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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Les nouveaux d&#233;serteurs</title>
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		<dc:date>2020-03-10T15:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;On leur avait promis l'aventure. Ils ont r&#233;colt&#233; l'ennui des casernes et des patrouilles Sentinelle, les refus de permission, les brimades voire les coups. Puisqu'il est quasi impossible de r&#233;silier un contrat d'engagement, des milliers de jeunes militaires d&#233;sertent. Un d&#233;lit qui m&#232;ne tout droit au tribunal. Instantan&#233;s d'audience &#224; Marseille et &#224; Lyon. Pour Nolan, l'arm&#233;e &#233;tait &#171; un r&#234;ve de gosse &#187;. Les classes ? &#171; J'ai kiff&#233;. &#187; Le d&#233;senchantement est venu plus tard, quelques mois apr&#232;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/deserteurs" rel="tag"&gt;d&#233;serteurs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On leur avait promis l'aventure. Ils ont r&#233;colt&#233; l'ennui des casernes et des patrouilles Sentinelle, les refus de permission, les brimades voire les coups. Puisqu'il est quasi impossible de r&#233;silier un contrat d'engagement, des milliers de jeunes militaires d&#233;sertent. Un d&#233;lit qui m&#232;ne tout droit au tribunal. Instantan&#233;s d'audience &#224; Marseille et &#224; Lyon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3262 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L415xH400/-1468-20e14.jpg?1768652539' width='415' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Gautier Ducatez
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;our Nolan, l'arm&#233;e &#233;tait &#171; &lt;i&gt;un r&#234;ve de gosse&lt;/i&gt; &#187;. Les classes ? &#171; &lt;i&gt;J'ai kiff&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Le d&#233;senchantement est venu plus tard, quelques mois apr&#232;s son affectation dans l'artillerie. &#171; &lt;i&gt;Pour te recruter, ils te vendent du r&#234;ve, des photos d'h&#233;licopt&#232;re. Ils ne te disent pas que tu vas faire la boniche, passer ton temps &#224; r&#233;curer l'escalier de la caserne avec les ongles pendant que tes chefs te disent que t'es qu'une merde.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, la petite amie de Nolan a &#233;t&#233; hospitalis&#233;e pour une grossesse extra-ut&#233;rine. On ne l'a pas laiss&#233; aller la voir. Le soldat n'&#233;tait pourtant pas en mission de l'autre c&#244;t&#233; du globe. Sa section &#233;tait en France, en exercice, jouant simplement &#224; &#171; &lt;i&gt;bouffer de la terre&lt;/i&gt; &#187;. Puis Nolan s'est bless&#233; au genou : &#171; &lt;i&gt;Les sous-offs me disaient que la douleur &#233;tait dans ma t&#234;te&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; D&#233;pit&#233;, fatigu&#233; de ses coll&#232;gues &#171; &lt;i&gt;cassos&lt;/i&gt; &#187; (&#171; cas sociaux &#187;) qui tuent l'ennui en picolant, Nolan finit par ne pas rentrer de permission. Il est signal&#233; d&#233;serteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce 17 f&#233;vrier 2020, au tribunal de Marseille, Nolan attend son proc&#232;s. En th&#233;orie, il risque trois ans de prison ferme. Pendant l'&#233;tat d'urgence, assimil&#233; &#224; un temps de guerre, les d&#233;serteurs risquaient dix ans de cabane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'existe plus, en France, de tribunaux militaires &#224; proprement parler. &#192; la place, il y a des chambres sp&#233;cialis&#233;es, o&#249; des magistrats civils jugent les infractions commises par les bidasses dans l'exercice de leurs fonctions et les affaires strictement militaires. Cet apr&#232;s-midi-l&#224; &#224; Marseille, sur huit affaires examin&#233;es, six concernent des d&#233;sertions. Le quota habituel.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ils m'ont forc&#233; &#224; enlever mon attelle &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Voici le premier pr&#233;venu. On l'appellera William. Au terme de son premier contrat d'un an, il a rempil&#233; pour cinq ann&#233;es suppl&#233;mentaires. Quelques mois plus tard, il a tout l&#226;ch&#233;. Lors de son audition par les pandores, il a indiqu&#233; qu'il n'&#233;tait &#171; &lt;i&gt;pas fait pour l'arm&#233;e&lt;/i&gt; &#187; et qu'il voulait &#171; &lt;i&gt;reprendre ses &#233;tudes pour obtenir un bac scientifique&lt;/i&gt; &#187;. &#192; la barre, il explique qu'un jour, il s'est fractur&#233; la main, mais que ses chefs l'ont &#171; &lt;i&gt;forc&#233;&lt;/i&gt; &#187; &#224; enlever son attelle. William a tent&#233; de n&#233;gocier son d&#233;part avec sa hi&#233;rarchie : en vain. Dans l'arm&#233;e, toute d&#233;mission est soumise au bon vouloir du haut commandement. Cet agr&#233;ment n'est presque jamais octroy&#233;, car l'institution a tant de mal &#224; recruter qu'elle refuse de laisser partir ses prises. Une seule solution : d&#233;serter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela, la substitut du procureur de Marseille le sait. Mais elle fait la morale &#224; William, &#233;voquant la &#171; &lt;i&gt;d&#233;sorganisation de l'arm&#233;e&lt;/i&gt; &#187; entra&#238;n&#233;e par ces fuites en s&#233;rie (pr&#232;s de 2 000 par an, selon des donn&#233;es obtenues en 2018 par &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;). Elle encha&#238;ne : &#171; &lt;i&gt;Du temps du service national, l'engagement militaire &#233;tait contraint. Aujourd'hui, c'est une arm&#233;e professionnelle d'engag&#233;s volontaires. Monsieur l'a choisi, il a r&#233;it&#233;r&#233; son engagement. Je requiers trois mois de prison avec sursis, pour qu'il comprenne les difficult&#233;s qu'il a pu poser.&lt;/i&gt; &#187; Le jugement est mis en d&#233;lib&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au tour de Nolan, &#224; qui la magistrate demande si, le jour o&#249; il a d&#233;sert&#233;, il avait conscience qu'il finirait devant un tribunal. R&#233;ponse : &#171; &lt;i&gt;&#192; ce moment-l&#224;, on ne pense pas au risque p&#233;nal. Mais juste &#224; soi, &#224; sa sant&#233;.&lt;/i&gt; &#187; La proc' r&#233;clame trois mois de sursis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me peine demand&#233;e contre Esteban, rejug&#233; en sa pr&#233;sence apr&#232;s l'avoir &#233;t&#233; en son absence : il n'avait pas re&#231;u la convocation. C'est en se faisant embarquer pour un banal exc&#232;s de vitesse qu'il a appris qu'il figurait sur la liste des personnes recherch&#233;es : sans le savoir, il avait ramass&#233; trois mois ferme. D'apr&#232;s &#201;lodie Maumont, avocate au barreau de Paris, il n'y a que quand le jugement est ainsi prononc&#233; &#171; &lt;i&gt;par d&#233;faut&lt;/i&gt; &#187;, en absence du pr&#233;venu, que des peines d'emprisonnement ferme sont inflig&#233;es &#224; des d&#233;serteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arrive ensuite R&#233;mi qui, au bout de six mois, a compris que la vie de caserne &#233;tait &#171; &lt;i&gt;trop calme&lt;/i&gt; &#187; pour lui. Puis Valentin qui, en trois ans de service, n'a fait &#171; &lt;i&gt;qu'une seule mission&lt;/i&gt; &#187; &#8211; Sentinelle &#8211; et a sombr&#233; dans la d&#233;pression. Enfin, il y a Youssoufa. Lui avait d&#233;j&#224; pass&#233; pr&#232;s de quatre ann&#233;es dans l'arm&#233;e et n'&#233;tait plus qu'&#224; un an de la quille ; il a d&#233;sert&#233; pour rejoindre son amoureuse &#224; l'autre bout de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La parqueti&#232;re est en mode automatique : sans prendre la peine d'argumenter, elle requiert trois mois de sursis pour tout le monde. Le tribunal ne s'emb&#234;te pas plus : apr&#232;s un d&#233;lib&#233;r&#233; express, tous les d&#233;serteurs du jour &#233;copent de deux mois de sursis.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le tarif habituel&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Contraire aux grands principes de la justice, cette non-individualisation des peines est des plus habituelles. M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; &#201;lodie Maumont se rappelle ainsi que pendant l'&#233;tat d'urgence, le tarif standard pour les d&#233;serteurs, &#171; &lt;i&gt;c'&#233;tait quatre mois de sursis. Maintenant c'est un peu moins.&lt;/i&gt; &#187; Avec des juges qui se moquent bien de ce qui a pouss&#233; ces bidasses &#224; fuir leur r&#233;giment : l'ennui, &#171; &lt;i&gt;les brimades&lt;/i&gt; &#187;, le racisme...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, &lt;/i&gt;poursuit l'avocate,&lt;i&gt; les jeunes veulent bien s'engager, mais pas &#224; n'importe quel prix. Le probl&#232;me, c'est aussi qu'on ne leur explique pas clairement qu'on ne d&#233;missionne pas de l'arm&#233;e comme dans le civil.&lt;/i&gt; &#187; Elle s'agace : &#187; &lt;i&gt;La d&#233;sertion n'a rien &#224; faire devant un tribunal correctionnel, on n'est pas en guerre, les temps ont chang&#233;. C'est reporter sur le service public de la justice un probl&#232;me de ressources humaines : ce n'est pas son r&#244;le&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; J'aime bien t'insulter &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce 21 f&#233;vrier, M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Maumont plaide au tribunal de Lyon. Sur vingt affaires militaires, quinze d&#233;serteurs. La plupart n'ont pas d'avocat. Ceux qui disposent d'un d&#233;fenseur ouvrent le bal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le client d'&#201;lodie Maumont n'est pas l&#224;. C'est un Breton. Dix jours apr&#232;s la naissance de sa fille, on l'a envoy&#233; en Opex (op&#233;ration ext&#233;rieure) pendant quatre mois. Pour se rapprocher des siens, il a demand&#233; une mutation : refus&#233;e. Il sollicite alors la r&#233;siliation de son contrat : refus&#233;e. Un jour, il obtient un quartier libre : son r&#233;giment de Haute-Savoie ne le reverra jamais. Lors de son audition, il expliquera que sa famille passe avant son travail. Le parquet s'en indigne : &#171; &lt;i&gt;Quand on s'engage, on doit tenir parole, d'autant que la formation est longue et complexe. &#202;tre p&#232;re est &#233;videmment un &#233;v&#233;nement heureux&#8230; mais si en 1914 nos grands-parents &#233;taient retourn&#233;s chez eux parce qu'ils attendaient un enfant, o&#249; en serions-nous maintenant&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa plaidoirie, M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Maumont rappelle l'absence de chauffage dans la chambr&#233;e de la caserne, les toilettes insalubres. L'&#233;change houleux avec un sergent alcoolis&#233; au petit matin. Ce chef qui crache : &#171; &lt;i&gt;J'aime bien t'insulter, &#231;a me met de bonne humeur.&lt;/i&gt; &#187; La d&#233;sertion &#233;tant ind&#233;niable, l'avocate ne peut demander la relaxe : elle sollicite donc la dispense de peine (le pr&#233;venu est reconnu coupable mais pas sanctionn&#233;) ou, en cas de condamnation, la non-inscription de celle-ci au bulletin n&#176; 2 du casier judiciaire. Les juges, tout en infligeant un mois de sursis au d&#233;serteur, rejetteront cette demande : pour exercer certains m&#233;tiers ou pour adopter un enfant, l'ex-militaire devra en passer par une fastidieuse proc&#233;dure d'effacement du casier.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Interdit d'enterrement paternel&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les affaires s'encha&#238;nent. Voici Geoffrey, qui a perdu son p&#232;re alors qu'il &#233;tait en mission en C&#244;te d'Ivoire : ses chefs ne l'ont pas laiss&#233; rentrer pour les obs&#232;ques. Voil&#224; Marjorie, &#224; qui l'on a promis un poste avant de lui en imposer un autre. Puis on voit d&#233;filer celui qui a subi du harc&#232;lement, celui qui a &#233;t&#233; puni pour un formulaire d'arr&#234;t-maladie mal rempli, tous ceux qui ont fini en d&#233;pression...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les condamnations pleuvent : un, deux, trois, quatre ou cinq mois de sursis &#8211; peut-&#234;tre piqu&#233;s au vif par M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Maumont qui a d&#233;nonc&#233; devant eux l'habituelle automatisation des peines et r&#233;v&#233;l&#233; notre journalistique pr&#233;sence dans la salle d'audience, les juges ont cette fois-ci vari&#233; leurs tarifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au tour d'&#201;ric qui, en pleine mission au Mali, s'est fait r&#233;veiller &#224; minuit par deux petits chefs voulant lui casser la gueule. Il a port&#233; plainte, mais c'est lui qui a pris quarante jours d'arr&#234;t. &#171; &lt;i&gt;Militaire est un bon m&#233;tier,&lt;/i&gt; explique-t-il au tribunal. &lt;i&gt;Mais aujourd'hui, on ne trouve plus grand plaisir &#224; servir son pays. Tout &#231;a &#224; cause de sous-officiers qui abusent de leur pouvoir&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Le pr&#233;sident l'interrompt : &#171; &lt;i&gt;Monsieur, on n'est pas l&#224; pour faire le proc&#232;s de l'arm&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Le pr&#233;venu se tait. Un mois de sursis.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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