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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La cit&#233; du moudjahid, pr&#232;s de Blida</title>
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		<dc:date>2020-04-02T05:27:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nedjib Sidi Moussa</dc:creator>


		<dc:subject>prenaient possession</dc:subject>
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&lt;p&gt;Ressemblant &#224; ces innombrables lotissements b&#226;tis &#224; la h&#226;te par des ouvriers chinois afin de r&#233;sorber les bidonvilles durant le r&#232;gne d'Abdelaziz Bouteflika, la cit&#233; &#233;tait d&#233;pourvue du moindre service public et toujours en chantier... Coinc&#233;e entre l'atlas blid&#233;en et un ancien camp de regroupement, la cit&#233; &#233;tait &#224; peine &#233;rig&#233;e sur les terres fertiles de la Mitidja que ses premiers habitants en prenaient possession. Ressemblant &#224; ces innombrables lotissements b&#226;tis &#224; la h&#226;te par des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ressemblant &#224; ces innombrables lotissements b&#226;tis &#224; la h&#226;te par des ouvriers chinois afin de r&#233;sorber les bidonvilles durant le r&#232;gne d'Abdelaziz Bouteflika, la cit&#233; &#233;tait d&#233;pourvue du moindre service public et toujours en chantier...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;oinc&#233;e entre l'atlas blid&#233;en et un ancien camp de regroupement, la cit&#233; &#233;tait &#224; peine &#233;rig&#233;e sur les terres fertiles de la Mitidja que ses premiers habitants en prenaient possession. Ressemblant &#224; ces innombrables lotissements b&#226;tis &#224; la h&#226;te par des ouvriers chinois afin de r&#233;sorber les bidonvilles durant le r&#232;gne d'Abdelaziz Bouteflika, elle &#233;tait d&#233;pourvue du moindre service public et toujours en chantier. Ses murs n'&#233;taient pas encore recouverts de couleurs pastel qui d&#233;figuraient ce paysage champ&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#201;tat lui avait attribu&#233; le nom&lt;/strong&gt; d'un obscur &lt;i&gt;moudjahid&lt;/i&gt;, un combattant qui avait pris les armes pour lib&#233;rer son pays. Mais il &#233;tait difficile de savoir si son portrait &#233;tait brandi par les manifestants du mouvement populaire (&lt;i&gt;hirak&lt;/i&gt;) qui pr&#233;f&#233;raient les effigies des chouhada, les martyrs de la r&#233;volution anticoloniale. Apr&#232;s la mascarade &#233;lectorale du 12 d&#233;cembre, les &lt;i&gt;hirakistes&lt;/i&gt; maintenaient dans les villes la pression contre un r&#233;gime accus&#233; de poursuivre l'&#339;uvre imp&#233;riale et dont la client&#232;le &#233;tait associ&#233;e aux harkis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cependant, une semaine apr&#232;s la d&#233;signation du nouveau pr&#233;sident&lt;/strong&gt;, les environs de Blida demeuraient paisibles. Tandis que l'on d&#233;filait dans les rues des villes alg&#233;riennes &#224; la fin de la pri&#232;re du vendredi pour conspuer Abdelmadjid Tebboune, les ruraux de la cit&#233; vaquaient &#224; leurs occupations. Les uns, claquettes-chaussettes aux pieds, parlaient avec ferveur du dernier &lt;i&gt;clasico&lt;/i&gt; en menant pa&#238;tre un troupeau de moutons. Les autres, couvertes de haut en bas, partaient pique-niquer &#224; l'abri des regards masculins, une th&#233;i&#232;re &#224; la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La cit&#233; se situait &#224; proximit&#233; de casernes&lt;/strong&gt; qui quadrillaient le p&#233;rim&#232;tre. La pr&#233;sence d'engins et uniformes rappelait aux civils que l'espace, les institutions ou mentalit&#233;s &#233;taient largement fa&#231;onn&#233;es par les guerres &#8211; contre le colonialisme fran&#231;ais, contre le terrorisme islamique mais surtout contre le peuple indocile. &#192; l'abri des oreilles indiscr&#232;tes, comme pour exorciser les traumatismes, on riait d'un homme qui perdit la raison apr&#232;s avoir &#233;t&#233; tortur&#233; par les djihadistes puis les militaires...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;gion &#233;tait connue pour son conservatisme&lt;/strong&gt;. Blida, jadis fief des Fr&#232;res musulmans, se trouvait &#224; un jet de pierre de la cit&#233;. Pourtant, le trajet en transports collectifs &#233;prouvait les plus t&#233;m&#233;raires &#224; cause de la v&#233;tust&#233; des fourgons et de l'avidit&#233; des petits entrepreneurs. Les v&#233;hicules bringuebalants ne partaient en ville qu'une fois remplis de voyageurs, assis ou debout, sans se soucier de leur s&#233;curit&#233;. Sur les pare-brise, on retrouvait souvent l'expression &#171; &lt;i&gt;Ma cha Allah&lt;/i&gt; &#187; (&#171; &lt;i&gt;selon la volont&#233; de Dieu&lt;/i&gt; &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En contrebas de la cit&#233;,&lt;/strong&gt; se trouvait un cours d'eau qui, descendant des montagnes, allait se perdre dans l'oued Chiffa pollu&#233;. Artisans, entrepreneurs et citoyens avaient pris l'habitude d'y d&#233;verser leurs d&#233;chets. La &lt;i&gt;galoufa&lt;/i&gt;, chasse aux animaux errants &#8211; pratique h&#233;rit&#233;e de la domination fran&#231;aise &#8211;, y ajoutait son lot de cadavres canins. On se souvient aussi de la terrible r&#233;pression qui avait frapp&#233;, non loin de l&#224;, les putschistes emmen&#233;s par le chef d'&#233;tat-major Tahar Zbiri, en d&#233;cembre 1967.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un cimeti&#232;re offrait une vue imprenable sur la cit&#233;&lt;/strong&gt;. On y acc&#233;dait en empruntant un chemin pentu, impraticable les jours de pluie. Les plaques fun&#233;raires alignaient les patronymes des d&#233;funts, inscrits en arabe ou en fran&#231;ais. Le visiteur reconstituait l'arbre g&#233;n&#233;alogique d'une tribu qui enfouissait jalousement les siens, sans risque d'intrusion &#233;trang&#232;re. Sur la rang&#233;e de gauche reposait un militant messaliste &#224; qui les autorit&#233;s ne rendraient jamais hommage et dont la descendance n'assumait pas toujours l'engagement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ainsi, le tr&#233;pas &#233;clairait d'une lumi&#232;re crue les rapports sociaux&lt;/strong&gt; obscurcis par les gesticulations du quotidien. Outre les controverses m&#233;morielles et les clivages politiques, les probl&#232;mes d'h&#233;ritage d&#233;chiraient des familles enivr&#233;es par les prix du foncier, contredisant le leader ind&#233;pendantiste Messali Hadj, qui d&#233;clara en son temps : &#171; &lt;i&gt;Cette terre n'est pas &#224; vendre&lt;/i&gt; &#187;. Mais le&lt;i&gt; hirak&lt;/i&gt; fera-t-il sortir de sa torpeur la cit&#233; qui souffre autant de la part des vivants que de celle des morts ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nedjib Sidi Moussa&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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