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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Bernard Aspe : temps et libert&#233; de la politique</title>
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		<dc:creator>K&#233;vin Eybert</dc:creator>


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&lt;p&gt;On avait envie de rencontrer Bernard Aspe pour qu'il nous parle des mots et des gestes de la politique en cette p&#233;riode trouble. Le temps pressant, nous n'avons pu le croiser, alors voici une petite introduction &#224; quelques clefs de sa pens&#233;e. Marseille, boulevard Saint-Just, le 19 avril 2017, 20 h. Les lacrymog&#232;nes de Proust lanc&#233;es par la police nous ram&#232;nent au printemps dernier. Nous scandions alors le refus de la loi Travail et surtout de son monde. Pour le moment, nous sommes en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no154-mai-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;154 (mai 2017)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On avait envie de rencontrer Bernard Aspe pour qu'il nous parle des mots et des gestes de la politique en cette p&#233;riode trouble. Le temps pressant, nous n'avons pu le croiser, alors voici une petite introduction &#224; quelques clefs de sa pens&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3224 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH340/-1441-d63bb.jpg?1782823007' width='500' height='340' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;M&lt;/span&gt;arseille, boulevard Saint-Just, le 19 avril 2017, 20 h. Les lacrymog&#232;nes de Proust lanc&#233;es par la police nous ram&#232;nent au printemps dernier. Nous scandions alors le refus de la loi Travail et surtout de son monde. Pour le moment, nous sommes en direction du D&#244;me pour rappeler &#224; Marine Le Pen qu'elle est en premi&#232;re ligne de ce monde que nous abhorrons. Elle n'est pas la seule, loin de l&#224;. Nous faire repr&#233;senter ? Non merci : la d&#233;mocratie et la politique se font ici et maintenant, pas dans un isoloir. Ce 19 avril, nous retrouvons donc ce que nous avions laiss&#233; en suspens, traces de pas dans le sable du capital : le temps de la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bernard Aspe r&#233;fl&#233;chit &lt;/strong&gt;et &#233;crit depuis longtemps sur ces questions, seul ou en bonne compagnie. Selon lui&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bernard Aspe, L'instant d'apr&#232;s, La Fabrique, 2006.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, la d&#233;mocratie, davantage qu'un r&#233;gime politique, est une culture dans laquelle baignent nos pays &#171; &lt;i&gt;occident&#233;s &#187;&lt;/i&gt;. Elle se caract&#233;rise par l'impossibilit&#233; de contourner la forme du consensus : quand il s'agit de politique, il faut qu'on tombe d'accord d'une mani&#232;re ou d'une autre. D&#232;s lors ne peut &#234;tre entendue la division que fait appara&#238;tre tout acte politique, &#224; savoir le conflit entre celles et ceux qui portent un acte d'interruption d'un processus social et celles et ceux &#224; qui il s'adresse, voire s'impose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Selon Bernard Aspe, &lt;/strong&gt;la d&#233;mocratie implique &#233;galement un rapport particulier &#224; la libert&#233;, puisque celle-ci s'entend comme &#171; &lt;i&gt;libre choix de chacun pour ce qui concerne tous les aspects de son existence &#187;&lt;/i&gt;. Cette libert&#233;, c'est celle qu'exalte le capitalisme contemporain et ses relais quotidiens, celle du temps pointilliste&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Imaginez-vous entour&#233;&#183;e d'une nu&#233;e de points. Chacun d'entre eux rec&#232;le une promesse : celle de vous procurer la pleine r&#233;alisation de votre vie. Mais il y a un pi&#232;ge : d&#232;s que vous explorez l'une de ces possibilit&#233;s offertes par le capital (contre monnaie sonnante et tr&#233;buchante), c'est toutes les autres que vous d&#233;laissez. Car il est justement essentiel que cette promesse de plein accomplissement soit &#224; chaque fois d&#233;&#231;ue : &#171; &lt;i&gt;Dans son rapport &#224; l'occasion nouvelle qui s'ouvre &#224; lui, le sujet de l'&#233;conomie doit &#224; la fois &#234;tre engag&#233; comme pour la pleine r&#233;alisation de lui-m&#234;me et conserver une sorte de r&#233;serve qui pr&#233;pare la d&#233;ception. Car ce qui est avant tout protecteur dans le temps pointilliste, c'est la multiplicit&#233; des occasions qui peuvent s'ouvrir. Le sujet de l'&#233;conomie souhaite avant tout avoir &#224; port&#233;e de main une r&#233;serve de subjectivit&#233;s disponibles qu'il n'a pas encore essay&#233;es. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons l'exemple d'un engagement associatif, que je me donnerais enfin la possibilit&#233; de r&#233;aliser. Personne ne peut me garantir que tout ce temps pass&#233; &#224; m'engager, &#224; rencontrer des personnes, &#224; les aider, sera celui o&#249; je me r&#233;alise le mieux. Que ces instants ne seront pas mieux utilis&#233;s ailleurs. Dans un tour du monde, par exemple, ou dans une histoire amoureuse que j'investirais vraiment. C'est pour cela que je dois me tenir aux aguets, guetter la baisse d'intensit&#233; dans le pr&#233;sent et les signes d'opportunit&#233;s de r&#233;alisation ailleurs. Toujours garder un pied dedans, un pied dehors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour Bernard Aspe, &lt;/strong&gt;la conqu&#234;te de la libert&#233; et du temps par le capital est ce que la politique doit affronter. Pour ce faire, assumer la division, le conflit mais aussi vivre d&#232;s aujourd'hui une autre libert&#233; en commun, un autre temps partag&#233;. Ce geste, celui d'assumer le fait qu'il ne faut pas remettre &#224; plus tard ce qui est vis&#233; dans la politique, c'est la condition du renversement du temps capitaliste : &#171; &lt;i&gt;La communisation r&#233;elle n'est pas un horizon, ou ce qui devrait suivre une r&#233;volution r&#233;ussie, mais ce qui, d'avoir lieu au pr&#233;sent, ouvre la possibilit&#233; d'une reprise de ce qui dans le pass&#233; est demeur&#233; inaccompli&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'instant d'apr&#232;s, op. cit., p. 98.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. &#187; En effet, le temps pointilliste du capital renvoie &#224; un temps bouch&#233;, &#224; un pr&#233;sent coinc&#233; dans un pass&#233; n&#233;vrotique, lequel se r&#233;p&#232;te encore et encore et annihile tout futur en projetant des attentes imaginaires immanquablement d&#233;&#231;ues. Pi&#233;g&#233;s dans ce pr&#233;sent, les sujets de l'&#233;conomie, bien conscient-e-s pourtant de l'&#233;tat du monde et du pr&#233;cipice vers lequel nous courons, n'ont &#171; pas le temps &#187; de s'occuper de politique. Ils s'y frottent &#233;ventuellement &#171; en plus &#187;, quand le cours de la vie le permet. Pourtant, il est n&#233;cessaire que &#171; je n'ai pas le temps &#187; devienne &#171; le temps presse &#187;. Il s'agit d&#232;s lors de penser la mani&#232;re dont il serait possible d'inverser la fl&#232;che du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais pour ce faire, &lt;/strong&gt;il faut toucher du doigt une autre libert&#233; et partir d'elle. C'est celle que d&#233;signe Ren&#233; Char quand il &#233;voque la n&#233;cessit&#233; d'&#171; &lt;i&gt;agrandir le sang des gestes &#187;&lt;/i&gt;. Dans les mots de Bernard Aspe, cette libert&#233; se nomme &lt;i&gt;transindividualit&#233;&lt;/i&gt; et d&#233;signe cette part de notre &#234;tre qui ne nous est pas propre, sur laquelle nous n'avons pas prise et qui pourtant est l&#224;, en devenir. C'est quand cette part de notre &#234;tre rencontre celle d'autres &#234;tres, souvent par hasard, que se produit une transformation commune. Mani&#232;re soudainement diff&#233;rente de ressentir et de percevoir une situation, fa&#231;on de penser in&#233;dite, automatismes communs d'actions et de r&#233;actions, usage de tournures de phrases, de mots, d'expressions nouvelles et emprunt&#233;es sans le vouloir aux autres &#234;tres : &#171; &lt;i&gt;L'exp&#233;rience de la transindividualit&#233; peut &#234;tre comprise comme ce qui conduit l'individu &#224; &#233;tendre ses propres limites. S'il est vrai&lt;/i&gt;, comme le dit Kierkegaard, &lt;i&gt;que &#8220;la libert&#233; est ce qui &#233;largit&#8221;, alors l'individuation collective peut &#234;tre vue comme l'exp&#233;rience concr&#232;te, physique, de la libert&#233; &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bernard Aspe, &#171; (In) consistance du collectif : le d&#233;moniaque, probablement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;... Mettre au service de la valeur &#233;conomique cette transindividualit&#233; qui nous fait devenir autre dans le m&#234;me temps qu'elle ouvre &#224; un partage singulier au sein du collectif : les &#233;motions deviennent perceptions et les perceptions deviennent des &#233;motions&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La pens&#233;e de Bernard Aspe est grandement inspir&#233;e de penseurs et penseuses, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est depuis le v&#233;cu &lt;/strong&gt;de cette singuli&#232;re forme de collectif et &#224; son attachement que nous pouvons renverser la fl&#232;che du temps pointilliste pour inventer le temps de la politique. &#171; Le temps presse &#187;. Le sable du d&#233;sert du capital nous entoure et nous ass&#232;che. Y subsistent nos oasis : nos amours, nos amiti&#233;s, nos cr&#233;ations... Ce &#224; quoi nous tenons et qui nous fait tenir. Or, compter sur ces oasis comme des refuges, c'est risquer d'y ramener toujours un peu de sable lorsque nous nous y abritons, revenant de nos luttes contre les siroccos du d&#233;sert capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Bernard Aspe, c'est &#224; partir de ces liens, &#224; partir de ce qui nous tient qu'il nous faut affronter l'aridit&#233; de l'&#233;conomie et de son monde. Il s'agit alors de penser la mani&#232;re d'exposer ces oasis &#224; la politique&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'instant d'apr&#232;s, op. cit., voir le premier chapitre : &#171; Le sable du d&#233;sert &#187;.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. C'est depuis ces sources de vie qu'il nous est possible de comprendre le pass&#233; et cet h&#233;ritage des luttes comme des traces laiss&#233;es dans le sable qu'il s'agit de reprendre. Notre h&#233;ritage n'est pr&#233;c&#233;d&#233; d'aucun testament. C'est depuis cette confiance dans le collectif transindividuel et ses perspectives d'&#233;largissement de la vie que nous pouvons nous confier aussi bien &#224; la radicale ind&#233;termination du futur qu'&#224; la n&#233;cessit&#233; imp&#233;rieuse de le reconqu&#233;rir des mains du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, c'est depuis une r&#233;invention de ce que peuvent signifier autonomie et communisme, depuis la n&#233;cessit&#233; d'articuler les mots et les gestes de la politique et de la vie, de prendre soin du commun et de penser le conflit contre le capital, que nous pourrons vivre ce temps si particulier de la politique, o&#249; l'horizon du communisme se confond avec son pr&#233;sent, m&#234;lant irr&#233;m&#233;diablement, tragiquement, moments de joie et moments de lutte.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;K&#233;vin Eybert&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Bernard Aspe, &lt;i&gt;L'instant d'apr&#232;s&lt;/i&gt;, La Fabrique, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'instant d'apr&#232;s, op. cit.&lt;/i&gt;, p. 98.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Bernard Aspe, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5608&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;(In) consistance du collectif : le d&#233;moniaque, probablement&lt;/a&gt; &#187;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le capital, il s'agit bien de capturer cette exp&#233;rience transindividuelle, se r&#233;server cette forme privil&#233;gi&#233;e de relation dans des collectifs propres &#224; ne pas enrayer la capitalisation : &lt;i&gt;coworking &lt;/i&gt;d'&lt;i&gt;open &lt;/i&gt;(ou non) &lt;i&gt;spaces&lt;/i&gt;, laboratoires de recherche plus ou moins critiques, &#233;quipes de football professionnelles [[Collectif pour l'intervention, &lt;i&gt;Communisme : un manifeste&lt;/i&gt;, Caen, Editions Nous, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La pens&#233;e de Bernard Aspe est grandement inspir&#233;e de penseurs et penseuses, et notamment celle de Gilbert Simondon. Voir &#224; ce titre, comme introduction &#224; cette pens&#233;e aussi pr&#233;cieuse qu'originale, le livre de Muriel Combes, &lt;i&gt;Simondon, une philosophie du transindividuel&lt;/i&gt;, Paris, Dittmar, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'instant d'apr&#232;s, op. cit.&lt;/i&gt;, voir le premier chapitre : &#171; Le sable du d&#233;sert &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Chez les k&#233;pis, des femmes et des bleus</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Chez-les-kepis-des-femmes-et-des</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>Sarah Fisthole</dc:subject>
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		<dc:subject>Bernard</dc:subject>
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		<dc:subject>gendarme Aliz&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Silence, on cogne &#8211; Enqu&#234;te sur les violences conjugales subies par des femmes de gendarmes et de policiers : un titre explicite pour un livre uppercut qui s'attaque de front &#224; un sujet tabou. T&#233;moignages et expertises &#224; l'appui, Sophie Boutboul et Aliz&#233; Bernard y racontent l'esprit de corps et le sexisme qui r&#232;gnent en ma&#238;tres au sein d'institutions pr&#234;tes &#224; tout pour pr&#233;server un semblant de r&#233;putation. Propositions de loi, budget, num&#233;ro vert : ces derniers temps, les politiques ont mis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no183-janvier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;183 (janvier 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sarah-Fisthole" rel="tag"&gt;Sarah Fisthole&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/violences-conjugales" rel="tag"&gt;violences conjugales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Alize-Bernard" rel="tag"&gt;Aliz&#233; Bernard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Boutboul" rel="tag"&gt;Boutboul&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sophie" rel="tag"&gt;Sophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/conjugales" rel="tag"&gt;conjugales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Alize" rel="tag"&gt;Aliz&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gendarme-Alize" rel="tag"&gt;gendarme Aliz&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Silence, on cogne &#8211; Enqu&#234;te sur les violences conjugales subies par des femmes de gendarmes et de policiers&lt;/i&gt; : un titre explicite pour un livre uppercut qui s'attaque de front &#224; un sujet tabou. T&#233;moignages et expertises &#224; l'appui, Sophie Boutboul et Aliz&#233; Bernard y racontent l'esprit de corps et le sexisme qui r&#232;gnent en ma&#238;tres au sein d'institutions pr&#234;tes &#224; tout pour pr&#233;server un semblant de r&#233;putation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3287 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH572/-1492-8e9f1.jpg?1782645434' width='400' height='572' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Sarah Fisthole
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;ropositions de loi, budget, num&#233;ro vert : ces derniers temps, les politiques ont mis le paquet pour montrer qu'ils s'int&#233;ressent aux violences conjugales. Un Grenelle et deux mois de d&#233;bat plus tard, les mesures mises en place sont minimes, mais un d&#233;but de prise de conscience semble avoir eu lieu. Toujours rien en revanche sur les violences commises, au sein de leur foyer, par des fonctionnaires en uniforme, qu'ils soient flics ou militaires. Alors que l'Uruguay, l'Angleterre ou encore l'Afrique du Sud se sont depuis longtemps pench&#233;s sur la question, en France c'est la loi du silence. Une omerta que la journaliste Sophie Boutboul et l'ex-femme de gendarme Aliz&#233; Bernard viennent de briser avec leur livre&lt;i&gt; Silence on cogne &#8211; enqu&#234;te sur les violences conjugales subies par des femmes de gendarmes et de policiers &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Grasset, 2019.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faute de donn&#233;es chiffr&#233;es, difficile de mesurer l'ampleur du ph&#233;nom&#232;ne. Mais pour les deux auteures, aucun doute : au regard de ce qui fait le terreau des violences conjugales, flics et gendarmes ont tout des &lt;i&gt;parfaits clients&lt;/i&gt;. Sophie Boutboul et Aliz&#233; Bernard rappellent en effet que les &#171; &lt;i&gt;personnes qui travaillent dans un contexte dans lequel elles ont du pouvoir&lt;/i&gt; &#187; sont plus enclines aux violences conjugales. Or, c'est le cas des policiers et des militaires qui &#171; &lt;i&gt;repr&#233;sentent l'ordre dans leur quotidien&lt;/i&gt; [et dont les] &lt;i&gt;interlocuteurs au travail n'ont qu'une seule possibilit&#233; : s'incliner, se soumettre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s une avocate interrog&#233;e par Sophie Boutboul.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans oublier que, d'apr&#232;s la psychiatre Marie-France Hirigoyen, &#171; &lt;i&gt;les comportements violents s'acqui&#232;rent par l'observation des autres et se maintiennent s'ils sont valoris&#233;s socialement&lt;/i&gt; &#187;. Le fait de baigner dans un environnement fortement dos&#233; en sexisme aggraverait donc les risques. Chez les gendarmes, dont l'instruction est dispens&#233;e par des militaires de haut rang, &#171; &lt;i&gt;traditionalistes, voire cathos int&#233;gristes&lt;/i&gt; &#187;, on &#171; &lt;i&gt;&#233;duque &#224; exercer des discriminations. Ce qui fait que m&#234;me des personnes qui ne seraient pas sexistes sont susceptibles de le devenir.&lt;/i&gt; &#187; &lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon la journaliste Le&#239;la Minano, cit&#233;e dans le livre.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; un machisme si fermement arrim&#233; qu'on peut encore croiser, accroch&#233;es au mur de certaines casernes, des plaques au message gla&#231;ant : &#171; &lt;i&gt;Les chiens sont accept&#233;s, les femmes sont tol&#233;r&#233;es.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelant que &#171; &lt;i&gt;plusieurs rapports et livres se penchent sur le profond &#8220;malaise&#8221; ressenti par les membres des forces de l'ordre&lt;/i&gt; &#187;, Sophie Boutboul interroge : pourquoi n'y a-t-il rien &#171; &lt;i&gt;sur celui de la personne qui partage leur vie&lt;/i&gt; &#187; ? La question est &#233;pineuse : prendre le probl&#232;me &#224; bras le corps exigerait de lever le voile sur &#171; &lt;i&gt;un syst&#232;me impliquant la complicit&#233; de certains coll&#232;gues, d'une partie de la hi&#233;rarchie, de l'institution et m&#234;me de la justice&lt;/i&gt; &#187;. Des plaintes d&#233;pos&#233;es qui finissent &#224; la poubelle, des cl&#233;s USB remplies d'enregistrements de menaces de mort rendues vides &#224; leur propri&#233;taire ou encore des lettres adress&#233;es &#224; l'IGGN (Inspection g&#233;n&#233;rale de la gendarmerie nationale) qui se retrouvent entre les mains des accus&#233;s : sous la plume de Sophie Boutboul, les exemples de corporatisme crasse s'accumulent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me topo du c&#244;t&#233; de la justice. Comme l'explique la journaliste, certains procureurs ne se donnent m&#234;me pas la peine de d&#233;payser l'affaire et confient aux coll&#232;gues du pr&#233;venu la charge de mener l'enqu&#234;te. Dans d'autres cas, des agents incrimin&#233;s &#233;copent de simples rappels &#224; la loi prononc&#233;s dans des tribunaux vides, en milieu de soir&#233;e, histoire de s'assurer que l'affaire ne fera pas trop de bruit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus des histoires glan&#233;es dans la presse r&#233;gionale, des t&#233;moignages de policiers, de militaires, de magistrats, de psys et de chercheurs, l'enqu&#234;te de Sophie Boutboul et Aliz&#233; Bernard restitue la parole de dizaines de femmes qui &#171; &lt;i&gt;nous invitent dans l'intimit&#233; de leur foyer et reviennent dans les bureaux &#233;troits de commissariats ou de gendarmeries o&#249; elles ont tent&#233; de d&#233;poser plainte, parfois en vain&lt;/i&gt; &#187;. De quoi faire gamberger la secr&#233;taire d'&#201;tat Marl&#232;ne Schiappa qui, au sortir du Grenelle des violences conjugales, confiait &#234;tre favorable &#224; la confiscation, d&#232;s la premi&#232;re plainte, des armes &#224; feu d&#233;tenues par les auteurs desdites violences. Un bon moyen de d&#233;sarmer la police.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Grasset, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D'apr&#232;s une avocate interrog&#233;e par Sophie Boutboul.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon la journaliste Le&#239;la Minano, cit&#233;e dans le livre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des cheminots remuants</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Des-cheminots-remuants</link>
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		<dc:date>2019-04-21T17:59:14Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Dans une civette des quartiers Est de Marseille, CQFD a rencontr&#233; des cheminots tr&#232;s remont&#233;s contre la casse d'un service public autrefois embl&#233;matique. Si les motifs de la col&#232;re sont multiples, la d&#233;termination reste une et indivisible. *** (C'&#233;tait il y a un an dans &#8220;CQFD&#8221;...) *** Avec son pantalon bleu et jaune fluo tach&#233; de cambouis, le gars sort des ateliers &#224; la pause : &#171; Je t'aurais bien fait entrer, mais les chefs sont &#224; l'aff&#251;t. &#187; Lionel bosse au d&#233;p&#244;t de La Blancarde, &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no165-mai-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;165 (mai 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cecile-Kiefer-227" rel="tag"&gt;C&#233;cile Kiefer&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-etait" rel="tag"&gt;C'&#233;tait&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/c-est-Sarko" rel="tag"&gt;c'est Sarko&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans une civette des quartiers Est de Marseille, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a rencontr&#233; des cheminots tr&#232;s remont&#233;s contre la casse d'un service public autrefois embl&#233;matique. Si les motifs de la col&#232;re sont multiples, la d&#233;termination reste une et indivisible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2885 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;59&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L180xH255/-1129-1ad8c.jpg?1782641352' width='180' height='255' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;165 de CQFD, illustr&#233;e par C&#233;cile Kiefer
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;(C'&#233;tait il y a un an dans &#8220;CQFD&#8221;...)&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;A&lt;/span&gt;vec son pantalon bleu et jaune fluo tach&#233; de cambouis, le gars sort des ateliers &#224; la pause : &#171; &lt;i&gt;Je t'aurais bien fait entrer, mais les chefs sont &#224; l'aff&#251;t. &lt;/i&gt; &#187; Lionel bosse au d&#233;p&#244;t de La Blancarde, &#224; Marseille. Dans un bar-cantine qui sert de QG rebelle, on fait le point sur la gr&#232;ve. Elle s'essoufflerait, selon la SNCF&#8230; L'opinion basculerait, &#224; en croire un sondage&#8230; &#171; &lt;i&gt;La direction parle d'une minorit&#233; de 17 %, mais c'est un chiffre manipul&#233;. M&#234;me les cadres et la ma&#238;trise participent. Et quand la CFDT et l'Unsa d&#233;noncent l'absence de dialogue, c'est signe que &#231;a coince vraiment.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La rencontre&lt;/strong&gt; du Premier ministre avec les syndicats pr&#233;vue le 7 mai 2018 ressemble &#224; une reculade de la part d'un gouvernement habitu&#233; &#224; passer en force. &#171; &lt;i&gt; La tactique du 2 sur 5&lt;/i&gt; [deux jours de gr&#232;ve, trois travaill&#233;s] &lt;i&gt;nous permet de ne pas arriver en mai &#224; bout de souffle. C'est bien que Sud-Rail ait pos&#233; un pr&#233;avis de gr&#232;ve reconductible au cas o&#249;, mais il faut tenir le rythme. Parce que si on n'a rien obtenu en juin, c'est mort.&lt;/i&gt; &#187; K&#233;vin, jeune d&#233;l&#233;gu&#233; CGT, nous rejoint. Puis le reste de l'&#233;quipe. C'est l'heure de l'ap&#233;ro, on cause strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas l'argument &#233;conomique&lt;/strong&gt; qui prime pour Macron : il veut faire de l'&#233;crasement des cheminots un symbole politique.&lt;/i&gt; &#187; un peu comme quand Thatcher avait cibl&#233; les mineurs pour casser l'ensemble du mouvement ouvrier anglais. &#171; &lt;i&gt;Ils s'attaquent &#224; nous pour faire un exemple. &lt;/i&gt; &#187; Ce matin, Bernard, conducteur Sud-Rail, ne disait pas autre chose : &#171; &lt;i&gt; Ce n'est pas pour rien si Guillaume P&#233;py est l&#224; depuis trois quinquennats. C'est un bon client.&lt;/i&gt; &#187; D&#233;mant&#232;lement du service public et harc&#232;lement anti-syndical donnent le ton : &#171; &lt;i&gt;Son mod&#232;le, c'est La Poste, taill&#233;e en pi&#232;ces de l'int&#233;rieur. &lt;/i&gt; &#187; un colosse en civil rejoint la bande pour le repas. Lui a fait les frais de cette politique : &#171; &lt;i&gt; J'ai &#233;t&#233; placardis&#233; &#224; cause de mon activit&#233; syndicale. un psy m'a mis en arr&#234;t, j'allais craquer. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La tactique&lt;/strong&gt; de la gr&#232;ve en pointill&#233; n'a pas plu &#224; la direction, qui ne veut pas payer les jours de repos venant juste apr&#232;s ceux de gr&#232;ve. &#171; &lt;i&gt;C'est ill&#233;gal&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'ailleurs l'Inspection du travail a donn&#233; raison aux cheminots : les jours (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;dit Lionel,&lt;i&gt; mais &#231;a met la pression sur les gr&#233;vistes, qui devront recourir aux tribunaux pour toucher leur d&#251;. En attendant, &#231;a risque d'affaiblir le mouvement.&lt;/i&gt; &#187; Depuis la grande gr&#232;ve de 1995, la SNCF a individualis&#233; les salaires et g&#233;n&#233;ralis&#233; les heures sup'. &#171; &lt;i&gt; En attendant, on me paye 36 euros pour bosser le dimanche &lt;/i&gt; &#187;, lance un v&#233;t&#233;ran. &#171; &lt;i&gt; &#199;a nous fait mal&lt;/i&gt;, regrette Lionel.&lt;i&gt; La fiert&#233; d'&#234;tre cheminot, c'&#233;tait un peu notre salaire social. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un quadrag&#233;naire&lt;/strong&gt; serre les dents : &#171; &lt;i&gt;On est fatigu&#233;s qu'on nous reproche d'&#234;tre des privil&#233;gi&#233;s &#224; l'origine de la dette. &lt;/i&gt; &#187; Cette dette, suppos&#233;e financer la modernisation, a artificiellement gonfl&#233; depuis la s&#233;paration du R&#233;seau ferr&#233; de France (RFF) et de la SNCF, en 1997. Depuis, chaque train paie un p&#233;age &#224; RFF. Cette taxe aurait pu &#233;ponger la dette d&#232;s 2014. On en est loin... &#192; tel point que m&#234;me le pr&#233;sident de la Deutsche Bahn s'est moqu&#233; de ce dr&#244;le de montage &#224; la fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le gouvernement&lt;/strong&gt; pr&#233;tend &#233;couter s&#233;par&#233;ment les salari&#233;s, les associations d'usagers, les collectivit&#233;s locales. Histoire d'&#233;viter de se confronter &#224; l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, puisque c'est de tout autre chose qu'il s'agit. On pourrait questionner les 2 200 kilom&#232;tres de ligne &#224; grande vitesse au co&#251;t faramineux, financ&#233; au d&#233;triment du r&#233;seau du quotidien. Ou le choix de subventionner le r&#233;seau routier bien davantage que le ferroviaire. &#171; &lt;i&gt; Macron, c'est Sarko avec le sourire,&lt;/i&gt; lance Lionel.&lt;i&gt; Il n'invente rien, il poursuit l'&#339;uvre de Pons, Jupp&#233;&#8230; Il sait qu'on va dans le mur, mais il veut gagner le bras de fer co&#251;te que co&#251;te. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Le ferroviaire&lt;/strong&gt;, c'est un choix politique, &#231;a ne peut pas &#234;tre gouvern&#233; par la logique &#233;conomique, &lt;/i&gt;pr&#233;cise de son c&#244;t&#233; Bernard.&lt;i&gt; &#192; l'origine, quand tu ouvrais une ligne de chemin de fer, personne ne pouvait plus te doubler : tu &#233;tais de fait en situation de monopole. C'&#233;tait un choix assum&#233;, dans l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral.&lt;/i&gt; &#187; Il rappelle que les processus de privatisation en Europe se sont toujours traduits par des accidents graves, comme en Angleterre. Bient&#244;t le cas en France ? &#171; &lt;i&gt;Entre 2013 et 2016, on a quand m&#234;me eu 18 morts, avec l'accident de Br&#233;tigny et le d&#233;raillement d'un TGV &#224; l'essai pr&#232;s de Strasbourg. Ce sont des humains qu'on transporte, on n'a pas le droit &#224; l'erreur. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces jours-ci&lt;/strong&gt;, quand ils ne peuvent plus passer le conflit sous silence, les m&#233;dias le calomnient. Furax, Kevin d&#233;nonce une manipulation : &#171; &lt;i&gt;J'ai expliqu&#233; &#224; Cnews, face cam&#233;ra, qu'on n'est pas seulement mobilis&#233;s pour d&#233;fendre notre statut, mais aussi le service public, la justice territoriale et les enjeux &#233;cologiques du transport ferroviaire. Mais ils ont tout coup&#233; au montage. Ne restait qu'une phrase : &lt;/i&gt;&#8220; On est l&#224; pour durer. &#8221;&lt;i&gt; &#199;a sonnait un peu comme&lt;/i&gt; &#8220; Les cheminots vous emmerdent &#8221;. &#187; M&#234;me malveillance &#224; l'occasion d'un tractage de sensibilisation &#224; l'entr&#233;e du tunnel Prado-Car&#233;nage : &#171; &lt;i&gt; On a lev&#233; les barri&#232;res, les gens passaient gratis. Mais la pr&#233;fecture a ordonn&#233; la fermeture du tunnel. Et le lendemain, &lt;/i&gt;La Provence &lt;i&gt;titrait&lt;/i&gt; &#8220; Les cheminots bloquent le Car&#233;nage &#8221;&lt;i&gt;&#8230; Oh, tu le crois ?&lt;/i&gt; &#187; Lionel en rigole : &#171; &lt;i&gt; Il nous reste les r&#233;seaux sociaux, &lt;/i&gt;La Marseillaise&lt;i&gt; et &lt;/i&gt;CQFD &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt; Il faut des AG&lt;/strong&gt; de gr&#233;vistes partout&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;conise Bernard. C&#244;t&#233; CGT, loin du corporatisme, la base discute et critique : &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'attendent nos f&#233;d&#233;rations pour r&#233;aliser la convergence des luttes ? On ne gagnera pas tout seuls. On a besoin des &#233;tudiants, du public, du priv&#233;, des Ehpad, des retrait&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Le sentiment est celui d'une r&#233;sistance sociale, l&#233;gitime. &#171; &lt;i&gt;On s'est fait applaudir sur La Canebi&#232;re. Et plein de gens ont donn&#233; pour la caisse de gr&#232;ve. &lt;/i&gt; &#187; Autour de la table, on l&#232;ve les verres. Mai sera chaud.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NB :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Una abra&#231;ada frairenala ai camin&#242;ts bolegants.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D'ailleurs l'Inspection du travail a donn&#233; raison aux cheminots : les jours de repos ne peuvent &#234;tre compt&#233;s comme jours de gr&#232;ve. Furieux, le minist&#232;re du Travail s'est fendu d'une lettre &#224; ses agents leur intimant de ne pas se prononcer sur cette question, c'est-&#224;-dire de ne pas faire leur boulot ! (Info Mediapart 28/04/2018.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La valise &#224; roulettes, c'est le mal</title>
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		<dc:date>2019-02-24T03:47:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Baptiste Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;*** L'avenir de l'humanit&#233; se joue parfois sur pas grand-chose. Un petit rien. Le destin de la valise &#224; roulettes, lui, se noue en 1970, lors de l'escale a&#233;roportuaire d'un salari&#233; du secteur, Bernard Sadow. La vision d'un employ&#233; poussant un gros chariot lui donne l'id&#233;e d'une invention r&#233;volutionnaire : la premi&#232;re valise &#224; roulettes ! Deux ans plus tard, l'immonde chose est commercialis&#233;e &#8211; le monde du tourisme ne sera plus jamais le m&#234;me. Ou presque. Si Bernard est le premier &#224; avoir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no167-juillet-aout-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;167 (juillet-ao&#251;t 2018)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2739 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;66&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH558/-997-4cde7.jpg?1782640442' width='400' height='558' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;167 de CQFD, illustr&#233;e par Jean-Michel Bertoyas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'avenir de l'humanit&#233;&lt;/strong&gt; se joue parfois sur pas grand-chose. Un petit rien. Le destin de la valise &#224; roulettes, lui, se noue en 1970, lors de l'escale a&#233;roportuaire d'un salari&#233; du secteur, Bernard Sadow. La vision d'un employ&#233; poussant un gros chariot lui donne l'id&#233;e d'une invention r&#233;volutionnaire : la premi&#232;re valise &#224; roulettes ! Deux ans plus tard, l'immonde chose est commercialis&#233;e &#8211; le monde du tourisme ne sera plus jamais le m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ou presque&lt;/strong&gt;. Si Bernard est le premier &#224; avoir l'id&#233;e d'ajouter des roues et une lani&#232;re &#224; une valise, le c&#244;t&#233; pratique de son invention ne convainc pas. Elle se r&#233;v&#232;le instable et fait un flop. Pause jusqu'en 1987, raconte un professeur de management &#224; l'Essec &lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans une vid&#233;o mise en ligne sur le site de Capital le 26/11/15, &#171; Pourquoi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; : apr&#232;s l'&#233;chec de Sadow, &#171; &lt;i&gt; il faudra encore quinze ans avant que quelqu'un pense &#224; basculer&lt;/i&gt; [la valise]&lt;i&gt; sur le c&#244;t&#233; et &#224; lui ajouter un manche t&#233;lescopique&lt;/i&gt; &#187;. Le fautif ? Un pilote de ligne &#8211; il n'y a pas de hasard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette fois, le bagage roulant&lt;/strong&gt; est plus stable et facile &#224; tracter. Et l'invention se r&#233;pand dans le monde entier tout au long des ann&#233;es 1990. Jusqu'&#224; devenir l'un des marqueurs les plus symboliques de l'acc&#233;l&#233;ration des transports (a&#233;rien et ferroviaire), de la civilisation des loisirs et de l'envol&#233;e du tourisme de masse. Rien d'un produit anodin &#8211; la valise &#224; roulettes, c'est le diable qui se faufile &#224; la tra&#238;ne de voyageurs toujours press&#233;s, passant d'a&#233;roport en a&#233;roport le temps d'un week-end &#171; d&#233;couverte &#187; dans une capitale europ&#233;enne ou de vacances sous les Tropiques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Tourisme de chemin balis&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a des gens qui aiment le lyrisme&lt;/strong&gt;. Ainsi de Christian Gambotti, auteur d'un &#171; &#201;loge de la valise &#224; roulettes &#187; &lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chronique publi&#233;e le 30/09/13 sur le site du Nouvel &#201;conomiste.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; qui fait de l'invention de ce bagage l'un des symboles &#233;mancipateurs du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. &#171; &lt;i&gt;L'humanit&#233;, courb&#233;e sous le poids des bagages, s'est soudain redress&#233;e. Gr&#226;ce &#224; la valise &#224; roulettes, le voyageur s'est transform&#233; en un nouvel Icare. &lt;/i&gt;[&#8230;]&lt;i&gt; Lib&#233;rant les cohortes de voyageurs du poids et de l'enlisement, [elle] a transform&#233; les halls des gares et des a&#233;rogares en une vaste piste de danse sur laquelle des femmes et des hommes ail&#233;s glissent avec gr&#226;ce vers des destinations vacanci&#232;res.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; sa mani&#232;re surjou&#233;e&lt;/strong&gt;, Christian met le doigt sur quelque chose &#8211; c'est son interpr&#233;tation qui p&#234;che. Oui, il y a eu une &#233;poque pas si lointaine, o&#249; les gens portaient encore leur bagage &#224; la main, sur l'&#233;paule ou le dos, au lieu de tra&#238;ner une petite charrette bruyante et encombrante. Ils faisaient corps avec leurs affaires, en portaient le poids. Une pesanteur gage de libert&#233;. Avec un sac &#224; dos, le voyageur peut emprunter &#224; tout moment des sentiers de traverse ; avec une valise &#224; roulettes, il suit les chemins balis&#233;s, lisses, s'inscrivant dans le flux des transports et du tourisme de masse. L'objet accompagne ainsi la transformation du voyageur en touriste&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; No more Rollkoffer &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le bagage est d&#233;sormais partout&lt;/strong&gt;. Vendu aux quatre coins du globe, il alimente un march&#233; en perp&#233;tuelle croissance, accompagnant celle du trafic a&#233;rien (+ 4 % d'ici &#224; 2020). En France, la bagagerie enregistre ainsi en 2017 un chiffre d'affaires de 500 millions d'euros. Dans le monde, &#171; &lt;i&gt;le nombre de voyageurs devrait m&#234;me atteindre les sept milliards d'ici 2034 : le secteur du bagage est donc en plein essor&lt;/i&gt; &#187;, se f&#233;licite la responsable du secteur au Bon March&#233; &lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#199;a roule pour les bagages haut de gamme &#187;, article mis en ligne sur le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais il y en a qui ne voient pas d'un aussi bon &#339;il&lt;/strong&gt; le succ&#232;s de la valise &#224; roulettes : les habitants des principales destinations touristiques. Pour eux, le bagage est synonyme de nuisances sonores autant que symbole d'un tourisme low cost massif et d&#233;vastateur, celui des &#171; easyjeteurs &#187; d&#233;barquant pour un week-end de f&#234;te et de visites. Le mouvement de fronde se lance en 2014 &#224; Berlin (troisi&#232;me destination touristique en Europe) &#224; l'initiative d'habitants d&#233;non&#231;ant des nuisances croissantes et une gentrification galopante. &#171; &lt;i&gt;Ils ne peuvent plus dormir &#224; cause du bruit des valises &#224; roulettes la nuit &lt;/i&gt; &#187; et des touristes qui &#171; &lt;i&gt; rentrent ivres et vomissent &lt;/i&gt; &#187;, fulmine alors la maire de l'arrondissement de Kreutzberg. Sur les murs fleurissent m&#234;me des tags &#171; No more rollkoffer &#187; (stop aux valises &#224; roulettes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans les villes les plus touristiques&lt;/strong&gt;, le bagage devient ainsi sympt&#244;me d'un mal, celui du tourisme de masse. Apr&#232;s Berlin, c'est Venise (25 millions de touristes par an) qui annonce des mesures d'interdiction pour pr&#233;server la tranquillit&#233; des habitants, qui se plaignent de vivre avec en fond sonore le tacatacatac continu des roulettes en plastiques sur les pav&#233;s. La municipalit&#233; fait finalement demi-tour devant la bronca des professionnels du secteur. Mais la question ne devrait manquer de se reposer. Parce que la valise &#224; roulettes, c'est le mal.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jean-Baptiste Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;
&lt;strong&gt;Cet article&lt;/strong&gt; est issu du dossier &#171; Tourisme : plus loin, plus vite, plus rien &#187;, publi&#233; dans le n&#176;167 de&lt;/i&gt; CQFD &lt;i&gt;en juillet-ao&#251;t 2018&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En voir &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no167' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le sommaire&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans une vid&#233;o mise en ligne sur le site de &lt;i&gt;Capital&lt;/i&gt; le 26/11/15, &#171; Pourquoi des innovations &#233;videntes sont-elles tardives ? L'exemple de la valise &#224; roulettes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Chronique publi&#233;e le 30/09/13 sur le site du &lt;i&gt;Nouvel &#201;conomiste&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &#199;a roule pour les bagages haut de gamme &#187;, article mis en ligne sur le site de &lt;i&gt;L'Opinion&lt;/i&gt; le 19/05/17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chemins de traverse : ne pas revenir...</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Chemins-de-traverse-ne-pas-revenir</link>
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		<dc:date>2016-04-11T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Baptiste Alchourroun</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Bernard</dc:subject>
		<dc:subject>CAP</dc:subject>
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		<dc:subject>Bernard Moitessier</dc:subject>
		<dc:subject>Moitessier</dc:subject>
		<dc:subject>Golden Globe</dc:subject>
		<dc:subject>ligne d'arriv&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Plymouth</dc:subject>
		<dc:subject>solitaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pendant sept mois, il a men&#233; la course, loin devant les autres concurrents de cette premi&#232;re &#233;dition du Golden Globe. Avant de faire demi-tour &#224; quelques semaines d'un retour triomphal en Europe, parce qu'il pr&#233;f&#233;rait continuer &#224; arpenter les oc&#233;ans. Un magnifique bras d'honneur, sign&#233; du plus refuznik des marins, Bernard Moitessier. Hardi, moussaillon ! La voici enfin, droit devant. La ligne d'arriv&#233;e du Golden Globe. Pour Bernard Moitessier, la franchir en t&#234;te s'annonce (presque) comme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ligne-d-arrivee" rel="tag"&gt;ligne d'arriv&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Plymouth" rel="tag"&gt;Plymouth&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/solitaire" rel="tag"&gt;solitaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant sept mois, il a men&#233; la course, loin devant les autres concurrents de cette premi&#232;re &#233;dition du Golden Globe. Avant de faire demi-tour &#224; quelques semaines d'un retour triomphal en Europe, parce qu'il pr&#233;f&#233;rait continuer &#224; arpenter les oc&#233;ans. Un magnifique bras d'honneur, sign&#233; du plus &lt;i&gt;refuznik&lt;/i&gt; des marins, Bernard Moitessier. Hardi, moussaillon !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;a voici enfin, droit devant. La ligne d'arriv&#233;e du Golden Globe. Pour Bernard Moitessier, la franchir en t&#234;te s'annonce (presque) comme une simple formalit&#233;. Bien plus rapide que ses concurrents, le navigateur fran&#231;ais a pratiquement course gagn&#233;e. Encore quelques petites semaines de navigation, le temps de remonter l'Atlantique du Sud au Nord, et il remportera la premi&#232;re &#233;dition de cette course en solitaire autour du monde, sans escale ni assistance. Un exploit d'autant plus remarquable que le ketch&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Navire &#224; deux m&#226;ts.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; en acier sur lequel il navigue, Joshua&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En hommage au grand marin Joshua Slocum, qui r&#233;alisa, de 1895 &#224; 1898, le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, a &#233;t&#233; arm&#233; de bric et de broc, avec deux poteaux t&#233;l&#233;graphiques pour m&#226;ts et des c&#226;bles EDF pour &#233;tais et haubans. Peu importe, Bernard Moitessier m&#232;ne le voilier &#224; la coque rouge vif au maximum de ses capacit&#233;s. Non par envie de gagner, expliquera-t-il plus tard, mais parce que son navire est fait pour avaler les miles. Et aussi parce que tous deux s'entendent comme larrons en foire : &#171; &lt;i&gt;C'est une histoire entre Joshua et moi, entre moi et le ciel, une belle histoire &#224; nous seuls, une grande histoire d'amour qui ne regarde plus les autres.&lt;/i&gt; &#187; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres ne sont malheureusement plus tr&#232;s loin. Et c'est certain, la grande histoire d'amour ne r&#233;sistera pas au franchissement de la ligne d'arriv&#233;e. Avec lui viendront la gloire, les flonflons, un troph&#233;e, un ch&#232;que de 5 000 &#163;, les cam&#233;ras de t&#233;l&#233;vision, les discours des officiels, la renomm&#233;e en mondovision. Et aussi, la foule, admirative, bruyante, mass&#233;e sur les pontons et les quais du port de Plymouth pour c&#233;l&#233;brer le h&#233;ros. Le grand marin. Le navigateur solitaire. Qui (du coup) ne va plus l'&#234;tre, solitaire. Apr&#232;s cent quatre-vingt-dix jours de mer, Bernard Moitessier s'appr&#234;te &#224; retrouver la civilisation &#8211; le vacarme de la ville et le ronron de l'air conditionn&#233;. Cap sur les machines, les buildings, le b&#233;ton, l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; La derni&#232;re des folies &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bref, cap sur la triste Europe. Vraiment ? Non. Pas moyen, hors de question. Il faudrait &#234;tre fou, la route est trop belle. Et la pl&#233;nitude de la mer, les dialogues avec les oiseaux et les &#233;toiles, le vent dans les voiles, le ketch qui g&#238;te, vibre et fend les vagues. Bonheur. Bernard Moitessier l'&#233;crit, il le crie m&#234;me dans &lt;i&gt;La Longue route&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ditions Arthaud, 1971.&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, magnifique roman publi&#233; deux ans plus tard : &#171; &lt;i&gt;Quand je monte sur le pont &#224; l'aube, il m'arrive de hurler ma joie de vivre en regardant le ciel blanchir sur les longues tra&#238;n&#233;es d'&#233;cume de cette mer colossale de force et de beaut&#233;&lt;/i&gt; [&#8230;]. &lt;i&gt;Je vis, de tout mon &#234;tre.&lt;/i&gt; &#187; Et il faudrait abandonner cela ? Pour une ligne d'arriv&#233;e &#224; la con ? Pour une victoire idiote ? Un peu de s&#233;rieux, s'il vous pla&#238;t. &#171; &lt;i&gt;Vous voulez que je rentre maintenant ? Mais mon vieux&lt;/i&gt;, rigole le marin dans le documentaire &lt;i&gt;La Longue Route&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce tr&#232;s beau film d'une demi-heure, mont&#233; par Bernard Moitessier lui-m&#234;me &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;&#231;a serait la derni&#232;re des folies.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vrai, &#231;a fait un bail que Bernard Moitessier pense &#224; abandonner la course. Depuis le d&#233;part, carr&#233;ment. Au cours des longs mois de navigation solitaire, l'id&#233;e s'est faite &#233;vidence. Rien &#224; fiche de cette absurde comp&#233;tition. &#171; &lt;i&gt;Partir de Plymouth pour rentrer &#224; Plymouth&lt;/i&gt;, &#233;crit-il, &lt;i&gt;c'est devenu, au fil du temps, comme partir de nulle part pour aller nulle part.&lt;/i&gt; &#187; Voil&#224;. Il ne va pas revenir, il n'en a pas envie. Il en prend acte dans son journal de bord du 28 f&#233;vrier 1969, peu de temps apr&#232;s avoir pass&#233; le cap Horn : &#171; &lt;i&gt;J'ai remis le cap vers le Pacifique... La nuit derni&#232;re a &#233;t&#233; trop p&#233;nible, je me sentais vraiment malade &#224; l'id&#233;e de regagner l'Europe.&lt;/i&gt; &#187; Il faudra attendre encore un peu pour que le monde apprenne sa d&#233;cision &#8211; sans radio &#224; bord, difficile de la faire conna&#238;tre. C'est finalement lorsqu'il croise un cargo au large du cap de Bonne-Esp&#233;rance que Bernard Moitessier peut rendre public son abandon. &#192; l'aide d'un lance-pierre, il catapulte ce message sur le pont du navire : &#171; &lt;i&gt;Je continue sans escale vers les &#238;les du Pacifique, parce que je suis heureux en mer, et peut-&#234;tre aussi pour sauver mon &#226;me.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Il faut aller plus loin. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que le petit ketch rouge poursuit sa route, toujours solitaire. Il ne touchera pas terre avant Papeete, trois mois et trois jours plus tard. Loin, tr&#232;s loin de Plymouth, de l'Europe. Et de ces &#171; &lt;i&gt;faux dieux de l'Occident toujours &#224; l'aff&#251;t&lt;/i&gt; [&#8230;], &lt;i&gt;qui nous mangent le foie, nous sucent la moelle&lt;/i&gt; &#187; - mensonges du progr&#232;s et de la technique que le navigateur fustige dans son livre de bord. &#171; &lt;i&gt;L&#224;-bas, le Monstre a pris le relais des hommes, c'est lui qui r&#234;ve &#224; notre place. Il veut nous faire croire que l'homme est le nombril du monde, qu'il a tous les droits, sous pr&#233;texte que l'homme a invent&#233; la machine &#224; vapeur et beaucoup d'autres machines, et qu'il ira un jour dans les &#233;toiles s'il se d&#233;p&#234;che quand m&#234;me un peu avant la prochaine bombe&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au cours des ann&#233;es 1970 et 1980, Bernard Moitessier prendra maintes fois (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'homme n'est pas encore all&#233; dans les &#233;toiles &#8211; mais &#231;a ne saurait tarder. En attendant, Joshua, d&#233;sormais bas&#233; &#224; Brest, navigue toujours. Bernard Moitessier, par contre, a cess&#233; de le faire en 1994, emport&#233; par un cancer. Le plus &lt;i&gt;refuznik&lt;/i&gt; des marins est mort sans jamais franchir la ligne d'arriv&#233;e. Lui avait compris que c'&#233;tait la seule mani&#232;re de r&#233;ellement gagner la course. &#171; &lt;i&gt;C'est pour &#231;a que je continue&lt;/i&gt;, affirme-t-il dans le documentaire. &lt;i&gt;Parce qu'il faut aller plus loin... &#199;a ne suffit pas, il faut aller plus loin.&lt;/i&gt; &#187; Droit devant, cap au sud.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jean-Baptiste Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_1674 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH532/illu2r-2-5328f.jpg?1782659710' width='400' height='532' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Baptiste Alchourroun.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Navire &#224; deux m&#226;ts.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En hommage au grand marin Joshua Slocum, qui r&#233;alisa, de 1895 &#224; 1898, le premier tour du monde &#224; la voile en solitaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;ditions Arthaud, 1971.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ce tr&#232;s beau film d'une demi-heure, mont&#233; par Bernard Moitessier lui-m&#234;me &#224; partir des images enregistr&#233;es lors de son long p&#233;riple, est disponible sur Dailymotion.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Au cours des ann&#233;es 1970 et 1980, Bernard Moitessier prendra maintes fois position pour la paix, d&#233;non&#231;ant les industries de l'armement et du nucl&#233;aire. Le marin a notamment beaucoup milit&#233; contre la nucl&#233;arisation du Pacifique Sud.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Tirer dans le tas</title>
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		<dc:date>2013-04-26T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Billets</dc:subject>
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		<dc:subject>&#201;douard Drumont</dc:subject>
		<dc:subject>Bernard</dc:subject>
		<dc:subject>Bernard Lazare</dc:subject>
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		<dc:subject>type &#233;douard</dc:subject>
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		<dc:subject>Dreyfus</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au moment de l'Affaire Dreyfus, le dreyfusard Bernard Lazare reprochait aux antis&#233;mites de plume, du type &#233;douard Drumont, leur manque de courage &#224; ne jamais vouloir &#171; conclure &#187;. C'est-&#224;-dire &#224; ne pas vouloir assumer les cons&#233;quences r&#233;elles et funestes de leur haine des juifs : la pers&#233;cution, l'exclusion, le massacre. Avec Christine Tasin, monomaniaque de l'islamophobie d&#233;complex&#233;e, on n'a pas ce genre de probl&#232;me : elle ose tout, c'est m&#234;me &#224; &#231;a qu'on la reconna&#238;t ! Dans un billet dat&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no109-mars-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;109 (mars 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-Affaire-Dreyfus" rel="tag"&gt;l'Affaire Dreyfus&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Dreyfus" rel="tag"&gt;Dreyfus&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au moment de l'Affaire Dreyfus, le dreyfusard Bernard Lazare reprochait aux antis&#233;mites de plume, du type &#233;douard Drumont, leur manque de courage &#224; ne jamais vouloir &#171; &lt;i&gt;conclure&lt;/i&gt; &#187;. C'est-&#224;-dire &#224; ne pas vouloir assumer les cons&#233;quences r&#233;elles et funestes de leur haine des juifs : la pers&#233;cution, l'exclusion, le massacre. Avec Christine Tasin, monomaniaque de l'islamophobie d&#233;complex&#233;e, on n'a pas ce genre de probl&#232;me : elle ose tout, c'est m&#234;me &#224; &#231;a qu'on la reconna&#238;t !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un billet dat&#233; du 1er mars sur bvoltaire.fr, elle exprime assez clairement ses fantasmes d'&#233;radication : &#171; &lt;i&gt;Que faire des musulmans, une fois le Coran interdit ?&lt;/i&gt; &#187;. Les solutions sont quelque peu exp&#233;ditives : &#171; &lt;i&gt;Les musulmans, qu'ils soient fran&#231;ais ou pas, auront donc le choix. S'ils veulent rester en France, ils seront dans un pays o&#249; dispara&#238;tra toute visibilit&#233; de l'islam, le voile, le kami, l'abattage rituel, les boucheries halal, les pr&#233;noms musulmans, les mosqu&#233;es&#8230;&lt;/i&gt; [&#8230;] S&lt;i&gt;i cela ne leur convenait pas, ils auraient le droit de gagner un des cinquante-sept pays musulmans de la plan&#232;te o&#249; r&#232;gne la charia. &#192; cela s'ajoutera un moratoire sur l'immigration s'accompagnant de mesures de pr&#233;f&#233;rence nationale pour les prestations sociales&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est tout ? Non, le d&#233;lire va crescendo : &#171; &lt;i&gt; Bien s&#251;r, il y aura contestations, &#233;meutes et m&#234;me menaces terroristes. Le pouvoir y mettra fin gr&#226;ce &#224; sa d&#233;termination sans faille, et, s'il faut sacrifier quelques extr&#233;mistes pour redonner &#224; 65 millions d'habitants paix et protection, il faudra faire savoir que l'arm&#233;e, d&#233;p&#234;ch&#233;e &#224; chaque menace, n'h&#233;sitera pas &#224; tirer dans le tas. C'est terrible, mais il n'y aura pas d'autre solution pour calmer le jeu et imposer notre loi.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Tirer dans le tas&lt;/i&gt; &#187;&#8230; Et Tasin reconna&#238;tra les siens ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quand t'es dans le d&#233;sert&#8230;</title>
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		<dc:date>2012-03-29T07:04:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;my Comment</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Alors</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
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		<dc:subject>Fr&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Charles</dc:subject>
		<dc:subject>Foucault</dc:subject>
		<dc:subject>Foucault alors</dc:subject>
		<dc:subject>Foucault s'est</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans le Sud alg&#233;rien, les hommes et les dieux ont d&#233;laiss&#233; les sabres au profit des arrosoirs. Sous le regard n&#233;anmoins vigilant de l'arm&#233;e. On ne sait jamais&#8230; &#171; Vous voyez, sur ce socle en argile au milieu de la cour, il y avait une croix. Le temps, le vent&#8230; l'ont fait tomber &#187;, dit Bernard, un des trois fr&#232;res de la Confr&#233;rie de Charles de Foucault. Depuis huit ans maintenant, il a rejoint, dans la ville saharienne de Beni-Abb&#232;s, l'ermitage construit en 1901 par Charles de Foucault (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no97-fevrier-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;97 (f&#233;vrier 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Remy-Comment" rel="tag"&gt;R&#233;my Comment&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le Sud alg&#233;rien, les hommes et les dieux ont d&#233;laiss&#233; les sabres au profit des arrosoirs. Sous le regard n&#233;anmoins vigilant de l'arm&#233;e. On ne sait jamais&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_273 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH260/97_comment_Beni-Abbes-7bccb.png?1782641307' width='400' height='260' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;my Comment
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Vous voyez, sur ce socle en argile au milieu de la cour, il y avait une croix. Le temps, le vent&#8230; l'ont fait tomber &#187;&lt;/i&gt;, dit Bernard, un des trois fr&#232;res de la Confr&#233;rie de Charles de Foucault. Depuis huit ans maintenant, il a rejoint, dans la ville saharienne de Beni-Abb&#232;s, l'ermitage construit en 1901 par Charles de Foucault alors pris d'une irr&#233;pressible et mystique envie &lt;i&gt;&#171; d'un retour au d&#233;sert &#187;&lt;/i&gt;, &#224; l'image de son h&#233;ros J&#233;sus de Nazareth.&lt;i&gt; &#171; Cette croix, on ne la remettra pas. C'est mieux ainsi&#8230; Et comme pour balayer d'un sourire deux mille ans d'histoire : parce, quand m&#234;me, cet objet-symbole est avant tout un instrument de torture&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Et lentement d'expliquer, avec une malice quasi-blasph&#233;matoire : &lt;i&gt;&#171; On attachait les gens par les bras et l'on posait leurs pieds en appui sur une cale afin qu'ils aient les jambes fl&#233;chies. Leur corps partait alors en avant et la tension provoquait une compression pulmonaire que les supplici&#233;s devaient compenser en poussant sur les jambes jusqu'&#224; ce que la fatigue les prenne. Et ainsi de suite&#8230; La mort venait par asphyxie. Le calvaire pouvait durer une semaine&#8230; Et c'est cet objet-l&#224; que l'on v&#233;n&#232;re ? &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus d'un si&#232;cle, la distance qui s&#233;parait la ville de Beni-Abb&#232;s de ce b&#226;timent d'argile et de troncs fibreux de palmiers, a &#233;t&#233; r&#233;duite &#224; peau de chagrin. &lt;i&gt;&#171; Quand Charles de Foucault s'est install&#233; sur le plateau, le ksar&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 1957, alors que se d&#233;veloppe la r&#233;sistance arm&#233;e contre l'occupant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;i&gt;&#8211; l'ancienne ville fortifi&#233;e &#8211; &#233;tait dans la vall&#233;e, au bord de l'oued de la Saoura&lt;/i&gt;, explique Bernard. &lt;i&gt;Nous, les trois fr&#232;res qui vivons ici, avons de tr&#232;s bonnes relations avec tous les habitants. Souvent des touristes occidentaux de passage nous demandent avec un air de connivence si on &#8220;a r&#233;ussi&#8221; &#224; en convertir quelques-uns ! Nous leur r&#233;pondons que ce n'est pas du tout notre intention, que nous ne sommes pas l&#224; pour &#233;vang&#233;liser qui que ce soit. &#187;&lt;/i&gt; Il poursuit sur un ton tr&#232;s monoth&#233;iste : &lt;i&gt;&#171; La religion, ce n'est pas qu'une question de foi. C'est une histoire de culture. Je suis chr&#233;tien parce que je suis n&#233; en France &#224; une certaine &#233;poque. Je serais, sans aucun doute, musulman si j'&#233;tais n&#233; en Alg&#233;rie&#8230; &#187;&lt;/i&gt; De l'arri&#232;re du b&#226;timent, un bruissement d'eau s'&#233;l&#232;ve de la palmeraie qui, en arc de cercle, s'&#233;tire en direction du sud. &lt;i&gt;&#171; Nous vivons au milieu des gens. Ceux qui m'ont pr&#233;c&#233;d&#233; ici ont toujours travaill&#233;. Ils ont &#233;t&#233; ma&#231;ons, instituteurs, ou encore ouvriers dans une usine locale aujourd'hui ferm&#233;e. Quand je suis arriv&#233;, il n'y avait m&#234;me plus de travail pour les gens du coin ; nous avons alors plant&#233; des l&#233;gumes et des fruits et &#233;lev&#233; quelques poules dans la palmeraie. &#187;&lt;/i&gt; L'eau puis&#233;e &#224; une dizaine de m&#232;tres irrigue des plants de pommes de terre, d'oignons, de salades ou de carottes, au milieu des orangers, figuiers, grenadiers et dattiers. &lt;i&gt;&#171; Avec ce que nous produisons, nous avons largement de quoi vivre. Les exc&#233;dents, on les donne ou on les vend &#224; tr&#232;s petits prix aux habitants. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quelques dizaines de m&#232;tres au nord de l'ermitage, un petit baraquement m&#233;tallique est pos&#233; sur un promontoire. Depuis plus d'une dizaine d'ann&#233;es, deux militaires s'y relaient pour prot&#233;ger, disent-ils, ces fr&#232;res contre d'autres fr&#232;res au syst&#232;me pileux affirm&#233;. Le temps passant, un mur de briques et quelques arbustes fam&#233;liques sont venus agr&#233;menter les contours de cet abri soumis aux violences du climat saharien, et duquel sortent de puissants d&#233;cibels d'un rythme gnawa. &lt;i&gt;&#171; S'ennuyer ? On fait notre travail, c'est tout&#8230; &#187;&lt;/i&gt;, dit le galonn&#233;, laissant pendre nonchalamment au bout de son bras une kalachnikov. Silence et immensit&#233; qui semblent dissoudre le sabre et le goupillon&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 1957, alors que se d&#233;veloppe la r&#233;sistance arm&#233;e contre l'occupant fran&#231;ais, les troupes coloniales tournent leurs armes lourdes sur ce village traditionnel fortifi&#233; et exigent son &#233;vacuation dans les vingt-quatre heures. Les habitants reconstruiront la cit&#233; sur les hauteurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ta gueule, Bernard Thibault</title>
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		<dc:date>2011-12-29T06:54:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Fontenelle</dc:creator>


		<dc:subject>Rage dedans</dc:subject>
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&lt;p&gt;J'&#233;tais l&#224;, peinard, en train de fumer une clope et de siroter un Coca, rien de vraiment brutal, quoi, et tout d'un coup je me suis dit, allez, zou, soyons fous, je vais carr&#233;ment regarder le jit&#233; de France 3 &#8211; et sur qui je tombe, au jit&#233; de France 3 ? Je tombe sur Fran&#231;ois Fillon, qui s'est fait le compass&#233; faci&#232;s du gars qui vient t'entretenir du d&#233;c&#232;s d'un(e) proch(e) pour nous annoncer que, la situation &#233;tant ce qu'elle est (criseuse comme c'est pas permis), va (encore) falloir qu'on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no94-novembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;94 (novembre 2011)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'&#233;tais l&#224;, peinard, en train de fumer une clope et de siroter un Coca, rien de vraiment brutal, quoi, et tout d'un coup je me suis dit, allez, zou, soyons fous, je vais carr&#233;ment regarder le jit&#233; de France 3 &#8211; et sur qui je tombe, au jit&#233; de France 3 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je tombe sur Fran&#231;ois Fillon, qui s'est fait le compass&#233; faci&#232;s du gars qui vient t'entretenir du d&#233;c&#232;s d'un(e) proch(e) pour nous annoncer que, la situation &#233;tant ce qu'elle est (criseuse comme c'est pas permis), va (encore) falloir qu'on se serre de quelques suppl&#233;mentaires crans la ceinture (non, pas vous, m&#226;me Bettencourt), &#224; moins qu'on ne veuille faire faillite, comme des vulgaires Grec(que)s &#8211; et qu'il va donc augmenter la TVA sur tout (sauf sur les p&#226;tes, le gars n'est pas non plus compl&#232;tement nazi), et qu'il va, surtout, &lt;i&gt;&#171; acc&#233;l&#233;rer l'application de la r&#233;forme des retraites de 2010 &#187;&lt;/i&gt; (comme ils disent &#8211; fort bien &#8211; chez &lt;i&gt;Le Nouvel Obs&lt;/i&gt;), et jusque l&#224;, tout va bien, je ne m'&#233;nerve pas : je veux dire que je ne m'&#233;nerve pas plus que d'habitude, quand j'hurle, de rage, par la fen&#234;tre, qu'il serait quand m&#234;me temps, putain de bordel de merde, qu'on r&#233;alise que ces gens-l&#224; nous font une guerre totale &#8211; de classe, d'accord, mais totale &#8211;, et qu'on les prenne enfin &#171; aux cheveux &#187;, comme dans un bouquin de Jean-Luc M&#233;lenchon, ne serait-ce que pour leur apprendre deux, trois r&#232;gles de politesse &#233;l&#233;mentaire, du style, non, vous ne pouvez pas continuer &#224; sauter &#224; pieds joints sur la gueule des pauvres pour mieux nantir vos d&#233;j&#224; nanti(e)s commanditaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref : je reste calme, mais voil&#224; qu'appara&#238;t Bernard Thibault &#8211; Charden, sans son vieux complice Jaune, de la CFDT, mais avec, toujours, ses extravagants veuches &#8211;, et voil&#224; que Bernard Thibault d&#233;clare qu'il n'est pas du tout content de l'acc&#233;l&#233;ration de la r&#233;forme des retraites de 2010, qui l'avait d&#233;j&#224;, par elle-m&#234;me, et en son temps, grandement marri &#8211; et que si &#231;a continue comme &#231;a, Fran&#231;ois Fillon finira par instaurer la retraite &#224; soixante-dix ans, &lt;i&gt;&#171; si on ne fait rien &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; &#8211; juste l&#224;, juste quand Bernard Thibault a l&#226;ch&#233; ce &lt;i&gt;&#171; si on ne fait rien &#187;&lt;/i&gt; &#8211; que j'ai pour de bon p&#233;t&#233; un plomb, parce qu'en vrai, qu'est-ce qu'il a fait, Bernard Thibault, pour emp&#234;cher la r&#233;forme des retraites de 2010, dont il caqu&#232;te aujourd'hui qu'elle l'a consid&#233;rablement m&#233;content&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien, justement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a obstin&#233;ment refus&#233; d'appeler &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#8211; un truc un peu s&#233;rieux, qui aurait paralys&#233; le pays jusqu'&#224; ce que Fran&#231;ois Fillon retire son projet : il s'est content&#233; d'organiser, avec Jaune, de grotesques&lt;i&gt; &#171; journ&#233;es de mobilisation &#187;&lt;/i&gt;, totalement inefficaces, et qui faisaient hurler de rire le gouvernement et le patronat, et qui faisaient p&#226;mer l'&#233;dito-de-mes-couilles-cratie, o&#249; l'on trouvait d&#233;licieux que Bernard Thibault se montr&#226;t si raisonnable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a ferm&#233; sa petite gueule, Bernard Thibault, quand le r&#233;gime a r&#233;form&#233; les retraites : il a laiss&#233; faire, pr&#233;occup&#233; qu'il &#233;tait de s'acheter une respectabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors ce qu'il devrait maintenant faire, c'est qu'il devrait continuer &#224; la fermer. &#192; double tour.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Gastronomie participative</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Gastronomie-participative</link>
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		<dc:date>2007-02-12T14:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Bernard</dc:subject>
		<dc:subject>PMU</dc:subject>
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		<dc:subject>Recherche Utopique</dc:subject>
		<dc:subject>s'assemble autour</dc:subject>

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&lt;p&gt;En ces temps de malbouffe dans l'assiette et de pr&#233;carit&#233; dans le turbin, les exp&#233;riences de cantines alternatives fleurissent. Dans l'une d'entre elles, &#224; Marseille, on se dit que l'art de bien manger ensemble et de refaire le monde n'est pas forc&#233;ment l'apanage d'une &#233;lite ais&#233;e mais d'affinit&#233;s &#233;lectives multiples. Rue Bernard, quartier populaire de la Belle de Mai, o&#249; un monde s'assemble autour des forts en gueule, des professionnels du PMU, des Italiens et des Gitans, des Arabes et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rue-Bernard" rel="tag"&gt;Rue Bernard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/monde-s-assemble" rel="tag"&gt;monde s'assemble&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cantoche-associative" rel="tag"&gt;cantoche associative&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/associative-baptisee" rel="tag"&gt;associative baptis&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Recherche-Utopique" rel="tag"&gt;Recherche Utopique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/s-assemble-autour" rel="tag"&gt;s'assemble autour&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En ces temps de malbouffe dans l'assiette et de pr&#233;carit&#233; dans le turbin, les exp&#233;riences de cantines alternatives fleurissent. Dans l'une d'entre elles, &#224; Marseille, on se dit que l'art de bien manger ensemble et de refaire le monde n'est pas forc&#233;ment l'apanage d'une &#233;lite ais&#233;e mais d'affinit&#233;s &#233;lectives multiples.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Rue Bernard, quartier populaire de la Belle de Mai, o&#249; un monde s'assemble autour des forts en gueule, des professionnels du PMU, des Italiens et des Gitans, des Arabes et des Arm&#233;niens, vient de s'ouvrir une cantoche associative baptis&#233;e &lt;a href=&#034;http://lakuizin.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Kuizin&lt;/a&gt;. Dix mois de travaux, quelques subventions, beaucoup de r&#233;cup', d'huile de coude et le concours du GRUIK (Groupe de Recherche Utopique, Ing&#233;nieux et Kal&#233;idoscopique) auront &#233;t&#233; n&#233;cessaires pour s&#233;dentariser une exp&#233;rience de cuisine collective au d&#233;part nomade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que les l&#233;gumes se d&#233;coupent et que les marmites bouillonnent, le flot des participants &#224; la bouffe du midi ne cesse de grossir. Dans ce joyeux bordel, au gr&#233; des d&#233;sistements de derni&#232;re minute et des bonnes surprises, rena&#238;t chaque jour le projet du collectif autour d'Anne, Juliette, Delphine, Rico et les autres. La cuisine justement est aussi vaste que la salle afin que chacun puisse, s'il en a envie, mettre son grain de sel et la main &#224; la p&#226;te dans la confection du repas. Juliette insiste d'ailleurs sur ce point : &lt;i&gt;&#171; On n'est pas un resto, on n'a pas de clients mais un public qui participe avec nous &#224; la cr&#233;ation des plats. &#187;&lt;/i&gt; Une id&#233;e qui fait progressivement son chemin non sans quelques balbutiements : &lt;i&gt;&#171; Un jour, un b&#233;n&#233;vole a voulu faire un risotto qui a continu&#233; de cuire pendant une heure et demie. Pour les derniers arriv&#233;s, c'&#233;tait vraiment d&#233;gueu. &#187;&lt;/i&gt; De m&#234;me, la d&#233;marche de ne pas faire de service en salle pour stimuler la curiosit&#233; et les &#233;changes, l'envie de venir voir l'alchimie culinaire en train d'op&#233;rer, n'a pas &#233;t&#233; comprise d'embl&#233;e par tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, ces architectes se plaignant dans les colonnes d'un gratuit local que le service &#233;tait trop long. Qu'&#224; cela ne tienne, l'&#233;quipe entend continuer &#224; bousculer les mauvaises habitudes, et en premier lieu le rapport &#224; l'argent. &lt;i&gt;&#171; Les prix que nous pratiquons sont indicatifs, le plus bas pour payer les produits et le loyer, le plus haut pour soutenir l'asso. Cela laisse le choix aux gens et, comme pour le prix libre, cela entra&#238;ne pas mal de discussions et de prises de t&#234;te. &#187;&lt;/i&gt; Ensuite vient la qualit&#233; des produits. &lt;i&gt;&#171; On a fait le choix de la fili&#232;re courte pour favoriser les petits producteurs locaux qu'on aime bien, qu'ils fassent du bio ou non. D'ailleurs pour les gens du quartier, si tu leur dis v&#233;g&#233;tarien, bio ou commerce &#233;quitable, ils entendent salade de blettes aux lentilles, pas bon et tr&#232;s cher. &#187;&lt;/i&gt; &#192; terme, la cr&#233;ation d'une coop&#233;rative avec d'autres associations ou des particuliers devrait leur permettre de proposer les meilleurs produits au meilleur prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet s'inscrit donc dans une vision plus large, celle de l'apprentissage d'une autre relation &#224; la nourriture, &#224; la consommation. Dans ce sens, adultes et enfants seront convi&#233;s &#224; des ateliers o&#249;, &#224; l'occasion d'un repas de quartier par exemple, ils pourront se familiariser avec l'origine des produits, les conditions de production, quelques notions de di&#233;t&#233;tique. &lt;i&gt;&#171; La cuisine permet d'avoir un r&#233;sultat imm&#233;diat qu'on peut partager avec tous &#224; la diff&#233;rence d'autres activit&#233;s comme la poterie ou la musique qui exigent plus de temps. &#187;&lt;/i&gt; Comme le dit un voisin qui fr&#233;quente : &lt;i&gt;&#171; H&#233;, vous &#234;tes bien courageuses ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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