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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; De la remarque graveleuse au viol caract&#233;ris&#233; &#187;</title>
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		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Dans leur livre La Guerre invisible, Le&#239;la Mi&#241;ano et Julia Pascual racontaient en 2014 les violences sexuelles et le sexisme subis par les femmes engag&#233;es dans l'arm&#233;e. Six ans apr&#232;s leur enqu&#234;te, la donne a-t-elle chang&#233; ? D&#233;but de r&#233;ponse avec Le&#239;la Mi&#241;ano. &#171; Sur le terrain, il n'y a plus d'hommes ou de femmes, il n'y a que des soldats &#187;. Question f&#233;minisation des arm&#233;es, la communication du minist&#232;re est bien rod&#233;e : l'op&#233;ration est un franc succ&#232;s. Les chiffres parlent d'eux-m&#234;mes : de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/violences-sexuelles" rel="tag"&gt;violences sexuelles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans leur livre &lt;i&gt;La Guerre invisible&lt;/i&gt;, Le&#239;la Mi&#241;ano et Julia Pascual racontaient en 2014 les violences sexuelles et le sexisme subis par les femmes engag&#233;es dans l'arm&#233;e. Six ans apr&#232;s leur enqu&#234;te, la donne a-t-elle chang&#233; ? D&#233;but de r&#233;ponse avec Le&#239;la Mi&#241;ano.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3272 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH656/-1478-67187.jpg?1782641120' width='400' height='656' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Pole Ka
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; S&lt;/span&gt;&lt;i&gt;ur le terrain, il n'y a plus d'hommes ou de femmes, il n'y a que des soldats&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Titre d'un article de propagande publi&#233; sur le site du minist&#232;re de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;. Question f&#233;minisation des arm&#233;es, la communication du minist&#232;re est bien rod&#233;e : l'op&#233;ration est un franc succ&#232;s. Les chiffres parlent d'eux-m&#234;mes : de 7,7 % en 1997, la part des femmes au sein des troupes est pass&#233;e &#224; 15,5 %&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'arm&#233;e fran&#231;aise est la plus f&#233;minis&#233;e d'Europe.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; en 2018. Mais derri&#232;re l'&#233;cran de fum&#233;e statistique se cache une r&#233;alit&#233; moins reluisante : celle des violences sexistes et sexuelles v&#233;cues par les femmes militaires. Un ph&#233;nom&#232;ne mis en lumi&#232;re par Le&#239;la Mi&#241;ano et Julia Pascual dans leur livre &lt;i&gt;La Guerre invisible&lt;/i&gt; (Les Ar&#232;nes/Causette).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un t&#233;moignage &#224; l'autre, on y apprend qu'en op&#233;rations ext&#233;rieures (Opex), des recrues compriment leur poitrine avec des bandeaux pour &#233;viter les sollicitations permanentes ; que sur les bancs du lyc&#233;e militaire du Prytan&#233;e (Sarthe), les &#233;tudiantes&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au m&#234;me titre que des &#233;trangers et d'autres personnes jug&#233;es &#171; diff&#233;rentes &#187;.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; se font appeler &#171; &lt;i&gt;les souzes&lt;/i&gt; &#187; en r&#233;f&#233;rence au &lt;i&gt;sous-homme&lt;/i&gt; de l'id&#233;ologie nazie ; qu'en caserne, certaines militaires se r&#233;veillent le matin avec du sperme coll&#233; dans les cheveux quand d'autres sont victimes de viols lors de soir&#233;es arros&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2013, ann&#233;e o&#249; les journalistes ont men&#233; leur enqu&#234;te, il n'existait aucune &#233;tude de r&#233;f&#233;rence, aucune donn&#233;e chiffr&#233;e sur ces violences. L'ouvrage a contraint la Grande Muette &#224; passer &#224; table. En partie du moins.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans votre livre, vous dressez un constat implacable : l'arm&#233;e fran&#231;aise est gangren&#233;e par le sexisme...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce sexisme est une gradation de violences allant de la remarque graveleuse au viol caract&#233;ris&#233;. Il est une mani&#232;re de dire aux femmes qu'elles n'ont pas leur place au sein de l'arm&#233;e, cens&#233;e rester un bastion masculin. Tout cela est en partie li&#233; &#224; la f&#233;minisation tardive de l'arm&#233;e fran&#231;aise : &#224; la fin du service militaire, la perte d'effectifs a &#233;t&#233; telle qu'int&#233;grer des femmes est devenu une question de survie pour l'institution. Cette f&#233;minisation n'a donc pas r&#233;pondu &#224; une volont&#233; politique. Personne n'y &#233;tait pr&#233;par&#233;, ce qui a donn&#233; lieu &#224; un rejet puissant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les femmes ont fait leur entr&#233;e dans les grandes &#233;coles militaires d&#232;s 1977, mais elles n'y sont toujours pas les bienvenues...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ces &#233;tablissements prestigieux forment ceux qui vont diriger l'arm&#233;e : ils auront donc un r&#244;le d&#233;terminant dans l'acceptation des femmes. Le probl&#232;me est que la plupart des &#233;l&#232;ves sont issus de familles d'officiers [&lt;i&gt;lire aussi en page V&lt;/i&gt;]. Parmi eux, il y a des minorit&#233;s agissantes qui h&#233;ritent de valeurs r&#233;actionnaires, penchant m&#234;me parfois vers la pens&#233;e n&#233;onazie. Leur l&#233;gitimit&#233; est tr&#232;s forte et leurs id&#233;es irradient toute l'institution... Depuis longtemps, il y a des cas de harc&#232;lement sexuel dans ces &#233;coles ; on l'a vu encore d&#233;but f&#233;vrier au lyc&#233;e de Saint-Cyr, dans les Yvelines. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De nombreuses militaires sont victimes de harc&#232;lement sexuel. &#192; l'&#233;poque de votre enqu&#234;te, ce d&#233;lit n'&#233;tait pas reconnu par l'arm&#233;e...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Officiellement, il n'y avait pas de violences sexuelles au sein de l'arm&#233;e fran&#231;aise. On savait ce qu'il se passait dans l'arm&#233;e am&#233;ricaine, mais les dirigeants arguaient que la France y &#233;chappait parce que l'Am&#233;rique, c'est autre chose : &#8220;Ils sont puritains et ont un probl&#232;me avec le sexe.&#8221; Dans les faits, ces affaires existaient mais se r&#233;glaient en interne. Pour des cas de harc&#232;lement, certains prenaient quarante jours de mise &#224; pied, d'autres dix. Il n'y avait ni coh&#233;rence ni sanctions lisibles et le harc&#232;lement sexuel n'&#233;tait pas inscrit dans le Code de la d&#233;fense. Depuis la parution de &lt;i&gt;La Guerre invisible&lt;/i&gt;, c'est un peu diff&#233;rent. Aujourd'hui, il y a beaucoup plus de proc&#232;s judiciaires pour ce genre de faits qu'en 2013. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En cas de viol, rares sont celles qui se confient &#224; leur hi&#233;rarchie... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, peu de femmes portent plainte : l'arm&#233;e n'&#233;chappe pas &#224; la r&#232;gle. Une femme militaire risque aussi des repr&#233;sailles : on s'attaque &#224; sa carri&#232;re ou &#224; sa personne physique car elle a mis en cause la hi&#233;rarchie. Tout ce qui se passe dans un r&#233;giment rel&#232;ve de la responsabilit&#233; d'un chef : si un viol s'est produit, c'est qu'il a mal fait son travail. Il n'a donc aucun int&#233;r&#234;t &#224; ce que l'affaire s'&#233;bruite. En parlant, la femme casse aussi la coh&#233;sion du groupe. Or cette coh&#233;sion, la hi&#233;rarchie en a besoin : c'est ce qui fait que tout le monde avance comme un seul homme quand les ordres sont donn&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui a boug&#233; depuis 2014 ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La parole s'est lib&#233;r&#233;e de la m&#234;me mani&#232;re que dans toute la soci&#233;t&#233; apr&#232;s &lt;i&gt;#MeToo&lt;/i&gt;. Pour la reconnaissance de l'existence de ces violences au sein de l'institution, &lt;i&gt;La Guerre invisible&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; une premi&#232;re pierre &#224; l'&#233;difice. Un mois apr&#232;s la parution, il y avait un rapport et un plan d'action sur la table. Sauf que, dans les faits, &#231;a reste limit&#233;. Par exemple, la mise en place de Th&#233;mis [&lt;i&gt;cellule de signalement des actes sexistes au sein du minist&#232;re de la D&#233;fense&lt;/i&gt;] est une belle escroquerie. On attendait une cellule d'&#233;coute ext&#233;rieure &#224; l'arm&#233;e fran&#231;aise. Au lieu de &#231;a, ce sont des g&#233;n&#233;raux qui d&#233;crochent quand on appelle, pas des psychologues form&#233;s pour recueillir la parole de victimes. L'anonymat n'est pas non plus respect&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2018, Th&#233;mis a recens&#233; 97 faits, dont 5 viols ou tentatives de viol, 18 agressions sexuelles et 47 cas de harc&#232;lement sexuel. Est-ce que ces chiffres refl&#232;tent la r&#233;alit&#233; ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au moins il y a des chiffres, alors qu'avant il n'y avait aucune donn&#233;e. Mais &#231;a s'inscrit dans la sous-d&#233;claration g&#233;n&#233;rale des faits de violences sexuelles. C'est certainement beaucoup plus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les militaires fran&#231;aises ne sont pas les seules &#224; subir des agressions : en Opex, les civiles qui vivent sur les zones d'intervention en font aussi les frais...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sachant qu'on commence &#224; peine &#224; comprendre que ce n'est pas bien de violer une militaire fran&#231;aise, ce n'est pas demain la veille qu'on punira des hommes en armes pour avoir viol&#233; des civiles sur le terrain. Toutes les plaintes sont class&#233;es et l'opinion publique s'en fout. Parce qu'on parle de femmes qui sont &#224; des milliers de kilom&#232;tres et que beaucoup consid&#232;rent que c'est normal, que la guerre produit ce genre de choses, que les soldats ont de tout temps viol&#233; les femmes et eu recours &#224; la prostitution. On appelle m&#234;me cela &#8220;le repos du guerrier&#8221;, comme s'il s'agissait d'un besoin vital pour lui, au m&#234;me titre que manger un bon plat. Longtemps [&lt;i&gt;jusqu'aux ann&#233;es 1990&lt;/i&gt;] il a exist&#233; des bordels militaires de campagne : l'&#201;tat fran&#231;ais assurait le r&#244;le de prox&#233;n&#232;te. Il y a une admission collective de ce qu'on appelle la prostitution de survie : on ne remet pas en cause le fait d'&#233;changer un rapport sexuel avec une mineure contre une bouteille d'eau. Dans une situation de conflit, avec des hommes en armes et des populations accul&#233;es par la peur et la faim, la barri&#232;re entre viol et prostitution devient t&#233;nue. Quel choix r&#233;el a une femme ou un enfant quand il n'a plus de quoi se nourrir ? La complaisance vis-&#224;-vis de ces actes est plus palpable encore dans les guerres africaines du fait de l'histoire coloniale de la France. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment agir contre ces violences ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai r&#233;cemment &#233;t&#233; auditionn&#233;e au S&#233;nat au c&#244;t&#233; de professeurs de droit international sur la fa&#231;on d'endiguer le viol de guerre &#224; l'&#233;chelle internationale. J'ai parl&#233; des violences sexuelles commises par l'arm&#233;e fran&#231;aise en Opex. Les professeurs expliquaient que le viol &#233;tait d&#233;j&#224; interdit dans le Code p&#233;nal, qu'il fallait maintenant passer &#224; l'&#233;tape d'apr&#232;s : appliquer la loi. En face, ils voulaient l&#233;gif&#233;rer pour pouvoir jouer les d&#233;fenseurs de la veuve et de l'orphelin. Je leur ai r&#233;torqu&#233; qu'en dehors de la formation des militaires et des sanctions contre les auteurs de violences, qui restent en majeure partie impunies, il existait un truc qui ne co&#251;terait pas un radis et qui serait un message fort &#224; envoyer aux troupes : des excuses publiques de la France pour les viols de masse commis par ses troupes en Italie en 1944 &#224; la Lib&#233;ration. On m'a r&#233;pondu qu'on n'&#233;tait pas l&#224; pour refaire l'histoire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Titre d'un article de propagande publi&#233; sur le site du minist&#232;re de la D&#233;fense (09/10/2017).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'arm&#233;e fran&#231;aise est la plus f&#233;minis&#233;e d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Au m&#234;me titre que des &#233;trangers et d'autres personnes jug&#233;es &#171; diff&#233;rentes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Culture du viol : le d&#233;fi du d&#233;ni</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Culture-du-viol-le-defi-du-deni</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Culture-du-viol-le-defi-du-deni</guid>
		<dc:date>2019-11-25T09:19:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Anne Lo&#232;ve</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>violences</dc:subject>
		<dc:subject>viol</dc:subject>
		<dc:subject>violences sexuelles</dc:subject>
		<dc:subject>victimes</dc:subject>
		<dc:subject>Val&#233;rie Rey-Robert</dc:subject>
		<dc:subject>PSG Neymar</dc:subject>
		<dc:subject>Daniel Riolo</dc:subject>
		<dc:subject>J&#233;rome Rothen</dc:subject>
		<dc:subject>Najila Trindade</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une culture du viol &#224; la fran&#231;aise (Libertalia) est un livre dur, implacable. La militante f&#233;ministe Val&#233;rie Rey-Robert y d&#233;monte les ressorts des violences sexuelles, ramenant au plan culturel, soci&#233;tal, ce que l'on s'ent&#234;te trop souvent &#224; penser en termes individuels et pathologiques. Le 6 juin dernier, c'&#233;tait grosse poilade sur RMC. Deux &#171; sp&#233;cialistes &#187; foot &#224; mini-cerveau trempant dans le corporatisme burn&#233;, Daniel Riolo et J&#233;rome Rothen, se gaussaient en effet du physique de Najila (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no178-juillet-aout-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;178 (juillet-ao&#251;t 2019)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Anne-Loeve" rel="tag"&gt;Anne Lo&#232;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/violences" rel="tag"&gt;violences&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/viol" rel="tag"&gt;viol&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/violences-sexuelles" rel="tag"&gt;violences sexuelles&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Valerie-Rey-Robert" rel="tag"&gt;Val&#233;rie Rey-Robert&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/PSG-Neymar" rel="tag"&gt;PSG Neymar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Daniel-Riolo" rel="tag"&gt;Daniel Riolo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jerome-Rothen" rel="tag"&gt;J&#233;rome Rothen&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Najila-Trindade" rel="tag"&gt;Najila Trindade&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une culture du viol &#224; la fran&#231;aise &lt;/i&gt;(Libertalia) est un livre dur, implacable. La militante f&#233;ministe Val&#233;rie Rey-Robert y d&#233;monte les ressorts des violences sexuelles, ramenant au plan culturel, soci&#233;tal, ce que l'on s'ent&#234;te trop souvent &#224; penser en termes individuels et pathologiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3138 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L494xH400/-1365-53212.jpg?1782675532' width='494' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Anne Lo&#232;ve
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e 6 juin dernier, c'&#233;tait grosse poilade sur RMC. Deux &#171; sp&#233;cialistes &#187; foot &#224; mini-cerveau trempant dans le corporatisme burn&#233;, Daniel Riolo et J&#233;rome Rothen, se gaussaient en effet du physique de Najila Trindade, femme accusant de viol le footballeur du PSG Neymar. Entre autres analyses de haut vol, ils s'&#233;tonnaient : &#171; &lt;i&gt;Mais la nana, tu l'as vue la nana ?&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;C'est de la deuxi&#232;me division. Quand tu t'appelles Neymar, tu as un minimum de qualit&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Et d'ironiser grassement sur cette suppos&#233;e laideur de la victime&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Devant le mini-scandale, la cha&#238;ne les a suspendus pour... Une semaine.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des escadrons de commentaires de ce genre avaient d&#233;j&#224; fus&#233; dans des cas pr&#233;c&#233;dents. Nafissatou Diallo dans l'affaire DSK &#233;tait trop moche pour son r&#244;le, disaient certains, insinuant que le roi du FMI pouvait bien &#171; &lt;i&gt;trousser une domestique&lt;/i&gt; &#187; (Jean-Fran&#231;ois Kahn), ce n'&#233;tait pas si grave. Aux &#201;tats-Unis en 2012, quand deux jeunes footballeurs d'un campus am&#233;ricain,&lt;i&gt; bien sous tous rapports&lt;/i&gt;, ont &#233;t&#233; jug&#233;s pour le viol d'une jeune fille, leurs cong&#233;n&#232;res &#233;tant nombreux &#224; leur trouver des excuses &#8211; ils &#233;taient bourr&#233;s, elle l'avait cherch&#233;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des discours typiques, presque universels. Si Val&#233;rie Rey-Robert rappelle que la culture du viol &#171; &lt;i&gt;s'exprime de fa&#231;on diff&#233;renci&#233;e selon les &#233;poques, les pays, les soci&#233;t&#233;s, les cultures &#187;&lt;/i&gt;, elle ajoute en effet qu' &#171; &lt;i&gt;elle provoque syst&#233;matiquement des ph&#233;nom&#232;nes similaires observables : fatalisation du viol, excuse des coupables, culpabilisation des victimes&lt;/i&gt; &#187;. De quoi nier la r&#233;alit&#233; des violences sexuelles et de leur diffusion &#224; tous les niveaux de soci&#233;t&#233;s malades.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Dissocier, disent-ils&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;ni forcen&#233; d'une r&#233;alit&#233; d&#233;sastreuse est au c&#339;ur du livre de Val&#233;ry Rey-Robert. Rappelant qu'en France au cours d'une ann&#233;e &#171; &lt;i&gt;le nombre de femmes &#226;g&#233;es de 18 &#224; 75 ans qui sont victimes de viols et de tentatives de viol est de 84 000&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Enqu&#234;te Insee-ONDRP, men&#233;e de 2012 &#224; 2017, que l'auteure qualifie d' &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, elle d&#233;monte patiemment les id&#233;es re&#231;ues sur le viol. Et r&#233;affirme qu'il existe bien un soubassement soci&#233;tal &#224; cette &#233;pid&#233;mie, qui touche tous les milieux, toutes les classes sociales. Non, ce ne sont pas des cas isol&#233;s. Non, cela ne se d&#233;roule pas loin de nos cercles. C'est l&#224;, sous nos yeux, o&#249; qu'on se trouve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;videmment plus rassurant d'imaginer le violeur comme un monstre, une cr&#233;ature hors de la soci&#233;t&#233; &#8211; ou comme un Trump, satyre immonde gorg&#233; de pouvoir. Mais la tenanci&#232;re du tr&#232;s bon blog &lt;i&gt;Cr&#234;pe Georgette&lt;/i&gt; tacle cette id&#233;e re&#231;ue. D&#233;montant &#171; &lt;i&gt;l'image d'un violeur qui serait forc&#233;ment un psychopathe, laid et contrefait, forc&#233;ment malade mental ou monstre de contes de f&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, elle rappelle que la majorit&#233; des agressions se passent dans un cadre ferm&#233;, impliquant des proches (familles, couples, amis, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;flexe de dissociation, de d&#233;signation de l'Autre, quel qu'il soit, &#171; &lt;i&gt;le pauvre, l'Arabe, le Noir, le fou, le malade&lt;/i&gt; &#187;, forme l'un des pans de r&#233;sistance les plus tenaces &#224; l'acceptation de la r&#233;alit&#233;. Autre biais de d&#233;ni : chercher &#224; tout prix des responsabilit&#233;s chez les victimes (elle &#233;tait en mini jupe, elle avait trop bu, elle n'avait rien &#224; faire l&#224;&#8230;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; On trouve toujours quelque chose &#224; reprocher aux victimes, pr&#233;sum&#233;es ou (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;). Tout ceci s'accompagnant de st&#233;r&#233;otypes sur les violences elles-m&#234;mes, qui en fait n'en seraient pas, ou alors ne porteraient pas tant que &#231;a &#224; cons&#233;quence (le viol conjugal serait compr&#233;hensible si la partenaire se refuse aux rapports, etc.). Un dispositif de d&#233;ni aux soubassements profonds.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Galante France&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'expression &#171; culture du viol &#187; a beau &#234;tre n&#233;e aux &#201;tats-Unis dans les ann&#233;es 1970 (d&#233;j&#224; avec l'objectif de &#171; &lt;i&gt;montrer que le viol n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne rare et accidentel&lt;/i&gt; &#187;), elle concerne particuli&#232;rement l'Hexagone contemporain, parangon, comme chacun sait, d'amour courtois et de galanterie... Revenant sur cette construction historique flatteuse mais erron&#233;e, l'auteure montre bien comment le ver &#233;tait d&#233;j&#224; dans le fruit chez ces libertins tant encens&#233;s par les &#233;lites. L'amour courtois : un dispositif de soumission de la femme. Casanova et le Vicomte de Valmont des &lt;i&gt;Liaisons dangereuses &lt;/i&gt; ? Concr&#232;tement : des violeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand, exemple entre mille, l'insupportable Philippe Sollers &#233;crit une hagiographie du premier, &lt;i&gt;Casanova l'admirable&lt;/i&gt;, il se revendique d'une tradition de grivoiserie bas&#233;e en fait sur une insupportable violence. Ce qui fit ainsi r&#233;agir Fran&#231;oise Giroud dans &lt;i&gt;Le Nouvel Obs&lt;/i&gt;, en 1998 : &#171; &lt;i&gt;Heureuses, ces religieuses encul&#233;es, ces adolescentes engross&#233;es, ces vieilles femmes grug&#233;es, ces matrones d&#233;laiss&#233;es, ces catins r&#233;tribu&#233;es, ces amoureuses d'un soir refil&#233;es &#224; qui voudra bien les prendre, ces ouvri&#232;res tringl&#233;es &#224; la cha&#238;ne ?&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Admirable, Casanova ? &#187;, 5 novembre 1998.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ferment historique et culturel a laiss&#233; beaucoup de traces dans la psych&#233; collective. Il porte en soi cette id&#233;e que la femme est frivole, qu'elle aime &#224; &#234;tre forc&#233;e, qu'il faut lui tordre la main pour la faire se p&#226;mer. Combien de vid&#233;os porno bas&#233;es sur ce fantasme&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Pornographie : la contribution f&#233;ministe &#187;, CQFD n&#176;178, juillet-ao&#251;t (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; ? Combien de publicit&#233;s, de s&#233;ries, de films, de tubes pop ou rap mettant en sc&#232;ne l'image de la femme comme volatile et inconstante, finalement conquise par la m&#226;le et virile d&#233;termination d'un hidalgo entreprenant jusqu'au harc&#232;lement ? Trop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;pisode &lt;i&gt;Me Too&lt;/i&gt; et son pendant fran&#231;ais &lt;i&gt;Balance Ton Porc&lt;/i&gt; a suscit&#233; de nombreux espoirs en la mati&#232;re, l'&#233;difice du d&#233;ni n'est en rien &#233;branl&#233;. Outre les r&#233;actions indign&#233;es des r&#233;acs de service se r&#233;clamant d'une &#171; &lt;i&gt;libert&#233; d'importuner &#187;&lt;/i&gt; (tribune publi&#233;e dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; le 9 janvier 2018 &lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le titre de cette tribune, notamment sign&#233;e par Catherine Deneuve et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;), la m&#233;connaissance des m&#233;canismes et des r&#233;alit&#233;s du viol reste dominante. Une tr&#232;s r&#233;cente &#233;tude Ipsos intitul&#233;e &#171; Les Fran&#231;ais et les repr&#233;sentations sur le viol et les violences sexuelles &#187; d&#233;voile ainsi que 42 % d'entre elles et eux estiment que la responsabilit&#233; du violeur est att&#233;nu&#233;e si la victime a une attitude jug&#233;e provocante. Et que la majorit&#233; pense que l'espace public est le lieu o&#249; l'on risque le plus d'&#234;tre viol&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a du boulot. Beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Plus le temps &#187;&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous n'avons plus le temps&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit Val&#233;rie Rey-Robert. &#171; &lt;i&gt;Plus le temps de soigner les ego de ceux qui se sentent davantage bless&#233;s par ce que nous disons que par la r&#233;alit&#233; des violences sexuelles. Plus le temps que la honte change de camp. Plus le temps que les victimes continuent &#224; se reconstruire seules dans leur coin...&lt;/i&gt; &#187; De ce constat d&#233;coule une approche r&#233;solument offensive, multipliant les pistes de lutte. Parmi celles-ci : d&#233;construire les st&#233;r&#233;otypes de genre ; repenser l'espace public ; travailler sur l'&#233;ducation genr&#233;e ; d&#233;noncer les productions culturelles n&#233;fastes en la mati&#232;re ; &#171; &lt;i&gt;&#233;duquer les hommes &#224; ne pas violer &#187;&lt;/i&gt; ; impliquer davantage les pouvoirs publics ; etc. Ce n'est pas un petit pan qu'il faudrait briser, mais l'ensemble de la structure, &#224; toutes ses extr&#233;mit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion de son essai, Val&#233;rie Rey-Robert, qui travaille sur les violences sexuelles depuis une vingtaine d'ann&#233;es, rend hommage aux personnes qui lui ont livr&#233; leur t&#233;moignage. Et notamment &#224; Fran&#231;ois et Marie, viol&#233;s respectivement &#224; l'&#226;ge de 9 ans et de 14 ans. Deux &#234;tres humains bousill&#233;s, &#233;corch&#233;s, qui sont parvenus &#224; se reconstruire sur la longueur, malgr&#233; cette tenace inclination &#171; &lt;i&gt;&#224; se voir non comme une victime mais comme un &#233;ternel coupable&lt;/i&gt; &#187;. Sous sa plume, on sent un respect infini pour leur combat, leur courage. Et pour avoir finalement renvers&#233; la barre, acceptant &#171; &lt;i&gt;avoir &#233;t&#233; victimes&lt;/i&gt; &#187;. C'est en ce sens qu'elle exhorte les femmes et hommes victimes de violences sexuelles &#224; t&#233;moigner, malgr&#233; l'immense difficult&#233; de la chose : &#171; &lt;i&gt;Les victimes qui peuvent parler doivent continuer &#224; occuper l'espace politique, m&#233;diatique, social, public. C'est difficile, je le sais, parce qu'elles y sont insult&#233;es, moqu&#233;es. Leurs propos sont caricatur&#233;s, ridiculis&#233;s. Mais nous le devons &#224; tous les Fran&#231;ois et Marie dont la force, la constance, la volont&#233; m'ont coup&#233; le souffle et continuent &#224; susciter mon admiration.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Devant le mini-scandale, la cha&#238;ne les a suspendus pour... Une semaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Enqu&#234;te Insee-ONDRP, men&#233;e de 2012 &#224; 2017, que l'auteure qualifie d' &#187; estimation minimale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;On trouve toujours quelque chose &#224; reprocher aux victimes, pr&#233;sum&#233;es ou non. Soit elles sont trop laides pour &#234;tre des victimes, soit elles l'ont bien cherch&#233;&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit No&#233;mie Renard dans &lt;i&gt;En finir avec la culture du viol&lt;/i&gt;, r&#233;cemment publi&#233; aux &#233;ditions Petits Matins.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Admirable, Casanova ? &#187;, 5 novembre 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; Pornographie : la contribution f&#233;ministe &#187;, &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;n&#176;178, juillet-ao&#251;t 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le titre de cette tribune, notamment sign&#233;e par Catherine Deneuve et Catherine Millet : &#171; Nous d&#233;fendons une libert&#233; d'importuner, indispensable &#224; la libert&#233; sexuelle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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