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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Qui a tu&#233; Mehdi ? &#187;</title>
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		<dc:date>2020-03-09T04:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>Emilie Seto</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Vendredi 14 f&#233;vrier au soir, dans une cit&#233; des quartiers Nord de Marseille, Mehdi, 18 ans, est tomb&#233; sous les balles d'un &#233;quipage de la Brigade anticriminalit&#233; (BAC). Ses proches et son quartier veulent savoir pourquoi. Rendez-vous a &#233;t&#233; donn&#233; ce samedi 22 f&#233;vrier au pied d'un immeuble de la cit&#233; Maison-Blanche. L'&#233;t&#233; dernier, le b&#226;timent a souffert un grave incendie : la fa&#231;ade sinistr&#233;e est repeinte de frais &#8211; pas les autres. En signe de deuil, on va marcher d'ici, la cit&#233; o&#249; Mehdi a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no185-mars-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;185 (mars 2020)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vendredi 14 f&#233;vrier au soir, dans une cit&#233; des quartiers Nord de Marseille, Mehdi, 18 ans, est tomb&#233; sous les balles d'un &#233;quipage de la Brigade anticriminalit&#233; (BAC). Ses proches et son quartier veulent savoir pourquoi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3265 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L436xH400/-1471-6a220.jpg?1768658817' width='436' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;R&lt;/span&gt;endez-vous a &#233;t&#233; donn&#233; ce samedi 22 f&#233;vrier au pied d'un immeuble de la cit&#233; Maison-Blanche. L'&#233;t&#233; dernier, le b&#226;timent a souffert un grave incendie&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; La cit&#233; qui fait des &#233;tincelles &#187;, CQFD n&#176;180 (octobre 2019).&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; : la fa&#231;ade sinistr&#233;e est repeinte de frais &#8211; pas les autres. En signe de deuil, on va marcher d'ici, la cit&#233; o&#249; Mehdi a grandi, jusqu'&#224; celle des Marronniers, o&#249; il est mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un silence tendu, charg&#233; de tristesse et de col&#232;re, une dizaine de tr&#232;s jeunes filles et gar&#231;ons, portant une banderole &#171; &lt;i&gt;Justice pour Mehdi&lt;/i&gt; &#187;, prennent la t&#234;te du cort&#232;ge. Des lascars &#224; peine plus &#226;g&#233;s soutiennent un autre calicot : &#171; &lt;i&gt;RIP Mehdi&lt;/i&gt; &#187;, avec un c&#339;ur tagu&#233;, et en bas &#171; &lt;i&gt;On oublie pas Zineb&lt;/i&gt; &#187;, du nom de l'octog&#233;naire tu&#233;e par une grenade lacrymog&#232;ne, fin 2018, dans le quartier de Noailles. Derri&#232;re, des m&#232;res, des amis serrent des roses blanches. Les solidaires venus d'en ville ont pu constater que la r&#233;cente inauguration de la station de m&#233;tro G&#232;ze, livr&#233;e avec cinq ans de retard, a eu pour effet de r&#233;duire la desserte des bus. Pour rejoindre la cit&#233;, il faut zigzaguer un quart d'heure entre les maigres &#233;tals des vendeurs &#224; la sauvette refoul&#233;s des abords du march&#233; aux Puces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la police, ce 14 f&#233;vrier vers 20 h, des malfaiteurs fuient en voiture apr&#232;s avoir braqu&#233; un supermarch&#233;. Pris en chasse par une patrouille de la BAC Nord, ils s'engouffrent sous le tunnel des Marronniers. C'est l&#224; que, en suppos&#233; &#233;tat de l&#233;gitime d&#233;fense (il aurait &#233;t&#233; mis en joue avec un fusil &#224; pompe), un flic tire sur Mehdi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette th&#232;se, que la procureure et le quotidien &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt; ont imm&#233;diatement reprise &#224; leur compte, est contredite par des t&#233;moins contact&#233;s par le collectif Maison-Blanche&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Regroupant des habitants de cette copropri&#233;t&#233; d&#233;grad&#233;e, il a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; apr&#232;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Lesquels livrent d'autres d&#233;tails : alors que ses coll&#232;gues courent apr&#232;s deux individus qui s'&#233;chappent &#224; pied, un agent reste en couverture. Il voit alors Mehdi s'extraire du v&#233;hicule &#8211; ce qui laisse penser que le jeune homme s'&#233;tait couch&#233; sur la banquette arri&#232;re et voulait s'esquiver. Une vid&#233;o (assez floue) et des riverains font &#233;tat de deux (ou trois) coups de feu c&#244;t&#233; policier, puis de coups de pied et de menottes pass&#233;es au mourant. Quand des voisins demandent aux policiers d'appeler les secours, ils se font insulter et gazer. &#192; l'arriv&#233;e des pompiers, le gosse est d&#233;c&#233;d&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lumi&#232;re sera peut-&#234;tre faite un jour. La justice probablement jamais. Comme &#224; l'accoutum&#233;e, IGPN et juges couvriront sans aucun doute le policier. La version officielle diabolise sa victime. Sur Internet, la haine des trolls se d&#233;cha&#238;ne : la racaille n'a eu que ce qu'elle m&#233;ritait. St&#233;phane Ravier, candidat &#224; la mairie centrale et chef local du RN (parti qui dirige d&#233;j&#224; la mairie du secteur), se pavane d&#232;s le lendemain &#224; l'entr&#233;e de la cit&#233;, assurant les policiers de son soutien total &#8211; soutien r&#233;ciproque, puisqu'on estime que 50 % de la profession vote pour lui&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce m&#234;me Ravier avait d&#233;clar&#233; &#224; propos des sinistr&#233;s de l'incendie : &#171; On va (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trop souvent, la police p&#233;n&#232;tre dans les quartiers populaires comme en territoire ennemi. En ao&#251;t 2019, &#224; Maison-Blanche, alors que des femmes et des ados collectent des vivres pour les familles &#233;vacu&#233;es apr&#232;s l'incendie, des flics font irruption dans un local associatif, provoquant une algarade. Trois mamans finissent en garde &#224; vue. Ce jour-l&#224;, le plus arrogant des hommes en uniforme arbore sur son gilet pare-balle un &#233;cusson du BOPE, corps de police militaire br&#233;silien craint dans les favelas de Rio pour ses ex&#233;cutions sommaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, la mort de Mehdi n'est pas le fait exclusif d'un flic &#224; la g&#226;chette facile. Apr&#232;s des mois de brutalit&#233;s polici&#232;res contre les Gilets jaunes et autres manifestants, elle vient rappeler la g&#233;n&#233;alogie d'une violence d'&#201;tat d'abord appliqu&#233;e en banlieue. D'o&#249; la question faussement na&#239;ve de Naer, du collectif Maison-Blanche : &#171; &lt;i&gt;Qui a tu&#233; Mehdi&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Il s'agit au mieux d'une &#171; bavure &#187; de flic en panique, mais c'est aussi un message envoy&#233; &#224; la jeunesse des quartiers : vos vies valent moins que d'autres. Tant que vous vous entretuez dans les guerres du trafic, tant que vous ne sortez pas de vos r&#233;serves de b&#233;ton, assomm&#233;s de shit et de jeux vid&#233;o, pas de souci. Mais si vous venez foutre le bordel en ville, nous n'h&#233;siterons pas &#224; tirer les premiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la minute de silence, Naer parle d'un sentiment d'&#233;chec, du souvenir de ce minot que les grands fr&#232;res tentaient de cadrer. Syndicaliste du McDo de Sainte-Marthe en lutte, Kamel encha&#238;ne : &#171; &lt;i&gt;Pendant que la famille m&#232;ne le combat juridique, nous les soutiens, on doit porter le message politique.&lt;/i&gt; &#187; Rage et courage sont l&#224;. Sur la pr&#233;sence de politiques en campagne, les choses sont claires : &#171; &lt;i&gt;S'ils se mettent en avant, on ne l'acceptera pas, ce n'est pas un cirque.&lt;/i&gt; &#187; Et Naer de poser une des seules questions qui vaillent : &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce qui fait qu'un jeune se l&#232;ve le matin pour aller braquer&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux politiques et aux sp&#233;culateurs responsables des effondrements d'immeubles du 5 novembre 2018 &#224; Noailles (huit morts), Mehdi n'aura pas eu droit aux lenteurs scrupuleuses de la justice. Alors les mots anciens de Walter Benjamin cheminent aujourd'hui &#224; c&#244;t&#233; des gens. &#171; &lt;i&gt;C'est la tradition des opprim&#233;s qui nous l'enseigne : l'&#233;tat d'exception dans lequel nous vivons est en v&#233;rit&#233; la r&#232;gle.&lt;/i&gt; &#187; Au fil de la marche qui parcourait la distance s&#233;parant les deux cit&#233;s, des groupes serr&#233;s de jeunes sont venus grossir le cort&#232;ge. Sans un mot, capuche rabattue, mine s&#233;rieuse. Force collective en suspens, il leur faudra se battre pour &#233;chapper au destin de Mehdi.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/La-cite-qui-fait-des-etincelles' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La cit&#233; qui fait des &#233;tincelles&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;180 (octobre 2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Regroupant des habitants de cette copropri&#233;t&#233; d&#233;grad&#233;e, il a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; apr&#232;s la chute d'un balcon ayant caus&#233; la mort d'une fillette, en juillet 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ce m&#234;me Ravier avait d&#233;clar&#233; &#224; propos des sinistr&#233;s de l'incendie : &#171; &lt;i&gt;On va les reloger&#8230;, dans leur pays.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Retour en prison pour une clope</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Retour-en-prison-pour-une-clope</link>
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		<dc:date>2012-12-28T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Katre</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
		<dc:subject>Mehdi</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le 22 octobre, en d&#233;but de soir&#233;e, Medhi, 28 ans, discute dans la gare de la Part-Dieu &#224; Lyon avec des amis ; l'un d'entre eux fume une cigarette qu'il &#233;crase prestement &#224; l'approche des agents de la Suge, la police de la SNCF. Ils intiment alors au groupe d'amis l'ordre de quitter la gare et d&#233;cident de verbaliser le fumeur. Mehdi proteste. Le ton monte et ce dernier pr&#233;f&#232;re s'en aller. Sa r&#233;action d&#233;pla&#238;t &#224; l'un des agents qui le poursuit, l'interpelle en dehors de la gare, le met (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no105-novembre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;105 (novembre 2012)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 22 octobre, en d&#233;but de soir&#233;e, Medhi, 28 ans, discute dans la gare de la Part-Dieu &#224; Lyon avec des amis ; l'un d'entre eux fume une cigarette qu'il &#233;crase prestement &#224; l'approche des agents de la Suge, la police de la SNCF. Ils intiment alors au groupe d'amis l'ordre de quitter la gare et d&#233;cident de verbaliser le fumeur. Mehdi proteste. Le ton monte et ce dernier pr&#233;f&#232;re s'en aller. Sa r&#233;action d&#233;pla&#238;t &#224; l'un des agents qui le poursuit, l'interpelle en dehors de la gare, le met violemment &#224; terre et le menotte. Mehdi hurle et s'agite alors m&#234;me qu'il a les bras entrav&#233;s, avant d'&#234;tre embarqu&#233; au poste de police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 octobre, lors de l'audience dans la salle des comparutions imm&#233;diates du tribunal de grande instance de Lyon, les proc&#232;s-verbaux des agents de la Suge parlent d'&lt;i&gt;&#171; outrage &#187;&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;&#171; r&#233;sistance &#187;&lt;/i&gt; et laissent entendre que lors de son interpellation &lt;i&gt;&#171; Mehdi avait les yeux brillants et semblait avoir bu &#187;&lt;/i&gt;. Ils &#233;voquent des insultes (&lt;i&gt;&#171; b&#226;tard&#8230; encul&#233;&#8230;traitre &#187;&lt;/i&gt;) et des coups que Mehdi aurait port&#233;s lors de son interpellation. Le juge &#233;voque l'enfance et la vie de Mehdi : un p&#232;re absent, un logement en foyer d'urgence, des &#233;checs scolaires, des missions d'int&#233;rim et un m&#233;tier de brancardier en contrat avec les Hospices civils de Lyon, contrat qui ne sera pas renouvel&#233; suite &#224; une inscription dans son casier judiciaire, ce nouvel &#233;chec le poussant vers la maison d'arr&#234;t pendant plusieurs mois, avant d'&#234;tre lib&#233;r&#233; fin septembre 2012.
Mehdi reconna&#238;t avoir insult&#233; les agents lors de son interpellation et pr&#233;sente ses excuses aux parties civiles. Concernant les coups, il explique : &lt;i&gt;&#171; quand j'&#233;tais menott&#233; &#224; terre, j'ai p&#233;t&#233; un c&#226;ble, hurl&#233;, dit des insultes. Je me suis d&#233;fendu mais je n'ai pas port&#233; volontairement des coups. &#187;&lt;/i&gt; Quant aux &#171; victimes &#187;, deux des agents pr&#233;sentent des certificats m&#233;dicaux avec cinq jours d'incapacit&#233; temporaire totale. Le troisi&#232;me ne s'en voit accorder que deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le procureur interroge avec une pointe d'ironie Mehdi : &lt;i&gt;&#171; Vous dites que votre m&#232;re est malade, mais vous pensez que c'est bien pour elle que vous tra&#238;niez &#224; la Part-Dieu apr&#232;s 22h30 ? C'est pour chercher du travail ? &#187; &#171; J'en veux &#224; moi-m&#234;me, je ne sais pas ce que j'ai dans le cerveau&#8230; J'ai injuri&#233; un des agents, c'est vrai &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;pond Mehdi. &lt;i&gt;&#171; Le pr&#233;venu a-t-il fait des d&#233;marches pour retrouver un emploi depuis sa sortie de prison ? Il n'y a pas de documents &#224; ce sujet &#187;&lt;/i&gt;, poursuit le magistrat qui choisit d'omettre la difficult&#233; qu'il y a &#224; les rassembler en 48 heures. Il r&#233;clame une peine de dix mois de prison dont six mois avec sursis et mise &#224; l'&#233;preuve de 24 mois, assortie d'une obligation de travailler et de l'interdiction de s&#233;journer dans un p&#233;rim&#232;tre de trois cents m&#232;tres autour des gares, et demande le placement sous mandat de d&#233;p&#244;t, afin que Mehdi ne puisse pas b&#233;n&#233;ficier d'un &#233;ventuel am&#233;nagement de peine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cinq minutes, l'avocat commis d'office tente de rectifier les propos du procureur en rappelant les diff&#233;rentes missions d'int&#233;rim que Mehdi a d&#233;j&#224; effectu&#233;es. Il &#233;voque la difficult&#233; de chercher du travail tout en &#233;tant exclu d'un large p&#233;rim&#232;tre autour des gares et donc d'une partie du r&#233;seau de transports en commun, et demande que la peine ne soit pas assortie d'un mandat de d&#233;p&#244;t afin de permettre &#224; son client une r&#233;insertion dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un d&#233;lib&#233;r&#233;, le tribunal condamne Medhi &#224; une peine de dix mois de prison dont huit avec sursis et mise &#224; l'&#233;preuve de deux ans, assortie de l'interdiction de para&#238;tre dans un p&#233;rim&#232;tre de trois cents m&#232;tres autour de la gare de la Part-Dieu et des obligations de travailler ou de suivre une formation et d'indemniser les agents de s&#233;curit&#233; de la Suge. Le tribunal d&#233;cide en outre de la mise sous mandat de d&#233;p&#244;t qui envoie directement Mehdi en maison d'arr&#234;t&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de quitter la salle, le juge interroge encore Mehdi pour savoir s'il a besoin de consulter un m&#233;decin ou un psychiatre et s'il a d&#233;j&#224; tent&#233; de se suicider. &lt;i&gt;&#171; Oui, j'ai fait une tentative de suicide &#224; la maison d'arr&#234;t de Corbas. Au mois d'ao&#251;t dernier, je me suis taillad&#233; les veines avec une lame de rasoir. &#187;&lt;/i&gt; Le juge prend note de la r&#233;ponse avant que Mehdi ne sorte du box des accus&#233;s pour &#234;tre conduit &#224; la maison d'arr&#234;t de&#8230; Corbas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#192; Barb&#232;s, un r&#234;ve part en fum&#233;e</title>
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		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


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&lt;p&gt;Ahmed et Medhi, clandestins tunisiens, racontent leur histoire de vendeurs de clopes &#224; la sauvette. Entre envie de &#171; faire son trou &#224; Paris &#187; et r&#234;ves br&#251;l&#233;s se dessine l'impasse d'une vie faite de gal&#232;res quotidiennes, sur fond de chasse aux pauvres&#8230; Bienvenue &#224; Barb&#232;s ! &#171; Marlboro, Legend ! Marlboro, Legend ! &#187;, scandent sur un bout de trottoir Ahmed et Medhi. Sous la carcasse &#233;ventr&#233;e du magasin cheap Vano, ils sont quelques dizaines &#224; s'agglutiner &#224; l'angle des boulevards Barb&#232;s et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ahmed et Medhi, clandestins tunisiens, racontent leur histoire de vendeurs de clopes &#224; la sauvette. Entre envie de &lt;i&gt;&#171; faire son trou &#224; Paris &#187;&lt;/i&gt; et r&#234;ves br&#251;l&#233;s se dessine l'impasse d'une vie faite de gal&#232;res quotidiennes, sur fond de chasse aux pauvres&#8230; Bienvenue &#224; Barb&#232;s !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Marlboro, Legend ! Marlboro, Legend ! &#187;&lt;/i&gt;, scandent sur un bout de trottoir Ahmed et Medhi. Sous la carcasse &#233;ventr&#233;e du magasin cheap Vano, ils sont quelques dizaines &#224; s'agglutiner &#224; l'angle des boulevards Barb&#232;s et de La Chapelle. Tous ont vingt, trente ans et viennent depuis peu qui de Tunisie, qui d'Alg&#233;rie. Tous entonnent les marques de cigarettes de contrebande &#8211; au taux de goudron &#224; te bitumer direct les &#233;ponges &#8211; lorsque la bouche du m&#233;tro Barb&#232;s recrache ses passagers. Aucun d'eux n'a de papiers. Ahmed, lui, a toujours une vanne au coin des l&#232;vres : &lt;i&gt;&#171; Tu vois, lui, avec ses dents grises, on l'appelle &#8220;El teffaya&#8221; [le cendrier], il fume tout le temps ! L'autre l&#224;-bas, c'est &#8220;El moulchi&#8221; [le proprio], il fait comme si la rue lui appartenait, mais d&#232;s qu'il voit une belle fille, il devient fou ! &#187;&lt;/i&gt; Et d'encha&#238;ner : &lt;i&gt;&#171; Ici, vous dites : &#8220;Une hirondelle ne fait pas le printemps&#8221;. Chez nous, m&#234;me une r&#233;volution ne fait pas le printemps ! &#187;&lt;/i&gt; Medhi se bidonne et reprend d'un ton plus s&#233;rieux : &lt;i&gt;&#171; On vient de l'ouest de la Tunisie, il n'y a rien &#224; faire l&#224;-bas. On a profit&#233;, comme tout le monde, des &#233;v&#232;nements de l'an dernier pour venir. &#199;a fait un an qu'on gal&#232;re ici, &#224; tenir les murs. On dort chez un ami de mon oncle, &#224; Saint-Denis. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re le kiosque &#224; journaux de Barb&#232;s se gare un gros break bleu pandore. Le man&#232;ge perp&#233;tuel des mains qui se croisent et s'&#233;changent petite monnaie contre paquet de clopes continue malgr&#233; tout. Ahmed reprend : &lt;i&gt;&#171; Ce sont toujours les m&#234;mes. La semaine derni&#232;re, il y en a eu des nouveaux, mais sans leur habit de police. Ils ont arr&#234;t&#233; plein de gens dans la rue, m&#234;me au caf&#233; ! Ils les ont mis au commissariat de la Goutte d'Or. Personne n'a rien dit, c'est comme &#231;a. &#187;&lt;/i&gt; Le ballet incessant de la flicaille qui vient pour tenter de juguler le trafic transforme la vente &#224; la&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_364 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH464/99lldemars-c7e2d.png?1768664522' width='400' height='464' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par L.L. de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;sauvette en jeu dangereux. Parfois, certains se font prendre, passent quelques heures au commissariat de Clignancourt ou &#224; celui de la Goutte d'Or : le harc&#232;lement policier se dissout alors dans l'impuissance du quotidien. &lt;i&gt;&#171; Amal, il s'est fait prendre, on ne sait m&#234;me pas comment. Il a &#233;t&#233; emmen&#233; au Centre&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le centre de r&#233;tention administratif de Vincennes.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;, d'autres ont &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s juste apr&#232;s. L'an dernier, quand on venait d'arriver, on nous a racont&#233; que certains s'&#233;taient jet&#233;s sur un flic&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En mai 2011, un agent de la Brigade anticriminalit&#233; (BAC) a re&#231;u des coups (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;i&gt;et avaient donn&#233; des coups de couteau. Mais c'est des histoires qu'on raconte ici, entre nous, tu vois. &#187;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; thunes, c'est loin d'&#234;tre la joie. De quoi bricoler un peu, &#224; peine pour mettre de c&#244;t&#233; car, comme dit Mehdi : &lt;i&gt;&#171; On se fait cent, cent cinquante euros la semaine, &#231;a d&#233;pend des jours et de la police, si elle est l&#224; ou pas. &#192; c&#244;t&#233;, il y a &#8220;la banque&#8221;, celui qui ramasse l'argent. Comme &#231;a, si la police nous prend, pfuiit, on n'a que trente, cinquante euros sur nous ! &#187;&lt;/i&gt; Le march&#233; de Barb&#232;s et les biffins, le march&#233; &#171; libre &#187;, se d&#233;ploient le long de l'asphalte. Ahmed, les biffins, &#231;a le met un peu mal &#224; l'aise : &lt;i&gt;&#171; Il y a toutes les femmes et les vieux, ils vendent du lait en poudre ou des sacs plastiques, m&#234;me chez nous on ne voit pas &#231;a ! &#199;a me fait mal au c&#339;ur. Des fois, on leur avance dix ou vingt euros, et souvent, on cache pour eux leurs affaires dans nos planques. Il y en a qui gal&#232;rent, ici, ce sont ceux qui vendent des cacahu&#232;tes ou du ma&#239;s sur leur bidon, ils sont l&#224; de huit heures &#224; minuit, ils sont debout toute la journ&#233;e et repartent tous ensemble de l'autre cot&#233; du p&#233;riph' on ne sait pas o&#249; ! &#187;&lt;/i&gt; Et Mehdi de rajouter : &lt;i&gt;&#171; La police, quand il y a le march&#233;, ils font vraiment n'importe quoi, ils sont mauvais&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Copwatcheurs chroniquent r&#233;guli&#232;rement les abus des lardus sur les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;i&gt;. &#187;&lt;/i&gt; Apr&#232;s quelques clopes fum&#233;es au caf&#233; Royal, un chibani raconte : &lt;i&gt;&#171; La cigarette, elle permettait de bricoler un peu quand on arrivait &#224; Barb&#232;s. Tu d&#233;barquais du bled, tu faisais &#231;a un mois, quand tu n'avais vraiment rien. Maintenant, les jeunes, ils sont l&#224; tout le temps. Il n'y a pas de travail pour eux, ils tra&#238;nent et du coup, des fois, ils se battent entre eux. Et avec la police par-dessus tout &#231;a, c'est pas bon, c'est pas bon... &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vues d'ici, la Tunisie et les r&#233;voltes arabes ont une autre saveur, et Ahmed et Mehdi en parlent avec un sourire amer. &#192; peine quelques bribes de phrases sur la volont&#233; de ne pas d&#233;cevoir ses proches et la d&#233;sillusion de l'arriv&#233;e en France. Sous le squelette m&#233;tallique du m&#233;tro a&#233;rien, Ahmed blague : &lt;i&gt;&#171; Un jour je rentrerai, je ram&#232;nerai une jolie Fran&#231;aise, mon cousin serait trop jaloux ! &#187; &lt;/i&gt; Avant de retourner &#224; &lt;i&gt;&#171; ses affaires &#187;&lt;/i&gt;, il lance d'un ton roublard : &lt;i&gt;&#171; Franchement, nous, on fume m&#234;me pas les clopes qu'on vend : elles sont trop pourries ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le centre de r&#233;tention administratif de Vincennes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En mai 2011, un agent de la Brigade anticriminalit&#233; (BAC) a re&#231;u des coups de couteau &#224; Barb&#232;s suite &#224; l'interpellation d'un voleur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les Copwatcheurs chroniquent r&#233;guli&#232;rement les abus des lardus sur les biffins de Barb&#232;s : coups, arrestations abusives, insultes ou encore vol de marchandises.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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