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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; De la remarque graveleuse au viol caract&#233;ris&#233; &#187;</title>
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		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Dans leur livre La Guerre invisible, Le&#239;la Mi&#241;ano et Julia Pascual racontaient en 2014 les violences sexuelles et le sexisme subis par les femmes engag&#233;es dans l'arm&#233;e. Six ans apr&#232;s leur enqu&#234;te, la donne a-t-elle chang&#233; ? D&#233;but de r&#233;ponse avec Le&#239;la Mi&#241;ano. &#171; Sur le terrain, il n'y a plus d'hommes ou de femmes, il n'y a que des soldats &#187;. Question f&#233;minisation des arm&#233;es, la communication du minist&#232;re est bien rod&#233;e : l'op&#233;ration est un franc succ&#232;s. Les chiffres parlent d'eux-m&#234;mes : de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/violences-sexuelles" rel="tag"&gt;violences sexuelles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans leur livre &lt;i&gt;La Guerre invisible&lt;/i&gt;, Le&#239;la Mi&#241;ano et Julia Pascual racontaient en 2014 les violences sexuelles et le sexisme subis par les femmes engag&#233;es dans l'arm&#233;e. Six ans apr&#232;s leur enqu&#234;te, la donne a-t-elle chang&#233; ? D&#233;but de r&#233;ponse avec Le&#239;la Mi&#241;ano.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3272 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH656/-1478-67187.jpg?1768653471' width='400' height='656' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Pole Ka
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; S&lt;/span&gt;&lt;i&gt;ur le terrain, il n'y a plus d'hommes ou de femmes, il n'y a que des soldats&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Titre d'un article de propagande publi&#233; sur le site du minist&#232;re de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;. Question f&#233;minisation des arm&#233;es, la communication du minist&#232;re est bien rod&#233;e : l'op&#233;ration est un franc succ&#232;s. Les chiffres parlent d'eux-m&#234;mes : de 7,7 % en 1997, la part des femmes au sein des troupes est pass&#233;e &#224; 15,5 %&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'arm&#233;e fran&#231;aise est la plus f&#233;minis&#233;e d'Europe.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; en 2018. Mais derri&#232;re l'&#233;cran de fum&#233;e statistique se cache une r&#233;alit&#233; moins reluisante : celle des violences sexistes et sexuelles v&#233;cues par les femmes militaires. Un ph&#233;nom&#232;ne mis en lumi&#232;re par Le&#239;la Mi&#241;ano et Julia Pascual dans leur livre &lt;i&gt;La Guerre invisible&lt;/i&gt; (Les Ar&#232;nes/Causette).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un t&#233;moignage &#224; l'autre, on y apprend qu'en op&#233;rations ext&#233;rieures (Opex), des recrues compriment leur poitrine avec des bandeaux pour &#233;viter les sollicitations permanentes ; que sur les bancs du lyc&#233;e militaire du Prytan&#233;e (Sarthe), les &#233;tudiantes&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au m&#234;me titre que des &#233;trangers et d'autres personnes jug&#233;es &#171; diff&#233;rentes &#187;.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; se font appeler &#171; &lt;i&gt;les souzes&lt;/i&gt; &#187; en r&#233;f&#233;rence au &lt;i&gt;sous-homme&lt;/i&gt; de l'id&#233;ologie nazie ; qu'en caserne, certaines militaires se r&#233;veillent le matin avec du sperme coll&#233; dans les cheveux quand d'autres sont victimes de viols lors de soir&#233;es arros&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2013, ann&#233;e o&#249; les journalistes ont men&#233; leur enqu&#234;te, il n'existait aucune &#233;tude de r&#233;f&#233;rence, aucune donn&#233;e chiffr&#233;e sur ces violences. L'ouvrage a contraint la Grande Muette &#224; passer &#224; table. En partie du moins.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans votre livre, vous dressez un constat implacable : l'arm&#233;e fran&#231;aise est gangren&#233;e par le sexisme...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce sexisme est une gradation de violences allant de la remarque graveleuse au viol caract&#233;ris&#233;. Il est une mani&#232;re de dire aux femmes qu'elles n'ont pas leur place au sein de l'arm&#233;e, cens&#233;e rester un bastion masculin. Tout cela est en partie li&#233; &#224; la f&#233;minisation tardive de l'arm&#233;e fran&#231;aise : &#224; la fin du service militaire, la perte d'effectifs a &#233;t&#233; telle qu'int&#233;grer des femmes est devenu une question de survie pour l'institution. Cette f&#233;minisation n'a donc pas r&#233;pondu &#224; une volont&#233; politique. Personne n'y &#233;tait pr&#233;par&#233;, ce qui a donn&#233; lieu &#224; un rejet puissant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les femmes ont fait leur entr&#233;e dans les grandes &#233;coles militaires d&#232;s 1977, mais elles n'y sont toujours pas les bienvenues...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ces &#233;tablissements prestigieux forment ceux qui vont diriger l'arm&#233;e : ils auront donc un r&#244;le d&#233;terminant dans l'acceptation des femmes. Le probl&#232;me est que la plupart des &#233;l&#232;ves sont issus de familles d'officiers [&lt;i&gt;lire aussi en page V&lt;/i&gt;]. Parmi eux, il y a des minorit&#233;s agissantes qui h&#233;ritent de valeurs r&#233;actionnaires, penchant m&#234;me parfois vers la pens&#233;e n&#233;onazie. Leur l&#233;gitimit&#233; est tr&#232;s forte et leurs id&#233;es irradient toute l'institution... Depuis longtemps, il y a des cas de harc&#232;lement sexuel dans ces &#233;coles ; on l'a vu encore d&#233;but f&#233;vrier au lyc&#233;e de Saint-Cyr, dans les Yvelines. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De nombreuses militaires sont victimes de harc&#232;lement sexuel. &#192; l'&#233;poque de votre enqu&#234;te, ce d&#233;lit n'&#233;tait pas reconnu par l'arm&#233;e...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Officiellement, il n'y avait pas de violences sexuelles au sein de l'arm&#233;e fran&#231;aise. On savait ce qu'il se passait dans l'arm&#233;e am&#233;ricaine, mais les dirigeants arguaient que la France y &#233;chappait parce que l'Am&#233;rique, c'est autre chose : &#8220;Ils sont puritains et ont un probl&#232;me avec le sexe.&#8221; Dans les faits, ces affaires existaient mais se r&#233;glaient en interne. Pour des cas de harc&#232;lement, certains prenaient quarante jours de mise &#224; pied, d'autres dix. Il n'y avait ni coh&#233;rence ni sanctions lisibles et le harc&#232;lement sexuel n'&#233;tait pas inscrit dans le Code de la d&#233;fense. Depuis la parution de &lt;i&gt;La Guerre invisible&lt;/i&gt;, c'est un peu diff&#233;rent. Aujourd'hui, il y a beaucoup plus de proc&#232;s judiciaires pour ce genre de faits qu'en 2013. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En cas de viol, rares sont celles qui se confient &#224; leur hi&#233;rarchie... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, peu de femmes portent plainte : l'arm&#233;e n'&#233;chappe pas &#224; la r&#232;gle. Une femme militaire risque aussi des repr&#233;sailles : on s'attaque &#224; sa carri&#232;re ou &#224; sa personne physique car elle a mis en cause la hi&#233;rarchie. Tout ce qui se passe dans un r&#233;giment rel&#232;ve de la responsabilit&#233; d'un chef : si un viol s'est produit, c'est qu'il a mal fait son travail. Il n'a donc aucun int&#233;r&#234;t &#224; ce que l'affaire s'&#233;bruite. En parlant, la femme casse aussi la coh&#233;sion du groupe. Or cette coh&#233;sion, la hi&#233;rarchie en a besoin : c'est ce qui fait que tout le monde avance comme un seul homme quand les ordres sont donn&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui a boug&#233; depuis 2014 ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La parole s'est lib&#233;r&#233;e de la m&#234;me mani&#232;re que dans toute la soci&#233;t&#233; apr&#232;s &lt;i&gt;#MeToo&lt;/i&gt;. Pour la reconnaissance de l'existence de ces violences au sein de l'institution, &lt;i&gt;La Guerre invisible&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; une premi&#232;re pierre &#224; l'&#233;difice. Un mois apr&#232;s la parution, il y avait un rapport et un plan d'action sur la table. Sauf que, dans les faits, &#231;a reste limit&#233;. Par exemple, la mise en place de Th&#233;mis [&lt;i&gt;cellule de signalement des actes sexistes au sein du minist&#232;re de la D&#233;fense&lt;/i&gt;] est une belle escroquerie. On attendait une cellule d'&#233;coute ext&#233;rieure &#224; l'arm&#233;e fran&#231;aise. Au lieu de &#231;a, ce sont des g&#233;n&#233;raux qui d&#233;crochent quand on appelle, pas des psychologues form&#233;s pour recueillir la parole de victimes. L'anonymat n'est pas non plus respect&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2018, Th&#233;mis a recens&#233; 97 faits, dont 5 viols ou tentatives de viol, 18 agressions sexuelles et 47 cas de harc&#232;lement sexuel. Est-ce que ces chiffres refl&#232;tent la r&#233;alit&#233; ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au moins il y a des chiffres, alors qu'avant il n'y avait aucune donn&#233;e. Mais &#231;a s'inscrit dans la sous-d&#233;claration g&#233;n&#233;rale des faits de violences sexuelles. C'est certainement beaucoup plus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les militaires fran&#231;aises ne sont pas les seules &#224; subir des agressions : en Opex, les civiles qui vivent sur les zones d'intervention en font aussi les frais...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sachant qu'on commence &#224; peine &#224; comprendre que ce n'est pas bien de violer une militaire fran&#231;aise, ce n'est pas demain la veille qu'on punira des hommes en armes pour avoir viol&#233; des civiles sur le terrain. Toutes les plaintes sont class&#233;es et l'opinion publique s'en fout. Parce qu'on parle de femmes qui sont &#224; des milliers de kilom&#232;tres et que beaucoup consid&#232;rent que c'est normal, que la guerre produit ce genre de choses, que les soldats ont de tout temps viol&#233; les femmes et eu recours &#224; la prostitution. On appelle m&#234;me cela &#8220;le repos du guerrier&#8221;, comme s'il s'agissait d'un besoin vital pour lui, au m&#234;me titre que manger un bon plat. Longtemps [&lt;i&gt;jusqu'aux ann&#233;es 1990&lt;/i&gt;] il a exist&#233; des bordels militaires de campagne : l'&#201;tat fran&#231;ais assurait le r&#244;le de prox&#233;n&#232;te. Il y a une admission collective de ce qu'on appelle la prostitution de survie : on ne remet pas en cause le fait d'&#233;changer un rapport sexuel avec une mineure contre une bouteille d'eau. Dans une situation de conflit, avec des hommes en armes et des populations accul&#233;es par la peur et la faim, la barri&#232;re entre viol et prostitution devient t&#233;nue. Quel choix r&#233;el a une femme ou un enfant quand il n'a plus de quoi se nourrir ? La complaisance vis-&#224;-vis de ces actes est plus palpable encore dans les guerres africaines du fait de l'histoire coloniale de la France. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment agir contre ces violences ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai r&#233;cemment &#233;t&#233; auditionn&#233;e au S&#233;nat au c&#244;t&#233; de professeurs de droit international sur la fa&#231;on d'endiguer le viol de guerre &#224; l'&#233;chelle internationale. J'ai parl&#233; des violences sexuelles commises par l'arm&#233;e fran&#231;aise en Opex. Les professeurs expliquaient que le viol &#233;tait d&#233;j&#224; interdit dans le Code p&#233;nal, qu'il fallait maintenant passer &#224; l'&#233;tape d'apr&#232;s : appliquer la loi. En face, ils voulaient l&#233;gif&#233;rer pour pouvoir jouer les d&#233;fenseurs de la veuve et de l'orphelin. Je leur ai r&#233;torqu&#233; qu'en dehors de la formation des militaires et des sanctions contre les auteurs de violences, qui restent en majeure partie impunies, il existait un truc qui ne co&#251;terait pas un radis et qui serait un message fort &#224; envoyer aux troupes : des excuses publiques de la France pour les viols de masse commis par ses troupes en Italie en 1944 &#224; la Lib&#233;ration. On m'a r&#233;pondu qu'on n'&#233;tait pas l&#224; pour refaire l'histoire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Titre d'un article de propagande publi&#233; sur le site du minist&#232;re de la D&#233;fense (09/10/2017).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'arm&#233;e fran&#231;aise est la plus f&#233;minis&#233;e d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Au m&#234;me titre que des &#233;trangers et d'autres personnes jug&#233;es &#171; diff&#233;rentes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les Trompettes de l'Apocalypse</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-Trompettes-de-l-Apocalypse</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Les-Trompettes-de-l-Apocalypse</guid>
		<dc:date>2019-08-12T01:13:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Momo Br&#252;cke, Emmanuel Sans&#233;au</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;my Cattelain</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Trump</dc:subject>
		<dc:subject>Donald Trump</dc:subject>
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		<dc:subject>Hillary Clinton</dc:subject>
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		<dc:subject>Fall River</dc:subject>
		<dc:subject>Donald</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s la surprise, la fausse-question : de quoi Donald Trump est-il le nom ? Malgr&#233; le brouhaha &#233;mis par les experts patent&#233;s, nous avons tenu &#224; faire le point sur ce qu'il faut d&#233;truire. &#171; La pr&#233;sidentielle ? Pfffff&#8230; &#187; C'est l'&#233;cho entendu le mois dernier dans les rues de Fall River (Massachusetts), ex-cit&#233; industrielle de la c&#244;te Est des Etats-Unis, et bastion d&#233;mocrate . Pourtant, l'abstention n'y a pas &#233;t&#233; plus forte qu'ailleurs . On y a juste remarqu&#233; une victoire d&#233;mocrate d&#233;croch&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no149-decembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;149 (d&#233;cembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Remy-Cattelain" rel="tag"&gt;R&#233;my Cattelain&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Donald-Trump" rel="tag"&gt;Donald Trump&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lettrine" rel="tag"&gt;lettrine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Hillary-Clinton" rel="tag"&gt;Hillary Clinton&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Clinton" rel="tag"&gt;Clinton&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Fall-River" rel="tag"&gt;Fall River&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Donald" rel="tag"&gt;Donald&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s la surprise, la fausse-question : de quoi Donald Trump est-il le nom ? Malgr&#233; le brouhaha &#233;mis par les experts patent&#233;s, nous avons tenu &#224; faire le point sur ce qu'il faut d&#233;truire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3000 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L401xH400/-1238-84af0.jpg?1768652164' width='401' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;my Cattelain
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; L&lt;/span&gt;&lt;i&gt;a pr&#233;sidentielle ? Pfffff&#8230; &#187; &lt;/i&gt;C'est l'&#233;cho entendu le mois dernier dans les rues de Fall River (Massachusetts), ex-cit&#233; industrielle de la c&#244;te Est des Etats-Unis, et bastion d&#233;mocrate&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emmanuel Sans&#233;au, &#171; L'empire du moindre mal &#187;, CQFD n&#176; 148, novembre 2016.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Pourtant, l'abstention n'y a pas &#233;t&#233; plus forte qu'ailleurs&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;40 % d'abstention &#224; Fall River alors que la moyenne nationale fr&#244;le les 46 % (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. On y a juste remarqu&#233; une victoire d&#233;mocrate d&#233;croch&#233;e avec la plus petite marge depuis l'&#233;lection de Richard Nixon en 1972 &#8211; 21,7 points. Preuve s'il en faut que le &#171; dernier rempart &#187; (Hillary Clinton) contre &#171; l'apocalypse &#187; (Donald Trump) n'y a pas convaincu grand monde. La digue a saut&#233;, Trump s'est point&#233;, et s'est mis &#224; danser sur les cendres du triomphe annonc&#233; par la quasi-totalit&#233; des m&#233;dias (lire ci-dessous). Plus que sa victoire, c'est la d&#233;faite de Clinton et des d&#233;mocrates qui s'est jou&#233;e le 8 novembre dernier. De l&#224; &#224; en faire un signe annonciateur d'orage, il n'y a qu'un pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et nous pourrions &lt;/strong&gt;r&#233;p&#233;ter &#224; l'envi ce qui s'est dit : x&#233;nophobe, raciste, climatosceptique, homophobe, protectionniste, idiot, sexiste, inepte, etc. Voir Trump devenir la nouvelle incarnation de l'Uncle Sam n'a &#8211; vraiment &#8211; rien de rassurant. Nous pourrions faire le portrait robot de ceux qui lui ont donn&#233; le pouvoir&#8230; Dire que le vote r&#233;publicain n'est pas vraiment une affaire de classe sociale &#8211; m&#234;me s'il a progress&#233; chez les plus pauvres &#8211; tant il varie peu selon le niveau de revenus. Appuyer surtout sur la pr&#233;dominance de la question raciale : 58 % des Blancs ont donn&#233; leurs voix au m&#226;le contre seulement 8 % des Noirs&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Election 2016 : Exit Polls &#187; sur le site du New York Times.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;White Power &lt;/i&gt;avez-vous dit ? Oui ! Nous pourrions, encore, &#233;voquer le vote des &#233;vang&#233;listes blancs (81 % pour Trump)&#8230; Mais stop !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous pouvons jeter &lt;/strong&gt;l'anath&#232;me sur les &#233;lecteurs de Trump. Il n'y a rien &#224; comprendre &#224; leur d&#233;sir raciste. On peut chercher derri&#232;re ce vote une classe ouvri&#232;re oubli&#233;e par les &#233;lites de Washington et de Wall Street, mais on n'y trouvera que le terreau d'un ressentiment culturel nourri au racisme syst&#233;mique. Albert Woodfox, ex-membre du Black Panther Party, le sait mieux que quiconque : &lt;i&gt;&#171; Quand je suis sorti de prison apr&#232;s 44 ans, un de mes plus gros chocs a &#233;t&#233; de r&#233;aliser que les choses n'avaient pas tellement chang&#233;. La plus grosse diff&#233;rence, c'est que le racisme y est moins ouvert. Il est d&#233;sormais cod&#233;. Regardez ce que raconte Donald Trump quand il proclame qu'il faut &#8220;reprendre l'Am&#233;rique&#8221; &lt;/i&gt;[avec son slogan &lt;i&gt;&#8220;Take America Back&#8221;&lt;/i&gt;, ndlr]. &lt;i&gt;Mais qui s'est empar&#233; des &#201;tats-Unis ? Ce que Trump veut dire, c'est qu'il est temps pour l'Am&#233;rique blanche de reprendre le contr&#244;le. De son point de vue et de celui de ses supporteurs racistes, l'Am&#233;rique est contr&#244;l&#233;e par les minorit&#233;s. Trump a obtenu le soutien du Ku Klux Klan, du parti nazi et de toutes ces autres organisations racistes, et il ne les a jamais d&#233;nonc&#233;s. &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Thomas Cantaloube, &#171; 44 ans isol&#233;s en prison, ils d&#233;couvrent Donald Trump en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;strong&gt; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ni d&#233;nonc&#233;s, ni d&#233;savou&#233;s &lt;/strong&gt;ou alors du bout des l&#232;vres. Trump est m&#234;me all&#233; plus loin, en nommant son ancien directeur de campagne, Stephen K. Bannon &#8211; patron du site d'extr&#234;me droite (&lt;i&gt;alt right&lt;/i&gt;) Breitbart News &#8211;, chef de cabinet de la Maison-Blanche. Ou comment faire le bonheur des supr&#233;macistes blancs qui, depuis, se l&#226;chent sans vergogne &#8211; comme le montre la multiplication des agressions racistes et des croix gamm&#233;es sur les murs des grandes villes &#233;tasuniennes. Pourtant ces relents d'&#233;gouts n'ont pas fait paniquer les march&#233;s financiers pour un sou&#8230; un petit coup de flip de quelques heures et toutes les bourses repartaient &#224; la hausse. OEill&#232;res bien en place, l'optimisme est de mise. Apr&#232;s tout, Trump le milliardaire n'est pas l&#224; pour se tirer une balle dans le pied.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quant &#224; Clinton, &lt;/strong&gt;sa mani&#232;re &#8211; tr&#232;s &#233;nervante &#8211; d'incarner le &lt;i&gt;politically correct &lt;/i&gt;lui a fait perdre des points. Elle &#233;tait d&#233;test&#233;e&#8230; et d&#233;testable. Suffisamment, en tout cas, pour faire perdre six millions de voix au camp d&#233;mocrate par rapport &#224; l'&#233;lection de 2012 &#8211; alors que les r&#233;publicains en perdent un million. C'est l'abstention qui l'a plant&#233;. Hillary, c'est le statu quo. La continuation d'une politique de lib&#233;ralisation de l'&#233;conomie qui fut engag&#233;e par William, l'autre Clinton (Bill), d&#232;s son premier mandat. Qu'elle ait remport&#233; le &#171; vote populaire &#187; &#8211; c'est-&#224;-dire le nombre de voix &#8211; et que sa d&#233;faite se situe au niveau du coll&#232;ge &#233;lectoral ne change rien &#224; l'affaire. Finalement, dans ces &#233;lections, il n'y a jamais d'alternatives. Et &#224; la fin, ce sont les march&#233;s qui gagnent. &#192; la botte de l'&#233;conomie, les politicards s'imaginent &#234;tre &#8211; &#244; fantasme &#8211; le &lt;i&gt;&#171; dernier rempart entre &lt;/i&gt;[nous] &lt;i&gt;et l'apocalypse. &#187; &lt;/i&gt;Ils ne se rendent m&#234;me pas compte qu'ils en sont, juste, les trompettes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Momo Br&#252;cke&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Du bullshit dans les yeux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;petitelettrine&gt;&#199;&lt;/petitelettrine&gt;a devait &#234;tre une &#233;lection gagn&#233;e d'avance. Ou du moins une d&#233;faite assur&#233;e de Donald Trump. Un mois avant la pr&#233;sidentielle am&#233;ricaine, le magazine &lt;i&gt;Time &lt;/i&gt;soutenait que le candidat r&#233;publicain avait &#171; d&#233;j&#224; perdu &#187;. Les plus fins astrologues du commentariat battaient alors des records de clairvoyance, enjoignant leurs lecteurs &#224; &lt;i&gt;&#171; ne pas paniquer &#224; propos de Donald Trump &#187; &lt;/i&gt;(slate.com) car &lt;i&gt;&#171; les gens se montrent plus pragmatiques &#224; mesure qu'ils s'approchent des urnes &#187; &lt;/i&gt;(vox.com). La palme de la divination journalistique revient peut-&#234;tre &#224; l'hebdomadaire &lt;i&gt;Newsweek &lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; Trump ne va pas seulement perdre. Il sera vaincu par le plus grand raz-de-mar&#233;e &#233;lectoral de l'histoire pr&#233;sidentielle moderne. &#187; &lt;/i&gt;Apr&#232;s tout, Hillary Clinton avait la faveur des sondages, le soutien d'une &#233;crasante majorit&#233; des m&#233;dias nationaux, de Wall Street et m&#234;me d'&#233;lus r&#233;publicains affol&#233;s par la campagne inf&#226;me de leur candidat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au d&#233;but de la soir&#233;e &#233;lectorale&lt;/strong&gt;, ce 8 novembre, le barom&#232;tre du &lt;i&gt;New York Times &lt;/i&gt;donnait &#224; 85 % les chances d'une victoire d&#233;mocrate. Sur le plateau de CNN, les mines des pr&#233;sentateurs s'assombrirent en fin de soir&#233;e. Entre un milliardaire tout droit sorti d'une s&#233;rie Z et une d&#233;mocrate aussi tranchante qu'un couteau &#224; beurre, la figure de &#171; l'homme &#224; poigne &#187; a pu mobiliser un &#233;lectorat m&#233;pris&#233; et tourment&#233;. Il suffisait pourtant de s'&#233;loigner des grandes villes, m&#234;me sur la c&#244;te acquise au parti d&#233;mocrate, pour voir que les pr&#233;dictions avaient du plomb dans l'aile. &#201;tudiants &lt;i&gt;&#171; d&#233;go&#251;t&#233;s &#187; &lt;/i&gt;par &lt;i&gt;&#171; l'opportunisme &#187; &lt;/i&gt;d'Hillary Clinton ; prolos s&#233;duits par le &lt;i&gt;&#171; parler vrai &#187; &lt;/i&gt;de Donald Trump ; classes moyennes convaincues que les vieilles recettes reaganiennes &lt;i&gt;&#171; r&#233;pareront les d&#233;g&#226;ts &#187; &lt;/i&gt;de l'administration Obama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si les journalistes s'en remettent &#224; une condamnation commode des sondages&lt;/strong&gt;, leur aveuglement tient aussi d'un isolement de classe conc&#233;d&#233; &#224; demi-mot. Quand les faiseurs d'opinion new-yorkais s'enferment dans leurs enclaves lib&#233;rales et empochent jusqu'&#224; dix fois le salaire m&#233;dian des habitants de l'Ohio, comment prendraient-ils au s&#233;rieux la col&#232;re sociale d'&#201;tats ruraux, sinistr&#233;s et conservateurs ? Comme le dit cr&#251;ment le journaliste am&#233;ricain Marc Dion sur creators.com, &lt;i&gt;&#171; les &#233;ditorialistes des grands journaux &#233;taient horrifi&#233;s &#224; l'id&#233;e que des chr&#233;tiens pauvres et blancs de l'Oklahoma pouvaient voter. Bordel, ces gens-l&#224; ne sont m&#234;me pas all&#233;s &#224; l'universit&#233; ! &#187; &lt;/i&gt;Qu'on se rassure : le directeur du &lt;i&gt;New York Times &lt;/i&gt;(un poste &#224; 500 000 dollars l'ann&#233;e, d'apr&#232;s ses pr&#233;d&#233;cesseurs), critiqu&#233; pour sa couverture biais&#233;e de l'&#233;lection, s'est fendu d'une lettre d'excuse &#224; ses lecteurs. Il assure &lt;i&gt;&#171; r&#233;fl&#233;chir &#224; ce r&#233;sultat capital &#187; &lt;/i&gt;et &lt;i&gt;&#171; r&#233;affirme son engagement &#187; &lt;/i&gt;pour les bonnes vieilles valeurs du journalisme. Qui, encore une fois, en ont pris un sacr&#233; coup.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Emmanuel Sans&#233;au&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Emmanuel Sans&#233;au, &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/L-Empire-du-moindre-mal' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'empire du moindre mal&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;n&#176; 148, novembre 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;40 % d'abstention &#224; Fall River alors que la moyenne nationale fr&#244;le les 46 % si l'on se r&#233;f&#232;re aux &#233;lecteurs en &#226;ge de voter, et 50 % si l'on s'en tient &#224; ceux effectivement inscrits sur les listes &#233;lectorales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.nytimes.com/interactive/2016/11/08/us/politics/election-exit-polls.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Election 2016 : Exit Polls&lt;/a&gt; &#187; sur le site du &lt;i&gt;New York Times.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Thomas Cantaloube, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/141116/44-ans-isoles-en-prison-ils-decouvrent-donald-trump-en-sortant?onglet=full&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;44 ans isol&#233;s en prison, ils d&#233;couvrent Donald Trump en sortant&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt;, 14 novembre 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un mois dans l'Alg&#233;rie des marches</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Un-mois-dans-l-Algerie-des-marches</link>
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		<dc:date>2019-05-13T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Margaux Wartelle</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Nadjib Bouznad</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>femmes</dc:subject>
		<dc:subject>monde</dc:subject>
		<dc:subject>mars</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Depuis le 22 f&#233;vrier, les manifestations sont presque devenues une routine dans les rues alg&#233;riennes. Vu de haut, on observe la foule, immense, venue d&#233;noncer un r&#233;gime corrompu depuis des d&#233;cennies. Vu de pr&#232;s, on d&#233;couvre la joie, la d&#233;termination et l'humour. Tentative subjective de restitution chronologique. En un mois en Alg&#233;rie, on n'aura rencontr&#233; qu'un seul &#171; pro-Boutef &#187;. Ce fut dans un taxi, le 21 f&#233;vrier, la veille de la premi&#232;re manifestation. Djamel vantait du doigt les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no175-avril-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;175 (avril 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nadjib-Bouznad" rel="tag"&gt;Nadjib Bouznad&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/monde" rel="tag"&gt;monde&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nekkaz" rel="tag"&gt;Nekkaz&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le 22 f&#233;vrier, les manifestations sont presque devenues une routine dans les rues alg&#233;riennes. Vu de haut, on observe la foule, immense, venue d&#233;noncer un r&#233;gime corrompu depuis des d&#233;cennies. Vu de pr&#232;s, on d&#233;couvre la joie, la d&#233;termination et l'humour. Tentative subjective de restitution chronologique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2926 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH329/-1170-5fe40.jpg?1768721487' width='500' height='329' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Nadjib Bouznad
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;n un mois en Alg&#233;rie, on n'aura rencontr&#233; qu'un seul &#171; pro-Boutef &#187;. Ce fut dans un taxi, le 21 f&#233;vrier, la veille de la premi&#232;re manifestation. Djamel vantait du doigt les nombreux logements construits par le r&#233;gime : &#171; &lt;i&gt;Oui, d'accord, ils ach&#232;tent la paix sociale, mais bon... ils pr&#234;tent de l'argent aux jeunes qui, eux, ne veulent pas travailler.&lt;/i&gt; &#187; Djamel &#233;voquait le souvenir de la d&#233;cennie noire. Habitant de la Casbah d'Alger, il avait vu des familles s'entretuer durant les ann&#233;es 1990. Or, la guerre civile s'est arr&#234;t&#233;e &#224; l'arriv&#233;e au pouvoir de Bouteflika, qui &#171; &lt;i&gt; a bien servi le pays&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire ne dit pas si Djamel a fini par rejoindre &lt;i&gt;les-centaines-de-milliers-plus-d'un-million-c'est-s&#251;r &lt;/i&gt;de manifestants qui, dans les semaines suivantes, ont d&#233;fil&#233; sous ses fen&#234;tres.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;22 f&#233;vrier (Acte I)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde &#233;tait au courant, personne ne savait trop quoi en penser. Ce vendredi-l&#224;, une marche &#233;tait pr&#233;vue, certes. Mais &#224; Alger, depuis 2001, ann&#233;e de la derni&#232;re grande r&#233;volte kabyle &lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apr&#232;s le meurtre d'un jeune par un gendarme, le 18 avril 2001, une s&#233;rie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, les rassemblements sont interdits et le risque encouru est grand pour qui entend battre le pav&#233;. Depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e, plusieurs marches avaient d&#233;j&#224; eu lieu ailleurs dans le pays, accompagn&#233;es de quelques arrestations. Alors, les appels anonymes sur Facebook, personne n'y croyait plus que &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce 22 f&#233;vrier, la matin&#233;e est des plus calmes, les rues d'Alger quasi d&#233;sertes. Il faut dire que comme dans d'autres pays o&#249; l'islam est religion d'&#201;tat, le vendredi est l'&#233;quivalent du dimanche en Europe : tout est ferm&#233;. &#192; 13 h, on entend l'appel du muezzin pour la grande pri&#232;re du vendredi. Et puis &lt;i&gt;&#231;a&lt;/i&gt; arrive. Comme sorties de nulle part, des grappes de personnes se r&#233;pandent dans les ruelles, les rues et les avenues. Il n'y a pas vraiment de point de rendez-vous, ni de parcours, ni de cort&#232;ge. Tous les quartiers d'Alger convergent vers le centre. Les pas sont press&#233;s, on se dirige vers le palais d'El Mouradia, la r&#233;sidence pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis un autre groupe suit la corniche, encore un autre se rassemble vers la Grande Poste : &#171; &lt;i&gt;Bouteflika, il n'y aura pas de cinqui&#232;me mandat !&lt;/i&gt; &#187; On s'encourage &#224; prendre des photos, des vid&#233;os. &#171; &lt;i&gt;N'ayez pas peur&lt;/i&gt; &#187;, entend-on. Et puis : &#171; &lt;i&gt;D&#233;gage FLN &lt;/i&gt; &#187;. La police est l&#224;, mais plut&#244;t en observation. Tous les portables sont de sortie, les chants se font de plus en plus pressants. Les manifestants se regardent, h&#233;b&#233;t&#233;s de se compter si nombreux. &#201;videmment, on craint l'infiltration des services secrets au sein des protestataires, v&#233;ritable obsession locale &#8211; justifi&#233;e. &#192; la fin de la journ&#233;e, personne n'arrive &#224; se remettre de l'&#233;v&#233;nement. D&#233;j&#224;, on le dit &#171; &lt;i&gt; unique &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;historique&lt;/i&gt; &#187;. Et pas qu'&#224; Alger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Internet est coup&#233; &#224; de multiples reprises. Le soir, l'ENTV, la t&#233;l&#233;vision publique, ouvre son JT par la visite d'un ministre &#224; Duba&#239;. Personne ne le sait encore, mais &#224; partir d'aujourd'hui, Alger va conna&#238;tre des rassemblements quasi quotidiens. Au fait, combien de manifestants pour ce premier vendredi ? Presque un comble : ce sont les autorit&#233;s qui avanceront l'estimation la plus haute, 100 000 personnes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;23 f&#233;vrier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; la cin&#233;math&#232;que, &lt;i&gt;La Bataille d'Alger&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Longtemps interdit en France, ce film de Gillo Pontecorvo (1966) retrace la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; est programm&#233;e. &#171; &lt;i&gt;L'Alg&#233;rie dit non &lt;/i&gt; &#187;, titre &lt;i&gt;El Watan&lt;/i&gt;, principal quotidien francophone. Place de la Grande-Poste, sur la fa&#231;ade du si&#232;ge du Rassemblement national d&#233;mocratique, parti du Premier ministre Ahmed Ouyahia, le grand portrait du pr&#233;sident Bouteflika a disparu : d&#233;croch&#233; la veille par des manifestants, il ne r&#233;appara&#238;tra pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce samedi, un meeting de Rachid Nekkaz est pr&#233;vu. Personnage tartuffe, il s'&#233;tait fait conna&#238;tre en France en remboursant les amendes des femmes verbalis&#233;es pour port de niqab dans l'espace public. Apr&#232;s avoir tent&#233; de se pr&#233;senter &#224; la pr&#233;sidentielle hexagonale de 2007, cet homme d'affaires a renonc&#233; &#224; la nationalit&#233; fran&#231;aise pour tenter sa chance en Alg&#233;rie. Ce 23 f&#233;vrier, son meeting est assez rocambolesque &#8211; Nekkaz se fait arr&#234;ter par la police et &#171; &lt;i&gt;ramener &lt;/i&gt; &#187; dans son village. Par la suite, il fera encore pas mal parler de lui. In&#233;ligible, il pr&#233;sentera &#224; sa place un cousin homonyme, m&#233;canicien de profession, le jour de la date limite du d&#233;p&#244;t des candidatures. Une fois &#171; l'autre Nekkaz &#187; &#233;lu, le &#171; vrai &#187; Nekkaz serait devenu vice-pr&#233;sident puis pr&#233;sident tout court &#224; la suite de la d&#233;mission du cousin. &lt;i&gt;Spoiler&lt;/i&gt; : &#231;a ne marchera pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, Nekkaz a encore un tout petit peu &#8211; un tout petit peu on a dit &#8211; de l&#233;gitimit&#233; et quelques centaines de personnes partent en manif sauvage apr&#232;s son meeting. Direction place des Martyrs et la Casbah. Les flics sont un peu plus tendus que la veille. &#192; nos c&#244;t&#233;s, quelqu'un fait les sous-titres : &#171; &lt;i&gt;C'est de l&#224;-bas que partent les r&#233;volutions, le lieu est tr&#232;s symbolique !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;26 f&#233;vrier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudiants sont dans la rue. Chaque jour, un groupe social diff&#233;rent. La veille, les journalistes, le lendemain, les avocats, un autre jour, les m&#233;decins, puis les juges (m&#234;mes les juges ! d'ordinaire prompts &#224; condamner les opposants), les handicap&#233;s, les enseignants. Tous les jours un peu plus nombreux, dans plus de villes. On n'arrive plus &#224; suivre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mars (Acte II)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour qualifier cette journ&#233;e, difficile d'&#233;viter les superlatifs et les mots galvaud&#233;s. Oui : la foule, la masse, le peuple en mouvement &lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plusieurs millions de personnes &#224; travers le pays.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Oui aussi : la parole retrouv&#233;e ; enfin, la peur qui change de camp. D'accord avec tout ce qui a &#233;t&#233; d&#233;crit, dit, ressenti : la joie, le monde aux balcons, la multitude qui appara&#238;t de partout. Dans chaque ruelle, comme des essaims, on s'applaudit d&#232;s qu'on se voit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Descendus des hauteurs de Telemly, Hachemi et Farah, jeunes mari&#233;s, ont pr&#233;par&#233; les pancartes &#171; &lt;i&gt;Syst&#232;me d&#233;gage&lt;/i&gt; &#187; et le bient&#244;t anachronique &#171; &lt;i&gt;5 &lt;/i&gt; &#187; barr&#233;. 5 pour cinqui&#232;me mandat, mais il n'y en aura pas, ou pas vraiment, mais &#231;a personne ne le sait encore. Un couple d'amis les rejoint et vite, on prend les ruelles, on se d&#233;p&#234;che, il ne faudrait pas tomber sur la police avec ces pancartes &#224; la main. On retrouve le flot des manifestants. Il y a davantage de femmes que vendredi dernier. Casquette aux couleurs nationales sur la t&#234;te, Amal manifeste &#171; &lt;i&gt;pour la dignit&#233;&lt;/i&gt; &#187; et Karima a amen&#233; sa fille Katia voir &#171; &lt;i&gt;cette deuxi&#232;me ind&#233;pendance &lt;/i&gt; &#187;. &#192; l'entr&#233;e du tunnel des facult&#233;s, une vieille dame, tr&#232;s chic, cheveux gris tir&#233;s en chignon, en plein milieu des scooters d&#233;brid&#233;s, se rapproche de ses deux amies : &#171; &lt;i&gt;C'est l'Alg&#233;rie du peuple, ils ont voulu la prendre, mais elle est l&#224; ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2 mars&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est l'anniversaire du Pr&#233;sident. 82 ans. Bahia, r&#233;alisatrice de documentaires engag&#233;s, vit ces moments comme &#171; &lt;i&gt;une r&#233;paration&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt; Notre image de nous-m&#234;mes a &#233;t&#233; tellement &#233;corn&#233;e... On retrouve une certaine estime.&lt;/i&gt; &#187; Zoubida est avocate, membre d'un collectif citoyen d'opposition, Mouwatana : &#171; &lt;i&gt;Le peuple n'arr&#234;tera pas, sa maturit&#233; politique d&#233;passe de loin celle de nos dirigeants.&lt;/i&gt; &#187; Nacer, lui, est sociologue : &#171; &lt;i&gt;En vingt ans, Bouteflika a effac&#233; toute structure, la seule institution qui reste, c'est sa personne. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;3 mars&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Long suspense, mais ce soir-l&#224;, le dossier de candidature de &#171; Boutef &#187; a bien &#233;t&#233; d&#233;pos&#233; par son directeur de campagne. Dans une sorte de lettre &#224; la Nation lue par les journalistes, il s'engage &#8211; &#171; &lt;i&gt;s'il est &#233;lu&lt;/i&gt; &#187;, ce dont pas grand monde ne doute &#8211; &#224; ne pas aller au bout de son mandat et &#224; organiser des &#233;lections pr&#233;sidentielles anticip&#233;es. Depuis son AVC (accident vasculaire c&#233;r&#233;bral) de 2013, Bouteflika est inaudible et quasi invisible : lors des c&#233;r&#233;monies officielles, seul son portrait se prom&#232;ne. Sc&#232;ne surr&#233;aliste, d&#233;but f&#233;vrier, &#224; l'occasion d'un meeting, des dirigeants du FLN ont offert un nouveau cadre... au cadre de Bouteflika. On n'arr&#234;te pas le progr&#232;s. Dans les rues, une pancarte pr&#233;vient : &#171; &lt;i&gt; Nous ne voulons ni du cadre, ni des clous qui le fixent&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2925 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH339/-1169-0e704.jpg?1768721487' width='500' height='339' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Nadjib Bouznad
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;8 mars (Acte III)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Escale &#224; B&#233;ja&#239;a, port de petite Kabylie, &#224; 220 km &#224; l'est d'Alger. La ville a la r&#233;putation d'&#234;tre plus &#171; &lt;i&gt; libre &lt;/i&gt; &#187;, moins conservatrice. D'ailleurs, la r&#233;gion est tellement habitu&#233;e aux r&#233;voltes que la police se fait discr&#232;te. Ce troisi&#232;me vendredi de marches correspond &#224; la journ&#233;e internationale de lutte pour les droits des femmes. On suit le collectif libre et ind&#233;pendant des femmes de B&#233;ja&#239;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 26 ans, Wissem en est la fondatrice. Elle s'occupe aussi d'un collectif de femmes dans son village, Aokas. Elle milite au Parti socialiste des travailleurs (PST), organisation trotskyste membre de la 4e Internationale, proche du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) fran&#231;ais. &#192; mille &#224; l'heure, elle retrace l'histoire du mouvement f&#233;ministe alg&#233;rien : la place occup&#233;e (puis occult&#233;e) par les femmes depuis la guerre d'ind&#233;pendance ; les premiers combats, notamment contre le code de la famille &lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bien que l&#233;g&#232;rement amend&#233; depuis son adoption en 1984, ce code maintient la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; dans les ann&#233;es 1980 ; les scissions, l'incapacit&#233; &#224; f&#233;d&#233;rer un mouvement national ; les conflits de g&#233;n&#233;rations ; les &#171; &lt;i&gt;f&#233;ministes bourgeoises&lt;/i&gt; &#187;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce vendredi, plusieurs centaines de femmes marchent derri&#232;re elle, ses camarades et leurs m&#233;gaphones. Deux amies se marrent : &#171; &lt;i&gt;C'est pas la femme qui marche derri&#232;re l'homme, c'est l'homme qui marche derri&#232;re la femme.&lt;/i&gt; &#187; Dans leur dos, un homme, justement, accepte la chose en souriant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure du d&#233;brief, Wissem et les autres organisatrices sont contentes de l'affluence. Il y avait du monde. Beaucoup de jeunes, oui, mais aussi des plus &#226;g&#233;es, venues parfois avec leurs petites-filles. Certains mots d'ordre, contre le &#171; &lt;i&gt; patriarcat&lt;/i&gt; &#187; ou le &#171; &lt;i&gt;sexisme&lt;/i&gt; &#187;, ne sont pas forc&#233;ment bien pass&#233;s, parfois par incompr&#233;hension. Idem pour la banderole &#171; &lt;i&gt;Abrogation du code de la famille&lt;/i&gt; &#187;. Wissem soupire : &#171; &lt;i&gt;On a encore du travail. &lt;/i&gt; &#187; Le lendemain, une poign&#233;e de militants aguerris se retrouveront &#224; la cin&#233;math&#232;que de la ville pour une projection du film &lt;i&gt;Lettre &#224; ma s&#339;ur&lt;/i&gt; r&#233;alis&#233; par Habiba Djahnine en hommage &#224; s&#339;ur Nabila, architecte et militante f&#233;ministe, assassin&#233;e par des islamistes en 1995.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;11 mars&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;R&#233;jouissances de la communication de crise : Bouteflika annonce qu'il ne briguera pas de cinqui&#232;me mandat. Une manche de gagn&#233;e, ambiance Coupe du monde dans les rues, mais personne n'est dupe. Car le vieux ne d&#233;missionne pas de son poste et l'&#233;lection pr&#233;sidentielle est report&#233;e : il n'y aura pas de cinqui&#232;me mandat, mais combien de temps s'&#233;ternisera le quatri&#232;me ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;12 mars&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme chaque mardi &#224; Alger, grande marche des &#233;tudiants. Contre le 4e mandat et demi cette fois-ci... On s'adapte comme on peut. Et on d&#233;nonce le syst&#232;me, le FLN, les oligarques, les magouilles, les syndicats &#233;tudiants v&#233;rol&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mouloud, 19 ans : &#171; &lt;i&gt;Nous n'avons plus que deux ans de r&#233;serve de p&#233;trole, on doit faire vite des r&#233;formes, le pays est dans le rouge. &lt;/i&gt; &#187; Il &#233;tudie dans une &#233;cole priv&#233;e, ch&#232;re, l'&#201;cole sup&#233;rieure de gestion. Le jeune homme est tr&#232;s investi dans le mouvement depuis le d&#233;but ; ce n'est pas le cas de tous ses petits camarades : &#171; &lt;i&gt;Eux, ils ont une porte de sortie.&lt;/i&gt; &#187; Sous-entendu, ils pourront toujours rattraper le &#171; &lt;i&gt;syst&#232;me&lt;/i&gt; &#187; en cours de route. Place Audin &lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maurice Audin, math&#233;maticien membre du Parti communiste alg&#233;rien, a disparu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, on colle des Post-it color&#233;s avec id&#233;es et revendications : &#171; &lt;i&gt;Vous vous &#234;tes rempli les poches, laissez nous maintenant tranquilles, on reconstruira notre pays, inch'Allah&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;15 mars (Acte IV)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est vendredi ! Tout le monde est de sortie, la foule est jeune, &#226;g&#233;e, f&#233;minine, masculine, alg&#233;roise ou non. On s'organise un peu plus cette fois, quelques sonos sont de sortie. Pas mal de slogans anti-Macron aussi. Notre pr&#233;f&#233;r&#233; : &#171; &lt;i&gt;Pr&#233;pare le bois, tu vas plus avoir de gaz pour l'hiver !&lt;/i&gt; &#187; Toujours plus de monde. Pour l'essoufflement du mouvement, on repassera.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;22 mars (Acte V)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Durant la semaine, chacun s'organise. Une marche par-ci, une p&#233;tition par-l&#224;, des AG, des facs occup&#233;es, des conf&#233;rences, des d&#233;bats. Le gouvernement a tent&#233; la strat&#233;gie d'allonger les vacances scolaires &#224; un mois au lieu de deux semaines : peine perdue... Aux terrasses des caf&#233;s, tout le monde discute politique : &#171; &lt;i&gt;&#199;a ne se serait pas pass&#233; comme &#231;a avant le 22.&lt;/i&gt; &#187; Le vendredi est devenu synonyme de sortie hebdomadaire entre amis ou en famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce cinqui&#232;me acte, le premier du printemps, il pleut, mais personne n'y pr&#234;te attention. Cinq heures &#224; tourner en rond dans le centre-ville, souvent on pi&#233;tine, tout le temps, on sourit. &#171; &lt;i&gt;On est pass&#233;s de corps humili&#233;s &#224; corps d&#233;li&#233;s &lt;/i&gt; &#187;, nous dit Fatma Oussedik, sociologue et f&#233;ministe engag&#233;e de 70 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin de la journ&#233;e, les trains de banlieue sont pleins, les autoroutes aussi. &#192; 19 h, coinc&#233; dans les restes de la manif, un chauffeur de taxi discute avec un flic. Ils ne se connaissent pas. Le policier, visiblement tr&#232;s content d'&#234;tre l&#224;, le charrie : &#171; &lt;i&gt; Bah alors, tu marches pas avec nous ? &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Margaux Wartelle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Apr&#232;s le meurtre d'un jeune par un gendarme, le 18 avril 2001, une s&#233;rie d'&#233;meutes secoue la Kabylie pendant trois mois, r&#233;activant les revendications d'autonomie politique et culturelle berb&#232;res. Le 14 juin, une grande marche converge vers Alger. La r&#233;pression du mouvement fera plus de cent morts et de 5 000 bless&#233;s, donnant &#224; la s&#233;quence historique le surnom de Printemps noir..&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Longtemps interdit en France, ce film de Gillo Pontecorvo (1966) retrace la guerre anti-insurrectionnelle men&#233;e en 1957 dans la Casbah d'Alger par les parachutistes fran&#231;ais contre les ind&#233;pendantistes du FLN.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Plusieurs millions de personnes &#224; travers le pays.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Bien que l&#233;g&#232;rement amend&#233; depuis son adoption en 1984, ce code maintient la femme dans un statut de mineure &#224; vie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Maurice Audin, math&#233;maticien membre du Parti communiste alg&#233;rien, a disparu apr&#232;s son arrestation par l'arm&#233;e fran&#231;aise au cours de la bataille d'Alger. En septembre 2018, Emmanuel Macron a reconnu pour la premi&#232;re fois officiellement la responsabilit&#233; de la France dans cet assassinat (lire &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Maurice-Audin-et-les-fantomes-de' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Maurice Audin et les fant&#244;mes de la guerre fran&#231;aise en Alg&#233;rie&lt;/a&gt; &#187; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 169, octobre 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Gr&#232;ce : Voies barr&#233;es</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Grece-Voies-barrees</link>
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		<dc:date>2016-04-18T06:51:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Simon Rico</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Camp</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;fugi&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
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		<dc:subject>Mac&#233;doine</dc:subject>
		<dc:subject>Konitsa</dc:subject>
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&lt;p&gt;Plus de 20 000 hommes, femmes et enfants sont bloqu&#233;s dans le nord de la Gr&#232;ce. La moiti&#233; survit dans la d&#233;tresse la plus totale au camp d'Idomeni, &#224; la fronti&#232;re avec la Mac&#233;doine. Pour &#171; d&#233;saturer &#187; la zone et pr&#233;parer l'accueil &#224; long terme, le gouvernement d'Alexis Tsipras a ouvert plusieurs camps de &#171; relocalisation &#187; en dur. &#171; Mon grand-p&#232;re a pass&#233; quatre ans dans un camp comme celui-ci au d&#233;but des ann&#233;es 1920. Il avait d&#251; quitter son village d'Anatolie &#224; cause de la guerre entre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no142-avril-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;142 (avril 2016)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Plus de 20 000 hommes, femmes et enfants sont bloqu&#233;s dans le nord de la Gr&#232;ce. La moiti&#233; survit dans la d&#233;tresse la plus totale au camp d'Idomeni, &#224; la fronti&#232;re avec la Mac&#233;doine. Pour &#171; d&#233;saturer &#187; la zone et pr&#233;parer l'accueil &#224; long terme, le gouvernement d'Alexis Tsipras a ouvert plusieurs camps de &#171; relocalisation &#187;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le plan de relocalisation adopt&#233; par l'Union europ&#233;enne pr&#233;voit une nouvelle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; en dur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Mon grand-p&#232;re a pass&#233; quatre ans dans un camp comme celui-ci au d&#233;but des ann&#233;es 1920. Il avait d&#251; quitter son village d'Anatolie &#224; cause de la guerre entre la Gr&#232;ce et la Turquie. &#192; l'&#233;poque, il y a eu un &#233;change de population forc&#233; entre les deux pays : plus d'un million de chr&#233;tiens sont arriv&#233;s de Turquie pendant que 500 000 musulmans quittaient la Gr&#232;ce. Ici, on appelle &#231;a la Grande Catastrophe.&lt;/i&gt; &#187; Odysseas Chiliditis est l'un des responsables de Symbiosis, une ONG &#233;cologiste bas&#233;e &#224; Thessalonique, le grand port du nord-est de la p&#233;ninsule hell&#233;nique. Quand la crise migratoire a commenc&#233; en 2015, il a imm&#233;diatement d&#233;cid&#233; de lancer un programme d'aide aux r&#233;fugi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la fin du mois de f&#233;vrier, il se rend presque tous les jours au camp de Diavata, &#224; une vingtaine de kilom&#232;tres de Thessalonique sur la route de Kilkis, pour distribuer de la nourriture, des v&#234;tements et des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;. Plus de 2 500 personnes sont accueillies dans cette ancienne caserne militaire am&#233;nag&#233;e &#224; la h&#226;te en camp de r&#233;fugi&#233;s. Les soldats grecs ont mont&#233; de grandes tentes chauff&#233;es et recouvert le sol de graviers pour &#233;viter que la terre ne se transforme en boue ou en poussi&#232;re. Les r&#233;fugi&#233;s sont, en th&#233;orie, libres de leurs mouvements, mais la police et l'arm&#233;e contr&#244;lent rigoureusement la barri&#232;re qui ferme l'entr&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Moi, je ne sors presque jamais d'ici, parce que de toute fa&#231;on, il n'y a rien &#224; faire autour. Et puis, je pr&#233;f&#232;re &#233;conomiser mon argent pour continuer la route&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che Amir, jeune Afghan de 15 ans, les cheveux roux et le visage couvert de petites taches de rousseur. Avec ses parents, il a fui la r&#233;gion de Kaboul. &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas la guerre comme en Syrie, c'est vrai, mais dans mon village, la vie est devenue insoutenable avec la pression des Talibans&lt;/i&gt; &#187;, poursuit le lyc&#233;en dans un anglais parfait. Son r&#234;ve : rejoindre l'Allemagne ou la Su&#232;de.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre Diavata, les autorit&#233;s grecques ont ouvert trois autres camps de &#171; relocalisation &#187; dans le nord de la Gr&#232;ce &#8211; &#224; Nea Kavala, Herso-Kilkis et dans le port de Thessalonique. L'objectif est clair : d&#233;saturer la zone d'Idomeni, &#224; la fronti&#232;re avec la Mac&#233;doine, o&#249; se pressent plus de 10 000 personnes dont 4 000 enfants, dans des conditions sanitaires ind&#233;centes. &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas un v&#233;ritable camp de r&#233;fugi&#233;s, il s'agit avant tout d'une zone de fronti&#232;re. Plus de 80% des gens vivent dans de minuscules tentes igloo, alors que les conditions climatiques sont mauvaises, avec la pluie et le vent qui ne cessent de balayer la zone&lt;/i&gt; &#187;, soupire Babar Baloch, le porte-parole du Haut Commissariat des Nations unies aux R&#233;fugi&#233;s pour l'Europe. &#171; &lt;i&gt;Les r&#233;fugi&#233;s doivent supporter une situation inacceptable et tout bonnement invivable. Il est absolument n&#233;cessaire de les reloger dans un vrai camp en dur.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Idomeni, tout le monde conna&#238;t le quinquag&#233;naire originaire du Bangladesh, avec ses petites lunettes, sa moustache et sa calvitie. Son nom a m&#234;me &#233;t&#233; tagu&#233; en rouge sur des pr&#233;fabriqu&#233;s des ONG. Chaque jour, il arpente les all&#233;es du camp du matin au soir, r&#233;pondant aux questions incessantes des journalistes et des r&#233;fugi&#233;s. Deux phrases reviennent sans cesse : &#171; &lt;i&gt;Pourquoi ont-ils ferm&#233; la fronti&#232;re ?&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;Que va-t-on devenir ?&lt;/i&gt; &#187; La signature le 18 mars de l'accord entre l'Union europ&#233;enne et la Turquie visant &#224; endiguer le flux des arriv&#233;es sur les &#238;les de la mer &#201;g&#233;e inqui&#232;te beaucoup les habitants du camp. Pour eux, il est hors de question de retourner en arri&#232;re comme le pr&#233;voit le texte, au m&#233;pris des conventions internationales sur le droit d'asile. L'espoir s'amenuisant, ils sont de plus en plus nombreux &#224; se laisser tenter par la &#171; relocalisation &#187; propos&#233;e par l'Union europ&#233;enne. Le probl&#232;me, c'est qu'il n'y a d&#233;j&#224; plus de places pour ce programme, dont la mise en &#339;uvre divise les 28. &#192; peine 2 000 ont &#233;t&#233; propos&#233;es en Gr&#232;ce alors que plus de 50 000 candidats &#224; l'exil sont bloqu&#233;s, sans aucune perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'incertitude qui ronge les r&#233;fugi&#233;s, pour le moment, l'ambiance est relativement calme &#224; Idomeni et dans les autres camps du nord de la Gr&#232;ce. Pour combien de temps encore ? Le 23 mars, deux Syriens se sont immol&#233;s par le feu pour d&#233;noncer la fermeture des fronti&#232;res des Balkans. La veille, des manifestants avaient bloqu&#233; la voie ferr&#233;e menant en Mac&#233;doine aux cris de : &#171; &lt;i&gt;Merkel, tu nous as trahis !&lt;/i&gt; &#187; Quelques jours plus t&#244;t, plusieurs centaines de r&#233;fugi&#233;s venus de Diavata d&#233;filaient dans les rues de Thessalonique avec des pancartes &#171; Open the borders &#187;. Coinc&#233;s dans la sourici&#232;re grecque, les candidats &#224; l'exil cherchent par tous les moyens &#224; poursuivre leur route. &#192; la mi-mars, plus de mille personnes, dont des vieillards et des enfants en bas &#226;ge, n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; traverser une rivi&#232;re en crue &#224; quelques kilom&#232;tres d'Idomeni pour entrer en Mac&#233;doine. De l'autre c&#244;t&#233;, l'arm&#233;e les attendait. Tous ont &#233;t&#233; imm&#233;diatement renvoy&#233;s en Gr&#232;ce, non sans avoir &#233;t&#233; brutalis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, c'est la Gr&#232;ce elle-m&#234;me qui souffle une porte de sortie. Juste avant le sommet crucial du 18 mars entre Bruxelles et Ankara, le gouvernement Tsipras a achemin&#233; quelque 160 Syriens &#224; l'extr&#234;me ouest du pays, dans un centre d'accueil du minist&#232;re des Affaires sociales de la petite ville de Konitsa, &#224; une dizaine de kilom&#232;tres de la fronti&#232;re albanaise. Imm&#233;diatement, l'Italie s'est inqui&#233;t&#233;e de l'ouverture d'une nouvelle route menant &#224; sa c&#244;te orientale et a d&#233;p&#234;ch&#233; une &#233;quipe de policiers en Albanie. Mais pour l'instant, il n'y a personne. &#171; &lt;i&gt; C'est m&#234;me plus calme qu'avant 2015&lt;/i&gt; &#187;, rassure le chef de la police frontali&#232;re de Kapshtic&#235;. &#171; &lt;i&gt;Pourquoi les migrants passeraient-ils par ici ? Il n'y a pas de bateaux en Albanie, et c'est plus simple de s'&#233;chapper par Corfou...&lt;/i&gt; &#187; L'accord UE-Turquie &#224; peine sign&#233;, Ath&#232;nes a install&#233; 1 200 personnes dans un centre de Ioannina, &#224; 50 km au sud de Konitsa. Pour mettre la pression sur l'Europe ? Les r&#233;fugi&#233;s d'Idomeni, eux, ont entendu le message : aujourd'hui, le mot &#171; Albanie &#187; revient souvent quand il est question de fuite. &#171; &lt;i&gt;Pour le moment, je pr&#233;f&#232;re attendre ici. En Turquie, je me suis fait arr&#234;ter alors que je tentais de passer ill&#233;galement. Les policiers m'ont frapp&#233; avec leurs matraques et m'ont laiss&#233; pour mort. Je ne veux pas revivre &#231;a&lt;/i&gt; &#187;, raconte Yazad, un jeune Syrien de Konitsa qui tente de rejoindre sa m&#232;re d&#233;j&#224; en Allemagne. &#171; &lt;i&gt; Je n'ai pas pu partir avec elle, nous n'avions pas assez d'argent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;gion sinistr&#233;e de Konitsa, certains habitants regardent avec m&#233;fiance l'arriv&#233;e de ces nouveaux venus. Depuis que la crise a commenc&#233;, la bourgade se vide de ses habitants, qui partent dans les grandes villes chercher du travail. &#171; &lt;i&gt;Regardez la place du village : il y a trois ans encore, elle &#233;tait pleine tous les matins, maintenant il n'y a plus personne&lt;/i&gt; &#187;, se d&#233;sole Trifon, qui tient un caf&#233;-p&#226;tisserie joliment d&#233;cor&#233;. Pourtant, ici comme dans le reste de la Gr&#232;ce, les habitants font preuve d'une &#233;tonnante solidarit&#233;, apportant sans compter des vivres ou des v&#234;tements. &#192; Kozani, la pr&#233;fecture de la Mac&#233;doine occidentale, la municipalit&#233; &#233;cologiste accueille m&#234;me 500 personnes dans le gymnase municipal, sans aucune aide du gouvernement, du HCR ou des ONG. Des dizaines de volontaires locaux se mobilisent jour et nuit pour accueillir au mieux les Syriens et les Irakiens. &#171; &lt;i&gt;Le nord de la Gr&#232;ce a beaucoup souffert des guerres mondiales et de la guerre civile&lt;/i&gt; &#187;, explique Giannis Kostarelas, le responsable de la communication de la mairie. &#171; &lt;i&gt;Les gens d'ici savent bien ce qu'&#234;tre r&#233;fugi&#233; veut dire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le plan de relocalisation adopt&#233; par l'Union europ&#233;enne pr&#233;voit une nouvelle r&#233;partition des r&#233;fugi&#233;s entre les 28 &#201;tats membres. Pour l'instant, 160 000 personnes devraient &#234;tre concern&#233;es, mais plusieurs pays ralentissent sa mise en &#339;uvre, dont la France. En 2015, plus d'un million de candidats &#224; l'exil sont pass&#233;s par la route des Balkans.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Zone humide &#224; d&#233;fendre</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Zone-humide-a-defendre</link>
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		<dc:date>2014-05-06T03:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yasmine Berdoulat</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
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&lt;p&gt;Une ZAD dans la vall&#233;e du Tescou, &#224; une dizaine de kilom&#232;tres de Gaillac, pr&#232;s de Toulouse. Le conseil g&#233;n&#233;ral projette d'y installer un barrage. Cet ouvrage engloutirait plus de 29 hectares de for&#234;t et de zone humide pour irriguer le ma&#239;s d'une dizaine d'agriculteurs. &#171; Ami, entends-tu ? &#187; Avec bottes et chaussettes en laine, nous arrivons au camp. C'est le collectif des Bouilles qui y est install&#233; depuis octobre 2013, gr&#226;ce au travail pr&#233;alable d'un autre collectif, celui pour la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no120-mars-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;120 (mars 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/zone-humide" rel="tag"&gt;zone humide&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une ZAD dans la vall&#233;e du Tescou, &#224; une dizaine de kilom&#232;tres de Gaillac, pr&#232;s de Toulouse. Le conseil g&#233;n&#233;ral projette d'y installer un barrage. Cet ouvrage engloutirait plus de 29 hectares de for&#234;t et de zone humide pour irriguer le ma&#239;s d'une dizaine d'agriculteurs. &#171; Ami, entends-tu ? &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1018 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/p15-barrage1-ecd04.jpg?1768651075' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avec bottes et chaussettes en laine, nous arrivons au camp. C'est le collectif des Bouilles qui y est install&#233; depuis octobre 2013, gr&#226;ce au travail pr&#233;alable d'un autre collectif, celui pour la Sauvegarde de la zone humide du Testet (CSZHT), le temps de gagner du terrain sur le plan juridique. Nous sommes accueillis par des &#171; Zadistes &#187; &#224; la M&#233;tairie neuve, sur des terres rachet&#233;es par le conseil g&#233;n&#233;ral apr&#232;s le d&#233;c&#232;s du propri&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la ferme squatt&#233;e a d&#251; &#234;tre &#233;vacu&#233;e apr&#232;s le passage d'un commando &#171; pro-barrage &#187;, une vingtaine de &#171; cagoul&#233;s &#187; en treillis, munis de matraques et de r&#233;pulsifs, qui ont saccag&#233; le squat. Un kilom&#232;tre plus loin, des vestiges de cabanes et la trace du grand chapiteau embarqu&#233; par les flics, lors de la seconde expulsion des Zadistes, officielle celle-l&#224; &#8211; on ne peut pas dire l&#233;gale, ce n'est pas le cas &#8211;, le 27 f&#233;vrier dernier. De l'autre c&#244;t&#233; de la route, le nouveau camp, &#171; la Bouillonnante &#187;, encore debout celui-l&#224;, sur des terres de l'Office national des for&#234;ts. Yourtes, cuisine et salle &#224; manger &#8211; des serres am&#233;nag&#233;es par des agriculteurs du coin qui apportent leur soutien &#8211;, mais aussi des plates-formes dans les arbres, un autre chapiteau de fortune construit autour d'un grand arbre, lieu de rassemblement o&#249; parfois on pourra entendre, autour du feu, le chant des &#171; partis sans &#187; : &#171; &lt;i&gt;Testet, entends-tu, les voleurs de notre eau sur la plaine ? Testet, entends-tu, les tricheurs lib&#233;raux qui s'd&#233;cha&#238;nent ? Oh&#233;, militants, &#233;colos et paysans, c'est l'alarme ! Ce soir, les petits arr&#234;t'ront la soif des grands sans les armes !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la majorit&#233; des militants sont du coin, quelques-uns, dont les premiers arriv&#233;s en octobre, et les occupants permanents, viennent de NDDL, mais aussi d'autres &#171; ZAD &#187;, comme celle de Rennes-les-Bains, et m&#234;me de la capitale : &#171; &lt;i&gt;Sur la r&#233;gion parisienne, il n'y a m&#234;me pas de ZAD, c'est nul !&lt;/i&gt; &#187; Le c&#339;ur de la lutte bat au rythme d'un petit groupe de militants nomades qui se bagarrent ici &#171; &lt;i&gt;contre un &#233;ni&#232;me projet impos&#233; par les g&#233;ants capitalistes&lt;/i&gt; &#187;. Apr&#232;s chaque expulsion, de nouveaux arrivants. &#171; &lt;i&gt; Et &#231;a continue de prendre de l'ampleur&#8230; Ils nous font de la pub, ces cons-l&#224;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1019 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH269/p15-barrage2-51cfb.jpg?1768651074' width='400' height='269' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici, ils emp&#234;chent les naturalistes de faire leur travail de pr&#233;l&#232;vement des esp&#232;ces prot&#233;g&#233;es, ce qui retarde le d&#233;marrage du d&#233;boisement. Mais &#231;a se corse, lorsque l'un d'eux vient pr&#233;lever trois larves de salamandre&#8230; escort&#233; par vingt-cinq flics arm&#233;s jusqu'aux dents ! Mais il leur faudra tenir bon, peut-&#234;tre plus pour longtemps : si l'on en croit &#8211; mais faut-il le croire ? &#8211; Thierry Carcenac, pr&#233;sident du conseil g&#233;n&#233;ral, le d&#233;boisement pr&#233;vu fin mars conditionne et les travaux et le versement des aides europ&#233;ennes&#8230; Tout se jouerait donc ce mois-ci&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les zadistes s'attendent &#224; une tentative d'expulsion et d&#233;boisement d&#232;s le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous partons &#224; pied chez Marie-Agn&#232;s, porte-parole du CSZHT. &#171; &lt;i&gt;C'est vous les journalistes ?&lt;/i&gt; &#187; Devant nos pattes farcies de boue jusqu'aux genoux, elle a du mal &#224; nous prendre au s&#233;rieux. Puis elle nous remet cinq dossiers. Changement d'ambiance, et 300 nouveaux arguments contre ce barrage. D'abord, pour les connaisseurs, la richesse d'une zone humide &#8211; zones en voie de disparition, parce qu'il est difficile de faire de l'argent avec de telles terres &#8211; est inestimable, ne serait-ce que pour les centaines d'esp&#232;ces prot&#233;g&#233;es et menac&#233;es ou la r&#233;alimentation des nappes phr&#233;atiques. &#171; &lt;i&gt;C'est une vall&#233;e qui a &#233;norm&#233;ment de valeur, c'est la zone humide la plus importante du Tescou&lt;/i&gt; &#187;, nous avait rappel&#233; Camille, du collectif des Bouilles. Le Conseil national de la protection de la nature a d'ailleurs donn&#233; un avis d&#233;favorable &#224; la demande de d&#233;rogation sur les esp&#232;ces prot&#233;g&#233;es. Normalement cet avis suffit &#224; tout arr&#234;ter. Le probl&#232;me, c'est que la Compagnie d'am&#233;nagement des coteaux de Gascogne (CACG), soci&#233;t&#233; d'&#233;conomie mixte, est ma&#238;tre d'&#339;uvre, ma&#238;tre d'ouvrage, et contr&#244;le le bureau d'&#233;tudes. Du coup, &#231;a leur passe au-dessus. Marie-Agn&#232;s rajoute : &#171; &lt;i&gt;la CACG est en d&#233;ficit : ils savent que si ce barrage ne se fait pas, il n'y en aura pas d'autres pour eux&lt;/i&gt;. &#187; Et ils y vont carr&#233;ment, multipliant par trois la taille du barrage par rapport aux besoins estim&#233;s par les &#233;tudes. &#171; &lt;i&gt;C'est une aberration par rapport au co&#251;t, c'est une d&#233;pense d'argent qui est inconsid&#233;r&#233;e ! &lt;/i&gt; &#187; Plus de 8 millions sont n&#233;cessaires &#224; la simple construction de la b&#234;te. Ce r&#233;servoir est destin&#233; &#224; l'irrigation de ma&#239;s pour l'agriculture intensive &#171; &lt;i&gt;pour moins d'une dizaine d'agriculteurs. Mais en fait on ne sait pas, il n'y a pas d'enqu&#234;te pour savoir vraiment qui s'en servira, aucun n'a concr&#232;tement sign&#233; pour l'instant, on ne sait m&#234;me pas si l'eau sera utilis&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous partons ensuite (en voiture et pr&#233;sentables, cette fois) &#224; la rencontre d'un des rares agriculteurs concern&#233;s qui s'oppose ouvertement au pharaonique projet. M. Lacoste et sa femme ont repris l'exploitation agricole familiale qui existe depuis plusieurs g&#233;n&#233;rations. Habitant tout &#224; c&#244;t&#233; du lieu de construction du barrage, ils vont perdre environ 7 hectares de p&#226;ture. Son p&#232;re prot&#233;geait d&#233;j&#224; la vall&#233;e en refusant de signer pour un projet de base de loisirs et un autre d'enfouissement de d&#233;chets : bref, la vall&#233;e n'en est pas &#224; sa premi&#232;re convoitise. Pour le sieur Lacoste, &#171; &lt;i&gt;les agriculteurs autour, ils savent aussi que ce n'est que de la nuisance pour eux. Ils ne pourront m&#234;me pas pomper dedans. Mais bon, comme ils sont &#224; la Fnsea, ils ne diront rien.&lt;/i&gt; &#187; Lui n'y a jamais adh&#233;r&#233; et ne compte pas s'agrandir, d'o&#249; sa position ouvertement contre le barrage. C'est donc tr&#232;s logiquement qu'il soutient, tout comme Marie-Agn&#232;s, &#171; &lt;i&gt;la grande bande d'a&#8230; enfin les jeunes, on va dire&lt;/i&gt; &#187;, sans qui la for&#234;t serait peut-&#234;tre d&#233;j&#224; couch&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1020 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH270/p15-barrage3-66d18.jpg?1768651075' width='400' height='270' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les zadistes s'attendent &#224; une tentative d'expulsion et d&#233;boisement d&#232;s le 10 mars alors que le journal sera d&#233;j&#224; sous presse. Affaire &#224; suivre &lt;a href=&#034;http://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par ici&lt;/a&gt; et sur les ondes de Canal Sud &#224; Toulouse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Vivre en cage &#224; Gaza</title>
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		<dc:creator>Pierre Stambul</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Depuis 7 ans, le blocus isra&#233;lien a transform&#233; Gaza en un v&#233;ritable laboratoire, o&#249; pr&#232;s de 1,8 million de personnes survivent, sans quasiment pouvoir sortir, dans la pauvret&#233;, le ch&#244;mage et les pires p&#233;nuries. &#192; l'&#233;tranglement isra&#233;lien s'ajoute le blocus &#233;gyptien par &#171; mesure s&#233;curitaire &#187;, depuis la prise de pouvoir de l'arm&#233;e &#233;gyptienne. Pierre Stambul, copr&#233;sident de l'[Union juive fran&#231;aise pour la paix-&gt;http://www.ujfp.org, a pu s&#233;journer fin d&#233;cembre dans cette cage, via le r&#233;seau de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no118-janvier-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;118 (janvier 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bertoyas" rel="tag"&gt;Bertoyas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gaza-vient" rel="tag"&gt;Gaza vient&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis 7 ans, le blocus isra&#233;lien a transform&#233; Gaza en un v&#233;ritable laboratoire, o&#249; pr&#232;s de 1,8 million de personnes survivent, sans quasiment pouvoir sortir, dans la pauvret&#233;, le ch&#244;mage et les pires p&#233;nuries. &#192; l'&#233;tranglement isra&#233;lien s'ajoute le blocus &#233;gyptien par &#171; mesure s&#233;curitaire &#187;, depuis la prise de pouvoir de l'arm&#233;e &#233;gyptienne. Pierre Stambul, copr&#233;sident de l'&lt;a href=&#034;http://www.ujfp.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Union juive fran&#231;aise pour la paix&lt;/a&gt;, a pu s&#233;journer fin d&#233;cembre dans cette cage, via le r&#233;seau de soutien international &lt;a href=&#034;http://asociacionunadikum.org/unadikum-international-brigades-english/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Unadikum&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 24 d&#233;cembre, l'arm&#233;e isra&#233;lienne a attaqu&#233; la bande de Gaza avec les chars et l'aviation en 15 endroits diff&#233;rents. Un char isra&#233;lien a pulv&#233;ris&#233; &#224; 800 m&#232;tres de distance une maison dans un camp de r&#233;fugi&#233;s. Une dangereuse terroriste, la petite Hala, 3 ans, est morte. Sa m&#232;re est ses fr&#232;res ont &#233;t&#233; bless&#233;-e-s. &#192; l'h&#244;pital, la famille nous a demand&#233; de filmer et de t&#233;moigner. Deux jours auparavant, un autre redoutable terroriste, un chiffonnier qui recyclait les ordures, avait &#233;t&#233; abattu sans motif par un sniper isra&#233;lien.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_925 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH356/p03-cqfgaza-4d14f.jpg?1768654340' width='400' height='356' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par JMB.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 7 ans de blocus, 150 paysans et des milliers d'animaux qui avaient l'outrecuidance d'approcher de trop pr&#232;s la &#171; &lt;i&gt;barri&#232;re de s&#233;curit&#233;&lt;/i&gt; &#187; &#8211; pour reprendre le vocabulaire de l'occupant &#8211; ont perdu la vie. &#171; &lt;i&gt;Pourquoi la justice internationale prot&#232;ge-t-elle les criminels de guerre isra&#233;liens ?&lt;/i&gt; &#187;, s'interroge le militant des droits de l'homme Khalil Shaheen. Quand les soldats de Tsahal ne tirent pas sur les paysans, ils visent les p&#234;cheurs : la marine isra&#233;lienne interdit &#224; ces derniers de s'&#233;loigner &#224; plus de 3 km des c&#244;tes. Depuis 4 ans, elle a tu&#233; deux p&#234;cheurs, elle en a bless&#233; vingt-quatre et elle en a enlev&#233; 147. Elle a &#233;galement confisqu&#233; 45 bateaux et d&#233;truit une centaine d'autres, qui parfois naviguaient &#224; seulement quelques milles de la c&#244;te dans l'espace autoris&#233;. Les quelque 4 200 p&#234;cheurs sont r&#233;duits &#224; la mis&#232;re. &#171; &lt;i&gt; Le droit international permet de cultiver et de p&#234;cher. Isra&#235;l viole ce droit en disant que c'est contraire &#224; sa s&#233;curit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, explique Mohamed al-Bakri, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du syndicat des comit&#233;s de travailleurs agricoles (UAWC)&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le syndicat des travailleurs agricoles UAWC appartient &#224; Via Campesina. Il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment la p&#233;nurie est organis&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gaza est aussi une terre agricole. La superficie agricole a diminu&#233; d'1/3 &#224; 1/5 de la bande en 7 ans. Les Isra&#233;liens interdisent la commercialisation des produits et les fraises de Gaza pourrissent sur place. Les paysans survivent avec 1/2 hectare de terre en moyenne. Gaza est autosuffisant en l&#233;gumes et en poulet, mais tout le reste doit &#234;tre import&#233; (&#339;ufs, viande rouge, poisson). Lors des r&#233;centes inondations, 3 000 serres ont &#233;t&#233; inond&#233;es, le blocus isra&#233;lien emp&#234;che leur remplacement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'eau &#224; Gaza vient de Cisjordanie par l'aquif&#232;re. Les Isra&#233;liens ont creus&#233; des puits sur la fronti&#232;re tous les 100 m&#232;tres pour capter cette eau. R&#233;sultat, il manque &#224; Gaza 40 % de l'eau n&#233;cessaire &#224; son agriculture. La nappe phr&#233;atique est envahie par la mer et l'eau, devenue saum&#226;tre, est impropre &#224; la consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#201;gypte, l'essence est subventionn&#233;e et ne co&#251;te que 0,12 euro le litre. Avant que le gouvernement &#233;gyptien ne bloque la fronti&#232;re et ne d&#233;truise les tunnels, on trouvait de l'essence &#224; Gaza. &#192; pr&#233;sent, elle vient d'Isra&#235;l, est rare et hors de prix. Les charrettes remplacent souvent les voitures. Cons&#233;quence de cette p&#233;nurie de p&#233;trole, il n'y a en moyenne que 6 heures d'&#233;lectricit&#233; par jour. Alors c'est la d&#233;brouille : groupes &#233;lectrog&#232;nes et lampes de poche sont indispensables, mais ne garantissent rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les h&#244;pitaux, on manque de m&#233;dicaments, d'hygi&#232;ne, de m&#233;decins qualifi&#233;s. Les grands malades essaient de partir &#224; l'&#233;tranger, mais sortir n'est pas &#233;vident et &#231;a co&#251;te tr&#232;s cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;norme effort est entrepris pour l'&#233;ducation. Il y a tr&#232;s peu d'illettr&#233;s. On compte &#224; Gaza 100 000 &#233;tudiant-e-s dans cinq universit&#233;s. Au bout du compte, il y a 35 000 ch&#244;meurs dipl&#244;m&#233;s et d'autres qui survivent avec des petits boulots. Le ch&#244;mage total ou partiel touche 60 % de la population. L'&#233;conomie a &#233;t&#233; d&#233;truite. &#171; &lt;i&gt;Sans solution politique, on continuera &#224; manquer d'eau, de terre, de m&#233;decins, d'&#233;ducation et &#231;a va exploser&lt;/i&gt; &#187;, ajoute Mohamed al-Bakri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Col&#232;re et auto-organisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous nos interlocuteurs-trices disent la m&#234;me chose : la d&#233;sunion palestinienne, l'existence de deux gouvernements, deux parlements, deux lois sont pour tous un scandale : &#171; &lt;i&gt;Ils ne pensent qu'&#224; leur propre int&#233;r&#234;t &lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt; Ils ont perdu toute l&#233;gitimit&#233;&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Cette d&#233;sunion est une victoire de l'occupant&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Rien ne changera avec Abou Mazen. &lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Il n'y aura pas de troisi&#232;me Intifada &#224; cause de la division palestinienne&lt;/i&gt;, pense Ziad Medoukh, responsable du d&#233;partement de fran&#231;ais &#224; l'universit&#233; al-Aqsa de Gaza. &lt;i&gt;Depuis la mort d'Arafat, il n'y a plus de leadership. La direction &#224; prendre vient de l'ext&#233;rieur de la soci&#233;t&#233; palestinienne et non de l'int&#233;rieur. Les deux gouvernements profitent de l'occupation pour garder le pouvoir. Ces deux gouvernements ont perdu toute l&#233;gitimit&#233;. Les deux sont en &#233;chec. Mais ils savent que la population ne va pas se r&#233;volter contre eux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impopularit&#233; des deux gouvernements est certaine. &#171; &lt;i&gt; Notre r&#234;ve, c'est un seul &#201;tat. Notre r&#233;f&#233;rence, c'est Mandela, &lt;/i&gt; [mais] &lt;i&gt;nos dirigeants sont stupides&lt;/i&gt;, estime Eyad Al Alam, avocat au Centre palestinien des droits de l'homme (PCHR). &lt;i&gt;Pourquoi n'y a-t-il pas r&#233;unification ? Je me fous des relations Fatah-Hamas. On voudrait des &#233;lections, mais Isra&#235;l contr&#244;le tout et ne laissera pas faire. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PCHR fait partie de ce grand r&#233;seau d'associations qui viennent au secours des pauvres et des exclus, et permettent &#224; la population de s'organiser, d'exiger le droit de &#171; &lt;i&gt;vivre comme un &#234;tre humain normal &lt;/i&gt; &#187;. Le PCHR enqu&#234;te sur toutes les exactions, m&#234;me sur les violences interpalestiniennes. Il aide les prisonniers politiques, combat la torture, d&#233;nonce l'impunit&#233; de l'occupant et la complicit&#233; occidentale. Il a fourni aux enqu&#234;teurs de l'ONU (Dugard, Falk, Goldstone) une grande aide pour leurs rapports. &#171; &lt;i&gt;Comme palestinien, j'ai &#233;t&#233; victimis&#233; et maltrait&#233;. La Naqba est en moi. Je suis n&#233; ici, c'est mon pays. Un Russe obtient la nationalit&#233; isra&#233;lienne et moi, je n'ai rien. La loi vient du pouvoir, pas de la morale. Avec la globalisation, j'ai espoir que les barri&#232;res dispara&#238;tront. Pourquoi la communaut&#233; internationale accepte-t-elle cette punition collective ?&lt;/i&gt; &#187;, s'indigne Khalil Shaheen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politiquement, il existe une gauche palestinienne, dont le parti le plus important est le FPLP. Ce parti a pay&#233; un tr&#232;s lourd tribut d&#251; &#224; son r&#244;le dans la r&#233;sistance (le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral Ahmed Saadat a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; la prison &#224; vie et son pr&#233;d&#233;cesseur a &#233;t&#233; assassin&#233;). Il essaie aujourd'hui de renouveler ses cadres et d'unifier un troisi&#232;me p&#244;le face au Fatah et au Hamas. Il se concentre aussi sur l'action sociale du FPLP : les jardins d'enfants, les h&#244;pitaux (comme &#224; Jabaliya), les ONG, l'aide aux agriculteurs et aux p&#234;cheurs. Dans son programme, il exige la fin des n&#233;gociations avec Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui les accords d'Oslo sont plus que jamais morts. On est pass&#233; &#224; une lutte antiapartheid sur un espace unique. L'hypocrisie des discours de la France, de l'Union europ&#233;enne et des &#233;tats-Unis renforce l'&#233;conomie isra&#233;lienne et le blocus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Ziad Medoukh, la discussion se porte sur le boycott : &#171; &lt;i&gt;La notion est peu d&#233;velopp&#233;e en Palestine parce que les march&#233;s sont captifs. Il n'y a pas beaucoup de produits isra&#233;liens, aucun produit des colonies, mais les Palestiniens n'ont aucune marge de man&#339;uvre. Toutes les formes de solidarit&#233; sont les bienvenues. Mais la priorit&#233;, c'est de lever un blocus qui dure depuis 7 ans. S'il n'y a pas un mouvement comparable &#224; ce qui s'est fait en Afrique du Sud, &#231;a ne marchera pas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Stambul&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;N&#233;tanyahou mon louloup&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le raid a&#233;rien de l'arm&#233;e isra&#233;lienne sur Gaza du 24 d&#233;cembre, inutile de compter sur un d&#233;but de commencement d'indignation c&#244;t&#233; Hexagone. Comme on l'a vu ces derniers temps, Hollande, dit &#171; Flamby &#187;, semble vouer au Premier ministre isra&#233;lien N&#233;tanyahou, dit &#171; Bibi &#187;, un &#233;lan pour le moins irr&#233;pressible. Durant sa visite en Isra&#235;l en novembre dernier, on a pu ainsi voir le petit Fran&#231;ois se lancer dans un &#171; chant d'amour &#187; &#224; l'occasion d'un pot d'honneur : &#171; &lt;i&gt; Si on m'avait dit que je viendrais en Isra&#235;l, et qu'en plus de faire de la diplomatie, j'aurais &#233;t&#233; oblig&#233; de chanter&#8230; je l'aurais fait ! Pour l'amiti&#233; entre Benjamin et moi-m&#234;me. J'aurais toujours trouv&#233; un chant d'amour pour Isra&#235;l et pour ses dirigeants.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous Sarkozy, le gouvernement fran&#231;ais avait d&#233;j&#224; multipli&#233; les embard&#233;es sentimentales &#224; l'&#233;gard de l'&#201;tat d'Isra&#235;l et de son gouvernement ultranationaliste, rompant avec la politique ant&#233;rieure de la France plut&#244;t pro-arabe. Cependant, m&#234;me Sarko avait fini par l&#226;cher en marge du G20 en 2011, au sujet de N&#233;tanyahou : &#171; &lt;i&gt;Je ne peux plus le voir, c'est un menteur.&lt;/i&gt; &#187; Un comble ! Pourtant, les braises de la passion franco-isra&#233;lienne &#233;taient toujours vivaces. C'&#233;tait bien la ministre de la Justice, une certaine Alliot-Marie, qui avait exig&#233; du Parquet en 2010 qu'il poursuive les participants &#224; la campagne Boycott-D&#233;sinvestissement-Sanction. Hollande et Valls avaient eux-m&#234;mes sign&#233; une tribune dans&lt;i&gt; Le Monde&lt;/i&gt; du 1er novembre 2010, en compagnie de Pascal Bruckner, Fr&#233;d&#233;ric Encel, Alain Finkielkraut et Bernard-Henri L&#233;vy, d&#233;cr&#233;tant que &#171; &lt;i&gt; le boycott d'Isra&#235;l&lt;/i&gt; [&#233;tait] &lt;i&gt;une arme indigne&lt;/i&gt; &#187;. Coup du sort, la Cour de cassation a reconnu la l&#233;galit&#233; du boycott dans une d&#233;cision prise le 19 novembre dernier. Mieux, &#224; partir du 1er janvier 2014, les pays membres de l'Union peuvent imposer un boycott des produits provenant des territoires occup&#233;s et geler le financement de projets scientifiques dans lesquels seraient impliqu&#233;s des chercheurs ou des institutions li&#233;s aux colonies, afin qu'Isra&#235;l respecte le droit international et accessoirement celui des Palestiniens. Tout ceci devrait avoir pour cons&#233;quence imm&#233;diate l'abrogation de la circulaire Alliot-Marie et de jeter potentiellement le trouble sur l'idylle entre Flamby et Bibi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mathieu L&#233;onard&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le syndicat des travailleurs agricoles UAWC appartient &#224; Via Campesina. Il organise les paysans et les p&#234;cheurs, &#233;tablit des programmes de d&#233;veloppement (tracteurs, &#233;tanch&#233;it&#233;, filets de p&#234;che).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La quille</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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&lt;p&gt;Dans l'usine, il n'y a pas eu de plan de restructuration depuis bient&#244;t sept ans, et il n'y a donc pas eu de ces d&#233;parts en pr&#233;retraite tant souhait&#233;s par les plus anciens. Du coup, la moyenne d'&#226;ge &#233;tant &#233;lev&#233;e, on peut s'attendre &#224; ce que, d'ici quatre ans, plus du tiers de l'ensemble du personnel aura quitt&#233; l'usine. Ce qui est &#233;norme. Et rien n'a &#233;t&#233; pr&#233;vu ces derni&#232;res ann&#233;es pour pallier cette perte de savoir. Pour l'instant, la direction essaie d'embaucher pour combler les trous, mais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no110-avril-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;110 (avril 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Christian" rel="tag"&gt;Christian&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans l'usine, il n'y a pas eu de plan de restructuration depuis bient&#244;t sept ans, et il n'y a donc pas eu de ces d&#233;parts en pr&#233;retraite tant souhait&#233;s par les plus anciens. Du coup, la moyenne d'&#226;ge &#233;tant &#233;lev&#233;e, on peut s'attendre &#224; ce que, d'ici quatre ans, plus du tiers de l'ensemble du personnel aura quitt&#233; l'usine. Ce qui est &#233;norme. Et rien n'a &#233;t&#233; pr&#233;vu ces derni&#232;res ann&#233;es pour pallier cette perte de savoir. Pour l'instant, la direction essaie d'embaucher pour combler les trous, mais les jeunes n'ont pas trop envie de bosser dans une industrie en perte de vitesse. Heureusement pour la direction, il y a quelques bo&#238;tes de la chimie qui ferment dans le coin, alimentant un vivier de salari&#233;s. En regardant de plus pr&#232;s, tout en se gardant d'une vision par trop &#171; complotiste &#187;, on peut penser qu'un d&#233;part aussi massif permettra au repreneur de l'usine de restructurer en &#233;conomisant un plan de suppression d'emplois. Globalement, cela fonctionnerait, mais on sait qu'il y aura des manques dans certains services.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_630 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH309/p11-levaray04-2013-95c8e.png?1768651183' width='400' height='309' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nardo
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le mois dernier, huit sont partis. Sur un total de 340, &#231;a commence &#224; se voir, et ce n'est qu'un d&#233;but. Parmi ces huit coll&#232;gues, des copains, mais pas tous. Certains comptaient les jours depuis d&#233;j&#224; des ann&#233;es tandis que d'autres semblaient surpris d'apprendre qu'ils devaient quitter le bleu de travail. Jadis, la quille signifiait pot de d&#233;part, avec &lt;i&gt;speech&lt;/i&gt; du chef de service, organisation d'une collecte, cadeaux et autres. Lorsque j'ai &#233;t&#233; embauch&#233;, le cadeau pour bons et loyaux services, c'&#233;tait une paire de chaussons et un fauteuil. Pourquoi pas une concession directe au cimeti&#232;re ? Aujourd'hui ce n'est plus le cas. La plupart des pots, quand ils ont lieu, se font en petit comit&#233; ou hors de l'usine. D'une part, parce que le &#171; z&#233;ro alcool &#187; r&#232;gne dans la bo&#238;te (en th&#233;orie, du moins), d'autre part, parce que la plupart des coll&#232;gues n'ont pas envie de faire la f&#234;te &#224; l'usine. De plus en plus, d'ailleurs, filent en catimini, comme s'ils s'en allaient en cong&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian n'est pas de ceux-l&#224;. Avec ses allures de b&#251;cheron rigolard, crini&#232;re et barbe grisonnante, il a pass&#233; 35 ann&#233;es dans la bo&#238;te. Pendant ses derni&#232;res ann&#233;es de boulot, il s'est investi dans le syndicat, apr&#232;s avoir occup&#233; une partie de son temps libre &#224; bouquiner la philosophie. Christian a boss&#233; la majeure partie de son temps dans un des ateliers les plus sales de l'usine &#224; fabriquer des engrais. Mais, &#224; cause de ses articulations us&#233;es et de probl&#232;mes cardiaques, il a fini sa carri&#232;re comme gardien. Un gardien philosophe &#231;a ne court pas les rues. Deux mois avant son d&#233;part, il a pris la r&#233;solution de ne plus bosser &#224; son poste. Sans craindre une &#233;ventuelle sanction. Il n'avait pas envie de voir son chef et ce dernier avait peur des possibles &#233;tincelles que produiraient leurs altercations. Christian a donc pass&#233; une partie de ses heures de travail au syndicat, ou dans les autres services &#224; causer avec d'anciens coll&#232;gues. Il a aussi saut&#233; sur chaque occasion de r&#233;union pour batailler avec la direction. Il en a aussi profit&#233; pour piquer pas mal d'heures au patron, ce qu'il ne pourra plus faire en retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, malgr&#233; ces arrangements tr&#232;s personnels, Christian est all&#233; de moins en moins bien. &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas le travail que je vais regretter, loin s'en faut. C'est plut&#244;t le fait que j'ai boss&#233; tant d'ann&#233;es, avec des contraintes, des horaires, des coll&#232;gues, et que j'ai un peu peur de l'avenir &lt;/i&gt; &#187;, dit-il. &#171; &lt;i&gt;C'est un saut dans le vide, une petite mort, une page qui se tourne.&lt;/i&gt; &#187; Il a fallu qu'il vide ses armoires et placards au vestiaire. &#171; &lt;i&gt;C'est vraiment bizarre cette impression : comme si tout s'effa&#231;ait. Bient&#244;t mon nom dispara&#238;tra des registres.&lt;/i&gt; &#187; Oui, c'est ce blues-l&#224; qui a atteint Christian. Difficile &#224; imaginer de la part de ce colosse. Arr&#234;ter de bosser &#233;tait depuis des ann&#233;es son souhait le plus fort, mais l&#224;, face &#224; l'&#233;ch&#233;ance de la retraite, il a du mal &#224; s'y faire. Fichue ali&#233;nation li&#233;e au travail salari&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour f&#234;ter son d&#233;part, il a organis&#233; un pot au local syndical (lieu prot&#233;g&#233;) o&#249; beaucoup de monde est venu le saluer ou le chambrer. N'arrivant pas &#224; quitter ses potes, il a promis de revenir de fa&#231;on assidue aux prochaines r&#233;unions&#8230; Puis il est all&#233;, pour la derni&#232;re fois, au service du personnel chercher son solde de tous comptes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Entre kermesse altermondialiste et processus r&#233;volutionnaire</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Entre-kermesse-altermondialiste-et</link>
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		<dc:date>2013-05-20T03:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charlotte Aufrez et R&#233;gis Arriet</dc:creator>


		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
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		<dc:subject>Manar</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Forum social mondial (FSM) de Tunis a concentr&#233; &#224; lui seul l'effervescence de la r&#233;volution tunisienne alors que le marasme &#233;conomique et politique s'est install&#233; dans le pays. Malgr&#233; tout, les jeunes Tunisiens et Tunisiennes veulent croire &#224; la continuit&#233; du processus r&#233;volutionnaire. Au sein du campus El Manar de Tunis, 70 000 personnes sillonnent les b&#226;timents r&#233;cemment repeints &#8211; par l'&#201;tat &#8211; et fra&#238;chement tagu&#233;s &#8211; par les r&#233;volutionnaires. Le FSM 2013 s'est invit&#233; dans la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-y" rel="tag"&gt;n'y&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tunisie" rel="tag"&gt;Tunisie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/recemment-repeints" rel="tag"&gt;r&#233;cemment repeints&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fraichement-tagues" rel="tag"&gt;fra&#238;chement tagu&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/batiments-recemment" rel="tag"&gt;b&#226;timents r&#233;cemment&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/FSM" rel="tag"&gt;FSM&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Haikel" rel="tag"&gt;Haikel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Manar" rel="tag"&gt;Manar&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Forum social mondial (FSM) de Tunis a concentr&#233; &#224; lui seul l'effervescence de la r&#233;volution tunisienne alors que le marasme &#233;conomique et politique s'est install&#233; dans le pays. Malgr&#233; tout, les jeunes Tunisiens et Tunisiennes veulent croire &#224; la continuit&#233; du processus r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au sein du campus El Manar de Tunis, 70 000 personnes sillonnent les b&#226;timents r&#233;cemment repeints &#8211; par l'&#201;tat &#8211; et fra&#238;chement tagu&#233;s &#8211; par les r&#233;volutionnaires. Le FSM 2013 s'est invit&#233; dans la capitale, alors que l'assassinat le 6 f&#233;vrier de Chokri Bela&#239;d&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. CQFD n&#176; 109.&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, charismatique opposant de gauche, agite encore la rue tunisienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ambiance g&#233;n&#233;rale du Forum en est impr&#233;gn&#233;e, affiches placard&#233;es et slogans scand&#233;s, chants de la r&#233;volution sur fond de reggae et hommages au d&#233;funt leader. &#199;a et l&#224; des groupes d&#233;battent, un peu plus loin d'autres dansent au milieu du flot continu de participants &#224; la recherche de leur prochain atelier, parmi les 1 200 qui vont se tenir en trois jours. La gauche arabe est pr&#233;sente en force. On a m&#234;me droit &#224; quelques bastons : entre Syriens pro et anti Assad ou entre le Front Polisario&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mouvement politique et arm&#233; revendiquant l'ind&#233;pendance du Sahara (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et des Marocains dont le voyage est pay&#233; par le Royaume. &#171; L'Internationale &#187;, qui r&#233;sonne r&#233;guli&#232;rement dans la langue des Mille et Une Nuits, n'est pas encore le genre humain&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les interstices de ce FSM, on rencontre des enthousiastes comme Mohammed, dipl&#244;m&#233; de langue et litt&#233;rature fran&#231;aise et membre de l'Union des dipl&#244;m&#233;s ch&#244;meurs (UDC), qui voit dans le Forum &#171; &lt;i&gt;une occasion historique pour &#233;changer des id&#233;es et renforcer notre r&#234;ve. D&#233;sormais on a le droit de r&#234;ver et ce r&#234;ve doit se r&#233;aliser, maintenant ou pour la prochaine g&#233;n&#233;ration&lt;/i&gt; &#187;. Abir, une amie dipl&#244;m&#233;e en g&#233;nie &#233;lectrique, elle aussi membre de l'UDC et militante du Front populaire (principale coalition de gauche) ajoute que ce FSM permet &#171; &lt;i&gt;d'&#233;changer des id&#233;es qui peuvent cr&#233;er des alternatives au monde qui nous &#233;touffe par ses choix&lt;/i&gt; &#187;. Ils arrivent de Redeyef, ville du bassin minier du sud de la Tunisie qui avait connu en 2008 un mouvement de protestation de grande ampleur, premi&#232;re &#233;tincelle de la r&#233;volution tunisienne, et zone rythm&#233;e par des mouvements sociaux cons&#233;quents li&#233;s &#224; l'industrie d'extraction du phosphate. &#171; &lt;i&gt;Le FSM aide &#224; rendre optimistes, tout le monde est fou ici. La folie c'est le sel du FSM !&lt;/i&gt; &#187;, poursuit-elle, souriante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce Forum ne fait pas l'unanimit&#233; et loin de l'horizontalit&#233; et de la coll&#233;gialit&#233; affich&#233;es, les rumeurs de favoritisme voire de malversations dans l'organisation vont bon train. Par ailleurs, Haikel, de la r&#233;gion de Sfax, nous confirme que &#171; &lt;i&gt;la majorit&#233; des gens &#224; l'int&#233;rieur du pays n'est pas au courant de ce qui se passe &#224; la capitale, elle ne comprend m&#234;me pas de quoi il s'agit.&lt;/i&gt; &#187; Dipl&#244;m&#233; d'un Master de recherche en math&#233;matiques appliqu&#233;es &#224; l'&#233;conomie, il refuse aujourd'hui &#171; &lt;i&gt; de travailler avec ces normes-l&#224;&lt;/i&gt; &#187; et vit de petits boulots de journalisme, d'ouvrier agricole ou de vendeur. Petit commer&#231;ant &#171; &lt;i&gt;entre deux projets&lt;/i&gt; &#187; venant de Sedjenene, dans le gouvernorat de Bizerte, Salem r&#233;sume : &#171; &lt;i&gt;Ma premi&#232;re impression c'est que c'est excellent de voir tout ce monde r&#233;uni pour des id&#233;es communes. Mais le probl&#232;me c'est que c'est juste une activit&#233;. On dirait un festival. Il y a m&#234;me ici des r&#233;seaux qui appartiennent, disons, aux ennemis de ce Forum.&lt;/i&gt; &#187; Et il ajoute : &#171; &lt;i&gt;Je crois que c'est un produit pour la consommation des m&#233;dias.&lt;/i&gt; &#187; La messe est dite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Tunis, beaucoup d'habitants ont appris la tenue de l'&#233;v&#233;nement suite &#224; l'invasion des rues par des hordes d'&#233;trangers l&#233;g&#232;rement diff&#233;rents des clients de tour-operators auxquels est habitu&#233; le pays. Leur d&#233;barquement constitue cependant une aubaine pour l'&#233;conomie tunisoise dans une conjoncture plut&#244;t morose : frilosit&#233; des investissements &#233;trangers, hausse des prix, ch&#244;mage end&#233;mique qui continue &#224; fournir des candidats &#224; l'&#233;migration. &#171; &lt;i&gt;Deux ans apr&#232;s, nous commen&#231;ons &#224; comprendre qu'il n'y a pas eu de grand changement&lt;/i&gt; &#187;, confirme Salem. &#171; &lt;i&gt;On peut m&#234;me dire qu'il n'y a pas eu de changement du tout. Des visages ont chang&#233; mais la vie que nous menons n'a pas chang&#233; : probl&#232;mes &#233;conomiques, sociaux&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Issu de l'&#233;lection d'une Assembl&#233;e nationale constituante (ANC) le 23 octobre 2011, le gouvernement de la &#171; Tro&#239;ka &#187; &#8211; Ennahda (islamistes, plus importante formation &#224; l'ANC), Ettakatol et le Congr&#232;s pour la r&#233;publique (centre gauche) &#8211; est accus&#233;e par ses opposants d'installer en douce ses partisans dans les diff&#233;rentes institutions et administrations. Quant &#224; l'ANC, &#233;lue initialement pour un an, elle pratique la strat&#233;gie du &#171; un pas en avant, deux pas en arri&#232;re &#187; et bute sur de nombreuses questions, au premier rang desquelles les liens entre religion et &#201;tat ou la nature du nouveau r&#233;gime, pr&#233;sidentiel ou parlementaire. La d&#233;ception et l'&#233;nervement &#224; son encontre sont grands, et partag&#233;s au-del&#224; des opposants &#224; la &#171; Tro&#239;ka &#187;. Salem et tous les autres jeunes r&#233;volutionnaires crois&#233;s au FSM abondent dans ce sens : &#171; &lt;i&gt;L'ANC ? C'est de la merde. Ils n'ont rien fait, rien &#233;crit, ils n'ont pas travaill&#233;. Ils gaspillent l'argent du peuple.&lt;/i&gt; &#187; Si un clivage droite-gauche semble se structurer, Haikel met en garde contre une interpr&#233;tation trop binaire de la sc&#232;ne politique tunisienne : &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, il n'y a pas d'alliances stables au sein de l'ANC. On ne peut pas vraiment faire un d&#233;coupage stable de la sph&#232;re politique.&lt;/i&gt; &#187; Et ajoute : &#171; &lt;i&gt;C'est l'incarnation de la contre-r&#233;volution. Elle regroupe des d&#233;put&#233;s qui n'ont rien &#224; voir avec l'esprit de la r&#233;volution. Il y a une vraie bataille de classe mais il n'y a pas un conflit entre une couleur politique et une autre.&lt;/i&gt; &#187; De fait, m&#234;me si la densit&#233; des &#233;v&#233;nements des deux derni&#232;res ann&#233;es peut parfois essouffler la capacit&#233; de mobilisation des Tunisiens et Tunisiennes, les conflits sociaux restent nombreux : r&#233;volte pour les mots d'ordre de la r&#233;volution &#8211; travail, libert&#233;, dignit&#233; &#8211; violemment r&#233;prim&#233;e &#224; Siliana fin novembre, manifestations et affrontements dans toute la Tunisie en r&#233;ponse &#224; l'assassinat de Chokri Bela&#239;d en f&#233;vrier, gr&#232;ves, sit-in&#8230; Apr&#232;s la d&#233;mission de son pr&#233;d&#233;cesseur, l'investiture en mars du Premier ministre Ali Larayedh, ministre de l'Int&#233;rieur dans le pr&#233;c&#233;dent gouvernement, n'annonce qu'un jeu de chaises musicales dans la politique gouvernementale. La libert&#233; d'expression appara&#238;t alors pour les Tunisiens et Tunisiennes comme la seule conqu&#234;te r&#233;elle de la r&#233;volution : &#171; &lt;i&gt; On peut s'organiser, on peut s'afficher dans la rue, on peut faire pas mal de chose qu'on n'avait jamais r&#234;v&#233; de faire pendant l'&#233;poque de Ben Ali&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne Haikel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ces constats, Abir &#171; &lt;i&gt;garde toujours l'espoir qu'une autre Tunisie est possible. Notre espoir, c'est la lutte, il n'y a pas d'autre solution ! &lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;N'oublions pas que, si la t&#234;te du r&#233;gime est coup&#233;e, il y en a une autre qui pousse, et le corps reste le m&#234;me. Le processus r&#233;volutionnaire peut durer des g&#233;n&#233;rations. On doit toujours garder les yeux grand ouverts&lt;/i&gt; &#187; ajoute Mohammed. Malgr&#233; les obstacles, voire les r&#233;gressions, Haikel reste &#233;galement optimiste, &#171; &lt;i&gt;parce que le d&#233;sespoir est contre-r&#233;volutionnaire. Je suis, je serai et je resterai toujours quelqu'un d'optimiste, un porteur d'espoir pour que les autres ne perdent pas la foi dans le processus. Il y a des micro-r&#233;sistances ici en Tunisie. Chaque fois que le processus baisse, ces micro-r&#233;sistances viennent injecter un nouveau souffle. Et chaque fois qu'une micro-r&#233;sistance surgit, on passe directement au travail de mise en r&#233;seau, de jumelage avec ces forces-l&#224;. On essaie de synchroniser les luttes entre les villes et villages.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que de perspectives g&#233;n&#233;rales, les militants veulent parler de projets et ancrer le processus r&#233;volutionnaire dans la r&#233;alit&#233;. &#171; &lt;i&gt;R&#234;ver, c'est agir, c'est exiger le r&#234;ve sur le terrain&lt;/i&gt; &#187;, atteste Mohammed : &#171; &lt;i&gt;Qui a dit qu'un jour Ben Ali chuterait ? Personne. La lutte, c'est le chemin.&lt;/i&gt; &#187; Face aux flots de paroles d&#233;vers&#233;s par les querelles de chapelles et par le haut de l'&#201;tat, l'action de la base reste le ma&#238;tre mot. &#171; &lt;i&gt; Il y a ce projet d'Universit&#233; populaire qu'il nous faut encore d&#233;velopper. Il en faut d'autres, d'autres TAZ [Zones autonomes temporaires] dans tout le pays. Un travail &#233;norme de mise en r&#233;seau nous attend et nous devons aussi d&#233;velopper des m&#233;dias alternatifs &lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise Haikel avant de conclure &#171; &lt;i&gt;et si vous voulez que je vous la pr&#233;sente, on l'appelle r&#233;volution permanente !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cf. &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Un-crime-a-reveiller-les-morts'&gt;CQFD n&#176; 109&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mouvement politique et arm&#233; revendiquant l'ind&#233;pendance du Sahara occidental, territoire sous contr&#244;le marocain depuis 1975.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>G&#233;n&#233;ration perdue</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Generation-perdue</link>
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		<dc:date>2012-11-05T06:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>le Cresadt, Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Depuis la fin de la guerre en 1995, la Bosnie-Herz&#233;govine tente de se trouver un avenir entre multiculturalisme, sir&#232;nes du march&#233; et recherche d'une identit&#233; commune. De jeunes Bosniens nous livrent quelques fragments de ce petit bout d'Europe d&#233;chir&#233;. &#171; On n'a aucun imaginaire commun qui nous r&#233;unit &#187;, d&#233;plore Medhi. &#171; Les accords de Dayton ont compl&#232;tement fig&#233; le pays. &#187; Les accords de Dayton, sign&#233;s fin 1995, sont ceux qui ont mis fin au conflit qui ravageait la Bosnie depuis trois (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no103-septembre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;103 (septembre 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-on" rel="tag"&gt;qu'on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pays-904" rel="tag"&gt;pays&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-a" rel="tag"&gt;n'a&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/deplore-Medhi" rel="tag"&gt;d&#233;plore Medhi&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sarajevo" rel="tag"&gt;Sarajevo&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis la fin de la guerre en 1995, la Bosnie-Herz&#233;govine tente de se trouver un avenir entre multiculturalisme, sir&#232;nes du march&#233; et recherche d'une identit&#233; commune. De jeunes Bosniens nous livrent quelques fragments de ce petit bout d'Europe d&#233;chir&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On n'a aucun imaginaire commun qui nous r&#233;unit &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;plore Medhi. &lt;i&gt;&#171; Les accords de Dayton ont compl&#232;tement fig&#233; le pays. &#187;&lt;/i&gt; Les accords de Dayton, sign&#233;s fin 1995, sont ceux qui ont mis fin au conflit qui ravageait la Bosnie depuis trois ans. Il fallait arr&#234;ter au plus vite le carnage en donnant le plus d'autonomie possible aux diff&#233;rentes entit&#233;s bosniennes qui composent le pays, poussant l'absurdit&#233; &#224; cr&#233;er un territoire serbe (de religion orthodoxe) et un territoire croato-bosniaque (catholique et musulman) avec chacun sa Constitution, son gouvernement&#8230; &lt;i&gt;&#171; Et pour chapeauter le tout, on a une pr&#233;sidence coll&#233;giale et un repr&#233;sentant des Nations unies qui peut annuler toute d&#233;cision du gouvernement ou du Parlement ! &#187;&lt;/i&gt;, balance Mehdi. Mehdi a 28 ans et habite Biha&#263;, petite ville perdue &#224; l'extr&#234;me ouest du pays, o&#249;, &#224; part se baigner dans la rivi&#232;re Una et boire des pintes au bar, la morosit&#233; est de mise. Mohamed Mevi&#263; et son fr&#232;re Medla, la trentaine chacun, tiennent quant &#224; eux le Leglo, rare rade du coin qui ne balance pas &#224; plein tube de la turbo-folk&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#233;lange improbable de folklore bosniaque accord&#233;onesque et de techno.&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; :&lt;i&gt; &#171; Il n'y a rien &#224; faire dans le pays et je ne te parle pas que du ch&#244;mage ! insiste Medla. On n'arr&#234;te pas de rappeler &#224; notre g&#233;n&#233;ration qu'on &#233;tait adolescents pendant la guerre, qu'on ne peut pas comprendre son lot de sacrifices et de morts et que, du coup, on ne doit pas trop la ramener. Les politiques et les m&#233;dias nous culpabilisent sans cesse pour qu'on n'ouvre pas notre gueule. Il n'y pas de place pour notre g&#233;n&#233;ration en Bosnie, on est cens&#233; baisser la t&#234;te et dire &#8220;on n'a pas souffert et on n'a pas combattu, d&#233;sol&#233;&#8230;'' &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant les deux frangins d&#233;ballent vite leurs histoires de fuite dans la for&#234;t,&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_458 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;53&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/cresadt_yougoslavie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH423/cresadt_yougoslavie-371ec.jpg?1768709590' width='500' height='423' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par le CRESADT
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Cliquez sur l'image pour l'agrandir.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;d'&#233;changes de populations civiles contre miliciens serbes et autres anecdotes sordides. Pour Mohammed,&lt;i&gt; &#171; on est devenu un anti pays. Regarde ce paquet de clopes, il est marqu&#233; trois fois &#8220;Pu&#353;enje ubija'', &#171; Fumer tue &#187;, parce que c'est en bosniaque, en croate et en serbe, les trois entit&#233;s du pays. C'est ridicule, mais ici on va te dire que ce n'est pas la m&#234;me langue. Notre hymne national, il a &#233;t&#233; compos&#233; par l'Union europ&#233;enne et il n'y pas de paroles, histoire qu'il n'y ait pas d'embrouilles&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En descendant au Leglo, Isan, jeune militant antifasciste raconte que &lt;i&gt;&#171; en tant qu'antifa ici, on a du boulot ! Les politiques jouent sur les clivages communautaires et c'est de plus en plus les partis populistes et nationalistes qui gagnent les &#233;lections. &#187;&lt;/i&gt; En t&#233;moigne le nouveau et tr&#232;s ambitieux ministre de l'Int&#233;rieur, Fahrudin Radon&#269;i&#263;, businessman et magnat de la presse qui flirte avec la mafia&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;http://balkans.courriers.info/artic....&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et se revendique ouvertement comme un nouveau Berlusconi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Medhi et beaucoup d'autres de sa g&#233;n&#233;ration la solution ne semble pas simple : &lt;i&gt;&#171; Il faudrait qu'on entre dans l'Union europ&#233;enne mais notre &#233;conomie est sous perfusion et ravag&#233;e par la corruption. Et puis je ne sais pas ! Si c'est pour finir comme la Croatie ou le Mont&#233;n&#233;gro, envahis par les complexes h&#244;teliers et les touristes&#8230; Regarde Sarajevo aujourd'hui ! &#187;&lt;/i&gt; En effet, &#224; Sarajevo, l'ancien quartier turc Ba&#353;&#269;ar&#353;ija est constell&#233; d'&#233;choppes vendant souvenirs en toc et balles de 9 millim&#232;tres en porte-cl&#233;s. Les guides touristiques proposent des balades sur l'ancienne &#171; Sniper Alley &#187;, boulevard sinistrement c&#233;l&#232;bre pour ses tireurs embusqu&#233;s pendant le si&#232;ge de la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, &#224; la fin du ramadan, l'eau-de-vie et la bi&#232;re coulent &#224; flot dans le garage de Selim, le plus grand des fr&#232;res Mevi&#263;. Il accueille ce soir la famille au complet. Un vieil oncle raconte que &lt;i&gt;&#171; musulmans, croates ou serbes, on vivait tous ensemble et &#231;a depuis des g&#233;n&#233;rations. Regarde ici, devant la mosqu&#233;e, il y a une &#233;glise. Il y avait aussi des mariages mixtes. Tu vas &#224; Sarajevo, il y a des mosqu&#233;es avec en face une synagogue et une &#233;glise orthodoxe. Et &#231;a marchait ! Et &#231;a marche encore ! C'est le go&#251;t du pouvoir des dirigeants qui a entra&#238;n&#233; cette guerre o&#249; ton voisin &#233;tait devenu ton pire ennemi. Mais maintenant c'est trop tard : ou il faudra beaucoup de temps ou on finira en deux pays diff&#233;rents ! &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois religions, trois cultures, deux pays diff&#233;rents&#8230; C'est l'id&#233;e, nagu&#232;re tabou, que certains commencent &#224; envisager comme solution pour que la Bosnie sorte enfin des crises politiques internes. Ce fragment d'Europe o&#249;, malgr&#233; les d&#233;chirements et cons&#233;quences irr&#233;versibles de la guerre, se c&#244;toient dans un joyeux pataqu&#232;s, cultures slave et latine, influences ottomane et austro-hongroise, islam et christianisme, socialisme yougoslave et &#233;conomie de march&#233;, m&#233;riterait un meilleur destin. Paddy Ashdown, lui m&#234;me Nord-Irlandais et ancien haut-repr&#233;sentant des Nations unies en Bosnie-Herz&#233;govine de 2002 &#224; 2006, est plus d&#233;sabus&#233; encore : &lt;i&gt;&#171; Le pays est en train de se transformer en trou noir. C'est tragique, car il aurait pu &#234;tre le symbole de ce que pourrait &#234;tre l'Europe&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;M&#233;lange improbable de folklore bosniaque accord&#233;onesque et de techno.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://balkans.courriers.info/article20144.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://balkans.courriers.info/artic...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>O&#249; il n'est pas question du taulier mais de la taule</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


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&lt;p&gt;Ce mois-ci, j'&#233;tais peu &#224; l'usine. J'ai brad&#233; mes cong&#233;s de l'ann&#233;e pour aller pr&#233;senter mes bouquins &#224; travers la France. Parmi ces d&#233;placements, je me suis retrouv&#233; &#224; intervenir au centre de d&#233;tention de Val-de-Reuil (Eure). Ce n'est pas la premi&#232;re fois que j'interviens en prison, je sais que ce sont des moments forts et, du coup, j'accepte toujours les invitations &#224; l'int&#233;rieur des murs. Je sais que je n'y vais pas pour rien. Je sais aussi que je n'y vendrai pas de livres, mais ce n'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no101-juin-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;101 (juin 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pierrot" rel="tag"&gt;Pierrot&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce mois-ci, j'&#233;tais peu &#224; l'usine. J'ai brad&#233; mes cong&#233;s de l'ann&#233;e pour aller pr&#233;senter mes bouquins &#224; travers la France. Parmi ces d&#233;placements, je me suis retrouv&#233; &#224; intervenir au centre de d&#233;tention de Val-de-Reuil (Eure). Ce n'est pas la premi&#232;re fois que j'interviens en prison, je sais que ce sont des moments forts et, du coup, j'accepte toujours les invitations &#224; l'int&#233;rieur des murs. Je sais que je n'y vais pas pour rien. Je sais aussi que je n'y vendrai pas de livres, mais ce n'est pas le but. Je sais enfin que c'est facile d'intervenir en taule quand on en ressort le soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au centre de Val-de-Reuil, ce ne sont pas des tendres, mais des condamn&#233;s &#224; plus de douze ans pour braquages, trafics divers et m&#234;me meurtres. C'est Pierrot, le premier, qui me prend en sympathie et qui me chaperonne. &#194;ge ind&#233;termin&#233;, tomb&#233; pour braquage (&lt;i&gt;&#171; Mais je suis innocent &#187;&lt;/i&gt;), il attend la conditionnelle, comme la plupart. C'est d'ailleurs l'espoir de tous ceux que je croise. Il s'occupe de la biblioth&#232;que de la prison. Pierrot me raconte sa vie, du moins sa version : le Maroc, son eldorado (et j'imagine bien les trafics qu'il organisait et dont il me parle &#224; mi-mot), la taule, bien s&#251;r. Il a tout du titi parigot, la gouaille et l'air canaille. Puis il me pr&#233;sente &#224; quelques-uns de ses cod&#233;tenus, laissant de c&#244;t&#233; les &#171; pointeurs &#187; condamn&#233;s pour viol ou p&#233;dophilie.
Il y a Yvon, le Breton, qui pr&#233;sente bien. La cinquantaine, il sortira th&#233;oriquement en conditionnelle dans trois mois. &lt;i&gt;&#171; Et l&#224;, j'arr&#234;te les conneries. Maintenant, je me range. Je vais m'occuper du restau avec ma femme, point barre. De toute fa&#231;on, elle ne supporterait pas que je retombe. Parce que quand on est en taule, la famille souffre aussi. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a cet autre. Cass&#233;. Il s'exprime avec difficult&#233; et tremble sans arr&#234;t. C'est Pierrot qui parle pour lui : &lt;i&gt;&#171; &#199;a fait quarante ans qu'il est en prison. Quand ils disent, &#224; la t&#233;l&#233;, qu'on sort au bout de vingt ans, tu parles. Lui, il &#233;tait de toutes les mutineries en prison. Et ils l'ont cass&#233;. Lors d'une op&#233;ration chirurgicale, le bistouri a gliss&#233;, et regarde comment il est. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rachid, lui, s'en sort mieux. Il est jovial et on le croirait tenir un commerce. &lt;i&gt;&#171; Moi, j'm'en sors bien. J'ai pris trente ans, et j'en ai encore cinq ou huit &#224; faire. Mais j'me d&#233;brouille. &#187;&lt;/i&gt; Il s'occupe d'associations sportives de prisonniers, organise des matches et des tournois inter-prisons. Il a fait venir Trust et Grand Corps malade ici. &lt;i&gt;&#171; J'ai un carnet d'adresses. &#187; &lt;/i&gt; Mytho ? Je ne sais pas. &#192; l'&#233;couter, il a fait sa vie ici et semble la g&#233;rer, comme la comptabilit&#233; du bureau de tabac que tient sa femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a cet ancien m&#233;decin qui en a pris aussi pour trente ans et qui passe tous les dipl&#244;mes possibles. Il sert &#233;galement d'&#233;crivain public et n'arr&#234;te pas d'&#233;crire &#224; l'Administration lorsqu'il constate des dysfonctionnements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il y a ce type maghr&#233;bin, grand, sportif, plut&#244;t beau mec qui, lui aussi, passe des dipl&#244;mes. L&#224;, il est sur un doctorat de philosophie, &lt;i&gt;&#171; mais je ne trouve pas de r&#233;ponse &#187;&lt;/i&gt;. Il a le regard perdu. J'apprendrais qu'il a tu&#233; sa femme, et qu'il ne s'en remet pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, sans doute &#224; cause des titres de mes bouquins (&lt;i&gt;Tue ton patron&lt;/i&gt;, &#231;a fait causer), ils me parlent de l'usine, du travail. La plupart de ceux que je croise ont pr&#233;f&#233;r&#233; &#233;viter l'usine. &lt;i&gt;&#171; Mais j'ai du respect pour les ouvriers&lt;/i&gt;, me dit Pierrot, &lt;i&gt;moi ce sont les banques et l'&#201;tat que j'ai attaqu&#233;s. &#187;&lt;/i&gt; Un autre dit n'avoir travaill&#233; que quelques mois sur un chantier et y avoir connu une vraie solidarit&#233;, &lt;i&gt;&#171; pas comme en taule &#187;&lt;/i&gt;. Pourtant, ils sont quasiment tous oblig&#233;s de bosser, pour rembourser la partie civile, pour cantiner, pour avoir un petit p&#233;cule en sortant ou pour avoir un am&#233;nagement de peine, mais ils d&#233;noncent tous les cadences infernales, des jours o&#249; il faut travailler beaucoup et des jours o&#249; il n'y a rien &#224; faire, suivant les &#171; concessionnaires &#187; qui ont des contrats avec la prison. De grosses entreprises, souvent. Ce qu'ils d&#233;noncent tous et qu'ils vivent comme une injustice, surtout, c'est la pr&#233;sence des cotisations vieillesse sur leurs fiches de paie. Ils doivent les payer mais, &#224; cause du taux horaire trop bas et du nombre d'heures effectu&#233;es, ces trimestres de travail ne seront pas comptabilis&#233;s au moment de leur possible d&#233;part en retraite. Oui, m&#234;me en prison, on pense &#224; la retraite !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_425 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH238/101efix-914c5.jpg?1768658759' width='500' height='238' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Efix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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