-C&#244;te d'Azur, les caisses sont vides : impossible d'assurer, d'ici la fin de l'ann&#233;e, la cr&#233;ation ou le renouvellement de contrats aid&#233;s dans le secteur non marchand. Sophie, comme nombre de ch&#244;meurs et pr&#233;caires, en fait les frais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_46 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH297/84-Berth-ContratAide-646eb.png?1782638674' width='400' height='297' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Berth
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; 26 ans, une licence professionnelle en poche, elle a d&#233;m&#233;nag&#233; pour trouver du travail. Pour rien. L'&#233;t&#233; dernier, une fois ses &#233;tudes termin&#233;es, Sophie&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233;.&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a demand&#233; &#224; b&#233;n&#233;ficier du RSA puis s'est lanc&#233;e dans la fameuse &#171; recherche active d'emploi &#187; que tout ch&#244;meur se doit de mener sans rechigner. &lt;i&gt;&#171; J'ai tr&#232;s vite compris&lt;/i&gt;, pr&#233;cise l'int&#233;ress&#233;e, &lt;i&gt;que les offres du secteur culturel sont le plus souvent soumises &#224; des contrats aid&#233;s. &#187;&lt;/i&gt; Les contrats aid&#233;s, ce sont ces boulots dont l'&#201;tat assure 70 &#224; 90 % du salaire, tel le fameux Contrat unique d'insertion (CUI), et th&#233;oriquement r&#233;serv&#233;s aux personnes &lt;i&gt;&#171; rencontrant des difficult&#233;s sociales et professionnelles &#187;&lt;/i&gt;. Allez, va pour un CUI : &lt;i&gt;&#171; J'ai trouv&#233; un poste de charg&#233;e de production dans une association culturelle &#224; Marseille, un CDD en emploi aid&#233;, 26 heures par semaine pay&#233;es au Smic. &#187;&lt;/i&gt; Un temps partiel pour 800 euros net mensuel, &#224; 1 200 kilom&#232;tres de chez elle &#8211; Sophie est bretonne &#8211;, c'est Byzance. Mais c'&#233;tait sans compter la d&#233;cision du gouvernement de suspendre ces contrats dans les r&#233;gions ayant &#233;puis&#233; l'enveloppe budg&#233;taire impartie, et ce jusqu'&#224; la fin de l'ann&#233;e. Le 28 octobre, en Provence-Alpes-C&#244;te d'Azur (Paca), c'est par le truchement des P&#244;les emploi que la nouvelle a &#233;t&#233; annonc&#233;e aux acteurs du secteur non marchand &#8211; associations culturelles, &#233;ducatives ou sociales, et certains services publics.&lt;i&gt; &#171; L'&#201;tat a atteint son objectif avec deux mois d'avance &#187;&lt;/i&gt;, soit pr&#232;s de 44 000 contrats aid&#233;s pour un montant de 301 millions d'euros, a d&#233;clar&#233; la pr&#233;fecture &#224; l'AFP. Manque de bol, Sophie avait d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; bosser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le 13 octobre, j'ai sign&#233; mon contrat de travail avec l'association. Et je devais, dans un second temps, signer le CUI avec le P&#244;le emploi de la Joliette. &#187;&lt;/i&gt; Ne restait qu'une petite tracasserie administrative &#224; r&#233;gler pour d&#233;crocher le pr&#233;cieux s&#233;same : faire transf&#233;rer son dossier RSA de la caisse d'allocations familiales du Morbihan &#224; celle de Marseille. Un dossier qui n'a pas eu le temps d'arriver &#224; bon port : &lt;i&gt;&#171; Fin octobre, j'ai appris le gel des CUI dans les Bouches-du-Rh&#244;ne par un coup de t&#233;l&#233;phone de P&#244;le emploi. J'ai tent&#233; de n&#233;gocier, mais la conseill&#232;re m'a dit que ce n'&#233;tait pas possible&#8230; &#187;&lt;/i&gt; L'employeur, une association culturelle qui survit bon an, mal an, gr&#226;ce &#224; la reconduite de ses contrats aid&#233;s, ne peut maintenir son poste sans l'aum&#244;ne gouvernementale. Et revoil&#224; notre Sophie au ch&#244;medu. &lt;i&gt;&#171; Dire que j'ai d&#233;m&#233;nag&#233; de Bretagne pour ce job !&lt;/i&gt; s'&#233;nerve l'&#233;conduite. &lt;i&gt;Heureusement que je n'ai pas pris une location tout de suite&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, le pr&#233;fet a annonc&#233; la cr&#233;ation de 1 100 contrats suppl&#233;mentaires pour les &lt;i&gt;&#171; secteurs prioritaires &#187;&lt;/i&gt; que sont &lt;i&gt;&#171; les ateliers et chantiers d'insertion, les assistants de vie scolaire qui assurent l'accompagnement des &#233;l&#232;ves handicap&#233;s, et les adjoints de s&#233;curit&#233; &#187;&lt;/i&gt;. De la culture, il n'en est point question. Le tout r&#233;cent &lt;a href=&#034;http://collectifpaca-emploisaides.blogspot.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Collectif Paca-emplois aid&#233;s&lt;/a&gt; recensait r&#233;cemment plus de quatre cent soixante ch&#244;meurs et pr&#233;caires dans le cas de Sophie. Le 18 novembre, le repr&#233;sentant du pr&#233;fet les aidait &#224; relativiser en d&#233;clarant qu'il ne s'agissait que d'une &lt;i&gt;&#171; pause technique &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; &#199;a veut dire quoi ?&lt;/i&gt; roum&#232;gue une membre du collectif. &lt;i&gt;Les gens ne vont pas s'arr&#234;ter de respirer en attendant 2011 ! Nous voulons une v&#233;ritable politique de l'emploi. Dans les associations, on ne peut assumer le co&#251;t r&#233;el des salaires, puisqu'ils nous r&#233;duisent les subventions. Et maintenant, c'est au tour des contrats aid&#233;s. C'est un double d&#233;sengagement ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au RSA de Sophie, fin novembre, il se baladait toujours entre la Bretagne et la cit&#233; phoc&#233;enne : &lt;i&gt;&#171; Je ne suis toujours pas r&#233;inscrite. Mon dossier &#233;tant en transit, je n'ai ni boulot, ni RSA pour ce mois-ci. &#187;&lt;/i&gt; C'est rien, juste une petite &#171; pause technique &#187;&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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