<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=2336&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1779602680</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>La cit&#233; du moudjahid, pr&#232;s de Blida</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-cite-du-moudjahid-pres-de-Blida</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/La-cite-du-moudjahid-pres-de-Blida</guid>
		<dc:date>2020-04-02T05:27:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nedjib Sidi Moussa</dc:creator>


		<dc:subject>prenaient possession</dc:subject>
		<dc:subject>l'atlas blid&#233;en</dc:subject>
		<dc:subject>ancien camp</dc:subject>
		<dc:subject>peine &#233;rig&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>cit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Mitidja</dc:subject>
		<dc:subject>d'Abdelaziz Bouteflika</dc:subject>
		<dc:subject>terres fertiles</dc:subject>
		<dc:subject>Coinc&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>regroupement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ressemblant &#224; ces innombrables lotissements b&#226;tis &#224; la h&#226;te par des ouvriers chinois afin de r&#233;sorber les bidonvilles durant le r&#232;gne d'Abdelaziz Bouteflika, la cit&#233; &#233;tait d&#233;pourvue du moindre service public et toujours en chantier... Coinc&#233;e entre l'atlas blid&#233;en et un ancien camp de regroupement, la cit&#233; &#233;tait &#224; peine &#233;rig&#233;e sur les terres fertiles de la Mitidja que ses premiers habitants en prenaient possession. Ressemblant &#224; ces innombrables lotissements b&#226;tis &#224; la h&#226;te par des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no183-janvier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;183 (janvier 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/prenaient-possession" rel="tag"&gt;prenaient possession&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-atlas-blideen" rel="tag"&gt;l'atlas blid&#233;en&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ancien-camp" rel="tag"&gt;ancien camp&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/peine-erigee" rel="tag"&gt;peine &#233;rig&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cite-2336" rel="tag"&gt;cit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mitidja" rel="tag"&gt;Mitidja&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-Abdelaziz-Bouteflika" rel="tag"&gt;d'Abdelaziz Bouteflika&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/terres-fertiles" rel="tag"&gt;terres fertiles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Coincee" rel="tag"&gt;Coinc&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/regroupement" rel="tag"&gt;regroupement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ressemblant &#224; ces innombrables lotissements b&#226;tis &#224; la h&#226;te par des ouvriers chinois afin de r&#233;sorber les bidonvilles durant le r&#232;gne d'Abdelaziz Bouteflika, la cit&#233; &#233;tait d&#233;pourvue du moindre service public et toujours en chantier...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;oinc&#233;e entre l'atlas blid&#233;en et un ancien camp de regroupement, la cit&#233; &#233;tait &#224; peine &#233;rig&#233;e sur les terres fertiles de la Mitidja que ses premiers habitants en prenaient possession. Ressemblant &#224; ces innombrables lotissements b&#226;tis &#224; la h&#226;te par des ouvriers chinois afin de r&#233;sorber les bidonvilles durant le r&#232;gne d'Abdelaziz Bouteflika, elle &#233;tait d&#233;pourvue du moindre service public et toujours en chantier. Ses murs n'&#233;taient pas encore recouverts de couleurs pastel qui d&#233;figuraient ce paysage champ&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#201;tat lui avait attribu&#233; le nom&lt;/strong&gt; d'un obscur &lt;i&gt;moudjahid&lt;/i&gt;, un combattant qui avait pris les armes pour lib&#233;rer son pays. Mais il &#233;tait difficile de savoir si son portrait &#233;tait brandi par les manifestants du mouvement populaire (&lt;i&gt;hirak&lt;/i&gt;) qui pr&#233;f&#233;raient les effigies des chouhada, les martyrs de la r&#233;volution anticoloniale. Apr&#232;s la mascarade &#233;lectorale du 12 d&#233;cembre, les &lt;i&gt;hirakistes&lt;/i&gt; maintenaient dans les villes la pression contre un r&#233;gime accus&#233; de poursuivre l'&#339;uvre imp&#233;riale et dont la client&#232;le &#233;tait associ&#233;e aux harkis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cependant, une semaine apr&#232;s la d&#233;signation du nouveau pr&#233;sident&lt;/strong&gt;, les environs de Blida demeuraient paisibles. Tandis que l'on d&#233;filait dans les rues des villes alg&#233;riennes &#224; la fin de la pri&#232;re du vendredi pour conspuer Abdelmadjid Tebboune, les ruraux de la cit&#233; vaquaient &#224; leurs occupations. Les uns, claquettes-chaussettes aux pieds, parlaient avec ferveur du dernier &lt;i&gt;clasico&lt;/i&gt; en menant pa&#238;tre un troupeau de moutons. Les autres, couvertes de haut en bas, partaient pique-niquer &#224; l'abri des regards masculins, une th&#233;i&#232;re &#224; la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La cit&#233; se situait &#224; proximit&#233; de casernes&lt;/strong&gt; qui quadrillaient le p&#233;rim&#232;tre. La pr&#233;sence d'engins et uniformes rappelait aux civils que l'espace, les institutions ou mentalit&#233;s &#233;taient largement fa&#231;onn&#233;es par les guerres &#8211; contre le colonialisme fran&#231;ais, contre le terrorisme islamique mais surtout contre le peuple indocile. &#192; l'abri des oreilles indiscr&#232;tes, comme pour exorciser les traumatismes, on riait d'un homme qui perdit la raison apr&#232;s avoir &#233;t&#233; tortur&#233; par les djihadistes puis les militaires...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;gion &#233;tait connue pour son conservatisme&lt;/strong&gt;. Blida, jadis fief des Fr&#232;res musulmans, se trouvait &#224; un jet de pierre de la cit&#233;. Pourtant, le trajet en transports collectifs &#233;prouvait les plus t&#233;m&#233;raires &#224; cause de la v&#233;tust&#233; des fourgons et de l'avidit&#233; des petits entrepreneurs. Les v&#233;hicules bringuebalants ne partaient en ville qu'une fois remplis de voyageurs, assis ou debout, sans se soucier de leur s&#233;curit&#233;. Sur les pare-brise, on retrouvait souvent l'expression &#171; &lt;i&gt;Ma cha Allah&lt;/i&gt; &#187; (&#171; &lt;i&gt;selon la volont&#233; de Dieu&lt;/i&gt; &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En contrebas de la cit&#233;,&lt;/strong&gt; se trouvait un cours d'eau qui, descendant des montagnes, allait se perdre dans l'oued Chiffa pollu&#233;. Artisans, entrepreneurs et citoyens avaient pris l'habitude d'y d&#233;verser leurs d&#233;chets. La &lt;i&gt;galoufa&lt;/i&gt;, chasse aux animaux errants &#8211; pratique h&#233;rit&#233;e de la domination fran&#231;aise &#8211;, y ajoutait son lot de cadavres canins. On se souvient aussi de la terrible r&#233;pression qui avait frapp&#233;, non loin de l&#224;, les putschistes emmen&#233;s par le chef d'&#233;tat-major Tahar Zbiri, en d&#233;cembre 1967.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un cimeti&#232;re offrait une vue imprenable sur la cit&#233;&lt;/strong&gt;. On y acc&#233;dait en empruntant un chemin pentu, impraticable les jours de pluie. Les plaques fun&#233;raires alignaient les patronymes des d&#233;funts, inscrits en arabe ou en fran&#231;ais. Le visiteur reconstituait l'arbre g&#233;n&#233;alogique d'une tribu qui enfouissait jalousement les siens, sans risque d'intrusion &#233;trang&#232;re. Sur la rang&#233;e de gauche reposait un militant messaliste &#224; qui les autorit&#233;s ne rendraient jamais hommage et dont la descendance n'assumait pas toujours l'engagement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ainsi, le tr&#233;pas &#233;clairait d'une lumi&#232;re crue les rapports sociaux&lt;/strong&gt; obscurcis par les gesticulations du quotidien. Outre les controverses m&#233;morielles et les clivages politiques, les probl&#232;mes d'h&#233;ritage d&#233;chiraient des familles enivr&#233;es par les prix du foncier, contredisant le leader ind&#233;pendantiste Messali Hadj, qui d&#233;clara en son temps : &#171; &lt;i&gt;Cette terre n'est pas &#224; vendre&lt;/i&gt; &#187;. Mais le&lt;i&gt; hirak&lt;/i&gt; fera-t-il sortir de sa torpeur la cit&#233; qui souffre autant de la part des vivants que de celle des morts ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nedjib Sidi Moussa&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Qui a tu&#233; Mehdi ? &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Qui-a-tue-Mehdi</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Qui-a-tue-Mehdi</guid>
		<dc:date>2020-03-09T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>Emilie Seto</dc:subject>
		<dc:subject>Alors</dc:subject>
		<dc:subject>justice</dc:subject>
		<dc:subject>cit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Mehdi</dc:subject>
		<dc:subject>RIP Mehdi</dc:subject>
		<dc:subject>alors Mehdi</dc:subject>
		<dc:subject>Naer</dc:subject>
		<dc:subject>Mehdi n'est</dc:subject>
		<dc:subject>Marronniers</dc:subject>
		<dc:subject>Mehdi s'extraire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Vendredi 14 f&#233;vrier au soir, dans une cit&#233; des quartiers Nord de Marseille, Mehdi, 18 ans, est tomb&#233; sous les balles d'un &#233;quipage de la Brigade anticriminalit&#233; (BAC). Ses proches et son quartier veulent savoir pourquoi. Rendez-vous a &#233;t&#233; donn&#233; ce samedi 22 f&#233;vrier au pied d'un immeuble de la cit&#233; Maison-Blanche. L'&#233;t&#233; dernier, le b&#226;timent a souffert un grave incendie : la fa&#231;ade sinistr&#233;e est repeinte de frais &#8211; pas les autres. En signe de deuil, on va marcher d'ici, la cit&#233; o&#249; Mehdi a (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no185-mars-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;185 (mars 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Emilie-Seto" rel="tag"&gt;Emilie Seto&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Alors" rel="tag"&gt;Alors&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/justice" rel="tag"&gt;justice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cite-2336" rel="tag"&gt;cit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mehdi" rel="tag"&gt;Mehdi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/RIP-Mehdi" rel="tag"&gt;RIP Mehdi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/alors-Mehdi" rel="tag"&gt;alors Mehdi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Naer" rel="tag"&gt;Naer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mehdi-n-est" rel="tag"&gt;Mehdi n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marronniers" rel="tag"&gt;Marronniers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mehdi-s-extraire" rel="tag"&gt;Mehdi s'extraire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vendredi 14 f&#233;vrier au soir, dans une cit&#233; des quartiers Nord de Marseille, Mehdi, 18 ans, est tomb&#233; sous les balles d'un &#233;quipage de la Brigade anticriminalit&#233; (BAC). Ses proches et son quartier veulent savoir pourquoi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3265 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L436xH400/-1471-6a220.jpg?1779602730' width='436' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;R&lt;/span&gt;endez-vous a &#233;t&#233; donn&#233; ce samedi 22 f&#233;vrier au pied d'un immeuble de la cit&#233; Maison-Blanche. L'&#233;t&#233; dernier, le b&#226;timent a souffert un grave incendie&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; La cit&#233; qui fait des &#233;tincelles &#187;, CQFD n&#176;180 (octobre 2019).&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; : la fa&#231;ade sinistr&#233;e est repeinte de frais &#8211; pas les autres. En signe de deuil, on va marcher d'ici, la cit&#233; o&#249; Mehdi a grandi, jusqu'&#224; celle des Marronniers, o&#249; il est mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un silence tendu, charg&#233; de tristesse et de col&#232;re, une dizaine de tr&#232;s jeunes filles et gar&#231;ons, portant une banderole &#171; &lt;i&gt;Justice pour Mehdi&lt;/i&gt; &#187;, prennent la t&#234;te du cort&#232;ge. Des lascars &#224; peine plus &#226;g&#233;s soutiennent un autre calicot : &#171; &lt;i&gt;RIP Mehdi&lt;/i&gt; &#187;, avec un c&#339;ur tagu&#233;, et en bas &#171; &lt;i&gt;On oublie pas Zineb&lt;/i&gt; &#187;, du nom de l'octog&#233;naire tu&#233;e par une grenade lacrymog&#232;ne, fin 2018, dans le quartier de Noailles. Derri&#232;re, des m&#232;res, des amis serrent des roses blanches. Les solidaires venus d'en ville ont pu constater que la r&#233;cente inauguration de la station de m&#233;tro G&#232;ze, livr&#233;e avec cinq ans de retard, a eu pour effet de r&#233;duire la desserte des bus. Pour rejoindre la cit&#233;, il faut zigzaguer un quart d'heure entre les maigres &#233;tals des vendeurs &#224; la sauvette refoul&#233;s des abords du march&#233; aux Puces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la police, ce 14 f&#233;vrier vers 20 h, des malfaiteurs fuient en voiture apr&#232;s avoir braqu&#233; un supermarch&#233;. Pris en chasse par une patrouille de la BAC Nord, ils s'engouffrent sous le tunnel des Marronniers. C'est l&#224; que, en suppos&#233; &#233;tat de l&#233;gitime d&#233;fense (il aurait &#233;t&#233; mis en joue avec un fusil &#224; pompe), un flic tire sur Mehdi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette th&#232;se, que la procureure et le quotidien &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt; ont imm&#233;diatement reprise &#224; leur compte, est contredite par des t&#233;moins contact&#233;s par le collectif Maison-Blanche&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Regroupant des habitants de cette copropri&#233;t&#233; d&#233;grad&#233;e, il a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; apr&#232;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Lesquels livrent d'autres d&#233;tails : alors que ses coll&#232;gues courent apr&#232;s deux individus qui s'&#233;chappent &#224; pied, un agent reste en couverture. Il voit alors Mehdi s'extraire du v&#233;hicule &#8211; ce qui laisse penser que le jeune homme s'&#233;tait couch&#233; sur la banquette arri&#232;re et voulait s'esquiver. Une vid&#233;o (assez floue) et des riverains font &#233;tat de deux (ou trois) coups de feu c&#244;t&#233; policier, puis de coups de pied et de menottes pass&#233;es au mourant. Quand des voisins demandent aux policiers d'appeler les secours, ils se font insulter et gazer. &#192; l'arriv&#233;e des pompiers, le gosse est d&#233;c&#233;d&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lumi&#232;re sera peut-&#234;tre faite un jour. La justice probablement jamais. Comme &#224; l'accoutum&#233;e, IGPN et juges couvriront sans aucun doute le policier. La version officielle diabolise sa victime. Sur Internet, la haine des trolls se d&#233;cha&#238;ne : la racaille n'a eu que ce qu'elle m&#233;ritait. St&#233;phane Ravier, candidat &#224; la mairie centrale et chef local du RN (parti qui dirige d&#233;j&#224; la mairie du secteur), se pavane d&#232;s le lendemain &#224; l'entr&#233;e de la cit&#233;, assurant les policiers de son soutien total &#8211; soutien r&#233;ciproque, puisqu'on estime que 50 % de la profession vote pour lui&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce m&#234;me Ravier avait d&#233;clar&#233; &#224; propos des sinistr&#233;s de l'incendie : &#171; On va (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trop souvent, la police p&#233;n&#232;tre dans les quartiers populaires comme en territoire ennemi. En ao&#251;t 2019, &#224; Maison-Blanche, alors que des femmes et des ados collectent des vivres pour les familles &#233;vacu&#233;es apr&#232;s l'incendie, des flics font irruption dans un local associatif, provoquant une algarade. Trois mamans finissent en garde &#224; vue. Ce jour-l&#224;, le plus arrogant des hommes en uniforme arbore sur son gilet pare-balle un &#233;cusson du BOPE, corps de police militaire br&#233;silien craint dans les favelas de Rio pour ses ex&#233;cutions sommaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, la mort de Mehdi n'est pas le fait exclusif d'un flic &#224; la g&#226;chette facile. Apr&#232;s des mois de brutalit&#233;s polici&#232;res contre les Gilets jaunes et autres manifestants, elle vient rappeler la g&#233;n&#233;alogie d'une violence d'&#201;tat d'abord appliqu&#233;e en banlieue. D'o&#249; la question faussement na&#239;ve de Naer, du collectif Maison-Blanche : &#171; &lt;i&gt;Qui a tu&#233; Mehdi&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Il s'agit au mieux d'une &#171; bavure &#187; de flic en panique, mais c'est aussi un message envoy&#233; &#224; la jeunesse des quartiers : vos vies valent moins que d'autres. Tant que vous vous entretuez dans les guerres du trafic, tant que vous ne sortez pas de vos r&#233;serves de b&#233;ton, assomm&#233;s de shit et de jeux vid&#233;o, pas de souci. Mais si vous venez foutre le bordel en ville, nous n'h&#233;siterons pas &#224; tirer les premiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la minute de silence, Naer parle d'un sentiment d'&#233;chec, du souvenir de ce minot que les grands fr&#232;res tentaient de cadrer. Syndicaliste du McDo de Sainte-Marthe en lutte, Kamel encha&#238;ne : &#171; &lt;i&gt;Pendant que la famille m&#232;ne le combat juridique, nous les soutiens, on doit porter le message politique.&lt;/i&gt; &#187; Rage et courage sont l&#224;. Sur la pr&#233;sence de politiques en campagne, les choses sont claires : &#171; &lt;i&gt;S'ils se mettent en avant, on ne l'acceptera pas, ce n'est pas un cirque.&lt;/i&gt; &#187; Et Naer de poser une des seules questions qui vaillent : &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce qui fait qu'un jeune se l&#232;ve le matin pour aller braquer&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux politiques et aux sp&#233;culateurs responsables des effondrements d'immeubles du 5 novembre 2018 &#224; Noailles (huit morts), Mehdi n'aura pas eu droit aux lenteurs scrupuleuses de la justice. Alors les mots anciens de Walter Benjamin cheminent aujourd'hui &#224; c&#244;t&#233; des gens. &#171; &lt;i&gt;C'est la tradition des opprim&#233;s qui nous l'enseigne : l'&#233;tat d'exception dans lequel nous vivons est en v&#233;rit&#233; la r&#232;gle.&lt;/i&gt; &#187; Au fil de la marche qui parcourait la distance s&#233;parant les deux cit&#233;s, des groupes serr&#233;s de jeunes sont venus grossir le cort&#232;ge. Sans un mot, capuche rabattue, mine s&#233;rieuse. Force collective en suspens, il leur faudra se battre pour &#233;chapper au destin de Mehdi.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/La-cite-qui-fait-des-etincelles' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La cit&#233; qui fait des &#233;tincelles&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;180 (octobre 2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Regroupant des habitants de cette copropri&#233;t&#233; d&#233;grad&#233;e, il a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; apr&#232;s la chute d'un balcon ayant caus&#233; la mort d'une fillette, en juillet 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ce m&#234;me Ravier avait d&#233;clar&#233; &#224; propos des sinistr&#233;s de l'incendie : &#171; &lt;i&gt;On va les reloger&#8230;, dans leur pays.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tout le monde d&#233;teste le Grand Paris</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Tout-le-monde-deteste-le-Grand</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Tout-le-monde-deteste-le-Grand</guid>
		<dc:date>2018-11-27T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Marine Summercity</dc:subject>
		<dc:subject>collectif</dc:subject>
		<dc:subject>Grand Paris</dc:subject>
		<dc:subject>left</dc:subject>
		<dc:subject>habitants</dc:subject>
		<dc:subject>cit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Nanterre</dc:subject>
		<dc:subject>logements sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>municipalit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>relogement</dc:subject>
		<dc:subject>cit&#233; &#201;mile-Aillaud</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 13 janvier, rue Marceau, dans le b&#226;timent squatt&#233; du Centre social autog&#233;r&#233; d'Ivry-sur-Seine, se tenait une assembl&#233;e des collectifs en lutte contre le Grand Paris. Venus des quatre coins de l'&#206;le-de-France, les repr&#233;sentants de collectifs d'habitants ont pu partager leurs exp&#233;riences. Et dire leur sentiment commun de subir un processus inexorable dont ils ne sont que les pions. *** Voici les trois principaux constats qu'ils ont dress&#233;s. D&#233;gradation des logements sociaux &#171; Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no162-fevrier-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;162 (f&#233;vrier 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marine-Summercity" rel="tag"&gt;Marine Summercity&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/collectif" rel="tag"&gt;collectif&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Grand-Paris" rel="tag"&gt;Grand Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/left" rel="tag"&gt;left&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/habitants" rel="tag"&gt;habitants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cite-2336" rel="tag"&gt;cit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nanterre" rel="tag"&gt;Nanterre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/logements-sociaux" rel="tag"&gt;logements sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/municipalites" rel="tag"&gt;municipalit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/relogement" rel="tag"&gt;relogement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cite-Emile-Aillaud" rel="tag"&gt;cit&#233; &#201;mile-Aillaud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 13 janvier, rue Marceau, dans le b&#226;timent squatt&#233; du Centre social autog&#233;r&#233; d'Ivry-sur-Seine, se tenait une assembl&#233;e des collectifs en lutte contre le Grand Paris. Venus des quatre coins de l'&#206;le-de-France, les repr&#233;sentants de collectifs d'habitants ont pu partager leurs exp&#233;riences. Et dire leur sentiment commun de subir un processus inexorable dont ils ne sont que les pions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2675 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;73&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH575/-935-acd84.jpg?1779603538' width='400' height='575' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La couverture du n&#176;162 de &#034;CQFD&#034;, illustr&#233;e par Marine Summercity.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Voici les trois principaux constats qu'ils ont dress&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;D&#233;gradation des logements sociaux&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le bailleur n'entretient plus, il ne r&#233;pare plus les ascenseurs, ni les espaces collectifs&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moignent des habitants de Ch&#226;tenay-Malabry. Les bailleurs et les municipalit&#233;s peuvent alors en profiter pour d&#233;plorer des &#171; &lt;i&gt; dysfonctionnements urbains et fonctionnels qui nuisent &#224; l'attractivit&#233; &lt;/i&gt; &#187; &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Novlangue employ&#233;e dans une &#171; Charte partenariale de relogement &#187; des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; de telle ou telle cit&#233; et justifier ainsi une &#171; &lt;i&gt;red&#233;finition de l'offre r&#233;sidentielle &lt;/i&gt; &#187;. En clair, virer du pauvre, attirer du cadre et c&#233;der l'habitat social au priv&#233;. D'autres n'ont m&#234;me pas ce probl&#232;me : ainsi, &#171; &lt;i&gt;&#224; Saint-Maur-des-Foss&#233;s&lt;/i&gt; [Val-de-Marne], &lt;i&gt;le maire&lt;/i&gt; [LR] &lt;i&gt;se vante publiquement de payer des p&#233;nalit&#233;s plut&#244;t que de remplir son quota de logements sociaux&lt;/i&gt; &#187;, souligne un participant.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Opacit&#233; des projets des bailleurs et de la mairie&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le collectif de Gentilly-Arcueil d&#233;nonce le parcours extr&#234;mement difficile pour acc&#233;der aux documents officiels, qui s'av&#232;rent souvent incompr&#233;hensibles. Partout, les situations sont similaires, quelle que soit la couleur politique des municipalit&#233;s. &#192; Champigny-sur-Marne ou &#224; Nanterre, o&#249; les maires sont PCF ou apparent&#233;, comme &#224; Fresnes, o&#249; la maire est socialiste, ou &#224; Bobigny (UDI) : m&#234;me absence de concertation, m&#234;me enfumage, m&#234;mes coups de pression et m&#234;me langue de b&#233;ton&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sentiment de trahison est certes exacerb&#233; dans les municipalit&#233;s de gauche. Mais le constat se fait jour partout : &#171; &lt;i&gt;Les maires se comportent comme des petits barons.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Dans les Hauts-de-Seine, c'est toujours le syst&#232;me Pasqua, une gestion client&#233;liste et communautariste &lt;/i&gt; &#187;, affirme un membre d'un collectif qui souhaite rester anonyme, parce que les services municipaux et HLM peuvent &#171; &lt;i&gt;te pourrir la vie si tu te mets sur leur chemin &lt;/i&gt; &#187;. Et de pr&#233;ciser : &#171; &lt;i&gt;On te donne&lt;/i&gt; [un HLM, un local, un poste] &lt;i&gt;en fonction de ton all&#233;geance et on te fait comprendre qu'on peut te le reprendre...&lt;/i&gt; &#187; Le tout s'accompagne d'une pr&#233;paration des esprits : &#171; &lt;i&gt;On cherche &#224; conditionner les populations au Grand Paris,&lt;/i&gt; remarque cet habitant de la cit&#233; &#201;mile-Aillaud &#224; Bobigny, en lutte contre la privatisation des espaces verts. &lt;i&gt;Le blason-logo de la ville est ainsi devenu &#8220; Bobigny-Grand Paris &#8221;. &lt;/i&gt; &#187; Sans concertation, &#233;videmment.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Rel&#233;gation des populations les plus pauvres toujours plus loin&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s d&#233;molition pour insalubrit&#233;. &#192; Plessis-Robinson, des &#233;tudes ont montr&#233; que les personnes &#226;g&#233;es et malades ont souffert des conditions tr&#232;s brutales de leur relogement suite &#224; la destruction de leur cit&#233;. D'autant que ce relogement s'accompagne souvent d'un syst&#232;me de loterie savamment entretenu par la mairie, o&#249; &#171; &lt;i&gt; chacun esp&#232;re d&#233;crocher le bon lot au d&#233;triment de son voisin, ce qui cristallise les ranc&#339;urs et la zizanie&lt;/i&gt; &#187;, indique un habitant de Fresnes. Les plans pr&#233;voient un relogement dans un rayon de cinq kilom&#232;tres. &#171; &lt;i&gt; &#192; Nanterre, les habitants ont peur d'&#234;tre relog&#233;s au-del&#224; de Mantes-la-Jolie&lt;/i&gt; &#187;, confie V&#233;ronique, habitante de la cit&#233; &#201;mile-Aillaud, dont la r&#233;novation est imminente. &#171; &lt;i&gt; J'ai l'impression qu'on veut nous d&#233;gager de l'&#206;le-de-France&lt;/i&gt; &#187;, accuse un membre du collectif Triangle de Gonesse, qui d&#233;nonce la destruction de terres agricoles pour des projets urbanistiques &#224; destination des cadres moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais parfois, face au rouleau compresseur des promoteurs et des municipalit&#233;s, les luttes de locataires paient. Ce fut le cas pour le collectif DAL (Droit au logement) des habitants de la rue des Agnettes, promise &#224; la r&#233;novation, &#224; Gennevilliers (Hauts-de-Seine) : il a finalement r&#233;ussi &#224; obtenir le relogement au m&#234;me prix au m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; de tous les habitants, dans le m&#234;me quartier. Mais le chemin de l'union est sem&#233; d'emb&#251;ches. &#171; &lt;i&gt;C'est un comble : d&#232;s qu'on essaye d'informer ou de s'organiser, on nous accuse d'&#234;tre la cause de l'anxi&#233;t&#233; des gens,&lt;/i&gt; s'indigne V&#233;ronique, de Nanterre. &lt;i&gt;En gros, soit on est des statistiques, soit on est de la merde.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;M.L. (merci &#224; Jo&#235;l de FPP)&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Novlangue employ&#233;e dans une &#171; Charte partenariale de relogement &#187; des Hauts-de-Seine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Thomas More : des cha&#238;nes en or pour les esclaves</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Thomas-More-des-chaines-en-or-pour</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Thomas-More-des-chaines-en-or-pour</guid>
		<dc:date>2018-10-16T11:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>No&#235;l Godin</dc:creator>


		<dc:subject>Cap sur l'utopie !</dc:subject>
		<dc:subject>cit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Thomas More</dc:subject>
		<dc:subject>ailleurs</dc:subject>
		<dc:subject>grand expert</dc:subject>
		<dc:subject>expert suisse</dc:subject>
		<dc:subject>litt&#233;ratures conjecturales</dc:subject>
		<dc:subject>Marc Atallah</dc:subject>
		<dc:subject>conjecturales Marc</dc:subject>
		<dc:subject>Atallah</dc:subject>
		<dc:subject>Maison d'Ailleurs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Si les nouveaux livres ayant trait &#224; l'utopie foisonnent, ce n'est pas toujours pour le meilleur, mille marmites ! Pas moyen, en l'occurrence, d'examiner le point de vue &#224; ce sujet du grand expert suisse en litt&#233;ratures conjecturales Marc Atallah sans avoir froid dans le dos. Dans le somptueux ensemble qu'il dirige, Souvenirs du futur (&#233;d. PPUR), l'auguste dirlo de la Maison d'Ailleurs part du principe que &#171; les syst&#232;mes utopiques ne doivent pas &#234;tre accept&#233;s comme la description de ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no142-avril-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;142 (avril 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cap-sur-l-utopie" rel="tag"&gt;Cap sur l'utopie !&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cite-2336" rel="tag"&gt;cit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Thomas-More" rel="tag"&gt;Thomas More&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ailleurs" rel="tag"&gt;ailleurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/grand-expert" rel="tag"&gt;grand expert&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/expert-suisse" rel="tag"&gt;expert suisse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/litteratures-conjecturales" rel="tag"&gt;litt&#233;ratures conjecturales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marc-Atallah" rel="tag"&gt;Marc Atallah&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/conjecturales-Marc" rel="tag"&gt;conjecturales Marc&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Atallah" rel="tag"&gt;Atallah&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Maison-d-Ailleurs" rel="tag"&gt;Maison d'Ailleurs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si les nouveaux livres ayant trait &#224; l'utopie foisonnent, ce n'est pas toujours pour le meilleur, mille marmites !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pas moyen, en l'occurrence, d'examiner le point de vue &#224; ce sujet du grand expert suisse en litt&#233;ratures conjecturales Marc Atallah sans avoir froid dans le dos. Dans le somptueux ensemble qu'il dirige, &lt;i&gt;Souvenirs du futur &lt;/i&gt;(&#233;d. PPUR), l'auguste dirlo de la Maison d'Ailleurs part du principe que &#171; &lt;i&gt;les syst&#232;mes utopiques ne doivent pas &#234;tre accept&#233;s comme la description de ce qui nous attend dans l'avenir mais comme les miroirs d&#233;form&#233;s de nos insuffisances &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour lui, l'utopie&lt;/strong&gt; ne doit pas, en effet, &#234;tre vue comme un de nos futurs mais comme un moyen servant &#224; penser. Le &lt;i&gt;modus operandi &lt;/i&gt;&#224; l'oeuvre est net comme torchette : il s'agit de &#171; &lt;i&gt;conjecturer un Ailleurs, d'inciter les lecteurs &#224; investir cet Ailleurs, de se laisser charmer par lui et de revenir, une fois le charme &#233;puis&#233;, &#224; leur quotidien qu'ils peuvent alors percevoir diff&#233;remment &lt;/i&gt; &#187;. Et mieux encaisser. Autrement dit, affirme le professeur Atallah, derri&#232;re chaque utopie se pr&#233;sentant comme un projet de cit&#233; &#233;panouissante &#224; r&#233;aliser se dissimule une autre cit&#233;, une cit&#233; ultra-pragmatique qui &#171; &lt;i&gt;en constitue le &#8220;n&#233;gatif photographique&#8221; et c'est cette cit&#233;-sousla- cit&#233; que la tradition a nomm&#233;e &#8220;dystopie&#8221; &lt;/i&gt; &#187;. Toute utopie ne serait donc par essence qu'une dystopie, la notion m&#234;me de r&#234;ve r&#233;volutionnaire tour &#224; tour enflammant et d&#233;senchantant s'av&#233;rant &#234;tre une des ruses ma&#238;tresses du pouvoir pour ramollir ses opposants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pire, c'est que le blablabla d&#233;faitiste de notre utopitologue &#233;m&#233;rite ne se repose pas sur rien&lt;/strong&gt;, les utopies litt&#233;raires qu'il met en avant ont toutes quelque chose de rigoriste ou de tordu. La fameuse &#238;le nouvelle d'Utopia du lord Chancelier d'Henri VIII Thomas More, par exemple, s&#233;duit a priori les id&#233;alistes parce que la justice sociale et la tol&#233;rance religieuse y r&#232;gnent, parce que l'argent et la propri&#233;t&#233; priv&#233;e y sont abolis, parce que l'or y est m&#233;pris&#233; : il sert &#224; fabriquer des pots de chambre. Mais il sert aussi &#224; forger les cha&#238;nes des esclaves car dans ce mirifique &#233;den, l'esclavage se pratique encore entre deux parties de chasse &#224; l'h&#233;r&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur Thomas More&lt;/strong&gt;, entre parenth&#232;ses, le docteur &#232;s-lettres Marie-Claire Ph&#233;lippeau sort ces jours-ci une bio tr&#232;s &#233;clairante chez Folio. Des contradictions aussi &#233;bouriffantes spitent chez les autres inventeurs d'utopies mentionn&#233;s par le prof Atallah : &#171; &lt;i&gt;Gabriel de Foigny, Johann Valentin, Pierre de Lesconvel ou Voltaire et son &lt;/i&gt;Eldorado (1759) et &lt;i&gt;Morelly et son fort contraignant &lt;/i&gt;Code de la nature (1755) &#187;. M&#234;me Tommaso Campanella, l'illustre fricasseur de &lt;i&gt;La Cit&#233; du soleil &lt;/i&gt;(1623), que r&#233;&#233;dite Aden avec une pr&#233;face inspir&#233;e de Paul Lafargue, ne peut passer &#224; l'as que dans sa r&#233;publique philosophique totalement communiste, personne n'aura &#224; vrai dire le loisir de choisir lui-m&#234;me ses partenaires sexuels, il y aura des &#171; officiers &#187; pour &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sombre tableau, certes, mais ce qui n'est &#224; aucun moment pr&#233;cis&#233;&lt;/strong&gt; par le ma&#238;tre d'enseignement et de recherche de l'universit&#233; de Lausanne Marc Atallah, qui croit s'en tirer comme &#231;a, c'est que des chantres de nouveaux mondes enivrants et lib&#233;rateurs sur tous les plans, il y en a eu quand m&#234;me quelques-uns (Fourier, Dehoux, Wilde, D&#233;jacque, Armand, Vaneigem, De Chousy, Coeurderoy, Pinot-Gallizio&#8230;) qui feraient bien de venir hanter ses nuits douillettes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vies et combats de la Petite Biblioth&#232;que Ronde de Clamart</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Vies-et-combats-de-la-Petite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Vies-et-combats-de-la-Petite</guid>
		<dc:date>2016-09-12T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>enfants</dc:subject>
		<dc:subject>cit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Petite</dc:subject>
		<dc:subject>biblioth&#232;que</dc:subject>
		<dc:subject>Petite Biblioth&#232;que</dc:subject>
		<dc:subject>Biblioth&#232;que Ronde</dc:subject>
		<dc:subject>Clamart</dc:subject>
		<dc:subject>Ronde</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Gouverner en g&#233;rant, c'est le nouveau credo des &#233;diles politiques. Dans la banlieue parisienne de Clamart, une biblioth&#232;que pour enfants au c&#339;ur d'une cit&#233; en fait les frais : prouver son efficacit&#233; ou d&#233;gager, voil&#224; le deal de la mairie. &#171; J'ai tant d'argent. 100 000 j'ai dans ma tirelire 100 000 j'ai dans ma banque [...] J'ai tant d'argent mais c'est pas vrai. &#187; (Chantal, 13 ans.) Apr&#232;s quelques heures &#224; l'arpenter sous un soleil de plomb, le constat tombe, fatal et sec : (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no146-septembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;146 (septembre 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/enfants" rel="tag"&gt;enfants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cite-2336" rel="tag"&gt;cit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Petite" rel="tag"&gt;Petite&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bibliotheque" rel="tag"&gt;biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Petite-Bibliotheque" rel="tag"&gt;Petite Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bibliotheque-Ronde" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que Ronde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Clamart" rel="tag"&gt;Clamart&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ronde" rel="tag"&gt;Ronde&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Gouverner en g&#233;rant, c'est le nouveau credo des &#233;diles politiques. Dans la banlieue parisienne de Clamart, une biblioth&#232;que pour enfants au c&#339;ur d'une cit&#233; en fait les frais : prouver son efficacit&#233; ou d&#233;gager, voil&#224; le &lt;i&gt;deal&lt;/i&gt; de la mairie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&#171; J'ai tant d'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;100 000 j'ai dans ma tirelire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;100 000 j'ai dans ma banque [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai tant d'argent mais c'est pas vrai. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Chantal, 13 ans.&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les trois textes enfantins cit&#233;s dans cet article ont tous &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;s et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques heures &#224; l'arpenter sous un soleil de plomb, le constat tombe, fatal et sec : Clamart n'a rien de rock &amp; roll. Petite ville des Hauts-de-Seine peupl&#233;e d'environ 50 000 p&#233;quins, elle pr&#233;sente en ce mois d'ao&#251;t caniculaire un visage bigrement roupillant. Banlieue r&#233;sidentielle, j'&#233;cris ton nom en lettres d'ennui. &#171; &lt;i&gt;C'est s&#251;r que c'est tranquille ici, p&#233;p&#232;re&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume un jeune clamartois suant, pench&#233; en territoire bar-tabac sur la grille de mots-crois&#233;s du &lt;i&gt;Parisien&lt;/i&gt;. Il n'a pas tort. Que ce soit dans sa partie haute (plus populaire) ou basse (bourgeoise), Clamart n'envoie pas du r&#234;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux dates phares ont pourtant agit&#233; la ville dans les sixties. D'abord le 22 ao&#251;t 1962 et la tentative d'attentat de l'OAS contre le G&#233;n&#233;ral de Gaulle (dite du &#171; Petit-Clamart &#187;), qui vit le grand machin mitraill&#233; s'en sortir miraculeusement et sa zouz Yvonne se distinguer via une phrase refl&#233;tant ses pr&#233;occupations g&#233;opolitiques : &#171; &lt;i&gt;J'esp&#232;re que les poulets n'ont rien &lt;/i&gt; &#187; &#8211; ce que faisaient lesdites volailles dans la DS-19 du Pr&#233;sident, nul ne le sait&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La r&#233;partie du G&#233;n&#233;ral face &#224; la placide r&#233;action de sa femme est, elle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Et le 1er octobre 1965, jour de l'inauguration de la biblioth&#232;que des enfants de Clamart (dite &lt;a href=&#034;http://www.lapetitebibliothequeronde.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Petite Biblioth&#232;que Ronde&lt;/a&gt;). Un b&#226;timent &#233;trange pos&#233; dans la Cit&#233; de la Plaine (environ 6 000 habitants, aucune parent&#233; avec sa cons&#339;ur marseillaise), devenu vivant symbole d'une vision alternative de l'art bibliophile marmotesque (de &#171; marmot &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un OVNI dans la cit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une voiture verte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;roulait &#224; grande allure&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;vers une destination inconnue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;accompagn&#233;e de grands nuages&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;appel&#233;s Sirius. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Gilles, 13 ans)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_1736 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;53&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-55.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH752/-55-19f45.jpg?1780730450' width='500' height='752' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Korido &#8212; Travail personnel, CC BY-SA 3.0.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Le premier regard est d&#233;rout&#233;. De loin, cela donne l'impression qu'un b&#226;tisseur extraterrestre a d&#233;pos&#233; quelques soucoupes de b&#233;ton au milieu des immeubles. &#338;uvre du c&#233;l&#232;bre (para&#238;t-il) architecte G&#233;rard Thurnauer, le b&#226;timent a des faux airs de blockhaus adouci, qui d&#233;tonne dans un environnement fonctionnel. Tout autour, les b&#226;timents de quatre &#233;tages en fausse brique typiques de la rouge cit&#233; de la Plaine ; et lui, gris-b&#233;ton, avec des formes &#233;tranges. Une fois ses portes pouss&#233;es, il se r&#233;v&#232;le pourtant &#233;tonnamment agr&#233;able. Pas un angle droit &#224; l'horizon, pas une ligne heurt&#233;e. Tout est circulaire, accueillant, a&#233;r&#233;. L'id&#233;e : que les enfants se sentent ici chez eux. Dans la &#171; soucoupe &#187; des tout-petits (0-3 ans), il y a par exemple des fen&#234;tres situ&#233;es &#224; hauteur de mollet adultes, pour que les garnements &#224; quatre pattes b&#233;n&#233;ficient d'une vue d&#233;gag&#233;e sur le jardin qui jouxte le b&#226;timent. P&#233;p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1965, le lieu n'a quasiment pas &#233;volu&#233;. Si les biblioth&#233;caires ne sont plus les m&#234;mes, elles et ils affichent toujours une forme de feu sacr&#233;, de d&#233;vouement &#224; l'esprit originel. Quant aux &#171; r&#232;gles &#187;, elles sont rest&#233;es diff&#233;rentes des biblioth&#232;ques et m&#233;diath&#232;ques conventionnelles : &#171; &lt;i&gt; Ici, il n'y a pas d'antivol sur les livres, ni d'amendes en cas de retards&lt;/i&gt;, explique Chlo&#233;, biblioth&#233;caire investie. &lt;i&gt;Le pr&#234;t, c'est la confiance. C'est aussi pour &#231;a qu'il n'est pas demand&#233; de justificatif de domicile &#224; l'inscription. L'id&#233;e est que tout soit d'une grande simplicit&#233;, avec en outre une participation des enfants &#224; la vie du lieu. C'&#233;tait comme &#231;a d&#232;s le d&#233;part, avec un fonctionnement inspir&#233; de la p&#233;dagogie Freinet.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;part ? En fanfare. &lt;i&gt;Circa&lt;/i&gt; 1965, le Haut-Clamart est coup&#233; de Paris. Pour les habitants, essentiellement des ouvriers, qui travaillent dans les grandes usines de la p&#233;riph&#233;rie (dont Renault &#224; Boulogne). Et leurs enfants, &#233;norm&#233;ment d'enfants, fruits du baby-boom, lesquels s'emmerdent passablement. L'arriv&#233;e de la biblioth&#232;que, moderne, anim&#233;e par des biblioth&#233;caires de la capitale conduisant leur propre voiture (dingue !) et fond&#233;e sur des formes de p&#233;dagogie alternatives, fait donc office de choc. En quelques mois, trois mille enfants prennent leur inscription. Dans &lt;i&gt;La Biblioth&#232;que est &#224; nous&lt;/i&gt;, r&#233;cent documentaire sign&#233; Kaspar Vogler, plusieurs usagers de l'&#233;poque content avec d&#233;votion cette irruption d'un ailleurs intrigant dans un pr&#233;sent bouch&#233;. Tous parlent de &#171; &lt;i&gt; libert&#233;&lt;/i&gt; &#187;, d'&#171; &lt;i&gt; ouverture &lt;/i&gt; &#187;, &#233;voquant un avant et un apr&#232;s. Comme si l'irruption de l'Ovni avait dynamit&#233; le quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas de Michel Alban, aujourd'hui porte-parole de l'association Notre petite biblioth&#232;que ronde et visiteur assidu des lieux d&#232;s 1966. Il estime que sa vie a chang&#233; du jour o&#249; il est entr&#233; dans le b&#226;timent : &#171; &lt;i&gt;Je suis tomb&#233; directement dans la marmite, parce que j'y ai d&#233;couvert une libert&#233; incroyable pour l'&#233;poque. Tout en nous responsabilisant, on ne nous disait jamais non. Il y avait des ateliers th&#233;&#226;tre, une imprimerie, des machines &#224; &#233;crire, etc. Personnellement, je ne serais jamais devenu metteur en sc&#232;ne de th&#233;&#226;tre si ce lieu n'avait pas exist&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une belle histoire, s&#251;r. Ici, depuis cinquante ans, quelque chose a pris, fonctionne &#224; rebours du marasme. Reste qu'il faut se garder de toute id&#233;alisation forcen&#233;e. Si la Petite Biblioth&#232;que Ronde a pu voir le jour et survivre, c'est d'abord en raison du soutien financier massif d'une riche h&#233;riti&#232;re industrielle, Anne Schlumberger. La dame &#233;tait certes sinc&#232;re et passionn&#233;e par sa sainte mission (porter la culture en terre prol&#233;taire), ce mod&#232;le de m&#233;c&#233;nat, qui est toujours de mise aujourd'hui (60% de fonds priv&#233;s, 40% publics) n'a rien d'id&#233;al&lt;i&gt;Surtout quand on retrouve dans la liste des gentils m&#233;c&#232;nes des noms tels que la Fondation d'entreprise Areva.&lt;/i&gt;. Il permet pourtant de garder une certaines ind&#233;pendance par rapport aux pouvoirs publics&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#234;me si le b&#226;timent en tant que tel a &#233;t&#233; confi&#233; &#224; la ville d&#232;s 1972.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Un fonctionnement qui a le don d'agacer les instances locales. D'o&#249; les menaces pesant actuellement sur la biblioth&#232;que.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1737 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;59&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L342xH481/-56-e6961.jpg?1779750706' width='342' height='481' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Wikipedien18 &#8212; Travail personnel, CC BY-SA 4.0.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Des fois, on a des emmerdes &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; la cit&#233;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des fois, on a des emmerdes avec le gardienou avec les vieux et les vieilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, on se venge,avec des fl&#233;chettes en papier. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Garnement anonyme)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En 2006, d&#233;j&#224;, la Petite Biblioth&#232;que Ronde a senti le vent du boulet. Le maire PS d'alors l'avait annonc&#233; haut et fort : il fermait le lieu. Ni une ni deux, les biblioth&#233;caires ont rameut&#233; soutiens et m&#233;dias, avant d'occuper la biblioth&#232;que jour et nuit pendant une grosse semaine. Suffisant pour faire pencher la balance dans l'autre sens. Un temps. Car le maire actuel, Jean-Didier Berger, jeune LR aux dents longues, a repris le flambeau. Celui qui affiche sa t&#234;te de vainqueur sur les affiches de la ville &#8211; raie sur le c&#244;t&#233; de rigueur et habillement tricolore (veste bleue, chemise blanche, cravate rouge) &#8211; n'est pas vraiment fan du projet rond et de ses exp&#233;rimentations sociales. Ce n'est pas le seul : la biblioth&#232;que a &#233;t&#233; plusieurs fois vandalis&#233;e, prise pour cible par des jeunes du quartier, notamment en mars 2014. Dans un quartier o&#249; les &#233;quipements publics sont rarissimes, elle fait paradoxalement office de symbole &#233;tatique&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir CQFD n&#176;138, &#171; Une biblioth&#232;que qui br&#251;le, c'est un peu de m&#233;pris qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. C'est pourquoi l'&#233;quipe explique mettre tout en &#339;uvre pour rendre son acc&#232;s le moins intimidant possible. Il faut casser la barri&#232;re symbolique, disent-ils. Mounira, r&#233;sidente de longue date de la Cit&#233;, est ainsi en charge de l'accueil des m&#232;res et de leurs enfants. De m&#234;me, il n'y a pas de vigiles, pas de cam&#233;ras, pas de marqueur s&#233;curitaire. &#171; &lt;i&gt;L'id&#233;e, c'est que ce soit comme une deuxi&#232;me maison&lt;/i&gt;, explique Chlo&#233;, &lt;i&gt;qu'il y ait des &#233;changes au sein de la biblioth&#232;que. On conna&#238;t les pr&#233;noms de tous les enfants.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, la v&#233;ritable menace pesant sur la biblioth&#232;que est ailleurs. Alors que de vastes travaux d'am&#233;nagement de la Cit&#233; doivent &#234;tre entam&#233;s d'ici peu, la municipalit&#233; ne propose pour l'instant que des solutions de relogement temporaires &#8211; aussi inadapt&#233;es qu'&#233;loign&#233;es du quartier. Le maire exige des biblioth&#233;caires de lui rendre des comptes, d'afficher un bilan efficace. Mais peut-on chiffrer le travail social men&#233; depuis des d&#233;cennies au pied des HLM ? Une question qui n'effleure pas le sieur Berger. Il a somm&#233; les employ&#233;s de quitter les lieux en septembre, sans v&#233;ritable discussion ni garantie de retour. &#171; &lt;i&gt;Il nous taxe de gauchistes illumin&#233;s &lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume Michel Alban. Pour l'&#233;dile, la m&#233;diath&#232;que Fran&#231;ois Mitterrand construite en 2007 dans le Haut-Clamart suffit largement. Et qu'importe si elle n'a pas la m&#234;me proximit&#233; &#8211; g&#233;ographique et culturelle &#8211; avec la Cit&#233; de La Plaine. Il s'agit de faire place nette pour sa vision gentrificatrice d'une ville uniforme et ais&#233;e. Il n'y a d'ailleurs &#224; ses yeux pas de diff&#233;rence entre le Bas-Clamart bourgeois et les quartiers populaires situ&#233;s en hauteur : Clamart serait une, indivisible, prosp&#232;re. Si bien que le tissu associatif se d&#233;lite fautes de subsides. Ainsi de la proche Maison de la cr&#233;ation, qui vient de fermer ses portes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cons&#233;quence : le coefficient emmerdement des jeunes du quartier reste bloqu&#233; au maximum. Dans &lt;i&gt;La Biblioth&#232;que est &#224; nous&lt;/i&gt;, un jeune r&#233;sume bien la situation :&#171; &lt;i&gt;Ils nous font quoi &#224; Clamart ? Un lac. &lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Ils avaient promis un cin&#233;ma, un stade, etc., et au final, on se retrouve avec un lac et deux ponts, fr&#232;re.&lt;/i&gt; &#187; Situ&#233; &#224; quelques encablures de la biblioth&#232;que, le lac en question se r&#233;v&#232;le &#234;tre une mare. Les canards y sont sympathiques, fr&#232;re, et la v&#233;g&#233;tation bienvenue, mais cela ressemble plus &#224; la conception suisse du fun urbain qu'&#224; un lieu de vie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, dans ce d&#233;sert culturel et social, la survie de la Petite Biblioth&#232;que Ronde est cruciale. D'autant que les employ&#233;s se sont fait une sp&#233;cialit&#233; d'emmener leur biblioth&#232;que hors des murs. Ils sont r&#233;guli&#232;rement pr&#233;sents lors des distributions aux familles organis&#233;es par les Restos du c&#339;ur de Clamart. Ou bien ils s'installent &#224; proximit&#233; des barres de la proche cit&#233; des 3F. Au fond, ils suivent la le&#231;on de Genevi&#232;ve Patte, longtemps boussole de la biblioth&#232;que, infatigable propagandiste de la joie de lire comme moyen de repousser l'exclusion : &#171; &lt;i&gt;Rien ne sert d'avoir de grands projets, si on ne voit pas sur le terrain comment les choses se vivent et si on ne s'assoit pas au milieu des populations avec les livres, avec les enfants, avec les m&#232;res&lt;/i&gt; &#187;, explique-t-elle dans &lt;i&gt;La Biblioth&#232;que est &#224; nous&lt;/i&gt;. Dont acte. En ce mercredi d'ao&#251;t, l'avenir du b&#226;timent rond est en sursis. Une nappe est de sortie, une trentaine d'albums jeunesse &#233;tal&#233;s, quelques enfants gambadeurs rassembl&#233;s &#8211; la biblioth&#232;que buissonni&#232;re ouvre ses portes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les trois textes enfantins cit&#233;s dans cet article ont tous &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;s et imprim&#233;s &#224; la Petite Biblioth&#232;que Ronde de Clamart.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La r&#233;partie du G&#233;n&#233;ral face &#224; la placide r&#233;action de sa femme est, elle aussi, dans toutes les m&#233;moires : &#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes brave, Yvonne.&lt;/i&gt; &#187; On savait peaufiner les dialogues &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;M&#234;me si le b&#226;timent en tant que tel a &#233;t&#233; confi&#233; &#224; la ville d&#232;s 1972.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Un-climat-irrespirable&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;n&#176;138&lt;/a&gt;, &#171; Une biblioth&#232;que qui br&#251;le, c'est un peu de m&#233;pris qui meurt &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Villette r&#233;enchante la science</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-Villette-reenchante-la-science</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/La-Villette-reenchante-la-science</guid>
		<dc:date>2012-02-24T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jo&#235;l Auster</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;my Cattelain</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>cit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>partenariat</dc:subject>
		<dc:subject>fondation</dc:subject>
		<dc:subject>Villette</dc:subject>
		<dc:subject>l'expo</dc:subject>
		<dc:subject>Alain Coine</dc:subject>
		<dc:subject>l'expo permanente</dc:subject>
		<dc:subject>Louis Gallois</dc:subject>
		<dc:subject>partenaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De Hiroshima en Fukushima, on avait bien compris que les progr&#232;s de la science &#233;taient pav&#233;s de ruines et d'illusions. Que nenni ! La fine fleur du capitalisme fran&#231;ais a repris en main la communication des rats de laboratoires et organise des expositions &#224; sa gloire. En 2001, la Cit&#233; des sciences et de l'industrie de la Villette, &#224; Paris, proposait une exposition sur &#171; le cheveu &#187;, en partenariat avec L'Or&#233;al. Une collaboration particuli&#232;re, puisque cet &#233;v&#232;nement avait &#233;t&#233; initi&#233; par le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no96-janvier-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;96 (janvier 2012)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Remy-Cattelain" rel="tag"&gt;R&#233;my Cattelain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cite-2336" rel="tag"&gt;cit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/partenariat" rel="tag"&gt;partenariat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fondation" rel="tag"&gt;fondation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Villette" rel="tag"&gt;Villette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-expo" rel="tag"&gt;l'expo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Alain-Coine" rel="tag"&gt;Alain Coine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-expo-permanente" rel="tag"&gt;l'expo permanente&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Louis-Gallois" rel="tag"&gt;Louis Gallois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/partenaire" rel="tag"&gt;partenaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De Hiroshima en Fukushima, on avait bien compris que les progr&#232;s de la science &#233;taient pav&#233;s de ruines et d'illusions. Que nenni ! La fine fleur du capitalisme fran&#231;ais a repris en main la communication des rats de laboratoires et organise des expositions &#224; sa gloire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2001, la Cit&#233; des sciences et de l'industrie de la Villette, &#224; Paris, proposait une exposition sur &#171; le cheveu &#187;, en partenariat avec L'Or&#233;al. Une collaboration particuli&#232;re, puisque cet &#233;v&#232;nement avait &#233;t&#233; initi&#233; par le groupe de cosm&#233;tique lui-m&#234;me ! Dix ans plus tard, en ce d&#233;but d'ann&#233;e, une expo similaire s'affiche au Palais de la d&#233;couverte&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Cit&#233; des sciences et le Palais de la d&#233;couverte sont rassembl&#233;s depuis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, avec le m&#234;me &lt;i&gt;&#171; partenaire &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sponsoriser une manifestation &#224; vocation culturelle est une chose, mais l'organiser ou la superviser en est une autre. Cette belle r&#233;ussite de partenariat &#171; public-priv&#233; &#187; est l'&#339;uvre de la Fondation Villette-Entreprise &#8211; pr&#233;sid&#233;e par Louis Gallois, l'actuel patron d'EADS, marchand de canons et membre fondateur, avec une dizaine de poids lourds du CAC 40, de la structure&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fondation rebaptis&#233;e en d&#233;cembre 2011 Fonds de dotation universcience (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Si les scientifiques disent garder la main sur le contenu des savoirs &#8211; &lt;i&gt;&#171; Nous avons le final cut &#187;&lt;/i&gt;, fanfaronne l'un des commissaires de la Villette &#8211;, le public n'est jamais clairement inform&#233; du degr&#233; d'intervention de chaque &lt;i&gt;&#171; partenaire &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ne pas tiquer, par exemple, quand l'expo permanente &#171; &#201;nergies &#187; de la Villette affiche comme sponsors de luxe Total et Areva ? D'ailleurs,&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_262 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH289/96cattelain_tour-b205a.jpg?1779604905' width='400' height='289' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;my Cattelain
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;un quizz interactif sur l'&#233;nergie nucl&#233;aire, au chapitre &#171; accidents &#187;, n'&#233;voque pas la catastrophe de Fukushima de mars 2011. Certes, l'expo a &#233;t&#233; inaugur&#233;e en juin 2010, et, pour marquer le coup, la Cit&#233; a bricol&#233; une expo temporaire consacr&#233;e &#224; &lt;i&gt;&#171; l'incident [sic] nucl&#233;aire de Fukushima &#187;&lt;/i&gt; &#8211; &lt;i&gt;&#171; &#192; l'&#233;poque&lt;/i&gt;, plaide le service de presse, &lt;i&gt;il n'&#233;tait pas encore question d'accident grave &#187;&lt;/i&gt;. Mais l'espace a &#233;t&#233; d&#233;mont&#233; en novembre dernier, et l'expo permanente n'a toujours pas &#233;t&#233; mise &#224; jour. Ce sera fait, promis jur&#233;, &lt;i&gt;&#171; courant 2012 &#187;&lt;/i&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain Coine, responsable des affaires &#233;conomiques de la Fondation, reconna&#238;t que les entreprises ne sont pas de &lt;i&gt;&#171; simples m&#233;c&#232;nes, comme au Louvre, qui signent un ch&#232;que et laissent faire &#187;&lt;/i&gt;. Mais leur &lt;i&gt;&#171; contribution est limit&#233;e&lt;/i&gt;, insiste-t-il. &lt;i&gt;Au sein du comit&#233; scientifique de chaque exposition, les salari&#233;s des partenaires assistent aux r&#233;unions, peuvent s'exprimer, mais n'ont pas de &#8220;droit de vote&#8221;. Nous ma&#238;trisons la ligne &#233;ditoriale. &#187;&lt;/i&gt; Cela n'emp&#234;che pas certaines &lt;i&gt;&#171; tensions &#233;pouvantables &#187;&lt;/i&gt;, la formulation des &#233;nonc&#233;s, forc&#233;ment synth&#233;tiques, se jouant &lt;i&gt;&#171; &#224; la virgule pr&#232;s &#187;&lt;/i&gt;. Les scientifiques, toutefois, sont contraints de faire des compromis, puisqu'il serait malvenu de froisser un partenaire dont d&#233;pend plus de la moiti&#233; du financement de l'op&#233;ration ! Dans le cas de l'expo &#171; &#201;nergies &#187;, les mastodontes du nucl&#233;aire et du p&#233;trole ont mis sur la table 2 des 3,5 millions d'euros de budget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2006, c'est &#171; Le corps identit&#233; &#187;, v&#233;ritable promo &#224; c&#339;ur ouvert de la biom&#233;trie, qui vaudra &#224; la Cit&#233; d'&#234;tre occup&#233;e un apr&#232;s-midi par une nu&#233;e de militants. L'expo &#233;tait &lt;i&gt;&#171; co-organis&#233;e &#187;&lt;/i&gt; par Sagem d&#233;fense s&#233;curit&#233;, qui cherchait &#224; &#234;tre &lt;i&gt;&#171; mieux accept&#233;e &#187;&lt;/i&gt; par le jeune public&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Parodie d'exposition scientifique &#187;, diront les Big Brother Awards. Un an (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;&#171; Euh&#8230; Nous n'avons pas reproduit ce type de partenariat &#187;&lt;/i&gt;, admet Alain Coine, visiblement g&#234;n&#233;. L'ambigu&#239;t&#233; demeure dans &#171; Tous connect&#233;s &#187;, encore &#224; l'affiche d&#233;but 2012 : sous couvert de vulgarisation du &lt;i&gt;&#171; monde num&#233;rique &#187;&lt;/i&gt;, on y vante les m&#233;rites des nanotechnologies. Et notamment le projet Nanoyou, de la Commission europ&#233;enne, visant &#224;&lt;i&gt; &#171; renforcer les connaissances des jeunes en mati&#232;re de nanotechnologies et &#224; favoriser le d&#233;bat sur les aspects &#233;thiques, juridiques et sociaux li&#233;s &#224; ces technologies &#187;&lt;/i&gt;. L'on apprend sans surprise que cette publicit&#233; grandeur nature a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e par le Commissariat &#224; l'&#233;nergie atomique (CEA) de Grenoble, o&#249; est &#233;rig&#233; le centre Minatec, &lt;i&gt;&#171; campus d'innovation en micro et nanotechnologies &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, ces expos sont le plus souvent pr&#233;textes &#224; promouvoir des secteurs industriels. La pertinence scientifique &#171; Des transports et des hommes &#187; (La Cit&#233;) n'est pas av&#233;r&#233;e, mais les sponsors &#8211; Air France, PSA, Renault, RATP et SNCF &#8211; y redorent leur image. Au Palais de la d&#233;couverte, c'est l'industrie de la chimie qui s'est invit&#233;e pendant six mois pour r&#233;pondre &#224; la question : &#171; Vous avez dit chimie ? &#187;. Les m&#233;c&#232;nes ? Vous aviez devin&#233; : le CEA (membre fondateur de la Fondation) et l'Union des industries chimiques, le lobby officiel de la branche. Les exemples sont l&#233;gion : &#171; Le Train se d&#233;couvre &#187; (2002, SNCF), &#171; Le G&#233;nie du pneu &#187; (1999, Michelin), ou encore &#171; P&#233;trole, nouveaux d&#233;fis &#187; (2004, Total). &#192; quand &#171; Les secrets du m&#233;dicament &#187;, avec les laboratoires Servier, mis en examen dans le scandale du Mediator, l'antidiab&#233;tique responsable de cinq cents morts ? Le labo maudit est, lui aussi, membre du club des amis de la Villette&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La Cit&#233; des sciences et le Palais de la d&#233;couverte sont rassembl&#233;s depuis 2010 dans une structure unique, Universciences, pr&#233;sid&#233;e par l'ex-ministre de la Recherche Claudie Haigner&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Fondation rebaptis&#233;e en d&#233;cembre 2011 Fonds de dotation universcience partenaires. Au total, depuis l'ouverture de la Villette, 250 &lt;i&gt;&#171; grands partenariats &#187;&lt;/i&gt; ont &#233;t&#233; mis en place. Soit une collecte de 60 millions d'euros environ.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; Parodie d'exposition scientifique &#187;&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;http://tinyurl.com/6sweazc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;diront&lt;/a&gt; les Big Brother Awards. Un an plus t&#244;t, le lobby des industriels, le Gixel, incitait, dans un fameux &#171; livre bleu &#187;, les pouvoirs publics &#224; multiplier les techniques de contr&#244;le social comme la biom&#233;trie &lt;i&gt;&#171; d&#232;s l'&#233;cole maternelle &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
