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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>De l'&#233;merveillement &#224; la lutte</title>
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		<dc:creator>Corinne Morel Darleux</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#201;carquiller les yeux. Les promener sur le monde. S'&#233;merveiller. Ouvrir son imaginaire aux vies autres, animales, v&#233;g&#233;tales. Et puis, dans la foul&#233;e, avec elles, passer &#224; l'action. Voil&#224; ce que pr&#244;ne Corinne Morel Darleux, autrice notamment de l'essai Plut&#244;t couler en beaut&#233; que flotter sans gr&#226;ce (Libertalia, 2019) et du r&#233;cent roman L&#224; o&#249; le feu et l'ours (2021). En ce d&#233;but de XXIe si&#232;cle, l'espace sauvage n'occupe plus que 23 % de la superficie de la Terre. Il y a un si&#232;cle, c'&#233;tait 85 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no198-mai-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;198 (mai 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#201;carquiller les yeux. Les promener sur le monde. S'&#233;merveiller. Ouvrir son imaginaire aux vies autres, animales, v&#233;g&#233;tales. Et puis, dans la foul&#233;e, avec elles, passer &#224; l'action. Voil&#224; ce que pr&#244;ne Corinne Morel Darleux, autrice notamment de l'essai &lt;i&gt;Plut&#244;t couler en beaut&#233; que flotter sans gr&#226;ce &lt;/i&gt;(Libertalia, 2019) et du r&#233;cent roman &lt;i&gt;L&#224; o&#249; le feu et l'ours&lt;/i&gt; (2021).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3630 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/-1771-4a6bd.jpg?1768683949' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Lise Lacombe
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En ce d&#233;but de XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, l'espace sauvage n'occupe plus que 23 % de la superficie de la Terre. Il y a un si&#232;cle, c'&#233;tait 85 %. Dans ce contexte de r&#233;tr&#233;cissement de l'espace habitable, les conflits de territoire entre humains et &#171; non-humains &#187; sont appel&#233;s &#224; se multiplier. D&#233;j&#224;, en Alaska, on voit un nombre croissant d'ours fouiller les poubelles pour survivre. &#192; Marseille, ce sont des sangliers qui s'invitent en ville. &#192; Strasbourg et Londres, les renards investissent d&#233;sormais les parcs urbains. De plus en plus d'animaux sauvages sont condamn&#233;s &#224; partager les m&#234;mes zones que nous. Nous qui les avons chass&#233;s, expuls&#233;s de leurs territoires et avons cru pouvoir les exclure de nos vies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte de cohabitation forc&#233;e, nous allons avoir besoin de &#171; &lt;i&gt;diplomates&lt;/i&gt; &#187;, comme le formule le philosophe Baptiste Morizot &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Les Diplomates. Cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Cela implique de se d&#233;faire de nos pr&#233;jug&#233;s et de d&#233;velopper des sch&#233;mas de pens&#233;e permettant le d&#233;veloppement de relations politiques avec les animaux. Pour cela, il faut r&#233;&#233;valuer en profondeur notre place dans les &#233;cosyst&#232;mes. L'humain est un mammif&#232;re qui ne survit pas sans air respirable, sans ressources comestibles ni eau potable. Cette appartenance au monde vivant marque une interd&#233;pendance et devrait en toute logique instaurer un int&#233;r&#234;t commun &#224; pr&#233;server les conditions de vie sur Terre. Elle pourrait m&#234;me refonder l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, notion cl&#233; du droit public fran&#231;ais qui d&#233;signe la finalit&#233; d'institutions cens&#233;es servir une population consid&#233;r&#233;e &lt;i&gt;dans son ensemble&lt;/i&gt;. C'est-&#224;-dire non seulement les &#234;tres humains mais aussi les autres animaux, les v&#233;g&#233;taux, microbes et champignons. Sans parler des virus qui nous ont douloureusement rappel&#233; qu'il faut composer avec eux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Avec la nature contre ceux qui l'effondrent &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce constat nous invite en premier lieu &#224; &#233;carquiller les yeux. Car de l'&#233;merveillement na&#238;t aussi la force de se battre. L'&#233;crivain William Morris a ainsi &#233;tabli dans son texte &lt;i&gt;L'Art en ploutocratie&lt;/i&gt; (1883) la puissance d'&#233;mancipation du sentiment esth&#233;tique. Sa conviction : &#171; &lt;i&gt;Il n'existe rien de ce qui participe &#224; notre environnement qui ne soit beau ou laid, qui ne nous ennoblisse ou nous avilisse.&lt;/i&gt; &#187; C'est pourquoi il appelait &#224; &#171; &lt;i&gt;&#233;tendre le sens du mot art jusqu'&#224; englober la configuration de tous les aspects ext&#233;rieurs de notre vie&lt;/i&gt; &#187;. Dans cette optique, certains proposent de constituer des r&#233;serves sauvages &#8211; &#224; l'image de l'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas). D'autres sugg&#232;rent d'inventer de nouveaux m&#233;canismes de pr&#233;servation de la nature, sans pour autant gommer son alt&#233;rit&#233; &#8211; ce que porte notamment la philosophe de l'environnement Virginie Maris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre peut-on &#233;galement &#233;chafauder de nouvelles alliances, comme le proposent L&#233;na Balaud et Antoine Chopot dans leur livre &lt;i&gt;Nous ne sommes pas seuls&lt;/i&gt; (2021), afin d'&#171; &lt;i&gt;agir avec la nature contre ceux qui l'effondrent&lt;/i&gt; &#187;. Ainsi, aux jardins populaires autog&#233;r&#233;s des Va&#238;tes &#224; Besan&#231;on, c'est le tr&#232;s f&#233;ministe crapaudalyte (dit &#171; accoucheur &#187;) qui a permis de ralentir les travaux d'un &#233;coquartier mena&#231;ant de d&#233;truire 35 hectares de terre. En 2019, la finale du championnat de France de jet-ski a &#233;t&#233; stopp&#233;e en Corse par des dauphins qui, non contents de saboter la course de moteurs bruyants et polluants, se sont amus&#233;s en sautant entre les engins &#224; l'arr&#234;t. Dans le ciel de Paris, des go&#233;lands ont attaqu&#233; les drones de la Pr&#233;fecture de police pendant un acte des Gilets jaunes. Formellement, ils ne s'en prenaient pas aux drones : ils prot&#233;geaient leurs &#339;ufs. Mais la symbolique reste puissante : les activistes, qu'ils luttent pour la justice sociale ou pour le climat et la biodiversit&#233;, ne font rien d'autre que prot&#233;ger, eux aussi, la possibilit&#233; d'un avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, tout nous presse &#224; sortir de l'anthropocentrisme et &#224; repenser les fronti&#232;res entre le sauvage et le domestique. Toutes les fronti&#232;res. Ce n'est pas un hasard si la droite et les n&#233;o fascistes utilisent le terme d'ensauvagement pour d&#233;signer les violences urbaines et condamner les migrations. Tracer des fronti&#232;res entre sauvage et civilis&#233;, domestiquer et cr&#233;er des hi&#233;rarchies entre &#171; races &#187;, c'est toute l'histoire de la colonisation. Et tout ce qu'il faut d&#233;monter.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Des rencontres et frottement in&#233;dits &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;construction n&#233;cessite une certaine facult&#233; d'empathie, puisqu'elle impose de comprendre les sentiments et &#233;motions d'un autre individu. De se mettre &#224; sa place. La fiction peut nous y aider en permettant des rencontres et frottements in&#233;dits, en transposant les corps, affranchis des contraintes mat&#233;rielles de la vraie vie. Ainsi dans &lt;i&gt;Les M&#233;tamorphoses &lt;/i&gt;(2020), roman de Camille Brunel, une &#233;pid&#233;mie transforme les humains en animaux, sans distinction. On voit surgir des c&#233;tac&#233;s, bonobos, rhinoc&#233;ros et pythons qui sont autant d'amis, d'enfants, de maris ou de voisins. C'est aussi ce qui arrive &#224;&lt;i&gt; La femme chang&#233;e en renard &lt;/i&gt;(1924) de David Garnett. Dans la campagne anglaise, au passage d'une chasse &#224; courre, le mari de Silvia d&#233;couvre avec stupeur que celle-ci a &#233;t&#233; m&#233;tamorphos&#233;e en renarde, l'instinct vulpin &#233;clipsant progressivement la part &#171; civilis&#233;e &#187; de Sylvia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces deux romans, le passage d'une forme &#224; l'autre ne modifie pas fondamentalement la relation qui s'exerce entre humains et &#171; non-humains &#187;. Le fr&#232;re transform&#233; en lapin, comme la femme chang&#233;e en renard, sont tout bonnement devenus lapin et renard. Il n'y a pas &#224; proprement parler d'&#171; &lt;i&gt;&#234;tre de la m&#233;tamorphose&lt;/i&gt; &#187;, au sens o&#249; l'entendent Baptiste Morizot et Nastassja Martin, qui dans leur article &#171; Retour du temps du mythe &#187; &lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; lire sur le site du journal suisse Issue (13/12/2018).&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; d&#233;crivaient ainsi les caract&#233;ristiques de cette entit&#233; hybride : &#171; &lt;i&gt;Son statut n'est pas assignable, et les relations sociales qu'il entretient avec le collectif humain en pr&#233;sence ne sont pas stabilis&#233;es.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est diff&#233;rente dans &lt;i&gt;L'homme qui savait la langue des serpents&lt;/i&gt; d'Andrus Kivir&#228;hk (2013), fabuleux roman empreint de la mythologie estonienne du XIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle o&#249; &#234;tres humains, serpents et ours parlent la m&#234;me langue, dialoguent et vont m&#234;me parfois jusqu'&#224; s'aimer. Pour reprendre les termes des auteurs du &#171; Retour du temps du mythe &#187;, c'est bien &#171; &lt;i&gt;un temps d'avant le temps, dans lequel les &#234;tres sont encore indistincts. Les formes de vies ne sont pas encore s&#233;par&#233;es. Les animaux ne sont pas encore distincts des humains&lt;/i&gt; &#187;. Las, l'arriv&#233;e des colons chr&#233;tiens va bouleverser statuts et relations, menacer la coexistence et teinter les rapports de m&#233;fiance, d'incompr&#233;hension et &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; de domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#171; &#234;tre de la m&#233;tamorphose &#187; d'un genre nouveau, qui vient interroger la notion m&#234;me de normalit&#233;, on le trouve &#233;galement dans &lt;i&gt;F&#233;lines &lt;/i&gt;(2019), roman de St&#233;phane Servant. Des jeunes femmes atteintes d'une mutation inconnue voient leur corps se couvrir de poils, leurs sens s'aiguiser et leurs forces d&#233;cupler. Mises au ban de la soci&#233;t&#233;, elles sont nomm&#233;es &#171; &lt;i&gt;obscures&lt;/i&gt; &#187; et trait&#233;es comme inf&#233;rieures. Mais elles conservent leurs singularit&#233;s et leur m&#233;moire. Pour reprendre les termes de l'anthropologue Philippe Descola, si leur &#171; &lt;i&gt;physicalit&#233;&lt;/i&gt; &#187; s'est modifi&#233;e, elles gardent leur &#171; &lt;i&gt;int&#233;riorit&#233;&lt;/i&gt; &#187; (&#233;motions, conscience, d&#233;sirs...). On peut interpr&#233;ter la mutation des f&#233;lines comme une r&#233;ponse adaptative aux d&#233;r&#232;glements provoqu&#233;s par l'Anthropoc&#232;ne. En faisant effraction du statut qui leur a &#233;t&#233; impos&#233;, elles se montrent inassignables. Une m&#233;tamorphose qui ouvre la voie &#224; une nouvelle soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier acte des &lt;a href=&#034;https://lessoulevementsdelaterre.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Soul&#232;vements de la terre &lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mobilisations &#171; d'habitant&#183;es et de paysan&#183; es &#187; ayant lanc&#233; un appel &#171; &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, fin mars 2021, on a vu des femmes-renardes jouer des percussions. Auparavant, on a aussi crois&#233; des cort&#232;ges d&#233;guis&#233;s en animaux pour protester contre les cirques ou les abattoirs. Et des banderoles &#171; &lt;i&gt;Phoque le r&#233;chauffement climatique&lt;/i&gt; &#187; dans les manifestations pour le climat. Mais au-del&#224; de ces alliances &#233;videntes, l'imaginaire animal peut aussi s'inviter dans les luttes sociales. Inspirer des m&#233;canismes de fuite, de furtivit&#233; &#224; la Damasio &lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;crivain, notamment auteur du livre Les Furtifs (2019).&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, de camouflage et de terriers comme base arri&#232;re quand il y a besoin de se mettre au vert. Le biomim&#233;tisme, qui consiste &#224; s'inspirer des formes, mati&#232;res, propri&#233;t&#233;s, processus et fonctions du vivant, n'est pas le monopole de l'industrie. &#192; nous de nous en emparer autrement.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Corinne Morel Darleux&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article fait partie de notre dossier &#171; Demain les b&#234;tes ! &#187;, publi&#233; dans le num&#233;ro 198 de&lt;/i&gt; CQFD.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;Les Diplomates. Cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant &lt;/i&gt;(Wildproject, 2016).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; lire sur le site du journal suisse &lt;i&gt;Issue&lt;/i&gt; (13/12/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mobilisations &#171; d'habitant&#183;es et de paysan&#183; es &#187; ayant lanc&#233; un appel &#171; &lt;i&gt;&#224; reprendre les terres et &#224; bloquer les industries qui les d&#233;vorent&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt; &#201;crivain, notamment auteur du livre &lt;i&gt;Les Furtifs&lt;/i&gt; (2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>C'est la lutte finale !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/C-est-la-lutte-finale</link>
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		<dc:date>2021-01-02T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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		<dc:subject>Lise Lacombe</dc:subject>
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		<dc:subject>f&#233;ministe</dc:subject>
		<dc:subject>d'une vieillesse</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Hommage aux anciens et anciennes &#224; l'insolence gouailleuse, qui refusent de jouer le r&#244;le de garants d'un ordre &#233;tabli qu'ils vomissent. &#192; l'origine de ce dossier sur les &#171; vieillesses en lutte &#187;, il y a les visages et les frasques des vieux trublions qui nous entourent. Il y a la grand-m&#232;re de l'une d'entre nous qui, &#224; 83 ans et en plein confinement, d&#233;cida d'envoyer valser les barri&#232;res qui l'emp&#234;chaient d'acc&#233;der &#224; la plage parce que la police n'avait pas &#224; la &#171; priver de la mer &#187;. Et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no194-janvier-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;194 (janvier 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lise-Lacombe" rel="tag"&gt;Lise Lacombe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lutte" rel="tag"&gt;lutte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vieillesse" rel="tag"&gt;vieillesse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Vieux" rel="tag"&gt;Vieux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Vieux-Fourneaux" rel="tag"&gt;Vieux Fourneaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vieux-trublions" rel="tag"&gt;vieux trublions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Therese-Clerc" rel="tag"&gt;Th&#233;r&#232;se Clerc&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/feministe" rel="tag"&gt;f&#233;ministe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une-vieillesse" rel="tag"&gt;d'une vieillesse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Hommage aux anciens et anciennes &#224; l'insolence gouailleuse, qui refusent de jouer le r&#244;le de garants d'un ordre &#233;tabli qu'ils vomissent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3524 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1677.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/-1677-21684.jpg?1768700619' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photo Lise Lacombe
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'origine de ce dossier sur les &#171; vieillesses en lutte &#187;, il y a les visages et les frasques des vieux trublions qui nous entourent. Il y a la grand-m&#232;re de l'une d'entre nous qui, &#224; 83 ans et en plein confinement, d&#233;cida d'envoyer valser les barri&#232;res qui l'emp&#234;chaient d'acc&#233;der &#224; la plage parce que la police n'avait pas &#224; la &#171; &lt;i&gt;priver de la mer&lt;/i&gt; &#187;. Et puis il y a ce grand-p&#232;re qu'on aurait dit tout droit sorti de la BD &lt;i&gt;Les Vieux Fourneaux [lire p. V]&lt;/i&gt; quand il insistait lors de contr&#244;les routiers pour que les gendarmes soufflent eux-m&#234;mes dans le ballon avant d'accepter de s'y atteler. Dans la m&#234;me veine, il y a cette vieille copine qui collait des stickers anti-a&#233;roport sur chaque camion de flics qu'elle croisait &#224; Notre-Dame-des-Landes, arguant que leurs Iveco flambant neufs &#233;taient pay&#233;s par le contribuable et que, par cons&#233;quent, ces v&#233;hicules &#233;taient un peu les siens.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces anciens &#224; l'insolence gouailleuse qui refusent de jouer le r&#244;le de garants d'un ordre &#233;tabli qu'ils vomissent, il y a toutes celles et ceux qui continuent de serrer les rangs des cort&#232;ges de Gilets jaunes, balayant d'un revers de main le risque d'y laisser un &#339;il &lt;i&gt;[pp. VI &amp; VII]&lt;/i&gt;. Ainsi de G&#233;rard Lagorce, c&#233;g&#233;tiste septuag&#233;naire et lorrain qui slalome aujourd'hui encore entre les lacrymos &lt;i&gt;[p. IV]&lt;/i&gt;. Preuve, s'il en fallait une, que les vieux aussi peuvent apporter leur pav&#233; &#224; l'&#233;difice des luttes &lt;i&gt;[pp. II &amp; III]&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit d'ailleurs mal comment la vieillesse pourrait effacer une vie de combat. &#171; &lt;i&gt;Au cours de l'histoire comme aujourd'hui,&lt;/i&gt; rappelait Simone de Beauvoir d&#232;s 1970,&lt;i&gt; la lutte des classes commande la mani&#232;re dont un homme est saisi par sa vieillesse ; un ab&#238;me s&#233;pare le vieil esclave et le vieil eupatride, un ancien ouvrier mis&#233;rablement pensionn&#233; et un Onassis.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Ce sont deux cat&#233;gories de vieillesses, l'une extr&#234;mement vaste, l'autre r&#233;duite &#224; une petite minorit&#233;, que cr&#233;e l'opposition des exploiteurs et des exploit&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extrait de La Vieillesse, un livre publi&#233; chez Gallimard en 1970 et r&#233;&#233;dit&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; Lutte des classes un jour, lutte des classes toujours.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Parmi ceux qui se mobilisent, il y a aussi &lt;i&gt;celles&lt;/i&gt;. &#192; l'image de Th&#233;r&#232;se Clerc, d&#233;c&#233;d&#233;e en 2016 au bout d'une vie de combat f&#233;ministe : elle qui avait d&#233;couvert le militantisme &#224; l'or&#233;e des ann&#233;es 1970 et s'&#233;tait investie au Mlac (Mouvement pour la libert&#233; de l'avortement et de la contraception) avant de fonder en 2013, &#224; 85 ans, la Maison des Babayagas de Montreuil (Seine-Saint-Denis). Un habitat collectif, social et &#171; autog&#233;r&#233; &#187; destin&#233; aux femmes de plus de 60 ans. Dans un entretien paru en 2009 dans la revue &lt;i&gt;Mouvements&lt;/i&gt;, Th&#233;r&#232;se Clerc racontait comment son engagement f&#233;ministe et celui des femmes dont elle s'&#233;tait entour&#233;e &#233;taient intimement li&#233;s au combat qu'elles menaient, devenues vieilles, pour que leur &#171; anti-maison de retraite &#187; voie le jour : &#171; &lt;i&gt;Toutes les femmes qui ont port&#233; ce projet avec moi ont particip&#233;, d'une mani&#232;re ou d'une autre, au mouvement des femmes des ann&#233;es 1970. La non-mixit&#233; vient de l&#224;. Mais elle a aussi d'autres raisons, li&#233;es &#224; la vieillesse. D'abord, notre projet s'adresse &#224; une cat&#233;gorie d'&#226;ge dans laquelle il y a beaucoup moins d'hommes que de femmes. Ensuite, il me semble que notre g&#233;n&#233;ration de femmes, qui s'est toujours occup&#233;e des autres, a maintenant le droit de s'occuper un peu d'elle-m&#234;me.&lt;/i&gt; &#187; Avant d'ajouter : &#171; &lt;i&gt;Le risque de la mixit&#233;, c'est de retomber dans des rapports de pouvoir classiques, que les hommes par exemple nous voient comme de &#8220;vieilles mamans&#8221; ayant vocation &#224; nous occuper d'eux.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Catherine Achin, Juliette Rennes, &#171; La vieillesse : une identit&#233; politique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187; F&#233;ministe un jour, f&#233;ministe toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brigitte Fontaine, 80 berges et des poussi&#232;res, ne dirait certainement pas le contraire, elle qui chante dans son dernier album, sorti d&#233;but 2020, une &lt;i&gt;Vendetta&lt;/i&gt; emplie de provoc' contre le &#171; sexe fort &#187; &lt;i&gt;[p. XI]&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Masculin assassin&lt;/i&gt; &lt;i&gt;/&lt;/i&gt; &lt;i&gt;La vendetta du con&lt;/i&gt; &lt;i&gt;/&lt;/i&gt; &lt;i&gt;C'est la mort du couillon&lt;/i&gt; &lt;i&gt;/&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Qu'on empale tous les m&#226;les.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Se tenant &#224; bonne distance des vieux conservateurs accroch&#233;s au pouvoir et des bulletins de vote RN, il y a donc toutes ces vieilles, tous ces vieux, qui, par leur investissement politique, associatif et militant fermement ancr&#233; &lt;i&gt;&#224; gauche&lt;/i&gt;, ont de quoi laisser perplexe les partisans d'une th&#233;orie selon laquelle un certain d&#233;sengagement frapperait particuli&#232;rement les personnes &#226;g&#233;es. Certes, la retraite est parfois v&#233;cue comme &#171; une mort sociale &#187;, mais &#171; &lt;i&gt;il n'en demeure pas moins que de nombreuses personnes &#226;g&#233;es, notamment des femmes, demeurent actives socialement&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mich&#232;le Charpentier, Anne Qu&#233;niart, Nancy Guberman et Nathalie Blanchard, &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;, ainsi que l'observaient quatre sociologues qu&#233;b&#233;coises en 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si les pages qui suivent entendent bien r&#233;habiliter l'image d'une vieillesse rugissante, elles s'inscrivent aussi en faux contre certaines visions normatives du &#171; &lt;i&gt;bien vieillir&lt;/i&gt; &#187; qui, &#171; &lt;i&gt;si positives et attrayantes soient-elles en apparence, entretiennent la polarisation entre ceux qui auraient et ceux qui n'auraient pas &#8220;r&#233;ussi&#8221; leur vieillissement&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. Cit.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187;. &#192; chacun le sien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Extrait de &lt;i&gt;La Vieillesse&lt;/i&gt;, un livre publi&#233; chez Gallimard en 1970 et r&#233;&#233;dit&#233; en 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Catherine Achin, Juliette Rennes, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-mouvements-2009-3-page-133.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La vieillesse : une identit&#233; politique subversive. Entretien avec Th&#233;r&#232;se Clerc&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Mouvements &lt;/i&gt;n&#176; 59.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mich&#232;le Charpentier, Anne Qu&#233;niart, Nancy Guberman et Nathalie Blanchard, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.erudit.org/fr/revues/lsp/2004-n51-lsp758/008876ar.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les femmes a&#238;n&#233;es et l'engagement social : une analyse exploratoire du cas des &lt;i&gt;M&#233;m&#233;s d&#233;cha&#238;n&#233;es&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Lien social et Politiques&lt;/i&gt; n&#176; 51, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Op. Cit&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Squatter la joie</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Sorti aux &#233;ditions Intervalles, le roman Saisons en Friche tourne joyeusement autour des probl&#233;matiques du squat et de la r&#233;appropriation urbaine. Pour auteure, une certaine Sonia Risti&#263;, qui y revient sur une exp&#233;rience personnelle dans un squat d'artistes parisiens. Dans ces pages d&#233;di&#233;es &#224; l'art d&#233;licat du squat, il est d'abord question d'humanit&#233;. Le militantisme a beau constituer une toile de fond omnipr&#233;sente, ce sont les personnages qui s'imposent, tissent une fresque bariol&#233;e, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/question-d-humanite" rel="tag"&gt;question d'humanit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/scrute-Sonia" rel="tag"&gt;scrute Sonia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pages-dediees" rel="tag"&gt;pages d&#233;di&#233;es&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sorti aux &#233;ditions Intervalles, le roman &lt;i&gt;Saisons en Friche&lt;/i&gt; tourne joyeusement autour des probl&#233;matiques du squat et de la r&#233;appropriation urbaine. Pour auteure, une certaine Sonia Risti&#263;, qui y revient sur une exp&#233;rience personnelle dans un squat d'artistes parisiens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3330 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-1523-a4dc3.jpg?1768658419' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Lise Lacombe
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans ces pages d&#233;di&#233;es &#224; l'art d&#233;licat du squat, il est d'abord question d'humanit&#233;. Le militantisme a beau constituer une toile de fond omnipr&#233;sente, ce sont les personnages qui s'imposent, tissent une fresque bariol&#233;e, touchante, pleine d'&#233;tincelles et de corps aussi effervescents que des Menthos plong&#233;s dans le Coca. Parmi les occupants du lieu r&#233;quisitionn&#233; &#8211; une immense gare de marchandises d&#233;saffect&#233;e &#8211;, on trouve Malo le Congolais volubile, Vladimir le vieux plasticien fou-dingue, Alex le Bosniaque tourment&#233;, Pascal le disjonct&#233; ou Alice la malade d'amour. Ce sont leurs destin&#233;es entrecrois&#233;es que scrute Sonia Risti&#263; le temps de quatre &#171; saisons &#187;, aussi pimpantes que du Vivaldi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'utopie n'est pas tout &#224; fait au point (&#8230;), mais malgr&#233; tout, c'est la joie qui domine&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit l'auteure de ce roman, inspir&#233; d'une exp&#233;rience personnelle dans un squat d'artistes parisiens, le Th&#233;&#226;tre de Verre. Ledit espace, d&#233;sormais d&#233;sert&#233;, avait &#233;t&#233; r&#233;quisitionn&#233; en 2003 apr&#232;s la triste expulsion de la Miroiterie, lieu bien anar-punk de M&#233;nilmuche multipliant les concerts &#224; faire fondre les esgourdes. Plong&#233;e deux ans dans ce fatras de vie, de soir&#233;es cumbia et d'initiatives plus ou moins heureuses, Sonia Risti&#263; d&#233;crit autant les failles de l'organisation collective que sa force, les accrochages in&#233;vitables que les victoires contre l'esprit du temps. Ambiance chamarr&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Il y a toujours des &#233;clats de voix, des disputes, des prises de t&#234;te.&lt;/i&gt; &#187; Avec pour horizon aga&#231;ant, mouche sur le coche utopique, le retour des sempiternels constats : &#171; &lt;i&gt;D&#233;cid&#233;ment, c'est toujours&lt;/i&gt; &lt;i&gt;pareil. Il y a&lt;/i&gt; &lt;i&gt;ceux qui charrient la merde toute la matin&#233;e dans le froid et ceux qui se consacrent au yoga et &#224; la d&#233;co.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re les histoires personnelles et les t&#226;tonnements politiques d&#233;boulent des myriades de questionnements, p&#233;piant tels des pinsons lubriques. Comment cohabiter en respectant les d&#233;sirs de chacun ? Que faire quand une dizaine de sans-papiers expuls&#233;s d'un lieu proche demandent un logement ? Comment forcer la mairie &#224; accorder un bail pr&#233;caire ? De quelle mani&#232;re r&#233;agir &#224; une sauvage attaque de fachos, en mode barres de fer dans la gueule ? Est-il possible d'&#233;viter que l'exp&#233;rience ne soit un d&#233;multiplicateur de gentrification ? Confront&#233;s &#224; ce tourbillon quotidien et id&#233;ologique parfois confus, les personnages s'&#233;chappent &#224; tout bout de champ, chacun &#224; leur mani&#232;re. L'amour, le sexe, le turbin, l'escapade au bout de monde, le repli domestique, tout est bon dans le cocon. Avec un &#233;tat d'esprit f&#233;rocement oppos&#233; &#224; la sinistrose : &#171; &lt;i&gt;Tiens, (&#8230;) &#231;a sent l'&#233;t&#233;, vous ne trouvez pas&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affair&#233;s &#224; cuisiner l'utopie, les insurg&#233;s immobiliers font face &#224; des obstacles insolubles, nature humaine oblige, mais ne baissent pas les bras, bricolant ce &#171; &lt;i&gt;joyeux foutoir&lt;/i&gt; &#187; visant &#224; poser les bases d'une autre soci&#233;t&#233;. Et n'oublient pas que derri&#232;re cette &#171; &lt;i&gt;joie&lt;/i&gt; &#187; revendiqu&#233;e se cache un discours tout ce qu'il y a de plus s&#233;rieux. &#171; &lt;i&gt;Ce que nous essayons de faire passer comme message, c'est que dans nos villes, il y a des centaines de milliers de m&#232;tres carr&#233;s inhabit&#233;&lt;/i&gt;s &#187;, rugit Vladimir. Pour lui comme pour Sonia Risti&#263;, c'est cette ind&#233;cence-l&#224; qu'il s'agit de d&#233;noncer. Voire : de supprimer.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Zad, tel le Ph&#339;nix</title>
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		<dc:creator>Nicolas de La Casini&#232;re</dc:creator>


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&lt;p&gt;Rien n'abat la Zad. Depuis 2012, malgr&#233; les destructions &#224; la pelleteuse et l'envoi de milliers d'uniformes, elle rena&#238;t fa&#231;on Ph&#339;nix et reconstruit sur les d&#233;combres. Le fruit d'une r&#233;sistance bien rod&#233;e et d'une &#233;nergie sans faille. &#171; Cabane ! &#187; Dans les jeux de m&#244;mes, c'est toujours le bon moyen de se prot&#233;ger, de sortir du jeu. Le mot magique, et hop, &#224; l'abri. Mais en ce mois d'avril, la Zad n'a rien d'une cour de r&#233;cr&#233;. Et les bataillons casqu&#233;s de l'&#201;tat ne jouent pas. Dans leur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rien n'abat la Zad. Depuis 2012, malgr&#233; les destructions &#224; la pelleteuse et l'envoi de milliers d'uniformes, elle rena&#238;t fa&#231;on Ph&#339;nix et reconstruit sur les d&#233;combres. Le fruit d'une r&#233;sistance bien rod&#233;e et d'une &#233;nergie sans faille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2897 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-1141-0b04e.jpg?1768658029' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Lise Lacombe
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; C&lt;/span&gt;&lt;i&gt;abane !&lt;/i&gt; &#187; Dans les jeux de m&#244;mes, c'est toujours le bon moyen de se prot&#233;ger, de sortir du jeu. Le mot magique, et hop, &#224; l'abri. Mais en ce mois d'avril, la Zad n'a rien d'une cour de r&#233;cr&#233;. Et les bataillons casqu&#233;s de l'&#201;tat ne jouent pas. Dans leur collimateur, les cabanes. Les voil&#224; promues ennemies publiques num&#233;ro un et condamn&#233;es &#224; une destruction sauvage. Ce qu'un huissier hautain, commis sous haute protection sur ce th&#233;&#226;tre d'op&#233;ration guerri&#232;re, appelle &#171; &lt;i&gt;d&#233;construction&lt;/i&gt; &#187; &#8211; dr&#244;le d'euph&#233;misme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais voil&#224;. Ce n'est pas assez visible. Les destructions en cours sont souvent occult&#233;es par les nuages de gaz, le public &#233;loign&#233; &#224; coups de grenades et les journalistes interdits d'acc&#232;s. Pour seuls t&#233;moins, les gendarmes. Eux se chargent d&#233;sormais de filmer les op&#233;rations, avant d'en proposer aux m&#233;dias les &#171; meilleurs moments &#187;. Sur ces images, on ne les voit pas couper l'&#233;lectricit&#233;, squeezer l'alimentation en eau ou crever rageusement au couteau des dizaines de packs de jus de pommes. Ce sale boulot d'affaiblissement de l'ennemi manque par trop de panache pour &#234;tre diffus&#233;. Pour d&#233;montrer la force implacable de leur mission, ils pr&#233;f&#232;rent les images spectaculaires. Comme la destruction des b&#226;tisses d&#233;munies de permis de construire, donc frapp&#233;es du sceau de l'ill&#233;galit&#233; : voil&#224; qui a plus de gueule. &#199;a fait du bruit, de la poussi&#232;re. &#199;a impressionne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les uniformes s'y entendent en propagande &#8211; la guerre des images comme continuation de la guerre tout court. Pour parfaite illustration, cette vid&#233;o montrant un blind&#233; de la gendarmerie qui ratiboise les d&#233;combres d'une maison collective. Il s'agit du lieu-dit Le Gourbi, o&#249; se partageaient chaque vendredi le pain et les l&#233;gumes produits sur la Zad. Son d&#244;me a &#233;t&#233; d&#233;truit quelques heures plus t&#244;t et les zadistes viennent en urgence de ramener une nouvelle charpente. Las, c'est &#224; elle que s'en prend le blind&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'op&#233;ration est film&#233;e d'un h&#233;licopt&#232;re. Les images du mouchard &#224; h&#233;lice sont mal fichues, truff&#233;es de donn&#233;es chiffr&#233;es. Mais on y voit le blind&#233; bleu au nez camus foncer dans le tas, s'y reprenant &#224; deux fois pour terrasser le bel assemblage de trois tonnes de poutres, poin&#231;ons et sabli&#232;res, amen&#233; la veille &#224; la lueur des frontales, apr&#232;s le d&#233;part des pandores &#224; la nuit tomb&#233;e. De la belle &#339;uvre pr&#233;par&#233;e en kit, en quelques jours, par une escouade de charpentiers et charpenti&#232;res enthousiastes. Mais r&#233;duite en miettes en quelques minutes, le temps de cette vid&#233;o qui se termine en affichant le logo des pandores, surmont&#233; d'une fringante devise &#8211; &#171; &lt;i&gt;Gendarmerie nationale, une force humaine&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;S'en fout la mortaise&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais cette charpente, m&#234;me bris&#233;e, vaut symbole. Elle dit la belle obstination des zadistes &#224; toujours revenir et reconstruire. &#192; ne rien l&#226;cher face &#224; l'acharnement autoritaire et punitif de Macron et son monde. Les opposants savent que la force brute et la crispation arm&#233;e n'ont qu'un temps &#8211; il faudra bien que les troupes se retirent un jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, une fois leur sale besogne effectu&#233;e, les f&#226;cheux en uniforme laissent au bord de la route des Fosses Noires un tas de poutres mal rang&#233;es, se contentant de les tron&#231;onner pour emp&#234;cher toute reconstruction. Rat&#233;. Vingt minutes apr&#232;s le d&#233;part des uniformes, l'escouade charpenti&#232;re que rien n'abat est revenue. La m&#234;me renforce deux fermes partiellement d&#233;truites, les &#233;tayant gr&#226;ce aux bouts de poutre tron&#231;onn&#233;s. un beau pied de nez &#224; toute cette &#171; &lt;i&gt;force humaine &lt;/i&gt; &#187; destructrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que les zadistes sont comme les &lt;i&gt;toons&lt;/i&gt; des dessins anim&#233;s. On les croit ratatin&#233;s par le rouleau compresseur, raplaplas, &#233;crabouill&#233;s. Et plop, les voil&#224; qui se regonflent et reprennent vie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; La cha&#238;ne de poutres&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis la premi&#232;re op&#233;ration militaire contre la Zad, le mouvement n'a cess&#233; de d&#233;velopper sa capacit&#233; de (re)construction. Gr&#226;ce &#224; des comp&#233;tences acquises collectivement. Et au soutien d'un r&#233;seau &#233;largi de b&#226;tisseurs, pr&#234;ts &#224; intervenir en cas de coup dur. Le 17 novembre 2012, trois semaines apr&#232;s le d&#233;but de l'op&#233;ration C&#233;sar, la manif de r&#233;occupation avait ainsi surpris par son ampleur et son dynamisme, rameutant 40 000 personnes en plein hiver. Dont beaucoup avaient aid&#233; au d&#233;chargement de remorques agricoles croulant sous les poutres et charpentes des nouvelles cabanes. Dans la boue, une longue cha&#238;ne humaine s'&#233;tait form&#233;e pour acheminer de main en main les bastaings jusqu'&#224; la clairi&#232;re de ch&#226;taigniers, lieu d'implantation des b&#226;tisses. C'&#233;tait beau. L'un de ces moments euphoriques o&#249; on se dit que rien ne peut terrasser un mouvement si tenace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'image de ces barricades d'avril barrant les chemins, que les engins des gendarmes mettent &#224; bas et qui reprennent forme insurg&#233;e d&#232;s les uniformes envol&#233;s. Ou de ces tranch&#233;es creus&#233;es &#224; m&#234;me le bitume pour emp&#234;cher le passage des blind&#233;s gendarmesques &#8211; &#224; peine sont-elles combl&#233;es que de nouvelles s'ouvrent, b&#233;antes, juste &#224; c&#244;t&#233;. &#192; chaque fois, une m&#234;me force acharn&#233;e et collective. une &#233;nergie increvable, sans doute largement nourrie par l'influence d'une culture squat habitu&#233;e aux expulsions.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Squat qu'il en soit&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Beaucoup de zadistes sont en effet pass&#233;s par les squats,&lt;/i&gt; confirme Max&lt;i&gt;. Et ils savent qu'on se remet de la perte d'une maison occup&#233;e &#8211; l'important est de rebondir au plus vite. &lt;/i&gt; &#187; Vivre en squat est par essence une situation pr&#233;caire et &#233;ph&#233;m&#232;re. Mais le risque de tout perdre signifie aussi la possibilit&#233; de retrouver un autre lieu de vie, parfois plus confortable. Et implique de ne pas attacher trop d'importance aux possessions mat&#233;rielles, d&#233;taille Jean-Jo : &#171; &lt;i&gt;Dans ma cabane, il n'y a rien qui ne soit rempla&#231;able. La seule chose r&#233;ellement pr&#233;cieuse est l'ordinateur &#8211; j'ai mis le disque dur &#224; l'abri. En vivant ainsi, tu te rends compte que l'important n'est pas le mat&#233;riel ou la cabane elle-m&#234;me, mais les pratiques qui les ont fait na&#238;tre. &#192; l'exemple du Hangar de l'avenir : il est beau, certes, mais pas autant que les processus collectifs ayant permis sa construction.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cet autre habitant de la Zad insiste surtout sur l'importance de l'&#233;nergie collective : &#171; &lt;i&gt; Elle avait assur&#233; le succ&#232;s de la manif de r&#233;occupation en 2012. Elle nous permet de tenir bon aujourd'hui et de reb&#226;tir dans la zone non motoris&#233;e &#224; peine deux semaines apr&#232;s les premi&#232;res destructions d'avril.&lt;/i&gt; &#187; une efficacit&#233; qui doit aussi beaucoup au d&#233;veloppement des ressources autonomes de la Zad. Au soutien de charpentiers implant&#233;s dans les alentours. Et &#224; Abracadabois, organisation collective de coupe des haies et d'entretien de la for&#234;t, fournissant en circuit court le bois d'&#339;uvre pour les planchers et charpentes. Dont ces belles billes de bois, extraites &#224; l'ancienne, avec un cheval de trait, par des b&#251;cherons travaillant en for&#234;t de Rohanne : les voil&#224; disponibles pour de futures constructions.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;solus &#224; tout recommencer&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Autour d'une table brinquebalante au lieu dit Le Maquis, la discussion court sur les &lt;i&gt;gecedonku&lt;/i&gt; turcs, des bidonvilles install&#233;s ill&#233;galement en une nuit, la loi ne s'appliquant pas entre le coucher du soleil et le matin. Ces auto-constructions forment des quartiers entiers, qui t&#233;moignent de la combativit&#233; d'habitants n'ayant plus rien &#224; perdre, sauf leur logis du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son roman &lt;i&gt;Contes de la montagne d'ordures&lt;/i&gt;, Latife Tekin raconte que l'un de ces &lt;i&gt;gecedonku&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; 37 fois d&#233;truit par les autorit&#233;s et remont&#233; opini&#226;trement pendant 37 nuits suivantes. Jusqu'&#224; ce que les bulldozers et les officiels l&#226;chent l'affaire. Belle victoire litt&#233;raire de la t&#233;nacit&#233; et de la taule de fortune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, le situationniste historique Raoul Vaneigem vient de rendre un joli hommage &#224; ce que repr&#233;sente la Zad &lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avec &#171; Terre libre &#187;, vid&#233;o disponible sur YouTube &#8211; chant par Fanchon (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Toujours aussi printanier, l'auteur du &lt;i&gt;Trait&#233; de savoir-vivre &#224; l'usage des jeunes g&#233;n&#233;rations&lt;/i&gt; pose joliment l'enjeu de la lutte en cours : &#171; &lt;i&gt; c'est un pari sur le monde qui se joue &#224; Notre-Dame-des-Landes. Ou la tristesse hargneuse des r&#233;sign&#233;s et de leurs ma&#238;tres, aussi piteux, l'emportera par inertie ; ou le souffle toujours renaissant de nos aspirations humaines balaiera la barbarie. Quelle que soit l'issue, nous savons que le parti pris de la vie rena&#238;t toujours de ses cendres. La conscience humaine s'ensommeille mais ne s'endort jamais. Nous sommes r&#233;solus de tout recommencer.&lt;/i&gt; &#187; Viva la r&#233;solution !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nicolas de la Casini&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Avec &#171; &lt;a href=&#034;https://youtu.be/U211fEoBIgI&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Terre libre&lt;/a&gt; &#187;, vid&#233;o disponible sur YouTube &#8211; chant par Fanchon Daemers, textes par Raoul Vaneigem.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Loi &#201;lan : droit dans le mur...</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Loi-Elan-droit-dans-le-mur</link>
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		<dc:date>2018-12-27T06:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Tomagnetik</dc:subject>
		<dc:subject>Lise Lacombe</dc:subject>
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		<dc:subject>Mohamed Ragoubi</dc:subject>
		<dc:subject>Ragoubi</dc:subject>
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		<dc:subject>squats</dc:subject>
		<dc:subject>fin juillet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Adopt&#233;e d&#233;finitivement le 18 octobre, la loi sur l'&#233;volution du logement, de l'am&#233;nagement et du num&#233;rique &#233;tait d&#233;j&#224; bien connue pour ses atteintes &#224; la protection du littoral et au logement des personnes handicap&#233;es. Il nous restait &#224; appr&#233;cier ses mesures anti-squatteurs et hostiles aux &#171; derniers de cord&#233;e &#187; en g&#233;n&#233;ral... *** Les s&#233;nateurs (LR) n'y &#233;taient pas all&#233;s de main morte en premi&#232;re lecture du projet de loi &#201;lan, fin juillet. Mohamed Ragoubi, vice-pr&#233;sident de l'association (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tomagnetik" rel="tag"&gt;Tomagnetik&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lise-Lacombe" rel="tag"&gt;Lise Lacombe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/loi" rel="tag"&gt;loi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/left" rel="tag"&gt;left&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mohamed" rel="tag"&gt;Mohamed&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mohamed-Ragoubi" rel="tag"&gt;Mohamed Ragoubi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ragoubi" rel="tag"&gt;Ragoubi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/loi-Elan" rel="tag"&gt;loi &#201;lan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/squats" rel="tag"&gt;squats&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fin-juillet" rel="tag"&gt;fin juillet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Adopt&#233;e d&#233;finitivement le 18 octobre, la loi sur l'&#233;volution du logement, de l'am&#233;nagement et du num&#233;rique &#233;tait d&#233;j&#224; bien connue pour ses atteintes &#224; la protection du littoral et au logement des personnes handicap&#233;es. Il nous restait &#224; appr&#233;cier ses mesures anti-squatteurs et hostiles aux &#171; derniers de cord&#233;e &#187; en g&#233;n&#233;ral...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2708 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-968-17932.jpg?1768654385' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Lise Lacombe
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les s&#233;nateurs&lt;/strong&gt; (LR) n'y &#233;taient pas all&#233;s de main morte en premi&#232;re lecture du projet de loi &#201;lan, fin juillet. Mohamed Ragoubi, vice-pr&#233;sident de l'association Appuii&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Appuii comme &#171; Alternatives pour des projets urbains ici et &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; et responsable du Dal-HLM (Droit au logement), se souvient surtout de la fa&#231;on dont ils avaient amend&#233; l'article 58 ter. &#171; &lt;i&gt;Ils voulaient criminaliser tous les occupants sans titre, du squatteur au sous-locataire h&#233;berg&#233; dans l'urgence et non d&#233;clar&#233; : un an de prison et 15 000&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#8364;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;d'amende apr&#232;s une expulsion express.&lt;/i&gt; &#187; Voulaient ? On touche ici &#224; une autre joyeuset&#233; du texte. Fin septembre, les arrangements de derni&#232;re minute ont &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;s dans le secret d'une commission mixte paritaire pour &#233;viter une deuxi&#232;me lecture (publique) du projet l&#233;gislatif devant l'Assembl&#233;e nationale. &#171; &lt;i&gt;On a fait un travail de suivi autour de la loi pendant sept mois et on a beaucoup mobilis&#233; dans toutes les villes, y compris en allant interpeller directement les &#233;lus&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise Mohamed Ragoubi.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jeter plus facilement les gens &#224; la rue&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : dans un communiqu&#233;, les s&#233;nateurs admettent qu'ils ont d&#251; en rabattre tout en plastronnant sans vergogne. Nous avons &#171; &lt;i&gt;favoris&#233; la lutte contre les squats en supprimant la possibilit&#233; pour les squatteurs d'un domicile de b&#233;n&#233;ficier d'une part, du d&#233;lai de deux mois entre le commandement de quitter les lieux et la mise en &#339;uvre effective de l'expulsion et d'autre part, de la tr&#234;ve hivernale&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Communiqu&#233; du 20 septembre 2018.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. S&#233;rieusement, ces bourgeois cacochymes se r&#233;jouissent de pouvoir jeter plus facilement des gens &#224; la rue ? &#171; &lt;i&gt; Et ce n'est qu'une goutte d'eau dans l'oc&#233;an glac&#233; de leur &#233;go&#239;sme,&lt;/i&gt; poursuit Mohamed Ragoubi. &lt;i&gt;Bail ultra-pr&#233;caire d'une dur&#233;e d'un &#224; dix mois rebaptis&#233; &#8220; mobilit&#233; &#8221; dans la novlangue macronienne, r&#233;siliation du bail de plein droit quand l'un des habitants d'un logement a &#233;t&#233; condamn&#233; pour usage ou trafic de stup&#233;fiant, r&#233;tablissement de p&#233;nalit&#233;s arbitraires en cas de retard de loyer.&lt;/i&gt; &#187; Seule cette derni&#232;re disposition n'a pas &#233;t&#233; reprise dans la version finale d'un texte qui ressemble fort &#224; une d&#233;claration de guerre &#224; l'encontre des locataires les plus pr&#233;caires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camille&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, participant &#224; un collectif d'info sur la loi &#201;lan et les squats &#224; Marseille, envisage les d&#233;g&#226;ts &#224; venir. &#171; &lt;i&gt;M&#234;me sans criminalisation des pratiques, la loi va rendre plus vuln&#233;rables toutes les tentatives d'occupation ; une vuln&#233;rabilit&#233; qui p&#232;sera encore plus fort sur les plus fragiles d'entre elles, notamment celles avec les sans-papiers.&lt;/i&gt; &#187; Son constat sur la situation &#224; Marseille ne r&#233;chauffe gu&#232;re l'ambiance : &#171; &lt;i&gt;Plus aucun squat politique sur la ville et des squats d'habitation de plus en plus rares. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rare concession dans cette litanie d'avanies : l'aggravation des peines encourues par les marchands de sommeil. &#171; &lt;i&gt;C'est bien s&#251;r une bonne chose mais, avec la possibilit&#233; accord&#233;e aux bailleurs sociaux de vendre un tiers de leur patrimoine, ils peuvent m&#234;me conna&#238;tre une nouvelle prosp&#233;rit&#233;, &lt;/i&gt;commence &#224; expliquer Mohamed Ragoubi.&lt;i&gt; L'exp&#233;rience, comme dans le quartier du Petit Bard &#224; Montpellier, nous a appris que les organismes HLM se s&#233;parent en priorit&#233; des logements les plus v&#233;tustes ; promptement rachet&#233;s par des &lt;/i&gt;&#8220;&lt;i&gt; investisseurs&lt;/i&gt;&#8221;&lt;i&gt; peu scrupuleux, ces appartements repartent dans un circuit locatif souterrain.&lt;/i&gt; &#187; Et de conclure : &#171; &lt;i&gt;Pour v&#233;ritablement en finir avec l'habitat indigne, il manque un million de logements sociaux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Appuii comme &#171; Alternatives pour des projets urbains ici et &#224; l'international &#187;. Voir &lt;a href='https://cqfd-journal.org/En-Appuii-aux-habitants' class=&#034;spip_in&#034;&gt;l'article&lt;/a&gt; qui lui est consacr&#233; dans le dossier &#171; Logement &#187; dans notre &lt;a href='https://cqfd-journal.org/CQFD-no162-fevrier-2018'&gt;n&#176; 162&lt;/a&gt; de f&#233;vrier 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Communiqu&#233; du 20 septembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Home, squat home</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Home-squat-home</link>
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		<dc:date>2018-12-13T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Lise Lacombe</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Ils passent souvent inaper&#231;us, si ce n'est du voisinage, du proprio et de la flicaille. Une discr&#233;tion indispensable pour se donner le maximum de chances d'&#233;chapper &#224; l'expulsion. Les squats dits d'habitation sont pourtant bel et bien l&#224;, au c&#339;ur des villes ou aux tr&#233;fonds des campagnes. T&#233;moignages. Une ombre dans la nuit. Qui enjambe une bordure de fen&#234;tre ou croch&#232;te une serrure. P&#233;n&#232;tre sans bruit dans les murs. Ouvre la porte pour faire entrer ses camarades qui attendent un peu plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no162-fevrier-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;162 (f&#233;vrier 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lieu" rel="tag"&gt;lieu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/squat" rel="tag"&gt;squat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/porte" rel="tag"&gt;porte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jerome" rel="tag"&gt;J&#233;r&#244;me&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/squats" rel="tag"&gt;squats&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/squatteurs" rel="tag"&gt;squatteurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jojo" rel="tag"&gt;Jojo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-expulsion" rel="tag"&gt;d'expulsion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/proprio" rel="tag"&gt;proprio&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ils passent souvent inaper&#231;us, si ce n'est du voisinage, du proprio et de la flicaille. Une discr&#233;tion indispensable pour se donner le maximum de chances d'&#233;chapper &#224; l'expulsion. Les squats dits d'habitation sont pourtant bel et bien l&#224;, au c&#339;ur des villes ou aux tr&#233;fonds des campagnes. T&#233;moignages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2662 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-922-00413.jpg?1768651143' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Lise Lacombe
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une ombre dans la nuit.&lt;/strong&gt; Qui enjambe une bordure de fen&#234;tre ou croch&#232;te une serrure. P&#233;n&#232;tre sans bruit dans les murs. Ouvre la porte pour faire entrer ses camarades qui attendent un peu plus loin. Voil&#224; les squatteurs &#224; l'int&#233;rieur. Ils changent vite la serrure, barricadent la porte, obstruent les ouvertures. Puis attendent. Jusqu'&#224; la visite des flics ou d'un huissier. Ou jusqu'&#224; ce que le d&#233;lai l&#233;gal de 48 heures soit &#233;coul&#233; &lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une loi de juin 2015 est cens&#233;e avoir restreint la possibilit&#233; d'invoquer ce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Ce n'est qu'une fois celui-ci pass&#233; qu'ils pourront s'appuyer sur le Code civil pour faire du lieu leur domicile principal, et sur le Code p&#233;nal pour justifier l'inviolabilit&#233; de celui-ci. Cette phase pass&#233;e, il sera temps de penser &#224; habiter &#8211; mais avec la menace de l'expulsion toujours pr&#233;sente dans un coin de la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voil&#224; pour le sc&#233;nario id&#233;al.&lt;/strong&gt; Quand tout se passe bien. C'est loin d'&#234;tre toujours le cas. Ouvrir un squat, f&#251;t-il discret et d'habitation, qu'il se trouve au c&#339;ur de la ville ou au fin fond de la cambrousse, c'est d'abord accepter la probabilit&#233; de l'&#233;chec. &#171; &lt;i&gt;Quand tu arrives, tu ne sais pas si le lieu va tenir quelques jours ou plusieurs mois,&lt;/i&gt; explique Jojo &lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tous les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, qui compte une dizaine de squats au compteur.&lt;i&gt; Mais tu n'as pas le choix, tu dois te mettre au boulot : nettoyer, remettre l'eau et l'&#233;lectricit&#233;, r&#233;cup&#233;rer des meubles dans la rue, lancer des travaux d'am&#233;nagement&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Une &#233;tape indispensable pour se sentir chez soi &#8211; &lt;i&gt;home squat home&lt;/i&gt;. Sauf que le chez-soi peut tr&#232;s vite ne plus l'&#234;tre. Et les heures (voire les jours ou semaines) de travail auront &#233;t&#233; abattues en pure perte. Jojo encore : &#171; &lt;i&gt;&#199;a coupe parfois les jambes : tu t'investis &#224; fond, tout en sachant que le risque d'expulsion plane. &#192; force, &#231;a fatigue. Tu finis par avoir envie de te poser, de souffler sans avoir &#224; te dire que bient&#244;t il faudra tout recommencer. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un travail de rep&#233;rage&lt;/strong&gt; en amont permet de mettre davantage de chances de son c&#244;t&#233;. Une reconnaissance qui s'effectue d'abord de visu : &#171; &lt;i&gt;Observez si les lieux sont bien vides et s'il n'y a pas de passage,&lt;/i&gt; r&#233;sume la brochure &#8216;&#8216; Le squat de A &#224; Z '' &lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Disponible sur le site squat.net&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Il y a divers indices : volets ferm&#233;s, bo&#238;te aux lettres pleine de vieilles pubs, tas de feuilles mortes devant la porte, jardin en friche, &#233;tat du b&#226;timent&#8230; Pour v&#233;rifier s'il y a du passage, placez un bout de papier discret dans l'embrasure de chaque porte et portail, et v&#233;rifiez r&#233;guli&#232;rement leur pr&#233;sence.&lt;/i&gt; &#187; Ce rep&#233;rage se double souvent d'une enqu&#234;te sur le propri&#233;taire, histoire d'estimer le risque de le voir d&#233;barquer. J&#233;r&#244;me, pass&#233; par divers squats de l'Est parisien et du Sud de la France, aime cette &#233;tape : &#171; &lt;i&gt;J'ai toujours cherch&#233; &#224; en savoir le plus possible sur le lieu. C'est-&#224;-dire me rendre au cadastre pour trouver le nom du proprio, me renseigner pour savoir s'il habite &#224; proximit&#233;, rechercher des infos &#224; son propos sur Internet&#8230; &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#21610B&#034;&gt;&lt;strong&gt;Enqu&#234;te sur le proprio&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parfois&lt;/strong&gt;, celui-ci est carr&#233;ment aux abonn&#233;s absents. Ainsi de cette maison vide depuis une trentaine d'ann&#233;es dans une banlieue r&#233;sidentielle de Marseille, demeure &#224; l'abandon que Louise et deux de ses copines avaient rep&#233;r&#233;e : &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait une grande baraque avec jardin, dans un &#233;tat d&#233;plorable. Elle faisait partie d'une succession, la famille se d&#233;chirait sur l'h&#233;ritage et la maison &#233;tait en indivision. &lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s y avoir r&#233;fl&#233;chi, les trois amies ont d&#233;cid&#233; d'&#233;crire aux propri&#233;taires pour leur proposer un arrangement : elles se chargeraient des lourds travaux d'am&#233;nagement contre une remise de loyer. Mais elles n'ont jamais eu de r&#233;ponse. Et ont finalement pris possession de l'endroit &#224; la hussarde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les proprios&lt;/strong&gt; sont loin de se montrer toujours accommodants. Certains se font m&#234;me justice eux-m&#234;mes plut&#244;t que de lancer une proc&#233;dure d'expulsion. Et d&#233;barquent avec des sbires pour virer les squatteurs. &#171; &lt;i&gt;C'est plus effrayant que l'arriv&#233;e des flics,&lt;/i&gt; note J&#233;r&#244;me.&lt;i&gt; Avec la police, il y a un cadre, surtout quand la proc&#233;dure d'expulsion est lanc&#233;e. Tandis qu'avec des gros bras, &#231;a peut vraiment partir en cacahu&#232;tes... &lt;/i&gt; &#187; C'est ce qu'a connu Tic, squatteur de longue date qui venait de se d&#233;gotter un petit appartement &#224; Marseille : &#171; &lt;i&gt;J'avais attendu 48 heures &#224; l'int&#233;rieur, puis j'&#233;tais sorti quelques heures. Des gros bras sont pass&#233;s pendant ce temps, ils ont p&#233;t&#233; la porte, et cass&#233; ou vol&#233; mes affaires. Je ne suis &#233;videmment pas rest&#233; dans l'appart'.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#21610B&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; On partageait tout &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Perdre&lt;/strong&gt; ses (maigres) possessions : voil&#224; l'une des hantises de celles et ceux qui font le choix du squat. Une crainte qui pousse &#224; ne pas accumuler. &#192; voyager l&#233;ger, comme Jojo &#224; la fin des ann&#233;es 1990 : &#171; &lt;i&gt; On r&#233;cup&#233;rait des matelas &#224; Emma&#252;s, des meubles dans la rue &#8211; on s'en fichait de les perdre en cas d'expulsion. Quand &#231;a arrivait, je balan&#231;ais mes v&#234;tements et mes affaires dans deux sacs de couchage, et je m'en allais.&lt;/i&gt; &#187; Il n'y avait pas grand-chose d'autre &#224; sauver, souligne le m&#234;me en souriant : &#171; &lt;i&gt;On &#233;tait jeunes, on n'avait rien mais on partageait tout. On mettait notre argent en commun, on volait la nourriture et l'alcool, on rentrait en douce dans les concerts...&lt;/i&gt; &#187; Bref, le minimum vital &#8211; que demande le peuple ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement&lt;/strong&gt; : il a parfois envie d'un peu de confort. Surtout en prenant de l'&#226;ge. &#171; &lt;i&gt;Pendant longtemps, je n'ai &#224; peu pr&#232;s rien poss&#233;d&#233; &#8211; juste trois grands sacs d'affaires diverses, que je pouvais boucler &#224; la va-vite,&lt;/i&gt; explique J&#233;r&#244;me. &lt;i&gt;Mais j'ai fini par acheter un ordinateur. Et l&#224;, &#231;a devient tout de suite plus chiant : si tu pars en week-end, il te faut chercher un endroit s&#251;r o&#249; l'entreposer, parce que tu n'es jamais certain que le squat ne sera pas visit&#233; par les flics ou le proprio en ton absence.&lt;/i&gt; &#187; Un stress toujours pr&#233;sent, comme en filigrane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est le c&#244;t&#233; chiant&lt;/strong&gt; du squat : tu restes toujours pr&#233;caire et tu d&#233;penses beaucoup d'&#233;nergie &#224; ouvrir et tenir le lieu&lt;/i&gt; &#187;, poursuit J&#233;r&#244;me, qui a ainsi altern&#233; squats et locations classiques. Un cas de figure fr&#233;quent chez les squatteurs longue dur&#233;e &#8211; il leur arrive d'opter pour le confort d'un bail, le temps de recharger leurs batteries ou, par exemple, d'&#233;lever des enfants en bas &#226;ge. Mais ils finissent souvent par retourner &#224; leur premier amour. Par manque de thunes. Par go&#251;t de la vie en collectif. Et par amour de la libert&#233;. &#192; commencer par celle de &#171; &lt;i&gt;ne pas avoir &#224; accepter un taf qui ne te pla&#238;t pas juste pour payer ton loyer &lt;/i&gt; &#187;, remarque Jojo. Ainsi que celle d'am&#233;nager &#224; l'envi son int&#233;rieur, souligne la brochure &#171; Le Squat de A &#224; Z &#187; : &#171; &lt;i&gt;Squatter, c'est aussi habiter au sens plein du terme : c'est &#234;tre libre et responsable de son lieu de vie. C'est pouvoir y faire ce que l'on veut sans se r&#233;f&#233;rer &#224; un proprio qui de toute fa&#231;on n'y vit pas.&lt;/i&gt; &#187; Nulle autorisation &#224; demander pour abattre une cloison, installer une mezzanine ou peindre les murs de toutes les couleurs.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#21610B&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un pro du b&#226;timent &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et puis&lt;/strong&gt;, &#224; force de se retrousser les manches pour faire de la ma&#231;onnerie ou remettre en ordre de marche les circuits &#233;lectriques, les squatteurs finissent par acqu&#233;rir tout un &#233;ventail de comp&#233;tences. Bien oblig&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Au fil des ann&#233;es, tu deviens presque un pro du b&#226;timent&lt;/i&gt; &#187;, rigole Jojo, qui souligne au passage : &#171; &lt;i&gt;Dans tous les squats o&#249; j'ai v&#233;cu, nous avons laiss&#233; l'endroit en meilleur &#233;tat que celui dans lequel on l'avait trouv&#233;. &lt;/i&gt; &#187; M&#234;me chose pour Louise et ses deux copines, qui ont travaill&#233; des mois &#224; remettre en &#233;tat la maison tr&#232;s d&#233;labr&#233;e qu'elles avaient r&#233;cup&#233;r&#233;e. Toutes trois ont d&#251; serrer les dents et s'ent&#234;ter pour parvenir &#224; rendre l'endroit vivable : &#171; &lt;i&gt; &#199;'a &#233;t&#233; compliqu&#233; de remettre l'eau. On n'y serait d'ailleurs pas parvenu si on n'avait pas re&#231;u des coups de main de gens plus exp&#233;riment&#233;s. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est qu'entre squatteurs&lt;/strong&gt;, l'entraide joue &#224; plein &#8211; le mode d'habiter rapproche et permet de facilement nouer des liens entre les lieux. Soutien en cas de tentative d'expulsion, &#233;change de comp&#233;tences, coups de main occasionnels&#8230; Une solidarit&#233; d'autant plus forte que les squatteurs sont confront&#233;s &#224; une m&#234;me adversit&#233;, celle impos&#233;e par un monde dont ils ont refus&#233; les r&#232;gles (immobili&#232;res). Cet habitat du refus fait sens par lui-m&#234;me, souligne la brochure sus-cit&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Chaque squat est diff&#233;rent.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Mais tout squat est &#8216;&#8216;politique'', dans la mesure o&#249; il bouleverse, m&#234;me parfois involontairement, l'ordre social et la propri&#233;t&#233;. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Une loi de juin 2015 est cens&#233;e avoir restreint la possibilit&#233; d'invoquer ce d&#233;lai de 48 heures. Mais pour l'instant, pas de retour sur son application.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tous les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Disponible sur le site squat.net&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les for&#234;ts au charbon</title>
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		<dc:date>2018-07-04T06:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le plateau de Millevaches ? Un coin paum&#233; et sauvage, o&#249; le temps semble s'&#234;tre arr&#234;t&#233;. Presque une anomalie. Comme le capitalisme a horreur du vide, certains y rem&#233;dient en misant plein pot sur la principale ressource du territoire : les arbres. &#192; l'image de ce projet d'usine &#224; pellets (granul&#233;s de bois utilis&#233;s comme combustible), qui fait couler beaucoup d'encre. &#171; L&#224; o&#249; le lobby forestier a tendance &#224; ne voir que des arbres plant&#233;s dans un d&#233;sert humain, et o&#249; nous autres habitants (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L110xH150/arton2263-05dc7.jpg?1768700621' class='spip_logo spip_logo_right' width='110' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le plateau de Millevaches ? Un coin paum&#233; et sauvage, o&#249; le temps semble s'&#234;tre arr&#234;t&#233;. Presque une anomalie. Comme le capitalisme a horreur du vide, certains y rem&#233;dient en misant plein pot sur la principale ressource du territoire : les arbres. &#192; l'image de ce projet d'usine &#224; pellets (granul&#233;s de bois utilis&#233;s comme combustible), qui fait couler beaucoup d'encre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L&#224; o&#249; le lobby forestier a tendance &#224; ne voir que des arbres plant&#233;s dans un d&#233;sert humain, et o&#249; nous autres habitants avons tendance &#224; envisager notre vie comme se d&#233;roulant sur le fond d'une &#8216;&#8216; nature '' immuable, nous avons d&#233;couvert que l'&#233;tat de la for&#234;t, au fil de l'histoire, ne faisait qu'exprimer la fa&#231;on dont le plateau &#233;tait habit&#233;. L'&#233;tat de la for&#234;t est le reflet fid&#232;le de notre rapport au territoire. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapport sur l'&#233;tat de nos for&#234;ts, Novembre 2013&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Excellente brochure r&#233;alis&#233;e par des habitants du plateau. Certains chiffres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me quand on conduit un tas de boue motoris&#233;, sillonner les petites d&#233;partementales du plateau de Millevaches est un plaisir de gourmet. En tout cas, pour qui sait appr&#233;cier les paysages bucoliques. Le d&#233;cor y est aussi sauvage que magn&#233;tique, entre denses for&#234;ts &#224; la Broc&#233;liande, lacs brumeux, bourgs paum&#233;s et chevreuils en goguette. Pour un peu, on crierait au paradis pour ermites et adeptes du retour &#224; la rude nature &#8211; entre ici, Henry David Thoreau, et prends ton pied.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;tour des lacets, cependant, une autre r&#233;alit&#233; pointe le bout de son nez &#8211; la d&#233;forestation. Elle se manifeste par d'immenses terrains d&#233;vast&#233;s, stri&#233;s de souches et de branches, &#224; la terre retourn&#233;e, comme scarifi&#233;e. Des &#171; coupes rases &#187;, en langage forestier. En bord de route, des tas de troncs gigantesques, de plusieurs m&#232;tres de hauteur. Et puisqu'il faut bien les acheminer, des semi-remorques roulent comme des dingues sur les petites routes des environs, suscitant parfois des visions lunaires. Entre Tarnac et Saint-Merd-les-Oussines, sur la minuscule D 109, deux de ces monstres charg&#233;s de grume se font face, immobiles : la route est trop &#233;troite. En d&#233;sespoir de cause, ils klaxonnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a pourrait &#234;tre anodin. Mais ces visions se r&#233;p&#232;tent &#224; intervalles r&#233;guliers, refl&#233;tant l'industrialisation &#224; vitesse grand V de ce territoire compos&#233; de 53 % de for&#234;ts. &#171; &lt;i&gt;La multiplication des coupes rases est le fruit d'une longue &#233;volution, qui s'est acc&#233;l&#233;r&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, explique R&#233;my, qui bosse comme forestier depuis 20 ans et a rejoint l'&#233;quipe d'Ambiance Bois, petite scierie autog&#233;r&#233;e aux antipodes des m&#233;thodes productivistes. &#171; &lt;i&gt;Au d&#233;but du XXe si&#232;cle, le plateau de Millevaches &#233;tait une terre agricole, quasiment sans for&#234;ts. Diverses phases de plantation se sont ensuite encha&#238;n&#233;es : des pins sylvestres dans les ann&#233;es 1920, des &#233;pic&#233;as au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et, surtout, &#233;norm&#233;ment de sapins Douglas dans les ann&#233;es 1970. Ces derniers connaissent une croissance rapide et peuvent &#234;tre abattus plus t&#244;t, au bout de 40 ans. Ce sont eux qui sont massivement coup&#233;s aujourd'hui, sur un mod&#232;le d'exploitation intensive.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Douglas, nouvel or brun ? C'est en tout cas ce que semblent penser les propri&#233;taires de terrains : &#224; l'heure actuelle, l'immense majorit&#233; des arbres ensemenc&#233;s appartiennent &#224; cette esp&#232;ce. Ils sont g&#233;n&#233;ralement plant&#233;s sur le mode de la &#171; futaie r&#233;guli&#232;re monosp&#233;cifique &#187;. Soit des rang&#233;es d'arbres de m&#234;me taille et de m&#234;me essence, adapt&#233;s &#224; une exploitation intensive. Une fois qu'ils sont arriv&#233;s &#224; maturit&#233;, on envoie les abatteuses et les grumiers. Et bim : &lt;i&gt;tabula rasa&lt;/i&gt;. Nombre de ces troncs sont ensuite achemin&#233;s &#224; l'usine de p&#226;te &#224; papier de Saillat, d&#233;tenue par la multinationale International Papers. Une parfaite illustration de l'industrialisation du territoire, dans lequel d&#233;barque d&#233;sormais un nouvel acteur, bien d&#233;cid&#233; &#224; tirer profit de ses richesses foresti&#232;res : la soci&#233;t&#233; Somival et sa fili&#232;re Carbon Ingen'R Bugeat Viam (CIBV), porteuse d'un projet d'usine &#224; pellets torr&#233;fi&#233;s. Tout un po&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Y a rien ici &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me pour les amateurs de vie paisible, la donne est claire : Bugeat, c'est pas la teuf. &#192; peine le panneau d'entr&#233;e de ce petit bourg de Corr&#232;ze pass&#233; que la naphtaline saisit &#224; la gorge le visiteur. Il faut dire que les donn&#233;es de base sont plut&#244;t moroses. Une population vieillissante. Des commerces et classes scolaires qui glissent la cl&#233; sous la porte. Des habitants qui se taillent &#8211; 829 en 2015 contre 926 en 2007. Et une r&#233;putation pas franchement flatteuse dans les environs, les autochtones voisins aimant railler les r&#233;currents ratages locaux en mati&#232;re de d&#233;veloppement. L'installation d'une &#171; gare-bois &#187; cens&#233;e permettre de tirer profit des arbres abattus par la temp&#234;te de 2009 ? Un fiasco retentissant. Le lancement &#224; la m&#234;me &#233;poque d'une usine de retraitement des pneus ? Un plantage en beaut&#233;, avec pollution des sols en option.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Bien s&#251;r que je suis pour l'usine, y a rien d'autre ici&lt;/i&gt; &#187;, ass&#232;ne une habitante, alpagu&#233;e &#224; hauteur de la Brasserie du Gaz, &#233;tablissement peupl&#233; d'hommes aux cheveux gris et chemises &#224; carreaux. Un discours r&#233;current d&#232;s lors qu'est abord&#233;e la question. &#171; &lt;i&gt;T'as vu dans quelle merde on est ?&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;p&#232;tent en substance les interrog&#233;s. Avec ce corollaire : &#171; &lt;i&gt;Pourquoi chercher des poux dans la t&#234;te des seuls &#224; vouloir investir dans le secteur ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le concept de d&#233;part peut sembler viable &#224; premi&#232;re vue, le projet est pourtant tout ce qu'il y a de bancal. En gros, il s'agit de r&#233;cup&#233;rer les &#171; r&#233;manents &#187; subsistant sur les terrains apr&#232;s les coupes rases, soit des souches et des branches. Et de les transformer en granul&#233;s, ces fameux pellets, destin&#233;s &#224; &#234;tre br&#251;l&#233;s pour produire de l'&#233;nergie. Le projet de CIBV a pour particularit&#233; de les torr&#233;fier, ce qui leur permettra d'alimenter les centrales thermiques. Le devenir charbon du bois, en quelque sorte. Une aberration &#233;cologique, surtout, tant l'empreinte carbone d'une telle op&#233;ration est d&#233;sastreuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chiffres ont vari&#233; au gr&#233; des pr&#233;sentations. Mais les porteurs du projet pr&#233;voient d&#233;sormais une production annuelle de 45 000 tonnes de pellets, pour 100 000 tonnes de r&#233;manents utilis&#233;s. Une mati&#232;re premi&#232;re r&#233;colt&#233;e dans un rayon de 80 kilom&#232;tres, territoire consid&#233;rable incluant plusieurs d&#233;partements (Corr&#232;ze, Creuse, Puy-de-D&#244;me, Haute-Vienne) et deux parcs naturels r&#233;gionaux. Les pellets seront ensuite convoy&#233;s en divers lieux &#233;nergivores, parfois tr&#232;s lointains. De quoi intensifier le ballet de semi-remorques, d&#233;j&#224; omnipr&#233;sent. La teuf au gazole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Bugeat et l'autre commune directement concern&#233;e, Viam (minuscule bled, surtout connu pour son lac), toutes deux situ&#233;es &#224; un petit kilom&#232;tre, les retomb&#233;es s'annoncent gratin&#233;es : nuisances sonores et olfactives, tourisme en berne, rivi&#232;re locale d&#233;lest&#233;e de quantit&#233;s d'eau, risques d'incendies, routes d&#233;fonc&#233;es par le trafic routier, etc. &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s avoir tout d&#233;cortiqu&#233;, on se rend compte que les projections sont fantaisistes et les dommages minimis&#233;s&lt;/i&gt;, explique Alain Scharf, l'une des chevilles ouvri&#232;res de l'association Non &#224; la Montagne-Pellets. &lt;i&gt;C'est par exemple le cas pour l'aspect sonore : un dispositif anti-bruit est certes pr&#233;vu, mais les &#233;tudes montrent qu'il sera tr&#232;s insuffisant. Et il en va de m&#234;me pour toutes les autres nuisances li&#233;es au projet. Mais les partisans de l'usine n'en ont cure, ils n'ont qu'un mot &#224; la bouche : les emplois ! C'est presque religieux, comme une incantation obligeant &#224; abandonner tout esprit critique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2464 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-730-87af5.jpg?1768673133' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Lise Lacombe.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le projet est cens&#233; permettre la cr&#233;ation d'une vingtaine d'emplois. Mais il en menace directement d'autres &#8211; on ne donne pas cher du centre hippique situ&#233; &#224; proximit&#233;, ni des activit&#233;s touristiques du lac de Viam. Et sa viabilit&#233; &#224; long terme est plus qu'hypoth&#233;tique, malgr&#233; les importantes subventions annonc&#233;es. Une fois les stocks de souches et de branchages disponibles engloutis, comment les renouveler en quantit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pis : les sp&#233;cialistes de l'exploitation foresti&#232;re pointent les effets catastrophiques de la r&#233;cup&#233;ration des r&#233;manents sur une grande &#233;chelle. &#171; &lt;i&gt;Tr&#232;s pauvres, les sols du plateau ont mis longtemps &#224; se former&lt;/i&gt;, explique Emelyne&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lors d'une intervention &#224; l'occasion d'une r&#233;union publique.&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, adepte de la sylviculture douce au sein de la structure Arbogest. &lt;i&gt;Les traiter de cette mani&#232;re, c'est tirer une balle dans le pied des g&#233;n&#233;rations futures&lt;/i&gt;. &#187; Un avis partag&#233; par Herv&#233; : &#171; &lt;i&gt;Ils parlent de &#8216;&#8216; nettoyer les parcelles '', mais ce sera l'inverse absolu. Leurs immenses machines vont enlever la couche de terre la plus riche en nutriments et st&#233;riliser le sol.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; moyen terme, l'aberration est criante. Une impasse annonc&#233;e qui importe peu au boss de la Somival, un certain Pierre-Henri Gaudriot. Cet ancien vice-pr&#233;sident du conseil g&#233;n&#233;ral de la Creuse arbore un CV remarquablement charg&#233;. Il a notamment &#233;t&#233; poursuivi en 2001 pour &#171; recel de favoritisme &#187; et &#171; prise ill&#233;gale d'int&#233;r&#234;ts &#187;, apr&#232;s avoir &#171; &lt;i&gt;abus&#233; de sa position dominante &#224; propos du march&#233; de l'eau potable en Creuse, o&#249; il se&lt;/i&gt; [trouvait] &lt;i&gt;en situation de quasi-monopole&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extrait de l'article &#171; Un march&#233; de l'eau juteux en Creuse &#187;, mis en ligne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Et il a aussi &#233;t&#233; mis en examen pour abus de biens sociaux en 2005, alors qu'il dirigeait une filiale de Charbonnages de France. Bref, un joli parcours, encore rehauss&#233; par la participation de l'une de ses entreprises aux travaux de forage pour l'enfouissement des d&#233;chets radioactifs &#224; Bure. Oui, le gar&#231;on a tout pour plaire. &#171; &lt;i&gt;C'est un industriel fiable&lt;/i&gt; &#187;, a confirm&#233; le s&#233;nateur de Corr&#232;ze Daniel Chasseing, avan&#231;ant notamment cet argument imparable : &#171; &lt;i&gt;C'est un ami de Monsieur&lt;/i&gt; [G&#233;rard] &lt;i&gt;Longuet.&lt;/i&gt; &#187; Et de s'interroger : &#171; &lt;i&gt;Comment trouver pour cette zone un projet plus magnifique que celui-l&#224; ?&lt;/i&gt; &#187; Bonne question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parc industriel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plateau, on croise un certain nombre de panneaux retouch&#233;s &#224; la bombe. &#171; Parc naturel r&#233;gional de Millevaches en Limousin &#187;, &#233;tait-il &#233;crit &#224; l'origine. Mais des petits malins ont barr&#233; le &#171; naturel &#187; pour lui substituer le plus honn&#234;te &#171; industriel &#187;. &#192; la sortie de la petite commune de Faux-la-Montagne, un autre panneau touristique a &#233;t&#233; modifi&#233;, afin de souligner les bouleversements en cours : &#171; Faux-la-Montagne, ses lacs, ses campings, ses for&#234;ts &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de CIBV a d&#232;s le d&#233;part suscit&#233; des contestations. D&#233;voil&#233; il y a environ un an par la maire de Viam, alors que les pourparlers &#233;taient d&#233;j&#224; fort avanc&#233;s, il a &#233;t&#233; avalis&#233; par la pr&#233;fecture, qui a sign&#233; l'autorisation des travaux le 30 mars dernier. Mais pas de quoi d&#233;courager les opposants, qui essayent de se faire entendre dans une ambiance de plus en plus tendue. Lors de plusieurs r&#233;unions publiques ces derniers mois, les noms d'oiseaux ont vol&#233;, notamment entre habitants &#171; de souche &#187; et personnes s'&#233;tant install&#233;es plus r&#233;cemment. Les premiers seraient plut&#244;t pour le projet, les secondes contre. Catherine et Ren&#233; Scharf font partie de cette deuxi&#232;me cat&#233;gorie. Pour eux, le choc a &#233;t&#233; rude : &#171; &lt;i&gt;On a d&#233;m&#233;nag&#233; ici pour la beaut&#233; de la nature, des for&#234;ts. Et on se retrouve avec un site industriel pr&#233;vu &#224; quelques centaines de m&#232;tres... On a bien s&#251;r protest&#233;, mais les habitants du coin n'ont pas appr&#233;ci&#233; &#8211; l'hostilit&#233; &#233;tait palpable au quotidien.&lt;/i&gt; &#187; R&#233;sultat, le couple vient de d&#233;m&#233;nager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;unions d'information &#233;taient cens&#233;es aplanir les diff&#233;rends. Mais c'est l'effet inverse qui s'est produit : chacun des camps s'est retranch&#233; sur ses positions&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce sujet les trois opus du documentaire r&#233;alis&#233; par T&#233;l&#233; Millevaches, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;L'affaire de Tarnac avait &#233;t&#233; l'occasion de f&#233;d&#233;rer et de rapprocher ceux qui se regardent d'ordinaire en chiens de fa&#239;ence,&lt;/i&gt; explique Herv&#233;. &lt;i&gt;Mais ce projet d'usine n'a pas eu le m&#234;me effet. Pour dire vrai, les gens du coin flippent quand ils lisent des graffitis de type &#8216;&#8216; Tous &#224; la Zad de Bugeat ! ''&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que le sujet clive particuli&#232;rement, entre tenants de l'industrialisation &#224; la papa et contempteurs de l'&#233;conomie de pr&#233;dation capitaliste. Pour Julien, reconverti dans la sylviculture douce apr&#232;s dix ans de photojournalisme sur Paris, le choix est vite fait. &#171; &lt;i&gt;Je m'oppose &#224; cette exploitation intensive, en diversifiant les essences dans les for&#234;ts dont j'ai la charge, en refusant les pesticides, en privil&#233;giant un rapport sensible aux arbres et un abattage s&#233;lectif&lt;/i&gt;. &#187; Passionn&#233;, le quadrag&#233;naire bosse comme un stakhanoviste, mais raconte en rigolant s'&#234;tre fait alpaguer par un partisan du projet le taxant de feignant &#8211; &#171; &lt;i&gt;Ils nous caricaturent en glandeurs d&#233;connect&#233;s des r&#233;alit&#233;s...&lt;/i&gt; &#187; Il &#233;voque aussi cette vid&#233;o o&#249; on le voit parler aux arbres, habitude qu'il assume. Un doux r&#234;veur ? Pas que. &#171; &lt;i&gt; Je ne suis pas le seul &#224; avoir cette approche respectueuse de la for&#234;t, bas&#233;e sur le long terme. Nous sommes de plus en plus nombreux &#224; proc&#233;der ainsi. Et nos clients sont ravis : non seulement leurs for&#234;ts se portent bien, mais elles sont tout aussi rentables.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant l'usine, les mois qui arrivent seront d&#233;terminants. Un recours administratif a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233; par l'association Non &#224; la Montagne-Pellets : le verdict devrait tomber au cours de ce mois de juin. En attendant, les opposants s'organisent&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De mani&#232;re plus large, ils ne sont pas les seuls &#224; tirer la sonnette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Ils ont r&#233;cemment mis en sc&#232;ne une c&#233;r&#233;monie d'enterrement du Parc naturel r&#233;gional (dont le pr&#233;sident a pris parti pour CIBV), avec cercueil noir de rigueur. Et comptent bien multiplier les actions, avec un mot d'ordre particuli&#232;rement aff&#251;t&#233; : &#171; &lt;i&gt;On ne va pas se laisser pellet la gueule !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Excellente brochure r&#233;alis&#233;e par des habitants du plateau. Certains chiffres cit&#233;s dans cet article sont d'ailleurs issus de cette publication, facile &#224; d&#233;gotter sur Internet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lors d'une intervention &#224; l'occasion d'une r&#233;union publique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Extrait de l'article &#171; Un march&#233; de l'eau juteux en Creuse &#187;, mis en ligne sur le site de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; le 24/03/01.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &#224; ce sujet les trois opus du documentaire r&#233;alis&#233; par T&#233;l&#233; Millevaches, &lt;i&gt;Une usine en question.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;De mani&#232;re plus large, ils ne sont pas les seuls &#224; tirer la sonnette d'alarme. Mi-mai, des agents de l'Office national des for&#234;ts d&#233;filaient dans plusieurs villes de France pour d&#233;noncer l'industrialisation des for&#234;ts publiques et leur ravalement au r&#244;le d' &#171; usines &#224; bois &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Zad : l'usage de la farce</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Zad-l-usage-de-la-farce</link>
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		<dc:date>2018-05-25T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Lise Lacombe</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Ce devait &#234;tre la fin de la Zad, son chant du cygne. 2 500 robocops contre quelques centaines de pel&#233;s divis&#233;s &#8212; le combat semblait perdu d'avance. Sauf que non. Au fil des jours, la r&#233;sistance s'est organis&#233;e et les forces vives ont afflu&#233; sur la zone. R&#233;cit subjectif de quelques jours pass&#233;s sur place, entre barricades et popote. Dimanche 15 avril. La nuit tombe sur la Zad apr&#232;s une journ&#233;e de mobilisation tr&#232;s charg&#233;e, parfois violente, souvent joyeuse. Passant devant l'imposante (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no165-mai-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;165 (mai 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lise-Lacombe" rel="tag"&gt;Lise Lacombe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gendarmes" rel="tag"&gt;gendarmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Groupe" rel="tag"&gt;Groupe&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/grenades" rel="tag"&gt;grenades&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lama-Fache" rel="tag"&gt;Lama F&#226;ch&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce devait &#234;tre la fin de la Zad, son chant du cygne. 2 500 robocops contre quelques centaines de pel&#233;s divis&#233;s &#8212; le combat semblait perdu d'avance. Sauf que non. Au fil des jours, la r&#233;sistance s'est organis&#233;e et les forces vives ont afflu&#233; sur la zone. R&#233;cit subjectif de quelques jours pass&#233;s sur place, entre barricades et popote.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2409 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH600/-676-8c256.jpg?1768649624' width='400' height='600' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Lise Lacombe.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 15 avril. La nuit tombe sur la Zad apr&#232;s une journ&#233;e de mobilisation tr&#232;s charg&#233;e, parfois violente, souvent joyeuse. Passant devant l'imposante barricade dite des Lascars, d&#233;truite au matin et reconstruite dans la foul&#233;e, trois camarades de lutte constatent qu'elle n'est pas dot&#233;e de tranch&#233;e anti-blind&#233;s. La seule d&#233;fense v&#233;ritablement efficace quand les forces de l'ordre mettent le paquet. Une pioche fatigu&#233;e tra&#238;ne aux environs ? C'est un signe. Ils se mettent donc au turbin, se refilant l'outil &#224; tour de r&#244;le, ahanant dans la nuit. Projet &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; absurde, tant la t&#226;che semble colossale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques heures plus tard, alert&#233;s par le bouche-&#224;-oreille nocturne, une bonne quinzaine d'opposants les ont rejoints &#224; travers champs, munis de pelles, pioches et b&#226;tons.Tous s'&#233;chinent &#224; la lueur des frontales, s'encourageant de chants ou de blagues, fouaillant joyeusement dans la boue. Malgr&#233; les ampoules et la fatigue, pas une plainte. Union sacr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au petit matin, quand des affrontements &#233;clatent &#224; proximit&#233;, au carrefour de la Saulce, la tranch&#233;e est pr&#234;te : plusieurs m&#232;tres de largeur, un bon m&#232;tre de profondeur. Deux acharn&#233;s s'&#233;chinent toujours pioche &#224; la main, macul&#233;s de boue. &#192; c&#244;t&#233;, quelques quidams tout de noir v&#234;tus se brossent les dents avant d'enfiler leur masque &#224; gaz. &lt;i&gt;Another day in the&lt;/i&gt; &lt;i&gt;bocage.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retour de grenades&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression qui s'est abattue sur la Zad depuis le 9 avril a parfois pris des allures d'impitoyable rouleau compresseur. Voire de guerre en bonne et due forme. Recours immod&#233;r&#233; aux grenades assourdissantes Gli F4, utilisation de blind&#233;s, d'h&#233;licopt&#232;res et de drones de surveillance, gazage tous azimuts, tirs tendus de Flash-Ball, ciblage des journalistes, etc. Un &#233;talage de force impressionnant, sinon flippant. Pr&#232;s des zones de tension, un cri retentit &#224; intervalles r&#233;guliers : &#171; &lt;i&gt;M&#233;diiiic !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chiffres sont connus : plus de 2 500 gendarmes d&#233;ploy&#233;s, des milliers de grenades balanc&#233;es&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire notamment &#171; ZAD, 4 000 grenades tir&#233;es &#187;, tr&#232;s bon article publi&#233; sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, pr&#232;s de trois cents bless&#233;s plus ou moins graves dans les rangs zadistes, quatre gendarmes auto-mutil&#233;s par leur propre connerie armement, etc. Sinistre &#233;num&#233;ration, tant bien que mal camoufl&#233;e par les responsables. Au milieu des crat&#232;res d'explosion, environn&#233;s de bless&#233;s livides, face aux blind&#233;s et aux sommations balanc&#233;es d'une voix m&#233;tallique au m&#233;gaphone &#8211; &#171; &lt;i&gt;Dernier avertissement, nous allons faire usage de la force&lt;/i&gt; &#187; &#8211;, les d&#233;clarations faites la veille par Nicolas Hulot, ministre de la Transition &#233;nerg&#233;tique, prennent une dimension irr&#233;elle. &#171; &lt;i&gt;Rien ne justifie la moindre blessure.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Les gendarmes ont proc&#233;d&#233; &#224; l'expulsion avec, j'ose le croire, le plus de pr&#233;cautions possibles.&lt;/i&gt; &#187; t'as qu'&#224; croire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les gendarmes sont bien l&#224; pour faire mal, sans pr&#233;cautions. Pour briser les cr&#226;nes, lac&#233;rer les jambes, perforer les tympans, cribler les corps. Bref : traumatiser. &#171; &lt;i&gt;Je n'ai jamais vu &#231;a, les keufs sont en roue libre...&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne un membre de l'&#233;quipe m&#233;dicale, occup&#233; &#224; panser les blessures aux bras d'un quadrag&#233;naire bedonnant. Ne sont pas vis&#233;s uniquement les &#171; &lt;i&gt;combattants de premi&#232;re ligne&lt;/i&gt; &#187;, mais &#233;galement toutes les personnes pr&#233;sentes aux alentours, qu'elles semblent pacifiques ou non. Jusqu'&#224; choquer deux journalistes de TF1, repartant blancs comme des linges apr&#232;s avoir assist&#233; &#224; de tr&#232;s violents affrontements : &#171; &lt;i&gt;Putain, mais c'est la guerre, en fait !&lt;/i&gt; &#187; Que m&#234;me les envoy&#233;s du groupe Bouygues s'indignent de la r&#233;pression souligne combien celle-ci ne prend pas de pincettes. &#171; &lt;i&gt;Es la guerra, de verdad&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; C'est la guerre, en v&#233;rit&#233;. &#187;&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, confirme un groupe d'Espagnols choqu&#233;s, l'un exhibant sa jambe cribl&#233;e d'&#233;clats de grenade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;voyants, les opposants se sont organis&#233;s en cons&#233;quence. Masques &#224; gaz, raquettes de tennis pour renvoyer les projectiles, clubs de golf, cagettes de pierres, fus&#233;es diverses, cocktails Molotov, boucliers improvis&#233;s (voire piqu&#233;s aux gendarmes), etc. Certains rigolent en &#233;voquant le recours aux diaboliques &#171; Popo Molotov &#187;, bombes &#224; la merde &#224; l'effet psychologique redoutable. Mais pas autant que la plus puissante des armes zadistes, capable de retourner des bocages : la d&#233;termination enthousiaste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux abords des barricades, l'humour r&#232;gne ainsi en force, comme pour conjurer les coups. &#171; &lt;i&gt;Derni&#232;re sommation, nous allons faire usage de la farce&lt;/i&gt; &#187;, s'&#233;poumonent les mutins en r&#233;ponse aux avertissements gendarmesques. Et quand un projectile se r&#233;v&#232;le d&#233;fectueux, les lazzis pleuvent illico : &#171; &lt;i&gt;Elle a pas fait boum !&lt;/i&gt; &#187; Pour peu qu'une grenade explose &#224; proximit&#233; d'un coin thermos, les protestations prennent un ton bravache : &#171; &lt;i&gt;&#199;a nique le petit-d&#233;j' des gens et &#231;a s'&#233;tonne qu'ils soient v&#233;n&#232;res !&lt;/i&gt; &#187; Rayon boissons chaudes encore, il y a ce petit homme &#233;trange coiff&#233; d'un &#233;l&#233;gant chapeau, qui passe de groupe en groupe avec sa th&#233;i&#232;re improvis&#233;e et son Butagaz. Entre deux explosions, il demande poliment : &#171; &lt;i&gt;Tu veux combien de sucres ?&lt;/i&gt; &#187; Du th&#233; pour arme ? L'id&#233;e se tient. &#171; &lt;i&gt;Je ne sais pas me battre, alors je me suis rabattu sur &#231;a&lt;/i&gt; &#187;, confie-t- il, comme une &#233;vidence. Lors de la manif nantaise du 14 avril, un petit groupe op&#232;re dans le m&#234;me esprit, distribuant des cr&#234;pes &#224; la confiture (maison) au milieu des nuages de lacrymo. Son mantra : &#171; &lt;i&gt;Des cr&#234;pes pour le front !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cri de ralliement bocagier, le hurlement du loup : &#171; &lt;i&gt;Ahoooouuuu !&lt;/i&gt; &#187; Il jaillit en ch&#339;ur quand une phase offensive est enclench&#233;e, repris par les joyeux drilles &#233;parpill&#233;s dans les bois environnants. La meute hurle &#224; la lutte &#8211; de quoi redonner courage dans la tourmente. Et m&#234;me &#224; ceux qui n'en manquent pas. &#192; l'image de cette dizaine de pr&#233;pos&#233;s aux boucliers du premier rang de la barricade de Lama F&#226;ch&#233;, qui endurent une pluie continue de lacrymos et de grenades assourdissantes sans reculer d'un pouce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on s'&#233;loigne des &#233;chauffour&#233;es, ce sont les inscriptions appos&#233;es &#224; chaque d&#233;tour de chemin qui sautent aux yeux rougis. Ici, un mignon &#171; Ci-g&#238;t Valls &#187;, appos&#233; sur une sorte de tombe orn&#233;e d'une croix fun&#233;raire. L&#224;, un conseil m&#233;dical en forme d'ordonnance politique : &#171; Colomb irritable ? Changez de r&#233;gime &#187;. Un peu plus loin, la lutte affiche sa sant&#233; : &#171; Tirez-moi dessus, j'ai la CMU &#187;. Et aux abords d'une barricade, enfin, cette inscription &#224; l'intention des responsables du d&#233;sastre : &#171; Vous vous attendiez &#224; quoi ? &#187; Bonne question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Les Cabanes repoussent d&#233;ter' &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la force des choses, l'insurrection du bocage d&#233;gage parfois une tonalit&#233; tr&#232;s martiale, n&#233;cessaire mais usante (d'autant qu'elle est l'unique aspect trait&#233; par les m&#233;dias, versant pr&#233;fecture). Reste que le combat men&#233; flancherait vite sans une organisation mitonn&#233;e aux petits oignons. Et nul besoin d'&#234;tre va-t-en-guerre pour y trouver sa place. &#192; la Wardine, l'un des lieux de vie embl&#233;matiques de la Zad, les volontaires turbinent sans rel&#226;che. Dans un hangar orn&#233; du slogan &#171; Vivre libre et nourrir &#187;, ils pr&#233;parent les repas collectifs, entre pyramides d'oignon &#224; d&#233;pecer et montagnes de semoule. Un b&#226;timent voisin accueille l'&#233;quipe m&#233;dicale le jour et des dizaines de ronfleurs le soir. Et juste &#224; c&#244;t&#233;, un &lt;i&gt;free shop&lt;/i&gt; permet &#224; l'apprenti barricadiste de s'&#233;quiper pour une journ&#233;e sportive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me topo aux Fosses Noires ou &#224; la ferme de Bellevue, dont les habitants ne se laissent pas d&#233;border par l'afflux d'opposants. Repas, v&#234;tements, m&#233;dicaments, sacs de couchage, tout s'&#233;change simplement. En lieu et place des rapports marchands, un esprit collectif fait de fraternit&#233; et de d&#233;termination. Qui se trouve joliment r&#233;sum&#233; par une inscription appos&#233;e sur un mur nantais : &#171; Les cabanes repoussent d&#233;ter' &#187;. Les mots ont un sens. L'impressionnante charpente transport&#233;e &#224; travers pr&#233;s dimanche 15 avril, puis saccag&#233;e par les bleus, en valait parfait symbole. Vous d&#233;truisez ? On reconstruit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'arri&#232;re aussi, l'organisation est millim&#233;tr&#233;e. Dans le grand local nantais B17, lieu militant fond&#233; dans les ann&#233;es 1980 autour d'un garage participatif, on donne &#224; l'arrivant toutes les informations indispensables &#224; son d&#233;part pour la zone. Des piles de m&#233;dicaments, de chaussettes ou de tablettes de chocolat sont entass&#233;es dans un coin, en attente d'un convoi. La petite salle qui sert de QG est occup&#233;e par quelques personnes viss&#233;es &#224; leur t&#233;l&#233;phone, collectant les emplacements des contr&#244;les de gendarmes et les mouvements de gardes mobiles. Au mur, une carte actualis&#233;e en temps r&#233;el, stri&#233;e de punaises color&#233;es indiquant les barricades, les barrages, les lieux o&#249; &#231;a castagne, etc.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2408 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-675-00746.jpg?1768700621' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Lise Lacombe.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avec Radio Klaxon, qui assure en direct le relais des derni&#232;res nouvelles, l'information circule rapidement, permettant de d&#233;jouer les contr&#244;les et les tentatives de blocage. &#171; &lt;i&gt;The revolution will not be televised&lt;/i&gt; &#187;, chantait Gil Scott-Heron. Il n'avait pas tort : tout se joue sur les ondes et les r&#233;seaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vigie &amp; Pirates&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'aube, le caf&#233; r&#232;gne en ma&#238;tre. Des &#233;quipes se pr&#233;parent pour aller relever ceux qui ont pass&#233; la nuit de garde sur les barricades. &#199;a ronchonne un chou&#239;a en s'&#233;tirant : cernes partout, courbatures aussi. Peu importe, l'humeur reste globalement joyeuse. Quelques pr&#233;cieuses clopes partag&#233;es, puis la petite troupe empaquette des provisions, pr&#233;pare des Thermos et communique par talkie-walkie. Avant de se mettre en route pour une barricade situ&#233;e &#224; quelques encablures de Lama F&#226;ch&#233;. Au long du chemin s'affichent les restes de combat de la veille, grenades et capsules lacrymo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233;e sur place avant le lever du soleil, la rel&#232;ve est salu&#233;e. &#201;change d'infos, puis les nouveaux s'installent pour leur mission vigie. La manifestation nantaise de l'apr&#232;s-midi est le sujet de discussion principal. Beaucoup ne se sentent pas d'abandonner leur poste pour un cort&#232;ge urbain en ville et sur-fliqu&#233;. &#171; &lt;i&gt;Franchement, je n'ai plus du tout envie d'aller faire le k&#233;k&#233; avec les flics dans les manifs urbaines&lt;/i&gt;, r&#233;sume Camille. &lt;i&gt;&#199;a se passe &#224; chaque fois de la m&#234;me fa&#231;on : ils nous nassent et nous manipulent. Ici, ils ne peuvent pas faire de m&#234;me. C'est notre terrain &#8211; pas moyen de nous balader. Et puis, on d&#233;fend quelque chose de concret, un territoire magique. &#199;a donne du c&#339;ur &#224; l'ouvrage.&lt;/i&gt; &#187; La suite lui donnera raison : quelques heures plus tard, la gent polici&#232;re transforme le joyeux cort&#232;ge offensif en course &#233;perdue sous les nuages de lacrymos (heureusement suivie de quelques manif' sauvages).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu sous cet angle, il y a loin des rues de Nantes &#224; Notre-Dame-des-Landes. En ce mois d'avril, la Zad se trouve comme travers&#233;e par un souffle. Une impression de renouveau, qui se donne &#224; lire dans les combats acharn&#233;s comme dans les petits d&#233;tails du quotidien. Alors que l'ambiance &#233;tait plut&#244;t morose au d&#233;but de l'intervention gendarmesque, l'encha&#238;nement d'&#233;pisodes r&#233;pressifs, dont l'expulsion de la ferme des 100-Noms&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dont les occupants appartenaient &#224; la frange la plus &#171; citoyenniste &#187; de la ZAD.&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; le 9 avril et l'attaque du pique-nique de soutien deux jours plus tard, a renvers&#233; la donne. Soud&#233; les pr&#233;sents. Et suscit&#233; l'arriv&#233;e massive de bellig&#233;rants en renfort. Une strat&#233;gie si contre-productive qu'elle interroge. Ceux qui nous gouvernent sont-ils idiots &#224; ce point ? &#192; moins que l'efficacit&#233; du maintien de l'ordre &#224; la fran&#231;aise ne soit surestim&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Historique de la lutte, pas vraiment &#233;meuti&#232;re, Marylis explique que sa pr&#233;sence sur place tient grandement &#224; la violence des interventions : &#171; &lt;i&gt;Je ne serais pas venue s'ils n'avaient pas attaqu&#233; les 100-Noms. Ils auraient pu jouer la carte de la division, une tactique qui aurait pu &#234;tre efficace. Alors que l&#224;, ils ont r&#233;ussi &#224; ressouder tout le monde.&lt;/i&gt; &#187; Elle n'a pas tort : les hommes de pouvoir ont agi en busards d'&#233;lite. Et m&#234;me &lt;i&gt;Ouest France&lt;/i&gt;, quotidien le plus lu de France, partage son point de vue. Le journal, qui n'a pourtant rien d'un nid de gauchos, parle carr&#233;ment de &#171; &lt;i&gt;fiasco&lt;/i&gt; &#187;. Et constate : &#171; &lt;i&gt;La situation ne s'est non seulement pas arrang&#233;e d'un iota. Mais, au contraire, s'est aggrav&#233;e...&lt;/i&gt; &#187; On dit merci qui ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire notamment &#171; ZAD, 4 000 grenades tir&#233;es &#187;, tr&#232;s bon article publi&#233; sur le site Lundi Matin le 16 avril.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; C'est la guerre, en v&#233;rit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dont les occupants appartenaient &#224; la frange la plus &#171; citoyenniste &#187; de la ZAD.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mais ils sont o&#249;, les fain&#233;ants ?</title>
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		<dc:creator>Jean-Baptiste Bernard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Ils animent un lieu collectif. Font vivre des m&#233;dias libres. Mettent la main &#224; la p&#226;te militante. Et vivent, ou survivent, gr&#226;ce aux minima sociaux ou aux Assedics. Proches de CQFD ou participant au journal, ils appartiennent de fait &#224; cette frange contestataire &#224; laquelle pensait Macron en fustigeant les &#171; fain&#233;ants et extr&#234;mes &#187;. Des fain&#233;ants, eux ? Tout le contraire, bordel. Impossible &#224; quantifier. Mais une certitude : dans la sph&#232;re militante et radicale (et aussi chez les personnes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no159-novembre-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;159 (novembre 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lise-Lacombe" rel="tag"&gt;Lise Lacombe&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ils animent un lieu collectif. Font vivre des m&#233;dias libres. Mettent la main &#224; la p&#226;te militante. Et vivent, ou survivent, gr&#226;ce aux minima sociaux ou aux Assedics. Proches de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; ou participant au journal, ils appartiennent de fait &#224; cette frange contestataire &#224; laquelle pensait Macron en fustigeant les &#171; &lt;i&gt;fain&#233;ants et extr&#234;mes&lt;/i&gt; &#187;. Des fain&#233;ants, eux ? Tout le contraire, bordel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Impossible &#224; quantifier. Mais une certitude : dans la sph&#232;re militante et radicale (et aussi chez les personnes gravitant autour du journal que vous tenez entre les mains), nombreux sont ceux qui se reposent, plus ou moins occasionnellement, sur les minima sociaux ou les Assedics. Mais pas pour glander. Au contraire, les maigres subsides de l'&#201;tat leur permettent de bosser dur de fa&#231;on d&#233;sint&#233;ress&#233;e. De se battre pour ce &#224; quoi ils croient, sans trop se soucier des contingences mat&#233;rielles. De travailler &#224; &#233;tablir du commun. Et de commencer &#224; construire ce qui les anime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficile de s'investir &#224; plein dans ce milieu, celui des squats et des lieux libertaires, de l'&#233;dition critique et de la presse pas pareille, en exer&#231;ant un taf classique. Question d'emploi du temps &#8211; si ce n'est de coh&#233;rence. Il faut donc se d&#233;brouiller, jongler avec les versements de la Caf, la d&#233;brouille (squat, vol, r&#233;cup'), les occasionnels boulots au black, les &#233;ph&#233;m&#232;res p&#233;riodes salari&#233;es. En somme, toujours penser &#224; l'argent, alors m&#234;me que l'ambition originelle &#233;tait de combattre son emprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Macronie, l'utilit&#233; d'un &#234;tre humain se r&#233;duit &#224; ce qu'il produit d'&#233;conomiquement quantifiable. Ceux qui ne veulent s'y r&#233;duire, qui passent des mois &#224; r&#233;diger des ouvrages critiques plus ou moins confidentiels, qui consacrent leurs journ&#233;es &#224; animer des collectifs de lutte, qui font vivre des lieux o&#249; r&#232;gnent le prix libre et les belles id&#233;es, ceux-l&#224; sont cens&#233;ment des fain&#233;ants. Ce scandale.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1987 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-275-6c6d1.jpg?1768652626' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Lise Lacombe.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Choix de vie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Moi, fain&#233;ante ? Trop pas ! En vrai, je carbure &#224; donf, je me l&#232;ve t&#244;t chaque matin et je n'arr&#234;te pas !&lt;/i&gt; &#187; Et c'est vrai qu'elle fait plein de choses, Lise, trentenaire &#224; couettes qui vit au fond de l'Ari&#232;ge. Passionn&#233;e de photo, elle participe aussi &#224; un lieu collectif, un hangar squatt&#233; dans l'Aude. R&#233;alise la maquette d'un journal de contre-information locale dans le Sud-Ouest. &#201;tudie les plantes m&#233;dicinales. Et travaille &#224; la r&#233;alisation d'un alambic ambulant avec lequel elle aidera les gens &#224; produire leur alcool. Tout &#231;a b&#233;n&#233;volement. Et pour vivre ? 545 &#8364; de RSA, 120 &#8364; d'APL et la d&#233;brouille. &#171; &lt;i&gt;Je touche le RSA depuis 2011. Mais depuis peu, c'est compliqu&#233; : on m'a impos&#233; des Contrats d'engagement r&#233;ciproque. Si je ne satisfais pas &#224; certaines conditions de recherche d'emploi, je perds le RSA.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lise le sait, elle finira par perdre le RSA. Elle raconte d'ailleurs qu'un de ses amis allocataires a sympathis&#233; &#8211; &#231;a arrive &#8211; avec sa contr&#244;leuse. Celle-ci lui a expliqu&#233; qu'elle devait classer les b&#233;n&#233;ficiaires en trois cat&#233;gories : ceux qui veulent bosser, orient&#233;s vers P&#244;le emploi ; ceux jug&#233;s inadapt&#233;s au travail, renvoy&#233;s vers une assistante sociale ; et ceux qui ont fait du RSA un choix de vie. Ce sont surtout ces derniers qui se retrouvent dans le viseur. Pan !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ni temps ni argent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois, lui, n'a jamais touch&#233; le RSA. Mais il a par contre encha&#238;n&#233; contrats aid&#233;s et p&#233;riodes de ch&#244;mage au long de huit ann&#233;es pass&#233;es dans le local de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. Il &#233;tait l'homme-orchestre du journal &#8211; on dit secr&#233;taire de r&#233;daction. Un boulot prenant. Et chichement pay&#233;, voire pas du tout selon les p&#233;riodes. Quand il a commenc&#233;, Fran&#231;ois avait devant lui deux ans d'Assedics : il les a consacr&#233;s &#224; la cause. Une fois ces droits &#233;puis&#233;s, le journal lui a sign&#233; un contrat aid&#233; pour deux nouvelles ann&#233;es &#8211; 750 &#8364; par mois. De quoi ouvrir ensuite de nouveaux droits au ch&#244;mage (600 &#8364; mensuels sur deux ans). Pour finir, encore deux ans de contrat aid&#233;. Autant dire : huit ans de bric et de broc, &#224; vivre de peu et bosser dur. &#171; &lt;i&gt;Comment je m'en tirais ? Ma femme &#233;tait m&#233;decin, elle prenait en charge ce que je ne pouvais assurer. De mon c&#244;t&#233;, je m'occupais des enfants, je pensais que &#231;a &#233;quilibrait. Ce n'&#233;tait pas tout &#224; fait le cas, &#231;a a particip&#233; &#224; notre rupture.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas question de faire pleurer dans les chaumi&#232;res. Aujourd'hui, Fran&#231;ois a mis la p&#233;dale douce sur son investissement &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; et pris un emploi classique. &#199;a a chang&#233; sa vie : &#171; &lt;i&gt;Je travaille beaucoup moins d&#233;sormais &#8211; je n'ai jamais autant boss&#233; que quand je touchais le ch&#244;mage pour mitonner le canard. Je me suis mis &#224; profiter de la vie, &#224; sortir : j'en avais enfin le temps et (un peu) les moyens. Et je me suis rendu compte que j'ai pass&#233; huit ans &#224; ne penser qu'au journal.&lt;/i&gt; &#187; Et Fran&#231;ois d'en rajouter une couche : &#171; &lt;i&gt;On disait que CQFD est un journal de ch&#244;meurs. Mais c'est faux, un ch&#244;meur a parfois du temps devant lui. Nous, on n'a ni temps ni argent.&lt;/i&gt; &#187; Il faudrait faire passer le mot &#224; Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement qui a os&#233; cette saillie : &#171; &lt;i&gt; La libert&#233;, c'est pas de b&#233;n&#233;ficier des allocations ch&#244;mage pour partir deux ans en vacances.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu&#234;te de sens&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour remplacer Fran&#231;ois, il y a eu Momo. Lui sortait d'un taf en restauration qui lui assurait deux ans de ch&#244;mage, un peu moins de 1 000 &#8364; mensuels, qu'il a aussi consacr&#233;s au Chien rouge. &#171; &lt;i&gt;&#192; la cause&lt;/i&gt; &#187;, il rigole. Un choix heureux : &#171; &lt;i&gt;Je me suis vraiment accompli. Faire quelque chose qui a du sens, &#231;a nourrit &#8211; qu'il s'agisse d'&#233;lever des enfants, de cultiver un jardin ou de r&#233;aliser un journal.&lt;/i&gt; &#187;. Et en m&#234;me temps, un sacerdoce. &#171; &lt;i&gt;Ce taf t'occupe sans r&#233;pit. J'ai la chance d'avoir une compagne qui conna&#238;t ce monde-l&#224;, mais m&#234;me elle avait parfois du mal &#224; comprendre que je passe autant de temps au journal sans r&#233;tribution.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s deux ans, Momo aussi est reparti vers le salariat : des horaires fixes, une paye potable, une vie plus calme. Pour un temps : &#171; &lt;i&gt;Je vais juste recharger mes droits au ch&#244;mage, puis je partirai. Et je m'investirai &#224; nouveau dans un projet sans argent mais qui me botte.&lt;/i&gt; &#187; &#192; qui tenterait de lui faire la morale, voire de le traiter de fain&#233;ant, Momo a une r&#233;ponse tout pr&#234;te. Il hausse les &#233;paules : &#171; &lt;i&gt;Je ne me sens pas concern&#233;. Cette insulte d&#233;place le curseur sur la question de la production &#233;conomique : qui ne travaille pas au sens classique du terme n'existe pas. En ce qui me concerne, je constate que le ch&#244;mage n'est plus l'envers de l'emploi. Au contraire, il fait partie int&#233;grante du syst&#232;me de travail.&lt;/i&gt; &#187; Sans doute plus pour longtemps, tant l'air du temps est &#224; la chasse aux suppos&#233;s profiteurs. Le 17 octobre, le pr&#233;sident du Medef a convoqu&#233; une conf&#233;rence de presse pour r&#233;clamer un &#171; &lt;i&gt; contr&#244;le journalier ou hebdomadaire&lt;/i&gt; &#187; des demandeurs d'emploi. Et Gattaz de justifier : &#171; &lt;i&gt; Il ne faut pas&lt;/i&gt; [que le syst&#232;me] &lt;i&gt;donne un confort fictif qui entra&#238;ne encore plus de difficult&#233;s quand il prend fin.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Boulot quelconque &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soutiers de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; sont un exemple parmi d'autres. C'est en fait tout un secteur, celui de l'&#233;dition critique, qui repose en partie sur les minima sociaux et l'assurance ch&#244;mage : pas mal d'auteurs publi&#233;s en d&#233;pendent. Difficile de faire autrement, tant les &#224;-valoir vers&#233;s par les petites maisons d'&#233;dition s'av&#232;rent insuffisants pour rembourser les mois voire les ann&#233;es pass&#233;s &#224; r&#233;diger un ouvrage pointu. En g&#233;n&#233;ral, les auteurs touchent entre 1 000 et 6 000 &#8364;. Pour Jacques&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233;, comme celui du t&#233;moignage suivant.&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, c'&#233;tait entre les deux : &#171; &lt;i&gt;Avec un copain, on a boss&#233; pendant plus d'un an sur un bouquin d'enqu&#234;te sociale, on a touch&#233; 3 000 &#8364; chacun. Trop peu au regard du temps pass&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Depuis trois ans, Jacques est au RSA &#8211; parfois, il d&#233;croche une pige qui lui permet d'am&#233;liorer l'ordinaire. Globalement, il tire le diable par la queue. Et s'en sort gr&#226;ce au soutien familial. &#171; &lt;i&gt;Je vis &#224; Paris, je te laisse imaginer la gal&#232;re&#8230; Je n'ai jamais de pognon, je ne sors plus. Je reste chez moi, j'&#233;cris, je joue de la musique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juliette, elle, n'est pas encore abattue &#8211; elle est plus jeune, la trentaine. Tr&#232;s investie dans une revue de critique sociale, elle s'est aussi lanc&#233;e dans une traduction de bouquin, un long boulot bient&#244;t termin&#233;. Tarif : 6 000 &#8364; , en trois versements &#233;tal&#233;s sur plus d'un an et demi. &#171; &lt;i&gt;Le RSA fait compl&#233;ment, c'est mon r&#233;gime des intermittents &#224; moi. Au final, je m'en sors avec un salaire juste d&#233;cent, alors que je bosse dur. Rageant.&lt;/i&gt; &#187; &#192; tel point qu'elle songe &#224; un emploi alimentaire. &#171; &lt;i&gt;Je r&#234;ve de ne plus avoir &#224; compter mes sous en permanence. Et j'ai besoin de me reposer apr&#232;s cette p&#233;riode de non-salariat tr&#232;s active : un taf quelconque sera parfait.&lt;/i&gt; &#187; Prendre un boulot pour travailler moins &#8211; un comble.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233;, comme celui du t&#233;moignage suivant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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